Évaluation du poids normal Fascicule n 333 Chaque
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Évaluation du poids normal Fascicule n 333 Chaque
Évaluation du poids normal Fascicule no 333 Chaque individu a un poids normal. Ce poids s’identifie par un chiffre précis. Il ne se situe pas à l’intérieur d’une marge plus ou moins élastique. Pour une personne donnée, son poids idéal peu être de 121 livres, alors que pour une autre, il peut être de 142 livres. Il n’est pas facile d’en arriver à préciser, d’une faction exacte, le poids idéal d’un personne. Ceci ne change rien au fait que ce poids existe. Ce n’est pas parce qu’une évaluation est difficile à réaliser qu’il faut conclure qu’elle n’existe pas. Dans ce cours, nous allons examiner certaines formules qui pourraient nous permettre de nous rapprocher de la notion de poids idéal. Auparavant, nous allons nous pencher sur la notion du soi-disant poids-santé, basé sur l’indice de masse corporelle. L’indice de masse corporelle Cet indice est largement utilisé aujourd’hui, malgré ses graves lacunes. L’une des raisons de sa popularité repose sur le fait qu’il s’agit d’une approche assez laxiste. Elle plait à beaucoup de gens, dans le sens qu’elle permet de présenter une surcharge pondérale qu’on accepte comme normale. L’indice de masse corporelle n’est pas une notion récente. Elle date en fait de 1869. Elle a été mise de l’avant à Bruxelles par un chercheur du nom de Quetelet. Il y a plusieurs années, un comité du Gouvernement fédéral, appelé Groupe d’experts des normes pondérales, a sorti cette vieille notion de Quetelet pour la proposer aux Canadiens. L’indice de masse corporelle est en soi un non-sens. Cet indice ne tient compte que de deux éléments : la taille (hauteur) de l’individu et son poids. Elle ne tient pas compte de la grosseur de l’ossature des individus, ni de leur développement musculaire. Elle ne tient pas compte non plus du sexe des individus. Il s’agit pourtant de trois paramètres déterminants dans l’évaluation du poids d’un individu. L’indice de masse corporelle (IMC) s’évalue comme suit : on part du poids de l’individu, exprimé en kilogrammes, et on divise ce chiffre par celui de la taille (hauteur), exprimée en mètres, au carré. Ainsi une personne de 138 1 livres pèse 62,7 kilos (comme un kilo pèse 2,2 livres, on doit diviser 138 par 2,2). Il faut ensuite évaluer la taille de l’individu en mètres. Une personne qui mesure 5 pieds et 5 pouces, a une taille de 65 pouces. Comme un pouce donne 2,54 centimètres, cette personne a donc une taille de 165,1 centimètres. Comme il y a 100 centimètres dans un mètre, il faut diviser 165,1 centimètres par 100, ce qui donne 1,65 mètres. Il faut mettre ce chiffre au carré. On multipliera donc 1,65 par 1,65. Ceci donne 2,72. Il faut ensuite diviser 62,7 kilos par 2,72, ce qui donne un indice corporel de 23. Il reste à évaluer le chiffre de l’indice de masse corporelle. - S’il est moins de 20, il est question de maigreur. - S’il se situe entre 20 et 25, il est question du poids-santé. - S’il se situe entre 25 et 27, il peut être associé à des problèmes de santé chez certaines personnes. On peut alors parler d’un début d’embonpoint. - S’il est plus de 27, il est associé à un embonpoint plus marqué. - S’il est plus de 30, on parle d’obésité. Dans l’indice de masse corporelle, la marge de ce qui est considéré comme acceptable est très grande. Ainsi, une femme de 5 pieds et 4 pouces peut peser entre 117 et 147 livres et néanmoins présenter un poids-santé. Il y a là une marge de 30 livres. S’il ne s’agit pas là d’une norme laxiste, on peut se demander de quoi il s’agit? Dans les milieux diététistes, on prétend que la notion de poids idéal n’existe pas. On dit que les vieilles conceptions du poids idéal sont dépassées et qu’elles doivent faire place à l’indice de masse corporelle. Il s’agit d’une pure aberration. Ceux et celles qui mettent de l’avant la notion de poids-santé, basée sur l’indice de masse corporelle, invoquent le faux argument que les beaux corps peuvent se présenter sous de multiples formes. Ici encore on véhicule une fausseté. La beauté plastique se situe, au contraire, à l’intérieur d’une fourchette de normes relativement étroites. Il n’est pas possible de se considérer comme physiquement beau si on est, par exemple, quelque peu bedonnant. Beaucoup de personnes présentant un poids-santé ont aussi une petite bedaine! 2 La notion du poids-santé est à ce point élastique que beaucoup d’individus rencontrent cette norme. Tous ces individus sont pourtant loin d’être en santé. Plusieurs diététistes prétendent que dès qu’une personne est bien dans sa peau, c’est ce qui importe vraiment. Cette conception n’a aucun sens. Elle justifie de nombreux abus et incite les gens à la complaisance et au laisseraller. Elle implique une basse flatterie qui n’est pas digne des gens sérieux et rigoureux. Une formule plus réaliste Il existe une formule beaucoup plus simple et beaucoup plus réaliste pour évaluer le poids normal d’un individu. Elle provient de l’American Dietetic Association. Cette formule tient compte notamment du sexe des individus, de même que de leur ossature. Dans le cas d’une femme, il faut accorder 100 livres pour les premiers cinq pieds et 5 livres pour chaque pouce supplémentaire. Ainsi, une femme de cinq pieds et 4 pouces doit peser, au départ, 100 livres + quatre fois 5 livres, soit 120 livres. De ce dernier chiffre, il faut soustraire 10% dans le cas d’une petite ossature. Ceci donne alors 120 livres moins 12 livres, soit 108 livres. Dans le cas d’une femme de forte ossature, il faut ajouter 10%, ce qui donne 132 livres. Si une femme présente une ossature moyenne (ni petite, ni forte) on n’enlève ni n’ajoute quoi que ce soit. On retient donc le chiffre de base de 120 livres. Dans le cas d’un homme, on accorde 106 livres pour les premiers 5 pieds et 6 livres pour chaque pouce supplémentaire. Ainsi, un homme de 5 pieds et 8 pouces doit peser 106 livres + 48 livres, soit 154 livres. Ceci représente le poids idéal d’un homme d’ossature moyenne. S’il s’agit d’un homme de petite ossature, on enlèvera 10% au chiffre obtenu. S’il s’agit d’un homme de forte ossature, on ajoutera 10%. Ajustement tactile et visuel Dans ces formules, il y a toujours lieu d’apporter un dernier ajustement. On comprendra que le fait de soustraire ou d’ajouter 10% est assez relatif. Il y a des ossatures qui sont juste un peu plus fortes que la moyenne, comme il y a 3 aussi des ossatures qui sont très fortes, Dans le premier cas, il faudrait peutêtre ajouter 8% et dans le second 12%. C’est là que l’ajustement tactile et visuel devient important pour fixer le plus près possible le poids idéal d’un individu. Il convient donc d’examiner, à différents endroits sur le corps, l’épaisseur du pli cutané. C’est l’ajustement tactile. Quant à l’ajustement visuel, il suffit de regarder attentivement les formes du corps. Si on y décèle certains petits bourrelets, il faut diminuer quelque peu le chiffre obtenu par la formule. Si la personne semble être un peu trop osseuse, en ce sens que les os sont trop apparents, il faudra augmenter quelque peu le chiffre de la formule. Cet ajustement tactile et visuel se fait généralement une fois que la personne a atteint le chiffre théorique du poids donné par la formule. Remarquons ici qu’une personne peut elle-même procéder à cet ajustement tactile et visuel. Il lui suffit de faire preuve d’un peu d’objectivité. Détermination de la grosseur de l’ossature Il existe un façon bien simple d’évaluer la grosseur de l’ossature. Cette évaluation se fait en mesurant la circonférence du poignet. Le ruban à mesurer doit passer sur la bosse osseuse que l’on rencontre à l’extérieur du poignet. Chez une femme, - un tour ce poignet inférieur à 5 pouces indique une petite ossature; - un tour de poignet mesurant entre 5 à 6 pouces indique une ossature moyenne; - un tour de poignet supérieur à 6 pouces indique une forte ossature. Chez un homme, - un tour de poignet inférieur à 6 pouces indique une petite ossature; - un tour de poignet mesurant entre 6 à 7 pouces indique une ossature moyenne; - un tour de poignet supérieur à 7 pouces indique une forte ossature. La circonférence du poignet doit être absolument mesurée. On ne peut pas évaluer correctement cette circonférence par une simple inspection visuelle. 4 Les tables de poids de la Metropolitan Life Insurance Company La compagnie d’assurances Metropolitan établit des tables de poids idéal pour évaluer le risque, pour la santé, des personnes qu’elle assure. En 1983, ces tables ont été réévaluées à la hausse. Les tables précédentes avaient été fixées en 1959. Par exemple, une femme dont l’ossature est de grosseur moyenne et qui mesure 5 pieds et 4 pouces, devrait peser, avant 1983, autour de 123 livres. Dans la formule de l’American Dietetic Association utilisée plus haut, on arrivait à 120 livres, ce qui est assez semblable. Après 1983, cette même femme devait peser 131 livres. Il s’agit d’une augmentation de 8 livres. Ce chiffre, évalué à la hausse, tient compte de la tendance, observée depuis plus de 20 ans, reliée à l’augmentation du poids de la population. Cependant, cette augmentation n’est pas souhaitable. Les gens sont maintenant plus gros, mais pas nécessairement en meilleure santé. Les tables actuelles de la Metropolitan sont moins justes que celles de jadis. On ne peut donc pas s’y fier comme on pouvait le faire auparavant. Le pourcentage de gras corporel On peut arriver à une bonne approximation du poids idéal en déterminant le pourcentage de gras corporel d’un individu. Il existe différentes façons d’y arriver. On peut mesurer, à différents endroits sur le corps, l’épaisseur du pli cutané. Cette mesure se prend à l’aide d’une pince spéciale. On peut aussi recourir à une méthode particulièrement sophistiquée : la pesée sous l’eau. Il existe aussi des appareils qu’on applique sur la peau et qui fonctionnent par impédance électrique. Si on détermine qu’une personne présente 20% de gras corporel, ceci signifie que 20% de son poids total est constitué de graisse. Chez la femme, on estime qu’un taux de 22% de gras corporel constitue l’idéal. Par contre, chez la femme sédentaire qui ne souffre pas d’un excès de poids, on trouve 30% de gras corporel. Chez la femme sédentaire de 65 ans, on trouve en moyenne 43% de gras corporel. 5 Ces pourcentages peuvent évidemment être plus bas chez la femme. Les athlètes féminins présentent entre 13% à 18% de gras corporel. Ces athlètes ne semblent pas être maigres pour autant puisqu’ils possèdent un bon développement musculaire. En réalité, ils sont assez maigres. Chez les athlètes masculins, on rencontre des pourcentages de gras corporel relativement bas. Les nageurs ont 12% de gras corporel; les coureurs 8%; les culturistes en compétition 6%. Dans ce dernier cas, on peut parler de grande maigreur. Comme les culturistes présentent un volume musculaire très important, personne n’ose penser qu’ils sont maigres. Les hommes sédentaires de 65 ans ont un taux moyen de gras corporel de 38%, ce qui est passablement élevé. Chez l’homme adulte, on devrait idéalement trouver 15% de gras corporel. Chez la femmes, nous avons vu que l’idéal devrait être autour de 22%. Soit dit en passant, on flotte avec un pourcentage de gras corporel de 25%. Le rapport entre le tour de taille et le tour de hanche Sur le plan de la santé cardiovasculaire, on peut se baser sur le rapport qui existe entre le tour de taille d’un individu et son tour de hanche. Lorsque la graisse s’accumule surtout à la région du ventre, le risque de connaître des troubles cardiovasculaires est plus grand. Dans le cas d’une femme, le rapport idéal devrait être plus petit ou égal à 0,7. Une femme dont le tour de taille est de 25 pouces et le tour de hanche est de 36 pouces, présente un rapport de 0,69, ce qui est bien. Chez la femme, il faut remarquer que les hanches occupent naturellement une circonférence plus grande que chez l’homme, toute proportion gardée. Dans le cas d’un homme, le rapport idéal entre le tour de taille et le tour de hanche devrait être plus petit ou égal à 0,85. Ainsi un homme dont le tour de taille est de 32 pouces et le tour de hanche est de 38 pouces, présente un rapport de 0,84, ce qui est normal. Conclusion Autant dans le cas du naturopathe que dans celui du spécialiste en prévention, la détermination du poids idéal sera nécessaire. Pour y arriver le plus précisément possible, il faudra appliquer les règles élaborées plus haut. Ces règles sont simples, mais elles demandent une appréciation personnelle 6 du praticien. Comme dans bien des cas, les formules mathématiques sont utiles, mais elles doivent toujours être ajustées par une intervention intelligente. 7