MOYEN-ORIENT BP a enfin rejoint la course pétrolière à Abu Dhabi
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MOYEN-ORIENT BP a enfin rejoint la course pétrolière à Abu Dhabi
AVEC LE SOUTIEN DE LA BANQUE POPULAIRE Economie internationale. Syndication FINANCIAL TIMES MOYEN-ORIENT BP a enfin rejoint la course pétrolière à Abu Dhabi Par Michael Peel et Simeon Kerr Traduction Jamila Arif P. 5 MOYEN-ORIENT Le Koweit veut séduire les investisseurs étrangers Par Camilla Hall et Simeon Kerr P. 8 MIGRATION La fuite des millionnaires Par Sarah O’Connor P. 9 GB La notation négative de S&P porte un coup au Downing Street Par Chris Giles, chroniqueur économique N°54.indd 1 20/12/12 00:12 2 Économie Internationale Syndication Financial Times MOYEN-ORIENT BP a enfin rejoint la Par Michael Peel et Simeon Kerr Enfin l’ambiance a été assainie pour le groupe BP après cinq mois de négociations et une diplomatie intense, indiquent Michael Peel et Simeon Kerr. L e retour de BP en tant que prétendant à la concession de la vaste exploitation pétrolière onshore d’Abu Dhabi s’inscrit dans le dernier chapitre d’une longue histoire qui en dit long sur le paysage politique en mutation de la région du golfe et ses liens avec les entreprises étrangères. Après des mois de négociations et de diplomatie intense, BP semble avoir repris sa place dans la course pour renouveler sa participation dans les gisements de pétrole d’Abu Dhabi. Cette reprise a eu lieu après le choc de son exclusion de l’invitation faite aux soumissionnaires potentiels au cours de l’été. La saga qui a duré cinq mois a suscité un examen plus large de la relation entre l’Ouest et les Etats pétroliers du golfe, qui sont de plus en plus politiquement sensi- N°54.indd 2 M. Suwaidi a déclaré que BP n’a pas été exclu et n’a eu aucun obstacle pour se mettre en avant. «S’il y avait vraiment un souci, cela fait partie du passé aujourd’hui », a-t-il assuré. bles après les soulèvements arabes et qui se tournent davantage vers l’Asie sur le plan économique. Les attributions des marchés pétroliers d’Abu Dhabi et d’autres grands contrats commerciaux dans le Golfe deviennent non seulement des tests de perspicacité technique et commerciale des soumissionnaires, mais aussi de la nouvelle vision du monde à l’égard des monarchies régnantes de la région, soutiennent des analystes. Selon Robin Mills, chef consulting chez Manaar Energy à Dubaï ; «il ya un sentiment général dans la région du Golfe que les Etats-Unis vont peut-être accorder moins d’attention à la région en raison de leurs propres réserves de pétrole et de gaz et de leur « virage vers l’Asie ». « Les pays du Golfe en sont conscients et donc ils plantent des graines ailleurs », ajoute-t-il. BP est l’un des candidats pour le renouvellement, en janvier 2014, de la concession pétrolière de 75 ans d’Abu Dhabi portant sur la production de 1,4 million de barils par jour, dans laquelle elle détient en parallèle avec Exxon-Mobil, Royal Dutch Shell et Total 9,5% des parts, indiquent des sources proches du dossier. La participation de BP a été mise en péril après la déclaration du directeur général de la compagnie nationale pétrolière d’Abu Dhabi, Abdulla Nasser al-Suwaidi qui a annoncé en juillet que BP ne figurait pas 20/12/12 00:12 Économie Internationale Syndication Financial Times 3 la course pétrolière à Abu Dhabi sur la « grande liste » des entreprises auxquelles on a envoyé des lettres les invitant à la pré-qualification pour le renouvellement de la concession. Mais M. Suwaidi a déclaré que BP n’a pas été exclu et n’a eu aucun obstacle pour se mettre en avant. «S’il y avait vraiment un souci, cela fait partie du passé aujourd’hui », a-t-il assuré. D’autres observateurs proches du dossier ont fait écho à son message positif, qui atterrit des mois après que le Royaume-Uni ait entamé sa cour à Abu Dhabi dont le voyage du Premier ministre David Cameron, le mois dernier en est un aspect. Les remous provoqués sur les raisons de la rebuffade à l’égard d’une compagnie dont l’association avec les Émirats arabes unis, remonte à environ 80 ans, lorsque Air BP a ravitaillé le N°54.indd 3 Après des mois de négociations et de diplomatie intense, BP semble avoir repris sa place dans la course pour renouveler sa participation dans les gisements de pétrole d’Abu Dhabi. premier vol entre la Grande-Bretagne et l’Inde. BP a refusé de commenter au-delà de son espoir de poursuivre sa relation avec Abu Dhabi et d’entendre les plans de l’Etat sur la concession. De nombreux observateurs ont lié la décision initiale inexpliquée d’Abu Dhabi de ne pas inviter BP, à l’irritation de la monarchie par ce qu’elle considérait comme un échec du Royaume Uni à prendre une position plus ferme contre les mouvements islamistes qui gagnent en influence politique au Moyen-Orient. Mohammed Ahmed bin Abdul Aziz alShihi, le sous-secrétaire au ministère de l’Economie des Emirats Arabes Unis, a averti que des « éléments » non identifiés ont profité des « traditions britanniques de tolérance et d’ouverture » et pourraient, à long terme, « nuire à l’environnement des affaires idéal que nous avons construit ensemble au cours des dernières 40 années ». Une source proche du gouvernement d’Abu Dhabi a décrit comment une «rupture diplomatique» s’est développée entre le Royaume-Uni et les EAU au cours de la propagation des révoltes arabes. Les Etats musulmans sunnites du golfe ont blâmé le Royaume-Uni et les ÉtatsUnis de ne pas avoir accepté l’argument 20/12/12 00:12 4 Économie Internationale selon lequel l’Iran chiite était derrière la révolte à Bahreïn qui dure à peu près deux ans, alors que les Émirats arabes unis ont déploré ce qu’ils considèrent comme l’échec de Londres à endiguer la montée de l’islam politique dans les pays postdictature tels que l’Egypte. Les autorités émiraties ont arrêté plus de 60 présumés militants islamistes depuis l’été, y compris un jeune blogueur de 18 ans, déclenchant ainsi les critiques sévères des ONG des droits de l’homme. Néanmoins, certains analystes ont fait valoir que l’approche d’Abu Dhabi à l’égard de BP est due à son désir de développer ses relations au-delà des grandes compagnies pétrolières occidentales - et inclure en particulier les entreprises des économies asiatiques émergentes à crois- N°54.indd 4 Syndication Financial Times L’Emirat est une destination attrayante en raison de sa stabilité politique et du fait qu’il permet aux entreprises étrangères d’effectuer des explorations pétrolières. sance rapide qui achètent une grande partie de son pétrole et son gaz. L’Emirat est une destination attrayante en raison de sa stabilité politique et du fait qu’il permet aux entreprises étrangères d’effectuer des explorations pétrolières. Abu Dhabi a déjà donné cette année à l’entreprise étatique coréenne Korea National Oil Corpora- tion une licence pour un ensemble restreint de gisements de pétrole après que la compagnie ait accepté d’investir environ 2 milliards de dollars pour une participation de 40%. Si Abou Dhabi compte utiliser sa principale concession pétrolière pour poursuivre son penchant vers l’Asie, le sursis de BP pourra ne pas être la fin du conte pour les multinationales occidentales. « Dans ce monde, il y a tellement de pays qui voudraient bien mettre un pied ici », indique un homme d’affaires émirati bien connecté, en pensant aux soucis de BP et le sort de la concession pétrolière. « Ne prenez pas les gens pour acquis ».❚ 20/12/12 00:12 Économie Internationale Syndication Financial Times 5 Le Koweit veut séduire les investisseurs étrangers MOYEN-ORIENT Par Camilla Hall et Simeon Kerr Ces remaniements de lois visent à relancer l’économie non pétrolière et rétablir la confiance des marchés, rapportent Camilla Hall et Simeon Kerr. L e Koweït a introduit une nouvelle législation relative aux entreprises car le pays tente de se disputer l’investissement étranger avec ses voisins, plus particulièrement les Émirats arabes unis qui représentent un modèle de réussite dans la région. Réputé dans la région pour sa récente sous-performance économique, le Koweït cherche à aller de l’avant avec une réglementation plus cohérente dans un effort de relancer son économie non pétrolière et renforcer la confiance dans les marchés. N°54.indd 5 Les nouvelles réglementations adoptées au Koweït sont les dernières des nombreuses mesures prises par les riches gouvernements pétroliers dans le golfe en vue d’améliorer les pratiques du business. Car ils rivalisent non seulement pour l’investissement, mais pour attirer les entreprises étrangères qui embaucheront leur jeunesse et contribueront au développement de leurs secteurs privés embryonnaires. « Il s’agit d’une réforme complète qui nous aidera à attirer plus d’investissements étrangers directs, plus de transparence et faciliter la création d’entreprises », a déclaré Abdul Aziz Al-Yaqout, directeur régional associé chez DLA Piper Middle East et co-auteur de la loi. Les pays pétroliers du Golfe n’ont peutêtre pas besoin de cash pour financer leurs projets, mais ils cherchent des moyens pour préparer l’avenir en consolidant un secteur privé stable avant le déclin des revenus de l’hydrocarbure. Les nouvelles réglementations du Koweït qui se composent de 337 articles, comprennent des mesures testées et éprou- 20/12/12 00:12 6 Économie Internationale vées dans la région du Golfe, y compris la création d’un « guichet unique » pour la constitution et l’autorisation des nouvelles entreprises. Ces lois exigent aussi beaucoup des sociétés en termes de gouvernance d’entreprise, telles que la séparation du conseil d’administration du senior management. Afin de faciliter l’exploitation au Koweït, il permettra également aux actionnaires individuels de créer des entreprises pour la première fois et autoriser la transférabilité des actions dans l’entreprise. Toutefois, le Koweït est confronté à la tâche herculéenne d’attirer des acteurs économiques au moment où les conflits politiques bloquent le développement économique et les plans de dépenses dans le pays le plus démocratique dans le Golfe. Alors que le Koweït lutte avec ses plans de réforme, les dirigeants des Emirats arabes N°54.indd 6 Syndication Financial Times «Nous voulons des entreprises qui feront bénéficier notre économie, des investisseurs qui viennent avec des investissements conséquents », a déclaré Sultan bin Saeed Al Mansouri dans une interview. unis - qui, contrairement aux Koweïtiens n’ont pas besoin de l’approbation d’un parlement élu - sont allés de l’avant avec de grands projets de développements, érigeant des gratte-ciel dans l’horizon et créant un hub financier moderne. Bien que certaines des plus grandes entreprises internationales ont afflué vers les Émirats arabes unis, quelques groupes internationaux ont plutôt opté pour le Koweït comme destination d’investissement, au cours de ces dernières années. Dans la foulée des événements susceptibles d’inquiéter davantage les investisseurs potentiels, les tensions politiques récentes ont suscité des protestations de rue sous forme d’une opposition diverse de libéraux, de chefs tribaux et d’islamistes qui se sont confrontés au gouvernement. Les hommes d’affaires koweïtiens sont sceptiques quant aux efforts du pays déployés pour attirer les investisseurs étrangers. L’un d’eux a déclaré: «Je n’ai pas vu une entreprise investir au Koweït depuis longtemps ». Mais, alors même que le Koweït change définitivement son droit des sociétés vieux de plusieurs décennies, il court toujours le risque que les EAU drainent encore plus d’investissements vu la vitesse avec laquelle ils supplantent tous leurs voisins du Golfe. 20/12/12 00:12 Économie Internationale une démarche visant la stimulation du secteur privé des Émirats arabes unis, le pays prévoit d’augmenter la participation étrangère dans sa très attendue loi sur les sociétés - mais seulement dans certains secteurs. Dubaï a esquivé pendant des décennies ces restrictions fédérales sur la propriété étrangère en instaurant des zones de libre-échange, couvrant des secteurs tels que la logistique, les médias et la finance, à condition qu’ils servent l’économie nationale. Le ministre de l’économie des EAU déclare qu’il s’attend à des progrès sur le droit des sociétés bientôt. Un comité à l’Assemblée nationale devrait entamer des discussions avec le ministère sur le projet de loi en janvier. Le ministre, Sultan bin Saeed Al Mansouri affirme que la loi permettra N°54.indd 7 Syndication Financial Times Mais, alors même que le Koweït change définitivement son droit des sociétés vieux de plusieurs décennies, il court toujours le risque que les EAU drainent encore plus d’investissements vu la vitesse avec laquelle ils supplantent tous leurs voisins du Golfe. au cabinet d’approuver des investissements à 100% propriété étrangère sur une base ad hoc. «Nous voulons des entreprises qui feront bénéficier notre économie, des investisseurs qui viennent avec des investissements conséquents », at-il déclaré dans une interview. Il a ajouté que les produits pharmaceutiques et les industries lourdes, telles que les métaux et l’aluminium, seraient plus susceptibles d’être approuvées. 7 La création d’industries en aval pour traiter la matière première de l’acier et l’aluminium est une autre option, tout comme pour les entreprises mondiales de fabrication d’automobiles, at-il ajouté. Alors que le Koweït pourchasse en quelque sorte son voisin du Golfe pour attirer l’investissement étranger direct, il veut se positionner en un partenaire à long terme. Lorsque la crise financière a frappé les Émirats arabes unis, d’énormes sommes d’argent ont été retirées du pays, alors que le Koweït a plus souffert des erreurs de ses propres investisseurs nationaux. «Nous devons dynamiser le secteur privé», explique Abdulhameed Ali Hussain, membre d’un nouvel organe créé pour superviser la privatisation des entreprises publiques koweïtiennes sans passer par le parlement.❚ 20/12/12 00:12 8 Économie Internationale Syndication Financial Times MIGRATION La fuite des millionnaires Par Sarah O’Connor P lus d’un cinquième des millionnaires britanniques envisagent d’émigrer dans les deux prochaines années. Ils sont plus préoccupés par la criminalité et le mauvais temps que par le montant des impôts qu’ils paient, indique un sondage effectué par Lloyds TSB International. L’enquête de Lloyds menée sur 1400 adultes de plus de 1 million d’actifs investis constate que 22% pensent s’installer à l’étranger dans un proche avenir, contre 19% il y a un an et 17% il y a 18 mois. Près des deux tiers ont déclaré que les conditions météorologiques du Royaume-Uni sont l’une des principales raisons de leur décision. Près de la moitié étaient surtout N°54.indd 8 « Les riches britanniques envisagent de plus en plus d’émigrer, pas nécessairement pour des raisons financières, mais parce qu’ils estiment que leur qualité de vie peut être meilleure ailleurs », a déclaré Richard Musty de Lloyds TSB. préoccupés par la criminalité et les comportements antisociaux et 45% ont voulu échapper à ce qu’ils considèrent comme le coût élevé de la vie. Les préoccupations concernant l’impôt des millionnaires ont diminué au cours des six derniers mois. 41% des personnes interrogées ont dit que c’était une inquiétude, en baisse de quatre points de pourcentage depuis mars. Dans son budget de mars, George Osborne, le chancelier, a annulé le taux supérieur de 50% d’impôt sur les revenus supérieurs à 150.000 livres par an. Les conservateurs ont résisté aux appels de leurs partenaires libéraux-démocrates de la coalition d’imposer une «taxe manoir » sur les grandes résidences. « Les riches britanniques envisagent de plus en plus d’émigrer, pas nécessairement pour des raisons financières, mais parce qu’ils estiment que leur qualité de vie peut être meilleure ailleurs », a déclaré Richard Musty de Lloyds TSB.❚ 20/12/12 00:12 Économie Internationale Syndication Financial Times 9 La notation négative de S&P porte un coup au Downing Street Par Chris Giles, chroniqueur économique S tandard & Poor’s est la dernière des grandes agences de notation S & P reconnait de crédit à avoir mordu jusqu’au «l’engagement du sang le gouvernement britannique gouvernement à mettre en dégradant de « stable » à « négative » la en œuvre son mandat perspective sur la note AAA de la Grande Bretagne. budgétaire» et la forte L’agence a indiqué être préoccupée par la demande pour les obligations faiblesse de la reprise et par une améliorasouveraines, mais a prévenu tion insuffisante des finances publiques. que la dette publique risquait Avec toutes ces dégradations infligées par d’atteindre 100% du revenu les trois grandes agences de notation de national, un niveau que crédit du triple A à une perspective négal’agence estime rarement tive, de nombreux analystes pensent que compatible avec un triple A. c’est seulement une question de temps avant que l’on procède à un déclassement de la dette du Royaume-Uni. La décision de S & P s’annonce plus difficile pour George organismes car S & P a retiré sa perspecOsborne que celles prises par les autres tive négative quand le chancelier a imposé N°54.indd 9 un plan d’austérité plus sévère après sa prise de fonction en 2010. S & P a déclaré qu’il « y a une chance sur trois pour qu’elle abaisse la note du pays si les performances économiques et budgétaires se détériorent au de-delà de nos anticipations ». L’avertissement intervient une semaine après que Fitch a affirmé que le discours d’automne du gouvernement a « affaibli la crédibilité du cadre budgétaire du Royaume-Uni », laissant entendre qu’elle se rapprochait d’un déclassement de la note britannique. S & P reconnait «l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre son mandat budgétaire» et la forte demande pour les obligations souveraines, mais a prévenu que la dette publique risquait d’atteindre 100% du revenu national, un niveau que l’agence estime rarement compatible avec un triple A. Dans une déclaration devant les députés en début de semaine, M. Osborne, déjà averti de la décision de S&P, a minimisé l’importance des agences de notation. « La notation est un des éléments sur lesquels un pays est jugé, un test parmi d’autres, mais le test ultime est celui du niveau des taux d’intérêt dont bénéficierait le pays pour ses emprunts» avait-il nuancé. La crédibilité personnelle de M. Osborne subirait un coup dur si l’une des agences de notation retire la notation triple A, comme il a fait de son maintien un élément clé de sa stratégie économique avant l’élection. Le Trésor a déclaré: «Dans leur évaluation, S&P a approuvé l’engagement fort du gouvernement à mettre en œuvre le mandat budgétaire... C’est parce que nous avons joint à cet engagement celui de la réduction du déficit d’un quart et les taux d’intérêt à leur plus bas niveau». Pour rappel, S & P a déjà dégradé la France et les Etats-Unis. Seule l’Allemagne a gardé sa notation triple A sur ses mesures.❚ 20/12/12 00:12