Le traitement antirétroviral et le safer sex - Pas-de

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Le traitement antirétroviral et le safer sex - Pas-de
MÉDECINE | SOCIÉ TÉ | DROIT
Swiss Aids News
1 | F É VRIER 2008
Le traitement antirétroviral et le safer sex
ÉDITO RIAL
2 Coopération au sein du système VIH/sida
PRO GRAMME NATIONAL VIH/SIDA
3 Catastrophe pour la prévention?
MÉD EC INE
4 VIH sous contrôle thérapeutique
6 Recommandations pour la consultation
SOCIÉTÉ
8 Bonnes nouvelles pour de nombreuses personnes séropositives
D ROIT
10 Règlement sur le VIH/sida à la place de travail
FORUM
12 Interviews avec des personnes séropositives
12 Grisélidis: travail de rue auprès des prostituées à Fribourg
INTERVIEW
13 Unsafe Surf et prévention de l’infection à VIH
C OLO NN E DU TESSIN
15 «Jodel latin»
PROJETS
16 «Mission: Possible»
ÉDITORIAL
Chère lectrice
Cher lecteur
Les photos de cette édition ont été réalisées
par Andreas Lehner, photographe à Zurich.
Exclusivement pour l’ASS, Lehner s’est
occupé dans ses images des différents
aspects des relations et du monde du
travail. Nous rendons une sélection de cette
série dans le numéro actuel de SAN. Les
acteurs sont Christoph Rath et Silke
Buckholz du théâtre am Neumarkt, Zurich.
mouton Fotografie
Andreas Lehner
0041 79 633 48 03
www.andreaslehner.com
[email protected]
IMPRESSUM
Edité par
Aide Suisse contre le Sida (ASS)
Office fédéral de la santé publique (OFSP)
Rédaction
Rainer Kamber, lic. ès lettres (rk),
rédacteur en chef
Claire Comte, lic. ès lettres (cc)
Lukas Meyer, lic. ès lettres (lm)
Dr iur. LL. M. Caroline Suter (cs)
Kristina Wagner, avocate (kw)
Dr phil. Harry Witzthum (hw)
Conseils techniques et lectorat
Dr méd. René Jaccard (rj)
spécialiste FMH médecine interne, Zurich
Version française
Jaime Calvé, Bâle (médecine)
Transit TXT, Fribourg (droit)
Mise en pages et présentation
Ritz & Häfliger, Visuelle Kommunikation, Bâle
SAN No 1, février 2007
Tirage: 5500, parution bimestrielle
© Aide Suisse contre le Sida, Zurich
Les SAN bénéficient du soutien
de l’Office fédéral de la santé publique
d’Abbott SA
de Boehringer Ingelheim (Suisse) SA
de Bristol-Myers Squibb SA
de GlaxoSmithKline SA
de Roche Pharma (Suisse) SA
de Tibotec, a Division of JANSSEN-CILAG AG
de TRB Chemedica, under licence from Gilead
Pour vos communications
Rédaction Swiss Aids News
Aide Suisse contre le Sida
CP 1118, 8031 Zurich
Tél. 044 447 11 11
Fax 044 447 11 12
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Swiss Aids News 1 | février 2008
Il y a un an exactement, dans le Swiss Aids News 1 de février 2007 (p. 3), la section
Sida de l’Office fédéral de la santé publique en informait pour la première fois. l’OFSP
avait invité la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida à répondre à la
question suivante: «Les personnes séropositives sous TAR dont la charge virale se
situe en dessous du seuil de détection sont-elles infectieuses?» La CFS invita à son tour
sa Commission spécialisée Clinique et Thérapie (CCT) à réunir les éléments avérés
pour répondre à la question, puis à émettre une recommandation sur cette base. La
CCT et la CFS sont des organes consultatifs et n’ont aucune compétence décisionnelle
d’ordre politique. C’est l’autorité ministérielle, l’Office fédéral de la santé publique
en l’occurrence qui possède l’autorité correspondante. La CCT a terminé ses travaux
à l’automne dernier et fait part de sa recommandation à la CFS. La CFS a formulé
une résolution et l’a soumise à la section Sida. L’OFSP a décidé pour finir, en accord
avec l’Aide Suisse contre le Sida, d’informer de façon ciblée les groupes concernés
par la recommandation de la CFS de même que le public en général. Le message est
le suivant: «Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant
un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle.»
L’OFSP souligne qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’un message de prévention du
VIH, mais du constat de l’«effet secondaire» réjouissant d’une thérapie antirétrovirale
efficace. Ce constat doit induire une adaptation de la jurisprudence, car les relations
sexuelles non protégées de personnes VIH-positives constituent encore et toujours
dans tous les cas un délit pénal poursuivi d’office. Plus encore: s’il n’existe pas,
médicalement parlant, de danger de transmission en cas d’une thérapie efficace, des
relations sexuelles non protégées ne sauraient constituer un comportement délictueux. Ce nouveau message constitue aussi un défi pour les médecins spécialistes du
sida et les services de consultation du système suisse VIH/sida. Il faudra appliquer
la recommandation de la CFS avec circonspection et en observant avec précision les
restrictions qu’elle implique. Pour réussir, les acteurs du système doivent opérer
de concert et en commun. Pour finir, toutes les personnes séropositives de Suisse
et leurs partenaires sont concernés par le nouveau message de la CFS: c’est à elles
qu’appartient de mettre en œuvre au quotidien ce message très réjouissant mettant
en exergue l’absence de transmission du VIH lorsque la charge virale est supprimée.
Souhaitons à tous les acteurs que leur action contribue en fin de compte à réduire
le nombre d’infections nouvelles autant qu’au bien-être des personnes séropositives
et de leurs partenaires.
Rainer Kamber
Rédacteur en chef de Swiss Aids News
P R O G R A M M E N AT I O N A L V I H/S I D A ( P N V S )
Catastrophe pour la prévention?
C’est «officiel» depuis la fin novembre 2007, décidé par la Commission fédérale suisse pour les problèmes liés au sida (CFS) et
public depuis janvier 2008: les personnes séropositives suivant
une thérapie antirétrovirale efficace ne transmettent pas le virus
sexuellement. La Suisse fait office de pionnière dans le monde en
faisant une telle déclaration. La CFS, ainsi que les organisations
et les organismes participants (OFSP, ASS, spécialistes du VIH)
ont tout mis en oeuvre pour ne pas donner l’impression que de ce
fait les choses allaient beaucoup changer dans la prévention. Or,
des voix se sont élevées à l’étranger par crainte de répercussions
négatives sur la prévention consécutives à une stratégie solitaire
de la Suisse.
D’un point de vue rationnel, il s’agit surtout d’une bonne nouvelle
pour toutes les personnes suivant une thérapie antirétrovirale
efficace et vivant avec un/une partenaire sérodifférent(e). Dans
ce genre de couple, il est désormais possible, après information
et consultation, de renoncer aux mesures de protection lors de
rapports sexuels. Nous continuons de recommander aux personnes
séropositives d’observer les règles de safer sex lors de contacts
anonymes et occasionnels, car elles limitent notablement le risque
de contracter une autre infection sexuellement transmissible. Mais
les personnes affectées ne doivent plus craindre de constituer un
risque pour leur partenaire lors de rapports sexuels.
Rien ne change pour les personnes séronégatives ou qui n’ont pas
effectué de test: en cas de relation stable, trois mois de protection
systématique et de fidélité réciproque restent la règle avant un test
commun. Et pour les contacts anonymes ou occasionnels, chacun
est responsable de sa propre santé. La nouvelle question sur la
thérapie efficace n’a pas plus de sens que l’ancienne question sur
le statut sérologique de l’autre.
TAR comme «Magic Bullet» t
de la prévention du VIH?
Si une thérapie efficace empêche l’infection, ne faudrait-il pas
traiter les personnes séropositives plus tôt? La «thérapie à titre
préventif» devra certainement faire l’objet de discussions dans les
mois à venir. Il faut savoir à cet égard que pour le financement
d’une thérapie à titre préventif par la LAMal, d’autres articles et
dispositions sont applicables que pour la prescription d’une TAR
comme indication thérapeutique. Il faut des données éprouvées,
répondant aussi à la question du rapport entre coût et bénéfice,
avant d’avancer le commencement de la thérapie à titre préventif. C’est alors seulement que peut s’ouvrir la procédure visant
à faire inscrire ce mode de thérapie antirétrovirale sur la liste
des mesures préventives dans l’esprit de la loi sur l’assurance
maladie (LAMal).
Le patient/la patiente doit toutefois demeurer au cœur de toutes
les réflexions: il/elle doit être disposé(e) à accepter de suivre une
thérapie antirétrovirale et de s’y tenir pendant des années. Les
traitements interrompus nuisent autant à la personne affectée
qu’à la santé publique: les souches de virus résistantes sont plus
difficiles à traiter individuellement et ne doivent surtout pas se
propager. Quiconque contracte aujourd’hui un virus résistant a un
pronostic moins favorable malgré les progrès obtenus grâce aux
médicaments antirétroviraux disponibles. Ces considérations sont
aussi le principal argument contre les traitements obligatoires:
seuls les patients prêts pour la thérapie la supporteront aussi!
Direction du programme national VIH/sida,
Office fédéral de la santé publique, Berne
Martin Dannecker:
nouvelle dimension du serosorting e?
Le professeur Martin Dannecker estime – aussi paradoxal que cela
puisse paraître – que, dans les milieux homosexuels, les hommes
efficacement traités pourraient devenir des partenaires très prisés
pour ceux qui éprouvent des difficultés à accepter le préservatif r.
Justement parce que les rapports non protégés sont possibles avec
eux sans grande inquiétude. Ce nouveau type de sérosélection
donnerait une nouvelle signification aux séropositifs, car, jusqu’à
présent, les séronégatifs s’étaient distancés sexuellement plus ou
moins ouvertement des séropositifs. Reste que se pose la question
de comment les hommes séronégatifs vont-ils apprécier la crédibilité d’un «je suis sous traitement» lors de rapports sexuels plus
ou moins anonymes.
e Serosorting: les partenaires sexuels sont choisis en fonction de leur statut sérologique. Jusqu’à présent, on entendait par là que les personnes, connaissant leur
propre statut (séronégatif ou séropositif), cherchaient un(e) partenaire de même
statut et avaient des rapports sexuels exclusivement avec des personnes de même
statut, afin de réduire le risque de transmission lors de rapports non protégés (cf.
Swiss Aids News 3, juin 2007, pp. 8-9).
r «HIV-Prävention in der Krise?», dans HIV&more, Sonderausgabe WeltAIDS-Tag
2007, pp. 12-13.
t Par analogie au classique d’Allan M. Brandt, No Magic Bullet: A Social History of
Venereal Disease in the United States Since 1880. With a New Chapter on AIDS, New
York: Oxford University Press, 1987.
Swiss Aids News 1 | février 2008
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MÉDECINE
VIH sous contrôle thérapeutique
Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre maladie sexuellement transmissible (MST) et suivant un traitement antirétroviral (TAR) efficace ne transmettent pas le
VIH par voie sexuelle. Sous certaines conditions spécifiques, les couples stables peuvent
renoncer aux règles de safer sex. Celles-ci demeurent toutefois la meilleure option pour
tous les autres groupes, ainsi que pour les relations sexuelles de type occasionnel en dehors
d’un partenariat stable. Ces faits doivent se répercuter sur la législation ayant trait aux
poursuites pénales encourues pour la transmission de l’infection à VIH.
Remarques
e Vernazza P, Hirschel B, Bernasconi E,
Flepp, M, «Les personnes séropositives ne
souffrant d’aucune autre MST et suivant
un traitement antirétroviral efficace ne
transmettent pas le VIH par voie sexuelle»,
Bulletin des médecins suisses, No 5,
30 janv. 2008, pp. 165-169, www.saez.ch.
r Pour toutes les références des études
mentionnées, voir la publication de l’article
en haut, p. 169.
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Swiss Aids News 1 | février 2008
L’OFSP avait invité la Commission fédérale
pour les problèmes liés au sida (CFS) et sa
Commission spécialisée Clinique et Thérapie
(CCT) en 2007 à établir si les personnes séropositives sous TAR dont la charge virale se situe
en dessous du seuil de détection sont encore
infectieuses. La CFS a achevé ses travaux en
automne 2007. Sa recommandation a été publiée récemment dans le Bulletin des médecins
suisses e. Voici un des messages centraux de
cette recommandation: «Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et
suivant un traitement antirétroviral efficace ne
transmettent pas le VIH par voie sexuelle.»
L’évidence nécessaire à cette déclaration
provient d’études par observation et d’études
cliniques effectuées ces dernières années.
Il faut bien comprendre que la probabilité
d’une transmission du VIH est bien liée aussi à
son mode (voie sanguine, contact sexuel), mais
qu’elle dépend essentiellement de la charge
virale qui caractérise les fluides corporels de
la personne infectée. Plus une quantité donnée
de sang, de sperme, de sécrétion vaginale ou
rectale contient de virus, plus la probabilité
d’une transmission est élevée. La charge virale varie au cours des phases de l’infection à
VIH et en particulier avec l’administration de
la TAR. Dans les deux semaines qui suivent
l’infection, la reproduction en masse du VIH
entraîne des charges de centaines de milliers,
voire de millions de virus par millilitre de
sang et des concentrations analogues dans les
sécrétions génitales. Après 20 jours environ,
la réponse immunitaire du corps infecté atteint son apogée, de sorte que la charge virale
baisse considérablement en l’espace de 2 à 4
semaines. Durant cette phase d’infection chronique, l’infectiosité est moindre. Elle reprend
de l’ampleur durant la phase tardive de l’infection, lorsque le système immunitaire perd
son combat contre la reproduction virale. La
charge virale peut toutefois augmenter durant
l’infection chronique à la suite d’activations
immunitaires déclenchées par d’autres infections. Les autres maladies sexuellement transmissibles (MST) jouent un rôle important en
combinaison avec l’infection à VIH, car elles
accroissent non seulement l’infectiosité des
personnes séropositives, mais aussi la vulnérabilité des personnes séronégatives.
Une TAR efficace parvient à stopper quasi
totalement la reproduction du VIH dans les
cellules hébergeuses. La charge virale passe
alors en dessous du seuil de détection dans le
sang et, différé, dans les autres fluides corporels r. L’objectif thérapeutique de récupération du système immunitaire affecté est ainsi
atteint. Indépendamment de cela, la suppression de la reproduction du VIH a pour effet
supplémentaire d’empêcher pratiquement
toute transmission virale par les personnes
séropositives suivant une thérapie efficace.
L’effet épidémiologique de ce fait cliniquement
avéré a été observé dans diverses études. Il
est apparu ainsi que l’administration des TAR
depuis 1996 s’est traduite par une baisse marquée de la fréquence des infections dans les
groupes à forte concentration épidémique. Par
ailleurs, diverses études effectuées auprès de
couples sérodifférents ont révélé que le partenaire séropositif suivant une TAR stabilisant
la charge virale en dessous d’un certain seuil
ne transmettait plus l’infection. Ce constat est
particulièrement étayé par une étude sur des
couples hétérosexuels formés par des partenaires sérodifférents ayant des rapports sexuels
non protégés en vue d’une grossesse. Dans cette
étude, tous les hommes suivaient une TAR et
aucune transmission du VIH ne s’est produite
parmi les 62 couples sous observation r.
Cette évidence permet d’ajuster la prévention de l’infection à VIH – sous certaines
conditions. La déclaration de la CSF est donc
valable lorsque le patient ou la patiente (1)
suit scrupuleusement la TAR, consulte régulièrement son médecin à ce sujet, (2) présente
une charge virale stabilisée en dessous du seuil
de détection depuis 6 mois au moins, et (3) ne
présente aucune autre maladie sexuellement
transmissible (MST).
La troisième condition montre de manière
significative que le respect des règles de safer sex hors des relations stables garde une
signification fondamentale pour la prévention
de l’infection à VIH. La recommandation de
la CSF contient donc encore d’autres restrictions importantes concernant la TAR comme
mesure préventive anti-VIH, le groupe cible
auquel est destinée la recommandation et les
conséquences pénales de la transmission.
Début de la thérapie. Dans sa recommandation, la CFS dit expressément que l’administration de la TAR pour des raisons préventives
«n’est pas souhaitable». L’emploi de la thérapie
demeure ainsi exclusivement une indication
médicale, et il ne faut tenter de «persuader»
aucun patient ou aucune patiente de suivre
ce genre de traitement à titre préventif. Une
telle démarche est à proscrire, car la motivation appropriée des patients est une condition
essentielle du succès thérapeutique.
Partenariats stables. Lorsque des partenaires sérodifférents (séropositif avec séronégatif) souhaitent avoir des rapports sexuels
non protégés, les trois conditions concernant
le partenaire séropositif doivent tout d’abord
être réunies. En second lieu, le/la partenaire
séronégatif/séronégative doit décider s’il ou
elle souhaite renoncer aux rapports habituel-
lement protégés, compte tenu de l’information
disponible. Les deux partenaires doivent troisièmement convenir des mesures à prendre
pour empêcher une grossesse indésirable, ou
prévenir ensemble la transmission de MST
respectivement. L’accord doit porter sur la
protection et sur l’information concernant
les rapports sexuels en dehors du couple. En
présence d’une relation entre deux personnes
sérodifférentes où le partenaire séropositif ne
suit pas de TAR efficace, tous deux doivent
bien entendu continuer d’appliquer les règles
de safer sex pour éviter la transmission de
l’infection à VIH et de MST.
Les médecins traitants assument une responsabilité nouvelle dans l’application de la
recommandation CFS en permettant au partenaire séronégatif une décision sur sa propre
protection contre l’infection à VIH en connaissance de cause. Les médecins peuvent et sont
invités à mettre aussi à profit les offres de
consultation des antennes régionales de l’Aide
Suisse contre le Sida, et ses informations imprimées ou en ligne (www.aids.ch).
Relations occasionnelles. Les règles de safer
sex restent inchangées pour les relations
sexuelles d’ordre occasionnel. Les personnes
séropositives et les personnes séronégatives
doivent appliquer les règles de safer sex en
dehors de la relation stable. Cela vaut pour les
personnes séronégatives, car elles ne peuvent
juger le statut sérologique ou l’effet d’une éventuelle TAR chez le partenaire occasionnel. Les
personnes séropositives ne suivant pas de TAR
doivent continuer de se protéger pour éviter
de contracter des MST et d’aggraver éventuellement le cours de l’infection, et pour éviter
Les cliniques de l’étude Suisse de cohorte VIH, pour traitements, tests et urgences
Basel
Medizinische Poliklinik, Universitätsspital, 4031 Basel, Tel. 061 265 50 05
Bern
HIV-Sprechstunde, Medizinische Poliklinik, Inselspital, 3010 Bern, Tel. 031 632 25 25
Genève
Division des maladies infectieuses, HCUG, 1211 Genève, tél. 022 372 96 17
Lausanne
Division des maladies infectieuses, CHUV, 1011 Lausanne, tél. 021 314 10 22
Lugano
Ambulatorio di malattie infettive, Sede Civico, 6900 Lugano, tel. 091 805 60 21
St. Gallen
Infektiologische Sprechstunde, Kantonsspital, 9007 St. Gallen, Tel. 071 494 10 28
Zürich
Abteilung Infektionskrankheiten und Spitalhygiene, Universitätsspital,
8091 Zürich, Tel. 044 255 33 22
Zentrum für Infektionskrankheiten, Klinik Im Park, 8038 Zürich, Tel. 044 209 20 60
Autres adresses des centres de test du dépistage VIH, des Checkpoints et des centres de traitement antiVIH, urgences et prophylaxie postexposition (PEP VIH) en Suisse, voir www.aids.ch/test.
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MÉDECINE
de transmettre le VIH au partenaire. Les personnes séropositives suivant une TAR efficace
doivent de protéger pour éviter de contracter
des MST et aggraver éventuellement le cours
de l’infection de même que nuire au traitement
antirétroviral.
Personnes séropositives suivant une TAR
efficace. Les médecins et les services de consultation doivent expliquer aux personnes séropositives qu’elles ne courent aucun risque
de transmettre l’infection si les trois conditions
exposées plus haut sont réunies (observance
thérapeutique, contrôles réguliers et absence
d’autres MST). Cette information est importante, car elle peut avoir une incidence positive
sur la santé sexuelle et psychique des personnes séropositives. Cela peut avoir à son tour un
effet bénéfique sur l’observance thérapeutique
et sur le succès du traitement. En même temps,
il est essentiel que les personnes séropositives
se protègent lors de contacts occasionnels pour
éviter les MST.
Pénalisation de la transmission du VIH.
Conformément aux dispositions juridiques
actuelles, la transmission du VIH lors d’un
contact sexuel non protégé tombe sous le coup
de la loi. Cela signifie que les simples rapports
sexuels d’une personne séropositive avec une
personne non infectée peut faire l’objet d’une
plainte (pour tentative de lésions corporelles
ou tentative de propagation d’une maladie
transmissible). La recommandation de la CFS
contient un appel au législateur pour qu’il corrige cette situation insatisfaisante. Toutes les
personnes séropositives suivant une TAR efficace, pour qui les trois conditions sont réunies,
doivent être épargnées sans réserve aucune
des menaces de sanction.
rk
Recommandation CFS sur le caractère
non infectieux des personnes séropositives
suivant une TAR efficace
Recommandations à l’usage des services de consultation
de l’Aide Suisse contre le Sida
Les recommandations de l’Aide Suisse contre le Sida ont trait aux principes et à la démarche applicables aux conseils dispensés
sur la question hors du domaine médical. Ils
portent aussi sur le rapport entre conseils
médicaux et conseils non médicaux.
Les messages pour la consultation
Selon le premier élément central du message
sur la prévention, une personne suivant une
thérapie antirétrovirale efficace (TAR efficace)
n’est pas sexuellement infectieuse. Ce message
est exclusivement valide lorsque trois conditions sont réunies par ailleurs: (1) la personne
en question suit scrupuleusement le traitement
et fait l’objet d’un contrôle médical régulier, (2)
sa charge virale se situe depuis 6 mois au moins
en dessous du seuil de détection, et (3) elle ne
présente aucune autre maladie sexuellement
transmissible (MST). Le respect et le contrôle
d’une TAR efficace et les trois conditions sont
plutôt réunis au sein d’une relation stable. C’est
la raison pour laquelle ce message s’adresse, en
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Swiss Aids News 1 | février 2008
premier priorité, aux personnes séropositives
ayant une relation stable.
Selon le deuxième élément central du message
sur la prévention, seule la pratique du safer sex
permet valablement d’éviter une infection à
VIH dans toutes les situations où les conditions
précitées ne sont pas réunies, ou lorsque leur
conjonction n’est pas connue. Cela signifie que
le respect des règles de safer sex reste l’option
la plus sûre pour toutes et tous, afin d’éviter
l’infection à VIH ou les MST en dehors d’une
relation stable.
Groupe cible du message
Les couples stables sérodiscordants ou séropositifs concordants sont invités à consulter
ensemble leur médecin traitant ou les services
régionaux spécialisés. Le renoncement commun aux règles de safer sex au sein du couple
doit se décider surtout après consultation médicale. L’application des règles de safer sex reste
conseillée en l’absence de consultation.
Les personnes séropositives doivent être informées en principe sur l’effet protecteur et les
conditions de la TAR efficace. Elles doivent par
ailleurs être au courant du risque de contracter
d’autres MST et du risque de surinfection, tout
comme de la législation en vigueur. L’application des règles de safer sex est recommandée
pour tout contact sexuel en dehors d’une relation stable, compte tenu aussi justement du
souci d’efficacité thérapeutique.
Les personnes séronégatives et les personnes qui ne connaissent pas leur statut
sérologique sont responsables de leur santé
en dehors d’une relation stable. Elles doivent
continuer d’appliquer les règles de safer sex si
elles veulent valablement éviter une infection
à VIH.
Thèmes de discussion
à la consultation médicale
Les services de l’Aide Suisse contre le Sida n’ont
ni la responsabilité ni la compétence pour dispenser des conseils médicaux à leur clientèle.
Il est important à cet égard que les conseillers
sachent quelles informations sont utiles aux
patients et qu’il convient de leur dispenser sur
les rapports sexuels non protégés et la TAR
efficace. Compte tenu de la complexité des
aspects médicaux caractérisant l’infection à
VIH et son traitement, il est particulièrement
difficile pour les patients de savoir s’ils disposent de toutes les informations médicales
requises et s’ils les comprennent correctement.
Les conseillers n’appartenant pas au corps médical ont un rôle d’intermédiaire important à
jouer. Lorsque les patients ou les patientes
sont bien informés sur leur infection à VIH et
leur état de santé, ils comprendront bien plus
facilement le concept et les conditions d’une
TAR efficace – et, ainsi, le contexte de la recommandation CFS.
Le service de
consultation spécialisé
L’entretien médical occupe une place primordiale pour s’informer sur la TAR efficace. Lorsque la clientèle se rend au service de consultation pour la première fois, l’entretien qui s’y
déroule doit aussi servir à recommander une
consultation médicale. L’ASS a développé un
mémo circonstancié à l’attention du conseiller.
En voici les principaux éléments.
Les besoins de conseil sont tirés au clair en
premier lieu, tout comme l’information dont
dispose déjà la clientèle. Les facteurs d’influence pour la charge virale et l’infectiosité
sont prioritaires. Les conditions à réunir pour
que la TAR soit efficace doivent être exposées
lorsque des explications sont demandées sur sa
fonction préventive. Il convient d’aborder par
ailleurs la signification que revêt l’observance
thérapeutique et les complications pouvant se
produire sous TAR. La question de la contraception doit en outre être traitée avec les couples
hétérosexuels.
La recommandation CFS actuelle prévoit
aussi qu’une personne séronégative vivant une
relation stable sérodifférente puisse prendre
une décision éclairée et personnelle concernant sa protection contre la transmission d’une
infection à VIH. Si le client/la cliente vit une
relation stable sérodifférente, le/la partenaire
doit prendre part à la consultation lorsque les
deux ont pour but de renoncer à l’emploi du
préservatif lorsque la TAR s’avère efficace.
Les personnes séropositives doivent être
informées au sujet de la situation juridique
concernant la transmission du VIH. Selon le
droit actuel, la transmission potentielle du VIH
en cas de relations sexuelles non protégées est
en soi déjà punissable. Et cela indépendamment de la question de savoir si le partenaire/la
partenaire VIH-négatif était au courant de la
séropositivité de son partenaire ou était d’accord d’avoir des rapports non protégés. La CFPS
demande à la jurisprudence et au législateur
de changer cette situation peut satisfaisante.
En 2006, le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l’intérieur de modifier la loi
sur les épidémies. La consultation sur l’avantprojet de révision, qui a débuté en décembre
2007, va durer jusqu’à fin mars 2008. Cet avantprojet inclut une modification de l’art. 231 CP
(propagation d’une maladie de l’homme dangereuse): une personne VIH-positive ne devrait
pouvoir être condamnée au titre de l’art. 231
que si l’acte, ou la tentative d’acte, est fait avec
la volonté délibérée de nuire.
rk
Maraviroc autorisé en Suisse
Le premier médicament de la nouvelle
classe des antagonistes CCR5 sera commercialisé en Suisse sous le nom de Celsentri®
et disponible sur le marché suisse à partir
de la mi-mars 2008. Ce médicament est
indiqué pour le traitement de l’infection
par le VIH-1 uniquement à tropisme CCR5,
chez l’adulte prétraité par des antirétroviraux. Celsentri® s’utilise en association
à d’autres médicaments antirétroviraux.
Un test de tropisme VIH doit être réalisé
avant le début du traitement au maraviroc
pour exclure complètement la présence de
virus CXCR4 ou dualtropes. Les coûts du
test sont également prise en charge par la
caisse maladie. Veuillez demander conseil
à un spécialiste du VIH pour le dosage du
maraviroc. L’administration de maraviroc
aux patients n’ayant suivi aucune thérapie
préalable est encore examinée.
Swiss Aids News 1 | février 2008
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SOCIÉTÉ | PRÉVENTION
Bonne nouvelle pour de nombreuses
personnes séropositives
La nouvelle recommandation de la CFS constitue une très bonne nouvelle pour de nombreuses personnes vivant une relation sérodifférente stable. Elle leur permet en principe, sous
certaines conditions, de vivre leur sexualité avec moins d’angoisse, même sans préservatif.
Les services de consultation doivent expliquer avec clarté les conditions de validité de la
nouvelle recommandation, et s’assurer à qui elle s’adresse.
La nouvelle recommandation CFS permettant
de renoncer à l’usage du préservatif lorsque
la TAR suivie se révèle efficace possède un
champ d’application clairement délimité. Elle
s’adresse aux personnes séropositives de
Suisse vivant en un partenariat stable et à leurs
partenaires habituels.
Le domaine de validité de la nouvelle recommandation peut se cerner au moyen de sept
questions. Chacune de ces questions peut et
doit faire l’objet d’un «oui» ou d’un «non» sans
ambiguïté préalablement à la consultation
correspondante.
Le client/la cliente est-il séropositif?
L’indication médicale est-elle donnée pour
une thérapie antirétrovirale ou bien un traitement de ce type est-il déjà suivi?
La thérapie est-elle déjà suivie depuis six
mois au minimum?
La charge virale se situait-elle en dessous
du seuil de détection à chaque contrôle les six
derniers mois?
Peut-on exclure la présence d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST)?
Bonne nouvelle si la personne peut répondre cinq fois par l’affirmative: elle n’est plus
infectieuse sexuellement, c‘est-à-dire qu’elle ne
transmettra pas le virus sexuellement, avec
ou sans préservatif. Toutefois, la nouvelle recommandation de la CFS sur le renoncement
éventuel au préservatif lorsque la TAR s’avère
efficace vaut exclusivement pour les personnes qui peuvent aussi répondre par l’affirmative aux questions suivantes:
Vivez-vous une relation stable?
Les deux partenaires sont-ils informés de
tous les aspects de la recommandation et ontils pris ensemble la décision de renoncer au
préservatif?
Les couples sérodifférents pour lesquels
ces sept conditions sont réunies pourraient
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Swiss Aids News 1 | février 2008
en principe renoncer aux règles de safer sex
après consultation médicale. Il est important
pour tous les services de consultation de prêter
une attention particulière aux aspects suivants
dans l’application de la nouvelle recommandation CFS.
Uniquement les couples
stables sérodifférents
Rien ne change dans la stratégie de prévention
en Suisse. Toutes les personnes séronégatives
doivent continuer de se protéger lors des rapports occasionnels ou à chaque nouvelle relation. Il est impossible d’attendre de relations
nouvelles une affirmation fiable sur leur statut
sérologique ou sur l’efficacité d’une TAR. Tout
comme le statut sérologique ne se lit pas sur le
visage, le statut ou le succès thérapeutique des
personnes séropositives ne sont pas visibles.
La TAR efficace peut uniquement permettre de
renoncer aux règles de safer sex lorsque les
deux partenaires sont intégralement et correctement informés, et peuvent donc se comporter
en conséquence. Ces conditions sont réunies
en présence d’une relation stable, car les partenaires peuvent s’appuyer sur une consultation commune et compter sur la franchise et
la confiance de l’autre.
La thérapie n’est pas
une mesure préventive
La thérapie antirétrovirale est complexe et
onéreuse. Les personnes séropositives doivent la suivre une vie entière conformément
à l’ordonnance médicale une fois qu’ils l’ont
commencée. Les connaissances avérées sur
ses effets à long terme sont à ce jour encore
limitées. Le moment adéquat pour entamer
le traitement résulte donc d’une appréciation
médicale de la situation et du consentement
éclairé du patient à commencer ce traitement.
Un avancement du début de la thérapie n’est
pas souhaitable pour des raisons de prévention
(voir SAN 3/07, pp. 6-7), et la couverture de la
caisse maladie ne serait pas assurée.
Contrôles médicaux réguliers
Le traitement efficace de l’infection à VIH exige
beaucoup de toutes les parties concernées.
La suppression durable de la reproduction
virale dans l’organisme infecté présuppose
d’une part un suivi clinique spécifique et régulier et, d’autre part, une stricte observance
thérapeutique de la part des patients. Tout
traitement contre l’infection à VIH n’est pas
une TAR efficace, et même des TAR efficaces
dans un premier temps peuvent, en l’absence
d’une observance thérapeutique insuffisante
par exemple, devenir inopérante. Seuls des
contrôles médicaux réguliers permettent de
l’établir et d’éviter ainsi une mise en danger
du partenaire.
Protection contre les autres MST
D’autres affections des organes sexuels (MST)
peuvent favoriser la transmission du VIH en
dépit d’une TAR efficace. Les personnes suivant une TAR efficace ainsi que leurs partenaires doivent absolument se protéger contre les
MST. En dehors de la relation stable, les règles
de safer sex constituent la meilleure protection
et préservent par ailleurs, au sein du couple
héterosexuel ou bien en dehors, contre toute
grossesse indésirable.
Consentement éclairé au sein du couple
Les deux partenaires doivent assister ensemble aux consultations pour couples sérodifférents ayant pour but d’informer sur la nouvelle
recommandation CFS. En effet, la personne
séropositive doit suivre le traitement, mais la
personne séronégative assume aussi un risque éventuel, au cas où tout ne fonctionnerait
pas comme prévu. La marge de manœuvre du
partenaire séronégatif dépend fortement de
l’observance thérapeutique et de l’information
dont dispose le partenaire séropositif. A l’inverse, le partenaire séropositif dépend de la
protection du partenaire contre les MST et de
son information, en cas de rapports sexuels
en dehors de la relation stable. Dans ce contexte, consentement éclairé ne signifie pas
uniquement information individuelle sur la
situation médicale, mais présuppose aussi
la compréhension réciproque de la situation
différente du partenaire. La consultation doit
faire en sorte de prévenir un glissement imperceptible des responsabilités dans ce cadre
relationnel. La consultation commune est par
ailleurs nécessaire, car même si la personne
séronégative accepte de renoncer au préservatif, son consentement ne met pas à l’abri
d’éventuelles poursuites pénales en l’état de la
législation actuelle. En outre, tous deux doivent
se mettre d’accord sur les règles à observer lors
de contacts d’ordre sexuel en dehors du couple.
Et, pour finir, les deux doivent avoir confiance
en l’action protectrice d’une TAR efficace.
Toutes les personnes séropositives en Suisse
ne suivent pas en même temps, et de loin, une
TAR efficace, ni ne vivent une relation de couple stable. Les personnes séropositives sous
TAR efficace qui ne vivent pas une relation
de couple stable doivent savoir elles aussi
qu’elles ne transmettront pas le virus. Pour
elles, l’usage du préservatif lors de rapports
sexuels occasionnels s’impose en raison de la
protection nécessaire contre d’autres MST.
Communication scrupuleuse
La teneur de la recommandation CFS suscitera
certainement l’intérêt d’autres groupes aussi.
Sans commentaire, l’information sur l’effet
protecteur d’une TAR efficace pourrait modifier le système d’incitation au sein d’autres
groupes cibles importants pour la prévention
de l’infection à VIH, en particulier celui des
hommes entretenant des rapports sexuels avec
différents autres hommes. Il est à prévoir que
la question de l’information sur la thérapie soit
posée à l’avenir dans les négociations sur les
risques entre des partenaires occasionnels. Il
faut mettre en garde les personnes séronégatives – aussi nettement au moins que pour le
cas du serosorting (voir SAN 3/07, pp. 8-9) – au
sujet du caractère non infectieux sous TAR efficace lors de contacts occasionnels. Si les sept
questions formulées au début de l’article ne
peuvent pas toutes faire l’objet d’une réponse
affirmative, seules les règles de safer sex garantissent une protection suffisante.
Il y a tout lieu d’attendre aussi des effets ambivalents parmi le grand public au sujet de la
nouvelle recommandation. Il faut espérer que
le message contribuera à atténuer les craintes
irrationnelles de transmission du virus et à
déstigmatiser l’infection à VIH. De la sorte,
la modification du contexte juridique pénal
Swiss Aids News 1 | février 2008
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D R O I T | T R AVA I L
actuel permettant des poursuites en justice
pour transmission de l’infection à VIH serait
favorisée. D’un autre côté, il n’est pas erroné
de craindre que l’idée selon laquelle l’épidémie du VIH peut se maîtriser au moyen de
TAR efficaces se propage. Des raisons morales
peuvent s’opposer aux souhaits de «thérapies
forcées». La transmission de l’infection à VIH
peut être empêchée par chacun à tout moment
avec de simples moyens. La responsabilité à cet
égard doit donc se répartir symétriquement en
principe: les personnes séronégatives sont tout
aussi responsables de leur protection personnelle contre une infection que les personnes
séropositives soucieuses du bien-être de leurs
partenaires. D’un point de vue médical par
ailleurs, seuls les traitements contre l’infection
à VIH suivis volontairement sont efficaces, car
ils demandent une grande observance thérapeutique. Ajoutons, dans une optique épidémiologique, qu’une partie significative des
transmissions de l’infection à VIH provient
de personnes ne connaissant pas leur statut
sérologique et qui ne suivent pas (ne peuvent
suivre) de traitement.
Il appartient à l’ensemble du système de consultation en Suisse de veiller à ce que la communication sur ce thème soit correcte et inté-
grale. De la sorte, la nouvelle recommandation
CFS produira ses effets bénéfiques optimaux.
Compte tenu de la grande responsabilité qui
incombe au corps médical dans cette constellation, nous sommes d’avis qu’il ne faut pas trop
surcharger la relation de médecin à patient et
qu’il convient de ramifier l’offre de consultation. Les services de consultation hors clinique,
tout spécialement les antennes régionales de
l’ASS, ne peuvent qu’exposer et expliquer les
conditions requises sous TAR efficace pour renoncer à l’emploi du préservatif au sein d’un
couple stable. L’appréciation des cas individuels n’est possible qu’avec des connaissances
médicales et demande les examens appropriés.
La fonction des consultations hors clinique consiste à transmettre efficacement les messages
appropriés à la clientèle, en incluant l’information sur la situation juridique et l’assistance
du couple dans sa prise de décision éclairée.
Les conseils circonstanciés des spécialistes de
la médecine ou des affaires sociales peuvent
aussi être dispensés en clinique de manière
groupée, par exemple au service d’infectiologie
de Saint-Gall. Lorsque ce cas ne se présente pas,
la coordination de l’action entre les cabinets
médicaux et les services régionaux de lutte
contre l’infection à VIH est particulièrement
souhaitable.
rk/lm
D R O I T | T R AVA I L
Règlement sur le VIH/sida
à la place de travail
La propagation du VIH/sida concerne surtout
les personnes adultes en âge de travailler.
Grâce aux progrès de la médecine, les personnes VIH-positives peuvent généralement
vivre et travailler normalement pendant de
nombreuses années. En Suisse, elles sont près
de 15 000 à travailler (soit 70% des personnes
touchées), dont 70% à plein temps.
L’intégration professionnelle est garante de
sécurité financière, de reconnaissance sociale
et de participation à la vie en société. C’est dire
son importance cruciale pour la satisfaction et
la santé de tout être humain. Pourtant, les personnes vivant avec le VIH/sida ont souvent un
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Swiss Aids News 1 | février 2008
accès plus difficile à l’emploi et leur situation
professionnelle est marquée par l’exclusion et
l’isolement, même s’il n’existe pas en principe
chez nous de restrictions professionnelles pour
ces personnes. Nombreux sont les employés
VIH-positifs qui taisent leur infection de peur
de perdre leur emploi et/ou de subir des discriminations.
Une peur qui n’est pas sans fondement,
comme il ressort du travail du service de consultation juridique de l’Aide Suisse contre le
Sida. En 2006 et 2007, environ 40% des demandes d’aide concernaient le VIH/sida et le droit
du travail, plus spécialement la protection des
données, les visites médicales et les absences,
la discrimination et le mobbing, des problèmes
avec les assurances de l’entreprise et les licenciements abusifs.
Pour compléter le soutien individualisé offert par le service de consultation juridique
dans le domaine VIH et emploi, l’Aide Suisse
contre le Sida a lancé en 2003 un programme
visant le maintien de la capacité de travail des
personnes vivant avec le VIH/sida, sur mandat
de l’Office fédéral de la santé publique. Le but
de ce programme est d’améliorer durablement
une situation qui laisse encore beaucoup à
désirer. Plusieurs projets individuels ont déjà
été réalisés, comme les brochures «Le VIH et
milieu professionnel – guide à l’usage des employeurs» et «VIH et emploi – guide à l’usage
des travailleurs et des demandeurs d’emploi
séropositifs», la Bourse aux emplois en ligne
pour les employeurs et les demandeurs d’emploi/employés séropositifs, et «jobcoaching», le
conseil d’orientation professionnelle gratuit
pour les personnes vivant avec le VIH/sida.
Dans une prochaine étape, il s’agit d’impliquer les employeurs dans la lutte contre les
discriminations au travail en les incitant à
thématiser le VIH/sida dans leur entreprise
et à introduire un règlement correspondant.
Le nombre d’entreprises qui connaissent un
tel règlement est en augmentation constante
aux Etats-Unis et en Europe. Mais en analysant les rapports annuels 2006 d’entreprises
suisses et de groupes commerciaux établis en
Suisse, il apparaît que rares sont les entreprises qui mentionnent explicitement le VIH/sida
dans un règlement relatif à la place de travail.
Preuve que les employeurs en Suisse ne sont
pas encore suffisamment sensibilisés à cette
thématique.
Pour les aider à élaborer un tel règlement,
l’Aide Suisse contre le Sida a rédigé un règlement modèle qui peut être adapté sans grand
investissement aux réalités de chaque entreprise. Ce modèle fait partie intégrante de la brochure «Règlement sur le VIH/sida à la place de
travail», éditée par l’Aide Suisse contre le Sida à
l’occasion de la Journée mondiale du sida 2007.
La brochure contient en outre des informations
de fond sur les voies et les risques de contamination et sur la législation à considérer en
rapport avec des employés VIH-positifs, ainsi
qu’un guide avec des tuyaux concrets pour
l’élaboration et la mise en œuvre d’un règlement sur le VIH/sida à la place de travail.
Service de consultation juridique
de l’Aide Suisse contre le Sida
Nous répondons à des questions juridiques
en relation directe avec une infection VIH
dans les domaines suivants:
Droit des assurances sociales
Prestations complémentaires, assurance
chômage, assurance maladie, assurance
accidents, prévoyance professionnelle
Droit de l’aide sociale
Assurances privées
Domaine surobligatoire dans la prévoyance
professionnelle, assurance maladie complémentaire, assurance indemnités journa-
Avec cette brochure, qui peut être téléchargée de notre site e, l’Aide Suisse contre le Sida
veut faire du lobbying auprès d’employeurs de
différentes (grandes) entreprises en Suisse et
tenter de les convaincre de l’importance d’un
règlement sur le VIH/sida à la place de travail.
Plusieurs raisons plaident en faveur d’un tel
règlement: hormis qu’il permet de combattre
efficacement les discriminations et les violations de la protection des données, ce qui a
un impact positif sur le climat de l’entreprise,
il rapporte des points additionnels dans le
reporting Global Reporting Initiative (GRI) r.
Par ailleurs, les entreprises qui s’engagent à
combattre la stigmatisation et les préjugés à
l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida
ou atteintes d’une autre maladie chronique
fournissent une contribution précieuse en termes d’économie publique et aident à la mise
en œuvre de la 5e révision de l’AI, qui prévoit
notamment des mesures visant le maintien et
l’amélioration de la capacité de travail et de
gain. Il reste beaucoup à faire – ne restons pas
les bras croisés!
Rita Bossart, ressort Advocacy, section Vivre
avec le VIH, Aide Suisse contre le Sida
lières pour maladie, assurance vie
Droit du travail
Droit en matière de protection
des données
Droit des patients
Droit sur l’entrée et le séjour
des étrangers
Nous répondons à vos questions par téléphone ou par écrit et vous aidons à rédiger
des demandes, des oppositions et des
recours. Si nécessaire, nous vous mettons
en contact avec des avocats qui ont toute
notre confiance. Vos questions sont traitées
de manière strictement confidentielle.
Notre équipe est à votre service
lundi: de 9 h à 12 h
mardi: de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h
jeudi: de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h
Tél. 044 447 11 11, fax 044 447 11 12
[email protected], www.aids.ch
Remarques
e www.workpositive.ch
r La GRI propose aux entreprises un
cadre de référence pour le reporting en
matière de développement durable. Utilisé
par de nombreuses entreprises dans le
monde entier, le reporting GRI porte sur les
performances économiques, écologiques
et sociales.
Swiss Aids News 1 | février 2008
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FORUM | PRÉVENTION
Interviews détaillées
avec des personnes séropositives
Sur mandat de l’Office fédéral de la santé
publique, la Haute Ecole spécialisée du NordOuest suisse (FHNW) effectue une enquête
qualitative auprès de personnes ayant récemment contracté l’infection à VIH pour mieux
cerner les circonstances des infections se produisant à l’heure actuelle. L’enquête qualitative partielle réalisée dans le cadre de l’étude
CH.A.T. a montré que les interviews individuelles avec des personnes récemment infectées
fournissaient d’importantes informations pour
la prévention de l’infection à VIH (cf. Swiss
Aids News 2/2007). La section Sida de l’OFSP
a maintenant chargé la Haute Ecole du Travail Sociale FHNW d’une étude subséquente.
L’enquête «Interviews détaillées avec des personnes ayant récemment contracté l’infection
(CHAT 2)» vise à établir comment les personnes
en question expliquent leur infection, ainsi que
les causes de leur comportement sexuel à risque. L’étude doit en outre permettre d’établir
sur une période d’un an si des modifications
de la situation et des circonstances sont liées
aux infections nouvelles à VIH.
La demande de participation à l’enquête est
faite aux patients et aux patientes par les médecins peu après le constat, à un moment donc
où l’assimilation psychologique du diagnostic
revêt une priorité bien supérieure que la participation à une étude scientifique. L’équipe
chargée du projet à la FHNW est tributaire des
médecins se trouvant en contact direct avec les
personnes affectées et qui sont à même de les
inciter à participer à l’étude, en leur montrant,
p. ex., la signification que revêt la mise à jour de
la prévention contre l’infection à VIH. L’étude
a déjà commencé. Le concept précis de l’étude
est exposé sur le site internet de la FHNW.
Pr Dr Daniel Gredig, directeur de l’étude CHAT 2,
Haute Ecole spécialisée du Nord-Ouest suisse.
www.fhnw.ch/sozialearbeit/iip/forschung-undentwicklung/laufende-projekte
Grisélidis: travail de rue auprès
des prostituées à Fribourg
Depuis mars 2007, l’entreprise Grisélidis est
présente sur les lieux de prostitution à Fribourg aux heures de travail typiques des prostituées. Un bus est présent rue Grand-Fontaine
une fois par semaine. Les médiatrices et les professionnels de la santé présents dispensent des
informations sur l’attitude face aux risques,
ainsi que des informations sur la prévention
de l’infection à VIH et des IST.
Une permanence est ouverte deux aprèsmidi par semaine. Les femmes peuvent y parler
en toute confiance de leurs problèmes spécifiques sous le couvert de l’anonymat, et elles ont
plus de temps pour la consultation que dans
la rue ou dans le bus.
Un autre projet de Grisélidis a démarré en
octobre 2007. Il s’agit d’une offre de seuil bas
destinée aux toxicomanes proposée sur les
lieux de thérapie substitutive. Une fois par
mois, deux médiateurs/médiatrices y dispensent des conseils sur la réduction du risque,
ainsi que la prévention de l’infection à VIH et
12
Swiss Aids News 1 | février 2008
des IST, de même que des conseils sur la santé
psychique et sexuelle.
Les activités de Grisélidis sont financées
par le service de la santé du canton de Fribourg,
par la Loterie Romande et par Infodrog (Coordination intervention suisse). Grisélidis prend
part au programme APIS de l’Aide Suisse contre le Sida (prévention du VIH et des IST dans
la prostitution).
Le financement accordé permet de poursuivre les projets en 2008 aussi comme prévu. Le
mandat de prestation conféré à Grisélidis vise
à étendre aux salons du canton de Fribourg
l’offre de conseils pour les prostituées. Cette
démarche est prévue pour la deuxième moitié
de l’année.
Laurence Charrat Diop
Directrice de Grisélidis
Rue Guilliman 12, 1700 Fribourg
026 321 49 45, [email protected]
INTERVIEW
Recherche de partenaire en ligne
et prévention de l’infection à VIH
SAN: Luis, que fait exactement
votre entreprise?
Luis Pestana: nous diffusons un magazine
imprimé gratuit pour la communauté
gay et nous gérons quatre différents sites
Internet partiellement liés entre eux. Le
site original contient encore aujourd’hui
ce qu’il propose depuis 1997: des informations sur les fêtes et les manifestations
dans toute la Suisse. Mais nous avons
continué d’élargir considérablement
l’offre en permanence. En outre, nous
avons intégré d’autres fournisseurs
sur nos sites, notamment un volet santé
très complet et une boutique de préservatifs en ligne.
Quel est le lien avec les autres offres?
Luis Pestana est en charge du magazine imprimé et du site Internet du
portail gay le plus visité de Suisse
gay.ch. Il a largement contribué à
l’élaboration et au perfectionnement
de l’offre. La plate-forme d’information
enregistre aujourd’hui plus d’un
million de visites par mois et le forum
de discussion en ligne compte 120 000
profils d’utilisateur. Cette entreprise
de quatre personnes collabore avec
l’Aide Suisse contre le Sida dans
l’application des mesures de prévention contre l’infection à VIH.
De là, chacun peut accéder à nos rubriques et les offres sont coordonnées.
Les rubriques les plus fréquentées sont
les forums et les party pics. Au travers
de la rubrique Lifestyle, nous essayons
d’intéresser un nouveau cercle de
lecteurs depuis 2007. Nous voulons une
offre à même de fidéliser le plus
de lecteurs possibles. C’est la condition
pour intéresser les annonceurs et financer notre travail.
Concernant la prévention, c’est le
forum qui m’intéresse en particulier.
Les forums sont principalement conçus
pour les gays à la recherche de relations
sexuelles. Mais il n’est pas interdit de
faire seulement connaissance en ligne.
De nombreux membres se connaissent
depuis longtemps et se rencontrent régulièrement. Tout internaute de plus de
18 ans peut s’inscrire. Chacun se décrit,
fait part de ses attentes et peut placer ses
propres photos. Néanmoins il est interdit
de s’identifier, au moyen d’un numéro de
téléphone p ex.. Le téléchargement ou le
visionnement de matériel pornographique est réservé aux abonnés payants.
L’âge est contrôlé au moyen de la carte
de crédit. Mais tous peuvent consulter
les profils d’autres membres et contacter
de manière anonyme ceux qui sont en
ligne.
Quels avantages ai-je à faire des
connaissances ici plutôt que dans un
club, à une fête ou ailleurs?
C’est une combinaison de caractéristiques. Chacun sait de quoi il retourne et
pourquoi il se trouve là. C’est comme
au sauna. Mais ici, tu peux regarder les
gens en toute tranquillité et lire leurs
textes. Confortablement assis chez soi,
chacun peut déjà se faire une idée assez
précise de l’autre, avant d’entamer un
dialogue. Toute question peut se régler
de manière anonyme avant la première
rencontre. Et le choix s’avère énorme.
Beaucoup d’hommes présents sur le site
ne fréquenteraient jamais les saunas ou
les salles obscures et n’iraient pas voir
de prostitué. Nous avons récemment
interrogé nos utilisateurs sur le type de
partenariat idéal: 30% ont déclaré vouloir
rester indépendants et avoir autant de
rapports sexuels que possible en toute
liberté. Ils ne tiennent pas à revoir régulièrement les mêmes partenaires sexuels.
Le safer sex est-il à l’ordre du jour
lorsque je cherche un partenaire en
ligne?
Oui, c’est très important pour nous en
tant que prestataire. D’une part, nous
passons gratuitement les annonces de
l’ASS sur le site. D’autre part, il existe
une rubrique «safer sex» à remplir avec
le profil de l’utilisateur. Quand quelqu’un
s’intéresse à toi, il le voit automatiquement avec ton profil. Nous pouvons dire
que 70% environ indiquent toujours
Swiss Aids News 1 | février 2008
13
INTERVIEW
«safer sex» dans leur profil. Par contre,
30% tout de même n’écrivent rien ou
indiquent «jamais de safer sex».
Dirais-tu que l’infection à VIH et les
autres infections sexuellement transmissibles jouent un rôle important
pour les utilisateurs?
Je ne peux pas me prononcer, à
l’exception des chiffres que je viens de
mentionner. Quiconque cherche un partenaire sur le site veut se montrer aussi
séduisant que possible. Cela peut vouloir
dire beaucoup de choses, mais reconnaître que l’on a une maladie vénérienne
n’en fait sûrement pas partie.
Quand je regarde les profils des
utilisateurs, je constate qu’à part les
indications sur le profil, qui ne sont
pas particulièrement exhaustives,
je ne rencontre guère d’indications
«safer sex». Et pas du tout quand je
vais en chat. Il semble que la proximité croissante d’un nouveau partenaire éloigne toujours plus la prévention.
Oui, mais il faut que tu saches que
la prévention n’est pas notre activité
principale. Notre travail consiste à offrir
à nos membres des conditions idéales au
possible pour établir des contacts. Les
adultes doivent assumer personnellement la responsabilité de leur santé.
Mais si je compare la situation en
ligne avec celle des clubs réels, j’ai
vraiment l’impression que ces derniers sont plus proches de la prévention. Des préservatifs sont disponibles devant chaque salle obscure,
ainsi que peut-être une affiche
et des brochures.
C’est vrai. Mais comment faire de même
en ligne? Sur Internet, tu ne cliques pas
sur ce qui ne t’intéresse pas. C’est un
problème que nous avons aussi avec la
publicité. Ce genre d’offre est cliqué trois
fois moins souvent qu’il y a quelques
années. Les messages sur la prévention
ne sont certainement guère plus intéressants que la publicité.
S’agit-il d’obstacles fondamentaux
qui iraient à l’encontre d’une pénétration moindre des mesures préventives sur la plate-forme en ligne pour
la recherche de partenaires?
A lire
«Virus», Groupe Sida Genève, CHF 25.–
A l’occasion du 20e anniversaire du Groupe Sida Genève, quelque
20 dessinateurs ont reçu carte blanche pour réaliser leur bande
dessinée sur le thème du VIH/sida. Le résultat est un cocktail fascinant et divertissant d’humour, d’imagination et, aussi, de triste
réalité. Commande à www.groupesida.ch, la recette de la vente est
versée au GSG.
«Pilules bleues», Frederik Peeters
Dans sa bande dessinée autobiographique, Frederik Peeters décrit l’histoire de son amour pour Cati. Une relation marquée par
l’infection à VIH de son amie et du fils de cette dernière âgé de
3 ans. Peeters ne dessine pas uniquement un tableau incisif de
la vie de tous les jours avec l’infection. L’ouvrage captive par la
souveraineté et la justesse avec lesquelles est exposé et réfléchi
un univers complexe de sentiments. Disponible dans le librairies,
www.frederikpeeters.free.fr
14
Swiss Aids News 1 | février 2008
Nous sommes très favorables aux idées
sur la prévention et avons fait beaucoup avec diverses organisations. Sur
Internet, il faut créer la surprise encore
et toujours pour le visiteur. Ce n’est pas
toujours facile ni pour la prévention ni
pour nous.
Est-il besoin de travailler encore plus
sur la prévention dans cet environnement?
Beaucoup trop de personnes ne sont
guère conscientes des risques et en
parlent trop peu souvent aussi. Ce serait
assurément un avantage si l’on pouvait
changer les choses. Nous voyons, comme
je l’ai déjà évoqué, que de nombreux
participants abonnés à nos forums
viennent de milieux où la question des
maladies vénériennes n’est jamais abordée. Surtout les hommes mariés ou les
pères de famille et de nombreux hommes
des régions rurales. Surtout les jeunes
hommes. En comparaison des amateurs
traditionnels et des anciens de ce milieu,
ils sont généralement moins bien informés des règles de safer sex et n’ont pas
l’habitude d’en parler.
Plus de communication en ligne
permettrait alors d’atteindre un plus
grand nombre de personnes qui ne
sont pas très au courant des risques et
des règles de safer sex?
Oui, mais il faut que cela soit bien conçu
pour que les visiteurs s’y attardent.
Dans le forum, il est question de relations sexuelles et il faut quelque chose
de sexy pour retenir l’attention. Je pense
qu’il faut une prévention active et qu’il
faut aussi faire de la réclame sur ses propres activités. Nous le faisons aussi pour
notre entreprise, sous la forme de publireportages, où ce genre de thèmes est
mis au point de manière rédactionnelle.
Le projet «Mission: Possible» en est un
bon exemple. Alors continuons!
Cher Luis, nous te remercions de cet
intéressant entretien.
COLONNE | TESSIN
«Jodel latin»
Ecrire du Tessin pour un public principalement germanophone,
voire francophone, revient à jodler à Lugano dans l’intention d’être
entendu de l’autre côté du Saint-Gothard. Au risque de jodler contre
le vent, nous entonnerons en guise d’introduction un péan pour
la politique suisse en matière de sida. Les Italiens qui naviguent
sur le net suisse nous félicitent pour la «clarté» de nos messages
sur les sujets abordant la sexualité.
En comparaison des Italiens, nous autres communicateurs sexuels
tessinois avons il est vrai l’avantage que la politique catholique
(de «gauche» aussi) ne vient pas interférer dans notre discours. Par
contre, les agences chargées de la prévention à Berne et à Zurich
se penchent toujours volontiers sur nos particularités tessinoises.
Cela donne parfois naissance à d’amusantes anecdotes. Un collaborateur de la campagne STOP SIDA 2003 nous avait demandé
au téléphone où se trouvait le quartier des lanternes rouges au
Tessin.
Lanterne rouge: une fois ici, une fois là
La personne en question voulait juste s’assurer que les affiches
STOP SIDA soient placées au bon endroit pour la clientèle des
prostituées («Sans capote, rien à sauter»), mais il ne nous a pas
dit ça. Nous l’avons informé que les commerces de sexe étaient
disséminés un peu partout au Tessin et qu’ils disparaissaient (pour
émerger ailleurs) dès que les gardiens de la loi entreprenaient de
les fermer. Ces commerces sont en effet principalement tenus par
des «touristes» travaillant illégalement au Tessin. Tout comme c’est
la cas pour la majeure partie de la prostitution au Tessin.
Majeur et de la Maggia; hot spots très appréciés pour des gays d’ici
et d’ailleurs où nos travailleurs du rue distribuent préservatifs et
informations.
Cette fragmentation fait du Tessin une réalité semi-urbaine qui ne
se perçoit guère comme une unité. Ni urbain ni rural, le canton
est obligé de se créer ses espaces de liberté pour se forger une
identité et une politique partant des dialectiques des petits groupes
de pression locaux. Un tel terreau nourrit fréquemment l’illusion
répandue ici de vivre en autarcie dans un univers en soi. On oublie
à cet égard que nous sommes Suisses par l’histoire et la politique,
mais Italiens par la culture, et Européens par l’économie. C’est
justement de ce jeu paradoxal des appartenances multiples que
les Tessinois tirent l’expérience dont peut profiter la politique
de solidarité et d’information dans le domaine pluriculturel de
l’infection à VIH et du sida.
Vittorio Degli Antoni
Directeur de l’Aide Suisse Tessin
[email protected]
L’ensemble du canton fut donc décoré de slogans sur la prévention
destinés en fait aux clients des prostituées. Comment ne pas avoir
l’impression que tout le Tessin était un quartier chaud: «Les vrais
hommes portent une capote.» Nous nous sommes bien amusés en
2003, même s’il n’était pas toujours très facile de défendre la campagne STOP SIDA. Malgré tout, même pour les tenants notoires du
non à répétition, pour les catholiques les plus rigides et pour les
conservateurs contemporains, cette campagne aussi représentait
une occasion à ne pas manquer.
Fédéralisme miniature
Comme si les défis (tout comme les avantages) du fédéralisme
suisse ne suffisaient pas, le canton du Tessin cultive aussi ses propres particularités «fédérales». Les petites villes – Lugano, Mendrisio, Chiasso, Bellinzona et Locarno – ne sont pas étroitement liées.
Par exemple Locarno: plutôt à l’écart et loin de l’axe autoroutier
nord-sud (sur les restauroutes duquel les HSH locaux et de passage
tiennent leurs rencontres informelles); connu uniquement pour
le Festival du film et les très intimistes places sur les rives du lac
Swiss Aids News 1 | février 2008
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PROJETS
Campagne «Mission: Possible»
Le concept de la campagne «Mission: Possible» a été exposé dans le Swiss Aids
News 6/2007. La mise en œuvre est maintenant à l’ordre du jour. Pendant trois mois,
les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) doivent appliquer
systématiquement les règles de safer sex, c’est-à-dire en février, en mars et en avril
2008. Un des buts de la campagne consiste à convaincre la communauté des gays
de participer à une action coordonnée. Durant la période d’un infection primaire
VIH, la charge virale augmente rapidement. La forte prévalence dans ce groupe a
donc pour conséquence qu’un nombre considérable de HSH sont très contagieux.
Un deuxième but est qu’aucun HSH ne présente plus de risque infectieux élevé. La
campagne est basée sur des informations concernant les données de l’infection, le
test, et les accords dans les partenariats stables concernant les relations sexuelles
hors du couple (Negotiated Safety).
La campagne est coordonnée à l’échelon national par l’Aide Suisse contre le Sida.
Elle bénéficie du soutien et de l’accompagnement de divers acteurs des milieux
gays. Pour éveiller la plus grande attention possible, la campagne fait l’objet d’une
présentation conceptuelle unique évocatrice (la couleur jaune) et se distingue de
l’esthétique mainstream véhiculée par les médias gays. Le ton positif doit favoriser
le sentiment d’appartenance.
La campagne s’articule autour du site www.missionp.ch. Des bannières seront
placées sur d’autres sites HSH. La campagne sera émaillée d’affiches, de flyers,
d’annonces, de brochures et de SMS. D’autres petits articles d’agrément sont prévus,
tels que des sucettes, des préservatifs, des bâtonnets à boire, des autocollants,
etc.
Après la phase de campagne active, à partir de mai 2008 donc, l’idée du test avec
consultation VCT (Voluntary Councelling and Testing) sera propagée. La campagne
se poursuivra sur la même ligne, mais cette fois avec pour slogan: «Maintenant,
je veux savoir!». Des bons gratuits pour un test seront distribués et le public cible
sera informé des stratégies de protection. Car la «protection contre le VIH» restera
un thème des milieux gays au terme de la campagne aussi.
Index des antennes régionales de l’Aide Suisse contre le Sida, www.aids.ch/f/hivpositive
Suisse romande & Ticino
Aids-Hilfe Graubünden, Chur, 081 252 49 00, www.aidshilfe-gr.ch
Empreinte Fribourg, Fribourg, 026 424 24 84, www.tremplin.ch
Fachstelle für Sexualfragen und HIV-Prävention Liechtenstein, Schaan,
00423 232 05 20, www.fa6.li
Dialogai Genève, Genève, 022 906 40 40, www.dialogai.org
Groupe sida Genève, Genève, 022 700 15 00, www.groupesida.ch
Groupe Sida Jura, Delémont, 032 423 23 43, www.gsj.ch
Groupe Sida Neuchâtel, Peseux, 032 737 73 37, www.info-sida.ch
Aiuto Aids Ticino, Lugano, 091 923 80 40, [email protected]
Antenne Sida Valais romand, Sion, 027 329 04 23, www.antennesida.ch
Point Fixe Vaud, Lausanne, 021 320 40 60, www.pointfixesida.ch
Aids-Hilfe Luzern, Luzern, 041 410 69 60, www.aidsluzern.net
Aids-Hilfe Oberwallis, Visp, 027 946 46 68, www.aidsvs.ch
Fachstelle für Aids- und Sexualfragen St. Gallen/Appenzell, St. Gallen,
071 223 68 08, www.hivnet.ch
Aids-Hilfe Thurgau, Frauenfeld, 052 722 30 33, www.aidshilfe.ch
Aids-Hilfe Schaffhausen, Schaffhausen, 052 625 93 38, www.aidshilfe.ch
Aids-Hilfe Zug, Zug, 041 710 48 65, www.zug.ch/aidshilfe
Suisse allemande & Liechtenstein
Aids-Infostelle Winterthur, Winterthur, 052 212 81 41, www.aidsinfo.ch
Aids-Hilfe Aargau, Aarau, 062 824 44 50, www.aidshilfeaargau.ch
Gesundheit Schwyz, Goldau, 041 859 17 27, www.spd.ch
Aids-Hilfe beider Basel, Basel, 061 685 25 00, www.ahbb.ch
Zürcher Aids-Hilfe, Zürich, 044 455 59 00, www.zah.ch
Aids-Hilfe Bern, Bern, 031 390 36 36, www.ahbe.ch
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