Télécharger l`Article en

Transcription

Télécharger l`Article en
Spécial immobilier
Colmar
A la reconquête
du marché
P. Fagot / Urba Images Server
Après avoir déserté la ville, les acheteurs reviennent, mais se
heurtent encore aux propriétaires qui ne veulent pas négocier
Trouver le juste prix, voilà le problème…
D
ans la préfecture du Haut-Rhin, les
banquiers semblent de nouveau jouer
le jeu. « Ils sont désormais disposés à
accorder des crédits à 110%, à condition que
les profils des emprunteurs soient bons,
remarque Cyril Haertelmeyer, directeur de
l’agence Meilleurtaux.com. Ils sont aussi prêts
à s’engager sur des crédits-relais. Le blocage
vient surtout des acheteurs, qui ne sont pas
certains que les prix ne baisseront plus ou qui
ne sont pas sûrs de la valeur du bien, lorsque
leur projet repose sur une revente. Mais ceux
X ● LE NOUVEL OBSERVATEUR
qui se lancent abordent le marché comme des
conquérants. Depuis le début de l’année, nous
avons une recrudescence de Colmariens âgés
de 25 à 35 ans qui veulent savoir de quel budget ils peuvent exactement disposer. »
Depuis un an, leur pouvoir d’achat a mathématiquement augmenté. Le mètre carré ancien
a perdu 7,4%, pour atteindre 2 000 euros à la
fin de 2009, d’après la Fédération nationale
des agents immobiliers (Fnaim). Ces prix oscillent entre 1 200 et 2 100 euros/m2 dans le centre-ville et entre 1 500 et 2 500 euros/m2 dans
les secteurs recherchés de Saint-Joseph ou
de Sainte-Marie. « Depuis l’automne 2009, le
nombre de ventes est à nouveau à la hausse,
note Maurice Lupfer, notaire à Colmar et viceprésident de la chambre des notaires du HautRhin. Mais elles ne concernent que les biens de
moins de 150 000 euros ou le petit marché des
beaux appartements et des maisons des quartiers sud, au-delà de 500 000 euros. » « Nos
dernières transactions se situent entre
220 000 et 230 000 euros, constate-t-on à
l’agence Girardin. Le problème est surtout de
trouver des biens au juste prix, car les vendeurs surestiment souvent leurs valeurs. »
Laurent Caillet, de Century 21, confirme :
« Les vendeurs qui affichent un prix correct
ou acceptent de négocier trouvent rapidement
un acheteur. »
Dans l’hypercentre, un 3-pièces de 66 m2
dans un immeuble des années 1970 affiché à
140 000 euros s’est ainsi vendu sans négociations en moins d’un mois. Un autre de 67 m2 à
rénover, près de la place Haslinger, a été acheté
79 000 euros en quarante-huit heures. De
même, un pavillon de 4 chambres avec un
jardin, dans un lotissement à la sortie sud de
la ville, a trouvé preneur en moins d’un mois.
Dans l’intervalle, le propriétaire a accepté de le
baisser de 9 000 euros, jusqu’à 346 000 euros.
« Tout négocier est le sport du moment »,
explique-t-on à l’agence Rapp. C’est aussi vrai
dans l’immobilier neuf, ou des fins de programme font l’objet de cadeaux promotionnels, comme un garage gratuit ou les frais de
notaires offerts. L’offre risque pourtant de
s’épuiser auprès des promoteurs. « A Colmar,
on vend plus d’appartements qu’on n’en lance
de nouveaux sur le marché, explique en effet
Christian Jacob, secrétaire général de la Cellule
économique du BTP Alsace. Mais nous
sortons d’une période de forte production,
avec un pic de logements en vente qui avait
paru préoccupant fin 2007. »
V. R.