L`appui à la protection de la réserve naturelle de

Transcription

L`appui à la protection de la réserve naturelle de
CARPE - UICN
Projet : Appui à la protection de la réserve naturelle de
Mukungu par l’amélioration de la sécurité alimentaire
des populations riveraines
Rapport d’achèvement des activités
Pour l’ENVIRO-PROTEC
NDABIRORERE Salvator
Bujumbura, septembre 2008
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Table des matières
Liste des Photos et tableaux
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INTRODUCTION
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I. OBJECTIF GLOBAL DU PROJET
I.1 Objectifs spécifiques
I.2 Résultats attendus
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4
5
II. ACTIVITES EN COURS DE REALISATION
II.1 Sensibilisation et éducation environnementale
II.1.1 organisation des séances de sensibilisation
II.1.2 Organisation d’un atelier de formation des parties prenantes
5
5
5
5
•
Présentation de l’ENVIRO-PROTEC, sa vision, ses objectifs, les grandes réalisations
et perspectives du Projet ENVIRO-PROTEC/UICN-CARPE
•
Présentation des activités du Programme CARPE au Burundi et en Afrique Centrale
•
Présentation des techniques de conduite d’une pépinière forestière, agroforestière
6
8
et fruitière
8
•
Projection d’un film illustrant les techniques de conduite d’une pépinière
8
•
Présentation des techniques d’apiculture
9
•
Importance socio-économique et écologique de l’Azadiratha indica (Neem)
10
II.2 Réduction de la déforestation
II.2.1 Production des plants forestiers
II.2.2 Production et diffusion des foyers améliorés
II.3 Contribution à la sécurité alimentaire de la population rurale
II.3.1 Production et diffusion des plants fruitiers
II.3.2 Promotion de l’apiculture
II.3.3 Promotion de culture du Neem (Azadiratha indica)
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11
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III. CONTRAINTES ET LECONS APPRISES DANS LA MISE EN
ŒUVRE DU PROJET
III.1 Contraintes
III. 2 Leçons apprises
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IV. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
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Liste photos et tableaux
Photo 1 : Mr NDABIRORERE S., au cours de l’atelier
6
Photo 2 : Mr SABUMUKIZA Savin présentant les activités du programme CARPE
8
Photo 3 : NDAYIHEREJE Joachim expliquant les techniques
de conduite d’une pépinière
8
Photo 4 : Photo MBONIHAKUYE Cyrille démontrant les parties d’une ruche moderne
9
Photo 5 : Visite de la pépinière par le Consultant UICN-CARPE et le Coordonateur
technique de l'ENVIRO-PROTEC
Photo 6 : Vue globale de la pépinière forestière, agroforestière et fruitière
11
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Photo 7et 8 : Les plants de Azadiratha indica plantés en face du Lac Tanganyika
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Photo 9 et 10 : Démonstration des techniques utilisées dans la fabrication du foyer
13
Photo 11: Appréciation des paysans de ce nouveau outil
14
Photo 12 : Modèle de foyers fabriqués par les élèves
14
Photo 13 - 14 : Les foyers améliorés contribuent à l‘économie du bois – énergie
Photo 16 : Plants de citronniers prêts au greffage
14
Photo 17 : Début d'aménagement du site d'accueil d'un rucher
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Photo 18 : Réunion de planification des activités à Nyanza Lac
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Photo 20 : Les ruches ont besoin d’une propreté pour optimiser la production
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Photo 21 : Une ruche qui a été la première à être colonisée par des abeilles
16
Photo 22 : Forêt de Muyange abritant les ruches
Photos 22 – 23 : Visite de la pépinière de Neem à Nyanza par le
Coordonnateur Régional de l’UICN-CARPE au mois d’Août 2008
Tableau n°1 : Etat de production des plants forestiers, agrofrestiers et fruitiers
16
3
17
11
INTRODUCTION
Dans le cadre du renforcement des capacités de la population impliquée dans la
conservation et l’amélioration de leurs conditions de vie, l’Association pour la
Protection de l’Environnement au Burundi (ENVIRO-PROTEC) a bénéficié, du
programme CARPE/UICN, un financement de 15 000 $ US pour le
projet : « Appui à la protection de la réserve naturelle de MUKUNGU par
l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations riveraines ».
Le présent projet a également bénéficié du Programme de la réhabilitation du
secteur agricole et gestion durable des terres « PRASAB », un programme
financé par la Banque Mondiale et le Fonds pour l’Environnement mondial
(IDA/FEM) d’un montant de 17 000 $ US. Ces fonds étaient destinés à renforcer
l’activité visant la promotion et la diffusion de l’Azadiratha indica dans la
commune Nyanza Lac, la formation des bénéficiaires sur les techniques de
conduite de pépinière et l’importance du neem.
I. OBJECTIF GLOBAL DU PROJET
L’objectif global du projet est de promouvoir un aménagement et une gestion
durable de la réserve de Mukungu-Muyange tout en contribuant à l’amélioration
de la sécurité alimentaire de la population riveraine et la protection du Lac
Tanganyika contre la pollution due à l’érosion.
I.1 OBJECTIFS SPECIFIQUES
• Le renforcement des capacités des groupements constitués par la
sensibilisation et l’éducation environnementale,
• La promotion des mesures visant à atténuer les effets de la déforestation
due à l’agriculture, la coupe de bois de chauffe, la collecte des plantes
médicinales et des fruits comestibles, etc ;
• La contribution à l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population
riveraine de la réserve de MUKUNGU-MUYANGE.
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I.2 RESULTATS ATTENDUS
• Le renforcement des capacités des groupements constitués par la
sensibilisation et l’éducation environnementale ;
• La promotion des mesures visant à atténuer les effets de la déforestation due
à l’agriculture, la coupe de bois de chauffe, la collecte des plantes
médicinales et des fruits comestibles ;
• La contribution à l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population
riveraine de la réserve de MUKUNGU - MUYANGE.
II. ACTIVITES EN COURS DE REALISATION
II.1 Sensibilisation et éducation environnementale
II.1.1 organisation des séances de sensibilisation
En matière de sensibilisation et d’éducation environnementale, les cadres de
l’ENVIRO-PROTEC ont organisé des descentes sur terrain pour renforcer les
activités des parties prenantes.
II.1.2 Organisation d’un atelier de formation des parties prenantes
En outre, du 31 janvier au 01 février 2008, il a été organisé un atelier de
formation de la population impliquée dans la protection de la Réserve de
Muyange tout en luttant contre la pauvreté.
La réunion a été facilitée par le Programme UICN/CARPE et le Programme de
Réhabilitation du Secteur Agricole et Gestion durable des terres (PRASAB).
En plus des membres du groupement encadré, les travaux de la journée du 01
février 2008 ont été rehaussés par la présence de l’Administrateur de la
Commune Nyanza Lac, le Président du Conseil Communal de Nyanza Lac, les
représentants de la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage
(DPAE) de Makamba, de l’Institut National pour l’Environnement et la
Conservation de la Nature (INECN), du PRASAB et du Point focal de
l’UICN/CARPE.
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Il était inscrit à l’ordre du jour les points suivants :
• Présentation de l’ENVIRO-PROTEC, sa vision, ses objectifs, les grandes
réalisations et perspectives du Projet ENVIRO-PROTEC/UICN-CARPE,
• Présentation des activités du Programme CARPE au Burundi et en Afrique
Centrale,
• Présentation des techniques de conduite d’une pépinière forestière,
agroforestière et fruitière,
• Projection d’un film illustrant les techniques de conduite d’une pépinière,
• Présentation des techniques d’apiculture,
• Importance socio-économique et écologique de l’Azadiratha indica (Neem).
Le discours d’ouverture des travaux a été prononcé par l’Administrateur de la
Commune Nyanza – Lac. Dans son allocution, l’Administrateur communal a
remercié les organisateurs de la réunion pour avoir pensé à initier la réunion et
d’autres activités liées à la restauration du couvert végétal dans la Commune
Nyanza-Lac ; une commune où le problème de bois de service et de chauffe se
sent de plus en plus.
S’agissant de la présentation de l’ENVIRO-PROTEC, sa vision, ses
objectifs, les grandes réalisations et perspectives du Projet ENVIROPROTEC/UICN-CARPE
Photo 1 : Mr NDABIRORERE S., au cours de l’atelier
Monsieur NDABIRORERE Salvator, Coordonnateur Exécutif a fait savoir que
l’Association pour la Protection de l’Environnement, ENVIRO-PROTEC, en
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sigle est une association de droit burundais qui a été agréée par l’Ordonnance
Ministérielle N°530/109 du 03/02/2003 et a comme objectifs :
• Contribution à l’aménagement et à la gestion des ressources forestières et
des aires protégées ;
• Amélioration de la sécurité alimentaire par la vulgarisation des activités
d’intégration agro-sylvo-zootechnique à travers l’aménagement
participatif et intégré des bassins versants ;
• Promotion des activités génératrices de revenus en milieu rural en vue
d’alléger la pression sur les RN ;
• Renforcement de l’information – éducation et communication (IEC) en
matière de gestion rationnelle des ressources naturelles et de
l’environnement ainsi qu’un partage équitable des bénéfices qui en
découlent ;
• Renforcement des capacités en milieu rural par des études et conseils
• Vulgarisation du droit de l’environnement dans le pays.
La vision de l’ENVIRO-PROTEC étant de parvenir à concilier les intérêts de
conservation des ressources naturelles dans tout le pays et la lutte contre la
pauvreté de la population burundaise dans l’esprit du triade : Ecologie-Société –
Economie.
Ses domaines d’intervention sont notamment :
• Formation et Education environnementale
• Conservation de la Diversité Biologique et la lutte contre l’exploitation
illégale
• Production et diffusion des plants forestiers et agro-forestiers
• Préservation des écosystèmes forestiers dégradés et réduction de la
pauvreté.
• Promotion des foyers améliorés et autres technologies alternatives au bois.
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En ce qui concerne la présentation des activités du Programme CARPE au
Burundi et en Afrique Centrale,
Photo 2 : Mr SABUMUKIZA Savin présentant les activités du programme CARPE
Monsieur Savin SABUMUKIZA, Consultant CARPE, a tenu à informer
l’assistance que CARPE est une nouvelle initiative lancée au Burundi dans le
but de contribuer à la protection des écosystèmes forestiers et la lutte contre la
pauvreté.
Il a poursuivi son intervention à présenter aux participants des initiatives en
cours dans le Bassin du Congo en matière de gestion forestière ainsi que les
priorités de chacune, la zone d’intervention de CARPE, son historique, ses
objectifs stratégiques, les résultats attendus ainsi que ses valeurs promues.
Abordant les techniques de conduite d’une pépinière forestière, agroforestière
et fruitière,
Photo 3 : NDAYIHEREJE Joachim expliquant les techniques de conduite d’une pépinière
Monsieur Joachim NDAYIHEREJE, Forestier provincial de Makamba et
membre de l’ENVIRO-PROTEC a passé en revue les différentes étapes de la
production des plants en pépinières en suivant les étapes suivantes :
• Le choix des semences adaptées et de bonne qualité,
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• Les critères de choix du site de pépinière (en phase de l’eau, des voies de
communication, plat, etc.),
• Les techniques de préparation de germoirs et des plates bandes,
• Les différentes techniques de conduites des plants en pépinières.
Un film a été projeté pour illustrer les leçons apprises. Après les différentes
communications, les participants ont eu l’occasion d’échanger sur les thèmes qui
viennent d’être exposés.
S’agissant de la formation sur l’élevage des abeilles,
Photo 4 : Mr MBONIHAKUYE Cyrille démontrant les parties d’une ruche moderne
Monsieur Cyrille MBONIHANKUYE a passé en revue le contexte, l’importance
et la nécessité de la maîtrise de cette technique d’élevage du Burundi.
En effet, l’augmentation de la population au Burundi entraîne la diminution des
terres cultivables, des forêts et des savanes. La population doit augmenter ses
revenus en adoptant des activités génératrices des revenus et qui n’exigent pas
de grands espaces tel que l’élevage des abeilles.
Le Burundi est un pays à vocation apicole. Les abeilles y sont prolifiques et
nidifient partout : dans les toits des maison ; des termitières, dans les
anfractuosités des rochers et voire même en plein air dans les branches d’arbres
et les buissons.
Nos ancêtres se sont bien rendus compte qu’ils pouvaient tirer profit du miel et
l’apiculture était considérée comme un métier d’honneur.
La crise qui a secoué notre pays a produit des effets graves sur le secteur
apicole : destruction des ruchers ; feux de brousse détruisant les boisements et
les ruchers y installées pour la capture des essaims ; le déplacement et la
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disparition des apiculteurs ainsi que le vol des équipements et la destruction des
centres apicoles.
Malgré toutes ces difficultés ; en milieu rural l’apiculture est une activité qui se
fait avec un minimum de main d’œuvre et qui procure des revenus les plus
intéressants. Les abeilles sont élevées pour leur miel et leur cire. L’abeille a
aussi l’avantage de ne pas être nuisible à l’agriculture.
Ainsi, l’élevage des abeilles contribuera à la protection de l’environnement en
diminuant les risques d’incendies causés par les feux de brousse et l’utilisation
des insecticides par les personnes qui cherchent le miel des abeilles sauvages.
Les exploitants forestiers s’intéressent souvent à l’apiculture. L’élevage des
abeilles est une entreprise qui rapporte un revenu basé sur la ressource forestière
sans toute fois la détruire. Une personne dont les revenus proviennent de
l’apiculture devient rapidement l’avocat de la protection forestière et par
conséquent de l’environnement.
Malheureusement les responsables nationaux n’ont pas encore bien pris
conscience de l’importance économique de l’apiculture. On ne peut pas accroître
les productions apicoles en vue d’une consommation locale accrue et
d’exportations importantes que dans la mesure où sont installées dans le pays,
des techniques nouvelles et des méthodes rationnelles tel est le but de la présente
formation.
Concernant l’importance socio-économique et écologique de l’Azadiratha
indica (Neem),
Monsieur NDABIRORERE Salvator est revenu sur l’usage du Neem en
médecine traditionnelle, en industrie cosmétique et pharmaceutique, comme
activité antifongique, antibactérienne et insecticide.
Il n’a pas manqué de souligné que plus de 60 % de la population burundaise
recours à cette médecine car la majorité de cette dernière, généralement pauvre,
n’a pas de moyens financiers pour avoir accès à la médecine moderne.
En outre, suite aux informations recueillies auprès des tradi-praticiens, l'arbre de
Neem joue un rôle important dans la pharmacopée.
Ailleurs dans d’autres pays comme l’Inde, le Neem est appelé « Pharmicie du
Village ». La population burundaise, surtout celle avoisinante de la Tanzanie,
connaît également ses vertus curatives. On trouve que le long des routes, les
populations enlèvent régulièrement les écorces de cet arbre pour aller se faire
soigner. C’est dans cette optique que l’ENVIRO-PROTEC, à travers la
population de Nyanza Lac, a multiplié cette plante « miracle ».
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II.2 Réduction de la déforestation
Dans le cadre de la réduction de la déforestation, deux activités importantes sont
entrain d’être développée à savoir : la production des plants forestiers,
agroforestiers et fruitiers, la production et la diffusion des foyers améliorés.
II.2.1 Production des plants forestiers
ENVIRO-PROTEC a mis en place une pépinière de 51 600 plants composés
de : Azadiratha indica (Neem), Maesopsis eminii, Cedrela odorata, citronniers
pour la campagne sylvicole 2007-2008 et 155 000 plants constitués
essentiellement de Neem et de Maesopsis eminii. Ces plants se répartissent
comme suit :
Tableau n°1 : Etat de production des plants forestiers, agrofrestiers et fruitiers
N°
Variété
Production pour Production pour Total cumulé
la campagne 2007 la
campagne
– 2008
2008 - 2009
1
2
3
4
Azadiratha indica
Maesopsis eminii
Cédrela odorata
Citrus
30 000
5 000
15 000
1 600
150 000
5 000
0
0
180 000
10 000
15 000
1 600
51 600
155 000
206 600
TOTAL
Photo 5 : Visite de la pépinière par le Consultant UICN-CARPE et le Coordonateur technique
de l'ENVIRO-PROTEC
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La figure n°6 montre la situation globale de la pépinière. Les plants produits
dans la saison sylvicole 2007-2008 ont été plantés à la fin du mois de janvier
2008. Ceux produits pour 2008-2009 seront prêts à être planté à mi-décembre.
Le projet compte mettre un accent particulier pour la promotion du Neem, un
arbre à usages multiples, pour plusieurs raisons à savoir :
• Le Neem est une plante médicinale par excellence. Elle est beaucoup
exploitée en Tanzanie à côté.
• Le Neem peut être valorisé sous forme d’insecticide biologique,
• Le Neem peut être valorisé sous forme de savon ;
• Le Neem résiste aux termites et à la sécheresse ;
• Le Neem produit également du bois de feu et de service.
Photo 6 : Vue globale de la pépinière forestière, agroforestière et fruitière
Une partie de plants produits a été distribuée au groupement encadré et à la
population riveraine.
Dans le souci de créer un peuplement semencier, l’ENVIRO-PROTEC a
négocié la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage en province de
Makamba afin de lui accorder un terrain à installer une partie de ces plants.
12
Ainsi, 1500 plants d’Azadiratha indica ont été installés sur cet espace accordé.
Comme les précipitations se sont arrêtées avant que les plants ne reprennent
totalement, la mission a recommandé d’engager un ouvrier qui arroserait ces
jeunes plants pendant une période de 45 jours.
Photo 7 et 8 : Les plants de Azadiratha indica plantés en face du Lac Tanganyika.
II.2.2 Production et diffusion des foyers améliorés
Dans le souci d’atténuer la pression sur la réserve forestière, le projet est entrain
d’initier des techniques permettant l’économie de l’énergie-bois à travers la
production et de la diffusion des foyers améliorés dans les ménages. Notre
objectif étant de mettre à la disposition de chaque ménage d’au moins un foyer
amélioré.
A cet effet dans le cadre du transfert du savoir-faire, ENVIRO-PROTEC a
recruté deux paysans spécialistes en fabrication des foyers améliorés pour
former le groupement encadré par le projet. Ces paysans, en provenance de la
province Kayanza, Nord du pays, situé au moins à 350 km de Nyanza Lac, ont
passé toute une semaine à dispenser la formation en la matière.
Photo 9 et 10 : Démonstration des techniques utilisées dans la fabrication du foyer
13
Photo 11': Appréciation des paysans de ce nouveau outil
Photo 12 : Modèle de foyers fabriqués par les élèves
Avec les foyers améliorés introduits, les bénéficiaires sont aujourd’hui contents
des résultats. A l’heure actuelle, la population utilise 50 % de moins du bois
utilisé.
Photo 13 - 14 : Les foyers améliorés contribuent à l‘économie du bois – énergie
Ces foyers améliorés gardent
14
II.3 Contribution à la sécurité alimentaire de la population rurale
II.3.1 Production et diffusion des plants fruitiers
Dans le cadre de l’amélioration de la sécurité alimentaire, le projet a acheté des
plants forestiers et qui seront distribués à la population après le greffage.
Photo 14 : Plants de citronniers prêts au greffage
II.3.2 Promotion de l’apiculture
Le projet s’est également attelé à préparer l’endroit où la population a installé un
rucher moderne sur la lisière de la réserve de Mukungu. Cette activité apicole
va non seulement contribuer à améliorer le revenu des populations bénéficiaires
mais aussi à la sauvegarde de la réserve. Avec la présence permanente de la
population autour et dans la réserve, les feux de brousse, les pratiques culturales
et des coupes illicites de bois seront atténuées.
La photo n°12 montre l’endroit qui va abriter les activités apicoles.
Photo 16 : Début d'aménagement du site d'accueil d'un rucher
15
Photo 17 : Réunion de planification des
activités à Nyanza Lac
A cet effet, le groupement a bénéficié de 20 ruches modernes avec le matériel de
récolte et de transformation du miel à savoir : l’extracteur de miel, enfumoirs,
masques, bottes, imperméables, etc. A l’heure actuelle, 13 ruches sont déjà
occupées par des abeilles. On espère que la totalité des ruches auront des
abeilles à la fin du mois de novembre et que la première visite (récolte) aura lieu
au mois de septembre.
Photo 18 –1 9 : Les ruches ont besoin d’une propreté pour optimiser la production
Photo 20 : Une ruche qui a été la première à être
colonisée par des abeilles
Photo 21 : Forêt de Muyange abritant les ruches
Vision de l’ENVIRO-PROTEC pour la promotion de l’apiculture
L’ENVIRO-PROTEC dispose aujourd’hui dans la région plus de 200 ruches
modernes tenues par 6 groupements d’apiculteurs formés dont 3 autour de la
Réserve de Kigwena, 2 autour de la réserve forestière de Bururi et 1 un
groupement autour de Mukungu.
La vision à long terme de l’organisation est d’organiser ces groupements en
réseau de producteurs de miel. Ils vont participer dans toute la filière :
production,
transformation,
conditionnement,
embouteillage
et
commercialisation au niveau local et international.
Ainsi, cette filière contribuera non seulement à la préservation de la réserve mais
aussi à la croissance économique du pays.
16
II.3.3 Promotion de culture du Neem (Azadiratha indica)
L’Enviro-protec se veut la production et la diffusion à grande échelle du Neem
dans les provinces du Sud du pays en vue de la sauvegarde de l’environnement
d’une part mais aussi l’amélioration des conditions de vie d’autre part.
Avec la campagne sylvicole 2007- 2008, les semences de Neem ont été
importées de Garoua en République du Cameroun. Suite à une longue période
passée en route, le taux de germination n’a pas été satisfaisant.
A l’heure actuelle, l’association a dû trouver les semences en Ouganda. Le taux
de germination est très satisfaisant. On compte produire plus de 150 000 plants
de Neem. Ces plants seront diffusés dans tous les ménages de la Commune
Nyanza Lac.
Des séances de sensibilisation sont en cours en vue d’expliquer à la population
de l’importance socio- économique de cette plante appelée dans certains pays du
Sahel ou en Inde « Pharmacie du Village ».
Photos 22 – 23 : Visite de la pépinière de Neem à Nyanza par le Coordonnateur Régional de
l’UICN-CARPE au mois d’Août 2008 (en chapeau), photo : Sabumukiza S., 2008.
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III. CONTRAINTES ET LECONS APPRISES DANS LA MISE EN
ŒUVRE DU PROJET
III.1 Contraintes
D’une manière globale, la mise en œuvre du projet n’a pas connu de difficultés.
Seules les contraintes suivantes ont été soulevées à savoir :
• Le démarrage tardif de la campagne sylvicole 2007 – 2008 a entraîné un
retard dans la production et la plantation des plants forestiers,
•
La non disponibilité des semences d’Azadiratha indica (Neem) dans le
pays a porté préjudice au taux de germination.
En effet, le projet a dû importer les semences de Neem à partir de Garoua
(Cameroun). Le temps que cette opération a pris pour arriver au site de
plantation était trop long. Pour la campagne 2008 – 2009, les semences
ont été achetées à partir de l’Uganda. Comme le trajet n’est pas trop long,
le taux de germination est cette fois-ci satisfaisant.
• Les moyens financiers limités alors que les défis sont énormes ;
• Les aléas climatiques : le départ précoce de la pluie dans la zone du projet
III. 2 Leçons apprises
La mise en œuvre du projet nous aura appris beaucoup de leçons qui serviront à
l’ENVIRO-PROTEC dans ces perspectives à savoir :
• L’implication des bénéficiaires dès la conception du projet à la mise en
œuvre est une voie de réussite et d’appropriation,
• Le transfert de savoir – faire entre les populations de même niveau incite
les bénéficiaires à poursuivre l’activité. En effet, dans le cadre de la
promotion des foyers améliorés, l’ENVIRO-PROTEC a dû recourir aux
populations formées à Kayanza pour venir apprendre aux populations de
Nyanza Lac comment fabriquer les foyers améliorés à base des matériaux
locaux.
•
Bien de donateurs encouragent aujourd’hui des idées novatrices. C’est le
cas du PRASAB avec notre mission de produire et diffuser le Neem dans
la plaine de l’Imbo.
18
IV. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
L’Association pour la Protection de l’Environnement au Burundi « ENVIROPROTEC » saisit cette opportunité pour remercier l’UICN/CARPE pour le
financement accordé en vue de la protection des ressources naturelles tout en
améliorant les conditions de vie de la population.
Notre rêve est de parvenir dans l’avenir à mettre sur pied un réseau d’apiculteurs
compétents et équipés, capables de produire du miel pour la consommation
locale et internationale.
Ces apiculteurs vont non seulement produire du miel à des fins commerciaux
mais vont également contribuer à la préservation de l’environnement.
L’idée est déjà là, le processus est déjà entamé et nous demandons à
l’UICN/CARPE ce qui suit :
• Apporter un appui à l’ENVIRO-PROTEC pour pouvoir consolider les
acquis du projet à travers : la diffusion à grande échelle les foyers
améliorés introduits ; le renforcement du réseau d’apiculteurs ; la
production, la diffusion et la valorisation du Neem ;
• Assurer la sensibilisation et l’éducation environnementale des parties
prenantes à la conservation durable de la Réserve forestière de Mukungu.
Au terme de ce rapport, nous tenons également à remercier les personnalités
suivantes qui ont contribué à la réussite du projet à savoir : les bénéficiaires
directs, l’Administration locale, l’Institut National pour l’Environnement et la
Conservation de la Nature (INECN), la Direction Provinciale de l’Agriculture et
de l’Elevage (DPAE) ainsi que tous les membres exécutifs de l’ENVIROPROTEC.
Nous nous en voudrions de terminer sans vivement remercier le Programme de
Réhabilitation du Secteur Agricole et Gestion Durable des Terres (PRASAB)
pour sa contribution significative pour le renforcement du projet.
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