et Police Sécurité Privée - Crime
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Police et Sécurité Privée NOTES DU COURS CRI 6226 CRIME-REG.COM/POLICE6226 PROFESSEUR : STÉPHANE LEMAN-LANGLOIS ÉCOLE DE CRIMINOLOGIE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL C OU R S 7 : S TRATÉGIE POLICIÈRE (2) : ILP 1 a b c d e Nouveau modèle policier : la « police de renseignement criminel » (intelligence-led policing) Facteurs d’ém ergence du m odèle (initialem ent en GB) (1) le concept de risque : non pas qu’il y a davantage ou m oins de risque qu’auparavant, m ais bien qu’un calcul « actuariel » des probabilités qu’un événem ent arrive ou non doit gouverner la prise de décision stratégique. (2) m odèles de gestion fondés sur les objectifs et l’efficience organisationnelle et individuelle ; foisonnem ent de statistiques sur les perform ances (3) développem ent rapide et diffusion à faible coût de nouvelles technologies de l’inform ation ; dém ocratisation de l’expertise en TIC (4) restrictions budgétaires depuis les années 1990 (5) Contacts plus intenses avec les com pagnies d’assurances (Ericson et Haggerty, 1997) (6) Pressions internationales pour l’échange de renseignem ent — nécessitent la production de ce renseignem ent (7) Input de la recherche, culture des « best practices » (associations de chefs de police, entre autres) ; disponibilité d’un bassin d’analystes form és à l’université Exem ples : profilage crim inel, prévention stratégique, « hot spot policing » L’élém ent de base de cette conception est donc l’information : pour évaluer les risques, il est im pératif de disposer de l’inform ation nécessaire. Dans la sphère de la police, il s’agit de renseignement policier et de renseignement de sécurité. C’est une nouvelle conception de la crim inalité, non pas sous form e d’incidents, m ais bien de probabilités influencées par la qualité de l’inform ation disponible. Conséquences : (1) m ultiplication des collectes de données et des banques de données sur tous les aspects de la vie (2) répartition du travail selon les « points chauds » (3) surveillance accrue de personnes « à risque » (4) recentralisation du pouvoir policier, utilisation à distance des agents de police, retrait de l’expérience-terrain (5) relative inutilité des relations com m unautaires Problèmes (Ratcliffe, 2002) : (1) obsolescence des équipem ents inform atiques, non-interopérabilité (2) prévalence des erreurs (3) rôle et position organisationnelle de l’analyste — réalité de l’intelligence-LED difficile à instaurer. De plus, l’analyste est rarem ent policier, les policiers sont rarem ent analystes (problèm e de la form ation). (4) l’utilisation d’inform ateurs est problém atique (droit, éthique vs. obligation de résultats / pragm atism e) 22/ 37 a b c a b c d e a 2 Nature du renseignement Définition : le renseignem ent, c’est l’organisation logique, utile, efficace d’une suite d’inform ations portant sur un sujet particulier. (1) renseignem ent criminel : porte sur les auteurs, les événem ents, les sentences, les réseaux, les actifs et passifs, les déplacem ents, les endroits, les m oyens de transport, les m éthodes de com m unication, etc. relatifs au crime commun. (2) renseignem ent de sécurité : porte sur la prévention des attaques contre la sécurité nationale (subversion, ingérence de puissances étrangères, espionnage, terrorism e). Le renseignem ent de sécurité s’étend à l’étranger. (3) renseignem ent militaire : porte sur l’équipem ent, les effectifs, les déplacem ents, les m éthodes, les technologies, les stratégies et tactiques de forces m ilitaires étrangères. Inclue la protection des bases des forces canadiennes (FC). (4) le renseignement ne constitue pas une preuve. La preuve est de nature différente, elle vise l’inculpation d’individus, et doit répondre à des critères légaux stricts. Ainsi, savoir n’est pas équivalent à pouvoir prouver. Sources de renseignem ent : (1) sources « ouvertes » : en général, correspond à ce qui est disponible au public : m édias, docum ents officiels, publications, discours publics, procès, rapports d’expertise, Internet(… ), rapports annuels (2) sources « ferm ées » : ce qui est confidentiel, réservé, d’usage exclusif, ou « secret défense » : infiltration, délation, observation directe, interceptions, surveillance, échanges, analyse avec « plus-value ». Types de sources (1) HUMINT : (Hum an Intelligence). Correspond à l’ensem ble des sources hum aines, tém oignages, infiltration, observation, interrogatoires, délation, écoute directe. (2) SIGINT : (Signal Intelligence). Ici on regroupe les interceptions diverses de com m unications, et par extension les sources im pliquant une form e de technologie de surveillance. (3) Docum ents : il existe généralem ent une m ontagne de docum ents sur les sujets qui peuvent intéresser un organism e de renseignem ent. Les difficultés sont de i. savoir qu’ils existent; ii. les trouver, iii. savoir être sélectif. 3 Cycle du renseignement Planification / identification d’objectifs : au départ, les autorités politiques ou adm inistrative établissent des priorités Collecte : étape où on am asse les inform ations. Il faut veiller à leur validité en les corroborant si nécessaire. Analyse : étape la plus im portante. On pense souvent au renseignem ent en term es de collecte, et on cherche toujours à am asser davantage. Ceci est une erreur : inutile de collecter plus d’inform ation qu’on est capable de digérer. L’analyse donne de la valeur à l’inform ation brute en la rendant intelligible. Elle perm et la form ulation de certaines hypothèses sur ce qui se passe, qui connaît qui, qui fait partie ou ne fait pas partie d’un réseau, etc. Diffusion : à ce stade il faut rem ettre à ceux qui en ont besoin le résultat des analyses. Cette diffusion aux « clients » engendre un nouveau cycle, de nouvelles cibles et m issions. Problèm e : partage de l’information. Toutes les organisations subissent une certaine tension entre la nécessité pratique, dans un but collectif, de m ettre en com m un le renseignem ent, et la volonté de d’individus de conserver pour eux des inform ations précieuses. 4 Buts du renseignement Objectifs tactiques : renseignem ents nom inatifs visant la conduite d’enquêtes (1) réseaux de crim inels (2) activités illégales 23/ 37 (3) (4) (5) (6) (7) b a m odus operandi capacités, lim ites, intentions de groupes / d'individus sources de financem ent individus / groupes subversifs espions (m ilitaires, industriels etc) Objectifs stratégiques : renseignem ents servant à orienter les priorités, politiques et pratiques policières ou gouvernem entales (1) état de situation (2) tendances à long term e (3) évolution du m ilieu crim inel (4) identification / évaluation de m enaces à l’ordre public (5) transform ation du cadre norm atif (6) program m es de contre-offensive (7) m odification des politiques crim inelles ou des relations diplom atiques 5 Organismes de renseignement Renseignem ent criminel (1) GRC ! dans les années 1970 le renseignem ent crim inel reste une activité ad hoc: on en fait lorsqu’on en a besoin (grandes enduites, événem ents) ! à partir de 1980 le renseignem ent, en tant qu’activité perm anente, continuelle, prend son envol avec le Fichier des crim es graves (FCG), avec lequel on tente de conserver la trace de différentes inform ations relatives à des crim es contre la personne. Rem placé par le Systèm e d'analyse des liens sur la violence associée aux crim es (SALVAC). ! niveau interne : Direction du renseignem ent crim inel ; outil : Banque nationale de données crim inelles (BNDC) ! niveau national : Service canadien du renseignem ent crim inel (SCRC). (i) le SCRC est un centre d’intégration du renseignem ent policier national. (ii) ce renseignem ent est ensuite diffusé par le bias du SARC, Systèm e autom atisé de renseignem ents sur la crim inalité (380 organism esm em bres ont accès) (Automated Criminal Intelligence Information System (ACIIS) (iii) CIPC (Centre d’inform ation de la police canadienne) contient les descriptions de biens et voitures volés, et accès à d’autres banques de données (2) Sûreté du Québec ! Structure adm inistrative : division de la direction de la protection de l’État ! Historique : (i) créé à la suite de l’apparition du FLQ en 1963 (ii) 1969 : ém eute de la Murray Hill; Robert Dum as, agent infiltrateur de la SQ, est abattu par agents de sécurité privée (iii) 1970 : enlèvem ents de Cross et Laporte (iv) 1976-1980 : réform e du service dans sa form e m oderne; agents de renseignem ent dans chaque district; service central d’analyse (v) 1980 : 1 er référendum . Protection des personnalités politiques (vi) 1981 : rapport Keable (vii) 1984 : visite du Pape; développem ent de la dim ension « vigilance internationale » ! Vigilance internationale 24/ 37 (i) ! « évaluations de m enace » dans 2 cas principaux : voyages du PM, dignitaire étranger au Québec, et invité par le Québec (si invité par Ottawa, il serait pris en charge par la GRC) (ii) Doctrine Gérin-Lajoie : com pétences du Québec s’étendent à l’étranger Conseiller en renseignem ent de sécurité (i) « lessons learned », « leçons à tirer » (ii) Analyse / com pte rendus de docum ents (iii) Rapport du Sénat sur le 11 septem bre : trop d’em phase sur le tactiqu e au détrim ent du stratégique ; problèm es de communication : m ultiplication des intermédiaires, absence d’une structure form elle d’échange ; systèm e inform atique désuet ; m éconnaissance des langues étrangères ; problèm es de gestion : doublage des fonds au terrorism e, dim inution des autres services. 25/ 37