Feuille d`information trimestrielle de littérature comparée
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Feuille d`information trimestrielle de littérature comparée
SOCIETE FRANÇAISE DE LITTERATURE GENERALE ET COMPAREE Siège social : Université Paris-III Bibliothèque de littérature générale et comparée 17, rue de la Sorbonne – 75230 PARIS Cedex 05 Feuille d’information trimestrielle de littérature comparée N° 48 – SEPTEMBRE 2011 Sommaire FIT Informations pratiques ............................................................................................. 3 In memoriam .............................................................................................................. 5 XXe Congrès de l’AILC – Paris 2013………………………………………………9 Appels à contributions............................................................................................ 15 Colloques – Congrès - Séminaires ......................................................................... 37 Publications comparatistes..................................................................................... 49 2 Informations pratiques Marius-François GUYARD, auteur du premier « Que sais-je ? » (n° 499) paru en 1951 consacré à la Littérature comparée, s’est éteint le 5 mai dernier dans sa 91e année. Lire « In memoriam » p. 5. Une cérémonie à sa mémoire aura lieu samedi 1er octobre 2011 à partir de 9 heures, Salle des Actes de la Sorbonne (avec les communications de Jean Mesnard, Dominique Millet-Gérard, Pierre-Louis Rey, Pierre Brunel et Yves Chevrel). Agrégation Un courriel de Véronique Gély, vice-présidente de la SFLGC chargée de l’enseignement, informait courant mai les membres de la SFLGC d’un changement important de calendrier : les propositions de programme pour l’agrégation des lettres 2013 devront cette année être transmises aux présidents de jurys le 7 octobre 2011. - - La réunion de concertation pour le nouveau programme de comparée (Agrégation 2013) a donc été avancée au vendredi 23 septembre, 16h (traditionnellement, elle se déroulait en janvier), en Sorbonne (Paris IV), Galerie Claude Bernard, salle D 690, selon les modalités habituelles : réunion réservée aux membres de la SFLGC qui ne sont pas susceptibles de se présenter au concours de l’agérgation. Que ceux qui veulent bien proposer une question d’ensemble envoient leur proposition par courriel à Véronique Gély ([email protected]) avant le 10 septembre 2011. Quant à la journée d'agrégation sur le programme "Fictions du savoir, savoirs de la fiction" , elle aura lieu le samedi 24 septembre, de 10h à 16h, en Sorbonne (Paris IV), Galerie Claude Bernard, salle D 690 ; les interventions suivantes sont programmées : Anne-Gaëlle WEBER: problématique générale Denise BLONDEAU: sur Goethe Philippe JAWORSKI: sur Melville Yvan LECLERC: sur Flaubert NB : L'édition de Mardi de Melville d'abord proposée est épuisée, et remplacée par une nouvelle édition dans la même collection "Folio", 3 commentée et préfacée par Philippe Jaworski. Georges Zaragoza, président du jury de l'agrégation externe des lettres modernes, va faire publier au Bulletin Officiel un rectificatif donnant cette nouvelle édition comme référence. Pour adhérer à la SFLGC ou renouveler votre cotisation pour l’année 2011, et bientôt 2012 : Envoyez un chèque à l’ordre de la SFLGC, à Lise Wajeman, 17 rue Henri Chevreau, 75020 Paris. [email protected] 2 tarifs : − 30 euros pour les doctorants − 40 euros pour tous les autres N’oubliez pas de mentionner, dans votre courrier, votre adresse postale ainsi que votre adresse électronique. Le dernier numéro de la collection “Poétiques comparatistes” vous parviendra à l’automne 2011. Rappel concernant le circuit des informations au sein de la SFLGC - Les programmes de colloques et journées d’études doivent être envoyés à Vincent Ferré ([email protected]) pour être mis en ligne sur le site de la SFLGC. - Les appels à communications, les avis de soutenance et de publications sont à adresser sous word à Anne Ducrey ([email protected]) qui les insèrera dans la FIT et les transmettra dès réception à Vincent Ferré. Bien entendu, des informations ponctuelles, autres que celles citées ci-dessus, intéressant tous les comparatistes, peuvent faire l’objet d’un envoi électronique en dehors de la FIT et du site. Auquel cas, veuillez les envoyer à Anne Ducrey ([email protected]). 4 In memoriam Marius-François GUYARD (1921-2011) Né le 18 mars 1921 à Paris, Marius-François Guyard s’y est éteint le 5 mai 2011, peu de temps après avoir fêté son quatre-vingt dixième anniversaire. Il était depuis deux ans environ, avec Mme Guyard (qui y est décédée à son tour le 31 mai), dans une maison de retraite au pied de la butte Montmartre, tout près de son domicile, avenue Trudaine. C’est dans ce bel immeuble familial qu’il m’avait reçu, en 1963, alors que, jeune agrégé de lettres, j’étais à la recherche d’un sujet de thèse. Il avait fait preuve de cette courtoisie, de cette générosité qui le caractérisaient, ainsi qu’une droiture exemplaire qui a toujours fait mon admiration. Au sujet vaste que me proposait Charles Dédéyan, mon directeur de recherche, des « Orientations européennes chez Claudel » sur le modèle du livre de Fernand Baldensperger, Orientations européennes chez Balzac (Champion, Bibliothèque de littérature comparée, 1927), il me suggéra de substituer un sujet plus précis, Orientation britannique chez Paul Claudel. L’auteur étudié lui était cher, et cette orientation avait aussi été la sienne. Charles Dédéyan, avec lequel il entretenait une relation de confiance et d’amitié, se laissa aisément convaincre. Et ce titre fut celui de la thèse principale pour le doctorat d’Etat que je soutins dans l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, en mars 1970, devant un jury constitué de Charles Dédéyan, de Marius-François Guyard, du grand claudélien Jacques Petit, de Jean Bourrilly et présidé par Marie-Jeanne Durry, qui avait dirigé ma thèse complémentaire, une édition critique et commentée de la première version de L’Echange, le drame « américain » de Claudel. Au cours des mois précédents, Marius-François Guyard, alors recteur de l’Académie d’Amiens où j’enseignais la littérature comparée dans la toute récente université de Picardie, m’avait reçu à maintes reprises, en me donnant des conseils, en particulier des indications techniques, qui me furent très utiles. Comparatiste, Marius-François Guyard l’était dès l’origine. Elève à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, - où il avait été reçu premier en 1942 -, agrégé de lettres, il avait une formation classique et resta toujours attaché aux langues anciennes. Mais sa parfaite connaissance de la langue anglaise, affinée encore par un séjour de deux ans à Edimbourg comme assistant (1947-1949), lui avait donné le goût de cette discipline encore neuve, la littérature comparée, qui conciliait la culture classique, formation de base indispensable, et la curiosité moderne. 5 Après avoir publié un livre sur le romancier anglais Charles Morgan en 1947, Marius-François Guyard entreprit, sous la direction de Jean-Marie Carré, une thèse principale pour le doctorat d’Etat, La Grande-Bretagne dans le roman français, qui fut publiée et soutenue à la Sorbonne en 1954. De 1949 (date de l’élection de Charles Dédéyan à la Sorbonne) à 1954, il avait enseigné comme assistant, puis comme chargé d’enseignement à la Faculté des lettres de Paris, dans cet Institut de littératures comparées où un peu plus de dix ans plus tard j’allais faire mes débuts, comme étudiant puis comme assistant, institut fondé par Fernand Baldensperger en 1931, dirigé depuis 1935 par son successeur Jean-Marie Carré et dont Charles Dédéyan allait devenir à son tour le directeur en 1955. A cette date, MariusFrançois Guyard était passé de Paris à Nancy, où il exerça, pendant un an seulement, les fonctions de maître de conférences. Qu’il y ait eu pour ce comparatiste si convaincu et si actif une petite déception, on croit le deviner et il s’exprima devant moi sans réserve aucune quand je le revis pour la dernière fois l’hiver dernier, lors de ma longue et émouvante visite dans la maison de retraite montmartoise. Il me parla alors, comme il ne l’avait jamais fait devant moi, des fondateurs de la discipline au XXe siècle, des organisations internationales au sein desquelles il avait joué un rôle très actif avant de prendre ses distances, de la difficile succession de Jean-Marie Carré. Le goût de l’étranger demeurait en lui intact, et la suite de sa carrière le prouve. Alors qu’il avait été dès sa sortie de l’Ecole Normale chargé de mission au Ministère des Affaires étrangères, en 1946, il partit en 1955 pour Athènes où, pendant deux ans, il dirigea la section française de l’Université. De 1963 à 1965 il fut Conseiller culturel à l’ambassade de France à Londres. Entre temps il avait été professeur à l’Université de Strasbourg, mais il s’orientait progressivement vers l’enseignement de la littérature française. La « crise de la littérature comparée » en 1958, née de la confrontation entre comparatisme français et comparatisme américain au Congrès de l’Association internationale de littérature comparée à Chapel Hill, n’est sans doute pas étrangère à cette orientation. Mais surtout les travaux personnels de Marius-François Guyard portaient de plus en plus sur de grands écrivains français : Lamartine, auquel il avait déjà consacré un livre en 1956 et dont il allait être l’éditeur, dans la Bibliothèque de la Pléiade, en 1963, avant d’être dans la même collection, en 1996, l’éditeur des Antimémoires et des Noyers de l’Altenburg, de Malraux ainsi que des Mémoires du général de Gaulle, Victor Hugo, avec une édition des Misérables, Claudel, auquel il allait consacrer entre autres un volume important (Recherches claudéliennes, Klincksieck, 1963) et une édition exemplaire des Cinq grandes Odes dans la collection de l’Imprimerie Nationale dirigée par Pierre-Georges Castex (1990). Claudel nous permettait de nous retrouver, au-delà du comparatisme, mais aussi la Sorbonne, au fil de ses transformations. Il venait d’être nommé professeur de littérature française à la Faculté des lettres de 6 l’Université de Paris (dite « l’ancienne Sorbonne ») quand j’y fus recruté comme assistant, à la rentrée d’octobre 1965. Et c’est sous sa houlette que je participai aux enseignements, alors tout nouveaux, pour les lettres modernes, en particulier dans le cadre des enseignements de premier cycle remodelés par la réforme Foucher et gérés, du côté comparatiste, dans le cadre du Centre Censier alors tout neuf, par Jacques Voisine, son collègue et ami. Après ses trois grandes missions rectorales (Montpellier 1967-1969, Amiens (1969-1970), où il succéda à Robert Mallet, Strasbourg (1970-1976), Lyon (1976-1980), il revint en Sorbonne, sans amertume, pour y redevenir professeur de littérature française et comme si entre temps rien ne s’était produit. Ni les fonctions administratives, ni la multiplication des universités parisiennes (il choisit, comme Charles Dédéyan et moi-même Paris-Sorbonne Paris IV) ne le gênèrent pour exercer avec la même foi et la même rigueur, et dans une plénitude absolue, les tâches de professeur et de directeur de recherches. Quand, succédant à Jean Mesnard, je devins en 1982 directeur de l’UER (puis UFR) de littérature française, il m’encouragea à la transformer en UFR de littérature française et comparée, - ce qu’elle est encore aujourd’hui. Quant vint l’âge de la retraite, francisants et comparatistes s’unirent pour lui offrir, en 1992, un volume d’hommage, réunissant plusieurs de ses propres textes, D’un Romantisme l’autre, dans la collection que j’avais fondée aux Presses Universitaires de Paris-Sorbonne, le tome IV des Recherches actuelles en littérature comparée. On trouvera dans ce volume de 310 pages, encore disponible, qui s’ouvre sur une très belle photographie d’un visage lumineux d’intelligence et de bonté, pas moins de trente études regroupées en douze sections, avec, au centre, une question qui intéresse directement notre discipline : « SainteBeuve comparatiste ? » Il concluait en suggérant (p. 168) que le grand critique du XIXe siècle « préfigure ces comparatistes en qui cohabiteront le positivisme qu’on leur a tant reproché et le souci de construire ou du moins de fonder un humanisme moderne ». Cette cohabitation, il la connaissait bien, et elle était largement illustrée dans le premier volume de la collection « Que sais-je ? » sur La Littérature comparée, publié aux Presses Universitaires de France en 1951, préfacé par Jean-Marie Carré, et dû à Marius-François Guyard. Son souci y était d’ « exposer les méthodes et surtout les résultats d’une discipline encore mal connue du grand public cultivé », à cette date, et de « marquer ses limites du côté national comme du côté ‘mondial’, pour parvenir à une définition aussi simple et aussi fidèle que possible ». D’une « science en devenir », il saisissait les « causes de l’évolution », les perspectives futures, les « améliorations souhaitables ». Son livre même devait faire autorité, dans le second demi-siècle, après avoir été revu par lui, puis, à sa demande, par Roger Lauverjat, et avant de céder généreusement la place à celui d’Yves Chevrel en 1989, dans la 7 même collection, sous le numéro 499, et avec une préface qui était, cette fois, de Marius-François Guyard lui-même. Il s’y montrait plus convaincu que jamais, même s’il avait évolué vers l’étude privilégiée de la littérature française, que « tout spécialiste d’une littérature nationale sait bien que dans sa spécialité même les éclairages comparatistes sont indispensables : comment parler des Contemplations sans évoquer Virgile et Dante, ou de Malraux en ignorant Nietzsche et les poèmes sacrés de l’Inde ?» Il gardait le souvenir des polémiques suscitées par la discipline, mais félicitait Yves Chevrel parce que son nouveau livre « offre sereinement aux plus jeunes une initiation, à leurs aînés l’occasion de se remettre en cause ». Et saluant dans ce Que sais-je n°2 « le livre d’un maître », il le félicitait de placer les réponses attendues de la littérature comparée « à l’horizon toujours », comme le disait Paul Valéry de la poésie pure. L’ensemble de l’œuvre de Marius-François Guyard mérite d’être salué, au moment même où il vient de disparaître, comme l’œuvre d’un grand maître, ouvert et prudent, mettant en garde comme les anciens Grecs contre les risques de la démesure, riche d’érudition et d’une expérience irremplaçable mais plus encore d’une vie spirituelle profonde et intense. A propos de Lamartine, il écrivait qu’ « auprès de l’inspiré doivent toujours œuvrer un artiste et même un artisan » (D’un Romantisme l’autre, p. 61). A l’inverse, l’universitaire, l’enseignant, le chercheur gagnent à s’élever à une telle hauteur. Pierre BRUNEL 8 XXe Congrès de l’AILC – Paris 2013 Les travaux avancent… Le 15 juillet 2011, l’appel à communications dont vous trouverez le texte cidessous, a été mis en ligne sur le site de l’AILC : http://www.ailc-icla.org/site/ Quant au site spécifique du congrès, il sera ouvert en septembre 2011. Association Internationale de Littérature Comparée. XXème Congrès, 18-24 juillet 2013. Lieu : Paris Sorbonne (Paris IV) http://icla-ailc-2013.paris-sorbonne.fr (ouverture du site : septembre 2011) Liste des universités et institutions partenaires de Paris Sorbonne : ENS LSH Lyon, ENS Ulm, Institut Universitaire de France, Université d’Artois, Université de Bordeaux 3, Université de Bourgogne, Université de FrancheComté, Université de Grenoble 3, Université de Haute Alsace, Université de Lille 3, Université de Limoges, Université de Lyon 3, Université de Paris 3, Université de Paris 7, Université de Paris 8, Université Paris Est, Université Paris Ouest, Université Paris Nord, Université de Pau, Université de Reims, Université de Saint Etienne, Université de Sarrebruck, Université de Strasbourg, Université de Valenciennes. Plusieurs autres partenariats en cours. APPEL A COMMUNICATIONS THEME DU CONGRES : LE COMPARATISME COMME APPROCHE CRITIQUE Depuis la fin du XIXe siècle, les comparatistes ont mené une réflexion continue sur la définition de leur discipline, ses domaines d’application, les extensions possibles du champ de leurs recherches. A l’ère de la mondialisation, le dialogue entre réflexions émanant de pays occidentaux et théorisations émanant de pays extra-occidentaux enrichit et multiplie les perspectives. Nous proposons de consacrer le XXe Congrès de l’AILC à une interrogation sur ce qui fait la spécificité des méthodes comparatistes, en 9 confrontant notamment leur emploi en littérature et dans d’autres disciplines. Qu’apporte, à l’étude critique d’une question, le fait de procéder par comparaison ? Quelles en sont les procédures légitimes ? C’est en présentant les différents axes de recherche du Congrès sous la forme de questionnements, plutôt que d’orientations figées, qu’une telle réflexion sur l’apport du comparatisme à la critique littéraire permettra de mesurer les mouvances et l’évolution de la discipline. Nous vous invitons donc à venir débattre de ces questions à Paris à l’occasion du XXème Congrès de l’AILC, et à soumettre une proposition qui puisse rentrer dans l’un des cinq axes suivants : AXES DU CONGRES (description complète des axes sur le site du congrès) 1) La littérature comparée : une science comparative parmi d’autres ? Aux classiques interrogations sur les liens entre la littérature et les autres arts, et entre la littérature et les sciences humaines, on souhaiterait ajouter un questionnement sur les liens de la littérature avec les sciences dites « dures » et une réflexion sur ce que la démarche comparatiste peut apporter à la définition du concept même de « littérature ». 2) Comparables et incomparables ? Il s’agira de poser deux facettes d’une même question qui porte sur la notion même de comparaison. D’une part, existe-t-il des incomparables ? D’autre part, que peut apporter l’approche comparatiste dans le cadre d’une étude monographique ? 3) Littérature comparée et traductologie : la traduction est-elle une approche critique ? Par-delà son utilité immédiate, en quoi la traduction constitue-t-elle une approche critique légitime dans l’étude d’un texte, et comment la méthode comparatiste peut-elle en retour aider à mieux penser les tâches de la traduction ? Quel rôle la traduction a-t-elle joué dans l’histoire des relations entre l’Occident et le monde, et entre « centres » et « périphéries » ? 4) De nouvelles théories, pourquoi et comment ? Il s’agira ici de se demander en quoi l’approche comparatiste peut favoriser l’émergence de nouvelles théories dans le champ littéraire. Les relations entre littérature générale et théorie littéraire ainsi que les rapports entre théories occidentales et théories extra-occidentales feront partie de cette réflexion. 5) Au-delà des nations : aires linguistiques, continents littéraires, mondialisation ? Quelles relations l’approche comparatiste, en tant qu’elle cherche à penser de façon positive l’existence même des différences, entretient-elle avec la « mondialisation » et le « village global », où les différences culturelles peuvent sembler appelées à se confondre ? Les aires 10 linguistiques, par-delà les frontières continentales, ont-elles une plus grande légitimité à définir une identité littéraire que les critères culturels ou géopolitiques ? ORGANISATION DU CONGRES : Deux types de sessions structureront l’organisation du Congrès : - Des Sessions du Congrès, pour lesquelles les propositions se font individuellement. Les auteurs des propositions soumettent, sur le site, en se conformant aux indications données, une proposition qu’ils rattachent à l’un des cinq axes du congrès. - Des Groupes de Travail, pour lesquels les propositions sont faites au titre d’un projet de groupe. Les auteurs des propositions souhaitent réunir des participants autour d’un sujet lié à la problématique du congrès. Deux formules de groupes de travail sont possibles : • Des séminaires qui ont lieu dans la durée sur 2, 3, 4 ou 5 séances • Des ateliers qui sont des séances ponctuelles (une séance sur un seul jour, qui peut prendre la forme d’une table ronde). Les auteurs des propositions indiquent s’ils souhaitent adopter la formule séminaire (en indiquant le nombre de séances) ou atelier. Une séance = une heure et demie. Dans l’organisation des groupes de travail du Congrès, la priorité sera donnée aux comités de l’AILC et aux universités-partenaires de ParisSorbonne. DATES IMPORTANTES : - Propositions d’un groupe de travail : • Date limite de soumission de la proposition : 1er janvier 2012 • Annonce de l’acceptation des propositions de groupes de travail : avril 2012 Propositions individuelles pour groupes de travail, reçues jusqu’au 1er juin 2012 Annonce par les responsables de groupes de travail de l’acceptation de propositions individuelles faites pour leur groupe : octobre 2012 - Propositions individuelles destinées aux sessions : • Date limite de soumission : 1er juin 2012 • Annonce de l’acceptation des propositions individuelles : octobre 2012 11 SOUMETTRE UNE PROPOSITION : Les propositions sont faites sur le site et rédigées en français ou en anglais. Les propositions reçues hors délai ne seront prises en considération que dans la mesure de la place disponible. Toutes les propositions, qu’elles soient individuelles ou collectives, doivent être faites sur le site en suivant la procédure indiquée : http://icla-ailc- 2013.paris-sorbonne.fr DROITS D’INSCRIPTION DU CONGRES : Tarifs pour les membres de l’AILC : - Inscriptions avant le 28 février 2013 : (selon le taux en vigueur en juin 2011) - Inscriptions avant le 30 mai 2013 : - Inscriptions sur place : 135€/ soit, à titre indicatif, 197$ 145 € / 211 $ * 180 €/ 263 $ * Tarif plein pour ceux qui ne sont pas membres de l’AILC : 180 €/ 263 $ * Tarifs réduit étudiants : - Inscription avant le 28 février 2013 : - Inscription avant le 30 mai 2013 : - Inscription sur place : 50 €/ 73 $ * 85 €/ 124 $ * 110 €/ 160 $ * Tarif « accompagnants » : 75 €/ 109 $ quelle que soit la date d’inscription.* * Valeurs en dollars données à titre indicatif, selon le taux en vigueur en juin 2011 L’inscription se fera sur le site internet du congrès, à partir d’octobre 2012. Elle se fera en euros, le taux de change appliqué sera celui de la date de l’inscription (les valeurs en dollars ne sont données qu’à titre indicatif). Elle sera close le 30 mai 2013 à 18 heures (heure GMT). Toute inscription après cette date sera considérée comme une inscription sur place. PROGRAMME DU CONGRÈS L’essentiel du Congrès aura lieu au Centre Malesherbes de Paris-Sorbonne, dans le 17ème arrondissement. La séance plénière du 20 juillet aura lieu dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne (rue des Ecoles, dans le quartier latin). 12 Pour la répartition entre séances plénières et sessions parallèles, voir le http://www.ailc-icla.org/site/ http://icla-ailc2013.paris-sorbonne.fr programme mis en ligne sur et à partir de septembre sur le site du Congrès 2013 : HÔTELS : Il sera possible de faire une réservation à partir du site internet du congrès. http://icla-ailc-2013.paris-sorbonne.fr Les réservations pourront également être faites directement auprès des hôtels. A titre indicatif, voici quelques exemples de tarifs pratiqués par des hôtels du quartier latin en juin 2011. Nous vous conseillons de prévoir votre réservation d’hôtel à l’avance. A propos du partenariat… Ce Congrès 2013 est certes organisé par Paris Sorbonne, mais il a été présenté et conçu pour être l’oeuvre des comparatistes français dans leur ensemble et la vitrine de la vitalité des études comparatistes en France. Un certain nombre d’universités et d’institutions a déjà répondu et se trouve associé à l’organisation de ce congrès : ENS LSH Lyon, ENS Ulm, Institut Universitaire de France, Université d’Artois, Université de Bordeaux 3,Université de Bourgogne, Université de Franche-Comté, Université de Grenoble 3, Université de Haute Alsace, Université de Lille 3, Université de Limoges, Université de Lyon 3, Université de Paris 3, Université de Paris 7, Université de Paris 8, Université Paris Est, Université Paris Ouest, Université Paris Nord, Université de Pau, Université de Reims, Université de Saint Etienne, Université de Sarrebruck, Université de Strasbourg, Université de Valenciennes. Plusieurs autres partenariats sont en cours. Vous souhaitez participer à cette grande aventure ? et nous avons besoin de votre aide … Vous pouvez le FAIRE ! Les centres de recherche en littérature peuvent contribuer, pour un montant de 1500 euros, à l’organisation budgétaire de la manifestation. En échange de cette participation, ces centres bénéficieront : 13 - de la présence d’un de leurs représentants au comité de pilotage du Congrès - de la présence de leur logo sur les plaquettes de diffusion et d’information internationales - de la possibilité d’indiquer, lors de la confection de leurs plans quadriennaux, la participation à l’organisation d’un congrès international de grande ampleur. Pour ce faire, prendre contact sans attendre avec Anne Tomiche : [email protected] 14 APPELS À COMMUNICATIONS 1. Colloque organisé par l'Université d'Artois (« Textes et Cultures » avec le soutien de l’IEFR), 14-15 juin 2012 : Le sacré en question : sujets bibliques, sujets mythologiques sur les scènes du XVIIIe siècle Sans prétendre donner une définition qui trancherait entre les diverses approches issues des courants sociologiques et religieux, notre propos envisage d’appréhender le sacré dans toute sa complexité en cernant les charnières, les moments où il s'écarte du contexte dogmatique et liturgique chrétien, les glissements significatifs d'un « transfert de sacralité »1. Le siècle des Lumières apparaît comme l'un de ces points nodaux : les philosophes tirent parti de la critique biblique en plein essor au cours des siècles précédents pour désacraliser les Écritures et à l'inverse, selon l'analyse de Jean Starobinski2, le mythe serait sacralisé. Sur la scène française en effet, le théâtre religieux suscite, de longue date, des réactions controversées que cristallisent les débats autour du merveilleux chrétien. Si les polémiques que soulève la mise en scène contribuent au déclin de la tragédie religieuse du XVIIe siècle, suivant le constat de Kosta Loukovitch3, les pièces à sujets bibliques ne disparaissent pas pour autant des scènes musicales et/ou théâtrales du XVIIIe siècle, comme en témoigne l'étude des répertoires. En cette période de transition, ces œuvres d'inspiration biblique n'ont certes pas toutes abandonné le terrain religieux pour gagner la sphère laïque ou profane. Il serait intéressant de se demander lesquelles y sont plus ou moins parvenues et quels facteurs – personnages ou épisodes choisis, genres ou scènes privilégiés – ont pu favoriser une telle transformation. Quelles en sont les implications ? Quelles finalités les auteurs poursuivent-ils de la sorte ? Il est évident que les oratorios ou hiérodrames du Concert Spirituel diffèrent des pantomimes ou 1 Mona Ozouf, La Fête révolutionnaire 1789-1799, Gallimard, 1976. Jean Starobinski, « Fable et mythologie aux XVIIe et XVIIIe siècles », Le Remède dans le mal, Gallimard, 1989. 3 Kosta Loukovitch, L'Évolution de la tragédie religieuse, Droz, 1933. 2 15 mélodrames joués sur les théâtres des boulevards au début du XIXe siècle. Par ailleurs, certaines scènes, dont celle de l'Académie Royale de Musique, semblent plus propices que d'autres à représenter des mythes, ce que peut notamment expliquer l'appareil scénographique, si prisé au XVIIIe siècle et en constants progrès. Un sujet vétérotestamentaire et un sujet mythologique ne seraient pas considérés comme équivalents, surtout lorsque les machines s'en mêlent. Le Samson de Voltaire demeure interdit à l'Opéra tout en étant partiellement joué, sans mise en scène, au Concert Spirituel, lors des trêves pascales. Nous interrogerons donc plus spécifiquement les interactions entre la scène théâtrale et/ou musicale, tant du point de vue des genres que de la scénographie, et les sujets issus de la Bible et de la mythologie, du XVIIIe au début du XIXe siècle. Quelles sont les conséquences d’un traitement scénique profane sur les sujets sacrés? Parallèlement, le langage du corps, théorisé par l'abbé Du Bos, l'abbé Batteux, Condillac ou Diderot, pourrait-il de nouveau sacraliser les mythes? En d'autres termes et pour synthétiser notre principale interrogation, dans quelle mesure le langage scénique participerait-il à une métamorphose du sacré, si métamorphose il y a ? Pistes indicatives : 1- Les réécritures scéniques : le traitement sacré ou profane de sujets ancestraux ; la portée des choix opérés par les auteurs (reprise de figures, d'épisodes bibliques et mythologiques) ; les enjeux des diverses adaptations d'un même sujet ; les différents genres investis selon les types de sujets (en particulier les genres mineurs tels que le mélodrame, la pantomime, la féerie...). 2- Les formes et les enjeux de la représentation : le rôle de la scénographie (notamment les diverses formes de représentation des instances divines) ; l'évolution des techniques de mise en scène et leurs conséquences dans le traitement des sujets comme dans leur réception ; la répartition des pièces bibliques et/ou mythologiques entre les scènes officielles (grands et petits théâtres) et les scènes privées (notamment théâtre de société, théâtre d'éducation, théâtre maçonnique) ; les liens qu'opèrent le public et les auteurs entre les deux types de sujets. 3- L'histoire des idées : persistance et évolution du débat sur le « merveilleux chrétien » ; l’influence des théories esthétiques sur le langage des sens, sur l'art du tableau ; l'organisation et les réactions de la censure ; le rôle du calendrier et des rites liturgiques ; les enjeux politiques et religieux. 16 Toutes ces pistes seront ouvertes aux analyses comparatistes qui pourraient notamment apporter un éclairage européen à la scène française (études des répertoires germaniste ou hispaniste par exemple) ou proposer une réflexion sur les différentes formes d'expression du sacré (art pictural et art scénique, conte et théâtre, etc.). Sur le plan matériel, « Textes et Cultures », avec le soutien de l’IEFR, prend en charge les nuitées, les repas du midi et le repas festif du premier soir. Les déplacements sont à la charge des intervenants ou de leur centre de recherche. Merci de faire parvenir vos propositions de communication avant le 17 juin 2011 à Béatrice Ferrier ([email protected]). Elles seront examinées par le comité scientifique : Christelle Bahier-Porte (Maître de conférences, Université Jean Monnet, Saint-Etienne), Charles Coutel (Professeur des universités, Université d’Artois, directeur de l’Institut d’Etude des Faits Religieux), Isabelle de Peretti (Maître de conférences, Université d’Artois), Evelyne Jacquelin (Maître de conférences, Université d’Artois), Régine Jomand-Baudry (Professeur des universités, Université Jean Moulin, Lyon III), Claudine Nédelec (Professeur des universités, Université d’Artois). 2. CROSSROADS 2012 (Paris, 2-6 juillet 2012) Organisé par l’Université Sorbonne Nouvelle avec le soutien de la Commission nationale française pour l’UNESCO Appel à contributions Nous sommes heureux de vous annoncer que le 9ème congrès international Crossroads in Cultural Studies se déroulera à Paris, en France, du 2 au 6 juillet 2012, sous l’égide de l’Université Sorbonne Nouvelle avec le soutien de la Commission nationale française pour l’UNESCO. Paris constitue un carrefour historique entre les cultures et les peuples. La ville a notamment joué un rôle majeur dans le développement et la circulation des travaux essentiels à la formation de l'imaginaire postcolonial. Dans le prolongement de cette tradition de pensée critique et compréhensive, les organisateurs lancent un appel à contributions, afin de poursuivre l’exploration des multiples intersections entre culture, pouvoir et savoir, au sein des Cultural Studies. Le colloque se déroulera notamment à l’UNESCO, qui à l’échelle internationale a toujours défendu la diversité culturelle et la différence. Ce 17 congrès sera l’occasion pour les Cultural Studies de jeter un regard rétrospectif sur leurs propres évolutions, tout en initiant de nouvelles perspectives intellectuelles. • 12 INTERVENANTS PRINCIPAUX, RECONNUS AU NIVEAU INTERNATIONAL ET VENUS DES CINQ CONTINENTS, prendront la parole lors des sessions d'ouverture et plénières au cours de la conférence. Parmi eux, Sarah AHMED, Marie-Hélène BOURCIER, Jeremy GILBERT, Achille MBEMBE, Walter MIGNOLO, Bobby NOBLE, Phaedra PEZZULLO, Françoise VERGES. Avec la participation de Stuart HALL et Jacques RANCIERE (sous réserve). • DES THÉMATIQUES AU CŒUR DE L’ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE. Tous les sujets concernant les Cultural Studies, en particulier dans des domaines de recherche innovants, sont les bienvenus. • ENVOYEZ VOTRE PROPOSITION DÈS MAINTENANT VIA LES FORMULAIRES EN LIGNE ! Les propositions sont attendues en anglais ; les communications des non anglophones pourront être assistées d'un facilitateur. Consultez les instructions et envoyez votre proposition de communication via les formulaires en ligne sur www.crossroads2012.org avant le 30 septembre 2011. • SOUTIEN DE L'ACS POUR PARTICIPER AU CONGRÈS DE 2012. L'Association for Cultural Studies offre un petit nombre de bourses pour permettre à des participants en provenance de régions sous-représentées à l'ACS d'assister à la conférence, en couvrant les frais d’hébergement ou les frais d'inscription. • HÉBERGEMENT AGRÉABLE ET PRATIQUE, au cœur de Paris et à proximité des lieux où se tiendra le congrès. Un hébergement bon marché sera également possible sur le site de la Cité Internationale Universitaire de Paris. • N’HÉSITEZ PAS À DIFFUSER CES INFORMATIONS à vos collègues et amis ! Nous espérons vous voir en 2012, à Paris ! Pr. Éric MAIGRET (Directeur du congrès) au nom des Comités Local et National, Université Sorbonne Nouvelle, Paris. Site Internet : http://www.crossroads2012.org E-mail : [email protected] Lignes directrices pour la soumission de sessions et de communications : Cadre général Les sessions durent 1h30, et sont composées idéalement de trois communications. Les intervenants disposent de 20 minutes chacun pour exposer leurs travaux, suivis d’une discussion et de questions/réponses. Il est possible toutefois d’adopter un autre format adapté à la session. 18 Organiser une session Les organisateurs de session sont invités à proposer des sessions composées de 2 à 3 intervenants, d’un discutant et d’un modérateur. D’autres formats de session sont également possibles, avec un minimum de deux communications. Les organisateurs sont encouragés à mettre en contact les participants avant la conférence afin de faciliter les échanges pendant la session. Pour les sessions comprenant plus de quatre communications, les organisateurs doivent demander au Comité Scientifique de constituer des sessions additionnelles sur le sujet, ou lui faire parvenir les communications supplémentaires afin qu’il les ajoute à d’autres sessions existantes. Il convient de donner un titre différent à chaque session supplémentaire plutôt que de les numéroter (« … I » ; « … II »). Les organisateurs de la session devront alors désigner une autre personne (éventuellement l’un des intervenants) comme modérateur. Sélection des sessions et des communications Les organisateurs choisissent les communications de leur session. La priorité doit être donnée aux communications présentant des perspectives empiriques ou théoriques innovantes et qui n’ont pas été déjà présentées à d’autres conférences. Les propositions de communication sont sélectionnées à partir d’un résumé de 100 à 150 mots. Cependant, les organisateurs peuvent demander le texte de la communication dans son intégralité en vue de préparer la session. Les sessions et leurs communications devront être soumises au Comité Scientifique du congrès pour approbation. Les propositions n’ayant pas reçu l’aval du Comité Scientifique ne seront pas intégrées au programme du congrès. Tous les organisateurs et participants (modérateurs, intervenants, discutants) doivent s’inscrire au congrès, sous peine d’annulation de la session ou de la communication. Sessions et communications seront considérées comme « proposées » par le Comité Scientifique tant que les participations n’auront pas finalisé leur inscription. Si les inscriptions ne sont pas correctement effectuées, le Comité Scientifique fera les arrangements 19 nécessaires pour réorganiser la session avec d’autres participants. Une fois l’inscription finalisée, la session passera du statut de « proposée » à celui de session « confirmée ». Dans le cas d’une communication comprenant plusieurs auteurs, chacun d’entre eux doit impérativement s’inscrire au congrès. Les sessions et communications proposées seront retirées du programme et du site Internet fin mai 2012 si les participants n’ont pas complété leur inscription. Si, pour une quelconque raison, l’organisateur/trice d’une session ne parvient pas à assurer sa tâche d’organisation, il/elle doit contacter au plus vite le Comité Scientifique. Proposer une session Toute proposition de session doit être rédigée en anglais et doit comporter les informations suivantes : — le titre de la session, — une présentation de la session de 150 mots maximum, — la liste des participants sélectionnés (en précisant leur statut : modérateur, intervenants, discutants), leurs adresses E-mail et les noms des institutions auxquels ils sont rattachés, — les présentations des communications de 150 mots maximum (en anglais). Les participants dont les communications sont retenues recevront un Email du Comité Scientifique. Les sessions et communications apparaîtront sur le site Internet sous l’étiquette « proposé(e) » et se verront attribuer un créneau horaire. Après inscription définitive des participants, le Comité Scientifique fera parvenir aux participants un courrier signifiant l’acceptation de leur communication. La mention « confirmé(e) » apparaîtra alors sur le site Internet. Proposer individuellement une communication Il est possible de proposer des communications s’inscrivant dans une session précise, ou à titre individuel. 20 Toute proposition de communication individuelle doit être rédigée en anglais et doit comporter les informations suivantes : — éventuellement, la session désirée, — le nom de l’auteur(e), — l’intitulé de la communication, — une présentation de 150 mots maximum, — son adresse E-mail et l’institution à laquelle il/elle est rattaché(e). Le Comité Scientifique se chargera de transmettre les propositions de communication aux organisateurs de la session. Dans l’éventualité où une proposition de communication ne s’inscrirait dans aucune session existante, le Comité Scientifique aura le choix entre transmettre cette proposition aux organisateurs d’une session lui semblant appropriée, ou organiser une nouvelle session spécifique. Le Comité Scientifique publiera les communications retenues et la session dans laquelle elles s’inscrivent par E-mail et sur le site Internet du congrès. Ces présentations seront considérées comme « proposées » jusqu’à l’inscription des intervenants. Après inscription définitive des participants, le Comité Scientifique leur fera parvenir un courrier signifiant l’acceptation de leur communication. La mention « confirmée » apparaîtra alors sur le site Internet. 3. CONGRES TOURS-ORLEANS (PRES Val de Loire Centre) de la Société française de littérature générale et comparée 2012 : « Critique et création en littérature » ; dates : du mercredi 3 octobre au samedi 6 octobre 2012 à Tours. Principaux organisateurs locaux : le professeur et directeur du département de littérature comparée de Tours, Philippe Chardin, les départements de littérature comparée des universités de Tours et d’Orléans, l’équipe de recherche de l’université de Tours « Histoire des représentations » (appelée à se fondre en 2012 au sein d’une nouvelle équipe de Lettres, Langues et Arts intitulée « Interactions culturelles et discursives »), le centre de recherche « META » sur les littératures et les civilisations de l’université d’Orléans, le Centre d’Etudes supérieures de la Renaissance de Tours. Alors que, dans notre discipline, assez peu de travaux avaient été jusqu’alors consacrés à la critique, l’attention des comparatistes semble s’être 21 davantage tournée, ces dernières années, vers des mises en rapport de courants critiques ou d’œuvres critiques appartenant à des littératures ou à des époques différentes. Le sujet proposé comporte évidemment une seconde dimension comparatiste essentielle, une invitation à confronter, sous de multiples angles, les domaines respectifs de la critique et de la création en littérature, conformément à l’orientation depuis longtemps prédominante au sein de l’axe de recherche en littérature comparée de l’université de Tours, « Réception et création », puisqu’un tel intitulé revient en somme à prendre pour objet d’étude un cas particulier d’articulation entre ces deux notions, la place que tient et le rôle que joue dans la création littéraire la réception des discours et des normes critiques. Le thème retenu induit donc une réflexion portant sur un rapport complexe et fluctuant : de dépendance ou d’insubordination, de complémentarité ou de conflictualité, d’éloge ou de blâme, etc. Au florilège spectaculaire d’ « amabilités » dont des écrivains célèbres n’ont cessé d’abreuver les critiques - on se bornera à rappeler deux exemples illustres parmi bien d’autres : « La critique est au dernier échelon de la littérature, comme forme presque toujours et comme valeur morale, incontestablement. Elle passe après le bout rimé et l’acrostiche lesquels demandent au moins un travail d’invention quelconque » (Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet ) ; « Il faut rappeler que la plupart des critiques sont des hommes qui au moment où ils allaient désespérer ont trouvé une petite place de gardien de cimetière » (Jean-Paul Sartre, Qu’est-ce que la littérature ? ») s’opposera par exemple la fascination manifeste pour la vocation critique qu’ont éprouvée d’autres grands écrivains comme Marcel Proust ou comme Borges. On sera invité à accorder une attention particulière aux formes intermédiaires : cas des œuvres mixtes, notion de critique créatrice, concept de « fiction critique » récemment introduit, volonté d’abolir la distinction même entre « critique » et « création » pour toute une partie de la modernité. Un atelier sera consacré aux mises en fiction des rapports mutuels entre écrivains et critiques (par exemple chez des auteurs comme Henry James, comme Nabokov ou comme Enrique Vila-Matas). En fonction notamment d’un certain nombre de collaborations locales importantes, seront privilégiés plusieurs pôles chronologiques, qui permettront d’envisager le rapport de prescription ou d’insubordination, les décalages éventuels entre théorie et pratique, etc. au sein de grands courants et de grandes époques de l’histoire littéraire : comparatisme seiziémiste et comparatisme de l’âge baroque, qui bénéficieront de la participation de l’important centre du CESR de Tours à l’organisation de ce Congrès ; comparatisme dix-huitiémiste, la collaboration entre les universités d’Orléans et de Tours étant déjà ancienne en ce domaine ; période de la fin du XIX° siècle, domaine de spécialisation commun aux trois comparatistes de Tours (atelier dirigé par Lucile Arnoux-Farnoux et par Sylvie Humbert-Mougin) ; époque contemporaine, ce qui permettra par exemple de réfléchir au phénomène actuel d’essaimage et d’affaiblissement des prescriptions du 22 critique traditionnel, qui tendent à être remplacées, soit par la démocratie d’opinion indifférenciée des blogs, soit par le simple mercantilisme publicitaire… ; atelier contemporain qui permettrait également de remettre en chantier le thème de réflexion d’une journée d’étude intitulée « La littérature comparée mène à tout, même à la littérature ! » qui s’était tenue à Tours il y a quelques années et au cours de laquelle un certain nombre de comparatistes par ailleurs écrivains avaient réfléchi à la manière dont avait pu s’opérer dans leur propre cas l’interaction entre activités universitaires et activités littéraires, entre écriture critique et écriture fictionnelle. Sans que quelques communications monographiques, comparant en particulier l’une à l’autre les deux parties respectives, « critique » et « créatrice », de l’œuvre d’un seul grand écrivain soient exclues, on attendra naturellement dans l’ensemble, pour un Congrès de littérature comparée comme celui-ci, des propositions de nature plus synthétique. La notion fédératrice qui a été retenue par la nouvelle équipe de recherche de Tours qui apportera son soutien à ce Congrès étant celle d’ « autorité », on souhaiterait qu’un certain nombre de communications - et pas seulement dans le cadre de l’atelier d’Orléans « Critique littéraire, critique du droit » dont le titre fait bien sûr tout de suite apparaître l’importance du lien potentiel entre la notion d’autorité et l’intitulé du Congrès « Critique et création en littérature » - s’interrogent sur cette dimension essentielle du rôle de la critique. Quelques spécialistes de la critique de renom ont d’ores et déjà accepté de participer à nos travaux : Jean-Yves Tadié, Georges Forestier, Jacques Le Rider, Yvan Leclerc, Philippe Dufour. Les Presses universitaires de Tours – qui sont en plein renouveau sous l’impulsion d’un directeur actif – ont manifesté un grand intérêt pour ce Congrès et nous ont donné leur accord de principe pour l’édition des Actes ; étant donné l’afflux probable des communications, il est à craindre que nous ne soyons obligés de limiter la longueur des textes à 2O-22 OOO signes environ. Enfin, il paraît plus honnête de rappeler, avant l’envoi des propositions, d’une part que, le total des communications étant forcément limité, nombre de propositions ne pourront être retenues, les choix s’effectuant souvent en fonction de critères de cohérence et d’équilibre global au sein du Congrès qui ne mettent nullement en cause la qualité intrinsèque des propositions non retenues et, d’autre part, que la part la plus importante des frais de déplacement, d’hébergement et de restauration devra malheureusement, comme toujours dans ces grands congrès annuels en raison du nombre élevé d’intervenants, être laissée à la charge des participants ou de leurs centres de recherche (il nous est impossible d‘être plus précis à ce sujet tant que les résultats des demandes de subventions ne sont pas connus). 23 Comité scientifique : Les professeur(e)s de littérature comparée Karl Zieger (président de la SFLGC), Robert Smadja, (professeur émérite de l’université d’Orléans), JeanPaul Engélibert (Bordeaux III), Florence Godeau (Lyon III), Anne-Rachel Hermetet (Angers), William Marx (Paris X et précédemment Orléans), Frédérique Toudoire-Surlapierre (Mulhouse) qui, d'une part, ont déjà noué des liens plus ou moins étroits avec les universités organisatrices et qui, d'autre part, se sont occupé(e)s de près des questions relatives à la critique, ont accepté de faire partie de ce comité scientifique en compagnie de Jacques Body, professeur honoraire de littérature comparée et premier président de l’université de Tours, des 3 comparatistes titulaires actuellement en poste dans cette université, Lucile Arnoux-Farnoux, Sylvie Humbert-Mougin et Philippe Chardin et, pour les ateliers d’Orléans, d’Elena Gretchanaia, professeure de littérature comparée à l’université d’Orléans et de Gabrielle Vickermann-Ribémont, ANR jus littera d’Orléans. Comité d’organisation : Marjorie Rousseau, Chloé Deroy (doctorantes), Philippe Chardin, ainsi que les secrétariats des équipes de recherche organisatrices. Date limite d’envoi des propositions : 30 juin 2011 : 1 500 signes environ + une brève bio-biblio. A transmettre à Philippe Chardin par mail ([email protected]) ET en version papier à Philippe Chardin, Département de Littérature comparée, 3 rue des Tanneurs, BP 4103, 37041 TOURS CEDEX 1 avec un double mail à Florence Godeau : [email protected] Les communications seront limitées à une durée maximale de 20-25 minutes. Prière d’indiquer si votre proposition de communication a trait à l’un des ateliers spécifiques proposés ou si elle se rattache simplement à l’intitulé général du Congrès ; d’autres articulations seront établies plus tard par les organisateurs quand ils répartiront celles des communications retenues qui ne se rattachent pas à un atelier spécifique. Ateliers organisés par Tours : XVI° siècle-début du XVII° siècle ; XVIII° siècle ; fin du XIX° siècle ; 24 - époque contemporaine (dont « La littérature comparée mène à tout », etc.) ; mises en fiction de la critique. Ateliers organisés par Orléans : critique littéraire, critique du droit ; critique littéraire et écriture de soi. Station to Station : Colloque international et nomade 1, 2 et 3 décembre 2011, organisé par les centres de recherches ILLE, 4. CRESAT (UHA, Mulhouse) et le doctorat international Cultural Studies in Literary Interzones (coord. Bergame, Italie). Appel à contributions. “Whether I shall turn out to be the hero of my life, or whether that station Will be held by anybody else, these pages must show.” Charles Dickens, David Copperfield Sommes-nous tout à fait nous-mêmes ou tout à fait autres lorsque nous nous installons dans un train ou lorsque nous entrons en gare? Ou ne serait-ce là qu’une sensation factice, produit d’une consommation excessive de mythes romantiques ou modernistes éculés? Ces lieux, espaces relativement réduits et stables, qui existent aussi par leur atemporalité alors qu’ils n’auraient pas de sens sans la vitesse et les trajectoires qui les traversent et qui les portent, ont-ils un pouvoir singulier sur les comportements et les imaginaires individuels ? Un recul épistémologique permettrait sans doute aux philosophes comme aux historiens de positionner – ou de questionner le positionnement – de tels espaces dans la vie urbaine et en termes plus généraux, il s'agit de considérer la valeur de témoignage, de trace urbaine, mais aussi d'étudier le patrimoine immatériel qu'ils aident à constituer. La gare, le wagon, le train sont-ils architectoniques ? En nous permettant de perdre un peu de la gravité qui nous plombe, que ce soit dans une réalité high tech virtuelle, dans les chansons de David Bowie ou dans des temps pré-machiniques (le poète Milton ne disait-il 25 pas déjà “The planets in their station list'ning stood.” Paradise Lost , VII, 563 ?), la station, comme le train, invite à la décélération des affects. La gare devient alors un de ces lieux de flux et de transit, de mémoire autant que d’oubli, point de fuite ou point d'entrée dans la ville, lieu de déplacements des individus, des marchandises et des populations, une archive des traces de nos rages passagères. Phénomènes éminemment européens ( ?) occidentaux ( ?) - le débat reste largement ouvert pour les historiens – la gare et le chemin de fer, s’ils sont si constitutifs de nos cultures comme phénomènes économiques, architecturaux, politiques et esthétiques, invitent aussi à des voyages immobiles ou à l’envers, plutôt qu’à ceux qui nous mènent au bout, à destination, au bout de nos désirs, au bout de la nuit. Nous voudrions tout d’abord dans ce colloque en Humanités consacré à la gare et au wagon, les reconsidérer d’abord pour ce qu’ils sont, des interzones : lieux clos sans l’être vraiment, lieux sans frontière ou aux frontières mouvantes et instables, où la loi et la société interrompent leurs propres règles, où s’établit tout un jeu d’indifférenciations totalement artificiel, parfois obscène par l’intimisme exacerbé qui s’y recrée. La gare peut en effet être un espace de désordre, d'hétérogénéité mais aussi de brassage et de communications. La gare c’est d’abord, dans la ville, une enclave ; et le wagon, dans nos vies, un fantasme d’annihilation de l’Autre. Nous invitons nos futurs conférenciers à étudier la gare et le wagon (en littérature, en histoire, dans les arts visuels, et pourquoi pas également en empruntant les rails de la philosophie) comme vecteurs culturels et artistiques de l’obsolescence programmée de l’innovation technologique à l’occasion de l’événement que représente l’arrivée de la ligne TGV à Mulhouse Gare Centrale cet hiver. Pour les historiens, ce sera l'occasion de les considérer dans leur rôle prépondérant dans l'évolution des aménagements urbains Et afin de joindre l’acte à la parole, ce colloque sera nomade et privilégiera des propositions de performances universitaires. Mis à part quelques interventions qui se feront sous les élégants lambris de la Société Industrielle de Mulhouse (à quelques pas de la Gare) les ateliers, dans leur grande majorité, se dérouleront principalement à bord d’un train. Et il nous faudra emprunter des gares, des stations et des arrêts, sans itinéraire précis, juste une destination incertaine à la recherche de nous-mêmes, pour des allers-retours sans fin. Mulhouse Terminus, mais personne ne descend ! Le comité organisateur. 26 Date limite de dépôt des propositions: 15 juin 2011. Merci d’adresser vos propositions à Didier Girard ([email protected] ou [email protected]), Frédérique Toudoire-Surlapierre([email protected]) et Jennifer K. Dick ([email protected]) avant le 15 juin 2011. Pour assister aux débats et réserver votre billet : contacter Jeannine Schneider [email protected] + 33 (0)3 89336381. 5. Colloque du CERLI (Centre d’Études et de Recherches en Littérature de l’Imaginaire), organisé par Anne Besson et Evelyne Jacquelin, Université d’Artois (Arras), E. A. « Textes et Cultures », axe « Poétiques du merveilleux : fantastique, science-fiction, fantasy (littérature et arts visuel) », 29-30 novembre 2012. « Imaginer/Représenter ». Poétique des genres et littératures de l’imaginaire ont déjà une longue histoire commune, singulièrement contrastée : nulle part ailleurs peutêtre qu’en observant ces formes, aux limites internes et externes disputées, ne ressort aussi clairement la tension constitutive de toute réflexion sur les genres littéraires – entre d’une part la nécessaire théorisation surplombante, les typologies classificatoires, volontairement contraignantes et donc chaque fois remises en cause, et d’autre part les réalités pragmatiques de l’édition et de la réception, qui peuvent certes prétendre refléter la vérité des pratiques et des perceptions, mais dont la soumission aux aléas du temps et des modes ne permet pas qu’elles constituent toujours un critère opératoire pour un questionnement théorique, notamment d’un point de vue diachronique. Dans la recherche littéraire française, l’importance tant quantitative que qualitative des réflexions sur le « fantastique », dominées quoi qu’on en ait par la proposition todorovienne, témoigne du statut de ce corpus comme objet privilégié d’une approche poétique. Si Pierre-Georges Castex, Louis Vax ou encore Roger Caillois avaient déjà largement désigné à l’attention une forme de narration marquée par la réception des Contes d’Hoffmann en France et caractérisée par l’inquiétante indécision des limites entre réel et surnaturel, c’est bien l’Introduction à la littérature fantastique de Todorov qui, 27 par la séduisante rigueur de son tableau typologique des motifs et structures d’un « imaginaire » ancestral en littérature, imprime la marque la plus durable sur la réflexion critique consacrée à ces domaines. Bien que constamment rediscutée ensuite par des propositions théoriques fortes remettant en cause ses principes et contours, telles en France celles d’Irène Bessière, de Denis Mellier ou encore tout récemment de Nathalie Prince, sa distinction fondatrice entre « fantastique » et « merveilleux » comme lieux respectifs d’une surnature suscitant le trouble ou recueillant l’acceptation, s’est imposée comme une vulgate critique qui fait toujours référence dans le discours scolaire, et demeure incontournable à l’orée de toute nouvelle réflexion sur ces genres. La science-fiction présente un cas de figure bien différent : longtemps, et aujourd’hui encore largement délaissée par la critique académique, elle s’est consacrée à un effort d’auto-définition passionné et toujours repris de l’intérieur – émanant de ses lecteurs et producteurs souvent confondus, pour renforcer l’image d’un genre de spécialistes, à la spécificité aussi fuyante que férocement protégée. Le « sense of wonder », mis en avant dès les origines de cette réflexion, renvoyait à la catégorie du merveilleux, tout comme les distinctions typologiques du pionnier Darko Suvin (Pour une poétique de la science-fiction, 1977) ; si les travaux récents de Richard SaintGelais et Irène Langlet présentent une volonté de se confronter à un fonctionnement de la SF en tant que texte écrit et lu, venant compléter des entreprises importantes sur l’histoire et le répertoire thématique du genre, son articulation difficile aux autres formes de l’esthétique du merveilleux ne semble guère avoir été problématisée. Ainsi, la SF doit-elle, au nom de son refus d’un surnaturel inexplicable, être opposée à la fantasy, nouveau genre hégémonique se positionnant comme l’héritier direct des traditions du conte et du mythe ? Ce tableau rapidement brossé témoigne de la dichotomie préjudiciable qui sépare des champs de recherche pourtant voisins, alors même que les acquis de l’histoire littéraire tendent à repérer des expressions mêlées du fantastique et du merveilleux, depuis le Moyen Âge et la Renaissance jusqu’au Romantisme. Il ne tient pas non plus compte des mutations rapides connues par les genres de l’imaginaire ces deux dernières décennies – évolutions pragmatiques des productions et de leur réception, qui imposent que la réflexion s’y confronte. La place désormais occupée par une fantasy d’origine anglophone, rebelle aux anciennes classifications, demande qu’on repense les rapports entre ces différents modes d’expression de l’imaginaire désormais déclinés à l’échelle de la mondialisation. L’importance prise dans sa perception par ses formes audiovisuelles, vidéoludiques, et plus largement numériques, favorisée par le développement de stratégies de synergie multimédiatique (déclinaisons du même univers sur différents supports) constitue un autre grand facteur d’évolution susceptible d’influencer les approches génériques. On peut aussi noter, à cet égard, que la recherche 28 internationale tend à adopter une terminologie anglo-saxonne où la notion de « fantastic » recouvre ces diverses expressions de l’imaginaire plus qu’elle ne les discrimine, le « fantastique » todorovien devant dans ce contexte être chaque fois resitué en référence à la tradition critique française, ce qui contribue à relancer sans cesse les débats théoriques, au gré d’un usage éminemment variable des concepts fondamentaux. Ce colloque se donne pour objectif d’opérer une mise au point qui soit une mise à jour ; il se propose d’amorcer une réflexion sur la théorie des genres de l’imaginaire qui tienne compte de ces nouvelles données, dans une perspective diachronique et interculturelle. Il s’agit en particulier de redonner toute sa place au merveilleux, parent pauvre de la vulgate todorovienne et de la critique moderniste, et de questionner la pertinence de l’opposition fantastique/merveilleux : • en quoi est-elle remise en cause par les avatars de la fantasy, mais aussi par les formes contemporaines du conte ou encore par les évolutions des thèmes et figures fantastiques, qui tendent manifestement à délaisser l’effroi pour sa part désirable ? • dans quelle mesure est-elle valide pour les arts visuels ? Comment expliquer le succès de la SF cinématographique quand son sort en tant que genre littéraire apparaît nettement moins brillant ? De quelles façons l’appétence contemporaine pour la merveille s’investit-elle dans une certaine « magie » des nouvelles technologies et des promesses du virtuel ? • la notion d’« imaginaire », dont le maniement théorique a souvent été décrié, mais qu’on voit réapparaitre dans le vocabulaire de l’édition française en réaction à la porosité des frontières génériques, pourrait-elle fournir un équivalent au « fantastic » large des anglophones ? Quels sont les lexiques et les distinctions ayant cours dans les autres aires culturelles, et en quoi influent-ils sur les formes esthétiques privilégiées ? Les propositions, qui privilégieront les apports théoriques mais pourront se consacrer à des études de cas, sont attendues pour le 5 septembre 2011. Merci de les faire parvenir aux deux organisatrices, [email protected] [email protected] Elles seront également observées par le comité scientifique du CERLI. 29 et 6. Colloque organisé par le Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures Université de Bourgogne, Dijon, les 16 et 17 février 2012 : Les révolutions de l’animation à l’ère postmoderne (de la fin des années 80 à nos jours) Depuis quelques années, le film d’animation semble être devenu un genre à part entière ; un genre non plus cantonné à la sphère enfantine, mais s’adressant désormais à tous les publics. La multiplication des réalisations et des sorties en salle, comme le succès de ces films, prouve cette émulation nouvelle. Le film d’animation semble même avoir conquis sa dignité et sa respectabilité puisqu’un Oscar dans cette catégorie est désormais attribué à Hollywood depuis 2002, signe de la spécificité du genre de l’animation par rapport aux autres réalisations filmiques. Mais quelle date assigner à ce passage du dessin animé à l’âge adulte ? En convoquant les grands succès de la dernière décennie – les longsmétrages des studios Pixar, la tétralogie Shrek ou les films de Hayao Miyazaki – nous pourrions être tentés de voir une coïncidence entre la maturité du film d’animation et le tournant des XXe et XXIe siècles. Mais il semble que les bouleversements à l’intérieur du genre se soient produits plus tôt encore, principalement dans les productions américaines et nippones. Or ces changements ne semblent pas tant renvoyer au domaine technique qu’à une double innovation : la transposition dans le medium qu’est le dessin animé du film de genre, mais aussi l’élargissement massif du public visé par ces productions. L’année 1988 voit ainsi la sortie de deux longs-métrages fondateurs de l’animation postmoderne : Qui veut la peau de Roger Rabbit réalisé par Robert Zemeckis et Akira de Katsuhiro Ōtomo. Le premier vise un public élargi par rapport aux productions habituelles de Disney : il multiplie les niveaux de lecture en (se) jouant de multiples références culturelles et en proposant une brillante relecture parodique du film noir. Le second permet quant à lui au dessin-animé d’investir le genre de la science-fiction avec un ton résolument adulte qui ouvrira la voie à des réalisateurs nippons désormais bien connus des amateurs d’animation japonaise autant que du grand public : Mamoru Oshii (Ghost in the Shell), Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro) ou feu-Satoshi Kon (Perfect Blue, Paprika). Ces deux grandes réussites artistiques nous semblent pouvoir marquer symboliquement le commencement d’un cinéma d’animation mature et adulte. Sans constituer une limite rigide, l’année 1988 sera ainsi considérée comme commencement de la période étudiée et les communications ne devront pas excéder trop largement en amont cette date 30 symbolique. Cela nous semble d’autant plus important que la fin des années 1980 illustre aussi l’explosion de l’animation sérielle. Certaines séries animées deviennent en effet de véritables phénomènes de société à l’instar des Simpson ou des programmes nippons massivement diffusés par le Club Dorothée lesquelles participent, qu’on le veuille ou non, de l’évolution et de la révolution de l’animation depuis la fin des années 80 et pourront parfaitement trouver leur place dans ce colloque, comme d’autres productions américaines qui, suivant le modèle des Simpson, s’adressent à un très large public : Beavis and Butt-Head, Daria ou, plus récemment, South Park. Dans cette perspective, nous voudrions vous suggérer ici quelques pistes de réflexion destinées à mettre en lumière la généricité bien spécifique de l’animation et son lien à la postmodernité : - La question de la technique et du progrès technologique : L’animation devenue genre à part entière se décline sous différentes formes liées à la créativité de chacun et à la diversité des supports employés : certains demeurent attachés au dessin traditionnel (Sylvain Chomet) quand d’autres lui préfèrent les images de synthèse (tous les films des studios Pixar) ou d’autres encore, la pâte à modeler (Nick Park avec Wallace et Gromit ou Adam Elliot avec le mélancolique Mary and Max). Cette question de la diversité des supports dans l’animation contemporaine pose indiscutablement celle de la place des nouvelles technologies dans les films d’animation. L’animation ne peut en effet se penser sans la technique. En ce sens, elle invite, depuis les années 80, à une réflexion sur les progrès de la technologie et corrélativement, sur ses pouvoirs et ses dangers. Le problème de la virtualité est de plus en plus au centre de films d’animation qui cherchent à copier la réalité et à lui faire ainsi concurrence. Des films comme Mary Poppins (1963) ou Peter et Elliot le dragon (1977) repoussaient déjà les limites techniques du film d’animation en faisant cohabiter acteurs de chair et personnages animés. Mais aujourd’hui, la problématique n’est plus de cet ordre. Le but s’est déplacé de la virtuosité technique à l’illusion de réalité et à la volonté de faire concurrence, grâce à des personnages de plus en plus anthropomorphes, aux acteurs réels. Sur ce point, l’adaptation animée du jeu vidéo Final Fantasy (2001) est révélatrice, de même que la tentative de création de personnages animés empruntant leurs traits à des acteurs réels (Tom Hanks dans Le Pôle Express de Robert Zemeckis). - La question de la réécriture, de la parodie et du décalage : Nous aimerions aussi interroger durant ce colloque la place accordée à la réécriture dans l’animation postmoderne. Une telle perspective impose 31 tout naturellement une réflexion sur la tradition du film d’animation et sur son traitement actuel. Le cas Disney semble sur ce point extrêmement révélateur. Loin de se cantonner à la féerie d’antan, l’animation américaine a récemment tenté de se détacher de la fiction pour enfants, qui mettait en scène princes et princesses avec solennité et candeur. L’évolution sociale et artistique a en effet imposé de nouveaux modèles de représentation qui consistent en une reprise parodique et détournée de la féerie traditionnelle. Bien que toujours inspirés de contes de fées, les nouveaux films des studios Dreamworks (la série des Shrek) ou Disney (Raiponce) jouent volontairement du choc entre les époques en présentant des couples issus du hors-temps du conte et faisant preuve d’une modernité à toute épreuve. Les princesses, désormais maîtresses-femmes, s’y révèlent tout aussi actives que leur prince et non plus cantonnées à la passivité. Toutefois, la question de la réécriture et de la parodie ne se limite pas au film féérique. Wall-E par exemple n’hésite pas à réécrire explicitement et avec beaucoup d’humour le 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick. Ce principe de réécriture permanente mérite donc d’être interrogé très largement. Il peut concerner la tradition de l’animation, mais aussi d’autres formes de traditions artistiques, telles que le cinéma dans son ensemble ou la littérature, à partir du moment où ces formes mettent en jeu une réflexion sur le mouvement postmoderne et sur ses principes de reprise décalée ou parodique. C’est la notion d’ironie propre à la postmodernité, telle qu’elle est mentionnée et analysée par divers théoriciens (Umberto Eco, Ihab Hassan), qui se profile ici et gagnera à être étudiée. - La question du rapport de l’animation postmoderne à l’Histoire, à la société et à l’idéologie : Les récents Persepolis de Marjane Satrapi (2007) et Valse avec Bachir de Ari Folman (2008), qui tissent des liens avec le monde contemporain, ont montré à quel point l’animation pouvait être en prise avec l’actualité et l’Histoire. Grâce à différents outils techniques et esthétiques, le film d’animation cherche désormais à dire le monde qui l’entoure et/ou à véhiculer un message politique, idéologique ou social. Les films de Miyazaki ont ainsi tous trait à des questions d’ordre écologique qui sont en résonance directe avec les préoccupations internationales contemporaines. Mais l’intérêt pour nous dans ce colloque serait, non de nous interroger sur le pur traitement thématique d’une donnée idéologique ou historique, mais bien de montrer en quoi la forme animée se présente comme un vecteur opérant dans ce domaine. Il serait ainsi intéressant de se demander pourquoi Ari Folman a choisi l’animation dans Valse avec Bachir et pourquoi celle-ci lui a semblé plus pertinente qu’un film à acteurs pour évoquer les massacres des camps de Sabra et Chatila en 1982. 32 Ces trois axes, qui pourront donner lieu à des propositions très diverses, ne sont naturellement pas exhaustifs. Des propositions portant sur la question de la mondialisation, sur le tiraillement entre spécificité(s) (d’un pays, d’un auteur) et uniformisation, sur la frontière entre art et entertainment dans l’univers de l’animation (en raison du poids des studios et des sociétés de production) et par conséquent, sur le lien entre postmodernité et marchandisation de l’art seront aussi les bienvenues. Les propositions de communication, de 500 mots maximum et accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique (nom, discipline, affiliation, domaine(s) de recherche), sont à envoyer à Vanessa Besand et Victor-Arthur Piégay à l’adresse [email protected] avant le 15 octobre 2011. 7. Journée d’étude des doctorants du laboratoire CAS (Cultures Anglo-Saxonnes) : « Passages », Vendredi 3 février 2012, Maison de la Recherche, Université de Toulouse II-le Mirail Comité scientifique : Nathalie Duclos, Christiane Fioupou, Aurélie Guillain, Daniel Huber, Nathalie Rivière de Carles, Nathalie Vincent-Arnaud. Organisateurs : Damien Alcade, Amélie Dochy et Céline Rolland Le thème « Passages » invite civilisationnistes, linguistes et littéraires à questionner la notion de changement, puisque le passage est celui d’un premier état à un autre ; c’est le même être, la même réalité, mais qui a évolué, s’est transformé jusqu’à devenir, parfois, méconnaissable. Il s’agit d’envisager le passage d’abord sur les plans temporel et spatial : il s’entend comme un moment (par exemple textuel, musical ou historique), par définition temporaire, éphémère, voire insaisissable (un moment « passager »), qui peut être provisoire ou irréversible. Le passage peut aussi signifier un lieu liminaire (géographique, métaphorique ou bien abstrait), carrefour entre deux espaces, deux réalités ou états a priori distincts qu’il permet de rapprocher et donc de faire dialoguer. Pont symbolique entre deux rives, le passage figure un trait d’union, l’espace d’un échange, d’un commerce et d’une communication fructueux pour ses acteurs. L’idée de flux contenue dans l’acception temporelle ainsi que dans l’image du pont sur la rivière se complète par celle de transmission : le 33 passage est en effet aussi le transfert d’un relais, d’un flambeau qui sert d’intermédiaire dynamique et ouvre sur une mutation, une métamorphose positive ou néfaste selon qu’elle est perçue plutôt comme un apport ou à l’inverse comme une perte, une dégénérescence. De ces moments passagers de bascule entre deux états, propices à un processus d’hybridation entre deux modalités différentes ou même opposées, peut naître l’instabilité, le malaise et l’angoisse, l’incertitude d’un devenir en construction. C’est ainsi que, de manière plus générale, les passages suscitent de nombreuses interrogations qu’il est intéressant de développer selon plusieurs axes disciplinaires. De natures très diverses, le passage peut être textuel, musical, architectural, un échange intertextuel ou intersémiotique, figuratif ou commercial, un espace de doute, d’hésitation et d’ambiguïté entre deux modalités littéraires ou linguistiques (du réel à l’irréel, d’un mot qui meurt pour laisser place à un autre, du passif à l’actif, par exemple) . Il peut s'agir également de franchir une limite, et le passage se fait alors transgression. L’étude de cette notion nécessite aussi une réflexion sur les concepts antinomiques comme immobilisme, repli frileux, pérennisation, répétition, fermeture et stase. La mise en regard de ces notions permettra d’éclairer l’idée du passager, insaisissable mais fertile. Les propositions de communications (titre et résumé de 300 mots), d’une durée maximale de 20 minutes et présentées en français ou en anglais, sont à envoyer à Damien Alcade, Amélie Dochy et Céline Rolland avant le 1er décembre 2011 à une des adresses suivantes : [email protected], [email protected], [email protected] Merci de préciser si vous avez besoin de matériel audiovisuel ou autre. 8. FORME ARTISTIQUE ET QUALITE DE RECEPTION Le Centre « Ecritures » de l’université Paul Verlaine de Metz lance un appel à communications pour les Quatrièmes Rencontres de l’effet de vie qui auront lieu à Metz les 3 et 4 février 2012. Ces Rencontres feront suite aux trois précédentes ayant porté successivement sur l’effet de vie et la musique, sur la cohérence et sur le surgissement créateur (Actes publiés à L’Harmattan, collection « L’Univers esthétique », dir. Véronique Alexandre Journeau). 34 Il s’agira de chercher à mieux connaître le comment et le pourquoi du rôle de la forme dans les œuvres dites réussies, étant entendu que le meilleur critère de valeur est celui du passage à la postérité. Les communications souhaitées seront réparties en 4 groupes : 1. Etudes d’œuvres : A propos d’une œuvre particulière, chercher à savoir dans quelle mesure les choix formels du créateur ont contribué à la valeur de l’œuvre. 2. Histoire des formes : Présenter et commenter la conception des qualités artistiques formelles d’un créateur ou de son école, voire de son temps, eu égard à la valeur artistique. 3. S’interroger sur les raisons de la durée de certaines formes fixes dans l’histoire. 4. Interroger à nouveaux frais la définition de la forme artistique dans la théorie de l’effet de vie. Le colloque étant interdisciplinaire, les communications pourront porter sur tous les arts et sur toutes les civilisations. Les propositions sont à envoyer à Pierre Halen ([email protected]) et/ou à Marc-Mathieu Münch ([email protected]) qui transmettront au comité scientifique avant le 1er novembre 2011. Les communications retenues seront choisies par le Comité scientifique avant le 1er décembre 2011. Les Actes seront publiés avec comité de lecture dans la collection « Recherches en littérature » du Centre Ecritures de Metz. COMITE SCIENTIFIQUE Pierre Halen directeur du centre Ecritures de l’université de Metz. Marc-Mathieu Münch, professeur émérite de littérature comparée à l’université de Metz. Jean Ehret, Research Fellow et Adjunct Professor (Sacred heart Univeristy) et membre associé du Centre Ecritures. Julie Brock, professeure à L’Institut de Technologie de Kyoto, responsable scientifique de projet à l’IIAS. François Guiyoba, professeur à l’ENS de Yaoundé. 35 NB La jeune école de l’effet de vie fonde ses recherches en esthétique sur la parole des artistes eux-mêmes et en particulier sur l’invariant anthropologique qui y a été isolé affirmant que les œuvres réussies sont celles qui génèrent un « effet de vie » dans la psyché ou dans le corps-psyché des récepteurs. Site de l’effet de vie et bibliographie www.effet-de-vie/org 36 COLLOQUES – CONGRES – SEMINAIRES Journée d’étude 30 septembre 2011 : Un exemple de mondialisation intellectuelle : le nom propre « 11 septembre » dans la littérature et la pensée européennes, organisée à l'université Montpellier III par le RIRRA 21 (axe « Littérature, discours critique, discours social », programme « Expressions littéraires et artistiques, idées et mentalités dans l'Europe d'aujourd'hui ») Philippe Marty ([email protected]) et Florence Thérond ([email protected]) Ce qui s'est passé le 11 septembre 2001 à New York s'appelle partout et dans toutes les langues (ou du moins en « occident », et selon le calendrier grégorien) : « 11 septembre » (sans l'indication du millésime). Ce nom propre parle autrement que d'autres noms propres désignant des événements ou des catastrophes majeurs ; autrement que « Pearl Harbor », par exemple. « Pearl Harbor » parle américain et s'écrit américain ; on peut ne pas savoir où se trouve ce lieu, le « Port de la Perle » ; ou savoir seulement que c'est « loin d'ici », à l'autre bout du monde, comme « Tchernobyl » ou « Fukushima », ce qui donne une possibilité d'éloigner, de médiatiser, et de situer (hors de moi, de ma sphère, si je suis Européen) l'événement. Mais dire « 11 septembre » est une façon d'envelopper instantanément tout le monde. L'effet de ce nom est immédiat, nul besoin d'ouvrir un atlas ou de réfléchir au sens, comme on peut réfléchir au sens, et donc aussi à la justesse ou à la traduction du nom hébreu « Shoah » qui s'est imposé maintenant – semble-t-il – comme le nom propre de ce qui longtemps s'est appelé plutôt « Holocauste ». « September eleventh » se traduit si aisément, si automatiquement, qu'il n'y a pas même à vrai dire traduction et effort de traduction. Personne ne peut dire qu'il ne sait pas ce que c'est, où cela se trouve, quand c'est, un « onze septembre ». Le « 11 septembre », étant donné ce nom, tout le monde y est, en est, est d'emblée embarqué. Ce nom se mondialise tout de suite et se répète « en boucle », comme l'image télévisuelle qui lui est associée et lui sert de référent. Est-ce la raison pour laquelle nous Européens, nous sommes sentis tout de suite « concernés » ? Mais concernés par quoi ? Par ce que ce nom désigne ? Mais que désigne-t-il d'autre qu'une immédiateté, un choc, un pur instant refermé sur lui-même et détaché de toute intrigue ? Dans « 11 37 septembre », le référent représente la chose la plus circonscrite, un point d'impact. Le nom associé à la chose l'élargit et la propage de manière à faire du point le monde entier, comme si les tours frappées étaient elles-mêmes le monde (le nom des tours, World Trade Center, disant en effet qu'elles sont le centre du monde). Ce qui s'est passé ce jour-là devient l'événement-image, un événement symbolique d'envergure mondiale, mais en même temps il signifie le monde résistant à la mondialisation, la « mondialisation triomphante aux prises avec elle-même » (Baudrillard). La littérature contemporaine n'a-t-elle pas affaire de plus en plus souvent à ces noms-empires qui commandent l'admiration, la sidération et l'adhésion, qui obligent l'écrivain à se sentir enveloppé dans un « nous » ? Pourtant l'événement pourrait ne pas me toucher immédiatement et personnellement, pourrait ne pas me toucher sous la forme du collectif total « nous sommes tous des – » (comme l'a écrit dans Le Monde Jean-Marie Colombani) et de l'identification. On peut penser qu'en Europe, le jour en question, on n'y était pas (pas aux Etats-Unis, pas à Manhattan, pas au World Trade Center), que la littérature et la pensée européennes (romans, nouvelles, théâtre, philosophie, etc.) ont pu interroger différemment le nom « 11 septembre » et en offrir une lecture individualisée contre les discours et les images homogénéisants ; que son univocité, son hégémonie et sa pertinence ont pu être, d'une façon ou d'une autre, mises en question, que sa mondialisation et son « absoluité » ont pu être l'objet d'une réflexion, d'une relativisation. C'est cela que notre journée d'étude voudrait examiner. Comment la subjectivité de l'écriture et l'indépendance de la réflexion s'accommodent d'un nom-monde et d'un nom imposé, comment l'intimité et l'individualité d'une part, la mondialité d'autre part (deux manières opposées de concerner et d'envelopper les sujets qu'on traite) coopèrent. Qu'est-ce qui s'appelle pour nous, Européens, « 11 septembre » ? Est-il possible, envisageable, souhaitable d'échapper à ce nom ? Quelle sorte de sujet (de fiction, de réflexion) est en Europe le « 11 septembre »? C'est peut-être, de façon plus générale, la question de savoir ce que sont une littérature et une pensée mondialisées. Septième séminaire interuniversitaire du «TIGRE», 2011-2012, École Normale Supérieure, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris animé par Evanghélia STEAD, Professeur de Littérature Comparée à l'UVSQ Réseaux des revues artistiques et littéraires en Europe (1880-1920) Le samedi matin à l’ENS-Ulm (salle Simone Weil), 11h-13h00 pour les étudiants : S1 + S2, Libre (1,5 ECTS /semestre) Contact : [email protected] 38 PRESENTATION : A compter de 1880, les revues littéraires et artistiques, créées par de jeunes gens pleins d’idées et d’entrain, foisonnent en Europe, dans un climat de liberté d’expression et d’innovation, favorisé par plusieurs nouvelles lois qui régissent la presse, les rassemblements et les publications, et aident à l’extension du lectorat. A priori petites, mais appelées à devenir grandes pour certaines, les revues bouleversent le champ de l’édition et ouvrent de nouvelles possibilités d’expression pour plusieurs générations de jeunes littérateurs et artistes Ce séminaire, axé sur l’interaction des phénomènes littéraires, iconographiques et éditoriaux, propose une exploration de la notion de réseaux appliquée aux revues littéraires et artistiques en Europe en mettant l’accent sur les relations entre les modèles esthétiques, idéologiques, graphiques et typographiques des périodiques. En privilégiant la perspective européenne, il tentera de cerner : la circulation des modèles de revues (typographie et mise en pages en relation avec le contenu, le programme/manifeste et les objectifs des revues, leur titre, leur audience et leur lectorat) ; la circulation des textes (traductions et comptes rendus compris), l’introduction de nouvelles idées, le passage de formes, d’idées et d’esthétiques d’un pays à l’autre ; la circulation des images sur une base à la fois artistique et commerciale. Les rapports entre hommes de lettres et artistes, cercles et coteries, collaborateurs et direction, champs culturels, édition, galeries et spectacles devraient ainsi s’éclairer et se préciser d’un pays à l’autre à travers l’Europe. BIBLIOGRAPHIE : La Belle Époque des revues: 1880-1914, sous la direction de Jacqueline PluetDespatin, Michel Leymarie et Jean-Yves Mollier, Paris, Éditions de l'IMEC, 2002. L'Europe des revues (1880-1920) : estampes, photographies, illustrations, sous la direction d’Evanghélia Stead et Hélène Védrine, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 2008. 1) Samedi 1er octobre 2011 : Ouverture : Penser les réseaux entre revues. Évanghélia STEAD (Un. de Versailles-Saint-Quentin) : Premiers portraits d’Aubrey Beardsley dans l’Europe des revues (Angleterre, France, Italie, Allemagne, États-Unis). 2) Samedi 15 octobre 2011 : Modèles graphiques et typographiques Julien SCHUH (Un. de Reims Champagne-Ardenne) : Autour du Rire: diffusion 39 du synthétisme graphique, de la publicité à l'avant-garde et vice-versa. 3) Samedi 19 novembre 2011 : Les réseaux entre continents Katia Aily Franco de CAMARGO (Universidade Federal do Rio Grande do Norte) : La Revue des Deux Mondes, icone du savoir au Brésil. 4) 3 décembre 2011 : Réseaux des revues d’art tchèques Marketa TEINHARDT (Paris IV) : Umelecky mesicnik (Mensuel de l'art, 1911-1914) et les avant-gardes tchèques et internationales 5) 7 janvier 2012 : Réseaux des revues françaises Delphine DURAND (docteur en histoire de l’art, Un. de Toulouse - Le Mirail) : Les amitiés littéraires et artistiques des frères des Gachons: de L'Album des légendes à L'Hémicycle (1894-1904), dix ans de création et d'échanges au sein de la fin de siècle et du symbolisme. 6) 21 janvier 2012 : Réseaux allemands et revues satiriques Jean-Claude GARDES (Un. de Brest, responsable du réseau de l’EIRIS) : Der Wahre Jacob (1884-1933) : le succès d’un organe de parti à l’écart des circuits traditionnels. 7) 4 février 2012 : Incursion dans les réseaux roumains des revues Adriana SOTROPA (docteur en histoire de l’art, Paris I Panthéon-Sorbonne) : Autour du Symbolisme : Ileana (1900-1901) et les petites revues bucarestoises à la fin du XIXe siècle 8) 18 février 2012 : Réseaux des revues et bases de données actuelles Julia THOMAS (Cardiff University, Grande Bretagne) and Lorraine Janzen KOOISTRA (Ryerson University, Canada) : Comment The Database of MidVictorian Illustration et The Yellow Nineties on line ont-elles été pensées ? 9) 10 mars 2012 : Réseaux, revues et vie littéraire entre image et écriture Yoan VERILHAC (Université de Nîmes) et Véronique SILVA (doctorante, RIRRA 21, Université de Montpellier III): La circulation des portraits d’écrivains dans les petites revues symbolistes 10) 24 mars 2012 : Réseaux et Panthéons Pierre PINCHON (docteur en histoire de l’art, commissaire d’expositions) : Autour des Essais d'art libre (févr. 1892- oct. 1894). 11) 14 avril 2012 : De l’Europe en Catalogne et vice versa Sarah JAMMES (doctorante, Paris III) : Pèl & Ploma: de revue catalane sous influence à revue européenne influente ? 40 XXXVIIe Congrès de la SFLGC. Bordeaux. 27 - 29 octobre 2011. Traduction et partages : que pensons-nous devoir transmettre ? [email protected] et [email protected] L’objectif de ce congrès est d’interroger les enjeux, pour la littérature comparée, de ce que les anglo-saxons appellent Translation Studies et les francophones, non sans réticences, « traductologie ». Il s’agira certes d’éprouver une théorie, une critique ou encore une poétique de la traduction, mais aussi de convoquer des pratiques et des praticiens et de réfléchir à l’opération de partage qu’est la traduction conçue comme représentation d’un texte et de ses divers codes. On procédera alors par comparaison avec d’autres représentations (adaptations, histoire littéraire, discours critique) qui opèrent comme des traductions : ils sont des passages dans un autre medium linguistique, dans un autre système de signes ou dans une autre situation de communication. Une grande diversité d’approches pourra donc être envisagée ; toutefois, les travaux devront prendre en compte le constat fait par Erich Auerbach au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale : « ce qui est certain est que notre patrie philologique est la terre ; ce ne peut plus être la nation ». C’est qu’il s’agit de mesurer la capacité des comparatistes à promouvoir la lecture dans un espace plurilingue ; qu’ils se réfèrent aux travaux de JeanRené Ladmiral, à ceux d’Antoine Berman ou d’Henri Meschonnic ; qu’ils participent au vaste projet HTLF (Histoire des Traductions en Langue Française, sous la direction d'Yves Chevrel et de Jean-Yves Masson, à paraître aux éditions Verdier) ; qu’ils aient contribué à la réflexion publiée par le CRDP de Versailles en novembre 2007 Enseigner les œuvres littéraires en traduction ; qu’ils soient eux-mêmes traducteurs ou qu’ils fassent acte de lecture entre les langues. A travers les pensées et les pratiques de la traduction, nous voudrions interroger la responsabilité, la liberté et le pouvoir des passeurs de textes : dans quelle mesure forment-ils une communauté invisible en dialogue à travers l’espace et le temps ? Comment leur travail enrichit-il ou transformet-il la perception des arts et des savoirs ? Des chercheurs comme Daniel Cronin en Irlande, Anthony Pym en Espagne, Lawrence Venuti ou Emily Apter aux États-Unis ont commencé à mettre en évidence les enjeux éthiques, esthétiques et politiques de la traduction dans un espace de réception devenu mondial. En France, de plus en plus de comparatistes inscrivent leur réflexion dans ce champ mondialisé, « zone » 41 nouvelle d’appréhension du fait littéraire. Le congrès de Bordeaux voudrait interroger tout particulièrement les effets de ces changements d’échelle sur la mémoire et l’éducation littéraires. Le travail de la traduction confronte sans cesse, en effet, à une question à laquelle tout processus de partage engage à répondre : que pensons-nous devoir transmettre ? Il confronte aux notions complexes d’interprétation, d’équivalence, de fidélité et de transparence, lesquelles gagneront sans doute à être approchées par l’étude des rapports les plus divers non seulement entre les langues, mais aussi entre les langages des communautés savantes ou artistiques (le principe du communautarisme ou son rejet étant au cœur de la réflexion). Pré-programme (8 juillet 2011) Jeudi 27 octobre 2011 (Maison des Suds – Domaine universitaire 33607 Pessac – Tramway B arrêt « Montaigne/ Montesquieu ») Accueil des participants à partir de 8h30 9h-9h45 Ouvertures : VP Conseil Scientifique, directrice de l’équipe TELEM, directeurs de Centres associés (CLIMAS et AMERIBER), K. Zieger (SFLGC), comparatistes de Bordeaux 9h45 – 10h15 : Introduction et traduction musicale du Congrès 10h15-10h30 Pause 10h30-12h : 3 séquences parallèles (deux séries de 3 communications et un atelier) Séquence A : Voix et traces (domaine germanique) - Delphine Choffa (Université de Nantes) et Elisabeth Kargl (Université de Nantes) « Enjeux des transmissions des textes polyphoniques : Enfants des morts d’Elfriede Jelinek et Berlin Alexanderplatz d’Alfred Döblin » - Hans Hartje (Université de Pau /CRPHL) « Parlers jeunes en temps de guerre (Robert Neumann, Anthony Burgess) » - Robert Kahn (Université de Rouen) « La vieille loi de la vénerie : Walter Benjamin et l’auto-traduction » Séquence B : Traduction et politique (1) 42 - Rosario Gennaro (Artesis University College, Belgique) « Stracittà, Strapaese et le débat sur la traduction littéraire » - Christine Lombez (Université de Nantes) « D’une anthologie l’autre : que transmettre de la poésie allemande en français pendant/après l’Occupation ? » - Élodie Gaden (Université Grenoble III) « Translation », « adaptation » et « retraduction » des romans d'Out-el-Kouloub : réception contemporaine du féminisme égyptien Séquence C : Atelier « Traduction et musique » Participants : Aude Ameille (Doctorante, université Paris IV/CRLC) « Traduire pour ne pas traduire : les surtitres à l’opéra » ; Marjorie Berthomier (Université Paris-Descartes/CRLC) « Presque comme si tout était transmis directement » : Schoenberg, le Sprechgesang et la traduction » ; Michel Gribenski (Docteur, Université Paris IV) « Opéra en traduction ou en version originale ? L’exemple du Musikdrama wagnérien en France » ; Thomas Le Colleter (Doctorant, Université Paris IV/CRLC) « Don Quichotte dans la mélodie française : transposition d'un mythe » 12h-14h : pause déjeuner 14h-16h : 3 séquences parallèles (trois séries de 4 communications) Séquence A : Traduire et retraduire la poésie (1) - Evanghelia Stead (Université de Versailles-Saint-Quentin, CHCSC) « La littérature comparée comme traduction, recréation, commentaire » (corpus de la Seconde Odyssée) - Georges Varsos (Université d’Athènes, Grèce) « La traduction textuelle entre philologie et traduction : le cas homérique » - Enrica Zanin (Fondation Humboldt/Université de Göttingen, Allemagne) « Dante en France : traduire et transmettre La Divine Comédie » - Elvezzio Canonica (Université Bordeaux III) « La fleur sous le volcan : du désenchantement de Leopardi à l'espoir d'Unamuno dans sa traduction de La Ginestra ». Séquence B : Traduction et politique (2) - Thomas Barège (Doctorant, université d’Orléans) « Proust en espagnol : un ping-pong transatlantique » - Maialen Marín-Lacarta (Université Autonome de Barcelone, Espagne) « Les traductions de Mo Yan en Espagne : un exemple de la médiation du système littéraire anglophone dans la réception de la littérature chinoise contemporaine » 43 - Ibon Uribarri Zenekorta et Cristina Jarillot Rodal (Université du Pays Basque, UPV/EHU) « Politiques de la traduction dans un environnement multilingue » - Emmanuelle Grimaud (Doctorante, université de Limoges) « De l’intraduisible à la tour de Babel chez quelques auteurs amérindiens et non indiens » Séquence C : Pensées de la traduction - Lucie Campos (Docteur, Université de Poitiers) « De la traduction comme mnémotechnique (W.G. Sebald, J. Derrida, A. Berman, G. Didi-Huberman) » - Audrey Giboux (Docteur, Université Paris IV/CRLC) « De la fonction diplomatique de la traduction : la quête d’une nouvelle Europe des Lettres au début du XXe siècle » - Gabriel Moyal (Mc Master University, Canada) « Turbulences et traditions politiques : malaise dans la traduction » - Ourania Polycandrioti (Fondation Nationale de la Recherche Scientifique, Grèce) « Stratégies de traduction et principes pédagogiques à la fin du XIXe siècle » 16h-16h30 pause 16h30-18h : 3 séquences parallèles (deux séries de 3 communications et un atelier) Séquence A : Traduire et retraduire la poésie (2) - Julie Brock (Institut technologique de Kyôto, Japon) « Des paramètres de la traduction : comparaison entre la traduction en japonais moderne et en français de deux poèmes en japonais ancien - » - Jaeryong Cho (Université Korea, Séoul) « La traduction comme lieu de mémoire des textes : le « dialogisme » entre l’ « aventure de l’écriture » et la poésie coréenne de Kim Un » -Virginie Tellier (Doctorante, Université de Bourgogne) « De « Lenore » (1773) à « Lenora » (1831), traduction et création dans l'œuvre de Vassili Joukovski» Séquence B : Poètes traducteurs - Delphine Gachet (Université Bordeaux III), « Quatre grands poètes contemporains autour d’un sonnet : Montale, Ungaretti, Jouve et Bonnefoy traducteurs de Shakespeare » - Sandy Pécastaing (Doctorante, Université Bordeaux III) « Poe et Baudelaire, le souffle amical de la traduction » - Delphine Rumeau (Université Toulouse - Le Mirail) « Traduction, appropriation et revendication : l’exemple de Walt Whitman traduit en espagnol et en français par des poètes » 44 Séquence C : Atelier « Traduire aux siècles classiques : que pensaient-ils devoir transmettre ? » Coordinateur : Yen-Mai Tran-Gervat (Université Paris III) Participants : Claudine Le Blanc (Université Paris III) « Que transmet-on lorsque l’on traduit la littérature orientale aux siècles classiques ? »; Laurence Marie (Docteur, Université Paris IV) ; Zoé Schweitzer (Université de SaintEtienne) « Découvrir une langue, traduire une œuvre. L’exemple de Merope et Sansone de Scipione Maffei » ; *Véronique Lochert (Université de Mulhouse) ; *Claire Placial (Doctorante, Université Paris IV – Fondation Thiers) ; *Dimitri Garncarzyck (Doctorant, Université Paris VII) 19h buffet dînatoire au cinéma Utopia (Place Camille Jullian, Bordeaux) 20h30-22h Projection du film Traduire de Nurith Aviv et débat (Cinéma Utopia, Bordeaux). Vendredi 28 octobre 2011 (Maison des Suds – Domaine universitaire 33607 Pessac – Tramway B arrêt « Montaigne/ Montesquieu ») 9h-10h Conférence à deux voix : Georges-Arthur Goldschmidt et Jean-Pierre Lefebvre 10h-10h30 pause 10h30-12h30 : 3 séquences parallèles (deux séries de 4 communications et une table ronde) Séquence A : Traduction, formes contraintes - Christine Raguet (Université Paris 3) « Traduire les variations vocales en littérature caribéenne » - Marija Džunić-Drinjaković (Université de Belgrade) « Les enjeux éthiques et esthétiques de la (re)traduction » - Anne-Rachel Hermetet (Université d’Anjou) « Traduire en revue: quels enjeux? » (domaines français, italien, britannique) - George Zaragoza (Université de Bourgogne) « Les impératifs de la traduction théâtrale » 45 Séquence B : Traduire au XVIIIe siècle - Alessandro Scarsella (Università Ca’ Foscari Venezia, Italie) « Jean-Baptiste Vico (1668-1744): Science nouvelle et naissance de la théorie de la traduction » - Anne-Gaëlle Weber (Université d’Arras) : « La traduction des noms d’oiseaux : de la constitution d’une science par la traduction » - Elena Gretchanaia (Université d’Orléans) « Le premier modèle de la littérature galante et sa destinée en Russie : la traduction du Voyage de l’île d’Amour de Paul Tallemant par Vassili Trediakovski (1730) » - Carole Boidin (Université Paris X) « Traduire les Mille et une nuits : expropriation, greffe, transformation ? » Séquence C : Projets collectifs - 10h30 – 11h « Quelle politique de traduction en Méditerranée ? » : présentation du projet « Traduire en Méditerranée » par Ghislaine Glasson Deschaumes (Directrice de la revue internationale de pensée critique Transeuropéennes) - 11h- 12h30 Table ronde « Des voix en partage : la traduction-communion », Collectif Passages (université Bordeaux III) Coordinateur : Nicole Ollier (Université Bordeaux III) Participants : Sophie Rachmul, Joachim Zemmour (Doctorant), Sophie Léchauguette, Lhorine François, Stephanie Benson, Mathilde Arrivé, [Sara Mazzolini] 12h30-13h45 pause déjeuner 14h : CA de la SFLGC 14h-16h : 3 séquences parallèles (une série de 4 communications et deux tables rondes) Séquence A : Traduction et intertextualité - Vincent Ferré (Université Paris XIII) « Traduire une réécriture néomédiévale : Tolkien et la tradition nordique (The Legend of Sigurd) » - Arnaud Huftier (Université de Valenciennes) « Les sens de Prométhée : sur quelques traductions (espagnol, anglais, allemand, italien, néerlandais et russes) du Malpertuis de Jean Ray » - Rainier Grutman (Université d’Ottawa, Canada) « Qui a peur de Nancy Huston? Autotraduction et auctoritas » - Katrien Lievois (Artesis University College, Belgique) « Les bibliothèques circulaires. Traduire l’intertextualité et la parodie » 46 Séquence B : Table ronde « Traduction et culture » Participants : Inês Oseki-Dépré (Université de Provence) « José de Alencar, le premier « anthropophage » moderne (dialogue entre Atala, de F.-R. de Chateaubriand et Iracéma, de José de Alencar)» ; Marcelo Jacques de Moraes (Universidade Federal do Rio de Janeiro, Brésil) « Vivre entre langues: langue, lieu/ traduction de l’expérience »; Marie-Hélène C. Torres (Universidade Federal de Santa Catarina, Brésil) « Les traductions et leur fonctionnement dans les cultures »; Philippe Humblé (Erasmus University College, Belgique) « Milton Hatoum en traduction française. Affirmation d’identité régionale et traduction globale » Séquence C : Table ronde « Evénements de traduction » Coordinateur : Myriam Suchet (CERCC, ENS Lyon) « Textes hétérolingues, textes traduits : évènements d’énonciations. Pour un comparatisme différentiel » Participants : Aurélien Talbot, Cécile Serrurier (Centre d’Etudes et de Recherches Comparées sur la Création de l’ENS Lyon), Ana Avaraki (Docteur, Paris VII, Education nationale grecque) « Littérature comparée, littérature mondiale et l’espace interculturel du texte traduit », Maya Boutaghou (Florida International University, Miami) « Une géopoétique du traduire, deux exemples de lectrices- traductrices : Toru Dutt (1856-1877) et Mayy Ziyadah (1886-1941)», Ilena Antici (Docteur, Paris Ouest Nanterre-La Défence) 16h-19h : assemblée générale de la SFLGC 20h : banquet du congrès Samedi 29 octobre 2011 IJBA (Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine) 1, rue Jacques Ellul, Bordeaux 9h-9h45 Conférence de clôture d’Alexis Nouss (Université de Cardiff) 9h45-10h pause 10h-11h30 : 2 séquences parallèles (un atelier et une table ronde) Séquence A : Atelier « Comment transmettre les œuvres en traduction dans l’enseignement de la littérature au lycée et à l’université? » Coordinatrice : Danielle Risterucci-Roudnicky (Université d'Orléans / Laboratoire Meta) 47 Participants : Yves Chevrel (Professeur émérite, Université Paris IV), Lise Chapuis (université Bordeaux IV), inspecteurs de l’éducation nationale Séquence B : Table ronde « Le travail du traducteur et sa transmission » Coordinateur : Jean-Yves Masson (Université Paris) Participants : Véronique Béghain (Université Bordeaux III), Olivier Mannoni (ATLF), Caroline Lepage (Université de Poitiers), Sara Pesatori (University of Reading, UK) « Vittorio Sereni translator of William Carlos Williams : A critical edition of his notebooks » 11h30-13h Hommage à Robert Escarpit Témoignages, film, exposition photo, interventions de Daniel-Henri Pageaux (Professeur émérite de l’Université de Paris 3), Nicole Robine, Jean Charron (IJBA) 48 Publications des comparatistes Michel Arouimi : Jünger et ses dieux : Rimbaud, Conrad, Melville, Paris : Orizons, 2011, 248 p. Le sens du sacré, chez Ernst Jünger, s’est d’abord nourri de l’expérience de la guerre, ressentie comme une manifestation de la violence que le sacré, dans ses formes connues, semble conjurer. D’où le désir, toujours plus affirmé chez Jünger, d’une nouvelle transcendance. Mieux que dans ses pensées philosophiques, ces problèmes se poétisent dans ses grands romans où revivent les mythes dits premiers. Or, ces romans sont encore le prétexte d’un questionnement des pouvoirs de l’art, pas seulement littéraire. Dans la maîtrise des formes qui lui est consubstantiel, l’art apparaît comme une réponse aux mêmes problèmes que s’efforce de résoudre le sacré. La réflexion de Jünger sur l’ambiguïté du sens de ces formes semble guidée par certains de ses modèles littéraires. Rimbaud a d’ailleurs laissé moins de traces dans son œuvre que Joseph Conrad et surtout Herman Melville, dont le Billy Budd serait une source méconnue du Lance-pierres de Jünger. La fréquentation de ses « dieux littéraires », parmi lesquels on peut compter Edgar Poe et Proust, a encore permis à Jünger d’affiner son intuition de l’ordre mystérieux qui s’illustre aussi bien dans la genèse de l’œuvre écrite que dans un destin humain. Lise BERGHEAUD, Queneau et les formes intranquilles de la modernité 19171938:lectures du récit anglo-saxon des XIXè-XXè siècles, Honoré Champion, Paris, 2010. Éclairer les liens entretenus par l’œuvre narrative de Raymond Queneau avec les récits des auteurs anglo-saxons qu’il a lus et recensés de 1917 à 1938, tel est le propos de cette étude. À partir d’un classement raisonné des listes de lectures de Queneau se dessine une assemblée de dix auteurs anglophones précurseurs ou emblèmes de la modernitéen littérature, dont les écrits entrent en résonance prolongée avec les textes queniens. L’établissement d’un tel socle empirique est la condition de l’approfondissement puis du dépassement de filiations rappelées par la critique. C’est, dès lors, par la confrontation minutieuse des écritures que s’identifient des corrélations plus souterraines, méconnues. Dans ce cadre, il s’agit d’apporter des réponses à la question qui parcourt les examens textuels et qui les unifie : comment Queneau inscrit-il sa singularité littéraire dans le terreau d’une poétique moderne qui déstabilise radicalement les composantes de la fiction classique en soupçonnant la viabilité d’une représentation signifiante ? Ou encore, et 49 complémentairement: comment Queneau, entouré de ses pairs anglo-saxons, figure-t-il littérairement une ontologie de l’inquiétude face à l’abolition possible du sens du monde et des êtres ? Émerge finalement la figure d’un Queneau découvreur, précoce et pénétrant, de ce qui deviendra la tradition littéraire moderniste ; un découvreur qui en a fait l’une des nourritures substantielles de son génie artistique propre. Collection Bibliothèque de Littérature Générale et Comparée, N° 87. 608 pages. ISBN 978-2-7453-2074-2 Relié, 115 € http://www.honorechampion.com/objart/pdf/champ/c at/Publications%202010.pdf(p.12) Collection Poétiques comparatistes ÉTUDES POSTCOLONIALES sous la direction d’Yves Clavaron 2, 2011. Introduction : Yves Clavaron : Histoire d’un retard. Pratiques postcoloniales David Murphy : Les études francophones postcoloniales en Grande-Bretagne. Réflexions sur l’émergence d’un comparatisme transcolonial. Véronique Porra : Les études postcoloniales francophones en Allemagne (Afrique subsaharienne/Afrique du Nord). Remarques sur la constitution d’un champ scientifique moderne. Lieven D’hulst : Études postcoloniales et questions de traduction. Variétés postcoloniales Barbara Dos Santos : Littératures postcoloniales d’Afrique lusophone. Kim Andringa : Littératures des Caraïbes néerlandaises. Sylvie André : Globalisation et identités locales dans les littératures du Pacifique francophone. Claudine Le Blanc : Littératures de l’Inde et études postcoloniales. De l’histoire des subalternes à la domination (contestée) de la théorie. Pour conclure Jean-Marc Moura : Prolonger et renouveler les études postcoloniales. Bilan critique Yves Clavaron 50 Postérité de John Ruskin- L’héritage ruskinien dans les textes littéraires et les écrits esthétiques, études réunies par Isabelle Enaud-Lechien et Joëlle Prungnaud, Classiques Garnier, Collection Rencontres, Etudes dixneuviémistes, n° 6, 2011. Au croisement de l’histoire de l’art et de la littérature, ce recueil d’articles explore la postérité de John Ruskin dans les écrits esthétiques et les textes littéraires. Il rend compte de cas précis de « réception créatrice » : emprunts assumés ouréférences occultées, réminiscences, reprise fidèle ou dévoyée… Cette remontée aux sources, qui doit beaucoup aux nouvelles approches critiques, invite à découvrir ou à revisiter le corpus ruskinien et entend le rendre accessible au public francophone. E.T.A Hoffmann, Contes nocturnes, contes traduits de l’allemand, présentés et annotés par Alain Montandon, Classiques Garnier, Littératures européennes (sld Alain Montandon et Françoise Lavocat), Série Littératures gérmaniques n° 1, 2011. Françoise Quillet, Le théâtre s’écrit aussi en Asie, L’Harmattan, collection Univers théâtral, 2011. Les études consacrées aux théâtres classiques d’Asie concernent souvent leur dimension scénique. Rares sont celles qui s’intéressent au poème dramatique. Pourtant ces théâtres n’ont jamais fait l’économie dutexte. La Fleur benefique de Saugandhikam (Inde), Le Pavillon aux pivoines (Chine) et Matsukaze (Japon) sont des exemples éminents des noces intimes qui s’opèrent en Asie entre scène et texte. L’analyse de ces trois pièces fait découvrir des théâtres qui ne sont pas passés par le pli de la pensée aristotélicienne et classique occidentale. Le présent travail, par les relations qu’il observe entre texte et scène, à travers la musique et la danse, apporte sa contribution à nos connaissances des théâtres classiques d’Asie mais nourrit aussi, plus largement, notre réflexion sur la fabrique du théâtre. Nul doute que cette étude soit dynamique et fertile pour qui s’intéresse au théâtre contemporain. Françoise Quillet, Arts du spectacle, Identités métisses, L’Harmattan, Collection Univers théâtral, 2011, 264 p. Voici rassemblées des études qui présentent les arts du spectacle d’Indonésie, d’Inde, de Chine, de Taïwan, du Japon, du Brésil, du Pérou et d’Europe. A l’intérieur de chacune de ces cultures, les arts observés ici répondent à des 51 caractères multiples, par la diversité de leurs langages, par les tensions entre tradition, classicisme et modernité mises en oeuvre comme par celles installées entre les cultures locales et la mondialisation. Aujourd’hui, la notion d’identité se crée, se perd, se retrouve métamorphosée dans le jeu des créations multiculturelles. On ne saurait croire à la transparence de cette notion ainsi qu’à la neutralité de son usage, dès lors qu’on considère son utilisation politique. Le mot s’autorise non d’une nécessité mais d’une commodité, relève moins de la raison que de la production. Plus que d’identité des arts, il est souhaitable de parler de diversité. On passera ainsi d’une stérile défense de l’identité culturelle à la fécondité née du dialogue des cultures. Cette fécondité produira des conditions d’une reconsidération de l’identité humaine, alors que l’ère du numérique pose la question « de l’orientation de l’art et de l’espèce humaine ». Françoise Quillet, L’opéra chinois contemporain et le théâtre occidental. Entretiens avec Wu Hsing-Kuo, L’Harmattan, Collection : Univers théâtral, 2011, 106 pages. Si l’on cherche des renseignements sur Internet, Wu Hsing-Kuo est mentionné comme un célèbre acteur de cinéma qui a joué aux cotés de Jacky Chan et de Gong Li. Mais cet ouvrage s’intéresse non à l’acteur mais à l’homme de théâtre qui dit préférer le théâtre au cinéma même s’il lui faut gagner moins et travailler davantage. Les entretiens rapportés ici sont le témoignage vivant d’une aventure théâtrale unique dans laquelle s’établit la fusion du théâtre chinois et du théâtre occidental à travers l’adaptation de pièces shakespeariennes, de tragédies grecques, du théâtre de Beckett et de l’oeuvre de Tchékhov. Comment être à la fois fidèle à la forme artistique de l’opéra de Pékin et vouloir être le moteur du renouvellement de ses formes ? Wu Hsing-Kuo, un des grands réformateurs non seulement de la scène chinoise mais de la scène internationale, immense acteur, homme de théâtre exceptionnel donne ici ses réponses. COLLECTION « LONG-COURRIERS » La collection « Long-courriers », consacrée aux littératures postcoloniales (au sens large) francophones, anglophones, lusophones, hispanophones ou néerlandophones, se décline en deux registres, dans une dimension à la fois diachronique et synchronique : textes de l’ère coloniale (XIXe et début du XXe) et essais sur les littératures postcoloniales. 1/ Série rééditions de textes anciens avec postface : Parus en avril 2011 : 52 1. Robert Delavignette, Les paysans noirs (J. Riesz, Université de Bayreuth) 2. Jehan D'Ivray, Au Cœur du harem (E. Gaden, Université de Grenoble III) À paraître en septembre 2011 : 3. Justin Lhérisson, La Famille des pitite-caille ; Zoune chez sa Ninnaine (L.F. Hoffmann, Université de Princeton) 4. Charles Renel, La Fille de l’île rouge (D. Ranaivoson-Hecht, Université de Metz) 2/ Série essais : 1. Yves Clavaron, Poétique du roman postcolonial, 2011 2. Delphine Japhet, Écritures rumorales dans la littérature du Congo (à paraître 2012). Nous souhaitons rééditer Le roman de la conquête de Louis Bertrand (1930) et recherchons un-e universitaire susceptible de rédiger la postface (présentation de l'auteur, du contexte, et du texte) en 45000/ 50000 signes environ. Si vous avez des propositions de rééditions ou d'essais, n'hésitez pas à nous contacter. Yves Clavaron : [email protected] Évelyne Lloze : [email protected] Série Samuel Beckett, Lettres modernes Minard, (Collection: « La Revue des Lettres modernes ») PRESENTATION Samuel Beckett occupe sans doute une place à part au sein de la littérature française, en raison de la spécificité linguistique qui caractérise son œuvre. En effet, la diversité des genres qu’il a pratiqués (poèmes, romans, pièces, films, fictions brèves, œuvres pour la radio ou la télévision) revêt certainement moins d’importance que le partage de sa production entre les langues française et anglaise. Cette orientation bilingue entraîne des conséquences pour le statut de ses écrits, pour leur étude et la manière dont se forment les groupes de chercheurs qui se penchent sur son œuvre. D’origine irlandaise, Beckett s’installe définitivement en France en 1937 — à l’âge de trente et un ans —, où il vit jusqu’à sa mort en 1989. Malgré ce choix — qui fut décisif pour sa vie et pour son écriture — Beckett n’a cessé de rédiger en deux 53 langues : français et anglais. En dépit de l’importance considérable du bilinguisme de cet auteur, la plupart des recherches privilégient encore la partie de l’œuvre composée en anglais. De même, l’immense majorité des publications critiques émanent du monde anglo-saxon. Aussi se trouve-t-on face au paradoxe selon lequel l’œuvre est célébrée sur le plan international, mais voit son importance quelque peu relativisée dans son pays d’accueil. Cette inégalité dans la répartition des travaux critiques est renforcée par le fait que tout un pan du travail universitaire reste à faire. On remarque, par exemple, qu’il n’existe pas d’édition critique de l’œuvre en français, et que nombre de textes en anglais n’ont pas été publiés en France; sans compter la nécessité fondamentale d’une édition bilingue complète, qui seule serait à même de respecter la singularité et la véritable ampleur de cette œuvre. Par la création d’une Série Samuel Beckett dans la collection « La Revue des lettres modernes », on a donc souhaité fournir la possibilité de s’exprimer à un groupe de chercheurs autour de l’œuvre de Beckett en France. Cette Série présentera l’intérêt d’apporter, aux divers échanges déjà existants, une base matérielle et un forum régulier, ainsi qu’une contribution non négligeable à une dynamique d’échanges. La conception de la Série Samuel Beckett et sa composition s’orientent en fonction de la disposition particulière de l’œuvre et de la recherche, notamment du point de vue linguistique. Par la nature même de l’œuvre et des études beckettiennes, les échanges possèdent une dimension internationale. Une Série Samuel Beckett se doit d’intégrer ce facteur, notamment en recueillant des contributions en provenance de l’étranger et, en retour, la Série, à l’image de toutes les Séries de la collection déjà existantes, est appelée à connaître une diffusion internationale. Face au déséquilibre linguistique, un renforcement de la production française est éminemment souhaitable. La Série se compose donc d’études de fond dans cette langue, afin d’assurer un apport à l’égard du lectorat universitaire. Comme il est de tradition, la Série Samuel Beckett est ouverte à une multiplicité d’approches et, à l’instar des Séries existantes, chaque livraison sera divisée en une partie thématique, suivie d’une section contenant une diversité de contributions “hors cadre”, permettant d’ouvrir d’autres pistes de réflexion. En revanche, l’ensemble de l’œuvre de Beckett fera l’objet des études publiées : tant les textes en français que ceux en anglais (avec une préférence pour l’étude des textes rédigés ou adaptés par l’auteur lui-même, plutôt que pour les traductions). On peut supposer, à cet égard, que contributeurs et lecteurs seront, pour une partie importante, bilingues, cette exigence étant un présup- posé essentiel pour l’étude approfondie de cet auteur. Toutefois, afin d’assurer une meilleure communication, chacune des contributions sera accompagnée de son résumé bilingue. Comme il semble utile de favoriser la connaissance de l’actualité des recherches du monde anglophone auprès d’un public de chercheurs français, des recensions des nombreux travaux paraissant à l’étranger seront réalisées de manière systématique. Le volume 54 inaugural, intitulé “L’Ascèse du sujet”, traite d’un thème à la fois fondamental, et fédérateur d’une diversité d’approches. Le deuxième volume, intitulé “Enjeux d’esthétique” est en préparation. Il traite de certains effets esthétiques, en les situant au sein d’une triangulation structurante : parole et silence, visible et regard, et enfin, l’irréductible matérialité du corps. Ces deux volumes visent à la fois à renouveler la perception de l’écriture de Beckett, à éclaircir et à recentrer les enjeux, et à créer une dynamique pour les livraisons à venir. Llewellyn BROWN SAMUEL BECKETT 1 – “L’ASCÈSE DU SUJET” Lettres modernes Minard (Collection: « La Revue des Lettres modernes ») Présentation de la Série “Samuel Beckett”, par Llewellyn Brown avant-propos, par Llewellyn Brown I. L’ASCETISME ET LE CORPS 1. Le Corps en suspens dans la “Trilogie” de Samuel Beckett, par Natália LARANJINHA 2. Traité sur le mouvement ascétique chez Beckett et Kazantzakis : garder la pose, par Katerina KANELLI 3. Mutiler le corps pour abolir le désir : « Nonché la speme il desiderio », par Chiara MONTINI II. LE DESIR PUR D’EN FINIR 4. Cap au pire et le désir d’en avoir fini, par Anthony UHLMANN 5. Beckett, en adaptant Godot : la peine ou pas, par Dirk VAN HULLE III. UN SUJET INEFFAÇABLE 6. Le Monologue de Samuel Beckett sur la mort : « Ne fut jamais d’autres questions », par Franz KALTENBECK 7. Excavations poétiques dans l’écriture de Samuel Beckett, par Nadia LOUAR 8. Désir textuel et inscription du sujet chez Samuel Beckett (avec Deleuze et Lacan), par Isabelle OST 9. Samuel Beckett : du désir au roc de l’existence, par Llewellyn BROWN RESUMES (français-anglais) V. COMPTES RENDUS DES PARUTIONS DE L’ANNEE 2008 BRANIGAN, Kevin : Radio Beckett: Musicality in the Radio Plays of Samuel Beckett. (par M. BOUSQUET) – GROSSMAN, Évelyne : L’Angoisse de penser (par J. SIBONI) – MÉVEL, Yann : L’Imaginaire mélancolique de Samuel Beckett, de « Murphy » à « Comment c’est » (par I. OST) – OST, Isabelle : Samuel Beckett et Gilles Deleuze: cartographie de deux parcours d’écriture (par J. SIBONI) – 55 POTHAST, Ulrich : The Metaphysical Vision: Arthur Schopenhauer’s Philosophy of Art and Life and Samuel Beckett’s Own Way to Make Use of It (par J. CAMPBELL) – VAN HULLE, Dirk : Manuscript Genetics, Joyce’s Know-How, Beckett’s Nohow (par M. BOUSQUET). Béatrice Jongy, L’Invention de soi, Rilke, Kafka, Pessoa. Avec une préface de Robert Bréchon. Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2011. 475 p. ISBN 978-90-5201-675-7 br. € 49.50 Dans une Europe en crise, à la même période, au même âge, Rilke écrit Les Carnets de Malte Laurids Brigge, Kafka son Journal et Pessoa Le Livre de l’intranquillité. C’est un « je » personnage, plus ou moins fictif, qui tient son journal, qu’il s’appelle Malte, Soares ou simplement Franz. Pour qui habite mélancoliquement le monde, l’écriture de soi est bien plus qu’un instrument de connaissance, c’est une tentative de renaissance, d’autogenèse. Naître littérature, puisque la littérature est Tout… La fiction de soi mène ces grands découvreurs des espaces intérieurs à travers les limbes, où la mélancolie côtoie la mort et la folie. Leurs livres rendent les mouvements mêmes de l’âme et inventent un nouveau lyrisme. Inquiéteur du genre humain, l’Orphée moderne est animé d’une conscience à la fois tragique et ironique. Ivres de leurs métamorphoses, créateurs de mythes, Rilke, Kafka et Pessoa pressentent qu’ils seront des précurseurs. Car si le diable est l’inventeur de l’absurde, il est aussi, tel le poète, le porteur de lumière… Cette étude, pour la première fois, fait se croiser les feux de ces trois « phares inutiles dans l’Océan désert », selon le mot de Robert Bréchon, poète et éminent spécialiste de Pessoa dont il a édité les oeuvres. Lue à la lumière des deux autres, chacune des oeuvres jette des reflets inattendus, où miroitent les fondements même de l’écriture contemporaine de soi. Contenu : L’écriture de soi dans le journal intime – L’Europe au tournant du XXe siècle – Le sujet moderne : crise de l’identité et du langage – Fiction de soi et autogenèse – Angoisse, folie et discours du corps – Les limbes, la mort – De la mélancolie à l’ironie : un nouvel Orphée – Le rôle de l’image et les figures du lyrisme – Écriture du Neutre et du fragment – La littérature de la modernité : iconoclasme et voie sacrée. e-mail : [email protected] Site Internet : www.peterlang.com 56