Insertion d`une aiguille ou d`un drain thoracique
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Insertion d`une aiguille ou d`un drain thoracique
Insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique LIGNES DIRECTRICES SUR LES MEILLEURES PRATIQUES CLINIQUES L es publications de l’OTRO contiennent des paramètres et des normes d’exercice dont tous les thérapeutes respiratoires de l’Ontario devraient tenir compte lorsqu’ils traitent leurs patients ou clients et exercent leur profession. Les documents de profession et l’Ordre sont élaborés en consultation avec des leaders dans l’exercice de la ils décrivent les attentes professionnelles courantes. Veuillez noter que les publications de l’OTRO peuvent être utilisées par l’Ordre et d’autres entités pour déterminer si les normes d’exercice et les responsabilités professionnelles appropriées ont été respectées. JANVIER 2009 ORDRE DES THÉRAPEUTES RESPIRATOIRES DE L’ONTARIO Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Remerciements Les présentes lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques (LDMPC) en thérapie respiratoire ont été conçues par un groupe de travail du comité d’inscription de l’Ordre des thérapeutes respiratoires de l’Ontario (OTRO), composé de thérapeutes respiratoires autorisés et exerçant la profession. On a effectué une recherche pour trouver des articles associés sur PubMed, MD Consult, Ovid Medline et CINAHL (Cumulative Index to Nursing & Allied Health Literature). Dans le cadre de cette recherche, on a étudié trois bases de données de pratique de médecine factuelle provenant d’Ovid, soit ACP Journal Club (ACP), Cochrane Database of Systematic Reviews (CDSR) et Database of Abstracts of Reviews of Effects (DARE). Le groupe a examiné différents livres en format électronique, disponibles auprès de MD Consult et Ovid. Il a cherché les expressions suivantes : drain thoracique, aiguille thoracique, thoracentèse, thoracostomie par voie percutanée, thoracostomie, décompression à l’aiguille, aspiration à l’aiguille, valve Heimlich, drainage thoracique, pneumothorax, fuite d’air pulmonaire, hémothorax, épanchement pleural, cathéter de drainage pleural, cathéter en queue de cochon, technique de Seldinger et trocart. On a effectué une recherche grâce au moteur de recherche général Google, en utilisant les expressions indiquées ci-dessus. Une recherche structurée a été menée sur les sites Web de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Nous nous sommes efforcés d’intégrer notre expérience aux meilleures données cliniques disponibles provenant de la recherche et d’autres sources, pour aider nos membres à prendre des décisions éclairées concernant le soin des patients ou clients. L’importance donnée à la documentation dans le cadre de la conception du présent document est établie selon une classification des preuves. Ces lignes directrices n’ont pas été élaborées afin de servir de « livre de recettes » et de remplacer le savoir-faire personnel. Nous incitons tous les membres de l’OTRO à incorporer les activités d’apprentissage reliées aux programmes d’agrément dans leur portefeuille professionnel d’assurance de la qualité. Membres du groupe de travail Gabriel Cardenas, RRT Chef de l’exercice professionnel et coordonnateur des étudiants en thérapie respiratoire clinique Trillium Health Centre, Mississauga Michael Finelli, RRT Praticien en soins respiratoires néonataux (NRCP) Éducation clinique, thérapie respiratoire, Unité néonatale des soins intensifs Sick Children’s Hospital, Toronto Cynthia Harris, BSc RRT Thérapeute responsable, service de soins intensifs, thérapie respiratoire Mount Sinai Hospital, Toronto Dave Jones, B.Sc., RRT Directeur adjoint Western ProResp, London 2 Ginny Martins, RRT Conseillère de l’exercice professionnel Membre du personnel de l’OTRO et thérapeute respiratoire responsable St. Joseph’s Health Centre, Toronto Myron Steinmann, RRT BEd Éducateur clinique, thérapie respiratoire London Health Science Centre, London Kevin Taylor, RRT Directeur, affaires pédagogiques (sciences de la santé) Chef des services professionnels, thérapie respiratoire St. Michael’s Hospital, Toronto Danny Veniott, BSc EMT-PCP RRT Chef de l’exercice professionnel, thérapeute respiratoire en chef et anesthésiste adjoint, CVICU/CVOR St. Mary’s General Hospital & Regional Cardiac Care Centre, Kitchener www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Table des matières Introduction 4 Interprétation des preuves 5 Modèle de programme d’agrément touchant l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique 6 A. Exigences en matière d’agrément et de renouvellement d’agrément 7 B. Nature et raison d’être de la procédure C. Objectifs d’apprentissage 8 9 D. Anatomie 10 F. Facteurs de risque, complications et leur gestion 18 E. Indications et contre-indications G. Technique et considérations touchant l’exercice Thoracentèse à l’aiguille Thoracostomie par voie percutanée H. Références I. Annexe J. Journal d’attestation 12 21 21 25 34 34 34 K. Liste de contrôle des compétences 35 M. Politiques et procédures 36 L. Examen Glossaire Références 36 38 39 Droit d’auteur de l’Ordre des thérapeutes respiratoires de l’Ontario Vous pouvez réimprimer ou reproduire une partie ou la totalité des présentes lignes directrices, à condition de préciser leur titre et de mentionner l’OTRO comme source. © www.crto.on.ca 3 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques INTRODUCTION La Loi de 1991 sur les professions de la santé réglementées (LPSR) stipule le cadre de réglementation des professions de la santé de l’Ontario. Le but premier de la réglementation des professions de la santé est de protéger la population en s’assurant que les praticiens répondent à certaines qualifications et à certaines normes d’exercice minimales. La LPSR, en visant la protection du grand public, identifie treize « actes autorisés ». Ces actes constituent différentes activités qui, si elles sont exécutées de façon incorrecte, peuvent causer un préjudice grave à la population. La Loi de 1991 sur les thérapeutes respiratoires (LTR) autorise les thérapeutes respiratoires à exécuter quatre actes autorisés. Le Règlement de l’Ontario 596/94 sur les procédures prescrites décrit des mesures de précaution obligatoires visant la protection de la population contre les préjudices pouvant survenir lorsqu’on exécute certaines procédures avancées prescrites comme l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique. L’Ordre des thérapeutes respiratoires de l’Ontario (OTRO) se conforme à ce règlement et exige que les membres exécutant ces actes autorisés se soumettent à un programme d’agrément approuvé par le comité d’inscription de l’OTRO. L’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique constitue un exemple de procédure avancée prescrite sous le derme présentant un risque pour la population et nécessitant la mise en place d’un programme d’agrément approuvé par l’OTRO avant l’exécution de la procédure auprès d’un patient ou client. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la réglementation et les politiques à ce sujet, visitez le site Web de l’OTRO à http://www.crto.on.ca/resources.aspx. Les présentes lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques en thérapie respiratoire n’ont pas comme objectif de remplacer les programmes d’agrément approuvés par le comité d’inscription de l’OTRO. Le but de ces lignes directrices fondées sur des preuves est de fournir une méthode uniforme menant à la mise au point de programmes ou processus d’agrément, requis pour l’exécution de procédures avancées prescrites sous le derme, en vertu du Règlement de l’Ontario 596/94. Les RRT peuvent se servir de ces lignes directrices en tant que documentation pédagogique relative au programme d’agrément. Pour obtenir de plus amples renseignements sur ce processus, voyez les lignes directrices de pratique de l’OTRO intitulées Programmes d’agrément des procédures avancées prescrites sous le derme à http://www.crto.on.ca/ppg.aspx. Les procédures avancées d’insertion d’une aiguille thoracique ou d’un drain thoracique ont plusieurs éléments en commun et sont donc discutées en tandem dans le présent document pour faciliter sa consultation. Ces lignes directrices sur les meilleures pratiques renferment des ressources cliniques fondées sur les preuves appuyant l’exercice de la thérapie respiratoire afin de favoriser des décisions éclairées sur le traitement des patients ou clients et les meilleurs soins possibles. L’exercice fondé sur les preuves est l’utilisation consciencieuse, explicite et judicieuse des preuves les plus actuelles pour prendre des décisions au sujet des soins à donner aux patients ou clients. Par « exercice fondé sur les preuves », on entend l’intégration de savoir-faire clinique et d’expérience aux meilleures preuves pertinentes sur le plan clinique, provenant de la recherche systématique. (Sackett et al, 2005NDP8) 4 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE INTERPRÉTATION DES PREUVES Les références mentionnées tout au long du présent document sont accompagnées d’un niveau de preuve (NDP) indiquant la qualité et la force du document utilisé. Par exemple, un essai clinique randomisé sera accompagné du niveau NDP1 en exposant pour l’identifier comme ayant un niveau de preuve de 1, soit le niveau le plus élevé. Le tableau ci-dessous fournit une description de chaque niveau de preuve. Niveaux de preuve (NDP) Niveau 1 Essais cliniques randomisés ou méta-analyses d’essais cliniques multiples présentant des effets de traitement importants Niveau 2 Essais cliniques randomisés présentant des effets de traitement moins importants Niveau 3 Études de cohortes prospectives sur échantillon contrôlé, non randomisées Niveau 4 Études de cohortes historiques non randomisées ou études de cas-témoins Niveau 5 Séries de cas, patients ou clients compilés en série, sans groupe témoin Niveau 6 Études sur des animaux ou études sur des modèles mécaniques Niveau 7 Extrapolations de données existantes amassées à d’autres fins, analyses théoriques, p. ex., résumés critiques Niveau 8 Conjectures rationnelles (bon sens), pratiques courantes acceptées avant l’élaboration de lignes directrices fondées sur les preuves – cela comprend la documentation extraite de manuels et d’éditoriaux Adapté de l’American Heart Association (AHA). Processus d’évaluation des preuves. Utilisé en vue de l’élaboration de lignes directrices touchant la réanimation cardio-respiratoire (RCR) et les soins de réanimation cardio-pulmonaire d’urgence, 2005. www.crto.on.ca 5 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Modèle de programme d’agrément touchant l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique L’OTRO exige que le programme d’agrément comprenne certaines composantes. Le contenu exigé est décrit dans les lignes directrices de pratique de l’OTRO intitulées Programmes d’agrément des procédures avancées prescrites sous le derme. Le lien suivant vous mènera à une liste des lignes directrices disponibles sur le site Web de l’OTRO : http://www.crto.on.ca/ppg.aspx. Voyez ci-dessous une liste de points suggérés à utiliser lors de l’élaboration d’un programme d’agrément touchant l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique. Les points A à G sont obligatoires, tel qu’il est stipulé dans les lignes directrices de pratique intitulées Programmes d’agrément des procédures avancées prescrites sous le derme. Tous les autres points viennent appuyer l’information à inclure dans le programme d’agrément. Contenu : A. B. Nature et raison d’être de la procédure D. Anatomie C. E. F. G. H. I. J. K. L. M. 6 Exigences en matière d’agrément et de renouvellement d’agrément Objectifs d’apprentissage Indications et contre-indications Facteurs de risque, complications et leur gestion Technique Références Annexe Journal d’attestation Liste de contrôle des compétences Examen Politiques et procédures www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE A. Exigences en matière d’agrément et de renouvellement d’agrément Seuls les thérapeutes respiratoires autorisés (RRT) titulaires d’un certificat d’inscription général sans restrictions peuvent exécuter des procédures avancées prescrites sous le derme, comme l’insertion, l’aspiration, le repositionnement ou l’enlèvement d’une aiguille ou d’un drain thoracique. En plus de l’autorisation à exécuter la procédure, la Loi de 1991 sur les thérapeutes respiratoires décrit ce que doit comporter une ordonnance pour que le thérapeute respiratoire puisse exécuter l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique. L’ordonnance peut prendre la forme d’un ordre direct ou d’une directive médicale et doit être basée sur les besoins bien précis et les politiques de l’organisme ou de la pratique/du lieu de travail. Pour obtenir un agrément initial, le RRT doit effectuer le programme d’agrément approuvé par l’OTRO (Règl. de l’Ont. 596/94). Pour maintenir cet agrément ou pour obtenir un nouvel agrément, il doit faire la démonstration de ses compétences, sous surveillance directe, au moins tous les deux ans. Cela pourra comprendre un examen de l’expérience associée et une évaluation écrite ou orale des connaissances. Un programme d’agrément englobe trois volets : I. Volet des connaissances II. Volet de l’observation III. Volet de la démonstration Le but de la documentation sur l’agrément est d’aider l’apprenant à parcourir la théorie qu’il doit apprendre et à acquérir les bases nécessaires à la partie clinique, ce qui aidera à approfondir sa compréhension de tous les aspects de la procédure. Volet des connaissances – Le volet des connaissances peut être évalué par le biais d’une évaluation écrite ou orale. On recommande l’obtention d’un pointage minimal avant de passer au volet de l’observation. Il faudra indiquer le délai nécessaire pour terminer cette section. Volet de l’observation – Après avoir réussi le volet des connaissances, le RRT passe à l’examen des compétences dans le cadre d’une simulation, sous la direction d’un clinicien agréé. Le but de ce volet du programme est d’offrir un cadre sûr pour l’examen des compétences afin d’être en mesure d’exécuter l’intervention auprès d’un patient ou client. Il faudra indiquer le délai nécessaire pour terminer cette section. Volet de la démonstration – Dans le cadre de cette section, l’intervention est exécutée auprès d’un patient ou client, sous l’observation directe par un clinicien agréé à exécuter cette procédure et possédant les compétences requises pour l’enseigner de façon efficace. La décision touchant le clinicien sera prise en se basant sur les ressources internes. On ne sait pas combien de répétitions sont nécessaires pour acquérir la maîtrise d’une compétence donnée, mais on sait que la pratique permet d’y arriver. Il faut effectuer des évaluations continues afin de s’assurer des compétences. www.crto.on.ca 7 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques B. Nature et raison d’être de la procédure Chaque établissement a ses propres raisons pour demander à un RRT d’exécuter une procédure avancée. Le raisonnement décrit aux présentes se retrouve dans de la documentation ou des programmes d’agrément déjà approuvés par l’OTRO. En décrivant la nature et la raison d’être de la procédure, on peut établir les bases touchant son exécution, afin que tous les lecteurs puissent en comprendre les mérites. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 8 Normaliser la méthode d’exécution de l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique par des thérapeutes respiratoires autorisés en se basant sur les bonnes techniques, le savoir-faire clinique et la pratique fondée sur les preuves. Orienter la pratique de lutte contre les infections ayant trait à l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique afin de réduire l’incidence des infections. Accélérer les soins offerts aux patients ou clients en améliorant la rapidité de l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique lorsque les médecins ne sont pas disponibles de façon immédiate. Augmenter le nombre de cliniciens qualifiés pouvant exécuter la procédure afin d’accélérer les soins offerts aux patients ou clients. Améliorer le recours au personnel spécialisé interne disponible de façon immédiate pour intervenir en cas d’urgence (comme dans le cas d’un pneumothorax sous pression). Augmenter les compétences des RRT qui aident les professionnels de la santé lors de l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique. Le RRT peut offrir son savoir-faire clinique et de meilleurs conseils de diagnostic en cas de panne technique. www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE C. Objectifs d’apprentissage Les objectifs devraient être clairs, concis et mesurables. Ils devraient refléter le contenu et se concentrer sur les messages clés à retenir. Voici une liste d’objectifs qui pourraient être inclus dans l’élaboration de votre programme d’agrément. 1. Indiquer la norme/politique et la directive médicale (s’il y a lieu). 2. Démontrer que l’on connaît l’équipement utilisé. 3. Décrire les indications et les contre-indications. 4. Évaluer le caractère approprié de la procédure pour le patient ou client et le besoin de prévenir et de gérer la douleur. 5. Faire la démonstration de connaissances anatomiques appropriées. 6. Énumérer les complications possibles et discuter de leur prévention et de leur gestion. 7. Démontrer que l’on comprend la pharmacologie associée à la procédure. 8. Démontrer des mesures appropriées de lutte contre les infections. 9. Démontrer et discuter des bonnes techniques d’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique. 10. Démontrer une évaluation et une insertion réussies d’une aiguille ou d’un drain thoracique auprès de patients ou clients. www.crto.on.ca 9 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques D. Anatomie Bord coupé du péricarde Trachée Veine innomée droite Veine innomée gauche Veine cave sup. POUMON DROIT POUMON GAUCHE Artère pulmonaire Oreillette et auricule droites Cône artériel Ventricule droit Ventricule gauche Auricule gauche http://www.bartleby.com/107/illus970.html Gray. (2000). Anatomy of the Human Body. Reproduit avec permission. Cavité thoracique La cavité thoracique renferme les poumons, le cœur, l’œsophage, les principaux vaisseaux sanguins et le thymus. Le thorax osseux est composé du sternum, des côtes, des vertèbres thoraciques, des clavicules et des omoplates qui protègent les organes dans le thorax, aident à dilater et à relaxer les parois thoraciques pendant la respiration, et stabilisent ces parois en cas de changement de la pression intrapleurale. Le médiastin est la partie située entre les poumons qui abrite les gros vaisseaux du cœur et une partie de la trachée et de l’œsophage. Poumons Sillon de l’artère innomée Sillon de la veine cave sup. Artère pulmonaire Sillon de la veine azygo Bronches épartérielles Bronches hypartérielles Veines pulmonaires Sillon de l’œsophage Ligament pulmonaire http://www.bartleby.com/107/illus972.html Gray. (2000). Anatomy of the Human Body. Reproduit avec permission. 10 Le corps renferme deux poumons divisés en lobes; ils sont en forme de cônes et entourés de la plèvre. Le poumon droit a trois lobes et le poumon gauche a deux lobes. Au-dessus du centre de la surface médiastinale de chaque poumon se trouve la racine de chaque poumon (pédicule pulmonaire) qui relie le poumon au cœur et à la trachée. Elle contient l’artère pulmonaire, les veines pulmonaires, les bronches et les vaisseaux bronchiques. Le bord médian du poumon droit est vertical tandis que le poumon gauche comprend l’incisure cardiaque – une impression concave dont la forme permet de recevoir le cœur. Audessus et derrière l’incisure cardiaque, on retrouve une dépression triangulaire : le hile. Les structures qui forment la racine du poumon entrent et sortent à cet endroit. La base du poumon est la partie concave qui repose sur le diaphragme. La surface costale est convexe puisqu’elle se conforme à la cage thoracique. www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Plèvre et cavité pleurale La plèvre comprend 2 parties : la plèvre viscérale et la plèvre pariétale. La plèvre viscérale (plèvre pulmonaire) est attachée à la surface du poumon. La plèvre pariétale (plèvre costale – emplacement entre les côtes) est plus épaisse et est attachée à la paroi thoracique. Ce sont des membranes lisses et séreuses qui se rejoignent au niveau du hile pulmonaire et des ligaments pulmonaires. La plèvre viscérale adhère à toutes les surfaces du poumon, puis rejoint la plèvre pariétale au médiastin. La plèvre pariétale est attachée à la paroi thoracique avec du tissu conjonctif et bouge donc en même temps que cette paroi. Elle est divisée en quatre régions : plèvre cervicale, plèvre costale, plèvre médiastinale et plèvre diaphragmatique. La plèvre cervicale couvre l’extrémité de l’hémithorax et s’étend audessus de la première côte; la plèvre costale tapisse la surface interne du sternum, des côtes et des vertèbres et s’attache à la paroi thoracique; la plèvre médiastinale couvre le péricarde et d’autres structures du médiastin; et la plèvre diaphragmatique tapisse le diaphragme et forme le plancher de la cavité pleurale. (Townsend, 2004NDP8) Muscle transverse du thorax Vaisseaux mammaires internes Plèvre pulmonaire Nerf phrénique gauche Plèvre costale Tronc sympathique Canal thoracique Veine azygos Nerfs vagues http://www.bartleby.com/107/illus968.html Gray. (2000). Anatomy of the Human Body. Reproduit avec permission. La plèvre pariétale est vascularisée par la circulation systémique, y compris les artères intercostales, mammaires internes, médiastinales antérieures et phréniques supérieures. La plèvre viscérale est vascularisée par la circulation systémique et pulmonaire. Elle est innervée par le nerf vague et est pratiquement insensible à la douleur. Ceci est très différent de la plèvre pariétale qui est richement innervée par les nerfs intercostaux et phréniques et qui est très sensible à la douleur. Lorsqu’elle est stimulée, il y a une grande douleur qui est ressentie dans le bas du cou et sur l’épaule. (Townsend, 2004NDP8) On retrouve la cavité pleurale entre la plèvre viscérale et la plèvre pariétale. Il s’agit d’une cavité virtuelle qui, dans des circonstances normales, contient seulement une petite quantité de liquide pleural (0,3 mL/kg de poids) qui sert à lubrifier et à transmettre la force de la respiration entre le poumon et la paroi thoracique. suite` www.crto.on.ca 11 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Plèvre et cavité pleurale (suite) Au cours d’une période de 24 heures, environ 5 à 10 mL de liquide traversera la cavité pleurale, selon la loi de Starling sur l’échange capillaire (équilibre des pressions oncotique et hydrostatique). La différence de pression nette déplace le liquide surtout de la plèvre pariétale vers la cavité pleurale pour être ensuite réabsorbé principalement par le système lymphatique de la plèvre pariétale. Bien que ce système puisse facilement enlever des protéines et du liquide, un petit déséquilibre dans l’accumulation et l’absorption du liquide pleural causera un épanchement pleural. (Townsend, 2004NDP8) E. Indications et contre-indications Indications Les drains thoraciques sont utilisés pour enlever de l’air (pneumothorax), du liquide (épanchement pleural, sang) ou du pus (empyème) dans la cavité thoracique. Cette tâche peut être réalisée à l’aide d’une thoracentèse à l’aiguille ou d’une thoracostomie par voie percutanée. Aux fins de ce document, ces deux procédures seront mentionnées ainsi. Il existe plusieurs termes pour décrire les mêmes procédures et ceux-ci sont expliqués dans le glossaire. La thoracentèse à l’aiguille est une procédure utile qui est utilisée à des fins diagnostiques et thérapeutiques. C’est une procédure effractive permettant d’enlever du liquide/de l’air de la cavité pleurale à l’aide d’une aiguille vide insérée dans la ligne médioclaviculaire du 2e espace intercostal. Ceci peut aider à diagnostiquer et à classer des épanchements transudatifs et exudatifs, facilitant ainsi le traitement de la maladie sous-jacente qui a causé l’épanchement. (Thomsen, 2006NDP7) La thoracentèse est recommandée pour les patients ou clients qui ont de gros épanchements pleuraux et ceux qui ont de plus petits épanchements mais dont le traitement n’est pas réussi. (Wilkins, 2003NDP8) Pour les patients ou clients qui sont en détresse respiratoire, cette procédure peut être utilisée de façon thérapeutique pour soulager immédiatement les symptômes, comme dans le cas d’un pneumothorax sous pression ou d’un épanchement pleural important. (Townsend, 2004NDP8) Une thoracostomie par voie percutanée comprend la création d’une ouverture artificielle dans la paroi thoracique. On utilise cette procédure lorsque plusieurs thoracentèses ont été exécutées sans réussir à traiter l’épanchement, lorsqu’il y a un épanchement ou une fuite d’air important(e) ou lorsque l’on s’attend à ce que l’air ou le liquide s’accumule à nouveau. Les patients ou clients ambulatoires qui ont souvent des épanchements – ce qui peut être le cas avec des malignités – peuvent faire installer des cathéters de drainage pleural permanents (comme Hickman et Groshong). (Townsend, 2004NDP8) Le cathéter en queue de cochon est une autre option pour remplacer le drain thoracique standard de gros calibre. Il s’agit d’un cathéter de petit calibre qui peut être raccordé à un robinet à trois voies et à une seringue, ou à une valve Heimlich avec ou sans poche de drainage, et à laquelle un système de drainage étanche peut également être raccordé. (Laws et al, 2003NDP7) Ces cathéters drainent très efficacement les petits épanchements, comme les épanchements séreux ou chyleux. (Roberts et al, 1998) Ils ne sont toutefois pas recommandés, en raison de leur taille, pour l’évacuation d’un hémothorax. (Laws et al, 2003NDP7) 12 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Les cathéters en queue de cochon sont insérés avec la technique de Seldinger plutôt qu’en faisant une dissection par clivage ou en utilisant un trocart. (Jain et al, 2006NDP5) Ceci permet d’éviter des complications comme un hémothorax, une rupture diaphragmatique, une rupture splénique et une rupture hépatique, et peut rendre le cathéter plus confortable, réduire le besoin de médicaments contre la douleur et diminuer le temps de rétablissement. (Jain et al, 2006NDP5) Fuites d’air pulmonaire Un pneumothorax est l’accumulation d’air dans la cavité pleurale. On peut l’identifier sur une radiographie pulmonaire par la séparation de la plèvre viscérale et de la plèvre pariétale ainsi que par son apparence hyperlucente et l’absence de marquage pulmonaire. On peut entre autres classer les pneumothorax en les divisant en pneumothorax spontanés (comme une maladie bulleuse), traumatiques (comme une pénétration) et latrogéniques (comme une ventilation mécanique). Des blessures thoraciques fermées ou perforantes sont des exemples d’agressions traumatiques qui peuvent causer un pneumothorax. Les causes latrogéniques comprennent la ventilation mécanique, la thoracentèse, l’insertion d’un cathéter veineux central et une biopsie pulmonaire. (Townsend, 2004NDP8) Les pneumothorax spontanés peuvent être sous-divisés en types primaires et secondaires. Les pneumothorax spontanés primaires se produisent chez des patients ou clients qui n’ont pas de maladies sous-jacentes tandis que les pneumothorax spontanés secondaires surviennent en raison de facteurs de risque prédisposants, tels une maladie pulmonaire obstructive chronique, un embolisme pulmonaire et la fibrose kystique. (Townsend, 2004NDP8) Les pneumothorax sont plus communs juste après la naissance qu’en tout autre temps. Ceci peut être dû aux pressions intrathoraciques élevées qui sont générées avec les premières inspirations, l’application d’une ventilation mécanique à pression positive chez des nouveau-nés malades et la fragilité des poumons des bébés prématurés. On estime que les cas de pneumothorax spontané dans cette population sont d’environ 1 % mais plusieurs ne montrent aucun symptôme et n’exige donc pas de traitement. (McMillan et al, 2006NDP8) Le traitement d’un pneumothorax dépend de sa cause, de sa taille et de ses symptômes. Plus il y a des symptômes et moins le patient ou client est stable, plus le traitement doit être agressif. Pour aider à déterminer la taille du pneumothorax et guider la thérapie, l’American College of Chest Physicians décrit les pneumothorax comme petits (<20 % de la cavité pulmonaire sur une radiographie, modéré (20-40 %) et gros (>40 %) (Baumann et al, 2001NDP7) Un petit pneumothorax est <20 % de l’espace occupé par le poumon et il peut être surveillé si le patient ou client a peu de symptômes puisque le pneumothorax sera réabsorbé dans la cavité pleurale avec le temps. Ceci se produit à un taux de 1 à 2 % tous les jours et peut être suivi d’une radiographie pulmonaire pour s’assurer que le problème se résout. Un pneumothorax modéré (20-40 %) et un gros pneumothorax (>40 %) sont généralement associés à des symptômes très débilitants qui nécessitent un traitement immédiat. Une simple décompression à l’aide d’une aiguille peut soulager les symptômes immédiatement en permettant au poumon de reprendre de l’expansion mais on ne s’attend pas à ce que la fuite se répare d’elle-même. L’insertion d’une aiguille thoracique devrait être suivie par l’insertion d’un drain thoracique. Dans les cas où le pneumothorax a été causé par un traumatisme, le risque d’un pneumothorax sous pression est élevé et l’insertion d’un drain thoracique devrait toujours être considérée si une pression positive est utilisée ou si le patient ou client est transporté dans une autre installation pour traitement. (Townsend, 2004NDP8) suite... www.crto.on.ca 13 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Indications et contre-indications (suite) Il y a un risque accru de développer un pneumothorax chez les patients ou clients : • • • • • • • • souffrant d’une maladie pulmonaire obstructive chronique souffrant d’asthme recevant une ventilation à pression positive faisant l’objet d’une aspiration souffrant d’un traumatisme thoracique après l’insertion d’un cathéter central après une procédure de thoracotomie souffrant de la maladie du parenchyme pulmonaire En plus des facteurs prédisposants énumérés ci-dessus, les bébés prématurés ont tendance à développer un pneumothorax lorsqu’ils souffrent d’hypoplasie pulmonaire, du syndrome de détresse respiratoire, de l’hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né ou de sepsie. Les bébés nés à terme et après terme courent le risque d’un pneumothorax s’ils souffrent du syndrome d’aspiration du méconium ou de diverses malformations congénitales. (Cloherty, 2003NDP8) Des pneumothorax spontanés peuvent également survenir dans environ 1 % des cas où il n’y a pas de maladie pulmonaire apparente. (Perlman, 1999NDP8) Un pneumothorax sous pression est causé par l’accumulation d’air qui ne peut pas s’échapper. Ceci fait collaber le poumon affecté et déplacer le médiastin. Ceci entraîne souvent un compromis respiratoire et un retour veineux moins important, ce qui se traduit par un débit cardiaque réduit et de l’hypotension. (Gomella, 2003NDP8) Signes d’un pneumothorax sous pression • • • • • • • • • • • • • • • dyspnée cyanose agitation douleur thoracique tachypnée (grognements, battement des ailes du nez et rétractions chez les bébés) tachycardie (au début mais peut devenir une bradycardie lorsque la fuite d’air empire) distension veineuse jugulaire hypertension (au début mais peut devenir de l’hypotension lorsque la fuite d’air empire) déviation de la trachée vers le côté non affecté bruit de la respiration moins fort du côté affecté sonorité tympanique du côté affecté expansion inégale du thorax pouls paradoxal emphysème sous-cutané difficulté à ventiler le patient ou client (exige une pression élevée des voies aériennes) (Il faut se rappeler qu’un pneumothorax sous pression peut se produire sans aucun des signes ci-dessus.) 14 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Épanchements pleuraux Un épanchement pleural est défini comme la présence d’une quantité anormale de liquide pleural dans la cavité pleurale. Ceci peut avoir plusieurs causes qui sont divisées en catégories générales (comme transudatifs ou exudatifs). (Wilkins, 2003NDP8) Un épanchement pleural transudatif se produit lorsque du liquide s’accumule sans que la cavité pleurale soit endommagée (comme dans le cas d’une insuffisance cardiaque congestive ou de cirrhose). Les épanchements pleuraux exudatifs sont plus communs et sont causés par une inflammation du poumon ou de la plèvre qui empêche la plèvre de bien fonctionner (p. ex. : maladies infectieuses et néoplastiques, collagénoses avec manifestations vasculaires, maladies abdominales et gastrointestinales, etc.) (Townsend, 2004NDP8) Le traitement d’un épanchement pleural dépend de sa cause et on effectue souvent une thoracentèse pour déterminer les caractéristiques biochimiques et cellulaires précises de l’épanchement pleural. (Wilkins, 2003NDP8) Hémothorax L’accumulation de sang dans la cavité pleurale est le plus souvent le résultat d’une blessure traumatique. Un hémothorax peut toutefois avoir d’autres causes (comme l’emphysème bulleux ou une malignité pulmonaire). Il peut y avoir une grosse perte de sang chez les gens qui ont ces maladies, étant donné que chaque côté du thorax peut contenir 30 à 40 % du volume sanguin d’une personne. Des signes importants de choc et de mauvaise perfusion ne seront peut-être pas apparents tant qu’il n’y aura pas une perte de sang d’au moins 30 %. (Mancini, 2006NDP8) L’aspiration à l’aiguille n’est généralement pas recommandée comme traitement définitif d’un hémothorax. L’insertion d’un drain thoracique de plus gros calibre est la principale méthode de gestion de ce problème. Chylothorax Le chylothorax est l’accumulation de lymphe dans la cavité pleurale. Ceci peut se produire après une procédure chirurgicale thoracique (comme une ligature pour traiter une PCA dans la population pédiatrique/néonatale) ou un traumatisme thoracique qui entraîne l’écoulement du contenu du canal thoracique dans la cavité pleurale. Ceci se produit plus souvent sur le côté gauche en raison de l’anatomie du canal thoracique. Les symptômes peuvent imiter les effets d’un épanchement pleural, une dyspnée, des douleurs thoraciques et de la fatigue. La gestion d’un chylothorax commence d’abord avec l’insertion d’un drain thoracique. (Townsend, 2004NDP8) Empyème Les épanchements pleuraux infectieux peuvent entraîner un empyème, ce qui est marqué par la présence de bactéries dans la cavité pleurale et nécessitera généralement un drainage, (Wilkins, 2003NDP8) Si la procédure de thoracentèse ne réussit pas à traiter le problème, il faut effectuer une thoracostomie par voie percutanée pour drainer. Si toutefois l’empyème devient loculé ou organisé, le drain thoracique ne drainera pas l’empyème et des options chirurgicales, comme un débridement ou une décortication, peuvent être nécessaires. (Townsend, 2004NDP8) L’empyème devrait être envisagé pour les personnes souffrant d’une pneumonie d’origine communautaire qui ont un gros épanchement pleural et ne réagissent pas au traitement. (Wilkins, 2003NDP8; Colice, 2000NDP7) www.crto.on.ca 15 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Indications et contre-indications (suite) Facteurs importants Il y a quatre principaux facteurs dont il faut tenir compte lors de l’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique : 1. Symptômes et importance de l’épanchement 2. Intégrité du site 3. État de coagulation 4. Présence d’une ventilation mécanique à pression positive Les petits pneumothorax primaires ou les petites accumulations de liquide avec peu de symptômes n’exigent pas de traitement et peuvent être suivis sans hospitaliser le patient ou client. (Baumann et al, 2001NDP7; Henry et al, 2003NDP7) Les pneumothorax secondaires avec peu de symptômes peuvent être traités ou non mais ils doivent être observés. (Henry et al, 2003NDP7) Les gros pneumothorax doivent être traités immédiatement, quels que soient les symptômes. (Baumann et al, 2001NDP7) Généralement, les moyens et gros épanchements doivent être drainés, quelle que soit l’importance des symptômes. En plus de tenir compte des symptômes et de la grosseur de l’épanchement, il faut également tenir compte du site local où l’aiguille ou le drain sera inséré. Le site ne devrait pas être infecté puisque le fait de passer une aiguille ou un drain dans un site infecté perturbera davantage la surface épithéliale et pourra empirer l’infection ou contribuer à sa propagation. (Thomsen et al, 2006NDP8) Il faut aussi tenir compte de l’état de coagulation du patient ou client. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’un pneumothorax sous pression, la procédure devra probablement être exécutée de toute façon. Il y a présentement des données limitées sur la sécurité de la thoracentèse et de la thoracostomie par voie percutanée sur les personnes qui ont une numération plaquettaire ou un temps de coagulation anormaux. Il est toutefois considéré une bonne pratique de corriger toute coagulopathie ou anormalité plaquettaire avant d’exécuter la procédure, lorsque cela est possible. (Thomsen et al, 2006NDP8; Laws et al, 2003NDP7) Finalement, une ventilation mécanique à pression positive augmente le risque de pénétration dans le poumon pendant la procédure. Ceci est plus préoccupant lorsque l’on insère un drain thoracique avec un trocart. Pour réduire le risque de percer le poumon, on peut se servir de l’écographie. On peut aussi, au moment de l’insertion de l’aiguille ou du drain, déconnecter le patient ou client du ventilateur. Si on insère un drain thoracique en faisant une dissection par clivage et en n’utilisant aucun instrument tranchant, on évitera ce risque. (Thomsen et al, 2006NDP8; Laws et al, 2003NDP7) 16 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE INDICATIONS CONTRE-INDICATIONS Thoracentèse à l’aiguille • Symptômes présents (comme • Fins diagnostiques et thérapeutiques l’importance de la perfusion (p. ex. : épanchement pleural de cause ventilatoire) inconnue) • Infection cutanée locale au site • Pour évacuer de l’air ou du liquide hors d’insertion proposé de la cavité pleurale lorsque les symptômes ne laissent pas assez de • Importance de l’accumulation de temps pour placer un drain thoracique liquide ou d’air (p. ex. : pneumothorax sous pression) • État de coagulation Thoracostomie par voie percutanée • Fins thérapeutiques • Moyen ou gros épanchement pleural ou fuite d’air • Pneumothorax primaire ou secondaire • Ventilation mécanique à pression positive • Thoracentèses répétées • Épanchements récurrents • Chirurgie thoracique (p. ex. : réparation de l’œsophage) • Pneumothorax relié à un traumatisme pour les personnes qui peuvent être transportées par voie aérienne ou faire l’objet d’une ventilation mécanique • Hémothorax • Chylothorax • Empyème • Autres facteurs (p. ex. : mesures de prévention après une chirurgie pour drainer le sang et prévenir une tamponnade cardiaque) www.crto.on.ca 17 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques F. Facteurs de risque, complications et leur gestion Le taux de complication associé à une thoracentèse à l’aiguille diagnostique ou thérapeutique est moins de 0,5 %, à condition que l’état du patient ou client soit relativement stable et qu’il soit bien préparé. Les plus grosses complications peuvent comprendre un pneumothorax, un hémothorax, une fistule bronchopleurale, un œdème pulmonaire unilatéral, de l’hypotension systémique ainsi qu’une infection et une lacération des vaisseaux/organes. Les pneumothorax sont rares après une thoracentèse et, lorsqu’ils se produisent, ils nécessitent rarement le remplacement du drain thoracique. (Thomsen, 2006NDP8) D’autres complications d’une thoracentèse comprennent la douleur, la toux, l’infection localisée, l’hématome sous-cutané, l’anxiété et la dyspnée. Complications d’une thoracentèse à l’aiguille Pneumothorax Hémothorax Fistule bronchopleurale Oedème pulmonaire unilatéral Hypotension systémique Infection Lacération avec une aiguille (poumon, capsule du foie ou rate) Emphysème sous-cutané Embolie gazeuse 18 Prévention/Gestion Un mauvais placement de l’aiguille peut causer un pneumothorax. Bien faire le repère anatomique pour assurer le bon placement de l’aiguille. Ceci peut être causé si l’aiguille perce un vaisseau dans la paroi thoracique. Insérer l’aiguille au niveau de la ligne médioclaviculaire pour éviter l’artère mammaire. L’aiguille devrait être insérée par-dessus la côte pour éviter l’artère et la veine intercostales. Un retour de sang lorsque l’aiguille est insérée indique qu’un vaisseau a été percé. L’insertion d’un drain thoracique ou une intervention chirurgicale pourra être nécessaire si le saignement ou la fuite d’air continue. Un bon repère anatomique est essentiel pour éviter de percer le tissu pulmonaire. Il faudra peut-être placer un drain thoracique si une fistule bronchopleurale se développe. Créé par une réexpansion rapide d’un poumon après une utilisation excessive de pression négative. Peut se produire en même temps que l’œdème pulmonaire unilatéral et/ou être une réaction vaso-vagale. La prévention des infections associées à l’insertion d’un drain thoracique exige une observation rigoureuse des techniques aseptiques. (Moore, 2003NDP8) Faire un bon repère anatomique, suivre les techniques et bien placer le patient ou client. Se produit lorsque de l’air libéré ne peut pas sortir des tissus sous-cutanés. Causée quand l’aiguille perce un grand vaisseau de la paroi thoracique et que de l’air est introduit accidentellement dans la circulation centrale. www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE L’insertion d’un drain de thoracostomie par voie percutanée peut également causer des blessures au foie, à la rate ou au diaphragme si ce drain est placé accidentellement en dessous de la cavité pleurale. Un traumatisme pulmonaire, des lésions d’un nerf, de l’infection, une obstruction aortique et un œdème pulmonaire de réexpansion peuvent se produire. Des problèmes mécaniques peuvent survenir, comme un drain mal placé ou délogé de la paroi thoracique. Des fuites d’air peuvent être causées par le drain ou le système de drainage, ou autour du lieu d’insertion dans la peau. En général, si un drain thoracique ne fonctionne pas bien et que l’état du patient ou client se détériore, le drain devrait être enlevé et un nouveau drain devrait être inséré. Complications d’une thoracostomie par voie percutanée Drain mal placé Traumatisme pulmonaire Lésions d’un nerf Infection Obstruction aortique Oedème pulmonaire de réexpansion Hémothorax (Robert, 2004NDP8) www.crto.on.ca Prévention/Gestion Peut entraîner des dommages au foie et à la rate, des blessures au nerf phrénique et de l’emphysème sous-cutané. Assurer un bon repère anatomique avant l’insertion. Peut comprendre une perforation, une hémorragie, un enclavement et une fistule bronchopleurale. Ceci peut être évité en faisant un bon repère anatomique et en évitant de forcer le drain thoracique dans la cavité pleurale. L’enlèvement ou le replacement du drain peut être nécessaire pour gérer ces situations. Causées par un mauvais placement du drain de thoracostomie. Le fait de passer le drain pardessus la côte supérieure aidera à prévenir les blessures des nerfs intercostaux qui sont sous la côte. Comme dans le cas d’une thoracentèse à l’aiguille, l’observation de techniques stériles tout au cours de l’insertion d’un drain de thoracostomie minimisera les risques d’infection. Il faut soupçonner un empyème lorsqu’il y a une augmentation du drainage de liquide pleural, accompagnée d’autres signes et de symptômes d’infection. Le risque d’infection augmente avec le temps où le drain thoracique est en place. Associée avec l’insertion d’un drain de thoracostomie lorsque le bout du cathéter touche à l’aorte. Ceci peut entraîner de l’hypotension et nécessiter l’enlèvement du drain thoracique. Peut se produire lorsqu’il y a réexpansion rapide d’un poumon collabé, généralement lorsqu’une grosse pression négative est appliquée. Enlever le drain, sauf s’il y a un gros saignement. Dans ce cas, placer un clamp sur le drain. suite... 19 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Facteurs de risque, complications et leur gestion (suite) Comme on l’a déjà mentionné, il semble que l’utilisation de plus petits drains (10-14F) soit recommandée pour éviter certaines complications, sauf s’il y a présence de liquide pleural ou d’une très grosse fuite d’air. De plus, l’utilisation d’un cathéter en se servant d’un système de fil-guide (technique de Seldinger) semble être une option aussi sécuritaire et efficace que l’utilisation de drains de petits calibres. (Henry, 2003NDP8) Certaines études ont avancé que les cathéters en queue de cochon (9-12F) causaient moins de traumatisme et étaient plus confortables pour les patients ou clients, et qu’ils étaient aussi efficaces que les drains de plus gros calibres. (Jain, 2006NDP7) Il peut y avoir une fuite d’air pendant une période de temps variable après une thoracostomie avec un drain. Si cette fuite d’air persiste pendant plus de 72 heures ou que le poumon n’a pas repris toute son expansion, une intervention chirurgicale pourrait être nécessaire. (Townsend, 2004NDP8) Un pneumothorax spontané primaire a tendance à se reproduire de plus en plus fréquemment après chaque épisode, avec un taux de récurrence original de 25 à 30 %. Les interventions chirurgicales en cas de pneumothorax spontané primaire ont évolué au cours des dernières années, passant d’une thoracostomie ouverte à une technique minimalement effractive assistée par vidéo. Ceci réduit le taux de récurrence à environ 5 %. En ce qui concerne la prévention et la lutte contre les infections pour les deux procédures, le lavage des mains est encore la mesure la plus importante. (Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2008NDP7; CDC, 2002NDP7) Une bonne hygiène des mains réduit la transmission des micro-organismes. Ceci comprend le lavage des mains, le maintien de mains en santé, le fait de ne pas porter de vernis à ongles, d’ongles artificiels ou de bijoux, et le maintien d’ongles propres et courts. La zone des ongles peut abriter beaucoup de flore bactérienne et autres microorganismes. (CDC, 2002NDP7; Comité consultatif provincial des maladies infectieuses, 2008NDP7) Pour obtenir plus de renseignements sur les bonnes pratiques de prévention et de lutte contre les infections, veuillez consulter les lignes directrices sur les pratiques cliniques exemplaires de l’OTRO à ce sujet en visitant http://www.crto.on.ca/pdf/PPG/Infection_Control_CBPG.pdf. 20 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE G. Technique et considérations touchant l’exercice Une surveillance étroite et une oxygénothérapie peuvent être suffisantes dans les cas où le pneumothorax ne cause aucune détresse respiratoire importante. Le problème de l’air extrapulmonaire se résoudra généralement dans les prochaines 24 à 48 heures. (Cloherty, 2003NDP8) Si toutefois l’état du patient ou client se détériore, une aspiration à l’aiguille sera peut-être nécessaire. Thoracentèse à l’aiguille Matériel • • • • • • • • • • • • • • Grosseur de l’aiguille (dépend de la taille du patient ou client) • Bébé – aiguille à ailettes 23-25 g ou cathéter pour IV 22-24 g • Enfant – aiguille 18 g ou angiocath 18 g • Adulte – aiguille 14 g (cathéter sur l’aiguille 2 po) Solution de nettoyage approuvée (p. ex. : chlorhexidine 2 %, providone-iode ou alcool isopropylique 70 %) Eau stérile (pour les bébés de faible poids à la naissance – < 2 500 g) Connecteur en T/tube de rallonge d’anesthésie Robinet à trois voies 10 seringues de 20 mL Lidocaïne 1 % (0,5 % mL/kg/dose jusqu’à un maximum de 5 mL/injection simple) Sédation, selon les besoins Bouteille d’eau stérile Gants, blouse et masque stériles Tampons de gaze stériles de 2 po par 2 po Ruban adhésif de ¼ po Sacs de sable, serviettes roulées et dispositifs de contention des membres Champs opératoires Préparation générale • Obtenir un ordre direct du médecin superviseur, sauf si la procédure est exécutée conformément à des directives médicales qui existent déjà. • Expliquer la procédure au patient ou client, à sa famille ou à son mandataire spécial, si l’état du patient ou client le permet. • Déterminer la sédation appropriée. • Placer ensemble tout le matériel requis, sur le côté du corps où l’insertion se fera. Préparation du patient ou client 1. Placer le patient ou client en position couchée (assurer le maintien de la thermorégulation chez les bébés). 2. Maintenir la concentration ambiante d’oxygène et/ou la ventilation, selon les besoins. 3. Surveiller le rythme cardiaque, la couleur et la saturation en oxygène. www.crto.on.ca suite... 21 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Technique et considérations touchant l’exercice (suite) Avant d’exécuter la procédure : 1. S’assurer que le matériel nécessaire a été obtenu. 2. Mettre un masque, se laver les mains avec du savon antimicrobien et s’essuyer les mains avec une serviette stérile. 3. Organiser le matériel sur une serviette ou un plateau stérile. 4. Placer les champs opératoires sur le patient ou client. Clavicule Incisure jugulaire Angle de Louis Appendice xiphoïde Sternum Côtes antérieures Arc costal http://www.emergencymedicaled.com/images/thorax1.gif Emergency Medical Ed Reproduit avec permission. Indications pour la thoracentèse A. Situation émergente (comme un pneumothorax sous pression) B. Accumulation de gaz avec confirmation radiographique (le gaz se ramasse dans les zones supérieures du thorax) C. Accumulation de liquide avec confirmation radiographique (le liquide se ramasse dans les zones les plus dépendantes) 22 Site d’insertion 2 espace intercostal, extrémité supérieure de la côte, ligne médioclaviculaire e 3e ou 4e espace intercostal, extrémité supérieure de la côte, ligne axillaire antérieure 5e, 6e ou 7e espace intercostal, extrémité supérieure de la côte, ligne axillaire postérieure www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Procédure pour la décompression à l’aiguille dans des situations émergentes 1. Faire le repère anatomique sur le thorax pour identifier le deuxième espace intercostal : • Palper la clavicule sur le côté affecté. • Palper l’articulation entre le manubrium et le corps du sternum (la deuxième côte attachée au sternum à l’angle de Louis). 2. Nettoyer le site d’insertion avec une solution de nettoyage. Commencer au site d’insertion identifié et nettoyer un diamètre d’au moins 3 à 5 cm. Laisser sécher pendant au moins une minute, si c’est possible. (Remarque : Les bébés avec un faible poids à la naissance ont un risque accru de brûlures causées par les solutions nettoyantes. Il faut donc nettoyer la plus petite surface possible et rincer la peau avec de l’eau stérile après que la chlorhexidine 2 % ait séché.) 3. Insensibiliser d’abord le site d’insertion sous la peau, puis continuer jusqu’au muscle et à la plèvre avec de la lidocaïne 1 %. Attendre deux minutes pour donner le temps à l’anesthésie de prendre effet, si possible. 4. Insérer l’aiguille fermement dans le deuxième espace intercostal, au niveau de la ligne médioclaviculaire, juste au-dessus de l’extrémité supérieure de la troisième côte (le fait d’insérer l’aiguille à l’extrémité supérieure de la côte permet d’éviter de traumatiser les nerfs, artères et veines intercostaux). 5. Lorsqu’une aiguille 18 g ou un angiocath 18 g est utilisé, attacher un robinet à trois voies et une seringue de 20 mL (adulte)/10 mL (nouveau-né) au tube de rallonge. • Remarque : Après avoir insérer un angiocath dans le thorax, le stylet devra être enlevé avant d’attacher le raccord au système de seringue avec tube de rallonge et robinet à trois voies. • Lorsqu’une aiguille à ailettes est insérée, attacher le robinet à trois voies et une seringue directement au raccord du tube. • Au fur et à mesure que l’aiguille avance dans la cavité pleurale, une petite quantité de pression négative devrait être appliquée au piston de la seringue (s’assurer que le robinet à trois voies est « ouvert » entre la seringue et l’aiguille pour qu’une petite pression négative puisse être appliquée). 6. Faire avancer l’aiguille jusqu’à ce que la plèvre soit pénétrée (de l’air entre rapidement dans la seringue lorsque ceci se produit). Pour éviter de percer les gros vaisseaux ou un poumon, on ne devrait pas avancer l’aiguille plus loin après avoir pénétré dans la cavité pleurale. (Cloherty, 2003NDP8) 7. Si cela est nécessaire, une fuite d’air continue peut être aspirée pendant qu’un drain thoracique est inséré. Enlever l’aiguille et laisser le cathéter dans la cavité pleurale ouvert à l’atmosphère (une aiguille à ailettes peut être laissée en place). Sinon, l’aiguille est enlevée après que l’écoulement d’air cesse. (Cloherty, 2003NDP8) suite... www.crto.on.ca 23 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques 8. Dans le cas d’un pneumothorax sous pression qui peut compromettre gravement la respiration, le raccord de l’aiguille de thoracentèse qui est insérée devrait être attaché au tube de rallonge qui est connecté à un joint étanche (bouteille d’eau stérile). Ceci empêchera l’air de pénétrer dans la cavité pleurale et permettra à tout air capté de s’échapper. 9. Un drain thoracique devrait être placé aussitôt que possible pour traiter le problème, selon les besoins. Généralement, une thoracentèse à l’aiguille est une mesure temporaire. Si la cavité pleurale nécessite un drainage continu, un drain thoracique devrait être inséré. Si l’aiguille doit rester en place, l’empêcher de bouger en l’immobilisant avec du ruban adhésif ou du tegaderm. S’assurer que le site d’insertion n’est pas perturbé par des objets qui pourraient déloger l’aiguille ou causer une infection. 10. Si l’aiguille est enlevée et qu’un drain thoracique n’est pas inséré, surveiller le patient ou client de près pour s’assurer qu’il n’y a pas une nouvelle accumulation d’air ou de liquide pleural. 11. Remplir la documentation appropriée en précisant les renseignements suivants : • Date et heure de la procédure • Nom de la personne exécutant la procédure • Grosseur d’aiguille utilisée • Nombre d’essais • Quantité d’air ou de liquide évacué (si connu) • Tout problème rencontré • Réactions du patient ou client à la procédure • Résultats des radiographies • Remise en place de l’aiguille thoracique, au besoin • Interventions réalisées pendant la procédure (comme la sédation) Enlèvement de l’aiguille utilisée pour la thoracentèse 1. Pour bien enlever l’aiguille de son lieu d’insertion, le patient ou client doit être placé de façon à ce que le site soit bien visible. On peut utiliser un dispositif de contention sur le patient ou client, au besoin. 2. Enlever rapidement l’aiguille du thorax et couvrir immédiatement le site d’insertion avec des tampons de gaze stériles de 2 po par 2 po. Une fois que les tampons de gaze ont été enlevés (après environ une minute), appliquer un pansement occlusif sur le site. 3. Documenter la date, le nom de la personne qui a enlevé l’aiguille et les réactions du patient ou client à la procédure. 24 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Thoracostomie par voie percutanée http://www.uwhealth.org/images/ewebeditpro/uploadimages/5384_Figure_1.jpg UW Health Reproduit avec permission. Une fuite d’air continue peut résulter en un grave compromis hémodynamique si elle n’est pas traitée, spécialement chez les nouveau-nés. (Cloherty, 2003NDP8) Bien qu’un examen physique puisse aider à diagnostiquer un pneumothorax, l’emplacement précis d’une accumulation d’air ou de liquide pleural est déterminé en examinant les films de radiographie AP et de la table de radiologie latérale. Il n’y a aucune preuve que l’emplacement du drain chez les adultes influe sur la capacité de drainer le liquide accumulé. (Roberts, 2004NDP8) Les drains thoraciques sont insérés dans la paroi thoracique, puis dans la cavité pleurale, en faisant une dissection par clivage ou en se servant de la technique de Seldinger. Des drains de petits calibres (8-14 F) sont généralement insérés avec la technique de Seldinger et les drains de calibre moyen (16-24 F) peuvent être insérés en utilisant l’une ou l’autre méthode. Les drains de gros calibres (> 24 F) nécessitent une dissection par clivage. (Laws, 2003NDP7) Les cathéters en queue de cochon insérés par voie percutanée sont des drains de thoracostomie qui peuvent être insérés en se servant de la technique de Seldinger. Ces cathéters ont été jugés très efficaces pour drainer les épanchements pleuraux et un peu moins efficaces pour drainer les pneumothorax. Toutefois, les bébés et les enfants plus petits semblent avoir un meilleur taux de résolution de leur problème d’accumulation d’air et de liquide pleural lorsque des cathéters en queue de cochon sont insérés, par rapport aux enfants plus gros. Ces cathéters plus petits et plus souples sont insérés en utilisant la technique de Seldinger (aiguille et fil-guide). Ces cathéters peuvent réduire le nombre de complications observées lorsque des drains de plus gros calibres sont insérés avec la méthode de dissection par clivage. (Roberts, 1998NDP7) Une aiguille et une seringue sont utilisées pour bien identifier le site d’insertion, puis un fil-guide est passé dans le raccord de l’aiguille. L’aiguille est ensuite enlevée et le passage est élargi avec un dilatateur. Le cathéter peut alors être inséré dans la cavité thoracique, en suivant le fil-guide. (Laws, 2003NDP8) L’utilisation de drains pour la thoracostomie par voie percutanée, comme des cathéters en queue de cochon, peut être contre-indiquée dans des cas plus graves (comme un gros pneumothorax de > 20 % ou un pneumothorax sous pression). (Gormella, 2006NDP8) Remarque : La procédure décrite dans les prochaines pages vise la dissection par clivage. www.crto.on.ca 25 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Insertion de drain par voie percutanée Directives pour choisir la bonne grosseur de drain thoracique Âge Grosseur du drain thoracique Nouveau-né < 2 000 g 8-10 F Bébé 12 F Nouveau-né > 2 000 g Enfant < 20 kg Enfant > 20 kg et adulte 12 F 16 F 20 - 28 F Matériel • • • • • • • • • • • • • • Masque, bonnet, blouse et gants stériles Champs opératoires stériles Plateau pour insertion de drains thoraciques qui comprend : • Scalpel et lame • no 15 (nouveau-nés et enfants) • no 22 (adultes) • 2 hémostatiques droites • Ciseaux à suture • Porte-aiguille • 2 pinces hémostatiques courbées de type Mosquito(nouveau-nés) • 2 pinces hémostatiques courbées de type Kelly (enfants) Sutures en soie 3.0 ou 4.0 Drain(s) thoracique(s) de la grosseur appropriée à l’âge (voir le tableau) Préparation antiseptique pour la peau (p. ex. : tampons de chlorhexidine 2 %) Eau stérile (pour les bébés de faible poids à la naissance – < 2 500 g) Lidocaïne 1 % Seringue stérile de 3 mL Pansement occlusif Tampons de gaze stériles ou troués de 4 po par 4 po et de 2 po par 2 po Serviette roulée et dispositif de contention Sédation/analgésique, au besoin Dispositif de drainage thoracique (comme une valve de Heimlich (soupape flottante de non-retour); Pleur-evac) Préparation générale • Obtenir un ordre direct du médecin superviseur, sauf si la procédure est exécutée conformément à des directives médicales qui existent déjà. • Expliquer la procédure au patient ou client, à sa famille ou à son mandataire spécial, si l’état du patient ou client le permet. • Assurer un milieu de travail propre et rassembler le matériel. • Le matériel et la personne qui exécute la procédure devraient être sur le côté du corps où l’insertion se fera, en faisant face à la tête du patient ou client. 26 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Préparation du patient ou client 1. Administrer une sédation au besoin. 2. Placer le patient ou client en position couchée (assurer le maintien de la thermorégulation chez les bébés). Le bras du patient ou client est placé plus haut que sa tête du côté du site d’insertion pour mieux exposer le site. (Il peut être nécessaire de restreindre les mains et les pieds des nouveau-nés/enfants pour empêcher la contamination de la zone stérile et permettre de bien voir et insérer le drain thoracique. Le fait de placer les bébés avec le côté affecté vers le haut peut faciliter la maniabilité.) (McMillian, 2006NDP8) 3. Maintenir la concentration ambiante d’oxygène et/ou la ventilation, selon les besoins. 4. Connaître la saturation en oxygène et les signes vitaux initiaux. On donne généralement de l’oxygène supplémentaire. Surveiller le rythme cardiaque, la couleur et la saturation en oxygène. 5. Pour les insertions dans la ligne axillaire antérieure, la tête du lit peut être surélevée de 30 à 60 degrés. Ceci rabaisse le diaphragme et réduit le risque de blessure du diaphragme, de la rate et du foie. (Roberts, 2004NDP8) 6. Savoir si le patient ou client a des allergies connues et est traité avec des anticoagulants. Rôle de l’adjoint 1. Aider la personne qui exécute la procédure à placer et à restreindre le patient ou client. Celui-ci devrait être placé et restreint de façon à voir le mieux possible la zone thoracique où le drain doit être inséré. Un bon positionnement réduit le risque de blesser le patient ou client. Une fois que l’on a identifié où l’air ou le liquide s’accumule, il faut placer le patient ou client de façon à ce que le côté affecté soit surélevé et que le site d’insertion soit bien visible (angle d’environ 45 à 60 degrés). S’assurer que le matériel nécessaire a été rassemblé. 2. Mettre un masque et se laver les mains avec du savon antimicrobien. 3. Aider à faire le repère anatomique approprié avant que les champs opératoires soient placés sur le patient ou client. 4. Aider à attacher le système de drainage au drain thoracique. www.crto.on.ca 27 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Rôle de la personne exécutant la procédure suite... 1. Mettre un masque, bien se laver les mains de façon stérile et mettre une blouse et des gants stériles. 2. Estimer la distance d’insertion. En se servant du drain thoracique, mesurer la distance entre le site d’insertion et le sommet du poumon, puis noter cette distance sur le drain. (Proehl, 1993NDP8) 3. Faire le repère anatomique du site approprié. • Le mamelon est un repère anatomique pour le 4e espace intercostal. Il faut faire attention pour éviter le muscle pectoral et l’artère axillaire. • Choisir le site d’insertion approprié au 4e ou 5e espace intercostal, au niveau de la ligne axillaire. 4. En se servant de la zone stérile du plateau, préparer le cathéter pour insertion. Pincer le bout du cathéter qui sera raccordé au système de drainage; ceci empêchera l’air de pénétrer dans la cavité pleurale après l’insertion du drain. Serrer le bout du cathéter qui sera inséré entre les pointes d’une pince hémostatique courbe. S’assurer que les pointes de la pince dépassent le cathéter de quelques millimètres. 5. Une fois le site d’insertion identifié, bien nettoyer la zone avec du chlorhexidine 2 % en commençant au site d’insertion et en couvrant un diamètre d’au moins 3 à 5 cm. Laisser sécher le chlorhexidine pendant au moins une minute. (Comme dans le cas d’une thoracentèse, il faut faire attention dans le cas de bébés avec un faible poids à la naissance pour éviter de brûler leur peau sensible.) 6. Placer des serviettes stériles sur la zone anatomique désirée pour créer un champ opératoire. Éviter de couvrir la tête du patient ou client. Laisser la tête et le cou bien visibles. 7. Si l’état du patient le permet, insensibiliser d’abord le site d’insertion sous la peau, puis continuer jusqu’au muscle et à la plèvre avec de la lidocaïne 1 %. Ceci infiltre le muscle, le périoste et la plèvre pariétale dans la zone de passage du drain. (Roberts, 2004NDP8) Attendre deux minutes pour donner le temps à l’anesthésie de prendre effet. 8. Avec un scalpel, faire une incision horizontale superficielle (parallèle à la côte). La taille de l’incision dépendra de l’âge/la taille du patient ou client (2-3 cm chez les adultes) mais il faut noter qu’une erreur commune est de faire l’incision trop petite, ce qui rend la création d’un passage approprié plus difficile. (Roberts, 2004NDP8) Pour éviter d’endommager le grand vaisseau, l’incision sera faite juste au-dessus du bord de la côte; les nerfs, veines et artères intercostaux sont situés juste en dessous des côtes. Chez les très petits bébés, la distinction entre le dessus d’une côte et le dessous d’une autre peut être difficile à identifier. 9. Après avoir fait l’incision, insérer une pince hémostatique fermée (pour les adultes et les enfants) et une pince fermée de type Mosquito (pour les nouveau-nés) dans l’incision. Les pointes de la pince devraient être placées vers le bas en direction de la côte en ouvrant lentement la pince. Ce processus exige plusieurs manœuvres de séparation avec la pince. Une douce pression ferme vers le bas est généralement nécessaire pour 28 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE vaincre la résistance de la séparation et seulement une petite quantité de tissu sera séparée avec chaque essai. En se servant du bout de la pince, percer doucement la plèvre, juste au-dessus de la côte, et l’ouvrir doucement. Cette manœuvre crée un tunnel sous la peau qui aidera à fermer le passage lorsque le drain sera enlevé. 10. Après avoir pénétré dans la plèvre avec la pince, on entend souvent une fuite d’air. 11. Prendre le bout de la pince qui tient le cathéter et diriger le cathéter dans l’incision jusque dans la cavité pleurale. Une fois que ceci est fait, stabiliser le cathéter avec l’autre main et ouvrir la pince pour le libérer. Enlever lentement la pince du thorax et avancer le cathéter jusqu’à la place désirée. La présence de condensation dans la lumière du drain signifie qu’il a pénétré dans la cavité pleurale. Le site d’entrée devrait être palpé pour s’assurer qu’il n’est pas dans le tissu sous-cutané. (McMillian, 2006NDP8) 12. Dans la plupart des cas, le cathéter aura besoin d’être dirigé en direction antérieure et supérieure. Pour diriger le drain thoracique en direction antérieure, tourner la pince afin que les pointes courbées soient vers le bas. Faire avancer le drain thoracique après avoir ouvert la pince et libéré le drain. S’assurer que les « yeux » du cathéter sont dans la cavité pleurale. L’humidité qui est présente dans le drain confirme généralement qu’il est bien placé dans la cavité pleurale. 13. Si c’est l’habitude de votre installation, vous pouvez faire une suture circulaire en bourse autour du drain, puis fixer le drain en place en entourant puis en suturant la peau autour du drain. Une deuxième boucle de suture peut être faite autour du drain à 2-4 cm de la surface de la peau. (Cloherty, 2003NDP8) 14. Couvrir le site d’insertion avec un pansement occlusif en faisant attention de ne pas utiliser trop de ruban adhésif, ce qui pourrait rendre l’examen thoracique difficile et retarder la découverte d’un drain déplacé. (Cloherty, 2003NDP8) L’utilisation de tegaderm sur le site d’insertion permet de bien voir la zone d’insertion. Pour les bébés plus âgés et les enfants, envelopper une bande de sulfa-tulle stérile autour du site d’insertion du drain, puis placer des tampons de gaze troués. Fixer le pansement avec du ruban adhésif étanche. 15. Après avoir fixé en place le drain thoracique, le raccorder à l’extrémité bleue de la valve Heimlich ou au système de drainage de votre choix. Le cathéter devrait être fixé avec du ruban à la valve/au système de drainage pour prévenir son déplacement accidentel. 16. Enrouler le tube sur le lit et faire une boucle de sécurité pour que de la pression ne soit pas appliquée directement au site d’insertion. NE PAS DÉBLOQUER LE DRAIN THORACIQUE TANT QUE LE SYSTÈME DE DRAINAGE N’EST PAS RACCORDÉ DE FAÇON SÉCURITAIRE. CECI EMPÊCHERA L’ASPIRATION D’AIR DANS LA CAVITÉ PLEURALE. www.crto.on.ca 29 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Rôle de la personne exécutant la procédure (suite) suite... 17. Obtenir une radiographie pulmonaire pour vérifier le bon positionnement du cathéter et tout air/liquide résiduel/réaccumulé. 18. Remplir la documentation suivante lorsque la procédure est terminée : • Date et heure de la procédure • Nom de la personne exécutant la procédure • Grosseur du drain thoracique utilisé • Nombre d’essais • Quantité de liquide évacué • Tout problème rencontré • Réactions du patient ou client à la procédure • Résultats des radiographies • Remise en place du drain thoracique, au besoin • Interventions réalisées pendant la procédure (comme la sédation) • Tout autre renseignement pertinent Évaluation après l’insertion • Surveiller les signes vitaux initiaux, la saturation en oxygène, la quantité et le type de drainage. • Observer le pansement thoracique (voir s’il y a un drainage sur le site). • Il devrait y avoir un petit bullage continu dans la chambre étanche. • Évaluer la couleur, la quantité de drainage*, les changements dans le niveau de détresse respiratoire, la douleur thoracique et les bruits respiratoires. * 30 Une augmentation soudaine du drainage peut indiquer un saignement ou une hémorragie tandis qu’une réduction soudaine du drainage peut indiquer la possibilité d’un caillot. www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Enlèvement du drain thoracique Critère Drainage minimal : Le drain ne draine plus un volume important de liquide et il n’y a pas de fuite d’air depuis au moins 24 heures. (Roberts, 2004NDP8) Une absence d’écoulement d’air est documentée : Ceci peut être vérifié en demandant au patient/client de prendre une grande inspiration puis de tousser. Si on aperçoit un bullage, on n’enlève pas le drain et l’on avise le médecin en charge. État respiratoire stable : Si l’état respiratoire du patient/client est stable (respiration non laborieuse, pas d’essoufflement, utilisation réduite des muscles accessoires, excursions diaphragmatiques symétriques, FR <30/min. (adultes), les bruits respiratoires se conforment à la pathologie connue, le patient/client n’a plus besoin du ventilateur). Les signes vitaux (rythme cardiaque, tension artérielle, oxymétrie pulsée) devraient être dans les paramètres normaux. De plus, le PCO2 de fin d’expiration devrait être évalué, lorsque cela est possible. Radiographie pulmonaire : Confirmation de la résolution du problème de poumon collabé/ d’accumulation de liquide ainsi que de l’absence de toute autre anomalie. Analyses normales de coagulation : Si on les commande, ces analyses devraient indiquer des paramètres normaux. Sinon, les résultats devraient être signalés au médecin en charge avant d’enlever le drain thoracique. Ordonnance médicale valide : Doit provenir d’un professionnel de la santé autorisé à délivrer ce type d’ordonnance. Peut être un ordre direct ou une directive médicale. www.crto.on.ca Justification Du liquide de la cavité pleurale a été enlevé, ce qui permet au poumon de reprendre de l’expansion. La plèvre du poumon qui a repris de l’expansion scelle les trous du bout interne du drain thoracique, faisant cesser la fluctuation dans la chambre étanche. On peut s’attendre à ceci 2 à 3 jours après l’insertion du drain thoracique. Un écoulement d’air continu nécessite l’utilisation continue du drain thoracique afin de maintenir l’expansion du poumon. Des données respiratoires aberrantes peuvent indiquer une expansion incomplète du poumon. Des bruits respiratoires normaux (normaux pour le patient/client) devraient être entendus si le poumon a complété sa nouvelle expansion. Il y a un risque accru de saignement si la coagulation est anormale. Selon l’interprétation de l’OTRO, la Loi sur les hôpitaux publics de 1990 exige qu’une ordonnance valide soit délivrée pour toutes les procédures exécutées dans un hôpital. 31 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques Matériel nécessaire pour l’enlèvement du drain thoracique • • • • Trousse pour retirer les points de suture Équipement de protection individuelle, selon la situation Pansement occlusif préparé. Il est essentiel que ceci soit prêt avant de commencer à enlever le drain thoracique car il doit être appliqué immédiatement après avoir enlevé le drain afin d’empêcher l’air de pénétrer dans la cavité pleurale. Le pansement occlusif stérile est préparé avec un lubrifiant sans pétrole (comme Sofratule ou Jelonet) sur le dessus. • Mettre le lubrifiant sur un tampon de gaze de 4 po x 4 po et le plier en deux, puis en deux encore une fois avec le lubrifiant sur l’extérieur. Prendre un tampon de gaze de 4 po par 4 po non lubrifié et le plier de la même façon. Mettre le tampon lubrifié sur le tampon non lubrifié et les placer ensemble sur 2 tampons de gaze non pliés (à plat) de 4 po par 4 po (adultes) ou de 2 po par 2 po (nouveau-nés/enfants). Ruban adhésif ou pansement élastique (Elastoplast) de 4 po coupé en trois bandes d’environ 6 pouces de longueur Procédure d’enlèvement du drain thoracique 1. Vérifier s’il y a une ordonnance valide. 2. Expliquer la procédure au patient ou client ou à son mandataire spécial et obtenir un consentement (lorsque cela est possible). 3. S’assurer que le patient ou client a déjà été médicamenté (selon les ordres du médecin). 4. Placer le patient ou client sur le côté qui ne recevra pas le drain thoracique, en position semi-debout si cela est possible. 5. Placer des champs opératoires autour du site d’insertion. 6. Se laver les mains et mettre l’équipement de protection individuelle. 7. Enlever le pansement qui recouvre le drain thoracique. 8. Si une suture circulaire en bourse a été utilisée, desserrer cette suture et couper la boucle qui retient le drain à la peau. S’il n’y a pas une telle suture, il faudra utiliser une trousse de suture pour fermer la plaie après l’enlèvement du drain. (Roberts, 2004NDP8) 9. Bloquer le bout du drain et le déconnecter du tube de rallonge. 10. Retirer le drain de 1 à 2,5 cm pour le déloger des endroits où il peut avoir adhéré à la peau. 11. Demander au patient ou client d’inspirer le plus profondément possible s’il est assez âgé. Sinon, enlever le drain pendant une inspiration. Commencer à retirer le drain lorsque le patient ou client est au maximum de son inspiration. On devrait pouvoir enlever un drain thoracique sans avoir recours à une grosse traction. Si le drain ne sort pas assez facilement, cesser la procédure d’enlèvement, fixer le drain en place et communiquer avec le médecin en charge. 12. Si une suture circulaire en bourse a été utilisée, elle doit être attachée rapidement et recouverte aussitôt d’un pansement occlusif. 13. Avertir le patient ou client de respirer normalement et le placer dans une position confortable. 14. Examiner le drain pour s’assurer qu’il a été complètement enlevé. 15. Jeter le matériel usagé dans un contenant approprié pour les déchets médicaux. 16. S’assurer qu’une radiographie pulmonaire est prise après l’enlèvement du drain et que le médecin en charge l’examine le plus tôt possible. 32 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE Remarque : Les drains thoraciques ne devraient pas être enlevés par le thérapeute respiratoire sans que cette procédure soit approuvée au préalable par un médecin en charge si : • Le patient ou client est ventilé mécaniquement. • Le patient ou client démontre des signes de détresse respiratoire aiguë. • Le RIN est >2. • Le PPT >75 secondes. Après l’enlèvement du drain thoracique 1. Observer le patient ou client de près pour voir s’il y a des complications (comme une détresse respiratoire, des fuites d’air ou un saignement sur les lieux du site) pendant au moins les prochaines 2 à 6 heures ou selon les besoins cliniques. 2. Évaluer les bruits pulmonaires et surveiller le patient ou client pour déceler l’apparition d’un emphysème sous-cutané. Évaluer les signes vitaux et la saturation en oxygène. 3. Évaluer le niveau de confort du patient ou client après l’enlèvement du drain. Documentation • • • • • Documenter la date et l’heure de l’enlèvement du drain. Nom de la personne qui a exécuté la procédure. Apparence du site d’insertion du drain. Réactions du patient ou client à la procédure (comme ses signes vitaux). Complications (comme un pneumothorax, un saignement, une nécrose cutanée ou un signe d’infection au lieu du site). www.crto.on.ca 33 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques H. Références Toutes les sources utilisées pour l’élaboration du programme d’agrément doivent être indiquées. Cela comprend les lignes directrices de pratique de l’OTRO intitulées Programmes d’agrément des procédures avancées prescrites sous le derme et les lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques intitulées Prévention et lutte contre les infections. I. Annexe L’annexe est une section de références. Elle peut servir à décrire de l’information non comprise dans l’ensemble du programme d’agrément mais qui est considérée comme pertinente pour mieux comprendre le sujet. Cela peut couvrir des sujets tels que les médicaments et les processus pathogéniques, mentionnés à titre d’exemple. J. Journal d’attestation Les lignes directrices de pratique de l’OTRO intitulées Programmes d’agrément des procédures avancées prescrites sous le derme décrivent les exigences en matière de tenue des dossiers. Un journal d’attestation est une façon d’établir qu’une procédure d’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique a été effectuée. Il s’agit d’un document sur lequel on consigne les renseignements minimaux suivants : la date d’exécution de la procédure, des données sur le patient ou client et la signature du clinicien responsable. Il peut prendre plusieurs formes, par exemple, une feuille blanche sur laquelle on inscrit l’information ou un tableau énumérant les renseignements requis et contenant des espaces pour la consignation de chaque insertion. On peut placer l’information d’attestation, comme un journal d’attestation, dans le portefeuille professionnel du programme d’assurance de la qualité de l’OTRO. Il suffit de supprimer les renseignements sur le patient ou client. 34 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE K. Liste de contrôle des compétences La liste de contrôle des compétences sert de guide, à la fois pour la personne qui atteste et pour l’apprenant. Elle permet de s’assurer que les objectifs du programme d’agrément ont été atteints. Elle contient des composantes mesurables bien précises qu’il faut respecter chaque fois qu’on exécute la procédure. Aspect/sujet Évaluation du patient ou client Politique et procédure Lutte contre les infections Anatomie Anesthésique locale (au besoin) Équipement Critère Évalue la pertinence de la procédure; vérifie l’ordonnance, les allergies, l’identification du patient ou client et toute contre-indication; évalue s’il est nécessaire de prévenir ou de gérer la douleur Exécuté Oui (√) ou Non (X) Connaît les indications, les contre-indications, les complications communes, leur prévention et leur gestion Se conforme à de bonnes techniques aseptiques et de lavage des mains Démontre ses connaissances des repères anatomiques Pour la lidocaïne sous-cutanée, s’assure qu’il n’y a pas de retour en arrière et attend que le médicament commence à prendre effet; pour l’application topique, attend que le médicament commence à prendre effet Démontre sa connaissance de l’équipement et des étapes requises Technique Choisit le point d’insertion et l’angle d’abord d’insertion de drain appropriés; confirme un bon placement du drain Documentation www.crto.on.ca Consigne tel que décrit dans la politique et signe, en précisant le titre professionnel 35 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques L. Examen L’examen est une méthode objective servant à évaluer la capacité de l’apprenant à retenir et à mettre en application l’information. Il s’agit d’un outil pédagogique souvent utilisé pour mesurer les compétences (connaissances, capacités et jugement). Un examen peut aider à renforcer les messages clés à retenir et sert à mettre en valeur les objectifs d’un programme d’agrément. M. Politiques et procédures Dans un but de soutien des praticiens et d’uniformité, chaque établissement met au point des politiques et des procédures. Certains établissements ont recours aux mots « norme » ou « protocole » pour désigner ces politiques et procédures. Lorsqu’un programme d’agrément est envoyé à l’OTRO aux fins d’approbation, il faut également remettre les politiques et procédures de l’organisme car ces dernières font partie du matériel à étudier par l’apprenant suivant le programme d’agrément. Même si les présentes lignes directrices doivent être utilisées comme documentation pédagogique aux fins du programme d’agrément, il faut quand même remettre à l’OTRO les politiques de l’établissement. Les politiques et procédures englobent parfois un énoncé sur la raison d’être et comprennent les normes que devront respecter tous les thérapeutes respiratoires qui exécutent la procédure. Nous vous fournissons un modèle suggéré que vous pouvez utiliser pour vous assurer que toute l’information pertinente est incluse dans l’élaboration de politiques et procédures. Un astérisque* identifie le contenu qu’il faut absolument inclure dans les politiques et procédures afin de respecter les exigences minimales de la législation et les critères décrits dans les lignes directrices de pratique de l’OTRO intitulées Programmes d’agrément des procédures avancées prescrites sous le derme. SUJET :* Modèle de politiques et procédures Décrire le point d’insertion d’une aiguille ou d’un drain thoracique et la population de patients ou clients à qui s’adresse cette procédure. Thoracentèse à l’aiguille chez les nouveau-nés (par exemple) ORGANISME ÉMETTEUR : Département ou programme, p. ex., services de thérapie respiratoire DATE DE MISE EN VIGUEUR : Date à laquelle la politique est acceptée et mise en vigueur En vertu de la Loi de 1991 sur les thérapeutes respiratoires, seuls les thérapeutes respiratoires autorisés (RRT) qui détiennent un certificat d’inscription général peuvent exécuter l’acte autorisé « procédure prescrite sous le derme ». Cette stipulation est décrite plus en profondeur dans le règlement sur les procédures prescrites tiré de cette loi, qui exige que les RRT qui auront à exécuter la procédure se soumettent à un programme d’agrément approuvé par le comité d’inscription de l’Ordre des thérapeutes respiratoires de l’Ontario et ce, dans les deux ans précédant l’exécution de la procédure. 36 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE BUT : Modèle de politiques et procédures (suite) Décrire la raison de l’élaboration des présentes politiques et procédures. 1. Normaliser la méthode relative à, par exemple, la thoracentèse à l’aiguille par un thérapeute respiratoire autorisé. 2. Optimiser les soins offerts aux patients ou clients, notamment en améliorant la rapidité de la décompression à l’aiguille dans des situations émergentes. NORMES : Les normes relatives aux soins décrivent les attentes minimales concernant la prestation de soins dans un domaine bien précis, au sein d’une ou plusieurs disciplines ou dans l’ensemble d’un établissement. Elles fournissent des directives précises aux cliniciens concernés par la norme. Les énoncés de normes contiennent les attentes contre lesquelles l’exécution sera évaluée et doivent être respectés en tout temps. Pour répondre aux exigences de l’OTRO, les trois énoncés suivants doivent être inclus dans les politiques et procédures : 1. Seul un thérapeute respiratoire autorisé (RRT) qui détient un certificat d’inscription général et qui a réussi un programme d’agrément approuvé par le comité d’inscription de l’OTRO peut exécuter ______________________.* 2. L’agrément initial doit englober l’observation de ____ (p. ex. : insertions d’une aiguille) sous la surveillance directe de ________________________________.* 3. Pour maintenir le statut des compétences et de l’agrément, les capacités de _________________ devront être observées sous surveillance directe par _______________________ et ce, au moins ______ fois tous les deux ans.* PROCÉDURE : Décrit, étape par étape, la façon d’exécuter une certaine tâche ou procédure. Fournit les directives touchant l’exercice quotidien par rapport à la procédure. DOCUMENTATION : Décrit la saisie de la procédure dans le dossier du patient ou client. ÉLABORÉ EN CONSULTATION AVEC : Indique tous les intervenants consultés lors de l’élaboration des normes, politiques et procédures. Cela peut comprendre le nom de personnes et comités. RÉFÉRENCES : Toutes les sources utilisées à l’appui du texte. Source : St. Joseph’s Health Centre, Toronto, Standards of Care Template, 2006 www.crto.on.ca 37 Lignes directrices sur les meilleures pratiques cliniques GLOSSAIRE Cathéter de drainage permanent : Il s’agit d’un cathéter qui draine la cavité pleurale de façon permanente en facilitant des procédures répétées de thoracentèse chez les patients ou clients ambulatoires. Différents cathéters peuvent être utilisés, dont Hickman et Groshong. On utilise également ces cathéters pour obtenir un accès intraveineux tunellisé. Cathéter en queue de cochon : Cathéter souple à petit calibre utilisé pour drainer le liquide ou l’air de la cavité pleurale. Il est placé à l’aide de la technique de Seldinger. Pansement occlusif : Pansement imperméable à l’eau et à l’air utilisé pour sceller une plaie et fournir une barrière contre les infections transmises par l’air. Il y a une vaste gamme de pansements occlusifs offerts sur le marché. Technique de Seldinger : Technique utilisée pour l’insertion d’un cathéter/drain dans un vaisseau ou une cavité, qui comprend l’emploi d’une aiguille, d’un fil-guide et, pour certaines procédures, d’un dilatateur. Avant l’introduction de la technique de Seldinger, des trocarts pointus étaient utilisés pour créer des lumières à travers lesquelles un cathéter/drain était inséré. Thoracentèse à l’aiguille : Insertion d’une aiguille ou d’un drain dans le thorax pour enlever du liquide ou de l’air dans la cavité pleurale à des fins diagnostiques ou thérapeutiques. Cette procédure est aussi appelée une insertion d’aiguille thoracique ou une aspiration à l’aiguille. Thoracostomie par voie percutanée : Insertion d’un drain flexible dans le thorax pour enlever du liquide ou de l’air dans la cavité pleurale. Cette procédure est également appelée une insertion du drain thoracique. Trocart : Instrument chirurgical pointu et creux en métal utilisé pour insérer des drains. Valve Heimlich : Système de valve à sens unique utilisé pour drainer de l’air ou un liquide de la cavité pleurale et auquel on peut attacher un sac pour drainer/recueillir le liquide. La valve peut également être attachée à un drain thoracique pour ensuite faire une aspiration, au besoin. La valve Heimlich peut être utilisée pour des patients ou clients ambulatoires puisqu’elle est petite et peut être tenue dans n’importe quelle position, à l’encontre des systèmes de bouteille de drainage immergée traditionnels. Aussi appelée une soupape flottante. 38 www.crto.on.ca INSERTION D’UNE AIGUILLE OU D’UN DRAIN THORACIQUE RÉFÉRENCES 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. Agence de la santé publique du Canada. (1999). Pratiques de base et précautions additionnelles visant à prévenir la transmission des infections dans les établissements de santé. Relevé des maladies transmissibles au Canada : Guide de prévention des infections, V25S4. 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