Recruter une assistante prothésiste

Transcription

Recruter une assistante prothésiste
Regard clinique
Recruter une assistante
Kathy Denys
Consultante
L’assistante dentaire est
l’un des principaux acteurs
de la chaîne prothétique.
Elle joue un rôle de liaison
très important avec l’équipe
du laboratoire de prothèse,
depuis le suivi des empreintes
jusqu’à la réception des colis.
Deux métiers tellement différents
mais tellement complémentaires !
L’un très technique, l’autre très polyvalent ; l’un à l’écart la plupart du temps,
de la relation patient, l’autre au cœur même de la relation traitant/traité.
Alors pouvons-nous penser qu’il soit intéressant pour une équipe de bénéficier de l’expérience d’un prothésiste au sein de celle-ci ?
Le profil idéal pour être prothésiste est annoncé suivant ces termes :
Le prothésiste dentaire doit être patient, concentré et minutieux. Très précis
et doté d’une grande habileté manuelle, il ne laisse aucun détail au hasard.
Cette dextérité doit être accompagnée d’un sens de l’observation et de l’esthétique développé. Des connaissances en chimie, métallurgie, morphologie et
informatique sont appréciées.
Ne retrouvez-vous pas quelques similitudes avec le profil d’une future
assistante ?
L’évolution des techniques de prothèses, fait que les contacts avec les laboratoires sont de plus en plus précis et techniques. L’assistante peut être une
aide précieuse dans ce rôle d’interface.
26 janvier - février 2016 I Profession Assistante Dentaire
prothésiste
L’avis du praticien
Dr B. Rhônes-Alpes
« Lorsque mon assistante est partie à
ment. Non pas qu’une assistante ne
qui est très importante dans mon cabi-
la retraite, il a fallu que je réfléchisse au
puisse pas apprendre à maquiller une
net. Mes préjugés n’étaient pas fondés.
recrutement de ma future collaboratrice/
pièce prothétique mais si elle est déjà
Cependant, il y a eu quelques difficultés.
fauteuil, d’autant plus que celui-ci allait se
formée, c’est plutôt intéressant ! En
L’apprentissage du matériel de soins par
faire en même temps que l’arrivée de l’em-
revanche, je devais aussi m’assurer que
exemple pour lequel elle n’avait aucun
preinte optique et de la CFAO au cabinet.
les compétences d’assistante dentaire
prérequis.
Lorsque le curriculum vitae de Céline
pouvaient aussi être acquises par Céline.
L’administratif lui a posé autant de pro-
est arrivé, c’était pour moi évident que
Les prothésistes sont enfermés dans
blèmes qu’à une assistante stagiaire.
permettre de mettre en place cette
les patients ; ce sont des techniciens,
la CFAO, elle a formé toute l’équipe
ses connaissances allaient pouvoir me
technologie beaucoup plus rapide-
leur labo, avec peu de contact avec
Par contre, concernant la gestion de
peu ou pas formés à la communication
moi y compris ! »
Profession Assistante Dentaire I janvier - février 2016
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Regard clinique
La réponse de Céline
Lorsque j’étais prothésiste, je perdais
« Licenciée après que le patron du labo-
la possibilité d’en apprendre un autre et
ratoire ait acheté une usineuse, j’ai songé
d’intégrer une équipe soignante.
qu’il était peut-être temps de me réo-
Tout ce qui concernait le matériel de
rienter et j’ai postulé à plusieurs postes
soins était tout à fait nouveau pour moi.
pour apprendre le métier d’assistante.
J’avais bien une idée de ce qu’était
En effet, au cours de mes recherches
une empreinte mais le nombre de pro-
quelques praticiens m’avaient expliqué
duits existant, les procédures de soins
blée ! C’est souvent un sujet de plaisan-
que désormais mon métier de prothé-
m’étaient inconnues.
terie au cabinet lorsqu’une prothèse pose
siste se limiterait au remplissage des
fiches et aux contacts téléphoniques avec
énormément de temps avec les fiches
mal renseignées ou incomplètes. Si
une assistante appréhende bien les
contraintes du laboratoire son efficacité auprès du praticien sera redou-
problème ; mon praticien ne peut s’emCe que je préfère, c’est le contact avec
pêcher de signaler au patient qu’il s’agit
le laboratoire. J’avoue que j’aime mon
le patient. Je peux expliquer plus facile-
encore d’un problème de laboratoire !
métier et ses commentaires m’ont un
ment ce qu’est une prothèse car je sais
Même sous mon regard désapprobateur
peu désorientée. Mais le Docteur B. lui
comment elle se fabrique. J’ai regretté
ce qui remet les choses à leur place et
durant ma formation d’assistante que
provoque des éclats de rire. J’aime mon
de la CFAO dans son cabinet. Ce qui
mes collègues ne puissent pas avoir une
métier d’assistante et mon expérience en
semblait paradoxal car ce qui avait pro-
vision concrète du travail réalisé au labo-
prothèse me permet d’être une collabo-
voqué la perte de mon métier m’offrait
ratoire.
ratrice plus efficace !
cherchait quelqu’un pouvant s’occuper
Et vous, qu’en pensezvous ?
“
“
Un grand merci aux assistantes appartenant à la
page Facebook » tu sais que tu es assistante dentaire
quand… » pour leur participation
Dans certaines spécialités, comme en orthodontie,
cette assistante bi-diplômée pourrait faire gagner du
temps pour les bilans
(Sophie : assistante ODF qui trouverait super
d’avoir une collègue avec ce profil)
Dans certaines situations d’urgence esthétique aussi,
une assistante-prothésiste et un peu de matériel
peuvent rendre de grands services
(Alexandra : assistante en omnipratique engagée avec sa
praticienne dans le service patient).
28 janvier - février 2016 I Profession Assistante Dentaire
“
Je peux plus facilement échanger avec les prothésistes,
étant assez familière de leurs contraintes techniques,
de leurs délais et de leur vocabulaire spécifique (par
exemple : délai pour la réalisation d’un appareil dentaire, prise de teintes, finition d’une résine, réparation
d’un appareil, etc.).
Pour avoir déjà pratiqué la prothèse, cela me permet
d’expliquer de façon simple et concrète (du moins je
l’espère !), aux patients les étapes de la réalisation
d’une couronne ou d’un appareil. Bien que la qualité
d’un travail se vérifie principalement “en bouche”,
je peux plus facilement déceler les éventuels problèmes techniques sur une réalisation prothétique (par
exemple, l’absence de rétention d’une couronne sur
les modèles, pas de contrôle de l’occlusion, absence
de points de contact, etc.). Enfin, la double formation
“prothésiste-assistante”, lorsqu’on a la chance qu’elle
soit appréciée par le praticien, est de nature à rassurer
le patient.
Anne Sophie