2007_Pays Saint
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Service Etudes, Information Géographique Direction de l’aménagement et du développement durables 2007 PAYS SAINT-LOIS Un territoire dynamique, mais peu attractif, au service de ses habitants I -Les constats Population 1999 / 2005 1-Démographie Après un recul démographique, le Pays gagne désormais des habitants : depuis 1999, la croissance du solde naturel se couple à un solde migratoire modeste mais positif. Saint-Lô est l’agglomération bas-normande qui perd le moins d’habitants, le déficit migratoire étant un peu moins marqué qu’ailleurs ; signe d’un certain vieillissement de la population, son solde naturel est en revanche le moins dynamique des agglomérations. Forte diminution des 15 / 29 ans d’ici 2015 (-20%). Les 15 / 29 ans représenteront néanmoins 16% de la population en 2015 (globalement, la population sera donc moyennement âgée). Effectifs scolaires importants dans le secondaire, en formation professionnelle et en apprentissage, avec une présence notable d’étudiants > Saint-Lô est un pôle de formation important. Taux de croissance des plus de 75 ans à l’horizon 2015 particulièrement élevé (+40% entre 1999 et 2015), signe d’un vieillissement rapide de la population. Faible excédent migratoire des plus de 60 ans, l’agglomération affichant même un déficit migratoire. Seuls Saint-Lô et le sud est de l’agglomération attirent des retraités extérieurs au Pays, les arrivées restant toutefois très limitées. 2-Organisation du territoire Services à la population - Bonne densité d’emplois dans la filière commerces et services locaux, signe d’un renforcement de la fonction résidentielle du territoire, en particulier au sein de l’agglomération Saint-Loise. Comparé aux autres Pays bas-normands, il reste manifestement des marges de manœuvre, en particulier dans le grand commerce. Service Etudes, Information Géographique - Direction de l’aménagement et du développement durables - 2007 1 - Accessibilité « moyenne » aux commerces et services à la population présents sur le territoire, mais temps d’accès élevé aux équipements concurrentiels en raison de leur concentration sur Saint-Lô. - Des services petite enfance corrects, mais un manque de places occasionnelles en haltes-garderies. - Une offre en équipements culturels et sportifs satisfaisante à l’exception des piscines et des cinémas (la densité globale reste moyenne). - Des places en « hébergement permanent » pour personnes âgées en pleine progression, mais une capacité globale limitée comparée aux besoins potentiels du territoire. - Une assez bonne densité globale concernant l’offre médicale (médecins généralistes et spécialistes, infirmiers), mais une part relativement importante d’habitants vivant en zone déficitaire de médecins généralistes et un service de soins à domicile peu développé, en faible progression ces dernières années. Logement - Un marché du foncier relativement peu cher, des prix de maisons et appartements neufs et anciens moyens, et une part limitée de logements inconfortables. - Une croissance relativement importante du nombre de résidences principales et/ou de ménages locataires (dans la sphère privée surtout), signe d’un bon dynamisme de la construction au regard de la croissance démographique. - Le Pays Saint-Lois est le territoire qui accueille le plus de Britanniques après le Pays de la Baie du Mont Saint Michel et le Pays du Bocage, bien qu’ils ne représentent au total que 2% des comptes de propriétés (installation dans le sud du territoire surtout). Maillage - Bonne accessibilité routière et ferroviaire (à conforter toutefois pour Paris), et bonne couverture numérique (beaucoup d’espaces publics numériques comparé aux autres territoires notamment). - L’aire urbaine constitue le cœur du territoire. Elle couvre la moitié de la superficie du Pays et polarise 71% de la population (Saint-Lô concentre 32% de la population, mais comme toute agglomération, la ville perd des habitants au profit de l’espace périurbain). - Trois emplois du Pays sur cinq s’exercent au sein de l’agglomération Saint-Loise. - Fort rayonnement de Saint-Lô sur l’ensemble du territoire. Le maillage territorial tend à se renforcer au nord du territoire, contrairement au sud du Pays où le niveau d’emploi a baissé, en l’espace de 15 ans, dans les trois pôles concernés (Tessy-sur-Vire, Percy et Torigni-sur-Vire, ce dernier ayant perdu le quart de ses emplois entre 1999 et 2005). - Territoires ruraux peu attractifs (déficit migratoire), qui maintiennent globalement leur population, mais enregistrent une forte baisse d’emploi (- 8 % en six ans). Les espaces ruraux englobent environ un quart de la population, des emplois et des établissements du territoire. 3-Environnement et tourisme Pays peu touristique : très peu de résidences secondaires, de lits touristiques ou de monuments historiques, ce qui explique le peu d’emplois dans la filière tourisme / culture / loisirs (les effectifs ont cependant progressé de 6 % entre 2000 et 2005). Service Etudes, Information Géographique - Direction de l’aménagement et du développement durables - 2007 2 Aucun site touristique « emblématique » sur le territoire (le haras de Saint-Lô, 3ème site visité après le parc des Sources de Saint-Germain-d’Elle et le cimetière allemand de la Chapelle-en-Juger, n’attire que 11 000 visiteurs). Nombre limité de manifestations culturelles (6ème rang) et insuffisance de festivals de cinéma, de littérature ou de musique (13ème rang) pour valoriser les potentialités touristiques du Pays (vision trop patrimoniale du tourisme et peut-être pas assez « évènementielle »). Peu d’espaces inventoriés (ZNIEF et ZICO), dont la moitié seulement est protégée, et des cours d’eau d’assez mauvaise qualité. Forte progression de l’artificialisation (+ 37 % en dix ans) au sein de l’agglomération et dans une moindre mesure dans la couronne périurbaine de Saint-Lô, générant une consommation notable d’espaces naturels et de terres agricoles. 4-Economie Une part importante de personnes en âge de travailler (30 / 59 ans) à l’horizon 2015. La population active sera toutefois près de 4% inférieure au niveau actuel, ce qui peut engendrer des pénuries de main d’œuvre dans certains secteurs. Ouvriers et main d’œuvre globalement qualifiés et/ou diplômés, taux d’encadrement important (en raison notamment du statut de Saint-Lô en tant que ville administrative et chef lieu de département). Faible taux de sortie sans qualification des jeunes dans le bassin d’emploi Saint-Lois. Valeur ajoutée pas très importante, qui progresse peu. L’industrie pesant globalement peu dans l’économie, la valeur ajoutée repose surtout sur celle des services, notamment marchands, dont l’évolution reste globalement limitée ces dernières années. Part importante des établissements de plus de 50 salariés, d’une « masse critique » parfois limitée, constituant le fer de lance de l’économie du territoire (les 10 principaux établissements ne représentent que 17 % des emplois). Avec un quart des emplois s’exerçant dans des établissements dont le siège social se situe hors du territoire, l’avenir économique du Pays repose surtout sur le dynamisme de ses PME-PMI locales (développement endogène). Economie dynamique : forte croissance de l’emploi (+ 4 % entre 2000 et 2005) et du nombre d’établissements (+ 6 % en 4 ans), essentiellement dans la construction et le tertiaire. Entreprises globalement en bonne santé financière et taux de survie des entreprises créées relativement élevé. Les créations d’activités nouvelles restent toutefois limitées au regard de la taille et du statut de Saint-Lô (10ème rang pour le taux de créations pures au sein de la région). Economie essentiellement tertiaire : 70% des emplois du Pays s’exercent dans le commerce et les services (84% pour l’agglomération), dont un tiers dans la sphère non marchande, Saint-Lô étant le chef-lieu du département de la Manche (ces emplois confèrent à l’agglomération une certaine « sécurité » économique). L’économie affiche un réel dynamisme dans la sphère de l’économie résidentielle (grand commerce, commerces et services locaux, promotion immobilière, mais aussi la construction de l’habitat qui constitue, avec le BTP, une grande spécialisation pourvoyeuse d’emplois du territoire). Service Etudes, Information Géographique - Direction de l’aménagement et du développement durables - 2007 3 Dans la sphère des services, les services aux entreprises (1ère filière économique en terme d’emplois, dont une majorité de services à haute valeur ajoutée) et les TIC (avec notamment SOFTWAY) renforcent et diversifient l’économie Saint-Loise. Deux filières tertiaires perdent en revanche de l’emploi : la banque – assurance (47% entre 2000 et 2005, les activités bancaires ne constituant plus une spécialisation du territoire malgré les Emplois Métropolitains Supérieurs s’exerçant dans cette filière), et le transport de marchandises et la logistique (-20%, montrant ainsi tout l’enjeu du désenclavement du territoire). Agriculture spécialisée dans la production laitière employant 8 % des actifs du Pays. Assez bonne valeur ajoutée, malgré des exploitations particulièrement petites. L’IAA, spécialisée dans l’industrie laitière (avec notamment ELVIR à Condé-sur-Vire, première entreprise industrielle du bassin d’emploi de Saint-Lô), valorise « en aval » la production agricole locale (territoire quasiment couvert en AOC laitière). La filière agri-alimentaire, englobant l’ensemble des activités, constitue la 2ème filière en terme d’emploi : le dynamisme des IAA a permis un assez bon maintien du niveau d’emploi entre 2000 et 2005 (-3%), mais en 15 ans, la filière a perdu globalement 42 % de ses effectifs (pertes concentrées dans l’agriculture). Risque de conflits d’usage importants pesant sur les terres agricoles : Surface Agricole Utilisée importante (1er rang au sein de la région), mais qui diminue en raison de l’artificialisation liée notamment à l’étalement urbain. Prix des terres peu chers, n’augmentant pas (contrairement au reste de la région), montrant la faible attractivité des activités agricoles s’exerçant sur le territoire. L’industrie occupe une place limitée dans l’économie (14 % des emplois seulement), le secteur affichant une bonne résistance dans le contexte de mondialisation actuel (-6% des effectifs entre 2000 et 2005). Certaines filières affichent même un réel dynamisme, révélant une certaine diversification du tissu productif (en gras : spécialisations du territoire ; classement des filières par ordre décroissant d’emplois) : - automobile (reposant sur Lecapitaine SA et Donaldson) ; industries mécaniques ; matériel électrique ; plasturgie. La plupart des filières industrielles perdent cependant de l’emploi, particulièrement celles concernant des activités plutôt traditionnelles. L’industrie du Saint-Lois est celle dont la valeur ajoutée par emploi est la plus faible de Basse-Normandie, en très faible croissance par ailleurs : - bois – papier (faible taux de boisement sur lequel s’asseoir) ; aménagement et entretien du logement (Moulinex / SEB / Euromoteur) ; textile – habillement ; travail des métaux ; chimie parachimie ; matériaux de construction ; industries diverses. Entreprises industrielles globalement peu ouvertes sur l’extérieur, malgré un chiffre global à l’export important (1/3 du chiffre d’affaires). Age moyen des commerçants, artisans, chefs d’entreprise et professions libérales relativement élevé au sein de l’agglomération Saint-Loise (enjeu spécifique de reprise). Service Etudes, Information Géographique - Direction de l’aménagement et du développement durables - 2007 4 5-Aspects sociaux Potentiel fiscal moyen. Comparé aux autres agglomérations, Saint-Lô bénéficie d’un revenu médian élevé et d’une faible disparité de revenu. Par contre, son potentiel fiscal est le moins élevé des agglomérations bas-normandes, signe d’une richesse démographique et économique globalement limitée. Très faible concentration de la précarité urbaine au sein de l’agglomération de Saint-Lô (il n’existe pas de quartier véritablement en difficulté). Malgré un niveau de qualification important, le revenu médian est peu élevé et les disparités entre les revenus sont faibles, signe de salaires peu élevés dans l’économie (en particulier dans l’industrie). La précarité financière touche surtout Saint-Lô et le canton de Percy (entre 15 et 20% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté). Les personnes âgées précaires sont elles aussi localisées à Saint-Lô, mais également dans le sud ouest du Pays (Canisy surtout). En 1999, la part des emplois précaires était l’une des plus faibles de la région. En 2006, plus de la moitié des offres d’emplois ANPE sont des CDI, en augmentation de plus de 25% depuis 1999 (2ème rang dans les deux cas). Le dynamisme économique offre des emplois pérennes et limite ainsi la précarité professionnelle. Cependant, part importante de demandeurs d’emploi en fin de mois âgés de moins de 30 ans (44%), signe d’une difficulté d’insertion des jeunes sur le marché du travail local. II-Les enjeux vus par la Région Enjeu global d’attractivité, en valorisant le positionnement géographique de Saint-Lô (équidistance avec Caen, Cherbourg et les portes de la Bretagne) et sa bonne connexion à l’A 84 et à la N 13 (lorsque la N 174 sera totalement terminée), et en comblant son déficit d’image (au niveau régional et national). Attirer des jeunes et favoriser leur insertion dans le tissu économique local, en adaptant l’offre de formation aux besoins des entreprises locales et en renforçant les équipements à destination des jeunes, pour notamment limiter le vieillissement de la population. Trouver une ou plusieurs spécialisations moteurs de l’économie pour accroître la valeur ajoutée de l’économie et tirer à long terme le développement du territoire, en s’appuyant en particulier sur les filières d’excellence et les pôles de compétitivité régionaux. Enjeu de cohésion territoriale pour renforcer la solidarité ville / campagne et les liens entre une aire urbaine dynamique et des territoires ruraux qui se fragilisent (limiter le tropisme de Saint-Lô en renforçant les pôles de services garantissant un maillage territorial de proximité sur le territoire). Enjeu de maîtrise de l’étalement urbain dans un objectif de développement durable (pérennisation de l’agriculture, protection du patrimoine naturel…), en particulier le long de la N 174. La périurbanisation nécessite également de développer le transport urbain, peu présent actuellement. Service Etudes, Information Géographique - Direction de l’aménagement et du développement durables - 2007 5 ANALYSE STRATEGIQUE DU SAINT-LOIS L’économie du Saint-Lois est très dynamique, les créations d’emplois suscitées ces dernières années ayant permis d’enrayer la baisse démographique observée depuis une vingtaine d’années. Les PME-PMI constituent le fer de lance de l’économie, le tertiaire (en particulier les services aux entreprises), le BTP et la construction de l’habitat concentrant les créations d’emploi. Le Pays renforce sa fonction résidentielle au service de ses habitants, Saint-Lô exerçant une véritable attraction commerciale sur l’ensemble du territoire. Ce tropisme peut être préjudiciable à long terme pour le Pays si les pôles secondaires ne renforcent pas et/ou ne diversifient pas leur offre de services. La pérennisation du maillage territorial exige également une meilleure complémentarité économique entre Saint-Lô et les bourgs animant le territoire, l’étalement urbain offrant une opportunité en la matière. A y regarder de plus près, le dynamisme apparent du Saint-Lois mérite d’être nuancé. L’économie est en effet surtout tournée sur elle même (économie de rente) et les potentialités du territoire ne sont pas pleinement valorisées. Les créations d’activités nouvelles restent limitées au regard du tissu productif existant et le Saint-Lois ne bénéficie pas vraiment de spécialisations moteurs susceptibles de tirer durablement l’économie du territoire. La fusion de la caisse du Crédit Agricole avec celle du Calvados ont montré la difficulté de Saint-Lô à ancrer ses activités « phares », notamment face à Caen, en raison de sa « masse critique » limitée. Conséquence, les activités bancaires ne constituent plus une grande spécialisation du territoire, une évolution préjudiciable en raison de la concentration élevée d’emplois supérieurs dans cette profession. De même, les difficultés rencontrées par Saint-Lô pour se faire reconnaître comme « capitale agro-alimentaire » de la BasseNormandie malgré la présence d’un pôle d’excellence régional en la matière, montrent le chemin qui reste à parcourir pour conquérir une nouvelle image. Or, les atouts de la capitale de la Manche sont nombreux et la ville cumule beaucoup d’avantages pour tirer profit des opportunités régionales qui se présentent : une excellence agro-alimentaire, au cœur d’un bassin de production important et au sein d’une région bénéficiant d’une forte notoriété en la matière, à proximité de la Bretagne porteuse du pôle de compétitivité Valorial ; une industrie automobile dynamique (Lecapitaine SA, Donaldson) ; une spécialisation émergente dans les TIC (CEV / SOFTWAY) ; la présence d’un haras national illustrant la richesse et la diversité des activités qu’offre le cheval en Basse-Normandie ; une situation géographique et une bonne proximité avec Caen, Cherbourg (hinterland…) et la Bretagne, qui lui confèrent une position stratégique et logistique privilégiée, à condition d’arriver à capter les flux. Cette conjonction de facteurs est en totale synergie avec les trois principaux pôles de compétitivité bas-normands (Mov’eo, TES et la filière équine), mais aussi avec celui de la Haute-Normandie dans la sphère de la logistique (Logistique Seine Normandie), offrant là un cercle vertueux. Il y a donc matière à bâtir de véritables spécialisations économiques porteuses d’emploi et de rayonnement, en alliant production / formation / R&D pour ancrer ces activités sur le territoire et faire de Saint-Lô un pôle économique majeur et reconnu à l’échelle de la Basse-Normandie. Les emplois proposés seront par ailleurs à haute valeur ajoutée et contribueront à attirer des jeunes qualifiés sur le territoire. Cette ambition exige parallèlement une vraie stratégie urbaine audacieuse pour que Saint-Lô transforme son image historique péjorative de « capitale des ruines » en un modèle urbain novateur entrant de plain-pied dans le XXIème siècle. Service Etudes, Information Géographique - Direction de l’aménagement et du développement durables - 2007 6