Profit - High Tech
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Sogeti Pays-Bas Martin van den Berg Sogeti USA Erik van Ommeren IBM Software Group Allemagne Norbert Bieberstein Une contribution pratique et pragmatique à l'évolution de la SOA en tant qu'approche architecturale créatrice de valeur pour l'entreprise. Les différentes visions et les considérations informatiques complètes établies concernant la SOA s'appuient sur des exemples réels et convaincants. Ce document constitue un guide prêt à l'emploi pour adopter et mettre en œuvre une SOA. C’est un document de référence exceptionnel pour toute personne désirant passer à un niveau supérieur d’alignement de l’informatique d’entreprise et du métier grâce à la SOA. Henrik Jacobsson Shell Mon intérêt n’a cessé de croître au fur et à mesure de ma lecture du manuscrit… conclusion : «ça valait le coup» ! L’approche business, utilisateurs et organisation que les auteurs ont privilégiée est très pertinente. Malgré le luxe de détails on n’est pas submergé de considérations techniques : un des gros avantages de ce livre ! Un modèle et une méthode pratiques de mesure de la maturité sont présentés, et la liste finale de références est très complète et à jour. Si vous voulez savoir pourquoi je préfère la définition Bieberstein de la SOA, lisez le livre par vousmême. En ce qui me concerne, aucun regret… Dr. Jan Peter de Valk ING SOA Guide du manager pour une Architecture Orientée Services réussie L’architecture orientée services (SOA) est en train de devenir l’architecture informatique dominante, ce qui a des implications considérables pour le fonctionnement des organisations. Lentement mais sûrement, l’informatique gagne en maturité et devient ce support à la fois flexible, stable et fiable dont toute entreprise a besoin. Dans le même temps, l’informatique revient en force dans les processus d’innovation au sein de l’entreprise. Pour toute organisation, la SOA constitue à cet égard un pas décisif dans la bonne direction à condition de ne pas en faire une simple question de technologie. Bien sûr, les défis technologiques sont importants à relever, mais l’apport essentiel de la SOA se situe ailleurs : une prise en compte globale de la façon dont l’informatique peut devenir l’élément clé du succès de toute stratégie d’entreprise. SOA for Profit dévoile la nature de la SOA et illustre la valeur ajoutée qu’elle apporte. Cet ouvrage pratique et pragmatique rend les modèles et les concepts de la SOA intelligibles grâce à une approche clé en main directement applicable avec profit à vos projets. Il met en avant l'importance de la gouvernance et de l'architecture informatiques et démontre qu'une vision élargie de la SOA est essentielle pour en tirer tous les bénéfices possibles. Ce livre raccroche l'informatique au management grâce à des outils et à un langage communs qui rendent possible le dialogue stratégique que l'on retrouve à la base de toute informatique orientée métiers. Écrit par une équipe d'auteurs de Sogeti et d'IBM, SOA for Profit est un livre concret, tiré d'une longue expérience d'entreprises et de projets bien réels. SOA for Profit Yves Caseau Bouygues Telecom SOA for Profit for Profit Avec les contributions de Per Björkegren Sogeti Suède • Jean-Marc Gaultier Sogeti USA • Lon Holden IBM Software Group USA • Manuel de Juan Sogeti Espagne • Tim Koomen Sogeti Pays-Bas • Craig Mayer Sogeti USA • Philippe Ravix Sogeti France • Bruno Rizzi Sogeti France • Gonzalo Rodriguez Sogeti Espagne • Guillaume Schott Sogeti Belux • Gerard Smit IBM Pays-Bas • Michiel Vroon Sogeti Pays-Bas Van den Berg Van Ommeren (dir.) Bieberstein Ce livre est sans conteste le meilleur livre que j’aie lu sur la SOA. C’est un livre concret, qui traite et relie les différents aspects de cette approche SOA, depuis la stratégie et les enjeux métiers jusqu’à la conduite du changement et des rôles des collaborateurs. Les chapitres sur la gouvernance et sur préparation sont eux aussi les meilleures contributions que je connaisse sur ces sujets, avec un équilibre entre l’explication (en donnant du sens) et l’application (en restant concret et synthétique). Contribution majeure qui devrait être lue par tous les managers non-informaticiens, ce livre permet de comprendre pourquoi la SOA est fondamentalement adaptée aux mutations des entreprises d’aujourd’hui à condition de faire profondément évoluer leur façon de travailler. Le style est franc et direct, avec une pointe d’humour, ce qui en fait une lecture agréable. Guide du manager pour une Architecture Orientée Services réussie SOA for Profit Guide du manager pour une SOA réussie Martin van den Berg Norbert Bieberstein Erik van Ommeren Contributeurs Per Björkegren, Sogeti Suède Jean-Marc Gaultier, Sogeti USA Lon Holden, IBM Software Group USA Manuel de Juan, Sogeti Espagne Tim Koomen, Sogeti Pays-Bas Craig Mayer, Sogeti USA Philippe Ravix, Sogeti France Bruno Rizzi, Sogeti France Gonzalo Rodriguez, Sogeti Espagne Guillaume Schott, Sogeti Belux Gerard Smit, IBM Pays-Bas Michiel Vroon, Sogeti Pays-Bas 2007, IBM et Sogeti Cette création est mise à disposition selon le Contrat Paternité 3.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/ licenses/by-sa/3.0/deed.fr ou par courrier postal à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, California 94105, USA. http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.fr Les auteurs et éditeurs ont apporté tout leur soin à la fabrication de cet ouvrage mais refusent toute garantie expresse ou implicite et déclinent toute responsabilité en cas d’erreur ou d’omission. Aucune responsabilité n’est assumée pour les dommages indirects ou imprévus occasionnés par l’usage des informations ou programmes contenus dans cet ouvrage. Les termes suivants sont des marques déposées d’International Business Machines Corporations aux États-Unis d’Amérique et dans les autres pays : Component Business Model et IBM. DYA et TMap sont des marques déposées de Sogeti Netherlands bv aux États-Unis d’Amérique et dans les autres pays. Les opinions exprimées dans cet ouvrage le sont à titre collectif par l’ensemble des auteurs et ne sauraient constituer la position officielle des entreprises qui les emploient. 2007 IBM et Sogeti Traduction : AAAPrésentations Production : LINE UP boek en media bv, Groningen, Pays-Bas Design de couverture : Jan Faber Photo de couverture :Plafond de boutique (Paris), par Claudia Meyer (www.sxc.hu) Impression : Bariet, Ruinen, Pays-Bas Reliure : Abbringh, Groningen, Pays-Bas ISBN : 978-90-75414-18-9 Accueil positif de SOA for Profit La plupart des ouvrages actuels traitant de l’architecture orientée services expliquent dans les moindres détails les rouages des services Internet et XML. Malgré toute l’importance de ces aspects, ces ouvrages négligent la caractéristique essentielle de l’orientation services, à savoir qu’il s’agit d’une démarche consistant en un alignement entre le métier et l’informatique, susceptible d’entraîner une réduction des coûts et une plus grande souplesse. Le présent ouvrage se concentre sur cet aspect central que représente l’orientation services. Il traite de sujets importants tels que la maturité des services, les étapes pratiques pour l’introduction de la SOA, la gouvernance de services et l’architecture d’entreprise pour la SOA. Il explique parfaitement aux managers, dans des termes clairs et non techniques, ce que la SOA peut apporter à l’entreprise. Prof. Dr. Roel Wieringa, Université de Twente Une contribution pratique et pragmatique à l’évolution de la SOA en tant qu’approche architecturale pour créer de la valeur pour l’entreprise. Les différentes approches et analyses globales de la SOA s’appuient sur des exemples réels et convaincants. Ce document constitue un guide prêt à l’emploi pour adopter et mettre en œuvre une SOA. C’est un document de référence exceptionnel pour toute personne désirant passer à un niveau supérieur d’activité et d’alignement informatique, grâce à la SOA. Henrik Jacobsson, Architecte informatique en chef, Shell Il est particulièrement difficile pour les architectes informatiques de répondre aux questions « quand », « comment » et « quoi » communiquer sur la SOA aux managers et analystes. Cet ouvrage y contribue activement en fournissant les éléments essentiels de l’orientation services de façon abordable et non technique. Il sera très précieux, notamment pour un lectorat orienté métiers. David Sprott, Forum CBDI SOA for Profit explique aux managers et aux décideurs les possibilités ouvertes par l’utilisation de la SOA pour organiser et diriger son entreprise de façon plus structurée. L’impact de l’application de la SOA est tel sur la culture de l’entreprise que ce sont les performances et les bénéfices qui s’en ressentent en dernier lieu. Prof. Thomas Obermeier, Directeur adjoint de la Fachhochschule der Deutschen Wirtschaft (FHDW), Bergisch-Gladbach, Allemagne Aujourd’hui tout le monde parle de la SOA et il est aisé de l’écarter d’un revers de main sous prétexte que ça ne serait qu’un effet de mode. En réalité, c’est une façon totalement nouvelle de gérer l’informatique d’entreprise en interne et, surtout, c’est un catalyseur informatique de changement au sein de l’entreprise. Ce livre est le meilleur que j’aie lu sur le sujet : c’est tout un art de toucher un public plus large et cet ouvrage en est une excellente illustration. Ingvar Persson, Responsable informatique, Iggesund Un guide exaustif et complet qui traite en profondeur de tous les aspects essentiels à la lumière des meilleures pratiques et des expériences disponibles aujourd’hui. Un point de départ solide pour toute organisation qui ne voit pas dans la SOA un simple effet de mode, mais souhaite s’engager dans une conversion durable à la SOA. Non pas SOA pour les nuls ! mais SOA pour les pros ! Lisez par vous-même, vous verrez ! Menno Bosman, Responsable communication, Fortis Insurance, Pays-Bas Il y a beaucoup de bruit autour de la SOA en ce moment, mais la question est de savoir si l’on parle d’effet de mode ou d’espoir. Ce regain d’intérêt vient peut-être du côté de l’offre, des fournisseurs de logiciels et des consultants, qui sont en train de se réveiller. Ce livre sur la SOA ne contient ni constats naïfs sur les business processes, ni quintessence sur le middleware, ni jargon d’intégristes de la SOA. Mais oui, c’est bien un livre sur la SOA. Par chance, il traite des bénéfices qu’il y a à retirer de l’architecture et de la signification de la gouvernance. Il est équilibré, compréhensible et contient juste ce qu’il faut de précision. Beaucoup de choses ont été écrites sur la SOA. Ce livre synthétise toute cette information et la remet en perspective : comment obtenir de la valeur ajoutée en ayant recours à la SOA ? Je le recommande chaudement à la fois aux managers et aux étudiants. Jan Truijens, Maître de conférences en sciences commerciales et gestion de l’information, Université d’Amsterdam Les auteurs ont regroupé un grand nombre d’expériences bien réelles de la SOA dans ce livre. Pour dégager de façon durable une valeur commerciale à partir d’un projet de SOA, il faut beaucoup plus que la simple manipulation de quelques outils technologiques, et ce livre offre des conseils pratiques qui n’ont pas de prix sur les changements à anticiper et susciter dans votre organisation et votre culture d’entreprise pour réussir. Neil Ward-Dutton, Directeur de recherche, Macehitter Ward-Dutton Après avoir publié DYA, Sogeti réussit une fois de plus à offrir à la communauté des architectes un nouveau point de vue, cette fois-ci sur la SOA. L’orientation services est inévitable pour les organisations en réseau modernes, et l’architecture elle-même est ce qui fait toute la valeur de la SOA. Ce livre en offre une large description qui va de l’identification des services dans votre entreprise à la gestion du facteur humain. Surtout, il offre des conseils concrets sur la gouvernance et sur les actions les plus basiques à mener et à éviter. Arjan Bulthuis, Ministère de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité alimentaire des Pays-Bas Mon intérêt n’a cessé de croître au fur et à mesure de ma lecture du manuscrit au gré de mes voyages autour du monde. Conclusion : « ça valait le coup ! » Même si la table des matières semblait un peu surchargée au premier abord, les chapitres intitulés « J’en veux pour mon argent », « Sept concepts de base », « Comment arriver à bon port » et surtout « Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer » m’ont immédiatement attiré et se sont encore avérés enrichissants à la seconde lecture. Le choix de privilégier une approche business, utilisateurs et organisation est très pertinent et le luxe de détail est d’autant plus bienvenu qu’on n’est pas submergé de considérations techniques (un des gros avantages de ce livre !). Un modèle et une méthode pratiques de mesure de la maturité sont présentés et la liste finale de références est très complète et, encore plus important, à jour. Si vous voulez savoir pourquoi je préfère la définition Bieberstein de la SOA, lisez le livre par vousmême. En ce qui me concerne, aucun regret… Dr. Jan Peter de Valk, ING Ce livre constitue une introduction à la SOA pour les managers comme pour les responsables informatiques. Il explique et rappelle utilement les concepts de base de l’architecture orientée services (SOA) dont les professionnels de l’informatique sont sans doute déjà familiers. Tout au long des développements, on voit comment, au fur et à mesure que des standards se sont développés et diffusés à une échelle sectorielle, la technologie a elle aussi gagné en maturité, de telle sorte qu’aujourd’hui les outils, technologies, méthodologies et retours d’expérience sont disponibles pour pondérer les risques induits par l’adoption de la SOA. Ce livre permet de démystifier la SOA et appuie ses considérations théoriques d’exemples concrets qui tracent un chemin pratique pour la conduite réussie de projets de SOA. Garry Gomersall, Apôtre de la SOA et dirigeant d’entreprise, IBM Software Group Avant-propos d’IBM Fort de plus de trente ans d’expérience dans ce secteur, et notamment chez IBM, j’ai joué un rôle actif dans les innovations qui ont constitué notre essence même, qui nous ont permis de repousser nos limites et nous ont largement appris l’incidence de la technologie sur la façon de mener une activité commerciale. Alors que nombreux sont ceux qui désigneraient l’ordinateur central, l’eBusiness ou les standards ouverts comme points d’inflexion ayant modifié de façon spectaculaire notre fonctionnement en tant que départements et entreprises, le changement global le plus fondamental dans le domaine informatique et commercial est incontestablement l’avènement de l’architecture orientée services (SOA). Je pèse tout le poids de cette affirmation et suis conscient de la pérennité de cet ouvrage ; c’est la raison pour laquelle je réitère avec assurance que la SOA a définitivement changé la façon de développer l’activité d’une entreprise. En outre, en tant qu’experts en technologies et chefs d’entreprise, il nous reste à exploiter pleinement les effets positifs et permanents qu’exerce et exercera la SOA sur des entreprises de tailles diverses. Nouvelle donne, innovation, préservation de l’existant. Je suppose qu’en relisant d’anciens rapports d’analystes et des articles de magasines spécialisés, vous y trouverez le refrain habituel incitant à utiliser telle ou telle technologie. Ne confondez pas la SOA avec ces tendances passées. Bien que des entreprises s’appuient encore aujourd’hui sur plusieurs de ces tendances, celles-ci étaient trop souvent divisées en catégories telles que le matériel informatique, les logiciels ou les services puis subdivisées à nouveau ; l’objectif étant que chaque département au sein de l’équipe informatique au sens large sache qui est responsable de telle ou telle tâche, une fois ces tendances déployées dans l’infrastructure. Cette approche semblait logique autrefois. Mais, dans une économie mondialisée qui dépend de plus en plus de la relation symbiotique entre technologie et business, nous ne pouvons plus considérer l’entreprise et l’infrastructure de support de façon isolée. C’est précisément sur ce point que la SOA se montre la plus précieuse. Cette approche concerne l’ensemble de l’entreprise et livre, à la demande, les informations les plus pertinentes aux entreprises ou aux utilisateurs des systèmes d’informations, indépendamment du lieu où se trouvent l’employé, le client ou le partenaire, voire la source de l’information. De nombreux analystes, clients et directeurs des systèmes d’information avancent une multitude d’anecdotes pour justifier l’affirmation selon laquelle la SOA représente la fusion la plus puissante de l’informatique et du business pour permettre la progression des entreprises. Pour ôter toute ambiguïté, laissez-moi partager avec vous trois principes expliquant pourquoi la SOA n’est pas l’outil révolutionnaire de demain mais plutôt une stratégie destinée à aligner plus étroitement la technologie et les objectifs de l’entreprise. Grâce à cette stratégie, ces dernières peuvent accroître leur productivité et leurs résultats. Premièrement, la SOA est une façon de développer son business. Les entreprises et les technologies sur lesquelles elles s’appuient peuvent fluctuer sans cesse, mais la SOA est une stratégie éprouvée qui assure que toutes les parties de l’entreprise peuvent se recouper librement et simplement, et communiquer pour maximiser la productivité tout en mettant l’accent sur les besoins du client. Ceci m’amène à mon deuxième point. La SOA favorise l’innovation. Lorsque les employés, les clients et les partenaires peuvent partager les informations et les idées sans être gênés par les limites des silos ou des applications propriétaires, cela se traduit par des approches métier innovantes. Ces innovations vont des processus de streamlining à une collaboration mondiale en passant par des inventions capitales. Troisièmement, la SOA utilise et réutilise la connaissance, les atouts et les investissements déjà existants. Dans certaines entreprises, le terme SOA reste relégué à l’arrière-plan et certaines personnes se creusent encore la tête pour essayer de comprendre ce que signifie cette nouvelle abréviation. Pour ceux qui sont au courant, le point positif est que la SOA tire profit des sources existantes d’information et d’investissements en matière de technologie et permet aux entreprises de les réutiliser sans compromettre l’intégrité des fonctions existantes. C’est bien là la garantie que la SOA est un investissement rentable qui ne nécessite pas de longues formations. Au cours de votre lecture, vous comprendrez mieux les conséquences et les implications de la SOA sur les entreprises de toutes tailles. Vous comprendrez aussi que tous les discours concernant l’outil révolutionnaire de demain n’étaient en fait que les prémices de l’arrivée de la SOA. Alors préparez-vous, asseyez-vous confortablement et laissez-vous guider, car la SOA n’est pas prête de disparaître. Steve Mills Vice-Président Directeur et Directeur du Groupe Groupe IBM Software Avant-propos de Sogeti L’un des aspects les plus intéressants de mon métier de PDG de Sogeti est que je rencontre un grand nombre de dirigeants d’entreprises avec qui j’ai des discussions passionnantes sur l’évolution du rôle de l’informatique dans l’environnement économique de plus en plus compétitif qui est le leur. Je suis toujours étonné de la vitesse à laquelle les organisations doivent s’adapter au changement. D’habitude l’informatique est l’un des moteurs essentiels du changement, mais trop souvent elle se révèle également un frein à la liberté de manœuvre. Le livre que vous avez sous les yeux est un livre important. Tout d’abord parce qu’il concerne l’avenir de l’informatique et la façon dont celle-ci sera capable de soutenir l’agilité économique nécessaire au succès. Dans un monde où la constante est finalement le changement, un catalyseur de changement doit devenir la clé de voute des systèmes d’information. L’architecture orientée services est une philosophie et une approche destinées à augmenter l’agilité dès le départ et, grâce à une réutilisation systématisée, à réduire les efforts de création et de pérennisation des fonctionnalités. Cependant, ce n’est là qu’une facette de l’histoire. La SOA représente un véritable état d’esprit qui peut avoir une influence considérable sur la collaboration entre managers et responsables informatiques pour atteindre leur objectif commun d’une plus grande agilité économique. La SOA ouvre la voie d’une automatisation des fonctions commerciales ou institutionnelles détachée des contraintes infrastructurelles et alignée sur les besoins opérationnels. En d’autres termes, l’agilité économique ne peut être atteinte que lorsque l’accent est déplacé du fonctionnel, de la tuyauterie administrative, vers les business processes transfonctionnels qui s’affranchissent des limites purement liées à l’organisation, voire des limites mêmes de l’entreprise. Dans un monde où la valeur qu’ajoute une organisation devient de plus en plus transparente, il semble plus que logique de se concentrer sur les processes par lesquels cette valeur est ajoutée. C’est pourquoi je suis convaincu que la SOA n’est pas seulement un moyen pratique de déployer l’informatique, elle induit également une approche stratégique de redéfinition des organisations selon une approche process, et tient la promesse d’une agilité économique soutenue de façon inhérente par des systèmes d’information qui ne sont plus seulement des facilitateurs mais des inspirateurs de changement. 11 Ceci dit, je suis plus que conscient des risques que comporte une telle affirmation. Quand des responsables informatiques commencent à parler de restructuration de l’entreprise pour lui donner une plus grande agilité économique, la plupart des managers ne peuvent s’empêcher d’être légèrement sceptiques. Et dans un monde où se succèdent les booms et les éclatements de bulle technologiques, difficile de leur en vouloir. C’est ici qu’intervient ce livre. Bien que les objectifs ultimes de la SOA soient assez ambitieux, il est de la plus grande importance de suivre un chemin réaliste, pas à pas, pour atteindre ces objectifs. En outre, chaque pas effectué doit apporter un bénéfice immédiat en termes de business. Voilà précisément ce que propose l’approche décrite dans SOA for Profit : une approche pragmatique et concrète de la SOA où les concepts techniques sont éclairés par une approche business et où l’agilité économique est créée par de nouvelles formes de collaboration entre le management et l’informatique. Ce livre apporte suffisamment d’inspiration pour justifier un investissement dans ce nouveau type d’architecture. Il offre par ailleurs tous les conseils nécessaires pour s’assurer que la valeur économique attendue est bien là à l’arrivée. En ce sens, la destination du chemin qu’il aide à parcourir est parfaitement claire, c’est la route à suivre qui l’est en général moins. La promesse de la SOA, c’est l’agilité économique et une amélioration considérable de la relation entre management et informatique. Cependant, il y a de nombreux périls à surmonter tout au long du chemin. Pour commencer ce voyage, une bonne dose de pragmatisme est tout aussi importante qu’un bon sens de l’orientation. Je suis convaincu que l’apport principal de ce livre consiste en le développement chez ses lecteurs d’un « leadership SOA » qui est d’une importance considérable si l’on veut tirer profit de l’architecture orientée services. Luc François Salvador Président Directeur Général Sogeti 12 Préface IBM et Sogeti sont deux entreprises au parcours irréprochable. L’architecture orientée services constitue l’un des domaines où leur collaboration se montre la plus étroite. L’idée d’écrire un ouvrage réunissant leur vision sur ce sujet a vu le jour en été 2006. Voici le résultat moins d’un an après. Il s’agit d’une grande réussite, étant donné qu’une équipe internationale issue de deux sociétés distinctes a dû s’atteler à la tâche, que la plupart des collaborateurs se connaissaient très peu, et qu’ils parlaient six langues différentes. C’est avec une immense fierté que nous présentons aujourd’hui SOA for Profit. Cet ouvrage est un guide destiné aux directeurs et architectes responsables de la mise en œuvre de la SOA ou très impliqués dans celle-ci au sein de leurs entreprises. Nous avons décidé de créer cet ouvrage à leur intention, ce qui signifie que les aspects techniques et technologiques n’ont pas été abordés. Bien qu’ils soient extrêmement intéressants en soi, leur importance n’est pas primordiale pour la mise en œuvre de la SOA dans une entreprise. Nous avons mis l’accent sur les facteurs essentiels qui doivent être abordés : la gouvernance, l’architecture et le développement d’une vision d’ensemble de la SOA. Un grand nombre de personnes a participé à l’élaboration de cet ouvrage. Tout d’abord, les auteurs d’IBM qui ont rédigé les différents chapitres : Norbert Bieberstein et Gerard Smit ; et les auteurs de Sogeti : Martin van den Berg, Per Björkegren, Tim Koomen, Craig Mayer, Erik van Ommeren, Bruno Rizzi et Michiel Vroon. Différents collaborateurs ont également apporté leur contribution en proposant des meilleures pratiques et toute autre information pertinente. Nous tenons à exprimer notre plus profonde gratitude à ce sujet envers Manuel De Juan, Jean-Marc Gaultier, Lon Holden, Philippe Ravix, Gonzalo Rodríguez et Guillaume Schott. Nous tenons également à remercier Piet Jan Baarda, Jan Hoogervorst, Ruud Steeghs, et Marlies van Steenbergen pour leur relecture du manuscrit. Nous remercions tout particulièrement René Speelman pour sa direction des ateliers qui ont largement contribué à accélérer la rédaction et la publication de cet ouvrage. 13 C’est avec le plus grand bonheur que nous l’avons rédigé et nous espérons que sa lecture vous procurera le même plaisir. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans l’application des connaissances qu’il regroupe lors de la mise en œuvre de l’approche SOA dans votre entreprise. N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences par e-mail : [email protected]. Mars 2007 Martin van den Berg Norbert Bieberstein Erik van Ommeren 14 Table des matières 1 Début du voyage 1.1 Objectif 1.2 Public visé 1.3 Structure 19 20 20 21 2 J’en veux pour mon argent 2.1 Introduction 2.2 Pourquoi la SOA ? 2.3 Pourquoi les entreprises choisissent-elles la SOA ? 2.4 En quoi puis-je être intéressé ? 2.5 Dans quels cas la SOA n’est-elle pas recommandée pour moi ? 2.6 Synthèse 23 23 24 25 32 41 41 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base 3.1 Introduction 3.2 Perception de la SOA 3.3 C’est le bon moment 3.4 Les sept concepts de base de la SOA 3.5 Synthèse 43 43 43 44 45 59 4 Gouvernance ou chaos 4.1 Introduction 4.2 Pourquoi la gouvernance est-elle essentielle ? 4.3 Qu’est-ce que la gouvernance SOA ? 4.4 La gestion des portefeuilles de services 4.5 Gestion de cycle de vie des services 4.6 Registre des services 4.7 Architecture d’entreprise 4.8 Comment déployer la gouvernance SOA 4.9 Comment démarrer dans la politique de gouvernance SOA 4.10 Synthèse 61 61 61 66 68 71 73 74 84 92 95 5 Repenser votre activité 97 5.1 Introduction 97 5.2 Quel est votre business model ? 98 5.3 D’une entreprise orientée fonctions à une entreprise orientée services 99 5.4 Éléments d’un business model dynamique 101 5.5 Comment identifiée les éléments de votre business model dynamique 105 5.6 De la structure en silos au partage des ressources 112 5.7 Comment définir des priorités ? 114 5.8 Comment les modèles industriels vous aideront-ils ? 121 5.9 Synthèse 122 15 6 Une entreprise orientée services 6.1 Introduction 6.2 Un exemple 6.3 Une configuration dispersée mais bien cadrée 6.4 Le bus de services humains 6.5 L’importance du Web 2.0 pour une entreprise orientée services 6.6 Synthèse 123 123 123 125 126 131 133 7 Des collaborateurs orientés services 7.1 Introduction 7.2 Rôles SOA 7.3 L’impact sur les collaborateurs 7.4 Synthèse 135 135 135 144 148 8 Comment se préparer à la SOA ? 8.1 Introduction 8.2 Modèle de maturité SOA 8.3 Vingt secteurs clés de la maturité SOA 8.4 Tout ne se fera pas nécessairement en un jour 8.5 Utilisation du modèle de maturité SOA 8.6 Action ciblée 8.7 Synthèse 149 149 150 152 157 163 168 169 9 Comment démarrer la SOA ? 9.1 Introduction 9.2 Votre feuille de route SOA 9.3 Les points d’entrée 9.4 Synthèse 171 171 171 179 194 10 Comment arriver à bon port 10.1 Présentation 195 195 10.2 Comment définir une stratégie de tests SOA ? 10.3 Les différentes étapes de l’approche BDTM 10.4 Avantages de l’approche BDTM 10.5 L’environnement de test SOA 10.6 Adaptation pendant les tests SOA 10.7 Synthèse 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer 11.1 « N’en parlons pas au métier » 11.2 « Faites-moi confiance : la SOA, ça coule de source » 11.3 « L’orientation processus est inutile » 11.4 « Construisons une tour de Babel » 11.5 « Demandons à notre nouvel architecte d’entreprise » 11.6 « Changeons les standards » 11.7 « Lançons-nous avec la SOA à l’assaut des cibles mobiles » 16 198 199 208 209 210 212 215 215 218 219 220 221 222 223 11.8 « Que mille services éclosent » 11.9 « Orientons-nous services sans architecture » 11.10 « Migrons tout vers la SOA » 224 225 226 12 Le voyage continue 12.1 Destinations futures 12.2 À condition de… 12.3 Passez à l’action 229 230 233 234 13 Annexe : Modèle de maturité SOA 13.1 Présentation 13.2 Engagement et motivation 13.3 Relations avec les projets 13.4 Rôles et responsabilités 13.5 Développement de l’architecture 13.6 Utilisation de l’architecture 13.7 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) 13.8 Gestion de qualité 13.9 Gestion de portefeuille de services 13.10 Vision de l’architecture 13.11 Alignement des systèmes d’information sur le métier 13.12 Budgétisation et planification 13.13 Technologie et standards 13.14 Subdivision et réutilisation 13.15 Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information 13.16 Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) 13.17 Sécurité 13.18 Compétence SOA des informaticiens 13.19 Compétence SOA des professionnels métiers 13.20 Connaissance et état d’esprit SOA des informaticiens 13.21 Connaissance et état d’esprit SOA des professionnels métiers 13.22 En guise de conclusion 235 235 237 238 240 241 242 243 244 246 247 248 250 251 252 Références Index À propos d’IBM À propos de Sogeti À propos des auteurs 263 267 271 273 274 253 254 256 257 258 259 260 261 17 1 Début du voyage Tout voyage, même le plus long, débute par un premier pas. Mais en quoi doit consister ce premier pas si l’on souhaite résoudre les principaux problèmes auxquels sont confrontées aujourd’hui les entreprises qui ont recours à l’informatique ? Comment empêcher que des coûts de maintenance de plus en plus élevés paralysent une entreprise ? Comment parvenir à une situation dans laquelle vos délais de mise sur le marché sont suffisamment courts pour avoir une chance de survivre dans le monde de l’Internet aujourd’hui ? Comment éviter les obstacles actuels que représentent les silos, la programmation spaghetti et les rigidités informatiques ? L’architecture orientée services (SOA) constitue une nouvelle étape vers la maturité informatique en tant que discipline professionnelle, et vers la façon dont l’entreprise peut utiliser l’informatique. Elle représente un style architectural dans lequel les systèmes, divisés en concepts de base et associés les uns aux autres, sont les garants d’une informatique très souple et maîtrisable. Le concept fondamental est que l’informatique est constituée de services, de composants élémentaires qui restent relativement stables indépendamment des changements au sein de l’entreprise. Ces services sont ensuite utilisés afin de développer rapidement de nouveaux produits et services. La SOA permet également d’éviter les impasses liées à l’augmentation constante des coûts de maintenance et de gestion. Grâce à la SOA et à la réutilisation inhérente de services, la maintenance des systèmes d’information est facilitée et son coût réduit. Mais, surtout, l’architecture orientée services n’est pas une simple évolution du secteur informatique ; elle induit également un impact à long terme pour l’entreprise qui l’adopte. L’aspect organisationnel revêt effectivement une importance décisive. La nécessité de garantir une cohérence, lorsque différents changements interviennent, ne facilite pas la mise en œuvre de la SOA. Des mutations devront être opérées sur votre système d’information ainsi que dans les relations que votre entreprise entretient avec ce même système. D’emblée, il vous faudra fixer vos objectifs business et déterminer dans quelle mesure il est réaliste ou non d’espérer atteindre ces objectifs grâce à la SOA. Quoi qu’il en soit, la SOA n’est pas un objectif en soi, il ne s’agit pas d’une technologie toute faite, ni d’une solution miracle. La SOA est une architecture dotée de toutes les propriétés qui s’y rattachent : sa mise en œuvre progressive demande discipline et patience. 19 SOA for Profit Si vous décidez de mettre en œuvre une SOA, vous ne pourrez pas tout traiter de front. Il vous faudra définir des priorités, faire des choix. Dès lors, vous pourrez planifier la première étape. Celle-ci se compose principalement de projets commerciaux à valeur ajoutée directe ainsi que de projets qui se prêtent à une préparation des différents aspects de votre entreprise en prévision de l’application de la SOA. L’architecture orientée services est là pour durer. Tout comme il serait illogique de se passer des mathématiques, il serait imprudent de faire l’économie des notions que recouvre la SOA. En ce sens, la SOA se distingue, par sa nature, des autres concepts à la mode : ce n’est pas une tendance, mais un accélérateur de croissance. C’est ce qui en rend l’approche séduisante. Alors, prêts pour la croissance ? 1.1 Objectif SOA for Profit est un guide qui vous permettra d’organiser votre démarche vers la SOA et d’atteindre vos objectifs avec succès. Des axes d’approche, des modèles et des conseils vous sont donnés afin que vous puissiez formuler une vision SOA, savoir où vous en êtes et définir votre itinéraire de migration vers la SOA. Ce manuel vous permet : • d’évaluer la valeur ajoutée de la SOA pour votre entreprise. • de comprendre les concepts que recouvre la SOA. • d’analyser les conséquences de la mise en œuvre de la SOA. • d’identifier les actions nécessaires pour la mise en œuvre de la SOA au sein de votre entreprise. 1.2 Public visé Cet ouvrage a été spécialement rédigé pour les personnes chargées de la mise en œuvre de la SOA au sein de l’entreprise, notamment les directeurs des systèmes d’information (DSI), responsables informatiques, directeurs commerciaux, directeurs de l’information, gestionnaires de processus, gestionnaires du changement, directeurs de projets et architectes d’entreprise, qui peuvent tirer un très large profit de ce document. 20 1 Debut du voyage Il est également utile aux personnes régulièrement impliquées dans les projets SOA au sein de l’entreprise telles que les directeurs de produit, architectes métiers, analystes d’entreprise, ingénieurs en logiciels et testeurs. 1.3 Structure L’architecture orientée services est présentée de façon de plus en plus concrète et pratique au fil de l’ouvrage. L’approche adoptée part du concept et de la vision pour aller vers des projets concrets tout en signalant les pièges à éviter. Dans le chapitre 2, l’ouvrage aborde les bonnes raisons de choisir une approche SOA. Pourquoi en parlons-nous ; pourquoi est-elle si intéressante ? Ce chapitre illustre l’essence même de ce manuel. Il présente des exemples d’entreprises qui ont tiré profit de la mise en œuvre de la SOA. Le chapitre 3 traite de l’essence de la SOA sous la forme de sept concepts de base, en abordant la condition préalable indispensable à une application réussie d’une approche SOA : la gouvernance. Sans une quelconque forme de gouvernance, la mise en œuvre de la SOA conduira irrémédiablement au chaos. Le chapitre 4 montre que la gouvernance et l’architecture d’entreprise sont indispensables. À cet égard, des conseils pour la mise en place de ces compétences au sein de votre entreprise vous seront donnés. Autre condition préalable à la mise en œuvre de la SOA : débuter par le métier. Une fois que les services ont été conçus, le métier tient lieu de point de départ. Cela n’est possible qu’au prix d’une certaine forme d’abstraction, également appelée « modélisation métier ». Pour cette modélisation, il est possible d’utiliser des modèles industriels existants. Ces modèles font l’objet du Chapitre 5. Penser en termes de services ne doit pas se limiter aux systèmes informatiques. Une entreprise elle-même peut être définie en termes de services, ce qui permet d’introduire la dimension d’« entreprise orientée services ». Le chapitre 6 aborde cette perspective supplémentaire pour la SOA. Le chapitre 7 traite de l’incidence de la SOA sur le personnel au sein de l’entreprise. N’oublions pas que la SOA implique une façon de travailler différente lorsque les changements concernant l’activité et l’informatique ont été mis en œuvre. 21 SOA for Profit Les chapitres 3 à 7 couvrent en détail les conséquences et conditions préalables relatives à la mise en œuvre de la SOA. L’impact de la SOA est fort et toute mise en œuvre implique des conséquences importantes. Le chapitre 8 regroupe ces conséquences et les inscrit dans la perspective d’un modèle de maturité SOA. Ce modèle vous permet de déterminer le degré de maturité de votre entreprise dans le domaine de la SOA, ainsi que les mesures d’amélioration que vous pouvez mettre en œuvre afin d’atteindre le niveau recherché. La mise en œuvre de la SOA s’inscrit pour l’essentiel dans des projets générant une forte valeur ajoutée. Il s’agit de projets dans lesquels l’entreprise investit en lançant un nouveau produit sur le marché, par exemple, ou en améliorant ses procédés. Le chapitre 9 traite de l’identification des projets cibles pour l’application de la SOA. Les soi-disant « points d’entrée » servent de support à ce procédé. Avec la SOA, l’entreprise se voit proposer un large éventail de composants (services) aussi autonomes que possible et utilisables en différents lieux. Afin de réussir son voyage vers la SOA, il est indispensable de tester convenablement les services et processus métiers dans lesquels ces services seront utilisés. Cela fait l’objet du chapitre 10. La mise en œuvre d’une approche SOA entraîne toute une série de conséquences. Des entreprises qui étaient pionnières dans ce domaine ont été confrontées à de multiples obstacles que vous pouvez éviter plus efficacement. Le chapitre 11 présente une synthèse de ces principaux pièges. Enfin, le chapitre 12 présente un résumé et spécule sur l’avenir de la SOA. Des informations plus détaillées concernant le modèle de maturité SOA sont fournies en l’Annexe. SOA for Profit n’est pas un manuel technique. Le défi inhérent à la mise en œuvre d’une SOA consiste dans une plus large mesure à préparer l’entreprise à accroître ses chances de succès et à tenir effectivement les promesses qu’apporte la SOA, à savoir plus de souplesse et des coûts réduits. Cet ouvrage contient différents exemples tirés de cas réels. Ils sont présentés dans des encadrés afin d’être facilement identifiables. 22 2 J’en veux pour mon argent 2.1 Introduction L’informatique au sein de votre entreprise constitue-t-elle toujours le point critique lorsque votre métier est prêt à innover ? Essayez-vous depuis des années d’intégrer des processus et des systèmes à la suite d’une fusion ou d’une acquisition ? Vous arrive-t-il de perdre des marchés parce que vous présentez vos nouveaux produits trop tard ? L’informatique et le métier éprouvent-ils de grandes difficultés à se comprendre ? Les frais de gestion et de maintenance informatiques connaissent-ils une forte croissance au sein votre entreprise ? Si vous vous reconnaissez dans l’une de ces questions, la suite de cet ouvrage vous concerne. La SOA vous permettra de prendre ces problèmes à bras le corps. Elle constitue un moyen d’organiser le département informatique et le département commercial de façon à donner davantage de souplesse et d’efficacité à votre entreprise. En 2000, une importante société de services financiers a observé que son ratio coût/ revenu, considéré par les banques comme un facteur d’efficacité, était de 70,8 %. Cela faisait d’elle l’une des moins performantes du secteur. Le niveau relativement élevé des coûts découlait d’un fonctionnement et d’une informatique fragmentés et par conséquent inefficaces, freinant la volonté de l’entreprise de devenir un opérateur financier de classe mondiale. Un changement radical s’imposait. Il fallait réduire les coûts et les risques, accroître la productivité mais aussi standardiser et consolider le système d’information afin de parvenir à un fonctionnement et à une informatique encourageant l’activité au lieu de la freiner. À cet effet, une architecture entièrement fondée sur une approche SOA a été conçue et mise en œuvre au sein de l’entreprise. Le succès a été au rendez-vous. En 2006, le ratio coût/revenu était descendu à 62,3 %. En partie grâce à la SOA, l’entreprise était parvenue à réduire ses coûts, à accroître sa souplesse et à accélérer le développement commercial, autant de promesses SOA tenues. Les managers ne manqueront pas de s’interroger : « SOA, c’est bien joli, mais cela me permettra-t-il de gagner de l’argent ? » Ce chapitre montre comment la SOA apporte une valeur ajoutée. Vous aurez un aperçu des raisons pour 23 SOA for Profit lesquelles les entreprises choisissent la SOA et des bénéfices qu’elles en tirent. En outre, vous pourrez entrevoir ce que la SOA peut apporter à votre cas précis. Ce chapitre vous montrera comment gagner de l’argent. 2.2 Pourquoi la SOA ? Le changement constitue le seul facteur constant dans la vie de l’entreprise. C’est principalement la pression extérieure qui pousse les entreprises à s’adapter en permanence. Les facteurs de changement sont multiples : législation et règlements, opportunités de marché, possibilités technologiques, respect des critères de conformité, croissance du marché en Extrême-Orient, potentiel de l’externalisation, pression à la baisse sur les coûts, etc. La vitesse à laquelle les entreprises sont capables d’anticiper ces facteurs détermine leur aptitude à la compétitivité. Vitesse et souplesse sont ici les clés du succès. Il n’est pourtant pas facile d’atteindre le niveau requis de vitesse et de souplesse. En effet, les entreprises mettent en œuvre des procédés et des systèmes si complexes et entrelacés, qu’essayer de les adapter constitue un véritable casse-tête. Prenons, comme premier exemple, un détaillant qui connaît une grande réussite. Le nombre de ses succursales augmente si rapidement qu’il devient nécessaire d’étendre le code d’établissement. Pas moins de 40 000 heures sont nécessaires pour conduire l’analyse d’impact et déterminer les systèmes à adapter. Autre exemple, celui d’un organisme gouvernemental dont la productivité informatique chute à cause de systèmes informatiques toujours plus complexes. Les possibilités d’adaptation des systèmes sont plutôt limitées, alors qu’il faut de plus en plus de temps pour l’analyse et les tests préliminaires. La SOA vous permet d’en finir une fois pour toutes avec ces situations. La bonne application des principes de la SOA dans la structuration des processus et des systèmes et la mise en œuvre adéquate d’une technologie fondée sur la SOA représentent pour l’entreprise une garantie irréfutable de vitesse et de souplesse. Non seulement la SOA libère les procédés des systèmes, mais elle déconnecte les systèmes les uns des autres (découplage). Les entreprises disposent généralement d’imposants systèmes, à la fois complexes et monolithiques, qui, outre la multitude de fonctionnalités qu’ils proposent, contraignent la façon dont le processus métiers doit être exécuté. Lorsqu’il devient nécessaire d’adapter ce processus, le système doit lui aussi être ajusté, ce qui implique un immense travail 24 2 J’en veux pour mon argent de recherche et de test. Grâce à l’approche SOA, la fonctionnalité peut être divisée en unités plus petites telles que « présenter nouveau client », par exemple. Ce type d’unités est proposé en tant que service, en tant que tâche automatisée, à tous les processus métiers dans lesquels le nouveau client est présenté. Lorsqu’un processus métiers doit être adapté, cela se fait de façon beaucoup plus simple et rapide, puisqu’il n’est plus nécessaire d’intervenir dans la totalité du système. En outre, un service peut être réutilisé dans différents processus métiers, ce qui se traduit par des économies substantielles puisqu’on réutilise ce dont on dispose déjà au lieu d’acheter quelque chose de nouveau. Cela se traduit également par un nombre plus réduit de logiciels à entretenir et à supporter. On peut avancer à juste titre que la SOA représente une avancée décisive : elle constitue la nouvelle étape dans le processus de maturation de l’informatique. Aujourd’hui, elle donne à la fonction informatique les moyens appropriés pour communiquer avec l’entreprise dans un langage commun. Après tout, il est possible de définir les fonctionnalités requises en termes de services. La façon dont ces fonctionnalités sont ensuite fournies par l’informatique ne revêt pas d’intérêt particulier pour l’entreprise. Le « quoi » est totalement indépendant du « comment ». La mise en œuvre de la SOA n’est pas un objectif en soi. La SOA est un moyen d’accroître la souplesse et la rentabilité d’une entreprise. De ce fait, si ces objectifs liés à l’activité jouent un rôle important au sein de votre entreprise, alors la SOA mérite d’être prise en considération. À plus long terme, nous espérons que la SOA deviendra, de fait, le modèle architectural en matière d’organisation commerciale et informatique. Les gros fournisseurs d’applications métiers, tels que SAP, Microsoft et Oracle, investissent des centaines de millions de dollars afin de pouvoir proposer leurs applications sous forme de services. En outre, les fournisseurs de logiciels et de matériels tels qu’IBM et HP investissent des fortunes pour rendre leurs produits compatibles avec la SOA. Si la SOA ne s’impose peutêtre pas à vous actuellement, tôt ou tard, vous y serez confronté. D’où l’importance de lire et d’examiner ce que la SOA peut apporter à votre entreprise. 2.3 Pourquoi les entreprises choisissent-elles la SOA ? Plusieurs raisons expliquent que les entreprises fassent le choix de la SOA. Pour certaines, il s’agit d’une conséquence logique de la stratégie métier qu’elles ont retenue ; pour d’autres, ce n’est pas un choix mais plutôt une question de survie. 25 SOA for Profit L’exemple proposé dans l’introduction concerne une société qui a fait le choix de la SOA pour satisfaire son ambition de devenir un prestataire financier de classe mondiale. Nous allons maintenant exposer trois cas pratiques qui expliquent les raisons pour lesquelles les entreprises choisissent la SOA : 1. Considérations stratégiques : l’environnement économique dont fait partie l’entreprise est sur le point de changer. 2. Question de nécessité : la SOA est la seule alternative de survie. . Combinaison d’une technologie obsolète et d’évolutions métiers induites par le secteur économique. Le premier exemple concerne une entreprise qui voit dans la SOA un choix stratégique lié à son nouveau rôle dans les activités de virement monétaire en Europe. Exemple d’une chambre de compensation automatisée L’une des chambres de compensation automatisées les plus importantes et évoluées d’Europe a adopté la SOA comme principe de structuration de son métier et de son système d’information. Le choix de la SOA est dicté par l’internationalisation croissante du secteur du virement monétaire en Europe et, partant, par le positionnement de cette entreprise comme prestataire de service intégral dans le traitement des Chaîne de paiement Client Services d’entreprise Procédé Procédé Application Application Infrastructure Figure 2.1 : La chaîne SOA 26 2 J’en veux pour mon argent opérations de virement et de carte, d’arbitrage, de compensation et de règlement. Ce choix induit une coopération plus étroite dans la chaîne des processus de l’entreprise et il ouvre la porte à d’éventuelles fusions. Cette société a choisi la SOA pour des raisons de souplesse de l’activité et de gestion des coûts. Une déconnexion très stricte des couches informatiques (cf. Figure 2.1), combinée à un lien architectonique intégré avec les divers processus, constitue une fonctionnalité centrale de la SOA qui devrait permettre l’interruption ou l’évitement de toutes connexions erratiques et de tous chevauchements entre processus. Le produit n’est pas cantonné à la société elle-même : il s’étend également aux groupes de fusions éventuelles, aux clients et aux autres partenaires de la chaîne. Ainsi, la SOA ne se limite pas au domaine informatique mais débute avec les services que la société propose sur le marché et s’étend jusqu’aux services assurés par le domaine des infrastructures, pour permettre le fonctionnement des applications. Le résultat final est un meilleur alignement, plus dynamique, entre l’activité de l’entreprise et son informatique. Il existe également des entreprises qui font le choix de la SOA faute d’autres solutions. Elles doivent appliquer la SOA pour survivre. C’est une question de « vie ou de mort ». Les processus et systèmes ont atteint un tel niveau de complexité que l’entreprise menace de s’écrouler. C’est ce que montre ce deuxième exemple. Exemple d’une entreprise de télécommunications Qu’est-ce qui pousse un opérateur de télécommunications bien établi, fort de plus de 8 millions de clients, à migrer vers la SOA pour tous ses processus liés à son activité de prépaiement, et ce dans un énorme projet de 12 millions d’euros sur deux ans ? Pourquoi une situation aussi complexe ? Décrivons ici le scénario initial à l’origine de cette décision drastique. Des développements de qualité insuffisante S’il existe des traits communs entre les modèles économiques des fournisseurs de services en téléphonie cellulaire et mobile, ce sont bien la vitesse et l’agressivité des délais de mise sur le marché de nouvelles offres. Cette situation nécessite des cycles de vie et de développement très courts qui mettent à rude épreuve le savoir-faire et l’endurance des équipes de développement. Si vous voulez être le premier à proposer un nouveau service, vous ne devez rater aucune échéance ni aucun délai. 27 SOA for Profit Toutefois, cette nécessité d’aller vite a souvent des conséquences néfastes si elle n’est pas gérée de manière adéquate. C’était le cas pour cet opérateur de télécommunications. Malgré la présence d’un département Qualité des logiciels, chargé de mettre en place les procédures de développement et les pratiques professionnelles, les phases d’analyse et de conception étaient généralement négligées au sein des projets de développement : elles étaient considérées comme des étapes « non productives » par manque de temps. Chacun s’efforçait ainsi de livrer au plus tôt quelque chose qui fonctionnait, sans prêter suffisamment attention à la qualité. Il en a résulté plusieurs scénarios : • Les modules logiciels (formulaires en ligne, tâches en paquets, transactions etc.) devenaient des domaines obscurs et inextricables que personne n’avait véritablement le temps d’explorer pour s’assurer que les choses avaient été faites et comment. Aucune phase d’analyse et de conception digne de ce nom n’était mise en place. Chaque nouveau développement ne faisait qu’accroître l’imbroglio. • Les nouveaux développements de services étaient rarement alignés sur les développements existants. Jamais personne ne consacrait le temps nécessaire à tenter d’explorer la meilleure façon d’adapter le produit à l’ensemble du portefeuille. • On souffrait d’un manque d’information sur les modules communs à la disposition des diverses équipes de développement, car la documentation n’avait pas été traitée comme une étape critique. Aucune structure ne couvrait les opportunités de réutilisation. Dépenses élevées dans la maintenance des environnements de production Conséquence directe de la qualité insuffisante du développement, les logiciels livrés, voire les environnements de production, accumulaient les défauts. Dans bien des cas, ces derniers n’étaient pas simples à supprimer car ils étaient noyés dans des modules logiciels non structurés, assez chaotiques. Ainsi, les budgets et ressources nécessaires pour soutenir ces environnements critiques (si proches de l’utilisateur final) augmentaient considérablement d’année en année, compromettant gravement l’exploitation de l’ensemble de l’entreprise. Une architecture incapable de s’adapter à l’évolution des marchés L’opérateur de télécommunications était fortement centré sur son système de gestion de la relation clients (GRC, CRM en anglais)” en raison d’une décision stratégique majeure prise plusieurs années auparavant, lorsque les centres d’appels constituaient le principal point d’entrée de chaque transaction avec les clients : nouvelles demandes de services, changements dans les services existants, modifications des informations clients, etc. L’architecture informatique avait donc été fortement influencée par cette décision de gestion. La quasi-totalité des développements de processus métiers étaient hébergés à l’intérieur de leur GRC, et les autres systèmes étaient esclaves du système maître. 28 2 J’en veux pour mon argent GRC Facturation Commercialisation Logique métier Évolution du plan de tarification A Entrepôt de données Mise en réseau Figure 2.2 : Évolution du plan de tarification Dans la Figure 2.2, la logique métier était hébergée dans le système GRC, les changements étaient intégrés dans les bases de données système, puis les autres systèmes étaient avisés de ces changements. D’autres améliorations technologiques ont permis à d’autres canaux de devenir au moins aussi pertinents que les centres d’appels (GRC classique). Ils ont accueilli des portails interactifs, des services SMS, des systèmes SVI et bien d’autres fonctions. Ils devaient assurer une souplesse à l’utilisateur, offrant au client plusieurs choix possibles pour effectuer une même action. Qu’est alors devenue la logique métier ? Sur la Figure 2.3, la logique métier consistant en une évolution du plan de tarification était si intégrée dans la mise en œuvre du GRC qu’il devenait impossible pour d’autres canaux nouveaux de la réutiliser. En conséquence, chaque canal construisait sa propre solution pour répondre à un même procédé. On imagine facilement les complications qu’a pu engendrer ce type d’architecture. Dans ce processus, dès lors qu’un changement était nécessaire, il fallait le déployer dans quatre environnements différents ! Il existait également des équipes de maintenance différentes, attachées à ces systèmes, de sorte que les patchs de résolution des défauts étaient également divergents. En quelques mois, ce processus qui était censé assurer la même fonctionnalité, quel que soit le canal utilisé, évoluait vers la production de fonctionnalités diverses qui réglaient les mêmes problèmes de façon différente. L’architecture de l’opérateur de télécommunications manquait de la souplesse d’adaptation rapide qu’exigeait le marché. Le choix de la SOA s’imposait comme une évidence. 29 SOA for Profit IVR Logique métier Évolution du plan de tarification A’’ GRC Facturation Commercialisation Logique métier Évolution du plan de tarification A Entrepôt de données Mise en réseau WEB SMS Logique métier Évolution du plan de tarification A’ Logique métier Évolution du plan de tarification A’’’ Figure 2.3 : Conséquences de l’évolution du plan de tarification Le troisième et dernier exemple est celui d’une société qui a choisi la SOA en raison de l’obsolescence de sa technologie et de l’évolution de la demande. Exemple des hôtels Starwood En 2001, Starwood Hotels a pris conscience que son avenir passait par une architecture orientée services [CIO Insight 2006]. Cette chaîne d’hôtels internationale, qui regroupe des enseignes telles que les hôtels St. Regis, Sheraton, Westin’s et les W Hotels, a constaté que son ancien système, peu pratique et onéreux, limitait la capacité de l’entreprise à s’adapter rapidement aux canaux de distribution en pleine expansion tels que l’Internet. Il était trop difficile d’ajouter des capacités supplémentaires au système GRC ou encore de lancer des recherches de propriétés ; en bref, ce dont un environnement informatique moderne a besoin. 30 2 J’en veux pour mon argent Les systèmes de Starwood avaient également du mal à traiter le trafic de plus en plus conséquent sur ses sites Internet, ce que les professionnels de l’hôtellerie appellent le ratio look-to-book. Au début d’Internet, le ratio look-to-book était de 50 pour 1. Il est aujourd’hui de 300 pour 1. Starwood avait donc besoin d’un environnement informatique capable de traiter toutes ces demandes. Conserver le système patrimonial aurait nécessité plusieurs millions de dollars d’investissement dans les remises à niveau et le support technique. Cela supposait des investissements considérables et Starwood ne voulait pas être pénalisé. Starwood s’est donc lancé dans le long processus consistant à faire migrer ces systèmes vers un cadre SOA ouvert. C’était le meilleur moyen de faire correspondre la technologie à ses différentes enseignes. Au lieu que chaque chaîne d’hôtels de Starwood construise ses propres applications, la SOA a permis aux enseignes de partager les mêmes programmes et les mêmes caractéristiques, personnalisables en fonction des besoins et spécificités de chaque hôtel. La fonction « recherche » de Sheraton peut, par exemple, fournir des informations d’une manière différente de celle de W Hotels, même s’il s’agit du même programme. Pour Starwood, l’avantage consiste à utiliser les mêmes outils activables par différentes applications et interfaces. Parce qu’elle assouplit les relations de dépendances, les services pouvant être activés au travers de différents systèmes et environnements d’exploitation, la SOA offre également à la société la flexibilité nécessaire pour créer de nouveaux outils. Starwood a notamment mis en place une application qui permet de suivre les demandes et les réclamations des clients. L’entreprise a également créé un programme qui stocke et suit les préférences des clients réguliers. Mais cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Après cinq ans, l’entreprise est enfin prête à démanteler officiellement son ancien système, une mesure qui lui permettra d’économiser jusqu’à 20 millions de dollars par an en frais de maintenance. Ces trois exemples montrent qu’une entreprise peut choisir la SOA pour de multiples raisons : considérations stratégiques, comme dans le premier exemple où l’environnement économique dont fait partie l’entreprise est sur le point de changer ; nécessité, comme dans le deuxième exemple ; ou encore limites atteintes par l’ancien système, comme dans le troisième exemple. 31 SOA for Profit 2.4 En quoi puis-je être intéressé ? La question des bénéfices tirés de la SOA dépend entièrement de votre situation et notamment des problèmes et défis auxquels est confrontée votre entreprise. Le moyen de s’assurer que la SOA est bien adaptée à votre situation consiste à formuler une vision d’entreprise pour la SOA. Cette vision d’entreprise permet de se forger une idée claire des avantages et conséquences induits par le choix de la SOA. La vision d’entreprise permet de déterminer si la SOA doit ou non être mise en œuvre et, si oui, par où il convient de commencer. Afin de présenter brièvement les avantages garantis par la SOA, nous nous servirons d’une étude réalisée par IBM sur 35 mises en œuvre de la SOA dans 5 secteurs industriels différents [IBM Global Business Services 2006b]. Cette étude a montré qu’une plus grande souplesse de l’entreprise constitue le principal avantage de la mise en œuvre de la SOA, la réduction des coûts venant juste derrière. Le Tableau 2.1 présente, par ordre d’importance, les avantages de la mise en œuvre de la SOA. Souplesse accrue • • • • Capacité au changement supérieure Réutilisation accrue des actifs Réduction du temps d’intégration des systèmes Réduction du temps de mise sur le marché Réduction des coûts • • Réduction du coût d’intégration des systèmes Réduction du coût de développement et de maintenance des systèmes Réduction des coûts de fonctionnement informatiques et commerciaux • Réduction des risques • • • Réduction du coût d’intégration des systèmes Réduction du coût de développement et de maintenance des systèmes Réduction des coûts de fonctionnement informatiques et commerciaux Augmentation du chiffre d’affaires • • • Création de nouvelles sources de revenus Croissance des sources de revenus actuelles Maintien des sources de revenus actuelles Développement de nouveaux produits • Création de nouveaux services par l’utilisation des systèmes actuels et/ou nouveaux Création et livraison accélérée de nouveaux produits • Conformité • • Transparence accrue Exactitude et surveillance accrues Tableau 2.1 : Avantages constatés des projets de SOA 32 2 J’en veux pour mon argent De plus, l’étude IBM montre que plusieurs raisons justifiaient la mise en œuvre de la SOA. Ces raisons, présentées dans le Tableau 2.2, semblent être liées en partie à la frustration et en partie aux opportunités de marché, comme l’indique la conclusion des trois exemples abordés dans la section précédente. Nécessité de changement de technologie • • • Environnements patrimoniaux vieillissants/inadaptés Capacité insuffisante, fiabilité réduite Systèmes rigides, peu aptes aux changements Possibilité de collaboration • Nécessité d’échanger des informations et des services avec les partenaires, fournisseurs, distributeurs et clients Pression de la concurrence • Anticipation plus rapide de la concurrence, qui dispose de solutions plus souples Livraison plus rapide de produits et services Amélioration des services clients (services clients/ satisfaction client) • • Législation • Conformité/mandats juridiques provenant du gouvernement et/ou de l’entreprise elle-même Exigences fournisseur/ distributeur • • Demande d’une meilleure connectivité Moindre responsabilité vis-à-vis des solutions point à point Nouveaux marchés • Utilisation des services actuels et nouveaux pour l’ouverture de nouveaux canaux Tableau 2.2 : Motivations des projets SOA Ainsi, dans la pratique quotidienne, il existe différents avantages et raisons de choisir la SOA ; ce sont des éléments qui constituent en partie la vision d’entreprise (cf. Figure 2.4). Raisons Avantages Vision d’entreprise Mise en œuvre Définition Conséquences Figure 2.4 : Éléments de la vision d’entreprise SOA 33 SOA for Profit La vision d’entreprise se compose de cinq éléments : raisons, avantages, définition, conséquences et mise en œuvre. Nous allons maintenant les aborder en détail. Raisons La décision d’entreprendre une démarche SOA ne tombe pas du ciel. Elle doit être motivée. La motivation peut avoir différentes origines, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’entreprise. Parmi les facteurs internes, citons par exemple un paysage applicatif totalement bouché et incapable d’accepter la moindre modification supplémentaire, ou une entreprise qui souhaite passer du tout produit au tout processus. Parmi les facteurs externes, citons par exemple un fournisseur de progiciels standard qui a intégré des services dans la dernière version de ses outils, ou un partenaire qui fournit des services Internet au lieu d’échanger des données au moyen de messages EDI. La raison est souvent liée à un dysfonctionnement ou à un besoin urgent. Le dysfonctionnement est interne à l’entreprise et doit être résolu ; il faut faire en sorte qu’il ne puisse se reproduire. Un besoin urgent est presque toujours déclenché par un élément extérieur et doit généralement être résolu sans remise en question du fonctionnement de l’entreprise (business case). Avantages L’étape suivante dans la définition de la vision d’entreprise consiste à déterminer les avantages de la SOA. Il serait tentant d’accepter la première liste venue. Essayez de résister à la tentation. Il est important de définir les avantages pour l’entreprise de façon aussi spécifique que possible. Cela signifie qu’il doit exister un lien entre les objectifs de l’entreprise et les possibilités offertes par la SOA. Nous avons développé deux questionnaires afin de vous permettre d’identifier ce lien. Vous êtes manager, alors ceci vous intéresse ! Imaginez que vous êtes manager et que vous recevez la visite d’un chef de service informatique qui commence à vous vanter les mérites de la SOA. Que pouvez-vous faire en tant que manager ? Réponse : posez des questions ! Prenez le taureau par les cornes et interrogez le chef du service informatique. Questions permettant de vous forger une opinion : • Comment l’informatique peut-elle contribuer à nos objectifs commerciaux ? 34 2 J’en veux pour mon argent • • • • En quoi la SOA pourrait-elle contribuer à notre activité ? La SOA pourrait-elle également être un facilitateur pour notre entreprise ? Quels sont les secteurs les plus susceptibles de profiter de la SOA ? Quels sont les risques et les conséquences liés à la mise en place de la SOA ? Questions spécifiques que le manager doit poser au responsable informatique : • En quoi l’informatique peut-elle contribuer à la réalisation de mes objectifs commerciaux ? • Quels services l’informatique peut-elle m’offrir (en tant que métier) étant donné que notre entreprise propose elle-même des services à ses clients sur le marché ? • Veuillez expliquer en 5 minutes ce que la SOA signifierait pour notre entreprise et pour moi en particulier ? • La SOA semble laborieuse, quelle importance présente-t-elle pour moi ? • Veuillez me fournir des scénarios montrant comment l’informatique peut me permettre de réduire notre temps de mise sur le marché pour les nouveaux produits ? • Veuillez me fournir des scénarios montrant comment l’informatique peut m’aider à réduire les coûts à court et à long terme ? • Veuillez me fournir des scénarios montrant comment l’informatique peut m’aider à améliorer l’agilité et la souplesse de notre entreprise ? • La SOA représente-t-elle simplement une tendance du secteur informatique ou constitue-t-elle quelque chose de durable et pourquoi ? • Que dois-je faire pour mettre en œuvre la SOA dans notre entreprise ? Quel délai et quel coût cette mise en œuvre implique-t-elle ? • Sommes-nous prêts pour la SOA ? Quand serons-nous prêts ? • La SOA est-elle adaptée à notre culture ? • Quels sont les pré-requis pour une mise en œuvre réussie de la SOA dans notre entreprise ? • Quels sont les risques liés à la mise en œuvre ? • Existe-t-il des gains immédiats ? • Qu’en est-il chez nos concurrents ? Mettent-ils en œuvre la SOA ? Pourquoi ? Quelles sont leurs expériences ? • Quels sont les avantages pour nos clients et pour moi ? • Que se passera-t-il si nous décidons de ne pas investir ? Les réponses à ces questions devraient tirer la sonnette d’alarme au niveau du service informatique et les amener à penser avec vous au lieu de voir la SOA comme un objectif en soi. 35 SOA for Profit Vous êtes chef de service informatique, alors ceci vous intéresse ! Imaginez que vous êtes chef de service informatique et que vous voulez susciter l’intérêt du manager pour la SOA. Que devriez-vous faire ? Dès à présent, vous devez comprendre que vous ne cherchez pas à vendre mais à évaluer les secteurs où la SOA apporte une valeur ajoutée à l’entreprise. Là encore, vous devez poser des questions afin d’évaluer : • En quoi la SOA peut également être un facilitateur dans votre entreprise • Les arguments en faveur de la SOA • Le point de départ • Le moment pour commencer • Les risques et les conséquences Questions que le département informatique doit poser au manager: • Quels sont nos objectifs commerciaux à court et à long terme ? • Quelles sont notre mission et notre vision à court terme ? • Comment nous comportons-nous face à nos concurrents ? Dans quel domaine sommes-nous supérieurs ? Dans quels domaines sommes-nous moins performants ? • Quelles sont les forces et les faiblesses de notre organisation ? • Quelles sont les opportunités et les menaces pour notre entreprise ? • Existe-t-il des plans d’amélioration des processus métiers ? Dans quels domaines ? Quels sont les objectifs ? • Existe-t-il des plans de fusion et d’acquisition ? • Existe-t-il des plans pour améliorer la gestion de la chaîne logistique ? Quels sont les objectifs ? • Existe-t-il des plans de réduction des coûts ? Dans quels domaines ? Quels sont les objectifs ? • Existe-t-il des plans pour la mise en place de nouveaux produits ou services, pour pénétrer de nouveaux marchés ? • Existe-t-il des initiatives de conformité au sein de notre entreprise ? Quels sont les objectifs ? • La synergie est-elle à l’ordre du jour du Conseil d’administration ? Si oui, dans quels domaines pensez-vous que nous puissions réussir cette synergie ? • Quel est votre degré de satisfaction vis-à-vis de l’informatique ? Dans quels domaines êtes-vous totalement mécontent ? Dans quels domaines êtes-vous totalement satisfait ? • Pensez-vous que l’informatique représente un frein au changement au sein de notre entreprise ? Si oui, dans quelle mesure ? Veuillez apporter des exemples concrets. 36 2 J’en veux pour mon argent • • • • • • • • • • Que pensez-vous du fait de définir des exigences vis-à-vis de l’informatique en termes de services et de niveaux de services ? Pensez-vous que le concept de centres de services communs soit adapté à notre entreprise ? Pourquoi ? Comme la plupart des entreprises, nous avons tendance à réinventer la roue. Quelles possibilités voyez-vous pour la réutilisation des informations, processus, ou autres ? Qu’attendez-vous de l’informatique en général ? Essayez de décrire votre scénario idéal sur la façon dont le management et le département informatique devraient collaborer. Quelle est votre pire expérience en matière informatique ? Quelle est votre meilleure expérience en matière informatique ? Quelle est votre exigence numéro un en matière informatique ? Avez-vous déjà entendu parler de la SOA ? Si oui, qu’en pensez-vous ? Y voyez-vous des avantages pour notre entreprise ? Dans les prochaines années, quelle sera la capacité la plus importante pour notre entreprise ? Pourquoi ? Déterminer les avantages de la SOA ne doit pas être considéré comme un processus rédactionnel dans lequel un architecte ou un consultant se présente avec un document passionnant et s’installe derrière son bureau, mais plutôt comme un processus de prise de conscience mettant en œuvre des ateliers afin d’associer les objectifs commerciaux aux possibilités de la SOA. Ce processus peut être conçu comme un dialogue stratégique entre le département commercial et le département informatique. Un dialogue stratégique est un processus continu dans lequel les objectifs sont élaborés sous forme de propositions de projets concrets grâce à des business cases. Les objectifs font l’objet d’un dialogue entre le management et le département informatique. La partie livrable d’un dialogue stratégique vis-à-vis de la SOA est une liste d’avantages adaptés à l’entreprise avec les justifications nécessaires et une vaste compréhension ainsi qu’un engagement de l’entreprise. Définition Le troisième élément de la vision d’entreprise SOA, le « quoi », est tout aussi important que le « pourquoi » (avantages). Une définition de la SOA permet de formuler l’architecture spécifique à l’entreprise et d’identifier les aspects requis. 37 SOA for Profit Comme c’est le cas pour les expressions telles qu’architecture d’entreprise et gouvernance informatique, il existe une multitude de définitions pour le concept d’« architecture orientée services ». Il importe peu d’identifier la bonne, mais il convient plutôt de déterminer celle qui est la mieux adaptée à votre entreprise. Il y a lieu d’adopter un jugement en fonction des objectifs de la SOA et de la définition la plus adéquate. La Figure 2.5 présente un certain nombre de définitions de la SOA. Gartner: L'architecture orientée services (SOA) est une approche de conception de logiciel client/serveur dans laquelle une application se compose de services logiciels et de consommateurs de service logiciel (également appelés clients ou demandeurs de service) CBDI: Politiques, pratiques, cadres permettant de fournir et d'utiliser la fonctionnalité d'application en tant qu'ensembles de services publiés à un niveau de granularité adapté aux consommateurs de services. Les services peuvent être demandés, publiés et découverts et sont extraits de la mise en œuvre au moyen d'une forme simple et standard d'interface. W3C: Ensemble de composants pouvant être demandés et dont les descriptions d'interface peuvent être publiées et découvertes. Bieberstein et al: Cadre pour l'intégration des processus métiers et le support de l'infrastructure informatique en tant que composants – services – sûrs et standardisés pouvant être réutilisés et combinés afin de traiter les changements de priorité de l'entreprise. Figure 2.5 : Définitions de la SOA Conséquences Outre les avantages, le choix d’une SOA entraîne également un certain nombre de conséquences. Il est important de disposer d’une vue d’ensemble de ces conséquences très tôt dans le processus de prise de décision car elles détermineront pour une large part le succès et le niveau d’investissement au sein de l’entreprise. En pratique, chaque conséquence d’une SOA entraîne un investissement. Et, comme pour tout changement, il existe des coûts qui y sont associés. 38 2 J’en veux pour mon argent Les conséquences ordinaires de la mise en œuvre de la SOA sont les suivantes : • Focalisation accrue sur l’effort centré sur le processus. • Changement des processus de gouvernance et des processus architecturaux. • Changement du processus de développement de l’activité. • Changement du processus de développement de l’informatique. • Changement des processus d’administration et de maintenance. • Nécessité d’une formation nouvelle pour le personnel informatique. • Nécessité d’une formation nouvelle pour les interlocuteurs métiers. • Nécessité de nouveaux outils. Nous discuterons ultérieurement plus en détail de ces conséquences liées à la mise en œuvre de la SOA. Au moment de définir la vision d’entreprise, il est important d’identifier et de détailler toutes les conséquences pertinentes afin de prendre une décision éclairée sur la capacité de l’entreprise à les supporter. Mise en œuvre Le cinquième et dernier élément de la vision d’entreprise est la mise en œuvre. La mise en œuvre de la SOA est traitée en termes généraux. Elle n’est pas un processus linéaire puisque des mises en œuvre multiples et simultanées sont possibles. Il est important de souligner dans ce chapitre les structures de financement, d’initiation, de mise en œuvre et de gestion. Afin de mieux comprendre ce que peut offrir la SOA, un certain nombre d’exemples d’applications sont inclus dans ce chapitre sur la mise en œuvre. Comme nous l’avons vu plus haut, la définition d’une vision d’entreprise constitue un processus. La prise de conscience et l’acceptation de la SOA au sein d’une entreprise peuvent être fortement accrues en impliquant dans ce processus les parties prenantes concernées, tels que gestionnaires de processus, chefs de service informatique, administrateurs et architectes. Un atelier de méthodologie convient parfaitement pour la création d’une vision d’entreprise. Différentes personnes œuvrant dans différentes disciplines peuvent être amenées à travailler ensemble pour un objectif commun. 39 SOA for Profit La définition d’une vision d’entreprise peut être encore facilitée en impliquant des consultants capables d’établir un lien entre les concepts SOA et les défis commerciaux de l’entreprise. Outre les avantages mentionnés plus haut, une vision d’entreprise est un excellent moyen d’annoncer le message SOA au sein de votre entreprise au cours de nombreuses étapes de communication. Vous vous demandez peut être pourquoi aucun business case n’est établi pour la SOA. Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles nous n’y sommes pas favorables. La principale est que la SOA ne doit pas devenir un objectif en soi. La SOA est un style d’architecture parfaitement adapté à une entreprise qui a besoin de faire face à de multiples changements. Nous conseillons de réaliser des business cases pour ces changements, tels que l’amélioration des processus et l’introduction d’un nouveau produit sur le marché. Autre raison pour ne pas établir un business case pour la SOA : il est impossible de calculer les effets de la SOA sur la rentabilité d’une entreprise. En effet, plusieurs facteurs ont une incidence sur la rentabilité et il est impossible d’isoler l’effet de la SOA. La troisième et dernière raison est que la mise en œuvre de la SOA s’assimile à un véritable voyage. Au début du voyage, vous savez où vous voulez aller, mais votre itinéraire exact n’est pas encore clairement déterminé. Ce n’est qu’à l’issue de la première étape que vous percevez mieux la suivante. Pour résumer, il est impossible de tracer à l’avance un chemin précisément défini. La SOA n’est pas une révolution, sa mise en œuvre n’implique pas de big-bang. La SOA tient plus de l’évolution : la mise en œuvre de la SOA peut être réalisée petit à petit, chaque étape apportant une valeur ajoutée. Afin de déterminer l’objectif que vous souhaitez atteindre avec la SOA, nous vous conseillons d’élaborer une vision d’entreprise SOA. Non seulement cela vous permettra de clarifier vos objectifs, mais cela vous indiquera si vous devez ou non entreprendre ce voyage et, le cas échéant, ce que vous devez emmener avec vous. Ensuite, vous pourrez planifier la première étape SOA en vous concentrant sur un problème commercial concret. Vous pourrez pour cela élaborer un business case, ce qui vous forcera également à mettre en œuvre la SOA là où l’urgence est la plus grande. 40 2 J’en veux pour mon argent 2.5 Dans quels cas la SOA n’est-elle pas recommandée pour moi ? La SOA doit être envisagée sur le long terme. Un nombre croissant de fournisseurs et d’organisations d’utilisateurs finaux importants appliquent la SOA. Cela signifie que de plus en plus de logiciels et de matériel s’appuient sur cette architecture orientée services, qu’un nombre croissant de fonctionnalités sont proposées en tant que services, et que de plus en plus de chaînes et d’efforts coopératifs sont structurés selon une méthode fondée sur le service. Tôt ou tard, il deviendra donc impossible d’y échapper. Reste à savoir si vous devez anticiper la SOA ou bien si vous devez simplement attendre que la SOA vous prenne de vitesse. La SOA est particulièrement adaptée à une entreprise dotée d’une informatique hétérogène devant faire face à de nombreux changements. Toutes les entreprises classées au Fortune-500 entrent dans cette catégorie. Les entreprises fortement dépendantes de l’informatique, telles que les banques, compagnies d’assurance et sociétés de télécommunication, en font notamment partie. Il leur est conseillé de mener un dialogue stratégique sur la SOA et de l’enregistrer dans une vision d’entreprise SOA. À l’autre extrémité du spectre, on trouve des entreprises dotées d’une informatique homogène et connaissant relativement peu de changement. Pour ces entreprises, le gain résultant de la mise en œuvre de la SOA reste discutable. Par exemple, une petite entreprise industrielle fonctionnant presque exclusivement avec SAP tirera sans doute davantage de bénéfices d’une stratégie SAP. Il est intéressant de noter qu’il peut exister des départements ou fonctions au sein de l’entreprise dont les exigences en termes d’informatique sont radicalement différentes. Ceci a par conséquent un impact sur le choix de SOA possible. En général, la SOA est moins adaptée dans le cas d’une informatique homogène, lorsque la réalisation en temps réel est extrêmement importante et lorsqu’il n’y a pas de véritable changement substantiel. 2.6 Synthèse Il doit être clair que la mise en œuvre de la SOA peut être financièrement rémunératrice pour une entreprise. En effet, il est possible de gagner de l’argent grâce à une utilisation plus efficace de l’informatique et à une activité plus souple permettant d’innover et d’apporter des améliorations plus rapi- 41 SOA for Profit dement. Au quotidien, la SOA a souvent tenu ses promesses, qu’elles aient été mises en œuvre du fait de considérations stratégiques ou qu’elles aient été dictées par la nécessité. Il est important de comprendre que la SOA n’est pas une fin en soi. C’est un moyen d’apporter souplesse et rentabilité à l’entreprise. La formulation d’une vision d’entreprise SOA est donc une première étape essentielle dans l’exploration des possibilités de la SOA pour votre entreprise. Ce type de vision d’entreprise se compose de cinq éléments (raisons, avantages, définition, conséquences et mise en œuvre) et constitue un outil puissant pour vous aider à gagner de l’argent grâce à une approche SOA. 42 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base 3.1 Introduction La SOA est simple. Les concepts fondamentaux de la SOA sont facilement compréhensibles, même si l’on est peu familiarisé avec l’informatique. La SOA relève en grande partie du bon sens, d’une façon de raisonner intelligemment et peut-être… du désir aveugle de croire. Dans un monde nouveau, l’architecture orientée services représente la façon la plus logique et pratique de faire de l’informatique. Malheureusement, les vraies innovations sont rares dans le secteur informatique. Pour en tirer profit, ou simplement pour décider si votre entreprise peut en bénéficier, une définition claire de la SOA s’impose. Dans le présent chapitre, nous aborderons la perception de la SOA et expliquerons ce qu’est exactement cette architecture, en utilisant des termes aussi vieux que l’informatique, voire encore plus anciens. Si les concepts en tant que tels peuvent sembler simples, changer la relation de votre entreprise avec l’informatique prendra du temps : la transition vers l’architecture orientée services interviendra progressivement, mais son incidence au niveau commercial et informatique sera considérable. 3.2 Perception de la SOA L’un des défis majeurs que rencontrent les entreprises lorsqu’elles adoptent la SOA consiste à réunir assez de connaissances sur ce sujet pour distinguer la valeur réelle, les défis concrets et la démarche à suivre la plus rentable. Réunir des informations s’avère un défi en soi. L’architecture orientée services n’a pas été inventée par une seule entreprise. Il n’existe pas d’organisme de normalisation habilité à définir ce qu’est la SOA. De même il n’existe que peu, voire aucun consensus sur ce qui permet de qualifier une architecture donnée d’« architecture orientée services ». Nombre d’entreprises du secteur informatique ont développé leur propre vision de la SOA, parfaitement adaptée à leurs gammes de produits ou de services. Même les plus grands visionnaires en la matière, tels que Gartner et Forrester, des experts en SOA ou encore le forum 43 SOA for Profit CBDI (Component Based Development Integration), utilisent tous une terminologie et des modèles différents. Tout ceci trouble considérablement la situation, et complique le problème au lieu de lui trouver une solution. Cependant, la perception que les professionnels de l’informatique ont de la SOA est bien plus large qu’une simple architecture orientée sur des services. La SOA est désormais synonyme d’« utilisation correcte de l’informatique » dans son interprétation la plus large. La SOA est la prochaine étape en matière de processus de maturation de l’informatique, ou plutôt la prochaine étape en matière d’informatique telle qu’elle devrait être utilisée par les entreprises. Toutes les initiatives précédentes se sont alignées de près ou de loin à une perception floue de la SOA. Lorsque l’on parle d’architecture orientée services, il existe une convergence des règles de pratique d’excellence et de concepts prouvés en matière d’architecture, de développement logiciel, de gouvernance, d’alignement et de technologie. 3.3 C’est le bon moment Comment la SOA est-elle parvenue à s’imposer ? Pourquoi a-t-elle suscité un intérêt aussi rapide ? Les raisons sont multiples. La conjonction de divers développements a provoqué cet intérêt considérable, ainsi que la naissance de nouvelles perceptions concernant le travail des entreprises avec l’Internet. Premièrement, des initiatives technologiques sont apparues en matière d’intégration de systèmes et de services Web ; deuxièmement, l’utilisation de l’Internet a atteint un seuil critique ; et enfin, sans doute la raison la plus importante, les entreprises ont exercé une pression considérable sur l’informatique pour réduire le coût total de possession et pour garantir une plus grande performance et fiabilité. Suite à l’intérêt suscité par la SOA, l’adoption rapide par des fournisseurs de logiciels a provoqué une augmentation de la présence du terme SOA dans le milieu du marketing et des ventes, contribuant à sa popularité. À partir de la technologie, la valeur réelle de la SOA est devenue limpide, ainsi que l’impact potentiellement positif sur les marchés. Ceci étant, elle n’implique pas uniquement le monde du marketing et des ventes. La raison pour laquelle la SOA a été acceptée et introduite dans des entreprises de plus en plus nombreuses tient au fait qu’il s’agit d’un modèle clair qui s’attaque à des problèmes informatiques réels. C’est la « bonne façon » de pratiquer l’informatique et les gens le « ressentent » ainsi. Tout cela parce que les concepts de base de la SOA sont simples et bien connus. 44 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base 3.4 Les sept concepts de base de la SOA En nous appuyant sur plus de 40 années d’expérience pratique dans le domaine informatique, nous pouvons désormais affirmer qu’il existe certaines façons d’assurer une utilisation correcte de l’informatique. En appliquant ces méthodes, vous auriez fini par « inventer » vous aussi la SOA. En effet, nombre d’entreprises utilisent les principes SOA depuis de nombreuses années et ce, avant même que le terme SOA ne soit apparu. Les concepts de base sont les suivants : 1. Subdiviser Pour éviter tout désordre, il faut naturellement regrouper les éléments entre eux et définir des composants. 2. Convenir de la méthode Dans le monde des affaires, vous devez certainement vous mettre d’accord avec le personnel sur la façon de travailler ensemble, convenir de la livraison avec les fournisseurs, etc. 3. Utiliser l’existant Avant d’acheter quelque chose de neuf, vous vérifiez préalablement si quelque chose que vous possédez déjà peut convenir. 4. Passer du sur mesure à l’infrastructure Si une solution toute faite et adaptée existe déjà, mieux vaut l’utiliser plutôt que d’en créer une nouvelle spécifiquement pour vous. 5. Faciliter le changement, s’améliorer en continu La seule chose qui ne changera jamais c’est le changement. Donc, vous vous attendez certainement à ce que tôt ou tard les choses changent. 6. Changer pour une raison commerciale Quand vous investissez, vous voulez savoir ce que vous obtiendrez en retour. 7. Réagir à l’environnement Outre sa ressemblance avec le concept de « faciliter le changement », réagir à l’environnement relève de l’activité quotidienne. Si quelque chose se produit, votre réaction doit servir au mieux l’entreprise. Nous allons maintenant tenter de démontrer que ces concepts sont l’essence même de la SOA. Au cours de l’explication, nous nous plongerons dans des notions telles que l’Enterprise Service Bus (ESB, Bus de Services d’Entreprise), l’organisation en couches, l’architecture événementielle, et quelques abréviations courantes dans l’approche SOA. 45 SOA for Profit 3.4.1 Concept de base 1 : Subdiviser L’aspect de la SOA le plus communément admis est le fait que l’architecture orientée services est constituée de services. D’un point de vue informatique, des services représentent de petits blocs de traitement qui peuvent être sollicités pour effectuer des tâches. D’un point de vue commercial, un service est « quelque chose que nous effectuons afin d’ajouter de la valeur », en s’appuyant sans doute sur l’informatique. Grâce à la SOA, les deux points de vue se rejoignent : un service devient un petit bloc de traitement qui peut être sollicité pour assister une action commerciale afin d’ajouter de la valeur. Si l’on considère l’informatique de manière générale en tant que support de processus métiers, il existe des raisons évidentes de vouloir procéder à une subdivision. Nul ne souhaite disposer d’un ensemble technologique informe et difficile à comprendre et à entretenir. Il n’est pas souhaitable que tout soit enchevêtré de telle sorte qu’il soit impossible de changer un élément sans affecter tout ou partie de l’ensemble. Enfin, il existe une raison très pragmatique à la subdivision : il est impossible de créer un grand système capable de supporter la totalité de votre entreprise. Pour aborder au mieux ce besoin de subdivision, l’informatique basée sur la SOA aura, par définition, deux propriétés : • Les services sont aussi indépendants les uns des autres que possible. • Les services sont définis en termes judicieux pour toute activité commerciale. Les services sont aussi indépendants les uns des autres que possible Ici, « indépendant » renvoie à l’indépendance de conception, mais également à l’indépendance de fonctionnement. L’indépendance de conception nous offre la possibilité de remplacer un service sans nécessairement devoir remplacer tous les autres. Une telle indépendance est possible en concevant des services qui peuvent fonctionner sans s’appuyer les uns sur les autres, ou bien, lorsque la dépendance est importante, en définissant entre ces deux services un lien souple que ne peuvent briser des changements mineurs. Dans ce cas, le XML, format extensible et souple pour l’envoi de données, est parfaitement adapté. L’indépendance de fonctionnement est réalisable en tentant d’être aussi asynchrone que possible : les services ne s’attendent plus entre eux pour terminer un traitement, mais « attendent des instructions » pour effectuer une tâche. Un service effectue une part du traitement, puis fait suivre les résultats 46 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base à un autre service qui à son tour assure sa part du traitement. Une fois qu’une partie du traitement est effectuée, le service « oublie » tout et se tient prêt à gérer une autre demande ou un autre appel. C’est une méthode de travail similaire à celle des contrôleurs aériens : si un avion est « dans leur domaine de surveillance », ils en connaissent les moindres détails, garantissent sa sécurité, et le guident dans l’espace aérien. Une fois qu’un avion passe une limite ou se rapproche d’un aéroport, son contrôle incombe à un autre contrôleur. Le premier contrôleur « oublie » alors l’avion et est prêt à en gérer un autre. Rendre la SOA aussi asynchrone que possible représente une différence considérable avec les moyens de traitement performants traditionnels dits « en ligne ». Cette indépendance entre les services est fréquemment décrite par l’expression « configuration dispersée ». Il existe un défi considérable dans la conception d’architecture orientée services : définir des services de configuration dispersée qui restent néanmoins suffisamment en cohésion pour qu’il soit possible de former facilement des processus complexes. Les services sont définis en termes judicieux pour toute activité commerciale Lorsque l’on songe aux services, une question importante se pose qui est intimement liée à la SOA : comment déterminer l’envergure des services et des parties du système ? Comment les définir ? Il y a beaucoup à dire concernant le « comment », mais il existe une règle de pratique d’excellence très importante utilisée pour définir des services : un service devrait avoir une signification pour l’activité de l’entreprise. D’une certaine manière, l’informatique est une abstraction technologique de l’entreprise qu’elle assiste. Un processus commercial est soutenu par des processus techniques, une action commerciale a pour conséquence des actions informatiques qui se mettent en place. Plus cette abstraction ressemble à la réalité, mieux elle s’adapte aux mouvements et au fonctionnement de l’entreprise. Grâce à la SOA, nous considérons la division de toute l’informatique de telle sorte qu’elle renvoie une image de l’activité commerciale la plus fidèle possible. Cela peut paraître simple, mais ne fonctionne pas totalement. Au niveau le plus bas, l’informatique se traduit toujours par des parties de code exécutées sur une machine. À ce niveau-là, il peut être difficile d’identifier le processus commercial en cours d’exécution. Il faut admettre que certains services sont également trop techniques pour avoir un sens en termes commerciaux, ce qui 47 SOA for Profit nous amène à la découverte de multiples couches dans la SOA, au même titre qu’il existait des couches dans les modèles architecturaux antérieurs de serveurs client ou d’application Internet. L’informatique se constitue de différents niveaux, dont le plus élevé est le « niveau managérial », et dont le plus bas se rapporte au matériel informatique et au code de bas niveau. En résumé : l’architecture orientée services est une architecture dans laquelle nous nous efforçons de créer des services qui ont une signification pour une entreprise et sont de configuration dispersée. 3.4.2 Concept de base 2 : Convenir de la méthode La collaboration avec des partenaires, différents départements et des clients demande beaucoup de travail. Tous les groupes ont des besoins divers et des attentes qui varient en termes d’objectifs. Ils veulent tous réaliser des choses différentes pour vous ou votre entreprise. L’intégration n’est pas simple. Dans un environnement informatique typique, de nombreux systèmes différents sont utilisés pour soutenir l’activité quotidienne. Lors de l’intégration ou de la communication à un niveau commercial, les systèmes sous-jacents devront également être intégrés ou commencer à communiquer. Une fois de plus, nous voyons que l’informatique donne une image de l’aspect managérial d’une entreprise. Le travail à effectuer à un niveau commercial sera réalisé également au niveau informatique. L’intégration d’applications d’entreprise (EAI, Enterprise Application Integration) est un concept légèrement plus ancien que la SOA. Comme dans le cas de la SOA, l’EAI est un terme vague devenu à la mode et qui a été inventé pour les mêmes raisons qui président aujourd’hui à l’apparition de la SOA. L’objectif principal de l’EAI est d’intégrer toute l’informatique en un seul élément, afin d’être plus souple et efficace. L’architecture orientée services utilise nombre de règles de pratique d’excellence développées dans le domaine de l’EAI. Les plus remarquables d’entre elles sont deux réalisations importantes incorporées dans toute réussite de la SOA : • Normes • Intégration de données 48 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base L’importance des normes Les accords sont des arrangements entre deux parties ou plus. Pour l’utilisation de logiciels, plus le nombre de parties adhérant à un accord est important, mieux c’est. Vous avez moins de chance de vous retrouver pris au piège par la méthode de résolution d’un problème appliquée par un fournisseur. Un accord devient une « norme » lorsqu’un nombre suffisant de parties s’accorde à utiliser la même solution ou approche, ou lorsqu’une partie qui fait autorité déclare que cette solution ou approche constitue une « norme ». Au niveau technique, il peut s’agir d’un accord sur la manière dont les messages parcourant le réseau devraient être écrits ; à un niveau plus élevé, il peut s’agir d’un accord sur la manière de trouver des services disponibles au sein de votre réseau. D’autres normes méthodologiques également, telles que le Rational Unified Process ou des méthodes de gestion de projets, s’avèrent importantes lors du choix des outils de support ou dans le cadre du recrutement de salariés disposant des compétences précises. Il est également possible de mettre en œuvre des normes au sein d’une société ou au sein d’un groupe de partenaires travaillant de concert. Par exemple, les gros détaillants ont décrit la façon dont les fournisseurs doivent (!) fournir des informations quant à leurs produits : en recommandant les messages et la façon dont les messages doivent être livrés. L’importance de l’intégration de données Premièrement, qu’entendons-nous par « intégration » de données ? Ce concept est très ancien et consiste essentiellement à se mettre d’accord sur des significations. Si, dans un recoin d’une organisation, on attribue un numéro d’identification à une commande, tous les systèmes et départements reconnaissent-ils le même numéro ? Si un département rapporte un profit, peut-on directement le comparer au profit d’un autre département, ou le premier département inclut-il également différents frais ? Pour pouvoir traduire des données d’un département à un autre, il faut connaître le rapport qui les lie. À cet égard, il faut noter qu’il s’agit là d’une question de management qui doit être élucidée, et mise en œuvre dans la technologie qui effectue l’intégration et/ou la traduction à proprement parler. Dans les limites d’une entreprise, cela peut déjà constituer une gageure, en particulier pour les grandes multinationales. Pour viser à l’unité en termes de compréhension des données au sein des entreprises, des normes industrielles émergent, essayant de définir une terminologie commune à utiliser lors de l’envoi d’informations entre les services au sein de diverses entreprises. 49 SOA for Profit Une fois de plus, il n’y a rien de nouveau concernant les normes industrielles en cours de développement (souvenez-vous d’EDIFACT ou SWIFT), mais avec la SOA, les avantages des normes sont bien plus nombreux. L’intégration de données financières est sensiblement simplifiée par des règlementations nouvelles en matière de reporting. À ce titre, SarbanesOxley introduit, dans une certaine mesure, une norme de reporting prescrite par la loi. 3.4.3 Concept de base 3 : Utiliser l’existant Avant de créer du neuf, il y a lieu de vérifier si certains éléments dont vous disposez déjà pourraient répondre à votre besoin. Ou bien, dans une perspective légèrement différente, il convient de s’assurer que deux départements ne font pas, de près ou de loin, la même chose, car alors un seul département suffirait. Ce concept s’applique également au domaine informatique : nous nous évertuons sans cesse à n’effectuer une tâche qu’une seule fois. Avec la SOA, nous allons plus loin afin de déterminer les éléments informatiques normalement mis en œuvre plusieurs fois, alors que nous pouvons désormais les mettre en place une seule fois. Les avantages d’une redondance limitée sont intéressants : • moins de maintenance technologique, donc moindres frais. Cet avantage est particulièrement intéressant si vous considérez qu’une très large part des budgets informatiques est actuellement consacrée à la maintenance de l’existant et non pas à l’innovation. • moins de technologie signifie également que des changements peuvent s’opérer plus facilement, permettant ainsi une plus grande réactivité informatique face aux demandes changeantes du marché, en vue d’accroître « l’agilité » de l’informatique. • baisse générale : dépenses en matériel informatique, frais de licence, bogues et erreurs, compétences à entretenir, etc. D’anciennes initiatives telles que l’orientation objet ou le développement par composants logiciels ont ouvert la voie au concept de réutilisation : l’expérience nous dit qu’il est impossible que les composants réutilisables soient négligeables, et que chacun, du management au service informatique, doit pouvoir aisément réutiliser un composant. 50 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base Réutilisation de service Si les services sont bien conçus et de configuration dispersée, leur réutilisation est simple. Pour que la réutilisation soit possible, un service doit fournir des résultats prévisibles (faire ce qu’il est censé faire) quelle que soit la façon dont il est sollicité (c’est ce que l’on appelle l’« indépendance du contexte »). À titre d’exemple, un service qui assure le support de l’enregistrement d’un sinistre pour une compagnie d’assurance n’est véritablement réutilisable que dans la mesure où ce même service peut être utilisé lors d’enregistrement par téléphone, par e-mail, via un intermédiaire ou directement par Internet. Si le service réagit différemment à chaque situation, la réutilisation est limitée, voire nulle. Comment atteindre l’objectif de la réutilisation La SOA permet la réutilisation de services. Pour pouvoir véritablement mettre en place la réutilisation dans votre entreprise, la SOA ne sera pas suffisante. Une démarche de gestion appropriée et une économie adaptée aux projets ainsi que des services réutilisables doivent être créés pour permettre à la réutilisation de décoller véritablement. Plus d’une façon de réutiliser Dans la plupart des discussions, la réutilisation se concentre sur le type le plus élémentaire de réutilisation : utiliser un service dans des processus métiers multiples. Si cette méthode de réutilisation est intéressante, d’autres méthodes existent, qui ont plus de chances de se présenter et sont sans doute plus rentables. Afin d’expliquer cette nouvelle vision de la réutilisation, nous allons présenter le concept de base « passer du sur mesure à l’infrastructure ». 3.4.4 Concept de base 4 : Passer du sur mesure à l’infrastructure Au tout début de l’informatique, les programmateurs avaient beaucoup à faire. Même la tâche la plus simple devait être codée manuellement. Lire un fichier à partir d’une disquette ? Programmez-le vous-même ! Faire apparaître un texte sur un écran ? Programmez-le vous-même ! Stocker des données quelque part pour les récupérer plus tard ? Programmez-le vous-même ! De nos jours, il serait inimaginable d’écrire des logiciels effectuant des actions apparentées aux bases de données. Il en va de même pour bien d’autres éléments de base qui constituent l’outillage des développeurs de logiciels : des portails Internet à la gestion utilisateur, des courriers électroniques au vérificateur d’orthographe. Tout ceci est disponible dès la création des logiciels. 51 SOA for Profit Le fait qu’une industrie entière adopte une architecture commune telle que la SOA a pour conséquence que les outils et l’assistance peuvent être conçus pour aborder certaines parties de l’architecture. Un nouvel outillage devient disponible pour prendre en charge le transport de messages, pour la sécurité et pour toutes sortes d’autres fonctionnalités générales. De nouvelles couches d’infrastructure sont disponibles, au même titre que des logiciels de base de données sont devenus des « infrastructures ». Dans une certaine mesure, il s’agit d’une règle de bonne pratique connue sous le nom de « buy before build » ou « achat avant fabrication ». Dans le contexte de la SOA, cette règle devrait être rebaptisée « buy before re-use before build », ou « achat avant réutilisation avant fabrication ». Notez l’ordre des mots « achat » et « réutilisation ». Cela signifie que : si un certain outil est disponible sur le marché pour répondre à un besoin, mieux vaut l’utiliser que de réutiliser un service existant. Il y a une raison à cela : les frais de maintenance sont réduits, voire inexistants pour un service acheté : la plus grande partie de la maintenance voire son intégralité est effectuée par le fournisseur. Avec une véritable SOA, il existe également l’option d’acheter un service en tant que service : ne pas acheter le logiciel à installer sur vos propres machines et obtenir l’assistance de votre propre personnel, mais préférer externaliser le service en s’accordant simplement sur le niveau de service à fournir. La réduction des frais de maintenance informatique permettra une amélioration immédiate du coût total de possession. En ce sens, une entreprise finira par permettre la croissance d’une « infra structure » de services qui pourra être utilisée par quiconque au sein de la société pour effectuer des tâches nouvelles ou existantes. Il s’agira d’un groupe important de services « simplement disponibles » parmi lesquels choisir lors de différents projets. Il convient de noter que, dès lors, un « projet » deviendra plus petit, car la création de services demandera moins d’efforts. Des projets plus petits rendent la commercialisation plus rapide, ce qui aura un impact sur la façon dont l’entreprise utilise l’informatique. Il sera peutêtre possible de « simplement faire des essais » pour voir si des avantages en découlent : si l’utilisation d’un nouveau processus est rapide et bon marché, pourquoi ne pas voir s’il fonctionne comme prévu ! Ambition durable de l’informatique : le développement agile, en interaction avec le marché, devient accessible. 52 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base Réutilisation et services d’infrastructure Pour illustrer les différentes façons de penser la réutilisation, nous avons pris l’exemple d’un hôpital où les services peuvent être utilisés pour des opérations quotidiennes de prise en charge de patients. Dans une situation de la vie réelle, dans laquelle différents services ont choisi leur propre système, comme le montre la Figure 3.1, ces systèmes travaillent difficilement ensemble. Bien que ces systèmes reflètent la structure organisationnelle et qu’il existe quelques décalages, certains éléments se chevauchent : redondance de données, entrée manuelle de données, doubles entrées, etc. Maternité Soins intensifs Enregistrement Patient RH Labo IRM Figure 3.1 : Situation traditionnelle Grâce à la SOA, comme l’illustre la Figure 3.2, l’informatique qui assiste l’activité est plus cohérente et solide. Les services sont directement reliés aux capacités métier et peuvent être réutilisés dans différents projets, processus et partout dans l’organisation. Toutes les informations ne seront entrées qu’une seule fois et sont accessibles partout où cela est nécessaire. … … … … Enregistrement patient Diagnostic Médication Opération Régime et alimentation Réutilisation Figure 3.2 : Services métiers 53 SOA for Profit La SOA effectue également la réutilisation en isolant des services communs nécessaires dans plusieurs services métiers différents. Ces services communs, présentés sur la Figure 3.3, peuvent être mis en œuvre par la suite au moyen d’outils standards permettant ainsi un développement plus rapide et la réduction des frais de maintenance. Sécurité Autorisations Transformation Réutilisation Journalisation … Figure 3.3 : Services techniques Les services métiers se composent de services techniques, parfois améliorés par des programmations ou configurations spécifiques. Cela a peu d’influence sur l’activité, tant que le services métiers peut être utilisé pour assister directement les fonctions métier. Cela recouvre notamment des services techniques, des applications patrimoniales, des systèmes GRC existants, etc. La vision d’ensemble se trouve en Figure 3.4. Processus métiers Les processus peuvent être reconfigurés à volonté en réutilisant des services métiers sous-jacents. Les étapes de processus peuvent être assistées par un ou plusieurs services. Un service métiers peut assister un ou plusieurs processus, une ou plusieurs étapes de processus. Services métiers Ces services peuvent se composer de services techniques et de services transversaux (tels que les services de sécurité). Un service métiers connaît une pertinence commerciale claire et compréhensible des personnes évoluant dans la sphère commerciale. Services techniques Les services techniques peuvent être la mise en œuvre de parties d'un service métiers, ou une interface de service d'une application existante. En réalité, les services techniques en soi peuvent également se composer d'autres services techniques ; ce qui signifie qu'il peut y avoir plusieurs couches de réutilisation. Application Application patrimoniale patrimoniale Couches technologiques Sous tous les services, se trouve une couche de matériel informatique et de logiciels d’infrastructure tels que des services d'application et des serveurs de base de données. Grâce à la virtualisation, cette dépendance devient moins étroite. Figure 3.4 : Services et couches dans l’architecture orientée services 54 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base Destruction proactive À l’instar de la réutilisation en général, rien ne se fait automatiquement. Pour une véritable optimisation de l’ensemble des services que regroupe l’entreprise, il est conseillé d’effectuer une vérification régulière pour s’assurer que les services, dont vous avez en charge la maintenance, sont actuellement disponibles sur le marché. Il existe un avantage certain à préférer un service tout fait bénéficiant d’un support à un service construit et maintenu en interne. Cette destruction de vos propres services, au profit de services standards, se nomme « destruction proactive » et, malgré son nom, elle est le signe d’une organisation informatique et commerciale très mûre. Défi Lorsque l’on analyse une entreprise et que l’on détermine les services nécessaires, l’accent est mis sur la « valeur ajoutée » qu’offre une organisation : si je suis capable de monter mon entreprise dans son intégralité à partir de services fournis par des tiers, comment puis-je me distinguer de mes concurrents ? Si un concurrent peut assembler les mêmes services que ceux que j’utilise, quelle différence y aurat-il pour notre utilisateur final ? La distinction peut intervenir à de multiples niveaux : les mêmes services peuvent être utilisés avec différents paramètres (règles commerciales différentes), au sein d’un processus différent ou (et c’est le plus souvent le cas) avec une commercialisation et sous un étiquetage distincts. 3.4.5 Concept de base 5 : Faciliter le changement, s’améliorer en continu « La seule chose qui ne changera jamais c’est le changement ». Il est difficile de prédire l’avenir. Toutefois, pour que l’informatique prenne de la valeur, elle doit s’harmoniser avec l’activité commerciale qu’elle supporte. Pour un ajustement parfait, maintenant et dans un avenir difficilement prévisible, l’informatique doit pouvoir évoluer : elle doit pouvoir s’adapter aux circonstances changeantes et « faciliter le changement commercial ». Faciliter le changement signifie tout simplement répondre aux nouvelles circonstances rapidement et le mieux possible. Deux ingrédients entrent en jeu : la capacité à changer (l’agilité) et la capacité à trouver en permanence la solution optimale et à s’améliorer sans cesse. Les concepts de base de la subdivision et du passage du « sur-mesure » à l’« infrastructure » contribuent en grande partie à atteindre l’agilité nécessaire. Une caractéristique essentielle de cette agilité est que certains éléments ne changent pas. Afin d’assembler rapidement des blocs de fabrication, les blocs eux-mêmes doivent être suffisamment stables. 55 SOA for Profit L’amélioration permanente se caractérise par des initiatives telles que le CMM (Capability Maturity Model, modèle d’évolution des capacités) ou Six Sigma. Même le modèle ITIL (Information Technology Infrastructure Library, Bibliothèque des Infrastructures des Technologies de l’Information), la bibliothèque commune des pratiques pour l’assistance d’infrastructure comprend un processus d’optimisation. Grâce à la SOA, le développement de logiciels, l’utilisation de méthodes de conception et l’utilisation plus importante de services réutilisables s’accordent parfaitement avec une approche d’amélioration de processus. Avec la SOA, en conjonction avec des méthodes de développement de logiciel de type industriel, l’informatique peut commencer à automatiser ses propres processus, augmentant ainsi la productivité, réduisant les risques d’erreurs et intégrant de la connaissance dans les processus et l’outillage. 3.4.6 Concept de base 6 : Changer pour une raison commerciale La relation entre l’informatique et l’activité commerciale a toujours été délicate. Lorsqu’un projet est trop long à terminer, il est difficile de rester en phase avec l’évolution des exigences du marché. La dérive dans les objectifs est monnaie courante, car l’entreprise ne s’arrête pas de penser une fois qu’un projet a commencé. S’il est une chose que l’on a appris au fil du temps, c’est que la « réussite » de l’informatique se mesure uniquement par rapport aux objectifs commerciaux atteints. Si, pour l’informatique, la gestion des attentes a pris de l’importance, la livraison de solutions requises par l’activité est encore plus importante. Grâce à la SOA, nous avons abordé ces questions : augmenter l’agilité pour livrer plus rapidement et pour développer des logiciels qui, par définition, sont en accord avec l’activité. Traditionnellement, les applications développées sont définies par les limites organisationnelles : par département, par produit ou par ce qui est disponible sur le marché. Cela signifie que les gens dans des processus réels utilisent régulièrement plusieurs systèmes pour répondre à une seule demande ou finir un seul processus. Chercher quelque chose dans un système, changer quelque chose dans un autre et en faire un compte rendu dans un troisième. La situation est loin d’être idéale. C’est également pour cette raison que l’EAI a été convoitée depuis de nombreuses années. 56 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base Grâce à la SOA, on a finalement pu y parvenir : en définissant des services qui assistent des fonctions (« potentiels ») réelles. Ces fonctions métier resteront suffisamment stables dans les années à venir, seront reliées directement au domaine d’activité et dépendent largement moins de l’organisation interne d’une société. La propriété est logiquement attribuée à l’unité commerciale ou aux personnes offrant la fonction commerciale. En raison de cette relation commerciale directe, les services peuvent être regroupés afin d’offrir des fonctions commerciales plus complexes, au même titre que des unités multiples peuvent travailler ensemble pour fournir des services plus complexes à la clientèle ou aux partenaires. Dans un sens, le modèle de « services » d’unités fournissant un service derrière une interface bien définie pourrait également s’appliquer à la partie humaine des entreprises (en arrivant ainsi à l’entreprise orientée service, Service Oriented Enterprise). Un schéma semblable à l’utilisation de courriers électroniques pour envoyer des demandes vers différentes unités et départements se présentera au même titre que lorsque des systèmes informatiques effectuent des services informatiques. Avec l’émergence de la SOA, une prise de conscience par les informaticiens de l’importance des facteurs stratégiques métiers et des objectifs d’entreprise derrière l’informatique est plus forte que jamais. La plupart des aspects « techniques » sont fournis par de nouvelles couches d’infrastructure et toute l’attention est dirigée vers les processus métiers, les règles commerciales et les définitions de services. Changement du rôle de l’informatique L’informatique est davantage orientée vers l’aspect business qu’autrefois, ce qui nous amène à un « alignement » : l’alignement du management et de l’informatique sur les mêmes objectifs. L’alignement en situation réelle n’est pas simple. Il est déjà difficile pour des unités commerciales de s’aligner et de communiquer régulièrement entre elles. Il en va de même entre l’activité commerciale et l’informatique : l’alignement des deux demande beaucoup d’efforts. Seul un « dialogue stratégique » concernant les objectifs à court et long terme peut permettre d’anticiper une amélioration dans la collaboration entre l’activité commerciale et l’informatique. L’informatique nécessite une vision claire des programmes d’action pour identifier les services à fournir mais également pour décider de la qualité à livrer. La SOA nous offre la possibilité d’investir dans des services qui créent 57 SOA for Profit davantage de valeur et qui sont plus critiques, en faisant en parallèle des économies sur les services les moins importants. Pour prendre ces décisions, l’informatique doit connaître les attentes de l’entreprise, ainsi que les évolutions probables du secteur dans un proche avenir. Des stratégies distinctes entraîneront des choix différents au plan informatique : ainsi, l’internationalisation entraînera de nouvelles langues et devises ; des procédures de rachats d’entreprises entraîneront une intégration des données et une consolidation des infrastructures ; de nouveaux produits entraîneront de nouveaux services, de nouveaux processus et des rapports de gestion plus étendus. Une fois de plus : la plupart de ces concepts ne sont pas nouveaux. L’orientation métiers a toujours été une pratique des départements informatiques à succès depuis de nombreuses années, et l’informatique a essayé de faire en sorte de refléter l’activité lorsque cela était possible. Grâce à la SOA, l’architecture y parvient plus facilement : le support outillage encouragera (presque naturellement) jusqu’aux programmateurs à se recentrer sur les questions commerciales, tandis que les services sont une façon claire de diviser l’informatique conformément aux fonctions métiers. 3.4.7 Concept de base 7 : Réagir à l’environnement L’informatique doit s’adapter à un environnement en mutation ; elle doit faire preuve d’une agilité dont la demande est très forte aujourd’hui. Au quotidien, l’informatique doit répondre à un besoin plus important encore : répondre à ce qui arrive. Lorsqu’un client appelle un centre de service pour passer une commande, il doit se passer quelque chose au sein de l’entreprise. Si quelqu’un dans l’entrepôt fait tomber accidentellement un conteneur de vases, une procédure doit être mis en route pour les remplacer avant qu’un client ne vienne les chercher. Les activités d’aujourd’hui sont mises sous pression par des clients « finaux » et partenaires pour réagir rapidement aux événements commerciaux. Les délais de livraison se mesurent généralement en jours ou en heures et non plus en semaines ou en mois. L’utilisation de l’Internet avec sa promesse implicite de « réponse immédiate » aux demandes ne fait qu’augmenter cette pression. Cela est comparable au passage du courrier papier au courrier électronique : une nouvelle technologie crée de nouvelles attentes. Tout ceci a une incidence sur la façon dont les gens travaillent au sein d’une entreprise ainsi que sur l’informatique. L’enregistrement des commandes et 58 3 L’essence de la SOA en sept concepts de base leur synchronisation dans un lot hebdomadaire ne sont plus possibles. La vision des stocks doit être exacte au jour près, voire à l’heure ou à la minute près. La synchronisation à travers une chaîne de valeur comprenant plusieurs parties ne peut plus s’effectuer par téléphone ou par courrier électronique. Il faut désormais mettre en œuvre des processus modernes en temps réel. Dans tous les cas, au même titre qu’une commande en ligne, un changement ou une demande est pris en compte dès qu’il se présente. Les avantages sont multiples : la direction peut prendre des décisions commerciales au vu d’informations plus justes, et les clients obtiennent les services qu’ils attendent. Un élément essentiel de cette meilleure capacité de réaction est l’intégration de tous les systèmes informatiques compris dans le traitement des événements. D’ordinaire, cela signifie aussi un changement d’architecture : du concept de « lot » vers celui de l’« architecture événementielle ». De plus, les services à configuration dispersée peuvent communiquer entre eux comme ils le décident et peuvent être configurés pour traiter des événements au moment où ils se présentent. 3.5 Synthèse Ces concepts de base se recoupent pour constituer une architecture puissante capable de traiter de nombreux problèmes dans les environnements informatiques actuels. Cette architecture rassemble toutes les meilleures pratiques mises au point en vue de résoudre des problèmes communs qui se produisent lors de la conception de technologie pour répondre aux fonctionnements de toute activité organique et dynamique. Lorsqu’elle utilise des services clairement subdivisés, créés pour assister de vrais processus métiers, communiquant au travers de normes précisément convenues et conçus pour être réutilisables, maintenus et prêts pour l’avenir, l’entreprise peut répondre rapidement aux événements quotidiens et s’adapter sans problème à de nouveaux marchés et de nouveaux environnements. L’informatique sera alors optimisée pour offrir le meilleur coût total de possession, et retrouvera son rôle de support et d’inspiration dans la recherche par l’entreprise de nouvelles et meilleurs opportunités commerciales. 59 SOA for Profit Il n’est jamais simple de faire adhérer une entreprise à des normes et suivre les règles des meilleures pratiques. En la matière, la SOA ne diffère par de cette règle ; mais, avec elle, c’est une question de survie : sans une gouvernance adaptée et une souplesse de mise en œuvre des normes, la SOA créera certainement un chaos plus important que celui où vous vous trouvez déjà. Par conséquent, l’enjeu est important et, dans le prochain chapitre, nous aborderons les méthodes de gestion des concepts SOA comme essentiels à la réussite. 60 4 Gouvernance ou chaos 4.1 Introduction Maintenant que le concept de SOA vous est familier et que vous savez comment en tirer profit, nous allons aborder son mode de mise en place. Quelle est la principale exigence pour réussir la mise en œuvre d’une approche SOA ? Quel est le principe numéro un à prendre en compte pour gagner de l’argent avec la SOA ? Réponse : la gouvernance. La gouvernance est de loin l’exigence majeure. L’absence de gouvernance clairement définie conduit inévitablement à une confusion des services. Sans gouvernance, les projets SOA deviennent périlleux. En effet, la gouvernance est essentielle pour identifier avec minutie les détails du concept et ses méthodes de mise en œuvre. Ce chapitre constitue une introduction aux concepts de gouvernance d’entreprise et d’architecture d’entreprise, qui sont les deux éléments clé pour réussir la mise en œuvre de la SOA. 4.2 Pourquoi la gouvernance est-elle essentielle ? Une première question s’impose : pourquoi la gouvernance est-elle vitale dans la mise en œuvre de la SOA ? Pourquoi le besoin de gouvernance devient-il aussi impérieux ? Les opportunités de réutilisation des services sont cruciales pour la gouvernance SOA. L’un des objectifs de la SOA est de réduire les coûts par la réutilisation des services. L’expérience du monde orienté objet (OO world) et du monde du développement basé composant (CBD world) montre qu’il n’est pas facile de réutiliser des objets et des composants. La réutilisation ne coule pas de source. Elle doit être planifiée et gérée avec minutie. Malgré les meilleures intentions, les projets sont largement responsables de la façon, certes assez autonome, dont les fonctionnalités sont fournies. Il est souvent beaucoup plus aisé de développer des composants en partant de zéro que de rechercher les propriétaires des composants réutilisables (si les propriétaires sont effectivement connus), puis de solliciter la réutilisation de ces composants et d’ap- 61 SOA for Profit porter enfin les modifications requises. Nous devons désormais tirer les leçons des expériences orientées objet et du développement basé composant, et nous assurer que la réutilisation des services constitue une réelle réussite. Pour cela, stratégies et gestion s’imposent. Une conception de services adaptée constitue un autre facteur essentiel pour la gouvernance SOA. Il en va de même du développement des processus métiers. Dans la pratique, la conception des processus métiers et celle des services vont de pair. Des méthodes sont indispensables pour garantir la mise en place de services et de processus de manière standard. Un autre élément moteur à prendre en compte est la gestion de la complexité. Dans le passé, la mauvaise gestion des investissements informatiques a entraîné une prolifération d’applications, de logiciels et de matériels. L’environnement informatique est devenu de plus en plus complexe, toute modification entraînant une perte de temps et d’argent. La mise en œuvre de la SOA a une double finalité : elle aide à réduire la complexité liée à l’héritage et accroît flexibilité et opérabilité ; mais elle est intrinsèquement complexe car les grands groupes de fonctionnalités (applications) doivent laisser la place à un nombre accru de petits groupes de fonctionnalités (services). Si la gestion de centaines d’applications apparaît déjà comme une tâche considérable, l’ajout de centaines de services entraînera sans aucun doute un sentiment de débordement. Le nombre de services requis pour une entreprise qui possède déjà plus d’un millier d’applications, est difficile à déterminer : en faut-il des centaines, des milliers ? Tout dépend de l’étendue du déploiement des services. Une chose est sûre : si nous créons et gérons des services de la même manière que nous avons jusqu’ici géré les applications, la complexité va s’accroître de manière exponentielle. Procédures et management sont vitales pour prévenir une telle situation. Le quatrième et dernier élément moteur est la question des investissements et du financement. La SOA nécessite des investissements en matière d’infrastructures et d’expertise. Le problème est que les coûts élevés de démarrage vont pénaliser le premier projet SOA et que cela aura un impact majeur négatif sur le business case concerné. De plus, la courbe d’apprentissage des premiers projets SOA sera plus abrupte, ce qui aura pour effet d’augmenter les coûts et la durée du projet par rapport aux projets suivants qui bénéficieront 62 4 Gouvernance ou chaos de l’effet de répétition. Il est donc essentiel d’appréhender les investissements SOA et les projets d’infrastructure non pas de manière isolée, mais plutôt dans leur globalité. Les investissements doivent être gérés en portefeuilles. Il en découle logiquement la nécessité de mise en place de procédures, de principes et d’une politique de gestion, qui permettront en outre de juger de la bonne adaptation du portefeuille. De manière plus générale, nous pouvons affirmer que la gouvernance représente un prérequis indispensable pour exploiter tout le potentiel de la SOA. Flexibilité d’action et réduction des coûts ne viennent pas naturellement ; ils sont le fruit d’une démarche réfléchie. La gouvernance SOA est indispensable au même titre que la gouvernance des systèmes informatiques. Les éléments moteurs mentionnés (réduction des coûts, accroissement de flexibilité et visualisation des investissements en portefeuille) ne sont pas des nouveautés. Ils étaient déjà présents lorsque le concept de gouvernance informatique est apparu. Il est désormais essentiel de garantir l’adoption proactive du concept de gouvernance SOA avant que cela ne devienne un problème comme avec la gouvernance informatique. Les deux figures ci-après montrent la différence entre une approche SOA avec gouvernance et une approche SOA sans gouvernance [Weblayers 2005b]. Déploiement AQ Déploiement Politiques de développement Actions Nouveaux processus métiers Initiative 2 Initiative ... Service Gouvernance Infrastructure SOA Conformité Initiative 1 Politiques d'action Applications Figure 4.1 : SOA avec gouvernance 63 SOA for Profit La Figure 4.1 démontre qu’il existe un ensemble de services (cercles grisés) indépendants des applications qui proposent ces services aux processus métiers. La gouvernance mise en place à cet effet s’articule autour de politiques de développement et d’actions ; elle englobe aussi la surveillance et le suivi de leur conformité. Ces politiques sont également dites « principes architecturaux » et font partie intégrante de l’architecture d’entreprise de la société. Développement AQ Déploiement Actions Aucune politique de développement Nouveaux processus métiers Aucune conformité Initiative 1 Initiative 2 Initiative ... Service Gouvernance Infrastructure SOA Aucune politique d'action Applications Figure 4.2 : SOA sans gouvernance Sans gouvernance, sans stratégie ni conformité, l’entreprise peut souffrir de la création des services orientés applications et donc n’offrir quasiment que des opportunités de réutilisation faibles, voire nulles. Par ailleurs, les services sont développés de toutes les manières possibles, ce qui aboutit finalement à une architecture informatique complexe, onéreuse et très inefficace. La Figure 4.3 met en évidence la nécessité d’une gouvernance et d’une architecture d’un point de vue historique. Système d’information centralisé physiquement - Compliqué, mais complexité maîtrisée - Système d’information décentralisé physiquement Système d’information découplé physiquement mais intégré logiquement Complexité non maîtrisée Incohérence Aucune pertinence Découplage, aucune intégration - Complexité maîtrisée Cohérence Pertinence Découplage, mais intégration Figure 4.3 : Comment faire évoluer la complexité informatique 64 4 Gouvernance ou chaos Au cours des années 1970 et 1980, les systèmes d’information étaient physiquement centralisés, ce qui permettait d’en surveiller la complexité. Dès les années 1990, ces systèmes ont connu une décentralisation croissante, en partie due à l’émergence de la technologie client/serveur. Cette évolution a finalement abouti à une complexité grandissante qui n’a pu être endiguée. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises possèdent donc un système d’information décentralisé physiquement. Cette décentralisation est la cause de nombreux problèmes d’intégration car les procédés et les systèmes ne sont pas pertinents et cohérents et leur complexité s’est accrue au fil du temps. Pour arriver à des activités et à un environnement informatique intégré, il est crucial de disposer de compétences dans les domaines de la gouvernance et de l’architecture. C’est la seule façon de parvenir à un stade où des composants physiquement séparés pourront fonctionner logiquement en interaction, de manière optimale et avec une complexité maîtrisable. En conclusion, citons Gartner [Gartner 2006d], qui décrit les trois situations possibles sans gouvernance SOA : • SOA brute Dans ce cas de figure, les services sont mis en place de manière brute sans aucune coordination. Personne ne connaît le nombre de services créés, leur localisation et les possibilités de (ré-)utilisation. Une fonction d’encadrement, en mesure d’assurer la coordination, est absolument nécessaire. Des règles de gestion de la coordination doivent être définies pour la création et l’adaptation des services. • SOA redondante Cette situation est un peu mieux canalisée que la SOA brute. Néanmoins, il existe un trop grand nombre de services qui recoupent en partie ou en totalité les fonctionnalités d’autres services. Aucune opportunité de réutilisation des services n’est évidemment offerte. Dans ce cas, il existe peutêtre des règles qui régissent la création et l’adaptation des services, mais aucun système pour faciliter leur réutilisation. D’où les nombreux services redondants. • SOA achetée Une infrastructure SOA existe mais n’est guère utilisée. Ici, on observe une faible implication de la part des business units et aucun engagement dans l’utilisation des services. La solution est donc un plus grand engagement au sein de l’entreprise avec une identification claire des responsables de la mise en œuvre de la SOA. 65 SOA for Profit Le bilan est clair. Sans politique de gouvernance efficace, tous les avantages liés à l’approche SOA seront inaccessibles. Par ailleurs, il est inimaginable d’arriver à une architecture informatique moins satisfaisante que l’architecture de départ en dépit de tous les investissements : moins grande flexibilité, niveau de réutilisation plus faible, et kyrielle inextricable de services dont personne ne connaît le fonctionnement. 4.3 Qu’est-ce que la gouvernance SOA ? Qu’entend-on exactement par « gouvernance SOA » et dans quelle mesure ce concept est-il lié à d’autres formes de gouvernance ? Commençons par la forme la plus élevée de gouvernance au sein d’une organisation, à savoir la gouvernance d’entreprise. La gouvernance d’entreprise est la capacité organisationnelle à exercer une autorité d’encadrement permanente pour le développement de la stratégie d’une entreprise, et pour la création, la mise en œuvre et le fonctionnement ultérieurs de l’entreprise [Hoogervorst 2007]. Gouvernance d'entreprise Gouvernance informatique Gouvernance Entrée Offre de produits et services de l’entreprise Produits et services informatiques Sortie Figure 4.4 : Rapports entre gouvernance d’entreprise, gouvernance informatique et gouvernance SOA Le principal objectif de la gouvernance d’entreprise est de s’assurer que la stratégie de l’entreprise est effectivement bien appliquée. De nombreuses initiatives échouent. D’après Kaplan et Norton : « Diverses études indiquent que 70 à 90 % des entreprises n’ont pas réussi à évoluer en s’appuyant sur leurs stratégies ». Cet échec est imputable pour l’essentiel à un manque de pertinence et de cohérence dans la mise en œuvre de la stratégie. Le but de la gouvernance d’entreprise est précisément de veiller à ce que les initiatives aboutissent à des mesures pertinentes et cohérentes. L’architecture d’entreprise est l’outil idéal pour garantir cette pertinence et cette cohérence. 66 4 Gouvernance ou chaos La Figure 4.4 illustre les rapports entre la gouvernance d’entreprise, gouvernance informatique et gouvernance SOA. La gouvernance d’entreprise concerne l’encadrement des produits et des services proposés par l’entreprise à l’extérieur. La gouvernance informatique fait partie intégrante de la gouvernance d’entreprise, en se limitant néanmoins au suivi des produits et des services informatiques. La gouvernance SOA ne concerne pas seulement l’informatique ; elle s’applique également au niveau de l’entreprise. La Figure 4.5 illustre les sous-domaines de gouvernance influencés par l’introduction de la SOA. Principaux domaines de gouvernance d’entreprise - Stratégie d’entreprise, domaines concernés - Architecture d’entreprise - Création d’entreprise - Analyse et modélisation des processus métiers - Définition des exigences des performances métiers - Analyse des informations - Définition et certification des services - Définition des exigences de support services - Définition et adaptation de l’enregistrement des services - Gestion des cycles de vie des services - Gestion des portefeuilles de services - Gestion des portefeuilles de projets - Gestion des programmes d’entreprise Principaux domaines de gouvernance - Investissement et financement informatique - Souscription de contrats - Stratégie informatique, précisions technologiques - Architecture informatique (SOA par ex.) et conception de haut niveau - Infrastructures et services d’équipements informatiques - Gestion du cycle de vie informatique - Encadrement de la gestion opérationnelle des systèmes informatiques - Gestion des portefeuilles de projets informatiques - Gestion des programmes informatiques Figure 4.5 : Domaines de gouvernance influencés par la SOA Les domaines mentionnés sur la Figure 4.5 ne sont pas seulement importants pour la mise en œuvre de la SOA ; ils sont essentiels pour la réalisation des objectifs d’une entreprise de façon cohérente. La mise en œuvre de la SOA est beaucoup plus simple au sein d’une entreprise où la gouvernance fonctionne correctement, et qui a intégré des mécanismes pour la gestion des portefeuilles par exemple, ou pour les décisions d’investissements. 67 SOA for Profit Nous ne considérons pas la gouvernance SOA comme une forme de gouvernance à part entière. En effet, pour la mise en œuvre de la SOA, il faut que l’entreprise dispose déjà d’une politique appropriée de gouvernance d’entreprise et informatique et qu’elle laisse la place à l’introduction de services basés sur de nouveaux concepts de gouvernance, comme la gestion du cycle de vie des services et des portefeuilles de services. Enfin, nous expliquerons la différence entre gouvernance et gestion. La gouvernance se rapporte à l’organisation des processus d’encadrement, alors que la gestion concerne l’application des processus d’encadrement qui font appel à des mécanismes et des structures de gouvernance. Les sections ci-après apportent une description plus détaillée d’un certain nombre de concepts spécifiques à la gouvernance SOA à savoir : • La gestion des portefeuilles de services • La gestion de cycles de vie des services • Le registre des services 4.4 La gestion des portefeuilles de services L’un des principaux thèmes de la gouvernance informatique est le portefeuille de services. Dans sa forme la plus rudimentaire, il s’agit d’une liste de données sur les coûts, les bénéfices, les risques et la cohérence entre les changements souhaités, les projets en cours ainsi que la gestion et l’adaptation régulières des applications et des infrastructures. Développement Actions Portefeuilles de projets Portefeuilles d’applications/ infrastructures Figure 4.6 : Portefeuilles de gouvernance Le portefeuille informatique se compose de deux parties. L’une, dédiée au changement, est le portefeuille de projets; l’autre, consacrée au maintien en condition opérationnelle, est le portefeuille d’applications et d’infrastructures. Ces deux portefeuilles demandent à être gérés. Cela signifie qu’un projet ne doit pas simplement être évalué à l’aune de ses caractéristiques propres, mais aussi de son interopérabilité avec l’ensemble des projets. Après tout, il 68 4 Gouvernance ou chaos peut arriver que deux projets, vus séparément, apportent une certaine valeur ajoutée, tout en étant en conflit du point de vue des portefeuilles. Il en va de même pour l’ensemble des applications et des infrastructures. En effet, celles-ci nécessitent une gestion des licences comme des portefeuilles afin d’éviter les redondances. Ainsi, si l’on considère un portefeuille d’applications, l’idéal est de ne voir figurer qu’une seule application par bloc de fonctionnalité. Comme vous pouvez le constater sur la Figure 4.7, la SOA ajoute un composant de gestion essentiel par rapport à la Figure 4.6 : Développement Actions Portefeuilles de projets Portefeuilles de services/ applications/ infrastructures Figure 4.7 : Portefeuilles de gouvernance agrémentés du portefeuille de services Une application est un ensemble spécifique de logiciels qui attribuent directement certaines fonctionnalités d’un ordinateur à plusieurs tâches que l’utilisateur souhaite effectuer. Un service est une tâche autonome et identifiable (pour l’activité) proposée par une application ou un composant applicatif. En fait, la SOA introduit une autre couche, celle des services. De la même manière qu’avec les applications et les infrastructures, il est essentiel de gérer le cycle de vie des services comme un portefeuille. Les décisions doivent être prises en ces termes : • Quels sont les services requis ? • Quels sont les services requis en priorité ? • Le service est-il conforme aux critères définis ? • Qui finance la création et la maintenance du service ? • Qui est propriétaire du service ? Dans la pratique, tout est une question de gestion. La gouvernance SOA doit empêcher le développement non maîtrisé de services au sein du portefeuille. De plus, le portefeuille doit toujours contenir un ensemble pertinent et cohérent de services conformes aux exigences de l’entreprise, qui prenne en compte la globalité du cycle de vie. 69 SOA for Profit En fait, la gestion des services en portefeuille offre un avantage ; les portefeuilles d’applications et d’infrastructures sont moins importants dans la relation de l’entreprise avec son service informatique. Si la fonctionnalité de l’entreprise s’articule autour des services, il sera alors possible d’affecter des coûts, des bénéfices, des risques et une cohérence à ces services, même s’ils sont proposés par des applications propriétaires. Les services doivent fournir la fonctionnalité définie par l’entreprise dans certaines conditions. Ces conditions sont documentées dans les descriptifs de services qui constituent la base des accords sur les budgets, les investissements et les contrats de maintenance. La question de savoir qui doit gérer le portefeuille de services est intéressante. Nous estimons que la responsabilité incombe à l’entreprise. Après tout, un service est un composant de la fonctionnalité de l’entreprise qui est utilisé dans un processus métiers. Il est tout à fait possible que l’entreprise délègue cette responsabilité à son service informatique. Les applications et les infrastructures ne disparaissent pas dès lors que sont introduits des services. Leur gestion demeure une nécessité ; mais elle passe simplement sous la responsabilité de la direction informatique et n’est donc pas un point de négociation entre l’entreprise et sa DSI. L’avantage est que le dialogue entre le service informatique et le reste de l’entreprise se clarifie et se simplifie. En revanche, la gouvernance informatique n’est pas simplifiée par l’introduction de la SOA. Voici donc une autre raison d’aborder la gouvernance SOA. Développement Actions Portefeuilles de projets Portefeuilles de services Portefeuilles d’applications/ infrastructures Figure 4.8 : Le portefeuille de services : la pièce maîtresse 70 4 Gouvernance ou chaos 4.5 Gestion du cycle de vie des services La gestion des cycles de vie des services est un domaine important dans le concept de gouvernance. En fait, toute entreprise doit gérer le cycle de vie de ses actifs. Cette pratique est communément admise pour les biens d’équipements comme les bâtiments et les machines. Néanmoins, en informatique, la gestion des cycles de vie n’en est qu’à ses balbutiements. Elle pose un problème majeur dans le domaine notamment des applications. En effet, au fil du temps, beaucoup d’applications ont été conçues au sein d’une multitude d’entreprises, quelques-unes d’entre elles seulement ayant été supprimées. Dans une certaine mesure, cela est dû au fait que les nouvelles applications ont repris les fonctionnalités des anciennes, mais ce n’est pas toujours le cas. Tant que le nombre des fonctionnalités requises est limité, l’application ne peut pas être supprimée. La tâche sera plus aisée avec les services car ceuxci ne représentent qu’une part restreinte des fonctionnalités. Ainsi, on pourra plus facilement déterminer si un service doit être supprimé ou non. En revanche, les services deviennent également problématiques car multi-utilisateurs. Dans ce cas également, tant qu’un service est utilisé, il ne peut pas être supprimé. La Figure 4.9 illustre le cycle de vie d’un service. État Planifié Spécifié En cours de développement Provisionné Accepté sur plan opérationnel Certifié Publié Opérationnel Opérationnel Retiré Activité Identification Portefeuille des services utilisés Spécification Cohérence et pertinence préservées Financement/Approvisionnement/Planification Développement Acceptation par SI Certification Publication Souscription Suppression graduelle Arrêt Portefeuille des services obsolètes Figure 4.9 : Cycle de vie d’un service 71 SOA for Profit Le Tableau 4.1 décrit les différentes étapes d’un service. État Description Planifié Le service figure dans le planning. Il correspond à une volonté d’introduction. Il est décrit de manière globale et affecté à un domaine (domaine du système ou domaine d’activité). Spécifié Le service a fait l’objet d’une spécification formelle exhaustive (logique, qualité de service et conditions). Voir la section suivante de ce chapitre. En cours de développement Le service est en cours de développement. Provisionné Le service est prêt à être certifié. Les développeurs ont réalisé la conception, les tests et la documentation. Accepté sur le Le service a été validé par le département responsable. plan opérationnel Certifié Le service est conforme aux critères de qualité : fonctionnalités, performances, documentation (description du service) et acceptabilité du fonctionnement. Cet état est déterminé indépendamment des développeurs. Publié Le service est disponible. Il est désormais soumis à un suivi de modifications, à des adaptations et une surveillance. Opérationnel Le service est effectivement utilisé dans l’environnement de production. Il fait l’objet d’une surveillance (exécution et utilisation), et les problèmes de production sont traités. Obsolète Le service n’est plus proposé aux nouveaux utilisateurs. Les utilisateurs du moment sont orientés vers de nouvelles solutions le plus tôt possible. Le caractère non liant de cette incitation dépend de la situation. Retiré Le service n’est plus proposé et peut être supprimé du registre. Tableau 4.1 : Étapes du service dans son cycle de vie Dès qu’un service est identifié, il doit être intégré dans le portefeuille des services. Ce n’est qu’après avoir été effectivement supprimé qu’il sera retiré du portefeuille. La gestion du cycle de vie des services incombe à l’entreprise. L’argumentation évoquée pour la gestion des portefeuilles des services est également valable dans ce cas, à savoir qu’un service est une fonctionnalité d’entreprise qui fait partie intégrante d’un processus métiers. Si, par exemple, un processus de traitement de commande utilise un service de consultation de données client, la propriété de ce service de consultation (qui est placée sous la responsabilité de l’entreprise) pourra être cédée à un département marketing et vente. 72 4 Gouvernance ou chaos 4.6 Registre des services Tous les services sont consignés dans un registre des services. Le descriptif de chaque service doit y figurer. La Figure 4.10 illustre cette approche. Descriptif du service Logique du service - Fonctionnalités prévues en termes de sémantique - Sémantique (vocabulaire) - Syntaxe (comment activer le service) Qualité du service - Qualité opérationnelle - Conditions opérationnelles Conditions de l'offre - Prix - Support - Aspects juridiques Figure 4.10 : Description du service Tout d’abord, vous trouvez la description du service, sa logique. Cette logique décrit la fonctionnalité que le fournisseur doit proposer, avec des informations sur le procédé d’activation du service par l’utilisateur. Ensuite, la qualité du service y est abordée. Il s’agit des conditions opérationnelles dans lesquelles les services sont assurés par le fournisseur. Les exigences non fonctionnelles, comme la disponibilité, la fiabilité et la scalabilité, en déterminent la qualité. Les limitations (comme le nombre maximum d’utilisateurs simultanés) doivent également y figurer. Enfin, les conditions de livraison, comme le prix du service, les conditions à remplir par le fournisseur pour garantir le paiement et les accords concernant le support et la fiabilité, doivent être spécifiés. En plus de la description, il est essentiel d’indiquer le nom du propriétaire du service, du fournisseur et des utilisateurs. S’il existe un registre central, toutes les conditions sont réunies pour offrir des possibilités de réutilisation. En consultant le registre, les clients potentiels peuvent s’informer sur les services disponibles, sur leurs conditions d’utilisation et sur les personnes à contacter pour y accéder. Ajoutons également que le registre est essentiel pour la gestion du cycle de vie des services. 73 SOA for Profit 4.7 Architecture d’entreprise La Figure 4.11 montre que l’architecture d’entreprise fait partie intégrante de la gouvernance d’entreprise et qu’elle en constitue un élément majeur. L’architecture d’entreprise est en effet une compétence indispensable dans la mise en œuvre de la SOA. Les architectes d’entreprise doivent dépasser les limites des entités et des silos informatiques et atteindre un niveau optimal de services au niveau global de l’organisation. De plus, l’architecture d’entreprise propose les processus et les produits nécessaires à la mise en place d’une stratégie organisationnelle. L’Architecture d’Entreprise Dynamique de SOGETI [Berg 2006a] est un modèle extrêmement utile pour la gestion de l’architecture au sein d’une organisation, et en particulier, pour la mise en œuvre de la SOA. Comme nous l’avons déjà expliqué, la SOA est un type d’architecture et il incombe à l’architecte d’entreprise d’en discuter. 4.7.1 Un modèle d’architecture d’entreprise L’architecture d’entreprise dynamique (DYA, Dynamic Enterprise Architecture) contient un modèle aisément applicable à des mises en œuvre de la SOA. Il s’agit d’un « squelette » autour duquel peuvent s’articuler les mises en œuvre de la SOA et qui permet de déterminer l’importance de la SOA pour une entreprise, en répertoriant les moyens de la mettre en place ainsi que les ressources requises. Le noyau du modèle de DYA est basé sur quatre (sous-)processus qui couvrent l’intégralité du changement, de l’élaboration d’une stratégie à sa mise en place : • Dialogue stratégique – Par ce dialogue, les objectifs de l’entreprise sont définis et intégrés dans des propositions concrètes de projets par l’intermédiaire de business cases. Les objectifs sont débattus au cours d’un dialogue mené entre le service informatique et le reste de l’entreprise. • Services architecturaux – Processus au cours desquels l’architecture est formulée, puis proposée en vue des phases de dialogue stratégique et de Développement avec architecture. • Développement avec architecture – Processus où les objectifs d’entreprise doivent être atteints dans les délais stipulés, suivant les qualités et les coûts anticipés. Dans le processus DYA, la phase de développement avec architecture constitue le standard. 74 4 Gouvernance ou chaos • Développement sans architecture – Choix délibéré dans certains cas, impliquant peut-être des pressions extrêmes de délai, qui consiste à s’éloigner du cadre architectural. Gouvernance Développement sans architecture Nouveaux développements Solutions métier Développement avec architecture Dialogue stratégique Services architecturaux Solutions métier Processus DYA Architecture dynamique Architecture métiers Architecture d'information Architecture technique Figure 4.11 : Modèle de DYA Dans ce modèle, les services architecturaux (c’est-à-dire le développement et la maintenance de l’architecture) constituent clairement un processus de support. L’architecture n’est pas une finalité en soi, mais un outil de gestion des changements formulés pendant le dialogue stratégique, puis concrétisés pendant la phase de développement avec (ou sans) architecture. Ces changements sont modulés de façon à servir au mieux les objectifs de l’entreprise. Comme le modèle de DYA permet une identification précise des facteurs traités dans les pratiques architecturales, il a été adopté par de nombreuses organisations. 4.7.2 Utiliser la DYA pour la SOA En termes de DYA, la décision d’adopter ou non la SOA est prise pendant la phase de dialogue stratégique. L’architecte d’entreprise facilite ce dialogue car il définit les principes et modèles requis pour atteindre les objectifs d’en- 75 SOA for Profit treprise, tout en garantissant un degré de cohérence mutuelle. Les principes et les modèles SOA font partie des outils standards à sa disposition. À lui également de dresser la liste des avantages et des inconvénients de son concept de SOA par rapport aux objectifs de l’entreprise. En dernier ressort, c’est la direction qui doit statuer sur la mise en œuvre des objectifs et des business cases associés. Le choix d’une SOA découle logiquement des objectifs qu’une entreprise se fixe pour elle-même et non pas l’inverse. Il est donc essentiel que l’entreprise dispose des compétences requises pour sonder toutes les opportunités de SOA et les exploiter dans les discussions sur les objectifs à atteindre. Avec le modèle de DYA, vous pouvez bénéficier des avantages des services avant que l’architecture ne soit terminée. Le processus de développement sans architecture permet la mise en œuvre de services même en l’absence de principes fondateurs. Dans ce cas naturellement, l’entreprise doit comprendre qu’un « cycle d’adaptation » s’impose pour tout intégrer dans l’architecture à réaliser. Comme les décisions stratégiques sur la SOA sont prises lors du dialogue stratégique, il est possible d’établir une analogie entre les exigences liées au projet (l’utilisation des services à l’instant T) et les exigences organisationnelles (des investissements décalés dans le temps pour que les services puissent s’intégrer dans une architecture de plus grande envergure). Dans tous les cas de figure, vous devrez empêcher toute croissance non maîtrisée des services hors des limites de l’architecture. L’utilisation du modèle de DYA pour la SOA offre plusieurs avantages : • Avec ce modèle, la SOA n’est pas une finalité en soi mais devient un moyen d’atteindre un objectif. La SOA est un type d’architecture qui peut servir de déclic. Elle doit faire l’objet de discussions dans le cadre de la phase de dialogue stratégique. • La SOA est mise en œuvre suivant le principe du « juste à temps, juste assez » dicté par les objectifs organisationnels de l’entreprise. Chaque objectif est un pion utilisable dans notre jeu SOA. • Gouvernance et architecture sont deux compétences essentielles requises pour réussir les mises en œuvre de la SOA. Elles constituent les règles de base à suivre pour réussir et assurer un suivi. • Vous avez également la possibilité de vous lancer dans un projet SOA sans architecture, en sachant néanmoins que les services développés devront être intégrés par la suite dans l’architecture. 76 4 Gouvernance ou chaos Si une entreprise envisage de mettre en œuvre une SOA d’envergure à l’instar d’une transformation stratégique, elle devra préalablement mener un dialogue stratégique pour déterminer les objectifs à prendre en compte. Ensuite, elle devra mettre en place une vision d’entreprise SOA dans le cadre de son dialogue stratégique. Si une entreprise aspire à une SOA plus modeste, avec un projet unique, il est alors préférable de déterminer si elle doit ou non définir au préalable une vision métier SOA. Sinon, il faudra au moins définir à quel stade cela deviendra indispensable. Le problème est que certains projets ne seront jamais suspendus dans l’attente d’une vision SOA et qu’ils progresseront quelle que soit la situation. Vous aurez donc besoin de vous appuyer au minimum sur les concepts de gouvernance et d’architecture ; faute de quoi, la mise en œuvre de la SOA entraînera inévitablement une complexité accrue avec les coûts de maintenance associés. Il est facile d’en tirer une conclusion. Que vous décidiez de partir pour un petit ou un grand voyage SOA, la première étape sera toujours le dialogue stratégique. Outre la vision d’entreprise que vous définirez pendant le dialogue stratégique, vous devrez élaborer des business cases et des plans pour démarrer un ou plusieurs projets SOA. À cette fin, vous pouvez ébaucher les éléments de l’architecture en recourant à des méthodes spécifiques que vous combinerez aux meilleures pratiques, comme les modèles industriels. Vous pouvez également utiliser des paramètres d’entrée (individu, informations, processus, réutilisation et connectivité) pour identifier les éléments déclencheurs et les objectifs d’entreprise par rapport à des projets SOA spécifiques. Pour cela, reportez-vous au chapitre 9. Par ailleurs, des sujets tels que la formation et la recherche dans le domaine des outils peuvent être traités à ce stade. Comme le démontre clairement le Modèle de Maturité SOA (que nous présenterons au chapitre 8), la mise en œuvre a des répercussions multiples. Une fois de plus, tous les choix sont conditionnés par les attentes de l’entreprise vis-à-vis de la SOA et par la méthode adoptée. Si une entreprise souhaite commencer prudemment en n’utilisant que quelques services Web, inutile de mettre en place des concepts de modélisation. Chaque chose en son temps. En résumé, le dialogue stratégique conduit à des choix de ressources nécessaires dans une situation donnée, avec la garantie que les décisions d’investissements prises seront mûrement réfléchies. 77 SOA for Profit 4.7.3 Les différentes visions d’une architecture Comment les différentes perspectives d’architecture d’entreprise s’apparentent-elles à la SOA ? Dans les services d’architecture, l’architecture est destinée à soutenir les étapes de dialogue stratégique et de développement. Il existe trois types d’architectures : une architecture pour les décisions stratégiques, une architecture pour l’élaboration des business cases et, enfin, une architecture qui constitue la trame nécessaire du projet [Berg 2006a]. Nous étudierons ces trois types dans les sections qui suivent. Une architecture pour les décisions stratégiques En général, la première architecture citée (destinée à faciliter les prises de décision stratégiques) a une fonction de coordination. Cette architecture doit permettre d’identifier les fonctionnalités partagées, de positionner les développements individuels et d’introduire une cohérence mutuelle. Son objet est de canaliser l’ensemble des changements et de garantir que les exigences d’infrastructure seront remplies en temps utile. Cette forme d’architecture relève d’un niveau conceptuel très élevé ; elle est de grande envergure et sert de support aux directeurs dans leurs prises de décisions stratégiques. Elle est souvent désignée par l’appellation plan d’urbanisme ou, en particulier dans les grands groupes et les sociétés multinationales, par architecture d’entreprise. Dans le contexte SOA, le plan d’urbanisme doit identifier les domaines où la SOA est susceptible d’apporter une valeur ajoutée. Une liste de principes et de directives SOA applicables au niveau de l’entreprise doit également figurer dans ce plan. Les directives peuvent aboutir à des projets ; mais il est toutefois conseillé de les identifier au préalable, puis de les intégrer dans l’architecture d’entreprise. Une architecture pour les business cases L’architecture destinée à assurer un soutien au niveau tactique pour des business cases concrets revêt une fonction de pilotage plus direct. Elle permet de s’assurer que les changements spécifiques se déroulent effectivement comme prévu. Sa portée est souvent plus limitée (par exemple à l’échelle d’une entité, d’un domaine ou d’un programme d’activité) et plus précise dans le niveau de détail. Elle est appelée architecture de domaine et peut porter un nom spécifique. Lorsque vous avez décidé qu’un domaine sera basé sur un service, il est indispensable que l’architecture du domaine permette la mise en œuvre de la SOA dans ce domaine précis. Pour ce faire, vous pouvez établir des modèles de la future architecture en vous appuyant sur les services métiers que ce domaine doit fournir. Ensuite, vous pourrez représenter ces services dans l’environne- 78 4 Gouvernance ou chaos ment applicatif existant pour obtenir un aperçu des transformations que devra subir le domaine en question. Outre les domaines fonctionnels, il existe des domaines techniques comme l’intégration, la gestion des services et l’intelligence métier. Ces derniers décrivent les stratégies et les directives à suivre pour appliquer certaines technologies ou, plus généralement, pour traiter un domaine au regard de la technologie. Prenons le cas d’une entreprise qui souhaite mettre en œuvre une SOA ; l’architecture peut être un domaine technique séparé pour lequel des politiques et des directives seront définies en vue de l’établissement d’un ensemble commun d’accords sur la mise en œuvre de la SOA. Dans l’architecture de référence SOA d’IBM [IBM SOA Reference Architecture], il existe onze domaines distincts pour lesquels des choix s’imposent. [IBM 2005b]. Développement Optimisation et innovation métiers Interaction Processus Information ESB Partenaire Application métiers Accès Gestion des services informatiques Utilisation d’une architecture de référence SOA L’architecture de référence est un outil puissant dans la mise en œuvre de la SOA. De manière générale, cette architecture couvre les principales fonctionnalités de l’architecture SOA. Sur la Figure 4.12, l’architecture de référence d’IBM est divisée en onze domaines, ce qui présente un certain nombre d’avantages majeurs. En effet, les entités peuvent déployer des ressources adaptées pour satisfaire les souhaits et les exigences spécifiques aux domaines ; inutile donc d’être un expert dans tous les environnements. Un usage rationnel des ressources est ainsi possible ; les coûts de formation sont réduits, des ensembles d’outils adaptés peuvent être utilisés dans chaque domaine et de nouvelles fonctionnalités être mises en œuvre de façon plus performante. Infrastructure Figure 4.12 : Architecture de référence SOA Les principaux domaines de l’architecture de référence sont les suivants : Interaction, Processus, Information, Partenaire, Application métiers et Accès. Ce sont les domaines du logiciel d’application. 79 SOA for Profit Les autres composants de l’architecture de référence (innovation et optimisation métier, développement, gestion des services informatiques et infrastructures) sont des fonctions annexes aux premières. Ces fonctions sont utilisées pour l’élaboration de modèles sur le processus de création de l’activité, pour la conception et l’assemblage de logiciels, la mise en œuvre d’applications et la gestion de l’environnement métiers et informatique opérationnel. Si vous examinez plus en détail les fonctions interaction, processus et information, vous remarquerez qu’elles ressemblent beaucoup aux fonctions classiques de logique présentation, logique métiers et logique données. Si l’on considère ensuite que la fonction application métiers est une sous-fonction de processus, on reconnaîtra aisément une architecture système distribuée de type N-tier. Nous ne voulons pas limiter l’utilisation des services d’une SOA particulière à la seule logique. Tous les composants applicatifs, y compris la logique de présentation et la logique données sont considérés comme des services. Nous allons maintenant décrire brièvement chaque fonction. Interaction Cette fonction concerne la logique de présentation des composants de la création d’activité qui favorise l’interaction entre les applications et les utilisateurs finaux. Ici, l’interaction avec le monde extérieur ne se limite pas à la seule interaction humaine. Il est également possible d’agir par une logique d’interaction avec les RFID et d’autres équipements industriels, comme des capteurs et des véhicules. L’authentification et l’autorisation font partie intégrante de ce bloc. Processus Cette fonction couvre différentes formes de la logique compositionnelle, dont, en particulier, les flux de processus métiers et les machines d’état métiers (machines à l’état fini pour la composition du métier). Nous considérons comme valables ces deux types de mécanismes plus d’autres formes (comme les règles métiers ou le traitement de l’arborescence des décisions) ainsi que d’autres modèles mieux adaptés pour définir la composition du service. Application métiers Cette fonction s’applique aux services exécutables nécessaires à l’intégration de nouveaux composants applicatifs dans le système. Ces composants constituent la nouvelle logique métiers à suivre pour adapter les processus métiers existants en fonction de l’évolution de l’entreprise en matière de concurrence et de clientèle. De la création et de la mise en œuvre des nouveaux composants de la logique métiers découlent de nouvelles opportunités de réutilisation totale, les nouveaux composants entrant désormais dans la composition de 80 4 Gouvernance ou chaos processus métiers novateurs ou adaptés au fil du temps. L’application métiers intègre des fonctionnalités essentielles qui permettent au programmeur traditionnel de créer des composants logiques modulables, flexibles et réutilisables. Informations Cette fonction concerne principalement la logique données sous-jacente à la création d’une activité. Elle peut être perçue suivant deux angles différents. Vue d’en haut, la fonction offre un accès à l’environnement des données clé d’une entreprise. Ces services de données sont accessibles aux applications métiers comme les services. Les applications possibles sont, par exemple, la gestion des données clé, l’intelligence métiers, la gestion des contenus, l’intégration des informations, la gestion des données. Vue d’en bas, la fonction informations possède sa propre architecture pour la gestion des flux de données au sein de l’entreprise. Accès La fonction Accès assure l’intégration de l’application patrimoniale existante au sein d’une SOA. La fonctionnalité existante étant assurée, elle est par conséquent réutili sable comme un service. Dans ce processus, il y a lieu de vérifier si la fonctionnalité actuelle (propriétaire) s’intègre toujours dans la sémantique du business model dans lequel elle doit figurer. Partenaire Cette fonction est comparable à la fonction interaction, mais elle est plus spécifiquement orientée vers la fourniture de services à des partenaires, y compris vers le contrôle de l’interaction avec un partenaire tiers. D’un autre point de vue, les deux fonctions Partenaires et Accès sont comparables dans tous les cas où des services spécifiques sont fournis par un partenaire choisi. On peut penser ici à un service externe, comme les calculs d’intérêts des processus métiers, qui pourrait constituer un élément à part entière en plus de ses « propres » services. Bus de services d’entreprise Le bus de services d’entreprise (ESB) est un composant majeur dans l’architecture de référence SOA. Le bus a plusieurs fonctions comme l’acheminement des messages, la traduction des formats de messages disponibles et la conversion des protocoles de transfert. Il est ainsi possible d’activer un service via l’ESB sans connaître le langage dans lequel ce service sera assuré ni où ce service fonctionne. De même, l’ESB assure l’interface entre l’utilisateur et le fournisseur de services. Sa présence au sein de l’architecture de référence SOA est transparente par rapport aux autres fonctionnalités présentes au sein du domaine applicatif. 81 SOA for Profit L’ESB joue un rôle si important dans l’environnement SOA qu’il semble impossible d’envisager une SOA sans lui. Mais il n’en est pas ainsi. Inversement, certains peuvent croire qu’avec un ESB, vous possédez automatiquement une SOA. Cela n’est pas vrai non plus. Les deux concepts sont apparentés et, si les circonstances le permettent, se renforcent mutuellement. En revanche, ils ne sont pas inextricablement liés. Innovation et optimisation métier Cette fonction peut servir à analyser les performances métier et, le cas échéant, à adapter le processus de création d’activité. Fréquemment, on utilise un ensemble d’outils pour simuler les effets de certains changements sur l’activité concernée. Vous pouvez également utiliser les résultats pour apporter des modifications à ce niveau. De même, vous avez la possibilité de définir des indicateurs clé de performances (KPI). Ces KPI peuvent être rattachés à l’environnement système du domaine de gestion du service informatique pour permettre un contrôle rapide ou leur activation. Vous obtenez ainsi de nouveaux paramètres d’entrée destinés à d’éventuels changements dans le processus de création d’activité. Développement Cette fonction est l’élément essentiel de toute architecture d’intégration exhaustive. L’architecture SOA comporte d’une part, des outils de développement dédiés au paramétrage pour encourager les opportunités d’infrastructure et d’autre part, des outils de gestion des performances métiers utilisés pour le suivi et la gestion des mises en œuvre exécutables à la fois au niveau des systèmes informatiques et des processus métiers. Gestion des services informatiques De nos jours, la plupart des entreprises ont recours à un processus normalisé pour assurer la gestion et le contrôle de leur environnement informatique. Le processus le plus connu, ITIL (Information Technology Infrastructure Library), a été conçu comme un modèle de référence à utiliser pour la mise en place des systèmes informatiques. Le recours à un contrat de niveau de service (SLA) qui garantit la qualité des accords entre le client et le fournisseur de services, est primordial. Le SLA est un contrat conclu entre l’utilisateur et le fournisseur des services dans lequel sont spécifiés le niveau de qualité, les parties impliquées et les conditions d’exécution des services. Infrastructure Dans ce modèle de référence, l’infrastructure est ce que nous appelons « traditionnellement » l’infrastructure, à savoir les équipements, les systèmes d’exploitation, les 82 4 Gouvernance ou chaos unités de stockage entre autres. Comme nous l’avons observé en présentant les concepts simples du chapitre 3, avec la SOA, une multitude de services peuvent être apparentés à une infrastructure, mais ce n’est pas notre propos ici. Dans la pratique, la SOA est principalement centrée sur l’architecture métier et information. Elle aide à optimiser la flexibilité des processus d’entreprise. Néanmoins, cette flexibilité n’est possible que s’il existe une structure sous-jacente pour assurer une interface continue avec les exigences propres à un environnement SOA. En d’autres termes, la flexibilité de l’entreprise est intimement liée à la flexibilité de l’infrastructure informatique. De façon générale, un environnement applicatif classique se compose d’applications verticales (monolithiques) supportées par une infrastructure pilotée par des applications. Les diverses ressources informatiques (serveurs et bases de données par exemple) sont directement rattachées à cet environnement dans lequel toute capacité inexploitée ne peut être affectée à d’autres applications proches. D’où le coût élevé des actions et la complexité des changements. L’idéal serait une infrastructure orientée services entièrement constituée de services d’infrastructure avec une couche de communication autorégulatrice, flexible et standardisée, qui peut supporter la transformation d’une infrastructure verticale pilotée par des applications en une infrastructure plus horizontale basée sur les services. Une architecture qui constitue la trame de vos projets Enfin, l’architecture qui constitue la trame d’un projet spécifique, est plus directement concernée par le niveau opérationnel. Dès lors qu’un business case positif devient un projet, une architecture est nécessaire pour définir la trame sur laquelle se baser pour les décisions de création. L’accent est mis sur le processus de création, c’est-à-dire sur les directives et les standards auxquels le projet doit être conforme, et aussi sur la délinéarisation des projets et de toutes questions concernant les opportunités de réutilisation. Ces architectures fournissent le niveau de détail requis par le chef de projet pour disposer d’une base sur laquelle il s’appuiera pour prendre les décisions propres à un projet particulier. Ce type d’architecture constitue l’architecture de démarrage projet (PSA, Project-Start Architecture). Tout projet doit être basé sur une PSA qui prescrit les services à réutiliser et les services à développer ou adapter. La PSA englobe aussi les contrats de niveau de service applicables au projet. 83 SOA for Profit Naturellement, ces architectures ne coexistent pas indépendamment les unes des autres. En fait, il existe plusieurs façons de voir un même objectif, suivant des perspectives différentes dans des circonstances identiques pour des finalités et des groupes cibles divers. Nouveaux développements Développement avec architecture Dialogue stratégique Plan d'urbanisme Architecture domaine Solutions métier Architecture démarrage projet Services architecturaux Figure 4.13 : Différentes perspectives d’architecture Il est essentiel d’être conscient des différences de perspective. Si vous êtes sensible à la perception des autres, vous aurez plus de chances d’obtenir une architecture pratique et bien perçue par les personnes qui ne l’ont pas définie. Évitez l’erreur d’aller trop en profondeur et le danger de vous perdre dans des détails qui ne correspondent pas à la finalité de l’architecture. Enfin, n’oubliez pas que plus votre architecture d’entreprise et vos compétences de gouvernance seront réfléchies, plus l’adoption et la mise en œuvre de la SOA seront aisées. Enrichir votre concept d’architecture d’entreprise avec DYA vous donnera de gros avantages. 4.8 Comment déployer la gouvernance SOA Une entreprise qui gère son concept de gouvernance d’entreprise et d’informatique a plus de chance de réussir dans la mise en œuvre de sa SOA qu’une entreprise dans laquelle ces types de gouvernance n’en sont qu’au tout début. Définir une méthode de gouvernance SOA consiste à adapter et à enrichir les mécanismes existants. 84 4 Gouvernance ou chaos La SOA peut également jouer le rôle d’élément catalyseur pour la gouvernance d’entreprise et informatique. Étant donné que la gouvernance SOA est cruciale dans la réussite de la mise en œuvre, elle peut participer au développement et à l’amélioration des concepts. Que faire pour planifier la gouvernance ? Voici les trois domaines d’intérêt : 1. Attribution des rôles et des responsabilités. 2. Mise en place d’un mécanisme de gestion. . Définition des stratégies. Dans les sections qui suivent, nous allons étudier ces domaines plus en détail. Toutefois, sachez que le principe de base dans le déploiement de la gouvernance SOA est de rester aussi simple que possible. Rôles et responsabilités L’attribution des rôles et responsabilités permet de connaître les responsabilités de chacun. Pour connaître les décisions à prendre, il est essentiel d’être clair et précis par rapport aux procédés de gouvernance. Ensuite, vous pourrez déterminer les personnes qui possèdent le pouvoir de décision dans ces procédés en utilisant des techniques comme RACI, RAEW. Un exemple de gouvernance SOA peut être la refonte des services, puis l’attribution du pouvoir à une seule personne ou un seul groupe de personnes pour valider la création d’un service. RACI et RAEW : explication Les lettres RACI signifient : • (R) Responsible (Responsable) : propriétaire du projet/problème. • (A)Accountable (Décideur) : personne détenant l’autorité finale et validant les éléments à fournir. • (C)Consulted (Consulté) : personne possédant les informations et/ou le potentiel pour terminer le travail. • (I)Informed (Informé) : personnes informées mais non nécessairement consultées. Les lettres RAEW signifient : • (R)Responsibility (Responsabilité) : personne en charge de la fourniture des éléments. • (A) Authority (Autorité) : personne contrôlant et validant les éléments à fournir. • (E)Expertise (Expertise) : personnes donnant des conseils en se fondant sur une certaine expertise. • (W)Work (Travail) : personnes participant à la mise en place des éléments à fournir. 85 SOA for Profit Le Tableau 4.2 (cf. p. 88) est un outil pratique pour déterminer les rôles et les responsabilités dans la mise en œuvre de la SOA. La définition des rôles et responsabilités est une étape décisive dans le concept de gouvernance SOA. En indiquant dans le tableau les noms des représentants de toutes les fonctions impliquées dans la SOA, vous obtiendrez une vue d’ensemble utile de « qui fait quoi » et des décideurs ultimes. Les tâches énumérées dans le tableau sont associées aux diverses étapes du cycle de vie d’un service. Les mécanismes de gestion Les mécanismes de contrôle sont des modèles utilisés dans le processus de décision. Il peut s’agir d’un groupe de personnes chargé de prendre des décisions spécifiques, mais aussi d’une méthode de rétrofacturation ou la création d’un marché de services. La désignation d’une autorité responsable du suivi des étapes de création et d’utilisation des services est un exemple de mécanisme de gestion de la gouvernance SOA. Cette autorité est en droit de refuser la création du service. Un autre exemple de mécanisme est le contrat de niveau de service (SLA) qui spécifie les conditions de fourniture du service. Gouvernance informatique et mécanismes de contrôle De nombreux mécanismes communs de contrôle de la gouvernance informatique, comme les équipes de conseil informatique et processus métiers, sont décrits dans l’ouvrage de Broadbant et Weil [Broadbent 2002]. Dans plusieurs publications de suivi de Gartner [Gartner 2006e], ces mécanismes sont appliqués à des projets de SOA. On obtient ainsi l’organisation suivante : Comité exécutif : renforce les canaux décisionnels et prend les décisions de financement. Dans la SOA, ce comité peut servir de comité directeur « suprême » qui statue sur les problèmes que le Conseil SOA (cf. paragraphe suivant) ne peut résoudre. Conseil informatique de l’entreprise et responsables informatiques : étudie les financements et oriente l’engagement des responsables des processus métiers. Lorsqu’il se réunit en formation de Conseil SOA, c’est l’instance où les décisions majeures de gouvernance SOA (par exemple, « est-ce réellement un service nouveau et réutilisable ? ») sont débattues et, dans certains cas, prises en principe par un comité restreint de participants. Si aucun accord ne peut être conclu, le Conseil délègue les questions au comité de pilotage SOA. 86 4 Gouvernance ou chaos Comité de leadership informatique : assiste les pratiques de travail collaboratives entre plusieurs départements informatiques. Dans la SOA, il est essentiel d’encourager les initiatives des développeurs et de promouvoir les nouvelles méthodes d’évaluation (c’est-à-dire sur la réutilisation des services existants et le développement des services réutilisables, et non pas uniquement le développement de nouveaux services). Comité d’architecture d’entreprise : noyau du Centre de compétences d’intégration (ICC, Integration Competence Centre) et centre décisionnel majeur de la SOA. Responsables des relations métier/informatique : fonction fondamentale pour garantir l’engagement des responsables des processus métiers et valoriser les accords sur les services réutilisables, de haute granularité. Équipes processus avec membres informatiques : très souvent partie intégrante de l’ICC, même avant toute discussion sur la SOA. Parfois, ces équipes constituent un centre d’excellence si des pratiques de gestion des processus métiers bien ancrées existent déjà. Leur travail consiste à façonner la SOA, en particulier lorsqu’elle est définie du haut vers le bas, en commençant par les processus métiers (ce qui est courant dans certaines industries verticales, comme l’assurance). Contrats de niveau de service : leur objet varie de la qualité technique des exigences sur les temps de réactivité du service au temps de développement de services réutilisables, de plus haut niveau pour les propriétaires de processus métiers. À utiliser sans restriction. Arrangements de rétrofacturation : généralement utiles pour façonner le comportement et pour compenser des coûts. Couramment utilisés dans la SOA afin de répartir les coûts de maintenance des services réutilisables entre plusieurs propriétaires d’application, en fonction de l’usage évalué du service par les diverses applications. 87 SOA for Profit Tâches Fonction Identification Analyse globale du processus Responsable Décideur Analyse globale des informations Formulation d’un descriptif global du service Détermination des domaines métiers Contact avec des métiers (externes) utilisant les services Tenue des registres de service Spécification Analyse détaillée du processus Traitement des critères de performance Analyse détaillée des informations Formulation d’un descriptif détaillé des services Tenue d’un registre des services Financement Financement ApprovisionneApprovisionnement/ ment/Planification Planification Développement Développement des systèmes orientés services Tenue du registre des services Certification Certification Tenue du registre des services Publication Tenue du registre des services Contrats Contact avec des entreprises (externes) utilisant les services Tenue du registre des services Retrait progressif Analyse des processus Analyse des informations Tenue du registre des services Suppression Tenue du registre des services Tableau 4.2 : Outil de définition des rôles et des responsabilités par rapport au cycle de vie des services 88 Consulté Informé 4 Gouvernance ou chaos Stratégies Les stratégies sont destinées à éviter une croissance non maîtrisée et à garantir des pratiques de travail efficaces (comme la réutilisation de solutions apportées à des problèmes récurrents). Elles restreignent la liberté de création et définissent des limites. Néanmoins, en disposant de limites plus claires, d’autres possibilités se profilent. Les stratégies transparaissent dans les principes, les directives, les standards et les consignes. Elles font partie intégrante de l’architecture d’entreprise. Un ensemble d’instructions pour la création d’un service constitue un exemple de politique de gouvernance SOA. Il ressort clairement des exemples qu’une activité n’est pas réalisable sans l’autre. Il n’est pas très judicieux de mettre en place des stratégies sans attribuer de mécanismes de gestion car, en général, les individus ne se soumettent pas aux stratégies. De même, il n’est pas non plus très utile de définir des mécanismes de gestion sans attribuer de pouvoirs ; en effet, dans ce cas, vous risquez de n’obtenir que des groupes de discussions sans mission précise. Rôles et responsabilités Mécanismes Stratégies Figure 4.14 : Les trois composantes de la gouvernance La mise en place d’un mécanisme de contrôle et l’attribution de pouvoirs sont principalement liées à la fonction d’encadrement, la véritable gouvernance. Quant à la définition des stratégies, elle relève de l’architecture d’entreprise. En fait, gouvernance d’entreprise et architecture d’entreprise sont les deux faces d’une même pièce ; ces deux concepts sont interdépendants. La gouvernance d’entreprise sans architecture d’entreprise aboutit certes à des mécanismes de gestion, mais sans contenu à gérer. Pour sa part, l’architecture d’entreprise sans gouvernance offre un contenu de gestion mais sans aucune directive pour la guider. 89 SOA for Profit Les structures organisationnelles de la gouvernance L’une des méthodes permettant d’organiser les différents éléments d’une SOA consiste à recourir à une structure organisationnelle transversale, constituée des entités suivantes : Conseil d’architecture de transformation métiers SOA Cette équipe est chargée de collecter les exigences liées à l’activité, d’effectuer une analyse du domaine métiers et de l’ingénierie métiers tout en identifiant les composants, services et modules de processus nécessaires. Au lieu de suivre une approche strictement descendante (top-down), le conseil doit nuancer sa stratégie en combinant des méthodes du haut vers le bas, des méthodes ascendante (bottom-up) et des méthodes basées sur les objectifs pour identifier correctement les services. L’équipe doit notamment s’assurer que la granularité exposée des services définis est conforme aux exigences et spécifications métiers, en assurant la corrélation des composants métiers et des composants informatiques en tant que services. Comité d’architecture technique SOA Cette équipe assure l’alignement des métiers et des services informatiques en appliquant les normes du secteur et les standards de l’entreprise ; techniquement, elle veille à ce que les services exposés soient conformes aux exigences d’évolution et de réutilisabilité définies dans les directives générales pour le développement informatique de l’entreprise. Cette équipe est très informée des tendances émergentes au sein du secteur, des technologies de pointes et des efforts de normalisation. Elle doit encadrer les projets techniques de l’architecture d’entreprise (plan informatique directeur de l’entreprise), tout en identifiant les architectures de niche et en favorisant les opportunités de réutilisabilité. Elle travaille en étroite collaboration avec l’équipe de transformation SOA. Centres de conception et développement des composants Il s’agit des équipes d’informaticiens habituelles. Elles assurent la conception et le développement des composants et des procédés et apportent de nouvelles compétences comme la modélisation des processus métiers. Cette équipe propose un projet de solution, des abstractions conceptuelles de haut et de bas niveau, une analyse et une conception orientée services ainsi que diverses phases de test comme les tests unitaires, les tests d’intégration, les tests système et les tests de validation. Centre d’opérations Enfin, une équipe de production est chargée des différents aspects opérationnels des composants des services, à savoir : la gestion de la qualité des services, la mise en place d’accords d’entreprise et de contrats de niveau de service, la gestion de l’envi- 90 4 Gouvernance ou chaos ronnement de sécurité, la rétrofacturation des services et l’assurance des recettes. Elle est responsable du déploiement des services, des opérations de maintenance habituelles et de la gestion générale du système. Toutes ces entités doivent compter dans leur rang les personnes les mieux adaptées aux nouveaux rôles définis dans une entreprise orientée services. Dans le chapitre 7 sur les individus orientés services, nous présenterons les nouveaux rôles ou les rôles nouvellement (re)définis pour tirer le meilleur profit de la SOA. Le Centre d’excellence SOA (COE, Center of Excellence) constitue une outil éprouvé pour guider la gouvernance SOA au sein d’une entreprise. Ce centre se compose, de préférence, de responsables reconnus et réputés dans les différentes disciplines illustrées à la Figure 4.15. Garantir la visibilité des meilleures pratiques d'évaluation SOA sur les tableaux de bord métier et SI des informations d'usage et de projet. Tableaux métier et informatique Garantir la primauté dans la vitalité et la formulation de l’architecture. Évaluer et affiner en continu une trame architecturale et promouvoir les actifs en vous basant sur les éléments internes et externes. Mener des études sur l'architecture SOA. Procéder à des contrôles indépendants concernant la création et l'architecture au niveau des applications et de l'infrastructure clé. Gérer les modifications du cycle de vie SOA. y compris les stratégies de publication, d'utilisation et de suppression de l'infrastructure des services pour faciliter l'accès et vérifier la vitalité du service. Assurer les transferts de compétences et visualiser les concepts de manière anticipée. Identifier les décalages de compétences et établir une cartographie des développements. Piloter l'usage des nouvelles technologies et techniques (ex. : BPM). Proposer une entité unique détentrice du pouvoir décisionnel et communiquer les meilleures pratiques, les actifs et les modèles SOA. Centre d’excellence Prévoir un plan pour le portefeuille services des droits décisionnels. Définir les actifs et meilleures pratiques de création organisationnelle. Définir des services métiers de valeur pour la modélisation des processus métiers, des services d'informations et des meilleures pratiques pour identifier et définir des services partagés Figure 4.15 : Centre d’excellence pour la gouvernance SOA Se référer au chapitre 7 pour plus de détails sur les responsabilités liées aux fonctions décrites. 91 SOA for Profit Si nous avons mis l’accent, à juste titre, sur l’importance de la gouvernance dans la mise en œuvre de la SOA, celle-ci ne constitue pas le seul facteur de succès. Comme nous l’avons déjà indiqué, une vue d’ensemble précise de la valeur métier et des objectifs de la SOA est indispensable pour pouvoir accéder aux compétences appropriées en matière de création, de mise en place, de mise en œuvre et de gestion de la SOA. La communication et le transfert des compétences nécessitent également un intérêt particulier. Mais l’échec est garanti si aucun concept clair n’a été défini. Le timing est fondamental, comme nous allons le voir. 4.9 Comment démarrer dans la politique de gouvernance SOA Élevée Compétence en matière de gouvernance d’entreprise Bonne préparation Prêt Basse Comme nous l’avons déjà mentionné dans ce chapitre, des stratégies et une politique de gestion s’imposent absolument dès que les choses se compliquent. Mais convient-il de mettre en place un concept de gouvernance lorsque tout va mal ? Ce n’est pas judicieux. De même, il n’est pas utile de définir un concept de gouvernance de grande envergure avant le premier projet. En effet, sans une connaissance pratique préalable de la SOA, il est pratiquement impossible de déterminer à l’avance de manière précise tous les rôles, les responsabilités, les mécanismes de contrôle et les stratégies. La gouvernance SOA est le fruit d’un processus d’apprentissage où prévalent les devises du just in time (juste à temps) et du just enough (juste assez). En d’autres termes, le concept de gouvernance doit être mis en place parallèlement à la définition et à la mise en œuvre de la SOA au sein de l’entreprise. Il est en effet essentiel d’anticiper quelque peu les besoins. Autrement dit, au lieu de réagir face aux problèmes, vous devez être proactif et anticiper. Sensibilisation Très risqué Localement Au niveau de l’entreprise Niveau de mise en œuvre de la SOA Figure 4.16 : Niveaux de gouvernance SOA 92 4 Gouvernance ou chaos Comme nous l’avons déjà indiqué, la gouvernance SOA n’est pas un élément distinct mais plutôt une part intégrante de la gouvernance d’entreprise. Sur la Figure 4.16, plus la compétence en matière de gouvernance d’entreprise est réfléchie, plus les chances de réussite de la SOA à l’échelle de l’entreprise seront importantes. La Figure 4.16 montre qu’à mesure que le niveau d’agrégation augmente au fil de la mise en œuvre de la SOA, il devient crucial de disposer d’une fonction compétente en matière de gouvernance d’entreprise. Si le développement de cette fonction est légèrement en avance sur le reste, aucun problème; cela signifie que la structure est bien préparée pour la mise en œuvre au sein de l’entreprise. Mais, dans le cas contraire, si l’on débute la mise en œuvre de la SOA à l’échelle de l’entreprise sans aucune compétence appropriée dans le domaine, cette démarche sera périlleuse. En effet, vous risquez de vous heurter à une forte prolifération de services, à une complexité accrue ou à un surcoût de gestion et de maintenance, sans pouvoir tenir la promesse principale de la SOA, à savoir d’améliorer l’agilité et la souplesse de l’entreprise. Si la mise en œuvre de la SOA est plus modeste, il est essentiel d’acquérir les connaissances et l’expérience requises non seulement en ce qui concerne la SOA, mais aussi la gouvernance SOA, et donc implicitement la gouvernance d’entreprise. Au départ, vous devez accorder un intérêt approprié aux stratégies et aux mécanismes pour pouvoir réussir. Naturellement, libre à vous de déterminer s’il est recommandé ou non de mener une SOA de faible envergure au sein de l’entreprise. La seule justification possible est que vous allez mettre en place des modèles pilotes pour acquérir de l’expérience. Néanmoins, si vous souhaitez profiter de la SOA, vous devez vous placer dans un contexte plus large. Débattre de la gouvernance d’entreprise est un bon moyen d’y parvenir. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il faille mettre en œuvre une SOA de façon immédiate et avec fracas. La meilleure façon de mettre en œuvre la SOA est de procéder de façon progressive, par l’intermédiaire d’un projet, mais dans tous les cas, en suivant la trame du concept de gouvernance d’entreprise. C’est la raison pour laquelle ce concept doit être mis en œuvre de manière proactive. Si la SOA est appliquée à l’ensemble de l’entreprise, la gouvernance d’entreprise nécessite une certaine maturation. Faute de quoi, l’entreprise se trouvera confrontée à un problème, car le concept devra être mis en œuvre dans le cadre des programmes et des projets SOA ou parallèlement. Une telle démarche représente une surcharge dans la mise en œuvre de la SOA. 93 SOA for Profit Mécanismes de gouvernance Dans l’exemple qui suit, un certain nombre de mesures de gouvernance ont été prises pour la mise en œuvre de la SOA au sein d’une entreprise qui pense et travaille en accordant une grande confiance à l’infrastructure. La SOA a été introduite dans l’entreprise en une seule fois pour en finir avec la formation des silos. Les exigences vis-à-vis de la gouvernance SOA ont été considérables. Pour définir le principe de gouvernance SOA, les points de départ étaient les suivants : • Cette entreprise ne pense pas (encore) en termes de processus. • La SOA n’a pas (encore) été introduite au niveau de l’activité. • Il existe un département Architecture d’entreprise (AE). Ce département possède la connaissance des processus métiers de l’entreprise et de tout le secteur. • Les analyses d’information et de service sont inextricablement liées à l’analyse des processus. • Le département AE est l’organe qui gère tous les services. • Le développement des services s’effectue suivant le principe de la priorité au contrat (Contract First). En d’autres termes, le contrat de service (descriptif) est formulé en amont et le service est créé ensuite. Les mécanismes mis en place dans le cadre de la gouvernance SOA sont les sui vants : Architecture de démarrage du projet de service Le département AE prescrit les services à réutiliser pour chaque projet, les services à réadapter et les services à introduire en proposant un descriptif exhaustif sur la base du principe de la priorité au contrat. Ainsi, un projet ne détermine pas l’organisation future du service. Le département AE prend en compte le processus métiers et y ajoute le potentiel de réutilisation (aucune analyse exhaustive de tous les processus métiers possibles, mais une simple approche guidée par le bon sens). Si l’architecture de démarrage du projet est déjà en place, elle sera complétée par des services. Budget des services de marchandises Sans un budget distinct pour les services réutilisables, les discussions au sein de l’entreprise seront sans fin dès qu’un projet nécessitera des investissements sur des éléments qui peuvent être réutilisés. Afin de favoriser cette réutilisation, l’entreprise accepte de consacrer entièrement un budget à cette fin (services de marchandises). Enfin, le service d’architecture de démarrage projet est décisif dans la définition d’un service réutilisable. Même en l’absence de budget, un portefeuille adapté de 94 4 Gouvernance ou chaos services sera garanti par l’architecture de démarrage projet. Ainsi, le budget facilite les choses mais c’est l’architecture de démarrage projet qui est décisive. C’est le variant le plus petit dans l’entreprise. Aucune alternative n’est possible car tout autre choix donne des libertés qui entraînent la formation de nouveaux silos. Division des projets Dans cette entreprise, il a été décidé de séparer les projets consommateurs et les projets fournisseurs. Le projet consommateur nécessite certains services, d’ailleurs prescrits dans l’architecture de démarrage de projet. La méthode consiste à établir deux sous-projets : un sous-projet application consommateur et un sous-projet fournisseur. Le sous-projet application consommateur est destiné à la fourniture d’une application opérationnelle. Quant au second sous-projet, il concerne la fourniture de services pour le projet application consommateur. Les deux sous-projets peuvent être initiés en même temps suivant le principe de la priorité accordée au contrat. Le budget du fournisseur est issu du budget spécial consacré aux services de marchandises. Dans cet exemple, l’entreprise a la chance de bénéficier d’une compétence dans la fonction d’architecture d’entreprise. Cette fonction se voit attribuer ici un rôle important dans le contexte de gouvernance SOA. 4.10 Synthèse Il apparaît que la gouvernance SOA et, de fait, la gouvernance d’entreprise jouent un rôle majeur pour réussir la mise en œuvre de la SOA. Sans une gouvernance adaptée, la mise en œuvre échouera, les opportunités de réutilisation seront quasi-inexistantes, voire nulles et, les services étant conçus et achetés de manières différentes, il en résultera des systèmes informatiques complexes, onéreux et très inefficaces. La mise en œuvre de la gouvernance d’entreprise n’est pas seulement la condition préalable au succès de la SOA ; elle augmente aussi les chances que les initiatives stratégiques donnent lieu à des mises en œuvre réussies. Avec la gouvernance et l’architecture d’entreprise, les changements peuvent s’effectuer de manière cohérente et logique. Les principaux domaines de la gouvernance SOA sont la gestion des portefeuilles de services, la gestion des cycles de vie des services et le registre des 95 SOA for Profit services. La gestion des portefeuilles empêche toute croissance non maîtrisée du portefeuille de services. Par la gestion des cycles de vie des services, les services sont supprimés du portefeuille dès qu’ils ne sont plus nécessaires. Enfin, le registre des services indique les services disponibles ; ce registre est crucial pour les réutilisations. L’architecture d’entreprise constitue un autre élément essentiel de la gouvernance d’entreprise. Il incombe à l’architecte d’entreprise de dépasser les limites des business units et des silos informatiques pour obtenir un ensemble optimal de services au sein de son organisation. L’architecture d’entreprise dynamique constitue ainsi un modèle pragmatique. Les principes, directives et modèles de SOA adaptés ne sont mis en place que s’ils correspondent à des objectifs qui justifient le choix de la SOA. Mettre en œuvre un concept de gouvernance SOA consiste à déterminer les rôles et les responsabilités ainsi que les mécanismes de stratégie de gestion. Mais surtout, la gouvernance SOA est destinée à améliorer les compétences en matière de gouvernance et d’architecture d’entreprise. Seule une maturité des compétences dans ces domaines vous permettra de tirer parti de la SOA. 96 5 Repenser votre activité 5.1 Introduction Votre entreprise a-t-elle déjà envisagé d’externaliser certains services ? Ou même de traiter avec une société offshore ? Avez-vous pensé à externaliser certaines tâches vers une autre unité ? Telle est la finalité de la SOA : un partage des services au sein de l’entreprise dans lequel la localisation des services importe peu tant que le niveau de service fourni est conforme aux attentes. Une partie du processus en cours d’exécution dans votre unité peut être pris en charge par un service assuré lui-même par une autre unité, voire en externe. L’analogie avec l’externalisation est intéressante pour une autre raison : elle met en évidence le niveau d’abstraction que vous devez appliquer à votre entreprise pour définir correctement une SOA. Pour ce faire, vous devez envisager les opportunités de réutilisation et les services au niveau de l’activité. Vous devez aussi considérer votre société comme un réseau de personnes et d’unités qui se fournissent mutuellement des services. Enfin, vous devez identifier les principaux composants de votre organisation. Dans ce chapitre, nous allons vous expliquer comment adopter une approche orientée services. Penser à votre entreprise à un certain niveau d’abstraction ne requiert pas un génie hors du commun et n’est pas une nouveauté : on parle depuis longtemps déjà de l’optimisation de l’activité, avec des concepts comme les centres de services partagés ou les fonctions du personnel pour les ressources humaines, l’impression ou les communications. Comme avec les autres modes d’optimisation, il est utile d’observer ce que les autres ont fait. Dans la SOA, cela signifie étudier les modèles industriels émergents qui sont des modèles d’architecture tout faits et définis pour un secteur industriel donné. Pour tirer le meilleur parti de la SOA, votre entreprise doit être « orientée services » également au niveau métier. De cette manière, elle basculera aisément du concept d’optimisation métier à celui d’innovation du business model en trouvant de nouveaux moyens d’exploiter son potentiel au service des clients. 97 SOA for Profit Dans ce chapitre, nous allons vous présenter les méthodes d’approche qui vous aideront à mieux identifier les éléments et les services de base et à en exploiter la valeur. Nous évoquerons le potentiel des modèles industriels et leur mode d’utilisation. Nous vous donnerons également des outils et des exemples pratiques pour vous permettre d’acquérir une vue d’ensemble et de définir des priorités plus rapidement en optimisant votre activité à partir d’une architecture orientée services. 5.2 Quel est votre business model ? Un business model, ou modèle d’entreprise, est une description abstraite de votre activité dans un but précis. Elle décrit la façon dont vous travaillez (ou vous souhaitez travailler). En général, il n’existe pas de modèle unique couvrant tous les besoins, mais un ensemble de modèles correspondant à des vues différentes. En termes d’architecture d’entreprise, ces modèles sont regroupés au sein d’une « l’architecture métiers » et destinés à la fois à l’innovation dans la branche d’activité et au développement de solutions informatiques. Un business model n’est intéressant que s’il s’intègre dans votre entreprise et qu’il a un but. Pour trouver le modèle optimal, vous devez analyser l’entreprise en vous aidant, si possible, de modèles de société similaires ou de modèles industriels susceptibles de faciliter le travail. Afin que les modèles soient exploitables pour les transformations, ils doivent se composer d’ensemble de blocs bien définis, conçus pour durer et parés à tous changements. La configuration des blocs peut varier suivant les processus et les produits ; mais les éléments de base restent identiques. Ici, nous observons une grande similitude avec l’architecture orientée services où les services doivent être assez statiques, mais néanmoins modulables en une multitude de solutions pour répondre facilement aux évolutions. Dans un business model, les éléments doivent être décrits et définis de la même manière que les « services », c’est-à-dire aussi indépendamment les uns des autres que possible, avec des interfaces clairement définies, tout en reflétant le fonctionnement réel d’un métier. Le modèle offre alors les mêmes avantages que les logiciels avec les services : il répond aux changements. 98 5 Repenser votre activité Pour trouver les business models adaptés à votre entreprise, vous devez étudier la situation, analyser la vision et la stratégie mises en œuvre et vous pencher sur les modèles et les standards SOA existants. Vous aboutirez ainsi à des business models personnalisés, basés sur la SOA. Une méthodologie grandeur nature Dans ce chapitre, nous allons prendre l’exemple d’un fournisseur mondial de produits plastiques afin de présenter les différents modèles et leur interaction. Les exemples sont tirés d’un projet grandeur nature mené chez un fabricant au cours du printemps 2006. Nous avons ainsi pu observer à quoi pouvaient aboutir certains modèles. Naturellement, les modèles sont aisément adaptables à votre secteur d’activité, que vous travailliez dans la finance, la santé ou toute autre industrie. Retour clients Au début du projet de transformation, nous avons débattu de la méthode d’analyse et de la modélisation des métiers avec le client. Comme le secteur concerné est fortement orienté processus, nous pensions que l’introduction d’une nouvelle approche orientée services prendrait du temps. À notre grande surprise, la méthode (qui était très novatrice pour ce secteur) a semblé porter ses fruits ; lors d’une série d’entretiens réalisée avec chaque directeur du groupe et avec d’autres acteurs clé, nous n’avons pas eu à attendre plus de 15 minutes en moyenne pour entendre des remarques telles que « c’est une bonne façon de voir notre activité ». Nous avons aussi entendu des commentaires tels que « c’est seulement une question de bon sens, pourquoi faire différemment ? » ou encore « nous travaillons effectivement comme cela, mais le support de nos applications informatiques actuelles ne l’intègre pas ». Outre le fait que la culture organisationnelle de l’entreprise est un facteur essentiel, le côté pratique et naturel du modèle a été l’élément déterminant de cette acceptation rapide. 5.3 D’une entreprise orientée fonctions à une entreprise orientée services Aujourd’hui, la plupart des entreprises sont orientées fonctions. Suivant les théories de Frederich Winslow Taylor (1856-1915) et Luther Gulick (18651918), elles sont traditionnellement divisées en départements composés d’unités homogènes. Ces organisations fonctionnelles avec départements et unités (cf. Figure 5.1) étaient parfaites au temps où les processus métiers s’effectuaient au bas de l’échelle ou au niveau des nœuds finaux. Pour opti- 99 SOA for Profit miser ce type d’organisation, nous avons analysé toutes les activités pour les affecter ensuite à un groupe, sans affecter l’homogénéité de chaque division organisationnelle. Division Personnel Direction Personnel Division Personnel Division Personnel Unité Unité Unité Unité Unité Unité Figure 5.1 : Business model fonctionnel de base De cette structure découle directement l’architecture informatique dite « en tuyaux de poêle » ou en « silos ». Il existe un ensemble unique d’applications pour chaque division et unité, ce qui génère une maintenance onéreuse et un support complexe, sans oublier une très faible flexibilité au niveau de l’entreprise. L’heure du changement a sonné Quelle tendance se dessine depuis un certain temps et va aller crescendo ? C’est un phénomène de globalisation accompagné d’une évolution plus rapide qui s’opère. Cela signifie, entre autres, que les processus initialement locaux sont désormais décalés vers le haut du modèle, ce qui les rend plus centralisés et étendus à l’échelle de l’entreprise. Nous observons une évolution en faveur du partage des applications et des processus entre les unités organisationnelles. En fait, les modèles organisationnels de base ne correspondent plus aux entreprises d’aujourd’hui, qu’elles soient publiques ou privées. L’entreprise orientée services Ce type d’entreprise est basé sur un ensemble commun de services métiers. Les services sont rattachés à des potentiels d’activité qui correspondent aux potentiels de haut niveau d’une entreprise. Si nécessaire, les potentiels sont alors regroupés dans différents domaines métier qui constituent les plus gros blocs des différents business models de haut niveau. Pour concevoir des solutions, la méthode consiste à définir des processus en s’aidant des services métiers ou de leur abstraction représentée par les blocs. 100 5 Repenser votre activité Les services traitent l’aspect du QUOI et les processus celui du COMMENT. Un service métiers est réalisable par de nombreux potentiels, un potentiel pouvant faire partie de plusieurs domaines. La Figure 5.2 représente une entreprise orientée services. Processus Domaines Ventes Créer activités Production Logistique Traiter commandes Planifier production Produire plastique Traiter plastique Distribuer produits Gérer entrepôts Enregistrer commande Afficher stock Recevoir paramètres Recevoir paramètres Transport Stocker marchandise marchandise Attribuer capacités Optimiser production Contrôler processus Contrôler processus Décharger marchandise Finance Fournir services Assurer paiement Charger marchandise Envoyer facture Confirmer envoi Contrôler APL Capacités Enregistrer prospect Services métiers Actualiser plan Préparer chargement Envoyer marchandise Figure 5.2 : Entreprise orientée services Un processus métiers s’opère avec l’aide des services métiers contenus dans les potentiels métiers. Les domaines sont les entités organisationnelles qui effectuent les services métiers avec ou sans le support informatique. La cartographie d’une organisation complète comportant un nombre accru de processus, est naturellement plus complexe. Par ailleurs, les services métiers peuvent couvrir plusieurs potentiels (non illustrés sur la figure). Par exemple le service « Consulter stocks » est utilisé pour planifier la production, mais également pour décider où stocker les marchandises dans l’entrepôt. 5.4 Éléments d’un business model dynamique Les éléments constitutifs d’un business model doivent rester assez stables dans le temps, le modèle devant néanmoins décrire l’activité de manière précise. Les niveaux d’abstraction que nous appliquons lorsque nous réfléchissons à une organisation, sont les domaines métiers, les potentiels (« toutes les 101 SOA for Profit choses qu’une entreprise peut être capable de faire »), les processus et unités et, enfin, les lignes de services qui fournissent en dernier lieu le produit ou le service final de l’entreprise. Cartographie du domaine métier La cartographie est le niveau d’abstraction le plus élevé. Les domaines sont personnalisés en fonction des exigences présentes (et prévisibles) de l’activité. Un domaine est un bloc de business models et de processus de haut niveau ainsi qu’un contexte/une démarcation pour une fonction essentielle ou prioritaire. Ici, les domaines présenteront des caractéristiques différentes comme les unités organisationnelles, les sous-processus, les fonctions de support, les fonctions prioritaires ou les fonctions de contrôle globales. Le nombre de domaines à définir et de caractéristiques à utiliser dépend entièrement de l’entreprise existante, de sa stratégie présente et future ainsi que de son activité et des services informatiques en place. La Figure 5.3 illustre une division simple mais courante en domaines. Approvisionnement Production Planification et exécution livraison GRC et ventes Management de la qualité Planification principale Finance, comptabilité et contrôle de gestion Gestion d’entrepôts Développement de produits Planification et analyse des marchés Figure 5.3 : Cartographie du domaine métiers Cartographie des potentiels De manière générale, les domaines sont une structure de classement normalement rattachée à la fonction organisationnelle chargée des services métiers, le « QUI ». Pour obtenir une vue davantage orientée action, nous devons passer à la cartographie des potentiels, le « QUOI de haut niveau ». 102 5 Repenser votre activité Maintenance installations Planification production Gestion commandes commerciales Gestion de la relation client Management de la qualité Achats Fabrication plastique Planification livraisons Ventes Management environnemental Comptabilité Traitement plastique Distribution produits Développement marché Développement produits Contrôle de gestion corporate Consolidation financière Gestion des entrepôts Planification logistique Facturation Figure 5.4 : Cartographie des potentiels (à un stade anticipé dans la réalité) Cartographie des processus ou unités L’ensemble des domaines ou potentiels compilés dans un diagramme comme celui de la Figure 5.4 ne constitue pas une plus-value en soi, mais représente simplement un regroupement aléatoire. Il doit être placé dans un contexte qui définira comment les éléments apportent une valeur ajoutée. Le contexte doit être un processus ou un modèle unitaire. Gestion de la relation client et vente Planification et exécution livraison Production Gestion des entrepôts Finance, comptabilité et contrôle de gestion Figure 5.5 : Contexte des processus basé sur les domaines Sur la Figure 5.5, le processus de haut niveau indique comment rattacher les domaines à un contexte ; cela recouvre l’ensemble du processus depuis la vente jusqu’à l’obtention d’un paiement. Ce même processus basé sur des potentiels donne un modèle prescriptif davantage orienté vers l’action, comme Control Strategic KPI:s celui de la Figure 5.6. Monitor Delivery process Créer activité Traiter commande Planifier production Fabriquer plastique Traiter plastique Gérer entrepôts Distribuer produits Figure 5.6 : Contexte des processus basé sur les potentiels 103 SOA for Profit Business model d’une ligne de services Vous pouvez aller encore plus en profondeur dans le processus si vous le rattachez à une ligne de services, un scénario spécifique à la fourniture de certains paramètres de sortie du processus métiers de base (une offre de services). Les lignes de services sont sans aucun doute le meilleur moyen, dans la plupart des cas, d’intégrer les potentiels et les services dans leur véritable contexte. La représentation des domaines/potentiels sous la forme de blocs est très adaptée à la description et la mise en place de flux de lignes de services. Suivre les KPI stratégiques Suivre le processus de fourniture Créer activité Traiter commande Planifier production Fabriquer plastique Gérer entrepôts Traiter plastique Gérer entrepôts Distribuer produits Terminer fourniture Figure 5.7 : Business model d’une ligne de services La Figure 5.7 présente un exemple de ligne de services : fourniture de « pots de yaourts à un client final qui commercialise des produits de santé conformément à un contrat de niveau de service (SLA) spécifique ». Dans le processus détaillé, les potentiels mettent en évidence toutes les étapes majeures requises pour la fourniture de cette offre de services ; c’est la ligne de services. Cette ligne se décompose comme suit : 1. La souscription du contrat de services s’effectue au niveau du bloc Créer activité. 2. Les commandes sont réceptionnées et gérées dans le bloc Traiter commandes. . Comme le SLA nécessite la gestion de produits en stock, la production doit être planifiée pour répondre à ce cas de figure particulier. . La première étape de production consiste à fabriquer la matière plastique de base. . La seconde étape est le traitement du plastique par une pression de formage dans des pots et l’ajout d’une surface imprimable, le tout suivant la spécification produits définie contractuellement. . Les pots sont acheminés dans un entrepôt proche du client afin de garantir le SLA. 7. Les pots sont livrés de l’entrepôt à l’imprimeur du client sur demande, conformément au SLA. 104 5 Repenser votre activité . Le fournisseur de services est payé en fonction des produits livrés et des conditions définies contractuellement. . La fourniture est achevée après le suivi de qualité et une éventuelle gestion des réclamations. Pendant l’intégralité du processus, les KPI stratégiques et le processus de fourniture font l’objet d’un suivi. À ce degré de détail, nous sommes au niveau le plus bas des business models basés sur les processus, un concept que nous appellerons « business model de ligne de services ». Sur ces schémas, vous pouvez utiliser les éléments de base (potentiels et services) pour définir n’importe quel modèle, par exemple en considérant le métier suivant d’autres axes que ceux du « processus ». Ici, le business model ne constitue qu’une trame. Si vous mettez en place une solution, le processus sera beaucoup plus détaillé, mais restera toujours ancré sur cette trame. 5.5 Comment identifier les éléments de votre business model dynamique Nous avons vu les éléments que nous pouvons utiliser pour établir un business model dynamique et les cartographies que nous pouvons créer. Comment identifier les éléments spécifiques aux modèles de votre entreprise et êtesvous à même de repenser votre activité sur la base de ces modèles ? Tout d’abord, vous devez vous orienter vers la stratégie métier qui vous aidera à dresser une image du futur (proche), à trouver les éléments fixes de l’entreprise et à les séparer du reste. L’activité doit réagir aux changements avec des modèles pour faciliter ces transitions, la vitesse de changement attendue devant être définie par la stratégie (elle-même conditionnée par la vision métiers à long terme). Ensuite, il existe plusieurs points de vue de l’entreprise qui vous aideront à identifier les blocs de conception SOA ainsi qu’à alimenter le processus de restructuration. Ces points de vue sont les suivants : • chaînes de valeur • processus associés • stratégie en cascade 105 SOA for Profit Ces points de vue sont utiles pour amorcer les débats du fait qu’ils sont basés sur l’activité et la stratégie, à un bon degré d’abstraction. L’expérience montre que le fait de définir les différents composants de modélisation et leurs limites n’est qu’une histoire de temps et d’engagement. Le temps requis dépend largement de votre façon d’appréhender et d’accepter l’idée de modèles. Cela sera plus rapide si vous utilisez les points de vue décrits ici de manière structurée. Ces points de vue garantissent également un bon degré d’abstraction. En effet, en vous plaçant au degré d’abstraction requis, vous éviterez des débats excessivement détaillés et sans fin. S’en tenir au degré requis est un facteur clé de réussite dans la création des éléments de base de vos business models. Après avoir étudié l’entreprise à partir des points de vue évoqués, vous pourrez élaborer une cartographie des potentiels (le modèle le plus intéressant pour la SOA) et définir les services. Suivre la chaîne de valeur La chaîne de valeur est le premier point de vue à utiliser. En effet, vous aurez plus de facilité à identifier les fonctions et les aspects clé de l’activité en les rapportant à cette chaîne. La Figure 5.8 est une chaîne de valeur courante. Elle illustre les potentiels de base (domaines) autour desquels s’articulent le processus métiers de base et les interactions possibles de processus de gestion et de support. Gestion de l'activité & Suivi de stratégie Alignement de planification, contrôle et stratégie d'activité Commercialiser l'intelligence Développer produit Ventes Production Distribution Livraison proche Fonctions support Figure 5.8 : Chaîne de valeur avec fonctionnalités clé associées En débattant de la chaîne de valeur, vous pourrez mettre en lumière plusieurs méthodes de fourniture des produits. Définir un business model, comme celui illustré ci-dessous, est un exercice intéressant. La Figure 5.9 représente un cas particulier avec deux principaux flux de fournitures de produits : les biens et les services. 106 5 Repenser votre activité Gestion de l'activité Planification et développement métier Production Développer produits Distribution Marché Ventes Fourniture de services Fonctions support Figure 5.9 : Business model de haut niveau avec les domaines clé Cette configuration est courante dans de nombreuses entreprises, et dans certains cas il est évident que biens et services purs ne peuvent pas être gérés de la même manière. De nombreuses sociétés sont tombées dans le piège en utilisant un système conçu pour des « marchandises » pour la gestion de produits basés « services ». Une telle approche aboutit généralement à une solution standard sans valeur. À noter un autre piège que vous pouvez éviter avec le modèle ci-dessus : les nouvelles solutions standards acquises pour un domaine spécifique ont tendance à étendre leur fonctionnalité au-delà des limites définies. Un business model de ce niveau est intéressant s’il couvre les domaines fédéraux ainsi que les différentes lignes de service clé. L’avantage de ce modèle est qu’il peut servir de référentiel pour la démarcation et la normalisation des domaines de systèmes informatiques. Observer les processus associés À ce stade, lorsque vous aurez étudié et défini les abstractions métiers les plus élevées, il sera temps d’aborder un aspect plus pratique de l’activité. L’étape naturelle suivante consiste à utiliser l’aspect des processus associés. Le point de départ est la chaîne de valeur. Les débats doivent s’orienter vers les procédés associés utilisés ou requis pour satisfaire le processus métiers à un niveau plus détaillé. Le résultat de l’exercice sera une cartographie semblable à celle de la Figure 5.10. 107 SOA for Profit Gestion d'activité & Suivi de stratégie Alignement de planification, contrôle et stratégie d'activité Commercialiser l'intelligence Développer le produit Ventes Production Distribution Fourniture proche Fonctions de support Du concept à l'offre de marché Du marché au client De la commande au paiement Prévisions pour la fourniture d'une capacité logistique Figure 5.10 : Processus associés Les blocs fléchés représentent les principaux processus associés de l’activité, positionnés par rapport à la chaîne de valeur. Au fil de votre avancement avec les différents modèles ci-dessus, vous devrez revoir et actualiser la cartographie des potentiels. Élaborer une stratégie en cascade Pour analyser l’entreprise, une autre approche constructive consiste à considérer la stratégie métiers comme l’élément clé. Vous pourrez ensuite déterminer comment mettre en œuvre la stratégie dans ce contexte. Quelles mesures doivent prendre les unités pour appliquer la stratégie ? Comment les activités combinées soutiennent-elles la stratégie ? Cela vous aidera à identifier les composants de l’entreprise qui présentent un intérêt stratégique (à déterminer l’unité qui contribue effectivement à la stratégie et les unités n’ayant quasiment aucun lien avec cette stratégie). Vous pourrez ainsi mieux vous rendre compte de la façon dont la stratégie (et l’innovation) est gérée au sein de votre entreprise. La définition de la stratégie est-elle un processus continu ou est-elle redéfinie une fois tous les trois ans ? La stratégie fait-elle explicitement partie intégrante de votre structure de gouvernance ? Établir une cartographie des potentiels Après avoir utilisé ces différents points de vue, vous obtiendrez à l’issue de toutes ces sessions, outre les modèles eux-mêmes, le fondement de modélisation SOA ou plus précisément la cartographie des potentiels. 108 5 Repenser votre activité Gérer installation Planifier production Traiter commandes Gérer la relation client Gérer la qualité Acheter matières premières Fabriquer plastique Planifier les livraisons Souscrire contrat Gérer les problèmes environnementaux Gérer livres de comptes Traiter plastique Distribuer produits Développer marché Développer produits Suivre activité Consolider finances Gérer entrepôts Planifier logistique Contrôler flux de trésorerie Figure 5.11 : Ensemble des potentiels : une cartographie des potentiels Des points de vue différents ayant été utilisés et étudiés, la cartographie des potentiels est plus ou moins validée à ce stade. Pour aller encore plus loin, vous pouvez mettre en place chaque processus associé à partir des potentiels définis. Si un potentiel manque, vous vous en rendrez compte à ce moment-là. La Figure 5.12 est un exemple de processus associé. Traiter bons de commande Fabriquer plastique Traiter plastique Gérer entrepôts Distribuer produits Gérer livres de comptes Encaissement Commande Processus associé de la commande au paiement Figure 5.12 : Processus associé obtenu à partir des potentiels prédéfinis Le processus a été élaboré à partir des potentiels prédéfinis. À ce stade, la cartographie pourra être validée, en particulier si des scénarios futurs ont été abordés et définis. Services Dans ce processus de création d’une base SOA, l’étape ultime consiste à parcourir tous les potentiels et à identifier les services requis pour remplir les principales tâches. Les potentiels intègrent les services métiers nécessaires au cas par cas, comme l’illustre la Figure 5.13. 109 SOA for Profit Achat matières premières Service métier Service métier Service métier Service métier Service métier Gérer la relation client et créer activité Service métier Service métier Service métier Service métier Service métier Gérer entrepôts Service métier Service métier Service métier Service métier Service métier Planifier et exécuter livraison Service métier Service métier Service métier Service métier Service métier Figure 5.13 : Ensemble choisi de potentiels dotés de services Ici, vous décrivez également les flux d’information clé entrants et sortants en termes de potentiels. Idéalement, vous devez définir les flux entrants et sortants pour chaque service métier. Si vous manquez de temps, vous vous contenterez des services les plus importants. Un monde de services Lorsque vous aurez défini les services métiers, que vous les aurez placés dans le contexte des potentiels et que vous aurez déterminé les propriétés de haut niveau pour chaque potentiel, vous disposerez enfin de la trame requise pour établir des business models et mettre en œuvre des processus. En utilisant les éléments décrits jusqu’à présent, vous pouvez modéliser votre activité et l’optimiser pour en faire un univers dynamique et compétitif. Une entreprise véritablement orientée services se compose de blocs (services et/ou potentiels) utilisables pour créer de nouvelles offres et lignes de services. Les outils sont destinés à l’assemblage des processus de vente et de fourniture des offres de services ainsi qu’à la simulation d’études de faisabilité et de la valeur d’entreprise. Les blocs de construction sont des composants SOA activés par les systèmes informatiques, qui accélèrent le processus d’ajout ou de modification à la fois des applications et des lignes de services. 110 5 Repenser votre activité Une autre méthode de transformation métier stratégique : le Concept Component Business Modelling (CBM) d’IBM Le concept de Component Business Modelling d’IBM (CBM)™ est une méthode de création d’architecture métier actuelle et future [IBM Global Business Services 2006c]. Dans CBM, les activités métiers sont regroupées en composants autonomes. Ces composants sont définis comme « partie d’une entreprise qui intègre des activités similaires et peut fonctionner de manière indépendante ». La méthode permet d’aboutir à des cartographies organisationnelles et à la définition de priorités sur la base de modèles, comme le montre la Figure 5.14. Compétences Direction Canaux Logistique Gestion d'entreprise Planification marchandises Stratégie canaux Création réseaux Stratégie d'entreprise Planification canaux Constitution stock Planification assortiments Stratégie pour les biens immobiliers Création entrepôts Planification d'entreprise Clients Produits/ Services Niveau de responsabilité Stratégie service clientèle Stratégie marketing Planification espace Planification promotion Création Internet Création catalogue/ centre d'appels Planification flux de demandes Flux produits Gestion canaux Routage entrant Programmation Gestion travail Développement produits Approvisionnements Niveau de responsabilité Contrôle Gestion campagne Affectation Gestion inventaire/OTE Gestion services Prévisions demandes Gestion prix Gestion commandes Construction d'immeubles et gestion d'installations Gestion contenu Gestion fournisseur Exécution Service clients Communication clients Marketing Gestion articles Prévention pertes Gestion commandes Gestion PO Gestion inventaire Réapprovisionnement Gestion marchandises Gestion recettes/ douanes Gestion prix/ signatures Publicité Relations publiques Source : IBM Business Consulting Services Planification financière Gestion performance d'entreprise Planification réceptions Gestion trésorerie et risques Planification livraisons Conformité juridique et réglementaire Planifications transporteurs Contrôle d'inventaire Encaissements et banque Gestion entrepôts Comptabilité et suivi financiers Gestion transport Approvisionnement indirect Gestion produit Gestion fournisseurs Planification financière Gestion flotte Logistique inverse Gestion RH Système et opérations informatique Composant clé Figure 5.14 : Cartographie métiers composants Pour définir chaque composant, vous devez attribuer cinq dimensions, comme le montre la Figure 5.15. 111 SOA for Profit Gérer Concevoir Acheter Faire Vendre Diriger Contrôler Dimensions d'un composant métier Objetif métier Pourquoi existe-t-il ? Exécuter Activités Mesures cohésives et simples prises régulièrement ? Ressources Actifs corporels et ressources humaines nécessaires ? Gouvernance Modes de gestion des activités ressources ? Services Éléments adoptés et proposés à d'autres composants ? Figure 5.15 : Les cinq dimensions d’un composant métier 5.6 De la structure en silos au partage des ressources En organisant votre activité, vous allez vous heurter au problème des silos : unités organisationnelles structurées en silos (plusieurs unités pouvant effectuer la même tâche, sans vouloir abandonner l’activité) et silos applicatifs. Il existe des silos applicatifs car, dans le passé, les unités opérationnelles étaient libres de concevoir des applications spécialement adaptées à leurs besoins sans tenir compte des autres unités de l’entreprise. Les principales caractéristiques de cette ancienne architecture étaient les suivants : • Chaque unité possède sa propre cartographie des applications. • Le niveau de standardisation est faible. • La souplesse face au changement est faible. • La possibilité de créer rapidement des solutions intégrées est entravée. Grâce à la SOA, vous allez décomposer les silos et les remplacer par un modèle mixte. De nombreux services importants seront partagés au sein de l’entreprise et quelques services resteront rattachés plus spécifiquement à une entité donnée. Quels potentiels centraliser ou pas ? Le choix des potentiels à centraliser ou à partager a un impact immédiat sur la liberté des entités dans l’entreprise. Il est important de définir les potentiels communs et fédéraux (ou partagés) du point de vue de l’entreprise. Une autre tâche majeure est de déterminer quels sont les potentiels standards et les potentiels librement choisis au niveau local. Le modèle de fédération résulte d’analyses menées et de déci- 112 5 Repenser votre activité sions prises par rapport à ces deux aspects. Il prescrit les potentiels exécutés au niveau global, les potentiels à piloter à partir de ce niveau et enfin, les potentiels pouvant être librement choisis au niveau local de l’unité. Le modèle suivant présente un exemple de potentiels au niveau global. Fonctions métiers Professionnel Détail Externe Interne Prévisions et planification centrale Reporting groupe Management de la qualité Processus fédéraux Gestion ventes & commandes Figure 5.16 : Cartographie des potentiels fédéraux Au niveau de l’unité, deux standards coïncident : le standard global et le standard local. Ici, vous pouvez recourir à la cartographie pour différencier les potentiels à fournir localement et les potentiels partagés. Cette cartographie permettra ensuite d’établir la future cartographie des applications. Unité locale Planifier production Fabriquer plastique Gérer entrepôts Gérer livres Acheter mat. de comptes premières Traiter plastique Gérer la qualité Gérer installation Standard local Standard fédéral Figure 5.17 : Modèle de fédération locale Les standards fédéraux sont définis au niveau de l’entreprise, l’objectif étant que chaque potentiel ne soit soutenu que par une seule application au sein de l’organisation. Pour le standard local, chaque unité peut choisir sa solution tant qu’elle ne dépasse pas les limites des potentiels et qu’elle met en œuvre les interfaces d’intégration standard (d’autres restrictions architecturales comme les préférences en matière de plates-formes préférentielles et les fournisseurs sélectionnés, peuvent s’appliquer). Les modèles fédéraux dotés d’interfaces explicites aident l’entreprise à se frayer un chemin sur la voie de la transformation en éliminant toutes les caractéristiques inadaptées de l’ancienne architecture. 113 SOA for Profit Du modèle au logiciel Prenons maintenant l’un des potentiels de la figure précédente pour réaliser un schéma plus détaillé. Ce schéma peut servir directement à sélectionner ou à définir une solution informatique. À titre d’exemple, pour mettre en place une solution de gestion d’entrepôts, le modèle détaillé des potentiels avec sa population de services métiers constituera la spécification des exigences fonctionnelles de haut niveau. Le modèle, avec les flux d’information entrants et sortants pose les exigences d’intégration. Dans ce cas précis, il peut suffire, d’un point de vue fonctionnel, de s’adresser à des fournisseurs susceptibles de proposer une solution toute faite. Interface d'intégration Gestion d'entrepôts Indiquer marchand. reçues Recevoir conseils Indiquer transfert march. Indiquer stocks Entrée marchand. Transfert marchandises Conditionnement marchandises Transbordement Inventaire stocks Réparation Sortie marchandises Gestion palettes Recevoir instructions Interface physique marchandises Chargement routier Chargement ferroviaire Figure 5.18 : Modèle peuplé pour un potentiel choisi De ce point de vue, si l’on ajoute des règles métiers et des exigences techniques spécifiques comme une interface Internet d’intégration basée sur les services, tout fournisseur d’un système de gestion d’entrepôts pourra proposer comme solution une offre de base et une spécification. 5.7 Comment définir des priorités ? Vous ne pouvez pas tout changer en même temps. Le modèle de maturité SOA vous aidera à définir les aspects de votre activité et de votre organisation informatique à optimiser. De même, vous devrez déterminer des priorités, en commençant par les éléments dont l’amélioration fait appel au bon sens. Pour cela, vous utiliserez des techniques dont voici quelques exemples : 114 5 Repenser votre activité • • • • • • Matrice Gain/Facilité Vous étudierez les investissements pour chaque domaine et chaque potentiel. Classement des domaines/potentiels prioritaires Définir un consensus entre les parties prenantes sur les potentiels ou les domaines majeurs à traiter en priorité. Analyse de la chaîne de valeur Trouver un compromis entre les lignes de la chaîne de valeur. Stratégie en cascade Établir directement des priorités à partir de la stratégie métier globale. Il est possible de combiner la plupart des techniques pour obtenir une vue d’ensemble plus exhaustive des priorités. Les techniques de mise en place de compromis vous aideront à définir des priorités et, en parallèle, à favoriser une certaine sensibilisation et le développement d’une vision partagée pour faciliter la mise en place et en accélérer le rythme. Ces démarches donneront lieu à des discussions qui mettront en évidence les points critiques de votre architecture. La matrice Gain/Facilité Cette matrice est un outil utilisé pour définir une solution ou un gain/facilité de mise en œuvre. Les matrices dont les scores sont les plus élevés sur les deux échelles sont clairement identifiées comme des solutions gagnantes et comme les déclencheurs possibles d’une transformation. Avantages métier Planifier capacité logistique Traiter bon de commande Développer produits Planifier production Distribuer produits Créer activité Sécuriser paiement Facilité de mise en oeuvre Figure 5.19 : Matrice Gain/Facilité 115 SOA for Profit La matrice est utile pour définir la plupart des priorités communes au sein d’un groupe. L’animateur formateur dispose d’un ensemble de potentiels. Le groupe doit arriver à un consensus sur le positionnement de ses potentiels dans la matrice. Ensuite, il est judicieux de noter les conditions sous-jacentes à ce positionnement. En principe, chaque objet représenté dans la matrice suscite des discussions intéressantes. Les participants peuvent avoir des difficultés à appréhender l’échelle sur l’axe. Pour résoudre ce problème, on peut prévoir un exercice initial afin de faciliter la compréhension de l’axe et des valeurs d’échelle. À l’issue de la session, les éléments gagnants identifiés seront les potentiels les plus proches de l’angle supérieur droit de la matrice. Définir les domaines/potentiels prioritaires Il s’agit d’une technique employée pour dresser la liste des potentiels inscrits sur la cartographie à choisir en priorité. Normalement, vous devez procéder suivant deux perspectives principales : les opportunités et les problèmes. Les acteurs clé sont invités à voter au sein d’un atelier ou à l’occasion d’entretiens. Ils devront tout d’abord s’exprimer sur les potentiels qu’ils estiment le plus à même d’évoluer (les opportunités) et deuxièmement, sur les potentiels les plus complexes (les problèmes). Le résultat sera compilé dans la cartographie ou sur toute autre représentation basée sur les potentiels. Gérer installation Planifier produtcion Traiter bons de commande Gérer la relation client Gérer la qualité Acheter matières premières Fabriquer plastique Planifier livraisons Créer activité Gérer problèmes environnementaux Gérer livres de comptes Traiter plastique Distribute Products Analyser marché Développer produits Contrôler KPI d’entreprise Consolider finance Gérer entrepôts Planifier logistique Sécuriser encaissements Besoin de changement Besoin de changement Besoin de changement élevé Figure 5.20 : Cartographie des potentiels avec priorités de changement signalées par des couleurs 116 5 Repenser votre activité Après le vote, il est intéressant de parcourir les résultats et d’en discuter. Le fait de documenter la motivation de ces choix constitue un bon complément à la cartographie des priorités ci-dessus. Analyse de la chaîne des valeurs Malgré sa simplicité, la chaîne des valeurs est une plate-forme assez intéressante de définition des priorités. Elle est parfaitement adaptée aux activités en début d’atelier et à de rapides analyses. Où sont les problèmes ? Où sont les opportunités ? Vous pouvez appliquer à la chaîne des valeurs et aux étapes successives, le même exercice de vote que celui précédemment mentionné pour définir les domaines/potentiels prioritaires. Pour aller plus en profondeur, vous devrez rattacher chaque étape de la chaîne à ses potentiels. Les priorités seront ensuite définies en termes de potentiels. La chaîne des valeurs peut servir à récapituler les résultats quel que soit le niveau de détail du travail. Métiers Planification Developper nouveaux produits Processus de gestion métiers (y compris management de la qualité) Marketing Zone critique Planifier demande Ventes Opportunité à court terme Production Gestion des stocks Distribution Vente Consommateur Opportunité à moyen terme Figure 5.21 : Chaîne des valeurs avec niveaux d’urgence La Figure 5.21 fournit un exemple pris chez un grand fabricant mondial de produits de consommation il y a quelques années. Le résumé de l’analyse effectuée au niveau des sous-processus a été représenté sur une chaîne de valeurs. Ici, le besoin de changement le plus urgent concerne les procédures de distribution. Sur le plan de la transformation, la fonction Distribution a été jugée prioritaire. Dans la pratique, un intérêt particulier a été accordé à une meilleure intégration des services et à des changements de responsabilité. Cette dernière démarche a été rendue possible grâce à un portail, permettant la dissociation des tâches informatiques de l’entreprise. Stratégies en cascade Pour s’imprégner des différents aspects de la définition des priorités, une autre méthode consiste à recourir à la cascade de stratégies. Avec une cascade, vous pourrez analyser chaque domaine clé, comme la supériorité des coûts, la différenciation et la qualité. La cascade peut s’appliquer à des domaines, à des processus associés ou à des étapes dans la chaîne des valeurs. Si vous considérez un processus associé comme l’objet de l’analyse, la question en cascade pourra être : « comment garantir la supériorité des coûts dans le pro- 117 SOA for Profit cessus de sécurisation des capacités fournies sur la base des prévisions ? ». Des réponses sont apportées à ces questions pour tous les objets par domaine stratégique. Nous obtiendrons ainsi un ensemble d’opportunités basé sur la stratégie réellement suivie. Ces opportunités se situant à des niveaux très différents, vous devrez les regrouper et les réinterpréter, puis les convertir en des paramètres d’entrée utiles pour les plans de transformation. Exemple d’atelier Identifier les opportunités SOA Cet exemple est un mini-projet que vous allez élaborer pour établir un plan de transformation SOA. En moins de trois semaines, vous obtiendrez une vue intéressante des priorités et de l’approche en effectuant une série d’entretiens et en organisant un atelier pour assurer la mise en phase de toutes les parties. Ici, le but de cette méthodologie visionnaire des processus est d’identifier et d’évaluer rapidement le potentiel d’entreprise en fonction d’un développement informatique spécifique. Aujourd’hui, la devise est « Ne vous fiez pas aux apparences et profitez du potentiel réel de la SOA ». Comme l’informatique est à la fois une innovation guidée par l’activité et un élément moteur de l’innovation d’entreprise, le public visé ici est l’équipe de direction et d’autres responsables de secteurs clé, idéalement des groupes de 8 à 10 personnes. Au cours du mini-projet, nous allons appliquer certaines des techniques traitées dans ce chapitre. La méthode est très rapide et donne, dans tous les cas, des résultats très intéressants et utiles. On peut la considérer comme un processus rapide de reformulation. En trois semaines et moyennant une participation d’un jour et demi par personne, vous obtiendrez : • Des opportunités d’affaires SOA définies, classées par priorité et établies. • Un consensus de gestion et une compréhension de la SOA et de son potentiel. • Un consensus de gestion et la compréhension de tous les aspects de l’activité. • De nouvelles approches de la stratégie d’entreprise, et peut-être la mise en place des bases pour un changement de stratégie. • Une trame de base permettant la réalisation de la première ébauche d’un plan de transformation SOA de haut niveau. La méthodologie comporte quatre parties : 1� Entretiens ciblés 2� Analyse et préparations d’atelier 3� Atelier 4� Documentation et suivi. 118 5 Repenser votre activité 1. Entretiens ciblés Les entretiens ciblés donnent un aperçu précis de la stratégie, des plans et des attentes d’un groupe d’acteurs clé. Ils sont menés individuellement avec tous les participants. Dans chaque cas, vous utiliserez un modèle d’entretien bien préparé. La batterie de questions et d’exercices est destinée à passer au peigne fin les stratégies d’entreprise et les opinions des individus, en adoptant plusieurs points de vue. Le public ciblé est l’équipe de direction et d’autres acteurs clé, dans l’idéal 8 à 10 personnes. Le but est d’obtenir une vue générale de la stratégie et des priorités comme trame de base d’un atelier. Le temps requis par entretien est de 2 heures. Exemple d’un entretien type : • Introduction : description des objectifs de haut niveau du plan de transformation et regroupement des attentes individuelles. • Quelles tendances observez-vous sur votre secteur ? Sont-elles perçues comme des éléments porteurs ou des obstacles ? • À plus long terme (au-delà de 5 ans), comment décririez-vous les objectifs et les perspectives de l’entreprise ? • Quels sont les principaux défis que votre société doit relever dans les 5 prochaines années ? • Quelles sont vos catégories de clientèle prioritaires ? • Quels canaux de distribution utilisez-vous pour atteindre ces segments ? • Quels sont les 5 changements majeurs auxquels vous aspirez pour vos principaux clients ? • Qui sont vos concurrents et pourquoi ? • Quels sont vos atouts ? (trois exemples) • Quelles sont vos principales opportunités ? (trois exemples) • Discussion : étude d’une chaîne de valeur hypothétique avec propositions de changement. • Discussion : étude du modèle de potentiels et identification des principaux flux d’information et des points d’interaction humaine sur un plan individuel. • Que pensez-vous du support informatique actuel ? Le jugez-vous satisfaisant ou non ? • Que pensez-vous des systèmes informatiques en termes de maturité, pour vousmême et pour l’entreprise en général ? • Priorités : organisation d’une session de tri de cartes destinée à identifier et définir les opportunités prioritaires. Dans l’idéal, les cartes doivent être identiques au bloc du modèle de potentiels. Le participant doit choisir cinq cartes (fonctions) au maximum qu’il juge prioritaires, puis les classer. Son choix donnera lieu à une discussion, et sera consigné. 119 SOA for Profit • • Connaissez-vous les applications informatiques utilisées par vos concurrents et souhaiteriez-vous disposer d’une application particulière ? Et enfin, avez-vous des conseils à donner pour notre travail à venir ? 2. Analyse et préparation de l’atelier Le travail consiste à compiler les résultats des entretiens au sein d’un récapitulatif, à établir un exemple commun de chaîne de valeur et de modèle de domaines/potentiels, puis à regrouper les résultats communs pour le classement des priorités d’opportunités. À partir des réflexions recueillies sur les meilleures pratiques, une recherche est menée pour identifier et décrire les meilleures pratiques de l’entreprise. D’autres meilleures pratiques SOA applicables à l’activité présente, connues ou identifiées par l’équipe du formateur, seront également rassemblées et définies. L’atelier doit être préparé avec minutie afin de prévenir tout dysfonctionnement en cours de travail. Comme le temps alloué est court, les interruptions inattendues ne seront guère souhaitées. Préparer l’atelier consiste à planifier les sessions de brainstorming, à établir des priorités et à identifier les éventuelles interférences à l’avance. 3. L’atelier L’atelier amorce les communications, établit un consensus et donne un aperçu commun des opportunités et de la voie à suivre. C’est une session d’une journée complète où le travail de brainstorming a généralement lieu après le repas. Exemple de l’ordre du jour d’un atelier : • Présentation des résultats des entretiens : « votre vision commune » (présentation par des discussions ouvertes, modérées). • « Typologie des possibilités » : exemples de meilleures pratiques SOA. De préférence, pour aller en profondeur dans l’organisation : pratique mondiale, pratiques du secteur et enfin segment industriel. Il est possible de commencer par une explication pour démystifier et éluder toute question existante (par une présentation). • Session de brainstorming : quelles sont vos opportunités de la SOA ? (brain storming modéré) • Classement dans des zones d’opportunités (par la technique de modération). • Classement des priorités à partir de la matrice Gain/Facilité (discussion/votes). • S’il reste du temps : stratégie en cascade pour opportunités prioritaires (brainstorming structuré). • S’il reste encore du temps : définition d’un plan d’action (discussion). 120 5 Repenser votre activité 4. Documentation et suivi Pour finir, les participants doivent documenter et utiliser les résultats des entretiens de l’atelier pour établir des modèles intégrables dans un plan de transformation SOA. Une fois le rythme pris, il est nécessaire de bien le conserver pour la suite du voyage SOA. 5.8 Comment les modèles industriels vous aideront-ils ? Pour étudier la valeur des modèles industriels et accélérer le processus, demandez-vous quelles sont les spécificités de votre entreprise. Qu’est-ce qui vous distingue de vos concurrents ? Et que veut dire « réajuster » ? Ne seraitce pas merveilleux de disposer, pour tous les « réajustements », d’un plan simple et tout prêt qui détaille les services, les potentiels et les processus ? Et peut-être aussi des solutions informatiques déjà toutes faites pour ces processus ? Bien sûr, il y a plusieurs façons d’y parvenir. Des modèles industriels qui décrivent les éléments communs au sein d’un secteur font leur apparition. De la même manière qu’un modèle de données commun qui décrit produits et services, les modèles industriels détaillent aujourd’hui les processus, les potentiels et les services. S’il existe déjà un modèle pour le secteur dans lequel votre société intervient, vous pourrez l’étudier ou participer à son élaboration ; cela vous facilitera le travail de « réajustement » lors de la modélisation et de l’optimisation de votre activité. Vous trouverez, par exemple, des cartographies de potentiels toutes faites. Le concept CBM (Component Business Modelling) d’IBM est un bon support pour cette ingénierie d’aller-retour (qui consiste à rattacher directement les modèles à la production de logiciels). Il possède des liaisons directes avec un éventail important de modèles de processus tout faits, rapidement exploitables comme solutions. En revanche, il y peu de choses à attendre pour ce qui rend votre société unique. Parfois, vous pourrez utiliser un modèle radicalement différent de la plupart de vos concurrents. En effet, un modèle d’une autre industrie peut aider. Mais en général, à chacun de définir son modèle. La règle d’or pourrait être : réutilisez tout ce que vous pouvez sans renoncer à vos avantages sur la concurrence. Et lorsque vous recherchez des éléments réutilisables, ne vous tournez pas obligatoirement vers des modèles complets. Vous pouvez aussi trouver des solutions spécifiques pour relever le défi de 121 SOA for Profit l’architecture en silos par rapport à l’architecture partagée par exemple, ou pour traiter un potentiel en particulier qui constitue un enjeu majeur pour votre société. 5.9 Synthèse Dans ce chapitre, nous vous avons présenté une nouvelle approche de votre activité, une façon d’appréhender du haut vers le bas les domaines, les services et les potentiels associés à votre entreprise. Cette approche permet aussi de repenser une organisation, en partant d’une entité fonctionnelle pour aboutir à une architecture orientée services, plus facile à modifier et davantage centrée sur des paramètres qui vous distingueront de vos concurrents. Nous avons démontré qu’il était assez simple de descendre jusqu’au niveau des services en quelques étapes, avec un niveau de détail progressif. Nous avons également décrit plusieurs aspects d’une transformation depuis l’organisation fonctionnelle avec son architecture orientée silos jusqu’à une architecture orientée services. La transformation est le résultat final du processus de refonte d’une activité. Pour terminer, nous vous avons donné quelques outils pratiques pour démarrer la discussion et définir les priorités de changement. 122 6 Une entreprise orientée services 6.1 Introduction Dans le chapitre intitulé « Repenser votre activité », nous avons expliqué comment les entreprises traditionnellement organisées en lignes de métiers se trouvaient confrontées aux difficultés d’un monde actuel en pleine mutation. Ces changements sont encore accélérés par les moyens de communication modernes qui réduisent les distances. Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi la philosophie et les objectifs SOA vous poussent à repenser votre activité. Dans le présent chapitre, nous vous montrerons comment appliquer les principes SOA au sein de l’entreprise. Nous expliquerons comment les entités, les équipes et les hommes peuvent eux aussi être perçus comme des services pour aboutir à une organisation réellement dynamique. À cette fin, nous présenterons le concept de bus de services humains (Human Services Bus). Même si nous n’attendons pas de vous que vous réorganisiez entièrement votre entreprise pour vous engager pleinement dans cette démarche, les informations qui suivent vous aideront à repenser votre activité et à anticiper les changements qui interviendront lorsque la SOA sera devenue le modèle d’architecture standard. 6.2 Un exemple Imaginez que nous sommes dans les années 1980 et 1990 et que vous êtes l’un des principaux opérateurs de téléphonie mobile du marché. Vous avez mis en place un business model en vous fondant sur les attentes des premiers acheteurs de téléphones portables. Sur cette base, vous avez défini une infrastructure et une organisation dotée de toutes les business units nécessaires. Vous disposez ainsi d’une société qui est en mesure de couvrir, le plus efficacement possible, la totalité des besoins identifiés des utilisateurs initiaux. Le pays est quadrillé par vos commutateurs et réseaux qui vous permettent de proposer les meilleurs tarifs pour tous les appels réguliers passés de presque tous les points du territoire. Vous vous êtes développé et êtes devenu le premier opérateur de téléphonie mobile. 123 SOA for Profit Votre entreprise s’est structurée avec les entités requises, chaque entité possédant son propre département informatique chargé de concevoir les meilleures solutions possibles pour l’assister. Toutes les entités sont ainsi optimisées et utilisent les solutions d’exploitation les plus performantes pour la réalisation de tâches spécifiques (facturation, entrée des factures clients ou opérations de commutation par exemple). Or, au fil du temps, des concurrents commencent à arriver sur le marché. L’un d’entre eux propose des contrats à tarif forfaitaire à ses clients s’ils appellent des numéros spécifiques. Un autre concurrent se distingue par l’excellence de ses services de centre d’appels qui permettent à la clientèle de demander le contrat le mieux adapté suivant son historique. Pour faire face à ces nouvelles offres et rester compétitif, vous étudiez votre structure et découvrez que toutes ces nouvelles offres vous obligent à repenser vos solutions informatiques. La structure naguère si performante se révèle brusquement un poids pour la survie de votre entreprise. Comme nous l’avons déjà mentionné, le concept SOA peut vous aider dans cette démarche. Il propose des services bien définis pour des tâches nouvelles ou des processus modifiés en prenant les résultats de plusieurs services de données des entités pour les combiner dans un nouveau service proposé aux clients. Vous pouvez envisager la mise en place d’un service de simulation de tarifs et de modèles d’utilisation par la clientèle à titre d’information. Jusqu’ici, une solution technique pourrait vous aider. Mais maintenant, votre agent de centre d’appels doit être autorisé à faire passer rapidement d’un tarif A à un tarif B le client qui appelle, simplement en contournant plusieurs paramètres, en fait en établissant un nouveau contrat entre votre société et le client. Et cela doit être possible immédiatement, sans interférence ni procédure complexe qui implique plusieurs lignes de décision. Si le client souhaite un tarif forfaitaire pour une zone particulière, il doit exister un moyen de faire appel à tous les services appropriés pour satisfaire ce client et de présenter un ensemble complet de services. Le client doit être localisé et facturé en fonction des nouvelles conditions tarifaires. L’exemple montre clairement qu’après l’installation d’une solution basée sur les services, le besoin d’une organisation adaptée se fait ressentir. Bien que la SOA soit la plate-forme la plus flexible pour les systèmes informatiques, le défi que l’entreprise doit relever est d’adapter sa structure afin d’exploiter à fond le potentiel lié à l’orientation des services. Dans l’exemple évoqué, cela équi- 124 6 Une entreprise orientée services vaut à responsabiliser l’individu et à proposer des règles de base pour l’utilisation de services qui puissent garantir aux clients la souplesse qu’ils exigent. 6.3 Une configuration dispersée mais bien cadrée Les structures hiérarchiques centrées autour de lignes de métiers (les silos d’une entreprise) ne sont plus assez efficaces pour garantir la réactivité requise afin de répondre aux mutations constantes auxquelles l’entreprise doit faire face. En conséquence, adopter la vision SOA permet de migrer vers de nouveaux modèles d’organisation destinés à la mise en place d’une entreprise orientée services. Voici certaines des caractéristiques de ce type d’entreprise. Les défis SOA pour l’organisation de l’entreprise • Il est impératif de supprimer les silos. • La flexibilité est obtenue par un regroupement autour des processus et des besoins de l’entreprise. • Une entreprise orientée services a besoin d’une organisation orientée services. • La SOA amène l’entreprise à l’informatique et inversement. • Les objectifs d’entreprise basés sur les demandes des clients déterminent les actions à entreprendre. • Un dialogue doit s’instaurer sur les services qui alignent l’entreprise avec l’informatique. • La SOA aligne les stratégies de l’entreprise et celles de ses services informatiques. Lorsque vous réorganisez l’entreprise pour rationaliser l’infrastructure orientée services, la priorité est de supprimer les silos, c’est-à-dire de dépasser les limites traditionnelles des entités. Il s’avère que les gens aiment travailler de cette manière : e-mails, portails collaboratifs et messageries instantanées permettent à tous de partager des informations. Ces échanges d’informations peuvent revêtir un caractère ad hoc ou planifié, synchrone ou asynchrone : le travail peut s’organiser aussi bien autour des besoins et des processus métiers. Il est important que certains processus, comme ceux initiés par la demande des clients, obéissent à des règles précises, qu’ils transitent par plusieurs business units et donnent les résultats escomptés. Ces processus peuvent être entièrement planifiés ou simplement amorcés en fonction de directives 125 SOA for Profit convenues. Néanmoins, vous devez absolument éviter toute implication non productive d’éléments non contributeurs, par exemple le fait de demander à un directeur s’il est possible de faire appel à une autre unité ou encore le fait pour la direction d’improviser des décisions à la va-vite lorsque l’employé désigné refuse de prendre des responsabilités. Les outils collaboratifs (e-mails, bases de données partagées, messageries instantanées, solutions VoIP intégrées, accès aux services informatiques et métiers) peuvent être considérés comme une épine dorsale, ou plus précisément, un ensemble d’outils de médiation conçus pour des personnes qui collaborent entre elles. De la même façon, un bus de services d’entreprise sert de médiateur au niveau technique. Enfin, les méthodes de travail visant à satisfaire les exigences des clients pourraient s’en voir modifiées, car il est désormais possible d’échanger pour accomplir les tâches requises. Ce type de modèle innovant d’organisation s’appelle « bus de services humains » [Bieberstein 2006]. 6.4 Le bus de services humains (HSB) Pour adapter sa structure, toute entreprise qui utilise un modèle comme le HSB (bus de services humains) doit développer sa sémantique SOA traditionnelle et décomposer les structures organisationnelles existantes (en les combinant pour optimiser les avantages et limiter les restrictions). 6.4.1 Le bus d’orchestration et de collaboration (COB) Dans son cœur, le HSB comporte un cadre de communication et de collaboration, c’est-à-dire un moteur informatique qui soutient sa structure logique. De la même façon que le bus de services d’entreprise associe les services dans un contexte SOA, le bus d’orchestration et de collaboration (COB, Collaboration and Orchestration Bus) associe les individus dans leur rôle au sein de l’entreprise. On peut ainsi imaginer une architecture de référence SOA peuplée d’individus et non de services programmés. Dans une entreprise, les employés, partenaires et clients sont à la fois demandeurs et fournisseurs de services. Le COB fournit l’infrastructure informatique nécessaire pour faire connaître de manière formelle les services d’équipe en proposant des outils de gestion 126 6 Une entreprise orientée services des flux de travail destinés à soutenir les activités communes et la coordination au sein des services (et des équipes), suivre la réalisation des tâches et anticiper les crises. Au niveau de chaque strate, les agents de service disposent d’outils spécifiques de planification et de conception afin d’identifier, orchestrer et chorégraphier les services de niche depuis les strates inférieures. Des tableaux de bord exécutables et des outils d’information configurables fournissent en temps utile des clichés instantanés de paramètres métriques sur des flux de services et des données de productivité. Employés Les services sont virtualisés et les individus composant les équipes assurant le service peuvent être géographiquement dispersés. Pour faciliter le travail d’équipe, le COB propose également un portefeuille d’outils collaboratifs. Un ensemble complet d’outils synchrones et asynchrones constituent l’arrièreplan de la messagerie du COB. Des systèmes comme les e-meetings avec tableaux blancs électroniques, les messageries instantanées, les webcasts et autres outils de communauté orientés tâches complètent les outils de communication synchrones existants (téléconférence par exemple). Avec l’avènement de Web 2.0 qui gagne actuellement du terrain dans l’entreprise, d’autres outils seront bientôt disponibles. Outils collaboratifs Outils d'équipe Clients / Partenaires Orchestration, Création et Suivi des services Outils externes pour clients et partenariats Services humains organisationnels Services d'équipe Services départementaux Services entité Services division Services groupe Bus d'orchestration et de collaboration (COB) Outil répertoire de services Outil répertoire d'actifs Outil répertoire d'employés ODOE et lieu de travail à la demande Figure 6.1 : Bus d’orchestration et de collaboration utilisé comme noyau du HSB La Figure 6.1 présente en détail l’organisation du COB. Les outils de classements en répertoires destinés à identifier les individus, les actifs et les services les mieux adaptés sont essentiels pour favoriser la collaboration au sein du HSB de manière à répondre aux attentes des clients. Les tâches d’orchestration des services et de suivi reposent sur des outils appropriés qui aident la direction à mettre en place les services identifiés et disponibles. Finalement, le résultat sera la fourniture du service demandé au client. 127 SOA for Profit 6.4.2 Définition de la structure de service Vous pouvez vous contenter d’installer le COB, ou seulement certains de ses composants comme les e-mails ou une base de données partagée, et laisser aux employés le soin de l’utiliser. Cela peut marcher dans les petites ou moyennes entreprises. Mais dans les grandes entreprises ou dans les unités importantes, une structure organisationnelle s’impose, qui relève indubitablement de la gouvernance et requiert un certain degré de discipline. Nous allons maintenant vous expliquer brièvement comment installer le bus de services humains (HSB). Le service constitue l’entité logique centrale du HSB. Les services recouvrent tout ce qui entre dans la réalisation d’une tâche spécifique, comme la définition des objectifs, les résultats tactiques ou la mise en place d’une stratégie. Les services peuvent également être regroupés en structures plus importantes et complexes. Services de groupe 1 Centrés sur la mission et les objectifs Services de division 1 Centrés sur la stratégie Services d’entité 1 Centrés sur la mission tactique Services départementaux 1 Centrés sur la définition des objectifs Services d’équipe 1 Services de groupe N Services de division N Services d’entité N Services départementaux N Orientés Services tâches d’équipe 2 et activités Services d’équipe N Figure 6.2 : Bus de services humains partie intégrante du réseau opérationnel 128 6 Une entreprise orientée services La Figure 6.2 illustre les différentes strates de services d’un HSB et leur raison d’être. De plus, pour optimiser les services et rationaliser les aspects opérationnels, des agents de service doivent être désignés. Ces agents sont des individus chargés de la surveillance, de la médiation ou de la chorégraphie des services. Leurs rôles et leurs responsabilités varient en fonction de la strate et restent essentiels pour le HSB. Services d’équipe Ce sont les services les plus importants du HSB. Ils sont clairement définis pour la réalisation de tâches et d’activités qui entrent dans les compétences clés de l’entreprise. Les compétences des services d’équipe, comme le « test fonctionnel du composant A dans le produit XYZ », le « benchmarking des performances d’accès aux données sur le marché de la vente au détail », et le « support client numéro un pour le composant B dans le produit XYZ », sont pointues et précises. L’agent de service de cette strate est un directeur qui joue le rôle de « médiateur » et veille à ce que le service soit opérationnel et conforme aux obligations contractuelles. Son but est d’optimiser les liens avec le moteur collaboratif, d’identifier les problèmes au quotidien et de gérer régulièrement la motivation et l’éthique de l’équipe. Services départementaux Les services d’équipe sont regroupés au niveau départemental pour la réalisation des objectifs clés de l’entreprise. Le but est de créer des services départementaux comme le « test du composant A dans le produit XYZ », le « benchmarking de performances sur le marché de la vente au détail », et le « support client sur le composant B dans le produit XYZ ». Les senior managers sont les chorégraphes du service de niveau un. Ils doivent cerner les objectifs d’entreprise qui leur ont été attribués. À cette fin, ils créent un flux de travail basé sur les services existants et s’assurent que les liaisons entre les flux sont rationalisées par des contacts avec les directeurs des services d’équipe. Services d’entité Ces services sont constitués en chorégraphiant les services départementaux pour la conduite des tâches tactiques de l’entreprise. Citons par exemple les « tests du produit XYZ », le « benchmarking des performances d’industrie », et le « support client du produit XYZ ». Les services de business unit peuvent aussi compléter l’orchestration des services départementaux en encourageant directement les services d’équipe à satisfaire certaines de leurs exigences fondamentales. Il faut des talents d’encadrement pour concevoir ces services chargés d’exécuter et de proposer les éléments tactiques et de gérer les résultats 129 SOA for Profit clés de pertes et profits. Un directeur est responsable de la chorégraphie des services départementaux et des services d’équipe conformément aux exigences requises. Il collabore avec les agents de service des strates inférieures afin d’évaluer les services dont a besoin son unité. Il localise les goulots d’étranglement des processus, reformule les caractéristiques des services si nécessaire, élimine les redondances et définit de nouveaux services « émergents ». Services de division Les services de business unit doivent être modulés en fonction des objectifs stratégiques de l’entreprise. Les services de division peuvent être la « gestion du produit XYZ », la « gestion de solutions industrielles », les « relations clients », etc. Ils ont à leur disposition les services d’équipe, les services départementaux et les services de division et peuvent les amener à leur niveau de granularité optimale. Les senior managers, comme les vice-présidents et les directeurs généraux, doivent réaliser les objectifs stratégiques en orchestrant les services de division et en canalisant les fonds de la manière la mieux adaptée. Services de groupe Ces services sont entièrement dédiés à la conduite de la mission et des objectifs de l’entreprise. Ils définissent les stratégies et les gèrent en orchestrant les services de division comme les « services de portefeuilles logiciels », les « services de solutions industrielles », etc. Les vice-présidents seniors (SVP, Senior Vice President) travaillent en collaboration avec le CEO et son équipe pour définir les objectifs périodiques et la stratégie générale de l’entreprise. Chaque SVP suit les performances et les résultats de ses services de division et d’entité et établit des directives à cet effet. La taille des équipes qui constituent les services dépend de l’activité, de la portée des missions et de l’importance des services. Certains services très sollicités (par exemple les services administratifs/le secrétariat) peuvent être redondants et assistés d’une multitude d’équipes. La densité requise d’un service particulier sera déterminée en fonction des besoins de l’entreprise et des coûts. Définir des services avec des activités différenciées et des résultats distincts facilitera la démarche de rationalisation d’une grande structure, et permettra de supprimer les équipes redondantes et de réduire les dépenses. La tâche de différenciation des services en sera facilitée, car il sera plus aisé d’éliminer les services moins stratégiques et de créer de nouveaux services avec des besoins « émergents ». Grâce à cette souplesse, l’entreprise pourra faire 130 6 Une entreprise orientée services preuve d’une grande réactivité face aux nouvelles opportunités et aux menaces de la concurrence. Les services basés sur l’informatique et sur les individus à la fois seront externalisés de la même manière et le contrat de services défini par l’interface fera abstraction de l’origine du service. 6.5 L’importance du Web 2.0 pour une entreprise orientée services La souplesse d’intervention de la part de services informatiques flexibles exige une transformation de l’activité de l’entreprise par : • Une réorganisation de l’environnement informatique pour une plus grande flexibilité. • Une réorganisation des structures d’entreprise jusqu’au niveau de souplesse demandé. • La méthode permettant de rendre une « entreprise agile » opérationnelle. • Le fait que les outils et le service informatique constituent simplement des moyens, et non pas des éléments moteurs. • L’utilisation des besoins et des objectifs d’entreprise comme éléments moteurs fondamentaux. • L’évaluation de la réussite service par service. • Une organisation répondant aux besoins des professionnels habilités. • L’établissement de directives et de structures organisationnelles destinées à une entreprise orientée services. Comme nous l’avons résumé dans l’encadré ci-dessus, les outils de création des services ou des processus métiers constitués de services bien définis et orchestrés sont proposés aux experts pour leur utilisation et réutilisation. Outre les services planifiés, pré-planifiés et préparés, il existe un nombre accru d’outils destinés aux professionnels pour modifier et concevoir ad hoc des services et des outils. Ces outils sont compatibles Web 2.0. La communication asynchrone est assurée par des équipes spécialisées, des bases de données de projet, des portails et des forums d’équipe interactifs ainsi que par des e-mails. De plus, Web 2.0 propose des outils à la portée de chaque personne engagée dans le modèle HSB qui souhaite personnaliser son espace de travail et créer des outils ad hoc utiles. Le Tableau 6.1 fournit une vue d’ensemble des diverses technologies proposées sous Web 2.0. 131 SOA for Profit Technologies Définition des tâches et usages Réseaux sociaux Technologie destinée à favoriser les contacts personnalisés RSS Standard pour utilisateurs souhaitant collecter et lire des contenus Logiciel open source Logiciel public Blogs Journaux en ligne contenant des textes, images et autres supports électroniques Moteurs de recherche Moteurs disponibles pour la recherche de contenus Web Portails de consultation Portails de consultation de services ou produits utilisateur Partage de fichiers P2P Partage de fichiers média entre des communautés en ligne eCommerce C2C Plate-forme de vente de produits en ligne Sites comparatifs de prix Sites permettant aux consommateurs de comparer les prix des produits et des services proposés en ligne Podcasts Vidéo ou audio en ligne à télécharger pour un usage répété Wikis et autres outils collaboratifs Publication partagée sur Internet Tagging Métadonnées affectées à des éléments sur Internet Tableau 6.1 : Technologies Web 2.0 Chaque employé au sein de l’entreprise peut utiliser la plupart des technologies du Tableau 6.1 comme de véritables services. Néanmoins, suivant le savoir-faire des uns et des autres, les outils autogénérés deviennent plus ou moins sophistiqués et sont proposés à leurs homologues. À un certain niveau, un marché spécifique peut même se développer au sein d’une entreprise, ce qui signifie que des solutions logicielles sont proposées et déployées, indépendamment du service informatique central. La tâche consiste désormais à proposer la plate-forme adaptée et à suivre les actions continues sur le net afin d’éviter toute action abusive ou illicite. Comme le rôle d’un directeur est de s’impliquer de plus en plus dans la définition et la surveillance des règles, le système informatique central devient un fournisseur d’infrastructures, de services informatiques et une unité de mesure. Reportez-vous au chapitre 7 pour plus d’informations sur les rôles et implications des individus à ce sujet. Pour garantir une approche flexible et souple au sein de l’entreprise, il est souhaitable de laisser cette plate-forme se développer librement. Le service informatique central doit simplement surveiller l’apparition d’effets secondaires indésirables et apporter un conseil. Toute tentative de réglementation stricte et d’application de processus de 132 6 Une entreprise orientée services validation formelle réduira à néant les avantages. Par ailleurs, les collaborateurs les plus jeunes, qui ont grandi avec l’informatique, seront déçus de ne pas pouvoir adapter leurs outils en fonction de leurs besoins immédiats. 6.6 Synthèse Prenez les concepts SOA et utilisez-les pour façonner les interactions entre les collaborateurs, les équipes et les unités ; vous assisterez à l’émergence d’une organisation d’un type résolument nouveau : flexible, auto-optimisante et potentiellement ouverte aux interactions au-delà des limites organisationnelles. Vous verrez ainsi comment les services combinés à certains outils technologiques de communication peuvent aboutir à une méthode de travail radicalement nouvelle. Pour les entreprises plus importantes, ce nouveau modèle nécessite aussi un encadrement et une structure, qu’il s’agisse de référentiels ou d’éléments organisationnels (définitions de nouveaux rôles et tâches, unités possédant le pouvoir de décision et l’autorité, législation de base ou règles d’éthique, etc.). Même si votre entreprise n’est pas prête pour un tel changement, il peut être intéressant de déterminer si de nouveaux venus peuvent aisément entrer sur le marché en utilisant ce modèle. Et dans l’affirmative, en quoi votre position sur le marché en serait-elle affectée ? Néanmoins, l’organisation seule ne garantit pas le succès. Une entreprise orientée services a également besoin de collaborateurs dotés de rôles et de comportements orientés services, adaptés pour animer une telle structure, comme nous le verrons au chapitre 7. 133 7 Des collaborateurs orientés services 7.1 Introduction Comme nous l’avons expliqué dans notre chapitre sur l’orientation services et, au début, dans les réflexions fondamentales sur la transformation de l’activité et la gestion des changements, vous pouvez utiliser certains éléments organisationnels et opérationnels pour obtenir les résultats escomptés. Néanmoins, les collaborateurs sont et resteront le facteur clé du fonctionnement de l’entreprise. Ils constituent aussi l’actif le plus important pour relever les nouveaux défis auxquels chaque organisation se trouve confrontée. L’adaptation d’une architecture orientée services nécessite des collaborateurs orientés services. Dans ce chapitre, nous allons décrire deux dimensions essentielles de ces collaborateurs orientés services : leur rôle dans une entreprise orientée services et les implications d’un tel engagement pour les collaborateurs, leurs compétences, leurs profils personnels et leur comportement. Ces deux éléments se révéleront essentiels pour le succès de l’entreprise. Les mutations opérées dans l’économie mondiale nécessitent, de la part des entreprises concurrentes, la plus grande souplesse d’adaptation possible. C’est la raison pour laquelle les collaborateurs au sein d’une entreprise doivent faire preuve d’un degré de flexibilité plus important que jamais et s’orienter vers les exigences des clients et du marché. 7.2 Rôles SOA Les rôles décrits dans ce chapitre sont tirés d’exemples réels. Une personne peut assurer un seul ou plusieurs rôles et un groupe de personnes peuvent remplir conjointement une fonction spécifique ; tout dépend de la situation de l’entreprise. Lorsque nous parlons de rôles, nous voulons mettre en valeur les tâches et les responsabilités propres à l’organisation orientée services de l’entreprise. 135 SOA for Profit Comme l’ont démontré Peter Weill et Jeanne W. Ross dans leur travail sur la gouvernance informatique, les moyens de parvenir à la meilleure organisation de l’entreprise sont multiples. En effet, il existe plusieurs combinaisons de droits et de règles relatifs à la prise de décision, d’institutions, d’équipes, de choix des décideurs et d’autres critères qui déterminent le succès de la gouvernance de l’entreprise. Nous avons déjà évoqué la nécessité d’un lien plus étroit entre l’entreprise et son système d’information, qui représente l’un des facteurs majeurs de réussite de la mise en œuvre d’une approche SOA. Par ailleurs, comme plusieurs analystes l’ont supposé, il est impératif que l’informatique s’adapte à toute ligne de métiers au sein de l’entreprise. L’informatique n’est donc plus perçue comme une simple unité exécutante qui ne représente qu’un coût. Sa contribution dans la valeur de l’entreprise en général, ainsi que dans des cas d’activité concrets, est maintenant reconnue. Avec un plus grand nombre de services et une infrastructure SOA plus étoffée pour concevoir rapidement de nouvelles solutions, l’informatique sera moins technique et davantage orientée vers les connaissances métier. L’informatique deviendra un véritable partenaire de l’entreprise. Fini le temps où les entités donnaient leurs instructions pour que les départements informatiques puissent résoudre les problèmes, fournir des solutions et assurer la maintenance au bénéfice de l’activité. Un authentique dialogue va s’instaurer. Si dans le passé, la solution finale ne reflétait pas vraiment les besoins de l’entreprise ou que les services informatiques prenaient trop de temps à proposer une solution adaptée, les business units prenaient la liberté de s’adresser au marché pour trouver les meilleures solutions dont elles faisaient l’acquisition ; elles demandaient ensuite à leurs départements informatiques de les intégrer et d’en assurer la maintenance, sans impliquer ces derniers dans la décision d’achat. Le résultat est visible dans presque toutes les entreprises actuelles, où plus de 80 % des efforts déployés restent encore consacrés à l’intégration et à la maintenance d’une multitude de solutions ponctuelles, chacune d’entre-elles étant conçue pour couvrir non seulement un domaine, mais tout l’environnement afin de devenir une solution à part entière. Bien sûr, les fournisseurs de logiciels et intégrateurs de solutions ne pensaient pas en termes de réutilisation et d’intégration lorsqu’ils concevaient leurs solutions, comme cela est le cas désormais avec la SOA. Il existe un patrimoine important – même 136 7 Des collaborateurs orientés services s’il n’a que quelques années – qui nécessite une intégration. Maintenir des solutions conçues pour une multitude d’environnements et de plates-formes signifie aussi que les départements informatiques doivent soit disposer en interne de compétences étendues, soit recourir à des fournisseurs compétents. Dans ce nouveau contexte de rapprochement de l’informatique avec l’entreprise, le rôle de l’architecte d’entreprise devient primordial. 7.2.1 L’importance de l’architecte d’entreprise comme médiateur entre métier et service informatique Le profil des compétences d’une personne assumant le rôle d’architecte d’entreprise médiateur est certainement plus étendu que celui, par exemple, d’un développeur de logiciels ou d’un propriétaire de processus métiers dans une entité donnée. Néanmoins, les connaissances et l’expérience de l’architecte ne sont pas aussi pointues que celles de ces experts. La Figure 7.1 illustre les domaines clés d’expertise et la valeur ajoutée de l’architecte au sein d’une entreprise, son rôle étant d’assurer un équilibre des objectifs. L’entreprise a pour principales exigences d’être aussi flexible que possible sur le marché, d’accroître ses recettes et de veiller au respect du nombre grandissant de règles et réglementations imposées par les entités politiques et industrielles. De même, l’informatique doit suivre certains standards, soit des standards volontairement mis en place en interne, à l’instar de règles valables pour l’ensemble de l’entreprise, soit des standards développés par l’industrie informatique, par des groupes indépendants (open source) ou par des fournisseurs. Parallèlement, l’informatique doit se plier aux exigences imposées par les solutions souhaitées pour les consommateurs au sein de l’entreprise. Compte tenu du cas particulier de l’infrastructure SOA, l’informatique sera un instrument de mesure de l’activité de l’entreprise (par une surveillance des indicateurs de performance clés), mais aussi de son propre service (par exemple, avec des données sur les performances pour lesquelles les contrats de niveau de service ont été établis). 137 SOA for Profit Accélérer mise sur le marché Augmenter recettes Conformité de l'activité Objectifs métiers Fonction (définition services) Aligner objectifs métiers et informatique Architecture d'entreprise Architecture de référence Sécurité et conformité SI Performance et qualité (KPI) Objectifs SI Gouvernance Feuille de route Figure 7.1 : L’architecte d’entreprise, médiateur entre le métier et le service informatique Dans une entreprise orientée services, l’architecte doit connaître le contexte et disposer d’une bonne compréhension des problèmes liés à la fois au métier et à l’informatique pour pouvoir jouer le rôle de médiateur entre des priorités souvent contradictoires. Les tâches et responsabilités spécifiques sont traitées en créant une architecture de référence, véritable feuille de route vers le concept de SOA adaptée à l’entreprise et à ses entités, et enfin en appliquant le suivi de la gouvernance, comme nous l’avons évoqué dans l’un des précédents chapitres. Le fait que l’architecte d’entreprise possède ou non des connaissances en informatique, dans l’organisation COO ou dans une entité spécifique, ne constitue pas une priorité. L’acceptation du rôle de ce collaborateur (ou dans le cas d’une plus grande entreprise, de l’équipe d’architectes) par les deux parties est beaucoup plus importante. En général, cette acceptation ne s’impose pas par décret. Elle s’acquiert en faisant preuve de compétences et de talents éprouvés. Des qualités telles que la diplomatie et le leadership sont particulièrement indispensables. Une des tâches qui entrent dans les attributions d’un architecte est l’établissement de la feuille de route SOA de l’entreprise, par exemple, à partir du modèle de maturité décrit au chapitre 8. La fonction de l’architecte est de tracer la feuille de route et de coordonner les travaux qui s’imposent. Cette démarche nécessite une interaction et des talents de diplomate pour jouer le rôle de médiateur du fait d’intérêts souvent contradictoires ou divergents entre métier et informatique. 138 7 Des collaborateurs orientés services Comme nous l’avons déjà expliqué, l’architecte occupe une position centrale entre les deux camps : les spécialistes informatiques d’une part et le métier lui-même. Généralement, il guide le centre d’excellence SOA ou toutes les autres entités de gouvernance chargées du voyage SOA. Mais il exerce également une multitude de rôles particuliers décrits dans les sections suivantes. 7.2.2 Autres rôles clés dans le cadre de l’approche SOA Parmi les autres rôles clés qui comptent dans une entreprise, nous évoquons les plus fréquents. Comme nous l’avons déjà expliqué, un rôle peut être assuré par une ou plusieurs personnes. Une seule personne peut également remplir plusieurs rôles. Cela dépend essentiellement de la taille de l’entreprise. Le champion du service métiers Le champion du service métiers (BSC, Business Service Champion) est l’élément central dans l’évolution de l’entreprise vers une architecture orientée services ; il apporte au programme une compréhension approfondie des métiers et de l’informatique. Le rôle doit être rempli par une personne très respectée par les deux camps. Le BSC occupera une fonction au sein du comité CoE (centre d’excellence) SOA, normalement mis en place comme un élément clé pour l’organisation de la gouvernance SOA. Outre les responsables informatiques identifiés (architecte d’entreprise, BSC et autres professionnels confirmés suivant la taille de l’entreprise), chaque ligne de métiers principale doit être « virtuellement » représentée au sein de ce comité par des délégués habilités. Comme nous l’avons souligné, le rôle de BSC de l’architecte d’entreprise nécessite une excellente compréhension des capacités du processus métiers et de l’informatique. Néanmoins, la fonction principale est de traiter les problèmes liés aux processus métiers pour encadrer la planification des services et des solutions. Une personne occupant cette fonction doit posséder la crédibilité requise pour identifier les problèmes liés à ces processus et guider la planification voulue suivant les changements informatiques et métier dans un domaine particulier. De plus, il lui est demandé de bénéficier d’une excellente compréhension des concepts SOA et de modélisation métiers, et de comprendre les mesures de conformité et le modèle de gouvernance d’entreprise. La gestion des relations 139 SOA for Profit et des attentes du CoE SOA fait partie des tâches dont le but est d’évaluer précisément la portée des efforts du service. Enfin, le recours aux meilleures pratiques du secteur complète l’expertise du BSC. Dans ce rôle, les solutions sont développées et doivent être vendues aux métiers et au service informatique de façon équilibrée. Comme c’est le cas pour tous les membres du comité CoE, il n’est certainement pas aisé de trouver un juste milieu, dans ce contexte, entre les améliorations métiers à court terme et une transformation stratégique à plus long terme. Cela est possible en associant les visions relatives aux métiers et celles s’appliquant à l’architecture informatique, c’est-à-dire en revenant au lien fondamentalement étroit entre ces deux entités, un lien dont nous avons déjà supposé l’existence et qui constitue la base de toute SOA. Le responsable du registre de services Le responsable du registre de services est le gardien des métadonnées du service de l’entreprise, son rôle étant de promouvoir les référentiels de réutilisation déjà en place. Ce responsable complète les référentiels d’actifs avec des métadonnées appropriées et des opportunités de recherche. Il aide également à la création et facilite la mise en œuvre de la discipline nécessaire pour peupler le référentiel. Afin d’éviter toute création de services redondants, le responsable demande aux équipes de projet de parcourir le référentiel avant d’entamer toute tâche de création/développement. Toute personne qui remplit ce rôle doit bien maîtriser les concepts SOA, notamment les anciennes technologies SOA, et être formé au développement des procédures d’utilisation des actifs de services au regard de la SOA. Elle doit également connaître sur le bout des doigts les concepts et les architectures de métadonnées et de recherche. Par ailleurs, pour remplir pleinement cette fonction, le collaborateur ou l’équipe doit déjà posséder une expérience dans la mise en œuvre des processus de contrôle des référentiels en se concentrant sur les composants et les services réutilisables. Cette personne doit aussi mettre en place et suivre les outils des référentiels de services et leurs interfaces d’accès et assister toutes les parties concernées en matière de processus d’identification des services. Son rôle consiste également à dégager un consensus autour de la publication des services en vue d’établir les stratégies et les standards d’entreprise tout en s’engageant dans la mise en place des stratégies et standards associés à la publication des services dans le référentiel. 140 7 Des collaborateurs orientés services Dans cette fonction, le responsable soutient les autres membres du CoE et aide à promouvoir la communication entre fournisseurs et consommateurs de services. Par rapport aux incitatifs ou autres moyens de gouvernance déjà mentionnés, cette personne peut être contrainte de contrôler l’utilisation et la réutilisation des services. Qu’elles soient assumées par trois collaborateurs différents, par une équipe plus importante ou par une seule et même personne au sein de l’entreprise, ces trois fonctions (architecte d’entreprise, champion des services d’entreprise et le responsable du registre de services) constituent le noyau de toute transition réussie vers une entreprise orientée services. Nous allons ajouter ci-après quelques fonctions, ou plus précisément quelques tâches identifiées pendant la mise en place et le fonctionnement d’un atelier informatique SOA. Ces fonctions doivent coopérer très étroitement et utiliser les outils et les moyens collaboratifs les plus récents, notamment le référentiel de services. L’analyste d’entreprise L’analyste d’entreprise regroupe les exigences fonctionnelles des utilisateurs et donne à l’équipe une connaissance du domaine. Il doit connaître le langage de l’entreprise et posséder les connaissances spécifiques du secteur et du domaine. Dans une approche SOA, l’analyste doit utiliser les méthodologies présentées au chapitre « Repenser votre activité ». Le développeur de services Le développeur de services crée et teste la mise en œuvre des logiciels. Avec la SOA, ce rôle ne change guère ; toutefois, le code doit être écrit dans les programmes SOA sous forme de services, d’où l’appellation développeur de services. Le spécialiste sécurité Le spécialiste sécurité est responsable de la définition des directives (stratégies) de sécurité et de la mise en œuvre des moyens de sécurité associés. Les directives sont conformes aux standards du secteur dans la mesure où elles reflètent la stratégie validée de l’entreprise en relation avec les partenaires commerciaux. Ainsi, dans le secteur pharmaceutique par exemple, cela revient à agir au sein d’une chaîne d’approvisionnement en tant que fournisseurs ou partenaires de développement. 141 SOA for Profit L’administrateur système et base de données Ce responsable assure l’installation et la maintenance continue de l’infrastructure technique : matériel, systèmes d’exploitation, bases de données et middleware. Certains aspects de l’intégration des informations sous SOA donnent encore plus de poids à cette fonction par rapport aux administrateurs traditionnels de bases de données. L’administrateur doit disposer de compétences qui permettent le développement, la gestion et la maintenance des services d’information préconisés dans le contexte de l’architecture de référence SOA. Le déployeur de services Le déployeur de services prend en charge les éléments de développement et les installe dans l’environnement exécutable voulu. Le testeur de l’intégration des services Le testeur est responsable des différentes étapes de test standard comme les tests d’intégration, de chargement et de validation. Il définit également les cas à vérifier pour les tests d’interopérabilité et de conformité des services. Son rôle est aligné sur celui de l’architecte et des responsables de la gouvernance, comme préalablement décrit. C’est un rôle d’assurance qualité. Le façonneur d’outils Le façonneur d’outils est responsable de la conception et de la mise en œuvre des scripts spécifiques au projet, des générateurs et d’autres services nécessaires dans le cadre de la SOA. Son rôle peut diminuer à mesure qu’apparaissent sur le marché des outils de développement de plus en plus sophistiqués. Néanmoins, il est toujours judicieux de disposer au sein de l’entreprise, d’une personne qui sait modifier et paramétrer des outils en fonction des besoins des utilisateurs, des développeurs et des consommateurs. Cette personne peut même devenir un conseiller, notamment par rapport à Web 2.0, les utilisateurs étant généralement amenés à modifier leur espace de travail en fonction de leurs tâches quotidiennes. L’animateur des transferts de compétences Ce rôle donne accès à des experts du domaine et à des instructeurs techniques qui apportent leurs connaissances pointues concernant la SOA et dans la plupart des cas, les services Web et les actifs de mise en œuvre. En associant des cas pratiques d’utilisation apparus au fil des exigences, ce rôle peut faci- 142 7 Des collaborateurs orientés services lement être assuré par des « customer proxies », qui représentent des demandes de services individuelles dans la SOA. Une fonction caractéristique de cet animateur est d’apporter une assistance au responsable du registre des services. Ce rôle peut également faire partie intégrante du travail du responsable du registre, suivant la taille des équipes. Le responsable projet SOA Ce rôle est une évolution du responsable projet traditionnel. Le responsable projet SOA ne doit pas se contenter de planifier des cycles de fourniture beaucoup plus courts. Il doit également définir de nouveaux modèles de validation. Le responsable projet SOA doit collaborer avec les fournisseurs de service afin d’établir des contrats de niveau de service appropriés et de déterminer l’usage des ressources. L’importance de ce rôle grandit avec l’utilisation accrue de services regroupés (ceux composés d’autres services). L’administrateur système SOA Outre la gestion et la surveillance de l’infrastructure de plate-forme, l’administrateur système gère également les contrats d’entreprise et de niveau de service dans le contexte SOA. Très souvent, il assiste le responsable du registre de services évoqué ci-dessus. Néanmoins, l’administrateur système SOA occupe un poste administratif, non proactif. Le concepteur de flux de processus Le concepteur de flux de processus est moins un expert de l’intégration qu’un spécialiste en charge de la recherche de possibilités explicites et déclaratives d’orchestration de services (agrégation, composition). Le concepteur se concentre sur les flux techniques correspondant à des processus métiers particuliers. Son importance s’accroît en raison du standard BPEL et du nombre croissant de fournisseurs d’outils de modélisation des processus métiers qui assurent l’interface entre la création des processus métiers et les processus exécutables. Comme le nombre de services de base proposé est supérieur au nombre de services combinables dans les domaines d’activité correspondants, l’automatisation des flux augmente et avec elle, par conséquent, la responsabilité du concepteur de flux de processus. La SOA permet une mise en œuvre plus rapide des processus métiers en mutation adaptés aux situations changeantes. 143 SOA for Profit Le testeur d’interopérabilité Le testeur d’interopérabilité doit s’assurer de la bonne interopérabilité de toute mise en œuvre développée par les demandeurs et fournisseurs. Une autre activité essentielle consiste à vérifier la conformité de l’interopérabilité des services Web (WS-I) et la conformité aux standards industriels. L’administrateur registre L’administrateur registre détermine le mode de personnalisation et de peuplement d’un modèle générique de données de registre. En général, c’est un rôle optionnel. Il dépend également du standard choisi ou de l’existence éventuelle d’un autre modèle de données propriétaires au sein de l’entreprise. Dans ce cas, une autre fonction similaire, souvent partie intégrante de l’entité chargée de la gouvernance informatique, pourra intervenir en tant qu’administrateur système SOA ou assumer le rôle de responsable registre. 7.3 L’impact sur les collaborateurs Avec la SOA, ce ne sont pas seulement les compétences qui changent ou qui sont redéfinies ; d’autres paramètres ont un impact certain sur les attitudes, les talents et les comportements personnels au sein d’une entreprise orientée services. La compréhension des services et des composants de ces services représente l’élément fondamental d’une approche SOA, les collaborateurs au sein de l’entreprise devenant des consommateurs et des fournisseurs de services, comme nous l’avons évoqué dans le chapitre sur l’organisation orientée services. Pour profiter pleinement d’un modèle de services SOA flottant, chaque professionnel se voit attribué davantage de droits de décision et de pouvoir, ce qui lui permet d’intervenir sans autorisation ni instruction détaillée de la direction ; l’adhésion à l’ensemble des règles et réglementations suffit. Cela signifie que l’entreprise dans sa globalité devient plus souple et peut réagir plus rapidement aux demandes des clients. 7.3.1 Le professionnel orienté services Pour les collaborateurs de l’entreprise, cela signifie également plus de responsabilités, une plus grande exposition et moins d’excuses du type : « on m’a dit de faire ça » ou « dans ce cas, la réglementation dit que… ». Comme la production industrielle s’est largement automatisée, nous nous trouvons confrontés à 144 7 Des collaborateurs orientés services une période d’automatisation des processus métiers où toutes les procédures standards itératives sont programmées pour être exécutées par l’informatique. De même, l’interaction humaine est devenue un élément annexe dans l’industrie manufacturière. Actuellement, l’homme fournit des paramètres d’entrée, relève les résultats et assure la surveillance des processus. De nos jours, les technologies avancées qui favorisent un déroulement chorégraphié des services ou des composants métiers permettent une définition plus flexible de ces processus métiers. Pour autant, l’individu doit-il devenir une unité programmée ? Certainement pas ! La tendance à long terme dans le secteur manufacturier démontre que l’homme joue un rôle d’initiateur, de surveillant et de contrôleur pour des activités à la fois simples et relativement complexes, les travaux répétitifs étant assurés par les machines. De la même façon qu’avec les machines, des tâches administratives et un nombre grandissant de services ont été automatisés pour faciliter le travail de certaines entités : la force de vente qui dispose directement sur le terrain d’informations concernant les clients et leur situation financière, les experts comptables spécialisés en fiscalité qui accèdent à des règles (rapidement obsolètes) formulées de manière intelligente, les « communicants » qui peuvent présenter des offres adaptées à chaque client, et bien d’autres encore. Souvent, les tâches automatisées doivent changer brusquement, tout en présentant toujours une interface familière aux utilisateurs du système. La fonction fondamentale de la SOA que nous avons décrite – à savoir la séparation des domaines illustrée dans l’architecture de référence SOA – autorise l’échange de certains services des applications métiers (par exemple, une nouvelle formule pour calculer les taux d’intérêt ou les impôts dus) ou même, la refonte intégrale d’un processus métiers, sans aucune modification de l’interface utilisateur ou de la structure de la base de données ou encore de toute application patrimoniale intégrée, lorsqu’il n’existe pas de réel besoin. Les collaborateurs apprendront en temps utile à obtenir des informations ou à utiliser à bon escient des services d’information ad hoc pour leurs besoins immédiats. S’inscrire dans une structure organisationnelle telle que le bus de services humains nécessitera un surcroît de dynamisme de la part des personnes impliquées. En revanche, l’expérience commune acquise avec Internet nous a préparés à cet environnement car nous sommes tous habitués à rechercher en ligne des multitudes d’informations, de produits et de contacts. Même les générations à venir adopteront cette démarche naturellement, sans aucune restriction. 145 SOA for Profit Les aspects de la vie privée, du contrôle d’accès et des thèmes stratégiques associés feront certainement l’objet de nouvelles discussions à la lumière des marchés mondiaux et de la population active à l’échelle internationale. Récemment, des syndicats ont commencé à revoir leurs positions et à se regrouper au sein d’organisations internationales car un nombre croissant d’entreprises déploie leurs activités à l’échelle de la planète, soit individuellement, soit par des partenariats commerciaux dans le monde entier. 7.3.2 Le rôle du responsable orienté services Dans une entreprise orientée services, les rôles et responsabilités des managers vont évoluer vers une approche de surveillance marquée du système en place, en fonction des règles définies au sein de l’entreprise. Pour obtenir le maximum de la part des équipes et des entités, les managers devront « responsabiliser » leurs employés et leur proposer des outils, des droits d’accès et des règles adaptés pour leur permettre, dans toute situation, de réagir de façon aussi rapide et adéquate que possible aux demandes de leurs clients. Une part de cette fonction consiste à planifier, déployer et évaluer les nouveaux processus métiers tout en exploitant le potentiel SOA dans ce sens pour garantir une certaine flexibilité. Étant donné que l’interaction humaine au sein d’un bus de services humains, ou simplement dans un processus donné, a été prévue pour fonctionner suivant les rôles, les compétences et les talents requis, la fonction des directeurs est d’assurer un encadrement adapté. Dans de nombreux cas, les compétences des employés sont regroupées et actualisées au moyen de certifications et de séminaires. Cette approche fournit une vue d’ensemble relativement juste des aptitudes cognitives des collaborateurs. Mais pour obtenir les meilleurs résultats dans une économie orientée services, il y a lieu de définir d’autres aspects non techniques à traiter. Comme nous l’avons vu dans plusieurs cas pratiques et comme nous le montre l’expérience, il existe des aspects sociologiques et psychologiques qui déterminent le succès d’un groupe, et en fin de compte d’une entreprise. D’après les résultats obtenus, les équipes et les entreprises qui fonctionnent bien, ne disposent pas seulement de structures optimisées et de procédures efficaces. Elles détiennent également un certain potentiel humain qui fait la différence. De manière générale, on obtiendra les meilleurs résultats possibles d’une équipe en combinant suivant un certain dosage les talents, les 146 7 Des collaborateurs orientés services compétences et les tempéraments de chacun. La tâche d’un directeur est donc de veiller au bon dosage. Il existe des outils d’aide aux tâches d’encadrement, comme les registres d’employés qui permettent de consigner non seulement les connaissances techniques ou les diplômes obtenus, mais aussi de dresser un portrait du talent et du tempérament des collaborateurs, en donnant une représentation exacte des tâches, des missions, des activités que le collaborateur apprécie ou n’apprécie pas. Un registre qui met l’accent sur les talents et les préférences des collaborateurs est idéal pour permettre au directeur d’assurer un bon encadrement de ses équipes. Ce registre met en avant des caractéristiques (par exemple sur les personnes les mieux à même de collaborer entre elles) afin d’éviter tout conflit interne entre collaborateurs. Dans de telles conditions, un directeur doit faire preuve de certaines compétences sociologiques et psychologiques. Mais il existe des motivateurs qui savent trouver les « forces » de chacun pour atteindre un objectif commun et fournir un service conforme aux attentes du client qui sera ainsi fidélisé. D’après des résultats de travaux de recherche scientifique, dans toute entreprise, organisation ou groupe, il est possible de trouver un nombre suffisant de ressources nécessaires pour mener à bien un projet donné. Dans les plus petites entreprises, il faut tisser davantage de liens coopératifs solides. À cette fin, il existe des plates-formes, des outils et des services de conseil permettant d’aboutir, dans toutes les circonstances, à une exploitation orientée objectifs, autrement dit orientée services. En tant que lecteur, vous ne serez peut être pas immédiatement convaincu. Nous vous demandons néanmoins d’étudier votre cas personnel, que vous soyez directeur ou qu vous exerciez une autre fonction. Pensez à votre contribution dans la réalisation des objectifs de l’entreprise, dans la mise en place de la stratégie de l’unité pour laquelle vous travaillez. Vous vous rendrez rapidement compte que pour atteindre les objectifs financiers, il faut faire face à une multitude d’imprévus, souvent liés au facteur humain. Si vous réussissez à identifier les moindres étapes dans votre parcours, que vous parvenez à exploiter vos talents personnels pour remplir les objectifs, votre motivation personnelle s’en trouvera stimulée et vous déploierez des efforts, souvent supérieurs à vos niveaux de performance habituels. 147 SOA for Profit Dans ce chapitre, nous avons évoqué les contrats de niveau de service (SLA) entre les divers fournisseurs et consommateurs de services. Ces niveaux de services dépendent de la motivation des employés impliqués. Si vous réussissez dans cette démarche, les SLA pourront être ajustés et vous parviendrez à accroître le niveau de satisfaction de vos clients et de vos employés. Finie l’opposition du type « eux, là haut, et nous, ici en bas » ou encore « eux, ils ne sont pas concernés, c’est nous qui sommes au courant », une attitude courante de la part des salariés. Par contre, vous obtiendrez un réseau dans lequel chaque directeur joue le rôle d’un coach plutôt que celui d’un simple chef donnant des instructions. 7.4 Synthèse Nous venons de décrire une série de nouveaux rôles essentiels pour l’engagement de l’entreprise dans la démarche SOA. Notons ici un poste clé : celui du médiateur entre le métier et le service informatique que nous appelons l’architecte d’entreprise. Dans ce contexte, le rôle d’un responsable de registres de services devient essentiel pour obtenir les meilleurs résultats, et, en particulier, en ce qui concerne les aspects de gouvernance SOA. Certains rôles ne sont pas remplis par des collaborateurs, mais tous les aspects des rôles décrits dans ce chapitre sont importants dans une entreprise souhaitant tirer le meilleur parti de la SOA. Suivant la taille de l’entreprise, il peut y avoir des équipes de responsables de registre de services ou bien une équipe architecturale confirmée qui interviennent comme des acteurs clé. Dans d’autres cas, une seule personne peut assumer plusieurs rôles. Enfin, il faut tenir compte de l’impact de la SOA sur les salariés dans l’entreprise. Tous les collaborateurs orientés services assisteront à un changement vers une structure plus souple qui accorde des libertés, mais qui exige une certaine discipline et un traitement équitable de toutes les parties engagées. 148 8 Comment se préparer à la SOA ? 8.1 Introduction Les principes de la SOA sont plutôt simples à comprendre. Nous avons mis en évidence sa valeur ; étudions maintenant la méthode à adopter pour s’y atteler. À l’heure d’entreprendre notre voyage, le paysage ressemble davantage à un chemin sinueux qui s’enfonce dans la jungle qu’à une route large, droite et balisée. Si, globalement, la situation semble claire, définir une stratégie, une feuille de route, s’avère plus problématique et semé d’embûches. Une approche globale à l’échelle de l’entreprise, le plus souvent hiérarchisée de haut en bas, est pour le moins dangereuse. Cela implique de combler un fossé organisationnel et technologique considérable, tâche que la plupart des membres du conseil d’administration hésiteront à exécuter, à juste titre. Les initiatives informatiques prometteuses et grandioses qui se sont par le passé soldées par plusieurs échecs, ont entamé leur enthousiasme vis-à-vis d’investissements conséquents. D’autre part, reléguer la SOA au rang d’un domaine d’application de peu d’envergure et au gain potentiel limité, sans prendre de risque, ne fera que renforcer son statut d’initiative anecdotique, sans grand intérêt pour l’entreprise. Le déploiement d’une solution SOA intégrée telle quelle, dans l’espoir d’obtenir tous les bénéfices escomptés, peut également être tentant. Ce type de projet a de fortes chances de fonctionner, étant donné que la technologie a mûri et qu’un nombre croissant de compétences SOA reste à découvrir. Toutefois, cette solution ne correspond pas entièrement à l’ensemble des domaines visés, étant donné qu’elle est axée uniquement sur des problèmes informatiques pragmatiques. Comme toujours, la solution doit être adaptée à un contexte donné, à des besoins et à des objectifs particuliers. Les points forts et les points faibles de l’entreprise doivent être pris en considération dans une approche progressive. Le présent chapitre décrit les caractéristiques et certaines des étapes indispensables d’une telle approche. Mais avant toute chose, une vision claire de 149 SOA for Profit la situation s’impose afin de définir et de hiérarchiser les premiers stades. Le présent chapitre offre un outil pour évaluer la maturité SOA de votre entreprise afin de vous préparer au mieux à cette approche. Le modèle de maturité indique si vous êtes prêt uniquement pour certains projets SOA ou pour un déploiement de la SOA à l’échelle de l’entreprise. Il vous dévoilera également les secteurs à améliorer lorsque vous déciderez de déployer la SOA à l’échelle de l’entreprise. 8.2 Modèle de maturité SOA Pourquoi un modèle de maturité ? La SOA implique un grand nombre de disciplines et de travaux car elle se situe au carrefour de l’architecture, de l’informatique et de l’entreprise. De nouveaux processus sont nécessaires, impliquant l’adaptation de l’entreprise. La mise en œuvre de la SOA évoluera en permanence, elle aura besoin de s’adapter, d’être gérée et, disons-le, d’être gouvernée. Il ne s’agit pas d’un objectif qui peut être atteint une fois pour toutes : le but de la SOA est de soutenir les objectifs de l’entreprise et de s’adapter aux nouveaux défis auxquels les sociétés sont confrontées. De fait, l’amélioration des capacités SOA de l’entreprise ne peut être obtenue qu’en tirant simultanément plusieurs cordes dès le début, mais à des vitesses différentes et, selon le niveau de maturité de chaque secteur clé scrupuleusement identifié. Le modèle de maturité présenté ci-après correspond à la caractéristique multidimensionnelle de la SOA. Description du modèle de maturité SOA Le modèle s’appuie sur une matrice de maturité composée de secteurs clés : sujets à aborder et niveaux de maturité pouvant être atteints pour chacun des niveaux. Cette matrice fonctionne selon des points de contrôle permettant de mesurer le niveau de maturité. Secteurs clés SOA Le modèle identifie 20 secteurs différents requérant une attention particulière afin de parvenir à une SOA exhaustive. Ces secteurs clés sont regroupés dans les catégories suivantes : Processus, Technologie et Personnel. • Le processus traite des secteurs étroitement liés à l’incorporation de l’architecture et de la gouvernance au sein de l’entreprise, deux des prérequis principaux pour la SOA. 150 8 Comment se préparer à la SOA ? • • La technologie est la deuxième catégorie axée sur la façon dont les systèmes se décomposent et sont rendus souples ainsi que sur les normes/ standards utilisés. Le personnel traite des compétences, de l’état d’esprit et de la connaissance nécessaire lors de la mise en œuvre de la SOA. Catégories N° Secteurs clés Processus 1 Engagement et motivation 2 Relations avec les projets 3 Rôles et responsabilités 4 Développement de l’architecture 5 Utilisation de l’architecture 6 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) 7 Gestion de la qualité 8 Gestion du portefeuille de services 9 Vision de l’architecture 10 Alignement métier du système d’information 11 Budgétisation et planification 12 Technologie et standards 13 Subdivision et réutilisation 14 Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information 15 Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) 16 Sécurité de l’information 17 Compétences SOA du personnel informatique 18 Compétences SOA du personnel métiers 19 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel informatique 20 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel métiers Technologie Personnel Tableau 8.1 : Vingt secteurs clés de la maturité SOA Niveaux de maturité SOA Afin de se faire une idée de l’état des secteurs clés, le modèle leur adjoint une gamme de niveaux, commençant par le niveau le plus bas (niveau A) pour terminer au plus élevé (niveau D). En moyenne, il existe trois niveaux pour chaque secteur clé. Chaque niveau supérieur est plus avantageux que le niveau précédent en termes de délais (plus rapide), de coûts (meilleur mar- 151 SOA for Profit ché), et/ou de qualité (meilleure). En utilisant des niveaux, nous pouvons évaluer sans aucun doute possible la situation actuelle de SOA dans l’organisation. Cette méthode augmente également la capacité d’être informé sur les objectifs pour une amélioration progressive. Chaque niveau consiste en des exigences pour chaque secteur clé. Les exigences, ou points de contrôle, d’un niveau donné regroupent également les exigences des niveaux inférieurs : un secteur clé au niveau B répond aux exigences à la fois du niveau A et du niveau B. On considère le niveau A comme le plus bas et, par conséquent, indéfini pour ce secteur clé particulier si les exigences concernant ce niveau ne sont pas remplies. Points de contrôle de niveaux de maturité SOA Afin de déterminer les niveaux, le modèle de maturité SOA s’appuie sur un instrument de mesure objectif. Les exigences pour chaque niveau apparaissent sous la forme de points de contrôle et les questions exigent des réponses affirmatives afin de se qualifier pour ce niveau. Suivant les points de contrôle, la maturité SOA peut être évaluée, et le niveau approprié établi pour chaque secteur clé. Comme chaque niveau supérieur d’un secteur clé est considéré comme une amélioration, cela signifie que l’on accumule les points de contrôle : afin d’accéder au niveau B, le secteur clé doit répondre de façon positive aux points de contrôle à la fois du niveau B et du niveau A. 8.3 Vingt secteurs clés de la maturité SOA Nous venons de décomposer une pratique SOA en 20 secteurs devant être représentés lors de la mise en place d’une pratique SOA. Nous allons maintenant détailler brièvement ces secteurs. 1. Engagement et motivation L’engagement et la motivation des parties prenantes de la SOA sont primordiaux pour garantir le succès de la création et la mise en œuvre de la SOA dans une entreprise. Nombreuses sont les parties prenantes de la SOA : directeurs informatiques et métiers, architectes, développeurs de produits et de processus, ingénieurs, testeurs et directeurs de projets et de programmes, qui doivent en premier lieu accepter, puis comprendre et appliquer la SOA, reconnaissant par là même sa valeur stratégique. La SOA passe d’un choix isolé à une solution parfaitement intégrée dans tous les processus organisationnels. 152 8 Comment se préparer à la SOA ? 2. Relation avec les projets La mise en œuvre de la SOA se fait par l’intermédiaire de projets. Par conséquent, les projets doivent commencer par se conformer aux architectures, standards et principes fondés sur la SOA. Les projets peuvent ainsi devenir une source importante de retours d’informations et d’idées techniques et non techniques. Par conséquent, un dialogue constructif entre les architectes et les équipes de projets s’établira dans l’intérêt de chacun : les architectes tireront les leçons de l’expérience pratique des projets et les directeurs de projet comprendront pourquoi ils doivent se plier aux contraintes. Cette relation permet l’alignement entre les projets et l’architecture et prend en compte les contraintes de chaque partie prenante. 3. Rôles et responsabilités Expliquer les rôles et responsabilités des architectes permet de prévenir et de résoudre bien des désaccords et des méprises. On sait clairement qui est responsable de chaque contribution à l’architecture. Au début d’une approche SOA, le service informatique sera certainement responsable de l’architecture et du processus. Dans les entreprises plus anciennes, la responsabilité de la propriété des processus est transversale. Si les rôles et responsabilités ne sont pas évidents, il est possible que la mise en œuvre échoue, provoquant un chaos organisationnel. 4. Développement de l’architecture Le développement d’une architecture basée sur la SOA peut s’opérer de diverses manières, depuis des projets autonomes et isolés jusqu’à un processus continu de facilitation. Plus le processus de développement de l’architecture est incorporé dans l’entreprise en tant que processus continu, plus l’architecture basée sur la SOA apportera de la valeur ajoutée à l’entreprise. 5. Utilisation de l’architecture Le développement de l’architecture basée sur la SOA n’est pas une fin en soi. L’architecture doit être utilisée dans une entreprise pour atteindre les objectifs pour lesquels elle a été développée. L’architecture peut s’utiliser de diverses manières : de façon purement informative, pour guider les projets individuels, ou en tant qu’instrument de gestion pour l’entreprise toute entière. 153 SOA for Profit 6. Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) Le développement de l’architecture basée sur la SOA exige des méthodologies comportant des activités, techniques, outils et produits. Une fois que les outils sont entièrement intégrés dans le processus de développement de l’architecture, qui s’appuie de préférence sur un référentiel d’entreprise, leur efficacité et leur rendement n’en sont que plus grands. Dans le cas de la SOA, l’intégration complète d’activités, d’informations et de modélisation technique est recommandée. 7. Gestion de la qualité La qualité de l’architecture SOA est primordiale pour une mise en œuvre réussie. La gestion de la qualité garantit que la qualité, ou du moins la valeur des architectures mises en œuvre, sera mesurée par évaluation rétroactive, de façon informelle ou en fonction d’indicateurs. Un processus de qualité peut être mis en place progressivement, puis intégré au niveau du processus de qualité de l’entreprise 8. Gestion du portefeuille de services La SOA s’appuie évidemment sur les services. Les services sont identifiés, conçus, établis, modifiés puis, à un certain moment, retirés. Le champ d’application et la durée de vie des services doivent être gérés à partir d’une approche concernant le portefeuille de services conformément aux objectifs et à la stratégie de l’entreprise. La démarche de base consiste à associer la gestion des applications et des services. Cela étant, le développement d’avantages tirés des services réutilisés d’application croisée induit le besoin de durées de vie différentes et, à terme, de financement. 9. Vision de l’architecture SI Les systèmes d’informations doivent être souples pour s’adapter et évoluer avec les objectifs de l’entreprise. Il ne faut pas entendre par souplesse le fait d’improviser des changements ad hoc au dernier moment, mais plutôt une action proactive. Afin de répondre de manière proactive aux changements nécessaires, une vision claire s’impose, non seulement de l’état actuel des systèmes d’information, mais également des évolutions nécessaires à court et à long terme afin de faire face aux objectifs et défis technologiques et, surtout, commerciaux. 10. Alignement métier du système d’information L’architecture SOA trouve sa justification dans la réalisation d’objectifs métiers. Les atteindre n’est qu’un début, mais soutenir les changements métiers prévus et faciliter la transformation métiers constituent les objectifs 154 8 Comment se préparer à la SOA ? finaux. D’où le fait qu’en adaptant l’architecture aux exigences métiers, le degré d’alignement du processus d’architecture sur les capacités et objectifs métiers devient crucial. 11. Budgétisation et planification La mise en œuvre de la SOA implique une budgétisation et une planification. Pour empêcher les initiatives SOA de se disperser et pour les rendre plus tangibles, il est nécessaire de planifier et de budgétiser les projets SOA. Cela peut aller du calcul du retour sur investissement de chaque projet à l’optimisation continue de processus de planification et de contrôle. 12. Technologie et standards La mise en œuvre de la SOA doit s’appuyer sur un socle technologique solide afin d’offrir les bénéfices attendus. La technologie et les standards doivent être choisis avec soin. Ce choix peut aller d’une adoption ad hoc en passant par l’anticipation de nouvelles technologies et de nouveaux standards. 13. Décomposition et réutilisation L’adaptabilité provient de la réutilisation, laquelle implique la décomposition. Cette réutilisation par décomposition ne constitue pas une évolution spontanée. Certains résultats peuvent être atteints en capitalisant d’un projet à l’autre. En revanche, la valeur réelle est obtenue en assurant la conception, la planification, la gestion et, plus difficile mais plus efficace, le financement. 14. Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information La SOA sous-entend que la mise en œuvre des processus métiers fait partie des systèmes d’information. Cela peut avoir lieu au sein des silos existants pour commencer, puis s’étendre aux processus contrôlés de bout en bout parmi plusieurs secteurs d’activité pour une amélioration continue du rendement de l’entreprise. 15. Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) Les entreprises s’organisent traditionnellement au sein de silos gérant leurs propres applications, matériel informatique et fonctionnalités. Ces structures de système d’information seront décomposées puis recomposées en éléments divisibles, réutilisables, souples et modulaires. Les systèmes d’information deviendront virtuels ; dès lors, il n’est plus pertinent de connaître la plateforme sur laquelle fonctionne un composant. 155 SOA for Profit 16. Sécurité de l’information La sécurité des systèmes et composants distribués dans un environnement SOA est une préoccupation communément répandue. La sécurité des services Internet sera (bientôt) traitée par des standards et des produits. D’autres problèmes, tels que la stratégie de sécurité de l’entreprise, la responsabilité juridique entre partenaires commerciaux et une communication sûre sur l’infrastructure partagée, demandent une attention particulière et un consensus. La sécurité de l’information peut aller d’une attitude réactive à une attitude largement proactive fondée sur une stratégie de sécurité informatique. 17. Compétences SOA du personnel informatique Dans un environnement SOA, les professionnels de l’informatique concernés doivent disposer des compétences requises. La SOA a une influence importante sur les professionnels de l’informatique suivants : architectes informatiques, analystes informatiques, concepteurs, ingénieurs en logiciels, ingénieurs d’infrastructure, testeurs et ingénieurs de maintenance. 18. Compétences SOA du personnel métiers Dans un environnement SOA, les professionnels métiers concernés doivent disposer des compétences requises. La SOA a une influence importante sur les professionnels métiers suivants : architectes d’entreprise, analystes d’entreprises, concepteurs de processus, testeurs et employés de maintenance fonctionnelle. 19. Connaissance et état d’esprit SOA du personnel informatique L’orientation services n’est pas seulement un style architectural, c’est également une façon de penser en termes de services et de réutilisation de ces services, et non pas de réinventer la roue. Les informaticiens doivent comprendre et utiliser ce paradigme afin que l’entreprise puisse récolter les bénéfices de la SOA. Une des gageures pour les informaticiens est de penser en termes de réutilisation plutôt qu’en termes de re-conception de ce qui existe déjà. 20. État d’esprit et connaissance SOA du personnel métiers L’orientation services n’est pas seulement un style architectural, c’est également une façon de penser en termes de services et de réutilisation de ces services. Le personnel métiers doit comprendre et utiliser ce paradigme afin que l’entreprise puisse récolter les bénéfices de la SOA. Une des gageures pour le personnel métiers est de penser en termes de fonctionnalités réutilisables et de dissocier, d’une part, un processus métiers et d’autres part les fonctionnalités (services) qui seront utilisés dans le cadre de ce processus. 156 8 Comment se préparer à la SOA ? 8.4 Tout ne se fera pas nécessairement en un jour Chacun des 20 facteurs d’une pratique effective de la SOA doit susciter une attention suffisante. Cela ne signifie pas pour autant que chacun de ces facteurs requière en permanence la même attention. Premièrement, tous les facteurs ne sont pas également pertinents au début. La gestion de la qualité deviendra sans aucun doute une préoccupation clé à un moment donné, mais les entreprises toujours en phase d’élaboration d’une pratique SOA peuvent se concentrer de façon plus productive sur l’engagement et la motivation, la vision de l’architecture, la technologie et les standards, la sécurité de l’information et la connaissance et l’état d’esprit SOA. La gestion de la qualité viendra en temps voulu. Deuxièmement, tout domaine donné ne doit atteindre d’emblée son développement complet. Différents niveaux de maturité peuvent être distingués dans chacun des secteurs différents. L’engagement et la motivation passent par plusieurs stades de croissance. Une approche SOA débute souvent par le financement de quelques initiatives SOA. À un niveau plus avancé de maturité, l’approche SOA est soutenue par le management de l’entreprise : la SOA devient importante pour l’entreprise. À l’étape finale, la SOA est considérée comme un processus intégré avec d’autres processus d’entreprise. Cette croissance différenciée fait que chaque domaine clé suit sa propre voie de développement avec de multiples niveaux. La nature et le nombre de niveaux de chaque voie de développement dépendent entièrement du caractère des préoccupations individuelles et sont établis indépendamment les unes des autres. Comme le montre le Tableau 8.4, en pratique, la voie de développement dans la plupart des secteurs passe par trois voire quatre niveaux. La distinction entre les secteurs clés, suivant chacun sa propre voie de développement, permet la mise en œuvre et l’optimisation des pratiques SOA étape par étape. Cette approche fournit une directive sur le niveau d’attention à apporter, à un moment précis, à chaque domaine de préoccupation. Ainsi, l’entreprise peut prendre des mesures gérables d’amélioration dans ces secteurs précises offrant une grande valeur ajoutée par rapport au statut de l’entreprise. À cette fin, nous devons déterminer le cours optimal que l’entreprise doit prendre pour naviguer entre toutes les cellules du tableau ci-après. Quel niveau devons-nous nous efforcer d’atteindre dans un domaine particulier à un moment donné ? La réponse à cette question se trouve synthétisée dans le modèle de maturité SOA. 157 SOA for Profit Secteur clé Niveau A Niveau B Niveau C L’approche SOA est soutenue par le management de l’entreprise L’approche SOA est intégrée dans le processus de l’entreprise Architecture Le processus pour diffuser la architectural communication prend en compte les retours d’informations des projets Les architectes, commerciaux et informaticiens établissent ensemble l’architecture du projet 1 Engagement et Budget et motivation temps disponibles pour les initiatives SOA 2 Relation avec les projets 3 Rôles et Service responsabilités informatique chargé de l’architecture et du processus Les services informatique et métiers collaborent au processus architectural La responsabilité de la propriété du processus est transversale 4 Développement Architecture de l’architecture sous forme de projets Architecture en tant que processus transversal Architecture en tant que processus de facilitation 5 Utilisation de l’architecture Architecture utilisée de façon informative Architecture utilisée pour diriger/ conduire le contenu Architecture intégrée à l’entreprise 6 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) Initiatives non coordonnées Allégement de l’outillage et stratégie d’intégration, processus d’architecture global défini L’outillage est exhaustif et intégré, le processus d’architecture global formalisé 8 Gestion du portefeuille de services Les durées de Contrats de vie des services niveau de dépendent de services celles des applications qui les livrent 158 Niveau D Dialogue continu entre les architectes, commerciaux et informaticiens Durée de vie Financement prévue (y de l’utilisation compris retrait) des services (marché des services) 8 Comment se préparer à la SOA ? Secteur clé Niveau A Niveau B Niveau C Niveau D 9 Vision de l’architecture Vision d’une architecture « en l’état » Vision d’évolutions à court terme Vision d’architecture à long terme Alignement continue de la vision sur les objectifs métier, à court et à long terme 10 Alignement métier des systèmes d’information Les applications et services sont conçus pour répondre aux objectifs métier (motivés commercialement) Les applications et services sont testés en termes de compatibilité avec les objectifs métier Le processus architectural soutient l’activité métiers Le processus architectural facilite la transformation métiers 11 Budgétisation et planification Besoin de justifier Projet SOA formellement un spécifique retour sur investissement direct pour chaque projet métier SOA impacté Générique entreprise Optimisation continue du processus de budgétisation et de planification 12 Technologie et standards Technologie ad Référentiel hoc choisie en basé sur une cas de besoin informatique définie et prouvée Stratégie motivée Anticipation des changements technologiques et adoption des nouveaux standards 13 Décomposition Réutilisation et réutilisation non coordonnée La réutilisation est coordonnée en informatique (services techniques) La réutilisation est coordonnée au niveau métiers (services métiers) Les services métiers et informatique sont subdivisés et la réutilisation est répandue. 14 Mise en œuvre des processus métiers dans le système d’information Processus transversal Surveillance de l’activité métiers (Business Activity Monitoring BAM) Les services métiers et informatique collaborent pour établir et déployer des processus métiers Services métiers existants au sein de silos 159 SOA for Profit Secteur clé Niveau A Niveau B Niveau C Niveau D 15 Souplesse du système d’information (infrastructure et application) Le système d’information basé sur les silos comprenant une application basée sur les services et du matériel informatique pour les gérer Certaines applications et infrastructures sont partagées entre des silos (flous) à cause de la rationalisation. Système d’information orienté processus, reconfigurable et urbanisé. Virtualisation des systèmes d’information – entreprise désassociés 16 Sécurité de l’information Réactive Individuelle Collective Proactive 17 Compétences SOA du personnel informatique Basiques Modérées Développées 18 Compétences SOA du personnel métiers Basiques Modérées Développées 19 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel informatique Sensibilisation partielle Sensibilisation au niveau de l’entreprise État d’esprit SOA normal 20 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel métiers Sensibilisation partielle Sensibilisation au niveau de l’entreprise État d’esprit SOA normal Tableau 8.2 : Niveaux de maturité dans chaque secteur clé Le cas de figure du chaos Pas d’inquiétude à avoir, la mise en œuvre de la SOA ne se fera pas ex nihilo. Si vous avez cette impression, essayez simplement d’imaginer à quoi ressembleraient les pratiques dans une entreprise se trouvant à zéro dans chaque secteur clé du modèle de maturité. L’exemple fictif ci-après s’appuie sur un mélange de plusieurs cas réels. 160 8 Comment se préparer à la SOA ? Engagement et motivation Les managers ont entendu parler de la SOA, et, selon eux, il s’agit de la dernière technique à la mode. Le département informatique s’y attellera en utilisant son propre budget, vu qu’un directeur informatique est responsable de l’initiative SOA. Ce qui pose problème, c’est que cette personne est bien trop occupée à maintenir le système actuel. Budgétisation et planification La maintenance coûte 75 % des sommes attribuées à l’informatique. L’informaticien en question se dit que, si un projet nouveau, de grande envergure et prioritaire disposant d’un financement spécial se présentait, il pourrait commencer une étude SOA en parallèle qu’il financerait en facturant à peine 10 % de plus pour ce projet prioritaire. Alignement métier du système d’information Pour l’instant, faisons profil bas. Les relations entre les services métiers et informatique sont déjà suffisamment tendues. Enfin officiellement, tout va bien : le nombre de demandes émanant des métiers qui sont refusées par le service informatique est très bas mais, en réalité les services métier évitent de demander au service informatique d’entreprendre quoi que ce soit, étant donné que la mise en œuvre d’une solution est toujours trop longue (6 mois minimum) et bien trop onéreuse (avec un nombre à 6 chiffres à la clé). Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information En quittant le directeur informatique, vous vous souvenez avoir entendu parler de plusieurs raisons à l’origine de ces problèmes. Les applications métiers fondamentales sont exécutées sur un ordinateur central, il existe de nombreuses applications plus récentes sur des systèmes UNIX et certains portails. Chaque application remplit une fonction spécifique et gère ses propres données. Jusqu’à présent, en cas de besoin, des liens étaient établis entre elles. Mais désormais la situation a des allures de pelote de laine que personne n’est capable de démêler. Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) L’année dernière, un entrepôt de données de consultation a été mis en œuvre. Chaque soir, de nouvelles données provenant de chaque application étaient stockées dans cet entrepôt de données. Les nouvelles applications utilisent l’entrepôt en tant que référentiel de données. Pour l’instant, cela permet de connecter de nouvelles applications sans devoir gérer les connexions. 161 SOA for Profit Sécurité de l’information L’entrepôt ne fonctionne pas en temps réel. De fait, certaines applications utilisent des données ayant déjà été modifiées par une autre application. Il existe plusieurs exemples d’incohérence entre les applications. Le service informatique s’efforce de détecter et de corriger ces erreurs. Relations entre les projets Un autre angle d’approche, selon vous, pourrait consister à trouver un projet de mise en route qui s’adapterait à une SOA de base, conçue par des architectes de l’entreprise. Malheureusement, comme certains directeurs des opérations informatiques vous le diront, les projets refusent le plus souvent d’utiliser des standards architecturaux et conçoivent des architectures ad hoc uniques. Ils affirment que les instructions « tombées d’une tour d’ivoire » ne peuvent être mises en œuvre et qu’elles ne marchent pas. Rôles et responsabilités Le rétablissement du référentiel d’architecture et la redéfinition de l’architecture cible pourraient contribuer au lancement d’un cercle vertueux. Après avoir envoyé des e‑mails, passé des coups de téléphone et bu du café avec vos collègues, vous parvenez à la conclusion que les architectes portent plusieurs casquettes et que l’architecture peut être modifiée par toute personne disponible le moment venu. Développement de l’architecture Par conséquent, l’architecture est développée au sein de projets, si quelqu’un pense à le faire. Utilisation de l’architecture Quoi qu’il en soit, l’architecture proposée reste souvent inutilisée pour les raisons susmentionnées. Vision de l’architecture Par conséquent, la description architecturale est éparpillée dans la documentation du projet, si elle n’est pas simplement stockée dans le cerveau des équipes du projet. Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) Si vous pouviez rassembler toute la documentation produite, vous trouveriez un ensemble hétérogène d’UML : diagrammes méridiens consistant en divers logiciels (avec ou sans licence appropriée), description textuelle, présentations PowerPoint, etc., qui sont le plus souvent obsolètes. 162 8 Comment se préparer à la SOA ? Gestion de la qualité Les résultats de l’architecture peuvent, bien évidemment, ne jamais être évalués étant donné que les architectes de projet s’occupent de plusieurs projets en même temps. Compétences SOA En réalité, les architectes de projet sont souvent des concepteurs de logiciels jeunes et motivés faisant de leur mieux pour établir une architecture convenable, à l’instar de celui qui vous a parlé du présent ouvrage. La dernière fois que vous l’avez vu, il vous a dit qu’il quittait la société. Subdivision et réutilisation Il a travaillé dans le centre de compétence des services Internet de votre entreprise. Il a participé au développement d’un outillage XML incorporant la description de tous les objets métier et du vocabulaire commun de l’entreprise. En raison d’une pénurie de ressources, il a essayé de capitaliser d’un projet à l’autre ; mais le coût de l’adaptation de ce qui avait déjà été fait s’est avéré prohibitif, et le plus souvent, les projets repartaient de la case départ. Gestion du portefeuille de services Son équipe était chargée du développement des services Internet par le biais de projets mais, étant donné que personne ne l’a organisé, une pandémie de services Internet s’est répandue dans toutes les applications. À un moment donné, les services ont dû être fermés les uns après les autres : si un utilisateur se plaignait, cela signifiait que le service était toujours utilisable. Sinon, il ne fonctionnait plus. Connaissance et état d’esprit SOA En désespoir de cause, vous rangez le présent ouvrage dans un tiroir et décidez pour de bon de tout oublier au sujet de la SOA. Mais, vous n’oublierez jamais cette leçon : une mise en œuvre réussie de la SOA demande des pratiques métiers et informatiques mûres à tous les niveaux de l’entreprise. 8.5 Utilisation du modèle de maturité SOA Une fois le niveau de maturité de chaque secteur clé mesuré, les résultats doivent être utilisés pour déterminer quelles actions sont nécessaires à l’amélioration. Ces actions doivent être hiérarchisées. Naturellement, tous les secteurs clés ne sont pas d’égale importance et atteindre un certain niveau de maturité dans un domaine clé peut dépendre de la réalisation d’un autre. Il 163 SOA for Profit est inutile de gérer la qualité offerte par l’architecture si la vision de cette architecture n’est pas claire. De nombreuses interdépendances peuvent apparaître entre les différents niveaux des secteurs clés. Par conséquent, tous les niveaux et secteurs clés sont liés les uns aux autres dans un modèle de maturité SOA. Ceci a pour but de déterminer les priorités et interdépendances internes entre les niveaux et les secteurs clés. L’axe vertical de la matrice indique les secteurs clés et l’axe horizontal illustre le degré de maturité. Sur la matrice, chaque niveau est relié à une note spécifique des 13 degrés de maturité. Lorsqu’une case reste vide, cela indique qu’atteindre une maturité supérieure dans un secteur clé ne dépend pas de la maturité d’un autre secteur clé. Au final, il n’y a pas de gradation entre les niveaux : tant qu’un secteur clé n’a pas entièrement classifié en tant que niveau B, il reste au niveau A. Stade Secteur clé 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 1 Engagement et motivation 2 Relations avec les projets 3 Rôles et responsabilités A 4 Développement de l’architecture A 5 Utilisation de l’architecture 6 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) 7 Gestion de la qualité 8 Gestion du portefeuille de services 9 Vision de l’architecture 10 Alignement métier du système d’information 11 Budgétisation et planification 12 Technologie et standards 13 Subdivision et réutilisation 14 Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information 164 A B A C B C B C B A C B A C B A B A B A D D C B D C D C B A D C B A C C B A C B A A D B D C D C D 8 Comment se préparer à la SOA ? 15 Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) A 16 Sécurité de l’information 17 Compétences SOA du personnel informatique A B C 18 Compétences SOA du personnel métiers A B C 19 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel informatique A B C 20 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel métiers A B C A B C B C D D Tableau 8.3 : Modèle de maturité SOA L’objet du présent modèle est d’offrir aux parties prenantes une vision claire de leur maturité SOA. Les points forts et les points faibles apparaîtront graphiquement sur un tableau simple d’utilisation. Le modèle aide le processus de définition des points d’amélioration et la discussion d’une stratégie et d’un plan d’action pour passer à un niveau de rendement supérieur. Le modèle permet l’identification de ce qui marche déjà ou ce qui a besoin d’une légère mise au point, ce qui est fiable, ce qui doit être amélioré, mis en œuvre ou fait différemment. Le modèle se lit de gauche à droite, de sorte que les secteurs clés dont les niveaux ont une note faible sont à améliorer en premier. En conséquence des interdépendances entre les niveaux et secteurs clés, les secteurs à droite du modèle offriront moins de rendement du capital investi s’ils sont mis en œuvre avant les autres. Ainsi, il est possible de passer d’une étape à l’autre progressivement jusqu’au stade 13. Néanmoins, ce dernier stade représente un niveau de perfection auquel toutes les entreprises n’aspirent pas forcément. Le principe du just enough, just in time s’applique également à la pratique SOA. Il est plus judicieux de se fixer un stade inférieur comme objectif initial : le stade 3, par exemple. Une fois ce but atteint, l’entreprise est davantage disposée à déployer une approche SOA et peut alors décider que ce niveau est suffisant ou se fixer 165 SOA for Profit comme nouvel objectif un stade supérieur (stade 6, par exemple). Dans ce processus, il est possible de distinguer différents stades comme le montre le Tableau 8.4. Stade Prêt pour SOA Caractéristiques 0 Exécuter un projet pilote SOA Aucune sensibilisation, compétence, engagement, standard, principe, meilleure pratique 3 Exécuter des projets en relation avec la SOA au sein des sections isolées de l’entreprise Les bases sont en place, mais il reste beaucoup à apprendre et à améliorer. Il est important de disposer d’un processus dans lequel les expériences d’apprentissage peuvent être incorporées et dans lequel les standards, principes et meilleures pratiques seront développés et améliorés. 6 Exécuter des projets en relation avec la SOA à l’échelle de l’entreprise Le nombre de standards, principes et meilleures pratiques est croissant. L’expérience est consolidée et réutilisée dans l’entreprise. 9 Exécuter tous les projets en relation avec la SOA à l’échelle de l’entreprise ainsi que le projet de transformation métier liée à la SOA Une expérience substantielle permet le déploiement de la SOA. Les standards, principes et meilleures pratiques sont largement disponibles et déployés à l’échelle de l’entreprise. 13 Transformation métier continue Le déploiement de la SOA est complètement incorporé dans les processus de l’entreprise. Les produits et processus sont optimisés en permanence, sous des influences externes et internes. Tableau 8.4 : Stades de disponibilité SOA Notre expérience montre que la majorité des entreprises essaient d’atteindre le stade 3 ou viennent de l’atteindre. À ce niveau, la SOA revêt un caractère raisonnable. Elle produit des résultats, mais la situation pourrait être meilleure. Les entreprises ayant atteint le stade 6 constateront un succès accru grâce à l’usage d’une approche SOA. À partir de ce stade, il peut être intéressant de considérer si oui ou non il importe de continuer jusqu’au stade 9. Toutes les entreprises ne feront pas ce choix. Au stade 9, l’entreprise ne produira de profits supplémentaires que si elle est disposée à le faire dans d’autres secteurs de structure et de gestion. 166 8 Comment se préparer à la SOA ? Toutefois, il faut passer par une étape préalable consistant à fixer des objectifs et des priorités : déterminer la position actuelle de l’entreprise selon les 20 secteurs clé. Le statut en l’état peut être représenté dans le modèle de maturité SOA comme l’illustre le Tableau 8.5. Stade Secteur clé 1 Engagement et motivation 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 A B 2 Relations avec les projets A 3 Rôles et responsabilités A 4 Développement de l’architecture A 5 Utilisation de l’architecture B A B C B A A B B C 14 Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information C A D C B A A D D B A 15 Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) C B A D D B A 13 Subdivision et réutilisation C C A 11 Budgétisation et planification C B A 10 Alignement métiers du système d’information 16 Sécurité de l’information C A 8 Gestion du portefeuille de services D C B 7 Gestion de la qualité 12 Technologie et standards C B 6 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) 9 Vision de l’architecture C B B D C D C D C B C D D 17 Compétences SOA du personnel informatique A B C 18 Compétences SOA du personnel métiers A B C 19 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel informatique A B C 20 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel métiers A B C Tableau 8.5 : Modèle de maturité SOA pour un exemple d’entreprise au stade 0 167 SOA for Profit L’entreprise dans le Tableau 8.5 reste au stade 0 étant donné que le domaine impliquant la connaissance et l’état d’esprit SOA du personnel métiers n’a pas été développé du tout. La matrice montre que l’entreprise devrait se concentrer sur ce domaine. Une fois le niveau de base A atteint, l’entreprise aura atteint le stade 1. La compétences SOA du personnel métiers devient le domaine auquel il convient ensuite de s’attacher, afin de passer au stade 3. Ainsi, nous pouvons concrètement définir une voie de développement. Le modèle de maturité SOA peut être utilisé à des fins multiples : • Que sera la série de développements avec la SOA ? Parcourez le modèle et examinez la série d’aspects de développement. Prêtez attention à la façon dont les différents aspects sont en rapport les uns avec les autres. • Avoir une idée plus précise des points forts et des points faibles du fonctionnement actuel. Remplissez le modèle décrivant la situation actuelle. Les aspects comptabilisant plus de points que la moyenne sont vos points forts. Les aspects en comptabilisant le moins demandent une plus grande attention de votre part. • Anticiper. Déterminez les objectifs que vous voulez atteindre grâce à la SOA et mettez-les en exergue. Trouvez le niveau de maturité correspondant dans le modèle et remplissez-le, en décrivant la situation actuelle. Établissez votre feuille de route en organisant une série d’aspects que vous devez améliorer pour atteindre le niveau escompté. 8.6 Action ciblée L’utilisation de la SOA implique plusieurs facteurs. Nous en avons défini vingt, dont chacun suit sa propre voie de développement. Ils sont bien trop nombreux à surveiller en même temps. Nous utilisons donc le modèle de maturité SOA pour les hiérarchiser. En représentant l’entreprise sur cette matrice, nous pouvons déterminer les secteurs clés qui doivent être mis en valeur dans un futur proche et quel type d’action doit être mené. Ainsi, nous pouvons prévoir des améliorations ciblées. Pour ceux qui désirent utiliser le modèle de maturité SOA, l’Annexe offre de plus amples informations. Pour établir la situation d’une entreprise, chaque domaine de préoccupation comporte un nombre de points de contrôle à chaque niveau. En utilisant ces points de contrôle, il est possible de déterminer 168 8 Comment se préparer à la SOA ? si oui ou non l’entreprise a atteint le niveau approprié. Si l’entreprise ne comptabilise pas tous les points de contrôle d’un niveau particulier, mais veut toutefois utiliser le modèle de maturité SOA pour atteindre ce niveau, des actions adaptées peuvent être envisagées. Ces actions découlent en partie des points de contrôle. En même temps, les actions doivent toujours s’adapter aux circonstances de l’entreprise. La formulation des améliorations ne doit jamais être un processus purement mécanique. 8.7 Synthèse Mettre en place une initiative innovante n’est jamais chose aisée, en particulier si, comme c’est le cas pour la SOA, de multiples domaines de l’entreprise s’en trouvent fortement concernés. La SOA déclenche des conséquences en chaîne. C’est la raison pour laquelle, au lieu d’une méthodologie étape par étape, nous avons décrit le modèle de maturité SOA qui vous indiquera le chemin à suivre au bon rythme vers une cible SOA spécifique correspondant le mieux à votre entreprise. Le modèle de maturité SOA peut être considéré comme une boussole et une machette pour vous frayer un chemin dans la jungle SOA. Il vous dit exactement les secteurs à améliorer, selon vos ambitions. Le modèle de maturité SOA comporte vingt facteurs ayant une influence sur la mise en œuvre réussie de la SOA. Il s’agit d’un nombre déjà réduit, étant donné que de nombreux autres facteurs ont été évincés pour rendre le modèle utilisable. Aucune entreprise n’a assez de temps, d’argent et de ressources pour affronter tous ces sujets, en particulier dans la mesure où la SOA n’est certainement pas une fin en soi, mais plutôt un moyen de faciliter l’activité métiers. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de déterminer une stratégie qui aborde précisément chaque problème, au moment opportun, ni trop tôt ni, surtout, trop tard. Selon le secteur industriel de l’entreprise, son historique et sa stratégie, certains secteurs clés auront déjà été abordés de différentes manières. En outre, des différences dans les objectifs métiers feront varier considérablement les actions initiales de l’entreprise. L’analyse du modèle de maturité SOA peut vous aider à canaliser vos efforts et vos investissements vers des secteurs qui en ont le plus besoin. De fait, une stratégie transversale à moyen terme voit le jour, sous la forme de divers projets pour préparer votre entreprise à la SOA. 169 SOA for Profit Outre ces considérations, dont le but est d’éviter de perdre du temps et de l’argent dans des activités inefficaces, une initiative SOA naissante doit également asseoir une crédibilité en offrant, dans les meilleurs délais, des résultats visibles et de la valeur pour l’entreprise. Il s’agit d’une des raisons les plus importantes pour toujours appliquer une initiative SOA à des projets concrets. Au chapitre suivant, nous aborderons la manière de trouver des projets métiers adaptés. 170 9 Comment démarrer la SOA ? 9.1 Introduction Vous avez décidé de mettre en œuvre la SOA. Nous avons déjà décrit les conséquences et l’impact de cette démarche. Nous allons maintenant expliquer comment établir la feuille de route pour la mise en œuvre de la SOA. Par quoi commencer ? Quelles mesures prendre et à quel moment ? Quelles conditions préalables respecter ? Dans quelle mesure un projet SOA diffèret-il d’un autre projet ? Dans le présent chapitre, nous allons tout d’abord présenter une méthode globale pour définir les mesures à prendre. Ensuite, nous examinerons plus en détail les « points d’entrée » qui caractérisent les projets SOA. Penser en termes de points d’entrée vous aidera à localiser les projets SOA potentiels de votre entreprise et à en déterminer plus clairement la valeur métiers. 9.2 Votre feuille de route SOA La mise en œuvre de la SOA déclenche des conséquences en chaîne. Autrement dit, la stratégie SOA ne peut pratiquement jamais être mise en œuvre dans le cadre d’un programme ou d’un projet unique ; elle nécessite en effet une mise en œuvre progressive. Cette dernière n’est pas guidée par un objectif de finalisation du projet, mais plutôt par le souhait de concrétiser les objectifs de l’entreprise tout en exploitant la SOA en tant que style architectural. La mise en œuvre de la SOA n’est jamais une fin en soi. Premier constat : aucune feuille de route SOA n’est requise ; vous avez besoin d’une feuille de route qui conduise à l’objectif réel via la SOA, quel qu’il soit. À cette fin, vous devez évaluer l’impact de la SOA pour votre entreprise et les objectifs à atteindre. Dans les précédents chapitres, nous vous avons conseillé d’instaurer un dialogue stratégique entre le service métier et le service informatique, puis de formuler une vision commerciale SOA finale. Ce n’est qu’à ce stade que vous déterminerez ce que la SOA peut signifier pour vous et quelles sont les opportunités de son application. Après tout, la SOA, n’est pas une révolu- 171 SOA for Profit tion mais une évolution, ce n’est pas le Big Bang. Dès que vous aurez défini une stratégie pour déterminer de quelle manière l’entreprise pourra tirer parti de l’architecture SOA, les projets concrets ultérieurs amorcés par l’entreprise concrétiseront cette vision étape après étape. « Penser grand, agir petit » est une approche qui sied parfaitement. La Figure 9.1 présente une vue d’ensemble de la SOA au fil du temps. L’établissement de la feuille de route en est un composant. Stratégie d’entreprise, Objectifs à long terme Vision métiers SOA Situation actuelle Objectifs métiers Goulets d'étranglement, Opportunités Points d’entrée Maturité SOA Feuille de route SOA Points d’entrée Projet Projet métier Projet métier Quelles mesures devez-vous prendre et à quel moment ? Où en êtes-vous maintenant ? Que souhaitez-vous réaliser ? Projet métier Projet métier Projet métier Projet métier SI générique / SOA Projet capacitaire Technologie Projet capacitaire Processus Projet capacitaire Personnel Projet capacitaire Planning de mise en œuvre de la SOA Stratégie Analyse Plan Introduction Développement Action Figure 9.1 : Approche de mise en œuvre de la SOA Les données d’entrée de la feuille de route sont les suivantes : • Vision commerciale SOA. C’est la note stratégique où apparaît la valeur ajoutée de la SOA pour votre entreprise. • Détermination de la position dans le modèle de maturité SOA. Ce modèle met en évidence vos atouts et vos points faibles à plusieurs niveaux : Processus, Technologie et Personnel. 172 9 Comment démarrer la SOA ? • • Objectifs commerciaux concrets, goulets d’étranglement et opportunités liés au déploiement de la SOA. Points d’entrée correspondant aux caractéristiques des projets SOA. Le résultat sera la feuille de route SOA avec les principaux composants ci-après : Les choix de base pour l’organisation et le pilotage. • Le choix des projets métiers. • Le choix des projets de disponibilité. • Les choix de base Avant d’établir une feuille de route SOA, vous devez choisir un certain nombre de paramètres essentiels pour le processus de mise en œuvre. Le tableau ci-après répertorie ces choix avec un certain nombre de possibilités, leurs avantages et inconvénients. Ici, vous devez vous appuyer sur les choix mentionnés sous forme de principes pour guider la mise en œuvre. Ces principes doivent être intégrés dans votre architecture d’entreprise. Choix de base Possibilités Avantages Inconvénients Qui établit le contrat de service (cahiers des charges et conditions d’un service) ? Projet - Le projet obtient le service qu’il veut - Vitesse - Peu d’intérêt dans la réutilisation - Risque d’application de standards non homogènes Organe central - Peut aller au-delà des projets et dispose d’une meilleure vision des opportunités de réutilisation - Risque de retard - Risque d’effet « tour d’ivoire » Qui pilote le Entreprise portefeuille de service (et donc la durée de vie des services) ? Service informatique - Si l’entreprise est propriétaire - Les services sont des des services, il est logique que le composants automatisés portefeuille soit également de la fonctionnalité de piloté à ce niveau. l’entreprise dont le service informatique est souvent le seul à savoir qui utilise quoi et qui peut avoir une vue globale des domaines. - Si le service informatique est propriétaire des services, il est logique que le portefeuille soit géré à ce niveau. - Il est étrange que le service informatique en tant que concepteur soit aussi décideur pour des questions métiers 173 SOA for Profit Qui gère le portefeuille de services en termes de délai de conception ? Propriétaires du domaine - Le propriétaire du domaine se sent responsable du portefeuille Organe central - Un endroit centralisé où tous les contrats de services sont gérés. Qui gère le Propriétaires portefeuille de du domaine services en termes d’exécution ? Qui est le propriétaire d’un service à fournir ? Le choix des domaines 174 - Le propriétaire du domaine se sent responsable de la fourniture du service - Nécessite une bonne distinction entre les domaines d’activité - Risque de recouvrement - Les propriétaires de domaine doivent réglementer la gestion de la surveillance pour euxmêmes Organe central - Un lieu centralisé où la fourniture de tous les services est surveillée Entreprise - L’entreprise demande et définit - Nécessite une division les fonctionnalités en termes de nette de l’entreprise en services que d’autres domaines et l’affectation composants doivent fournir. Il des services est alors logique que l’entreprise soit propriétaire des services. - La propriété des services va de pair avec la propriété des applications dans l’entreprise. Service informatique - Le service informatique recherche des opportunités de réutilisation et combine les fonctionnalités identiques dans les services fournis à l’entreprise. Il est alors logique que le service informatique soit propriétaire des modules de construction fonctionnels. - Le service informatique ne peut décider lui-même de la réutilisation des fonctionnalités dans l’entreprise. Entités - Conformité aux structures existantes - Les silos actuels risquent de se perpétuer - Les services risquent de se recouper Secteurs fonctionnels : par exemple les fonctions métiers - Division pure de secteurs fonctionnels aussi autonomes que possible - Structure fonctionnelle qui ne correspond pas à la structure organisationnelle existante 9 Comment démarrer la SOA ? Comment les services sontils financés ? Comment l’utilisation des services est-elle calculée et mise en place ? - En général, les projets sont intégrés dans les structures de financement en place - Les projets sont plus onéreux qu’en temps normal car ils doivent prendre en compte l’aspect de réutilisabilité. Par le budget - Suscite une motivation pour central arriver à des services réutilisables - Plus de chance de succès pour les initiatives SOA - Réglementation requise - Financement inapproprié du budget central Suivant usage - Juste répartition de la charge - Réglementation requise Pas du tout - Pas d’administration pour le recalcul des coûts Par les projets Tableau 9.1 : Choix de base de la mise en œuvre de la SOA Le choix des projets métiers La mise en œuvre de la SOA s’effectue principalement dans le cadre de projets métiers où la majorité des services sont identifiés, créés et mis en œuvre. Sur la Figure 9.1, les premiers projets métiers sont basés sur les « points d’entrée », c’est-à-dire des projets caractéristiques mis en œuvre pour fournir les composants de l’infrastructure SOA – et donner une certaine valeur ajoutée à l’entreprise en proposant la fonctionnalité sous la forme de services éventuellement réutilisables. Exemples de projets métiers qui se prêtent à l’application SOA : • Augmentation de la productivité du personnel d’un centre d’appel. • Accélération des délais de traitement dans le processus de gestion des commandes. • Mise en œuvre d’un nouveau mode de gestion des relations clients. • Amélioration des informations destinées aux directeurs seniors. Trouver le projet pilote parfait peut être un juste milieu entre risque et récompense. Le risque global lié au projet doit être suffisamment faible pour que vous puissiez prendre les premières mesures SOA en toute sérénité et les résultats escomptés se révéler suffisamment conséquents pour donner un sens à l’initiative. 175 SOA for Profit Il faut maintenir les risques à un niveau assez bas pour optimiser les probabilités d’achèvement dans les délais, suivant les budgets impartis, sans réduire l’envergure du projet : tout échec est susceptible de briser l’élan SOA. Naturellement, les projets critiques pour la mission de l’entreprise, dont les retards risquent de compromettre certaines opérations métiers clé, doivent être évités. Un bon projet pilote est un pari gagnant rapide qui ne nécessite qu’un faible budget, et peut être finalisé dans un délai court. La portée d’un tel projet doit donc être bien définie, sans défi technique à relever. En fait, un projet pilote SOA n’est pas une démonstration technologique. Gartner [Gartner 2006e] définit le Sweet Spot (ou zone la plus performante) pour les candidats à un projet pilote SOA comme une zone cible positionnée dans un quadrant fondé sur la complexité informatique par rapport à la valeur métier, où la complexité informatique est moins élevée que dans la moyenne, mais dont la valeur ajoutée pour l’entreprise est importante. Réussite technique Leadership Démonstration technique convaincante Risque élevé, valeur ajoutée importante Complexité informatique Sweet Spot C'est un début Démontre la vision Anecdotique Visionnaire Valeur métier Source : Gartner (août 2006) Figure 9.2 : Sweet Spot pour les candidats à un projet pilote SOA La valeur métier est toujours directement liée aux « business pains », ces épines dans le pied qui abondent dans toute entreprise. L’effort doit être quantifiable par une ou deux valeurs numériques que chaque partie prenante doit pouvoir comprendre et valider. Le retour sur investissement du projet sera calculé en 176 9 Comment démarrer la SOA ? fonction de ces valeurs, mesurées avant et après le projet. La valeur métier du projet doit être évaluée avec minutie : si elle est trop basse, le projet n’intéressera plus ses sponsors et sera considéré comme anecdotique, sans valeur. Comment la SOA évite-t-elle la fraude dans les restaurants Un centre de loisirs international avec hôtels et restaurants s’est trouvée confrontée à un problème très particulier par rapport à l’un des processus métiers de ses établissements. Les clients qui achetaient un package hébergement+repas, se voyaient remettre des tickets avec un identificateur à code barre qui donnaient accès aux restaurants de la station. Un ticket par repas et par personne était prévu. Les tickets étaient récupérés et enregistrés à l’entrée de chaque établissement par un serveur muni d’un lecteur de codes barres. Peu de temps après la mise en place de ce système, une consolidation des résultats pour les différents restaurants du site a démontré que certains tickets étaient utilisés deux fois le même jour. Le problème a persisté entraînant une perte de profit importante. Après enquête, il s’est avéré que certains membres du personnel photocopiaient les tickets avant de les donner aux clients et utilisaient ainsi les faux tickets pour obtenir des repas gratuits. La société a lancé un projet dont l’objet était le contrôle de l’utilisation des tickets en temps réel. L’architecture du système d’information a été modifiée et un ensemble de services partagés mis en place de manière à ce que le système d’enregistrement des tickets de restaurant puisse refuser le ticket si celui-ci avait déjà été utilisé. La fraude a disparu et la société n’a plus perdu d’argent. Il existe plusieurs manières de choisir des projets : • En établissant la liste des projets métiers sur le point de démarrer et en identifiant certains projets comme des candidats SOA (approche bottomup). • En identifiant des domaines applicatifs prometteurs pour la SOA et en lançant les projets correspondants (approche bottom-up). • En déterminant les domaines d’activité les mieux adaptés à la SOA sur la base d’un découpage par métier et en lançant les projets correspondants (approche middle-out). • En générant une transformation vers une architecture d’entreprise basée sur la SOA en fonction de la stratégie de l’entreprise et en réalisant cet objectif par des projets (approche top-down). 177 SOA for Profit Le choix qui vous convient le mieux est essentiellement conditionné par votre culture d’entreprise et la manière dont les changements y sont déployés. Une approche top-down sera privilégiée dans une structure très hiérarchisée alors qu’une approche bottom-up sera considérée comme mieux adaptée dans un environnement plus informel. Le choix des projets capacitaires Comme l’indique la Figure 9.1, vous pouvez également identifier des « projets capacitaires » en plus des projets métiers. Ces projets dont destinés à la préparation de votre entreprise pour une mise en œuvre efficace et performante de la SOA. Ils sont établis à partir du modèle de maturité SOA et concernent l’amélioration des processus, en particulier dans le domaine de la gouvernance et de l’architecture d’entreprise, par la formation et la sensibilisation du personnel ainsi que le choix d’une technologie appropriée. Exemples de projets capacitaires : • Description des rôles et des responsabilités par rapport au cycle de vie des services. • Mise en place d’un centre d’excellence SOA. • Mise en place d’un système de gestion des portefeuilles de services. • Établissement de normes et directives pour la création de services. Un élément essentiel à ce sujet : les règles de définition de la granularité d’un service. • Définition des principes SOA comme éléments de l’architecture d’entreprise. • Formation d’analystes métiers et d’ingénieurs logiciels. • Choix et mise en œuvre d’un registre des services. • Élaboration d’un schéma de développement pour l’assemblage des services. • Organisation d’une tournée de présentation pour expliquer les concepts et la valeur ajoutée de la SOA pour l’entreprise à divers groupes cibles. • Création d’un ensemble de composants (pour gérer les actifs informatiques mais aussi les processus métiers, des modèles ou des directives de conception, etc.). La SOA aboutit à une infrastructure informatique plus générique. Au chapitre 4, nous avons vu que l’architecture de référence SOA comporte onze domaines pour lesquels des aides infrastructurelles sont nécessaires. Cette infra structure SOA générique s’appuie en partie sur des projets métiers et en partie sur des projets de disponibilité. La mise en œuvre d’un ESB est l’exemple caractéristique d’un projet de ce type. La plupart des entreprise estiment qu’il est très difficile d’établir un business case pour un ESB, voire de trouver un sponsor dans le métier. Néanmoins, un ESB est essentiel comme outil de 178 9 Comment démarrer la SOA ? transport et de routage pour la SOA. Comme le montre le modèle de maturité SOA, il faut investir dans la technologie à un moment donné pour préparer le terrain. Tout d’abord, les projets métiers et les projets de disponibilité vont fournir les composants de l’architecture SOA générique ; mais au fil du temps, ce sont principalement les projets métiers qui bénéficieront du fait qu’une part croissante de l’infrastructure dont ils peuvent faire usage, est déjà en place. Cela va considérablement accélérer les choses. Enfin, la feuille de route SOA se compose de projets métiers et de projets capacitaires. Comme il est impossible de prévoir à l’avance tous les projets SOA, nous vous conseillons d’établir une feuille de route pour une certaine période, de préférence assez courte, d’environ six mois, mais sans excéder une année. Ensuite, nous vous conseillons de revoir vos objectifs et d’effectuer une nouvelle évaluation pour établir une autre feuille de route pour une période différente. 9.3 Les points d’entrée L’utilisation de points d’entrée (Personnel, Informations, Processus, Réutilisation et Connectivité) donne une réponse à la question sur les domaines possibles de mise en œuvre de la SOA au sein d’une entreprise (IBM 2006e). Ces points d’entrée décrivent les problèmes récurrents que l’on peut résoudre grâce à la SOA. Un plan de projet peut être établi pour chacun des points d’entrée. Ce plan n’est pas fondamentalement différent d’un autre projet : il faut un objectif métier concret soutenu par un business case. Les points d’entrée sont importants en partie parce qu’ils permettent de déterminer des objectifs clairs pour le projet SOA. Quel est le problème métier à résoudre en introduisant la SOA ? En partenariat avec Mercer Management Consulting, IBM a étudié les pratiques émergentes parmi ses 1 900 clients SOA. Ces études ont mis en évidence trois points de départ SOA orientés métiers : le Personnel, les Processus et l’Information, et deux points de départ orientés informatique : la Connectivité et la Réutilisation. Une approche SOA orientée métiers commence par l’analyse de l’entreprise. Le but est d’identifier les domaines qui bénéficieront le plus rapidement d’un meilleur accès et d’une intégration améliorée pour les individus dans des domaines d’activité critiques. Avec une approche de ce type, les entreprises peuvent associer les projets informatiques aux besoins de l’entreprise, en abordant directement les problèmes immédiats. 179 SOA for Profit Utilisateurs Processus Information Réutilisation Connectivité Figure 9.3 : Les cinq points d’entrée Les points d’entrée aident les entreprises à mener une stratégie SOA au mieux, en adoptant une approche basée sur le projet et en exigeant que chaque projet apporte une réelle valeur métier. De cette manière, chaque entreprise sera prête à optimiser les bénéfices d’une SOA, à comprendre les avantages liés aux composants modulaires et aux services web, à améliorer les processus métiers et à exploiter les nouvelles opportunités d’amélioration. L’approche commence par une étude des actifs fondamentaux de l’entreprise : le Personnel, l’Information et les Processus d’un point de vue métiers. Le contexte technique requis pour l’intégration du Personnel, des Informations et des Processus sera apporté par les points d’entrée Connectivité et Réutilisation. Dans les sections qui suivent, nous allons dresser de brefs descriptifs et donner des exemples pour chaque point d’entrée afin d’illustrer les véritables engagements et les expériences des clients. Nous exprimerons notre vision sur les défis à relever, les points d’entrée utilisés, en expliquant brièvement la solution et les avantages pour l’entreprise. Avec toutes ces informations, vous pourrez ainsi identifier certains de vos propres défis, ce qui vous indiquera la démarche à suivre. 180 9 Comment démarrer la SOA ? Utilisateurs Information Connectivité Processus 9.3.1 Collaboration centrée sur les utilisateurs Réutilisation Entamer le voyage par une approche SOA centrée sur le métier commence par une analyse de l’entreprise. Cette dernière permettra d’identifier les domaines qui réagiront le plus rapidement à toute amélioration de l’accès et de l’interaction des utilisateurs dans des domaines d’activité critiques. Ce point d’entrée s’appuie sur une amélioration de la productivité par la collaboration. Les entreprises qui se concentrent sur la collaboration des utilisateurs, souhaitent améliorer leur productivité en donnant à leurs employés, à leurs clients et à leurs partenaires la possibilité de créer un environnement personnalisé pour agir en interaction avec d’autres personnes et informations dans le contexte des processus métiers. Cette approche conduit à des interactions entre individus et processus avec des niveaux de service cohérents. Par où commencer ? Tout d’abord, prenez les projets pilotes ciblés qui donnent les éléments de base pour le développement de solutions (SOA), en insistant sur l’interaction avec les utilisateurs au travers de portails et de tableaux de bord. Dressez une liste des principaux processus métiers en regroupant les informations pour faciliter les prises de décision. L’étape suivante sera une gestion plus serrée des performances par l’intermédiaire de tableaux de bord pilotés par des alarmes pour établir un lien avec un plus grand nombre de processus. L’efficacité opérationnelle, c’est-à-dire d’une part la capacité à innover de façon immédiate, et d’autre part la productivité des utilisateurs sont des éléments clé de la compétitivité et de la croissance de l’entreprise. Actuellement, les entreprises se trouvent confrontées à des applications basées sur des silos et des informations qui empêchent toute collaboration efficace entre employés, partenaires et clients. C’est en responsabilisant les personnes grâce à des solutions orientées services que vous pourrez relever ces défis et établir les fondements d’une productivité, d’une collaboration et d’une communication meilleures. Il est évident que les utilisateurs pilotent l’interaction avec les services SOA qui exécutent les résultats. Par conséquent, il faut miser sur les hommes pour réussir le voyage SOA. 181 SOA for Profit Utiliser le point d’entrée utilisateurs peut aider à : • Accélérer la productivité • Réduire les coûts d’accès à une multitude de sources d’application et d’information • Instaurer et améliorer la collaboration à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise • Réduire les délais de mise sur le marché, déployer de nouveaux services • Améliorer l’accès à l’orchestration et à la souplesse des processus. En plus des autres points d’entrée (Processus, Information, Réutilisation et Connectivité), ce point d’entrée peut faciliter les décisions en temps réel, les collaborations dynamiques et l’exécution immédiate. En bref, l’approche SOA par les utilisateurs conditionne la souplesse métier et opérationnelle et améliore la productivité et la collaboration. Néanmoins, la qualité se révèle à l’usage. Dans l’exemple qui suit, nous allons résumer un cas pratique en utilisant les utilisateurs comme point de départ pour mettre en évidence les avantages réels pour l’entreprise. Collaboration centrée sur le personnel dans un groupement d’école Introduction Il s’agit ici d’un groupement important d’écoles publiques primaires, secondaires et d’établissements de formation comptant des dizaines de milliers d’étudiants, d’enseignants, d’administrateurs, d’entités publiques et de parents multilingues (plus de 200 collèges de formation, universités, instituts techniques et établissements militaires). Une étroite collaboration entre ces organisations, l’accès aux informations, les sources de données, la présentation de rapports et d’indicateurs de performances clé sont des paramètres essentiels pour assurer une éducation de qualité aux étudiants. Néanmoins, les établissements possédaient des sources de données majeures réparties sur plus de 300 environnements applicatifs en silos qui étaient mal intégrés, ne correspondant à aucun standard technologique reconnu et exempts de toute ébauche d’architecture. Leurs processus métiers et les environnements informatiques n’étaient pas alignés, d’où une mauvaise collaboration et communication et un manque de réutilisation des actifs existants pour réduire les coûts de développement. 182 9 Comment démarrer la SOA ? Les enjeux métiers Le défi à relever était de créer un point d’accès unique pour toutes les personnes impliquées dans l’amélioration de la collaboration et de la communication, d’optimiser les performances des étudiants, d’accroître le niveau général, de faciliter l’accès aux informations de plus de 2 000 administrateurs et de réagir rapidement aux déficiences conformément à la législation publique en vigueur pour les établissements scolaires financés par des fonds publics. Sans les rapports exhaustifs de ces établissements, les financements sont en danger. Le but était aussi d’améliorer l’alignement entre les processus métiers et l’environnement informatique à partir des actifs existants, reliés autant que possible par des standards ouverts, indépendants des solutions propriétaires. La solution Après l’analyse des exigences métiers, fonctionnelles et non fonctionnelles, un modèle SOA qui intégrait tous les environnements informatiques disparates dans un portail basé sur les rôles, a été établi. Étudiants, enseignants, administrateurs, parents et organismes publics externes disposaient d’un accès illimité aux applications, informations et services. Les 2 000 administrateurs optimisent l’environnement portail en assurant le suivi des ressources des établissements, en élaborant des rapports et en surveillant la présence, les diplômes et les évaluations des étudiants. Ils peuvent désormais établir des corrélations entre les facteurs métiers, c’est-à-dire déterminer la somme d’argent dépensée par étudiant, le score moyen par établissement, les cartes de présence, etc. Les enseignants peuvent accéder aux données sur les étudiants et les étudiants accéder aux tâches attribuées à leurs classes, aux ressources et aux calendriers divers et même communiquer avec leurs enseignants et camarades. L’environnement peut se décliner en plusieurs langues pour améliorer la communication. Certaines des applications disparates ont été intégrées après une certaine subdivision (« componentization ») en utilisant des services web, en préservant les actifs existants et en évitant tout blocage par des solutions propriétaires. 183 SOA for Profit Les avantages Les véritables avantages résident dans la collaboration entre les enseignants, les étudiants, les administrateurs et les organismes externes. Cette approche dénote une amélioration significative. Par ailleurs, les administrateurs peuvent désormais générer des rapports en quelques minutes au lieu de plusieurs semaines, ce qui leur permet de comprendre plus rapidement les problèmes de performance et de faire preuve d’une plus grande réactivité à ces problèmes. Les applications et les sources de données associées, autrefois séparées, sont désormais accessibles à partir d’une interface, ce qui améliore la vision des performances réalisées à l’échelle d’un territoire et permet de développer les ressources de toutes les parties prenantes. Comme les résultats des étudiants peuvent faire l’objet d’un suivi, les scores aux tests s’en trouvent améliorés, garantissant ainsi la conformité avec la législation publique. Conséquence directe : les financements ne seront plus en danger. Utilisateurs Information Connectivité Processus 9.3.2 La gestion des processus métiers Réutilisation Les entreprises orientées vers la gestion des processus métiers s’intéressent à l’aptitude à optimiser leurs processus, à se développer rapidement au moment opportun et à surveiller l’efficacité des processus modifiés. En conséquence, elles sont plus à même de réagir à l’évolution du marché et de prendre les mesures qui s’imposent. Toutefois, toute entreprise doit veiller à ce que les composants des processus soient entièrement réutilisables de manière à en garantir une reconfiguration rapide et performante. Vos processus métiers vous permettent-ils de réagir rapidement aux conditions changeantes du marché ? C’est en rationalisant les processus que vous pourrez aligner les services informatiques sur les objectifs de l’entreprise et réduire la complexité des processus de conception. Pour commencer, modélisez un processus non performant, supprimez les goulets d’étranglement puis simulez et déployez le processus optimisé. L’étape suivante pourrait consister à créer des liaisons souples entre les multiples processus de l’entreprise et à établir une interface entre les clients, les fournisseurs et les partenaires. Enfin, surveillez le processus en fonction d’indicateurs de performance clé adaptés et suivez les performances. 184 9 Comment démarrer la SOA ? Optimiser la SOA en s’appuyant sur le point d’entrée du processus peut aider à : • Accroître la collaboration avec les partenaires et les fournisseurs. • Accélérer les délais de mise sur le marché. • Réagir rapidement aux défis métiers et agir en conséquence. • Mettre en œuvre plus rapidement de nouveaux processus. • Mieux réagir aux règles de conformité. • Optimiser le retour sur investissement. Gestion des processus métiers chez un fabricant de motos Introduction Un fabricant de motos reconnu et respecté au niveau international compte un nombre important de propriétaires enthousiastes qui souhaitent conserver leur propre identité. C’est une société dynamique qui tente de développer son portefeuille de produits de plusieurs manières ; elle réagit à la demande du marché, prend en compte les exigences spécifiques à sa clientèle régionale et étudie les possibilités de développement de l’activité sur le marché. La société a établi de bonnes relations avec ses fournisseurs, agents, clients et investisseurs. De plus, elle a bien mesuré l’importance réelle du marketing et propose des services spécialisés pour ses produits. Au fil des années, l’informatique est devenue très importante, non seulement pour le soutien des processus métiers, mais aussi comme un élément différenciateur qui apporte un plus pour son réseau d’agents et sa clientèle. Les enjeux métiers La société est sensibilisée à l’importance de l’innovation du business model qui peut permettre de réduire les coûts et d’améliorer la rentabilité. Sur un marché actuel hautement concurrentiel, elle a besoin d’un système financier souple et agile pour pouvoir réagir rapidement au bon déroulement d’une campagne de marketing. Néanmoins, l’architecture applicative était composée d’éléments fortement couplés utilisant des technologies obsolètes. Il n’existait aucune chorégraphie intégrée entre les demandes de crédit, les autorisations de crédit et l’origine des prêts. Changer les fonctionnalités au sein d’applications distinctes requiert beaucoup d’argent, de temps et d’efforts, sans pour autant garantir un réel résultat par rapport aux demandes liées aux exigences des programmes de promotion. De fait, la société perdait du terrain, d’où la nécessité d’apporter une solution rapide. 185 SOA for Profit La solution La société s’est attaquée au modèle architectural du domaine financier d’un point de vue métier en établissant des modèles de processus pour des packages financiers. Cette démarche lui a permis de moderniser ses processus pour assurer le soutien et la promotion des plans financiers auprès des commerces de détail, tels que ses agents. Le domaine applicatif a été restructuré conformément aux directives et principes SOA. De plus, la société a utilisé une SOA pour défaire les points d’intégration câblés en dur dans le domaine applicatif et basculer vers des services désormais indépendants et faiblement couplés. En conséquence, le domaine financier est passé en client léger et l’application exposant le processus d’approbation des crédits peut désormais proposer de nouveaux programmes financiers nécessaires pour pouvoir réagir rapidement aux exigences du marché. Les fonctionnalités nouvelles et existantes peuvent être modifiées rapidement, sans interférer avec les composants d’autres services. Les avantages Les améliorations obtenues ont été les suivantes : • Les programmes financiers peuvent désormais être associés pour un coût moindre aux promotions de marketing entreprises à la volée. • De nouveaux modèles peuvent être proposés plus rapidement sur le marché au moment opportun. • Les services ne sont modifiés que dans les cas nécessaires, sans affecter toutes les autres fonctionnalités. • Le service clients s’en trouve amélioré grâce à un développement approprié des stratégies de financement plus rapides, en totale adéquation avec les besoins de la clientèle. Utilisateurs Information Connectivité Processus Réutilisation 9.3.3 L’information : un service L’utilisation des informations en tant que service est un point d’entrée dans l’architecture SOA qui donne accès aux sources de données complexes et hétérogènes d’une entreprise en tant que services réutilisables. Ces services peuvent être accessibles au sein d’une entreprise ou dans une chaîne de valeur. Les entreprises sensibilisées par l’accès à l’information en tant que service sont très intéressées par la possibilité d’améliorer leur vision de l’état de l’entreprise, en réduisant les risques grâce à des services d’information sécurisés, proposés en ligne et en fonction du contexte. 186 9 Comment démarrer la SOA ? Mais à mesure que l’information devient un élément clé pour chaque entreprise, il faut éviter les redondances ou contradictions car les utilisateurs doivent pouvoir « se fier » aux sources. En empruntant ce point d’entrée, vous pourrez améliorer la capacité et la cohérence de l’information et mettre fin aux traditionnelles barrières du partage de l’information. Avez-vous une bonne connaissance des sources d’information de votre entreprise ? Connaissez-vous la valeur ajoutée exacte de l’information pour votre entreprise et de leurs relations ? Il est temps de considérer l’information comme un service, en veillant à la cohérence des définitions, du packaging, à la gouvernance des données métiers sensibles, en vue de pouvoir proposer des services d’information réutilisables dans vos processus métiers. Avec une telle démarche, vous bénéficierez d’une plus grande souplesse tout en améliorant la productivité de l’informatique car les services pourront être maintenus de manière indépendante. Vous pouvez commencer par identifier et étudier les sources d’information, les relations entre les informations et le contexte métier. L’étape suivante consistera à accroître le volume et la portée des informations fournies en tant que service dans tout les processus internes et externes. Ce point d’entrée peut constituer une valeur ajoutée SOA par l’information de différentes manières : • En augmentant l’agilité de l’entreprise, en proposant des services d’information réutilisables, en intégrant les informations structurées et non structurées qui peuvent être associées au sein d’applications, de processus métiers et/ou de portails. Par cette approche, les coûts liés à l’accès et à la transformation des données pourront être réduits ; • En rendant les données accessibles ; vous disposerez d’une vision homogène de l’activité avec une intégration claire des données analytiques pour améliorer la transparence et la vision métier ; • En réduisant les coûts et les risques associés à toute rationalisation et migration d’infrastructures. À cette fin, il faut séparer les informations des environnements applicatifs en silos préalablement évoqués. Réduisez les risques par des analyses en ligne, en veillant au caractère vérifiable des données et par les initiatives de conformité d’organismes internes et externes. Si vous entamez des projets séparés à partir des points d’entrée Utilisateurs, Processus ou Information, vous en tirerez des avantages tout en optimisant le retour sur investissement. Néanmoins, c’est en combinant les trois points 187 SOA for Profit d’entrée SOA d’un point de vue métier dans le contexte d’un effort bien orchestré que vous obtiendrez les résultats les plus rapides. Néanmoins, sans l’informatique, il est impossible d’intégrer les utilisateurs, les Processus et les Informations au sein d’une entreprise. L’expérience montre qu’il faut une infrastructure orientée services composée d’une couche de communication auto-sécurisée, auto-réparatrice, auto-configurante et auto-optimisante standardisée, qui permette la transformation d’une infrastructure verticale, en silos, orientée applications vers une approche plus horizontale. L’information comme service chez un opérateur de télécommunications Introduction Grâce à plusieurs millions de clients connectés, ce grand opérateur de télécommunications propose des ensembles complets et innovants de services de communication à des particuliers et des professionnels dans le monde entier. La société propose à ses clients des solutions simples, adaptées à leurs besoins, notamment des services téléphoniques, sans fil, Internet à haut débit, communication satellite pour la télévision numérique et Voix sur IP. En plus, elle propose des solutions autour des technologies de l’information et de la communication à de grands groupes, de petites et moyennes entreprises et des organismes publics. Les enjeux métiers La société devait réagir aux pressions externes liées à la réglementation et à la concurrence sur le marché des télécommunications. Compte tenu de la forte concurrence, elle devait améliorer la compréhension de sa clientèle et ses relations avec cette dernière. Étant donné que les clients ne sont pas très fidèles dans le secteur des télécommunications, elle devait également proposer des produits innovants, ce qui l’a contrainte à passer d’une perspective centrée sur le produit à une perspective centrée sur le client. Pour réussir dans cette démarche, elle avait besoin d’identifier les clients les plus rentables, d’avoir une vision unique de la clientèle à travers les applications et les secteurs d’activité et d’améliorer autant que possible la fidélisation de ses clients. La solution Un modèle de données normalisé, éprouvé, pour l’ensemble de la société a constitué un composant de construction essentiel et le point de départ du voyage SOA. Pour résoudre le problème, un nouveau système de gestion des clients a été mis en place à partir d’une technologie d’intégration des données de référence. Ce système a été mis en phase avec les principes de qualité issus de son entrepôt de données existant, pour obtenir ainsi une vue globale unique des clients au niveau de tous les systèmes opérationnels. 188 9 Comment démarrer la SOA ? Les avantages En mettant sur pied une solution à partir de ce point d’entrée SOA, la société a amélioré sa stratégie de marketing ciblée car elle est parvenue à identifier et à rattacher les clients à des canaux différents. Désormais, elle peut identifier et classer rapidement ses clients pour obtenir des offres qui correspondent exactement à leur segment et profil. Par ailleurs, les changements au niveau des réglementations nationales peuvent désormais être traités plus rapidement. Conséquence directe : une fidélité accrue de sa clientèle grâce à la richesse des offres et un nombre de « mauvaises surprises » largement réduit. Les coûts admi nistratifs ont diminué grâce à une amélioration du rendement. Par ailleurs, la capa cité à réutiliser les informations en tant que service a entraîné une réduction notable des coûts d’interface (seulement 2,5 % du coût par rapport à la première interface installée). Utilisateurs Information Connectivité Processus 9.3.4 Connectivité Réutilisation Le point d’entrée Connectivité aide l’entreprise à intégrer les points d’entrée SOA orientés métiers. Dans le passé, la connectivité a toujours été une exigence essentielle ; elle le sera encore plus dans le cadre des futures mises en œuvre de la SOA. Elle est destinée à simplifier l’environnement informatique en proposant des méthodes de connexion plus sûres, fiables et scalables à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Elle doit relier les individus, les informations et les processus par l’intermédiaire de flux de messages de données partout, à tout moment et de n’importe quelle source. C’est à ce niveau que le domaine de connectivité constitue véritablement une valeur ajoutée. En apportant sa valeur métier, la connectivité est aussi un composant fondamental pour toutes les initiatives SOA dans un futur proche. La mise en œuvre d’un ESB pourrait faire partie du point d’entrée Connectivité. C’est un ensemble de middleware qui unifie et connecte les services, les applications et les ressources au sein d’une entreprise. En d’autres termes, c’est le framework à partir duquel sont exposées les capacités des applications d’une entreprise pour être réutilisées par d’autres applications au sein de l’entreprise et même au-delà. 189 SOA for Profit Quelle est la valeur de la connectivité des services pour votre entreprise ? Ce concept peut ouvrir des portes aux clients, aux partenaires et aux fournisseurs en leur offrant un éventail de méthodes d’interaction avec votre entreprise. Avec la connectivité, vous pourrez proposer une logique de présentation cohérente, indépendamment du canal commercial choisi. La collaboration en sera améliorée par l’intégration interne et externe des entités et/ou des divisions. En bref, la connectivité peut aider à : • Intégrer les individus, les processus et les informations ; • Mettre une entreprise en ligne avec la croissance du marché ; • Instaurer des relations de confiance avec les clients, les fournisseurs et les partenaires ; • Créer un domaine de connexion scalable, sécurisé et disponible à partir de standards ouverts. La connectivité chez un fournisseur de technologies sanitaires Introduction Fabriquer des installations sanitaires à la fois fonctionnelles et esthétiques constitue le principal objectif de ce fournisseur de technologies européen qui est également le premier exportateur de robinets, baignoires et autres accessoires commerciaux et appareils électroménagers dans le monde. La société propose des produits et des services complémentaires dans plus de cent pays par l’intermédiaire de son réseau d’agents répartis dans le monde entier. Les ventes à l’export représentent environ 80 % du chiffre d’affaires total et sont donc essentielles pour le développement de l’activité. Les enjeux métiers Sur ce créneau, les délais de livraison des nouveaux produits sont très importants car la concurrence fait rage. Un démarrage en tête entraînera en principe une augmentation des ventes. Néanmoins, l’environnement applicatif qui encadre les opérations, les processus métiers et les systèmes logistiques du site existant est mal intégré. Le développement spécifique d’applications nouvelles ou d’évolutions ralentit les délais de mise sur le marché et augmente les coûts. En regroupant les exigences propres à un nouveau système ERP (Enterprise Resource Planning), la société a dû imaginer comment échanger les données entre les nouveaux modules ERP et plusieurs applications patrimoniales (applications de gestion de la production et des taxes d’exportation, de suivi des livraisons, systèmes de catalogues produits et de facturation, logiciels de gestion des stocks, de la logistique et des codes barres). 190 9 Comment démarrer la SOA ? Au total, la société a identifié 14 interfaces à créer. Comme le projet devait être finalisé assez rapidement, il fallait déterminer s’il était plus rentable de procéder à une intégration par un développement spécifique, point à point ou de faire l’acquisition d’un package de solutions conçues pour une intégration rapide et une cohérence continue des processus métiers. Il fallait aussi éviter tout blocage par un fournisseur. La solution La production, les processus métiers et les systèmes logistiques existants ont été intégrés dans un environnement ESB permettant l’intégration de systèmes et de bases de données Back end. En acheminant et en traitant de 5 000 à 25 000 messages par jour, la solution ESB assure un échange global d’informations au travers d’une chaîne de services entre des Front end et Back end faiblement couplés. Les avantages Les véritables avantages ont été une intégration améliorée de l’activité, des utilisateurs et des processus et un alignement métier total, ainsi que la croissance du chiffre d’affaires à l’export. Le temps d’intégration moyen a pu être diminué de 84 % (2 à 4 semaines contre 6 mois). Par ailleurs, les délais et les coûts d’intégration des applications patrimoniales avec les nouveaux modèles ERP ont été réduits par rapport à ceux d’une technique d’intégration par développement spécifique, point à point. La solution a aussi permis des transferts de données plus fiables et très perfor mants : l’exposition de services par des systèmes patrimoniaux permet la réutilisation des actifs à la demande. Par cette approche, la société estime que son système informatique peut proposer un nouveau service en ligne dans un délai de deux à quatre semaines. Cela améliorera considérablement les délais de mise sur le marché. Utilisateurs Information Connectivité Processus 9.3.5 Réutilisation Réutilisation Créer des composants réutilisables signifie créer des fonctions ou un ensemble spécifique de fonctions, et proposer des interfaces standards pouvant être utilisées et réutilisées à de multiples reprises. L’objectif principal de chaque mise en œuvre de la SOA est de maximiser les opportunités de réutilisation pour chaque couche informatique existante. Pour ce faire, il faut repenser les capacités redondantes, d’exposer 191 SOA for Profit et de promouvoir les fonctionnalités communes et de concevoir de nouvelles fonctions métiers comme des services réutilisables. Ceci ne peut être fait qu’en introduisant une gouvernance forte, basée sur des indicateurs qui favorisent la réutilisation afin de réduire les coûts informatiques et les délais de mise sur le marché en vue de gagner du terrain sur la concurrence. Il est essentiel de diminuer les coûts, de réduire la durée des cycles de développement et d’élargir l’accès à des applications de base en offrant des opportunités de réutilisation. Grâce à ces opportunités, les utilisateurs bénéficient d’une certaine souplesse car la durée des cycles est inférieure et les processus redondants sont éliminés. Au départ, vous pouvez gérer des portefeuilles afin de déterminer les actifs informatiques requis pour exploiter l’entreprise. Ensuite, il faut identifier les principaux actifs informatiques de haute valeur déjà en place et permettre leur réutilisation. Les autres besoins peuvent être couverts par de nouveaux services. Avec cette approche, l’utilisation d’un registre et d’un référentiel de services garantissant un accès centralisé et le contrôle des nouveaux actifs réutilisables sera également bénéfique. Quelle valeur ajoutée apporte le concept de réutilisation dans une entreprise ? • Il réduit les coûts de maintenance en éliminant les systèmes redondants. • Il réduit le volume de code à produire dans le cadre d’initiatives métiers. • Le désengagement de composants informatiques existants est moins important. • Les nouvelles fonctions métiers peuvent être créées par des fonctions composites à partir des applications existantes. La réutilisation dans une grande banque Introduction Une grande banque propose ses services à une clientèle diversifiée, allant de grands groupes aux particuliers en passant par les petites et moyennes entreprises. Les 9 000 salariés proposent des produits et des services financiers par l’intermédiaire d’un réseau national constitué de près de 250 agences, avec plus de 1 000 distributeurs automatiques et des canaux de distribution électroniques supplémentaires. 192 9 Comment démarrer la SOA ? Les enjeux métiers Partout dans le monde, les banques estiment qu’elles doivent améliorer leur façon de travailler pour survivre sur des marchés fortement concurrentiels. Les vieilles méthodes ne marchent plus. Les banques sont en concurrence avec des com pagnies d’assurances et des sociétés de courtage qui proposent également des services bancaires. Les banques internationales partent à la conquête d’une clientèle locale. Elles se différencient de leurs concurrents par la recherche des moyens permettant de répondre au mieux aux besoins de leurs clients. En effet, cette clientèle choisit des banques qui proposent de nouveaux services et un plus grand confort. Pour améliorer son positionnement, cette grande banque devait prendre des mesures. L’accent a été mis sur une simplification des transactions par des canaux multiples avec une réutilisation aussi fréquente que possible des actifs et des applications en place (GRC, web et autres). Par ailleurs, il fallait améliorer la compétitivité en mettant en place une infrastructure plus rapide, simplifiée et plus flexible pour soutenir les nouveaux processus métiers visant à améliorer le service clients. La solution À l’issue d’une analyse des exigences métiers clairement définies (fonctionnelles et non fonctionnelles), la méthode a consisté à reprendre les fonctions applicatives existantes, puis à les transformer en services métiers en utilisant le format XML. À l’aide d’outils de simulation de modèles métiers et fonctionnels, certains processus métiers ont été redéfinis et les actifs existants réutilisés autant que possible. Grâce à cette démarche, d’anciens développements ont été réutilisés et les temps de développement réduits de 40 %. Les applications plus anciennes, comme les services bancaires par Internet, étaient toujours conformes aux exigences de performance; elles accédaient néanmoins à des sources de données identiques, telles que la GRC, l’ERP et les systèmes bancaires centraux. Avec sa nouvelle architecture SOA, la banque a pu mettre en place des services réutilisables proposés par de nouvelles applications (comme l’évaluation des risques d’un crédit et l’identité des transactions) sans affecter son architecture web existante. Les avantages Par une réutilisation des actifs existants et une optimisation de l’environnement informatique, le taux moyen des transactions mensuelles de la banque a augmenté de 300 % grâce à un accès simplifié proposé à des clients par des canaux multiples. 193 SOA for Profit La banque a pu mieux s’adapter aux évolutions du marché et aux exigences de ses clients. L’intimité avec les clients a été accrue de manière significative par une amélioration des services clients. La réutilisation de presque 51 % des services existants a entraîné une réduction des temps de développement des applications et des coûts de maintenance, et ainsi des économies de l’ordre de plusieurs millions de dollars. Résultat : une meilleure réactivité face à l’évolution des exigences métiers grâce à une infrastructure applicative souple. Le personnel informatique de la banque a ainsi pu se consacrer à d’autres exigences des lignes de métier. Les services dans leur globalité en ont été améliorés et la nécessité de faire appel à un personnel supplémentaire et de le former s’en est trouvée réduite. 9.4 Synthèse En bref, comment dois-je accomplir mon voyage SOA et quels éléments ont du sens pour mon entreprise ? Comme nous l’avons déjà expliqué, il n’existe aucune méthode standard ; tout dépend de vos priorités, de l’envergure de votre projet et de vos objectifs. Néanmoins, si vous adoptez une approche SOA orientée métiers, vous aiderez votre entreprise à s’assurer que ses investissements restent concentrés sur les domaines qui présentent le plus d’intérêt pour votre activité. Commencez par le dialogue stratégique et établissez une feuille de route SOA. Cela vous aidera à déterminer vos priorités et objectifs pour le voyage SOA. Certains projets métiers et capacitaires constituent les éléments clé de cette feuille de route. Les points d’entrée vous aideront à trouver les bons projets métiers par lesquels commencer, en identifiant les avantages métiers qui y sont associés. Comme il est impossible de prévoir tous les projets SOA, nous vous conseillons d’établir une feuille de route pour une période spécifique, de préférence de 6 à 12 mois. Ensuite, vous pouvez à nouveau réfléchir, vérifier vos objectifs, effectuer une évaluation à l’aide du modèle de maturité SOA, puis établir une feuille de route pour une nouvelle période. 194 10 Comment arriver à bon port 10.1 Présentation Comme nous l’avons vu dans les précédents chapitres, la mise en œuvre de la SOA ne doit pas être sous-estimée. La réelle complexité des services et des processus métiers à créer, exposer, mettre en œuvre ou utiliser par l’ensemble des tiers internes ou externes peut constituer un défi majeur. En fait, ce parcours est semé d’embûches. Si vous gérez correctement les risques, vous pourrez peut-être vous en sortir, mais sans parvenir forcément au but que vous vous étiez fixé. Peut-être y parviendrez vous malgré tout, mais quelques semaines voire quelques mois trop tard ou à un coût prohibitif. Citons deux types de risques qui jalonnent votre voyage vers la SOA : • Les risques liés à la méthode employée pour parvenir à destination. Ces risques peuvent être les suivants : « la mise en œuvre doit être effective à compter du premier janvier » ; ou « les spécifications sont fournies en retard », « les testeurs expérimentés ne sont pas disponibles » ou « l’infrastructure n’est pas prête à temps ». • Les risques liés à la destination du voyage en tant que tel, en d’autres termes les risques SOA. Que se passera-t-il si cette architecture ne donne aucun résultat ou qu’elle comporte des erreurs ? Il en résulterait des risques considérables pour l’activité de l’entreprise : coûts élevés de réadaptation, perte de productivité, mauvaise image de marque ou atteinte à la réputation. Les conséquences peuvent être, par exemple, des demandes d’indemnisation et la perte de compétitivité provoquée par une disponibilité retardée d’un nouveau produit ou service (entraînant une perte de chiffre d’affaires). Avant d’entamer le voyage vers la SOA, toute entreprise doit clairement se demander si elle remplit bien toutes les exigences exprimées. Les services, les sous-systèmes, les objets et l’architecture impliqués par les exigences ontils été étudiés suffisamment en profondeur ? Des tests d’efficacité, de performance et de sécurité, par exemple, ont-ils été réalisés en plus d’un contrôle fonctionnel ? A-t-il été clairement établi si la SOA possédait les caractéris 195 SOA for Profit tiques et les fonctions requises pour satisfaire aux besoins explicites ou implicites (même si plus complexes) ? À noter qu’une chose qui semble couler de source pour une personne, peut s’avérer une révélation pour une autre. La vraie question est la suivante : quels sont les risques encourus et quelles mesures doivent être prises pour éliminer ces risques ? Pour éviter que les réponses à ces questions cruciales n’interviennent que lorsque vous en serez déjà à la phase opérationnelle de la SOA, il faut prévoir une méthode de test fiable avant de passer à l’action. Cela nécessite la mise en place d’une approche structurée par rapport au test, à l’organisation et à l’infrastructure qui permette d’obtenir (de manière maîtrisée) une vision continue de l’état de la SOA et des risques qui y sont associés. Ces défis sont assez différents du processus « traditionnel » de développement de logiciels et peuvent se résumer en quatre principes. Nous allons vous présenter maintenant ces principes, puis les expliquer de manière plus détaillée dans le chapitre suivant. Qui est propriétaire, qui paie ? Un service utilisé dans plusieurs services ou processus métiers doit être d’une qualité irréprochable. Pour tester ce service, vous devez déployer un effort supplémentaire. La question est de savoir qui va payer : le département qui propose le service ou le département qui l’utilise ? Cela nous amène donc à la question de savoir qui bénéficiera le plus d’un service de haute qualité et qui est prêt à le payer. Pour répondre à ces questions, il faut savoir que les tests évitent les coûts de réadaptation (élevés) et les dommages consécutifs sur l’architecture SOA dans son ensemble. En effet, les défauts sont identifiés et supprimés pendant le processus de développement du système. Cette approche ajoute également une certaine crédibilité au projet SOA dans son ensemble. Quand tester quel service ? Dans le contexte SOA, les services sont associés les uns aux autres de manière structurée. Un service peut par exemple donner accès à un autre service, et inversement. Cela signifie souvent que pour tester un service, vous avez besoin d’un autre service. Mais ce service est-il déjà disponible, testé et suffisamment bon ? Lorsque vous testez une architecture SOA, vous devez aligner la planification de ce test avec celle du développement ou de la mise en œuvre des services. En effet, vous ne pouvez rien tester avant que le service requis n’ait été développé de manière appropriée. 196 10 Comment arriver à bon port Comment tester un service ? La plupart des services SOA ne possèdent aucune interface utilisateur. En général, les « testeurs » sont habitués à travailler à partir d’une interface. Ces deux faits combinés constituent un problème majeur auquel il faudra trouver une solution. Il faut quelque chose pour communiquer avec le service. Qui dit beaucoup de services, dit beaucoup de tests Avec tous ces services, le risque est que l’équipe chargée des tests veuille tout tester à tous les niveaux. Mais il existe déjà beaucoup de niveaux et de types de tests, comme les tests de prototypes, d’unités, d’intégration d’unités, de régression d’unités, de services, d’intégration de services, de régression de services, de performances des services, de systèmes, et d’intégration des systèmes. On ne peut pas tout tester. Vous devez donc faire un choix en fonction des risques et des priorités. À cette fin, vous avez besoin d’une approche structurée qui : • Organise votre démarche afin que vous sachiez exactement quelles sont les choses à faire, par qui, quand et dans quel ordre ? • Couvre l’ensemble du périmètre et décrive l’ensemble des activités associées. • Constitue une base solide pour l’avenir, ce qui vous évitera de devoir réinventer la roue. • Gère les activités de test en fonction du temps, du budget et de la qualité disponibles. TMap est l’approche test de Sogeti reconnue à l’échelle internationale [Koomen 2006]. On peut résumer cette approche de la façon suivante : 1. TMap est basée sur une approche BDTM (Business-driven Test Management – pilotage des tests par les objectifs métiers). 2. TMap décrit un processus de test structuré. . TMap contient un ensemble d’outils complet. . TMap est une méthode de test adaptative. Vous pouvez relier directement le premier point au fait que le business case informatique est essentiel pour les entreprises. L’approche BDTM donne le contenu qui gère ce sujet dans TMap ; on peut donc la considérer comme l’élément moteur du processus de test structuré TMap (second point essentiel). Le modèle du cycle de vie TMap est utilisé dans la description du processus de test. Par ailleurs, il faut mettre en place plusieurs aspects relevant du domaine des infrastructures, de la technique et de l’organisation pour 197 SOA for Profit mener à bien ce processus. TMap fournit beaucoup d’informations pratiques à ce sujet, sous la forme d’exemples, de check-lists, de descriptions techniques, de procédures, de structures organisationnelles, d’environnements et d’outils de tests (troisième point essentiel). TMap est également un outil flexible qui peut s’installer dans différents contextes de développement : pour le développement et la maintenance d’un système, pour un développement spécifique ou un package acheté et pour l’externalisation (de certaines parties) du processus de test. En d’autres termes, TMap est une méthode adaptative (quatrième paramètre essentiel). Méthode Guide pour achever le processus de test flex ible adaptative Gestion des tests par les objectifs métiers Techniques Infrastructure Entreprise Figure 10.1 : Modélisation des points essentiels de TMap 10.2 Comment définir une stratégie de tests SOA ? Comment mettre en place des tests qui couvrent les risques majeurs liés à la mise en œuvre de la SOA ? Et plus encore, quels sont ces risques ? Cette démarche est réalisée dans le cadre d’un processus en plusieurs étapes ; elle nécessite l’engagement des testeurs, des utilisateurs du ou des services et des autres parties prenantes. La solution est de tester uniquement ce qu’il faut, et juste assez pour couvrir le risque. Les tests sont effectués sur la base de cas de test, de check-lists et d’autres moyens similaires. Mais de quel type de test s’agit-il ? Pour être utiles, les tests doivent couvrir toutes les caractéristiques et parties d’un service 198 10 Comment arriver à bon port (ou de combinaisons de services) qui présentent un risque si le service ne fonctionne pas correctement ensuite en situation de production. Cela signifie que vous devez avoir pris en compte plusieurs paramètres avant de commencer. En d’autres termes, vous devez déjà avoir déterminé les éléments du service à ne pas tester, ainsi que ceux qui devront être testés, en définissant la méthode et l’étendue du test. Mais qu’est-ce qui détermine ces paramètres ? Pourquoi ne pas tester tous les éléments du service avec autant de minutie que possible ? Si une entreprise possédait des ressources illimitées, une solution pourrait être de tout tester aussi soigneusement que possible. Mais naturellement, dans la pratique, une entreprise ne possède jamais les ressources suffisantes; autrement dit, il vous incombe de déterminer quels sont les éléments à tester et dans quelle mesure. L’un des sept concepts SOA de base est d’ordre économique, les choix en découlant étant aussi économiques. Si vous investissez dans la SOA, vous souhaiterez savoir quels en seront les bénéfices. La théorie de la gouvernance informatique guide les projets SOA sur la base de quatre aspects à savoir : le résultat, le risque, le temps et le coût. À titre d’exemple, une entreprise peut estimer qu’il est plus intéressant, en termes d’investissement, de commencer par un projet SOA à haut risque susceptible de donner d’excellents résultats, que par un projet SOA très peu risqué, mais dont les bénéfices dépassent à peine les coûts. Pendant les tests SOA, cette justification économique de l’informatique joue un rôle essentiel et doit se refléter dans le processus. Pour réussir un projet, il faut que le processus de test soit en harmonie avec les quatre aspects de gouvernance informatique que nous avons déjà évoqués. Le rapport entre ces aspects s’établit suivant l’approche BDTM. Nous allons donc décrire cette approche en insistant en particulier sur les tests SOA. 10.3 Les différentes étapes de l’approche BDTM Pour comprendre l’approche BDTM (Business-driven Test Management – pilotage des tests par les objectifs métiers), il ne faut jamais perdre de vue l’objectif final : une évaluation de la qualité et une préconisation sur les risques pour le service concerné. Comme tout ne peut pas être testé, une évaluation correcte n’est envisageable que si l’effort fourni est bien réparti en termes de temps et d’argent, de la façon la mieux appropriée entre les éléments et les caractéristiques du service à tester. La personne qui prendra la décision ultime sur la répartition entre le temps et les coûts à consacrer par rapport aux résultats à atteindre et aux risques à vérifier par des tests est le client. 199 SOA for Profit Pour que cette décision soit fondée, le responsable du test doit par conséquent impliquer le client dans le processus et fournir les bonnes informations. Dans la Figure 10.2, le client joue ainsi un rôle central. Objectifs du test : Facteurs de réussite critiques Demandes d’évolution Exigences Métiers, etc. Client Résultats, Risques, Temps et Argent 1. Analyse des risques d'un produit 2. Stratégie: a. choisir les niveaux de test b. choisir un test rapide/approfondi c. évaluer les forces/élaborer un planning d. attribuer des techniques de test 3. Tests réels : spécifier les cas de test, effectuer les tests, etc. Figure 10.2 : Étapes de l’approche BDTM Nous allons maintenant expliquer dans les trois sections qui suivent, les étapes qui constituent l’approche BDTM. 10.3.1 L’analyse des risques d’un produit Dans l’analyse des risques d’un produit, le service ou le processus métiers à tester est analysé en vue d’élaborer une vision commune, à la fois pour le responsable du test et les autres parties prenantes, de toutes les caractéristiques et parties du ou des services présentant des risques plus ou moins élevés ou du processus métiers à tester. Le but est de pouvoir déterminer le niveau de test requis par rapport à cette vision. Dans une analyse de ce type, l’accent est mis sur les risques liés au produit, c’est-à-dire sur le risque encouru par l’entreprise si le produit ne possède pas la qualité escomptée. Il faut également savoir si ce risque est faible, moyen ou (très) élevé. 200 10 Comment arriver à bon port On peut définir un risque comme la probabilité de dysfonctionnement du produit en relation avec les dommages prévisibles dans un tel cas. Dans la pratique, voici une liste non exhaustive des risques spécifiques aux environnements SOA : • La qualité d’un service est insuffisante pour un ou plusieurs des autres services ou processus métiers qui l’utilisent, ce qui donne un ensemble défectueux de services dont l’origine des dysfonctionnements est difficile à identifier. • Le service peut être de qualité suffisante pour le processus métiers auquel il était initialement destiné ; mais sa qualité est-elle suffisante pour les autres processus ? • Les services ne sont pas conformes aux standards architecturaux, d’où une informatique rigide avec de nombreux services qui se recoupent. • Une importance trop grande est accordée à l’aspect fonctionnel, sans que les autres exigences ne soient prises en compte, ce qui donne par exemple, des performances insuffisantes ou un manque de sécurité. • Les services et processus métiers ne sont pas suffisamment alignés, d’où des processus inefficaces. Ces risques dépendent également de la maturité de la mise en œuvre de la SOA, depuis le simple ESB qui relie des applications patrimoniales, jusqu’au concept SOA bien abouti, avec des services métiers soutenant les processus métiers. Évaluer les risques peut être un vrai casse-tête. Vous devez connaître les risques relatifs à l’architecture, aux différents services techniques et métiers, aux processus métiers et les dommages possibles ou les probabilités de défaillance. Le responsable des tests ne possède pas ces connaissances, ou alors seulement de façon limitée. De plus, les connaissances sont généralement réparties entre plusieurs entités ou individus. D’où la nécessité pour l’entreprise et le client SOA de bien évaluer les risques liés au produit. Dans la pratique, le responsable est généralement le faciliteur et l’organisateur de l’analyse des risques du produit, sa tâche consistant à contacter les personnes susceptibles d’apporter une contribution par leurs connaissances. Le Tableau 10.1 répertorie les candidats susceptibles d’être impliqués dans l’analyse des risques. 201 SOA for Profit Rôle Élément central Expertise Client du service métier, en principe responsable du processus métiers Dommage (en cas de problème, quel est le dommage) Processus métiers Architecte d’entreprise Risque d’échec (quels sont les domaines SOA ou services sujets à l’erreur ?) Expertise Propriétaire du Risque d’échec/dommage service (technique ou métier) Service métier et technique Analyste métier Dommage Processus métiers, service métier Utilisateur confirmé Dommage Processus métiers, service métier Développeur Risque d’échec Service métier et technique Responsable projet Dommage/risque d’échec Tous les domaines Assurance qualité Risque d’échec Tous les domaines Administrateur (fonctionnel et système) Dommage Tous les domaines Gestionnaire des exigences Dommage/risque d’échec Service métier et technique Tableau 10.1 : Candidats potentiels à l’analyse des risques d’un produit Outre le fait que l’analyse des risques du produit constitue la base de la stratégie de test, on trouve un autre avantage : les différentes parties sont davantage sensibilisées aux risques et aux conséquences possibles. Une liste commune et largement soutenue des principaux risques avec leurs classifications est ainsi constituée. Pour le reste du test, cette démarche facilite l’engagement au cas où des décisions devraient être prises dans le domaine concerné. Cependant, une simple séance de brainstorming avec quelques personnes sur les risques du produit ne donnera sûrement pas de bons résultats quant à la manière de couvrir les risques des éléments et du ou des services à tester. Le but n’est pas d’envisager tous les risques produits possibles, mais d’évaluer les risques liés à chaque élément ou aspect du service. 202 10 Comment arriver à bon port Comme ce type d’analyse est principalement un outil de communication, un bon moyen consiste à adopter le point de vue du client SOA et des autres personnes impliquées (c’est-à-dire en adoptant la perspective de ce qu’ils jugent essentiel). C’est l’étape de définition des « objectifs des tests ». Il s’agit d’objectifs pertinents pour le client, souvent formulés en termes de processus métiers basés sur l’informatique (commandes, facturation), d’exigences utilisateurs ou de cas d’utilisation à mettre en œuvre, de facteurs de réussite critiques, de propositions de changement ou de risques à traiter. Pour chaque objectif, les participants doivent alors déterminer les caractéristiques qualité pertinentes. Autrement dit, quels aspects l’activité de test doitelle couvrir pour atteindre les objectifs ? En général, la caractéristique « fonctionnalité » ou « exactitude » est la bonne. Le responsable du test doit expliquer que d’autres caractéristiques comme les performances, la convivialité et la sécurité peuvent aussi convenir, suivant leurs risques. Par exemple, la performance est-elle un problème pour le processus métiers Commandes ? Une fois toutes les caractéristiques de test sélectionnées pour chaque objectif, il faut les regrouper. Les participants divisent ensuite le service métier en plusieurs ensembles d’objets (ou composants) pour chaque caractéristique. Pour les Performances, vous pouvez avoir l’infrastructure, les services techniques spécifiques ou le service métier complet. Pour la Convivialité, il peut s’agir d’écrans d’enregistrement ou de consultation des données et pour la Fonctionnalité, de l’ESB ou des services techniques. Mais en principe, le service métier est divisé en plusieurs parties, par exemple les parties fonctionnelles pour les informations sur la gestion, les clients, les commandes et les factures. La division en composants permet d’aller plus loin dans le détail pour choisir l’envergure du test. Les participants doivent attribuer une classe de risque aux composants, allant d’un niveau bas à un niveau très élevé, en prenant en compte le risque par rapport aux objectifs à atteindre. Voici un exemple dans le Tableau 10.2. 203 SOA for Profit Caractéristique/composant Classe de risque Fonctionnalité • service 1 Élevé • service 2 Intermédiaire • service métier Intermédiaire Convivialité Intermédiaire Performance • transactionnel Intermédiaire • batch Bas Tableau 10.2 : Évaluation des risques pour les caractéristiques et les composants SOA de la qualité Le résultat est intégré dans le plan de test (principal) ; il constitue la référence pour toutes les décisions ultérieures à prendre quant à la stratégie du test (bas, intermédiaire, approfondi ou nul) pour chaque caractéristique qualité/composant dans le cadre de la mise en œuvre de la SOA. 10.3.2 Définition de la stratégie de test La stratégie de test comprend quatre étapes, comme l’indique la Figure 10.2. Nous allons expliquer ces étapes plus en détail ci-après. Le choix des niveaux de test Une analyse des risques d’un produit est effectuée pour le processus de test du service (métier) dans sa globalité. En principe, cette analyse porte sur une multiplicité de niveaux de test. Les niveaux conventionnels sont le test d’unité, le test d’intégration de l’unité, le test système et le test de validation (utilisateur et/ou production). Tout d’abord, il faut déterminer dans un plan principal, quels sont les niveaux à mettre en place. Les tests SOA nécessitent en principe un autre niveau (supplémentaire) : le test du service. Ce niveau sert à évaluer la qualité de chaque service (technique ou commercial de niveau inférieur) qui sera utilisé dans le service métier. Cette méthode évite l’effet Big Bang provoqué par l’intégration de tous les services dans le service métier où l’on finit par se rendre compte que le service dans son ensemble ne fonctionne pas correctement. Si la qualité d’un service est insuffisante, le test d’un service particulier sera un outil d’évaluation bien meilleur que le test du service métier dans sa globalité, une situation où il est beaucoup plus difficile de remonter de l’origine d’un défaut à un service sous-jacent. 204 10 Comment arriver à bon port Pour les tests de service, peu importe si les services sont achetés, réutilisés ou récemment créés. Ce qui est compte, c’est le risque lié à un service spécifique. Pour un service acheté, ce risque diffère généralement d’un service nouvellement constitué. Par exemple, dans un service sur étagère (non stocké) auprès d’un fournisseur métier, vous pouvez vous attendre à trouver un nombre très limité de défauts fonctionnels par rapport à un service récemment créé. En revanche, un service conçu et développé en interne sera sans aucun doute mieux adapté à la SOA. L’analyse des risques doit mettre ces différences en évidence. Un aspect essentiel des tests, en particulier dans les environnements SOA, est l’identification des responsabilités à chaque niveau. Le vendeur ou fournisseur d’un service est-il responsable du niveau de test ou celui-ci incombet-il à la partie demandeuse du service (informatique) ou de la solution (métier) ? Parfois un doute subsiste, en particulier par rapport au test de service. Nous préférons que l’utilisateur du service soit responsable de son test. Cela ne signifie pas forcément que celui-ci doit aussi effectuer le test : le test peut également être réalisé par le fournisseur du service si les résultats sont revus par son utilisateur. Choix entre tests simplifiés et tests approfondis Pour déterminer l’envergure des tests, il faut utiliser comme point de départ la classe des risques par composant (en se basant sur l’analyse des risques produits). Initialement, le principe suivant prévaut : plus le risque est important, plus le test requis doit être approfondi. Les résultats sont enregistrés dans un tableau de stratégie par niveau de test (cf. Tableau 10.3). Caractéristique/ Classe de composant risque Révision Test des développements Test du service Test du système • • • • •• • ••• •• • •• Test de validation Fonctionnalité •service 1 Élevé •service 2 Intermédiaire •service métier Intermédiaire Convivialité Intermédiaire • •• Performance •transactionnel Intermédiaire •batch • Bas •• • Tableau 10.3 : Stratégie de test pour chaque caractéristique et composant 205 SOA for Profit Dans le Tableau 10.3, le test des développements comprend des tests unitaires et des tests d’intégration unitaires. Le test du système concerne l’intégration des services. Lors du test de validation, c’est le service métier qui sera testé. Les tests de non-régression, qui permettent de vérifier si les changements apportés à l’environnement informatique (dans l’architecture, l’infra structure, les services ou les processus métiers par exemple) peuvent avoir des conséquences imprévues à d’autres niveaux, sont importants. Comme beaucoup de changements sont possibles (après tout, la SOA est destinée à assouplir l’entreprise), ce test constitue l’armature d’une bonne stratégie de test SOA et est souvent automatisé. Le test de non-régression est effectué à presque tous les niveaux. Le plus souvent, un service ne possède aucune interface utilisateur. Pour le tester, il faut créer une couche au-dessus du service, pour en faciliter l’accès au moyen de certains paramètres d’entrée et en vérifier les performances. Cette couche est appelée batterie de tests. Le développement (et le test !) de cette batterie de tests est à prendre en compte lors de la planification du test. Tester un service (métier) nécessite des connaissances métiers. Les utilisateurs (finaux) possèdent ces connaissances, mais ils craignent souvent, à cause de l’environnement technique, de tester individuellement chaque service. De même, il est difficile pour un utilisateur de tester un service de manière isolée car les données sont souvent artificielles et non productives. Impliquer les utilisateurs dans les tests de service nécessite une préparation, une formation et un coaching. Un service métier composé d’une multitude de services doit être testé à la fois seul et en combinaison (intégration) avec les autres services/systèmes métiers. Ces tests, communément appelés tests de validation utilisateur, représentent un défi majeur à relever pour l’entreprise en termes d’environnements requis (matériel, réseau, base de données, données). L’installation d’un environnement de test représentatif, stable et fidèle aux conditions de production, nécessite une grande coordination entre entreprises, départements et équipes. Cela s’avère très complexe et souvent très onéreux. L’élément clé est l’engagement précoce des individus possédant les connaissances dans l’infrastructure et l’environnement. 206 10 Comment arriver à bon port Évaluation des efforts et établissement d’un planning Une évaluation globale est alors entreprise en vue du test et un planning est mis en place. Il est crucial d’effectuer des tests très tôt dans le cycle de vie du développement d’un service en particulier dans le cas de la SOA. Les premiers tests peuvent mettre en évidence des problèmes de qualité assez faciles à rectifier à ce stade alors que, plus tard, les coûts de modification augmente ront de manière considérable. Les éléments sont communiqués aux clients et aux autres acteurs et en fonction de leur avis, modifiés si nécessaire. Le client exerce ainsi un certain contrôle sur le processus de test, ce qui lui permet de travailler en trouvant un juste milieu entre les résultats et les risques d’une part, et les délais et les coûts d’autre part. Il faudra répéter les étapes Choix entre tests simplifiés et tests approfondis et Évaluation des efforts et établissement d’un planning jusqu’à ce que le client soit satisfait de l’équilibre obtenu entre le temps et les coûts des tests évalués d’une part, et les résultats à obtenir et les risques en jeu de l’autre. Détermination des techniques de test Lorsque le client et les acteurs clés définissent d’un commun accord la stratégie, l’évaluation et le planning, le responsable du test transforme en mesures concrètes toutes les décisions prises concernant les tests simplifiés et approfondis à mener. Son rôle est de déterminer la manière dont le test doit se dérouler, les techniques à employer pour couvrir un service de manière ciblée, en associant les techniques d’élaboration des tests à des combinaisons de caractéristiques des composants. La base de test disponible est notamment prise en compte. Ces techniques sont utilisées pour mettre en place et réaliser des études (et/ou check-lists) par la suite. C’est à ce stade que débute le processus de test principal. Les activités que nous allons vous décrire sont effectuées dans le cadre du processus de test global, les résultats étant enregistrés dans le plan principal. Au niveau individuel (test d’unité, test de service, test de validation), les actions sont plus détaillées, si besoin. 207 SOA for Profit 10.3.3 Test effectif Après la validation du ou des plans avec la stratégie, les tests (préparation, spécification et exécution) démarrent. En cours d’exécution, le responsable donne au client et aux autres acteurs, des informations et des options de contrôle sur : • L’avancement du processus • La qualité et les risques du ou des services testés • La qualité du processus. 10.4 Avantages de l’approche BDTM L’approche BDTM évoquée plus haut, qui consiste à décider ce qui doit être testé et à quel niveau de minutie l’opération sera effectuée, démontre l’importance d’une bonne communication entre les testeurs et les acteurs clé. Suivant le principe de la BDTM, la démarche choisie doit permettre au client de contrôler le processus et d’aider à déterminer une stratégie. Le test prend ici une allure professionnelle et devient rationnel. Les informations requises à cette fin sont fournies par le processus de test. L’approche BDTM présente les caractéristiques suivantes : • L’effort de test global est associé aux risques du système à tester pour l’entreprise. Le déploiement du personnel, des ressources et du budget s’effectue en fonction des composants du système qui sont les plus importants pour elle. • L’évaluation et la planification du processus sont rattachées à la stratégie de test définie. Si des modifications ayant un impact sur la complétude du test pour les divers composants ou systèmes sont entreprises, celles-ci sont instantanément répercutées dans l’évaluation et/ou le planning. L’entreprise a ainsi l’assurance de disposer à tout moment d’une vision juste du budget, des délais et de la relation avec la stratégie de test. • Le client est impliqué dans les choix à différents moments du processus. Avantage : le processus répond au mieux aux souhaits et aux exigences (et donc aux attentes) de l’entreprise. C’est encore loin ? Malheureusement oui. Le développement informatique n’est jamais figé et la SOA, en particulier, est un environnement qui évolue rapidement. Les risques changent, de nouveaux développements imprévus font leur apparition, de nouvelles versions sont présentées, des services modifiés mis en place etc. Vous devez savoir qu’une analyse des risques d’un produit et une stratégie de test ne reflètent qu’une situation à un moment donné. 208 10 Comment arriver à bon port Au cours du processus suivant, vous constaterez que certains risques ont été exagérés, d’autres sous-estimés ou négligés. Le responsable du test devra ainsi adapter la stratégie et les efforts associés ainsi que la planification. À la base, il faut suivre les mêmes étapes que précédemment décrit pour réaliser cet ajustement, mais seulement de manière beaucoup moins marquée. Cela signifie à nouveau que le client garde une bonne maîtrise du processus et de ses résultats : la qualité de SOA appropriée. 10.5 L’environnement de test SOA Pour effectuer un test dynamique de la SOA, vous avez besoin d’un environnement adapté. La mise en place et le maintien de cet environnement se traduisent par l’introduction d’une expertise dont les testeurs n’ont en général aucune notion. C’est la raison pour laquelle un département distinct – externe au projet – est souvent chargé de cette mission. Néanmoins, les testeurs sont très dépendants de cet environnement nécessaire au déroulement des tests. L’environnement doit être constitué et installé en fonction de l’objet du test. Sa réussite dépend du niveau de conformité de l’architecture SOA ou d’une partie de l’architecture par rapport aux exigences prescrites. Chaque test peut avoir un objectif différent ; c’est la raison pour laquelle chaque test peut s’exécuter dans un environnement différent. Par exemple, le test d’un service nécessite une configuration complètement différente de celle d’un test de validation d’une architecture SOA complète. Avec la SOA, une entreprise peut utiliser un nombre croissant de types de matériel informatique et de logiciels. Lorsqu’on met en place un environnement de test pour ce type d’architecture, cela se traduit par une chaîne de configurations matérielles et logicielles différentes avec des interfaces mutuelles. L’idée selon laquelle « la chaîne est aussi résistante que son maillon faible » se vérifie ici. En cas d’échec d’un service ou d’un maillon de la chaîne, la chaîne complète est inutile et un test complet devient impossible. L’organisation des environnements représente un défi que les testeurs doivent relever quelle que soit la situation. Comme la chaîne couvre une multiplicité de services, plusieurs départements sont impliqués. Par ailleurs, tous les composants de l’environnement doivent être achevés en même temps, des dispositions devant être prises pour les données de test requises dans les différents composants. 209 SOA for Profit Pour bien organiser cette démarche, les différents acteurs doivent préalablement se concerter sur la finalisation du plan de test principal. Nous vous recommandons de créer la fonction de « coordinateur de chaîne » au sein du processus de test. Ce coordinateur sera responsable de la mise en œuvre et du maintien de l’environnement de test. Pendant la réalisation d’un test, il devra s’assurer que tous les maillons de la chaîne sont en place, et servira d’interface entre les différentes parties engagées dans le test. Si plusieurs projets utilisent le même environnement, il faudra prendre des mesures sur l’utilisation des données de test. Cela est le cas, lorsque par exemple, le projet A est basé sur des tests utilisant les données du service A et que le projet B modifie ce service. Il est possible, par exemple, que le projet A récupère dans l’après-midi les données d’une version du service différente de la version du matin, ce qui peut naturellement affecter la fiabilité des tests du projet A. Pour empêcher cela, il est recommandé d’engager également la responsabilité du coordinateur de chaîne sur ce type de situations. En liaison avec toutes les autres parties engagées, ce coordinateur mettra en place un plan de définition et de maintien des données de test. 10.6 Adaptation pendant les tests SOA L’un des sept concepts simples de l’architecture SOA est basé sur le changement. Le principe « Faciliter le changement, progresser en permanence » dénote à quel point le changement est omniprésent et comment la SOA peut vous aider à réagir. L’idée selon laquelle les tests et les changements continus ne font pas bon ménage, est très répandue. Beaucoup pensent que, si vous devez procéder à des tests approfondis, vous avez besoin d’un produit stable qui n’évolue pas. Sinon, il sera très difficile de tout tester. C’est faux. En tant que testeur, vous devez posséder cette capacité à vous adapter aux situations et aux besoins changeants. Cette aptitude ne consiste pas simplement à réagir face à un environnement qui évolue, mais aussi à favoriser les changements pour le bénéfice des tests. Nous pouvons donc résumer les quatre caractéristiques d’adaptabilité dont doit faire preuve le testeur, à savoir : • Réagir aux changements. • (Ré-)utiliser les produits et les processus. • Capitaliser sur les retours d’expérience. • Essayer avant d’utiliser. 210 10 Comment arriver à bon port Réagir aux changements Au départ, l’adaptabilité consiste à déterminer ce que sont (ou peuvent être) les modifications et à s’y adapter. Cette démarche doit s’opérer dès le début de la mise en place du plan de test principal, lorsqu’on détermine et que l’on inventorie les tâches à réaliser, que l’on obtient une vision de l’environnement dans lequel chaque test est exécuté et que l’on définit les changements possibles. Pris ensemble, tous ces éléments jouent un rôle essentiel. C’est précisément à ce stade que les fondements requis pour l’élaboration et la mise en œuvre ultérieures du test se mettent en place. Quels niveaux, types, phases et outils de test utiliser et comment ? Mais cela ne se limite pas à ces activités. La stratégie et le plan associé sont définis en étroite collaboration avec le client. Si celui-ci estime que la stratégie élaborée et l’évaluation ou le plan associé ne sont pas acceptables, le plan sera modifié. Par cette approche, le client a le contrôle du processus de test, ce qui lui permet de prendre des décisions en trouvant un juste milieu entre les risques et les résultats d’une part, et les délais et coûts d’autre part. (Ré-)utiliser les produits et les processus Être capable d’utiliser rapidement les produits et les processus existants est un pré-requis à l’adaptabilité. La SOA est constituée de services qui élaborent les produits de test spécifiques à chacun. Peut-être qu’un de ces produits pourra servir à tester un autre service (après quelques ajustements) ? Par exemple, les résultats obtenus par un service pendant un test peuvent être utilisés comme les paramètres d’entrée du test d’un autre service. Cela peut également être le cas d’une batterie de tests développée pour un service spécifique. Après quelques modifications, le programme déjà au point pourra être utilisé à un autre niveau dans l’architecture SOA. Le test de non-régression est un dernier exemple. Il peut être établi sur la base des scripts et des batteries de test existantes. Il est donc essentiel d’avoir en permanence un œil sur la nature des produits de test créés pour un service donné. Outre la réutilisation des produits entre les services, nous préconisons aussi la réutilisation des produits d’un test destinés à un service spécifique. À l’issue du test, ne jetez rien, mais conservez tout pour plus tard. Par exemple, pour modifier un paramètre dans un service à cause d’exigences changeantes, il peut être pratique de réutiliser les scripts de test précédents. Par ailleurs, il faut mettre en place le test de manière à ce que les produits et les processus puissent être préservés, puis utilisés et réutilisés encore et toujours. 211 SOA for Profit Capitaliser sur les retours d’expérience Vous devez apprendre et agir en fonction de votre expérience. Une évaluation du processus de test s’impose alors. Les indicateurs quantitatifs sont un autre outil essentiel. Pour les tests, mesurer la qualité des services ou l’avancement et la qualité du processus lui-même est primordial. Les indicateurs sont utilisés pour gérer le processus de test, justifier les recommandations et comparer les systèmes aux processus. Ils permettent également d’améliorer les processus par une évaluation de l’impact de certaines mesures d’amélioration des tests. Essayer avant d’utiliser Pendant les tests SOA, il faut pouvoir essayer avant d’utiliser. Ici, les principaux outils sont les activités liées à la validation. Une validation est une opération qui consiste à vérifier, à partir d’une check-list, si le sujet est conforme aux exigences de qualité prédéfinies. Par exemple, en validant les paramètres de base d’un test (les informations qui déterminent le comportement requis d’un service), vous pourrez déterminer si le test est de qualité suffisante. Avant de préparer le test et de créer des scripts, il faut vérifier la qualité des informations. Très souvent, plusieurs fournisseurs de services sont impliqués, d’où des différences possibles de qualité à tout moment. Cela peut aussi s’appliquer à un service. Lorsque le test complet d’un service spécifique peut commencer, nous vous recommandons de procéder à des vérifications préalables. Le but est de déterminer si l’objet testé est de qualité suffisante ou non pour continuer. Cette opération consiste à exécuter des scripts spécialement conçus à cet effet. Dans la pratique, la fourniture ou la mise en place d’un service laisse souvent à désirer les premiers jours du test, ce qui retarde le début des opérations. Ces décalages ne sont pas seulement des pertes de temps ; ils démotivent également l’équipe chargée des tests. 10.7 Synthèse Avant d’entamer le voyage SOA, toute entreprise doit déterminer les risques qu’elle court et les mesures qu’elle envisage de prendre pour écarter ces risques. Si vous ne voulez pas que les réponses à des questions aussi cruciales, ne vous parviennent qu’au stade de la phase opérationnelle de la SOA, il faut prévoir à l’avance une méthode de test fiable. Dans la SOA, le processus de test est différent du développement logiciel traditionnel, et l’on pourrait le résumer comme suit : 212 10 Comment arriver à bon port 1. 2. . . Qui est propriétaire, qui paie ? Quand tester quel service ? Comment tester un service ? Qui dit beaucoup de services, dit beaucoup de tests. Nous utiliserons l’approche BDTM pour mettre en place des tests qui couvrent les principaux risques liés à la mise en œuvre de la SOA. En effet, si vous dépensez de l’argent pour la SOA, vous devez savoir ce que vous allez obtenir en retour. Le concept de gouvernance informatique pilote les projets SOA en fonction de quatre paramètres : résultats, risques, délais et coûts. Pendant les tests SOA, la justification économique de l’informatique joue un rôle majeur et elle doit s’intégrer dans le processus de test. Cette approche BDTM permet d’établir une certaine corrélation entre ces paramètres. L’approche est basée sur un principe précis : la méthode de test choisie doit permettre au client d’exercer un contrôle sur le processus de test et de déterminer (ou d’aider à déterminer) la méthode de test. Le test prend ici une allure professionnelle et devient rationnel. Les informations requises à cette fin sont obtenues à partir du processus de test. Un environnement adapté est requis pour les tests dynamiques de la SOA. La mise en place et la composition d’un environnement varieront en fonction de l’objectif du test. Avec la SOA, une entreprise peut utiliser un nombre croissant de matériel informatique et logiciels différents. La composition de ces environnements est un défi que les testeurs doivent relever, quelle que soit la situation. Pour garantir une bonne organisation, les différents acteurs doivent se concerter à l’avance sur la finalisation du plan de test principal. Nous recommandons la création d’un poste de « coordinateur de chaîne » au sein de l’organisation de test. La SOA peut aider les entreprises à évoluer, bien que l’idée selon laquelle les tests et les changements continus ne font pas bon ménage soit très répandue. En tant que testeur, vous devez être capable de vous adapter à des situations et des besoins changeants. Par ailleurs, vous devez savoir favoriser les changements pour le bénéfice des tests. Les quatre qualités nécessaires aux testeurs sont donc les suivantes : • Réagir aux changements. • (Ré-)utiliser les produits et les processus. • Capitaliser sur les retours d’expérience. • Essayer avant d’utiliser. 213 es dix meilleures choses à dire pour se 11 Lfaire renvoyer L’architecture orientée services permet d’améliorer la façon dont le métier et le service informatique travaillent conjointement. Ceci étant, nombres d’écueils sont à éviter pour atteindre cet avenir prometteur. La majorité d’entre eux concerne l’adoption difficile d’une nouvelle façon de penser métier et informatique. Dans le présent chapitre, nous allons détailler dix idées reçues qui pourraient sembler bonnes à un certain moment, mais qui sont en réalité « la meilleure façon de vous faire renvoyer ». Nous présenterons une vision d’ensemble de ces idées, ainsi que leur impact potentiel, et quelques alternatives pour y remédier. Dix choses à dire pour vous faire renvoyer : 1. N’en parlons pas au métier. 2. Faites-moi confiance : la SOA, ça coule de source. . L’orientation processus est inutile. . Construisons une tour de Babel. . Demandons à notre nouvel architecte d’entreprise. . Changeons les standards. 7. Lançons-nous avec la SOA à l’assaut de cibles mobiles. . Que mille services éclosent. . Orientons-nous services sans architecture. 10. Migrons tout vers la SOA. 11.1 « N’en parlons pas au métier » La SOA concerne à la fois le métier et l’informatique. Pourtant, des membres du personnel informatique pensent qu’il vaut mieux mettre en place une approche SOA sans impliquer le métier. Pire encore : ils projettent de remettre en œuvre totalement leur informatique à l’aide des principes SOA sans en avertir le métier. 215 SOA for Profit Quel serait l’intérêt d’une telle démarche ? D’une part, l’expérience nous dit qu’il est souvent difficile de parler au métier de problèmes informatiques. Au fil des années, le service informatique a perdu de sa crédibilité auprès du métier, et est désormais sous pression pour « simplement livrer ». La plupart des discussions entre le métier et le service informatique tournent autour de projets, de dates butoirs, et si oui ou non le service informatique peut être plus efficace. De fait, il semble logique pour un directeur informatique d’utiliser la SOA telle la voie royale pour améliorer l’efficacité de l’informatique sans déranger le métier. Deux choses au moins peuvent tourner mal avec cette façon de penser : la stratégie et le financement. Stratégie informatique Si le service informatique souhaite vraiment être optimisé, encore faut-il qu’il sache à quoi s’attendre. Il doit savoir quelles sont les nouvelles initiatives que le métier va mettre en œuvre, quels seront les nouveaux produits à développer, ce qu’il va se passer avec les partenaires commerciaux, fournisseurs, processus métiers, etc. Il n’y a aucun intérêt à optimiser un système qui sera obsolète dans deux ans en raison du changement de l’état du marché. Le service informatique aura quelques idées concernant les tendances générales, mais cela n’a pas la même valeur qu’une stratégie informatique authentique formulée et détenue par le service informatique et le métier. Le service informatique a besoin de repères clairs, définis par le métier, en fonction desquels il est possible de mesurer ce qui va et ce qui ne va pas. Pour chaque décision, il doit être capable d’évaluer la meilleure ou la pire option (d’une certaine manière, le service informatique et le métier sont unis « pour le meilleur et pour le pire »). Le problème sous-jacent à cette idée finalement pas si brillante de ne pas avertir le métier est qu’il n’y a pas assez de dialogue entre le métier et le service informatique. Il devrait être impossible au service informatique d’entreprendre une transformation architecturale sans impliquer le métier. Financement Une autre raison pour laquelle il devrait être impossible de mettre en œuvre des changements si importants au sein du service informatique sans impliquer le métier est que c’est le métier qui, au final, les finance. Lorsque l’on parle de réutilisation, d’outillage ou de nouvelle infrastructure (comme un ESB), une nouvelle façon de calculer les frais doit être mise en œuvre. Le 216 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer métier veut savoir où va son argent, et surtout, ce qu’il recevra en échange. Mais le financement basé sur des projets du service informatique auquel nous nous sommes habitués, devra forcement changer. De tels changements ne se limitent pas au niveau informatique, mais vont bien au-delà. Une business unit dans une entreprise ne tient généralement pas à dépendre d’une autre business unit pour ses projets. Toutefois, la SOA créera une infrastructure partagée, des services partagés, voire des sous-processus partagés qui seront utilisés par différentes sections, projets ou processus métiers. C’est là tout l’intérêt de la mise en œuvre de la SOA. Mais si aucune politique n’est mise en place pour appuyer cette banalisation, les silos organisationnels demeureront et forceront le service informatique à répliquer ces silos dans l’architecture. Dans de telles circonstances, la réutilisation reste une illusion. Au début Le directeur informatique obstiné rejettera peut-être l’idée d’avertir le métier dès le début, arguant quelque chose du genre « Nous devons tout d’abord établir notre propre compréhension de la SOA au sein du service informatique avant de pouvoir nous attaquer à la demande émanant du métier ». Aussi logique que cela puisse paraître, il s’agit d’une hérésie. Naturellement, le service informatique a beaucoup à apprendre lors de l’adoption de la SOA. Le côté métier de l’entreprise a au moins autant à apprendre, et par conséquent, devra commencer son propre apprentissage dès que possible. Il en va de même pour des déclarations telles que « Mais nous devons d’abord mettre en œuvre un nouveau ceci ou un nouveau cela », ou « Nous devons d’abord mettre de l’ordre dans certains problèmes anciens ». Il est indéniable que la SOA nécessite beaucoup de « mises en ordre », mais cela ne se limite pas à l’informatique. Le métier doit commencer à repenser ses processus métiers et se préparer à l’avenir. Pour tirer le meilleur profit de la SOA, il faut se développer conjointement et combler le fossé qui sépare le métier et le service informatique en commençant et en passant ensemble par la phase d’apprentissage. S’adresser au métier Par conséquent, est-ce que le métier doit tout savoir de la SOA ? Doit-il être impliqué dans toutes ses étapes ? Bien sûr ! Mais au niveau métier. Un dialogue stratégique doit concerner une stratégie métier, fixer des priorités et prendre des décisions d’un point de vue métier. Le métier ne doit pas être gêné par des abréviations et des explications techniques. Au cours du dialogue, une vision réaliste loin des tendances de la SOA peut se développer pour déterminer la valeur métier réelle de la SOA. Le métier peut définir claire- 217 SOA for Profit ment ses attentes. Le service informatique peut retrouver son rôle en prenant la responsabilité de la manière dont cela doit être accompli. (De fait, le métier ne peut plus simplement déclarer « Nous achetons ce nouveau système informatique » ; il peut simplement préciser pour quels processus il demande un support technique et laisser au service informatique le soin de décider de la meilleure manière de le faire). Mais l’objectif principal est de créer un dialogue ouvert d’égal à égal. L’informatique peut inspirer le métier en repérant de nouvelles opportunités qui peuvent se présenter grâce à de nouveaux développements dans le monde informatique. Et le métier peut inspirer le service informatique en partageant ce que d’autres entreprises accomplissent avec leur service informatique. Exceptions à la règle C’est très rare, mais au cas où une entreprise disposerait d’un environnement informatique homogène (exclusivement en ordinateur principal ou exclusivement en SAP, par exemple), la SOA est pratiquement inutile. Il n’existe habituellement aucun problème d’intégration, la perception du système est claire et la réactivité aux changements métiers sera rapide et fiable. Dans ce cas (uniquement), c’est une stratégie parfaitement légitime de simplement suivre les remises à niveau des fournisseurs. Le métier ne sera que peu affecté par les « remises à niveau » de la SOA dans ce genre de situation. Néanmoins : un dialogue stratégique est nécessaire pour s’assurer que la demande future puisse être satisfaite tout en suivant les fournisseurs. 11.2 « Faites-moi confiance : la SOA, ça coule de source » Bien que les concepts de base de la SOA soient simples, il n’est pas facile de les mettre en pratique. De nombreuses initiatives SOA échouent parce qu’elles étaient vendues en tant que solutions simples offrant rapidement des résultats significatifs. Il convient de se rendre compte que la SOA en soit ne résoudra pas les problèmes délicats de l’intégration, du patrimoine et de la stratégie informatique de l’entreprise. La SOA fournira une structure avec des meilleures pratiques utilisables pour déterminer et créer votre solution. Péché ou ignorance ? Ignorer la complexité de la SOA vous coûtera cher. Indépendamment de la simplicité des concepts SOA, cette attitude aura de graves répercussions et les questions délicates demeureront ce qu’elles étaient. Sous-estimer l’impact ou la complexité provoquera l’échec des investissements dans des projets informatiques, voire une perte financière pour le métier et le service infor- 218 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer matique. Si la SOA semble trop belle pour être vraie, il y a des chances que tel soit effectivement le cas. Vendre la SOA en guise de solution rapide retardera les améliorations réelles de plusieurs années. Il existe quelques exemples de sociétés informatiques qui ont mis en œuvre des projets SOA finalement avortés en raison de l’impossibilité de montrer un résultat significatif pour le métier. Du temps et des efforts ont été gâchés dans l’élaboration d’une architecture parfaite que personne n’avait demandée. Évolution, pas révolution Un modèle de maturité comparable à celui présenté dans cet ouvrage, offre une bonne vision d’ensemble de l’impact de la SOA et des démarches à entreprendre aujourd’hui et demain. Ce modèle devrait être utilisé en tant que guide pour gérer les attentes : quels avantages métiers seront atteints, quand et dans quel ordre. La mise en œuvre de la SOA peut correspondre à une évolution : des étapes de petite envergure, chacune ayant une (certaine) valeur métier. 11.3 « L’orientation processus est inutile » On peut considérer une entreprise de différentes façons. Généralement, il existe un point de vue productiviste selon lequel des produits ou services spécifiques offerts sont au centre du mode de pensée. À l’inverse, on trouve le point de vue processus, selon lequel les produits en eux-mêmes ont peu d’importance, contrairement aux processus que les partenaires ou clients utilisent pour accomplir des tâches : pour demander une nouvelle politique, pour changer une adresse ou pour poser une question. Avec la SOA, nous prenons en considération les services fondamentaux proposés par l’entreprise. Ces services sont autant en rapport avec les produits que les processus. Mais, surtout, les services concernent les capacités (fondamentales) d’une entreprise, ce qu’elle peut faire. Pour connaître ces capacités, une vision du fonctionnement de l’entreprise est nécessaire. Cela revient ainsi à concevoir un système informatique traditionnel : c’est seulement lorsque les processus à supporter sont connus, que la conception d’un système en adéquation avec l’activité quotidienne peut être faite. Étant donné que l’architecture orientée services a bien plus de valeur lorsqu’elle est appliquée à l’entreprise dans son intégralité, une vision des processus parcourant l’entreprise entière est nécessaire : plus aucune limite au sein de l’entreprise, ou même au-delà des limites entre l’entreprise et le 219 SOA for Profit monde extérieur. Actuellement, la manière la plus pragmatique de considérer une entreprise sans tenir compte des limites est d’adopter la vision orientée processus : regarder de l’extérieur vers l’intérieur, pour trouver les processus qui constituent l’entreprise. Sans cette vision processus, votre SOA deviendra très probablement une architecture en silos qui peut s’adapter aux produits actuels, mais ne fournira pas l’agilité souhaitée. En résumé, la SOA tente d’automatiser une entreprise selon la façon dont les processus fonctionnent réellement et non selon leur structure, ce qui nécessite une approche orientée processus. 11.4 « Construisons une tour de Babel » L’intégration est difficile car ce n’est pas un problème relevant exclusivement de l’informatique. De multiples systèmes se connectent, la technologie est utilisée pour transporter les données, voire pour transformer certaines données, de sorte que les systèmes de réception et d’envoi concordent. Bien d’autres problèmes techniques devront éventuellement être résolus, tels que la sécurité, la fiabilité, la performance, etc. Mais une condition très importante doit être remplie afin que les systèmes se connectent : leur connexion doit être logique a priori. En d’autres termes : la connexion doit être possible à un niveau conceptuel. Un numéro représentant un produit dans un système doit être transformable en un produit dans un autre système, et des données comptables d’un bout du système doivent être intégrables aux données de l’autre bout. Ou bien encore, à un niveau métier : « l’occupation » d’avions par exemple doit avoir le même sens pour divers services : cela comprend-il le personnel ? Cela comprend-il les passagers reportés sur un autre vol ? Cela comprend-il des passagers qui ont payé mais n’ont pas pris l’avion ? Selon le service auquel vous vous adressez, la réponse peut varier : le service comptable verra peut-être les choses différemment du service de la planification, etc. Pour que leurs systèmes sous-jacents deviennent intégrables, un accord doit définir comment interpréter les données. L’accord ne doit pas uniquement concerner les données, mais également les processus, la qualité attendue, la propriété, etc. La sagesse de l’histoire biblique concernant la tour de Babel se vérifie une fois de plus : si tout le monde parle une langue différente, la coopération pour atteindre des objectifs communs devient très compliquée, voire impossible. 220 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer Quel péché ? Si l’intégration ne relève que du service informatique, ce dernier prendra des décisions qui ne peuvent qu’être prises à un niveau métier. Par conséquent, ces systèmes ne donneront pas une image juste du fonctionnement de l’entreprise. Cela peut se produire également à une échelle différente avec la définition bottom-up de services : le service informatique cherchant à sauver des éléments de code réutilisables de systèmes existants en les renommant « services ». Cela peut marcher et des systèmes utilisables peuvent en découler par le plus grand des hasards, mais il n’y a aucun gage de garantie que les services offriront une valeur métier. De fait, comme nous l’avons déjà dit, pour tenir les initiatives bien intentionnées à l’écart du service informatique, l’entreprise doit prendre ses responsabilités en termes d’intégration et de SOA. L’entreprise doit prendre l’ascendant concernant l’intégration et s’impliquer activement dans la définition de processus, dictionnaires, niveaux de services et bien d’autres problèmes d’intégration. Bien souvent, cela est établi dans des structures de gouvernance et des mises en place de bons processus architecturaux. Une entreprise se comportant comme « propriétaire absent » est tout bonnement inadmissible. 11.5 « Demandons à notre nouvel architecte d’entreprise » L’évolution de l’informatique d’entreprise offre de nouvelles opportunités de carrière pour des esprits jeunes et brillants pour qui il s’agit du B.A.-BA. La SOA n’en diffère en rien. Les novices en informatique qui adoptent la SOA comme la façon logique par excellence de pratiquer l’informatique s’avèreront être des atouts lors de la mise en œuvre de la SOA. Toutefois, un risque perdure : celui de réinventer la roue. Avec la SOA, nous pouvons constater que ces éléments jeunes et brillants ont une connaissance technologique solide. Ils ont commencé par la programmation de services web, utilisant de nouveaux outils pour créer toutes sortes de solutions. Désormais, ils sont passés à un stade où ils conseillent l’entreprise sur l’utilisation de la SOA. Mais leur expérience en matière de processus métiers, gouvernance ou changements organisationnels est insuffisante. 221 SOA for Profit Comme nous avons pu le constater, l’influence de la SOA sur les entreprises est considérable. Cette influence est principalement organisationnelle plutôt que technologique : changer la façon dont les processus fonctionnent, changer la façon dont la gouvernance est appliquée, etc. C’est alors que l’expérience vient compléter l’intelligence et la connaissance des dernières évolutions technologiques. Par la détermination réelle de la valeur, la vision de ce qui est réaliste et ce qui ne l’est pas exige une expérience pratique. Les nouveaux architectes d’entreprise ont tendance à se faire leur propre expérience de la manière dont une architecture fonctionne, dont la gouvernance doit être appliquée, dont une stratégie informatique utile doit être choisie, etc. Naturellement nous pensons qu’une connaissance livresque ne peut qu’aider, mais l’expérience de votre entreprise est bien plus importante. L’architecture orientée services est un outil très puissant, mais elle nécessite à la fois une compréhension théorique et pratique de ce qu’elle est vraiment et de la meilleure façon de l’appliquer. Si un de ces deux aspects manquent, mieux vaut ne pas l’utiliser, de peur que cela ne se retourne contre vous. La première étape avant d’utiliser la SOA consiste à apprendre ce dont il s’agit véritablement et comment l’utiliser. Des initiatives selon lesquelles des entreprises commencent par échanger des expériences au sein d’un secteur d’industrie se sont avérées payantes au niveau d’une connaissance pratique pour l’appliquer au mieux. La façon idéale d’assurer que l’expérience s’ajoute à une connaissance nouvelle est de mettre en place un centre de compétence SOA (ou centre d’excellence SOA) dans lequel les principaux architectes SOA sont représentés. Ce centre de compétence recevra logiquement le mandat explicite pour consolider la connaissance tout en orientant les initiatives SOA. 11.6 « Changeons les standards » Un des concepts simples de l’architecture orientée services comprend l’utilisation de standards. En ce sens, les « standards » sont les grands standards internationaux, ainsi que les standards utilisés au sein de votre entreprise. Une fois un accord passé sur la manière de résoudre un problème particulier, cela devient un standard. 222 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer Si nous voulons réellement réduire les frais de maintenance, ces standards doivent être utilisés comme prévu, sans changement ni décalage. Si un développeur, à un moment donné, a l’opportunité de prendre un raccourci en « améliorant » légèrement un standard, vous perdez les avantages d’une maintenance plus simple et de frais moins élevés. Si un nouveau système reposant sur un standard « officiel » doit être mis en œuvre, mais ne peut utiliser le standard légèrement « amélioré », nous sommes coincés à la case départ : changements manuels pour s’assurer que tout fonctionne. Pour que cela fonctionne, il faut de la discipline, de la gouvernance et du contrôle. Mais surtout, tout le monde doit partager une vision commune : il est important de s’en tenir aux standards comme convenu. Ceci est également valable pour l’entreprise. Une fois qu’un standard a été choisi, il ne peut pas être mis de côté, tout ça parce qu’un nouvel outil doit être mis en place rapidement. Des objectifs à long terme tels que la souplesse, la cohérence et la réutilisation ne devraient pas être sacrifiés au profit d’objectifs ou de priorités à court terme. Les standards ne sont valables que si chacun y adhère. 11.7 « Lançons-nous avec la SOA à l’assaut des cibles mobiles » L’agilité est l’objectif souhaité. Il peut paraître logique de supposer que, avec la SOA, tout le service informatique sera en perpétuel changement pour s’aligner sur le métier. De même que la dérive en matière d’objectifs rendra tout projet ingérable, rendre « tout agile » empêchera d’atteindre l’ensemble des promesses de la SOA. L’agilité doit entrer en jeu précisément aux « points névralgiques » du changement. Le secret d’une SOA réussie consiste à distinguer ce qui doit changer et ce qui ne doit pas changer. Pour y parvenir d’un point de vue informatique, il faudra considérer les composants techniques qui vont durer dans le temps et qui seront configurables pour répondre aux demandes métiers changeantes. D’un point de vue métier, ce but sera atteint en identifiant les processus et les exigences dont la durabilité est supérieure aux autres. Cette recherche des aspects changeants et constants au niveau informatique et métier correspond véritablement à « l’architecture émergeante » : trouver et définir les structures qui dureront plus longtemps que des changements au jour le jour. 223 SOA for Profit L’architecture métier consiste essentiellement à trouver les capacités et processus fondamentaux : que fait véritablement votre entreprise et que fera-telle demain ? Quelles sont les vérités « éternelles » auxquelles nous pouvons nous fier ? Et c’est là que nous en revenons au message le plus important : seul un dialogue stratégique entre informatique et métier permet d’atteindre ce but. Ainsi, le métier ou plutôt les architectes métiers apprendront à réfléchir à des innovations et à des développements métiers pour les faire coïncider avec les exigences de l’informatique actuelle. 11.8 « Que mille services éclosent » Laisser chaque projet résoudre ses propres problèmes, développer et déployer autant de services qu’il le souhaite peut sembler une bonne idée. Il peut paraître judicieux de décider de gérer les services en doublons par la suite. Ou qu’il convient de résoudre des problèmes lorsqu’ils se présentent, dans le cas de services qui ne sont pas parfaitement alignés avec un objectif métiers. Il nous faut ici tirer profit de nos expériences passées. Avec l’émergence d’Internet, de nouvelles solutions ont abondé, faciles à établir, à déployer, émergeant de toutes parts. Et nous payons toujours les frais de maintenance de tous ces systèmes semi-redondants, dont chacun possède sa propre base de données, son propre serveur ou son propre outillage. Il existe un risque sérieux que cela se reproduise avec les services : d’ici un certain nombre d’années, il pourrait y avoir au sein de votre entreprise plus de services qu’il ne peut raisonnablement y en avoir de maintenus par aucune équipe informatique. La raison tient au fait qu’il est bien trop simple de créer de nouveaux services. Voici un exemple parlant de la manière dont des services peuvent apparaître rapidement : une compagnie d’assurance a autorisé le demurrage de quelques projets avec peu ou aucune directive ou supervision. Après quelques mois seulement, entre six et dix services avaient été mis en œuvre pour fournir les mêmes données client : chacun avec un léger décalage. Les leçons du passé : ne jamais remettre à « plus tard » Si vous voulez que les choses soient bien faites, commencez à bien faire dès le début. Il est très difficile de corriger les erreurs du passé une fois qu’elles 224 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer sont là. Au lieu de penser : « nous pourrons améliorer notre portefeuille de services plus tard », préférez : « nous devons gérer notre portefeuille de services dès le début ». Que faire ? Certaines mesures permettent de garantir la bonne gestion de votre portefeuille de services. Tout d’abord : générer un processus d’architecture pour aborder et mettre en œuvre l’architecture au cœur des projets. Ce n’est qu’une fois que la vision de l’architecture d’entreprise est partagée qu’elle peut se développer vraiment. De manière plus pragmatique, assurez-vous que l’outillage approprié est utilisé pour la gestion de services dès la mise en route. Un registre et un référentiel permettent de lister les services existants et à venir, y compris les niveaux de services, la propriété, les versions, etc. Seuls les plus forts survivront Avec la SOA, l’ensemble des services proposés par l’informatique doit coller à la demande de l’entreprise. Une entreprise en perpétuel changement implique également que le portefeuille de services soit continuellement sous surveillance : des services vont disparaître, d’autres seront modifiés, de nouveaux seront disponibles, d’autres encore reconfigurés. Au final, seuls survivront les services les mieux adaptés aux demandes du métier. 11.9 « Orientons-nous services sans architecture » Les preuves ne manquent pas pour montrer que les services ou « l’orientation services » sans une architecture solide ne fonctionnent pas. De même, la plupart des articles tirés de la presse et d’Internet concernent l’outillage, la technologie ou les fournisseurs de logiciels SOA. L’architecture orientée services n’est pas un outil ou un produit livré en kit : c’est une véritable architecture. Structure, contrôle et cohérence sont indispensables. Les services doivent s’aligner sur le métier. Les projets doivent prendre en compte les aspects inter-projet. Le service informatique doit trouver et définir ce les éléments stables et instables au niveau informatique. L’architecture est indispensable au fonctionnement de la SOA. Sans architecture, le risque généré des services est supérieur aux opportunités qu’ils créent. 225 SOA for Profit Afin que l’architecture fonctionne, le credo du just enough, just in time devra être solidement ancré dans les processus quotidiens du service informatique. L’architecture requiert des processus autant qu’elle requiert des modèles et des abstractions. Et l’architecture ne suit pas un modèle bottom-up : il s’agit d’une décision top-down pour mettre en œuvre et promouvoir l’architecture au sein de l’informatique et du métier. 11.10 « Migrons tout vers la SOA » Lorsque l’on aborde la SOA, elle s’impose comme un bon modèle à suivre pour structurer l’informatique. De fait, la migration ou la remise à niveau de l’informatique existante vers une architecture orientée services peut sembler attrayante. Soyons honnêtes : qui ne voudrait pas se débarrasser de toutes ses antiquités informatiques ? Nous ne souhaitons pas pourtant affronter un big bang : trop risqué. En vérité, nous n’aimons rien de démesuré ; c’est souvent trop cher pour en tirer un intérêt métier. Où se situe donc la SOA ? La SOA peut être mise en œuvre petit à petit : en appliquant de plus en plus de principes à un nombre grandissant de domaines informatiques. Comme l’illustre le modèle de maturité, différents aspects peuvent être améliorés à différents moments. Il semble que le « chaos » ne soit pas la condition sine qua non à la mise en œuvre de la SOA. Il est bon d’avoir cette vision d’un monde idéal où tout n’est que SOA. Cela peut vous guider pour montrer ce qui peut être atteint au sein de votre entreprise. Néanmoins, les principes architecturaux doivent être appliqués selon la règle du just enough, just in time. Une informatique réellement orientée métiers nécessite également des investissements qui soient au plus près des risques et objectifs métiers. Aucune cas métier ne peut justifier le remplacement de tous les systèmes informatiques par des systèmes orientés services, au même titre qu’il n’y a aucun intérêt à moderniser deux systèmes qui ne font que communiquer entre eux. Aucune cas métier ne peut justifier la remise à niveau du système de courrier électronique existant avec un système « orienté services ». Cela vaut pour tous les modèles : seuls vos objectifs spécifiques déterminent dans quelle mesure le modèle doit être mis en œuvre. Il vous appartient de définir votre niveau d’objectif SOA spécifique. Il dépend de votre métier de 226 11 Les dix meilleures choses à dire pour se faire renvoyer savoir dans quelle mesure vous avez besoin de la SOA, où ce besoin s’exprime et ce que vous pouvez en attendre. Péché ou simple effervescence ? Vouloir migrer tout vers la SOA constitue-t-il un péché si grave en soi ? Ce désir devrait être considéré comme un péché cardinal parce qu’il va à l’encontre de l’objectif premier de la SOA : simplifier l’informatique. La SOA est populaire pour sa capacité à faire de l’informatique un support gérable, rentable et efficace pour le métier, support qui aurait toujours dû exister. Nous ne faisons que tester à grande échelle ce qui pose un risque métier, nous ne faisons qu’optimiser ce qui offre une optimisation métier, nous ne faisons que changer ce qui améliore le mode de gestion du métier. Affirmer que l’informatique dans son intégralité doit être changée au profit de la SOA implique que la SOA devienne une fin en soi, ce qui est une erreur monumentale. Une note en passant Alors qu’en règle générale il n’existe pas de cas métier pour des migrations de grande envergure vers la SOA de type « tout ou rien », il peut y avoir quelques rares exceptions à cette règle (pas dans votre entreprise) : dans certains cas, des fournisseurs externes peuvent proposer des services qui correspondent si parfaitement au processus interne qu’un changement suffisant s’opère pour donner de l’élan nécessaire. Il devient finalement possible de se débarrasser des systèmes patrimoniaux construits par le passé et de tout recommencer. En particulier dans des secteurs où la banalisation se produit très rapidement, les fournisseurs de services seront impatients de combler les écarts qui apparaissent dans ce nouveau marché banalisé. Et dans certains cas, le désordre interne est assez conséquent pour justifier un pas en avant radical : tout recommencer à zéro. Combien, quand, comment ? Dans le modèle de maturité décrit dans le présent ouvrage, vous trouverez un outil précieux pour déterminer les démarches à suivre et l’ordre en fonction duquel vous pourrez gravir les échelons de la SOA. En outre, vous devrez développer une vision SOA et déterminer en quoi elle peut vous aider dans votre cas spécifique : faire correspondre les objectifs métiers, les problèmes et l’opérationnel et mettre en regard les avantages de la SOA. Dès lors, vous pourrez établir votre propre feuille de route SOA. 227 12 Le voyage continue Quel bilan, quelles perspectives ? Dans le présent ouvrage, nous avons montré comment vous pouvez tirer parti d’une architecture orientée services. Nous avons décrit les avantages que vous pouvez escompter, à savoir une plus grande agilité informatique et des frais de maintenance réduits. Nous avons traité la façon dont la SOA peut résoudre les problèmes de longue date au niveau informatique et métier, tels que la solution aux problèmes d’intégration et la réutilisation du patrimoine existant. Comme nous avons pu le constater, les concepts sur lesquels s’appuie la SOA sont simples et basés sur l’expérience informatique accumulée au cours des 30 dernières années. Cette architecture se compose de concepts simples : segmenter en composants, toujours avoir une raison métiers d’agir et réutiliser des composants chaque fois que l’opportunité se présente. Commencer à utiliser cette architecture amorce une transformation qui nécessite une planification et une gouvernance minutieuses. De plus, grâce à l’agilité croissante de l’informatique sous l’influence de la SOA, la gouvernance et l’architecture constituent des facteurs clé pour que le métier et l’informatique restent alignés et empêchent que les initiatives SOA ne deviennent incontrôlables. Un environnement informatique basé sur la SOA permet une nouvelle approche du métier et les principes d’orientation services peuvent s’appliquer aux processus métiers eux-mêmes. Pour déterminer les services métiers qui constituent votre métier et le considérer avec le niveau d’abstraction adapté, vous devez comprendre votre métier (chose facile) et trouver une façon de le modéliser. Nous avons montré comment l’étudier de près sous plusieurs angles d’attaque afin de pouvoir définir un ensemble de services et de capacités viables qui définissent l’essence même de votre métier. L’introduction de la SOA a des conséquences directes sur vos collaborateurs et sur le rôle qu’ils jouent au sein de votre entreprise. La fonction d’architecte d’entreprise se renforce car celui-ci veillera personnellement à combler le fossé qui sépare habituellement le métier et l’informatique. Il aidera à guider l’entreprise tout au long du passage à la SOA. Outre l’aspect humain, nous avons également abordé la manière dont la SOA affectera l’entreprise elle-même. 229 SOA for Profit Nous avons présenté un modèle intitulé bus de services humain (Human Services Bus) qui peut être utilisé pour développer au maximum l’agilité au moyen de la SOA. Nous avons également défini les éléments organisationnels qui devront être mis en place pour permettre la gouvernance requise. En pratique, vous pouvez commencer par une définition de votre stratégie et de votre vision métier, puis utiliser le modèle de maturité pour établir un itinéraire spécifique à l’entreprise vous conduisant vers la SOA. Le modèle de maturité énumérera les aspects de entreprise qui doivent être améliorés afin d’atteindre le niveau d’adoption de la SOA nécessaire pour appliquer votre stratégie métier. Étant donné que l’établissement de votre SOA se fait en grande partie dans des projets métiers « ordinaires », la définition de points d’entrée potentiels, qui cernent des projets SOA éligibles, exige toute votre attention. Nous explorons aussi de quelle manière un processus de test de maturité permet d’éviter les risques lors de la mise en œuvre de la SOA. Tel est le bilan ; nous sommes au seuil de l’informatique de demain. Une nouvelle façon de concevoir l’informatique est née, et nous pouvons en tirer profit. On ne peut guère dire qu’elle est simple, mais elle n’en demeure pas moins gérable et graduelle. Elle semble le bon chemin à suivre. Mais qu’est-ce qui nous attend au bout du chemin ? 12.1 Destinations futures Lorsque l’architecture orientée services deviendra le modèle d’architecture prépondérant et que les entreprises se seront libérées de leur patrimoine et de leur informatique inflexible, de nouvelles opportunités se présenteront et commenceront à révolutionner le métier. De même qu’Internet a changé graduellement mais radicalement les rapports avec les clients, la SOA changera le rapport métier avec les partenaires, les fournisseurs et les clients. Elle changera la façon dont nous utilisons l’informatique et dont nous faisons des affaires. Nous allons vous donner un aperçu de l’avenir possible que nous réserve la SOA. Avenir lointain, dont nous ne serons peut-être même pas témoins. La souplesse change le métier La lente évolution de l’informatique ne constituant plus un obstacle pour elles, les entreprises changeront rapidement et pourront mieux s’adapter aux 230 12 Le voyage continue circonstances. De nouveaux modèles métiers feront leur apparition, à l’instar du modèle HSB, dans lesquels les unités organisationnelles seront faiblement couplées, et pourront proposer leurs services sans tenir compte des limites organisationnelles. Votre secrétaire pourra commencer à travailler pour d’autres entreprises, simplement parce qu’il y a un business case qui le justifie. Des intermédiaires, qui jusqu’ici revendaient simplement vos services, composeront un ensemble personnalisé de services parfaitement adapté à la demande de vos clients. Se recentrer sur son cœur de métier La distinction entre informatique « infrastructurelle » et informatique « innovante » deviendra plus évidente, donnant aux entreprises la liberté de se concentrer sur leurs activités fondamentales et d’investir dans leur cœur de métier. Il ne sera plus nécessaire de consacrer plus de la moitié du budget au fonctionnement de l’entreprise. L’argent sera en grande partie investi dans la création de valeur et l’innovation. Cela sera d’autant plus précieux dans un monde où les métiers doivent assurer une augmentation permanente d’efficacité et de rendement pour s’attaquer à des problèmes vastes et coûteux, tels que la mondialisation, le vieillissement et la menace du changement climatique. Le nouveau monde d’Internet En fournissant des services qui utilisent la SOA, les entreprises seront parfaitement équipées pour entrer sur le nouveau marché : le marché Internet mondial où le monde est flat et les prestataires de services aux quatre coins du monde sont en concurrence pour élargir leur base clients. Internet passera d’un réseau d’informations à un réseau de services. De même que vous pouvez aujourd’hui consulter un bulletin météo, vous pourrez demain trouver toutes les fonctions métiers dont vous avez besoin : qui seront mes RH et à quel prix ? Qui me fabriquera ce produit et dans quel délai ? Innovation et intuition Grâce aux nouveaux modèles métiers, modifier un aspect d’un processus métiers ou ajouter de nouvelles capacités ne perturbent pas l’entreprise dans son intégralité. Il devient plus simple d’innover. Si l’innovation est assez simple, on pourra même innover grâce à la technique des essais et des erreurs : définir une large gamme de nouveaux produits ou services et vérifier lequel connaît un succès immédiat ou rechercher comment modifier certains d’entre eux pour trouver les meilleurs marchés. 231 SOA for Profit Non seulement Internet permet une présence étendue sur le marché international, en fournissant de la demande et un modèle de fourniture pour des services et produits de niche, mais l’innovation développe également notre flair. Ce dernier permet d’élargir notre champ d’innovation afin de détecter les futurs grands marchés ou marchés de niche. À son tour, l’innovation en matière d’essai et d’erreur s’adaptera parfaitement aux tendances Internet 2.0, où des actions et réseaux sociaux de nombreux particuliers contribuent directement à façonner l’innovation. Un creuset d’innovations et une capacité à faire évoluer rapidement votre gamme de produits ou de services vous donneront les clés du marché. Des offres orientées services, permettant la combinaison et la personnalisation, rendront possible cette évolution. Nouvelles générations De nouvelles générations de digital natives entreront en scène, prenant les solutions qui s’y trouvent et les faisant passer au niveau supérieur. Ces digital natives feront en sorte que la technologie corresponde à leurs attentes en matière de fonctionnement de l’informatique : omniprésente, toujours en marche, invisible et entièrement fiable. L’aspect du respect de la vie privée posant moins de problème, ils s’attendront à ce que les solutions informatiques suivent facilement leur attentes dans tout ce qu’ils font, en s’adaptant aux processus individuels et aux préférences personnelles. Leurs mouvements sur Internet et dans les mondes virtuels et sociaux font partie intégrante de leur identité. L’informatique leur permet de s’exprimer et d’être productifs. Le travail et le loisir se recouperont, l’informatique n’étant jamais considérée comme restrictive mais plutôt comme permissive. L’architecture orientée services fournira les services qu’ils utiliseront pour constituer leur monde informatique. L’étape suivante dans l’évolution de nouveaux médias incorporera davantage la technologie dans la vie de tous les jours et la fera passer à l’arrière-plan en la fusionnant avec toutes sortes d’anciens médias tels que la télévision, le téléphone et même l’écrit. L’interface avec le monde numérique se fondera à l’interface avec le monde tel que nous le connaissons. Finalité de l’informatique Une grande partie de l’informatique deviendra la simple infrastructure qu’elle devrait être : des services courants prenant en charge des tâches courantes. Stockage de données client, gestion de règlements, expédition de marchandises ne seront plus spécifiques à une unité ou à une entreprise. Ils constitueront une infrastructure, prête à être utilisée en cas de besoin, optimisée 232 12 Le voyage continue pour un coût réduit et un meilleur rendement. À commencer par des modèles de haut niveau et des définitions de données partagés, les éléments courants deviendront de plus en plus rapidement disponibles. Les grands fournisseurs de logiciels profiteront de modèles métiers ouverts permettant le mélange des technologies. L’informatique basée sur la description deviendra réalisable, bâtissant des solutions informatiques sans programmation ni configuration, qui utiliseront uniquement des méta-descriptions de l’entreprise telles que les descriptions de processus, une feuille de route de capacité et une feuille de route de services. Une petite partie, quoique essentielle, de l’informatique permettra toujours des innovations métiers. De nouvelles avancées en matière d’informatique donneront aux entreprises un avantage sur la concurrence, ne serait-ce qu’à court terme. Elles tenteront de suivre les technologies de pointe et de trouver en elles la valeur métier par le biais d’essais et d’erreurs. 12.2 À condition de… Le voyage menant à ce monde SOA potentiel de demain ne sera pas de tout repos. Équilibrer en permanence les gains à court terme et les améliorations à long terme demande toujours une grande attention en matière de gestion. La réelle complexité des évolutions simultanées dans tous les domaines peut nous dépasser. Un processus d’innovation clair est essentiel afin de générer une stratégie pour traiter ces développements. Développer une organisation informatique mature tout en gérant, par exemple, les défis que rencontrent les ressources humaines au quotidien, ne constituera pas un projet à court terme. Développer une vision partagée à long terme et la mettre à jour, améliorera peu à peu tous les aspects interconnectés du métier et de l’informatique. Dans le présent ouvrage, nous avons abordé les conditions les plus importantes pour guider votre entreprise vers une SOA réussie. Votre entreprise peut espérer obtenir des avantages considérables avec la SOA, mais seulement à condition de : • Avoir une gouvernance structurée pour que l’entreprise s’adapte à des circonstances changeantes et que l’informatique s’adapte à l’évolution du métier. • Utiliser une architecture solide pour rendre la gouvernance manœuvrable et la relier aux développements informatiques. 233 SOA for Profit • Développer une vision d’ensemble SOA pour vous assurer que la SOA ne soit pas considérée comme un développement technologique ou présentée comme une « solution rapide » pour des problèmes importants dans le service informatique actuel. 12.3 Passez à l’action Quoi que l’avenir nous réserve, nous y parviendrons plus tôt que vous ne l’imaginez. Les changements interviennent sans cesse plus vite, intensifiant l’urgence de se débarrasser de structures informatiques restrictives. Si vous voulez que votre entreprise soit prête pour ce nouveau monde, commencez votre voyage vers la SOA dès maintenant. Evaluez votre maturité actuelle ; établissez une vision métier et une stratégie SOA pour vous assurer que votre entreprise sera également capable de jouer un rôle important dans un monde SOA. Mettez-vous au travail, commencez petit mais n’essayez pas de prendre des raccourcis : assurez un plus grand équilibre en vous attaquant à tous les aspects nécessaires à une coopération mature entre le métier et l’informatique. 234 13 Annexe : Modèle de maturité SOA 13.1 Présentation Le modèle de maturité SOA a été présenté au Chapitre 8. Cet outil permet à toute entreprise désireuse de se préparer à la SOA de porter l’attention nécessaire, dans la bonne direction et au bon moment. Le modèle de maturité SOA vous aide à reconnaître les étapes indispensables à l’amélioration de secteurs tels que le Processus, la Technologie et les Ressources humaines, tous prioritaires à un moment donné. En premier lieu, pour identifier les étapes d’amélioration requises, il est nécessaire d’évaluer si l’on est prêt pour la SOA dans les 20 secteurs clé du modèle de maturité. La présente Annexe vous aide à faire cette évaluation. Elle identifie des point de contrôle pour chaque niveau de secteur clé afin de déterminer si l’entreprise a atteint le niveau en question. Pour mieux appréhender la structure de la présente Annexe, il est utile de se reporter au modèle de maturité SOA. Dans le modèle de maturité, les colonnes représentent les différents stades de croissance de la maturité. Les lignes représentent les 20 secteurs clé. Les lettres indiquent le niveau de maturité à chaque stade. L’amélioration progressive se lit de gauche à droite. Il faut observer les règles suivantes lors de l’application du modèle de maturité : • Une entreprise atteint un niveau lorsque tous les points de contrôle de ce niveau ainsi que des niveaux précédents ont été atteints. • Une entreprise atteint un stade de maturité lorsque tous les niveaux de ce stade ainsi que des stades précédents ont été atteints. Les sections individuelles consacrées à chacun des secteurs clé dans le modèle de maturité SOA sont présentées dans l’ordre d’apparition des secteurs dans le modèle, en commençant par Engagement et Motivation. Les niveaux (A, B, 235 SOA for Profit C et D) dans chacun des secteurs seront soumis à discussion. Des points de contrôle sont fournis à chaque niveau. Ces derniers peuvent être utilisés pour repérer la position de votre entreprise et la manière de l’améliorer. Stade Secteur clé 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 1 Engagement et motivation A 2 Relations avec les projets 3 Rôles et responsabilités A 4 Développement de l’architecture A 5 Utilisation de l’architecture 6 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) 7 Gestion de la qualité 8 Gestion du portefeuille de services 9 Vision de l’architecture A Budgétisation et planification 12 Technologie et standards 13 Subdivision et réutilisation C B B C B C B B B C C B B B C B C D A B C A B C 19 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel informatique A B C 20 Connaissance et état d’esprit SOA du personnel métiers A B C Figure 13.1 : Modèle de maturité SOA 236 D C A A D D B A 18 Compétences SOA du personnel métiers C B A D D B A A C C A Compétences SOA du personnel informatique C B A A D C A 15 Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) 17 B A 14 Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information 16 Sécurité de l’information C A 10 Alignement métier du système d’information 11 B D C D C D D 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Dans le modèle de maturité, les colonnes représentent les différents stades de maturité. Les lignes représentent les 20 secteurs clé. Les lettres indiquent le niveau de maturité à chaque stade. L’amélioration progressive se lit de gauche à droite. Il faut observer les règles suivantes lors de l’application du modèle de maturité : • Une entreprise atteint un niveau lorsqu’elle satisfait à tous les points de contrôle de ce niveau ainsi que des niveaux précédents. • Une entreprise atteint un niveau de maturité lorsque tous les stades de ce niveau ainsi que des précédents ont été atteints. Les paragraphes consacrés à chacun des secteurs clé dans le modèle de maturité SOA sont présentées dans l’ordre d’apparition des secteurs dans le modèle, en commençant par Engagement et Motivation. Les niveaux (A, B, C et D) dans chacun des secteurs seront commentés. Des points de contrôle sont fournis pour chaque niveau. Ces derniers peuvent être utilisés pour repérer la position de votre entreprise et la manière de l’améliorer. 13.2 Engagement et motivation A : Budget et temps disponibles pour les initiatives SOA Un budget et du temps sont mis à disposition pour un nombre limité d’initiatives SOA. Ces initiatives doivent prouver que la SOA peut apporter de la valeur ajoutée à l’entreprise. À ce stade, la SOA n’a pas encore été acceptée comme une future orientation architecturale privilégiée pour l’entreprise. Points de contrôle • Un budget est-il prévu pour les initiatives SOA ? • Du temps est-il prévu pour les initiatives SOA ? • La SOA est-elle considérée par la direction métier et informatique comme un développement important ? B : L’approche SOA est soutenue par la direction de l’entreprise. LA SOA est désormais communément acceptée en tant que type d’architecture privilégié pour le métier et le service informatique et la direction générale de l’entreprise promeut ce choix. 237 SOA for Profit Points de contrôle • La SOA est-elle activement promue par la direction métier et service informatique ? • Lors de la mise en œuvre d’une nouvelle fonctionnalité, la SOA constituet-elle le choix standard de type d’architecture privilégié ? C : L’approche SOA est intégrée dans les processus de l’entreprise Le choix de la SOA est désormais entièrement intégré dans les processus de l’entreprise. L’idée que la SOA a une valeur stratégique pour l’entreprise bénéficie d’un large soutien et il convient d’y accorder toute l’attention nécessaire. Points de contrôle • D’ancienne fonctions ont-elles été remplacées de façon proactive par de nouvelles fonctionnalités basées sur la SOA ? • La SOA représente-t-elle un élément crucial pour les collaborateurs de l’entreprise ? • Un chapitre consacré à la SOA a-t-il été ajouté aux plans de projet comme un élément standard ? • La direction oriente-t-elle délibérément des projets de sorte qu’ils soient conformes à l’architecture d’entreprise basée sur la SOA ? • La SOA fait-elle partie du plan stratégique de l’entreprise ? 13.3 Relations avec les projets A : Architecture pour la communication sur les projets Les architectes orientent les projets vers une architecture SOA, mais il y a encore peu d’interaction entre l’architecte et le projet ; aucun retour d’informations ne parvient à l’architecte si bien que ce qui est appris pendant le projet ne peut pas être intégré dans l’architecture cadre. Points de contrôle • Les projets prennent-ils en compte l’architecture d’entreprise basée sur la SOA ? • Les projets sont-ils informés dès le départ que l’architecture d’entreprise est basée sur la SOA ? 238 13 Annexe : Modèle de maturité SOA B : Le processus d’architecture prend en compte les retours d’informations du projet. Le processus d’architecture entre l’architecture et les projets a été suffisamment régularisé pour que les architectes puissent disposer d’un retour d’informations et adapter l’architecture SOA, le cas échéant. Points de contrôle • L’architecture d’entreprise basée sur la SOA est-elle adaptée pour prendre en compte à l’expérience accumulée au cours de différents projets ? • Le respect de l’architecture d’entreprise basée sur la SOA fait-il partie du processus de développement standard ? C : Les architectes, l’entreprise et le service informatique établissent conjointement l’architecture du projet La création de l’architecture de départ du projet est un processus conjoint dans lequel les architectes et les principales parties prenantes sont impliqués. Points de contrôle • Les architectes aident-ils les développeurs à appliquer l’architecture d’entreprise basée sur la SOA à leur situation spécifique ? • Les développeurs peuvent-ils proposer des modifications à l’architecture d’entreprise basée sur la SOA ? • L’architecture du projet basé sur la SOA est-elle le résultat d’une coopération entre les architectes et les développeurs ? D : Dialogue permanent entre les architectes, le métier et le service informatique Un dialogue permanent entre les architectes et les principales parties prenantes leur permet d’aligner l’architecture de référence, l’architecture initiale du projet et leurs expériences en la matière, et adapter en conséquence les livrables et les projets, le cas échéant. Points de contrôle • Existe-t-il un processus standard selon lequel les architectes et les projets peuvent être en interaction ? • Existe-t-il un processus standard précisant la façon dont les modifications apportées aux livrables du projet peuvent être intégrées aux livrables de l’architecture de référence ? 239 SOA for Profit • La consultation standard entre les architectes et les développeurs portant sur la manière dont leur coopération mutuelle peut-elle être améliorée ? 13.4 Rôles et responsabilités A : Le service informatique est responsable de l’architecture et du processus Le service informatique est responsable de l’architecture basée sur la SOA et du processus de mise en œuvre de la SOA. À ce stade, aucun rôle ni définition clairs n’ont été établis pour le métier. Points de contrôle • Le choix de la SOA pour l’entreprise en tant que style d’architecture privilégié est-il clair ? • La responsabilité d’une architecture d’entreprise basée sur la SOA a-t-elle été intégrée dans l’entreprise ? • La responsabilité de l’identification, de la spécification, de l’établissement et le retrait progressif des services (durée de vie des services) a-t-elle été intégrée dans l’entreprise ? • Les rôles et responsabilités de la mise en œuvre de la SOA ont-ils été intégrés dans l’entreprise ? B : Le service informatique et le métier collaborent sur le processus d’architecture Le système informatique et le métier collaborent désormais sur un processus architectural, et les rôles et responsabilités de la mise en œuvre de la SOA ont été définis des deux côtés. Points de contrôle • Le métier assume-t-il la possession d’un service ? • Le métier participe-t-il à la gestion du portefeuille de services ? • Les rôles et responsabilités de la mise en œuvre de la SOA sont-ils partagés par le service informatique et le métier ? C : La responsabilité de la détention du processus est transversale. La responsabilité sur les processus métiers a été intégrée de bout en bout et s’étend sans problème au travers des différents domaines métiers et organisationnels. 240 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • La responsabilité de bout en bout de processus métiers a-t-elle été intégrée dans le métier ? • La responsabilité de réutilisation de services a-t-elle été intégrée dans le métier ? • Au cours de la mise en œuvre de la SOA, les objectifs des processus métiers ont-ils plus de poids que ceux des entités ou des directions ? 13.5 Développement de l’architecture A : Architecture mise en œuvre dans les projets La formulation de livrables d’architecture SOA se fait en rapport avec un projet concret, comme d’une architecture de début de projet. Points de contrôle • Toutes les parties prenantes ont-elles été informées que l’entreprise a choisi la SOA comme style d’architecture privilégié ? • Une description d’architecture SOA a-t-elle été formulée pour chaque projet ? • Si l’utilisation de d’architecture projet ou d’architecture de début de projet est déjà standard, une attention particulière est-elle portée à la SOA ? B : Architecture en tant que processus transversal Mettre en place une architecture SOA se fait désormais dans tous les projets et toutes les directions, en tant qu’architecture de référence, par exemple. Points de contrôle • Existe-t-il des principes et modèles généraux de SOA au sein de l’entreprise qui s’appliquent à tous les projets ? • Y a-t-il une architecture d’entreprise au sein de l’entreprise qui porte une attention particulière à la SOA ? • Existe-t-il une quelconque gestion des mises en production pour l’architecture d’entreprise ? C : Architecture en tant que processus de facilitation Produire une architecture SOA fait partie d’un processus d’architecture dans lequel les gens savent que le seul but de l’architecture est de soutenir les changements nécessaires pour atteindre les objectifs métier. Avec chaque 241 SOA for Profit forme d’architecture mise en place, le but et la fonction de l’architecture sont clairs dès le départ. Points de contrôle • Les principes et modèles SOA constituent-ils un composant inextricable de l’architecture d’entreprise de la société ? • Les parties prenantes ont-elles toutes accepté le choix de l’entreprise de privilégier la SOA en tant que style d’architecture ? • Lors de la mise en place de l’architecture d’entreprise, a-t-on convenu de qui devra se conformer aux décisions prises ? 13.6 Utilisation de l’architecture A : Architecture utilisée à titre informatif L’architecture basée sur la SOA offre une vision claire de l’orientation que compte prendre l’entreprise grâce à la SOA et pousse les gens à suivre cet objectif. De plus, cette vision est mise en valeur par la direction. Tous les membres des équipes ont accès à l’architecture. Points de contrôle • Une architecture d’entreprise a-t-elle été approuvée par la direction ? • L’architecture d’entreprise donne-t-elle une vision claire de ce que veut l’entreprise ? • Le choix de la SOA en tant que style architectural privilégié est-il clair ? • L’architecture d’entreprise est-elle facilement accessible à tous les membres des équipes ? B : Architecture utilisée pour orienter le contenu L’architecture SOA est véritablement utilisée pour orienter les options relevant de la SOA dans les projets. Les projets doivent être conformes à l’architecture. 242 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • L’architecture d’entreprise est-elle utilisée pour guider les développements informatiques et métier au préalable ? • Pour chaque projet, sait-on précisément quelle partie de l’architecture d’entreprise se rapporte un projet ? • Sait-on dans quelle mesure un projet doit être conforme à l’architecture d’entreprise le concerne ? C : Architecture intégrée à l’entreprise L’architecture basée sur la SOA fait partie intégrante du pilotage de l’entreprise. C’est un facteur déterminant dans les processus de décision. Points de contrôle • L’architecture d’entreprise est-elle utilisée dans les processus de décision de l’entreprise ? • L’architecture d’entreprise est-elle utilisée dans les cycles de contrôle et de planification de l’entreprise ? • La vision de la SOA s’appuie-t-elle sur la vision de l’entreprise qu’en a la direction générale ? 13.7 Outils architecturaux (méthodologie et logiciels) A : Initiatives non coordonnées Des méthodes et outils sont utilisés pour les initiatives SOA, mais vérifier si ces méthodes et outils sont compatibles ne constitue pas une priorité. Points de contrôle • Des méthodes et outils sont-ils utilisés pour identifier et modéliser les services ? • Des méthodes et outils sont-ils utilisés pour gérer le portefeuille de services ? • Des méthodes et outils sont-ils utilisés pour contrôler l’utilisation des services ? 243 SOA for Profit B : Rationalisation de l’outillage et politique d’intégration. Un processus d’architecture global est défini. Les méthodes et outils sont soigneusement choisis conformément au processus d’architecture défini. La politique est formulée afin d’assurer une meilleure intégration mutuelle des méthodes et outils. Points de contrôle • Les méthodes et outils soutiennent-ils le processus d’architecture ? • Les méthodes et outils soutiennent-ils le processus de développement ? • Les méthodes et outils soutiennent-ils le processus de contrôle ? • La gestion des méthodes et outils a-t-elle été integrée de façon explicite ? • Les architectes utilisent-ils les mêmes outils ? C : L’outillage est exhaustif et intégré. Un processus d’architecture global est formalisé On est arrivé à une situation où les méthodes et outils sont entièrement et mutuellement intégrés et sont parfaitement adaptés au processus d’architecture. Points de contrôle • La durée de vie complète d’un service peut-elle être gérée à l’aide d’outils ? • Le portefeuille complet de services peut-il être géré à l’aide d’outils ? • Les outils utilisés sont-ils intégrés de quelque façon que ce soit ? • Les architectes, développeurs et le soutien opérationnel utilisent-ils un seul environnement d’outil ? 13.8 Gestion de qualité A : Validation informelle ultérieure L’architecture basée sur la SOA et les livrables du projet final sont validés a posteriori, et on tente de répondre à la question suivante : les choix et les produits livrables du projet correspondent-ils à la stratégie et aux objectifs métier de l’entreprise ? Aucune norme n’a été préalablement définie. 244 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • A-t-on tenté de valider l’architecture d’entreprise basée sur la SOA de quelque manière que ce soit ? • A-t-on tenté de valider les services conçus de quelque manière que ce soit ? B : Une évaluation a posteriori selon des indicateurs standardisés Les normes auxquelles l’architecture basée sur la SOA et les livrables du projet doivent se conformer ont été préalablement définies. La validation doit avoir lieu a posteriori selon lesdites normes. Points de contrôle • Les normes de qualité ont-elles été spécifiées pour les services ? • Les normes de qualité ont-elles été spécifiées pour l’architecture d’entreprise ? C : Le processus de qualité d’architecture SI est défini. Gestion de qualité permanente. Un processus a été conçu afin de garantir la qualité de l’architecture basée sur la SOA et des livrables du projet. Points de contrôle • Un processus a-t-il été mis en place pour garantir la qualité des services ? • Un intérêt structurel est-il porté à la qualité du processus d’architecture ? • Existe-t-il un programme de qualité pour la SOA ? D : Le processus de qualité d’architecture SI est intégré au processus de qualité de l’entreprise La garantie de qualité de l’architecture et des livrables du projet fait partie intégrante de la politique de qualité de l’entreprise. Points de contrôle • La qualité de l’architecture d’entreprise fait-elle partie de la politique de qualité globale de l’entreprise ? • Un intérêt structurel est-il porté aux conséquences de la mise en œuvre de la SOA dans l’entreprise ? • La relation avec les processus dans l’entreprise (processus de conception de stratégie, processus architecturaux, processus de développement, processus de gestion) est-elle prise en compte dans des considérations concernant la qualité de la SOA ? 245 SOA for Profit 13.9 Gestion de portefeuille de services A : Les durées de vie des services correspondent à celles des applications qui les livrent Les services métiers sont liés à une application et adaptés le cas échéant de la même manière que l’application elle-même. Points de contrôle • La gestion d’un service est-elle liée à une application offrant ledit service ? • Si nécessaire, un service est-il adapté lorsque l’application offrant ledit service est adaptée ? B : Accords sur les niveaux de services La gestion des services métier ne se fait plus d’emblée selon les applications mais selon les contrats de service (accords sur les niveaux de services) en vertu desquels le client et le fournisseur du service conviennent des conditions de livraison du service. Points de contrôle • Existe-t-il un contrat de service pour chaque service ? • Avant la conception du service, un contrat de service comprenant le cahier des charges et les conditions selon lesquelles le service est fourni est-il formulé au préalable ? C : Durée de vie prévue (y compris le retrait) Les services métier sont désormais gérés comme portefeuille à part entière, ce qui signifie que les décisions concernant la durée de vie intégrale des services sont prises en fonction du portefeuille complet de services. Points de contrôle • Les services de l’entreprise sont-ils gérés comme un portefeuille ? • Existe-t-il un mécanisme qui détermine le prix d’un service en fonction de son utilisation ? • Existe-t-il des accords clairs concernant un service réutilisé ? • Existe-t-il des accords clairs concernant ce qui se passe lorsqu’un service est retiré progressivement ? 246 13 Annexe : Modèle de maturité SOA D : Financement de l’utilisation de services (marché de services) Un marché de services a été établi. Les clients et fournisseurs de services y négocient les services. La conception et le refus de services découlent de cette négociation. Points de contrôle • Est-il possible pour un fournisseur de service de retirer progressivement ledit service en cas d’échec de négociation avec le client ? • Le prix d’un service est-il déterminé en fonction de son niveau d’utilisation ? • Les utilisateurs et fournisseurs de services peuvent-ils négocier les conditions de livraison et les tarifs ? 13.10 Vision de l’architecture A : Vision de l’architecture “en l’état” L’état actuel de l’architecture est connu et spécifié. Les défauts de l’architecture sont également identifiés. Points de contrôle • L’architecture d’entreprise actuelle (en l’état) est-elle décrite en termes de processus, services, applications, données, infrastructure technique et relations entre ces derniers ? • Les goulots d’étranglement de l’architecture d’entreprise actuelle sont-ils évidents ? B : Vision des évolutions à court terme Outre l’architecture actuelle, un aperçu des développements SOA à court terme et de leur niveau d’influence sur l’architecture actuelle s’impose. Partant, un nombre limité d’architectures de référence de domaine est mis en place pour orienter les développements à court terme. Points de contrôle • Connaît-on clairement les composants de l’architecture d’entreprise actuelle influencés par le choix de la SOA ? • L’architecture d’entreprise comprend-elle des principes d’identification, de conception et d’établissement de services ? • Des architectures de référence (proches ou lointaines) sont-elles disponibles aux domaines où la SOA est en cours de mise en œuvre ? 247 SOA for Profit C : Vision de l’architecture à long terme Conformément à la stratégie de l’entreprise, une architecture d’entreprise est mise en place pour identifier les principales caractéristiques des changements dans le domaine de l’architecture technologique, de l’information et du métier. L’entreprise a désormais à sa disposition un plan à long terme reflétant sa vision sur le métier et l’informatique. Points de contrôle • Une architecture de référence à l’échelle de l’entreprise englobant la description de la vision SOA par l’entreprise est-elle disponible ? • La société possède-t-elle une architecture d’entreprise acceptée par la direction générale ? D : Alignement permanent de la vision sur les objectifs métiers à court et long terme L’entreprise dispose d’un processus grâce auquel des considérations architecturales permettent un alignement permanent des objectifs métiers et stratégiques sur les processus actuels, le schéma organisationnel, la fourniture d’informations et l’infrastructure technique d’une entreprise. Points de contrôle • L’entreprise a-t-elle à sa disposition un processus grâce auquel la stratégie s’aligne en permanence sur le fonctionnement actuel ? • L’entreprise a-t-elle à sa disposition une architecture d’entreprise précisant clairement les conséquences de la stratégie de l’entreprise sur les opérations actuelles et l’informatique ? 13.11 Alignement des systèmes d’information sur le métier A : Les applications et les services sont conçus pour atteindre les objectifs métiers (menés par le métier) Les services et les applications sont conçus en se reportant aux besoins de l’entreprise et en établissant un lien explicite avec les objectifs métiers. Points de contrôle • Les services et les applications sont-ils uniquement conçus lorsqu’un business case clair les concernant se présente ? 248 13 Annexe : Modèle de maturité SOA • • Lors de la conception de services et d’applications, la notion selon laquelle ils doivent aider à atteindre les objectifs métiers constitue-t-elle le point de départ ? Les exigences du métier sont-elles connues avant que les services et les applications ne soient en cours de conception ? B : Tests sur la compatibilité des applications et services avec les objectifs métiers. Les services et applications sont désormais testés a posteriori pour évaluer leur compatibilité avec les besoins et objectifs métiers. Points de contrôle • Y a-t-il une validation a posteriori (au moyen de tests, entre autre) pour voir si les services et applications conçus satisfont les exigences spécifiées ? • L’entreprise a-t-elle à sa disposition un processus de test de services formalisé ? C : Le processus d’architecture soutient l’entreprise Les services et applications sont conçus dans un processus d’architecture dirigé par les objectifs métiers de l’entreprise. Les services et applications conçus sont entièrement déterminés en fonction des changements métier envisagés. Points de contrôle • L’entreprise dispose-t-elle d’un processus d’architecture décrivant les étapes selon lesquelles les services et applications sont conçus ? • L’entreprise dispose-t-elle d’un processus d’architecture qui commence par les objectifs stratégiques et métier de l’entreprise ? D :Le processus d’architecture facilite les évolutions métier L’aspect architectural fait partie intégrante de l’entreprise. Les architectes et les représentants métier participent conjointement au dialogue stratégique en fonction duquel une orientation est donnée au processus déterminant les services et applications à concevoir. Points de contrôle • Les évolutions métiers se produisent-elles uniquement lorsque l’architecture a été établie à cette fin ? 249 SOA for Profit • • • Le métier se sent-il impliqué dans le processus d’architecture ? Le métier est-il un partenaire de discussion régulier dans l’établissement de l’architecture ? Les architectes sont-ils impliqués dans les processus de conception de la stratégie ? 13.12 Budgétisation et planification A : Nécessité de justifier formellement un RCI direct pour chaque projet métier sur lequel la SOA a un impact Chaque projet ayant un impact SOA est testé selon son rendement (tel que le RCI, rendement du capital investi). Points de contrôle • Chaque projet SOA est-il testé selon certains objectifs de rendement ? • Un budget est-il établi pour chaque projet SOA ? B : Spécifique au projet SOA Chaque projet SOA est précédé de la formulation d’un calendrier prévisionnel et de l’établissement d’un budget. Points de contrôle • Un calendrier prévisionnel est-il formulé pour chaque projet SOA ? • L’évolution d’un projet SOA est-elle surveillée ? C : Générique entreprise Il existe une méthode de planification et de budgétisation standard pour les projets SOA au sein de l’entreprise. Points de contrôle • Existe-t-il une méthode de planification et de budgétisation standard pour les projets SOA ? • Dans la mise en œuvre des projets SOA, y a-t-il des écarts avec le budget formulé et le calendrier prévu et documenté ? D : Optimisation permanente du processus de planification et de budgétisation La budgétisation et la planification des projets SOA peuvent être professionnalisées à l’aide d’une révision structurelle de la qualité de planification. 250 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • Existe-t-il un processus structuré pour bénéficier de retours d’informations sur les méthodes de planification et de budgétisation utilisées dans les projets SOA ? • Des statistiques sont-elles disponibles concernant les anciennes budgétisations et les anciens calendriers prévisionnels des projets SOA ? 13.13 Technologie et standards A : Technologie ad hoc choisie en cas de besoin Une technologie et des standards SOA sont choisis lorsqu’un problème concret se pose. Points de contrôle • Les choix de base ont-ils été faits concernant certaines technologies et certains standards SOA ? • Des standards SOA sont-ils disponibles au sein de l’entreprise ? B : Référentiel de base informatique défini et éprouvé Dans le domaine de l’informatique, les standards et technologies SOA ont été soigneusement sélectionnés selon des concepts avérés. Points de contrôle • Les choix concernant les technologies et standards SOA sont-ils uniquement faits lorsque la technologie ou le standard a été testé au sein de l’entreprise en question (au moyen d’un concept avéré, par exemple) ? • La gestion de standards SOA a-t-elle été intégrée à l’entreprise ? C : Stratégie motivée Le choix de standards et technologies découle d’une stratégie à l’échelle de la SOA. Points de contrôle • Les choix de technologies et standards SOA sont-ils déterminés en fonction d’une stratégie à l’échelle de la SOA et d’une architecture d’entreprise de la société ? • Les choix concernant les technologies et standards SOA sont-ils faits en rapport avec d’autres technologies et standards ? 251 SOA for Profit D : Anticipation de changements technologiques et adoption de nouveaux standards De nouveaux standards et de nouvelles technologies sont suivis et mis en œuvre en permanence dans le cadre d’une stratégie à l’échelle de la SOA, dès que cela s’avère utile. Points de contrôle • Les développements de marché dans le domaine de la technologie et des standards SOA sont-ils suivis de manière proactive ? • Un processus standard permet-il d’évaluer de nouvelles technologies et de nouveaux standards SOA ? 13.14 Subdivision et réutilisation A : Réutilisation non coordonnée La réutilisation et la subdivision ont lieu, mais plus ou moins par hasard. Points de contrôle • Existe-t-il une sorte d’enregistrement central des services indiquant le degré de réutilisation ? • Y a-t-il des critères (tels que des standards et des principes) qu’un service doit respecter ? B : La réutilisation est coordonnée au sein du service informatique (services techniques) Des mécanismes ont été mis en œuvre avec le service informatique pour pousser à la réutilisation et à la subdivision. Points de contrôle • Un mécanisme a-t-il été mis en œuvre pour assurer que, en cas de besoin d’une nouvelle fonctionnalité, une enquête soit faite pour vérifier si les services ou composants déjà disponibles peuvent offrir cette fonctionnalité ? • Dans le domaine informatique, existe-t-il une culture de la réutilisation avant de développer de nouveaux éléments ? C : La réutilisation est coordonnée au niveau métiers (services métiers) Des mécanismes ont été mis en œuvre pour que la réutilisation et la subdivision se fassent également au niveau métiers. 252 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • Dans l’entreprise, existe-t-il une culture d’utilisation de l’existant, avant de faire appel à un nouveau processus ou service ? • Dans l’entreprise, un mécanisme a-t-il été mis en œuvre pour assurer que, au niveau métier, les processus (étapes) et services existants sont réutilisés autant que possible ? D : L’informatique et le métier sont subdivisés et la réutilisation est monnaie courante La réutilisation et la subdivision constituent un principe généralement accepté dans la restructuration de l’informatique et du métier. Ce principe est incorporé dans la méthode de fonctionnement standard de l’entreprise, en ce qui concerne le changement. Points de contrôle • Au sein de l’entreprise, la culture consistant à d’abord réutiliser ce qui est disponible est-elle généralisée ? • L’entreprise a-t-elle à sa disposition une méthode de fonctionnement pour le développement informatique et métier dans laquelle la réutilisation occupe une position prédominante ? 13.15 Mise en œuvre de processus métiers dans le système d’information A : Services métiers existants au sein de silos Des services métiers ont été mis en œuvre de sorte qu’ils sont liés aux systèmes d’information de type silo actuels. Les liens avec les processus métiers n’ont pas été pris en compte. Points de contrôle • Les services métiers sont-ils en cours de conception pour rendre les systèmes existants plus ouverts ? • Les services métiers ont-il été mis en œuvre au moyen d’un lien avec des systèmes existants ? B : Processus transversaux Les services métiers ont été mis en œuvre, prenant en compte les liens avec les processus métiers ; la vision va au-delà des systèmes et structures actuels. 253 SOA for Profit Points de contrôle • Les services métiers sont-ils en cours de conception pour soutenir spécifiquement les processus métiers ? • Les services métiers sont-ils décrits en des termes compréhensibles et reconnaissables ? • Les processus métiers sont-ils divisés en domaines clairement distincts ? C : Supervision de l’activité métier (Business Activity Monitoring – BAM) Le but du BAM est de surveiller les processus métiers automatiquement. Points de contrôle • Le BAM est-il utilisé afin de surveiller la performance des processus métiers ? • Peut-on surveiller de façon adaptée la performance des processus métiers et les services métiers liés à ces derniers ? D : Le métier et l’informatique collaborent pour établir et déployer des processus métiers. Le métier et l’informatique travaillent en étroite collaboration pour améliorer les processus métiers et, grâce aux services métiers pouvant être reliés de façon souple, les mettre en œuvre dans l’entreprise. Points de contrôle • Grâce à l’utilisation de services métiers existants, l’entreprise est-elle capable de mettre en œuvre de nouveaux processus métiers de manière indépendante ? • L’entreprise a-t-elle à sa disposition un processus standard selon lequel les services métiers sont identifiés, conçus, établis et progressivement retirés par les services métiers et le service informatique en parfaite collaboration ? 13.16 Souplesse du système d’information (infrastructure et applications) A : Systèmes d’information basés sur des silos comprenant des applications basées sur les services et du matériel informatique pour les faire fonctionner. Les systèmes d’information restent des silos, mais on utilise des services techniques dans ce genre de système. 254 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • L’entreprise a-t-elle commencé à élargir ses applications patrimoniales grâce aux services techniques ? • Les services techniques ont-ils été mis en œuvre au sein de l’entreprise ? B : Certaines applications et infrastructures sont partagées au sein de silos (flous) en raison de la rationalisation. Certaines applications et éléments d’infrastructure sont mis à disposition en tant que services aux systèmes d’information ayant des caractéristiques apparentées aux silos. Une certaine réutilisation (technique) peut avoir lieu. Points de contrôle • Les services techniques utilisés plus d’une fois ont-ils été mis en œuvre au sein de l’entreprise ? C : Système d’information orienté processus, reconfigurable et urbanisé. Les systèmes d’information consistent désormais majoritairement en des services métiers alignés sur les processus métiers qu’ils doivent soutenir. Points de contrôle • Les services métiers utilisés plus d’une fois ont-ils été mis en œuvre dans l’entreprise ? • Les fonctionnalités sont-elles largement mises à disposition des processus métiers via les services métiers ? D : Virtualisation des systèmes information-métier dissociés. Les systèmes d’information sont entièrement dissociés des processus métiers qu’ils soutiennent. Les processus métiers utilisent des services métiers et ne savent pas où et comment ces derniers sont mis en œuvre. Points de contrôle • Les processus métiers dans l’entreprise sont-ils entièrement dissociés des systèmes qui les supportent ? • Les processus métiers peuvent-ils être modifiés sans avoir à régler les systèmes sous-jacents ? 255 SOA for Profit 13.17 Sécurité A : Réactive L’entreprise est consciente jusqu’à un certain point du besoin de protéger les informations. Le service informatique a installé un ensemble minimal de mesures de sécurité. La sensibilisation aux risques pris par l’entreprise en matière de protection de messages et de services est faible. Points de contrôle • Au sein de l’entreprise, y a-t-il une sensibilisation aux risques encourus dans le domaine de la sécurité des informations ? • L’entreprise a-t-elle pris des mesures pour protéger les messages et les services ? • La sécurité des informations est-elle importante dans l’application de la SOA ? B : Individuelle L’organisation est plus au fait du thème de la sécurité des informations et des risques encourus, mais seul le service informatique prend des mesures, telles que la protection de la communication par le biais d’un ESB. L’entreprise dans son intégralité ne s’intéresse pas encore vraiment à l’analyse des risques et à la formulation d’une politique de protection des informations. Points de contrôle • Au sein de l’entreprise, les gens sont-ils largement sensibilisés aux risques encourus dans le domaine de la sécurité des informations ? • Le service informatique a-t-il pris des mesures suffisantes (telles que l’authentification et le cryptage) pour protéger les messages et les services ? C : Collective Des standards et principes à l’échelle de l’entreprise sont en place dans le domaine de la sécurité des informations et de la protection des messages et des services. Bien que des processus métiers de protection aient été amorcés, la sensibilisation dans l’entreprise est toujours insuffisante et il n’existe pas encore de politique de protection de l’information à l’échelle de l’entreprise. 256 13 Annexe : Modèle de maturité SOA Points de contrôle • Des mesures à l’échelle de l’entreprise ont-elles été prises pour gérer les risques dans le domaine de la sécurité des informations ? • L’entreprise est-elle au courant des risques encourus dans le domaine de la sécurité des informations ? D : Proactive L’entreprise utilise une politique de protection des informations à l’échelle de l’entreprise détaillant tous les risques et mesures possibles concernant la protection des messages et des services. Les incidents en termes de sécurité sont analysés et pris en compte dans l’élaboration de la politique de protection de l’information. Les directeurs métier et processus sont responsables des incidents de protection des informations. Points de contrôle • L’entreprise est-elle pleinement au courant des risques qu’elle prend dans le domaine de la sécurité des informations ? • L’entreprise a-t-elle à sa disposition une politique de sécurité des informations à l’échelle de l’entreprise ? • La responsabilité de la sécurité des informations est-elle intégrée à l’entreprise ? • Des mesures ont-elles été prises afin de protéger les processus métiers ? 13.18 Compétence SOA des informaticiens A : Basique Un niveau basique d’expertise a été établi au sein du service informatique. Les informaticiens connaissent la SOA. Points de contrôle • Un nombre suffisant d’informaticiens connaissent-ils la SOA ? • Un nombre suffisant d’informaticiens ont-ils accès à la vision SOA et aux principes de l’entreprise ? B : Modérée Les informaticiens ont établi un niveau plus avancé d’expertise au moyen d’une application pratique dans les projets. Les informaticiens peuvent appliquer la SOA à leur travail. En moyenne, tous les informaticiens influencés par la SOA ont travaillé sur la SOA au cours d’un projet. 257 SOA for Profit Points de contrôle • Des informaticiens en nombre suffisant ont-ils accumulé une expérience pratique de la SOA ? C : Expérimentée Les informaticiens ont acquis une expertise exhaustive en matière de SOA. Cette expérience s’est étoffée au cours de différents projets. Les informaticiens maîtrisent la SOA. Points de contrôle • Un nombre suffisant d’informaticiens ont-ils une expérience pratique de SOA sur plusieurs projets ? • Les informaticiens ont-ils suivi des séminaires sur la façon dont l’entreprise traite la SOA ? 13.19 Compétence SOA des professionnels métiers A : Basique Un niveau basique d’expertise a été atteint. Les professionnels métiers connaissent la SOA. Points de contrôle • Un nombre suffisant de professionnels métiers connaissent-ils la SOA ? • Un nombre suffisant de professionnels métiers ont-ils accès à la vision et aux principes SOA de l’entreprise ? B : Modérée Les professionnels métiers ont établi un niveau plus avancé d’expertise au moyen d’une application pratique dans les projets. Les professionnels métiers peuvent appliquer la SOA à leur travail. En moyenne, tous les professionnels métiers influencés par la SOA ont travaillé sur la SOA au cours d’un projet. Points de contrôle • Un nombre suffisant de professionnels métiers ont-ils accumulé une expérience pratique de la SOA ? 258 13 Annexe : Modèle de maturité SOA C : Expérimenté Les professionnels métiers ont établi une expertise exhaustive en matière de SOA. Cette expérience s’est étoffée au cours de plusieurs projets. Les professionnels métiers maîtrisent la SOA. Points de contrôle • Un nombre suffisant de professionnels métiers ont-ils une expérience pratique de la SOA sur plusieurs projets ? • Les professionnels métiers ont-ils suivi des séminaires sur la façon dont l’entreprise traite la SOA ? 13.20 Connaissance et état d’esprit SOA des informaticiens A : Sensibilisation limitée Les gens connaissent la SOA de façon sporadique au sein du service informatique. Le terme n’est pas inconnu pour la plupart d’entre eux, mais ils n’arrivent pas à le cerner et encore moins à identifier les avantages qu’ils pourraient en tirer. Points de contrôle • La majorité du service informatique connaît-elle la SOA ? B : Sensibilisation au niveau de l’organisation du service Au sein du service informatique, les gens sont très sensibilisés à la SOA et aux avantages qu’elle peut apporter. Toutefois, le scepticisme est de mise ainsi qu’une réticence vis-à-vis des conséquences de la mis en œuvre de la SOA. Points de contrôle • La majorité du service informatique reconnaît-elle les avantages de la SOA pour son propre service ? • La majorité du service informatique connaît-elle de façon exhaustive la SOA ? C : État d’esprit SOA La SOA profite d’un large soutien au sein du service informatique. Les avantages et conséquences de la mise en œuvre sont clairs et acceptés de manière générale. Le service informatique a hâte d’en tirer les bénéfices. 259 SOA for Profit Points de contrôle • La majorité du service informatique reconnaît-elle les avantages de la SOA pour son propre service ? • La mise en œuvre de la SOA au sein du service informatique s’appuie-telle sur une large base de soutien ? 13.21 Connaissance et état d’esprit SOA des professionnels métiers A : Sensibilisation limitée Les gens connaissent la SOA de façon sporadique au sein du service métiers. Le terme n’est pas inconnu pour la plupart d’entre eux, mais ils n’arrivent pas à le cerner et encore moins à identifier les avantages qu’ils pourraient en tirer. Points de contrôle • La majorité du service métier connaît-elle la SOA ? B : Sensibilisation au niveau de l’organisation du service Au sein du service métier, les gens sont très sensibilisés à la SOA et aux avantages qu’elle peut apporter. Toutefois, le scepticisme est de mise ainsi qu’une réticence vis-à-vis des conséquences de la mis en œuvre de la SOA. Points de contrôle • La majorité du service métier reconnaît-elle les avantages de la SOA pour son propre service ? • La majorité du service métier connaît-elle de façon exhaustive la SOA ? C : État d’esprit SOA La SOA profite d’un large soutien au sein du service métier. Les avantages et conséquences de la mise en œuvre sont clairs et acceptés de manière générale. Le service métier a hâte d’en tirer les bénéfices. Points de contrôle • La majorité du service métier reconnaît-elle les avantages de la SOA pour son propre service ? • La mise en œuvre de la SOA au sein du service métier s’appuie-t-elle sur une large base de soutien ? 260 13 Annexe : Modèle de maturité SOA 13.22 En guise de conclusion L’utilisation de la SOA implique plusieurs facteurs. Dans la présente Annexe, nous en avons défini 20, chacun suivant son propre parcours de développement. Ils sont bien trop nombreux pour être traités tous à la fois par une entreprise. Le modèle de maturité SOA est un outil servant à concentrer l’attention sur des domaines spécifiques (un à la fois). Grâce aux points de contrôle servant à se concentrer davantage sur le développement de chaque secteur, il est possible de déterminer le statut d’une entreprise. Calquer l’entreprise sur le modèle de maturité peut permettre d’identifier les secteurs clé qui doivent être mis en avant dans un futur proche et de clarifier dans quelle mesure cela doit être fait. 261 References Acharya, Amit et al., SOA Foundation Service Creation Scenario, IBM Redbook, 2006, http://publib-b.boulder.ibm.com/Redbooks.nsf/RedpieceAbstracts/ sg247240.html?Open Ang, Jenny et al., SOA antipatterns, 2005, http://www-128.ibm.com/developerworks/webservices/library/ws-antipatterns/ Arsanjani, Ali et al., The SOA solution stack, an architectural reference model, 2005 Bartlett, Christopher et Sumantra Ghoshal, Managing Across Boarders – the transnational solution, Harvard Business School Press, 2002 Belbin, Meredith, Management Teams, Oxford, 2004 Berg, Martin van den et Marlies van Steenbergen, Building an Enterprise Architecture Practice, Springer, 2006a Berg, Martin van den et Erik van Ommeren, Verbied services! 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Ross, IT Governance: How Top Performers Manage IT Decision Rights for Superior Results, Harvard Business Press, 2004 Wikipedia, www.wikipedia.org 265 Index A bus de services d’entreprise (ESB) 81 administrateur registre 144 bus de services humains (HSB) 126 administrateur système et base de business model 98, 101, 105 données 142 agilité 55 C alignement métier (domaine de matu- cartographie rité SOA) 154 domaine métier 102 analyse des risques d’un produit 200 potentiels 103, 109 analyste d’entreprise 141 CBM 111 animateur des transferts de compéten- centre d’excellence 91 ces 142 approche chaîne de valeur 106 champion du service métier 139 bottom-up 177 chaos (cas de figure) 160 middle-out 177 chiffre d’affaires (augmentation du) 32 top-down 177 choix de base 173, 175 architecte d’entreprise 137 COB 126 architecture COE 91 de domaine 78 collaboration 181 d’entreprise 74 Component Business Modelling (CBM) de démarrage projet 83, 94 111 de référence 79 concepteur de flux de processus 143 développement 153 configuration dispersée 48, 125 en tuyaux de poêle 100 conformité 32 en silos 100 couches 48 orientée services (SOA) 19 cycle de vie des services (gestion du) utilisation de l’ 153 71 associés (processus) 107, 108 asynchrone 46 D décomposition et réutilisation (domaine de maturité SOA) 155 B BDTM 197, 199, 200, 208 déployeur de services 142 base (choix de) 173, 175 destruction proactive 55 bottom-up (approche) 177 développement budgétisation et planification (domaine de maturité SOA) 155 bus d’orchestration et de collaboration (COB) 126, 127 avec architecture (processus DYA) 74 sans architecture (processus DYA) 75 développement de nouveaux produits 32 267 développeur de services 141 M dialogue stratégique (processus DYA) matrice Gain/Facilité 115 74, 75 maturité 150 domaine (architecture de) 78 modèle 163 niveau 151 point de contrôle 152 E EAI 48 secteurs clés 152 écueils 215 middle-out (approche) 177 engagement et motivation (domaine de modèle de maturité 163 maturité SOA) 152 modèles industriels 121 entreprise (architecture d’) 137 entreprise dynamique (DYA) (architecture d’) 74 entreprise orientée services 99, 100, N normes 49 nouveaux produits (développement de) 123 ESB 81 32 O optimisation métier 97 outils architecturaux (domaine de F façonneur d’outils 142 maturité SOA) 154 feuille de route 171 flair développé 231 P plan d’urbanisme 78 G points d’entrée 179 gestion de la qualité (domaine de matu- points de contrôle de niveaux de matu- rité SOA) 154 gestion des tests par l’activité (BDTM) 199 gestion du portefeuille de services (domaine de maturité SOA) 154 gouvernance 61, 66, 84, 89, 92 rité 152 portefeuille de services 68 potentiels 57, 100 potentiels d’activité 100 processus associés 107, 108 processus métiers (mis en œuvre) 155 d’entreprise 66 Project Start Architecture (PSA) 83, 94 mécanismes 94 projet pilote 175 projets de disponibilité 178 H HSB 126 Q qualité (gestion de la) (domaine de maturité SOA ) 154 I information comme service 186 intégration d’applications d’entreprise (EAI) 48 268 qualité du service 73 R responsable projet 143 RACI 85 stratégie de test 198, 204 RAEW 85 souplesse accrue 32 Rational Unified Process 49 souplesse du système d’information réduction (domaine de maturité SOA) 155 des coûts 32 spécialiste sécurité 141 des risques 32 stratégie 89 réference (architecture de) 79 stratégie en cascade 108, 117 registre des services 73 régression (test de) 206 T relation avec les projets (domaine de technologie et standards (domaine de maturité SOA) 153 responsable du registre de services 140 maturité SOA) 155 test 196, 197 réutilisation 51, 53, 191 approche 197 risques 195 environnement 209 rôles 137, 139 stratégie 198, 204 rôles et responsabilités (domaine de maturité SOA) 153 testeur d’interopérabilité 144 testeur de l’intégration des services 142 TMap 197, 198 S sécurité de l’information (domaine de maturité SOA) 156 top-down (approche) 177 tuyaux de poêle (architecture en) 100 services 46, 109, 128, 129, 186 architecturaux (processus DYA) 74 U gestion du cycle de vie 71 utilisation de l’architecture 153 qualité 73 réutilisation 51, 53, 191 V silos 112 vision d’entreprise 32 SOA vision de l’architecture SI (domaine de achetée 65 maturité SOA) 154 administrateur système 143 brute 65 W compétences (domaine de maturité Web 2.0 131, 132 SOA) 156 état d’esprit et connaissances X (domaine de maturité SOA) 156 XML 46, 193 gouvernance 61, 66, 84, 89, 92 maturité seceurs clés 150, 152 redondante 65 269 À propos d’IBM Chez IBM, nous nous efforçons d’être les leaders en matière d’invention, de développement et de fabrication des technologies de l’information les plus avancées du secteur. Cela passe par les systèmes informatiques, les logiciels, les systèmes de stockage et la micro-électronique. Nous transformons ces technologies avancées en valeur pour nos clients grâce à nos solutions professionnelles, services et activités de conseil dans le monde entier. IBM suit un business model unique et ciblé : l’innovation. IBM définit sa vision en s’appuyant sur les problèmes, processus et exploitations rencontrés dans divers secteurs, puis invente et met en pratique une technologie pour aider ses clients à résoudre leurs problèmes compétitifs et à gérer l’activité la plus difficile. Tout en continuant à vouloir garder le leadership en matière de développement de technologies de pointe, de produits et d’offres de services associés, nous évaluons sans cesse notre position en fonction de l’aide apportée à nos clients pour résoudre leurs problèmes les plus urgents et les plus importants. 271 À propos de Sogeti Sogeti, leader en matière de services informatiques et de technologie de proximité, offre aux grandes entreprises une large gamme de services professionnels de proximité dans les domaines du High Tech Consulting et de la technologie de l’information par le biais de ces trois domaines complémentaires : • Services d’application ou intégration de systèmes. De la conception à l’entretien de systèmes d’informations : conseil, architecture, support, développement, intégration, test et entretien des éléments d’application. • Services d’infrastructure ou gestion d’intégration et administration de systèmes. De l’intégration d’infrastructures techniques à la mise en œuvre de systèmes informatiques : conseil, architecture technique, ingénierie, intégration, installation et administration de systèmes et réseaux, gestion de mise en œuvre et assistance utilisateur. • Haute Technologie ou Conseil de Haute Technologie. Développement et Recherche Extérieurs et Conseil en Innovation. R&D technique et scientifique, conception mécanique, développement de systèmes complexes. Sogeti emploie plus de 18 000 professionnels en France, en Belgique, au Danemark, au Luxembourg, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, en Suisse, en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pour plus de renseignements, veuillez consulter notre site : www.sogeti.com 273 À propos des auteurs Martin van den Berg Martin van den Berg occupe un poste d’Architecture Service Line Manager chez Sogeti Nederland B.V. À ce titre, il est responsable du développement des services d’architecture et de l’expertise. En outre, il oriente les entreprises lors de la professionnalisation de l’architecture d’entreprise et de la mise en œuvre de l’architecture orientée services. Il est l’un des fondateurs de la DYA (architecture dynamique) ainsi que le coauteur de « Dynamic Enterprise Architecture, How to make it work » et « Building an Enterprise Architecture Practice ». Martin van den Berg est également le président du département architecture de la Dutch Computer Society. Martin a publié de nombreux articles et est un intervenant recherché pour les séminaires sur l’architecture. [email protected] Norbert Bieberstein Norbert Bieberstein travaille pour l’organisation SOA Advanced Technologies de IBM et est responsable de la publication et de la communication de sujets en rapport avec la SOA partout dans le monde. Il a accumulé des expériences directes de première main à partir de projets client dans diverses industries s’efforçant de migrer vers des solutions basées sur la SOA. Norbert a publié plusieurs articles sur les sujets associés à SOA, coordonné le numéro 44-4 consacré à la SOA de IBM Systems Journal, et a été l’auteur principal de Service-Oriented Architecture Compass (ISBN 0-13-187002-5). Avant cela, il a été le coauteur de deux livres rouges (redBooks) d’IBM : Introduction to Grid Computing with Globus (SG24-6895-01) et Enabling Applications for Grid Computing with Globus (SG246936-00), et a publié l’ouvrage CASE-Tools (ISBN : 3446175261). Il a commencé chez IBM en qualité de conseiller en technologie logicielle dans les laboratoires de développement de logiciels en 1989. En tout, son expérience dans la technologie de l’information et les sciences informatiques s’élève à 27 ans. Avant d’être chez IBM, il a travaillé en tant que développeur d’applications chez un fournisseur de logiciels de plus petite envergure et 274 en tant que programmateur scientifique à l’Université de Technologie d’Aachen (RWTH), où il a également obtenu son Mastère en mathématiques et en géographie. Il vient de terminer un programme de Corporate MBA au Henley Management College au Royaume-Uni. [email protected] Per Björkegren Per Björkegren est l’un des principaux Architectes d’Entreprise et stratégistes informatiques en Suède. Il est chef de la pratique de l’Architecture et de la Gouvernance Informatique chez Sogeti Suède, développant les offres de services et intervenant dans des séminaires ouverts. Per est le fondateur et président de SWEAN (Swedish Enterprise Architecture Network), qui compte à ce jour environ 350 membres. Per passe la majorité de son temps « sur le terrain » assistant de nombreuses sociétés en Suède concernant le développement d’activités basées sur l’informatique, l’architecture d’entreprise et la gestion informatique. Per a une connaissance solide de l’informatique, allant du développement logiciel à l’architecture en passant par la gestion commerciale et un ensemble étendu de missions de développement d’offres de services au niveau mondial de Capgemini. [email protected] Jean-Marc Gaultier Jean-Marc Gaultier est le Vice-président responsable de l’alliance du Groupe Sogeti avec IBM. Il a une connaissance étendue des ventes internationales dans le domaine de l’informatique avec une expérience en gestion des ventes allant des tests de contrôle logiciel, aux services de proximité aux clients locaux (Local Professional Services) et à l’externalisation, en Europe et aux États-Unis. Actuellement, Jean-Marc aide le Groupe Sogeti à développer son offre, ses compétences et ses ventes tournant autour de la technologie IBM. [email protected] Lon L. Holden Lon est Worldwide Solutions Manager au sein du groupe IBM Software. À ce titre, Lon est responsable de la collaboration avec des intégrateurs de systèmes pour développer le plus efficacement possible la technologie IBM dans leurs offres de solution. L’accent est mis sur l’identification des domaines où la technologie entre en jeu pour fournir une valeur ajoutée importante aux clients, tout en proposant une différentiation concurrentielle dans les offres de l’intégrateur. Lon a une grande expérience dans le secteur du conseil informatique comprenant le développement logiciel, la méthodologie et la gestion de projet. Lon est spécialisé dans la compréhension et l’application de la technologie dans un contexte commercial. [email protected] Manuel de Juan Manuel de Juan est Directeur Technique et membre du Bureau d’Innovation Informatique (IT Innovation Office) chez Sogeti Espagne. Dès ses débuts dans l’informatique, il a consacré ses efforts professionnels à résoudre l’intégration entre les systèmes, que ce soit en qualité de développeur logiciel, d’analyste ou de directeur de projet. Lorsqu’on lui demande quelles sont ses opinions politiques, il répond toujours : « Je suis au centre comme les intergiciels ». [email protected] Tim Koomen Tim Koomen est Directeur et Stratège de l’équipe de R&D du département de Test de Sogeti Netherlands B.V., et s’occupe, entre autres, des tests en environnements agiles (DSDM, RUP), de l’Amélioration de Processus de Test, des stratégies de test et des tests SOA. Il est le coauteur du livre TPI, publié en hollandais, anglais, allemand et japonais, corédacteur du livre TMap Test Topics, publié en hollandais et en anglais, coauteur de TMap Next (hollandais, anglais et allemand (à paraître bientôt)) et assiste à de nombreuses conférences (Eurostar ‘97-’06, ICSTest (4x), Quality Week Europe ‘99, Congrès SQE 2000, Quality Week 2000, Conquest 2001, StarEast 2003) et formations en Europe et aux ÉtatsUnis. En 2003, il a reçu le Prix d’Excellence de Test Européen (European Testing Excellence Award) pour son travail sur TPI, TMap et les tests en général. [email protected] Craig Mayer Craig Mayer est Directeur chez Sogeti USA, fort de plus de vingt-cinq ans d’expérience au niveau exécutif international et national en matière de gestion, de technologie de l’information et d’exploitation dans diverses industries. Son expérience première concerne l’alignement de l’entreprise et de la stratégie technologique d’information ; il possède aussi une connaissance approfondie de la réorganisation d’entreprise et la reconfiguration. Outre ses compétences et son expérience en matière d’Architecture orientée services remontant à la fin des années 1990, il est également très compétent en matière d’efficacité et d’intégration de processus métiers, Sarbanes-Oxley – CobIT – ITIL évaluation et conformité, kaizen et gemba kaizen (amélioration permanente), et de tests de logiciels basés sur la qualité/les risques. Craig est titulaire d’un doctorat (ABD) en anthropologie de l’Université méthodiste du Sud (Dallas, Texas). [email protected] Bruno Rizzi Bruno Rizzi est un Directeur SOA chez SOGETI AS France pour le Service des Télécommunications et de l’Industrie. Il est l’un des créateurs de l’offre SOA Sogeti en France. Sa riche expérience concerne l’informatique, y compris le développement logiciel, la qualimétrie, la gestion de projet et l’architecture. Il a travaillé en qualité d’expert JEE pour plusieurs grandes sociétés françaises. Bruno partage désormais son temps entre le développement de l’offre SOA en entreprise et le conseil en architecture des clients de Sogeti. [email protected] 275 Gonzalo Rodríguez Pérez Gonzalo Rodríguez Pérez est conseiller en informatique chez Sogeti Espagne. Fort de plus de dix ans d’expérience en conseil informatique, il occupe plusieurs fonctions : architecte logiciel, directeur de projet, concepteur et développeur. Il est responsable de l’évaluation d’opportunités SOA chez Sogeti et coordonne la base de connaissance SOA pour les architectes et analystes de Sogeti en Espagne. En réalité, Gonzalo est investi dans un Projet SOA codirigé avec IBM pour Telco Espagne. Il va s’agir d’un des premiers projets SOA en production en Espagne. [email protected] Erik van Ommeren Erik van Ommeren est Directeur Innovation chez Sogeti USA LLC. Il est responsable de VINT, l’Institut d’Analyse des Nouvelles Technologies de Sogeti, aux Etats-Unis. Il participe également au développement des pratiques SOA locales de Sogeti. Il est l’un des pionniers des initiatives d’Architecture orientée services chez Sogeti aux Pays-Bas. Erik a une grande connaissance en informatique. Son expérience va du développement logiciel à l’aide de technologies différentes, en passant par l’architecture et la gestion (de projet). Il passe une partie de son temps à conseiller les entreprises sur des décisions d’architecture, des projets de transformation et des innovations. Erik est également formateur, intervenant lors de séminaires et auteur de plusieurs articles. Guillaume Schott Guillaume Schott est directeur technique chez Sogeti Luxembourg S.A. Il a commencé « à mettre en œuvre la SOA » en 1998 pour une grande banque en France en qualité d’architecte pour les postes de travail de nouvelles succursales. Il a rejoint le bureau du Luxembourg en 2000 et participe à de nombreuses mises en œuvre de systèmes de banque en ligne multivoie en qualité d’architecte principal. Ces projets, actuellement en cours de production, intègrent des systèmes hétérogènes tels que les ordinateurs principaux, systèmes ouverts, exposent et orchestrent des services et distribuent des informations via les canaux Internet, Portable et Vocal. [email protected] Gérard Smit Gérard Smit est Executive IT Architect (certifié) chez IBM pour le compte d’une grande banque. Sa responsabilité et son expérience principales tournent autour de la stratégie et du changement, l’architecture et la technologie. Outre cela, il est également l’un des membres fondateurs et cofondateur du conseil d’expert technique BeNeLux affilié à l’Académie de technologie IBM, pilier de l’équipe de direction SOA et vice-président de la Grid Community of Practice. Gérard est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en informatique commerciale et d’un Mastère Téremsc en télématiques d’entreprise. [email protected] [email protected] Philippe Ravix Philippe Ravix est architecte SI et SOA Service Line Manager chez Sogeti France. Il est responsable du développement de services d’architecture chez Sogeti. Il conseille les entreprises sur des décisions d’architecture et assiste de nombreuses grandes sociétés dans le cadre de leurs projets de transformation. Philippe est également formateur, intervenant sur des événements SOA et auteur de documents de présentations techniques. [email protected] Michiel Vroon Michiel Vroon est Solution Development Manager chez Sogeti Netherlands B.V. Il a commencé comme préparateur et directeur d’unité de tests pendant 2 ans. Il est le coauteur de TMap Next (en hollandais, anglais et allemand) (à paraître bientôt) et de « Integrated Test Design & Automation: Using the TestFrame method », traduit en Hollandais et en Anglais. Michiel est professeur et présentateur. Il écrit souvent des articles sur les tests logiciels. Il tient un rôle prédominant au sein de la communauté de test Hollandaise Test net. [email protected] 276 Sogeti Pays-Bas Martin van den Berg Sogeti USA Erik van Ommeren IBM Software Group Allemagne Norbert Bieberstein Une contribution pratique et pragmatique à l'évolution de la SOA en tant qu'approche architecturale créatrice de valeur pour l'entreprise. Les différentes visions et les considérations informatiques complètes établies concernant la SOA s'appuient sur des exemples réels et convaincants. Ce document constitue un guide prêt à l'emploi pour adopter et mettre en œuvre une SOA. C’est un document de référence exceptionnel pour toute personne désirant passer à un niveau supérieur d’alignement de l’informatique d’entreprise et du métier grâce à la SOA. Henrik Jacobsson Shell Mon intérêt n’a cessé de croître au fur et à mesure de ma lecture du manuscrit… conclusion : «ça valait le coup» ! L’approche business, utilisateurs et organisation que les auteurs ont privilégiée est très pertinente. Malgré le luxe de détails on n’est pas submergé de considérations techniques : un des gros avantages de ce livre ! Un modèle et une méthode pratiques de mesure de la maturité sont présentés, et la liste finale de références est très complète et à jour. Si vous voulez savoir pourquoi je préfère la définition Bieberstein de la SOA, lisez le livre par vousmême. En ce qui me concerne, aucun regret… Dr. Jan Peter de Valk ING SOA Guide du manager pour une Architecture Orientée Services réussie L’architecture orientée services (SOA) est en train de devenir l’architecture informatique dominante, ce qui a des implications considérables pour le fonctionnement des organisations. Lentement mais sûrement, l’informatique gagne en maturité et devient ce support à la fois flexible, stable et fiable dont toute entreprise a besoin. Dans le même temps, l’informatique revient en force dans les processus d’innovation au sein de l’entreprise. Pour toute organisation, la SOA constitue à cet égard un pas décisif dans la bonne direction à condition de ne pas en faire une simple question de technologie. Bien sûr, les défis technologiques sont importants à relever, mais l’apport essentiel de la SOA se situe ailleurs : une prise en compte globale de la façon dont l’informatique peut devenir l’élément clé du succès de toute stratégie d’entreprise. SOA for Profit dévoile la nature de la SOA et illustre la valeur ajoutée qu’elle apporte. Cet ouvrage pratique et pragmatique rend les modèles et les concepts de la SOA intelligibles grâce à une approche clé en main directement applicable avec profit à vos projets. Il met en avant l'importance de la gouvernance et de l'architecture informatiques et démontre qu'une vision élargie de la SOA est essentielle pour en tirer tous les bénéfices possibles. Ce livre raccroche l'informatique au management grâce à des outils et à un langage communs qui rendent possible le dialogue stratégique que l'on retrouve à la base de toute informatique orientée métiers. Écrit par une équipe d'auteurs de Sogeti et d'IBM, SOA for Profit est un livre concret, tiré d'une longue expérience d'entreprises et de projets bien réels. SOA for Profit Yves Caseau Bouygues Telecom SOA for Profit for Profit Avec les contributions de Per Björkegren Sogeti Suède • Jean-Marc Gaultier Sogeti USA • Lon Holden IBM Software Group USA • Manuel de Juan Sogeti Espagne • Tim Koomen Sogeti Pays-Bas • Craig Mayer Sogeti USA • Philippe Ravix Sogeti France • Bruno Rizzi Sogeti France • Gonzalo Rodriguez Sogeti Espagne • Guillaume Schott Sogeti Belux • Gerard Smit IBM Pays-Bas • Michiel Vroon Sogeti Pays-Bas Van den Berg Van Ommeren (dir.) Bieberstein Ce livre est sans conteste le meilleur livre que j’aie lu sur la SOA. C’est un livre concret, qui traite et relie les différents aspects de cette approche SOA, depuis la stratégie et les enjeux métiers jusqu’à la conduite du changement et des rôles des collaborateurs. Les chapitres sur la gouvernance et sur préparation sont eux aussi les meilleures contributions que je connaisse sur ces sujets, avec un équilibre entre l’explication (en donnant du sens) et l’application (en restant concret et synthétique). Contribution majeure qui devrait être lue par tous les managers non-informaticiens, ce livre permet de comprendre pourquoi la SOA est fondamentalement adaptée aux mutations des entreprises d’aujourd’hui à condition de faire profondément évoluer leur façon de travailler. Le style est franc et direct, avec une pointe d’humour, ce qui en fait une lecture agréable. Guide du manager pour une Architecture Orientée Services réussie
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