Etude de la croissance de la truite commune Salmo trutta fario \(L

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Etude de la croissance de la truite commune Salmo trutta fario \(L
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62
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ETUDE DE LA CROISSANCE
DE LA TRUITE COMMUNE
Salmo trutta far/'o (L)
DANS DEUX RIVIERES DU FINISTERE
PROUZET P.*, HARACHE Y.*, DANEL P . \
BRANELLEC J . "
RESUME
Des inventaires piscicoles réalisés depuis 1974 dans deux rivières du Finist è r e ont permis de préciser la croissance des populations de truites communes
(.Salmo trutta fario L.) par deux méthodes différentes : scalimétrie et structure de
population.
Les résultats font apparaître une croissance faible à modérée comparable à
celle des populations de truites de certaines rivières du Pays Basque et du Massif
C e n t r a l ou d'Angleterre et d'Irlande du N o r d .
La taille moyenne à 3 ans, lors de la première ponte, est comprise entre
19 et 23,5 cm. C o m p t e tenu de la taille légale (tolérée en Bretagne à 18 cm), la
plupart des truites sont pêchées avant d'avoir pu se reproduire.
L'application du modèle de RICKER à une population de truites non exploitée, en faisant varier l'effort de pêche (exploitation modérée ou forte) et la taille
de première capture (15, 18 et 20 cm) montre que, dans le cas d'une exploitation
modérée, l'augmentation de la taille tolérée diminuerait le nombre des prises sans
augmenter le potentiel reproducteur. Si l'exploitation est forte, l'augmentation de
la taille tolérée à 20 cm permet d'accroître le potentiel reproducteur tout en conservant des captures comparables en nombre et en poids à celles effectuées dans le
cadre d'une exploitation modérée à partir d'une longueur totale de 18 cm.
Cet exemple théorique fait apparaître la nécessité d'une connaissance
approfondie des paramètres régissant la population de truites et en particulier le
taux d'exploitation afin de définir une taille limite de capture appropriée.
*
Centre Océanologique
(COBIURDA)
"
Centre
Océanologique
de Bretagne,
de
Unité Régionale
Bretagne,
Département
de Développement
Scientifique
de
(COBlDS)
Article available at http://www.kmae-journal.org or http://dx.doi.org/10.1051/kmae:1977002
l'Aquaculture.
—
63
—
INTRODUCTION
Depuis 1974, des expériences de repeuplement en Saumon Atlantique sont
entreprises sur les bassins versants de l'Elorn et du Trois-Fontaines (affluent de
l'Aulne canalisée).
A u cours des inventaires piscicoles destinés à apprécier le rendement de
ces alevinages, des données sur les populations de truites ont été recueillies.
Cette étude se propose de rassembler les données de croissance obtenues
sur les bassins versants de ces deux rivières, afin de préciser le taux de croissance
des truites ainsi que l'âge atteint à la taille de première capture.
Bien que la taille légale en France soit fixée à 23 cm (longueur totale), on
tolère, en Bretagne, la capture de truites dont la taille est supérieure ou égale à
18 cm. Cette tolérance provient du fait que la croissance moyenne de la t r u i t e
semble plus lente dans les eaux bretonnes caractérisées, en particulier, par une
teneur faible en calcium. M e F A D D E N & COOPER (1962) et C U I N A T (1971) o n t
mis en évidence une corrélation entre la croissance des truites et la teneur en
calcium du milieu. O n peut ainsi présumer de la croissance modérée des salmonidés
dans les deux rivières.
—
1 _
64
—
CARACTERISTIQUES H Y D R O B I O L O G I Q U E S D U BASSIN VERSANT
DE L'ELORN
1.1 — Caractéristiques
physiques et hydrologiques
L'Elom prend sa source dans les Monts d'Arrée, à 290 m d'altitude, et se
j e t t e , après une course de 58 km, dans la Rade de Brest.
C e t t e rivière courte possède une pente moyenne assez forte : 0,6 %
(entre 1 et 1 , 8 % sur le cours supérieur). Elle présente un régime océanique,
marqué par de forts débits en hiver et un étiage prononcé (en 1965 : débit
mensuel variant de 1,8 m / s e c o n d e à 17,6 m /seconde) — (S.R.A.E. 1971).
3
3
Ses principales caractéristiques physico-chimiques sont les suivantes :
—
p H voisin de la neutralité, parfois acide (surtout sur le cours supérieur),
—
alcalinité très faible,
—
teneur faible en calcium (3,5 à 8,5 mg/l),
—
amplitude thermique modérée (8 à 20°C).
2
Le bassin v e r s a n t de 260 k m est entaillé de vallées profondes et s u p porte un réseau d'affluents très dense.
La couverture végétale comprend 5 formations : cultures, landes, bois,
prairies humides ou marais, végétation de pentes fortes. C'est cette dernière
f o r m a t i o n (taillis de chênes pédoncules, de hêtres, de châtaigniers, de noisetiers
et de bouleaux) qui caractérise particulièrement le cours de l'Elorn et de ses
principaux affluents (S.E.P.N.B. 1974).
Sur le cours moyen et supérieur, la qualité des eaux est
s e u l e m e n t quelques pollutions d'origine agricole) tandis que le
s u b i t depuis quelques années une dégradation inquiétante due
agglomérations de Lampaul Guimiliau, Landivisiau et Landerneau
— S.E.P.N.B., 1974 — C.N.E.X.O., 1975).
bonne (on note
cours inférieur
aux rejets des
(S.R.A.E., 1972
En 1976, le lessivage des landes et tourbières du Haut Elorn, incendiées
durant l'été, a provoqué une baisse brutale du pH, entraînant une diminution
importante, voire même une disparition quasi totale, des salmonidés en certains
endroits du cours supérieur (cf tableau 1).
TABLEAU 1 — Résultats des inventaires piscicoles d'octobre
le Haut Elorn (ne concernent que les truites)
Sites
1973 et 1976 sur
Date de l'inventaire
Densité/Hectare
Biomasse en Kg/Ha
S o u r c e Elorn
O c t o b r e 1976
0
0
Le Drennec
O c t o b r e 1973
O c t o b r e 1976
3 000
1 300
125
64
Sizun
O c t o b r e 1973
O c t o b r e 1976
3 700
1 800
157
118
—
1.2 — Caractéristiques
65
—
piscicoles
L'Elorn est une rivière de première catégorie qui figure actuellement parmi
les meilleures rivières à saumon de Bretagne.
Six espèces sont représentées : truites, saumons, anguilles, chabots,
vairons, loches. A u point de vue densité, trois espèces dominent : truites, anguilles
et chabots. A u point de vue biomasse, deux sont dominantes : truites et anguilles.
2 — CARACTERISTIQUES H Y D R O B I O L O G I Q U E S D U B A S S I N VERSANT
D U TROIS-FONTAINES
2.1 — Caractéristiques physiques et hydrologiques
Cette petite rivière se jette
Stéréon et celle de Coat-Pont.
dans
l'Aulne
canalisée
entre
l'écluse
Prenant sa source à 150 m d'altitude, elle traverse, durant sa course
14 k m , des terrains de nature principalement schisteuse.
Elle présente
1 400 l/s en 1970).
des
variations
saisonnières de débit
Ses principales caractéristiques
celles de l'Elorn (cf § 1.1).
Le bassin versant de 26 k m
des ardoisières étaient exploitées.
2
physico-chimiques
marquées
sont
de
de
(50 l/s
è
comparables
à
est entaillé d'une vallée p r o f o n d e où jadis
Le couvert végétal c o m p r e n d quatre formations : cultures (surtout
maïs), bois, prairies humi'des ou marais, végétation de pentes f o r t e s .
du
Sur tout le cours la qualité de l'eau est bonne. O n note seulement quelques
pollutions d'origine agricole sur le cours inférieur.
La réduction très f o r t e du d é b i t en 1976 (5 l/s environ durant les mois
d'août à septembre) a entraîné dans la partie aval une diminution importante
de la population de salmonidés. Celle-ci a été remplacée par du poisson blanc
(vandoise, gardon, rotengle, etc.) qui n'a pu, du fait des conditions h y d r o l o g i q u e s ,
rester dans le canal (of. tableau 2).
2.2 — Caractéristiques piscicoles
Le Trois-Fontaines est une rivière de première catégorie qui est f r é q u e n t é e
par une petite population de saumons atlantiques.
O n constate, dans la partie aval, une pénétration des populations d e
cyprinidés de l'Aulne canalisée { v a n d o i s e , rotengle, g a r d o n , g o u j o n , chevaine).
Cette population disparaît lorsque la pente s'accentue et la c o m p o s i t i o n
piscicole est alors caractéristique d'un cours d'eau à salmonidés : truites,
saumons, anguilles, chabots et loches.
La truite, l'anguille et le c h a b o t dominent au point de v u e densité tandis
qu'au point de v u e biomasse la truite et l'anguille sont d o m i n a n t e s .
—
66
—
TABLEAU 2 — Résultats des inventaires piscicoles
A u t o m n e 1975 et 1976 (partie aval).
de
Date
l'inventaire
Espèces
7/11/75
27/10/76
3 _
le
Fario
Salmo trutta
Salmo
salar
« Blancs »
Fario
400
400
11,2 *
0,9
114,3
130
60
par
la présence
:
19,2
6,6
9,8
—
s'explique
disparu.
Trois-Fontaines
Biomasse en
Kg/Hectare
Densité/Hectare
Salmo trutta
Salmo
salar
« Blancs »
*
La biomasse
relativement
élevée
les jeunes classes ont pratiquement
sur
de
géniteurs,
alors
que
CARACTERISTIQUES DES SITES DE PRELEVEMENT DES ECHANTILLONS
3.1 — Position géographique
ELORN (cf carte A)
1 —
M o u g a u V i a n (affluent du Haut Elorn)
2 — Le Drennec (cours supérieur)
3 — S i z u n (cours
supérieur)
4 — Dour-ar-men-glas (affluent du moyen
Elorn)
5 — S a i n t Jean (affluent du cours inférieur)
T R O I S - F O N T A I N E S (cf carte B)
6 — Trois-Fontaines (cours inférieur)
7 — Runigou (affluent du cours moyen du Trois
Fontaines)
3.2 — Environnement (cf. tableau 3)
3.3 — Caractéristiques piscicoles (cf. tableau 4)
Il faut noter que les chiffres recensés dans ce tableau sont ceux obtenus
lors d e s premières pêches électriques sur le secteur. Les densités et biomasses
sont variables suivant les saisons (plus importantes en automne qu'au printemps).
Les chiffres obtenus par la suite sont faussés par le jeu soit du repeuplement
(saumon atlantique) soit des prélèvements (truite, anguille).
—
67
—
J
f
•LAKOtvrsiAU
s*
^
NjP
(r
• SIIUN
1
A
ELORN
POINTS DE PRELEVEMENT
C :
1/300000
CARTES A et B
POSITION DES
P O I N T S DE
PRELEVEMENT
J
Mougau \
c
co
Affluent de l'Aulne
canalisé entre l'écluse
de Coat-Pont et de
Stéréon.
Affluent du cours
supérieur du TroisFontaines.
6) Le Trois-Fontaiines
7) Le Runigou
Prairies humides,
tourbières,
landes, taillis, cultures
et porcheries sur les
versants de la vallée.
Affluent du cours
moyen de l'Eiorn
granitique
Schistes et quartzites
de Plougastel, grauwache du Faou et
grès de Landevennec.
Schistes briovériens
Socle granitique
Socle
NATURE
DES TERRAINS
TRAVERSES
Prairies humides
Champs de maïs
avec épandage de
lisier.
Prairies humides,
Bois de chênes,
hêtres, aulnes,
Champs de maïs
avec épandage
de lisier à la
confluence.
|
Calcaire de Rozan et
schistes d'Angers.
5>chistes de
Chateaulin
Grauwache du Faou
Schistes de Rostellec
Schistes à nodules
Calcaire de Rozan et
schistes d'Angers.
Prairies humides à la Schistes et quartzites
ciédinniens.
confluence,
Bois de chênes et de
châtaigniers le long
du cours moyen et
supérieur.
|
Prairies humides,
pays de bocage
Prairies humides,
végétation rivulaire
peu développée,
landes, caduques et
conifères sur les
| versants.
Prairies humides,
bocage
ENVIRONNEMENT
Cours supérieur de
l'Eiorn
Cours supérieur de
l'Eiorn
Affluent de l'Eiorn
supérieur
POSITION
GEOGRAPHIQUE
Affluent du cours
inférieur de l'Eiorn
Dour-ar-men-gl
CD
co
S) Le Saint Jean
4)
3) Sizun
2) Le Drennec
1) Le
SITES
TABLEAU 3 — Environnement
++
CARACTERISTIQUES
HYDROLOGIQUES
++
6,7 < pH < 7,2
Faibles concentrations
en Ca .
Faibles concentrations
en sels nutritifs.
|
6,9 < pH < 7,2
Concentrations en
sels nutritifs
fluctuantes, pouvant
atteindre des valeurs
relativement élevées.
8°C < T° < 20°C
Vallée encaissée,
surtout près de la
confluence. Pente
moyenne de l'ordre
de 1 %
Largeur moyenne :
3 à 4m
Pente forte, de l'ordre
de 3 à 4 %
Largeur moyenne :
1 m à 1,50 m
6,6 < pH < 7,2
Faibles concentrations
en sels nutritifs
8°C < T° < 20°C
Vallée très encaissée
à pente très forte
(3,5 %)
largeur moyenne :
1 m à 1,50 m
7 < pH < 7,5
Profil du bassin
Faibles concentrations
versant V non tronqué à la confluence en sels nutritifs.
prenant peu à peu la 8°C < T° < 20°
forme d'un V fortement tronqué vers la
source, largeur
moyenne : 2 à 2,50 m.
Pente : 1 %
|
Plaine alluviale
pente : 0,4 %
largeur moyenne :
5 à 6 m
5.4 < pH < 7,15
Petite plaine alluviale
au fond d'une vallée à 2.5 < Ca < 2,8 mg/l
Faibles concentrations 1
versants escarpés
en sels nutritifs.
1
largeur moyenne :
8°C < T° < 20°C
4 à 5 m
| pente : 0,8%
|
Vallée encaissée
larqeur moyenne :
2 à 5 m
CARACTERISTIQUES
PHYSIQUES
68
I
NU013
37,7
26,6
1700
1000
o
co
Dour-ArMen-Glas
(12/09/74)
Saint-Jean
(25/03/75)
o
o
CM
CM
LO
CM
O
o
LO
O
O
CM
CO
00
o
a>
T
CO
CM
CN
O
O
|
o
o
o
o
o
o
o
co_
o
LO
CM
o
o
o
o
CM
10,0
0,005
o
O
LO
CM
o
LO
o
O)
o
o
o
LO
3N1HV
* La population de poissons blancs n'a pas été prise en compte car elle n'est pas originaire du Trois-Fontaines, sa biomasse est très variable
et dépend, en particulier, des conditions hydrologiques de l'Aulne canalisée (Oxygène dissous, température) (cf tableau 2).
46,0
co
o"
42,3
D/Ha
B
(Kg/Ha)
o
o
1,46
(Kg/Ha)
o
LO
1100
4000
3000
1300
D/Ha
VAIIRONS
o
CM
CO
1010
CD
CD
CI)
LO
co
Runigou
(11/03/75)
o
o
o
174,0
CO
2000
in
157,0
I
o
105,7
(Kg/Ha)
(Kg/Ha)
o
1500
D/Ha
D/Ha
o
124,9
(Kg/Ha)
LOCHES
o
TroisFontaines
(11/04/74) *
D/Ha
CHA BOTS
o
3700
3000
Le Drennec
(10/11/73)
B
(Kg/Ha)
SAUI
o
Sizun
(10/11/73)
3100
D/Ha
Mougau Vian
(18/10/76)
SITES
ANGUILLES
o
0'6
TRU TES
SNOW
(D = densité — B = biomasse)
TABLEAU 4 — Caractéristiques piscicoles des points de prélèvements
—
69 —
—
4 _
TECHNIQUES
70
—
D'ETUDE
Les croissances ont été définies par deux méthodes différentes :
—
soit p a r l'analyse des structures de population obtenues à partir d'inventaires
piscicoles de 1973 à 1976.
L'étude des histogrammes de fréquence de longueurs a été faite par la
m é t h o d e de C A S S I E (1954) et par la méthode de H A S S E L B L A D (1966).
L'intervalle de confiance de la moyenne a été calculé par la formule (1)
t
r
\ A
t-
• c o/i
(seuil de confiance a 5 % )
'
v
—
/ u
s
= variable de STUDENT
=
..
N =
é
c
a
r
t
8
tyP
,
... ,. . ,
.,
nombre d individus d une
classe d'âge.
soit par rétro-mesure effectuée à partir d'écaillés prélevées entre la nageoire
dorsale et la ligne latérale sur un échantillon de chaque population.
5 — RESULTATS DES ETUDES SUR LA C R O I S S A N C E
5.1 — Etude scalimétrique : relation corps — écaille
L'étude scalimétrique nous a permis de mettre en évidence une relation
corps-écailles appartenant à la catégorie : relation curvilinéaire simple de type
p u i s s a n c e (cf tableau 5).
TABLEAU 5 — Résultats de l'étude
SITES
1) Le Mougau Vian
19/10/76
2) Le Drennec
20/10/76
scalimétrique
RELATION
EQUATION DE
COEFFICIENT
CORPS/ECAILLE
RETROCALCUL
REGRESSION
DE
« b -
LIMITES
DE
CONFIANCE
A 95%
(L )tV855
En
L
=
F
4,44 L
E
«'855 1
=
l
F
0,855
(0,653 -
1,057)
0,801
(0,600 -
1,002)
0,954
(0,779 -
1,129)
0,789
(0,649 -
0,929)
(L yv855
E
(L „)0'80l
E
L
=
F
4,81 L
E
0'801
L
=
L
F
( )0'801
L e
(L )°'9M
E n
3) Sisun
2ÇV10/76
L
F
=
3,90 L
E
0'954 1
=
l
r
(L )0'954
E
4 ) Le Dour-aimen-glas
21/02/75
L
F
=
5,26 L
E
0'W9 L
=
L
F
(L )0'789
E
—
LF =
I
LF
b
'
=
I
O
N
U
L
=
U
=
N
d e ce f a i t à l'aide
l o n g u e u r à la f o u r c h e
au n" a n n u l u s .
E N
LF
LE
LE
h
=
0,873
la
correspondant
l o n g u e u r d e l'écaiMe au n
droites
C e c i n o u s p e r m e t de définir une r e l a t i o n c o r p s —
LF =
de
B
La d i f f é r e n c e e n t r e les q u a t r e p e n t e s d e s
s i g n i f i c a t i v e (au s e u i l de 5 % ) .
Log
(actuelle)
R
a été e f f e c t u é
L
B
E
9
de ' é c a i l l e (actuelle)
c o e f f i c i e n t d e r é g r e s s i o n ( d a n s le cas d ' u n e
linéarisation par transformation logarithmique).
Le r é t r o c a l c u l d e la c r o i s s a n c e
f o r m u l e d e LE CRE'N ( 1 9 4 7 ) :
U
—
l o n g u e u r à la f o u r c h e
=
— a (LE)*
71
Log
LE +
Log
e
annulus
de r é g r e s s i o n e s t
non
écaille globale :
1,49
Soit :
LF
=
4,44
0
LE '
8 7 3
Les l i m i t e s de l'intervalle de c o n f i a n c e à 9 5 % du c o e f f i c i e n t de r é g r e s s i o n
sont les s u i v a n t e s :
b
=
0,873
(0,864 —
0,882)
O n c o n s t a t e q u e la v a l e u r 1 ( i s o m é t r i e e n t r e la l o n g u e u r à la f o u r c h e et
la l o n g u e u r de: l'écaillé) n'est pas c o m p r i s e d a n s cet i n t e r v a l l e , ce qui nous
p e r m e t de c o n c l u r e à l'allométrie e n t r e la c r o i s s a n c e du c o r p s et celle de l'écaillé
(seuil d e c o n f i a n c e à 5 % ) . L'utilisation de la f o r m u l e d e L E C R E N est a l o r s
entièrement justifiée.
5.2 — A g e et croissance des populations d e truites
(cf t a b l e a u 6 )
—
Relation
longueur
à la fourche
—
longueur
totale
inventoriées
(*)
La longueur mesurée au cours des inventaires piscicoles est la longueur à la fourche
(LF). La relation entre longueur totale (LT) et la longueur à la fourche (LF) est :
LT
=
0,996
( ±
0,018)
LF
+
0,902
( ±
0,292)
(en cm)
C)
de
Relation
11 à 30
calculée
cm.
à partir
de
la mensuration
d'un
lot
de
30 truites
dont
la taille
variait
72 TABLEAU 6 — Age el croissance des aopu adons de t-ui'.es .nvertonées
NOM-
TAILLES
BRE
DE
SITES
INVENTORIES
SUJETS
EQUATION
METHODE
acres
D'ANA-
F
L
MOYENNES
(EN C M ) CALCULEES
(LONGUEUR
PAR CLASSE
D'AGE
TOTALE]
E
translorrnation
logar.tnmiquè
LYSE
ETU-
L
2+
2
1+
1
0+
4
3
4*-
TIES
Nb, E
21
'6
8
Taille
8,89
15,72
20.24
Scalimetne
Mougau
Vian
24
19,10.-76
x
1
e
1 J
-
(.)
±
(U
Nb
Le
20/10:76
,
e
i
'.,
o-z.io
(
S
16
13
8 76
15.57
(2)
: : 0,68
j
:
J
Structure
Drennec
Mb. E
de
303
population
Taille
Scaltmèlfîe
20,10.76
84
183
9,75
16.92
1
0.19
11,10,73
24
L
-
r
«
-
fljr.
372
Taille
Scalimetrie
16
1
0,5S
0 175
Nb. E
| )
Taille
-
0,63
±
1.35
3
19.90'
±
1,37
31
22,32
0,36
±
0,93
24
17
7
9 74
1513
23,24
0.87
±
0,64
±
0,259
Structure
de
4M
Nb
population
S
Taille
±
215
93
96
11,03
18,41
22.34
J
0,17
0,24
:': 0 , 5 1
10/10/73
Sifun
Structure
de
Nb
population
Taille
S
36
62
60
9,68
18,04
22,67
142
19/10/76
28
Scalimélne
L .
21/02/75
g
:
(
c
l
L '789
t
fili
i
lljlii
U-14II
( )
Nil. E
26
22
11
9,G7
17,29
21,97
Taille
±
:
D78
Structure
735
Dour-ar-menglas
de
Nb
population
Taille
S
0.34
=
1,40
418
164
153
1C.87
16.14
20,27
:
- 0,13
±
0.25
±
0,43
10/04/74
Structure
778
de
Nb
population
Taille
S
±
390
227
101
8,04
15,60
20,63
0,10
:' 0 2 0
±
0,52
9/9/74
Structure
Seint'Jean
526
de
Nb
S
popu'aîion
Taille
±
362
9S
41
26
906
15,67
20,39
23,90
0,12
±
J
0,34
-
±
0.55
1,05
8/4,74
Structure
254
de
Nb
population
Taille
116
104
18
w
12.26
17,59
22,35
25,45
.- 1 2 3
± 0,33
S
±
±
0,37
0,45
11.-"4/74
Frois-Fontaines
Structure
275
de
Nb
population
Taille
67
152
51
9,01
15.94
2 0 62
S
+ 0,2:
-
0,21
r: 0.67
11*74
Structure
Run;çou
199
de
Nb
population
T a 11 l e
S
+
57
107
25
11.33
16,71
21.B0
0,27
±
•
0,32
0,96
11/3.75
•
()
Moyenne
Intervalle
très
estimative
de confiance
d u f a i l <Ju n o v i r e
H 9 5 °'<
insuft.siint
d'é'-.ritntilloBs
[1]
-
Nb
E
Nombre
cl e c a i l l o - s
;2j
-
NI) S
Nombre
de
sujets
lues
—
—
Nomenclature
73
—
utilisée
La définition des classes d'âge correspond à la nomenclature habituellement utilisée
en dynamique de population ; l'exposant + signifie que le poisson est dans une année
de croissance, l'absence de cet exposant indique que le poisson vient de marquer un
arrêt de croissance.
Le caractère ponctuel et épisodique des inventaires p i s c i c o l e s limite les
possibilités d'analyse, aussi nous bornerons-nous à l'étude g é n é r a l e du t y p e de
croissance, sans a b o r d e r l'aspect comparatif lié aux différents sites de prélèvement.
O n peut cependant constater une gamme de variations
selon les endroits d e p r é l è v e m e n t (2 à 4 cm suivant les âges).
assez
grande
Les croissances les plus faibles sont relevées s u r les ruisseaux à faible
débit et à pente accentuée (Saint-Jean, Runigou) — (of f i g u r e 1).
A la taille de 18 cm, les truites appartiennent, suivant les sites de prélèv e m e n t , aux classes d'âge comprises dans l'intervalle 1 (Sizun, 8/10/73) e t 2
(Saint-Jean, 8/02/76) — (cf f i g u r e 1).
+
+
Ceci c o r r e s p o n d approximativement à un âge variant d e 22 à 34 mois
(— 1,5 mois). L'âge exact est difficile à p r é c i s e r car la ponte p e u t avoir lieu du
début novembre à la fin janvier (*).
A l'âge de 3 ans, les truites mesurent de 19 à 23 cm et, dans tous les
cas observés, la taille moyenne est supérieure à 18 cm (longueur totale) (cf
tableau 7).
TABLEAU 7 — Longueur totale d e s truites à l'âge d e 3 ans
Sites
Longueur totale à 3 ans
Mougau-vian
21 cm
Le Drennec
21,5 cm ( ±
1,5 cm)
Sizun
23,5 cm ( ±
0,5 cm)
Dour-ar-men-glas
20 cm
1 cm)
Saint-Jean
19 cm
Trois-Fontaines
21 cm
Runigou
20 cm
(±
La croissance des truites d e l'Elorn et du Trois-Fontaines p e u t être classée
dans la catégorie c r o i s s a n c e « faible à modérée ». Elle reste comparable à la
croissance de populations de truites de certaines rivières d u Pays B a s q u e et du
Massif Central o u d ' A n g l e t e r r e et d'Irlande du Nord (cf tableau 8 ) .
(")
Etude
hydrobiologique
du Scorft
: revue
APPSB.
—
74
- croissance de la Truite commune
de
l'Eiorn et du Trois - fontaines légende:
ouverture de la saison de pêche
scalimétrie
structure de population
figure I
CENTRAL
NORMANDIE
MASSIF
PAYS BASQUE
ECOSSE : Rivière Almond
Docken's Water
ANGLETERRE
Bere Stream
IRLANDE DU NORD :
Rivière Granah
oc
^
LU
BRETAGNE
Elorn (cours supérieur
et affluents)
Trois-Fontaines
SITUATION GEOGRAPHIQUE
(•*)
I = 16 m
I = 7,5 m
25
14,1
I = 2,5 m
1 à 2
Zone à barbeau
4 à 7
Zone à ombre à zone
à truite supérieure
4 à 8
Zone à ombre à zone
î truite supérieure
4 à 7
Zone à ombre à zone
i truite supérieure
INDICE PENTE*
LARGEUR
22
20
(16 à 36)
30
(26 à 32)
22
(16 à 30)
24
21
19 à 23,5
LONGUEUR TOTALE
à 3 ans (en cm)
CUINAT (1971)
9
(80 à 130 mg/l)
Alcalinité :
0,28 meq/l
Alcalinité :
4,70 meq/l
CUINAT (1971)
1 à 6
(2 à 32 mg/l)
EGGLISHAW (1967)
MANN (1971)
K.U. VICKERS et
V. MAGILL (1968-1969)
CUINAT (1971)
SOURCE
BIBLIOGRAPHIQUE
3 à 8
(5 à 80 mg/l)
1 à 3
(2 à 8 mg/l)
INDICE CALCIUM*
TABLEAU 8 — Tableau comparatif de croissance de certaines populations de truite commune salmo trutta Fario L.
75
+
CM
«co
0)
c
73
CD
co
0)
C0
o
N
r -
5
o
-CD
co
Q
Q.
*
—
6 —
76
—
DISCUSSION
En France, sur une cinquantaine de rivières étudiées,
majorité d e s cas, f r a y e pour la première fois à 3 ans { * ) . De
et le Trois-Fontaines, où la taille de 3 ans est comprise entre
il est probable que la capture de truites de 18 cm entraine
cheptel et de la biomasse de reproducteurs.
la Truite, dans la
ce fait, sur l'Elorn
19 et 23,5 cm ( L T ) ,
une diminution du
La mesure la plus simple pour éviter cette diminution consisterait à élever
la taille de première c a p t u r e de façon à augmenter le nombre des femelles
matures issues du stock de juvéniles.
Si nous nous reportons à la figure 2, nous voyons que :
—
le nombre et la biomasse de truites de taille inférieure à 18 cm sont compris
entre 360 — 2730/hectare et 9,3 — 64,5 kg/hectare.
—
le nombre et la biomasse de truites d e taille entre 18 et 23 cm sont compris
entre 125 — 760/hectare et 9,2 — 73,4 kg/hectare.
le nombre et la b i o m a s s e de truites d e taille supérieure à 23 cm sont compris
entre 30 — 180/hectare et 4,3 — 30 kg/hectare.
L'augmentation de la taille tolérée diminuerait de manière importante le
n o m b r e d e s captures et le p o i d s total capturé (surtout dans le cas de l'application
d e la taille légale à 23 c m ) qui ne serait pas compensé par l'augmentation de la
taille et d u poids des prises.
L'évaluation de cette diminution ne p o u r r a i t se faire que p a r le calcul d u
taux de mortalité par pêche.
Un exemple précis illustrera l'impact de la modification de la taille de
p r e m i è r e capture sur la pêche et le potentiel reproducteur de la population de
truites :
Le matériel d'étude choisi est la population de truites du Dour-ar-menglas, ruisseau pépinière, où la pêche a été interdite. Les mortalités calculées
s e r o n t donc les mortalités naturelles (**).
Pour effectuer les différents calculs (taux de mortalité annuel, de croissance en longueur et en poids), nous avons utilisé la structure d e démographie
déduite d'un seul inventaire (10/04/74).
La réduction des effectifs d e chaque groupe d'âge par rapport au précédent
e x p r i m e la mortalité totale annuelle à condition que le recrutement et le taux
d e survie des différentes classes d'âge n'aient pas varié au cours des années.
C e t t e situation p a r t i c u l i è r e n'existe en fait que dans quelques rares populations
en état d'équilibre et, en général, le recrutement des différentes classes d'âge
v a r i e d'une année sur l'autre.
O n peut c o m p e n s e r une certaine partie de l'approximation
c o u r b e des captures ajustée d e Ricker (1958).
C)
Communication
personnelle
R.
en utilisant la
CUINAT.
(**)
Les mortalités
calculées
comprennent
la mortalité
On devrait parler en fait de mortalités
apparentes.
stricte,
l'immigration
et
l'émigration.
—
%B=37
77
—
B/nect=4.3
%N= 79.6
Mougau-vian
Drennec
19.10.76
%Ns 6
%Ns3,7
N/hcci iao
N/hecl = 59
3
Dour-ar-men-glas
% N , 3.B
%N.a.7
N/hnq 6;
s
Saint-jean
N/hcct 44
=
Trois fontaines
11.04.74
%N 3,6
S
N/hert. 3 6
Répartition en nombre et en
biomasse (kg/hect) des populations
de Truites communes inventoriées
par rapport aux tailles de I8et23cm.
long, totale <^l8cm
18cm <C'ong. totale <(23cm
long. totale^> 23cm
figure 2
—
Soit N , N i , N , N , N
0
2
3
78
—
les effectifs aux temps T
4
0 l
T , T
2
3
et T
4
Les effectifs pondérés de la courbe de Ricker seront obtenus de la manière
suivante :
N„ +
Ni +
N
2
N', =
3
N, +
N'
2
N
2
+
N
3
+
N
4
=
3
N
2
+
N
3
N', =
3
Pour N' , nous avons admis que N
4
N
3
+
N
4
+
N
5
était très proche de zéro.
s
N'« =
3
Connaissant la mortalité annuelle, le taux de croissance en longueur et en
p o i d s , nous avons appliqué le modèle exponentiel de Ricker, modèle généralement
utilisé p o u r les populations de salmonidés (les formules utilisées se trouvent en
annexe).
Trois situations ont été analysées :
1 — exploitation nulle
2 — exploitation m o d é r é e
2-a — taille de première capture égale à 15 cm
2-b — taille de première capture égale à 18 cm
2-c — taille de première capture égale à 20 cm (taille à 3 ans).
3 — exploitation
forte
3-a — taille de première capture égale à 15 cm
3-b — taille de première capture égale à 18 cm
3-c — taille de p r e m i è r e capture égale à 20 cm (taille à 3 ans).
Les résultats obtenus se trouvent regroupés dans le tableau 9 :
—
Exploitation nulle
O n constate une augmentation de la mortalité entre 3 et 4 ans. Cela est
vraisemblablement dû au début de la migration vers l'Eiorn des reproducteurs
qui ne reviennent dans c e ruisseau que pour frayer.
'.'.0
T
42
-°
n:
"
Ur!
des
ans
24
cm
O
77,3g
1 ,76
19.6 kg
-
ans
.
en
de
en
M,.
22
T
25
cm
69,9g
0
^
1 ,58
T
T
97,9g
^
6
•
4
9
24
MN
1 ,54
kg
cm
o
15
5
7
-
95
765g
-
0,81
cm
kg
25
ans
cm
ans
tl
2 1 ,5
4
12
T
de
T
3
9 , 3 kg
*6
330
0
0
0
^
ans
18
1 .08
25
ans
TABLEAU 9
kg
cm
T
cm
cm
«0
8
KN
ans)
^
NC
3
T
12
0
0
PC
2*
0
cm
cm
24
1 ,43
-
ans
20
ans
4
T de
2,139
138
*12
0 0 2,5*2 2 *50
~
de
18
143
^
3
0 0 O.E07
I063 g .
_
»12
â
Z/an
<
2 , 5 * 2 2 *50
S
20
T»Ô " ~Ô
2 1 ,5
-
-
(=rS0»)
PC
0,805
65
3
4
î
T de
15,9
1I
90 de
8
2.139
lï~ ET
« , 3 kg
ï?
0
lie"
Tco
0,693
cm
-
MN
18
11 an
-
F/an
2,5*2 2 *50
^
Tco
S
MP
forte
'"0^250
0.67»
550
0
66 de
9
en
"NCT'^PC
-
108,8g
^
1 ,679
0
0
Tco
138
156
ans
cm
3
kg
*
810g
30
~
f|2
550
ans
20
de
10,9
-
143
^
*(
k/an
MP
Exploitation
2,5*2 2 *50
S
0,803
X~ï
0
26 de
15
ans)
20t )
0
S
15*0
Z/ar
NC
2,139
VI)
Impact de la modification de la mortalité par pêche (F/an) et de la taille de première
capture (Tco) sur la pêche et le potentiel reproducteur dans le DOUR-AR-MEN-GLAS
(exemple théorique).
S = nombre de survivants
Z/an = coefficient instantané de mortalité totale
MN = mortalité naturelle
MP = mortalité par pêche
NC = nombre de captures
PC = poids des captures.
ans
kg
12
1,670
65
cm
ans
17.1kg
-
4
2 1 ,5
3
1,7
.
0
TiTTO
0
3
CÏK^~7Z
(T a
2 *5C
550
(*•
- 2 0 cm
0,223
Tco
Z/an MN
MP
F/an -
*12
2.5*2
de
7»Bg
123
de
17,6 kg
ans
113,3g
3
^
0.603
I
236"
T -
40
^
4 , 5 kg
10
3:
6
zi~5
56
0
550
0
S
T c o - l 8 c m
"NC""^??
0
Mit
0
an»
1 ,52
kg
25
4
2 1 ,5
116
1.669
112,5g
16.9
f
-
^
de
66
22
T
39CJ
2.5*2
Yw'iÛÏÏ
0.67*
550
Z/anMN
cm
Exploitation modérée
* On admet ici que le nombre de
femelles est égal au nombre de mêles
(S.R = I) et que l'on a 1 800 œufs
au kg.
en g
captures
-oyen
Poids
•'c*t ent i e l
kg/ha
3
4
- 1 5
S
5,100 kg
10
0
53
|__
>6
0
I
0
Tco
MP
2 lîC
MN
20 cm
de
~
de
T
-
O
O
'
!,«[
143
/hectare
P o i d s de
r
550
I, „
1!
£5
Z/an!
'°
?.'>2
géniteur:
.'.'••rbre
I
US
d.
poids
'
11
en
'
tI,t
Capture
en ncr.Srt
totale
Capture
nr.s
ans
3
1
ana
2
.
(alevin)
S
F
nulle
Exploitation
79
39
PC
18
1960
—
80
—
Le Dour-ar-men-glas se comporte à cet instant comme un véritable ruisseau
p é p i n i è r e . (*)
—
Exploitation modérée
A u point de vue capture, l'exploitation la meilleure est obtenue pour une
taille tolérée de 15 cm (captures en poids ou en nombre).
Par contre, les truites pêchées seront en moyenne plus petites. O n
c o n s t a t e d'autre p a r t que le potentiel reproducteur reste voisin de celui obtenu
dans le cas d'une exploitation nulle.
Le fait de passer de la taille tolérée actuelle (18 cm) à la taille de 20 cm
(taille à 3 ans) n'apporte aucune amélioration, tant sur le plan potentiel d e
r e p r o d u c t i o n que sur le plan poids moyen des captures (si l'on considère que
l'augmentation de ia densité de juvéniles affectera la croissance).
Par contre, il y a une réduction t r è s importante des captures en poids et
en n o m b r e .
—
Exploitation forte
La diminution de la taille tolérée à 15 cm permet d'augmenter de manière
i m p o r t a n t e le nombre et le poids des captures. Cependant, il y a dans ce cas
une c h u t e très importante du potentiel reproducteur qui risque d'affecter le
r e c r u t e m e n t (**).
Pour une taille de 18 cm, le potentiel reproducteur est encore faible par
r a p p o r t au potentiel r e p r o d u c t e u r obtenu avec une exploitation nulle.
La taille t o l é r é e à 20 cm permet d e faire revenir le potentiel reproducteur
dans des limites v r a i s e m b l a b l e m e n t acceptables, tout en ayant des captures e n
poids e t en n o m b r e similaires à celles obtenues par une exploitation modérée
dans le cas d'une taille tolérée à 18 cm ( * * * ) .
C)
II est vraisemblable
que des calculs effectués à partir de populations
issues de zones
de grossissement
sur l'Elorn auraient abouti à des résultats
quelque peu différents.
L'extrapolation
de ces calculs à des zones autres que des ruisseaux type Dour-ar-men-glas
devra
donc être faite avec une extrême
prudence.
(**)
Nombre
de jeunes
(***)
D'autre part,
jeu de la migration
truites
entrant
dans
il est vraisemblable
ici que
liée à la
reproduction.
la fraction
le stock
de population
de 4 ans
pêchée.
est sous-estimé
par
le
—
7 —
81
—
CONCLUSION
La taille tolérée sur ces deux rivières,
de p r e m i è r e maturité, a comme conséquence
biomasse et de l'effectif de reproducteurs. Il
dent quant à l'augmentation de la taille d e
inférieure à la taille atteinte à l'âge
v r a i s e m b l a b l e une diminution d e la
convient cependant d'être très prupremière capture.
A l'heure actuelle, trop peu de paramètres sont connus sur ces 2 rivières,
en particulier :
a — Le taux d'exploitation de la population d e truites.
L'exemple du Dour-ar-men-glas montre que, dans le cas d'une exploitation
modérée, on peut diminuer la taille de première capture sans pour cela
diminuer de façon importante le potentiel r e p r o d u c t e u r de l'espèce.
b — La relation stock —
recrutement
Les salmonidés sont des
populations sont sujettes
mortalité, dépendantes de
population dans certaines
( M A C F A D D E N , 1969).
p o i s s o n s à f o r t c o m p o r t e m e n t territorial dont les
à des variations des taux de croissance et de
la densité, qui tendent à maintenir la taille d e la
limites définies par les conditions d'environnement
Un surplus de géniteurs p e u t provoquer paradoxalement une diminution de
la fécondité soit par rétention d'œufs, soit par une compétition au niveau
des frayères entraînant une destruction des premières frayères par les d e r niers géniteurs. RICKER (1958) a montré chez les salmonidés qu'une v a r i a tion importante du nombre de recrues n'entraînait pas obligatoirement une
v a r i a t i o n importante de la densité, à condition que l'on ne dépasse pas
une limite minima auquel cas on observerait une chute brutale de la p o p u lation.
Dans ces conditions, l'augmentation de la taille de première capture ne se
trouve pleinement justifiée que dans le cas d'exploitation forte et peut-être d a n s
le cas de situations critiques comme celles que nous avons connues en 1976 s u r
l'Elorn e t le Trois-Fontaines (l'augmentation momentanée de la taille permettrait
v r a i s e m b l a b l e m e n t une restauration plus rapide de l'effectif de reproducteurs).
Enfin, la nécessité d'une connaissance plus a p p r o f o n d i e des p h é n o m è n e s
biologiques et dynamiques régissant les populations de truites et conduisant
à une exploitation rationnelle des populations salmonicoles par une réglementation
a p p r o p r i é e s'avère indispensable (*).
(")
Nécessité
déjà
Fario dans quelques
signalée
rivières
par CUINAT
françaises
•.
dans
« Croissance
et
taille
légale
de
la
truite
—
82
—
ANNEXE
Formules utilisées dans le modèle
exponentiel de RICKER :
MORTALITE
N,
, =
+
CROISSANCE
N, e -
Z i
Ci + i " \)
PONDERALE
1
Taux de croissance pondérale = G
avec W ,
, =
+
f
=
x
Log
(Wj + j / W,)
0
W , e , ('. + i ~ ' 0
CAPTURES EN N O M B R E
F.
C, =
• ( N , " N,
F,
+
J
M,
+
CAPTURES EN P O I D S
F,
Y
=
t
(B,
(G, "
avec B,
+
, =
+
! - BJ
Z0
B, e ( ° , "Z.)
Ci « " V
Ni + ! =
N o m b r e d'individus au temps Ci + i)
N
=
Nombre d'individus au temps
=
Poids moyen des individus au temps (t; + ,)
Wj
=
Poids moyen des individus au temps \
Fi
=
Mortalité par pêche au temps \
Mi
=
Mortalité naturelle au temps \
Zi
=
Mortalité totale au temps 'i (coefficient
t
Wj +
x
Bi + ! =
Biomasse à l'instant \ + i
B,
Biomasse à l'instant 'i
=
\
(coefficient
(coefficient
instantané)
instantané)
instantané)
REMERCIEMENTS
Cette étude a été réalisée avec la collaboration du C.S.P., de la Fédération
de P ê c h e du Finistère et des A.P.P. de l'Eiorn et de Chateaulin.
Nous tenons à remercier les Présidents d'A.P.P., les gardes de la Fédération et de la Brigade Saumon ainsi q u e le personnel du C O B et les bénévoles
qui ont participé aux inventaires piscicoles.
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