Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9,18

Transcription

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9,18
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9,18-24)
Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule,
qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois
qui serait ressuscité. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et
répondit : « Le Messie de Dieu. »
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de
l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il
prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais
celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. »
HOMELIE
"Pour vous, qui suis-je?"
Cette question que Jésus pose à ses disciples, il nous la pose à nous, à nous
aujourd'hui, nous qui sommes ses disciples aujourd'hui.
"Pour vous, qui suis-je?"
Il n'y a pas de réponse toute faite.
C'est à chacune et chacun d'entre nous d'apporter sa part de réponse. Nous le
voyons bien dans l'Evangile.
Plus précisément, dans le texte que nous venons d'entendre, trois mots pour dire qui
est Jésus: il est prophète, il est Messie, il est Fils de l'Homme.
1° mot: PROPHETE.
Pour les foules, pour tous ceux qui viennent l'écouter, Jésus est un prophète, c'est-àdire un porte-parole de Dieu, un de ces hommes que Dieu choisit pour redire à son
peuple sa parole d'amour.
Et même, Jésus serait un grand prophète, un des plus grands, puisqu'il est comparé
aux plus célèbres, tels Elie ou Jean-Baptiste.
2° mot: MESSIE.
C'est la réponse de Pierre, une réponse solennelle, qu'il fait au nom des douze
Apôtres: "Tu es le Messie".
Mais c'est quoi, le Messie?
A l'époque de jésus, on attendait un Messie, un envoyé de Dieu, un roi, un chef de
guerre qui viendrait instaurer le Règne de Dieu sur terre.
Et oui, en le désignant comme Messie, Pierre et ses compagnons attendent de
Jésus qu'il prenne le pouvoir, qu'il chasse du pays les armées romaines, et qu'il
gouverne au nom de Dieu.
Pierre et ses amis n'ont pas tout à fait tort: oui, Jésus vient instaurer le Règne de
Dieu, mais… à sa manière, à la manière de Dieu, et c'est la troisième expression que
nous avons entendue: "Fils de l'Homme"
FILS DE L'HOMME.
Là, c'est la réponse de Jésus sur lui-même: c'est d'ailleurs le seul titre qu'il se donne,
le seul titre dans lequel il se reconnaît.
Fils de l'Homme, c'est quoi?
C'est d'abord, tout simplement, un fils d'homme, comme vous et moi.
Lui, Jésus, Fils de Dieu, se reconnaît fils d'homme, enfant des hommes, comme
vous, comme moi.
Mais le Fils de l'Homme, c'est aussi un personnage mystérieux, envoyé de Dieu, qui
a en lui quelque chose de Dieu, et qui va apporter sur terre un monde radicalement
nouveau.
Jésus va plus loin: le Fils de l'Homme ne sera pas un triomphateur, mais au contraire
un homme d'humilité, et même un homme rejeté par les siens, un homme qui
partagera toute la souffrance humaine,en nous aimant, en nous aimant jusqu'à la
mort, jusqu'à donner sa vie.
C'est toute la représentation que nous avons de Dieu qui est remise en cause:
Dieu n'est pas "en haut", mais "en bas".
Il ne veut pas être le Tout-Puissant, mais le Tout-Faible, celui qui n'a pas d'autre
puissance que l'amour, le don de soi pour le bonheur des autres, pour notre bonheur.
Et c'est ainsi que Jésus, Fils de l'Homme, nous fait connaître Dieu.
"Pour vous, qui suis-je?"
La question posée dans l'Evangile nous est posée, à nous aussi, à chacune et
chacun d'entre nous.
Et là, personne ne peut répondre à notre place.
Notre réponse, bien sûr, ne tient pas d'abord aux mots que nous pouvons exprimer.
Nous ne pouvons pas réduire quelqu'un à des titres, à des mots.
Connaître quelqu'un, ça va beaucoup plus loin: c'est une relation.
Alors notre réponse, c'est d'abord celle de nos cœurs, et elle se dit moins par nos
mots que par nos actes:
"Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même,
qu'il prenne sa croix chaque jour
et qu'il me suive."
Sommes-nous prêts à suivre Jésus, à "prendre notre croix", à tout donner, à nous
donner, par amour des autres, par amour du Christ?