program.du ciel terre/26
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program.du ciel terre/26
ENSEMBLE ORCHESTRAL CONTEMPORAIN (EOC) L'Ensemble Orchestral Contemporain créé en 1990, dirigé par Daniel Kawka, est une formation modulable constituée d'une quinzaine de musiciens. Ses réalisations depuis cinq années en pérennisent le projet artistique : projet multiple et ambitieux puisqu'il s'agit de promouvoir l'expression sonore incarnée par l'instrumental pur, la mixité des sources (instrumentales et électroacoustique), la théâtralité, sous toutes ses configurations d'émission, à travers des programmations thématiques qui singularisent chaque manifestation et soulignent la valeur événementielle du concert. Cette "thématique" permet l'exploration transversale du répertoire, confrontant (plutôt que juxtaposant) des oeuvres considérées comme des "classiques" du XXème siècle à des oeuvres récentes ou nouvelles. Cette formation s'adapte avec souplesse aux oeuvres requérant une instrumentation particulière ; sa structure constitutive (cordes, bois, vents, percussions, piano) se décline aussi en formations composites, adoptant exceptionnellement la configuration d'une formation orchestrale (30 à 35 musiciens). L'association de l'Ensemble Orchestral Contemporain avec le Grame, centre national de création musicale, a pour but d'affirmer depuis 1997, en région Rhône Alpes, la présence d'un ensemble instrumental dédié à la musique de notre temps, autour d'un projet artistique reliant activité compositionnelle, interprétation et diffusion. Le quatuor à corde donné en création française sera l'événement de cette soirée. Vincent Carinola s'appuie sur un poème de Helga Kasper pour construire une pièce ample, aérienne, avec un dispositif de diffusion enveloppant le public, où il est question d'astres, d'étoiles, de voûte céleste. C'est ainsi que cette pièce renvoie à "Musica Celestis", pour ensemble de cordes de Aaron Jay Kernis. Cette œuvre expressive, d'esthétique "post-moderne" se construit autour d'un vaste crescendo central : évocation du mouvement lent de son premier quatuor à cordes, l'œuvre en garde cet esprit "intimiste" propre à la musique de chambre. "Du Ciel et de la Terre", enfin, fait la synthèse des éléments : musique heurtée, organiques masses en fusion, ou "traits sonores incandescents" résument les qualités sonores de ce dyptique particulièrement réussi. Cette programmation a été réalisée en partenariat avec l'Académie Solitude de Stuttgart qui a accueilli en résidence le compositeur Vincent Carinola. Unstern Vincent Carinola Création française Quatuor à cordes et dispositif Unstern renvoie au mot “désastre”, dans un sens étimologique plus lointain “des astres”, c’est-à-dire “sans étoiles”. Il s’oppose au mot désir, c’est-à-dire “à la recherche des étoiles”. Vincent Carinola s’est inspiré de ces différents sens et jeux de langages pour composer sa pièce, à travers un poème de Helga Kasper. La musique, déjà présente lorsque le public entre dans la salle , perdure lorsqu’il quitte l’espace du concert, une manière de signifier l’infinité des sons dans ce qui nous entoure, à l’image de l’immensité de l’univers. (...) avant tout, pensait-il, “Pose la question au ciel, disait-elle, de laisser passer la lumière, n’est-ce-pas, n’est-ce-pas, translucide s’il est du chagrin d’un ange, disait-elle, pensait-il qui allume notre poésie. n’importe, n’est-ce-pas, Il s’agit, s’écriait-il, la lumière quelle lumière.” Helga Kasper, 1999 Du ciel et de la terre Pierre Alain Jaffrennou Pour sextuor à cordes et dispositif Mouvement 1: Le ciel n’a pas de rivage parce que l’ascension n’a pas d’obstacle (G. Bachelard) Mouvement 2: Et cela sourd de la terre même, je crois (Roger Dextre) «On s’envole contre la pesanteur, aussi bien dans le monde des rêves que dans le monde de la réalité. Réciproquement, il nous faudrait évoquer toutes les images aériennes pour bien apprécier le poids psychique des images terrestres. Impossible de faire la psychologie de la pesanteur, la psychologie de ce qui fait de nous des êtres lourds, las, lents, des êtres tombants, sans une référence à la psychologie de la légèreté, à la nostalgie de la légèreté.... On se tromperait cependant si l’on se bornait à une simple juxtaposition des images du haut et des images du bas. Ces images qui suivent une géométrie sont en quelque manière trop claires. Elles sont devenues des images logiques. Il faut se déprendre de leur simple relativité pour vivre la dialectique dynamique de ce qui va en haut et de ce qui va en bas. On comprendra mieux le réalisme psychique de cette dialectique de l’ascension et de la chute si on lit, avec une âme pleine de songes, ces notes de Léonard de Vinci: "La légèreté naît de la pesanteur, et réciproquement, payant aussitôt la faveur de leur création, elles grandissent en force dans la proportion où elles grandissent en vie, et elles ont d’autant plus de vie qu’elles ont plus de mouvement. Elles se détruisent aussi l’une l’autre au même instant, dans la commune vendetta de leur mort. Car la preuve est ainsi faite, la légèreté n’est créée que si elle est en conjonction avec la pesanteur, et la pesanteur ne se produit que si elle se prolonge dans la légèreté". Sans doute on pourrait donner de ce passage obscur un commentaire scientifique, qui montrerait comment, placé par l’histoire entre Aristote et Galilée, le savant italien se représente la chute des graves dans une atmosphère agissante conçue comme un milieu plein. Mais cet éclaircissement du coté des idées ne nous rapprocherait pas du foyer des convictions où la science du précurseur est encore rêvée. Pour aller au foyer même des convictions premières, il faut nous mettre au centre même des images. C’est dans une sorte de nébuleuse psychique que se forment le noyau de notre lourdeur ou la vie toute florale de notre légèreté. Nous nous sentons devenir lourds ou devenir légers dans « la vendetta « des décisions contraires. Pris de vertige, nous sentons que nous aurions pu monter. Mille impressions font varier notre poids psychique qui est vraiment un poids imaginaire.... La verticalité est une dimension humaine si sensible qu’elle permet parfois de distendre une image et de lui donner dans les deux sens, vers le haut et vers le bas, une étendue considérable.» Je ne veux plus de ciel sans escalier, Je ne veux plus que la neige tombe. Ce texte de Gaston Bachelard, auteur entre autre des essais: «L’air et les songes» et «La terre et les rêveries de la volonté» (*), ainsi que les deux vers ci-dessus d’Essenine, cités par le même Bachelard, donnent le contexte, les motivations de l’écriture de ma pièce pour sextuor à cordes «Du ciel et de la terre». Après «L’homme qui vole», spectacle consacré au désir de vol de l’homme, aux sens propre et figuré et mes «Cinq chants allemands» pour soprano et cordes, consacrés à la même thématique à travers la vision de poètes de langue allemande, «Du ciel et de la terre» aborde à nouveau la thématique de la légèreté, mais cette fois ci, en vis à vis dialectique de celle de la pesanteur. En nous en effet, l’être léger et l’être lourd cohabitent, comme le ciel et la terre se confrontent sur les montagnes, dans les vallées et sur les vallons. L’élévation est du ciel, mais il est aussi le lieu de la chute. La terre, siège et cause de la pesanteur, ouvre ses gouffres sous nos pas, mais elle est aussi le terrain de l’envol. Néanmoins le ciel aventureux et mouvementé s’oppose à la quiétude de l’enracinement terrestre : J’entends comme il sera simple de monter l’escalier, de passer la porte de la maison Roger Dextre Terre ondulée; coteaux si petits que le ciel Peut y descendre tendrement, les blés monter Elisabeth Barrett Browning SAISON GRAME-EOC 2000-2001 Les deux mouvements du sextuor: «Le ciel n’a pas de rivage car l’ascension n’a pas d’obstacle» (G. Bachelard) et «Et cela sourd de la terre même, je crois» (Roger Dextre) abordent dialectiquement la problématique (poétique, psychologique, scientifique) de la terre et du ciel en invoquant, à leur jonction, les poètes: Giono, Hugo, Dextre, Verlaine ... Chacun des deux mouvements met en scène, au travers de la tessiture ou de mouvements mélodiques, cette attirance contradictoire du haut et du bas et par les modes de jeu, du lourd et du léger. Semblables, en ce sens, les deux mouvements sont par contre en complète opposition du point de vue formel. L’un donnant à entendre des événements rares est articulé autour d’un principe de densité, tandis que l’autre propose un continuum sans faille des six instruments regroupés en deux trios. ENSEMBLE ORCHESTRAL CONTEMPORAIN DANIEL KAWKA, direction DU CIEL ET DE LA TERRE VENDREDI 26 JANVIER 2001 -18h00 - LES SUBSISTANCES (*) Edition José Corti Musica Celestis Aaron Jay Kernis Pour orchestre à cordes Musica Celestis a été composé d’après cette phrase du moyen-age qui fait référence aux anges qui chantent les louanges éternelles à Dieu (“Les chants plaîsent à Dieu si ils sont fait d’une manière attentive, l’esprit ouvert, car on imite la voix des anges qui, dit on, chantent les louanges du Seigneur sans interruption” Aurélien de Réöme, trad. de Barbara Newman). Je ne crois pas spécialement aux anges, mais il me semble que c’est là une image assez forte. De plus, cette impression c’est renforcée à l’écoute de la musique de Hildegard Von Bingen (1098-1179). Ce mouvement suit une mélodie simple et ample, une trame harmonique qui passe par un certains nombre de variations et de modulations (comme une passacaglia), le tout cerclé par une introduction et des codas. l’Ensemble Orchestral Contemporain reçoit le soutien du Ministère de la Culture (DRAC Rhône-Alpes), du Conseil Régional Rhône-Alpes, de la ville d’Andrézieux-Bouthéon, de la ville de Montbrison, du Conseil Général de la Loire, de la SPEDIDAM, de l’ADAMI, de la SACEM et du Fond d'Action SACEM. l’Ensemble Orchestral Contemporain, en résidence à Andrézieux-Bouthéon, est associé par convention avec GRAME , Centre National de Création Musicale. Grame est en convention avec le Ministère de la Culture, la Région Rhône-Alpes et la Ville de Lyon. Grame reçoit le soutien de la SACEM, la SPEDIDAM, l'ADAMI, le FCM et l'AFAA Grame - Centre National de Création Musicale 9 rue du Garet - BP 1185 69202 LYON CEDEX 01 Tèl : 04 72 07 37 00 Fax : 04 72 07 37 01 VINCENT CARINOLA Unstern (1999) quatuor à cordes et dispositif - création française PIERRE ALAIN JAFFRENNOU Du Ciel et de la Terre (1998) sextuor à cordes et dispositif AARON JAY KERNIS Musica Celestis (1990) ensemble de cordes EOC : J. Siot, F. Kowalski, T. Toumanian, V. Tourdias, S. Boac, E. Gaudard, C. Lagoutière, V. Cardoz, F.A. Tremblay, A. Meunier, F. Guiriec, violons • C. Richard, A. Perreau, H. Coumeil, M. Rousselet, altosV. Caget-Dulac, F. Dutheil, L. Bonnard, S. Ledoux, violoncelles • G. Ramsayer, M. Chanu, contrebasses Régisseurs : J.L. D'Aléo, A. Barbier, N. Bois AUTRE REPRESENTATION 30 JANVIER 2001 - 19h30 - THEATRE DU PARC D'ANDREZIEUX-BOUTHÉON Carinola / Jaffrennou / Kernis / Bartok Concert Grame-Eoc réalisé avec la collaboration des Subsistances de Lyon, du Musée d’Art Moderne de St-Etienne et du Théâtre du Parc d'Andrézieux Bouthéon. Je souhaiterai recevoir régulièrement des informaions sur les manifestations de Grame, centre national de création musicale : après la pièce de AARON JAY KERNIS NOM : PRENOM ; ADRESSE : BELA BARTOK Divertimento (1938) ensemble de cordes TEL : "Divertimento" de Béla Bartok sera donné dans le cadre de cette programmation au Musée d'Art Moderne de Saint Etienne et le Théâtre du Parc d'Andrézieux Bouthéon. Cette pièce, pour orchestre à cordes est incontestablement l'oeuvre la plus populaire du compositeur. le mouvement lent d'une force tensionnelle exprime à lui seul le climat déliquescent de l'avant-guerre, rappelons que l'oeuvre date de 1938. Béla Bartok (1881) Compositeur hongrois né à Nagyszentmiklos, mort le 26 septembre 1945 à New York Né en 1881 à Nagyszentmiklos, Béla Bartok entreprend des études de musique à l’Académie Royale de Budapest auprès de Istvan Thoman (piano) et Janos Koessler (composition). Parallèlement à son activité de compositeur, il commence à enquêter de manière systématique sur le folklore hongrois avec son ami Zoltan Kodaly (1905-1906), posant ainsi les fondements de l’ethnomusicologie. Il y découvre, outre l’échelle pentatonique, des combinaisons polyrythmiques non symétriques qu’il utilise dans ses premières oeuvres pour piano comme dans les “Six danses bulgares” de Mikrokosmos. Peu avant 1914, il donne de nombreuses pièces dont Allegro barbero (1911) pour piano, dont les rythmes martelés et les contours émaciés, l’équilibre de l’élément magyar et de la nouvelle grammaire, marquent l’avènement d’un style neuf. Il poursuit sa lancée avec un opéra, Le Château de Barbe-Bleue (1914-1917), puis avec le ballet Le Mandarin Merveilleux (19181919), où se révèle l’influence du Sacre du printemps. Il continue à composer ( concertos pour piano, sonates pour violon et piano, quatuor à cordes...) tout en poursuivant son travail de recensement des musiques folkloriques jusqu’à ce que la montée du nazisme le pousse à s’expatrier aux Etats -Unis où il meurt le 26 septembre 1945.