Le laser en médecine et chirurgie buccales
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Le laser en médecine et chirurgie buccales
I recherche _ laser en chirurgie buccale Le laser en médecine et chirurgie buccales Partie II Auteurs_Antonio Batista-Cruzado, Daniel Torres-Lagares, Blanca Moreno-Manteca, Gerd Volland, Patricia Bargiela-Perez, Martin Jorgen & Jose-Luis Gutierrez-Perez, Espagne [BACKGROUND: ©PERFECTIONIST] _Le laser a été utilisé en chirurgie buccale pour toute une série d’indications. Cet article se fixe sur ses applications chirurgicales. La réussite du traitement chirurgical de lésions siégeant dans la cavité orale, dépend grandement de la connaissance de l’étiologie et de l’histologie de la lésion. Certaines pathologies peuvent être traitées au laser, telles que des lésions cancéreuses et l’hyperkératose. D’autres, comme la candidose, ne peuvent pas l’être. Par ailleurs, le laser est rapidement devenu une modalité de traitement prévisible et favorable du traitement de la leucoplasie, de l’hémangiome et de l’épulis. Dans la dernière édition de Laser, les auteurs donnaient un aperçu des études in vitroet des études in vivo chez l’animal dans ce domaine. Ils présentaient ensuite des exemples d’études in vivochez l’homme, évaluant la cicatrisation des plaies et des os, dans le cadre d’un traitement laser. Finalement, dans la rubrique « Études cliniques », les auteurs analysaient la chirurgie des tissus mous et les traitements anticancéreux par le laser au dioxyde de carbone (CO2), ainsi que la thérapie photodynamique. Ils complètent ce thème dans la présente édition de Laser, en examinant entre autres choses, le traitement de la leucoplasie et des affections bénignes ainsi que la frénectomie. Pour conclure, ils récapitulent les effets positifs du laser en chirurgie buccale. Traitement de la leucoplasie La leucoplasie est une lésion précancéreuse, associée à un abus d’alcool et de tabac. Bien qu’il n’existe aucun 18 I laser 1_ 2013 traitement spécifique pour prévenir sa récidive, l’abandon de ces habitudes peut en réduire la probabilité, ainsi que sa transformation en tumeur maligne. Vivek et al.24 ont traité 28 patients ayant reçu un diagnostic histologique de leucoplasie, afin d’étudier l’efficacité, la sécurité d’emploi et l’acceptabilité des lasers, particulièrement du laser Nd:YAG. Ils ont évalué les complications postopératoires associées à l’ablation laser. Ils n’ont noté qu’une douleur légère à modérée, accompagnée d’un gonflement insignifiant jusqu’à 72 heures après le traitement. Une étude de suivi a été réalisée trois ans plus tard. Ils ont observé la guérison de près de 92 pour cent des patients. C’est pourquoi les auteurs ont considéré le laser Nd:YAG comme un outil efficace pour le traitement de cette pathologie. Certaines études recommandent le laser au CO2 pour l’ablation de la leucoplasie. Par exemple, Reddi et Shafer25 ont conclu, au terme de leur étude, que le laser au CO2 était extrêmement efficace pour ablater une leucoplasie. Ils ont également appliqué le laser au traitement de l’érythroplasie et du lichen plan. Traitement du lichen plan En raison de ses effets inflammatoires, le lichen plan peut être une affection douloureuse, quelle que soit sa forme, atrophique ou érosive. Le traitement traditionnel fait donc appel à des corticostéroïdes topiques. Cafaro et al.26 ont mené une étude de cohorte prospective sur 13 patients atteints de lichen plan, afin d’examiner l’efficacité de la thérapie laser basse puissance (LLLT). Les recherche _ laser en chirurgie buccale I utilisé dans le cadre des différentes chirurgies buccales. En raison de la fréquence élevée du granulome pyogène dans la cavité orale, surtout pendant la grossesse, Jafarzadeh et al.28 se sont penchés sur cette affection, ses traitements et de nouvelles approches. Les possibilités de traitement sont entre autres, la résection au moyen d’un scalpel, la cryothérapie, l’utilisation de corticostéroïdes, ou le recours au laser Nd:YAG ou au laser au CO2. Selon les auteurs, le traitement laser peut contribuer au contrôle des saignements, il ne provoque pas d’effets indésirables et il est donc considéré comme une méthode de traitement parfaitement efficace avec des taux d’acceptation élevés de la part des patients. La chéilite actinique est une autre pathologie qui peut être traitée au laser, puisque les ré- [PICTURE: ©CHRIS HARVEY] patients ont fait l’objet d’une biostimulation par une diode laser (904 nm, mode pulsé). Une réduction de la taille des lésions et de la douleur, ainsi que des résultats globaux stables, ont généralement été observés. Les auteurs ont donc préconisé la LLLT comme traitement éventuel des patients atteints de lichen plan, mais ils ont recommandé la réalisation d’études ultérieures avec des groupes plus importants de patients, afin de corroborer leurs résultats. Stomatite aphteuse La LLLT a également été utilisée pour le traitement de la stomatite aphteuse récidivante. L’étude réalisée par Souza et al.27 a eu recours à la LLLT, non pas en tant qu’inhibiteur du processus, mais pour ses effets curatifs et modulateurs sur les tissus. Les auteurs ont évalué l’effet de la LLLT sur la stomatite aphteuse chez 20 patients répartis dans deux groupes. Ils ont traité le groupe I par corticoïdes topiques (triamcinolone acétonide) et le groupe II par une diode laser (670 nm, 50 mW). Les patients ont signalé un apaisement immédiat de la douleur après le traitement laser. Quatre jours après le traitement, la lésion s’est estompée complètement dans le groupe II, par comparaison avec une régression totale sept jours après le traitement dans le groupe I. Affections bénignes Cette rubrique porte sur des pathologies diverses traitées par laser au cours des dernières années. Une attention particulière est accordée à la technique appliquée, ainsi qu’à la fréquence et à l’impact du laser sultats démontrent une résolution clinique élevée et de faibles taux de récidive. Son traitement parfaitement efficace repose sur l’ablation de l’épithélium, tout en évitant la formation de tissu cicatriciel. De Godoy Peres et al.29 ont comparé deux groupes présentant une faible morbidité sur le plan clinico-histologique, dans lesquels le laser au CO2 a été utilisé selon différents paramètres. Une biopsie a été réalisée avant et après le traitement laser. Dans les deux groupes, une réduction significative de la dysplasie épithéliale a été observée, et par conséquent, les auteurs préconisent l’utilisation de lasers dans des cas de dysplasie légère à modérée. Les tumeurs adipeuses des tissus siègent fréquemment dans la région maxillo-faciale, par exemple sur les lèvres et la muqueuse buccale. Bien que ces tumeurs soient habituellement traitées par un scalpel, le laser peut représenter une autre solution satisfaisante. Une suture n’est pas nécessaire et la formation de tissu cicatriciel est minime. L’étude menée par Capodiferro et al.30 est tout à fait pertinente à ce sujet. Hyperkératose L’hyperkératose est un épaississement anormal de la couche cornée causé par une augmentation de la kératine. L’évolution biologique de cette lésion est liée à diverses modifications histopathologiques. Plusieurs solutions, telles que l’utilisation du scalpel, l’électrocautérisation, la cryothérapie, la thérapie photodynamique (PDT) et les médicaments topiques, ont été proposées pour traiter cette affection. Grâce aux progrès réalisés dans l’utilisation du laser au niveau buccal, le traitement laser semble être une méthode prometteuse pour la prise en charge de l’hyperkératose. Santos et al.31 ont cherché à vérifier les avantages des lasers au CO2 (10.600 nm) et ont traité les lésions en dirigeant le faisceau lumineux autour de chacune d’elles. Le tissu ablaté a ensuite été envoyé au laboratoire aux fins d’analyse histopathologique. Une amélioration de l’hémostase a été obtenue en défocalisant le faisceau laser. Selon les auteurs, cette tech- laser 1 _ 2013 I 19 I recherche _ laser en chirurgie buccale Fig. 1 Fig. 2 Fig. 1_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Situation le 15 juin 2003 : Aucune gencive n’est attachée à l’avant de la mandibule. Fig. 2_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Traitement par Er:YAG (1.000 µs, 15 Hz, 400 mJ, ni eau ni air). Très faible saignement, périoste non endommagé. Gain de 10 mm. Fig. 3_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Retrait du pansement parodontal Peripac, trois jours après la chirurgie. nique est d’une application aisée et sans complications postopératoires. Traitement de lésions vasculaires Les lésions vasculaires importantes au niveau de la région oro-faciale sont souvent très difficiles à éliminer. Il a donc été suggéré que l’utilisation du laser était un moyen efficace d’ablater de telles lésions par le biais de la photocoagulation. Angiero et al.32 ont examiné l’efficacité de la photocoagulation et traité 136 patients par une diode laser. Plus de 98 % des cas ont présenté une rémission complète. L’étude a par conséquent démontré que le traitement par la diode laser peut prévenir la récidive et les complications, tout en raccourcissant le temps de cicatrisation. Ostéotomie Stübinger et al.33–36 se sont livrés à une étude approfondie de l’application du laser Er:YAG au tissu osseux et de ses effets biologiques. Les utilisations portent sur des types divers d’ostéotomie, allant des greffes prélevées au niveau du tubercule et du menton, à l’extraction dentaire. Parmi les bénéfices du traitement par laser Er:YAG, on peut citer la grande précision, l’absence de gaspillage de matière osseuse et le faible risque de traumatisme des tissus mous ou de calcination des tissus, ou de complications lors de la cicatrisation des plaies. Pour obtenir les meilleurs résultats, Stübinger et al.33–36 préconisent l’utilisation d’un logiciel de planification. Le temps nécessaire pour réaliser la chirurgie et le manque de contrôle de la profondeur sont cependant des inconvénients du laser Er:YAG. Troisième molaire Une douleur postopératoire et un œdème sont fréquents après l’extraction chirurgicale de la troisième molaire inférieure (la dent de sagesse). Ces symptômes ont généralement été traités par des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des stéroïdes. Ce n’est que récemment que la LLLT a été envisagée comme possible agent analgésique pour contrôler la douleur postopératoire, le blocage de l’articulation ou l’inflammation. Dans leur étude, Markovic et Todorovic37 ont comparé les effets analgésiques de deux anesthésiques, l’utilisation de la LLLT et l’administration de diclofénac. Par rapport au groupe témoin, qui avait seulement reçu les 20 I laser 1_ 2013 Fig. 3 conseils postopératoires habituels, les participants traités au laser ont rapporté une douleur postopératoire fortement atténuée. Un an plus tard, Markovic et Todorovic38 ont étudié l’efficacité de la dexaméthasone et l’utilisation de la LLLT pour réduire le gonflement postopératoire. L’étude a été menée sur 30 patients répartis dans quatre groupes. Le groupe I a été irradié immédiatement après la chirurgie. En plus du traitement laser, le groupe II a reçu 4 mg de dexaméthasone, injectés en intramusculaire dans le muscle ptérygoïdien interne. Le groupe III a reçu 4 mg de dexaméthasone systémique (injection intramusculaire dans la région du deltoïde) en plus de la LLLT, puis 4 mg de dexaméthasone par voie intra-orale six heures après la chirurgie. Le groupe IV a servi de groupe témoin et n’a reçu que les conseils postopératoires habituels. Le groupe II a présenté la plus faible incidence d’œdème. Les auteurs on conclu que la LLLT pouvait être recommandée pour la réduction de l’inflammation et l’effet peut être renforcé par l’administration de corticoïdes topiques. Amarillas-Escobar et al.39 ont réalisé une étude similaire sur l’extraction des dents de sagesse. Leur étude incluait 15 patients qui ont été traités au moyen d’une diode laser (810 nm, 100 mW) par voie intrabuccale et extrabuccale, et un groupe témoin de 15 patients qui n’ont pas été irradiés. Le groupe expérimental n’a présenté aucune différence statistique significative par rapport au groupe témoin, bien qu’une réduction de la douleur postopératoire, du gonflement et du blocage de l’articulation ait été observée. Frénectomie Le terme « frénectomie » concerne l’ablation totale du frein labial ou lingual. L’intervention peut être réalisée par une chirurgie conventionnelle au scalpel ou par laser. Récemment, on a commencé à examiner en détail les désagréments postopératoires éventuels causés aux patients. Dans leur étude, Haytac et Ozcelik40 ont sélectionné et randomisé 40 patients qui auraient dû initialement suivre une autre forme de traitement. Chaque patient a été invité à décrire les complications fonctionnelles et la douleur sur une échelle allant de un à sept. Tous les patients ont évalué positivement le traitement au laser et éprouvé peu de désagrément avec le dispositif. Examinons, par exemple, un cas de vestibuloplastie recherche _ laser en chirurgie buccale nécessitant une prise en charge de longue durée et remontant à 2003. Chez ce cas, traité par le Prof. Dr Gerd Volland, aucune gencive n’était attachée à l’avant de l’articulation inférieure (Fig. 1). Après le traitement au laser Er:YAG (1.000 µs, 15 Hz, 400 mJ, sans eau, ni air), seul un très faible saignement est survenu et on a noté un gain de 10 mm (Fig. 2). Trois jours après la chirurgie, le pansement parodontal a été enlevé (Fig. 3). Sept jours après l’intervention, le patient ne ressentait plus aucune douleur (Fig. 4). La cicatrisation a été totale six semaines après la chirurgie et un gain de 7 mm a été observé (Fig. 5). Trois ans plus tard, on a relevé un gain final de 5,5 mm et aucune formation de cicatrices (Fig. 6). Un suivi en 2009 a indiqué des résultats stables sans aucune récession (Fig. 7). Pathologie des glandes salivaires Les mucocèles, les ranules ou la sialolithe peuvent donner lieu à des pathologies obstructives des glandes salivaires. Les mucocèles proviennent d’une accumulation de mucine causée par la rupture d’un canal des glandes salivaires, résultant généralement d’un traumatisme local. Ils sont caractérisés par un pourcentage élevé de récidive. Deux approches d’élimination des mucocèles ont été évoquées dans la littérature : une résection au moyen d’un scalpel ou une ablation par un laser au CO2. Dans leur étude, Yagüe-García et al.41 ont comparé l’efficacité du scalpel avec celle du laser au CO2 pour ablater les mucocèles. Ils ont traité 38 patients par scalpel et 30 patients par laser au CO2 (5–7 W). Les résultats ont indiqué un taux de récurrence de 8,8 % pour l’ablation conventionnelle par le scalpel. Dans 13,2% des cas, des complications, telles que des cicatrices fibreuses, sont survenues. Dans le groupe traité au laser, une étude de suivi à 12 mois n’a indiqué aucune complication ou récidive. Les auteurs préconisent donc le traitement laser, vu que ses résultats sont plus prévisibles et les taux de récidive sont inférieurs à ceux du traitement traditionnel. On observe en outre beaucoup moins de complications. Huang et al.43 ont étayé ces arguments dans un rapport sur la technique laservaporisation, dont ils recommandent l’utilisation surtout chez les enfants et les patients non coopératifs. Les ranules (aussi appelées grenouillettes) sont dues à une accumulation de mucine causée par l’obstruction d’un canal des glandes salivaires (généralement les glandes sublinguales et submandibulaires), laquelle est généralement le résultat d’un traumatisme local antérieur. La marsupialisation, l’ablation de la ranule avec ou sans la glande sublinguale, l’incision par laser, et la vaporisation de la ranule ont été proposés comme traitements éventuels. Lai et Poon44 ont rapporté une série de trois cas chez qui les ranules ont été ablatées et les lésions vaporisées au moyen du laser au CO2. Selon les auteurs, ce traitement peut être recommandé en raison de la précision de l’ablation, du champ opératoire stérile et propre et du faible risque de dommage au canal de I Wharton et aux nerfs cheminant dans la gencive. En outre, le traitement par laser au CO2 n’entraîne que peu ou pas de récidive. Zola et al.45 ont proposé une autre méthode d’ablation des ranules. Ils ont utilisé un laser Er,Cr:YSGG (1,5 W). Les auteurs ont observé que leur traitement offrait des avantages similaires à ceux du traitement proposé par Lai et Poon.44 La sialolithe est une obstruction mécanique des glandes salivaires ou de leurs canaux excréteurs, en raison de la formation de concrétions (calculs). Elle explique 30 % des pathologies des glandes salivaires et affecte principalement les glandes sous-maxillaires (83–94 %), suivies par la glande parotide (4–10 %) et les glandes sublinguales (1–7 %). Dans leur article, Yang et Chen46 ont rapporté 19 cas cliniques nécessitant l’extraction des calculs du canal de Wharton. Tous les patients ont été traités par un laser au CO2 (4–6 W). Les taux de réussite se sont élevés à 95 % avec très peu de complications. C’est pourquoi, les auteurs considèrent le traitement par laser au CO2, comme la technique à utiliser prioritairement pour traiter cette pathologie. Bisphosphonates La portée clinique de la nécrose avasculaire causée par les bisphosphonates, englobe la simple fistule jusqu’à des zones importantes de tissu osseux nécrosé. Les symptômes sont une paresthésie, la présence de pus, d’un gonflement, d’une douleur et même d’une fracture. La prise en charge de la nécrose avasculaire causée par les bisphosphonates, se révèle délicate car aucun traitement n’est efficace à long terme. Selon l’état de santé du patient, les traitements possibles sont l’arrêt temporaire ou permanent de la prise de bisphosphonates, l’utilisation d’antibiotiques systémiques ou locaux, ou d’oxygène hyperbare, et le débridement chirurgical des lésions. L’association de ces traitements peut produire des résultats plus prévisibles. L’utilisation de la LLLT est de plus en plus encouragée comme autre choix de traitement de ce type de pathologie. Dans leur étude (2010) du traitement de la nécrose avasculaire par LLLT, Vescovi et Nammour47 expliquent les effets du laser sur le processus de cicatrisation. La stimulation induite par le laser augmente la matrice osseuse organique, la prolifération des ostéoblastes et le développement capillaire. En raison de son affinité élevée pour l’eau et l’hydroxy- Fig. 4_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Couche de fibrine sept jours après la chirurgie. Le patient ne ressent aucune douleur. Fig. 5_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Situation le 28 juillet 2003 : Cicatrisation complète. Gain de 7 mm. Fig. 4 Fig. 5 laser 1 _ 2013 I 21 I recherche _ laser en chirurgie buccale Fig. 6 Fig. 7 Fig. 6_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Situation le 15 mai 2006 : Aucune cicatrice. Gain final de 5,5 mm. Fig. 7_Cas de vestibuloplastie nécessitant une prise en charge de longue durée. Situation le 25 novembre 2009. Résultats stables, aucune récession. apatite, le laser Er:YAG peut être facilement appliqué aux tissus mous et osseux. L’os nécrosé est vaporisé au cours d’une chirurgie conservatrice, jusqu’à l’obtention d’un os sain. Un autre avantage du traitement par laser Er:YAG est son effet bactéricide, qui accélère la cicatrisation du tissu osseux. Le traitement par laser Er:YAG semble donc être une technique prometteuse dans la mesure où il est sans danger, bien toléré par les patients et qu’il permet un traitement très peu invasif de la maladie à des stades précoces. Dans une étude menée en 2008, Vescovi et al.48 ont présenté leurs résultats cliniques du traitement de 28 patients atteints d’ostéonécrose. Ils ont traité les quatre groupes de patients au moyen d’un laser Nd:YAG associé à un traitement médico-chirurgical. Le groupe I n’a reçu qu’un traitement médical, par exemple des antibiotiques et des antiseptiques. Le groupe II a reçu un traitement médicochirurgical. Le groupe III a été traité par des médicaments et la LLLT. Enfin, le groupe IV a bénéficié d’un traitement médico-chirurgical et de la LLLT. Douze des 14 patients traités par LLLT ont présenté une amélioration clinique et une réduction significative des symptômes, neuf patients étaient une réussite clinique totale. Bien que, selon les auteurs, l’issue de leur étude n’était pas concluante, ils pensent que les résultats indiquent de grandes possibilités d’utilisation du laser Nd:YAG pour le traitement des lésions d’ostéonécrose liée à la prise de bisphosphonates. En 2010, Vescovi et al.49 ont publié les résultats d’une étude similaire. Entre 2004 et 2008, 91 patients ont passé un contrôle stomatologique et 55 sites atteints d’ostéonécrose ont été examinés. Les patients étaient répartis dans quatre groupes et différentes modalités thérapeutiques ont été étudiées. Le groupe I comptait 13 lésions qui ont été traitées médicalement (1 g d’amoxicilline trois fois par jour et 250 mg de métronidazole deux fois par jour, par voie orale) pendant un minimum de deux semaines. Le groupe II comptait 17 lésions qui ont été traitées médicalement et par LLLT en utilisant un laser Nd:YAG (1.064 nm) une fois par semaine pendant deux mois. Le groupe III comptait 13 cas de nécrose avasculaire traités chirurgicalement par excision de l’os nécrosé, débridement, extraction alvéolaire et corticotomie. Enfin, le groupe IV comptait 12 lésions qui ont été traitées par un laser Er:YAG 22 I laser 1_ 2013 (2.040nm) associé à une LLLT par laser Nd:YAG. Toutes les lésions traitées par le laser Er:YAG ont présenté 100 % d’amélioration clinique et une cicatrisation complète dans 87,5 % des cas. Les résultats du groupe IV différaient fortement de ceux des autres groupes. Selon les auteurs, cette différence est due à la meilleure accessibilité au tissu mou et au tissu osseux qu’offre le laser Er:YAG. Ils mettent ainsi en lumière le rôle du laser Er:YAG dans le traitement de l’ostéonécrose et de la chirurgie conservatrice. Par conséquent, une approche chirurgicale associée à une LLLT peut être considérée comme la méthode de traitement la plus efficace de l’ostéonécrose liée à la prise de bisphosphonates. _Conclusion Dans les 20 dernières années, les lasers sont devenus un excellent outil pour la chirurgie buccale. En chirurgie des tissus mous surtout, le laser permet au praticien d’ablater différents types de tumeurs d’une manière plus sûre et plus précise qu’avec les techniques conventionnelles faisant usage d’un scalpel ou d’un électrotome. L’application moderne du laser repose sur nos connaissances de l’absorption et d’autres aspects de la manipulation d’un faisceau laser. Les dix dernières années ont tout particulièrement connu une évolution des diodes lasers 980 nm et 810 nm. Elles sont relativement bon marché et offrent un bon compromis entre l’absorption et la pénétration des longueurs d’onde visibles dans les couches superficielles, au bénéfice d’une coagulation optimale sans nécrose dans les profondeurs des tissus. Par conséquent, les fibromes, papillomes ou lipomes peuvent être ablatés, même de sites tels que les lèvres et la joue, avec un champ opératoire propre et des résultats prévisibles. De plus, les sutures et la formation de cicatrices peuvent être réduites au minimum. En ce qui concerne les tissus durs, les lasers erbium semblent être le meilleur choix en raison de leur capacité d’absorption élevée dans l’eau. Leur effet repose sur les principes thermomécaniques, contrairement aux diodes lasers, qui interagissent thermiquement. C’est pourquoi une pulvérisation d’eau est indispensable. De cette manière, l’os peut être ablaté sans inhiber la cicatrisation en raison de la nécrose thermique. Le laser appliqué dans ces conditions peut augmenter les effets positifs de la chirurgie buccale, en garantissant la fiabilité au chirurgien et le confort au patient._ _contact Prof. Dr MSc mult Gerd Volland Facultad de Odontología Cirurgia bucal Universidad de Sevilla C/ Avicena s/n Sevilla, Espagne [email protected] laser