Le 37° parallèle à Mettray, près de Tours
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Le 37° parallèle à Mettray, près de Tours
Le 37° parallèle à Mettray, près de Tours Extrait du Opale - accompagner la consolidation et le développement des structures artistiques et culturelles http://www.opale.asso.fr/spip/le-37o-parallele-a-mettray-pres-de-tours Le 37° parallèle à Mettray, près de Tours - Coopérer - Collectifs d'artistes et de compagnies - Date de mise en ligne : jeudi 26 septembre 2013 Opale - accompagner la consolidation et le développement des structures artistiques et culturelles Copyright © Opale - accompagner la consolidation et le développement des structures artistiques et culturelles Page 1/3 Le 37° parallèle à Mettray, près de Tours Un collectif, Projet 244, occupe une friche en 1999 pour en faire un lieu de fabrique des arts de la rue. Quinze ans plus tard, les bâtiments sont démolis et l'association est dissoute. Une autre se crée, avec un collectif différent, pour occuper de nouveaux bâtiments aménagés par la ville. La fabrique « Projet 244 » L'association « Projet 244 » signe, en 1999, une convention d'occupation à titre précaire d'une ancienne usine de charpente métallique avec la ville de Tours. Ce collectif de compagnies et de structures liées aux arts de la rue (compagnies de théâtre, collectifs de musiciens, de plasticiens, groupes de danse) développe alors, sur 5000 m2, un lieu de fabrique de spectacles pluridisciplinaires alliant le théâtre, la musique, le cirque, la danse, la marionnette... On y réalise des grands et petits décors, s'y organisent des répétitions sous chapiteau, des résidences d'autres compagnies. Les membres du collectif participent aux animations de la ville avec le carnaval de Tours, la guinguette de Tours sur Loire, des animations en milieu carcéral ou scolaire. Ils rayonnent également par des tournées en France et à l'étranger, l'organisation de festivals, des projets de coopération culturelle... La fin d'une aventure, le début d'une autre Fin 2013, le Projet 244 doit quitter les lieux et l'association est dissoute. Les hangars vont être détruits car la ville envisage de bâtir sur le site des immeubles d'habitation ou de bureaux. Une partie des compagnies fondatrices ira rejoindre d'autres compagnies professionnelles à Mettray sur le site de l'ancien sanatorium des Grandes Brosses où se construit la future fabrique des arts de la rue, un investissement de 3,6 millions d'euros financé par la Ville, le Département et la Région. Le 37ème parallèle, nom donné au lieu et au nouveau collectif regroupant les dix compagnies utilisatrices du lieu, se divisera en deux grands ensembles. Le premier, situé dans les anciens bâtiments réhabilités, abritera un studio, des ateliers de fabrication (bois, métal, peinture, arts plastiques, menuiserie), une salle pour les costumes... Le second, un bâtiment neuf de 1.900 m2, offrira un espace pour chaque compagnie, deux salles de répétition pour la danse et la musique, des bureaux, une grande salle de près de 650 m2 et de 12 m de haut permettant les constructions volumineuses. Au total, près de 2.500 m2 de surface complétée par un chapiteau. Copyright © Opale - accompagner la consolidation et le développement des structures artistiques et culturelles Page 2/3 Le 37° parallèle à Mettray, près de Tours Des tensions à l'heure du changement Le relogement ne se fait pas sans heurts. Depuis 2007, sur le site loué par le Projet 244, se sont aussi installés sans autorisation des squatters, dans un bâtiment rebaptisé « Thanks for the future ». Dans un communiqué repris sur plusieurs sites internet alternatifs, ils expliquent y avoir « développé un projet collectif en organisant notamment des projections vidéo, des festivals de cinéma, des concerts, un espace de mise à disposition et de redistribution de matériel, de nourriture... » Un conflit important oppose les « squatteurs » aux « légalisés ». Après avoir coupé l'eau et l'électricité aux squatteurs (fournitures qu'ils payaient à leur place depuis plusieurs années), les membres du Projet 244 ont été l'objet d'une vague de calomnie sur la ville. Les débats sur les sites alternatifs montrent bien une opposition, exprimée parfois avec violence, entre les individus en marge du système et en lutte contre lui, et ceux que ces derniers considèrent comme proches des pouvoirs politiques, prêts à tout pour pouvoir se partager « les nonosses des subventions ». Une scission s'est également opérée avec une partie des artistes qui constituaient le Projet 244, lesquels s'organisent eux aussi en collectif pour tenter de poursuivre ailleurs l'aventure d'une friche culturelle partagée, de préférence en milieu rural. Organisation du 37° parallèle Cette période de transition est propice pour repenser les modes de fonctionnement du collectif qui gérera l'établissement. L'organisation comprendra un organe de décision politique nommé la Boussole, sorte de CA se réunissant mensuellement, capable de réguler les conflits, faire office de comité d'éthique et assumer une fonction employeur. Une « réunion de maison » sera une assemblée non formelle où peuvent s'échanger des informations et idée, et se formuler des propositions à soumettre au CA. Enfin, un « coordinateur » assurera la gestion des bâtiments, de l'information, des plannings, des dysfonctionnements. Les compagnies qui résident sur le lieu sont membres permanents. Pour qu'une nouvelle compagnie soit intégrée, elle devra être parrainée par un permanent pour accompagner son intégration. Des systèmes de péréquation financière sont réfléchis pour évaluer les montants des contributions mensuelles en fonction des moyens de chacun. Le consensus est souhaité et recherché. Copyright © Opale - accompagner la consolidation et le développement des structures artistiques et culturelles Page 3/3