Felis silvestris
Transcription
Felis silvestris
Note sur l’importance de la forêt Bommel (Commune de Käerjeng) sur le comportement spatial du Chat sauvage (Felis silvestris) Contexte de la note Le Chat sauvage (Felis silvestris) est une espèce liée aux massifs forestiers et aux paysages en mosaïque où alternent forêts et milieux ouverts. Tandis que les forêts constituent plutôt les habitats de reproduction et de repos (diurne) les herbages avoisinants sont des habitats de chasse importants. Les Chats sauvages occupent des territoires (home range) d’une surface qui peut être supérieur à 10 km 2 (celui des mâles est plus large que celui des femelles). Dès qu’ils sont autonomes les jeunes doivent quitter le territoire parental. Ils commencent alors à migrer pour retrouver un territoire approprié. En permettant un échange génétique entre des individus non apparentés cette dispersion des jeunes est particulièrement importante pour la survie à long terme des populations. Le Chat sauvage est ainsi une espèce “phare” du groupe des espèces forestières avec un grand besoin d’espace et “migratrices”. Dans les paysages modernes, fragmentés par les infrastructures de transport et les zones urbaines, les migrations des espèces forestières sont aujourd’hui limitées à un système de corridors verts constitué de forêts plus ou moins grandes et de paysages agricoles encore bien structurés. Ce système de corridors est actuellement déjà altéré en de nombreux endroits. Il est évident qu’il nécessite cependant une continuité spatiale pour pouvoir fonctionner. Le MDDI et le Centre de Recherche Public - Gabriel Lippmann mène un suivi à long terme de la population luxembourgeoise du Chat sauvage (étude non-publiée). Les premiers résultats confirment la présence de l’espèce dans de nombreuses régions du pays. Mais ils démontrent également un taux d’hybridation (entre chats sauvages et chats domestiques) particulièrement important dans la partie sud-ouest du pays, partie autrement fragmentée et isolée. 1 Le Chat sauvage figure dans l’Annexe IV de la Directive Habitats 92/43/CEE du 21.5.1992 et nécessite une protection stricte de ses habitats. Forêt Bommel comme partie d’un corridor forestier La forêt Bommel fait partie d’un corridor forestier local (SICONA-Westen/Biologische Station SICONA, 20051). Elle permet ainsi à l’Est de Bascharage la continuité écologique entre les forêts au Nord de la N. 5 (Reischleedchen, Ierwenhecken, Schullerbësch) et les forêts au SE de Bascharage (Héierchen, Groussebësch, Zämerbësch). Au niveau de la région Sud-Ouest du pays ce corridor local est le plus occidental. Il relie les forêts du Canton de Capellen au Nord aux forêts au-delà de la frontière avec la France au Sud (Forêt domaniale de Selomont, Bois de Hussigny etc.). Le corridor écologique dont fait partie la forêt Bommel permet également à relier différentes zones du réseau NATURA 2000: au Nord se trouve la zone Hautcharage/Dahlem - Asselborner et Boufferdanger Muer (LU0001025) et au Sud la zone Sanem - Groussebesch / Schouweiler - Bitchenheck (LU0001027). Présence du Chat sauvage Le Chat sauvage est une espèce nocturne et très farouche de manière que les observations de cette espèce sont rares. L’observation (indirect) d’un Chat sauvage la plus proche de la forêt Bommel se situe à quelque 1.5 km au NO dans le carré kilométrique 061/073 (MDDI et Centre de Recherche Public - Gabriel Lippmann, donnée non publiée). Cette mise en évidence date du début de l’année 2011 et se base sur l’analyse génétique de poils collectés. L’analyse génétique a montré qu’il s’agissait bien d’un chat du type sauvage et non d’un hybride. Conclusions La forêt Bommel constitue une maille importante d’un corridor local du système de corridors écologiques du pays. La réduction ou la destruction de cette forêt entraverait la continuité spatiale de ce corridor qui est déjà altéré en de nombreux endroits. Notons que le blocage d’un corridor écologique par l’urbanisation ou l’implantation de zones industrielles ou d’activité est irréversible. 2 L’observation d’un Chat sauvage à même pas 2 kilomètres de la forêt Bommel rend l’utilisation de la forêt lors de la dispersion de cette espèce probable ou au moins possible. D’autant plus que les massifs forestiers isolés fonctionnent comme des « entonnoirs » en attirant les espèces forestières ayant besoin de couverture et de protection lors de leur migration. Pour confirmer avec certitude l’utilisation de la forêt Bommel par le Chat sauvage lors de ses migrations (de dispersion) son passage dans la forêt devrait être démontré par la méthode dite Lockstockmethode. Des bâtons en bois, imbibés de teinture de valériane attirent les chats, qui s’y frottent en laissant des poils de fourrure. Les poils du type chat sont collectés et génétiquement identifiés dans un laboratoire spécialisé. La meilleure saison pour ce type d’étude est l’hiver où les chats sont en rut et réagissent particulièrement bien à la valériane. 1 SICONA-Westen/Biologische Station SICONA (2005): Zerschneidungswirkung von Autobahnen und Lösungsansätze zur Minderung der Barrierewirkung von Verkehrsachsen im Südwesten von Luxemburg. Ministère de l’Environnement. GeoData sc Marc Moes 9.10.2013 3