Jullien Claire

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Jullien Claire
Jullien Claire
Lemarié Olivier
Décembre 2005
Projet personnel de cindynique
LE GRAND INCENDIE DES LANDES DE 1949
Tuteur : Lucien Coste
Le grand incendie des Landes : 1949
Jullien Claire
Lemarié Olivier
Sommaire
INTRODUCTION .................................................................................................................................................. 3
I.
QUE S’EST-IL PASSE ? ............................................................................................................................. 4
1)
2)
3)
II.
LOCALISATION SPATIALE ET TEMPORELLE ............................................................................................ 4
AMPLEUR DES DEGATS ............................................................................................................................. 5
CAUSES DE L’INCENDIE ............................................................................................................................ 7
a.
Ce qui peut être supposé ..................................................................................................................... 7
b.
Déclenchement et mécanismes des feux de forêts en général ........................................................... 7
MOYENS UTILISES ET SITUATION A CETTE EPOQUE .................................................................. 10
1)
MESURES MISES EN PLACE ..................................................................................................................... 10
Création des associations syndicales de DFCI................................................................................. 10
Reboisement ...................................................................................................................................... 11
2)
MOYENS MATERIELS ET HUMAINS ........................................................................................................ 13
3)
CONTRE-FEUX/COUPE-FEUX ................................................................................................................. 13
a.
Contre-feux........................................................................................................................................ 13
b.
Coupe-feux ........................................................................................................................................ 14
4)
IMPACTS IMMEDIATS SUR L’ECONOMIE DU BOIS .................................................................................. 15
a.
b.
III.
IMPACTS/COMPARAISONS AVEC LA SITUATION ACTUELLE................................................. 16
1)
2)
a.
b.
3)
a.
b.
4)
a.
b.
c.
5)
6)
a.
b.
7)
a.
b.
c.
d.
EVOLUTION DES FEUX DE FORET EN FRANCE DE 1991 A 2003 ............................................................. 16
LES FEUX DE FORET EN FRANCE EN 2003 .............................................................................................. 16
la région méditerranéenne................................................................................................................ 16
Autres zones touchées ....................................................................................................................... 17
IMPACT DE L’INCENDIE POUR LA REGION ............................................................................................. 17
Impact du feu sur le milieu naturel .................................................................................................. 18
Possibilité de repenser l’aménagement de la zone ........................................................................... 18
ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE DE PREVENTION : ASPECTS TECHNIQUES........................................ 18
Quatre grands types d’actions .......................................................................................................... 18
Veille pour la prévention des risques................................................................................................ 19
la planification des actions ............................................................................................................... 19
ORIENTATION DE LA POLITIQUE DE PREVENTION : ASPECTS HUMAINS .............................................. 20
FINANCEMENT DE CES ACTIONS ET ASPECTS REGLEMENTAIRES ......................................................... 20
Financement de l’Etat....................................................................................................................... 20
Les aides européennes....................................................................................................................... 21
LES MOYENS MIS EN JEU AU QUOTIDIEN ................................................................................................ 21
La protection civile............................................................................................................................ 21
Les acteurs au quotidien ................................................................................................................... 22
l’aviation............................................................................................................................................ 23
l’apport des technologies................................................................................................................... 24
CONCLUSION..................................................................................................................................................... 25
BIBLIOGRAPHIE............................................................................................................................................... 26
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Introduction
Le département des Landes est avec le Var le département le plus boisé de France. En
effet la forêt des Landes de Gascogne s'étend sur une grande partie des départements français
des Landes et de la Gironde. Elle déborde également sur les départements du Lot-et-Garonne,
du Gers et de la Dordogne.
Le massif forestier landais est consacré au pin maritime, introduit artificiellement pour
la plus grande partie à la fin du 19ème siècle, et couvre 1 millions d’hectares. Le pin maritime
joue un rôle majeur dans la filière bois régionale et dans l’économie d’Aquitaine.
Quelques chiffres clés sur la forêt des Landes pour 2004 :
92% de forêts privées
5 départements concernés : Gironde, Landes, Lot et Garonne, Gers et Dordogne
27000 emplois industriels directs
30000 propriétaires de plus de 4 ha
15 Milliards de francs de chiffre d'affaires
5 % de forêts publiques gérées par l'ONF
des millions de visiteurs, promeneurs, et amoureux de la forêt
Image 1 : la forêt des
Landes de Gascogne
Excepté une bande littorale de 4 à 5 km de largeur, au relief marqué par une série de
chaînes dunaires parallèles à la côte, la topographie est plane, ce qui facilite la détection des
feux et l’accès aux foyers.
Pourtant, la forêt landaise fut la proie, dans les années 1940, de nombreux incendies
destructeurs.
C’est à ces incendies que nous allons consacrer ce rapport, et plus précisément à celui
qui entraîna le plus de dégâts : le grand incendie du 20 Août 1949.
Nous commencerons par présenter les événements, l’ampleur des dégâts et les causes
de ces incendies.
Puis nous évoquerons les moyens matériels et humains mis en place et les mesures
prises à cette époque, en insistant sur les notions de contre-feu et de coupe-feu. Nous verrons
également l’impact qu’a pu engendrer cet incendie sur l’économie du bois de l’époque.
Pour terminer, nous effectuerons une comparaison avec la période actuelle, également
très propice aux incendies de forêt. Ce sera alors l’occasion de décrire les règlements et les
mesures de prévention en vigueur aujourd’hui, et de comprendre les impacts mis en jeux dans
tous ces incendies actuels, qu’ils soient passés ou à venir.
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I. Que s’est-il passé ?
1) Localisation spatiale et temporelle
L’incendie que nous évoquerons principalement dans ce rapport, bien que non unique
dans les années 1930-1940 pour les départements des Landes et la Gironde, est celui qui se
déclencha le 20 Août 1949 dans la forêt landaise.
Image 2 : carte des Landes
et de la Gironde
Près de 540 000 hectares ont brûlé pendant les années quarante dans la forêt des
Landes de Gascogne, dont 140 000 hectares durant l’année 1949. Cette année là, ces 140 000
hectares ont été la proie de 500 feux par suite de l'extrême sécheresse de l'été et de la violence
du vent. Le point fort de cette crise a été l'incendie de Cestas, le 20 août, dont les dégâts furent
les plus violents (voir paragraphe suivant).
CESTAS
Image 3 : carte localisant Cestas
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2) Ampleur des dégâts
La forêt de Gascogne a subi de lourds dégâts dus aux incendies dans cette première
moitié du 20ème siècle. Les épisodes majeurs des "années de feu" ont causé les dommages
suivants :
- de 1942 à 1945 on compte 200 000 hectares ravagés par les
incendies ;
- en 1947, 340 000 hectares ;
- en trois ans, dans le seul département de la Gironde, de 1945 à 1948,
166 800 hectares ont été détruits, par 1092 incendies.
L’intensité la plus importante des ces incendies à répétition a été atteinte en 1949. Le
point fort de cette crise a été l'incendie de Cestas, le 20 août, où l'on compta 82 victimes et
28.000 hectares de forêts détruits.
Ce jour-là, alors que des dizaines de sauveteurs bénévoles avaient été envoyés sur un
incendie qui s’approchait dangereusement de Bordeaux, le feu provoqua la mort de ces 82
Hommes en quelques minutes, sur le même lieu.
D’une fatalité routinière et quotidienne, on est passé ce samedi 20 Août à une
catastrophe nationale, qui a profondément marqué la culture forestière en Aquitaine.
Lors de cette journée du 20 Août, 20 maisons ainsi que 50
bâtiments agricoles ont été détruits.
Soixante cadavres furent retrouvés parmi les 82 victimes,
les 22 autres furent portés disparus.
L’incendie eut des conséquences jusqu’à Bordeaux, puisque
elle vit neiger des cendres au milieu de l'après-midi. A 17h, la ville
fut plongée dans l’obscurité totale.
Image 4 : mémorial de Cestas
Revue de presse chronologique :
En nous rendant aux archives stéphanoises, nous avons pu consulter des journaux
locaux stéphanois qui nous ont permis de retracer avec quelques chiffres et quelques phrases
marquantes les évènements du mois d’Août.
Voilà en résumé les éléments trouvés dans ces différents articles :
LA DEPÊCHE du 16 Août 1949 :
Les incendies sévissent depuis quelques jours dans la forêt des Landes de Gascogne.
Monsieur Armand Fauriat, président de la Fédération de la forêt de Gascogne, déclare l’état
de siège. Des incendiaires présumés sont arrêtés.
LA DEPÊCHE du 17 Août 1949 :
« Le feu est enfin arrêté » : 20 000 Hectares de forêt détruits, 14 maisons brûlées.
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LA DEPÊCHE du 18 Août 1949 :
220 millions de francs (anciens) sont débloqués pour faire face à la catastrophe, 17
communes sont désormais touchées par les incendies des Landes. On signale 5 nouveaux
foyers de feu, notamment à Lacanau, à Carcan et au camp de Souges.
LA DEPÊCHE du 19 Août 1949 :
La nationale 135 est touchée par les incendies, elle est désormais fermée à la
circulation.
LA DEPÊCHE du 20 Août 1949 :
Deux incendiaires sont arrêtés (voire dans le paragraphe sur les causes leurs
responsabilités)
Des campeurs avouent avoir mis le feu à 800mètres du lieu-dit le Châlet.
LA DEPÊCHE du 22 Août 1949 :
Le 20 Août, catastrophe nationale, 82 victimes de l’incendie de Cestas. Le feu avait au
préalable été stoppé par un contre-feu, mais le vent a tourné à 13h, et le feu a continué à se
propager. En une heure, plus de 20 km² ont brûlé. 4,5 Milliards de francs ont été débloqués
depuis le début des incendies du mois d’Août.
LA DEPÊCHE du 23 Août 1949 :
« Les flammes atteignaient 40 mètres de haut et les herbes desséchées brûlaient à la
vitesse d’un cheval au galop ».
Le gouvernement accorde une aide de 100 millions de francs aux populations des
départements ravagés par les incendies.
L’ESPOIR du 23 Août 1949 :
« 28 000 Hectares d’un pays prospère sont transformés en un désert calciné ».
L’ESPOIR du 24 Août 1949 :
Monsieur Ramadier, ministre de l’intérieur : « Les moyens mis en œuvre n’ont pas été
à la mesure du fléau ».
LA DEPÊCHE du 25 Août 1949 :
« Seule la pluie serait capable d’anéantir le sinistre » : plus aucune solution ne se
présentait aux secours afin de stopper totalement le feu, l’incompréhension persistait.
Des bulldozers ont creusé et dégagé le terrain tout autour d’un village en feu pour
stopper sa progression (1600 hommes).
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3) Causes de l’incendie
a. Ce qui peut être supposé
L’incendie du 20 Août est l’évènement retenu par tous, c’est la moindre des choses en
raison du nombre de morts, mais il fait suite à un ensemble d’évènements qui grandissait
depuis 1934.
De nombreuses circonstances vont augmenter la vulnérabilité de la Forêt des Landes
de Gascogne. Tout d’abord la crise de 1929 et ses répercussions sur l'économie de la résine
dans les Landes ainsi que la seconde guerre mondiale (1939-1945) vont être à l'origine d'un
certain désintérêt à l'égard de cette forêt. De plus, il faut ajouter à cette époque un exode rural
croissant.
En outre, le pin maritime est dominant avec 80 % des surfaces boisées de la forêt
landaise, et il est connu que ce pin est une matière très inflammable. Pendant l’occupation, le
massif forestier landais (un million d’hectares environ) fut mal entretenu, les sous-bois étaient
maintenus en désordre, les quelques coupe-feu (voir définition dans le 3)) existant étaient
embroussaillés. Il n’y avait aucun pompier forestier, ni de réelle surveillance de la forêt, et les
moyens de lutte contre le feu étaient dérisoires. Des incendies éclataient çà et là, et on
parvenait à les circonscrire comme on pouvait, sans qu’ils ne provoquent de pertes humaines.
Les incendies étaient donc déjà incessants avant le 20 Août 1949. Pour la seule année 1949,
au 20 août, 100 000 hectares avaient déjà brûlé.
Est alors arrivé le 20 Août 1949, jour de fortes rafales de vent et de sècheresse
importante. Selon Pierre Macé, membre de la DFCI (Défense de la Forêt Contre l'Incendie,
que nous évoquerons plus loin dans ce rapport), que nous avons contacté par e-mail, les
causes initiales du grand incendie seraient sans doute dues à un foyer allumé par les
travailleurs en forêt pour déjeuner. Le vent aurait ensuite propagé le feu sur le reste de la
forêt. Notre recherche dans les archives nous a elle appris que plusieurs incendiaires présumés
avaient été arrêtés lors des différents incendies du mois d’Août 1949. Nous noterons par
exemple l’arrestation d’un allemand qui, pour surprendre un lapin dans un piège, reconnu
avoir mis le feu à quelques brindilles dans un terrier ; un deuxième forestier avoua avoir
malencontreusement fait tomber une cigarette sur sa couverture dans une cabane en bois ;
enfin des campeurs affirmèrent eux aussi avoir allumé un feu à 800 d’un lieu dit de la forêt
landaise, Le Châlet. Enfin, il semblerait que certains responsables de foyers de l’incendie
soient des criminels, c’est à dire qu’il auraient volontairement allumé un feu, « des criminels à
la poursuite de nous ne savons quelles satisfactions » (LA DEPÊCHE du 20 Août 1949).
Finalement nous avons constaté que les causes humaines n’ont pas été complètement
déterminées, et que plusieurs personnes ayant allumé des foyers n’ont pas été arrêtées, alors
que d’autres, dont la responsabilité était limité dans la catastrophe, ont payé cher leur
maladresse.
b. Déclenchement et mécanismes des feux de forêts en général
Ces causes n’ayant pas été clairement identifiées, tout peut être supposé, que ce soit un
acte criminel ou non. On peut donc penser également, parmi les causes dues à l’homme, à des
négligences qui ne doivent rien à l’activité forestière mais essentiellement à la fréquentation
d’un public en périphérie urbaine, le long des axes routiers ou dans les zones à forte pression
touristique. La foudre, dans les Landes, est également cause de 30 % des départs de feux
(seulement de 4 à 7% dans les forêts en général), mais ce facteur reste très peu probable étant
donné les conditions climatiques en ce 20 Août 1949.
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Les facteurs naturels sont les conditions du milieu, c'est-à-dire les conditions
météorologiques auxquelles le site sensible est exposé. De forts vents accélèrent le
dessèchement des sols et des végétaux et favorisent la dispersion d'objets incandescents lors
d'un incendie. La chaleur dessèche les végétaux par évaporation et peut provoquer la
libération d'essences volatiles, à l'origine de la propagation des flammes. Enfin la foudre est à
l'origine de 4 % à 7 % des départs de feux. Enfin, l'état de la végétation, à savoir sa teneur en
eau, l'entretien général de la forêt, la disposition des différentes strates arborées et les types
d'essence d'arbres présents représentent des éléments influençant la survenue, ou au moins la
propagation d’un feu de forêt, et notamment dans les Landes.
Ce paragraphe nous offre l’occasion de donner quelques précisions quand à la
propagation d’un feu de forêt.
Généralement, la période de l'année la plus propice aux feux de forêt est l'été, car aux
effets conjugués de la sécheresse et d'une faible teneur en eau des sols, viennent s'ajouter les
travaux en forêt.
Il existe trois types de feu selon les caractéristiques de la végétation et les conditions
climatiques dans lesquelles il se développe :
Les feux de sol brûlent la matière organique
contenue dans la litière, l'humus ou les tourbières. Alimentés par
incandescence avec combustion, leur vitesse de propagation est
faible.
Image 5 : feux de sol
- Les feux de surface brûlent les strates basses de la végétation, c'est-à-dire
la partie supérieure de la litière, la strate herbacée et les ligneux bas. Ils se propagent en
général par rayonnement et affectent la garrigue ou les landes.
Image 6 : feux de surface
- Les feux de cimes brûlent la partie supérieure des arbres (ligneux hauts) et
forment une couronne de feu. Ils libèrent en général de grandes quantités d'énergie et leur
vitesse de propagation est très élevée. Ils sont d'autant plus intenses et difficiles à contrôler
que le vent est fort et le combustible sec.
Image 7 : feux de cimes
En plus des forêts au sens strict, les incendies concernent des formations de plus petite
taille : le maquis, une formation fermée et dense sur un sol siliceux, la garrigue, une formation
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plutôt ouverte sur un sol calcaire et enfin les landes, des formations sur des sols acides, assez
spécifiques de l'Ouest de la France, composées de genêts et de petits arbustes. Ces formations
végétales sont plus sensibles au feu et plus vulnérables que d’autres. Cela s’explique
également par les conditions climatiques auxquelles elles sont soumises. Comme nous venons
de le voir, la prédisposition pour une région à l’arrivée d’un feu dépend de la teneur en eau
des végétaux présents dans cette zone.
Voilà les trois phases de décomposition d’un feu de forêt :
- évaporation de l’eau contenue dans le combustible ;
- émission de gaz inflammables par pyrolyse ;
- inflammation.
Pour terminer, présentons la propagation, qui se déroule en quatre étapes :
- combustion du matériel végétal avec émission de chaleur ;
- transfert de la chaleur émise vers le combustible en avant du front de
flammes ;
- absorption de la chaleur par le végétal en avant du front de flammes ;
- inflammation du végétal.
Ce schéma, « le triangle de feu », résume les conditions de formation d’un feu de
forêt :
Image 8 : le triangle de feu
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II. Moyens utilisés et situation à cette époque
1) Mesures mises en place
a. Création des associations syndicales de DFCI
Les premières associations syndicales de DFCI (Défense de la Forêt Contre les
Incendies) furent créées à la fin du 19ème siècle (la première en 1891 exactement) par les
propriétaires forestiers. Jusqu’à la dernière guerre, elles assurent seules la prévention, mais
aussi, en l’absence de corps de sapeurs-pompiers, la lutte directe contre les feux de forêt, avec
des moyens souvent dérisoires. L’ordonnance du 28 Avril 1945 les rend obligatoires dans tout
le périmètre des Landes de Gascogne.
En 1946, avec le concours des propriétaires et de tous les usagers de la forêt, elles
mettent en place les moyens financiers spécifiques (Caisse de Prévoyance des Landes de
Gascogne, FFN : fond forestier national) qui permettront les travaux de prévention,
d’aménagement et de cloisonnement de la forêt, afin de lutter efficacement contre les feux de
forêt.
Après les grands incendies de 47 et 49, devant l’urgence et l’importance de l’effort à
fournir pour sauver ce qui était intact et reconstituer les forêts détruites, elles renouent avec
leur mission originelle:
• les travaux de prévention aux sylviculteurs ;
• la lutte active aux pompiers.
Les Associations Syndicales de Défense des Forêts Contre les Incendies regroupant les
sylviculteurs entreprennent alors un véritable compartimentage du massif forestier. Les corps
départementaux des sapeurs-pompiers forestiers sont créés par le décret du 25 Mai 1947, ils
sont chargés de la lutte contre les incendies.
Les associations de DFCI se sont crées afin de préparer et d’améliorer la lutte en
favorisant la progression des moyens sur les parcelles : par exemple le financement et la
création de pare-feu (voire paragraphe consacré aux pare-feu), et de points d’eau. Cette action
de prévention allait permettre aux corps de pompiers, assurant la lutte active, d’intervenir
rapidement sur tout le massif forestier.
La prévention commence alors doucement à se mettre en route, et les moyens suivant
seront mis en place au fil des années :
- le guet : il est assuré au sol à l'aide de tours (un quarantaine aujourd’hui)
régulièrement dispersées sur l'ensemble du territoire. Ce sont des pompiers professionnels qui
assurent la vigilance du haut de ces pylônes.
- les pistes : le réseau de desserte D.F.C.I. du massif est évalué à 13 900 km
aujourd’hui, mais il est encore insuffisant ; sa densité optimale est de 50 km pour
10 000 hectares.
- les canaux et fossés de drainages : leur mise en place favorisa une meilleure portance
du sol. De plus, la création de passages au-dessus de ces fossés facilita l'accessibilité des
engins de lutte aux départs de feu. Depuis 1947, les associations de DFCI ont creusé 23 000
km de fossés.
- les points d'eau : plus ils sont nombreux, plus vite le feu sera combattu. Ils sont
constitués par des forages, des réserves aménagées sur ruisseaux ou lagunes, des piscines
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bâchées et des citernes. L'objectif est de disposer d'un point d'eau pour 500 km2. 1 200 points
d'eau existent déjà sur le massif.
- la signalisation : elle répertorie les pistes afin d'aider les pompiers dans leurs
déplacements. Quelque 8000 panneaux de signalisation jalonnent l'espace forestier landais à
ce jour.
- la garde du feu : du matériel de type citernes tractées ou camions furent mises à la
disposition des communes sinistrées pour éviter une éventuelle reprise du feu.
Il faut savoir que la forêt des Landes a toujours été en grande partie possédée par des
propriétés (aujourd’hui 9% de forêt privée, contre 3% de terrais domaniaux et 6% de terrains
communaux). Parce que les propriétaires forestiers défendaient un outil économique, mais
aussi leur patrimoine, ils prirent en main l’organisation de la défense de la forêt des Landes
contre l’incendie.
Aujourd’hui, dans chaque commune forestière du massif des Landes de Gascogne, on
trouve une association syndicale communale de DFCI, chacune ayant été crée par les
propriétaires forestiers. Nous pouvons en compter à ce jour 250. Tous les propriétaires
forestiers doivent obligatoirement y participer financièrement.
Les actions syndicales sont fédérées au sein d’unions départementales et d’une union
régionale qui les représente et anime les grands dossiers communs.
Enfin, la lutte active est effectuée par le corps spécialisé des sapeurs-pompiers
forestiers, aujourd’hui intégrés au sein du Service départemental d’incendie et de secours.
b. Reboisement
A partir de cette époque, à savoir les incendies de 1947 et 1949, le repeuplement en
Pin maritime s'intensifie en Aquitaine. Le reboisement fut envisagé dans une logique de
gestion durable, car il permettrait de diminuer l'impact visuel et de ralentir l'érosion des sols.
L'utilisation de peuplements moins combustibles par leur structure et leur composition fut
préconisée. La réduction de la biomasse combustible par le pastoralisme ou l'agriculture
représentait également une mesure de prévention du risque de propagation du feu. Le
reboisement incluait également des plantation en lignes droites, des éclaircies (coupes
partielles pratiquées dans un peuplement forestier non arrivé à maturité, en vue de son
amélioration), le débroussaillage, l’entretien des parcelles, afin d’assurer une meilleure
protection.
La régions Aquitaine du importer des graines de pin maritime d’autres pays : la
pénurie obligea effectivement ces importations. Des problèmes d’adaptation des peuplements,
selon l’origine des semences, furent mentionnés plus tard par différents auteurs : la prise en
compte de cette origine et sa réglementation stricte ne sont apparues qu’en 1985.
Il faut être conscient que l’essence « miracle » n’existe pas. En revanche il existe bien
sûr des essences forestières plus ou moins inflammables. Il faut donc tenir compte de cela
dans le choix des espèces choisies pour le reboisement. Afin d’effectuer ce soir, il a fallu
considérer les critères suivants :
une bonne adaptation à la station, pour une vigueur future et une croissance
convenable ;
une croissance juvénile rapide permettant de réduire la phase de sensibilité
maximale au feu ;
des essences susceptibles d’offrir à terme un couvert dense ou sombre,
réduisant la vigueur de la strate basse inflammable et combustible.
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Concernant l’inflammabilité des jeunes plants, il est illusoire de prétendre la diminuer,
encore de nos jours, par des travaux de débroussaillement. Les élagages (coupage de branches
inutiles ou nuisibles) précoces ne sont de même pas plus efficaces. La seule possibilité est bel
et bien l’accélération de la croissance juvénile du boisement, afin de le rendre moins sensible
au feu, et cela le plus rapidement possible.
Lors de ce reboisement, la ligniculture (boisement composé d'une seule essence
(monoculture), cultivé selon des méthodes agricoles, telles que travail du sol, plantation
mécanisée, fumure, éclaircies schématiques et avec des temps de production assez réduits)
pris le pas sur la sylviculture (science, technique et art qui consistent à traiter, aménager et
exploiter la forêt de façon à lui assurer une production stable aussi élevée que possible).
Quelques informations sur la plantation de pins maritimes :
La filière reboisement du pin maritime a toujours consommé une quantité très
importante de graines (jusqu’à 35 tonnes les plus fortes années). Cette graine était fournie
localement par de nombreux "producteurs" d’importance très variable (de quelques kilos à
plusieurs tonnes), utilisant principalement des techniques artisanales (extraction et séchage au
soleil) à partir de cônes récoltés essentiellement sur les coupes ou en zone dunaire littorale,
sans aucune réglementation.
Cependant, les travaux conduits dans les années 75, conjointement par l’INRA et
l’Université de Bordeaux I, ont montré indiscutablement un taux de consanguinité plus fort
dans les peuplements de pin maritime de la zone littorale dunaire. C’est pourquoi à partir de
1982, l’administration a pris la décision d’interdire toute récolte de cônes de pin maritime sur
des peuplements situés à moins de 500 m de l’océan.
La sylviculture du pin maritime a connu une révolution technique importante dans les
années 1960. En effet, à partir des premiers essais de fertilisation à base de phosphore menés
sur Mimizan à la fin des années 50, la ligniculture ainsi que tous les itinéraires de reboisement
et de conduite sylvicole ont évolué.
Les reboisements à partir de l'utilisation systématique du labour, en bandes ou en
plein, accompagné d'une fertilisation initiale sont devenus pratique courante.
La technique du semis direct de 3 kg de graines de pin par
hectares est restée longtemps majoritaire dans les méthodes de
reconstitution. Puis dans les années 1980, la plantation de petits pins
élevés en pépinières et issus des vergers à graine d'amélioration
génétique a fait son apparition.
Image 9 : petit pin
en pépinière
Image 10 : réalisation
d’une éclaircie
Aujourd'hui ces deux techniques sont utilisées par les
sylviculteurs à part égale. Les itinéraires de conduite des
peuplements forestiers imposent également des éclaircies au
nombre de 4 ou 5 durant la vie des peuplements et sont
accompagnées par l'élagage, les débroussaillements
périodiques, et des dégagements dans les jeunes années.
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Toutes ces conduites caractéristiques de la sylviculture moderne du pin maritime dans
le Massif Gascon participent à une moindre vulnérabilité aux feux de forêt.
La réussite des reboisements vont faire de la forêt des Landes une véritable forêtsymbole, symbole de la création d’une forêt parti de très peu, d’une logique productiviste
établie au détriment de riches biotopes. C’est une nature structurée, standardisée, hiérarchisée.
2) Moyens matériels et humains
Concernant les moyens matériels et humains mis en jeu pour lutter contre cet incendie,
ils furent colossaux mais sans doute trop tardifs. Ce retard explique l’ampleur de la
catastrophe que l’on peut facilement qualifier de catastrophe nationale. Pour les moyens
matériels mis en jeu, de nombreux bulldozers furent utilisés pour tenter d’effectuer des coupefeux autour des villages les plus menacés. Il faut aussi noter le nombre impressionnant de
camions de pompiers venus de partout pour lutter contre cet incendie. En effet, des pompiers
de Paris se sont rapidement déplacés mais même des pompiers britanniques sont venus pour
stopper l’incendie et ainsi limiter les dégâts liés au feu. A cette époque, on n’utilisait pas
encore l’aviation dans la lutte contre les incendies. Les moyens utilisés étaient uniquement
terrestres ce qui compliquait la tâche d’autant plus que cet incendie était particulièrement
impressionnant avec des flammes de quarante mètres de haut.
3) Contre-feux/Coupe-feux
a. Contre-feux
Le fils de Montesquieu nous en donne, dès 1785, la définition : « Lorsque le feu prend
dans une forêt de pins, ce qui arrive assez souvent par la négligence des pasteurs, on met le
feu à un autre endroit de la forêt plus ou moins distant du premier embrasement selon que
celui-ci a déjà fait plus ou moins de progrès. Il s'établit un courant d'air du premier
embrasement au second et réciproquement, toutes les flammes se portent sur les arbres qui
sont entre les deux. Ils sont consumés ; le feu s'éteint faute de nourriture, et le reste de la forêt
est conservé ». Le procédé, utilisé depuis bien longtemps, paraît aussi simple qu'efficace.
Le contre-feu consiste effectivement à faire brûler avec la plus grande vigilance une
bande de forêt située dans le sens de progression de l'incendie de sorte que lorsque les
flammes atteignent la zone brûlée, elles s'éteignent par manque de combustible.
En réalité, l’usage du feu a toujours été une des techniques d’extinction des incendies
de forêt. Les sapeurs pompiers y ont recours régulièrement dans plusieurs pays, comme
l’Espagne, le Portugal, les Etats-Unis, l’Australie, mais également la France, notamment dans
le sud. Si cette technique est mise en valeur à l’étranger, elle l’a moins été en France. Sa
pratique a été longtemps cachée et utilisée dans l’ombre tant le sujet était tabou. Ce qui était
remis en cause dans cette technique n’était pas d’ordre opérationnel mais essentiellement
juridique, car il était difficile de savoir si le droit d’allumer un contre-feu existait ou non selon
les textes consultés.
Depuis ces dernières années, la technique s’est affirmée, et notamment au cours de
l’été 2003, où les actions menées dans sept départements ont contribué efficacement à
l’extinction de certains incendies de forêt. Pourtant, un fait divers récent rappelle le délit et
permet aux pompiers de raviver les vieilles appréciations : à propos de l'inculpation d'un
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Le grand incendie des Landes : 1949
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pompier dans le Var, le journal Le Monde du 14 mars 1992 décrit ce procédé « comme une
arme désuète et de surcroît dangereuse, selon les sapeurs-pompiers professionnels ».
Il convient donc pour effectuer cette opération risquée de disposer de l'accord des
propriétaires du lieu et, surtout, de leur approbation unanime impliquant qu'ils ne porteront
pas plainte en cas d'échec : « J'aurais été d'accord pour allumer un contre-feu sur mes terres
et je vous assure que 90 % des forestiers auraient réagi comme moi. On sait ce qu'on risque
et, dans ces circonstances, on se serre les coudes », déclare Alain Blanc soulignant la
nécessaire solidarité.
Cependant, seul le maire (ou son représentant) accorde l'autorisation d'effectuer un
contre-feu ; il peut donc ainsi s'opposer au préfet, comme au Porge le 20 juillet 1989, lorsque
Marc Deyres refusa d'en allumer un. Ce procédé permet donc aux habitants du pays de
prendre l'initiative de la lutte qui autrement leur échappe. Il reste leur dernière arme contre le
feu.
Lors des incendies de 1949 :
Tout d’abord, sur le plan règlementaire, on trouvait de nombreuses incohérences selon
les textes consultés, lors de l’incendie du 20 Août 1949 dans la forêt landaise. En effet il était
très compliqué de savoir si l’allumage d’un feu afin de mettre en place un contre-feu était
légal ou non.
De plus, à cette époque, l'usage du contre-feu était très mal maîtrisé. En effet, une
nouvelle main d’œuvre venait d’être appelée, elle était alors peu expérimentée et mal formée.
Un contre-feu fut pourtant allumé le 20 Août, mais ce dernier est resté peu efficace car
le vent a tourné vers 13h, ce qui a entraîné la continuation de la propagation du feu (LA
DEPÊCHE du 22 Août 1949).
b. Coupe-feux
Une zone coupe-feu est un espace complètement libre de toute matière inflammable.
Le but du coupe-feu est d’arrêter la progression d’un incendie. Dans le cas d’une forêt, le
coupe-feu consiste à déboiser certaines zones, à supprimer tous les végétaux, et à les labourer
au maximum. Cela peut donc empêcher, ou du moins limiter, la propagation d’un feu. Du
sable, du gravier, de la pierre peut être étendus dans cette zone. Les zones dégarnies peuvent
en outre servir de repli pour les populations évacuées. Dans la lutte contre cet incendie, il fut
utilisé sur la fin des bulldozers pour protéger certains villages qui étaient quasiment encerclés
par les flammes.
On note à l’époque des grands incendies des années 1940 une absence totale de parefeu de ce genre, aucune bande déboisée n’apparaissait dans la forêt des Landes de Gascogne.
Cela a contribué à l’extension importante du feu dans cette forêt, et a causé les dégâts que
nous avons évoqués plus haut.
C’est pourquoi, après les catastrophes des années 1940, la loi a exigé la création d'un
système complexe de coupe-feu très larges. Ces coupe-feu devaient (et doivent toujours
aujourd’hui) obligatoirement être entretenus par les propriétaires, à savoir surtout être
labourés.
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Le grand incendie des Landes : 1949
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4) Impacts immédiats sur l’économie du bois
La destruction de la forêt des Landes, où certaines communes furent détruites à 80 %,
provoqua une chute du prix du bois et des terres et contraint un nombre important de
travailleurs du bois et de gemmeurs à l'exode. Tournés prioritairement vers le reboisement, les
propriétaires ne firent pas appel aux métayers pour la récolte de la résine. Certains changèrent
de métairie, d'autres changèrent purement et simplement de région, et d'autres enfin se
reconvertirent vers d'autres activités professionnelles.
Le commerce européen du bois d'œuvre fut affecté par les grands incendies des forêts
landaises en France en août 1949, ce qui mit à la disposition des marchés étrangers environ
1.200.000 mètres cubes de sciages de pin maritime, la plus grande partie consistant en
planches de petites dimensions. A cette époque, les forestiers espéraient mettre les bois sauvés
sur le marché aussitôt que possible. Les incendies de la région des Landes eurent donc pour
effet immédiat de faire de la France, à titre temporaire, un pays exportateur de sciages.
En septembre 1949, le Comité du bois de la CEE estima que la différence entre ce qui
était disponible pour l'exportation et les demandes d'importation en 1950 se situerait entre un
déficit de 2.500.000 mètres cubes et un équilibre approximatif entre importations et
exportations. Par suite des incendies de forêts en France, le total des demandes européennes
d'importations fut estimé à 14 millions de mètres cubes, soit 10% de moins que les
précédentes estimations.
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Le grand incendie des Landes : 1949
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III. Impacts/comparaisons avec la situation actuelle
1) Evolution des feux de forêt en France de 1991 à 2003
Pour étudier l’évolution des feux de forêt, nous allons commencer par donner les
chiffres relevant le nombre de feux et la superficie brûlée depuis 1991 :
Pendant les
douze années qui
ont
précédé 2003, les
superficies
annuelles
parcourues par les
feux de forêts sur
l'ensemble
du
territoire
ont
oscillé entre 10 et 30 000 ha. Ce résultat relativement
homogène permet, pour ces années, d'établir une moyenne de 19 134 ha, qui représente 40 %
de la moyenne annuelle des superficies touchées de 1976 à 1986 (46 350 ha).
La réduction significative des superficies concernées entre ces deux périodes semble
notamment liée au développement des actions de prévention du Conservatoire de la forêt
méditerranéenne, à l'apport de la stratégie de mobilisation préventive et au renforcement de la
coordination des actions de prévention et de lutte sous l’égide du préfet de la Zone Sud.
L'année 1987, qui a vu la mise en oeuvre de cette politique, constitue un véritable tournant.
Cette politique dont l’évaluation est en cours fera l’objet des adaptations nécessaires au
contexte actuel et intégrera les enseignements de la saison 2003, tout en confortant les acquis.
Nous allons voir maintenant les orientations actuelles de la politique de prévention française
pour la lutte contre les feux de forêts.
2) les feux de forêt en France en 2003
L’année 2003 restera comme une année dramatique pour les incendies de forêt. Après
le drame de 1949, on avait peu souvent (1976, 1989, 1990) eu d’aussi graves incendies dans
notre pays. Le bilan humain est en effet très lourd : 10 morts, dont 4 pompiers, plusieurs
centaines de pompiers blessés, de nombreuses constructions et installations détruites. Plus de
73 000 ha de formations forestières et sub-forestières ont été parcourues par le feu en France
métropolitaine, dont près de 62 000 ha pour la seule zone méditerranéenne. Si les surfaces
brûlées dépassent largement les moyennes des dernières années, le nombre de départ de feu
enregistré est resté globalement plus stable : environ 6 000 éclosions répertoriées au total,
dont près de 3 500 en zone méditerranéenne, soit tout de même dans ce dernier cas 20 % de
plus qu’en moyenne et deux fois plus qu’en 2002.
a. la région méditerranéenne
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Le grand incendie des Landes : 1949
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Bien que la surface forestière brûlée en 2003 constitue un record pour la zone
méditerranéenne, ce constat doit être relativisé en regard de la situation de chacun des 15
départements qui la constituent.
Les départements de loin les plus touchés, sont la Haute-Corse (20 908 ha) et le Var
(18 820 ha) en grande partie dans les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils cumulent à eux
deux près de 65 % de la surface totale. D’autres départements ont aussi subi des dégâts
importants en terme de surface parcourue par le feu : la Corse-du-Sud (6 451 ha), la Lozère (3
507 ha), les Alpes-Maritimes (2 744 ha), les Bouches-du-Rhône (2 308 ha), l’Ardèche (2 284
ha) et l’Hérault (1 321 ha).
La comparaison des surfaces brûlées en 2003 avec les valeurs observées durant la
décennie
1993-2002 montre que parmi les départements où les surfaces brûlées sont généralement
limitées, la forêt n’a guère plus brûlé que d’habitude dans l’Aude, le Gard et les PyrénéesOrientales alors que les Hautes-Alpes, la Drôme et le Vaucluse, qui sont habituellement les
moins affectés, affichent en 2003 un bilan nettement aggravé.
Sur les 3 499 feux enregistrés en 2003 dans la base de données « Prométhée »,
seulement 58 ont atteint ou dépassé 100 ha, et sont classés dans la catégorie « grands feux ».
Ils représentent à eux seuls 54 768 ha, soit 89 % de la surface brûlée. La grande majorité des
surfaces brûlées (80 %) est privée. Le reste de la surface concerne des forêts domaniales et
des forêts communales. Un tiers des surfaces concerne des formations subforestières (landes),
un tiers est constitué de garrigue ou de maquis boisé et un tiers est constitué de peuplements
forestiers de production. En Corse, les landes représentent 56 % de la surface brûlée.
L’Inventaire forestier national estime à 526 000 m3 le volume de bois endommagé ou détruit
par le feu dans le Var, la moitié en chêne liège et le reste en résineux et feuillus divers. Les
Parcs nationaux des Ecrins (Hautes-Alpes) et des Cévennes (Lozère) ont été touchés. Il en est
de même des Parcs naturels régionaux de Corse, du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) et du
Lubéron (Vaucluse).
b. Autres zones touchées
Ailleurs, l’ampleur des incendies fut beaucoup plus faible. Les régions Aquitaine et
Midi-Pyrénées sont, comme souvent, les plus touchées, avec des surfaces brûlées respectives
de 3 778 ha et 4 149 ha, un peu supérieures à la moyenne décennale. La Gironde (2 057 ha),
les Landes (1 283 ha) et l’Aveyron (1 153 ha) ont subi les dommages les plus importants,
nettement supérieurs à la moyenne. Dans le massif des landes de Gascogne, les incendies se
sont déclarés en deux périodes, l’une au printemps et l’autre durant l’été. La région PoitouCharentes est peu touchée.
Voici une cartographie de la région
landaise qui montre les différentes zones à
risques.
Image 11 : zones à risques de
la région landaise
3) Impact de l’incendie pour
la région
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Le grand incendie des Landes : 1949
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a. Impact du feu sur le milieu naturel
Pour les arbres et différentes végétations, il est évident que le feu a un effet
dévastateur mais l’ampleur du dommage dépend de plusieurs paramètres comme l’intensité du
feu, la sensibilité des espèces. Concernant les sols, le feu a également des conséquences
gravissimes bien que moins connues. Le feu entraîne une diminution de la porosité mais
surtout sa capacité de rétention d’eau. La faune subit aussi les effets de l’incendie de manière
différente. Elles sont soient détruites ou sinon subissent une modification de leur biotope.
L’incendie modifie également le paysage.
b. Possibilité de repenser l’aménagement de la zone
Le passage d’un incendie est l’occasion de revoir la gestion et l’aménagement de la
zone sinistrée. Les différents organes de l’Etat peuvent alors informer tous les acteurs qui
peuvent agir pour la prévention des risques d’incendies liés à la zone sinistrée.
4) orientations de la politique de prévention : aspects techniques
La politique de prévention des feux de forêts est mise en oeuvre par le ministère de
l'agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales, en liaison avec le ministère
de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales et le ministère de l’écologie et du
développement durable, les collectivités territoriales et les propriétaires forestiers.
a. Quatre grands types d’actions
Prévoir le risque :
Des réseaux d’observation météorologique, renforcés par la mesure régulière de l’état
hydrique des végétaux, ont été mis en place ces dernières années. Parallèlement, un effort de
recherche des causes des feux permet un déploiement quotidien plus rationnel et efficace des
moyens de surveillance et d’interventions terrestre et aérienne.
Surveiller les forêts pour détecter les départs de feux et intervenir rapidement :
Les plans de surveillance en période de risque élevé, estival ou non, comprennent le
guet terrestre fixe, à partir des tours de guet, ou mobile en patrouilles, complété par un
dispositif aérien de prévention.
Equiper, aménager et entretenir l'espace rural dont l'espace forestier
Les aménagements de prévention peuvent mobiliser la sylviculture et l’agriculture, des
travaux spécialisés (débroussaillement), des équipements de surveillance et d’intervention
parfois de haute technicité, complétés par une signalisation et par une cartographie sans cesse
actualisées.
Le code forestier prescrit les mesures de débroussaillement obligatoire autour des
constructions et le long des infrastructures (routes, autoroutes, voies ferrées, lignes
électriques), et donne la possibilité au Préfet de réglementer l’emploi du feu et l’accès des
personnes et des véhicules aux forêts.
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Le grand incendie des Landes : 1949
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Le code de l’environnement donne la possibilité au Préfet de prescrire l’élaboration de
plans de prévention des risques incendies de forêt, en particulier dans les zones périurbaines.
Le code de l’urbanisme organise le porter à connaissance par l’Etat aux collectivités
territoriales des risques connus, et assure la prise en compte des prescriptions des plans de
prévention des risques dans les documents d’urbanismes.
Informer le public et former les professionnels :
Education en milieu scolaire, formation professionnelle ou adaptation à l’emploi
(formation des forestiers, des sapeurs-pompiers, des élus...), information et sensibilisation des
usagers occasionnels, des estivants, des propriétaires, etc., concourent à cette action.
b. Veille pour la prévention des risques
Une autre tâche qui est confiée aux collectivités consiste à effectuer une veille pour la
prévention des risques. Ils sont chargés de surveiller les massifs forestiers qui sont sur leur
secteur. Elle comprend une évaluation régulière des conditions météorologiques tout au long
de la période à risques c’est-à-dire de mai à septembre. Ils doivent de plus assurer une double
surveillance des massifs (surveillance terrestre et aérienne).
La surveillance terrestre est accomplie en partie par les pompiers et plus
accessoirement par des personnels de l’Office National des Forêts (ONF).
La surveillance aérienne est assurée par la Sécurité civile financée par le
ministère.
c. la planification des actions
Les différentes actions de prévention obéissent à des plans d’actions. Les collectivités
utilisent deux outils réglementaires distincts et complémentaires :
Les plans de protection des forêts contre les incendies (PPFCI) sont prévus par le
code forestier. Ils sont spécifiques de la problématique feux de forêt. A l’échelle
régionale ou départementale, ils définissent et orientent la stratégie et les actions de
l’Etat et des collectivités territoriales en matière de prévention coordonnée avec la
lutte.
Les plans de prévention des risques (PPR) sont prévus par le code de
l’environnement. Ils peuvent être prescrits pour toutes sortes de risques, dont les
incendies de forêt. A l’échelle d’une commune ou d’un groupe de communes, et à la
précision du cadastre, ils définissent les règles relatives à l’urbanisation,
l’aménagement, la prévention et la sauvegarde des personnes et des biens. Ils sont
annexés aux plans locaux d’urbanisme et sont opposables aux tiers.
Ces deux types de plans font l’objet de larges concertations avec les élus et les différents
acteurs de la prévention et de la lutte.
Après avoir vu les différentes actions mises en place par les collectivités, on peut voir
également les futurs axes de développement pour continuer à avancer dans la prévention des
risques liés aux incendies :
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Le grand incendie des Landes : 1949
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- Evaluer et mettre en cohérence les politiques de prévention et de lutte au travers de
l’élaboration des plans départementaux ou régionaux de protection des forêts contre les
incendies.
- Renforcer la prise en compte du risque d’incendie de forêt dans les programmes
d’aménagement et de gestion des espaces, en particulier dans les interfaces forêt/habitat et
forêt/agriculture, en hiérarchisant les enjeux économiques, environnementaux et sociaux.
- Sensibiliser et former les propriétaires, gestionnaires et usagers de la forêt aux
risques d’incendie.
- Poursuivre la mise aux normes des équipements et des aménagements préventifs :
débroussaillement obligatoire, voies d’accès, points d’eau, vigies, coupures agricoles de
combustible…
5) Orientation de la politique de prévention : aspects humains
Plus de neuf feux sur dix sont dus à l'homme et à ses activités ; les trois quarts des
mises à feu dont l'origine est connue résultent d'imprudences. Deux solutions peuvent être
adoptées : l’éducation pour les jeunes et la sensibilisation pour les habitants des zones à
risques.
L’éducation permet de mettre en contact les jeunes avec des professionnels de la
prévention soit dans le cadre de l’école, soit dans le cadre de sortie sur les lieux à risques.
La sensibilisation vise en premier lieu les habitants des zones à risques et les touristes.
6) Financement de ces actions et aspects réglementaires
a. Financement de l’Etat
Les crédits nationaux inscrits à la loi de finances initiale pour 2004, destinés à la
prévention des feux de forêts représentent 29 M€. Un effort financier complémentaire de celui
de l’Etat est réalisé par certains départements pour les unités de forestiers-sapeurs, ainsi que
par les régions pour les subventions aux travaux dans le cadre des contrats de plan Etatrégions ou pour contribuer à la prévention des risques d’érosion des sols et à la reconstitution
des forêts après incendie. On peut chiffrer toutes ces aides dans ce tableau.
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Le grand incendie des Landes : 1949
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b. Les aides européennes
L'Union européenne participe au financement d'actions de prévention en application
de deux règlements :
Le règlement (CEE) n° 2158/92 modifié :
Le règlement (CEE) n° 2158/92 du Conseil du 23 juillet 1992, relatif à la protection
des forêts dans la Communauté contre les incendies, prévoyait un programme annuel d’aides
pour des mesures diverses : études relatives à l’identification des causes des incendies et
détermination des moyens permettant de les combattre, création ou amélioration de systèmes
de prévention et de surveillance, formation de personnel hautement spécialisé, études
analytiques et projets pilotes.
Ce règlement n’est plus en vigueur depuis le 1er janvier 2003. Cependant, les
programmes nationaux 2001 et 2002, financés au titre de ce règlement, sont en cours
d’achèvement.
Le règlement (CE) n° 1257/99 :
Le règlement (CE) n° 1257/92 du Conseil du 17 mai 1999, concernant le soutien au
développement rural par le FEOGA, permet depuis l’adoption du plan de développement rural
national par la Commission européenne, d’accorder des aides aux investissements de DFCI, et
d’autre part des subventions pour l’entretien des forêts dans les zones ayant un rôle protecteur
d’intérêt public, ainsi que des aides à l’entretien des coupe-feux par des mesures agricoles. Ce
règlement prend, pour les opérations d’investissement, le relais du règlement (CEE) n°
2158/92.
Le règlement « Forest Focus » :
Le règlement (CE) n° 2152/2003 du Parlement européen et du Conseil du 17
novembre 2003 concernant la surveillance des forêts et des interactions environnementales
dans la Communauté, baptisé « forest focus » vise à mettre en place une nouvelle action
communautaire relative à la surveillance des effets de la pollution atmosphérique et des
incendies sur les écosystèmes forestiers en regroupant les règlements qui y contribuaient déjà.
A ce titre, il pourra financer les améliorations des systèmes d’information sur les
incendies de forêt, ainsi que des études sur l’identification des causes de ces incendies, sur
leur dynamique, et sur leur impact sur les forêts.
7) les moyens mis en jeu au quotidien
a. La protection civile
Aujourd’hui, la protection civile en France est régie par la FNPC (Fédération
Nationale de Protection Civile). Elle est un ensemble d’activités d’un réseau maillé et
mutualisé d’ADPC (Association Départementale de Protection Civile) intervenant dans une
complémentarité de connaissances adaptées, de compétences et de moyens. La protection
civile en France peut actuellement être décrite selon deux aspects : tout d’abord, la précaution,
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Le grand incendie des Landes : 1949
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l’information, la Formation, l’intervention et ensuite les moyens mis en jeu pour assurer ces
différentes missions. On peut détailler quatre types de secourisme : le secourisme de
proximité, de l’avant, des extrêmes et de missions.
Le secourisme de proximité correspond au travail quotidien des bénévoles de la
protection civile. Il correspond essentiellement à de la formation de bénévoles ou à la
réalisation de d’activités présentant les premiers gestes de secours aux victimes et blessés.
Le secours de l’avant quant à lui n’a pas la même vocation. Il s’agit d’aides
ponctuelles. Ce sont des secours apportés dans des cas d’urgences comme des séismes ou le
tsunami de décembre 2004. Ils nécessitent un appui logistique important et surtout des
hommes qualifiés pour intervenir.
Ensuite le secourisme des extrêmes est fortement lié au secourisme de l’avant. Il
consiste en l’aide apporté aux populations après la catastrophe. Il constitue en fait le
prolongement du secourisme de l’avant et est en général assuré au départ par les mêmes
bénévoles.
Enfin, le secourisme de mission est beaucoup plus spécialisé. Il est utilisé dans tous
les domaines (précaution, prévention, aides,…) et dépend vraiment du contexte, du moment,
du lieu,… Il nécessite la présence de bénévoles particulièrement prêt et capable d’écouter les
autres, les réconforter, leur trouver des solutions pour améliorer leur quotidien.
Après avoir détaillé les quatre types de secourisme qui sont utilisés au sein de la
FNPC, nous allons maintenant voir les moyens mis en jeu pour mener à terme ces projets.
Etant donné que toutes les personnes constituant la FNPC sont bénévoles, les moyens mis en
jeu sont humains (la logistique étant assuré par d’autres organismes). On peut distinguer les
formateurs des équipes. Tout d’abord, les formateurs (moniteurs, instructeurs, formateurs
spécialisés) sont les personnes habilités à réaliser des stages et activités pour former de
nouveaux bénévoles à de nouvelles missions afin qu’ils élargissent leur cercle de
compétences. Ensuite, on appelle équipes les personnes qui sont sur le terrain
quotidiennement ou pour assurer des missions auprès de la population. Leur travail consiste
essentiellement à apprendre les gestes de premiers secours et à sensibiliser les gens sur les
risques encourus.
Donc on peut résumer le travail de la protection civile ainsi : « du principe de
précaution à l’après catastrophe et de l’information à la formation spécialisée ».
b. Les acteurs au quotidien
On peut rappeler les principales actions quotidiennes qui peuvent être menées et qui
permettent de limiter considérablement les risques d’incendie. Le débroussaillement autour
des habitations est une priorité. Les maires, chevilles ouvrières du contrôle de ce dispositif,
sont sensibilisés et se verront proposer des formations adaptées. Le débroussaillement le long
de routes, autoroutes et voies ferrées fait également l’objet d’une attention particulière.
En matière d’urbanisme, la dynamique des plans de prévention des risques incendie de
forêt a été relancée, sous l’autorité des préfets. Ainsi, 21 nouveaux PPRIF sont prescrits dans
les Alpes-Maritimes et 17 dans le Var.
Durant la saison estivale, sera mis en place un dispositif de surveillance et d’alerte
renforcé auquel contribuent plus de 900 personnes, dont les forestiers-sapeurs des Conseils
généraux.
La prévention des incendies de forêt passe également par une diminution de la
vulnérabilité des territoires. Le maintien ou le développement des activités agricoles et
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Le grand incendie des Landes : 1949
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sylvicoles, qui assurent l’entretien des espaces et confortent les équilibres socio-économiques
locaux, y contribuent largement. Les chartes forestières de territoire, relevant de l’initiative
locale, seront encouragées dans cet objectif.
c. l’aviation
Présentation du Beriev BE-200
Le Beriev BE-200 est un avion amphibie polyvalent de nouvelle génération dont voici
la représentation :
Image 12 : Beriev BE-200
Le Be-200 est le premier appareil dont le développement a commencé après la période
post-perestroïka dans l’ex-Union Soviétique. Le développement du Be-200 est issu de la
croissance du trafic aérien dans le monde entier et plus particulièrement en Russie et dans les
pays de l’Asie et du Pacifique, incluant leurs innombrables îles. La construction ou la
reconstruction d’immenses aéroports exige un financement considérable. De nombreux états
dans ces zones possèdent de larges bordures maritimes. Dans ces conditions, un avion
amphibie est plus économique par rapport à des appareils classiques.
Le Be-200 peut être utilisé dans des lieux où il est difficile d’accéder avec des avions.
La variante de lutte anti-feux est équipée de 8 containers situés dans la partie centrale et sous
le plancher du fuselage de l’appareil. Le Be-200 peut enlever 12 tonnes d’eau et son
approvisionnement peut s’effectuer soit au sol, soit en écopant, le temps de remplissage
n’excède pas 14 secondes. Le produit retardant est injecté depuis 6 réservoirs internes de 1,2
m3 grâce à des pompes centrifuges. Le largage est séquentiel et peut être modifié suivant les
exigences de la lutte anti-feux. Grâce à sa vitesse le Be-200 possède une fréquence de largage
- distance terrain-feu de 100 Km et source d’eau de 10 km – de 270 tonnes par heure. Son
taux de montée lui permet d’évoluer dans des zones montagneuses ou des zones avec des
obstacles naturels comme des arbres ou des collines. Le Be-200 en version lutte anti-feux
conserve sa capacité cargo.
Image 13 : Beriev BE-200
en action
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Le grand incendie des Landes : 1949
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Il existe d’autres types d’avions qui sont utilisés dans la lutte anti incendie. On peut nommer
les canadairs et le trackers. Concernant les canadairs ce sont les avions les plus utilisés : 12
sont en permanence présents sur l’aéroport de Marseille prêts à décoller à la moindre alerte.
Comparativement aux deux autres types d’avion, il a l’avantage d’être maîtrisé car il est
utilisé depuis le début avec différentes évolutions (CL 220 puis CL 420). De plus, il est
particulièrement rentable quand les foyers d’incendie sont situés près des points de
réapprovisionnement en eau (moins de 11 kilomètres). Les trackers quant à eux sont utilisés
essentiellement pour de la prévention aérienne. Ils sont assez maniables et assez rapides ce qui
leur permettent de se déplacer rapidement sur des départs d’incendie.
Le Beriev B200 est l’avenir de la lutte anti incendie de par sa capacité de stockage et
sa maniabilité. Il faut également envisager d’élargir le cercle de relations dans la lutte contre
les incendies pour devenir plus performant. Sous l’impulsion de la France et suite aux
incendies qui ont complètement ravagés le Portugal durant l’été 2004, une initiative
européenne a été prise afin de mettre à disposition de chaque pays européen une flotte
d’avions utilisables en cas d’incendie majeur.
d. l’apport des technologies
Un exemple de technologie moderne au service de la DFCI en Aquitaine: le Système
d'Information géographique Aquitain et quelques applications concrètes. Le Système
d’Information Géographique dédié à la Défense des Forêts Contre les Incendies est un outil
moderne développé à partir de 1998 par l’Association Régionale de DFCI en partenariat avec
les Sapeurs Pompiers et les Services de l’Agriculture et de la Forêt.
Il permet à 4 départements et 16 sites informatisés d’échanger tous les jours les
informations de la prévention, de la prévision et de la lutte sur des bases communes en terme
d’outil informatique, de collecte de données, de charte graphique, de statistiques pour les 1.5
millions d’hectares de forêt à haut risque d’incendies. L’utilisation au quotidien des cartes, à
jour de tous les équipements, par les Services départementaux d’incendies et Secours et par
les associations syndicales de DFCI gérées par les sylviculteurs est une des applications
concrètes de cet outil moderne au service de la Forêt d’Aquitaine et participe à cette
organisation exemplaire contre les feux de forêts.
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Le grand incendie des Landes : 1949
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Conclusion
L’incendie du 22 août 1949 dans les Landes et de manière plus générale la vague
d’incendies qui a frappé tout le sud ouest de la France au cours de l’été 1949 fut une véritable
catastrophe naturelle tant pour la région que pour la France entière. C’est effectivement le
pays en entier qui a du subvenir aux sinistrés de cet incendie qui a coûté la vie à plus de 80
personnes en majorité des militaires. Nous avons essayé de retracer au mieux ce qui c’est
passé à l’époque en détaillant les moyens qui avaient été utilisés pour lutter contre le feu. Il
apparaît maintenant évident que cet incendie a choqué tant la population que la classe
politique et que c’était finalement l’évènement déclencheur d’une série de réglementations et
d’actions préventives contre les incendies. Depuis cette date existe réellement une prévention
des incendies en France. Ensuite, nous avons analysé les incendies de forêt actuellement en
France. Il faut dire que l’année 2003 fut particulièrement dévastatrice à cause en partie de la
canicule qui a traversé la France. Nous nous sommes attachés à détailler la réglementation
actuelle, les différents moyens de prévention qui existent actuellement, la manière dont ils
sont utilisés, ce qui devrait et pourrait être fait dans un avenir proche pour être plus efficace
dans la lutte contre les incendies de forêt.
De manière plus générale, ce projet nous a permis plusieurs choses très intéressantes.
Tout d’abord nous familiariser avec un type de risques naturels qui nous est à la fois proche et
distant. Proche car on en entend tous les ans parler dans les médias et distants car nous ne
savions pas réellement comment était organisé la lutte, quelle étaient les organismes
responsables, la prévention. Ce projet fut aussi profitable car il nous a permis de mener un
véritable travail de recherche bibliographique. Contacter l’ ONF, se déplacer aux archives
municipales et départementales pour consulter des documents sont des actions intéressantes
que nous n’avons pas la possibilité d’accomplir en dehors du cadre du projet.
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Le grand incendie des Landes : 1949
Jullien Claire
Lemarié Olivier
Bibliographie
• Sites Internet
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http://www.feudeforet.org/francais/histoire.htm#haut
http://forexpo.mediaforest.net/francais/foret3.htm
http://www.parc-landes-de-gascogne.fr/histoire_incendies.htm
http://www.radiofrance.fr/chaines/franceculture2/emissions/fabriquenew/fiche.php?diffusion_id=29347
http://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt des Landes
http://mediaforest.net/incendie/
http://terrain.revues.org/document3045.html
http://www.pin-maritime.com/francais/journal/article.php?id=91
http://mediaforest.net/incendie/memoire_prevention.pdf
http://mediaforest.net/francais/sciences/chapitre 1.pdf
http://www.landes.chambagri.fr/foret.htm
http://www.univparis1.fr/IMG/doc/amenagement_forestier_17_octobre_2005.doc
www.prim.net/citoyen/definition_ risque_majeur/introfeux.htm
www.histoiresocialedeslandes.org/p6_landes_01.asp
http://www.aix.cemagref.fr/htmlpub/documentation/DFCI53.pdf
www.ifn.fr
www.onf.fr
www.agriculture.gouv.fr
ARBORESCENCES N°72
DOSSIER DÉFENSE DES FORÊTS CONTRE L’INCENDIE
• Articles de presse
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LE PATRIOTE : article du 20 Août 1949
LA DEPÊCHE : mois d’Août 1949
L’ESPOIR : mois d’Août 1949
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