Faszination Frankreich
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Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 Timecode 00:00 - 03:00 L'Ile de Sein et ses habitants L'Atlantique se déchaîne. Vent tempétueux à 120 kilomètres/heure. Une traversée terrible - à mourir. Nous sommes en route pour la minuscule île de Sein, au large de la côte bretonne. Sur le seul bac qui n'ait pas cessé son activité. A bord, il n'y a que des durs à cuire, ceux qui ne sont pas émus par deux heures de grand huit. A une cinquantaine de kilomètres d'ici, le pétrolier Erika se brisera dans quelques heures dans la houle des vagues. Le pays des légendes, mais ici cela ne transparaît pas. Ile de Sein : 170 personnes vivent dans ces maisons sobres. Des retraités, des petits commerçants. Parmi eux le gardien de phare Serge et le pêcheur François. Et sœur Elisabeth, toujours au service du Seigneur. Le vieux Klett me parlera de la résistance, comme à tous les autres ici. François Spinec, le pêcheur. Sa famille est installée ici depuis des siècles déjà. On parle le breton, tous connaissent la langue des ancêtres celtes. Actuellement, la pêche est catastrophique. Les bateaux sont à quai depuis deux semaines - à cause de la tempête. Même les homards, qui rapportent beaucoup d'argent, ne peuvent être pêchés. Deux semaines sans revenu. Il n'y a aucune subvention de l'État. Les pêcheurs comme lui arrivent tout juste à s'en sortir. Ses clients : les petits hôtels et restaurants des alentours. Lorsque François était petit, l'île comptait 1300 habitants, dont 200 pêcheurs. Aujourd'hui il est le dernier. Voici l'instituteur, venant de la terre ferme. Ses élèves sont souvent plus ponctuels que lui, les horaires du bateau n'étant pas fiables. Camille est la fille du pêcheur François, elle boude parce que les ordinateurs sont trop vieux. La mini-école est mal équipée, tant il y a peu de contribuables sur l'île. Quatre classes dans une seule pièce. Les petits s'entraînent à écrire, les grands peuvent faire la lecture, ce que Camille Spinec sait très bien faire. Il ne reste que dix enfants à la petite école. Si Camille veut passer son bac, il lui faudra quitter son pays natal. Timecode 03:01 - 05:04 La mer dangereuse 15 minutes à pied jusqu'au phare à l'autre bout, et voilà. L'île n'est pas plus grande. Serge règle aussi les phares automatiques - au large de la côte. Une des plus dangereuses d'Europe. Bon nombre de bateaux s'échouent ici, dont le pétrolier est-allemand Boehlen en 1976. Le Boehlen avait fait une erreur de navigation, et s'était approché de trop près des falaises. Serge n'aime pas en parler. © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 Serge : « Le Boehlen, c'était grave, parce qu'il y a eu pas mal de morts, et par moments il y avait une mauvaise coordination, les sauvetages, bon, les gens de Sein sont arrivés trop tard. Ils ont récupéré des corps encore chauds, et ça... le Boehlen c'était assez traumatisant … » Il n'aime pas poursuivre : 11 morts - tous noirs et englués. Dès le lendemain, l'huile se déversa sur cette île très plate. Une épaisse couche collante de 30 centimètres. Ils mirent une année à nettoyer, mais sur les galets, ça ne partait pas . Depuis, les tankers doivent passer plus au large. François regrette de n'avoir pu sauver à l'époque que deux matelots du Boehlen. François : « La mer, vous savez, c'est... la mer est dure parfois et … on ne peut jamais rien contre la mer, la mer c'est … la mer arrive toujours à bout de vous. On n'est jamais, on ne peut jamais être sûr à 100 pour cent … ç'est tellement … elle est tellement difficile parfois, il arrivera encore des catastrophes. » Timecode 05:05 - 07:18 Le vieux Klett et la résistance Modestes et sans fioriture - ces gens sont comme leurs maisons à l'épreuve des ouragans. Ils ne se plaignent pas de leur rude quotidien, ni de leur isolement. Mais il y a aussi des moments de gloire. Une fois, la minuscule île de Sein a été célèbre dans toute la France. Tout a commencé ici sur le quai, en 1940. Le vieux pêcheur Klett en fait le récit. Nous le retrouvons dans le bâtiment monastique, où il se rend souvent l'après-midi pour bavarder, bien que sa femme le voie d'un mauvais oeil. Les bonnes sœurs remettent les vieux d'aplomb, sinon ils se calcifieraient. Elles adorent les vieilles photos, souvenirs de la résistance : Sœur Elisabeth et sœur Jacqueline. Klett avait 16 ans, lorsqu'il entendit un appel à la radio, d'un général inconnu. Un certain de Gaulle organisait depuis Londres la résistance contre les Nazis. Klett : « Eh bien, on a décidé de partir parce qu'on était la jeunesse à ce moment-là, des fleurs, pour aller quelque part, parce que quand on partait il n'y aurait eu personne derrière nous, parce qu'on était tout jeunes quoi. Alors on est parti à 10 h et demie du soir. » © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 Presque tous les jeunes gens de l'île ont suivi l'appel de de Gaulle. Klett : « Et la nuit est tombée, on avait peur qu'on serait arrêtés par les allemands, ils étaient à la pointe du Raz... oui, oui, là, on a eu chaud, parce que, heureusement il n'y a pas de bombe qui est tombée sur le bateau parce que là, la plupart des gens de l'île étaient tués quoi, complètement. » Les gars sont rentrés en héros. 150 pêcheurs - soit un quart de tous les combattants français de la première heure. De belles histoires - sur le courage, l'honneur et la résistance. On se sent de plus en plus réchauffés et légers par ce voyage hivernal. Timecode 07:19 - 13:42 Myrdhin, musicien et druide Un miracle déchire le vent et les nuages, nous sommes sur une plage au nord de la Bretagne, au Cap Fréhel. Et voici le druide Myrdhin avec sa femme Zil et leur fils Tanguy. Les druides sont les prêtres des Celtes. Myrdhin ne sait pas préparer de potion magique, mais à son approche, tout se fond en une merveilleuse harmonie. Les froides griffes de la pluie cherchent en vain à nous agripper, car pour Myrdhin cet endroit est celui du bonheur. Il y a 20 ans, il a été ordonné druide. Son chemin passait par la musique. Myrdhin : « Ma première chanson, je l'ai écrite ici, sur les dunes-là. » Question : « Vous vous êtes promené, et tout d'un coup il y a eu cette inspiration ? » Myrdhin : « Oui, j'étais tout seul et l'inspiration, et c'est la meilleure chanson, la première... » Question : « Et le nom ? » Myrdhin : « Graal ! » Il donne de brillants concerts de harpe avec sa femme - et ils en vivent bien. Depuis quelques années, la Bretagne vit un renouveau du Celtique. Entre kitsch et art, tradition et pacotille. Et au milieu, une véritable quête de racines, qui n'ont rien en commun avec la France rationnelle, centraliste et catholique. Ensemble, ils se sont construit leur propre table ronde - de spirituels marginaux. Leur fils Mahel est en pleine adolescence, et il regrette d'habiter aussi loin des bons magasins de © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 disques. Il gratte ses propres rythmes, les vieux au rez-de-chaussée pincent inlassablement les cordes, la maison explose de sonorités. Question : « Est-ce que vous avez des difficultés, parfois, avec vos parents à cause de la musique ? » Mahel : « Ben oui, quand eux ils en font et que moi je veux en faire. » Question : « Quelle musique est mieux ? » Mahel : « Ben, la mienne... c'est plus moderne, c'est plus… ben je ne sais pas comment dire, mais je préfère ça quoi. » La famille habite une vieille ferme. Ici, la croyance aux fantômes, à la force de la nature n'est jamais absente. Myrdhin avait l'âge de son fils Mahel, quand il découvrit son amour pour le Celtique. Il apprit le breton de ses grands-parents, lut des livres d'Histoire. Puis il trouva un menhir de quatre, cinq mille ans. Et celui-ci lui conseilla de s'établir ici. Les menhirs. La Bretagne en est couverte. De gros cailloux, dont nous ne savons presque rien. Les ancêtres des Bretons plantèrent leurs symboles dans la terre. Lesquels pesaient des tonnes. Pour l'éternité. Myrdhin et Zil se considèrent comme poètes et philosophes, et leurs rites n'ont rien à voir avec des abracadabras de foire. On chante, on récite des poèmes, on médite ensemble. Zil et Myrdhin sont d'anciens soixante-huitards. Leur génération a remis bien des choses en question, à l'époque. Myrdhin : « En France il y a de toute façon une méfiance, et je crois que toute ma génération d'après-guerre, ça a été ça, on a eu aussi envie de savoir qui nous étions et de retrouver nos racines. C'était ça, c'était le besoin de re... de redéfinir les valeurs, la hiérarchie des valeurs, et de remettre l'imagination, la créativité avant la raison, peut être aussi la société de consommation qui était un peu condamnée. Le point le plus important de cette tradition, c'est l'amour de la nature et l'amour de la vie et de tout ce qui vit. Donc forcément un druide est écologique avant l'heure. Merlin est le premier militant d'écologie. » Ils se connaissent depuis 28 ans et aiment à rêver ensemble. Zil : « Ce qui m'attire chez lui c'est son sourire et ses yeux et sa voix dans certaines chansons. » Question : « Et vous chez elle ? » © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 Myrdhin : « C'est tout et c'est, je ne sais pas, je ne saurais pas dire ça avec des mots, je serais embêté de dire ça avec des mots. Ce serait trop limité. » C'est la chanson du dernier druide, qui essaya d'élever sa voix contre les nouveaux prêtres chrétiens. En vain. Les druides disparurent pour un siècle entier. Myrdhin et Zil se sentent être leurs héritiers. Mais il ne reste que des suppositions de ce qu'ils étaient vraiment. Fugaces et miroitantes, telles des gouttes d'eau. Timecode 13:43 - 16:31 Merlin et la forêt de Brocéliande Voyage hivernal - le miracle déchire le vent et les nuages, nous sommes au cœur de la Bretagne, dans la forêt magique de Brocéliande. Xavier est conteur de métier. Jadis, cette forêt était si épaisse, nous dit-il, qu'un voyageur pouvait se rendre de l'océan à Paris, sans quitter son ombre. Aujourd'hui, presque toutes ces forêts sont privées. Un paradis pour les chasseurs. Et pour les enfants. Car bien sûr, ici vivait Merlin l'Enchanteur. Et ce Merlin est éternel, aussi vert que la mousse de Brocéliande. Xavier : « Et ça, c'est souvent une surprise quand on le conte aux enfants, quand on leur demande, d'où vient la magie de Merlin ? Ils l'ignorent. Et quand on leur dit que c'est le diable qui a donné cette magie, ils sont un peu surpris. Eh bien, pour comprendre ça, il faut remonter un petit peu en arrière, il y 2000 ans, dans le combat le combat du bien contre le mal , et dans ce combatlà, il faut se dire que Dieu l'a emporté un moment, quoi. Quand il envoie son fiston sur la terre. Ah oui, on cherchait une idée, c'est un petit démon qui un jour va se dire, Grand Lucifer, mais pourquoi vous ne faites pas comme votre ennemi ? Regardez Dieu, il a envoyé son fiston sur la terre, hop, 30 ans après, tout le monde au paradis. Nous, plus personne. La voilà, la petite fontaine. C'est elle qui a bien plus d'un nom. C'est la fontaine de Barenton, c'est son nom le plus commun. On dit aussi, la fontaine qui boue, bien que plus froide que le marbre, ça peut-être on va le voir, et la fontaine qui guérit les maladies de l'esprit. Est c'est pourquoi Merlin en a eu besoin parce que, quand il était enfant, son père, le diable, essayait de le ramener à lui, et c'est dans sa tête que le diable venait hurler : Reviens, Merlin, reviens, qu'il criait. Alors à ce moment-là, Merlin se transformait, il venait jusqu'ici, il se faisait tout minuscule, il rentrait dans l'eau, et c'est pourquoi le diable faisait bouillir la fontaine, pour le faire sortir de là, mais Merlin était bien au chaud, bien au calme dans les bras de la fée. Alors le diable © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 faisait tomber tempêtes, bourrasques et grêle sur tout ce coin de forêt puis s'en allait, lui, il avait d'autres chats à fouetter. » Il paraît que les falaises de la forêt de Brocéliande ont parfois des reflets rouges, du sang de fées assassinées. Des chevaliers blancs et noirs se battaient pour la faveur des créatures magiques. Il arrivait aussi qu'on enterre vivante une pucelle, comme au Château isolé de Trécesson. Contes et légendes planent, légers, au-dessus du paysage hivernal. Chaque pas est un fantôme. Xavier nous ramène chez les Bretons d'aujourd'hui. Timecode 16:32 - 23:17 L'agriculteur et musicien engagé Jean-Pierre Quéré et sa famille Chaque Breton connaît ces fest-noz. Et Xavier le conteur va danser, manger et boire avec les autres jusqu'à l'aube. Vieux et jeunes. Citadins et villageois. Toutes les couches. Puis Jean-Pierre Quéré, un paysan, entonne une chanson. La chanson qu'il chante avec son frère Guy avait autrefois un sens très pratique. Les gens piétinaient la terre en chantant pour créer le sol d'une nouvelle ferme. Les frères Quéré sont les stars de la fête, et nous nous rendons à la ferme de Jean-Pierre. C'est mercredi, le poissonnier est là. Et il y a des moules fraîches. Brigitte est l'amie de JeanPierre. Ils s'occupent ensemble de la ferme et de leurs quatre enfants. Ils sont conscients et responsables, pas très aisés, mais très actifs. Depuis une dizaine d'années, ils s'intéressent à l'agriculture bio. 57 hectares, pour la plupart des pâturages. Jean-Pierre s'est mis à fabriquer ses propres compléments alimentaires : moins de maïs et de soja, puisque ces produits sont manipulés génétiquement. Il ne veut plus en entendre parler. Jean-Pierre travaille seul, il ne peut se permettre d'avoir des employés. Tous doivent mettre la main à la pâte. Brigitte a étudié l'art, voyagé en Amérique, et n'a jamais songé à une vie paysanne. Puis, à la mort d'un de ses frères, elle a repris la ferme. Et elle est heureuse. Deux de ses enfants adorent la ferme, l'activité va se poursuivre. Et des jeunes agriculteurs se réinstallent ici. Brigitte : « Et c'est souvent par secteur, quand il y a un jeune qui s'installe ou deux jeunes, il y en a plusieurs qui restent, il y a l'effet de groupe. » Question : « On s'attire ? » Brigitte : « Oui, oui. » © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 Question : « Mais dans d'autres coins ? » Brigitte : « Oui, dans certains coins, même du canton ici, il y a des zones où il n'y a plus de jeunes. » Jusque dans les années 50, la Bretagne était le cliché de la province rétrograde. Les jeunes voulaient tous partir. Mais cela a changé, grâce au mouvement écolo. La réunion syndicale vient de commencer, avec pour thème : le nitrate dans la nappe phréatique. Il y a à peine quelques années, on ne buvait pas l'eau du robinet, tellement elle était polluée. Maintenant, on apprend à se passer des produits chimiques. Or ici, on ne retrouve que les jeunes agriculteurs de gauche, comme Jean-Pierre. Qui déplore que les grosses entreprises font comme si de rien était. La famille de Brigitte habite à Guellen depuis 1700. Guellen qui signifie « le bon chemin» , car c'est un sol très stable au milieu de terres inondables. La vieille ferme comporte essentiellement des bâtiments d'après-guerre, ce qui est lié à l'occupation allemande, nous apprend le père de Brigitte. Le père de Brigitte : « J'avais eu mon CAP de menuisier, et je devais passer le CAP d'ébéniste, quoi. Et le directeur m'avait déconseillé, parce que si jamais je sortais avec un brevet d'ébéniste, j'aurais pu être embarqué pour aller aux travaux obligatoires en Allemagne. Alors il m'a dit, ne passez pas votre brevet, rentrez chez vous, voilà. Et le directeur a été déporté, et ce directeur-là est mort en Allemagne. » Question : « Pourquoi on a brûlé les fermes ? » Le père de Brigitte : « Parce qu'on abritait des résistants, c'est ça. » Question : « De quelle façon ? Est-ce que vous pouvez me dire des détails ? » Le père de Brigitte : « Quand les Allemands sont venus, nous, il a fallu qu'on parte. Si on ne partait pas, on aurait été fusillés. » Aujourd'hui, la famille doit mener d'autres combats. Bien qu'ils soient moins endettés que d'autres agriculteurs, il reste toutes ces prescriptions de l'Union européenne, et la baisse des prix de production. Nous discutons des conséquences de la globalisation, et des effets bénéfiques ou néfastes des actions radicales du leader Bové. Question : « J'ai reçu cette image des agriculteurs qui sont toujours les casseurs, les radicaux, les militants, ça c'est vrai ? » Jean-Pierre Quéré : « Oui, je suis militant, mais je suis militant dans une forme de défense de © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 notre métier qui est beaucoup plus … pacifique, voilà. C'est pas une bonne image, en plus ça ne reflète pas l'esprit profond des agriculteurs, l'esprit des paysans. Où on travaille beaucoup, où on est en contact avec la nature, solidaires, avec une ambiance qui se rattache à la culture, parce que notre culture bretonne, on était l'autre jour en train de chanter au fest-noz - mais notre culture bretonne, elle est là aussi, ses racines sont dans la paysannerie, les racines de la culture bretonne sont dans la paysannerie, donc ce fait - pour mois, c'est tout un, ça, et quand j'étais enfant, quand j'ai choisi l'agriculture, c'est parce que j'avais tout ça dans ma tête, quoi. » Une vie difficile, comblée. Ils ne voudraient pour rien au monde vivre ailleurs qu'à Guellen en Bretagne avec leurs 50 vaches. Nous avons parlé longuement de ce qui est le bonheur pour Jean-Pierre Quéré. Jean Pierre Quéré : « Quand je suis tout seul en train de traire les vaches, oui, et que tout va bien, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de problèmes, quand je suis en pleine forme, quand j'ai beaucoup de goût pour travailler - c'est quand j'ai le plus de goût à travailler que je compose le plus de chansons. Et que je compose le plus d'airs surtout, d'airs à danser. Alors là, oui, c'est vraiment le bonheur. Mais pour pouvoir faire ça, il faut vraiment être bien dans son métier, donc dans sa tête, et là, l'inspiration est là, et là c'est vrai que c'est un bonheur. » Un voyage hivernal. Pas charmant, pas facile. Timecode 23:18 - 28:30 Religion et solidarité sur l'Ile de Sein Or la Bretagne n'affiche pas seulement son visage sévère, mais aussi son âme. Un mélange de tempête et de lumière. Nous sommes à nouveau chez le pêcheur François Spinec. Une journée radieuse sur l'île de Sein, il peut enfin jeter ses filets. La pause de travail imposée a pris fin. Le vent n'est pas trop soutenu, on peut à nouveau sortir. On regrette seulement que le prêtre n'ait pas osé prendre le bac pour rejoindre l'île. Depuis des années il n'y a plus d'ecclésiastique sur l'île. Sœur Jacqueline est seule à charge d'âmes avec les autres sœurs. Autrefois, l'île possédait son propre curé et un petit cloître, ainsi que plusieurs boulangers, deux bouchers, un chantier naval. Klett s'en souvient encore très bien. Aujourd'hui, chaque patate, chaque baguette doit être amenée du continent pour les 170 habitants de Sein. Les uns aident les autres, souffrance, vieillesse, fatigue - tout est partagé. © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 Après la messe, sœur Elisabeth se rend chez la veuve Marguerite, 300 mètres plus loin. Celle-ci est fragile et souhaite faire sa communion. Elisabeth : « Alors, que le bon Dieu bénisse cette maison et tous ceux qui l'habitent… » Marguerite : « Je suis seule, mais enfin… » Elisabeth : « …tous ceux qui passent dans la maison, oui, et toute la famille. Et viens, pour visiter, et viens pour demeurer avec vous. Oui, je vais m'empêcher, c'est pourquoi je supplie la vierge Marie, les anges et tous les saints et vous aussi mes frères, priez pour moi, alors je serais guérie. Au nom du Christ, amen. » Les vieux Bretons sont conservateurs et rétrogrades, aime-t-on à railler à Paris. Mais moi, je suis touché par cette fervente piété. Même quand un garçon se donna la mort, il y a quelques mois, croyance et solidarité furent une aide précieuse. Le deuil enveloppa l'île comme un brouillard épais. Des hommes si jeunes, ils n'en ont pas beaucoup. François Spinec, le pêcheur, est un bon observateur. D'après lui, une communauté aussi étroitement liée, où chacun sait tout de l'autre, est toujours particulière. Quand tout va bien, c'est chacun pour soi. Mais dans les situations difficiles, on dépend des autres. Pas toujours simple. François Spinec : « Pour moi, je n'ai aucun problème, parce que je suis bien dans ma peau, ça fait que ça me gêne pas s'il y a des petits conflits, des petites choses qui sont dites, des petites jalousies, des … mais ça passe très très vite, les gens oublient facilement, parce que, malgré nous on se rencontre tellement souvent dans une journée, pour rencontrer, l'île est tellement petite, on est obligés de se rencontrer constamment. » L'île possède quatre bistrots. Chacun sait où trouver les autres le soir. C'est autour d'un verre que le vieux Klett raconte son histoire, celle de la résistance. Et tout le monde écoute. A deux pas d'ici, la salle communale. François et quelques amis collectent de l'argent pour la miniécole, qui a de si vieux ordinateurs. Ils ont préparé un dîner pour une soirée agréable. Par solidarité, tous les restaurants de l'île ont fermé. Évidemment, l'instituteur et la gardien de phare sont là. Ces soirées ont lieu toutes les deux, trois semaines, mais on dirait qu'ils ne se sont pas vus depuis longtemps. Tous affirment que les jeunes vont revenir, que l'île va survivre. Car quoi de plus sacré que ce petit monde gris ? © Planet Schule 2012 Filmskript zur Sendung „Bretagne: La trace des druides – voyage hivernal en Bretagne“ Sendereihe: La France et ses régions Stammnummer: 4680959 La Bretagne en hiver. Le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, au contraire. Nous avions des ailes, de par la tempête et la lumière. Par le paysage, par les hommes. © Planet Schule 2012