Expectoration provoquée en vue d`un diagnostic microbiologique de
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Expectoration provoquée en vue d`un diagnostic microbiologique de
INT J TUBERC LUNG DIS 15(9):1185–1190 © 2011 The Union Expectoration provoquée en vue d’un diagnostic microbiologique de la tuberculose pulmonaire infantile dans un contexte de collectivité H. A. Moore,*† P. Apolles,‡ P. J. T. de Villiers,† H. J. Zar‡ * Kuyasa Clinic, Khayelitsha, Cape Town, † Division of Family Medicine and Primary Care, Stellenbosch University, Cape Town, ‡ Department of Paediatrics and Child Health, Red Cross War Memorial Children’s Hospital, University of Cape Town, Cape Town, Afrique du Sud RÉSUMÉ L’expectoration provoquée a permis de plus en plus de confirmations microbiologiques de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les enfants hospitalisés, mais n’a pas fait l’objet d’une évaluation dans le contexte d’une collectivité. O B J E C T I F : Investiguer le rendement, la faisabilité et la sécurité de l’expectoration provoquée pour le diagnostic de la TB pédiatrique dans un service de soins de santé primaires. S C H É M A : On a mené une enquête prospective dans un dispensaire de soins de santé primaires en Afrique du Sud entre avril 2007 et juin 2009. On a enrôlé les enfants consécutifs avec suspicion de TBP ou avec contact avec un sujet adulte atteint de TBP dans le ménage ou encore infectés par le virus de l’immunodéficience humaine et présentant des symptômes respiratoires. L’anamnèse et l’examen clinique, les tests cutanés tuberculiniques et les clichés thoraciques ont été enregistrés. On a obtenu deux échantillons séquentiels d’expectoration provoquée en vue d’un frottis et d’une culture. R É S U LTAT S : On a enrôlé 270 enfants (âge médian 38 mois) ; l’expectoration provoquée a été couronnée de succès chez 269 d’entre eux (99%). Le diagnostic a été porté sur le plan clinique chez 65 enfants (24%), parmi lesquels 11 (16,9%) ont été confirmés par l’examen microbiologique. Chez 18 enfants de plus sans diagnostic clinique, la confirmation microbiologique de la TBP a été obtenue et le traitement TB a été mis en route ultérieurement, ce qui a augmenté le rendement diagnostique de 21,6%, en passant de 65 à 83 cas. Les techniques d’expectoration provoquée ont été bien tolérées. On n’a observé aucun effet indésirable majeur. C O N C L U S I O N : L’expectoration provoquée est réalisable et sans risque dans un contexte de collectivité. L’expectoration provoquée a montré son utilité pour un diagnostic microbiologique en augmentant le nombre d’enfants chez qui la TBP a été diagnostiquée et traitée. M O T S - C L É S : tuberculose ; enfants ; expectoration provoquée ; VIH ; soins de santé primaires CONTEXTE : LE FARDEAU de la tuberculose pulmonaire (TBP) infantile a été sous-estimé en partie en raison des difficultés d’obtention d’une confirmation microbiologique de la maladie. Néanmoins, les estimations actuelles considèrent que la tuberculose (TB) infantile représente une large proportion de l’ensemble des cas de TB, particulièrement dans les zones à fardeau élevé où l’on estime que les enfants représentent jusqu’à 15 à 20% des cas.1–4 En 2005, c’est dans la province du Western Cape d’Afrique du Sud que se situe au niveau mondial un des taux d’incidence de la TB les plus élevés, soit 1.037 pour 100.000 habitants.5 Dans cette région, l’estimation de l’incidence de la TB chez les enfants est de 441/100.000 par an, représentant près de la moitié de l’ensemble des cas.6 L’incidence de la TB a augmenté de manière exponentielle avec l’épidémie du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).7,8 Les enfants infectés par le VIH sont plus susceptibles de développer une TB en raison de l’immunosuppression, d’une exposition plus importante à la maladie due à Mycobacterium tuberculosis chez les membres de leur famille et en raison de la coexistence de la pauvreté et de la malnutrition.9,10 Le diagnostic de la TB pédiatrique dans le contexte du VIH peut constituer un défi particulier.11 Les signes cliniques et les observations radiologiques sont fréquemment non spécifiques12,13 et l’anergie au test cutané tuberculinique (TCT) est courante.10 Toutefois, un diagnostic précoce et précis est essentiel en raison du fait que les enfants infectés par le VIH encourent le risque d’une maladie plus grave disséminée, Auteur pour correspondance : H A Moore, Kuyasa Clinic, Khayelitsha, 12 Park Road, Rondebosch 7700, Afrique du Sud. Tel/Fax : (+27) 21 686 8962. e-mail : [email protected] [Traduction de l’article : « Sputum induction for microbiological diagnosis of childhood pulmonary tuberculosis in a community setting » Int J Tuberc Lung Dis 2011; 15: 1185–1190. http://dx.doi.org/10.5588/ijtld.10.0681] 2 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease d’une morbidité et d’une mortalité plus importantes.9 En outre, la TB entraîne une réplication accrue du virus VIH et une progression plus rapide de l’infection VIH.9 La conformation d’un diagnostic par l’examen microbiologique a pris une importance croissante dans le contexte de l’émergence de la TB à germes multirésistants (MDR) et la TB à germes ultrarésistants (XDR).14 Le but de la présente étude est d’investiguer le rendement, la sécurité et la faisabilité de l’expectoration provoquée pour le diagnostic microbiologique de la TBP chez les enfants dans un service de soins de santé primaires. MATÉRIELS ET MÉTHODES On a mené une étude prospective à la Clinique Kuyasa, une policlinique de soins de santé primaires, tenue par des infirmières à Khayelitsha, Cape Town, Afrique du Sud, entre mars 2007 et juin 2009, inclus. Khayelitsha est une zone endémique de TB. La policlinique a un important service de pédiatrie et 21% de l’ensemble des enfants vus à Khayelitsha (22.006/ 102.796) y sont vus en consultation. Les services TB pédiatrique et VIH sont intégrés. Ont été considérés comme éligibles pour l’enrôlement de manière consécutive les enfants âgés de 1 mois à 13 ans, suspects de TB, ayant un sujet-contact adulte atteint de TB dans le ménage ou récemment diagnostiqués comme infec- tés par le VIH avec symptômes respiratoires. Les critères d’inclusion ont comporté les symptômes suggestifs de TBP (toux pendant plus de 14 jours et un des symptômes suivants : perte de poids, retard de développement, TCT positif ou absence de réponse à un traitement antibiotique standard), ainsi que l’existence dans le ménage d’un adulte-contact TB positif ou encore les enfants où la séropositivité pour le VIH a été constatée récemment et souffrant de symptômes respiratoires. Les critères d’exclusion ont été les suivants : un âge <1 mois, un asthme grave ou mal contrôlé, les sujets exigeant un transfert à l’hôpital ou l’incapacité d’obtention d’un consentement éclairé. L’étude a été approuvée par les Comités de Recherche et d’Ethique de la Faculté des Sciences de santé à l’Université Stellenbosch et à l’Université de Cape Town. Un consentement éclairé écrit (en anglais ou en Xhosa) a été obtenu de la part d’un parent ou d’un gardien légal. Les enfants âgés de plus de 7 ans ont également donné un consentement écrit. L’anamnèse et les examens cliniques ont été réalisés et on a donné un score à chaque enfant en fonction du système de scores d’Afrique du Sud pour le diagnostic de la TB chez les enfants (Figure).15 Un test cutané tuberculinique (2 unités de tuberculine [TU] sous forme de purified protein derivative RT/23, (Statens Serum Institut, Denmark ; Biovac SA, Pinelands, South Africa) a été réalisé à l’avant-bras gauche et lu après 48 heures en mesurant le diamètre transversal Figure Système de score Sud-Africain pour la TB chez les enfants. Un score ⩾7 indique une importante probabilité de TB. TB = tuberculose ; SNC = système nerveux central ; LCR = liquide céphalo-rachidien. Expectoration provoquée et soins de santé primaires de l’induration. Des réactions ⩾10 mm (ou ⩾5 mm chez les enfants infectés par le VIH) ont été considérées comme positives. Un cliché thoracique (CXR) de face et de profil a été réalisé lorsqu’il était indiqué sur le plan clinique et il a été revu à l’insu par un médecin expérimenté qui a classé les observations comme TB probable, TB possible ou pas de TB. Les clichés thoraciques douteux ont été réévalués par un radiologue spécialisé en pédiatrie. Un diagnostic clinique de TB probable, possible ou inexistante a été porté par le clinicien sur la base de la combinaison de ces observations, y compris l’anamnèse, les symptômes cliniques, les résultats du test cutané tuberculinique et le cliché thoracique. On a offert à l’ensemble des pourvoyeurs de soins de pratiquer un test VIH (Rapid test First Response HIV Card Test 1.2.0, PMC Medical, Mumbai, Inde ; Sensa® HIV 1/2/0 Tri-Line, Seyama Solutions, Durban, South Africa) ou une réaction de polymérase en chaîne chez les enfants âgés de <18 mois complétés par un accompagnement pré- et post-test lorsque le statut VIH était inconnu. Expectoration provoquée L’expectoration provoquée a été menée par une infirmière, un médecin ou un physiothérapeute entraînés selon un protocole standard16 dans une chambre bien ventilée. Les enfants n’avaient ni bu, ni mangé pendant 2 à 3 heures avant le processus. On a suivi l’oxymétrie de pouls avant, pendant et après le processus. Pour minimiser le risque de bronchospasme, on a administré aux enfants à l’avance 200 μg de salbutamol via un aérosoliseur à dose fixe relié à un espaceur (Aerochamber, Trudell Medical, London, ON, Canada). On a nébulisé 5 ml de solution saline hypertonique à 5% (Infant Nebuliser Mask, type 3306105, Nantong Jiexi Electric, Nantong, China) relié à une source d’oxygène au débit de 4 à 8 l/min pendant 10 à 15 minutes. On a encouragé les enfants âgés de 4 ans ou davantage à tousser et à expectorer dans un récipient pour crachats. Chez les enfants plus jeunes, on a obtenu un échantillon de crachats en aspirant le naso-pharynx au moyen d’un cathéter de taille 7 ou 8 relié à un collecteur de mucus (Mucus Extractor FG5, Roynhardt, Johannesburg, Afrique du Sud). On a prélevé deux échantillons de crachats, de préférence sur deux jours consécutifs. Lorsque l’enfant ne pouvait pas revenir le deuxième jour, deux échantillons ont été prélevés le même jour, à un intervalle d’au moins 4 heures. Après le processus, on a maintenu l’enfant en observation à la policlinique pendant 30 minutes. La personne exécutant le processus a donné un score sur la facilité du processus de provocation des crachats sur une échelle de 1 à 5 selon Likert (1 étant le plus facile).17 Diagnostic microbiologique Les échantillons de crachats ont été transportés au Service National de Laboratoire de Santé (NHLS) à 3 Cape Town le même jour ou conservés pendant une nuit au réfrigérateur et transportés le lendemain pour examen microscopique du frottis, culture et tests de sensibilité. Pour la préparation des échantillons directs, on a utilisé une méthode de concentration à l’hypochlorite de soude. Les frottis ont été colorés ensuite à l’auramine-O.18 Les frottis ont été lus au microscope à fluorescence. La culture a été réalisée au moyen du système de culture Mycobacteria Growth Indicator Tube (MGIT) et les tests de sensibilité ont été réalisés en fonction des protocoles standard du laboratoire de Western Cape (milieux avec pentes de 7H11 de Middlebrook, méthode indirecte des proportions).18 On a considéré comme confirmation microbiologique un frottis positif pour les bacilles acido-résistants ou la présence de M. tuberculosis à la culture. Suivi et traitement On a réalisé le suivi des résultats du TCT, du CXR et des crachats après 48 et 72 heures et à intervalles durant les 6 semaines suivantes pour suivre les résultats des cultures. Après un diagnostic de TB, les patients ont été traités et suivis selon les directives standards nationales. Taille de l’échantillon L’échantillon de l’étude était un échantillon de commodité basé sur le nombre d’enfants vus à la clinique et sur les ressources disponibles. En se fondant sur les études antérieures, nous avons prévu un rendement de confirmation microbiologique de 10 à 20%.19 Nous visions donc à une taille d’échantillon de 250 enfants qui se traduirait par environ 25 à 50 enfants atteints de TB avec confirmation microbiologique. Analyse statistique On a utilisé pour l’analyse statistique le logiciel d’analyses de données STATISTICA, version 9.0 (StatSoft, 2009 ; http://www.statsoft.com). Nous avons inclus les moyennes et les déviations standards pour les données à distribution normale, les médianes et les extrêmes interquartiles (IQR) pour les données sans distribution normale et les tables de fréquence dans un objectif descriptif. Pour la comparaison des mesures continues à distribution normale entre différents groupes, on a pratiqué une analyse de variance à critère unique et pour la comparaison des variables catégorielles entre groupes, une tabulation croisée avec le test χ2. RÉSULTATS On a réussi à provoquer l’expectoration chez 268 des 270 enfants enrôlés (99% ; Tableau 1). L’âge médian des enfants a été de 38 mois (IQR 19–61) ; 45% étaient de sexe masculin (Tableau 1). L’âge de l’enfant le plus jeune chez qui l’expectoration provoquée a été couronnée de succès a été de 3 mois et celui du 4 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease Tableau 1 Description des patients et des processus Patient et description de l’échantillon Total des enfants évalués, n Total des enfants enrôlés Enfants avec test d’expectoration provoquée réussi Total des tests d’expectoration provoquée pratiqués et réussis Premier test Deuxième test Cultures positives pour M. tuberculosis Enfants avec cultures positives Echantillons avec frottis positifs Enfants avec échantillons à frottis positifs Démographie Groupe d’âge, années <1 1–4 5–9 10–13 Sexe masculin Statut VIH VIH séropositif VIH séronégatif Non testé n (%) 298 270 (91) 269 (99) 490 268 (99) 222 (82) 15 (3,3) 12 (4,5) 17 (3,5) 17 (6,3) Tous les enfants n (%) Enfants avec crachats positifs pour TB n (%) 49 (18) 153 (57) 62 (23) 6 (2) 122 (45) 7 (24) 13 (45) 6 (21) 3 (10) 12 (41) 48 (18) 129 (48) 93 (34) 7 (24) 15 (52) 7 (24) TB = tuberculose ; VIH = virus de l’immunodéficience humaine. plus âgé de 13 ans. Sur les 184 enfants (68%) ayant eu un contact avec un adulte TB, 81 (44%) de ces adultes étaient connus comme ayant un examen microscopique des crachats positif. Dix-huit pour cent des enfants étaient infectés par le VIH et parmi ceuxci, 26/48 (55%) étaient en cours de traitement antirétroviral et 41/48 (85,4%) étaient sous prophylaxie au cotrimoxazole (Tableau 1). La toux et la perte de poids ont été les plaintes les plus courantes justifiant la consultation ; (Tableau 2). La sous-nutrition, mesurée par le poids et la taille pour l’âge, a été fréquente (Tableau 2). Expectoration provoquée Sur les 496 tests d’expectoration provoquée réalisés chez 270 enfants, 266 échantillons (60%) ont été obtenus par la toux dans un flacon et 200 (40%) obtenus par succion à la suite d’une nébulisation. On a obtenu des résultats dans 269 cas, les échantillons d’un cas ayant été perdus lors du transport. L’ensemble des effets collatéraux ont été bénins (Tableau 3). L’aspiration a entraîné un saignement bénin du nez dans 15% des cas. Un sifflement léger est apparu chez trois enfants (0,6%) et a disparu sans bronchodilatateur. La saturation moyenne en oxygène avant, pendant et après le processus a dépassé 95% dans tous les cas sauf dans six cas chez lesquels on a noté une désaturation transitoire à moins de 85% avec un retour rapide à la normale. Au moyen d’une échelle de Likert, la plupart des procédures (413/452, Tableau 2 Signes et symptômes présents chez les enfants dans l’étude n (%) Signes et symptômes Toux Perte de poids Fatigue Fièvre Sueurs nocturnes Poids pour l’âge z-score [IQR] Taille pour l’âge z-score [IQR] Tests Mantoux ⩾10 mm, VIH-négatif ⩾5 mm, VIH-positif CXR TB probable TB possible Pas de TB Système de score clinique ⩾7 Saturation de base en oxygène [QR] 215 (80) 143 (53) 84 (31) 108 (40) 141 (52) −0,92 [−1,73– −0,09] −0,82 [−1,87– −0,21] 50/102 (49) 12/32 (38) 37/169 (22) 57/169 (34) 75/169 (44) 55/256 98 [96–100] IQR = limites interquartiles ; VIH = virus de l’immunodéficience humaine ; CXR = cliché thoracique. 91%) ont été classées comme très faciles ou faciles à exécuter par la personne ayant réalisé le test. Diagnostic de TB Un diagnostic de TB probable reposant sur les observations cliniques et radiologiques a été porté chez 65 des 270 enfants (24%) et celui de TB possible chez 13 des 270 enfants (5%). Au moyen d’un système de score clinique,5 le score de 55/256 enfants (21%) a été ⩾7, suggestif de TB. Diagnostic microbiologique Sur les 270 enfants ayant subi une expectoration provoquée, l’examen microbiologique a été positif chez 29 (10,7% ; 12 cultures positives et 7 frottis positifs ; Tableau 4). Sur les 65 enfants dont le diagnostic clinique était celui de TB probable, 11 (16,9%) ont été confirmés par l’examen microbiologique. En outre, le diagnostic a été porté chez 18 enfants de plus au moyen de l’expectoration provoquée et non par l’examen clinique ; ce qui représente un rendement diagnostique supplémentaire de 21,6%. Tous les isolats de M. tuberculosis étaient sensibles aux médicaments. Sept des 29 enfants à crachats positifs (24%) étaient infectés par le VIH, 14 (48%) non-infectés et Tableau 3 Effets collatéraux de l’expectoration provoquée Effets collatéraux Saignement du nez Vomissements Augmentation de la toux Sifflements Première Deuxième expectoration expectoration provoquée provoquée Total (n = 270) (n = 270) (n = 270) n (%) n (%) n (%) 37 (14) 6 (2) 16 (6) 0 38 (17) 5 (2) 14 (6) 3 (1) 75 (15) 11 (2) 30 (6) 3 (0,6) Expectoration provoquée et soins de santé primaires Tableau 4 Résultats microbiologiques positifs chez 270 enfants ayant subi l’expectoration provoquée* Patients (n = 270) Premier échantillon Deuxième échantillon Rendement cumulatif (n = 268) (n = 258) (n = 222) (n = 198) Frottis positif n (%) Culture positif Total n (%) positif 10 (4) 19 9 (3) 7 (3) 17 13 6 (3) 12† * Total des tests = 496 ; total des tests positifs = 32/496 (6,5%) ; total des patients positifs = 29/268 (10,8%). † La culture a été positive à deux reprises chez 3 patients. chez huit, le statut du VIH était inconnu. Des sept enfants infectés par le VIH, cinq ont été positifs à la culture (deux ont été mis sous traitement en se basant sur le diagnostic clinique et les trois autres après les résultats de la culture) ; le frottis a été positif chez deux enfants (un a commencé le traitement après le diagnostic clinique, mais le deuxième n’a commencé le traitement qu’après le diagnostic microbiologique). Des 17 résultats à frottis positif, deux cultures n’ont pas été demandées et un échantillon a été contaminé en sorte que la culture n’a pas été exécutée. Pour l’ensemble des 14 résultats restants à l’exception d’un, il y a eu un long délai entre le moment du recueil de l’échantillon et sa réception au laboratoire (en moyenne 42 heures), ce qui peut expliquer la négativité des cultures chez des enfants à frottis positif. Le frottis n’a été positif chez aucun des enfants à culture positive. Un deuxième test d’expectoration provoquée a augmenté de 10 cas le rendement du diagnostic de 10 cas, c’est-à-dire une augmentation supplémentaire de rendement de 34%, passant de 19 à 29 cas. Cette augmentation a été plus marquée chez les enfants infectés par le VIH, chez qui un deuxième échantillon a augmenté le rendement de 57%, en passant de trois à sept cas. DISCUSSION Cette étude est la première ayant démontré qu’une confirmation microbiologique de la TB au moyen d’une expectoration provoquée est réalisable, sûre et effective chez les enfants dans un contexte de soins primaires. La confirmation microbiologique a permis le traitement de presque un quart d’enfants de plus par rapport à ce qui se serait produit sur la base des seuls examens cliniques. De plus, la confirmation microbiologique a montré la présence de M. tuberculosis sensible aux médicaments dans tous les cas, ce qui a permis d’administrer un traitement approprié. L’expectoration provoquée a été bien tolérée, sûre et de pratique aisée. Il y a lieu de recommander de prélever deux échantillons, puisque le rendement d’un deuxième échantillon a augmenté de près d’un tiers le nombre des cas confirmés. 5 Le diagnostic de la TB peut être difficile chez les enfants, particulièrement chez les très jeunes enfants, en cas de malnutrition et en cas de dépression immunitaire en raison des signes cliniques ou radiologiques non spécifiques.10 Le diagnostic clinique repose habituellement sur une combinaison des symptômes cliniques, du test cutané tuberculinique, du cliché thoracique et des antécédents de contact avec un cas-index adulte. Les modifications radiologiques peuvent ne pas être fiables car on a observé de larges variations inter- et intra-observateurs dans les interprétations des clichés thoraciques.20,21 Bien que le test cutané tuberculinique puisse être utile, il signe une infection tuberculeuse et non la maladie. En outre, les résultats faussement négatifs peuvent survenir à la suite d’une anergie chez des enfants en état d’immunodépression ou de malnutrition.10 En dépit de l’utilisation couronnée de succès de l’expectoration provoquée pour le diagnostic de TBP chez les enfants hospitalisés,19 on n’ a pas noté dans les études la valeur et la faisabilité de l’exécution d’une expectoration provoquée dans un contexte de soins de santé primaires où se situent la plupart des enfants atteints de TB. La région où la présente étude a été menée connait une des charges de cas de TB les plus élevées au niveau mondial. Toutefois, avant l’étude, le diagnostic microbiologique chez les enfants n’y était pas possible. Cette région connait aussi un taux élevé de prévalence du VIH, ce qui rend encore plus difficile le diagnostic de TB chez les enfants infectés par le VIH. En outre, l’incidence croissante des TB à germes résistants aux médicaments fait de la confirmation microbiologique une priorité d’importance croissante chez les enfants. On a obtenu des crachats chez presque tous les enfants, y compris les enfants en bas âge. Finalement, en cohérence avec les études antérieures, on n’a observé aucun effet indésirable sérieux au cours de près de 500 procédures. Les problèmes opérationnels et logistiques peuvent freiner la mise en œuvre de l’expectoration provoquée dans les services de soins primaires pour enfants. Les obstacles principaux sont les contraintes de temps d’un personnel très occupé, le manque d’aptitude technique pour cette procédure, les contraintes de lieux et les soucis concernant la transmission nosocomiale. Toutefois, cette procédure a été classée comme facile ou très facile à exécuter dans plus de 90% des cas après une courte période de formation. Le risque de transmission nosocomiale est relativement faible chez les enfants, mais il y a lieu de prendre des précautions pour prévenir la dispersion nosocomiale, notamment l’exécution de la procédure dans une chambre bien ventilée ou à l’extérieur et l’utilisation d’un masque protecteur. Le transfert des échantillons en temps utile vers un laboratoire ou leur traitement sur site sont indispensables. Le délai du transfert des échantillons vers le laboratoire ou la conservation pendant une nuit sont probablement responsables des échantillons à frottis positifs mais à cultures négatives, 6 The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease puisque les bacilles peuvent n’être pas restés viables pour la culture. Le développement futur de tests moléculaires rapides pouvant être pratiqués sur site est prometteur et peut renforcer les possibilités de diagnostic de la TB chez les enfants dans des contextes de soins primaires. La valeur de cette étude est limitée par la petite taille des sous-groupes de l’échantillon. Il n’a donc pas été possible de comparer le rendement chez les enfants infectés par le VIH avec celui des non-infectés, ni d’étudier ce rendement en fonction des antécédents de contacts TB, ou en fonction de l’étendue de la maladie en matière clinique et radiologique. Des études plus importantes pourraient aider à délimiter un groupe de patients chez lesquels l’expectoration provoquée pourrait être d’un intérêt particulier. De plus, en raison des contraintes de ressources, seules les méthodes microbiologiques standard ont été utilisées. Des études ultérieures devraient s’intéresser au rendement provenant de tests complémentaires comme les techniques moléculaires ou les méthodes améliorées de culture. Le diagnostic microbiologique recourant aux crachats a été le standard de soins pour les adultes suspects de TB dans le contexte des soins primaires et a obtenu des rendements allant de 10% à 19%. Cette étude a montré que le rendement de l’expectoration provoquée est similaire à celui signalé chez les adultes, qu’il améliore le rendement diagnostique et a son impact sur le traitement. Un élargissement de la mise en œuvre de l’expectoration provoquée pour le diagnostic de la TBP chez les enfants devrait être réalisé dans des contextes de soins primaires. Remerciements Les auteurs remercient les autorités de santé de la ville de Cape Town qui leur ont fourni l’équipement de base, les consommables et pris en charge les coûts du laboratoire au sein de leur programme de TB. Le financement a été assuré par la Harry Crossley Foundation et par la Division of Family Medicine, Stellenbosch University. Les financeurs de l’étude n’ont eu aucun rôle dans le schéma de l’étude, le recueil des données, l’analyse des données ou la rédaction de l’article. Références 1 Zar H J, Connell T G, Nicol M. Diagnosis of pulmonary tuberculosis in children: new advances. 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