Paysage Audiovisuel › Législation ›

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Newsletter N°118 – Janv. 2015
#mediamerica
CINEMA
Débats autour du crédit d’impôt en faveur de l’industrie cinématographique en Louisiane
Le débat autour du crédit d’impôt en faveur de l’industrie du film en Louisiane anime la société et les politiques.
L’hebdomadaire de La Nouvelle Orléans, Le Gambit, fait le point.
1) L’Etat de Louisiane tire-t-elle profit d’une industrie cinématographique en expansion mais intrinsèquement
liée aux avantages fiscaux ?
L’industrie du film se développe de manière exponentielle en Louisiane depuis le vote en 2002 de la loi sur les crédits
d’impôt. “Hollywood South” est le centre de la production cinématographique dans le sud des Etats-Unis. En 2012,
une étude faite par le département économique de Louisiane montre que cette industrie génère plus d’1 milliard de
dollars de recettes auprès des commerces louisianais et 718 millions de dollars avec 14 000 emplois dans ce secteur.
Une réalité et des chiffres à nuancer. Pour fuir les coûts élevés d’Hollywood, les avantages fiscaux louisianais ne sont
plus une incitation mais un besoin. Supprimer, réduire ou limiter les crédits d’impôt risque donc de réduire le nombre
de productions locales, alors que l’offre constante de ce marché mondial lucratif est un atout dans un climat de
contraintes budgétaires.
La plupart des spécialistes constatent que pour maintenir le succès de l’industrie du film en Louisiane, il faut continuer
les avantages fiscaux pour le meilleur et, en quelque sorte, pour le pire également.
Les assemblées législatives des différents Etats où les avantages fiscaux sont pratiqués, se demandent si l’industrie
du film, soutenue en grande partie par des subventions publiques, peut être considérée comme “indépendante” et
“autofinancée”. Particulièrement quand ces avantages, à l’origine prévus pour aider au démarrage uniquement, sont
maintenant pérennisés.
Il y a dix ans, la Louisiane n’accueillait pas ou peu de productions de longs-métrages. Aujourd’hui, l’industrie du film
est devenue l’ADN de son économie. Les crédits d’impôt y sont déterminants pour attirer de nouvelles productions. Le
marché restera toujours à Los Angeles, mais Los Angeles ne sera jamais aussi bon marché que La Nouvelle Orléans,
ou même Atlanta.
La plupart des responsables politiques et des contribuables sont toutefois dans une impasse : faut-il prolonger
indéfiniment ce juteux commerce des crédits d’impôt ou regarder sagement l’industrie fuir ailleurs ?
Le choix de la Caroline du Nord est intéressant. Son abattement est passé de 15% en 2005 à 25% en 2010 lui
permettant ainsi de rivaliser avec les avantages fiscaux proposés en Louisiane et en Géorgie, et de répondre à la
réduction et l’élimination d’initiatives similaires au Connecticut, au Kansas, au Missouri et dans le Wisconsin. La
Californie a, par ailleurs, récemment pris une mesure pour accroître l’aide à son industrie cinématographique de 100
millions de dollars à 330 millions sur cinq ans pour limiter les pertes (lire sur le sujet La Californie augment ses crédits
d’impôt en faveur de l’industrie cinématographique pour faire face à la concurrence des autres Etats et Hollywood et
la Californie : le désamour ? Chronique d’une désertion alarmante)
D’après le National Conference of State Legislatures, 39 Etats et Porto Rico offrent actuellement de tels crédits
d’impôt. En 2002, 5 Etats offraient 1 million de dollars d’avantages fiscaux cumulés. En 2010, 40 Etats offrent près de
1.4 milliard de dollars.
2) Après avoir créé tant d’emplois, comment les législateurs louisianais peuvent-ils alléger les avantages
fiscaux sans faire fuir l’industrie du film ?
Sur le long terme, certains spécialistes de l’industrie suggèrent une réorientation vers la technologie numérique et la
distribution, les nouveaux talents et les nouvelles compagnies locales. Une commission étudie actuellement les
nouvelles réformes possibles : une retenue sur les plus gros salaires ; un encouragement aux productions
syndicalisées ; une limite aux transactions entre tiers ; une échelle mobile pour récompenser les productions qui
embauchent des résidents louisianais, avec une préférence pour les emplois qualifiés et les salaires plus élevés.
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1
Ce programme de soutien mis en place par l’Etat devait permettre à l’industrie cinématographique louisianaise d’être
indépendante et de s’autofinancer. C’est finalement devenu un engrenage. En construisant ce dispositif “Hollywood
South” basé sur la croissance d’entreprises locales et le développement d’équipes de tournage locales, grâce à la
prolifération des réalisateurs, producteurs, investisseurs et courtiers, l’industrie du film louisianaise s’est installée en
dix ans. Une réduction, voir une élimination des crédits, porterait un sérieux coup à cette jeune industrie.
Louisiana’s film industry tax incentives pros and cons, the film industry is growing but is it costing the state too much?,
de Matt Brennan, The Gambit, 15 décembre 2014
Louisiana film tax credits: a real catch-22, Can the state afford to keep its generous film tax credits — or can’t it afford
to lose them?, de Matt Brennan, The Gambit, 22 décembre 2014
La part prépondérante des Français dans les coproductions internationales
Avec des candidatures en provenance de 83 pays pour la catégorie « meilleur film en langue étrangère », les Oscars
2015 ont battu un nouveau record. Ce n’est pas anodin pour une compétition qui se dit inspirée de l’esprit des jeux
olympiques – même si un pays ne peut être représenté que par un seul et unique film.
Mais, l’industrie du cinéma étranger n’est pas si simple. Si les studios hollywoodiens ont assez de ressources pour
pouvoir produire des films entièrement américains, ailleurs dans le monde, l’industrie du cinéma dépend de
partenariats financiers ou d’échange de talents entre pays. La France est le pays le plus impliqué dans ces coproductions internationales.
Techniquement, sur 83 films présentés aux Oscars cette année, 13 sont « français », dont le candidat turc Winter
Sleep (palme d’or à Cannes en 2014) qui a été coproduit avec la France et l’Allemagne, ou le candidat mauritanien
Timbuktu, financé par la France. Quant au belge Deux jours, une nuit, il a été majoritairement financé par la France et
une actrice française Marion Cotillard y tient le rôle principal. L’israélien Gett, le procès de Viviane Ansalem a été
majoritairement produit par la France et un part importante des dialogues du film sont en français (aucun autre pays
ne soutient plus le cinéma israélien que la France). Enfin la Chine a surpris tout le monde en choisissant, Le
Promeneur d’oiseau, un film indépendant à petit budget réalisée en mandarin par le français Philippe Muyl. Mais le
traité de co-production entre les deux pays permet aux films français de passer outre les quotas d’importation en
vigueur en Chine.
Pour autant, aucun de ces films ne ressemblent à des « films français ». C’est ainsi que les Français conçoivent ces
partenariats : ils permettent à des projets étrangers d’émerger en restant fidèles à leur propre culture. Cette situation
correspond bien à l’ADN culturel du pays. Le CNC fournit en effet de nombreux canaux par lesquels des artistes
étrangers peuvent demander un soutien financier, notamment le Fonds Sud, un programme dont le but est de
soutenir des productions françaises en partenariat avec des pays en voie de développement.
Ces partenariats bénéficient à l’industrie audiovisuelle française. Les chaînes de télévision françaises recherchent
sans cesse de nouveaux contenus, et sont prêtes à s’impliquer très tôt dans la production pour acquérir les droits de
diffusion. Si la plupart de ces coproductions sont tournées à l’étranger, la post production a lieu en France. Philippe
Muyl explique qu’« en Chine, il n’y a pas de monteurs. Les réalisateurs doivent faire le montage eux-mêmes, c’est
pourquoi ils aiment faire leur post-production en France », comme il l’a fait pour Le Promeneur d’oiseau.
Une autre explication potentielle est le passé colonial de la France. Contrairement aux Anglais et aux Américains (qui
ont certes planté leurs drapeaux sur d’autres terres mais sont plus « nationalistes » dans leur production artistique), la
France à une longue tradition de soutien aux artistes étrangers. Cette tradition se perpétue avec le festival de Cannes
qui invite chaque année les voix les plus passionnantes du cinéma mondial à présenter leurs œuvres en avantpremière. Cela encourage ensuite l’industrie française à suivre ces réalisateurs sur de nouveaux projets.
« Souvenez-vous, Paris dans les années folles accueillait Brancusi, Modigliani, Picasso, Hemingway, Max Ernst et
toute sorte de musiciens venant de l’Europe de l’Est » explique Isabelle Giordano, directrice générale de Unifrance.
« Nous sommes un pays où se rencontrent les cultures, cela transparait dans la pré-sélection des Oscars ».
D’après les statistiques du CNC, la France a produit 209 films l’année dernière, dans lesquels on retrouve cependant
souvent les mêmes acteurs, les mêmes réalisateurs et des thèmes récurrents (Saint Laurent, le film sélectionné pour
représenter la France aux Oscars est le deuxième film sur le couturier sorti en 12 mois). « Je préfère être impliqué
dans la production d’un film Géorgien ou Colombien pour lequel il faut se battre un peu, plutôt que de produire encore
une fois le même type de film en France » déclarait par exemple le producteur Guillaume de Seille. Grâce à sa
société de production, Arizona Films, il produit entre 5 et 6 films chaque année avec des partenaires
internationaux. « En moyenne 2 films par an sont rentables, ce qui me permet de prendre des risques sur d’autres
productions ». Ces partenariats aboutissent à un travail dont il peut être fier. Deux coproductions de de Seille sorties
en 2014 ont été sélectionnées pour concourir aux Oscars : le chilien To Kill a Man et le géorgien Corn Island.
Source : French Have a Finger in Foreign-Language Pies, Variety, 02/01/2015
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Box-Office américain 2014 : des chiffres au plus bas depuis 20 ans
Le nombre de tickets de cinéma vendus en 2014 en Amérique du Nord est à son plus bas depuis 20 ans.
Selon des premières estimations, environ 1,26 milliard de tickets ont été achetés entre le 1er janvier et le 31
décembre 2014. C’est le nombre le plus bas depuis 1995 (1,21 milliard) et 1994 (1,24 milliard).
Les chiffres officiels pour 2014 ne seront annoncés que lorsque la National Association of Theater Owners aura
calculé le prix moyen du ticket de cinéma pour 2014 (qui ne peut être fait avant d’avoir la moyenne du quatrième
trimestre de l’année). Cependant, le prix moyen du ticket pour 2014 devrait être au moins de 8,15 dollars, alors qu’il
était de 8,13 dollars pour 2013.
Il semble que la fréquentation soit en baisse de 6% par rapport à 2013, où les entrées avoisinaient les 1,34 milliard.
Les entrées ont fluctué considérablement au cours des dernières années, et en particulier depuis l’avènement de la
3D. Un record avait été atteint en 2002 avec 1,57 milliard de tickets vendus, en partie grâce à Spider-Man (403
millions de dollars générés), Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours (339,8 millions), Star Wars : Episode II –
l’Attaque des Clones (302,2 millions), Harry Potter et la Chambre des Secrets (262 millions) et Mariage à la grecque
(241,4 millions).
Le montant global du box-office nord-américain en 2014 devrait atteindre les 10,36 milliards de dollars, soit 5% de
moins qu’en 2013 et marquer ainsi la plus forte baisse depuis 9 ans.
L’industrie du cinéma tire toutefois profit d’une bonne saison automnale et hivernale, en particulier celle des fêtes de
noël, pour contrer les mauvais résultats estivaux, qui avaient chuté de 15% par rapport à 2013 et atteint leurs plus
bas niveau depuis huit ans.
Un certain nombre de films sortis pendant l’été n’ont pas marché aussi bien qu’espéré, comme The Amazing SpiderMan 2 de Sony (sorti le 2 mai) et Transformers : L’Âge de l’Extinction de Paramount (27 juin). Hunger Games – La
Révolte : Partie 1 de Lionsgate, sorti en novembre, est la deuxième sortie de 2014 à dépasser les 300 millions de
dollars après Les Gardiens de la Galaxie de Disney et Marvel (sorti le 1 août). Le film ne sera fera toutefois pas aussi
bien que ses prédécesseurs, chacun ayant rapporté 400 millions de dollars aux Etats-Unis. Jusqu’à présent, Les
Gardiens de la Galaxie est le film qui a rapporté le plus aux Etats-Unis en 2014 avec 332 millions de dollars, même si
Hunger Games – La Révolte : Partie 1 n’est pas loin derrière, avec pour l’instant 306 millions de dollars.
Box Office 2014: Moviegoing Hits Two-Decade Low, de Pamela McClintock, The Hollywood Reporter, 31 décembre
2014
Une année 2014 très francophile pour “The New Yorker”
Sous la plume du critique Richard Brody, “The New Yorker” publie son Top pour l’année cinéma écoulée. Avec cette
année une très belle part au cinéma français.
C’est une habitude très anglo-saxonne, qui s’est propagée depuis au reste du monde : publier les Tops de l’année
écoulée. Musique, littérature, et cinéma bien sûr, comme vient de le faire l’influent et prescripteur magazine culturel
“The New Yorker” via son critique vedette Richard Brody.
Une liste de 30 films dont 2 français figurent respectivement en 3e et 4e position : Adieu au langage de Jean-Luc
Godard, et Le Dernier des injustes de Claude Lanzmann.
Entre la 11e et la 30e place (sans ordre précis) ont été retenus Jimmy P. – Psychothérapie d’un Indien des plaines de
Arnaud Desplechin, Aimer, boire et chanter de Alain Resnais, L’Inconnu du lac, de Alain Guiraudie, La Jalousie de
Philippe Garrel, L’Image manquante de Rithy Panh, et Tip Top de Serge Bozon. Et une co-production française
minoritaire : Histoire de ma mort de Albert Serra. Aucun autre pays n’aligne une telle quantité de films, choisi parmi
les fleurons du cinéma d’auteur mondial de l’année écoulée.
Tout aussi intéressante est la liste des “meilleurs films non distribués” sur le territoire américain, parmi lesquels
figurent 3 films emblématiques de la “Nouvelle Nouvelle vague” française : La Fille du 14 Juillet de Antonin Peretjatko,
Tonnerre de Guillaume Brac, et La Bataille de Solférino de Justine Triet (mention spéciale à Vincent Macaigne, qui
joue dans ces trois films).
Signalons que le Top de Richard Brody comprend également la liste des meilleurs chefs opérateurs de l’année, où se
distinguent trois Français : Darius Khondji (pour The Immigrant), Willy Kurant (pour La Jalousie), et Claire Mathon
(pour L’Inconnu du lac).
Marion Cotillard est également citée dans le Top des meilleures actrices pour sa composition dans The Immigrant de
James Gray.
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Quant à Richard Brody lui-même, il a été décoré lundi 15 décembre de l’insigne de Chevalier de l’Ordre des Arts et
des Lettres pour ses brillants écrits sur le cinéma français et particulièrement la nouvelle vague. Il s’est vu remettre
cette distinction par le conseiller culturel Antonin Baudry lors d’une cérémonie intime au sein de la librairie Albertine à
New York, en présence de sa famille et de ses plus proches collègues de l’hebdomadaire, dont son rédacteur en chef
David Remnick. Richard Brody est l’auteur d’une biographie sur Jean Luc Godard intitulée Everything Is Cinema: The
Working Life of Jean-Luc Godard et travaille actuellement à l’écriture d’un deuxième ouvrage sur le sujet. Cette
décoration a été suivie d’une discussion à la librairie Albertine avec l’historien et critique de cinéma Antoine de
Baecque sur les auteurs de la nouvelle vague.
Nouveaux licenciements massifs chez DreamWorks
Le studio DreamWorks Animation qui compte environ 1950 employés s’apprête à lancer un plan de licenciement. Le
nombre de licenciés n’a pas encore été annoncé mais il pourrait être supérieur à celui de 2014 (350 personnes). Le
personnel de production du studio sera directement touché, et notamment les créatifs (scénaristes et animateurs).
Les raisons ? Une volonté de restructuration et les mauvaises performances financières du studio, dues notamment
aux échecs commerciaux de films d’animation comme Mr Peabody & Sherman, Rise of the Guardians et Turbo.
Même le très médiatisé Les Pingouins de Madagascar sorti en salles en novembre entraînera probablement à son
tour une perte pour DreamWorks.
Sur les trois premiers trimestres de 2014, le studio a connu une baisse de revenus de 10% soit une perte de 46.4
millions de dollars alors même que l’année précédente, les bénéfices avaient atteint 37.9 millions de dollars.
Par ailleurs, la direction du studio a récemment connu un profond remaniement avec le départ du directeur artistique
Bill Damaschke et les nominations de Bonnie Arnold et Mireille Soria comme co-présidentes des longs métrages
d’animation.
Enfin, il faut aussi rappeler l’échec des négociations pour vendre le studio. Le CEO Katzenberg avait tenté de
négocier une fusion avec notamment l’entreprise japonaise de télécommunication Softbank, le créateur de jouets
Hasbro, et le studio 21st Century Fox.
On se souvient que déjà en 2014, un des studios américains concurrents de la DreamWorks, Sony Pictures
Imageworks alors basé à Los Angeles avait délocalisé son siège à Vancouver afin de bénéficier des incitations
fiscales généreuses de la Colombie Britannique, ce qui avait entraîné un nombre important de licenciements.
DreamWorks Animation Planning Layoffs, The Hollywood Reporter, 19/01/2015
VOD
Les sorties en salles de nouvelles productions originales d’Amazon
Amazon prévoit de produire une douzaine de films en 2015 et ce en remettant une nouvelle fois en cause la
chronologie des medias (qui, sans être inscrite dans un cadre législatif stricte, est encore majoritairement respectée
aux Etats-Unis). Amazon a ainsi annoncé « vouloir produire et acquérir des œuvres originales qui sortiront en salles
peu avant d’être diffusées en ligne sur Amazon Prime Instant Video». Ces films seront disponibles sur la plateforme
de streaming quatre à huit semaines après leur sortie en salles ; c’est donc un lapse de temps plus court que les 3
mois habituels d’exclusivité généralement accordés aux cinémas.
Dans cette perspective, Amazon a engagé Ted Hope, ancien producteur chez Good Machine pour diriger le
département des productions originales (« Amazon Original Movies »). Amazon n’a pas encore annoncé de ligne
éditoriale pour cette douzaine de nouvelles productions mais il est probable que le cinéma indépendant sera privilégié
au détriment des blockbusters – ce qui devrait un peu rassurer les principaux réseaux d’exploitants de salles inquiets
de voir une nouvelle fois leur fenêtre d’exclusivité attaquée. Le choix de Ted hope n’est pas anodin. Good Machine
avait produit des films très bien accueillis par la critique, comme Safe de Todd Haynes, The Brothers McMullen
d’Edward Burns, ou Lovely and Amazing de Nicole Holofcener. Après que Good Machine a été vendu à Universal (en
2001), Ted Hope avait créé This is that, une société de production indépendante. Ted Hope a reçu le Grand Prix du
Jury à Sundance plus souvent que n’importe quel autre producteur.
Le vice-président d’Amazon Studios se montre généreux : « Non seulement, nous allons pouvoir proposer à nos
abonnés des films originaux en exclusivité, peu de temps après leur sortie en salles, mais nous espérons aussi que
cela profite à des réalisateurs dont les créations osent sortir des sentiers battus et qui méritent un public ».
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Amazon Studios semble en pleine évolution et défie son principal concurrent Netflix : Il y a quelques semaines, deux
Golden Globes ont été attribués à sa série originale diffusée en primetime, Transparent. Et plus récemment encore,
Amazon a annoncé sa décision d’engager Woody Allen pour réaliser une nouvelle série.
Amazon Original Movies: Ted Hope To Lead Theatrical, Streaming Productions, Forbes, 19/01/2015
Les nouveaux systèmes de monétisation des auteurs sur YouTube
Ces derniers mois on a observé un nombre croissant de systèmes ayant pour objectif la monétisation des vidéos et la
rémunération de leurs créateurs sur YouTube. Du système de financement participatif Fan Funding, à la gestion des
droits d’auteurs identifiés grâce au nouveau content ID en passant par YouTube Money, la plateforme tenterait-elle de
répondre – certes encore très lentement et partiellement – aux réclamations des auteurs ?
 Fan Funding, un système de crowdfunding pour aider les indépendants
YouTube a lancé son service de crowdfunding qui permet de directement verser de l’argent aux créateurs de
contenus indépendants alors qu’ils regardent les vidéos. La fonction, simplement appelée Fan Funding, apparaît en
haut à gauche de certaines vidéos et offre aux utilisateurs la possibilité de virer de l’argent aux producteurs. La
fonction n’est pas automatiquement ajoutée pour tous les créateurs qui doivent préalablement activer une option pour
autoriser l’utilisation de ce service.
Google prend une part sur les donations faites et le pourcentage varie selon l’origine de la donation. Pour l’instant,
Fan Funding est disponible seulement aux Etats-Unis, Mexique, Australie et au Japon. Google prend environ 5% du
montant total, auxquels il faut ajouter de faibles frais de transaction. Aux Etats-Unis, ces frais sont de 0.21$ tandis
qu’ils sont de 2$ au Mexique.
YouTube a ajouté cette option afin de satisfaire davantage les créateurs de contenu. Ceux-ci permettent non
seulement à YouTube de gagner des millions de dollars via les publicités, mais aussi d’avoir une offre toujours plus
riche.
Plus d’informations : Billboard / Forbes
 YouTube redistribue 1 milliard de dollars grâce au « content ID »
En octobre dernier YouTube a confirmé un événement majeur auprès de Billboard : en 7 ans, 1 milliard de dollars a
été redistribué grâce à leur outil Content ID. Celui-ci permet aux titulaires des droits d’auteurs d’identifier et de gérer
facilement leur contenu sur YouTube.
YouTube a 1 milliard d’utilisateurs actifs chaque mois qui regarde plus de 9 milliards d’heures de vidéos. Content ID
est utilisé par les entreprises (labels, studios de films …) afin de monétiser les vidéos mises en ligne sans le
consentement des producteurs – et non celles dont le contenu a été chargé par les propriétaires des droits.
Plus d’informations : Billboard
 Tunecore lance « YouTube Money » pour aider les artistes à monétiser leurs vidéos
Le distributeur digital TuneCore a annoncé le mois dernier le lancement de YouTube Money, un nouveau service qui
permet à tous les artistes associés de TuneCore de monétiser leurs enregistrements sur YouTube. Selon le
distributeur, les artistes choisissent les titres qu’ils désirent contrôler et TuneCore collecte pour eux un pourcentage
des revenus publicitaires associés aux vidéos. Les gains sont déposés sur le même compte TuneCore que les
revenus issus de la distribution et des royalties.
Les artistes peuvent utiliser YouTube Money afin de monétiser n’importe quelle vidéo qui utilise leurs oeuvres: celles
qu’ils postent eux-mêmes comme celles provenant d’une autre chaine YouTube. C’est d’autant plus important que,
d’après une enquête menée par TuneCore sur ses artistes, YouTube est le troisième point de distribution après
iTunes et Spotify.
D’après le PDG de TuneCore, Scott Ackerman, « les musiciens et auteurs ont aujourd’hui besoin de maximiser leurs
revenus à travers tous les points de distribution et plateformes, Tune Core est présent pour rendre le processus
simple et efficace », et « comme l’importance de YouTube augmente en termes de distribution, nous voulons nous
assurer que les artistes en tirent les bénéfices associés ».
Plus d’informations : Billboard
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LEGISLATION
Enchères record pour l’attribution de fréquences par la Federal Communications Commission
Confronté à la rareté du spectre électromagnétique face aux besoins croissants des télécommunications mobiles, le
Président Obama avait appelé dès 2009 la NTIA, National Telecommunications and Information Administration et la
FCC, Federal Communications Commission, à réallouer 500 MHz de fréquences d’ici 2020 (qu’elles soient détenues
par des acteurs ou libérées par le gouvernement fédéral).
C’est dans ce cadre que la FCC a ouvert le 13 novembre une mise aux enchères de fréquences situées entre 1695
MHz et 1710 MHz, auparavant réservées principalement à la National Oceanographic and Atmospheric
Administration pour des prévisions météorologiques et des alertes climatiques. Cette enchère a atteint début
décembre le record de 43 milliards de dollars. Qualifiée d’« historique » par la Telecommunications
Industry Association, cette opération dont le montant dépasse de beaucoup les estimations de la FCC (qui en
attendait 10 milliards) illustre bien la situation de pénurie de fréquences mobiles. Les opérateurs de
télécommunications mobiles cherchent ainsi à élargir leur accès au spectre pour satisfaire la consommation
croissante de contenus multimédia en haut débit.
L’identité des offrants reste secrète jusqu’à la clôture des enchères, qui continueront jusqu’à épuisement des offres.
AT&T et Verizon, les deux premiers opérateurs mobiles du pays, ainsi que Dish Network, diffuseur de télévision par
satellite, seraient les participants majeurs. Le produit des enchères servira en particulier à financer FirstNet, le réseau
d’urgence national développé par le gouvernement, à moderniser le réseau 911 ainsi qu’à réduire le déficit public.
Ella Filippi
Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington
RADIO
Les reversements des royalties par SoundExchange ont encore augmenté
SoundExchange a reversé 161 millions de dollars aux artistes et détenteurs de droits durant le 2ème trimestre de
cette année, soit une augmentation de 8% par rapport à la même période l’an passé. Le nombre de bénéficiaires,
artistes et labels confondus, a lui aussi augmenté : passant à 34% contre 22.34% l’année dernière.
Ces chiffres sont encourageants et permettent de dire que la redistribution trimestrielle aux radios digitales noninteractives est en bonne voie pour égaler le niveau des autres revenus tirés du streaming.
Même si les services comme Pandora, SiriusXM et iHeartRadio sont des sources de revenus incontournables dans
l’industrie du streaming, leur taux de croissance a cependant nettement ralenti. La redistribution du deuxième
semestre a légèrement baissé par rapport aux 162,6 millions redistribués lors du premier trimestre 2014. Les
paiements du deuxième trimestre ont eux aussi été plus faibles que les 170 millions de dollars payés au quatrième
trimestre 2013.
Plus d’informations : Billboard
MUSIQUE
Meilleure année depuis 20 ans pour les concerts en stade
Selon Boxscore, 2014 serait la meilleure année pour les concerts en stade depuis 20 ans. Live Nation, plus gros
producteur de concerts au monde, a produit 72 concerts avant même que l’année ne soit terminée. D’autres
promoteurs feraient même monter ce chiffre à 100. Cela est bien plus qu’en 1994, « l’Année du Stade » selon
Billboard, où le duo Billy Joel et Elton John, The Eagles, Pink Floyd et les Rolling Stones avaient réuni presque 9
millions de fans à travers 214 concerts en Amérique du Nord.
Billboard estime que les concerts en stade devraient générer 300 millions de dollars en 2014, notamment grâce à un
nouveau public amateur de concerts géants, des productions bien menées, du matériel audio et vidéo de pointe et un
marché qui permet de produire des tournées réunissant entre 45 000 et 80 000 personnes à chaque concert.
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Selon Bob Roux, co-président des concerts en Amérique du Nord pour Live Nation, plus de 3 millions de fans verront
des concerts Live Nation de ce type en 2014 et « chacun de nos 72 représentations seront rentables ». Il dit aussi
que tant que les artistes pourront vendre 40 000 tickets, ce boum continuera de perdurer et il ne serait pas surpris de
voir des chiffres similaires en 2015.
En revanche, Brad Wavra, Vice-President Senior du département des tournées nord-américaines chez Live Nation,
pense qu’il y a encore quelques belles années à prévoir pour ce format mais que la tendance ne durera pas sur le
long terme. Selon lui, « le marché changera encore » et reviendra à des concerts à taille plus humaine.
Plus d’informations : Billboard
L’industrie musicale un secteur toujours en difficulté (Rapport RIAA)
Il y a quelques mois Billboard annonçait la baisse du nombre d’emplois dans les industries musicales et
cinématographiques. En effet, ces deux industries ont perdu à elles seules plus de 30 000 emplois depuis le mois de
janvier et les études du BLS (Bureau of Labor Statistics) prévoient que le nombre total d’emplois aux Etats-Unis de
ces 2 marchés tombe en dessous de 300 000 d’ici la fin de cette année.
Les ventes d’albums suivent la même tendance et le marché ne cesse de chuter – déclin accentué par le succès des
plateformes de streaming. Le nombre d’albums vendus durant la dernière semaine d’août de cette année n’a jamais
été aussi faible depuis 1991 et ce chiffre est passé en dessous de 4 millions d’unités vendues.
Le rapport RIAA de mi-année ne fait que confirmer le déclin de l’industrie musicale (environs -5%) ; Billboard propose
d’ailleurs 5 tendances marquantes dans un extrait du rapport de cette année :
1/ La croissance de l’industrie du streaming compense le déclin du nombre de téléchargements.
2/ L’appauvrissement des revenus engendré par la baisse des ventes de CDs est dorénavant un problème
secondaire.
3/ Le marché des abonnements payants de la musique est moins profitable que ce que l’on peut penser.
4/ La publicité est indispensable au marché de la musique digitale.
5/ Les revenus engendrés par la synchronisation ne sont pas aussi bons que ce que l’on peut penser.
Plus d’informations sur la diminution du nombre d’emplois, la chute des ventes et sur le rapport RIAA / Billboard
Comment les étudiants américains écoutent la musique ?
Chaque automne, des millions d’étudiants s’installent dans des universités pour étudier, sociabiliser et préparer leur
futur. La musique qu’ils découvrent durant cette période aura une influence sur celle qu’ils écouteront pour le reste de
leur vie.
Bien qu’il y ait différents facteurs à prendre en compte, chaque individu a tendance à établir ses gouts musicaux
durant les études supérieures. La jeune fille qui avait pour habitude d’écouter du rock classique peut ainsi découvrir le
jazz vintage et l’amateur d’EDM se rapprocher du hip-hop. La musique accompagne les étudiants dans leurs
expériences durant cette période où les jeunes sociabilisent de manière accentuée et sont exposés à de nouveaux
styles musicaux en permanence.
Spotify a donc mené une étude auprès de 40 universités ayant les taux d’abonnements les plus élevés afin d’identifier
les écoles les plus sensibilisées par la musique. Cette étude a également permis de dégager les styles musicaux les
plus appréciés par les étudiants.
Paul Lamere, directeur de la plateforme de développement pour The Echo Nest chez Spotify a identifié plusieurs
caractéristiques distinctes qui varient selon les facultés: les artistes, les titres, les genres. Ces traits « distinctifs »
signifient qu’une école écoute une chanson, un artiste ou un genre de manière disproportionnée par rapport aux
autres écoles.
« On a observé quelques variations dans les habitudes d’écoute, particulièrement en fonction des musiques et
artistes qui définissent les goûts d’une école » note Lamere.
« J’étais aussi intéressé d’obtenir plus d’informations sur les cycles de sommeil des étudiants au travers de la
musique – il est étonnant de voir que les étudiants de certaines écoles restent éveillés tard, certains se lèvent tôt et
d’autres font les deux. »
Quelques observations qui se dégagent de cette étude :
–
Dans les villes « qui ne dorment jamais » : les chiffres montrent que les étudiants de NYU dorment en moyenne
moins que ceux des autres universités. Ils écoutent également plus de musique dite « slowcore » et « hipster ».
–
Le classique est le genre musical le plus écouté dans l’état de l’Ohio.
–
Le pic d’écoute -toutes écoles confondues- est à 16 heures.
–
Les étudiants de l’université d’Alabama écoutent presque deux fois plus de musique country que la moyenne.
Plus d’informations : Spotify / Consequence of Sound
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