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١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa Tentative De Dépasser L'absurde Et Vivre Malgré L'Absurde M. Tahseen Kareem MOUSA Université de Koya Faculté des sciences humaines Et L'éducation École des langues Département de Français Introduction L’homme absurde se considère comme un homme libre puisqu’il n’a pas à obéir à une exigence guidant sa vie ou à se conformer à une seule manière d’être. La vérité limite la vie de l’homme dans le sens où elle pourrait donner à l’existence un but ou un sens précis. Or, la vie offre à l’homme plusieurs vérités et cette pluralité prouve la relativité de ces vérités. En fait, le relatif est plus accessible à l’homme, il réduit les efforts pour rechercher une seule vérité et détourne l’homme de l’universel insaisissable. Puisque sa vie n’est pas restreinte à une seule vérité à poursuivre, l’homme absurde jouit pleinement de sa liberté car il ne relie pas sa destinée à une finalité qu’il devrait atteindre. La liberté de l’homme absurde ١٩١ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa l’entraîne dans toutes les directions possibles, elle lui permet d’affirmer son indépendance à l’égard de toute exigence et de démontrer son émancipation à l’égard de ce qui resserre sa vie et la détermine. Un homme découvrant le caractère absurde de son existence, se confrontant au silence d’un monde qui ne présente aucun intérêt pour ses exigences, est un homme qui devient à son tour un être absurde. Il ne trouve pas de preuve pour vivre avec les autres personnes, ni pour sa vie personnelle. L’homme absurde vit sans espoir c’est-à-dire qu’il refuse une finalité à sa vie, un but qui la limiterait davantage et qui l’emprisonnerait, puisque c’est un homme conscient de la multiplicité des vérités. L’espoir consiste en effet dans la recherche d’une vérité universelle qui resserre la vie de l’homme. Or ce qui est vrai, c’est la relativité et la pluralité qui naissent de l’absence de normes fixes, et d’une échelle de valeurs universelles. La relativité des certitudes comble l’homme absurde pour qui la liberté est le seul et unique bien qu’il croit posséder. La pluralité des vérités n’est pas un facteur qui accentue l’indétermination et la désorientation de l’homme dans un monde absurde. Les vérités sont, au contraire, une preuve de la liberté totale de l’homme ayant la possibilité de choisir entre ces vérités ou même de les adopter toutes. Admettant la justification, d’un seul vrai sens à sa vie, qui est la liberté absolue, parce que l’homme dispose d’un autre droit, le droit à la liberté, liberté d’esprit, liberté d’action. La liberté a, à la fois, un caractère collectif et une dimension privée. ١٩٢ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa - Définition de L'absurde. En fait, ce n'est pas le monde qui est absurde mais la confrontation de son caractère irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. Ainsi l'absurde n'est ni dans l'homme ni dans le monde, mais dans leur présence commune. Il naît de leur antinomie. ((L'absurde est notre situation la plus essentielle, le divorce inévitable entre l'esprit qui désire l'unité et le monde déraisonnable qui déçoit cet esprit.)). .)).((Emmanuel : ١٩٥٣:p.٧٣)). Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l'un à l'autre comme la haine seule qui peut river les êtres. L'irrationnel, la nostalgie humaine et l'absurde surgissent de leur tête-à-tête. Si cette notion d'absurde est essentielle, si elle est la première de nos vérités, toute solution du drame doit la préserver. ((Camus déclare: l'absurde c'est la raison lucide qui constate ses limites. Je tire de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort - et je refuse le suicide)).(( Camus:١٩٦٠: p.٦١)) Camus récuse donc les attitudes d'évasion qui consisteraient à escamoter l'un ou l'autre terme : d'une part le suicide, qui est la suppression de la conscience ; d'autre part les doctrines situant hors de ce monde: les raisons et les espérances qui donneraient un sens à la vie, c'est-à-dire soit la croyance religieuse, soit ce qu'il appelle le suicide philosophique des existentialistes (Jaspers, Chestov, Kierkegaard) qui, par diverses voies, divinisent l'irrationnel ou, faisant de l'absurde le critère de l'autre monde . Au contraire, le seul qui donne au drame sa solution logique, celui qui décide ١٩٣ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa de vivre seulement avec ce qu'il sait, c'est-à-dire avec la conscience de l'affrontement sans espoir entre l'esprit et le monde. ((Qu'est-ce donc que le suicide philosophique? « Je prends la liberté d'appeler ici suicide philosophique l'attitude existentielle. Mais ceci n'implique pas un jugement. C'est une façon commode de désigner le mouvement par quoi une pensée se nie elle-même et tend à se surpasser dans ce qui fait sa négation. Pour les existentiels, la négation, c'est leur Dieu. Ces négations rédemptrices, ces contradictions finales qui nient l'obstacle que l'on n'a pas encore sauté, peuvent naître aussi bien (c'est le paradoxe que vise ce raisonnement) d'une certaine inspiration religieuse que de l'ordre rationnel. Elles prétendent toujours à l'éternel, c'est en cela seulement qu'elles font le saut)).(( Mélançon: ١٩٧٦: P.٣٦)) En fait, il ne s'agit pas de raison, mais de sensibilité, et les limites attribuées à la raison sont réellement les limites données à l'illimité linguistique. Cependant, l'intervention du mot raison n'est pas accidentelle. La confrontation dans l'absurde où L'homme se trouve devant l'irrationnel. Il sent en lui son désir de bonheur et de raison. donc L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. Ce n'est pas donc à proprement parler, ni dans le monde ni dans l'esprit humain que se situe l'absurde, mais dans leur présence commune : ((l'absurde n'est pas, à proprement parler dans l'homme ni dans l'univers, il est seulement dans leur opposition. Absurde est la confrontation entre le soif de comprendre ١٩٤ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa qui torture l'homme et l'irrationnel du monde qui lui résiste.)).((Hermet:١٩٩٠:P.٨٥)). D'après ce qui précède, On peut définir l'absurde comme la relation d'inadéquation métaphysique entre l'homme et le monde. En l'occurrence, l'absurde est un rapport établi entre deux choses comparées; il est une confrontation, et une comparaison. C'est une Relation d'inadéquation : en effet il ne s'agit pas d'une égalité entre deux termes, mais d'une disproportion, d'un désaccord, d'une contradiction, d'un divorce. ((La passion de l'absurde, cette passion d'abord déchirante – la plus déchirante de toute-, qui brulait le cœur en même temps qu'elle l'exaltait, devient une passion somptueuse.)).((Emmanuel:١٩٥٣:p.٨٤)). L'homme absurde laisse de côté le problème de la liberté en soi qui n'aurait de sens qu'en relation avec la croyance en Dieu ; il ne peut éprouver que sa propre liberté d'esprit ou d'action. Jusqu'à la rencontre de l'absurde, il avait l'illusion d'être libre mais était esclave de l'habitude ou des préjugés qui ne donnaient à sa vie qu'un semblant de but et de valeur. la découverte de l'absurde lui permet de tout voir d'un regard neuf : il est profondément libre à partir du moment où il connaît lucidement sa condition sans espoir et sans lendemain. Il se sent alors délié des règles communes et apprend à vivre sans appel. D'une part l'homme en tant qu'esprit, d'autre part, le monde en tant qu'une chose acceptée toujours par l'homme, au sens universel de l'ordre des choses, qui peut avoir une multitude ١٩٥ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa d'applications concrètes. L’absurdité n’a rien à voir avec la banalité de la vie quotidienne ni l’habitude, laquelle est au contraire un formidable repère grâce auquel on peut donner sens à tout ce qui nous entoure. De plus, comme l’écrit Blanchot, le quotidien est ((le lieu de toute signification possible)). ((Blanchot: ١٩٦٩: p. ٣٥٧)). - L'absurde, un point de départ existentiel. Camus est l’un des rares penseurs à avoir donné à l’absurde une place importante dans le philosophique discours contemporain. D’une certaine façon, il a fait de l’absurde une question incontournable en l’associant à la condition humaine. L’homme pris dans son destin ne peut que constater l’absurdité de son existence. Celle-ci n’a ni sens ni finalité. C’est moins dans son rapport au monde que dans ce qui l’unit au monde où se trouve l’absurde. Il est l’entre-deux, entre l’homme et le monde, pris entre notre besoin de comprendre et un monde où il n’y a pas de signification. D’ailleurs, si l’on proclame l’absence radicale d’un sens à l’existence, tout serait permis, y compris le meurtre. Cette attitude marque l’indifférence à la vie, la négation de toute valeur et la tolérance de n’importe quelle action du fait que rien n’a de sens ni d’importance. ((C'est pourquoi l'homme a toujours été au centre de ses préoccupations, en tant qu'il appartient à lui seul de forger ses raisons de vivre et, livré à ses propres lumières, de trouver sa voie dans un monde sans dieu.)).((Hermet : ١٩٩٠:p.١١)) ١٩٦ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa La vie est la seule certitude dont l’homme est capable et c’est pourquoi il a le devoir de la protéger, de la défendre et de la valoriser en lui conférant une signification. On voit bien à ce niveau-là que ce sont précisément le sentiment puis l’évidence de l’absurde qui mène à l’exaltation de la vie. L’absurde est dans la philosophie de Camus une sensibilité qui, aboutissant à une impasse, se retourne sur elle-même et s’anéantit pour transporter l’homme vers une issue imprévue. Cet aboutissement nous surprend et nous dévoile la persévérance de l’homme à sortir du gouffre de l’absurde dans lequel il s’est précipité, afin d’atteindre la lumière. Camus a donc été enfermé à tort dans le point de départ de sa philosophie qu’est l’absurde. Le cheminement de sa pensée l’a mené à chercher un sens à la vie et à éviter le nihilisme. (( Le nihiliste est l’homme du dehors, tout en surface, sans profondeur, sans état d’âme; il vocifère contre tout et d’abord et avant tout contre son propre fait. Le nihiliste est autodestructeur parce que l’homme, son existence, est impossible.)).((Olivier:٢٠٠٧: P.١٠١)).l’absurdité est que la vie mène à la mort, elle est aussi présente dans la guerre. L'apparente absurdité de la vie est un thème existentialiste que l'on trouvait chez Sartre et Camus mais ceux-ci utilisaient les outils de la dramaturgie conventionnelle et développaient le thème dans un ordre rationnel. le théâtre de l'absurde n'est ni un mouvement ni une école et tous les écrivains concernés étaient extrêmement individualistes et formaient un groupe hétérogène. Cependant, ils n'appartenaient pas à la société bourgeoise française qui résidait dans un rejet global du théâtre ١٩٧ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa occidental pour son adhésion à la caractérisation psychologique, en plus une intrigue mélangée par la confiance et une communication par le dialogue. ((J’appelle absurde ce que ne comprend pas. j’appelle aussi absurde, l’homme qui erre sans but l’oubli du but, l’homme coupé de ses racines essentielles, l’errance sans but c’est l’absurde de Kafka)). ((Jacquart: ١٩٩٨: p.٨٢)), mais la perte de l’homme est liée à trois grands thèmes communs : la solitude, la souffrance et l’absurdité de la condition humaine, les trois cas sont dominés par le pessimisme qui est la souffrance douloureux, et c’est l’homme mesquin qui est impeccable ; mais c’est son destin éternel qui pousse cet homme à l’ignorance. le sentiment de l’absurde est donc, dans la pensée de Camus, un point de départ existentiel. On ne peut pas enfermer l’auteur dans cette attitude qui n’est chez lui que provisoire. En effet, il (( n’avait exploré l’absurde que pour mieux parier sur nos raisons d’être )).(( Lebesque :١٩٦٣:p.٦٣)). Camus a voulu nous prouver, en posant l’absurdité du monde, que même un homme lucide, conscient de la vanité de sa vie et vivant sans espoir, garde le courage et la force requises afin de lutter pour sa survie dans un univers où règne l’absurde. Le point de départ de la philosophie de Camus est un existentialisme pathétique émanant de la déchirure entre les appels continus de l’homme et le silence déraisonnable du monde. L’effort déployé par l’homme afin de survivre dans un univers absurde est en quelque sorte une tentative pour briser le cercle vicieux et pour définir une règle de conduite adéquate à ١٩٨ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa la réalité vécue. Camus cherche donc une morale pratique, il s’intéresse à savoir comment l’homme pourrait se conduire dans un monde absurde, dérisoire quand il refuse de faire un saut du côté du religieux ou du côté des systèmes qui unifient et rationalisent le réel. ((L'absurde est éprouvé d'une sensibilité absurde, et non d'une conception absurde dans la relation de l'homme avec le monde: un homme questionneur qui se heurte au mutisme du monde. Ce qui suppose, en effet, un monde déraisonnable, découragent toutes les interrogations.)).((Bagot:١٩٩٣:p.١٠٨)).Ainsi, l’absurde ne peut être chez Camus qu’une position provisoire qui guide un raisonnement cherchant à savoir ce que pourrait devenir la vie lorsque l’homme découvre qu’elle n’a pas de sens. Le non-sens prouve à l’homme qu’il a une raison de plus pour agir et donner à sa vie une signification. Le raisonnement de Camus aboutit à affirmer la nécessité de maintenir la conscience humaine éveillée face à l’absurde. Cette attitude empêche l’homme de consentir ou de se résigner à l’absurdité de son sort. Certes, la description de l’absurde est indispensable pour rendre compte d’une réalité qui n’est autre que la confrontation entre les aspirations de la conscience humaine et le silence mystérieux du monde qui refuse de les satisfaire.(( L’absurde est alors ce qui résiste à la question pourquoi, à la question de la recherche d’un sens à l’existence)).(( Encyclopédie:١٩٩٠: p.١٣)). L’expérience de l’absurde est utile à la conscience dans le sens où elle lui permet de se libérer des chaînes de la vie quotidienne pour chercher un passage hors du domaine de l’absurde. La fuite ١٩٩ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa face à l’absurde est une lâcheté, alors que le fait de maintenir sa conscience éveillée fonde le premier pas vers la quête d’une issue à l’absurde. Une conscience qui se maintient face à l’absurde est une conscience lucide, prête à agir et à lutter parce qu’elle est capable d’affronter clairement la réalité écrasante. Ainsi, une conscience qui ne se dérobe pas à l’absurde est apte à dégager l’homme de sa situation intenable. ((L'absurde du monde n'est pas cette hantise à chaque moment oppressante ou poignant que décrivent les philosophies existentielle: elle s'offre comme une très vieille et sobre sagesse. Aujourd'hui accoutumée, dont les esprits avises font la place s'ils veulent penser honnêtement.)). ((Emmanuel:١٩٥٣:p.٧١)). L’expérience de l’absurde, vécue consciemment, constitue alors un passage de la passivité à l’activité, de la résignation à la lutte. L’absurde est non pas un enfermement définitif mais un facteur qui pousse l’homme hors d’un univers qui l’écrase. la découverte de l’absurde n’est pas une prison mais une invitation pour dépasser consciemment et courageusement une situation intolérable. en d’autres termes, lorsque l’homme constate que l’absurde ne mène nulle part et ne satisfait pas sa quête essentielle, il entreprend une nouvelle recherche qui lui ouvre la voie vers une autre dimension d’être et de concevoir le monde. ((L’absurde, c’est l’inhumanité de l’existence humaine, en son agitation sans proportion, sans portée ; la chaîne des gestes quotidiens, des travaux et des jours)).((Louisgrand:١٩٧٠: p.٣١٩)). ٢٠٠ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa - La morale de l'absurde. Au Mythe de Sisyphe. Dans cet ouvrage publié en ١٩٤٢, Camus pose le problème du suicide. Plus spécifiquement, il traite de la relation entre le suicide et l’absurde. Il dit : ((Le sujet de cet essai est précisément ce rapport entre l’absurde et le suicide, la mesure exacte dans laquelle le suicide est une solution à l’absurde.)).((Camus : ١٩٤٢:p.٢١)).ce travail débute donc par une étude du concept de l’absurde, l’absurde se dévoile, nous dit Camus, de deux manières. Il est dans un premier temps opacité du monde, mais aussi absurde découvert par l’intelligence. Il apparaît d’abord comme lié au monde luimême. l’absurde du monde se révèle à travers l’étrangeté de celui-ci, lorsqu’il nous apparaît dans sa profondeur au cœur même des activités quotidiennes qui le recouvrent de l’habitude. le suicide et l’espoir sont, pour Camus, des fuites face à la réalité. En fait, par le suicide, l’homme supprime volontairement sa conscience ainsi que son existence ; par l’espoir, il recourt à des croyances illusoires qui lui masquent le réel. le mieux d’après Camus est de maintenir notre conscience éveillée et de vivre d’une manière lucide d'après les conditions qui nous sont attribuées. Afin de vivre authentiquement un destin absurde, il suffit de définir soimême une règle de conduite lucide. Conscient de l’absurde et rejetant le suicide, acceptant sa condition et exaltant la vie, l’homme cherchera une règle de vie pratique qui oriente son existence. alors, ((comment vivre lorsque l’on éprouve la passion de vivre et que l’on a ٢٠١ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa conscience, en même temps, du côté désespérant et absurde de l’existence ? )).((Chavanes : ١٩٩٠: p.٥٧)). Ni l’espoir, ni le suicide, comme déjà démontré, ne sont des issues à cette problématique. La meilleure solution serait d’assumer notre condition humaine avec tous ses défauts et toutes ses imperfections. l’éthique spinoziste est effectivement une recherche de la félicité à travers des voies qui ne s’écartent pas de l’existence humaine. Pour Spinoza, ((l’homme s’efforce de persévérer dans son être pour une certaine durée indéfinie, et il est conscient de son effort)). ((Spinoza : ١٩٥٤: p.٤٢٢)). le bonheur de l’homme découle précisément de cette conscience, c'est l’effort dynamique de l’homme et son insistance pour continuer d’exister. c’est dans ce sens-là que Camus s’est mis à la recherche d’une doctrine de vie permettant à l’homme de se dégager d’un univers absurde qui l’écrase, et de lutter pour conserver son existence. cette règle de conduite est donc une affirmation de la puissance de la volonté humaine qui cherche à exister malgré l’absurde. déçu par ce monde où la mort règne et met terme aux ambitions de l’homme, Camus a été conduit à trouver un moyen pour contrecarrer l’invasion de l’absurde. ce moyen devrait être à la portée de l’homme, issu de sa souffrance essentielle mais la dépassant. Il devrait emporter l’homme hors de l’emprise étouffante de l’absurde en lui proposant une solution possible et réalisable. Camus affirme la nécessité de définir une règle de conduite qui permet à l’homme de vivre son destin absurde. ce désir d’exister encore et toujours montre que l’être humain garde la force de lutter et de combattre pour tenter de dépasser la déchirure initiale, sans ٢٠٢ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa pour autant la renier. ((Le sentiment de l'absurde semble être en contradiction avec lui-même. Dire que l'existence est absurde, c'est en effet dire quelque chose de l'existence, en rendre raison. On affirme que l'existence a un sens en disant qu'elle n'en a pas.)).((LA Balme: non date : P.٧٣)). L’homme n’est plus une proie à la déception et au désespoir ; cette doctrine, basée sur un humanisme éblouissant, redonne à l’homme le goût de vivre. cette lueur proposée par un sens relatif pourrait déboucher sur un élan nouveau pour la vie et sur une recherche d’une signification plus profonde et plus consistante pour l’existence.les valeurs morales ont été dans un premier moment attaquées par Camus puisqu’elles ne pouvaient pas constituer des repères pour orienter et diriger la vie des hommes. mais Il a reconnu plus tard que cette indifférence à l’égard des valeurs ((conduisait à accepter l’inacceptable, et notamment le meurtre des innocents)). ((Chavanes:١٩٩٠: p.١٢)). alors, même si le monde n’a pas de sens, l’homme ne saurait se passer d’une éthique, ni renoncer à l’action. Camus a essayé d’entrevoir une règle de conduite respectant la qualité de la vie, sa profondeur et sa signification incontestable, qu’il exploitera plus à fond lorsqu’il développera sa conception sur la révolte. ((L’homme absurde était lié à son destin, l’homme révolté est lié à l’humanité. Il se solidarise avec les autres hommes par une communauté de nature et de condition de l’homme.)).((Olivier:٢٠٠٧:p.٣٨)) ٢٠٣ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa - Vivre, Malgré L'absurde - Vivre une expérience, un destin, c'est l'accepter pleinement. Or on ne vivra pas ce destin, le sachant absurde, si on ne fait pas tout pour maintenir devant soi cet absurde mis à jour par la conscience. Vivre, c'est faire vivre l'absurde. Le faire vivre, c'est avant tout le regarder. L'une des seules positions philosophiques cohérentes, c'est ainsi la révolte. Elle est un confortement perpétuel de l'homme et de sa propre obscurité. Elle remet le monde en question à chacune de ses secondes. Elle n'est pas aspiration, elle est sans espoir. Cette révolte n'est que l'assurance d'un destin écrasant, moins la résignation qui devrait l'accompagner. l'absurde est cette tension entre un monde irrationnel et la volonté de connaître de l’être humain. Il est ce déchirement d’une pensée qui cherche à quadriller, à clarifier, à rendre compte d’un monde qui la dépasse essentiellement. Camus ajoute ((l'absurde n'est pas dans l'homme, ni dans le monde, il est dans leur divorce, dans leur opposions : donc il est opposition, il n'a de sens que dans la mesure où l'on n'y consent pas, car un contraste, une incommensurabilité, un déchirement n'est pas une lutte. Et une lutte même, une lutte de fait, n'est pas de soi, une lutte justifiée, un devoir de lutter.)). ((Emmanuel:١٩٥٣:p.٧٨)).l'homme absurde ne pourrait s'échapper de son état qu'en niant l'une des forces contradictoires qui le fait naître : trouver un sens à ce qui est ٢٠٤ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa ou faire taire l'appel humain. Or aucune de ces solutions n'est réalisable. dans Le mythe de Sisyphe, Camus prend l’absurde comme point de départ à sa réflexion, mais il ne reste pas attaché à ce point particulier de son raisonnement, puisqu’il cherche à le dépasser vers d’autres horizons. Dès son essai sur l’absurde, Camus pose le problème du dépassement du non-sens:(( L’unique donnée est pour moi l’absurde. Le problème est de savoir comment en sortir)) .((Camus:١٩٤٢:p.٥١)) . S’il cherche à se dégager de l’impasse à laquelle mène l’absurde, c’est qu’il a reconnu que la vie ne peut être vécue si elle ne reçoit pas un certain sens. Mais avant d’explorer le sens de la vie, il importe selon Camus d’aimer la vie. Il affirme lui-même dans Les Nouvelles Littéraires: ((Si on pense que rien n’a de sens, alors il faut conclure à l’absurdité du monde. Mais rien n’a-t-il de sens ? Je n’ai jamais pensé qu’on puisse rester sur cette position)).((Moeller:١٩٥٧:p.٥٦)). la pensée camusienne est en fait une pensée qui évolue parce que guidée par un idéal :la défense de l’homme contre la violence et la mort injustifiable. l’homme est le seul être capable de dépasser une situation sans la nier et de la résoudre sans éliminer ses principales caractéristiques. la révolte apparaît dans la philosophie de Camus comme la première des solutions à l’absurde. Elle consiste à ne pas fuir l’absurde, une fois qu’on en a pris conscience. la révolte est un incessant défi à la condition humaine écrasante. Il s’agit de ne pas se résigner mais de se battre. La révolte est l’issue suprême à l’absurde car elle consiste à entretenir en soi une lutte permanente à l’égard de notre destin. ((La vraie ٢٠٥ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa grandeur de cette révolte réside dans l’affirmation implicite de la transcendance de l’esprit humain)).((Chavanes:١٩٩٠: p.٦٣)). en fait, l’homme ne peut pas se résigner à l’absurde parce que sa conscience refuse d’y consentir et de s’humilier. Elle continue à chercher la clarté contre l’obscurité, l’ordre contre l’irrationalité, et le sens contre le nihilisme. L’esprit humain lutte pour garder ses pouvoirs et ses facultés éveillées, c’est précisément ce combat quotidien qui fait la grandeur de l’homme.une deuxième méthode est envisagée par Camus et proposée à l’homme voulant vivre en acceptant l’absurde ; c’est la liberté. celle-ci est une conséquence directe de la découverte de l’absurde. c’est une liberté totale à l’égard de la vie, une liberté qui devient la seule et unique valeur dans un monde absurde, dans le sens où elle dégage l’homme de toute illusion et institue en lui une lucidité victorieuse. L’homme libre est alors un être pleinement conscient de sa situation dans le monde, un être libéré de ses habitudes et de ses gestes machinaux, pour choisir une voie par laquelle il dépasserait sa condition absurde. En effet, la gratuité de l’existence pousse l’homme à se déterminer lui-même dans ses choix et dans ses actions. ((Camus déclare: ‹‹l'absurde c'est la raison lucide qui constate ses limites)).(( GayCroisier :١٩٨٥ :p.٦١ )).pour Sartre, la liberté émane de la conscience humaine, lucide du caractère tragique de l’existence. Parce qu’il est libre de choisir sa propre voie, l’homme doit, selon Sartre, accepter le risque et la responsabilité inhérents à son engagement.(( Il est libre parce qu’il peut toujours choisir d’accepter son sort avec ٢٠٦ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa résignation ou de se révolter contre lui)). ((Sartre:١٩٧٦:٥١)). Dans sa philosophie, la liberté est, en fait, la conséquence de la contingence du monde et de sa futilité qui placent l’homme dans une situation d’angoisse face à sa vie. c’est pourquoi, le sentiment de l’absurde naît quand la conscience humaine se heurte à l’irrationnel qui pousse l’homme à être aliéné dans ce monde, en l’occurrence le sentiment de l’absurde se trouve contre la permanence de la vie (( la réalité humaine peut se choisir comme elle l’entend, mais ne peut pas ne pas se choisir, elle ne peut même pas refuser d’être… par cet être qui lui est donné, elle participe à la contingence universelle de l’être, et, par là même, à ce que nous nommions absurdité )) .((Sartre:١٩٧٦:p.٥٥٨-٥٥٩)). Sartre affirme que tout être humain est obligé à faire des choix librement et sans aucune référence. D’où l’angoisse qui naît chez chaque individu bénéficiant d’une liberté absolue. tout homme doit inventer ses propres valeurs et sa propre nature, ce qui le rend pleinement responsable de ses choix. Pour Camus, cette confrontation avec la vie devrait se faire, non avec angoisse mais avec passion. c’est la troisième attitude possible à l’égard de l’absurde, une attitude qui offre à l’homme la possibilité de vivre intensément et d’accueillir tout ce que lui offre le moment présent. l’homme est un projet, sa conscience se jette en avant d’elle-même vers l’avenir, il est fondamentalement une liberté: ((Libéré à la fois de son passé et de son avenir, il vit avec passion ce qui lui est donné à l’instant présent)).(( Chavanes:١٩٩٠:p.٦٥)). Étant Lucide du caractère absurde et vain de la vie, l’homme ٢٠٧ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa recourt à la multiplication passionnée de ses expériences, considérant que cette conduite comblera la vacuité de son existence et lui permettra d’accroître son désir de rester en vie. Pourtant, l’homme qui opte pour la passion comme solution à l’absurde, resserre sa vie entre les barreaux du superficiel et du factice. ces trois conséquences tirées de l’évidence de l’absurdité de la vie dévoilent trois possibilités différentes d’agir face à la réalité. elles permettent à l’homme de vivre malgré l’absurde et de persévérer dans la recherche d’une issue à sa situation. cependant, la conduite la plus authentique est certes la révolte parce qu’elle montre la lucidité et le courage de l’homme à affronter une condition supposée lui être supérieure Par sa lutte, l’homme s’affirme et affirme la valeur de son existence. Par ailleurs, la liberté totale, ainsi que la passion, prouvent que l’homme n’est pas encore prêt à l’affront, il croit agir mais, en réalité, il ne fait que réagir face à son destin. La liberté et la passion n’engagent pas une lutte contre l’absurde parce qu’elles n’aboutissent pas à un combat permettant à l’homme de dépasser réellement sa situation tragique. ((L'absurde est un divorce entre l'esprit qui désire et le monde qui déçoit cet esprit et ce monde, reboutés l'un contre l'autre sans pouvoir s'embrasser . )) . (( Emmanuel : ١٩٥٣: p .٧١ )) . l'inhumanité des hommes participe encore à l'absurdité. L'aspect mécanique de leurs actes ou de leurs gestes, donc leur pantomime privée de sens rend stupide tout ce qui les entoure. ((Les trois termes dans l'absurde Trois termes sont présents dans l'absurde. Ils constituent, dans le langage de Camus les trois personnages du drame, la ٢٠٨ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa singulière trinité. En premier lieu, il y a l'homme luimême, qui tire sa grandeur de son intelligence éprise de clarté et d'unité. En second lieu, il y a le monde fermé, divisé, déraisonnable, peuplé de ces irrationnels. Il est un univers indicible où règnent la contradiction, l'antinomie, l'angoisse ou l'impuissance. En troisième lieu se trouve la confrontation elle-même de l'homme et du monde, confrontation qui est déchirement, divorce, fracture, lutte sans repos)). ((Mélançon: ١٩٧٦: P.٧٦ )).cette confrontation crée la passion essentielle de l'homme déchiré entre son appel vers l'unité et la vision claire qu'il peut avoir des murs qui l'enserrent. Mais où se situe l'absurde ? Dans le monde, dans l'homme ? Non, dans leur confrontation. L'homme se trouve devant l'irrationnel. Il sent en lui son désir de bonheur et de raison. L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. Ce n'est donc, à proprement parler, ni dans le monde ni dans l'esprit humain que se situe l'absurde, mais dans leur présence commune. le monde est absurde, ce monde en lui-même n'est pas raisonnable, c'est tout ce qu'on peut dire. mais ce qui est absurde, c'est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. pour chacun d'entre eux (irrationnel et de ce désir éperdu), l'absurdité naît d'une comparaison. le sentiment de l'absurdité ne naît pas du simple examen d'un fait ou d'une impression, mais qui surgit de la comparaison entre un état de fait et une certaine réalité, entre une action et le monde qui la dépasse. L'absurde est essentiellement un divorce. Il n'est ni dans l'un ni dans l'autre ٢٠٩ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa des éléments comparés. Il naît de leur confrontation. JeanPaul Sartre remarque avec justesse que l'absurde peut être pris objectivement ou subjectivement, d'une façon relative et d'une façon absolue. ((le choix même de l’absurde, un véritable suicide de la conscience)). ((Sartre:١٩٧٥:P.١٦٣)). la liberté véritable commence avec la découverte de l'absurde. Auparavant, l'homme quotidien qui vivait avec ses buts, comptait sur le futur ; il agissait comme s'il était libre. mais après la découverte de l'absurde, tout est changé : ((l'homme absurde comprend que, jusqu'ici, il était lié à ce postulat de liberté sur l'illusion de quoi il vivait. Dans un certain sens, cela l'entravait. Dans la mesure où il imaginait un but à sa vie, il se conformait aux exigences d'un but à atteindre et devenait esclave de sa liberté)). ((Mélançon: ١٩٧٦: P.١٥٨)). la liberté ne s'exerce pas en fonction de la vie éternelle, il lui reste comme un champ d'exercice tout le temps de la vie présente.les principes de la seule liberté raisonnable, Sartre justifie le rapport d’une part entre la liberté et le choix, et d’autre part entre ce choix et l’absurdité, en disant : (( La liberté est choix de son être, ce choix est absurde )).((Sartre:١٩٧٦:P.٥٥٨)). La condition humaine est absurde : il y a divorce entre l'homme et le monde, et divorce entre les hommes eux-mêmes. Il se poursuit dans les relations avec le monde dans les rapports des hommes entre eux. L'homme se trouve en désaccord avec son univers, et c'est le caractère essentiel de l'homme d‘être absurde dans le monde. ٢١٠ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa Conclusion La pensée absurde est évidemment une pensée en mouvement dans le sens où elle réalise une évolution remarquable entre son point de départ qu’est le sentiment de l’absurde, et son point d’aboutissement qui est la recherche d’un sens existentiel à travers la révolte. L’absurde, la révolte et l’amour représentent, dans la pensée absurde, trois approches avec lesquelles l’homme a appréhendé l’existence humaine. En effet, le vertige du non-sens et la quête incessante pour rendre intelligible notre existence, demeurent des sujets inépuisables qui captivent la conscience humaine, des interrogations inassouvies qui sont ancrées dans la nature humaine insatisfaite et des problèmes qu’aucune réponse ne résout définitivement. L'absurde n'est pas un savoir, c'est un état acquis par la confrontation consciente de deux forces qui sont le monde et mon esprit. la maintenance de cet état demande une lucidité et nécessité, donc l'absurde c'est la conscience toujours maintenue d'une fracture entre le monde et l'esprit. la condition absurde est à la foi la malédiction de l'homme qu'il ٢١١ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa doit refuser sa situation fondamentale qu'il doit entrer tenir pour maintenir positivement en forme, et la situation active de révolte où il s'engage devant elle Bibliographie • Blanchot, Maurice. L’entretien infini, Paris, Gallimard, ١٩٦٩. • Chavanes, François, Albert Camus:'' Il faut vivre maintenant'', Questions posées au Christianisme par l'œuvre d'Albert Camus , Paris, Edition du Cerf, ١٩٩٠. • Camus, Albert, Le Mythe de Sisyphe, Paris, Gallimard, ١٩٤٢, • Emmanuel, Mounier. 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Paris .١٩٧٦. ﯾﺘﻤﯿﺰ ھﺬا اﻟﺒﺤﺚ ﺑﻄﺮﺣﮫ ﻟﻤﺴﺎﻟﺔ ﻣﮭﻤﺔ ﻓﻲ اﺑﺠﺪﯾﺎت اﻻدب اﻟﻌﺎﻟﻤﻲ وﺧﺼﻮﺻﺎ اﻻدب اﻟﻔﺮﻧﺴﻲ اﻻ وھﻲ ﻣﺴﺎﻟﺔ اﻟﻌﺒﺚ ودور اﻟﻌﺒﺜﯿﺔ ﻓﻲ ﺣﯿﺎﺗﻨﺎ وﻛﺬاﻟﻚ ﻛﯿﻒ ﯾﻤﻜﻦ ﻟﻨﺎ ان ﻧﺼﺒﺢ ﻋﺒﺜﯿﻦ ﺑﻮﻋﯿﻨﺎ او دون وﻋﯿﻨﺎ .ان اﻛﺜﺮ اﻟﻜﺘﺎب اﻟﺬﯾﻦ ﻧﺠﺤﻮا ﻓﻲ ﺗﺠﺴﯿﺪ اﻟﺤﯿﺎة اﻟﻌﺒﺜﯿﺔ ﻓﻲ رواﯾﺘﮭﻢ وﻛﺘﺎﺑﺎﺗﮭﻢ ھﻢ ﻣﻦ اﻣﮭﺮ ﻛﺘﺎب اﻟﻘﺮن اﻟﻌﺸﺮﯾﻦ اﻣﺜﺎل: ﺳﺎرﺗﺮ وﻛﺎﻣﻮ وﻛﯿﺎﻛﺎﻛﺎر وھﯿﻜﺎر .ﻛﻞ واﺣﺪ ﻣﻨﮭﻢ ﻃﺮح ﻣﻮﺿﻮع اﻟﻌﺒﺚ ﻣﻦ رؤﯾﺘﮫ ﻓﻤﺜﻼ رﺑﻂ ﻛﺎﻣﻮ ﻣﺴﺎﻟﺔ اﻟﻌﺒﺚ ﺑﺎﻟﺘﻤﺮد واﻋﺘﺒﺮ ان اﻻﻧﺘﺤﺎر ھﻮ وﺟﮫ ﻣﻦ اوﺟﮫ اﻟﻌﺒﺚ اﻟﻤﺘﻌﺪده وﻟﯿﺲ ﺷﺮﻃﺎ ان ﯾﻜﻮن ھﺬا اﻻﻧﺘﺤﺎر ﺟﺴﺪي اذ ﻣﻦ اﻟﻤﻤﻜﻦ ان ﯾﻜﻮن اﻧﺘﺤﺎرا ﻓﻠﺴﻔﯿﺎ .ان اﻟﻌﺒﺚ ﻻﯾﻮﺟﺪ ﻓﻲ اﻻﻧﺴﺎن واﻧﻤﺎ ھﻮ ﻓﻲ ﺣﺎﻟﺔ اﻻﻧﻔﺼﺎل اﻟﻤﻮﺟﻮده ﺑﯿﻦ روح اﻻﻧﺴﺎن وﻣﺠﺘﻤﻌﮫ وﺑﻠﺘﺎﻟﻲ ﺗﺆدي ھﺬه اﻟﺤﺎﻟﮫ اﻟﻰ اﻟﺘﻤﺮد .ﻛﺬاﻟﻚ رﺑﻂ ﺳﺎرﺗﺮ ﻣﺴﺎﻟﺔ اﻟﻌﺒﺚ ﺑﺎﻟﺤﺮﯾﮫ .ﻓﺎﻟﺤﺮﯾﺔ اﻟﻤﻔﺮﻃﺔ وﺟﮫ ﻣﻦ اوﺟﮫ اﻟﻌﺒﺚ واﺣﺪى اﺧﺘﯿﺎراﺗﮫ اﻟﺨﻄﺮه. Abstract ٢١٣ ١٠١ ﺍﻟﻌﺩﺩ/ ﻤﺠﻠﺔ ﻜﻠﻴﺔ ﺍﻻﺩﺍﺏ M. Tahseen Kareem Mousa This research is distinguished by presenting us a famous question in the literary world, and in particular in the French literature. This question is the absurd, and the role of the absurdity in our life. As well as how we can be absurd with consciousness or without consciousness. One of The most and best writers who succeeded in embodying the absurd life in his novels, is Camus, also Sartre, Kierkegaard as well. For example, Camus attached the question of the absurd with the revolt , and He considered the suicide, as a face of the faces of the absurd, and not to be a physical suicide; but a philosophical suicide. The absurd does not exist in the human being; but it exists in the divorce, existed between the spirit of this human being and his society, and this case leads to the revolt. As well as Sartre attached the question of the absurd with the liberty because the extreme liberty is a case of the absurd cases. ٢١٤