Wirtschaftsinfo_I Januar 2010_f
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Unia Secrétariat central Département Politique conventionnelle et groupes d’intérêt Weltpoststrasse 20 CH-3000 Bern 15 T +41 31 350 21 11 F +41 31 350 22 11 http://www.unia.ch INFORMATION ÉCONOMI ÉCONOMIQUE I/2010 2010 D. Lampart / J. Corpataux (USS) Information économique I/2010 1. Succès des programmes conjoncturels, mais perspectives incertaines ........3 1.1. 1.2. 1.3. 1.4. 1.5. 1.6. 1.7. Economie mondiale: stabilisation à un bas niveau– relative bonne tenue de l’emploi ............... 3 Réduction des horaires de travail pour garder des parts de marché ......................................... 4 Politique d’austérité dangereuse pour la reprise en Europe...................................................... 5 Forte augmentation du chômage .............................................................................................. 5 Stabilisation de l’économie suisse à un faible niveau ................................................................ 5 L’économie suisse pénalisée par un pouvoir d’achat insuffisant................................................ 6 Poursuite de la hausse du chômage......................................................................................... 7 2. Industrie et secteurs liés à la demande extérieure : évolution récente et perspectives .....................................................................................................9 2.1. Marche des affaires dans l’industrie manufacturière ................................................................. 9 2.2. Evolution des exportations de marchandises .......................................................................... 10 2.3. L’hôtellerie-restauration et l’évolution des nuitées................................................................... 12 3. Les secteurs orientés sur le marché intérieur...............................................13 3.1. Le commerce de détail ........................................................................................................... 13 3.2. Le secteur de la construction .................................................................................................. 14 4. Le marché de l’emploi et le chômage ............................................................16 Auteurs: D. Lampart et J. Corpataux de l’USS Information économique I/2010 2/19 Succès des programmes conjoncturels, mais perspectives incertaines 1.1. Economie mondiale: stabilisation à un bas niveau– relative bonne tenue de l’emploi Après la chute du produit intérieur brut (PIB) survenue dans la plupart des régions du monde au deuxième semestre 2008, la tendance est à la stabilisation depuis le début de l’année 2009. Ce constat vaut notamment pour l’UE, qui représente de loin le principal partenaire commercial de la Suisse. Les économies nationales de l’UE ont ainsi renoué avec une timide croissance de 0,3 % (UE-27). Toutefois, le PIB de l’UE-27 est inférieur de 4,2 % à celui de l’année précédente (graphique 1.1.1). Le PIB allemand s’est même contracté de 4,7 %. Les éléments moteurs de cette stabilisation sont principalement les programmes conjoncturels, ainsi que le besoin des entreprises de reconstituer leurs stocks fortement entamés. Compte tenu de ce sévère recul du PIB, la situation de l’emploi s’avère par contre relativement positive dans les grandes économies d’Europe continentale épargnées par la crise immobilière (graphique 1.2.1). Les chiffres de l’OCDE montrent p. ex. qu’aux Etats-Unis, le nombre de personnes actives occupées a baissé jusqu’ici de presque 5 % (recul du PIB de 3,2 %), alors qu’en Allemagne l’emploi a fléchi de 1 % seulement (recul du PIB de 4,7 %). On peut certes argumenter qu’en Allemagne, la crise frappe surtout des branches à forte valeur ajoutée (industrie, secteur financier). Mais la principale raison tient au fait que les entreprises cherchent à conserver leurs employés en réduisant la durée du travail. Le volume d’heures accomplies en Allemagne a diminué de 4,1 % par rapport à 2008. Concrètement, le chômage partiel représente un quart de cette baisse. Les autres facteurs explicatifs sont la diminution du taux d’occupation et l’élimination des heures supplémentaires. Graphique 1.1.1: Produit intérieur brut en Europe (Corrigé des variations de prix; 2e trimestre 2006 = 100) UE-27 Allemagne France 106 104 102 100 98 96 94 2006 Information économique I/2010 2007 2008 2009 3/19 Graphique 1.2.1: Emploi en Europe (2e trimestre 2006 = 100) UE-27 Allemagne France 106 105 104 103 102 101 100 99 98 97 2006 2007 2008 2009 L’évolution de la conjoncture européenne en 2010 dépendra avant tout d’une question, à savoir si les employeurs demeurent disposés à garder leur personnel. Pour que les entreprises tournent à nouveau à plein régime, il faudrait que l’UE bénéficie d’une croissance économique de 5 à 6 %. On ne voit toutefois guère d’où viendraient à court terme de telles impulsions de croissance. Sur le plan des exportations, les perspectives sont moroses pour l’UE. Aux Etats-Unis, tant les ménages qu’un grand nombre d’entreprises sont fortement endettés. De même, l’économie japonaise s’est fortement dégradée et souffre de surcapacités. Quant aux exportations dans les pays émergents, elles sont trop marginales pour absorber, même si elles décollaient, le surplus de production de l’UE. Si les entreprises européennes décidaient de tailler dans leurs effectifs et supprimaient davantage d’emplois, le pouvoir d’achat des ménages diminuerait sous l’effet de la hausse du chômage. La consommation aurait par conséquent tendance à diminuer, et la récession s’aggraverait. Par contre, en acceptant de garder leur personnel, les entreprises contribuent à stabiliser le système. Une telle attitude de la part du patronat, combinée à une reprise de la demande étrangère, stimulerait la fragile reprise. Le problème tient toutefois à ce que beaucoup d’entreprises ont épuisé leur réserve de jours de vacances et leur stock d’heures supplémentaires. Pour pouvoir garder leur personnel, elles devraient soit se contenter de moindres marges bénéficiaires, soit davantage miser sur le chômage partiel. Autre sujet d’inquiétude, les Etats membres de l’UE ont tendance à passer d’une politique de relance à une politique d’austérité. 1.2. Réduction des horaires de travail pour garder des parts de marché Le chômage partiel est une solution très intéressante pour permettre à un employeur de garder des parts de marché. En période de crise, les entreprises se livrent une concurrence beaucoup plus acharnée que quand la conjoncture est favorable. Car elles manquent de travail. Par conséquent, quand un mandat leur est confié, il est particulièrement important qu’elles puissent satisfaire le client de manière rapide et fiable. Sinon, elles recevront encore moins de mandats. Les entreprises chercheront donc à préserver autant que possible leurs capacités de production. La réduction de l’horaire de travail les y aide. Le personnel est pleinement disponible, sans que l’employeur doive payer la totalité des salaires. Autre argument en faveur du chômage partiel, cette mesure permet de garder son personnel qualifié. Tant qu’elles ne sauront pas si leurs marchés connaissent un recul provisoire ou durable, les entreprises auront tout intérêt à continuer de recourir au chômage partiel et à ne pas réduire leurs capacités. Information économique I/2010 4/19 1.3. Politique d’austérité dangereuse pour la reprise en Europe Pour que les entreprises continuent à bénéficier du chômage partiel, une décision politique s’impose. Car les Etats devront prolonger la durée maximale de perception des indemnités, mesure qui a un coût. Or les tiraillements actuels entre la volonté de consolidation des finances publiques et la stabilisation conjoncturelle visée augmenteront encore. Et si lors de l’éclatement de la crise les gouvernements ont privilégié la stabilisation de la conjoncture, la précarité des finances publiques suscite une inquiétude croissante. Certains pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne affichent les déficits supérieurs à 10 % du PIB. A ce propos, l’UE tient fermement aux critères de Maastricht et exige des Etats membres qu’ils résorbent leurs déficits. Cette politique d’austérité pèsera sur la conjoncture cette année déjà, et encore plus en 2011. La nécessité de mener des programmes drastiques d’économies est toutefois discutable. Car les déficits sont dans une large mesure de nature conjoncturelle et non structurelle – autrement dit ils ne vont pas forcément durer. Un creux conjoncturel conduit p. ex. à des baisses de recettes temporaires. Mais ce manque à gagner se corrigera lors de la reprise ultérieure. En outre, il est difficile de savoir aujourd’hui combien d’argent injecté par les gouvernements dans le secteur financier pourra être récupéré. Aux Etats-Unis notamment, les banques sont impatientes de rembourser la prise de participation de l’Etat. Enfin, une partie des dépenses dues aux trains de mesures de stabilisation conjoncturelle retourneront dans les caisses de l’Etat sous forme de hausses des recettes fiscales. 1.4. Forte augmentation du chômage S’agissant de l’évolution de l’économie mondiale, la plupart des institutions s’attendent pour 2010 et 2011 à une faible croissance du PIB. Or cette reprise ne suffira pas à résorber le chômage. L’OCDE prévoit pour l’espace euro des taux de croissance du PIB de 0,9 % (2010) et 1,7 % (2011). Le PIB américain devrait progresser de 2,5 % et 2,8 %, la hausse moyenne des pays de l’OCDE se situant à 1,9 % puis 2,5 %. Ainsi, l’évolution économique restera en deçà du potentiel de croissance. Les capacités seront sous-utilisées (output gap). Cet écart de production grimpera jusqu’en 2011 à 3,2 % du PIB, selon les estimations de l’OCDE. Il en résultera une hausse du chômage. L’OCDE estime que le taux de chômage passera de 7,5 % (2008) à 10,8 % (2011) dans la zone euro et de 5,9 % à 8,8 % qu’au niveau de l’OCDE. 1.5. Stabilisation de l’économie suisse à un faible niveau Après avoir chuté de plus de 20 % depuis le début de la crise en automne 2008, les exportations ont commencé à se stabiliser en automne 2008. L’économie suisse d’exportation a profité des tendances à la stabilisation apparues à l’étranger et des interventions de la Banque nationale visant à empêcher l’appréciation du franc face à l’euro. Or cette stabilisation s’est faite à un niveau anormalement bas. Après correction des prix, les exportations sont retombées à leur niveau de 2005 (graphique 1.5.1). Les problèmes de l’économie d’exportation se sont étendus au secteur des transports et au domaine des services aux entreprises (agences d’intérim, branche informatique, etc.). La crise a également rattrapé le secteur de l’hôtellerie-restauration. Le tourisme souffre à la fois de la crise secouant les pays de provenance des touristes et de l’appréciation du franc. Information économique I/2010 5/19 Graphique 1.5.1: Exportations suisses de marchandises (Volume, 1997=100) 180 160 140 120 100 80 60 90 92 94 96 98 00 02 04 06 08 En revanche, l’économie intérieure a progressé tout au long de l’année 2009. Les résultats des négociations salariales de l’automne 2008 ont conduit, outre le recul des prix à la consommation, à un appréciable renforcement du pouvoir d’achat. En effet, les consommatrices et consommateurs suisses ont disposé en 2009 de nettement plus d’argent que l’année précédente. Grâce notamment à la baisse de prix des produits pétroliers importés, le pouvoir d’achat dans le pays s’est amélioré. Les taux d’intérêts avantageux ont également joué un rôle-clé. Ils ont contribué à la stabilisation de l’industrie de la construction et comme les loyers n’ont plus renchéri dès l’été 2009, le pouvoir d’achat en a bénéficié. Enfin, la politique expansive des budgets publics a soutenu la conjoncture. 1.6. L’économie suisse pénalisée par un pouvoir d’achat insuffisant En 2010, l’économie suisse restera confrontée à une situation difficile. Le facteur décisif sera l’évolution de la conjoncture au sein de l’UE. Si la reprise se confirme, une légère croissance des exportations est à prévoir. La route sera toutefois encore longue pour retrouver la situation d’avant la crise. Car pour y parvenir rapidement, il faudrait réaliser des taux de croissance à deux chiffres, ce qui ne paraît guère probable en ce moment. De nombreuses entreprises tournées vers l’exportation continueront donc d’afficher des surcapacités. Le renchérissement du franc ne fera qu’aggraver le problème. La Banque nationale a laissé le franc tomber bien en dessous du plancher de 1.50 pour l’euro/franc suisse. De nombreux paramètres indiquent une détérioration de l’économie intérieure. Ainsi, les maigres augmentations de salaire d’env. 1 % ne suffiront pas à compenser le retour du renchérissement et l’augmentation de près de 10 % des primes des caisses-maladie. A cela s’ajoutent les cotisations d’assainissement perçues par les caisses de pension. Le pouvoir d’achat des ménages privés baissera. D’où une consommation privée déprimée, qui affectera l’hôtellerie-restauration et les activités directement dépendantes de la consommation. La situation aurait même été pire si, suite aux pressions des syndicats, la Confédération n’avait pas décidé de rembourser en 2010 déjà les recettes de la taxe sur le CO2 des années 2008 à 2010. Le pouvoir d’achat augmentera au passage d’un peu plus de 500 millions de francs. Mais même ce montant ne permettra pas de combler la perte de pouvoir d’achat due au renchérissement des primes des caisses-maladie. Entre-temps, la récession pèse sur les entrées de commandes dans la construction, notamment dans les arts et métiers. Le secteur de la construction profitera encore au premier semestre 2010 de la réalisation de nombreux projets de logements et d’ouvrages d’infrastructure. Mais la situation sur les chantiers devrait continuer à se détériorer en cours d’année. L’indicateur conjoncturel de l’USS (graphique 1.6.1) montre en ce début d’année 2010 que le recul du PIB a pris fin (par rapport à l’année précédente). Le niveau affiché est toutefois près de deux Information économique I/2010 6/19 points en dessous de celui de 2008. Or la création de valeur, toutes branches d’activité confondues, se situe près de 2 % en dessous de la tendance à long terme. Une légère croissance de 0,3 % est à prévoir en 2010, suite à un redressement des exportations. Cette modeste croissance s’explique principalement par les problèmes de pouvoir d’achat dans le pays, qui n’autorisent pas une hausse de la consommation digne de ce nom. Graphique 1.6.1: Indicateur conjoncturel de l’USS et croissance du PIB (Changement en % par rapport à l’année précédente) 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4 94 96 98 00 02 Croissance PIB - 04 06 08 10 Indicateur USS Le renchérissement sera de retour en 2010, en raison de la hausse des prix du pétrole. Les prix à la consommation devraient progresser de 0,7 % en moyenne annuelle. Or abstraction faite des produits pétroliers, les prix ne devraient guère s’apprécier. Le risque de déflation reste d’ailleurs plus sérieux que le risque d’inflation. En effet, si leurs capacités sont sous-utilisées alors que la concurrence s’intensifie, les entreprises auront beaucoup de mal à imposer des augmentations de prix. Il est faux de parler d’un risque imminent d’inflation lié à l’augmentation de la masse monétaire. D’abord, il n’y a pas de forte corrélation entre la masse monétaire et les prix. Les entreprises ne peuvent majorer leurs prix pour la simple raison que la masse monétaire en circulation a augmenté. Elles ont besoin d’un environnement du marché qui leur permette d’augmenter leurs prix sans risquer de perdre des parts de marché. Ensuite, l’augmentation de la masse monétaire n’est pas particulièrement forte en comparaison historique. La Banque nationale injecte certes beaucoup plus d’argent liquide dans l’économie. Mais les banques se prêtent moins d’argent, ce qui neutralise dans une large mesure les interventions de la Banque nationale. 1.7. Poursuite de la hausse du chômage La crise s’est très tôt fait sentir sur le marché suisse du travail. Le taux de chômage est passé de 2,5 % à 4,2 % entre l’été 2008 et la fin de 2009, et la contraction de l’emploi se poursuit. Au troisième trimestre 2009, l’emploi en équivalents plein temps affichait un tassement de 0,7 % par rapport à la même période de l’année précédente. L’ajustement aurait même été encore plus brutal sans les branches liées au service public. Les secteurs de la santé et de l’enseignement, ainsi que les administrations publiques emploient davantage de personnel qu’en 2008. Les suppressions d’emplois ont été massives dans l’industrie MEM. L’emploi y a chuté de plus de 7 % et la situation serait encore pire sans l’introduction du chômage partiel. Dans l’industrie MEM, où la réduction de l’horaire de travail est la plus fréquente, un volume de travail de 10 000 à 15 000 emplois à plein temps – soit près de 7 % de l’emploi total de la branche – a pu être compensé par cette mesure. Le recul de l’emploi se poursuivra dans un proche avenir. Il sera d’autant plus marqué que la récession atteindra aussi les branches de l’économie interne à fort coefficient de main-d’œuvre. En Information économique I/2010 7/19 ce début d’année 2010, l’emploi se situe 2 % en dessous de son niveau de l’année précédente selon l’indicateur de l’emploi de l’USS (graphique 1.7.1). Soit l’équivalent de 80 000 personnes occupées à plein temps. Graphique 1.7.1: Indicateur de l’emploi de l’USS et croissance de l’emploi (Changement en % par rapport à l’année précédente) 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4 -5 94 96 00 98 02 04 06 08 10 Croissance i de l’emploi Indicateur USS L’augmentation du chômage a nettement ralenti – après correction des facteurs saisonniers – durant les mois d’octobre et novembre. Il faut toutefois s’attendre à une poursuite de sa hausse dans un proche avenir. Car pour que le nombre de chômeurs diminue, il faudrait une croissance du PIB de l’ordre de 1,5 à 2 %. Or les entreprises ne recruteront davantage de personnel que si leur production croît plus vigoureusement que la productivité du travail qui, dans le passé, a augmenté en moyenne de 1,2 % par an. A cela s’ajoute que le marché de l’emploi doit absorber l’augmentation de la population active. Depuis 1991, le nombre de personnes actives s’est accru en moyenne de 0,8 % par an. Le marché du travail suisse bénéficie d’une certaine détente sur le front de l’immigration. Depuis quelque temps en effet, l’afflux de main-d’oeuvre provenant de l’UE subit un ralentissement par rapport à la situation des années de haute conjoncture. Selon les statistiques de l’état de la population établies par l’Office fédéral de la statistique (OFS), le solde migratoire (immigration moins émigration) a diminué de près d’un tiers. Il se peut en outre que l’émigration soit sousestimée, sachant que toutes les personnes actives d’origine étrangère ne s’annoncent pas immédiatement lorsqu’elles rentrent chez elles. Notons que cette moindre immigration a des répercussions sur la demande de biens en Suisse: la consommation progresse moins vite et la demande de logements s’essouffle. Tableau 1.7.1: Pronostics conjoncturels choisis (Indications en pour-cent) USS Croissance du PIB Taux de chômage Renchérissement 2010 0,3 5,2 0,7 Information économique I/2010 KOF 2011 - 2010 0,6 4,6 0,6 SECO 2011 1,5 4,8 0,9 2010 0,7 4,9 0,8 2011 2,0 4,9 0,7 Banque nationale suisse 2010 2011 0,5-1,0 0,5 0,9 8/19 2. Industrie et secteurs liés à la demande extérieure : évolution récente et perspectives 2.1. Marche des affaires dans l’industrie manufacturière Après une période particulièrement faste, l’industrie manufacturière helvétique a été rapidement rattrapée par la crise mondiale. En effet, depuis 2004 et jusqu’à mi-2008, la croissance fut exceptionnellement bonne et ceci, de manière quasi-ininterrompue. Au troisième trimestre 2008, on assiste néanmoins à un retournement de tendance. Les Graphiques 2.1.1 et 2.1.2 l’indiquent clairement. Que ce soit au niveau de la production, du chiffre d’affaires, des entrées de commandes ou encore des commandes en portefeuille, l’ensemble des indices sont depuis lors orientés à la baisse et montrent que la crise a considérablement affecté l’industrie manufacturière helvétique. Le recul est plus ou moins fort selon les indices. Une rapide analyse du Graphique 2.1.1 montre que le recul est particulièrement prononcé pour l’indice du chiffre d’affaires lié aux marchés étrangers. Néanmoins, et concernant les trois courbes du Graphique 2.1.1, on observe un très léger rebond sur la période très récente, avec des indices à nouveau orientés à la hausse. Graphique 2.1.1 : Indice de production, du chiffre d’affaires et du chiffre d’affaires lié aux marchés étrangers, du 1er trim. 2004 au 3ème trim. 2009 240 220 200 180 160 140 120 100 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Indice de production, série désaisonnalisée Indice du CA, série désaisonnalisée Indice du CA des marchés étrangers, série désaisonnalisée Source : OFS, propre désaisonnalisation, à l’exception de l’indice de production. Qu’en est-il des commandes ? Le Graphique 2.1.2 montre qu’après la forte croissance allant de 2004 à mi-2008, les indices liés aux commandes connaissent une inversion de tendance et s’orientent résolument à la baisse. La chute est d’ailleurs particulièrement marquée s’agissant des entrées de commandes liées aux marchés étrangers. Cette chute s’est, cependant, interrompue sur la période récente et la situation semble à nouveau évoluer positivement puisque les deux indices liés aux entrées de commandes repartent à la hausse. L’indice lié aux commandes en portefeuille ne « chute » plus. Par contre, le trend n’est pas encore vraiment clairement haussier. Information économique I/2010 9/19 Graphique 2.1.2 : Indices des entrées de commandes, des entrées de commandes liées aux marchés étrangers et des commandes en portefeuille, du 1er trim. 2004 au 3ème trim. 2009 230 210 190 170 150 130 110 90 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Indice des entrées de commandes, série désaisonnalisée Indice des entrées de commandes des marchés étrangers, série désaisonnalisée Indice des commandes en portefeuille, série désaisonnalisée Source : OFS, propre désaisonnalisation. L’industrie manufacturière semble quelque peu rebondir sur la période récente. Néanmoins, assistet-on à une véritable reprise, et ce pour l’ensemble des secteurs qui composent l’industrie manufacturière helvétique ? S’agit-il d’un rebond temporaire, annonçant une phase de stagnation, au mieux une phase de croissance molle ? Assiste-t-on à une véritable reprise dans certains secteurs, alors que d’autres pourraient connaître un certain enlisement ? Le phénomène est encore difficile à évaluer, surtout si l’on ajoute que l’industrie d’exportation helvétique demeure, in fine, fortement dépendante de l’évolution conjoncturelle de différents pays et marchés… Comment se sont comportées les exportations sur la période récente ? Que nous disent les derniers chiffres liés aux exportations ? 2.2. Evolution des exportations de marchandises En novembre 2009, les chiffres du commerce extérieur indiquent que les exportations suisses de marchandises ont connu une moindre baisse qu’au cours des mois précédents. Globalement, les exportations reculaient, en effet, de 3% en novembre 2009, et ce par rapport au même mois de l’année précédente. Sur la période allant de janvier à novembre 2009, la baisse était comparativement de 13,7%. Du point de vue des différents secteurs d’exportation, l’industrie chimique brillait (+15,1%) en novembre 2009, alors que l’industrie des machines et de l’électronique devenait la lanterne rouge, avec une baisse dépassant les 19%. Toutefois, en novembre 2009, 8 branches sur 10 continuaient à évoluer dans les chiffres rouges, et ce par rapport au même mois de l’année précédente (Graphique 2.2.1). Néanmoins, seuls les instruments de précision connaissaient une baisse plus importante en novembre 2009 que par rapport à la période cumulée allant de janvier à novembre 2009. Tous les autres secteurs affichaient comparativement des reculs moins marqués en novembre 2009 et certains commentateurs n’hésitaient ainsi pas à conclure que le bout du tunnel était peut-être en vue… Information économique I/2010 10/19 Graphique 2.2.1 : Exportations selon les branches en novembre 2009 et de janvier à novembre 2009, variations nominales (en %) par rapport à la même période de l’année précédente -40 -30 -20 -10 0 10 15.1 - 1.5 -1 6.1 - 2.5 - 20.9 - 8.3 - 23.1 - 19.2 - 23.7 - 32.9 Industrie chimique Denrées alimentaires, boissons et tabacs Industrie des matières plastiques Industrie textile - 9.6 Industrie du papier et des arts graphiques - 9.7 - 7.6 Instruments de précision - 10.6 Industrie horlogère - 11.1 Industrie métallurgique - 13.4 - 15.3 - 24.3 20 Industrie de l'habillement - 19.1 Industrie des machines et de l'électronique - 13.7 Novembre 09 -3 Total Janvier-novembre 09 Source : AFD Observons toutefois qu’une analyse, en données désaisonnalisées, de trois « grands » secteurs exportateurs – la chimie, l’industrie des machines et de l’électronique, l’industrie horlogère – nous pousse à quelque peu tempérer les « bons » résultats de novembre 2009. En effet, si les exportations de l’industrie chimique – après s’être orientées sur une pente descendante en particulier dans la deuxième moitié de l’année 2008 – semblent reparties sur une trajectoire haussière, d’autres secteurs, à l’instar de l’industrie des machines et de l’industrie horlogère, ne semblent pas connaître le même redémarrage (Graphique 2.2.2). Ces dernières voient leurs exportations se stabiliser à un niveau relativement bas – sans toutefois montrer une véritable reprise. Le phénomène est inquiétant puisqu’il signifie pour ces secteurs qu’on est loin de retrouver les niveaux de production d’avant-crise… et donc les niveaux d’emplois correspondants. Si la conjoncture ne devait pas s’améliorer prochainement, il est à craindre que ces deux secteurs ne continuent à licencier du personnel au cours des prochains mois. Ajoutons, en guise de conclusion, qu’il ne manquerait plus que le franc suisse s’apprécie vis-à-vis de l’euro, comme ce fut à nouveau le cas très récemment, pour que la situation se complique encore pour certains pans de l’industrie d’exportation helvétique. Information économique I/2010 11/19 Milliards Graphique 2.2.2 : Exportations, valeurs nominales mensuelles, de janvier 2004 à novembre 2009, séries désaisonnalisées 7 6 5 4 3 2 1 0 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Industrie chimique Industrie des machines et de l'électronique Industrie horlogère Source : AFD En bref, si l’industrie chimico-pharmaceutique est idéalement spécialisée – ses revenus proviennent en grande partie des dépenses de santé et celles-ci sont difficilement compressibles, voire même en perpétuelle augmentation si l’on prend pour exemple la Suisse ! – il n’est dès lors guère étonnant qu’elle ait retrouvé assez rapidement un certain dynamisme. Pour les industries plus traditionnelles, à l’instar de l’industrie des machines, en partie liée au secteur automobile et à l’Allemagne – secteur et pays dont on n’est pas sûr qu’ils soient véritablement sortis de la crise –, les tendances récessives pourraient encore peser pendant une durée relativement indéterminée. Quant aux achats de biens de luxe, à l’exemple d’une montre haut-de-gamme, c’est peut-être l’un des premiers achats que l’on diffère, voire sacrifie lorsque l’avenir est incertain… Dans le cas de l’horlogerie, la demande sera de retour avec le beau temps conjoncturel, ce qui dans le contexte actuel pourrait encore prendre un certain temps. 2.3. L’hôtellerie-restauration et l’évolution des nuitées L'hôtellerie suisse ressent également la crise économique. Ainsi, selon les résultats provisoires de l’OFS, et pour la saison touristique d’été 2009 (mai à octobre), l’hôtellerie a enregistré 19,7 millions de nuitées, soit un recul de 4,2% (-870'000 nuitées) par rapport à la même période de l’année précédente. Tous les mois de la saison d'été ont affiché une baisse de fréquentation, comprise entre les extrêmes de -10% enregistré en mai et de -0,4% observé en septembre. Toujours pour l’ensemble de la saison d’été 2009, ce sont avant tout les hôtes étrangers qui n’ont pas répondu à l’appel, leurs nuitées se montaient à 11,1 millions et accusaient ainsi un recul de 5,8% (-690'000 nuitées) par rapport à la saison d’été 2008. Les nuitées liées aux hôtes suisses s’élevaient à 8,6 millions et étaient également en baisse, mais plus modestement (-2,1%/-181'000 nuitées). Ainsi, les nuitées liées aux visiteurs européens ont baissé de 6,2% (-540'000 nuitées). L’évolution est néanmoins contrastée entre pays européens. L'indice des nuitées enregistre un record à la baisse pour les touristes britanniques (-19%/-215'000 nuitées). Par contre, le nombre de touristes russes est en progression (+7,8%/+13'000 nuitées). La demande d'hébergement des hôtes venus du continent américain a diminué de 5,7% (-74'000 nuitées). Les touristes en provenance d’Asie Information économique I/2010 12/19 connaissent un moindre recul. Celui-ci s’établit à 2%. Le recul moins prononcé des visiteurs asiatiques tient à la forte croissance des nuitées chez les touristes en provenance de Chine (+29%/+36’000 nuitées) mais aussi de Hong Kong (+30%/+8000 nuitées). Quant aux touristes provenant du Japon, ils connaissent une baisse de 2,9% (-11'000 nuitées). Précisons finalement que les hôtes issus des pays du Golfe ont également moins fréquenté la Suisse (-11,4%/-35'000 nuitées). Au cours de la saison d’été 2009, c’est la région touristique de Suisse centrale qui affiche la plus grande baisse absolue de nuitées, soit 183'000 nuitées (-7,7%) de moins que lors de la même période en 2008. Elle est suivie par les Grisons (-122'000/-4,4%), Genève (-117’000/-7,4%) et la région zurichoise (-117'000 nuitées/-4,5%). La seule région qui enregistre un résultat positif est la région bâloise : ses nuitées ont progressé de 18'000, soit 2,5%. Précisons finalement que pour le mois d’octobre 2009, le nombre de nuitées a reculé de 1,8% (50'000) par rapport à octobre 2008. Si les hôtes suisses et étrangers affichent un nombre identique de nuitées – 1,3 million chacun –, ce résultat recouvre un recul de 0,6% (-8400 nuitées) de la part des hôtes suisses et une baisse plus prononcée de 3,1% (-41'000 nuitées) de la part des hôtes étrangers. En bref, si le secteur pourra vraisemblablement continuer à bénéficier de la hausse du nombre de touristes venant de certains pays d’Asie, ceux-ci ne compenseront que difficilement les pertes enregistrées dans les pays d’Europe occidentale, en particulier si ces derniers subissent toujours les contrecoups de la crise et ne retrouvent pas rapidement le chemin de la croissance. De plus, un franc suisse, en tendance haussière vis-à-vis de l’euro – comme ce fut encore le cas très récemment – ne pourrait qu’envenimer la situation et accentuer les tendances à la morosité. 3. Les secteurs orientés sur le marché intérieur Sur le front de la demande intérieure, les grands secteurs que sont le commerce de détail et la construction continuent à relativement bien résister à la crise. 3.1. Le commerce de détail Selon les résultats provisoires de l’OFS, et après une baisse en septembre 2009 (-1,8% en termes réels et -2,1% en termes nominaux par rapport à septembre 2008), les chiffres d’affaires du commerce de détail (sans les carburants) ont augmenté en octobre 2009 de 4,2% en termes réels et de 3,4% en termes nominaux, et ce par rapport à octobre 2008. Ce sont les chiffres d’affaires du commerce de détail liés aux denrées alimentaires, boissons et tabac qui enregistraient une forte hausse (+6,1% en termes réels et +3,8% en termes nominaux). Ceux du secteur non alimentaire progressaient de 3,6% en termes réels (+3% en termes nominaux). Précisons que sur la période s’étalant de janvier à octobre 2009, les chiffres d’affaires du commerce de détail (sans les carburants) ont évolué positivement. Ils ont, en effet, augmenté de 0,7% en termes réels et de 0,55% en termes nominaux, et ce par rapport à la même période en 2008. Si les chiffres actuels ne montrent pas encore véritablement de tendances récessives, l’évolution future de l’activité dans le commerce de détail sera très certainement plutôt au ralentissement qu’à une expansion. Certes, l’activité ne risque pas de s’effondrer. Néanmoins, un chômage croissant, des primes d’assurance-maladie en augmentation et un climat économique toujours très incertain sont des éléments qui vont inévitablement peser sur le pouvoir et le vouloir d’achat de la population helvétique. La consommation intérieure – et le commerce de détail – devraient ainsi quelque peu faiblir au cours des prochains mois. Information économique I/2010 13/19 3.2. Le secteur de la construction La construction a continué à bien résister à la crise au troisième trimestre 2009. Une rapide analyse des séries désaisonnalisées du Graphique 3.2.1 montre que si les commandes en portefeuille ont atteint un certain sommet au premier trimestre 2009, elles se sont stabilisées à un niveau légèrement inférieur par la suite. Néanmoins, celles-ci demeurent à un niveau relativement élevé. Chiffre d’affaires et entrées de commandes montrent par contre une orientation plutôt baissière. Graphique 3.2.1 : Evolution du chiffre d’affaires, des entrées et des commandes en portefeuille pour l’ensemble de la construction, du 1er trim. 2004 au 3ème trim. 2009, séries désaisonnalisées 135 130 125 120 115 110 105 100 95 90 2004 2005 Entrées de commandes 2006 2007 2008 Commandes en portefeuille 2009 Chiffre d'affaires Source : OFS. Quant au seul secteur principal de la construction (SPC), il semble étonnement bien se porter. En effet, et en données brutes pour le troisième trimestre 2009, le chiffre d’affaires nominal du SPC a ainsi atteint le montant record de 5,4 milliards de francs, soit une augmentation de 6,1% par rapport au même trimestre en 2008. Cette hausse est aussi bien due au génie civil (+8,9%) qu’au bâtiment (+3,5%). Les réserves de travail/commandes en portefeuille s’élevaient, quant à elles, à 11,5 milliards de francs à fin septembre, soit une hausse de 5% par rapport à la même période en 2008. La seule ombre au tableau concerne les entrées de commandes : celles-ci affichent un recul de 13,2%. Cet indicateur est, cependant, d’importance puisqu’il est considéré comme l’un des indicateurs les plus avancés par ceux qui cherchent à prévoir la conjoncture prochaine. Quant à l’emploi pour l’ensemble du secteur de la construction et depuis fin 2008 déjà, le trend montre sur la période récente une tendance légèrement haussière (Graphique 3.2.2). L’emploi dans la construction, après avoir atteint un sommet au premier semestre 2008 et après avoir été orienté à la baisse pour une bonne part de l’année 2008, a retrouvé une certaine vigueur en 2009. Information économique I/2010 14/19 Graphique 3.2.2 : Construction, évolution des emplois (en équivalents plein-temps), série désaisonnalisée 5 295000 4 290000 3 285000 2 280000 1 275000 0 270000 -1 265000 -2 260000 -3 255000 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Var. (en %) par rap. au même trim. de l'année précédente Construction, évolution du nombre d'emplois Source : OFS En bref, le secteur de la construction se maintient bien dans le contexte actuel de crise. L’emploi résiste et montre plutôt un trend haussier en 2009. Quant aux commandes en portefeuille, si elles-ci sont légèrement en baisse après un sommet atteint au premier semestre 2009, elles se maintiennent néanmoins à un niveau relativement élevé. A l’inverse, les entrées de commandes et le chiffre d’affaires montrent une orientation baissière. Dès lors, que penser des perspectives pour le secteur de la construction ? Celles-ci restent difficiles à évaluer. Néanmoins – et si le secteur de la construction peut encore connaître une certaine dynamique durant un ou deux trimestres –, on peut également imaginer qu’il montre des signes de faiblesse au cours de l’année 2010. Dans le bulletin conjoncturel sur la construction conjointement réalisé par le Crédit Suisse et la SSE, les experts mettent en évidence que, depuis le printemps 2009, le nombre de logements ayant obtenu un permis de construire est en nette baisse et concluent que la construction de logements devrait marquer le pas en 2010. Or, l’activité liée à la construction de logements est d’importance puisqu’elle concentre la moitié des investissements réalisés dans le secteur pris dans son ensemble. La construction de logements portait, même en grande partie, la construction dans son ensemble puisque l’activité dans les constructions industrielles et commerciales était déjà affaiblie. De plus, le génie civil, très dynamique jusqu’ici et, en partie soutenu par certains grands projets et par les programmes conjoncturels de relance, pourrait également s’essouffler en 2010. En effet, les entrées de commandes marquent dangereusement le pas et affichent une chute de presque 22% d’après les chiffres de la SSE. En résumé, des entrées de commandes orientées à la baisse en général et plus particulièrement dans le génie civil, l’amenuisement des effets liés aux programmes de relance, les risques d’une moindre activité future dans la construction de logements ainsi qu’un pouvoir d’achat en berne au niveau de la population suisse (hausse des primes d’assurance-maladie) sont des éléments qui vont, à un moment donné, peser négativement sur l’évolution du secteur de la construction. Tôt ou tard, celui-ci devrait connaître un certain ralentissement. Information économique I/2010 15/19 4. Le marché de l’emploi et le chômage Du point de vue de l’évolution de l’emploi global en Suisse, une série désaisonnalisée nous montre qu’après avoir atteint un sommet à fin 2008 en nombre absolu, l’emploi s’est orienté sur une pente descendante (Graphique 4.1.1). Notons toutefois qu’entre le deuxième et le troisième trimestre 2009, l’emploi a fait preuve d’une quasi-stabilité. En effet, la baisse par rapport au trimestre précédent est minime (-0,09%). Graphique 4.1.1 : Évolution des emplois (en équivalents plein-temps), série désaisonnalisée 1 3400000 0.8 3300000 0.6 0.4 3200000 0.2 3100000 0 -0.2 3000000 -0.4 -0.6 2900000 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Var. (en %) par rap. au trim. précédent Emplois, nombre absolu, série désaisonnalisée Source : OFS. En données brutes et en comparaison annuelle, c’est-à-dire avec le même trimestre de l’année précédente, le volume de l’emploi en Suisse a baissé de 0,7% au troisième trimestre 2009. Cette baisse est avant tout à relier à l’évolution négative de l’emploi dans l’industrie manufacturière, avec une baisse de 4,6%. En effet, par rapport au même trimestre de l’année précédente, les emplois dans le tertiaire affichent une légère croissance positive (+0.3%) au troisième trimestre 2009 alors que la construction est plus ou moins stable, très légèrement en décroissance (-0,1%). Ainsi, et si parmi les secteurs industriels, l’industrie agro-alimentaire connaît une évolution heureuse, avec une hausse de l’emploi (+2,8%) au troisième trimestre 2009, et ce par rapport au même trimestre de l’année précédente, tous les autres grands secteurs industriels sélectionnés dans notre tableau (Tableau 4.1.1) évoluent dans le rouge. L’industrie chimique s’en sort relativement bien puisque son emploi ne baisse que de 1,6% au troisième trimestre 2009, et ce par rapport au même trimestre de l’année précédente. Par contre, les baisses sont beaucoup plus marquées dans d’autres activités : l’industrie du bois connaît une baisse de son emploi de 3,3% ; les instruments médicaux/précision (avec horlogerie) de 5,9% ; l’industrie des machines et des équipements de 6,5%, alors que le plus fort recul parmi les secteurs sélectionnés revient aux travail des métaux et métallurgie avec une chute de 7,7%. Information économique I/2010 16/19 Tableau 4.1.1 : Emplois, en nombre absolu, et évolution (en équivalents plein-temps) dans quelques secteurs e e Emplois, en e milliers, 3 trim. 09 Var. (en %) 2 trim. 09 par e rap. 2 trim. 08 Var. (en %) 3 trim. 09 par e rap. 3 trim. 08 Ind. alimentaire et des boissons 56.1 0.8 2.8 Travail et fabrication d'articles en bois 36.0 -1.9 -3.3 Industrie chimique 65.4 -1.9 -1.6 Métallurgie et travail des métaux 93.8 -5.9 -7.7 Fabrication de machines et d'équipements 94.2 -4.4 -6.5 Instruments médicaux/précision, horlogerie 87.6 -2.9 -5.9 Construction 296.7 -0.3 -0.1 Commerce de détail 243.7 -1.2 -1.8 Hôtellerie et restauration 184.0 -2.5 -2.2 Industrie manufacturière dans son ensemble 649.0 -2.7 -4.6 Tertiaire 2 351.0 0.4 0.3 Total 3 326.0 -0.3 -0.7 Secteurs d’activité Source : OFS. Selon les relevés du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), à fin novembre 2009, 163'950 personnes étaient inscrites au chômage auprès des offices régionaux de placement (ORP), soit 5'812 de plus que le mois précédent. Le taux de chômage a augmenté, passant de 4,0% en octobre 2009 à 4,2% pendant le mois sous revue. Par rapport au même mois de l’année précédente, le chômage augmentait de 56'298 personnes (+52,3%). Si l’on s’intéresse maintenant aux données désaisonnalisées, c’est-à-dire corrigées des variations saisonnières et calculées par le SECO, on observe que, après avoir atteint son plus bas niveau en mai 2008 (pour la période récente), le chômage remonte de mois en mois, et ce depuis juillet 2008 : dans un premier temps, la recrudescence est modeste, avant que celle-ci ne s’accélère fin 2008 (Graphique 4.1.2). En juillet 2008, le taux de chômage désaisonnalisé s’élevait à 2,5%. Une année plus tard, il atteignait les 3,9%. En novembre 2009, il dépassait les 4,1%. Information économique I/2010 17/19 Graphique 4.1.2 : Personnes inscrites au chômage et taux de chômage, séries désaisonnalisées 4.5% 200'000 4.0% 160'000 3.5% 3.0% 120'000 2.5% 2.0% 80'000 1.5% 1.0% 40'000 0.5% 0 0.0% 2004 2005 2006 2007 Pers. inscrites au chômage 2008 2009 Taux de chômage Source: SECO. Si le taux de chômage en données désaisonnalisées dépassait pour la première fois la barre des 4% en septembre 2009 – cela n’était plus arrivé depuis mai 1998 – et atteignait un niveau légèrement supérieur à 4,1% en novembre 2009, des signes positifs apparaissent-ils sur le marché du travail et du point de vue des perspectives d’emploi ? L’indicateur des prévisions d’évolution de l’emploi de l’OFS pour le secteur tertiaire est légèrement en baisse, néanmoins il est toujours supérieur à 1 (1,01). Il suggère que l’emploi dans le tertiaire pourrait rester stable, voire même très légèrement augmenter. Pour le secteur secondaire, le même indicateur est en baisse par rapport au trimestre précédent (-7,3%). Il atteint un niveau de 0,97, suggérant ainsi que l’emploi devrait continuer à baisser au prochain trimestre. Notons qu’à l’intérieur du secondaire, les chiffres sont moins bons pour l’industrie que pour la construction. En bref, les perspectives demeurent sombres pour l’industrie manufacturière. Qu’en est-il au niveau des places vacantes ? Si, depuis début 2008, l’indice désaisonnalisé des places vacantes pour l’industrie manufacturière dans son ensemble était en baisse, et ce de trimestre en trimestre, la baisse n’est plus que de 3% entre le deuxième et le troisième trimestre 2009 (Graphique 4.1.3). L’indice désaisonnalisé lié à l’industrie des machines suit une trajectoire plus ou moins identique. Il affiche néanmoins une légère augmentation (de presque 3%) entre le deuxième et troisième trimestre 2009. En bref, s’il y a un début de stabilisation – et non plus de chute brutale d’un trimestre à l’autre – les niveaux indiciels atteints au troisième trimestre 2009 tant pour l’industrie manufacturière dans son ensemble que pour l’industrie des machines se situent à des niveaux relativement bas. Observons, de plus, qu’en comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, la baisse est tout de même de plus de 59% pour l’industrie manufacturière et de plus de 67% dans le cas de l’industrie des machines. Dans la construction et l’hôtellerierestauration, les variations ne sont pas aussi amples que dans l’industrie. Remarquons que pour la seule année 2009, et par rapport au trimestre précédent, l’indice lié à la construction montre une certaine stabilité alors que l’indice lié à l’hôtellerie-restauration est sur une pente légèrement déclinante. Information économique I/2010 18/19 Graphique 4.1.3 : Indice des places vacantes pour différents secteurs, séries désaisonnalisées 500 400 300 200 100 0 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Industrie manufacturière dans son ensemble Fabrication de machines et d'équipements Construction Hôtellerie et restauration Source : OFS Information économique I/2010 19/19