Le pari sur l`économie

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Le pari sur l`économie
DOSSIER
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EMPLOI
> Le
pari sur l’économie
sociale et soli
Encore insuffisamment
identifiée comme voie
économique fiable
et porteuse d’emplois,
l’économie sociale et
solidaire est fondée sur des
valeurs humaines, sociales,
environnementales
exactement compatibles
avec le développement
durable de notre territoire.
hacun de nous ne sait
peut-être pas définir l’économie sociale et solidaire
et pourtant tout le monde
connaît au moins de nom
les acteurs qui la composent. Citons au
hasard : le Crédit agricole, Champagnes
Céréales, le Centre International de Séjour,
Aradopa, Artisans du Monde, le Bâtiment
Menuisier, Les Pressoirs Coquard, la MSA,
l’Institut Godinot… Qu’ont-ils donc de si
particulier? Ils ont le statut soit d’association
(services à la personne, développement
rural, tourisme social…), soit de coopérative (agricole, viticole, de commerçants
détaillant, d’usagers, de consommateurs,
HLM, de production, bancaire…), soit de
mutuelle (santé, prévoyance, assurance…).
C
Un individu = une voix
Quel est leur dénominateur commun ?
Ce sont des sociétés de personnes et non
de capitaux. Les bénéfices ne servent pas
à la rémunération des actionnaires mais
sont pour l’essentiel réinvestis pour développer l’activité de la structure, asseoir
Reims Métropole Magazine - N° 128 - août 2012
> Michèle Severs*, présidente de la Chambre régionale
de l’économie sociale et de Champagne-Ardenne (CRESCA)
En quoi l’ESS propose-t-elle un
modèle économique différent?
La particularité de ce modèle, qui n’est pas une idée
neuve, est d’une part qu’il fait entrer le social dans
l’économie et l’économie dans le social et que d’autre
part qu’il va au-delà d’un modèle d’entrepreneuriat,
il est aussi un projet de société. Les acteurs sont à
la fois bénéficiaires des activités et décideurs sur les
modes d’organisation. L’ESS est aussi un laboratoire
d’éducation à la citoyenneté, de production de liens
sociaux et un creuset d’innovations sociales.
Une grande partie des progrès sociaux sont nés dans
ce secteur. J’ajouterais que l‘ESS a l’énorme avantage
d’être une économie territoriale qui mobilise toutes
les ressources humaines, financières, naturelles…
au bénéfice de la dynamique locale.
Comment développer son potentiel?
Avant de parler de développement, il faudrait parler de
reconnaissance. Les premières statistiques nationales
de l’Insee sur l’ESS ne datent que de 2008 alors que ce
secteur existe depuis le XIXe siècle! Les acteurs de l’ESS
23
daire
Aradopa et Godinot : deux des cinq plus gros employeurs du secteur.
sa trésorerie et ses fonds propres. Solidaires, leurs membres sont à la fois adhérents de la mutuelle et bénéficiaires de ses
prestations, sociétaires et salariés de la
coopérative, adhérents de l’association et
bénéficiaires de ses services, etc. Enfin, ces
sociétés fonctionnent selon un principe
de gestion démocratique bien connu : un
individu = une voix.
Un poids historique
L’économie sociale et solidaire représente
plus de 11 % de l’emploi salarié dans
l’agglomération et 9,4 % des établissements employeurs. Son poids économique
local est à relier à l’importance historique
dans notre région du mouvement coopératif agricole et viticole, mais aussi du
mouvement chrétien social et du mouvement mutualiste. Ceci explique que
l’économie sociale sur l’agglomération
rémoise soit caractérisée par la prédominance des coopératives agricoles et de
crédit, très anciennes et peu renouvelées
dans leur fonctionnement, la sous-représentation de la sphère associative, dont les
veulent être reconnus pour ce qu’ils sont et pas seulement
pour ce qu’ils font. Ce n’est pas une économie marginale,
ni une économie d’amateurs. Elle représente 11 %
de l’emploi salarié en Champagne - Ardenne et 9 %
des établissements employeurs. Son développement
passe par la formation: des salariés et des bénévoles
dont il faut assurer le renouvellement, mais aussi des
acteurs des autres secteurs (public et secteur privé à but
lucratif) et des politiques qui connaissent mal ces formes
d’entreprises. Il faut développer une culture d’économie
sociale afin qu’elle infiltre l’ensemble des politiques
publiques. Notre particularité en Champagne-Ardenne est
d’avoir mis en place, grâce à un financement exemplaire
acteurs ont peu l’habitude de travailler
ensemble, notamment dans le domaine de
l’insertion.
Nouveau moteur
Les acteurs de l’ESS sont réunis au sein de
la CRESCA (Chambre Régionale de l’Economie Sociale de Champagne-Ardenne) qui
a été créée en 1999. Son action principale
vise à professionnaliser le secteur pour en
déployer les potentialités. Ceci à travers
quatre missions : le financement, la formation, la promotion et la production d’analyse et de statistiques. Parce que ce mode
de développement combine engagement
social et initiative économique pour mettre
la personne humaine au centre des activités, Reims Métropole en a fait, à travers le
grand projet Reims 2020 et l’Agenda 21,
l’un des secteurs à soutenir en tant que
nouveau moteur possible du développement économique dans l’agglomération.
Le grand public aura l’occasion de se
familiariser avec ce secteur du 24 octobre
au 25 novembre 2012 lors du Mois de
l’Economie Sociale et Solidaire. I
3 questions à
de la Région et un partenariat avec l’université et la
CRESCA, toute une filière de formations du Bac +2 au
Bac +5 pour les bénévoles et les salariés des entreprises
de l’économie sociale mais aussi des formations de
découverte, sensibilisation à l’entreprenariat coopératif,
associatif et mutualiste pour tout public.
Quelles relations avez-vous créées
avec l’agglomération?
Que la CRESCA ait été sollicitée par Reims Métropole
pour participer au Conseil de Développement de
la Région de Reims montre que l’ESS est considérée
comme un acteur incontournable, créateur d’activités,
de richesses et d’emplois. Pour le reste, nos partenariats
restent ponctuels. Nous n’avons pas encore de
convention d’objectifs avec Reims et l’agglomération,
il reste à la concrétiser. Le développement de l’ESS
étant un axe de l’Agenda 21 et du développement
économique de Reims 2020, je pense que
nous ne tarderons pas à faire un pas de plus.
* Michèle Severs est également présidente du Conseil
local pour le commerce équitable de Reims Métropole,
vice-présidente du Conseil de Développement de
la Région de Reims (CD2R) et membre du conseil
économique, social et environnemental de CA.
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DIFFÉRENCE
Une nouvelle vision du commerce
et de la consommation, plus durable
et responsable, commence à se diffuser
dans la population sous l’action des
associations mais aussi des collectivités
qui, comme Reims Métropole et la Ville
de Reims, s’engagent à leurs côtés.
> Un peu plus de
commerce équitable
epuis 2009, 33 collectivités
territoriales françaises ont
obtenu le titre "Territoires
de Commerce Equitable",
parmi lesquelles 5 régions,
1 département, 1 communauté urbaine, 2
communautés d'agglomération ainsi que 24
communes. Reims Métropole et la Ville de
Reims se sont vu attribuer ce label en
novembre 2011 par la Plateforme pour
le Commerce Equitable.
D
nale d’économie sociale et solidaire de
Champagne-Ardenne et l’université Reims
Métropole et la Ville de Reims ont participé à
la création il y a un an d’une Unité d’Enseignement Transversale (UET) « Education au
commerce équitable » proposée à tous les
étudiants de l’université, en association avec
Champagne-Ardenne Equitable et Artisans
du Monde. Plus d’une vingtaine d’étudiants
(de première année jusqu’au niveau master)
ont suivi chacune des deux sessions qui a
donné lieu à une évaluation finale.
Sensibilisation des étudiants
La démarche qui leur a valu cette reconnaissance officielle se poursuit avec l’objectif de
sensibiliser le plus grand nombre d’habitants
aux enjeux du commerce équitable et de participer à l’amélioration des conditions de vie
et de travail des petits producteurs du Sud.
L’un des premiers terrains investis a été celui
de la formation. Avec la Chambre régio-
Coton équitable
Si plusieurs d’entre eux ont avoué avoir
choisi au départ ce module par défaut, ils
ont déclaré finalement en être très satisfaits et avoir développé un intérêt réel
pour le sujet. Ce bilan positif a convaincu
l’université de réinscrire cette UET au programme de l’année 2012-2013.
Un autre moyen d’action de la collectivité
est la commande publique. Elle a ainsi décidé de soutenir les producteurs de pays en
développement pratiquant une agriculture
traditionnelle et familiale du coton en intégrant progressivement le coton équitable
dans sa politique d’achat. Un premier marché a été passé pour la livraison de T-shirts
en coton équitable entrant dans la tenue de
travail de près de 200 agents des Espaces
verts et de la Propreté. La Direction des
Moyens Généraux prépare par ailleurs le
lancement d’un nouveau marché concernant la fourniture de boissons non alcoolisées issues du commerce équitable, qui
seront servies à l’occasion des réceptions
organisées par Reims et Reims Métropole.
Le projet est maintenant de mettre sur pied
un programme d’animations locales dans
le cadre de la 13e Quinzaine du Commerce
Equitable qui aura lieu en mai 2013. I
Deux associations
indispensables
Deux associations partenaires accompagnent Reims Métropole et la Ville de Reims depuis 2009: Artisans
du Monde, « réseau de distribution associatif et militant », et Champagne-Ardenne Equitable. Cette dernière
s’est engagée localement dans la promotion du commerce équitable dès 1999 pour éclairer le choix des
consommateurs quand apparut le premier café Max Havelaar en grandes surfaces. Elle réunit actuellement
une cinquantaine de bénévoles qui répartissent leur action entre les animations grands public et commerciales
et une démarche de fond auprès des collectivités pour qu’elles encouragent l’achat équitable à leur niveau,
soit dans la restauration scolaire, soit dans le textile professionnel, soit dans l’éducation.
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SOCIAL
>
L’insertion
par l’activité économique
Au nom d’un développement économique
responsable, Reims
Métropole et la Ville
de Reims mobilisent les
clauses d’insertion sociale
et aident au fonctionnement des structures
spécialisées dans l’insertion
économique des personnes
en difficultés.
llustrant le volet social du
développement durable, des
clauses d’insertion sociale
sont intégrées dans les marchés publics passés par la
collectivité. Obligatoires dans les travaux de
rénovation urbaine financés par l’ANRU, ces
clauses imposent aux entreprises d’avoir
recours, pour l’exécution du marché, à des
personnes rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle (demandeurs d’emploi
longue durée, jeunes de moins de 26 ans sans
qualification, allocataires du RSA…). Reims
Métropole et la Ville de Reims sont très engagées depuis 2007 dans cette démarche qui
est un moyen dynamique de promouvoir
l’emploi sur leur territoire. Déjà utilisé lors de
la construction de la première ligne de tramway, le dispositif est largement mis en œuvre
dans les quartiers ANRU de Reims: plus de
818 contrats de mission ont été honorés,
correspondant à 187475 heures de travail, ce
qui représente déjà 70 % de l’objectif final.
20 % des personnes concernées ont été confirmées en CDI, 20 % ont rebondi vers un parcours de formation en lien avec le GEIQ BTP
Champagne-Ardenne (Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification).
I
Elargir la démarche
Les deux collectivités étendent peu à peu les
clauses à d’autres marchés: rénovation des
halles du Boulingrin, gestion des déchetteries,
etc. La Direction des Espaces verts mobilise
cette démarche sous la forme de chantiers
d’insertion, en particulier pour les travaux
d’aménagement et de maintenance de la
Coulée verte. Ces différents marchés hors
ANRU ont déjà débouché sur 42 contrats de
mission pour 11365 heures d’insertion. Bras
armé de la collectivité en matière d’emploi, la
Maison de l’Emploi et des Métiers du bassin
rémois gère les clauses d’insertion et le suivi
des bénéficiaires, en lien avec Pôle Emploi.
Elle conduit un travail de sensibilisation
pour imprimer des expériences dans d’autres
formes de travaux et prestations, et inciter
d’autres collectivités et administrations
(CHU, URCA…) à entrer dans cette démarche.
Une convention partenariale sera signée le
17 septembre dans le cadre de l’opération
Mod’Emploi en vue de dynamiser les clauses
d’insertion sur le territoire. I
Un guide sur la Charte locale d'insertion,
document qui encadre l'application du
dispositif d'insertion, vient d'être édité par
la collectivité à destination des entreprises."
Quatre types
de structures
L'insertion par l'activité économique permet à des
personnes sans emploi rencontrant des difficultés
sociales et professionnelles particulières de
bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter
leur insertion sociale et professionnelle.
Ces personnes sont orientées vers quatre types
de structures, toutes représentées à Reims
et reposant sur des financements publics:
Les ateliers et chantiers d’insertion assurent
l’accueil, l’embauche et la mise au travail de leurs
salariés mais aussi leur formation et un encadrement
technique: EPIS (collecte de pain et jardin
d’insertion), Reims Espoir, Restos du Cœur, Fripe
Emmaüs… C’est dans cette catégorie qu’on retrouve
le plus de structures sur notre territoire;
Les associations intermédiaires assure l’accueil
et l’accompagnement des personnes dans leur
itinéraire de réinsertion et les mettent à disposition
notamment des entreprises, administrations, etc.:
AREJ (Association rémoise pour l’emploi des jeunes),
Job’s 51…
Les entreprises d’insertion produisent des biens
et des services marchands: Avenir Jeunes Reims,
Envie, Sita Rebond…
Les entreprises de travail temporaire d’insertion
proposent des missions d’intérim dans les secteurs
d’activité recourant au travail temporaire: Emploi 51
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ALIMENTATION
Les expériences de distribution de produits alimentaires
en mode direct donnent satisfaction aux producteurs
comme aux consommateurs et, à l’échelle du territoire,
font faire un pas vers l’autonomie alimentaire
tout en développant les valeurs de solidarité.
’Agenda 21 communautaire
l’a défini comme un objectif clair : « l’autonomie
alimentaire doit être visée,
en favorisant les circuits
courts, en encourageant l’agriculture
paysanne et biologique, en développant
les cultures maraîchères locales, etc. de
manière à pouvoir s’affranchir peu à peu de
notre dépendance aux marchés mondiaux
pour les produits alimentaires et du modèle agricole aux intrants chimiques. » Il est
nécessaire de s’engager dans la relocalisation de nos consommations et dans le soutien à l’agriculture biologique qui répond
aux enjeux du développement durable en
termes de santé publique et de protection
de l’environnement. Le territoire de Reims
Métropole comporte environ 1 500 ha de
L
duction en circuit court, selon les opportunités qui s’ouvriront et dans la perspective
d’aménagement à long terme d’un grand
parc périurbain entre ville et campagne.
Ces circuits courts offrent de nombreux
avantages :
I ils impliquent la proximité de l’exploitation
et des points de distribution, qui réduit les
transports et l’usage d’emballage;
I ils favorisent le développement d’une
économie non délocalisable, qui permet le
maintien de l’emploi agricole sur place ;
I ils représentent une forme de commerce
équitable local, le prix de la souscription
étant fixé à l’avance par le producteur et
les consommateurs en fonction des coûts
réels de production et non pas des cours
du marché, ce qui garantit un revenu à
l’agriculteur ;
> Des circuits courts
en développement
terres agricoles et seulement 12 ha de
terrains maraîchers, alors que le sillon de
la Vesle et les communes de Tinqueux et
Cormontreuil disposaient autrefois d’importantes surfaces dédiées à cette activité.
La tradition des jardins familiaux (qui occupent plus de 54 ha) maintient une forme
d’agriculture urbaine mais celle-ci reste du
ressort de l’économie domestique.
Avantages nombreux
Fondé sur les proximités, la solidarité et le renforcement des liens entre les espaces urbains
et ruraux, le projet Reims 2020 prévoit de
favoriser le développement de ce type de pro-
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ils reposent sur la livraison de produits
frais, de saison, et diversifiés, disponibles
à mesure qu’ils mûrissent ;
I ils favorisent le lien social et l’éducation
au goût et à l’environnement, l’agriculteur
organisant couramment des animations
sur son exploitation pour faire découvrir
ses produits et son métier ;
I ils permettent de valoriser les spécialités
alimentaires du terroir et les variétés
anciennes.
I
Deux exemples bio
Quatre AMAP ont des points de distribution
dans l’agglomération et connaissent un
succès grandissant. Deux d’entre elles sont
spécialisées dans les produits biologiques.
L’AMAP de Champagne-Ardenne, créée il y
a 8 ans, rassemble 450 adhérents et une
douzaine de producteurs de la Marne et
des Ardennes. Elle distribue sur Reims
(Boulingrin, Ludoval, Croix Rouge), Witryles-Reims et Aÿ, et a en projet deux nouveaux comptoirs à Châlons et CharlevilleMézières. Le principe est qu’à tour de rôle,
un adhérent est responsable de la distribution de la semaine et se charge d’installer
les cagettes de produits que le fermier a
apportées, d’indiquer la composition du
panier de la semaine et d’accueillir les
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> Qu’est-ce
qu’un circuit court ?
Un mode de commercialisation
des produits agricoles qui s’exerce soit
par la vente directe du producteur
au consommateur, soit par la vente
indirecte à condition qu’il n’y ait
qu’un seul intermédiaire.
> Que
sont les AMAP ?
Les Associations pour le Maintien
d’une Agriculture Paysanne sont des
partenariats de proximité entre un groupe
de consommateurs et un ou plusieurs
producteurs, se développant à partir
de la vente directe par souscription des
produits de ces derniers généralement
fournis dans un « panier » : fruits
et légumes, viandes, pain, laitages, miel…
autres adhérents. « Notre AMAP a une particularité, précise Véronique Ritaly : elle
aide aussi les Amapiens qui voudraient
constituer un groupe avec un producteur
autour d’un lieu de distribution en
Champagne-Ardenne. Nous avons tellement galéré à nos débuts qu’il nous a paru
utile de faciliter la démarche d’autres
personnes qui seraient prêtes à se lancer
mais hésitantes à cause des formalités
nécessaires. » C’est ainsi qu’est née et qu’a
pris son indépendance l’AMAP Saint-BriceCourcelles. Hervé Fleischmann et Karine
Varloteau étaient clients chez un maraîcher
local jusqu’à ce qu’il arrête son activité.
Où allaient-ils pouvoir acheter leurs
légumes ? Avec François Lesellier, un producteur axonais de légumes bio, ils ont ainsi
monté un groupe, rejoint en 2011 par un
boulanger et en mai dernier par une productrice d’œufs et une productrice d’herbes
aromatiques et médicinales. Aujourd’hui
37 familles sont inscrites dans l’AMAP, dont
90 % sont de la commune. « Nous ne souhaitons pas aller au-delà. Nous sommes la
plus petite AMAP et tenons à le rester pour
que tous les adhérents se connaissent et
connaissent nos produits. Nous ne sommes
pas une épicerie mais un lieu de rencontre
et d’échange. » L’AMAP réfléchit avec le
CCAS à la possibilité de proposer un panier
solidaire aux familles à revenus modestes
qui ont perdu l’habitude de cuisiner. I
> D’autres projets dans les communes
Devant la demande importante des habitants et la saturation des AMAP locales, des projets entrant dans la catégorie des circuits courts sont à l’étude,
notamment à Bétheny. À Cernay-les-Reims, c’est un centre de distribution de produits agricoles régionaux qui est en voie de création. Patrick Bedek,
maire, en explique le principe : « les producteurs viendront vendre directement aux consommateurs leurs produits bruts ou transformés dans un lieu mis
à leur disposition. Nous y travaillons depuis un an dans la commune. Ce projet relevant de l‘intérêt communautaire dans le cadre élargi de la nouvelle
intercommunalité, Reims Métropole a accepté de participer avec la Région Champagne-Ardenne, la CCI et l’Etat à la construction de ce bâtiment qui
intègrera des chambres froides, une surface de stockage et un espace de vente. »
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