GROUPE DE RECHERCHE INTERDISCIPLINAIRE EN SANTÉ ET

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GROUPE DE RECHERCHE INTERDISCIPLINAIRE EN SANTÉ ET
GROUPE DE RECHERCHE INTERDISCIPLINAIRE EN SANTÉ
ET EN MÉDECINE ALTERNATIVE DE MONTREAL
(G.R.I.S.M.)
RAPPORT DU GROUPE DE TRAVAL
SUR LE SYNDROME MÉTABOLIQUE
1
Le syndrome métabolique : La naturopathie peut-elle
apporter une solution dans la prévention de cette maladie de
santé publique (REVUE-SYNTHÈSE)
Amine Yacine MD., PhD*, Danielle Beauchamp NDA**, Gilles Parent NDA, Abdelkader
Belgacem M.D. NDA(c), Sophie Stavrinidis M.D., F.R.C.P. (c)
Résumé
Une étude récente (41) reconnaît l’utilité de la naturopathie pour prévenir les maladies
cardiaques, il est donc montré scientifiquement que les conseils d’un naturopathe peuvent
améliorer le syndrome métabolique et aider à réduire le risque d’infarctus.
Dans le cadre des activités du GRISMM (Groupe de recherche interdisciplinaire en santé et en
médecine alternative de Montréal), un groupe de naturopathes, de médecins et de scientistes
s’est formé pour établir le rôle de la naturopathie dans un problème de santé publique mondial
tel que le syndrome métabolique, revoir la physiopathologie du syndrome métabolique en
médecine conventionnelle et décrire les traitements naturels en naturopathie pour la prévention
de cette maladie.
Le syndrome métabolique (SD) au Canada et dans le monde est considéré comme un véritable
problème de santé publique qui désigne l’association d’une série de problèmes de santé ayant
en commun un mauvais métabolisme corporel. La Fédération Internationale du Diabète (FID)
(1) estime que ce groupe de facteurs est le moteur de la double épidémie mondiale de diabète
de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Si les tendances actuelles se confirment, les décès
précoces et les incapacités résultant de ces conditions paralyseront les budgets de la santé de
nombreux pays développés et en développement.
Les personnes atteintes du syndrome métabolique sont exposées à un risque trois fois plus
élevé de subir une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral – et à un risque deux fois
plus élevé d’en mourir (44) – par rapport aux personnes non atteintes du syndrome. Le SD fait
partie des syndromes émergents. Sa signification clinique et son origine exacte restent
controversées. Des études en cours cherchent à éclaircir ces questions. On ne peut pas encore
affirmer qu’il s’agit vraiment d’une maladie plutôt qu’un simple regroupement de facteurs de
risques plus ou moins liés par une origine, des cibles métaboliques ou des mécanismes
communs. Le présent article a pour but de faire une revue scientifique sur la physiologie et la
physiopathologie du syndrome métabolique et de décrire un certain nombre de produits de
santé naturelle et d’aliments qui ont le droit de citation dans des études scientifiques pouvant
prévenir les complications du syndrome métabolique et les risques de maladies
cardiovasculaires.
2
Introduction
Il y a un consensus sur le fait que le syndrome métabolique détecté chez une personne n’ayant
déclaré aucun symptôme particulier correspond à un risque d’accident cardio-vasculaire
multiplié par trois par rapport à un individu réellement en bonne santé (44).
Le SD est un problème de santé publique d’enjeu mondial qui invite le médecin et
l’épidémiologue, mais aussi la politique à une approche plus globale, plus intégrée voire
holistique et pluridisciplinaire de la santé et qui justifie des actions d’information, de prévention
et suivi des personnes à risques auxquelles la naturopathie pourraient répondre de concert
avec les médecins de famille. Le dépistage peut être simple et peu coûteux. Il suffirait d’une
simple visite médicale scolaire ou d’entreprise associant une mesure du tour de taille et un taux
de triglycérides (prise de sang) pour repérer 80 % des patients victimes d’un syndrome
métabolique. Un meilleur dépistage permettrait (45) souvent d’éviter l’évolution du syndrome
vers des maladies graves et invalidantes (diabète de type 2 ou troubles cardiovasculaires).
Cette activité de dépistage et de prévention pourrait-elle se faire de concert par un médecin de
famille et un naturopathe ?
Définition de la médecine naturopathique
Dans le monde, cette médecine complémentaire naturelle a de plus en plus d’adeptes. C’est la
plus vieille médecine douce occidentale, le pendant de la médecine ayurvédique en Inde ou de
la médecine traditionnelle chinoise. Elle est un ensemble de méthodes de soins visant à
renforcer les défenses de l’organisme par des moyens considérés comme naturels et
biologiques décrit même par l’Organisation mondiale de la Santé qui la classe parmi les
médecines traditionnelles mondiales. Mais, elle va bien au-delà puisqu’elle repose sur l’art de
rester en bonne santé, d’être acteur de sa santé et de prendre soins de soi par des moyens
naturels. Basée sur le principe que le corps humain a une capacité innée à l’autoguérison, elle
s’adresse à tous, enfants, adolescents, adultes et personnes âgées. À ceux qui veulent
retrouver une bonne hygiène de vie (problèmes de poids, de peau, fatigue, stress, légère
dépression, etc.), comme à ceux qui ont besoin d’être accompagnés parce qu’ils traversent un
moment de vie particulier (grossesse, allaitement, ménopause, période d’examen ou période
pré ou post opératoire, de maladies aigües ou chroniques). La naturopathie est un excellent
complément à la médecine conventionnelle (à laquelle elle ne se substitue pas) comme en
témoigne une récente étude qui reconnaît son utilité pour prévenir les maladies cardiaques.
Cette étude (41) a montré que la consultation d’un naturopathe permettrait en effet de réduire la
prévalence du syndrome métabolique, un facteur de risque de maladie cardiaque, de 17 % sur
un an, si l’on en croit les résultats d’un essai contrôlé randomisé. Les chercheurs de cette étude
ont recruté à trois sites d’étude (Toronto, Vancouver et Edmonton) 246 membres du Syndicat
canadien des postiers pour qu’ils participent à un essai clinique d’un an afin de déterminer si
des conseils de mode de vie donnés par les naturopathes peuvent aider à réduire le risque de
maladie cardio-vasculaire. De l’échantillon initial, 207 personnes ont terminé l’étude. Le groupe
témoin a reçu des soins et conseils classiques tandis que le groupe d’intervention bénéficiait
des mêmes soins, avec en plus des conseils de naturopathie qui ont été donnés à sept reprises
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au cours de l’étude. Les naturopathes ont fait des recommandations alimentaires et donné des
conseils sur mode de vie afin que les patients perdent 2, 3 à 4,2 kg grâce à une diminution des
calories, grâce aussi à de l’exercice physique régulier ainsi que des produits diététiques et des
compléments alimentaires (oméga-3, fibres solubles, coenzyme Q10 et autres). Les résultats
ont porté sur l’évolution de la prévalence du syndrome métabolique et la réduction du score
Framingham de risque cardiovasculaire sur 10 ans, un score utilisé pour estimer le risque de
maladie cardiaque. Ce score Framingham prend en compte l’âge, le sexe, le cholestérol total, le
cholestérol HDL, le tabagisme et la pression artérielle. Par rapport aux valeurs de base, le
groupe « naturopathie » a été amélioré après un an, alors que la situation dans le groupe
témoin s’est détériorée.
La prévalence du syndrome métabolique a été réduite de 17 % sur un an dans le groupe
« naturopathie » par rapport au groupe de contrôle. Le risque de maladie cardiovasculaire,
selon le score Framingham, a aussi diminué. Les auteurs écrivent que leur étude montre que
« la naturopathie est un complément réalisable et potentiellement efficace aux soins médicaux
habituels pour réduire l’incidence du syndrome métabolique et le risque cardiovasculaire. » (41)
Dans un éditorial associé, le Dr Matthew Stanbrook, rédacteur en chef adjoint du Canadian
Medical Association Journal écrit que ces résultats « apportent la preuve que certains aspects
de la prévention cardiovasculaire pourraient (…) être déléguées à des naturopathes. (…) Les
éléments de base de l’intervention naturopathie incluent plusieurs recommandations sur
l’alimentation et l’exercice qui, individuellement, ont été bien validés scientifiquement. » La
consultation en naturopathie ne vise pas à établir un diagnostic médical. Il s’agit plutôt d’un
bilan de vitalité. Impossible, en effet, de stimuler les forces d’autoguérison de l’organisme si on
ne dispose pas d’une énergie vitale suffisante. Le naturopathe va donc évaluer précisément
cette vitalité. Pour y arriver, il va chercher à mieux cerner l’individu. D’abord, au travers d’un
questionnaire de santé et d’hygiène de vie approfondi (hérédité, antécédents médicaux et
familiaux, habitudes alimentaires, mode de vie, qualité du sommeil, environnement, contraintes,
etc.). Pour mieux comprendre le terrain pathologique d’un individu, il va également procéder à
des examens spécifiques qui peuvent être différents d’un praticien à l’autre. Ces derniers
dépendent en effet généralement de sa spécialisation (prise de pouls, bilan énergétique,
réflexologie, etc.), mais ils incluent souvent un bilan morpho-psychologique et un bilan
iridologique. Le premier définit, via l’étude des formes du corps, des mains et du visage, des
tempéraments morphologiques (musculaire, sanguin, cérébral, etc.). L’objectif est de déterminer
la vitalité de l’organisme, ses points forts et ses points faibles ainsi que ses carences, ses
surcharges et ses blocages éventuels. Une fois cet état des lieux fait, ce qui prend une bonne
heure, le naturopathe propose un plan d’action. Un programme d’hygiène vital personnalisé est
mis en place. Ce programme est établi à la suite du bilan naturopathique. Il rassemble tous les
conseils pour retrouver l’équilibre, la vitalité et le bien-être nécessaires pour rester en bonne
santé ou prévenir le développement potentiel de maladies. Ces conseils sont structurés sous
forme de « cures » spécifiques (désintoxication, revitalisation, stabilisation). Dépendant des
observations faites par le naturopathe, ils sont individuels et visent à une meilleure hygiène
alimentaire, psychologique et corporelle. L’alimentation, la gestion du stress et des émotions et
l’activité physique sont en effet les trois outils majeurs de la naturopathie. Ils sont considérés
comme nécessaires à l’entretien de la santé. Dans la plupart des cas, la situation implique
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toutefois le recours à des techniques naturelles complémentaires : biothérapies (compléments
nutritionnels), phytologie (soins par les plantes), aromathérapie ou essence d’extraits de
végétaux), hydrologie (sudation, cures d’eau, douches, bains, thalassothérapie), massages non
médicaux (naturopathiques, californiens, thaïs, coréens…), réflexologie (appliquée aux pieds,
aux oreilles, au nez ou au dos, shiatsu, etc.), les techniques respiratoires (souvent empruntées
au yoga et aux arts martiaux), énergétiques (magnétisme, aimants) ou vibratoires (utilisation
des couleurs, des rayonnements du soleil, de la musique, etc.).
La détoxification est la première phase de la cure. Celle qui va permettre à notre organisme de
se débarrasser des substances nocives qui le surchargent et entravent son bon fonctionnement
(nourriture trop riche, additifs ou colorants alimentaires, métaux lourds, pesticides, polluants,
etc.). Il s’agit en réalité de techniques diététiques destinées à stimuler les fonctions de
l’organisme en favorisant le nettoyage des cellules et du terrain. Elles vont des simples conseils
alimentaires au jeûne (repos alimentaire), en passant par les diètes (régimes restrictifs) et les
« monodiètes » (prise d’un seul aliment par repas). À cette détoxification générale, s’ajoute une
désincrustation tissulaire, c’est-à-dire le drainage d’un ou de plusieurs organes d’élimination
(foie, reins, poumons, intestins, peau).
Ce drainage, plus ou moins long et plus ou moins profond, peut passer lui aussi par la
diététique, mais également par des techniques naturopathiques adaptées (hydrologie,
phytologie, réflexologie, massages, ….etc.). D’une manière générale, une cure détox dure trois
semaines à 1 mois. Elle est progressive et modulée en fonction de chaque individu, de sa force
vitale, de ses réserves minérales et de son mental.
La revitalisation est une phase qui succède généralement à la cure de désintoxication. Elle vise
à combler les carences de l’organisme pour l’aider à retrouver sa capacité d’autorégulation. Le
terme de revitalisation est à prendre au sens large, les carences pouvant être nutritionnelles,
émotionnelles ou énergétiques. C’est une hygiène de vie spécifique destinée à limiter les
facteurs dévitalisant. Elle se base sur les trois piliers de la naturopathie : l’alimentation (ou
hygiène nutritionnelle) avec la prise éventuelle de compléments anti-carences (vitamines,
minéraux, oligo-éléments…), le bien-être mental (ou hygiène neuropsychique) avec l’élimination
des sources de conflits potentiels (grâce à la méditation, la réflexologie, les massages, la
relaxation, voire une psychothérapie brève) et l’exercice physique (ou hygiène musculaire) afin
de relancer les activités métaboliques du corps. L’idée, ici, n’est pas de faire du sport à
outrance, mais de bouger plus, en marchant, en montant les escaliers ou en faisant du vélo
régulièrement par exemple. Enfin, le sommeil est également très important. S’il n’est pas
suffisant en quantité et en qualité, l’organisme ne peut pas se recharger correctement. Il faut
donc aussi s’imposer un temps de repos suffisant.
Cette phase, qui dure elle aussi trois semaines à un mois, permet théoriquement d’arriver à
l’équilibre.
La stabilisation, c’est la troisième et dernière phase de la cure naturopathique, celle qui
préserve l’état de santé atteint grâce aux cures de désintoxication et de revitalisation. Celle de
l’équilibre. On peut employer ce terme pour définir le programme d’hygiène de vie personnalisé
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qui permettra à chaque individu d’optimiser son capital santé sur le long terme. Elle vise
l’harmonie et consiste la plupart du temps à adopter une alimentation saine et équilibrée (le plus
bio possible), à garder une sérénité mentale, à pratiquer une ou plusieurs activités physiques
(gymnastique douce, culture physique, yoga, stretching, danse, arts martiaux, natation…) et à
bien dormir. Le plus important étant de poursuivre les nouvelles habitudes prises lors de la
phase de revitalisation, le but ultime étant de : « ‘pouvoir maintenir seule son niveau de santé
au plus haut et stabiliser ses problématiques chroniques ».
Définition du syndrome métabolique
Depuis la première définition officielle du syndrome métabolique par un groupe de travail de
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1999 (1), un certain nombre d’autres définitions
ont été proposées. Parmi celles-ci, les plus largement acceptées ont été formulées par l’OMS
(2), l’European Group for the Study of Insulin Resistance et la US National Cholesterol
Education Program Adult Treatment Panel III. (3) Cependant, faute d’avoir une approche
globale et intégrée, les définitions différaient non seulement dans les paramètres de définition
proposés, mais également dans les points critiques utilisés pour chacun de ces paramètres.
Ces divergences ont entraîné une grande confusion. Celle-ci ne concerne pas seulement l’utilité
de la définition dans le cadre clinique, mais elle apparaît également dans les tentatives visant à
comparer la charge du syndrome métabolique dans différentes populations. La FID a donc
identifié un besoin urgent de rationaliser les différentes définitions de la condition qui avaient été
formulées. Ce besoin s’étendait de la pratique clinique à la recherche. Dans cette optique, la
FID a demandé à son Groupe de travail sur l’épidémiologie de rassembler des experts du
monde entier en vue de formuler une nouvelle définition globale du syndrome métabolique (4).
La nouvelle définition de la FID tient compte de l’évidence croissante que l’adiposité abdominale
est commune à chacun des paramètres de définition du syndrome métabolique. La nouvelle
définition de la FID inclut pour la première fois des points critiques d’obésité spécifiques aux
différents groupes ethniques (5,45). Dans cette nouvelle définition, les évènements intra-utérins
pour le fœtus et les facteurs durant les premières années de croissance prédisposent un enfant
à certains troubles tels que l’obésité, le prédiabète et le syndrome métabolique. En outre,
l’urbanisation, une mauvaise alimentation et un style de vie sédentaire augmentent les risques
pour les générations futures. La nouvelle définition est divisée selon les groupes d’âge : entre 6
et 10 ans, entre 10 et 16 ans et 16 ans ou plus. La FID suggère que le syndrome métabolique
ne devrait pas être diagnostiqué chez les enfants de moins de 10 ans, mais que l’on devrait les
inciter fortement à perdre du poids, s’ils souffrent d’une obésité androïde. Pour les enfants de
dix ans ou plus, le syndrome métabolique peut être évalué avec une obésité androïde (en
utilisant des centiles de la circonférence de la taille) et la présence de deux signes cliniques ou
plus (taux élevé de triglycérides, faible taux de cholestérol HDL, hypertension, glycémie élevée).
Bien que certaines caractéristiques, tel que la taille du corps et les proportions varient en
fonction de l’âge et de la croissance, en absence de données définitives contemporaines, les
critères répondent aux valeurs absolues de la définition d’un adulte d’après la FDI. L’exception
est qu’une distinction (autre que le sexe) est utilisée pour le HDL. Pour les enfants âgés de plus
de 16 ans, le critère adulte proposé par la FDI peut être employé. « L’intervention dans le mode
de vie est vitale pour arrêter la progression du syndrome métabolique et préserver la future
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santé des enfants et des adolescents », a déclaré le professeur Sir George Alberti, ancien
président de la FDI et coauteur de la définition de créer des environnements qui tiennent
compte des changements du mode de vie. « Cela exigera une approche coordonnée de tous
les secteurs, y compris la santé, l’éducation, le sport et l’agriculture, puisque c’est le seul
moyen que nous ayons pour freiner le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. »
Pathophysiologie du syndrome métabolique
Le syndrome métabolique est associé avec un risque accru de diabète de type 2 (19) et de
maladies cardiovasculaires (20, 21). La résistance à l’insuline a été traditionnellement définie
d’un point de vue glucocentrique comme un changement dans l’insuline à jeun pour maintenir la
glycémie. En effet, bien avant que l’hyperinsulinémie à jeun se développe, l’hyperinsulinémie
postprandiale existe (22). L’augmentation des acides gras libres en circulation serait
responsable du développement de la résistance à l’insuline. Les acides gras libres proviennent
principalement des tissus adipeux sous l’effet de la lipase hormono-sensible. Les acides gras
proviennent également de la lipolyse des lipoprotéines riches en triglycéride dans les tissus par
l’action de la lipoprotéine lipase. L’insuline peut à la fois stimuler et inhiber la lipoprotéine lipase.
L’inhibition de la lipolyse dans les tissus adipeux par l’insuline est un mécanisme finement
régulé. Alors, lorsque la résistance à l’insuline s’installe, la lipolyse de molécules triacylglycérols
emmagasinée dans les tissus adipeux est moins inhibée, produisant ainsi plus d’acides gras
libres en circulation, lesquels peuvent venir inhiber les effets antilipolytiques de l’insuline,
augmentant alors la lipolyse (23). Bien que la première description du syndrome métabolique
date du début du 20ème siècle, il a fallu l’émergence de l’obésité dans le monde pour reconnaître
le syndrome métabolique. L’obésité joue un grand rôle dans le syndrome, mais il est possible
de voir des patients ayant un poids normal et être insulino-résistant (46). Il est difficile de
distinguer entre une obésité due à du tissu adipeux sous-cutané et une obésité due à une
accumulation de tissu adipeux intra abdominale. La tomographie axiale est un outil efficace
pour faire cette distinction, mais pas nécessairement disponible. Le tour de taille est retrouvé
dans plusieurs définitions du syndrome métabolique et il semble qu’il soit un bon prédicteur de
l’hypertriglycéridémie et de l’hyperinsulinémie (23). Une augmentation de tissu adipeux viscéral
peut augmenter le flux d’acides gras libres qui se rendent au foie par la veine porte tandis
qu’une augmentation de tissu adipeux sous-cutané favorise la lipolyse dans la circulation
systémique, évitant ainsi un effet direct sur le métabolisme hépatique (production de glucose,
synthèse de lipides, sécrétion de protéines prothrombotiques) (24).
En général, lorsqu’il y a une augmentation du flux d’acides gras libres au foie, il y a également
une augmentation de la production de lipoprotéines de faible densité contenant des
apolipoprotéines B (VLDL) (25). Il semblerait que lors de la résistance à l’insuline,
l’augmentation du flux d’acides gras au foie augmenterait la synthèse des triglycérides au foie.
De plus, la résistance à l’insuline réduirait la concentration de lipoprotéine lipase dans les tissus
périphériques (dans les tissus adipeux plus que dans les muscles) (26). L’hypertriglycéridémie
est donc un bon indice de la résistance à l’insuline et est un critère important dans le
diagnostique du syndrome métabolique. Un autre désordre lipoprotéique couramment rencontré
lors de la résistance à l’insuline est la réduction du cholestérol de haute densité (HDL). Cette
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réduction serait une conséquence de changements dans la composition et le métabolisme du
HDL. Les triglycérides plasmatiques joueraient un rôle majeur dans la régulation de
l’estérification et du transfert de cholestérol dans le HDL. Le HDL serait remodelé plus
rapidement chez les patients hypertriglycéridémiques (27), ce qui résulterait en une
augmentation de la disparition du HDL de la circulation sanguine (27). Enfin, la composition du
LDL est également modifiée. En effet, plusieurs patients ayant des triglycérides > 2.0 mmoles/L
présentent une prédominance de LDL petites et denses (28). Ce changement dans la
composition du LDL serait attribuable à la diminution du cholestérol non estérifié, estérifié et des
phospholipides sans changement dans le contenu en triglycérides du LDL (29). Les LDL petites
et denses seraient plus athérogéniques que les LDL plus grosses car ils seraient plus toxiques
pour l’endothélium, plus capables de passer à travers la membrane endothéliale, ils
adhéreraient aux glycosaminoglycans, ils auraient une susceptibilité accrue à l’oxydation et ils
seraient plus facilement liés aux récepteurs des macrophages (30), quoique ces effets restent
encore controversés (31).
Des anomalies au métabolisme du glucose accompagnent bien souvent la résistance à
l’insuline. En effet, il semblerait que l’insuline ne soit plus capable de supprimer la production de
glucose par le foie et de permettre la prise de glucose par des tissus normalement sensibles à
l’insuline (les muscles et le tissu adipeux). Pour compenser l’action déficiente de l’insuline, la
sécrétion est augmentée afin de conserver un état euglycémique (32). Quoique les acides gras
libres puissent stimuler la sécrétion d’insuline, une exposition prolongée à de grandes
concentrations d’acides gras libres finit par faire diminuer l’excrétion d’insuline (33), suggérant
une certaine lipotoxicité des acides gras (34).
Il existe également une relation bien connue entre la résistance à l’insuline et l’hypertension et
elle réfère à plusieurs mécanismes (35). Tout d’abord, l’insuline agit comme vasodilatateur
lorsqu’elle est donnée en intraveineuse chez des personnes de poids normal (36). Dans le cas
de résistance à l’insuline, il semblerait que les effets vasodilatateurs de l’insuline puissent être
perdus (37). De plus, les acides gras libres pourraient même engendrer une certaine
vasoconstriction (38).
Par ailleurs, le syndrome métabolique est accompagné de plusieurs autres altérations du
métabolisme qui ne sont pas incluses dans les critères diagnostiques. Parmi celles-ci, on
retrouve l’augmentation des apolipoprotéines B et CIII (39) et des cytokines pro-inflammatoires
(40). L’augmentation des cytokines pro inflammatoires, incluant l’interleukine-6 (IL-6) et le
facteur de nécrose tumorale α (TNF-α) semble être produite par une masse adipeuse plus
élevée (49). La protéine C-réactive est alors également produite en plus grande quantité par le
foie (47,48). L’augmentation du glucose sanguin et des AGL augmentent la sécrétion d’insuline
par le pancréas. Le TNF-α, produit entre autre par les adipocytes, augmente la lipolyse des
tissus adipeux, augmentant les AGL en circulation. Le foie augmente alors la production de
protéine C-réactive (49).
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Le stress oxydatif dans le syndrome métabolique
En 1989, Steinberg et al. ont proposé l’hypothèse que l’athérosclérose découlait de
modifications oxydatives des LDL (7). Cette hypothèse est basée sur la supposition que
l’oxydation représente une modification biologique analogue aux modifications chimiques
découvertes par Brown et Goldstein (8) concernant les cellules spumeuses. En conséquence, la
LDL oxydée contribuerait à l’athérogenèse en :
facilitant le recrutement des monocytes circulant dans les espaces intimaux,
Inhibant la capacité des macrophages à quitter l’espace intimal,
en augmentant le taux de captation de lipoprotéines menant à la formation de cellules
spumeuses,
en étant cytotoxique par la perte de l’intégrité membranaire (8).
L’hypothèse est selon laquelle des modifications oxydatives seraient responsables de
l’athérosclérose, Stocker et al (9). L’exposition des cellules vasculaires dans un milieu qui
contient des métaux de transition modifie également le LDL de telle sorte qu’elle est reconnue
par le récepteur des macrophages (12). Il est maintenant démontré que l’oxydation de la
particule LDL, et par conséquent de sa partie apolipoprotéines B-100, la rend susceptible d’être
reconnue par le récepteur du macrophage (13). Par ailleurs, plusieurs études indiquent que le
stress oxydant est une caractéristique de plusieurs facteurs de risque de l’athérosclérose tels
que le diabète (14), l’hypertension (15,16) et le tabagisme (17). De plus, il est maintenant bien
établi que le stress oxydant est une conséquence secondaire importante de l’inflammation. Le
processus inflammatoire est modulé par les activités de plusieurs familles d’enzymes incluant
les cyclooxygénases, les lipooxygénases et les peroxydases. Toutes ces enzymes ont des
capacités catalytiques capables de produire des radicaux libres (18). Il y a donc une grande
quantité de données qui lient les événements oxydatifs à la pathogenèse des maladies
cardiovasculaires (17).
Traitement
Les mesures suivantes de prévention devraient être la conduite à tenir de première intention.
Mesures hygiénodiététiques
Bien que le syndrome métabolique ne se développe que chez des patients ayant une certaine
susceptibilité génétique, le mode de vie joue un rôle primordial dans sa genèse et son évolution.
L’obésité abdominale, le manque d’activité physique et une alimentation hypercalorique,
diabétogène et athérogène sont les principaux facteurs modifiables qui déterminent son
apparition et accélèrent son aggravation. Par conséquent, les mesures hygiénodiététiques
suivies par le naturopathe auront pour objectifs : de réduire la surcharge pondérale notamment
abdominale, d’augmenter l’activité physique, d’améliorer la qualité des apports alimentaires.
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Réduire la surcharge pondérale
Une réduction du poids et du tour de taille améliore de façon sensible l’ensemble des anomalies
qui caractérisent le syndrome métabolique. Néanmoins, il n’est généralement pas concevable
d’obtenir, sur le long terme, une correction complète de la surcharge pondérale. Un objectif bien
plus réaliste est de réduire l’excès pondéral en visant une diminution de 5 à 10 % du poids. Une
telle perte de poids s’est montrée très efficace pour diminuer la glycémie et améliorer l’HBA1c
chez le diabétique, diminuer la pression artérielle et réduire les triglycérides plasmatiques en
augmentant parallèlement le taux de HDL-C. Cette perte de poids nécessite avant tout une
réduction raisonnable de l’apport calorique global. Une enquête alimentaire permet de déceler
les « mauvaises » habitudes alimentaires. Les conseils diététiques sont de deux ordres : en
premier lieu, ils visent à corriger les erreurs majeures responsables d’un apport calorique
important : consommation excessive d’alcool, de fromage, charcuterie, biscuits ou pâtisseries...
Une telle correction permet parfois, à elle seule, d’amorcer une perte significative de poids.
Dans un second temps, on tentera de rééquilibrer les repas en essayant de s’approcher au
mieux des recommandations habituelles concernant les apports nutritionnels. La valorisation
des efforts réalisés par le patient est un élément majeur pour que celui-ci puisse continuer à
modifier favorablement et durablement ses habitudes alimentaires.
Un trouble du comportement alimentaire (grignotage, boulimie...) doit systématiquement être
recherché et doit parfois être pris en charge par un intervenant spécialisé. Dans les cas
d’obésité massive, la chirurgie de l’obésité a montré son efficacité pour faire régresser les
anomalies qui constituent le syndrome métabolique [2]. Néanmoins, cette chirurgie est réservée
aux cas les plus graves, après vérification de l’absence de contre-indications, en particulier
psychiatriques.
Augmenter l’activité physique
De nombreux travaux démontrent un effet bénéfique de l’activité physique sur les anomalies qui
définissent le syndrome métabolique, y compris en l’absence de perte de poids [3]. Ainsi, le
naturopathe suggère une augmentation de l’activité physique qui s’accompagnera d’une
diminution du tour de taille, d’une diminution de la glycémie et de l’insulinorésistance, d’une
réduction discrète mais significative de la pression artérielle, d’une baisse des triglycérides
plasmatiques et d’une hausse du HDL-C. La durée et la fréquence optimales des séances
d’activité physique permettant d’obtenir ces effets favorables ne sont pas définis précisément.
Les recommandations actuelles pour la population générale prônent la pratique d’un exercice
modéré quotidien équivalent à 30 minutes de marche rapide, éventuellement fractionné en 3
fois 10 minutes sur les 24 heures. Un programme plus intensif d’activité physique semble
toutefois souhaitable et plus efficace notamment sur les paramètres lipidiques et pour prévenir
l’apparition d’un diabète de type 2. Toute activité d’endurance pourra être proposée, en tenant
compte des antécédents, notamment rhumatologiques et cardiologiques, du patient. Des
séances plurihebdomadaires d’une durée de 20 minutes à 1 heure seront conseillées.
L’utilisation d’un carnet sera encouragée afin d’y inscrire chaque jour la durée et le type des
activités réalisées.
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Améliorer la qualité de l’alimentation
Suivies par un naturopathe, des modifications qualitatives de l’alimentation semblent
bénéfiques, même si elles ne conduisent pas à une perte de poids. Il est souhaitable de réduire
autant que possible l’apport en graisses saturées au profit des graisses mono et polyinsaturées,
de limiter les aliments à fort index glycémique et d’augmenter en contrepartie l’apport en fibres
contenues dans les légumes et céréales. Une consommation plurihebdomadaire de poisson a
pour intérêt d’assurer un apport en protéines animales tout en favorisant l’ingestion d’acides
gras polyinsaturés, dont les omégas. L’apport en fruits devra se limiter à 2 voire 3 fruits par jour
et les légumes ou crudités devront être consommés à chaque repas. Des travaux récents
suggèrent que le régime dit crétois a un impact favorable sur le syndrome métabolique [4]. Il
semble en être de même avec le régime DASH (dietary approaches to stop hypertension)
initialement proposé pour réduire la pression artérielle [5]. Ce régime consiste à limiter l’apport
en sel à 2,4 g/j, à augmenter la consommation de laitage pauvre en graisses, ainsi que celle
des fruits et légumes et des aliments complets. À l’inverse, l’apport en graisses totales et en
graisses saturées est réduit.
Azadbakht et al. ont montré que le suivi d’un tel régime est plus efficace qu’un régime
hypocalorique classique pour corriger en partie les cinq anomalies qui définissent le syndrome
métabolique. Les auteurs considèrent de plus que l’effet du régime DASH sur la pression
artérielle, les lipides sanguins et la glycémie à jeun est en partie indépendant de la perte de
poids qu’il occasionne.
Les médicaments prescrits en médecine conventionnelle
La majorité des médicaments prescrits en médecine conventionnelle sont suivis d’effets
secondaires souvent entravant la qualité de vie du malade.
1. L’obésité
a. L’orlistat
L’orlistat est un inhibiteur des lipases intestinales produit par Roche réduisant de 30 %
l’absorption intestinale des graisses. Une méta analyse montre que ce médicament entraîne, à
un an, une perte supplémentaire d’environ 3 kg par rapport au placebo.
Les effets secondaires attendus sont :
la steatorrhée, c’est-à-dire des selles grasses et molles, car l’orlistat bloque l’absorption
de certaines des graisses alimentaires. Les matières grasses sont excrétées en l’état
dans les selles,
l’incontinence fécale,
des diarrhées impérieuses : selles fréquentes ou urgentes,
un météorisme et douleurs abdominales à type de colique et des flatulences.
11
b. La sibutramine
La sibutramine est un médicament produit par les laboratoires Abbott depuis 1997, utilisé
comme traitement d’appoint contre l’obésité nutritionnelle et parfois en cas de diabète de type 2
ou de dyslipidémie. Sa prescription a relevé de l’endocrinologue du cardiologue et de l’interniste
ou du traitement des maladies métaboliques. Il est commercialisé sous le nom de Meridia® aux
USA et au Canada sous le nom de Reductil® en Europe et sous le nom de Sibutral® en
France.
C’est un anorexigène qui provoque une modification des amines cérébrales entraînant une
diminution de l’appétit et une sensation de satiété.
Son autorisation a été suspendue en 2010 en Europe. En raison de « risque de complications
cardiovasculaires et efficacité modeste ».
c. Le rimonabant
Le rimonabant est un antagoniste des récepteurs cannabinoïdes.
Ce produit a été retiré du marché européen pour les risques de troubles dépressifs et d’idées
suicidaires qu’il peut entraîner.
Les hypolipémiants
La dyslipidémie du syndrome métabolique inclut typiquement une hypertriglycéridémie
témoignant d’une surproduction de lipoprotéines de très basse densité (VLDL), une diminution
du HDL-C résultant de mécanismes complexes, notamment une élimination accélérée des HDL
et une augmentation de la quantité de LDL petites et denses, athérogènes.
Conduite pratique pour l’emploi des hypolipémiants dans le syndrome métabolique en
médecine conventionnelle : Le premier objectif est d’abaisser le LDL-C (51,52) en
dessous du seuil souhaitable tel qu’il est défini par les recommandations générales pour
la prise en charge des dyslipidémies. Plusieurs attitudes sont ensuite acceptables. En
Europe, les recommandations proposent l’emploi d’un fibrate en association à la statine
(52) (ou seul si le LDL-C est spontanément à l’objectif) en cas d’hypertriglycéridémie
associée à une hypoHDLémie.
L’American Heart Association et le National, Heart, Lung and Blood Institute ont proposé
récemment une conduite à tenir un peu différente, en présentant par ordre d’importance,
les trois objectifs à atteindre chez le patient ayant un syndrome métabolique. En premier
lieu, si le non-HDL-C n’est pas à l’objectif malgré un traitement par statines, deux
options sont proposées : soit d’augmenter la dose de statines (même si le LDL-C est à
la cible), soit d’introduire une autre molécule en association, un fibrate (sauf le
gemfibrozil) ou l’acide nicotinique. Le troisième objectif concerne le HDL-C qui devra
être augmenté autant que possible. Il n’est pas précisé de valeur cible à atteindre, ni les
moyens médicamenteux à employer. L’acide nicotinique et dans une moindre mesure
12
les fibrates sont les médicaments les plus efficaces pour améliorer le niveau de HDL-C.
Enfin, dans le cas particulier de l’hypertriglycéridémie importante (> 5 g/L), un traitement
hypotriglycéridémiant (fibrate ou acide nicotinique) est proposé en première intention.
Les effets indésirables les plus fréquents des hypolipemiants sont digestifs et musculaires. Les
signes digestifs sont : dyspepsie, flatulence, augmentation des transaminases, hépatomégalie,
lithiase biliaire. Les signes musculaires sont : crampes, faiblesse musculaire, myosite, myalgie,
élévation de la créatine phosphokinase et exceptionnellement rhabdomyolyse. On retrouvera
parfois de la fatigue, de la prise de poids et une alopécie...
Les antidiabétiques oraux
Parmi les antidiabétiques oraux, trois molécules ont un effet préventif vis-à-vis de l’apparition
d’un diabète : la metformine, la troglitazone (et probablement les glitazones en général) et
l’acarbose. Ces médicaments ont en outre un effet généralement favorable sur la dyslipidémie
du syndrome métabolique et sur les anomalies hépatiques de la NASH (Hépatite non alcoolique
steatosique).
La metformine
Compte tenu de son mécanisme d’action, de son efficacité et de son innocuité, la metformine
constitue le traitement de première intention du diabète de type 2, lorsque les mesures
hygiénodiététiques ne suffisent pas. Afin d’étudier l’intérêt potentiel d’un traitement précoce par
la metformine chez le patient à risque de développer un diabète, le « Diabetes Prevention
Program » (DPP) a comparé, chez des patients prédiabétiques, l’effet de la metformine à celui
de deux types de prises en charge hygiénodiététiques : l’une « usuelle », l’autre plus renforcée
et personnalisée. Une réduction de 58 % de l’incidence du diabète de type 2 a été observée
chez les patients du groupe « mesures hygiénodiététiques renforcées » par rapport au groupe
témoin « mesures hygiénodiététiques usuelles ». Un traitement par la metformine réduisait de
30 % le risque de survenue d’un diabète par rapport à la prise en charge de ce groupe témoin.
Les glitazones
Compte tenu de leur mécanisme d’action, les glitazones représentent une classe thérapeutique
séduisante pour le traitement du syndrome métabolique. Les études réalisées chez le
diabétique montrent un effet bénéfique de la rosiglitazone et de la pioglitazone sur le niveau
d’insulinorésistance et une amélioration de l’équilibre glycémique. En outre, ces molécules ont
un effet favorable sur la pression artérielle et, en particulier, avec la pioglitazone sur les
anomalies lipidiques du syndrome métabolique. La pioglitazone a également montré son
efficacité pour prévenir les événements cardiovasculaires chez des patients diabétiques en
prévention secondaire. Une étude de morbimortalité est en cours avec la rosiglitazone. Les
glitazones ont été étudiées dans une moindre mesure chez des patients prédiabétiques.
13
L’acarbose
Ajourd’hui l’acarbose est plus rarement prescrit.L’acarbose a été utilisé dans le traitement du
diabète en association aux autres antidiabétiques oraux. Son mécanisme d’action est l’inhibition
de l’a-glucosidase, réduisant ainsi l’absorption intestinale du glucose. Dans l’étude STOPNIDDM [54], un traitement précoce par l’acarbose chez des patients intolérants au glucose
réduisait de 25 % le risque de développer un diabète. Il y était également associé une baisse de
49 % du risque d’événement cardiovasculaire et de 34 % de celui de développer une
hypertension artérielle.
Les traitements antihypertenseurs
En l’absence de diabète et de maladie rénale, l’objectif est d’avoir une pression artérielle au
repos en dessous de 140 mmHg de systolique et 90mmHg de diastolique. Au-dessus de ce
seuil, un traitement médicamenteux antihypertenseur est indiqué. En cas de diabète et/ou de
maladie rénale chronique, les valeurs seuils à ne pas dépasser sont abaissées à 130 mmHg de
systolique et 80 mmHg de diastolique. Au-delà de la question de l’introduction d’un médicament
pour réduire la pression artérielle, il convient de préciser que, tout comme pour le LDL-C, les
mesures hygiénodiététiques et le suivi par un naturopathe sont toujours indiqués pour réduire
autant que possible le niveau tensionnel. Comme nous l’avons vu précédemment, les mesures
diététiques (portant sur la quantité mais aussi la qualité des aliments) et l’activité physique
contribuent à elles seules à réduire le niveau de pression artérielle. Le choix des traitements
médicamenteux antihypertenseurs doit se faire en tenant compte de leurs effets métaboliques
potentiels. À cet égard, il est possible de classer ces traitements en trois catégories : les
bloqueurs du système rénine angiotensine aldostérone (inhibiteurs de l’enzyme de conversion
et antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (55) semblent exercer des effets métaboliques
favorables. Notamment, ils réduisent le risque d’apparition d’un diabète [56]. À l’inverse, les bbloquants et les diurétiques favorisent l’apparition d’un diabète chez le sujet à risque. Une
métaanalyse récente montre que le risque relatif de voir apparaître un diabète lorsque le
traitement ne comporte pas de b-bloquant est de 0,81 (intervalle de confiance de 0,77 à 0,86)
par rapport à une stratégie incluant un b-bloquant [57]. De plus, les b-bloquants paraissent
moins efficaces que les autres antihypertenseurs pour réduire le risque cardiovasculaire [58].
Pour ce qui est des diurétiques, les effets favorables qu’ils exercent sont probablement
supérieurs à leurs effets métaboliques. Par conséquent, cette classe thérapeutique reste utile
chez le patient hypertendu, même en cas de syndrome métabolique, pour réduire le risque
cardiovasculaire. Les inhibiteurs calciques paraissent neutres sur le plan métabolique. En
particulier, ils ne favorisent pas, mais ne réduisent pas non plus, le risque de développer un
diabète.
En pratique, quel(s) antihypertenseur(s) choisir en cas de syndrome métabolique ?
Il convient d’éviter la prescription d’un b-bloquant, sauf si cette classe thérapeutique est
indiquée pour une raison particulière (troubles du rythme, post-infarctus en particulier).
14
En présence d’une néphropathie, on choisira en première intention un IEC (ou un ARAII). Dans
le cas contraire, on introduira préférentiellement, soit un IEC (ou un ARAII), soit un inhibiteur
calcique. Les associations thérapeutiques pourront également comporter un diurétique
thiazidique à la dose de 12,5 mg voire 25 mg/j.
Les traitements antithrombotiques
En dehors du cas de la prévention secondaire, il semble raisonnable de prescrire un traitement
antiagrégant plaquettaire lorsque le risque calculé de maladie cardiovasculaire excède 15 % à
10 ans. En revanche, le rapport bénéfice/risque semble défavorable si le risque
cardiovasculaire est évalué à moins de 10 % à 10 ans. Lorsque le risque cardiovasculaire se
situe entre 10 et 15 %, la décision se fera au cas par cas.
Le traitement des pathologies associées
Comme nous l’avons vu précédemment, le syndrome métabolique s’associe fréquemment à
des pathologies hépatiques (NASH), respiratoires (apnée du sommeil) et gynécologiques
(SOPK). Les mesures hygiénodiététiques suivies par le naturopathe peuvent en partie les
améliorer, une consultation spécialisée devra néanmoins être programmée sans retard compte
tenu des conséquences potentiellement graves qui peuvent en résulter et de l’existence de
traitements spécifiques souvent efficaces.
Traitement du diabète de type 2 avec des produits de santé naturelle validé
scientifiquement
Le paradigme sur lequel les praticiens de la médecine naturelle se fondent est très différent de
l’approche factuelle utilisée actuellement dans la médecine conventionnelle, dans laquelle les
études randomisées et contrôlées (ÉRC) sont considérées comme la norme de référence sur
laquelle se fondent les décisions thérapeutiques, généralement de concert avec l’industrie
pharmaceutique. Par opposition, les praticiens de la médecine naturelle considèrent les
maladies et la guérison dans le contexte de la personne et non de la population. Étant donné
qu’ils considèrent que le patient individuel peut réagir différemment du « patient moyen » dans
des études à grande échelle, chaque patient devient sa propre étude. C’est pourquoi, les
praticiens de la médecine naturelle suivent de prés les ÉRC mais se méfient des résultats
considérés comme négatifs, estimant que certains patients peuvent réagir différemment de la
moyenne des patients. Cette méfiance à l’égard de la conception du «patient standard» de la
science médicale conventionnelle, est responsable d’une retenue ou d’une prudence sur la
suprématie d’ÉRC en médecine alternative (42, 59,60).
1. Ipomoea batatas (caiapo)
Ipomoea batatas (caiapo), un extrait fabriqué à partir de la patate douce à pelure blanche, est
utilisé au Japon pour prévenir et traiter le diabète sucré. On pense qu’une glycoprotéine acide
est le composant actif. Il existe des données in vitro et in vivo indiquant qu’il augmente la
sensibilité à l’insuline. La première ÉRC a examiné l’impact du caiapo sur 18 sujets de sexe
15
masculin atteints de diabète de type 2 qui ont reçu un placebo ou du caiapo 2 g ou 4 g par jour
pendant 6 semaines. Dans le groupe ayant reçu la dose élevée, le GPJ a diminué de 1,1
mmol/L, le cholestérol total a baissé de 0,5 mmol/L et le cholestérol-LDL a baissé de 0,4
mmol/L20. La résistance à l’insuline, mesurée par le test de tolérance au glucose intraveineux
fréquemment effectué, a diminué de 37 % et de 42 % dans les groupes recevant la faible dose
et la dose élevée, respectivement. Une autre publication sur les mêmes sujets a révélé que la
sensibilité à l’insuline était également augmentée lorsque l’on utilisait un test de tolérance au
glucose oral. Aucun effet secondaire n’a été noté (61). La troisième publication (par le même
chercheur) a évalué l’efficacité du caiapo pour améliorer le contrôle glycémique dans une étude
menée auprès de 61 sujets atteints de diabète de type 2 traités avec un placebo ou le caiapo (4
g par jour) pendant 12 semaines (62). Dans le groupe de traitement, le GPJ a diminué de 0,83
mmol/L (p < 0,001) (par rapport à une baisse de 0,3 mmol/L dans le groupe placebo), la
glycémie 2 heures après le test de tolérance au glucose oral a baissé de 1,6 mmol/L (par apport
à une baisse de 0,5 mmol/L) et le taux d’HbA1c a diminué de 0,53 % (valeur absolue) (par
rapport à une augmentation de 0,06 %).
Ces résultats sont très encourageants, mais doivent être reproduits et observés par un autre
groupe de recherche.
2. Cannelle
L’écorce intérieure du cannelier est utilisée en médecine ayurvédique pour sa capacité à réduire
la glycémie. Il existe des données in vitro suggérant que des fractions de cannelle peuvent
affecter la signalisation de l’insuline par la régulation de la phosphorylase phosphatase et du
récepteur de l’insuline qui est une kinase (63) et qu’un hydroxychalcone dérivé de la cannelle
peut agir in vitro comme un agent mimétique de l’insuline (64). La première publication chez des
êtres humains était une ÉRC récente d’une taille et d’une durée raisonnables qui a montré une
amélioration importante du GPJ chez des sujets qui ont reçu de la cannelle (25). Soixante
sujets au Pakistan ont reçu un placebo ou une des trois doses de cannelle (1 g, 3 g ou 6 g) par
jour pendant 40 jours. Dans le groupe qui a reçu 1g/jour de cannelle, la glycémie à jeun a
baissé de 2,9 mmol/L ; dans le groupe qui a reçu 3 g/jour, elle a baissé de 2,0 mmol/L et dans
le groupe qui a reçu 6 g/jour, elle a baissé de 3,8 mmol/L. On n’a observé aucun changement
dans le GPJ dans les groupes placebo. De même, toutes les doses ont réduit significativement
les taux de triglycérides, le cholestérol des lipoprotéines de basse densité (LDL) et le
cholestérol total. La baisse du taux de glucose à jeun était plus importante avec la cannelle
qu’avec toutes autres herbes (65). Malheureusement, le taux de glucose postprandial n’a pas
été mesuré et l’étude n’était pas assez longue pour que l’on puisse s’attendre à un changement
du taux d’HbA1c.
3. Lagerstroemia speciosa (lagerstrémie)
Aux Philippines, les extraits des feuilles de Langerstroemia speciosa ou de lagerstrémie sont
infusés dans des thés à des fins médicinales pour traiter le diabète sucré. On pense que
l’élément actif est l’acide corosolique qui a démontré réduire le taux de glucose dans des
modèles animaux de diabète et stimuler l’absorption du glucose in vitro de façon similaire à
16
l’insuline. Une ÉRC de très courte durée a examiné l’impact de différentes doses de glucosol
(un extrait de lagerstrémie) chez 56 sujets atteints de diabète sucré. Une réduction de 30 % du
taux de glucose à jeun en deux semaines (p < 0,001) a été démontrée (66).
4. Le Chrome
Le chrome est présent en quantités infimes dans l’organisme. Son lien avec le diabète sucré a
été suggéré pour la première fois lorsque l’on a noté une profonde résistance à l’insuline et une
hyperglycémie chez des patients recevant une nutrition parentérale totale (NPT) sans chrome.
Lorsque l’on a ajouté du chrome, les perturbations métaboliques ont totalement disparu (67). Il
a été démontré in vitro que le chrome améliore l’action de l’insuline en se liant au peptide de
liaison du chrome de bas poids moléculaire (68). Les études examinant l’impact du chrome sur
le contrôle glycémique chez des patients atteints de diabète de type 2 ont donné des résultats
contrastés. Les résultats négatifs obtenus dans certaines études ont été attribués à l’utilisation
de chrome à faible dose ou de chrome non organique (qui est moins biodisponible). Dans une
ÉRC importante ayant obtenu des résultats positifs, 180 sujets en Chine rurale ont reçu 200 μg
ou 1000 μg/jour de chrome organique (piccolinate de chrome). Après trois mois, le groupe
recevant la dose la plus élevée avait obtenu une diminution significative du GPJ (1,7 mmol/L),
du taux de glucose postprandial (1,8 mmol/L) et du taux d’HbA1c (baisse absolue de 1,9 %).
Cette étude a été critiquée parce qu’une dose très élevée de chrome a été utilisée (la toxicité à
long terme est inconnue) et que les sujets avaient probablement une carence en chrome. Ces
facteurs permettent difficilement de savoir si les résultats sont généralisables aux patients en
Amérique du Nord, bien que l’on puisse avancer que les Nord-américains peuvent également
présenter un déficit en chrome (67).
5. Le Vanadium
Le Vanadium était initialement associé à un meilleur contrôle glycémique en 1899 après que La
presse médicale ait rapporté qu’il avait amélioré la glycosurie chez deux patients sur trois. Il
existe des données in vitro qui indiquent qu’il active plusieurs éléments clés dans la voie de
transduction des signaux de l’insuline et il a été démontré qu’il réduisait la sécrétion d’insuline
en inhibant la protéine tyrosine phosphatase maintenant ainsi le récepteur de l’insuline dans
son état actif phosphorylé (69). Des études chez l’animal ont donné des résultats très
prometteurs, mais malheureusement, alors que des études non randomisées à court terme
(trois semaines) chez des êtres humains sous placebo ont montré des résultats contrastés
(quatre étaient positives et deux étaient négatives), une ÉRC menée auprès de 40 sujets suivis
pendant deux mois n’a pas montré un effet significatif sur le contrôle glycémique (70). La
diarrhée se manifeste à des doses plus élevées. On espère que d’autres études pourront êtres
menées après qu’une formulation acceptable aura été mise au point.
6. Le Magnésium
Au total, six ÉRC ont examiné l’impact de la supplémentation en magnésium sur la glycémie
dans le diabète de type 2. Une carence en magnésium (pouvant survenir dans le diabète) peut
entraîner une résistance à l’insuline. Des études ont utilisé différentes formulations et
17
différentes puissances de supplémentation en magnésium, lesquelles ont donné des résultats
variables, rendant toute interprétation difficile (71,72). L’étude la plus importante menée auprès
de 128 sujets a montré une diminution de la fructosamine, mais aucun changement dans le
GPJ ou dans le taux d’HbA1c après un mois (46). Trois études d’une durée de trois mois n’ont
montré aucun effet.
7. La vitamine C
La vitamine C est un antioxydant qui peut améliorer le contrôle glycémique en réduisant le
stress oxydatif qui, à son tour, diminue la glutathione oxydée (qui peut réduire la réponse des
cellules bêta à l’insuline) et la peroxydation des lipides (qui est cytotoxique pour les cellules
bêta).Trois ÉRC ont montré des résultats contradictoires : deux avaient obtenu des résultats
positifs et un avait obtenu des résultats négatifs. Les études dont les résultats étaient positifs
ont montré une réduction du taux d’HbA1c de 0,8 % après l’administration de 2 g/j (pendant
trois mois) (74) ou de 1 g/j (pendant quatre mois) de vitamine C (48).
8. La vitamine E
En tant qu’antioxydant, la vitamine E pourrait (théoriquement) entraîner une amélioration de la
sensibilité à l’insuline et de la sécrétion de l’insuline. Cinq ÉRC ont montré des résultats
contradictoires en ce qui concerne le GPJ et le taux d’HbA1c (71,72). Dans l’étude MICROHOPE, aucun impact sur le contrôle glycémique n’a été observé chez 3 654 sujets assignés au
hasard à un placebo ou à la vitamine E (bien que cela n’ait pas été un paramètre primaire dans
cette étude) (75).
9. Prévention du syndrome métabolique par la naturopathie
Une étude très sérieuse a été réalisée au Canada (41) et a permis de démontrer que la
naturopathie était une aide précieuse pour réduire les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, et en particulier le syndrome métabolique. Dans cette étude, un groupe de
personnes a été suivi par des naturopathes qui leur ont prodigué des conseils alimentaires, leur
ont fait perdre du poids avec des exercices physiques et ont ajouté à leur traitement médical
des compléments alimentaires : oméga 3, CoQ10 ou autres. Résultat flagrant par rapport au
groupe témoin qui recevait les conseils et les soins classiques : au bout d’un an, le risque de
maladie cardio-vasculaire avait globalement baissé dans le groupe naturopathie, dont surtout le
syndrome métabolique qui a fortement diminué de 17 %. Bien sûr, puisque les maladies
cardiaques sont occasionnées en bonne partie par une mauvaise hygiène de vie, la stratégie la
plus efficace consiste à réduire au minimum les facteurs de risque en améliorant l’hygiène de
vie et l’alimentation. Pour les auteurs de l’étude : « La naturopathie est un complément
réalisable et potentiellement efficace aux soins médicaux habituels pour réduire l’incidence du
syndrome métabolique et le risque cardiovasculaire. »
Le Dr Matthew Stanbrook, rédacteur en chef adjoint du Canadian Medical Association
Journal ajoute que ces résultats « apportent la preuve que certains aspects de la prévention
cardiovasculaire pourraient (…) être déléguées à des naturopathes. (…) Les éléments de base
18
de l’intervention naturopathie incluent plusieurs recommandations sur l’alimentation et l’exercice
qui individuellement ont été bien validés scientifiquement.
Discussion
Les directives et les recommandations sur la pertinence de prescrire un antidiabétique oral pour
prévenir l’apparition d’un diabète de type 2 n’existe pas.
À la vue des résultats des études précédentes, cette question ne se pose pas du tout, surtout si
l’on considère que la prescription d’un médicament est plus simple et plus réaliste qu’un suivi
personnalisé avec une approche globale. De plus, le rapport bénéfice-risque et le coût d’un
traitement du prédiabète par des médicaments antidiabétiques oraux sont mal évalués.
Par conséquent, ces médicaments n’ont pas d’autorisation de mise en marché en l’absence de
diabète de type 2. Certains PSN dont l’efficacité est validée scientifiquement pourraient
répondre à cette question.
D’autre part, une évaluation statistique du risque cardiovasculaire chez les patients ayant un
syndrome métabolique présente un double intérêt. D’une part, elle oriente le thérapeute dans
ses choix thérapeutiques, notamment dans la décision d’introduire un hypolipémiant, un
antihypertenseur ou un antiagrégant plaquettaire en médecine conventionnelle. D’autre part,
elle a pour avantage de sensibiliser le patient à la nécessité de mettre en œuvre des mesures
préventives, pour réduire le risque cardiovasculaire qui devient important également au
naturopathe, qui peut se baser sur ce score pour établir la pertinence de l’utilisation de certains
PSN. Divers algorithmes sont actuellement disponibles pour évaluer le risque de morbidité et
mortalité cardiovasculaires à 10 ans. Récemment, une équipe française a proposé un score
spécifiquement adapté à la mesure du risque cardiovasculaire chez les patients atteints de
syndrome métabolique [51]. Ce score a pour avantage d’être adapté à la population
européenne.
La prise en charge hygiénodiététique semble être la clé de succès dans la prévention du
syndrome métabolique accompagné ou pas d’un traitement médicamenteux. On utilise la
médecine alternative pour traiter le diabète sucré depuis des milliers d’années (42). Par
exemple, il existe des traditions en Chine, au Tibet et en Inde (médecine ayurvédique) qui sont
encore suivies aujourd’hui. Les approches traditionnelles associent souvent plusieurs herbes
médicinales dans le cadre d’un processus de guérison holistique. Ces thérapies peuvent être
classées comme médecine « naturelle » ou « complémentaire », c’est-à-dire une médecine qui
ne se conforme pas aux normes de la communauté médicale conventionnelle, n’est pas
enseignée largement dans les facultés de médecine nord-américaines et n’est pas appliquée
dans les hôpitaux nord-américains.
Mis à part leur intérêt historique, il est important que la médecine conventionnelle prenne
connaissance de l’importance du rôle du naturopathe et des médicaments naturels qu’il utilise
et qu’elle puisse interagir avec des professionnels de médecine intégrée et de médecine
conventionnelle.
19
Parmi les différentes raisons pour lesquelles, cette collaboration est importante, une enquête
américaine auprès de patients révèle une utilisation de PSN très importante dans certains
groupes de patients. Les patients diabétiques étaient 1,6 fois plus susceptibles d’utiliser des
médicaments naturels que ceux qui n’étaient pas diabétiques et cet usage était corrélé
positivement avec un âge avancé et un niveau d’éducation élevé (43).
Il existe des données scientifiques qui montrent l’efficacité des PSN et de la pratique de la
naturopathie (44). En ne prenant pas en considération l’efficacité possible de ces composés, la
médecine conventionnelle manque peut-être une occasion d’accroître son éventail de
médicaments oraux. L’évolution du diabète est généralement associée à une détérioration
inexorable de la fonction pancréatique. Afin de conseiller les patients de façon appropriée, il est
important de déterminer les données scientifiques actuellement à l’appui de l’utilisation de
médicaments naturels dans le diabète. La prise en charge thérapeutique du syndrome
métabolique est complexe pour plusieurs raisons. D’une part, l’hétérogénéité de ce syndrome et
la multiplicité des facteurs environnementaux qui le favorisent impliquent que chaque patient est
un cas particulier et doit bénéficier d’une prise en charge personnalisée tenant compte du mode
de vie et de l’état psychologique. D’autre part, le syndrome métabolique a une évolution
chronique avec une tendance spontanée à l’aggravation. Par conséquent, son traitement
nécessite, plutôt qu’une polythérapie médicamenteuse ciblant chaque anomalie d’emblée, de
hiérarchiser les problèmes afin de les résoudre un par un, en agissant avant tout sur l’hygiène
et le mode de vie du patient. Les traitements médicamenteux en médecine conventionnelle ne
sont introduits qu’en seconde intention, en ayant toujours conscience qu’à chaque fois qu’un
comprimé supplémentaire est prescrit, des effets secondaires et un inconfort sont encourus
compromettant ainsi l’observance thérapeutique.
Conclusion
La notion de syndrome métabolique est un vrai problème de santé publique majeur qui a fait
une avancée significative dans le domaine de la médecine préventive, qui vient appuyer
l’importance d’une médecine intégrée et, par la même occasion, l’importance de la naturopathie
(41). Elle révèle, chez un patient donné, l’existence d’un risque important de morbidité, alors
que les examens biologiques montrent des anomalies qui, individuellement, attirent peu
l’attention du clinicien en médecine conventionnelle chez un patient avec un phénotype limité à
une obésité abdominale. La naturopathie devrait permettre de sensibiliser le patient de façon
précoce à la nécessité d’acquérir une meilleure hygiène de vie qui, à elle seule, retarde la
survenue du diabète et des accidents cardiovasculaires.
La prescription d’un médicament ne doit pas faire oublier la nécessité de collaborer avec un
naturopathe qui intervient sur « changer les habitudes de vie ». Cette intervention doit se faire
au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard et doit être considérée comme un accompagnement des
modifications du mode de vie qui restent toujours le pilier central de la prise en charge de ce
problème de santé publique.
20
* : Amine Yacine MD PhD est cofondateur du CRPM et fondateur du GRISM
** : Danielle Beauchamp est présidente du GRISM et présidente de l’ANAQ
GRISM : Groupe de recherche interdisciplinaire en santé et en médecine alternative et complémentaire
de Montréal
CRPM : Centre de Recherche et de Prévention en Médecine alternative et complémentaire de Montréal
PSN : Produit de santé naturelle
SD : Syndrome métabolique
Remerciements :
Tout nos vifs remerciements a Mr Daniel Turcotte et Mr Sylvain Magnan de Kine-concept pour le
support logistique fourni au GRISM pour leurs rencontres périodiques et a la bonne marche de ce
travail.
Tout nos remerciements a Juilie Ouellet de Kine-concept pour avoir assurer la prise des minutes
des réunions du GRISM.
21
Références
1.
Le syndrome métabolique : Paul Zimmet, George Alberti, Jonathan Shaw. Pratique
clinique. Septembre 2005, volume 50, numéro 3.
2.
World Health Organization. Definition, diagnosis and classification of diabetes mellitus
and its complications. Report of a WHO consultation, 1999.
3.
Executive Summary of The Third Report of The National Cholesterol Education Program
(NCEP) Expert Panel on Detection, Evaluation, And Treatment of High Blood
Cholesterol In Adults (Adult Treatment Panel III). JAMA 2001; 285: 2486-97.
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