L`appui à la protection de la réserve naturelle de
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L`appui à la protection de la réserve naturelle de
CARPE - UICN Projet : Appui à la protection de la réserve naturelle de Mukungu par l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations riveraines Rapport d’achèvement des activités Pour l’ENVIRO-PROTEC NDABIRORERE Salvator Bujumbura, septembre 2008 1 Table des matières Liste des Photos et tableaux 3 INTRODUCTION 4 I. OBJECTIF GLOBAL DU PROJET I.1 Objectifs spécifiques I.2 Résultats attendus 4 4 5 II. ACTIVITES EN COURS DE REALISATION II.1 Sensibilisation et éducation environnementale II.1.1 organisation des séances de sensibilisation II.1.2 Organisation d’un atelier de formation des parties prenantes 5 5 5 5 • Présentation de l’ENVIRO-PROTEC, sa vision, ses objectifs, les grandes réalisations et perspectives du Projet ENVIRO-PROTEC/UICN-CARPE • Présentation des activités du Programme CARPE au Burundi et en Afrique Centrale • Présentation des techniques de conduite d’une pépinière forestière, agroforestière 6 8 et fruitière 8 • Projection d’un film illustrant les techniques de conduite d’une pépinière 8 • Présentation des techniques d’apiculture 9 • Importance socio-économique et écologique de l’Azadiratha indica (Neem) 10 II.2 Réduction de la déforestation II.2.1 Production des plants forestiers II.2.2 Production et diffusion des foyers améliorés II.3 Contribution à la sécurité alimentaire de la population rurale II.3.1 Production et diffusion des plants fruitiers II.3.2 Promotion de l’apiculture II.3.3 Promotion de culture du Neem (Azadiratha indica) 11 11 13 15 15 15 17 III. CONTRAINTES ET LECONS APPRISES DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PROJET III.1 Contraintes III. 2 Leçons apprises 18 18 18 IV. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 19 2 Liste photos et tableaux Photo 1 : Mr NDABIRORERE S., au cours de l’atelier 6 Photo 2 : Mr SABUMUKIZA Savin présentant les activités du programme CARPE 8 Photo 3 : NDAYIHEREJE Joachim expliquant les techniques de conduite d’une pépinière 8 Photo 4 : Photo MBONIHAKUYE Cyrille démontrant les parties d’une ruche moderne 9 Photo 5 : Visite de la pépinière par le Consultant UICN-CARPE et le Coordonateur technique de l'ENVIRO-PROTEC Photo 6 : Vue globale de la pépinière forestière, agroforestière et fruitière 11 12 Photo 7et 8 : Les plants de Azadiratha indica plantés en face du Lac Tanganyika 13 Photo 9 et 10 : Démonstration des techniques utilisées dans la fabrication du foyer 13 Photo 11: Appréciation des paysans de ce nouveau outil 14 Photo 12 : Modèle de foyers fabriqués par les élèves 14 Photo 13 - 14 : Les foyers améliorés contribuent à l‘économie du bois – énergie Photo 16 : Plants de citronniers prêts au greffage 14 Photo 17 : Début d'aménagement du site d'accueil d'un rucher 15 Photo 18 : Réunion de planification des activités à Nyanza Lac 16 Photo 20 : Les ruches ont besoin d’une propreté pour optimiser la production 16 Photo 21 : Une ruche qui a été la première à être colonisée par des abeilles 16 Photo 22 : Forêt de Muyange abritant les ruches Photos 22 – 23 : Visite de la pépinière de Neem à Nyanza par le Coordonnateur Régional de l’UICN-CARPE au mois d’Août 2008 Tableau n°1 : Etat de production des plants forestiers, agrofrestiers et fruitiers 16 3 17 11 INTRODUCTION Dans le cadre du renforcement des capacités de la population impliquée dans la conservation et l’amélioration de leurs conditions de vie, l’Association pour la Protection de l’Environnement au Burundi (ENVIRO-PROTEC) a bénéficié, du programme CARPE/UICN, un financement de 15 000 $ US pour le projet : « Appui à la protection de la réserve naturelle de MUKUNGU par l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations riveraines ». Le présent projet a également bénéficié du Programme de la réhabilitation du secteur agricole et gestion durable des terres « PRASAB », un programme financé par la Banque Mondiale et le Fonds pour l’Environnement mondial (IDA/FEM) d’un montant de 17 000 $ US. Ces fonds étaient destinés à renforcer l’activité visant la promotion et la diffusion de l’Azadiratha indica dans la commune Nyanza Lac, la formation des bénéficiaires sur les techniques de conduite de pépinière et l’importance du neem. I. OBJECTIF GLOBAL DU PROJET L’objectif global du projet est de promouvoir un aménagement et une gestion durable de la réserve de Mukungu-Muyange tout en contribuant à l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population riveraine et la protection du Lac Tanganyika contre la pollution due à l’érosion. I.1 OBJECTIFS SPECIFIQUES • Le renforcement des capacités des groupements constitués par la sensibilisation et l’éducation environnementale, • La promotion des mesures visant à atténuer les effets de la déforestation due à l’agriculture, la coupe de bois de chauffe, la collecte des plantes médicinales et des fruits comestibles, etc ; • La contribution à l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population riveraine de la réserve de MUKUNGU-MUYANGE. 4 I.2 RESULTATS ATTENDUS • Le renforcement des capacités des groupements constitués par la sensibilisation et l’éducation environnementale ; • La promotion des mesures visant à atténuer les effets de la déforestation due à l’agriculture, la coupe de bois de chauffe, la collecte des plantes médicinales et des fruits comestibles ; • La contribution à l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population riveraine de la réserve de MUKUNGU - MUYANGE. II. ACTIVITES EN COURS DE REALISATION II.1 Sensibilisation et éducation environnementale II.1.1 organisation des séances de sensibilisation En matière de sensibilisation et d’éducation environnementale, les cadres de l’ENVIRO-PROTEC ont organisé des descentes sur terrain pour renforcer les activités des parties prenantes. II.1.2 Organisation d’un atelier de formation des parties prenantes En outre, du 31 janvier au 01 février 2008, il a été organisé un atelier de formation de la population impliquée dans la protection de la Réserve de Muyange tout en luttant contre la pauvreté. La réunion a été facilitée par le Programme UICN/CARPE et le Programme de Réhabilitation du Secteur Agricole et Gestion durable des terres (PRASAB). En plus des membres du groupement encadré, les travaux de la journée du 01 février 2008 ont été rehaussés par la présence de l’Administrateur de la Commune Nyanza Lac, le Président du Conseil Communal de Nyanza Lac, les représentants de la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage (DPAE) de Makamba, de l’Institut National pour l’Environnement et la Conservation de la Nature (INECN), du PRASAB et du Point focal de l’UICN/CARPE. 5 Il était inscrit à l’ordre du jour les points suivants : • Présentation de l’ENVIRO-PROTEC, sa vision, ses objectifs, les grandes réalisations et perspectives du Projet ENVIRO-PROTEC/UICN-CARPE, • Présentation des activités du Programme CARPE au Burundi et en Afrique Centrale, • Présentation des techniques de conduite d’une pépinière forestière, agroforestière et fruitière, • Projection d’un film illustrant les techniques de conduite d’une pépinière, • Présentation des techniques d’apiculture, • Importance socio-économique et écologique de l’Azadiratha indica (Neem). Le discours d’ouverture des travaux a été prononcé par l’Administrateur de la Commune Nyanza – Lac. Dans son allocution, l’Administrateur communal a remercié les organisateurs de la réunion pour avoir pensé à initier la réunion et d’autres activités liées à la restauration du couvert végétal dans la Commune Nyanza-Lac ; une commune où le problème de bois de service et de chauffe se sent de plus en plus. S’agissant de la présentation de l’ENVIRO-PROTEC, sa vision, ses objectifs, les grandes réalisations et perspectives du Projet ENVIROPROTEC/UICN-CARPE Photo 1 : Mr NDABIRORERE S., au cours de l’atelier Monsieur NDABIRORERE Salvator, Coordonnateur Exécutif a fait savoir que l’Association pour la Protection de l’Environnement, ENVIRO-PROTEC, en 6 sigle est une association de droit burundais qui a été agréée par l’Ordonnance Ministérielle N°530/109 du 03/02/2003 et a comme objectifs : • Contribution à l’aménagement et à la gestion des ressources forestières et des aires protégées ; • Amélioration de la sécurité alimentaire par la vulgarisation des activités d’intégration agro-sylvo-zootechnique à travers l’aménagement participatif et intégré des bassins versants ; • Promotion des activités génératrices de revenus en milieu rural en vue d’alléger la pression sur les RN ; • Renforcement de l’information – éducation et communication (IEC) en matière de gestion rationnelle des ressources naturelles et de l’environnement ainsi qu’un partage équitable des bénéfices qui en découlent ; • Renforcement des capacités en milieu rural par des études et conseils • Vulgarisation du droit de l’environnement dans le pays. La vision de l’ENVIRO-PROTEC étant de parvenir à concilier les intérêts de conservation des ressources naturelles dans tout le pays et la lutte contre la pauvreté de la population burundaise dans l’esprit du triade : Ecologie-Société – Economie. Ses domaines d’intervention sont notamment : • Formation et Education environnementale • Conservation de la Diversité Biologique et la lutte contre l’exploitation illégale • Production et diffusion des plants forestiers et agro-forestiers • Préservation des écosystèmes forestiers dégradés et réduction de la pauvreté. • Promotion des foyers améliorés et autres technologies alternatives au bois. 7 En ce qui concerne la présentation des activités du Programme CARPE au Burundi et en Afrique Centrale, Photo 2 : Mr SABUMUKIZA Savin présentant les activités du programme CARPE Monsieur Savin SABUMUKIZA, Consultant CARPE, a tenu à informer l’assistance que CARPE est une nouvelle initiative lancée au Burundi dans le but de contribuer à la protection des écosystèmes forestiers et la lutte contre la pauvreté. Il a poursuivi son intervention à présenter aux participants des initiatives en cours dans le Bassin du Congo en matière de gestion forestière ainsi que les priorités de chacune, la zone d’intervention de CARPE, son historique, ses objectifs stratégiques, les résultats attendus ainsi que ses valeurs promues. Abordant les techniques de conduite d’une pépinière forestière, agroforestière et fruitière, Photo 3 : NDAYIHEREJE Joachim expliquant les techniques de conduite d’une pépinière Monsieur Joachim NDAYIHEREJE, Forestier provincial de Makamba et membre de l’ENVIRO-PROTEC a passé en revue les différentes étapes de la production des plants en pépinières en suivant les étapes suivantes : • Le choix des semences adaptées et de bonne qualité, 8 • Les critères de choix du site de pépinière (en phase de l’eau, des voies de communication, plat, etc.), • Les techniques de préparation de germoirs et des plates bandes, • Les différentes techniques de conduites des plants en pépinières. Un film a été projeté pour illustrer les leçons apprises. Après les différentes communications, les participants ont eu l’occasion d’échanger sur les thèmes qui viennent d’être exposés. S’agissant de la formation sur l’élevage des abeilles, Photo 4 : Mr MBONIHAKUYE Cyrille démontrant les parties d’une ruche moderne Monsieur Cyrille MBONIHANKUYE a passé en revue le contexte, l’importance et la nécessité de la maîtrise de cette technique d’élevage du Burundi. En effet, l’augmentation de la population au Burundi entraîne la diminution des terres cultivables, des forêts et des savanes. La population doit augmenter ses revenus en adoptant des activités génératrices des revenus et qui n’exigent pas de grands espaces tel que l’élevage des abeilles. Le Burundi est un pays à vocation apicole. Les abeilles y sont prolifiques et nidifient partout : dans les toits des maison ; des termitières, dans les anfractuosités des rochers et voire même en plein air dans les branches d’arbres et les buissons. Nos ancêtres se sont bien rendus compte qu’ils pouvaient tirer profit du miel et l’apiculture était considérée comme un métier d’honneur. La crise qui a secoué notre pays a produit des effets graves sur le secteur apicole : destruction des ruchers ; feux de brousse détruisant les boisements et les ruchers y installées pour la capture des essaims ; le déplacement et la 9 disparition des apiculteurs ainsi que le vol des équipements et la destruction des centres apicoles. Malgré toutes ces difficultés ; en milieu rural l’apiculture est une activité qui se fait avec un minimum de main d’œuvre et qui procure des revenus les plus intéressants. Les abeilles sont élevées pour leur miel et leur cire. L’abeille a aussi l’avantage de ne pas être nuisible à l’agriculture. Ainsi, l’élevage des abeilles contribuera à la protection de l’environnement en diminuant les risques d’incendies causés par les feux de brousse et l’utilisation des insecticides par les personnes qui cherchent le miel des abeilles sauvages. Les exploitants forestiers s’intéressent souvent à l’apiculture. L’élevage des abeilles est une entreprise qui rapporte un revenu basé sur la ressource forestière sans toute fois la détruire. Une personne dont les revenus proviennent de l’apiculture devient rapidement l’avocat de la protection forestière et par conséquent de l’environnement. Malheureusement les responsables nationaux n’ont pas encore bien pris conscience de l’importance économique de l’apiculture. On ne peut pas accroître les productions apicoles en vue d’une consommation locale accrue et d’exportations importantes que dans la mesure où sont installées dans le pays, des techniques nouvelles et des méthodes rationnelles tel est le but de la présente formation. Concernant l’importance socio-économique et écologique de l’Azadiratha indica (Neem), Monsieur NDABIRORERE Salvator est revenu sur l’usage du Neem en médecine traditionnelle, en industrie cosmétique et pharmaceutique, comme activité antifongique, antibactérienne et insecticide. Il n’a pas manqué de souligné que plus de 60 % de la population burundaise recours à cette médecine car la majorité de cette dernière, généralement pauvre, n’a pas de moyens financiers pour avoir accès à la médecine moderne. En outre, suite aux informations recueillies auprès des tradi-praticiens, l'arbre de Neem joue un rôle important dans la pharmacopée. Ailleurs dans d’autres pays comme l’Inde, le Neem est appelé « Pharmicie du Village ». La population burundaise, surtout celle avoisinante de la Tanzanie, connaît également ses vertus curatives. On trouve que le long des routes, les populations enlèvent régulièrement les écorces de cet arbre pour aller se faire soigner. C’est dans cette optique que l’ENVIRO-PROTEC, à travers la population de Nyanza Lac, a multiplié cette plante « miracle ». 10 II.2 Réduction de la déforestation Dans le cadre de la réduction de la déforestation, deux activités importantes sont entrain d’être développée à savoir : la production des plants forestiers, agroforestiers et fruitiers, la production et la diffusion des foyers améliorés. II.2.1 Production des plants forestiers ENVIRO-PROTEC a mis en place une pépinière de 51 600 plants composés de : Azadiratha indica (Neem), Maesopsis eminii, Cedrela odorata, citronniers pour la campagne sylvicole 2007-2008 et 155 000 plants constitués essentiellement de Neem et de Maesopsis eminii. Ces plants se répartissent comme suit : Tableau n°1 : Etat de production des plants forestiers, agrofrestiers et fruitiers N° Variété Production pour Production pour Total cumulé la campagne 2007 la campagne – 2008 2008 - 2009 1 2 3 4 Azadiratha indica Maesopsis eminii Cédrela odorata Citrus 30 000 5 000 15 000 1 600 150 000 5 000 0 0 180 000 10 000 15 000 1 600 51 600 155 000 206 600 TOTAL Photo 5 : Visite de la pépinière par le Consultant UICN-CARPE et le Coordonateur technique de l'ENVIRO-PROTEC 11 La figure n°6 montre la situation globale de la pépinière. Les plants produits dans la saison sylvicole 2007-2008 ont été plantés à la fin du mois de janvier 2008. Ceux produits pour 2008-2009 seront prêts à être planté à mi-décembre. Le projet compte mettre un accent particulier pour la promotion du Neem, un arbre à usages multiples, pour plusieurs raisons à savoir : • Le Neem est une plante médicinale par excellence. Elle est beaucoup exploitée en Tanzanie à côté. • Le Neem peut être valorisé sous forme d’insecticide biologique, • Le Neem peut être valorisé sous forme de savon ; • Le Neem résiste aux termites et à la sécheresse ; • Le Neem produit également du bois de feu et de service. Photo 6 : Vue globale de la pépinière forestière, agroforestière et fruitière Une partie de plants produits a été distribuée au groupement encadré et à la population riveraine. Dans le souci de créer un peuplement semencier, l’ENVIRO-PROTEC a négocié la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage en province de Makamba afin de lui accorder un terrain à installer une partie de ces plants. 12 Ainsi, 1500 plants d’Azadiratha indica ont été installés sur cet espace accordé. Comme les précipitations se sont arrêtées avant que les plants ne reprennent totalement, la mission a recommandé d’engager un ouvrier qui arroserait ces jeunes plants pendant une période de 45 jours. Photo 7 et 8 : Les plants de Azadiratha indica plantés en face du Lac Tanganyika. II.2.2 Production et diffusion des foyers améliorés Dans le souci d’atténuer la pression sur la réserve forestière, le projet est entrain d’initier des techniques permettant l’économie de l’énergie-bois à travers la production et de la diffusion des foyers améliorés dans les ménages. Notre objectif étant de mettre à la disposition de chaque ménage d’au moins un foyer amélioré. A cet effet dans le cadre du transfert du savoir-faire, ENVIRO-PROTEC a recruté deux paysans spécialistes en fabrication des foyers améliorés pour former le groupement encadré par le projet. Ces paysans, en provenance de la province Kayanza, Nord du pays, situé au moins à 350 km de Nyanza Lac, ont passé toute une semaine à dispenser la formation en la matière. Photo 9 et 10 : Démonstration des techniques utilisées dans la fabrication du foyer 13 Photo 11': Appréciation des paysans de ce nouveau outil Photo 12 : Modèle de foyers fabriqués par les élèves Avec les foyers améliorés introduits, les bénéficiaires sont aujourd’hui contents des résultats. A l’heure actuelle, la population utilise 50 % de moins du bois utilisé. Photo 13 - 14 : Les foyers améliorés contribuent à l‘économie du bois – énergie Ces foyers améliorés gardent 14 II.3 Contribution à la sécurité alimentaire de la population rurale II.3.1 Production et diffusion des plants fruitiers Dans le cadre de l’amélioration de la sécurité alimentaire, le projet a acheté des plants forestiers et qui seront distribués à la population après le greffage. Photo 14 : Plants de citronniers prêts au greffage II.3.2 Promotion de l’apiculture Le projet s’est également attelé à préparer l’endroit où la population a installé un rucher moderne sur la lisière de la réserve de Mukungu. Cette activité apicole va non seulement contribuer à améliorer le revenu des populations bénéficiaires mais aussi à la sauvegarde de la réserve. Avec la présence permanente de la population autour et dans la réserve, les feux de brousse, les pratiques culturales et des coupes illicites de bois seront atténuées. La photo n°12 montre l’endroit qui va abriter les activités apicoles. Photo 16 : Début d'aménagement du site d'accueil d'un rucher 15 Photo 17 : Réunion de planification des activités à Nyanza Lac A cet effet, le groupement a bénéficié de 20 ruches modernes avec le matériel de récolte et de transformation du miel à savoir : l’extracteur de miel, enfumoirs, masques, bottes, imperméables, etc. A l’heure actuelle, 13 ruches sont déjà occupées par des abeilles. On espère que la totalité des ruches auront des abeilles à la fin du mois de novembre et que la première visite (récolte) aura lieu au mois de septembre. Photo 18 –1 9 : Les ruches ont besoin d’une propreté pour optimiser la production Photo 20 : Une ruche qui a été la première à être colonisée par des abeilles Photo 21 : Forêt de Muyange abritant les ruches Vision de l’ENVIRO-PROTEC pour la promotion de l’apiculture L’ENVIRO-PROTEC dispose aujourd’hui dans la région plus de 200 ruches modernes tenues par 6 groupements d’apiculteurs formés dont 3 autour de la Réserve de Kigwena, 2 autour de la réserve forestière de Bururi et 1 un groupement autour de Mukungu. La vision à long terme de l’organisation est d’organiser ces groupements en réseau de producteurs de miel. Ils vont participer dans toute la filière : production, transformation, conditionnement, embouteillage et commercialisation au niveau local et international. Ainsi, cette filière contribuera non seulement à la préservation de la réserve mais aussi à la croissance économique du pays. 16 II.3.3 Promotion de culture du Neem (Azadiratha indica) L’Enviro-protec se veut la production et la diffusion à grande échelle du Neem dans les provinces du Sud du pays en vue de la sauvegarde de l’environnement d’une part mais aussi l’amélioration des conditions de vie d’autre part. Avec la campagne sylvicole 2007- 2008, les semences de Neem ont été importées de Garoua en République du Cameroun. Suite à une longue période passée en route, le taux de germination n’a pas été satisfaisant. A l’heure actuelle, l’association a dû trouver les semences en Ouganda. Le taux de germination est très satisfaisant. On compte produire plus de 150 000 plants de Neem. Ces plants seront diffusés dans tous les ménages de la Commune Nyanza Lac. Des séances de sensibilisation sont en cours en vue d’expliquer à la population de l’importance socio- économique de cette plante appelée dans certains pays du Sahel ou en Inde « Pharmacie du Village ». Photos 22 – 23 : Visite de la pépinière de Neem à Nyanza par le Coordonnateur Régional de l’UICN-CARPE au mois d’Août 2008 (en chapeau), photo : Sabumukiza S., 2008. 17 III. CONTRAINTES ET LECONS APPRISES DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PROJET III.1 Contraintes D’une manière globale, la mise en œuvre du projet n’a pas connu de difficultés. Seules les contraintes suivantes ont été soulevées à savoir : • Le démarrage tardif de la campagne sylvicole 2007 – 2008 a entraîné un retard dans la production et la plantation des plants forestiers, • La non disponibilité des semences d’Azadiratha indica (Neem) dans le pays a porté préjudice au taux de germination. En effet, le projet a dû importer les semences de Neem à partir de Garoua (Cameroun). Le temps que cette opération a pris pour arriver au site de plantation était trop long. Pour la campagne 2008 – 2009, les semences ont été achetées à partir de l’Uganda. Comme le trajet n’est pas trop long, le taux de germination est cette fois-ci satisfaisant. • Les moyens financiers limités alors que les défis sont énormes ; • Les aléas climatiques : le départ précoce de la pluie dans la zone du projet III. 2 Leçons apprises La mise en œuvre du projet nous aura appris beaucoup de leçons qui serviront à l’ENVIRO-PROTEC dans ces perspectives à savoir : • L’implication des bénéficiaires dès la conception du projet à la mise en œuvre est une voie de réussite et d’appropriation, • Le transfert de savoir – faire entre les populations de même niveau incite les bénéficiaires à poursuivre l’activité. En effet, dans le cadre de la promotion des foyers améliorés, l’ENVIRO-PROTEC a dû recourir aux populations formées à Kayanza pour venir apprendre aux populations de Nyanza Lac comment fabriquer les foyers améliorés à base des matériaux locaux. • Bien de donateurs encouragent aujourd’hui des idées novatrices. C’est le cas du PRASAB avec notre mission de produire et diffuser le Neem dans la plaine de l’Imbo. 18 IV. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS L’Association pour la Protection de l’Environnement au Burundi « ENVIROPROTEC » saisit cette opportunité pour remercier l’UICN/CARPE pour le financement accordé en vue de la protection des ressources naturelles tout en améliorant les conditions de vie de la population. Notre rêve est de parvenir dans l’avenir à mettre sur pied un réseau d’apiculteurs compétents et équipés, capables de produire du miel pour la consommation locale et internationale. Ces apiculteurs vont non seulement produire du miel à des fins commerciaux mais vont également contribuer à la préservation de l’environnement. L’idée est déjà là, le processus est déjà entamé et nous demandons à l’UICN/CARPE ce qui suit : • Apporter un appui à l’ENVIRO-PROTEC pour pouvoir consolider les acquis du projet à travers : la diffusion à grande échelle les foyers améliorés introduits ; le renforcement du réseau d’apiculteurs ; la production, la diffusion et la valorisation du Neem ; • Assurer la sensibilisation et l’éducation environnementale des parties prenantes à la conservation durable de la Réserve forestière de Mukungu. Au terme de ce rapport, nous tenons également à remercier les personnalités suivantes qui ont contribué à la réussite du projet à savoir : les bénéficiaires directs, l’Administration locale, l’Institut National pour l’Environnement et la Conservation de la Nature (INECN), la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Elevage (DPAE) ainsi que tous les membres exécutifs de l’ENVIROPROTEC. Nous nous en voudrions de terminer sans vivement remercier le Programme de Réhabilitation du Secteur Agricole et Gestion Durable des Terres (PRASAB) pour sa contribution significative pour le renforcement du projet. 19