evaluation des progres du developpement durable en afrique

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evaluation des progres du developpement durable en afrique
OUA
EVALUATION DES PROGRES DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
EN AFRIQUE DEPUIS RIO (1992)
K0128112
211101
Par souci d’économie, le présent document a été imprimé en nombre limité. Aussi les participants sont-ils priés de
se munir de leurs propres exemplaires et de s’abstenir de demander des copies supplémentaires.
EP
NATIONS
UNIES
Programme des
Nations Unies
pour l'environnement
Distr.
GÉNÉRALE
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
XX octobre 2001
FRANÇAIS
Original : ANGLAIS
CONFERENCE PREPARATOIRE AFRICAINE
POUR LE SOMMET MONDIAL DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
Nairobi, 15-18 octobre 2001
EVALUATION DES PROGRES DU DEVELOPPEMENT DURABLE
EN AFRIQUE DEPUIS RIO (1992)
Rapport établi par le secrétariat commun élargi pour le Sommet mondial du
développement durable1 de 2002
1
Le Secrétariat commun élargi comprend le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), la Commission économique pour l'Afrique (CEA) de l'ONU, le Programme
des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et la
Banque africaine de développement (BAfD), l'Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté
économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des Etats d'Afrique de
l'Ouest (CEDEAO), l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD)/le Marché
commun des Etats d'Afrique orientale et australe (COMESA) et la Communauté pour le
développement durable de l'Afrique australe (SADC).
K0128112
211101
Par souci d’économie, le présent document a été imprimé en nombre limité. Aussi les participants sont-ils priés de
se munir de leurs propres exemplaires et de s’abstenir de demander des copies supplémentaires.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
ABREVIATIONS
CNUED
ONG
CBD
SMDD
CDB
CCNUCC
CNULCD
PIB
OUA
UA
CMED
PNUE
ODS
CFC
PNUD
ONUDI
FEM
UMA
COMESA
IGAD
CEDEAO
CILSS
CDD
UNGASS
GIF
FIF
FNUF
FAO
PEID
OME
EMIN
POP
CEA
PNB
APD
IED
PPTE
PMA
OMC
HCR
SADC
UNIFEM
OIT
UNESCO
UNICEF
OMS
EIE
RIAA
COP
NAP
PASR
RAP
Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement
Organisation non gouvernementale
Organisation communautaire
Sommet mondial du développement durable
Convention sur la diversité biologique
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification
Produit intérieur brut
Organisation de l’unité africaine
Union africaine
Commission mondiale de l’environnement et du développement
Programme des Nations Unies pour l’environnement
Substances qui appauvrissent la couche d'ozone
Chlorofluorocarbones
Programme des Nations Unies pour le développement
Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
Fonds pour l’environnement mondial
Union du Maghreb arabe
Marché commun de l’Afrique orientale et australe
Autorité intergouvernementale pour le développement
Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest
Comité inter-Etats de lutte contre la désertification dans le Sahel
Commission du développement durable
Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies
Groupe intergouvernemental sur les forêts
Forum intergouvernemental sur les forêts
Forum des Nations Unies sur les forêts
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Petits Etats insulaires en développement
Organisation mondiale de l’environnement
Evaluation mondiale des eaux internationales
Polluants organiques persistants
Commission économique pour l’Afrique
Produit national brut
Aide publique au développement
Investissements étrangers directs
Pays pauvres très endettés
Pays les moins avancés
Organisation mondiale du commerce
Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés
Communauté de développement de l’Afrique australe
Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes
Organisation internationale du travail
Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
Fonds des Nations Unies pour l’enfance
Organisation mondiale de la santé
Evaluation des impacts sur l’environnement
Annexe concernant la mise en œuvre au niveau régional pour l'Afrique
Conférence des Parties
Programme d'action national
Programme d'action sous-régional
Programme d'action régional
iii
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
GCR
CMAE
GIEC
MDP
TIC
VAM
ADPIC
OCDE
DMC
ACMAD
ELMS
WSSD
iv
Groupe de coordination régionale
Conférence ministérielle africaine sur l’environnement
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
Mécanisme de développement propre
Technologies de l'information et des communications
Valeur ajoutée dans le secteur manufacturier
Accord sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce
Organisation de coopération et de développement économiques
Centre de suivi de la sécheresse
Centre africain pour les applications de la météorologie du développement
Secteur de la gestion de l'environnement et des terres (SADC)
Sommet mondial du développement durable
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
TABLE DES MATIERES
STRUCTURE DU RAPPORT .............................................................................................. vi
I.
INTRODUCTION......................................................................................................... 1
Le chemin de Rio à Johannesburg ........................................................................ 1
Environnement et développement en Afrique (1992-2002) : Aperçu général ...... 2
Facteurs environnementaux .................................................................................. 2
Facteurs économiques et sociaux .......................................................................... 3
II.
L'AGENDA DE RIO (1992) : UNE DECENNIE D'ACTION .................................. 5
A.
Préservation et gestion des ressources pour le développement durable................ 5
Atmosphère ........................................................................................................... 6
Sols et agriculture durable .................................................................................... 6
Sécheresse et désertification ................................................................................. 8
Biodiversité et forêts ............................................................................................. 9
Le Forum des Nations Unies sur les forêts ........................................................... 9
Ecosystèmes marins et côtiers et leurs ressources .............................................. 10
Ressources en eau et qualité de l’eau.................................................................. 12
Produits chimiques toxiques et déchets dangereux............................................. 13
B.
Dimensions économiques et sociales .................................................................. 14
Flux de ressources financières vers l'Afrique ..................................................... 15
Commerce et environnement .............................................................................. 17
Mondialisation .................................................................................................... 18
Infrastructure....................................................................................................... 19
Gouvernance, droits de l'homme, prévention des conflits et construction de la
paix après les conflits.......................................................................................... 19
Etat de la pauvreté............................................................................................... 21
Liens entre la pauvreté et l'environnement ......................................................... 22
Education ............................................................................................................ 23
Soins de santé de base......................................................................................... 24
Le fléau du VIH/SIDA........................................................................................ 25
Intégrer les préoccupations environnementales aux politiques et plans principaux
et à la prise de décision. ...................................................................................... 26
C.
III.
Le rôle des grands groupes ................................................................................. 27
MOYENS DE MISE EN ŒUVRE............................................................................. 28
Mise en œuvre des Conventions de Rio ....................................................................... 28
Ressources du Fonds mondial pour l'environnement (FEM)........................................ 34
Technologies écologiquement rationnelles................................................................... 35
IV
PROBLEMES ET CONTRAINTES DE LA MISE EN ŒUVRE D'ACTION 21
ET ENSEIGNEMENTS TIRES................................................................................. 36
A.
Contraintes auxquelles la région doit faire face.................................................. 36
v
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
B.
V.
Impact d'Action 21 sur le développement durable dans la région ...................... 39
ALLER DE L'AVANT................................................................................................ 40
A.
B.
C.
Gouvernance environnementale internationale................................................... 40
Le rôle de l'Union africaine pour traiter les crises de la région .......................... 41
Le nouvel agenda du développement pour l'Afrique .......................................... 42
Eradication de la pauvreté................................................................................... 42
Mobilisation de ressources pour le développement durable ............................... 44
Inverser la détérioration de l’environnement, notamment par une gestion
rationnelle des écosystèmes terrestres et aquatiques et de leurs ressources........ 45
Promotion de la communication ......................................................................... 48
Promotion du commerce ..................................................................................... 48
Promotion du rôle de la société civile................................................................. 49
Gouvernance internationale de l’environnement ................................................ 49
Promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme ...................... 50
REFERENCES CLES........................................................................................................... 51
ANNEXES............................................................................................................................................ 53
vi
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
ANNEXES
Tableau 1 : Flux d’aide et de capitaux privés vers les pays africains et crise de la dette.... 54
Tableau 2 : Indicateurs de pauvreté pour les pays africains................................................ 56
Tableau 3 : Catastrophes naturelles en Afrique: Janvier 1992 - Juillet 2001. ..................... 58
Tableau 4 : Survie: Progrès et reculs des pays africains. ................................................... 59
Tableau 5 : Crises et défis principaux en matière de santé dans les pays africains............. 61
Tableau 6 : Etat de ratification de la Convention-cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto .................... 64
Tableau 7 : Etat de ratification de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et du
Protocole de Carthagène sur la biosécurité ...................................................... 66
Tableau 8 : Etat de ratification de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la
désertification (CNULCD) ............................................................................... 68
Tableau 9 : Priorités proposées par les réunions sous-régionales africaines pour le Sommet
mondial du développement durable.................................................................. 70
vii
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
STRUCTURE DU RAPPORT
Le présent rapport d’évaluation commence par une introduction qui passe brièvement
en revue les produits de Rio, y compris Action 21, et donne un aperçu des facteurs
environnementaux, sociaux et économiques qui prévalent en Afrique à la veille du Sommet
mondial du développement durable.
Le chapitre II traite en détail de l’état de certaines questions d’Action 21 et de certains
domaines programmatiques, et met en évidence quelques réalisations de la décennie écoulée.
Il est divisé en trois sections, à savoir la conservation et la gestion des ressources naturelles,
les dimensions sociales et économiques et le rôle des grands groupes. Quelques questions
émergentes comme la lutte contre la pandémie du VIH/SIDA et la mondialisation y sont
également traitées.
Le chapitre III passe en revue un certain nombre d’instruments juridiques et de
mécanismes internationaux en mettant l’accent sur les conventions postérieures à Rio qui ont
été mises en place pour appliquer Action 21. Le Fonds pour l’environnement mondial, qui a
été désigné comme principal mécanisme provisoire de financement sur certaines questions
environnementales, est aussi traité brièvement. Le transfert à l’Afrique d’une technologie
écologiquement rationnelle pour appuyer son développement durable est également mis en
évidence.
Les contraintes rencontrées par la région en mettant en œuvre Action 21 sont
brièvement évoquées au chapitre IV. Certaines contraintes et défis ont été d’un caractère
mondial, alors que d’autres avaient leur origine en Afrique. Est également évoqué dans ce
chapitre l’impact d’Action 21 sur le développement durable dans la région, y compris le rôle
de la CMAE dans l’harmonisation de la position africaine sur les accords multilatéraux.
Le chapitre V esquisse le nouvel agenda du développement pour la poursuite de la
réalisation des priorités de l’Afrique dans le contexte du Sommet mondial du développement
durable, tel qu’il ressort des propositions faites aux réunions des organisations d’intégration
économique régionale (CEDEAO/CILSS, SADC, CEEAC, UMA et IGAD/COMESA).
viii
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
I.
INTRODUCTION
A.
Le chemin de Rio à Johannesburg
1.
Lors de sa cinquante-cinquième Session, l'Assemblée générale, par sa résolution 55/199
de décembre 2000, a décidé de convoquer le Sommet mondial du développement
durable à Johannesburg (Afrique du Sud) en septembre 2002. L'objectif général du
Sommet est de réactualiser, au niveau politique le plus élevé, l'engagement mondial
pour le développement durable, le partenariat Nord-Sud et une solidarité internationale
forgée pour accélérer la mise en œuvre d’Action 21. Le processus préparatoire
comprend l'évaluation et l'examen des progrès accompli dans la mise en œuvre
d’Action 21, les réalisations majeures et les enseignements tirés, les principales
contraintes, les nouveaux défis et les opportunités et des propositions sur les moyens de
renforcer le cadre institutionnel.
2.
On pourrait dire que la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le
développement (CNUED) a changé dans une grande mesure le paysage de
l'environnement et du développement ainsi que les institutions. La CNUED a produit
cinq documents officiels : les conventions sur les changements climatiques et la
biodiversité, une déclaration de principes non contraignants sur les forêts, la
Déclaration et le Programme d'action de Rio et Action 21.
3.
Dans Action 21 on a examiné les problèmes pressants de cette période et visé à
préparer le monde aux défis de ce siècle. Action 21 a traduit un consensus mondial sur
la coopération dans le domaine du développement et de l'environnement. La réussite
de sa mise en œuvre relève avant tout de la responsabilité des gouvernements. Les
stratégies, plans, politiques et processus des pays sont cruciaux pour y parvenir. La
coopération internationale devrait appuyer et compléter ces efforts nationaux. Les
organisations régionales et sous-régionales sont également appelées à contribuer à cet
effort. La participation la plus large des populations et l'implication active des
organisations non gouvernementales et d'autres groupes sont encouragées. La mise en
œuvre d’Action 21 devait être entreprise par les différents acteurs, selon les différentes
situations, capacités et priorités des pays et des régions.
4.
Action 21 couvre le vaste domaine du développement durable. Le programme d'action
a été envisagé comme l'instrument de mise en œuvre des principes énoncés dans la
Déclaration de Rio. Il propose des objectifs, des cibles, des stratégies, des activités, des
calculs de coûts et l'attribution de rôles institutionnels bien articulés. Action 21 a un
préambule qui est important pour fixer son contenu. Une disposition clé de ce
préambule affirme qu’Action 21 traduit un consensus mondial et un engagement
politique au niveau le plus élevé pour la coopération en matière d'environnement et de
développement. Le préambule fait remarquer en outre les disparités existant entre
riches et pauvres et appelle instamment les nations à travailler ensemble dans un
partenariat mondial afin de réaliser le développement durable. En vue d'assurer un
avenir plus sûr et plus prospère, les problèmes d'environnement et de développement
ont besoin d'être abordés de manière équilibrée. Les quarante chapitres d’Action 21
sont divisés en quatre sections :
•
•
•
•
Dimensions économiques et sociales (chapitres 1-8);
Préservation et gestion des ressources pour le développement (chapitres 9-22);
Renforcement du rôle des grands groupes (chapitres 23-32);
Moyens de mise en œuvre (chapitres 33-40).
1
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
5.
Bien qu’Action 21 soit divisé de manière nette en quatre sections, les problèmes
n'entrent plus dans des catégories : le social ou la sécurité, l'économique ou
l'environnemental, le régional ou le mondial, le public ou le privé. Les questions socioéconomiques, par exemple, continuent de subir des déplacements importants. Les
forces de la mondialisation ont apporté une prise de conscience croissante des liens
existant entre la paix et la sécurité humaine, l'élimination de la pauvreté, la protection
de l’environnement et les droits de l'homme, y compris l'égalité entre les sexes.
B.
Environnement et développement en Afrique (1992-2002) : Aperçu général
6.
Les pays africains ont inauguré les années 90 avec des problèmes économiques et
politiques majeurs qui se sont manifestés par le déclin de la productivité agricole et
industrielle, des famines sporadiques, la dégradation croissante de l'environnement, des
niveaux de malnutrition de plus en plus élevés, une dette croissante et une capacité
moindre de la rembourser, un malaise social, l'effondrement d'infrastructures et la
désintégration d'institutions publiques. Ces problèmes forcent la plupart des pays
africains à chercher les moyens de renouveler leurs économies et d'accéder aux chemins
du développement durable. Il devient de plus en plus vital de trouver des solutions à
long terme aux problèmes de l'Afrique.
C.
L'Afrique à la veille du Sommet mondial du développement durable
Facteurs environnementaux
7.
Dix ans après Rio, la région africaine demeure confrontée à un grand éventail
d'opportunités et de défis environnementaux. Depuis le Sommet de Rio, l'état de
l'environnement africain a continué de se dégrader. La dégradation environnementale a
été largement associée à l'épuisement des ressources naturelles et des écosystèmes forêts, eau, ressources marines et côtières, érosion des sols, pollution de l'air, etc. La
région, cependant, dépend largement de ses ressources naturelles pour sa croissance
économique et son développement durable.
8.
En général, des progrès ont été accomplis dans certains pays en matière de
développement institutionnel, d'obtention d'un consensus international, de processus
participatifs, d'actions du secteur privé, et aussi en atténuant la pollution et la
dégradation des ressources. Des analyses récentes montrent cependant que les
tendances vont en s'amplifiant. A la veille du Sommet mondial du développement
durable, la région demeure confrontée à de graves problèmes environnementaux, dont
certains sont dus aux évolutions mondiales et à des conditions en mutation dans le
monde, alors que d'autres s’inscrivent à l'intérieur des pays.
9.
La région est en train de perdre ses ressources naturelles à un rythme relativement
rapide en comparaison avec d'autres régions du monde. L'Afrique perd environ
1,3 millions d'hectares de forêts chaque année. Sa faune et sa flore riches et singulières
par leurs espèce d'animaux et de plantes subissent une pression croissante. On estime
que 500 millions d'hectares ont été affectés par la dégradation des sols depuis 1950,
dont une proportion de terres agricoles allant jusqu’à 65 %. La pollution de l'air et de
l'eau dans la région augmente constamment.
2
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
10.
La pauvreté persistante en Afrique a contribué à l'accélération de la dégradation des
ressources naturelles. La réduction de la productivité agricole a ainsi découragé les
efforts de développement durable. L'Afrique est le seul continent où on prévoit que la
pauvreté va augmenter pendant au cours du 21ème siècle.
11.
Des approvisionnements en eau insuffisants et malsains continuent d'affecter de plus en
plus de gens dans la région, aggravant les problèmes de mauvaise santé et d'insécurité
alimentaire parmi les pauvres. Quatorze pays sont soumis à des pressions hydriques et
onze autres le deviendront d'ici 2025.
12.
L'énergie est requise pour les besoins individuels aussi bien que pour des secteurs clés
comme l'industrie, les transports et les télécommunications. La région a besoin de
technologies et de ressources financières pour développer pleinement le potentiel de ses
ressources énergétiques.
13.
Comme mesure de suivi de la CNUED, certains pays africains ont créé des institutions
pour gérer l'environnement, par exemple des secrétariats chargés spécialement de la
coordination de la mise en œuvre d’Action 21 et d'autres actions de la CNUED. Des
politiques et des plans nationaux de l'environnement ont été élaborés et mis en place,
par exemple dans des domaines comme la surveillance de la pollution, la préservation
des ressources naturelles, le planning familial, l'éducation et la formation, les sols,
l'eau, l'assainissement, les forêts et la santé. Plus récemment, certains pays ont
constitué des comités pour promouvoir les relations entre le commerce et
l'environnement et pour en assurer le soutien mutuel.
14.
Un certain nombre de pays ont promulgué des lois sur l'évaluation des impacts sur
l’environnement (EIE) et établi des codes de l'environnement pour l'utilisation durable
de l'eau et des forêts, la protection de la biodiversité et la gestion des déchets solides.
15.
Quatre vingt seize pour cent des pays africains ont ratifié les conventions de Rio (la
Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention-cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques (CCNUCC) et la Convention des Nations Unies pour
la lutte contre la désertification (CNULCD) et pris des mesures pour leur mise en
œuvre. Quarante six pays africains sont Parties à la Convention de Vienne et 47 sont
Parties au Protocole de Montréal.
Facteurs économiques et sociaux
16.
Les économies africaines ont connu un déclin et dans certains cas un
quasi-effondrement, sur le plan quantitatif et qualitatif. Le taux de croissance
économique pour presque 50% de ces économies s'est stabilisé au-dessous de 2 % par
an - mesuré au PIB - alors que la population humaine s'est accrue de 4% en moyenne
annuellement. Les biens et services économiques ont été relativement inaccessibles
pour beaucoup de ménages africains. Les populations rurales ont continué de subvenir
directement à leurs besoins économiques grâce aux ressources naturelles et à des
systèmes écologiques fragiles.
17.
L'Afrique, contrairement à d'autres régions du monde, continue de recevoir un taux
extrêmement bas d'investissements étrangers privés. Actuellement 95% environ des
ressources financières utilisées en Afrique proviennent de sources nationales. Il est
donc nécessaire de trouver des moyens d'accroître le montant des investissements
extérieurs en Afrique.
3
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
18.
L'utilisation des ressources naturelles en Afrique est suscitée par la demande des
pouvoirs publics, pour assurer des recettes en devises en exportant des produits de
base. Les politiques et programmes gouvernementaux ont ainsi incité à des cultures
intensives sur les terres existantes et à l'exploitation de terres plus marginales.
19.
En 1998, la dette extérieure de l'Afrique subsaharienne a atteint 230 132 millions de
dollars É.-U. La dette pour l'ensemble de l'Afrique s'élevait à 324,7 milliards de
dollars. Parmi les 52 pays africains (à l'exception de l'Erythrée pour laquelle on ne
dispose pas de données), la Banque mondiale en a classé 32 comme extrêmement
endettés et 11 autres comme modérément endettés. Au cours de la dernière décennie,
une proportion substantielle des recettes à l'exportation de l'Afrique a été utilisée pour
le remboursement de la dette, causant une incapacité de mettre en œuvre des stratégies
de développement durable.
20.
La mondialisation pose de nouveaux et grands défis à l'Afrique. En dépit des grandes
possibilités qu’elle offre, ses avantages ne sont pas répartis de manière équilibrée, alors
que ses coûts sont supportés par tous. Les avantages de la mondialisation se
concentrent dans un petit nombre de pays. Une intégration/coopération régionale
accrue est essentielle pour promouvoir et développer les marchés africains, appuyer la
croissance économique et renforcer la position de négociation de l'Afrique avec
d'autres groupements régionaux et des sociétés transnationales.
21.
Selon des normes internationales, une personne pauvre est définie comme celle qui doit
survivre avec un dollar par jour ou moins. En utilisant cette définition, beaucoup de
gens en Afrique subsaharienne sont considérés comme très pauvres. Dans les zones
rurales de l'Afrique subsaharienne, l'incidence de la pauvreté est aiguë : environ 60 %
de la population vivent au-dessous de la ligne de pauvreté. Le Sommet du Millénaire a
résolu réduire la pauvreté de moitié vers l'année 2015. Afin de réaliser cet objectif
dans les treize prochaines années, les taux de croissance du PIB devront augmenter
substantiellement. Il faudra investir 33 % du PIB pour atteindre une croissance
annuelle de 7% - devant être financée par l'épargne nationale et les flux de capitaux
étrangers.
22.
La pandémie du VIH/SIDA menace les vies de millions d'Africains ainsi que la
viabilité politique et économique de plusieurs Etats de la région. Les efforts de
gouvernance et de développement seront compromis si des stratégies efficaces ne sont
mises en place pour arrêter et inverser les tendances actuelles.
23.
Il a été estimé que la paludisme et la tuberculose tuent un million à un million et demi
de personnes dans la région annuellement. La rougeole et les infections hydriques
tuent aussi un grand nombre d'enfants africains. Les maladies, non seulement causent
des souffrances humaines, mais contribuent aussi à l'appauvrissement en raison d'une
productivité réduite de la main d'œuvre et de la diversion des ressources financières
vers l’achat de médicaments.
24.
Depuis 1970 plus de 30 guerres ont été menées en Afrique; en grande majorité elles ont
eu une origine interne. En 1996 seulement, 14 des 53 pays d'Afrique ont été affligés
par des conflits armés qui ont causé plus de 50 % des décès liés à la guerre dans le
monde; il y a eu plus de huit millions de réfugiés et de personnes déplacées ou de
retour dans leur pays. L'instauration d'une paix durable et d'une stabilité sociale dans la
région devient d'une importance capitale. Sans ces conditions de base, la réalisation du
développement durable continuera d'être illusoire. Une bonne gouvernance, la
coopération régionale et des mécanismes actifs pour résoudre et prévenir des conflits
sont des exigences déterminantes pour atteindre ces objectifs.
4
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
25.
Beaucoup de pays de la région subissent une urbanisation effrénée, associée à des
niveaux croissants de pollution de l'air et de l'eau, et les incidences sur la santé humaine
s’accumulent.
26.
La libéralisation du commerce en Afrique et les pressions exercées sur beaucoup de
pays pour qu’ils remboursent leur dette extérieure ont, dans une grande mesure,
exacerbé la dégradation de l'environnement en l'absence de la formulation et de
l'application de politiques et de législations régulatrices appropriées tenant compte de
l'environnement.
27.
Le Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement africains convoqué à Lusaka (Zambie),
en juillet 2001 a établi l'Union Africaine pour traiter les crises du continent dans les
domaines politique, économique et social, en remplacement de l'Organisation de l'unité
africaine, établie en 1963.
28.
Le Sommet de Lusaka a adopté la Nouvelle initiative pour l’Afrique, engagement pris
par les dirigeants africains, basé sur une vision commune et une conviction partagée,
d’éradiquer la pauvreté et de mettre leurs pays respectifs sur les rails du développement
durable.
29.
Avant le Sommet de Rio, pour de nombreux pays de la région, les questions
socio-économiques et d'environnement relevaient des seuls pouvoirs publics. Le
Sommet planète Terre, et les conférences qui ont suivi Rio, ont mis l'accent sur la
nécessité d’une participation des populations à la formulation et la mise en œuvre des
projets. Dans de nombreux pays, les ONG ont été associées à des organismes
décisionnels comme les comités consultatifs nationaux sur l'environnement.
II.
L'AGENDA DE RIO (1992) : UNE DECENNIE D'ACTION
A.
Préservation et gestion des ressources pour le développement durable
30.
Les problèmes cruciaux du développement socio-économique de l'Afrique sont
étroitement liés aux ressources et à l'environnement. C'est ainsi que la préservation de
l'environnement a un rapport direct avec la structure et le fonctionnement de
l'économie. Le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le
développement déclare "…l'environnement est là où nous vivons, et le développement
est ce que nous faisons en essayant d'améliorer notre lot. Les deux sont inséparables."
31.
Le rapport sur l'évaluation mondiale de l'environnement du PNUE (Perspective de
l'environnement mondial 2000) (GEO 2000) a attiré l'attention sur les conditions et les
tendances environnementales régionales suivantes qui vont probablement s'aggraver au
cours des prochaines années:
•
500 millions d'hectares environ ont été affectés par la dégradation des sols depuis
1950, dont plus de 65 % de terres agricoles;
•
comme résultat de l'insécurité alimentaire, le nombre de personnes
sous-alimentées en Afrique a presque doublé, passant de 100 millions à la fin des
années 60 à environ 200 millions en 1995;
•
la région a perdu 39 millions d'hectares de forêts tropicales pendant les années 80
et elle en avait perdu dix millions de plus en 1995;
5
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
32.
•
14 pays connaissent des pressions hydriques ou des pénuries d'eau et il y en
aura 11 de plus en 2025;
•
L'Afrique émet seulement 3,5 % du volume total mondial de dioxyde de carbone
dans l'atmosphère et on prévoit que ce taux ne dépassera pas 3,8 % en 2010.
GEO 2000 a également identifié d'autres conditions et tendances environnementales
régionales et mondiales qui sont graves et qui vont s’aggraver si elles ne sont pas
arrêtées et inversées :
•
les zones côtières et leurs ressources se dégradent à un rythme croissant;
•
l'urbanisation continue, souvent accompagnée d'une gestion croissante de déchets
et de problèmes de pollution de l'air et d'approvisionnement en eau;
•
le nombre de réfugiés s'accroît de plus en plus; il y en avait plus de 27 millions
en 1995;
•
les petits Etats insulaires en voie de développement demeurent particulièrement
vulnérables aux changements climatiques;
Les tendances environnementales dans certains secteurs au cours de la dernière
décennie méritent d'être examinées plus amplement.
Atmosphère
33.
L'ozone stratosphérique est essentiel pour protéger les humains, les plantes et les
animaux des effets néfastes des rayons ultraviolets nocifs. Les principales substances
qui appauvrissent l'ozone sont les chlorofluorocarbones (CFC), les halons, le
tétrachlorure de carbone , le méthylchloroforme et le bromure de méthyle.
34.
Bien que l'appauvrissement de la couche d'ozone ne soit pas considéré comme une
question majeure de l'environnement dans la plupart des pays africains, la région
africaine applique activement le Protocole de Montréal. Quarante six pays africains
sont Parties à la Convention de Vienne et 47 au Protocole de Montréal.
35.
Depuis 1990, les Parties au Protocole de Montréal ont mis en œuvre un mécanisme
financier qui comprend un Fonds multilatéral, pour aider les pays africains à se
débarrasser des substances qui appauvrissent la couche d'ozone. Les organisations
fournissant une assistance aux pays africains dans le cadre du Fonds multilatéral sont le
PNUD, le PNUE, l'ONUDI et la Banque mondiale. Entre 1993 et 2001, jusqu'à
150 millions de dollars américains ont été approuvés par le Comité exécutif pour
éliminer ces substances dans la région africaine, grâce à quatre agents d'exécution, mais
particulièrement grâce au PNUD, à l'ONUDI et au PNUE.
36.
Une préoccupation majeure des pays africains est le dumping par les pays développés
d'équipements obsolescents et l'importation de nouveaux équipements utilisant des
substances qui appauvrissent la couche d’ozone (particulièrement des réfrigérateurs et
congélateurs ) depuis l’Europe et l'Asie. Les Parties au Protocole de Montréal ont
résolu par leur décision IX/X d’établir des systèmes d’autorisations pour contrôler
l'importation et l'exportation de tels équipements. Les pays africains doivent prendre
des mesures urgentes pour s'assurer qu'un système d’autorisations soit mis en place
pour mettre fin au dumping de ces équipements.
Sols et agriculture durable
6
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
37.
En Afrique la terre est une ressource cruciale et la base de la survie. Un rapport de la
Banque mondiale indique que l'agriculture contribue pour 40 % du PIB régional et
emploie plus 60 % de la main d'œuvre. La dégradation des sols dans la région menace
ainsi le bien-être économique et physique. Les problèmes clés liés à cette dégradation
comprennent l'érosion croissante, une fertilité décroissante, la salinité, la compaction
des sols, le pacage excessif, le déboisement, la pollution agrochimique et la
désertification. Les sécheresses récurrentes sont également un facteur déterminant de la
dégradation des terres cultivées et des pâturages dans plusieurs parties du continent. La
sécheresse augmente la dégradation des sols, mais celle-ci intensifie également les
effets de la sécheresse.
38.
La perte de sols affecte la capacité de rétention de l'humidité, les nutriments, la
structure des sols ainsi que la faune et la flore. L'érosion affecte également des secteurs
économiques comme l’énergie et l'approvisionnement en eau. Le pacage excessif
réduit le couvert végétal et expose le sol à l'érosion de l'eau et du vent. Certains sols en
Afrique sont difficiles à gérer et les conditions défavorables amplifient cette situation.
Dans d'autres parties du continent, l’ensablement bouche les canaux d'irrigation et
recouvre les champs, les habitations, les rivières et les routes. L'irrigation par
inondation peut conduire à la salinisation. Des sols salinisés sont improductifs et
deviennent finalement des déserts humides ou salins.(Barrow, 1991)
39.
Dans plusieurs pays d'Afrique, la répartition inéquitable des terres, combinée à de
mauvaises méthodes de culture, à des systèmes d'occupation et de propriété
défavorables, a conduit à une diminution de la productivité des pâturages et à de
mauvais rendements des récoltes et de l'eau fournie. Les politiques foncières ( ou leur
absence) et les législations foncières sont parmi les causes profondes de la dégradation
des sols. Plusieurs gouvernements africains n'ont pas répondu au besoin d’approches
participatives dans la formulation et l'application de politiques et de législations sur les
ressources foncières et naturelles.
40.
La dégradation des sols fait que la production alimentaire a un accroissement moyen
annuel qui ne dépasse pas 2%. Comme cet accroissement est inférieur au taux de
croissance moyen de la population (environ 4%), la production alimentaire par habitant
a décliné dans la région. Le Sommet mondial de l’alimentation (Rome, 1996) a mis
l'accent sur la menace pour la sécurité alimentaire de la dégradation des sols. La
Déclaration de Rome a souligné la nécessité d'accroître la production alimentaire dans
le cadre de la gestion des ressources naturelles. Le Plan d'action du Sommet mondial
de l’alimentation demande un effort soutenu afin d'éradiquer la faim dans tous les pays,
avec comme objectif minimum de réduire de moitié le nombre de personnes sousalimentées d’ici 2015. Les principaux instruments et programmes utilisés pour
promouvoir l'agriculture durable comprennent le portefeuille du FEM concernant la
dégradation des sols et les initiatives du PNUE pour la terre et l'eau en Afrique.
7
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Sécheresse et désertification
41.
Près des deux-tiers du continent africain sont semi-arides. Ce continent est le plus
gravement affecté par la désertification, qui menace plus d'un tiers des superficies,
particulièrement dans la région soudano-sahélienne, en Afrique australe et dans
l'Afrique méditerranéenne. En Afrique du nord, plus de 432 millions d'hectares
(57% du total des superficies) sont menacés par la désertification. Les terres arides
sont particulièrement vulnérables à la dégradation parce qu'elles se reforment très
lentement. Avec un approvisionnement limité en eau, les nouveaux sols se forment très
lentement; les sels une fois accumulés ont tendance à s'incruster, alors que les sols qui
sont secs, médiocrement compactés et sporadiquement couverts par la végétation sont
sujets à l'érosion. Bien que le pacage excessif ait été pendant longtemps considéré
comme la cause première de désertification dans la région, on pense actuellement que
les variations des précipitations et les longues périodes de sécheresse sont des facteurs
plus déterminants.
42.
La pauvreté est considérée comme l'une des causes de la désertification, et son
éradication pourrait ouvrir la voie au développement durable. Par conséquent, il est
nécessaire d'apporter un plein appui financier et politique à la Convention des
Nations Unies sur la lutte contre la désertification, dont la mise en œuvre pourrait
constituer un vecteur important de réduction de la pauvreté.
43.
Depuis la Conférence de Nations Unies sur l'environnement et le développement, un
certain nombre de pays de la région ont fait des efforts pour fournir aux populations un
moyen d'exprimer leurs points de vue sur les questions d'utilisation des sols. Il manque
toujours des politiques rurales globales qui lient la production et les objectifs de
l'environnement et de la promotion du monde rural. La planification et la gestion des
ressources de la terre exigent la participation de différents ministères au niveau local et
national ainsi que du secteur privé.
44.
Dans certain pays, les plans de gestion communautaires des ressources naturelles et les
plans stratégiques d'action sur la biodiversité, ont été mis en place sous les auspices de
conventions régionales et internationales. Toutes les cinq sous-régions ont élaboré des
programmes d'action sous-régionaux dans le cadre de la Convention de lutte contre la
désertification pour atténuer les effets de la sécheresse. Certaines
sous-régions ont élaboré des stratégies de mobilisation de ressources pour appuyer la
mise en œuvre des programmes d'action sous-régionaux. La plupart de ces régions ont
déjà entamé le processus d'élaboration des programmes et des projets concernant les
domaines prioritaires identifiés dans le cadre des programmes d'action sous-régionaux.
45.
La Convention sur la lutte contre la désertification est un instrument important pour
enrayer ce phénomène et atténuer la sécheresse dans les pays africains affectés. Les
organisations intergouvernementales sous-régionales ont un rôle important dans sa mise
en œuvre - l'Union du Maghreb arabe (UMA), le Marché commun de l'Afrique
orientale et australe (COMESA), la Communauté économique des Etats d'Afrique
centrale (CEEAC), la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest
(CEDEAO), l'Autorité intergouvernemental pour le développement (IGAD), le Comité
inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et la Communauté de
développement de l'Afrique australe (SADC).
8
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Biodiversité et forêts
46.
La région africaine est bien dotée dans sa diversité et variété d'espèces, d'habitats et
d'écosystèmes. Elle héberge quelque 50 000 espèces de plantes, 1000 espèces de
mammifères et 1500 espèces d'oiseaux (GEO). La région a plus de 2000 espèces de
plantes endémiques et Madagascar compte, à elle seule, plus de 300 espèces de
mammifères (GEO). Les zones humides de l'Afrique contiennent une riche diversité
biologique, comprenant des espèces de plantes et d'oiseaux migrateurs rares et
endémiques. La richesse de la faune et de la flore comprend des cultures, des arbres,
des plantes médicinales et des espèces sauvages. Les économies africaines dépendent
de cette diversité biologique riche mais les années récentes ont vu un rythme rapide et
croissant de disparition et de destruction d'espèces et d'habitats.
47.
Les forêts de l'Afrique couvrent quelque 520 millions d'hectares. Elles constituent plus
de 17% des ressources forestières mondiales; la République démocratique du Congo, à
elle seule, a plus de 20% du couvert forestier de la région. Les forêts jouent un rôle
crucial dans les économies de beaucoup de pays africains; elles fournissent du bois et
des matériaux industriels et contribuent au tourisme, aux loisirs et à l'industrie du
bâtiment. Les forêts tropicales aident beaucoup à réguler le climat planétaire par
l'absorption du dioxyde de carbone. Le déboisement et la dégradation des forêts
persistent dans la région, dues à une variété de causes, notamment les pressions
démographiques, la pauvreté, les modèles de production et de consommation, les
systèmes d’occupation des sols et la spéculation foncière. D'autres facteurs importants
sont l’abattage illégal, la pression du pacage, des cultures illégales, la demande de bois
de feu et de charbon de bois, les problèmes liés aux réfugiés, l'exploitation minière et
pétrolifère, des événements climatiques naturels et des incendies de forêts. Les
données de la FAO indiquent que le taux annuel de déboisement a été de 0,7% entre
1990 et 1995, les taux les plus élevés ayant été enregistrés dans les parties occidentales
humides du continent. Les données indiquent également que le taux de reboisement est
bien inférieur au taux de déboisement.
48.
Néanmoins, pendant la décennie écoulée, beaucoup de pays africains ont délimité des
zones protégées en vue d'accroître la superficie des réserves nationales. L'un des
objectifs de la création de zones protégées est de préserver à la fois la vie sauvage et un
matériel génétique endémique rare. Quelques sociétés d'exportation de bois dans la
région ont par ailleurs utilisé l’éco-étiquetage dans leur activité.
49.
Le Forum des Nations Unies sur les forêts : Les Principes sur les forêts adoptés à Rio
concernent la gestion, la préservation et le développement durable de tous les types de
forêts. En raison du manque de progrès pour arrêter le déboisement et la dégradation
des forêts depuis Rio, et pour suivre la mise en œuvre des propositions de la
Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement concernant des
questions liées aux forêts, la Commission du développement durable a constitué en
1995 le Groupe de travail intergouvernemental sur les forêts. En 1997, la session
extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de poursuivre le
dialogue intergouvernemental sur les forêts grâce à la création d'un Forum
intergouvernemental sur les forêts, sous l'égide de la Commission du développement
durable. Le Forum a eu pour mandat de promouvoir et de surveiller la mise en œuvre
des propositions du Groupe de travail.
9
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
50.
Le Forum intergouvernemental, à sa quatrième session, tenue à New York en janvier
2000, a recommandé la création du Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF)
pour promouvoir la gestion, la préservation et le développement durable de tous les
types de forêts et renforcer l'engagement politique à long terme à cette fin. Outre le fait
de mettre en place un forum pour l’élaboration des politiques forestières et
l'instauration d'un dialogue, il est demandé au FNUF de surveiller les progrès
accomplis aux plans mondial, régional et national grâce aux rapports soumis par les
gouvernements et les organisations internationales et régionales. Par conséquent, il
sera capital pour les gouvernements africains de continuer à participer pleinement au
processus du FNUF.
51.
Afin de mettre un terme à la déforestation et à la dégradation des forêts, un certain
nombre de pays ont établi des plans nationaux d'action sur les forêts pour améliorer la
mise en valeur et la gestion à long terme des forêts. A titre d'exemple, la sous-région
de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) a créé un
instrument sous-régional pour les écosystèmes des forêts. Dans la sous-région de la
SADC, des initiatives sont en cours pour promouvoir l'auto-suffisance durable au
niveau sous-régional en ce qui concerne les forêts et les produits dérivés du bois, et ce
par l'intermédiaire du secteur forestier de la SADC. Ce secteur a élaboré la stratégie en
matière de politique forestière et de mise en valeur des forêts, qui a été approuvée en
1997. Des efforts sont actuellement déployés pour finaliser et mettre en application un
protocole de la SADC sur les forêts. Pour ce qui est de la mise en œuvre de la CDB,
les pays de la SADC ont adopté la stratégie de la SADC sur la biodiversité. Le
programme vise à la conservation tant de la flore que de la faune grâce à la mise en
œuvre de stratégies élaborées à cet effet.
52.
Un certain nombre d'instruments sont actuellement disponibles pour la gestion et
l'utilisation durables de la diversité biologique et des forêts. On peut citer la CDB, la
Convention sur la lutte contre la désertification et le FNUF.
53.
96 % des pays africains ont ratifié les Convention de Rio (la Convention sur la diversité
biologique (CDB), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques (CCNUCC), la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la
désertification (CNULCD)), et ont pris des mesures pour les mettre en œuvre.
Quarante -six pays de la région sont Parties à la Convention de Vienne et quarante-sept
sont Parties au Protocole de Montréal. Vingt-huit pays ont signé le Protocole sur la
sécurité biologique, alors que cinq ont ratifié le Protocole de Kyoto et cinq autres l'ont
signé. 28 % des Etats africains sont devenus Parties à la Convention de Bamako. Les
pays qui n'ont pas encore ratifié la Convention de Bamako ou n'y ont pas encore adhéré
sont invités à le faire, de façon que les buts de la Convention soient atteints.
Ecosystèmes marins et côtiers et leurs ressources
54.
10
Dans nombre de pays africains, les ressources marines et côtières contribuent
considérablement à l'économie grâce à la pêche et au tourisme. Cependant, les
dernières estimations montrent que les prises de pêche ont connu un déclin dans
certains pays. Une pêche accrue en volume et des pêcheries à petite échelle non gérées
peuvent conduire à l'effondrement total des industries de la pêche. Le tourisme à base
côtière, notamment dans les petits pays insulaires, connaît aussi des difficultés.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
55.
Un développement mal planifié le long des côtes africaines, notamment la création de
villes nouvelles, de réseaux routiers, d’oléoducs et de ports continue de menacer les
ressources marines et côtières. Les données du PNUE indiquent que les polluants
marins provenant des villes côtières sont constamment rejetés dans la mer, conduisant à
sa contamination. En outre, le rejet dans les rivières, et finalement dans la mer, de
déchets non traités provenant d'activités d'exploitation minière et pétrolière menace
également les écosystèmes marins et côtiers. Dans d'autre parties du continent, la
pollution marine provient de déversements d’hydrocarbures ou d'usines chimiques
contenant des niveaux élevés de chrome, de mercure, de phénol, d'acide, de chlore ou
d'urée.
56.
La santé des populations côtières dépend de la santé et du bien-être des écosystèmes
côtiers, qui comprennent des eaux proches des côtes, des zones humides et les bassins
versants et hydrographiques qui leur sont associés. Dans un certain nombre de pays,
ces habitats sont affectés par les pressions humaines, la pollution et l'altération
physique.
57.
L'érosion côtière qui est exacerbée par la destruction des écosystèmes de mangroves est
devenue aiguë à certains endroits. Elle est aussi la cause dominante de la disparition
accélérée de beaucoup d’écosystèmes et habitats comme les lagunes, les terres
humides, les mangroves et les récifs côtiers, ainsi que de leur biodiversité. La
détérioration de la qualité des eaux côtières et du paysage côtier menace gravement
certaines destinations touristiques traditionnelles, et fait obstacle au développement
plus intensif du tourisme. Cette situation est particulièrement grave dans les petits pays
insulaires où le territoire national consiste seulement en des zones côtières. Cette
situation combinée à la détérioration de l'environnement affecte la subsistance des
populations et réduit la contribution des ressources côtières au PNB.
58.
Des efforts considérables sont actuellement faits au niveau régional et national pour
mettre en œuvre le Programme d’action de la Conférence mondiale pour le
développement durable des petits Etats insulaires de développement.
59.
Dans le contexte des conférences de Maputo et du Cap, tenues respectivement en juillet
et en décembre 1998, les gouvernements africains ont décidé de prendre des mesures
urgentes pour arrêter et inverser les tendances négatives dans la mise en œuvre des
conventions d'Abidjan et de Nairobi. - les deux instruments vitaux pour la protection, la
gestion et le développement de l'environnement côtier et marin en Afrique. La
Déclaration du Cap a demandé au PNUE, secrétariat des conventions d'Abidjan et de
Nairobi, d’élaborer un plan d'action concret pour revitaliser et coordonner ces
conventions par la mise en place de mécanismes conjoints.
60.
Les principaux programmes et instruments pour la protection et la gestion des
écosystèmes marins et côtiers et de leur ressources comprennent : le Programme des
mers régionales du PNUE, les conventions de Nairobi, d'Abidjan, de Djeddah et de
Barcelone et les protocoles y relatifs, les déclarations de Maputo et du Cap sur
l'environnement marin et côtier en Afrique et le Fonds pour l'environnement mondial
(particulièrement son Programme des eaux internationales.)
11
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Ressources en eau et qualité de l’eau
61.
Bien que l'eau soit abondante à l'échelle régionale, sa répartition est inégale dans la
nature et elle est allouée sans équité par l'homme. Quelques pays de la région
bénéficient d’un approvisionnement moyen annuel élevé par personne, mais beaucoup
d’autres ont déjà fait face ou vont bientôt faire face à des pression hydriques ou à des
conditions de rareté. Plus de quatre milliards de m3 d'eau retournent annuellement à la
mer, mais ce chiffre a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, en
raison d’un ruissellement exacerbé par le déboisement massif. De plus, le volume d'eau
provenant des précipitations pour la consommation humaine et le maintien des
écosystèmes continue de diminuer en raison partiellement des taux élevés d'évaporation
et d'évapotranspiration. En outre, un niveau technologique faible dans plusieurs parties
du continent ne peut pas soutenir suffisamment l'extraction et l'utilisation durable des
eaux de surface et souterraines.
62.
Le déclin continu de la disponibilité de l'eau utilisable, par rapport à une demande
croissante, crée un risque de litiges et de conflits à l'intérieur des pays africains et entre
eux. Il pourrait conduire aussi à une instabilité internationale. Des études récentes
indiquent que quelque 14 pays africains connaissent des pénuries d'eau et que 11 autres
en subiront d’ici 2025.
63.
Les principales sources de pollution de l'eau dans la région incluent l'eutrophisation, la
pollution et la prolifération de mauvaises herbes aquatiques comme la jacinthe d’eau et
la salvinia. Ces dernières années, la jacinthe d'eau a interrompu les transports et les
approvisionnements en eau vers les centres urbains, la pêche et la production
d’électricité. Les déchets industriels et ménagers continuent d'être rejetés sans
traitement dans les rivières et les lacs de plusieurs pays africains, posant de graves
problèmes de santé.
64.
Des études récentes du PNUD indiquent que plus de 300 millions de personnes en
Afrique n'ont pas accès à une eau saine et que cette situation va empirer. En Afrique
subsaharienne, environ 51% de la population a accès à une eau saine et 47 % à
l’assainissement. En général, les citadins y ont un meilleur accès que les ruraux.
65.
Concernant le secteur des ressources en eau, certaines sous-régions ont élaboré des
plans sous-régionaux pour intégrer la mise en valeur et la gestion des ressources en eau.
Dans le cas de la sous-région de la SADC, le Protocole sur les réseaux hydrographiques
partagés a été signé en 1995 par la majorité des Etats membres. Au cours de l'année
suivante, le Groupe de coordination du secteur des eaux de la SADC a été créé.
66.
En résumé, les défis, contraintes et insuffisances qui doivent être surmontés par les
gouvernements africains dans la gestion des ressources d'eau douce pour le
développement durable sont les suivants :
i)
Insuffisances de l'information et de la compréhension
Cette situation empêche de reconnaître que l'eau a une valeur et que c'est cette
valeur qui est nécessaire dans la planification et l'évaluation des projets.
12
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
ii)
Insuffisances institutionnelles
Nécessité d'établir des réseaux appropriés d’institutions, de décideurs, de parties
prenantes et de scientifiques, notamment en matière de coopération entre pays
africains.
iii)
Insuffisances des capacités
Insuffisances de qualifications techniques pour traiter des questions de l'eau et,
plus important encore, non disponibilité de mécanismes pour le transfert des
compétences, des connaissances et des informations au public.
iv)
Insuffisances du processus participatif
Nécessité d’une participation à la base dans la planification et la réalisation des
projets, notamment par l'implication des femmes et des ONG à tous les niveaux.
v)
Insuffisances dans les options de gestion de l'eau
Nécessité d’élaborer un schéma directeur national englobant le stockage, la
qualité, le traitement, la réutilisation et la distribution équitable et efficace de
l'eau.
67.
L'Initiative spéciale du système des Nations Unies pour l’Afrique compte parmi ses
grandes priorités l'utilisation équitable et durable des ressources d'eau douce et
l'approche d’un partage équitable dans la gestion des ressources en eau. Ce programme
met l'accent principalement sur les changements des politiques, des institutions et des
législations concernant l'eau pour amener la majorité pauvre au centre de la question du
développement durable de l'eau pour l'Afrique. L'Evaluation mondiale des eaux
internationales (EMIN) du PNUE, financée par le FEM, vise à évaluer la gravité de
plusieurs questions prioritaires liées à l'eau, leur répartition géographique et leurs
causes profondes.
68.
Les principaux programmes et instruments pour la gestion de l'eau douce dans la région
comprennent : le projet d'Evaluation mondiale des eaux internationales (EMIN) du
PNUE, les programmes des organisations travaillant dans le domaine des rivières et des
lacs africains, le Programme d'action mondial sur les sources de pollution dues aux
activités terrestres, le portefeuille des eaux internationales du FEM et la composante
africaine des travaux sur les barrages.
Produits chimiques toxiques et déchets dangereux
69.
La Convention de Bamako sur l'interdiction de l'importation en Afrique et le contrôle
de mouvements transfrontières de déchets dangereux en Afrique a été négociée et
adoptée en janvier 1991 à Bamako (Mali) par la Conférence panafricaine sur
l'environnement et le développement. En 2000, 10 pays africains avaient ratifié la
convention et cinq autres y avaient adhéré. Dix ans se sont écoulés depuis que la
Convention a été adoptée et seulement 28% des Etats africains sont Parties, ce qui
montre que les pays africains ont perdu de vue les graves dangers associés à la
décharge de déchets et de produits chimiques sur le continent.
13
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
70.
Selon GEO 2000, l'établissement des conventions de Bamako et de Bâle a conduit à la
création de “Dump Watch”, accord d'alerte préalable entre les Etats de l'Afrique de
l'ouest et du centre. Conformément à cet accord, des gouvernements européens, des
ONG internationales et les institutions et des particuliers associés fournissent des
informations aux missions diplomatiques africaines sur les mouvements de déchets
dangereux de l'Europe vers l'Afrique. L'information est ensuite transmise aux
institutions responsables en Afrique pour que les mesures nécessaires soient prises.
71.
En Afrique, les métaux lourds (plomb et mercure) et les pesticides demeurent une
grande préoccupation. L'exposition aux métaux lourds conduit à plusieurs formes de
cancer ainsi qu'à des maladies des reins. Les polluants organiques persistants (POP)
renferment une grande variété de produits chimiques comme des pesticides (DDT,
chlordane et heptachlore). Bien que l'utilisation de ces pesticides soit restreinte dans
les pays développés, ils sont toujours fabriqués dans ces pays pour être exportés vers
les pays en développement, notamment en Afrique.
72.
Les polluants organiques persistants ont des propriétés toxiques et résistent à la
dégradation, et ils peuvent être propagés par l'air et l'eau et par les espèces migratrices.
Ces polluants peuvent également être propagés à travers les frontières internationales et
s’accumuler dans les écosystèmes terrestres et aquatiques, loin de leur lieu de rejet.
73.
Les métaux lourds et les polluants font l'objet d'une attention permanente actuellement.
Nombre de pays africains ont introduit l’essence sans plomb. D'autres ont augmenté
les prix des engrais et des pesticides afin de promouvoir une utilisation plus efficace de
ces produits chimiques et de réduire le niveau de pollution. Quelques pays ont
promulgué des lois interdisant l'importation, le stockage et le transit des déchets
toxiques sur leur territoire national.
74.
Le Comité intergouvernemental chargé de négocier un instrument international
juridiquement contraignant pour l’adoption de mesures internationales applicables à
certains polluants organiques persistants a tenu plusieurs sessions de négociation en
1999. La cinquième et dernière session s'est tenue à Johannesburg en décembre 2000.
La Convention a été adoptée et ouverte à la signature pendant la Conférence de
plénipotentiaires tenue à Stockholm en mai 2001.
B.
Dimensions économiques et sociales
75.
L'Afrique a été décrite comme un continent en crise. La période 1980-1989 est souvent
appelée "la décennie perdue" pour décrire la détérioration des économies et les impacts
catastrophiques sur la société qui en ont découlé pendant cette période. La période
1990-2000 ne peut pas être décrite comme une décennie prospère avec une économie
en expansion. La région a été en fait dans un état de crise pendant les
trois dernières décennies, avec des économies en déclin constant dû à des facteurs
internes et externes. Selon un rapport de la Commission économique pour l'Afrique de
l’ONU, la croissance économique du continent entre 1998 et 2000 a dépassé à peine
3%; elle a été de 3,1% en 1998 et de 3,2% en 1999. Ce rapport ajoute que les facteurs
majeurs de la situation économique dans la région ont été les conditions climatiques,
les prix internationaux des produits de base, la stabilité sociale et politique et la solidité
du cadre des politiques économiques dans les pays.
14
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
76.
Le rôle de l'Afrique dans l'économie mondiale a consisté principalement à fournir une
main d'œuvre bon marché et des matières premières. Les ressources naturelles de
l'Afrique -minéraux et produits agricoles- ont continué à être détournées au lieu d'être
utilisées aux fins du développement des industries manufacturières et de ressources
humaines qualifiées. Dans d'autres régions en développement dans le monde, il y a eu
un apport de richesses sous forme d'investissements qui a créé de plus grandes richesses
grâce à l'exportation de produits à valeur ajoutée. Ainsi, l'Afrique est restée le
continent le plus pauvre, bien qu’elle soit l'une des régions les plus richement dotées
dans le monde.
Flux de ressources financières vers l'Afrique
Aide publique au développement (APD)
77.
A Rio, certains pays développés ont déclaré leur engagement d'atteindre l'objectif de
0,7% du PNB en ce qui concerne l'aide publique au développement en 2000. Seuls le
Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède ont réalisé cet objectif. Les données
de la CEA montrent que l'APD reçue par les pays africains est passée de 8,5 milliards
de dollars E.-U. en 1974-84 à 22,1 milliards de dollars en 1990-96. Le degré de
dépendance à l'égard de l'aide est mesuré par le coefficient APD/PIB, qui est passé de
2,7% pour l'Afrique dans la période 1974-1984 à 5% entre 1990 et 1996. La grande
dépendance de l'aide observée dans quelque 25 pays africains en 1999 (tableau 1)
traduit les taux d'épargne bas dans ces pays. Le flux de l'APD vers l'ensemble des pays
en développement a considérablement diminué en termes réels depuis 1992. L'APD
provenant des pays de l'OCDE en pourcentage de leurs PIB combinés, a diminué pour
la cinquième année consécutive de 0,33% en 1992 à son niveau le plus bas, soit 0,22%
en 1997, en dépit du fait que ces pays ont acquis un pouvoir politique substantiel au
plan mondial. Le déclin de l'aide a été particulièrement aigu aux Etats-Unis, où elle ne
représentait que 0,08% du PNB en 1997, malgré une vaste économie en plein essor.
Comme les flux de l'APD poursuivent leur déclin, les pays africains devraient évaluer
les incidences de ce déclin sur leurs économies.
Investissements étrangers directs (IED)
78.
Dans d'autres régions en développement, le déclin de l'APD a été compensé par
l'accroissement des flux de capitaux étrangers privés. En général, le monde en
développement a enregistré des flux de capitaux privés qui sont passés de 44 milliards
de dollars E.-U. en 1990 à 244 milliards de dollars en 1996. L'Afrique a reçu
seulement 3% de capitaux privés étrangers. La CNUCED a déclaré dans un rapport
qu'en 1999, les IED vers l'Afrique sont passés de 8 à 10 milliards de dollars.
Cependant, environ 70% du volume total des IED vers l'Afrique pendant cette année se
sont concentrés sur cinq pays seulement : l'Angola, l'Egypte, le Nigéria, l'Afrique du
Sud et le Maroc. La grande majorité des nations africaines les plus pauvres continue
d'être marginalisée en termes de montants absolus d'investissements étrangers que ces
nations ont reçus. L'Afrique a besoin d'un secteur privé très dynamique (national et
étranger) pour fournir les fonds nécessaires.
79.
Les pays africains devraient cependant accomplir une transition ordonnée à partir du
niveau élevé actuel de l'APD pour financer leur développement économique et social.
L'APD devrait jouer un rôle de passerelle avant que des investissements privés et
publics ne puissent fournir des ressources nécessaires. L'aide étrangère ne devrait pas
remplacer l'investissement privé. Il est nécessaire pour la région de recourir aux
capitaux étrangers privés afin d'élever le niveau de productivité nécessaire à l'élévation
soutenue des niveaux de vie des populations africaines. Les gouvernements africains et
15
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leurs partenaires dans le développement devraient aussi améliorer l'efficacité de l'aide
en concentrant davantage les programmes des donateurs sur l'éradication de la
pauvreté. Par exemple, les partenaires extérieurs devront soutenir des projets
d'infrastructure sous-régionaux, notamment la construction de routes, de chemins de fer
et de ports afin de faciliter le commerce transfrontalier en vue d'élargir l'accès aux
marchés des biens et services.
Le problème de la dette
80.
La dette extérieure de l'Afrique s'accroît depuis les années 80, à cause d'avoirs inactifs
et de taux d'intérêts élevés. En 1998, la dette extérieure de l'Afrique subsaharienne a
atteint 230 132 millions de dollars alors qu'elle ne représentait que 60 820 millions de
dollars en 1980. (La dette pour toute l'Afrique s'est élevée à 324,7 milliards de dollars
en 1998). La dette extérieure en pourcentage des exportations a été respectivement de
246% et 224% en 1995 et 1996. Comme rapport des exportations au PIB, la dette
extérieure de l'Afrique est la plus élevée de toutes les régions en développement. Les
données de la Banque mondiale indiquent que seuls neuf de 52 pays africains (à
l'exception de l'Erythrée, en raison de données non disponibles) ont été considérés
comme relativement dégagés des problèmes de la dette extérieure. Parmi les 43 autres,
la Banque mondiale en a classé 32 comme extrêmement endettés et 11 comme
modérément endettés. La dette est devenue tellement considérable par rapport aux
recettes d'exportation et la taille économique des pays africains qu'il sera impossible de
la rembourser sans imposer un lourde charge aux pays endettés. Le fardeau de la dette
gêne les investissements publics dans l'infrastructure physique et humaine et éloigne les
investissements privés et étrangers. Les initiatives internationales visant à alléger les
problèmes de la dette n'ont pas eu de succès. Entre 1980 et 1995, 22 pays africains ont
renégocié leur dette auprès des banques commerciales 58 fois au total; et pendant la
même période 35 pays africains ont renégocié leur dette extérieure vis-à-vis de leurs
créanciers du Club de Paris 151 fois.
81.
La Nouvelle initiative africaine adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement de
l'Union africaine à Lusaka en juillet 2001 déclare que "le crédit a mené à l'impasse de la
dette qui, d'échéances en rééchelonnements, persiste et empêche la croissance des pays
africains. Les limites de cette solution ont été atteintes".
82.
Le taux de croissance et le volume de la dette de l'Afrique ont été inférieurs à ceux de
l'Asie du sud-est pour la même période. La dette de la région est cependant
insupportable, particulièrement au regard des exigences de la croissance. En effet, le
remboursement de la dette extérieure de l'Afrique a eu comme résultat un glissement
des ressources de l'investissement pour le développement vers le remboursement de la
dette. Un endettement élevé a aussi découragé les investissements, particulièrement les
investissements étrangers. En outre, il y a eu une réduction de l'assistance financière
disponible pour financer de nouveaux projets parce qu'une grande proportion de l'aide
nouvelle sert à rembourser la dette ancienne. Au cours de la décennie, une grande
proportion des recettes à l'exportation de l'Afrique a été utilisée pour le remboursement
de la dette, mettant les pays dans l'incapacité de mettre en œuvre des stratégies de
développement durable.
16
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
83.
L'Initiative en faveur des pays pauvres lourdement endettés, qui a démarré en 1996, a
visé les 41 pays les plus lourdement endettés dans le monde, 32 appartenant à l'Afrique.
En 1999, seuls la Côte d'Ivoire, le Mozambique et l'Ouganda ont reçu une assistance de
l'Initiative, tandis que les pays annoncés sont le Mali, la Mauritanie et l'Éthiopie. Une
information récente provenant de la Banque mondiale et du FMI montre qu'à la fin de
2000 18 pays africains bénéficiaient de l'allégement de la dette selon l'Initiative et que
14,6 milliards de dollars avaient été engagés pour l'allégement de la dette. Le principal
objectif du plan est de donner la possibilité aux pays de continuer d'emprunter tout en
bénéficiant de l'allégement de leur dette, afin de poursuivre d'autres tâches comme les
stratégies de réduction de la pauvreté. Selon la Banque mondiale, un pays peut remplir
les conditions d'un allégement de sa dette selon cette Initiative, en présentant un
document de stratégie pour la réduction de la pauvreté, qui est un instrument
opérationnel pour traduire la stratégie de réduction de la pauvreté du pays en un plan
d'action ciblé.
84.
Il a été proposé cependant que l'Initiative vise en premier lieu l'abaissement de la dette
extérieure à des niveaux soutenables avec des avantages sur la durée et non à court
terme. Bien que cette initiative soit la plus audacieuse jusqu'ici pour l'allégement de la
dette, les pays développés devraient sérieusement penser à la modifier. D'autres
options ont été suggérées : la réduction de la dette, la remise de la dette et, au mieux,
l'annulation de la dette. La troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les
moins avancés (mai 2001) a réitéré que l'Initiative est "insuffisante pour rompre le
cycle économique infernal et fournir une issue possible pour échapper au piège de la
dette." La Conférence a ajouté que la plupart des pays les moins avancés n'étaient pas
aptes à réduire de moitié la pauvreté d'ici 2015.
Commerce et environnement
85.
Bien que la plupart des pays africains aient poursuivi des politiques d'exportation
conformes à des avantage comparés de ressources naturelles abondantes et de main
d'œuvre non qualifiée, leur part du commerce mondial des produits de base a été
réduite par des pratiques agricoles inefficaces, une faible commercialisation, de
mauvaises infrastructures, des guerres civiles et une concurrence accrue de nouveaux
producteurs des produits de base.
86.
La privatisation a été plutôt menée à bien dans certaines sous-régions. Les entreprises
publiques non compétitives ont été remplacées par des entreprises privées
comparativement plus efficaces, augmentant ainsi le nombre de biens disponibles à la
population. La privatisation a également réduit la bureaucratie, du fait de la réduction
des tâches confiées à l'administration.
87.
L'Organisation mondiale du commerce (OMC), établie en 1995, est responsable du
développement de politiques commerciales en collaboration avec les institutions
régionales concernées. Il est connu que les pays africains continuent de produire des
matières premières destinées aux marchés étrangers pour pouvoir faire face à leur dette
extérieure. L'accroissement des recettes à l'exportation traduit habituellement un
accroissement du volume des exportations. La libéralisation du commerce, qui se
déroule dans beaucoup de pays africains, et la pression du remboursement des dettes
extérieures ont considérablement exacerbé la détérioration de l'environnement.
17
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88.
Dans l'ensemble, les pays en développement ne tirent pas avantage de la libéralisation
du commerce. Bien au contraire, très peu de régions, en particulier en Afrique
subsaharienne, font preuve d'un dynamisme compétitif et produisent des biens
manufacturés. Il ressort des données publiées par l'ONUDI qu'en 1998, l'Asie de l'Est a
produit à elle seule 75 % du total des exportations de produits manufacturés par les
pays en développement, dont 87 % de produits de haute technologie, 64 % de moyenne
technologie et 70 % de faible technologie. L'Afrique subsaharienne ne produit que
1 % du total des exportations de produits manufacturés, dont 4,8 % de produits à base
de ressources naturelles, 1,5 % de produits de faible technologie, 1,9 % de produits de
moyenne technologie et 0,4 % de produits de forte technologie. La concentration
régionale en Asie de l'Est a augmenté au lieu de diminuer, depuis 1980.
Mondialisation
89.
Il existe un consensus international clair sur les possibilités et les défis de la
mondialisation. Il est reconnu maintenant qu'aucun pays ou organisation ne peut en
réaliser seul les objectifs, d'où la nécessité d'une plus grande coopération nord-sud et
sud-sud. La mondialisation a conduit au démantèlement des barrières commerciales, à
la mobilité des capitaux, à des avancées technologiques fondamentales et à la réduction
du coût des technologies de l'information. La mondialisation signifie donc la création
de plus grands marchés.
90.
Bien que la mondialisation fournisse des perspectives de prospérité économique future,
notamment en réduisant la pauvreté, plusieurs pays en Afrique y ont contribué
passivement. En raison de règles discriminatoires, non transparentes et inéquitables, la
mondialisation a augmenté la capacité des pays développés de faire avancer leurs
intérêts au détriment des pays en développement, particulièrement dans les domaines
du commerce, de la finance et de la technologie.
91.
Le Rapport du Millénaire du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
affirme que si la mondialisation est entrain de transformer le monde actuel, elle
comporte des dangers, particulièrement la criminalité, la drogue, le terrorisme, les
maladies et les armes. L'ouverture des frontières au nom de la mondialisation a
accentué la transmission dans le monde d'agents pathogènes, notamment le VIH/SIDA.
L'expansion de l'industrialisation face à de nouveaux marchés dans le contexte de la
mondialisation a considérablement affecté le climat mondial. Les avantages de la
mondialisation comprennent, entre autres, une croissance économique rapide, des
niveaux de vie plus élevés, des innovations accélérées et la diffusion de technologies et
de compétences de gestion. En outre, la mondialisation apporte de nouvelles chances
aux individus ainsi qu'une meilleure compréhension entre nations. Le Rapport du
Millénaire ajoute qu'en dépit des grandes chances offertes par la mondialisation, ses
avantages sont répartis d'une manière inéquitable alors que ses coûts sont supportés par
tous. Les avantages et les opportunités de la mondialisation sont concentrés dans un
petit nombre de pays. Un déséquilibre s'est instauré entre la conception et l'application
de règles pour faciliter l'expansion des marchés mondiaux, tandis que des activités
environnementales ou des programmes sociaux tels les normes de travail, les droits de
l'homme ou la réduction de la pauvreté n'ont reçu aucun soutien.
18
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
92.
La question est de savoir comment faire de la mondialisation une force positive pour
toutes les populations, y compris les populations africaines. L'incapacité dans laquelle
est l'Afrique de bénéficier pleinement de la mondialisation est le résultat de flux de
ressources vers l'extérieur et de l'inégalité des termes de l'échange. De plus, des échecs
en matière de leadership économique et politique dans plusieurs pays de la région ont
empêché la mobilisation de ressources dans des domaines d'activités productives, ce
qui a empêché d'attirer des investissements nationaux et étrangers.
93.
Grâce à la mondialisation et à l'intégration des économies dans le monde, un intérêt
renouvelé a été porté à l'intégration régionale en Afrique. Les conséquences d'une telle
démarche accroîtraient certainement la part du continent dans le commerce mondial,
qui est de 2%.
Infrastructure
94.
Le développement africain exige des infrastructures physiques efficaces : transports
(routes, chemins de fer, transports maritimes, ports, transports aériens);
communications (postes, radio, télécommunications et réseaux informatiques); énergie
(bois de chauffage, géothermie, pétrole, gaz naturel, potentiel hydraulique, énergie
solaire et éolienne); eau (irrigation, assainissement, consommation humaine, animale et
industrielle). Si les systèmes d'infrastructure sont bien planifiés, avec des objectifs
précis et un bon rapport coûts-avantages, et s'ils sont efficacement gérés, ils pourront
jouer un rôle important dans la réduction de la pauvreté, en augmentant la répartition
équitable des opportunités économiques, en diminuant les flux migratoires
ruraux/urbains et en abaissant les pressions sur l'environnement, particulièrement dans
les zones urbaines et les villes secondaires.
Gouvernance, droits de l'homme, prévention des conflits et construction de la paix
après les conflits
95.
Une économie de marché nécessite une bonne gouvernance, sinon les citoyens vont
mener des activités improductives, comme la corruption et la concussion. Le résultat
est la création de moins d'emplois et la diminution conséquente des revenus des
ménages et du bien-être. La bonne gouvernance nécessite une série d'actions orientées
vers une approche participative de la formulation et de la mise en œuvre de politiques,
et la promotion de la redditionnalité et de la transparence dans la vie publique. En
outre, l'Etat doit garantir les droits de chaque citoyen en consolidant la démocratie et en
faisant appliquer la loi. Cela peut être réalisé par des engagements tendant à appuyer
des évaluations de la gouvernance et la participation des citoyens au niveau local pour
identifier les mesures à prendre et des points de repère appropriés pour mesurer les
améliorations de la gouvernance sur la durée.
96.
Aucun pays ne peut se croire en sécurité si son voisin est embourbé dans un conflit. La
prévention des conflits, leur gestion et leur résolution devraient faire partie intégrante
du programme global de développement. La guerre absorbe des ressources et détruit
des personnes et des biens; elle déplace des populations; elle mine la démocratie et la
gouvernance. La répartition inéquitable des ressources conduit à la violence, d'où la
nécessité d'un développement équitable et d'une gouvernance améliorée. L'expérience
africaine suggère la nécessité de créer des mécanismes et des institutions solides pour la
paix et la sécurité régionales.
19
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97.
Outre les pertes subies dans la productivité économique et la destruction
d'infrastructures sociales et physiques, une absence de la bonne gouvernance peut
conduire à des souffrances humaines et à l'exode des réfugiés. Selon les statistiques du
HCR il y a eu plus de 4 millions de réfugiés en Afrique en 1997, avec plus d'un million
concentré dans la Corne d'Afrique; le nombre de personnes déplacées a été estimé à
20 millions. Les guerres civiles et les conflits affectent de manière plus néfaste les
civils, particulièrement les femmes et les enfants, que les soldats.
98.
Le Rapport du Groupe de travail spécial à composition non limitée sur les causes des
conflits et la promotion de la paix et du développement durables en Afrique a estimé
qu'il y avait 17 conflits en cours dans la région en août 2001.
99.
Pour traiter les conflits dans la région, un large éventail de mécanismes a été mis en
place, comprenant ce qui suit :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
20
Désignation d'envoyés spéciaux par le Secrétaire général de l'Organisation des
Nations Unies pour collaborer étroitement avec les organisations sous-régionales
et régionales afin de s'occuper de ces conflits;
Création d'une équipe spéciale interorganisations pour l'Afrique de l'ouest afin
d'articuler une approche globale coordonnée en matière de prévention des
conflits;
Création de bureaux des Nations Unies dans un certains nombre de pays africains
afin de promouvoir la paix et la réconciliation nationale et de renforcer les
institutions démocratiques et les structures de gouvernance, en harmonisant les
activités de construction de la paix sur le terrain et en fournissant un soutien
international aux activités de construction de la paix après les conflits;
Collaboration entre l'ONU et l'ancienne OUA pour développer les capacités
spécifiques de l'OUA en matière de prévention, de gestion et de résolution des
conflits.
Collaboration de l'ONU avec les organisations sous-régionales (par exemple la
CEDEAO, la SADC et l'IGAD) pour traiter des conflits spécifiques dans le cadre
des sous régions;
Traitement des crises et des questions de prévention des conflits par l'Union
européenne grâce à un échange d'information et à la participation à des cycles de
formation, à la fois au siège et sur le terrain.
Création d'une antenne de la femme auprès de l'IGAD par l'UNIFEM afin de
promouvoir des perspectives favorables à la femme dans les politiques et les
pratiques de l'organisation;
Convocation en juillet 2001 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce
illicite des armes légères, qui a adopté un programme d'action pour la prévention
du commerce illicite, la lutte contre ce commerce et son éradication;
Elaboration de projets par l'OIT et la Banque mondiale dans les pays déchirés par
la guerre pour la réintégration de soldats démobilisés, en mettant l'accent sur les
groupes les plus vulnérables et sur les enfants soldats.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
100. En entreprenant ces tâches, l'ONU et d'autres organisations ont dû relever des défis
considérables, notamment :
•
•
•
•
•
•
•
•
l'augmentation de la pauvreté;
une gouvernance médiocre;
le non respect des droits de l'homme;
la mauvaise gestion des ressources;
une capacité institutionnelle faible;
l'insécurité alimentaire;
l'augmentation du chômage;
le manque de ressources financières adéquates.
101. Le Groupe de travail spécial a proposé une collaboration entre société civile,
gouvernements et organisations sous-régionales et régionales dans leurs efforts de
prévention, de gestion et de résolution des conflits. En outre, le Groupe a reconnu le
lien existant entre l'éradication de la pauvreté et la prévention des conflits, ainsi que le
besoin impératif pour l'Afrique de réaliser l'objectif international du développement
consistant à réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015. Le Groupe a également demandé
un soutien financier accru pour réaliser des programmes de démobilisation, de
désarmement et de réintégration.
Etat de la pauvreté
102. Les gouvernements africains savent aujourd'hui que l'objectif primordial du
développement doit être axé sur la réduction de la pauvreté à court terme et sur son
éradication complète à long terme. Dans un grand nombre de forums, notamment au
Sommet mondial du développement social tenu à Copenhague en 1995, ce même point
de vue a été exprimé. Le seuil de pauvreté est défini comme le volume de dépenses
nécessaires pour satisfaire les besoins élémentaires de chaque personne dans une
société; il varie d'un pays à l'autre. Au début des années 90, environ 44% des
populations en Afrique vivaient au-dessous du seuil de pauvreté de 39 dollars E.-U. par
personne et par mois. Les données de la CEA montrent que l'Afrique subsaharienne a
une plus grande incidence de pauvreté; 52% de la population y vivent au-dessous du
seuil de pauvreté de 37,5 dollars par personne et par mois, tandis que l'Afrique du nord
a une incidence bien inférieure, avec 22% de la population vivant au-dessous du seuil
de pauvreté. Le revenu moyen de la catégorie des pauvres pour l'ensemble du
continent a été seulement de 83 cents des E.-U. par personne et par jour.
103. Dans les zones rurales de l'Afrique subsaharienne, l'incidence de pauvreté a été plus
aiguë et plus étendue, avec 59% de la population vivant au-dessous du seuil de
pauvreté de 22 dollars par personne par mois. Dans les zones urbaines, 43% de la
population vivait au-dessous du seuil de pauvreté d'environ 43 dollars par personne par
mois. En 1998, les dépenses mensuelles moyennes en Afrique subsaharienne étaient de
14 dollars par personne à la compagne et de 27 dollars par personne en ville. La
pauvreté rurale réagit plus à la croissance du revenu qu'aux changements dans sa
répartition, mais l'inverse est valable pour la pauvreté urbaine. Des estimations
actuelles indiquent qu'il y a 300 millions d'habitants en Afrique subsaharienne qui
survivent avec moins d'un dollar par jour. En comparaison, il y a 20 ans, 230 millions
de personnes en Afrique subsaharienne vivaient avec moins d'un dollar par jour. Le
Rapport sur le développement humain du PNUD (2001) montre que 29 pays africains
se situent dans la catégorie inférieure de l'indice du développement humain, contre cinq
pays seulement dans toutes les autres régions (Tableau 2). Les statistiques montrent
aussi qu'il y a plus de femmes que d'hommes pauvres. Les pays pauvres,
particulièrement ceux où apparaît une inégalité significative entre les communautés
21
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religieuses et ethniques, sont susceptibles d'être pris dans des conflits. De tels pays
manquent aussi de la capacité et des ressources nécessaires pour appliquer des
politiques écologiquement rationnelles.
104. Le Sommet du Millénaire s'est engagé à réduire de moitié le nombre de gens vivant
avec moins d'un dollar par jour d'ici 2015. Les 146 chefs d'Etat ont également promis
“de n'épargner aucun effort pour libérer toute l'humanité, et par dessus tout nos enfants
et petits enfants, de la menace de vivre sur une planète irrémédiablement perdue par des
activités humaines et dont les ressources ne suffiraient plus à faire face à ses besoins".
Afin de réduire la pauvreté, les taux de croissance du PIB doivent augmenter. Les
calculs montrent que les taux du PIB dans les sous-régions de l'Afrique du nord et de
l'Afrique australe devraient croître de 5 à 6% annuellement pour réduire la pauvreté de
moitié d'ici 2015. Les chiffres pour la sous-région de l'Afrique centrale et de l'Afrique
de l'ouest et de l'est s'élèvent respectivement à 7%, 7,6% et 8,12% annuellement. Pour
les pays de l'Afrique subsaharienne réaliser des taux élevés de croissance économiques,
tels qu'indiqués ici, est un plus grand défi, particulièrement en considérant leur faibles
résultats passés. En comparaison, les pays de l'Afrique du nord ont eu
traditionnellement de forts taux de croissance.
105. La réduction de la pauvreté nécessite un engagement politique fort, avec des
instruments politiques spécifiques ciblant les couches les plus pauvres de la société.
L'Afrique a un degré élevé d'inégalité dans la répartition des revenus en comparaison
avec d'autres régions du monde, venant seulement après l'Amérique latine. Le résultat
en est que la croissance économique seule n'est pas susceptible de bénéficier aux
pauvres. La réduction de la pauvreté nécessitera également la redistribution de la
richesse et de la terre, ainsi que l'éducation pour tous.
106. Pour réaliser ce but, la croissance du PIB à une moyenne de 7% annuellement nécessite
des investissements supplémentaires. Des estimations montrent que l'Afrique aura
besoin d'investissements à hauteur de 33% du PIB pour atteindre 7% de croissance
annuelle, en partie financés par l'épargne nationale et le reste par des flux de capitaux
étrangers. Au cours des années récentes toutefois, le volume des flux de ressources
étrangères vers l'Afrique a connu un déclin, d'où la nécessité et l'urgence pour la région
de considérer la question de l'accroissement de l'épargne nationale pour atteindre
l'objectif la de réduction de la pauvreté. Les décideurs africains n'ont aucun contrôle
sur la fixation des prix des produits de base. L'Afrique a besoin ainsi de l'assistance de
partenaires de pays développés pour traiter de l'aide publique au développement et des
questions de la dette. Des questions de politique générale pour réduire la pauvreté qui
relèvent des décideurs africains sont notamment la mobilisation de l'épargne nationale
(définie par le niveau du revenu réel), l'arrêt des fuites de capitaux et l'accueil de flux
extérieurs de ressources comme les investissements étrangers directs.
Liens entre la pauvreté et l'environnement
107. La pauvreté est une cause et une conséquence de la dégradation de l'environnement.
Elle exacerbe cette dégradation en forçant les gens pauvres à exploiter des terres
marginales ou à épuiser des ressources halieutiques dans une lutte désespérée pour
survivre. Bien que la pauvreté ait été précédemment définie par le revenu, un
consensus se dégage pour qu'elle englobe une série de privations, comprenant le
manque d'accès aux ressources naturelles, aux soins de santé et à l'éducation,
l'incapacité d'accéder au processus politique et la vulnérabilité aux catastrophes. Les
pauvres ont tendance à habiter des zones fragiles (terrains dégradés et marginaux,
versants en forte pente, bordures forestières, zones côtières) où l'eau et la gestion de la
terre ont un caractère crucial pour le maintien de la productivité. Selon le PNUD, la
22
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pauvreté comprend non seulement le manque de moyens matériels, mais également le
déni des chances et des choix les plus élémentaires du développement humain.
108. La dégradation de l'environnement contribue considérablement à beaucoup de menaces
contre la santé, notamment l'air pollué, l'eau insalubre, un assainissement médiocre et
des maladies transmises par les insectes comme le paludisme. La production et
l'utilisation de produits chimiques toxiques créent également une autre menace majeure
pour la santé humaine. La dégradation des sols et les pénuries d'eau dans plusieurs
parties de l'Afrique menacent gravement la capacité des paysans pauvres de vivre de la
terre. La dégradation des zones côtières, notamment par la pêche excessive, crée
également des risques pour le bien-être des populations pauvres de la région.
109. Dans beaucoup de pays d'Afrique, la population des centres urbains a considérablement
augmenté, en raison de l'exode rural. Des bidonvilles surpeuplés, des conditions
désastreuses de vie et d'hygiène, la pollution et des problèmes sociaux aigus ont marqué
la croissance des grandes villes. Il est nécessaire par conséquent de promouvoir des
réformes politiques pour rendre des activités écologiquement rationnelles compétitives
sur le plan économique.
110. Des catastrophes naturelles surviennent dans toutes les parties du monde. Les pauvres
sont plus vulnérables aux changements environnementaux et à des catastrophes
naturelles comme les inondations, les séismes, les glissements de terrains et les grandes
tempêtes, qui causent des pertes de vie et à des dommages économiques. La
vulnérabilité aux catastrophes s'accroît avec l'accroissement de la population humaine
dans les villes et le long des côtes. Des études récentes du climat montrent que la
sécheresse provoquée par les changements climatiques pourrait faire augmenter dans la
population africaine, la partie exposée au risque de famine de 18% d'ici les années
2050.
111. A peu près tous les pays de la région ont mis en place un groupe spécial chargé de la
gestion des catastrophes. Au niveau sous-régional, des systèmes d'alerte rapide ont été
établis pour les cultures, le cheptel, la sécheresse, les inondations, les cyclones, etc.
Les responsables de ces systèmes travaillent en étroite collaboration avec les services
météorologiques nationaux et d'autres institutions sous-régionales et régionales telles
que les centres de suivi de la sécheresse, le Centre africain pour les applications de la
météorologie au développement (ACMAD), AGRHYMET et Hydro-Niger.
112. Au cours de la dernière décennie, les grandes catastrophes naturelles qui ont affligé
l'Afrique ont inclus des inondations, la sécheresse, des tremblements de terre et des
cyclones. Certaines régions ont été également affectées par des incendies, les criquets
pèlerins, des éruptions volcaniques, des tempêtes et des accidents chimiques
(tableau 3). Quelque 20 pays ont été successivement touchés pendant la décennie, ce
qui a rendu difficile pour eux la poursuite de stratégies de développement durable.
Education
113. Les compétences humaines sont la richesse d'une nation, et si les machines et les fonds
sont importantes, ce sont les gens qui font la croissance des économies.
L'alphabétisation et l'éducation de base sont des conditions nécessaires du
développement économique et social. L'éducation et la formation sont donc des
conditions préalables essentielles pour assurer la transition de l'Afrique vers le
développement durable.
114. La Déclaration du Millénaire a réaffirmé l'engagement pris au Forum mondial de
l'éducation tenu à Dakar en 2000 de satisfaire les besoins d'apprentissage de base de
23
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
tous les enfants, des jeunes et adultes, où qu'ils vivent, d'ici 2015. Le défi de
l'éducation pour tous est capital en Afrique. Néanmoins, la formation supérieure de
techniciens compétents, particulièrement pour la nouvelle économie mondiale basée sur
l'information, est aussi importante. A ce jour, les capacités technologiques et
scientifiques sont faibles et le niveau des investissements dans ce domaine est bas en
Afrique.
115. Les données disponibles montrent que le taux de scolarisation primaire en Afrique
atteint 77%, mais que celui des filles est en deçà de 75%. En raison des médiocres taux
actuels de scolarisation, il sera difficile de réaliser les objectifs de développement
suivants, convenus au plan international :
i)
ii)
éducation primaire pour tous d'ici 2015;
élimination des différences entre sexes dans l'enseignement d'ici 2005.
116. Les principaux facteurs faisant obstacle à la mise en œuvre des objectifs internationaux
convenus sont les suivants : ressources financières inadéquates, facilités
d'apprentissage et d'enseignement insuffisantes, places limitées dans les écoles pour une
population croissante en âge de scolarisation et capacités institutionnelles faibles pour
dispenser une éducation de bonne qualité. L'exode des cerveaux à partir du continent et
la pandémie du VIH/SIDA érodent la capacité des ressources humaines déjà limitée
dans la région.
117. La Banque mondiale, l'UNESCO et l'UNICEF (en collaboration avec le PNUD)
appuient l'éducation de base dans 16 pays africains qui ont des taux de scolarisation
faibles, tandis que la Banque mondiale appuie des programmes du développement du
secteur de l'éducation dans 15 pays africains. Ces programmes visent à étendre l'accès
des filles à l'éducation, particulièrement au niveau primaire, et à améliorer la qualité de
l'éducation. L'UNICEF soutient également l'initiative pour l'éducation des filles en
Afrique afin de permettre à beaucoup plus de filles de s'inscrire dans les écoles et
d'améliorer leur assiduité.
118. En 1994, l'UNESCO a établi le Programme du partenariat entre l'université, l'industrie
et la science en Afrique et le Fonds international pour le développement technologique
de l'Afrique, destiné à développer et promouvoir les capacités scientifiques et
technologiques endogènes dans la région.
Soins de santé de base
119. Le paludisme et la tuberculose tuent environ un million à un million et demi de
personnes annuellement, tandis que la rougeole et les maladies hydriques fauchent un
grand nombre d'enfants africains (tableaux 4 et 5). Selon l'OMS, le paludisme a ralenti
la croissance économique dans la région de 1,3% annuellement; les pays non touchés
par le paludisme ont en moyenne un PIB per habitant trois fois supérieur à ceux qui le
sont. Dans la Déclaration de Harare sur la lutte contre le paludisme (1977), les pays
africains ont mis l'accent sur l'importance de faire face à ce fléau. Les maladies causent
non seulement des souffrances humaines, mais contribuent aussi à l'appauvrissement en
réduisant la productivité de la main d'œuvre et le détournement des ressources
financières pour acheter des médicaments.
120. Il a été estimé que les pays africains dépensent environ 10 dollars E.-U. par personne
annuellement en matière de santé, qui s'ajoutent à une contribution équivalente des
malades et de leurs familles. Les soins de santé minima devraient coûter environ 45 à
60 dollars par personne par an, mais la plupart des pays africains ne peuvent assumer
de tels montants. Le fossé financier en matière de soins de santé (25 à 40 dollars par
24
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personne) représente un montant de 10 à 16 milliards de dollars par an pour couvrir les
besoins des pays et communautés à faibles revenus.
Le fléau du VIH/SIDA
121. La pandémie du VIH/SIDA menace la vie de millions d'Africains ainsi que la viabilité
politique et économique de beaucoup d'Etats de la région (Tableau 5). La déclaration
du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies au Sommet du Millénaire a
indiqué que sur 36 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde, plus
de 23 millions (64%) se trouvent en Afrique subsaharienne. De plus, un enfant sur 10 a
perdu sa mère morte du SIDA; il a été estimé qu'en 2010 il y aurait 40 millions
d'orphelins en Afrique subsaharienne. Sur 9000 infections nouvelles qui surviennent
chaque jour à travers le monde, on estime que 50% surviennent en Afrique
subsaharienne. Plus alarmant encore est le fait que huit millions de femmes africaines
sont infectées par le VIH, sur 10 millions qui le sont dans le monde. Dans 16 pays
africains, au moins 10% de la population adulte (15-49 ans) sont déjà infectés par le
VIH (Tableau 5).
122. Selon le PNUD, la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne ont connu une
diminution de leur revenu par habitant pendant la dernière décennie due au VIH/SIDA.
L'épidémie menace d'annuler le peu de gains enregistrés précédemment et plusieurs
années de progrès du développement humain ont été perdues. Les efforts de
gouvernance et de développement de l'Afrique seront sérieusement compromis si des
stratégies effectives ne sont pas mises en place pour arrêter ce fléau et l'inverser. Le
VIH/SIDA affecte beaucoup de secteurs du développement, notamment la santé et
l'éducation; la région a besoin de deux à 10 milliards de dollars E.-U. annuellement
pour atténuer l'impact économique de la pandémie sur ces secteurs. Le VIH/SIDA est
clairement le défi le plus terrible à la survie, sans parler du développement durable. Le
VIH/SIDA affecte également le comportement des ménages en matière d'épargne,
conduisant à une diminution des investissements due à une diminution de l'épargne
nationale. L'épargne publique diminuera aussi en raison des dépenses de santé
croissantes. La pauvreté et l'inégalité sont susceptibles d'augmenter parce que le
VIH/SIDA réduit la croissance économique. Il est prévu que ce fléau va accroître
davantage l'inégalité des revenus en augmentant la pénurie de main d'œuvre qualifiée.
Le Gouvernement du Zimbabwe a fait des prévisions selon lesquelles le VIH/SIDA
absorbera 60% du budget national de la santé en 2005.
123. Afin d'améliorer la situation sanitaire de la population, certains pays ont procédé à des
prélèvements au titre de la santé tout en menant des campagnes de sensibilisation, en
particulier contre les maladies sexuellement transmissibles, notamment la pandémie du
VIH/SIDA. Dans la sous-région de la SADC, un protocole sur la santé a été formulé et
approuvé par les chefs d'Etat. Dans de nombreux pays de la région, une équipe
spéciale sur la pandémie du VIH/SIDA a été mise en place. Toutefois, dans le cas de la
SADC, l'équipe spéciale sur le VIH/SIDA a été établie au niveau sous-régional et a
élaboré un cadre stratégique sur le VIH/SIDA pour la SADC pour la période
2000-2004.
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124. Les chefs d'Etat et de gouvernement africains se sont réunis à Abuja (avril 2001) pour
examiner et définir les mesures à prendre pour lutter contre le fléau du VIH/SIDA, la
tuberculose et d'autres maladies contagieuses. Ils ont décidé de donner des directives
pour mener des activités de lutte contre le SIDA, de maintenir ce problème à l'ordre du
jour national et de renforcer les capacités de leurs gouvernements respectifs afin de
mettre en place des stratégies nationales pour traiter le VIH/SIDA.
125. Le Sommet du Millénaire a adopté un objectif explicite visant à réduire les nouvelles
infections de 25% parmi la tranche d'âge de 15 à 24 ans avant 2005 dans les pays les
plus touchés. Vingt quatre de ces pays se trouvent en Afrique. Lors du Sommet du
Millénaire, le Secrétaire général de l'ONU a lancé un défi aux pays développés en vue
de travailler avec leurs industries pharmaceutiques et avec d'autres partenaires pour
mettre au point un vaccin contre le VIH qui soit efficace et à la portée de tous.
Etablissements humains viables
126. L'un des problèmes majeurs que connaît actuellement l'humanité est le fait que plus
d'un milliard d'êtres humains ne disposent pas d'un logement adéquat. Le taux rapide
d'urbanisation est également une grave préoccupation. Il ressort des statistiques
établies par la CEA que le taux d'urbanisation de l'Afrique était de 14,5 % en 1950 et a
atteint 28 et 34 % en 1980 et 1990 respectivement. Il est prévu que ce taux atteindra 50
% d'ici 2020. Selon GEO 2000, l'Afrique connaît le taux d'urbanisation le plus élevé au
monde, qui s'est traduit par la dégradation de l'environnement urbain.
127. La Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) qui s'est
tenue à Istanbul en 1996 avait pour principaux thèmes : un logement convenable pour
tous et l'instauration d'un développement durable des établissements humains dans un
monde en urbanisation.
128. Le programme d'Habitat (1996) déclare : "Chacun a le droit de vivre convenablement
avec sa famille, notamment de manger à sa faim, d'être correctement vêtu et logé, et de
bénéficier de systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, et de voir ses
conditions d'existence s'améliorer constamment. Nous sommes conscients que chaque
individu, pour connaître le bien-être physique, psychologique, social et économique,
doit avoir accès à un logement stable où il puisse vivre en sûreté et bénéficier des
services essentiels. Faire en sorte que ces conditions soient remplies devrait être l'un
des axes fondamentaux des actions que nous devons impérativement entreprendre
d'urgence en faveur de tous ceux - ils sont plus d'un milliard - qui ne vivent pas dans
des conditions décentes. Nous voulons assurer un logement convenable à tout un
chacun, en particulier aux déshérités des villes et des campagnes et ce, en abordant la
question du développement durable et de l'amélioration du logement d'une manière
constructive et sans danger pour l'environnement." Etant donné la fragilité de
l'environnement en Afrique et l'instabilité des économies africaines, la mise en œuvre
du Programme d'Habitat pourrait constituer un sérieux défi aux nations africaines.
Intégrer les préoccupations environnementales aux politiques et plans principaux
et à la prise de décision.
129. Le développement durable exige d'intégrer d'emblée l'environnement et du
développement au processus décisionnel, de façon à aligner des stratégies
macro-économiques fondamentales incluant des objectifs commerciaux et
environnementaux.
26
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130. Depuis la CNUED, certains pays africains ont tenté d'intégrer l'environnement et les
objectifs socio-économiques dans la prise de décision en élaborant de nouvelles
politiques et stratégies du développement durable. Nombre de ces pays ont adapté les
politiques existantes et/ou établi des commissions nationales.
131. Ces dernières années, certains gouvernements ont entamé des initiatives tendant à
incorporer les dimensions environnementales aux politiques socio-économiques. Un
certain nombre de pays ont déjà pris des mesures pour fusionner les ministères de
l'environnement et de la planification économique, alors que d'autres ont affecté des
experts de l'environnement dans des ministères cruciaux (agriculture, industrie,
transports, etc.) pour assurer l'intégration des préoccupations environnementales aux
politiques économiques. Quelques gouvernements se sont rendus compte de la
nécessité, non seulement de préserver les ressources biologiques, mais aussi de les
utiliser durablement. Beaucoup de gouvernements sont également impliqués dans la
conservation d'écosystèmes fragiles et menacés.
132. Certains pays de la région ont renforcé leur engagement de mettre en œuvre Action 21
grâce à la promulgation de lois pour s'assurer un appui politique aux activités en cours
dans le domaine de la protection de l'environnement. Un certain nombre de pays
préparent un rapport annuel sur l'état de l'environnement national. D'autres pays ont
institutionnalisé des mécanismes pour donner mandat et impliquer des parties
marginalisées des communautés dans la formulation et la mise en œuvre de politiques
environnementales. Nombre de pays de la région ont passé des lois sur l'Evaluation des
impacts sur l'environnement, incluant la mise en place de procédures et de directives
sectorielles pour, entre autres, le développement agricole et rural, le pétrole et le gaz,
l'infrastructure et les activités manufacturières et minières. Beaucoup de pays ont établi
des codes de l'environnement pour l'utilisation durable de l'eau et des forêts, la
protection de la biodiversité et la gestion des déchets solides. Seuls quelques pays ont
élaboré et promulgué des lois concernant la comptabilité des ressources ou entrepris
des audits sur le développement durable. La promulgation de législations sur le
principe du pollueur payeur, a aussi bénéficié d'une certaine attention.
C.
Le rôle des grands groupes
133. Au Sommet de Rio, les gouvernements se sont mis d'accord sur un certain nombre
d'objectifs, de politiques et de stratégies énoncés dans Action 21. Il a été cependant
démontré que l'engagement et l'implication véritables de tous les groupes de la société
sont cruciaux pour traduire les objectifs dans la réalité. Avant Rio, le traitement des
questions environnementales et socio-économiques dans beaucoup de pays de la région
était largement le monopole de l'Etat. Le Sommet planète Terre et toutes les autres
conférences qui ont suivi la CNUED ont mis l'accent sur la nécessité d'améliorer ou de
restructurer le processus de prise de décision de façon à intégrer pleinement les
questions environnementales et socio-économiques et à assurer un plus large éventail
de participation du public.
134. La participation populaire et la démocratisation des actions environnementales et socioéconomiques présupposent une situation où il y a consultation et implication des gens
dans toutes les actions. Cela inclut l'identification des problèmes environnementaux et
socio-économiques locaux, la solution des problèmes et les modalités d'action. Les
populations locales doivent aussi participer pleinement à la mise en œuvre des projets
qu'elles ont aidé à concevoir. L'appropriation véritable d'un projet par les
communautés locales est le passeport de sa réussite.
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135. La communauté internationale a approuvé plusieurs plans d'action visant la pleine
intégration des femmes dans toutes les activités de développement. La Conférence de
Pékin a conclu que si la contribution des femmes à la gestion des ressources et de
l'environnement n'est pas reconnue et soutenue, le développement restera une illusion.
Les femmes doivent donc être intégrées à la formulation des politiques et aux processus
décisionnels.
136. La population de l'Afrique a été estimée à 850 millions de personnes en 2000; 45% de
cette population ont moins de 15 ans, et plus de 60% moins de 25 ans. En tant que
future génération de dirigeants, les enfants et les jeunes doivent entièrement participer à
la prise de décision sur le développement durable, afin de préserver le caractère durable
des activités de développement.
137. Les ONG et les organisations communautaires jouent un rôle vital dans l'application de
la démocratie participative. Leur crédibilité réside dans la manière constructive et
responsable dont elles opèrent dans la société. Des organisations officielles et non
officielles ainsi que des mouvements de base devraient être reconnus comme
partenaires dans le processus de développement.
138. En vue de promouvoir l'implication des grands groupes dans la mise en œuvre d'Action
21, les ONG ont été intégrées à des organes d'élaboration des politiques comme les
comités consultatifs nationaux de l'environnement dans les sous-régions d'Afrique.
Dans certains pays, un Conseil des ONG a été établi comme unité de coordination de
toutes les actions des ONG mandatées pour réhabiliter l'environnement. Pour renforcer
davantage le mécanisme de coordination de la mise en œuvre d'Action 21, certains pays
africains ont établi des comités, agences, secrétariats, conseils ou commissions de
coordination interministériels. Une des grandes responsabilités de ces organes a été
d'élaborer des directives pour aider les autorités locales à établir des programmes et des
projets locaux d'Action 21. L'autre rôle des comités interministériels a été focalisé sur
l'intégration de l'environnement dans le processus décisionnel. Il importe cependant de
souligner que quelques pays seulement ont élaboré et promulgué des lois visant à
intégrer les préoccupations environnementales aux processus de planification
économique et sociale.
III.
MOYENS DE MISE EN ŒUVRE
139. Il a été prévu que les gouvernements manifesteraient leur engagement envers Action 21
et appliqueraient ses dispositions en partie par le biais des conventions de Rio et de
celles qui ont suivi Rio.
A.
Mise en œuvre des Conventions de Rio
Ratification et adhésion
140. La CCNUCC et la CDB ont été adoptées et signées par la plupart des gouvernements
pendant le Sommet planète Terre de Rio. La CNULCD toutefois émane de la CNUED
(paragraphes 12-40 d'Action 21); elle a été ouverte à la signature à Paris en octobre
1994 et elle est entrée en vigueur en 1996.
28
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141. L'objectif de la CCNUCC est de réguler les niveaux des gaz de serre dans l'atmosphère,
de façon a éviter des changements climatiques à des niveaux qui porteraient atteinte au
développement économique ou qui pourraient empêcher les activités de production
alimentaire. Cela va nécessiter une réduction des émissions des gaz comme le dioxyde
de carbone, sous-produit de l'utilisation de combustibles pour l'énergie. Les objectifs
de la CDB sont liés à la préservation des ressources biologiques, à leur utilisation
durable et au partage équitable des avantages découlant de cette utilisation. L'objectif
de la CNULCD est de lutter contre la désertification et d'atténuer les effets de la
sécheresse dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en
particulier en Afrique. Elle vise à réaliser cet objectif par des approches intégrées du
développement, soutenues par la coopération internationale et des accords de
partenariat dans les zones affectées.
142. Des 53 pays africains, 47 pays ont signé la CCNUCC à Rio, démontrant ainsi le très
large appui accordé à la convention. La plupart de ces pays ont l'ont ensuite ratifiée. A
la date du 7 septembre 2000, 51 Etats africains (96%) ont ratifié la convention et sont
devenus Parties (Tableau 6).
143. La CDB a été ouverte à la signature à Rio et elle l'est restée au Siège des de l'ONU à
New York jusqu'en juin 1993. Au cours de cette période, 49 pays africains l'ont signée.
Au 23 juillet 2001, 51 (96%) pays africains l'ont ratifiée ou y ont adhéré et sont
désormais Parties (Tableau 7). Les pays qui n'ont pas signé la Convention peuvent
devenir membres par adhésion.
144. Parmi les 159 pays qui ont ratifié la CNULCD ou y ont adhéré lors de la troisième
Conférence des Parties tenue à Récife (Brésil) en novembre 1999, 50 sont africains. Le
11 octobre 2000, tous les pays africains, à l'exception d'un seul, avaient ratifié la
CNULCD ou y avaient adhéré.
La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification
145. La CNULCD comprend un préambule, six parties et cinq annexes d'application
régionale, pour l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine et les Caraïbes, la Méditerranée du
nord et l'Europe centrale et orientale. La Convention et son annexe pour l'Afrique
stipulent le rôle devant être joué par les programmes d'action nationaux, les
programmes d'action sous-régionaux et le programme d'action régional.
•
Processus des programmes d'action nationaux
Conformément à divers articles CNULCD et à son annexe pour l'Afrique, qui
demandent l'identification des facteurs contribuant à la désertification et
l'adoption de mesures pratiques de lutte contre ce processus, plus de 80% de pays
africains ont élaboré des programmes d'action nationaux qui ont été soumis à la
troisième session de la Conférence des Parties à Récife. Avant cette session, le
PNUE a organisé la Conférence préparatoire régionale africaine tenue à Nairobi
en septembre 1999. Cette réunion a examiné l'application de la Convention dans
les pays africains affectés, l'expérience acquise et les résultats obtenus dans
l'élaboration et la mise en œuvre des programmes d'action nationaux et des
politiques et stratégies environnementales.
29
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Un aspect important des programmes d'action nationaux est la nécessité de fixer
des repères et des indicateurs de performance pour mesurer les progrès de la
lutte contre la désertification et les impacts de la sécheresse. Nombre de pays
africains ont fixé des repères et des indicateurs pour s'assurer que les actions à
court, moyen et long terme des programmes contre la désertification sont
quantifiables et d'emblée vérifiables. Nombre d'articles de la CNULCD et son
annexe pour l'Afrique sont liés à des domaines spécifiques des programmes
d'action nationaux. Ils comprennent la promotion de systèmes d'alerte précoce et
de sécurité alimentaire, de préparation à la sécheresse, des cadres juridiques
institutionnels, l'éducation environnementale et la sensibilisation du public, le
renforcement des capacités, etc. Beaucoup de pays africains ont désigné des
correspondants nationaux pour la Convention et dans certains cas des forums
nationaux de parties prenantes ont déjà été organisés. Le processus des
programmes d'action nationaux a contribué à une plus grande prise de
conscience sur les questions de dégradation des sols. Certains pays africains ont
mis sur pied des fonds nationaux pour la désertification afin de faciliter la
mobilisation de ressources pour l'exécution des programmes d'action nationaux.
Quelques pays ont mis en place des systèmes nationaux de télédétection pour
des cartes de la végétation.
•
Le processus des programmes d'action sous-régionaux
Les programmes d'action sous-régionaux de la SADC, de l'IGAD, du
CILSS/CEDEAO et de l'UMA ont été présentés à la troisième session de la
Conférence des Parties à la CNULCD. Les programmes d'action sous-régionaux
sont liés aux programmes d'action nationaux par le biais de comités consultatifs,
techniques et scientifiques multidisciplinaires assurant l'harmonisation et la
coordination des deux processus. Des études des domaines prioritaires
identifiées dans les programmes par les sous-régions respectives indiquent qu'un
certain nombre de programmes sont d'un intérêt commun pour toutes. Ce sont
les suivants :
- développement des capacités et renforcement institutionnel;
- consolidation des systèmes d'alerte précoce pour atténuer les effets de la
sécheresse;
- coopération dans la gestion durable des ressources naturelles et des
écosystèmes transfrontières partagés , et élaboration de cadres juridiques;
- collecte, gestion et échange de données;
- développement et transfert de la coopération technique et scientifique
appropriée;
- obtention d'un soutien financier du FEM en vue de la mise en œuvre de la
CNULCD et de son annexe pour l'Afrique;
- sensibilisation, coordination et coordination des programmes.
•
Le processus régional
Au niveau régional, des domaines de programmes prioritaires ont été identifiés.
Ils ont été soumis à la troisième session de la Conférence des Parties. Des
institutions spécialisées ont été identifiées dans la région et mandatées pour
coordonner les activités dans leurs domaines de compétence respectifs. Les
programmes qui ont été identifiés pour être exécutés au niveau régional sous
l'égide du Groupe régional de coordination (GRC) comprennent ce qui suit :
- suivi écologique, cartes des ressources et télédétection;
30
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- agroforesterie et préservation des sols;
- utilisation rationnelle des pâturages et développement des cultures
fourragères;
- gestion des rivières, lacs et bassins hydrologiques internationaux;
- sources d'énergie renouvelables et technologies correspondantes;
- systèmes d'exploitation agricole.
Convention sur la diversité biologique
146. En 1994, la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement a publié un
document intitulé "Perspectives et position communes africaines concernant la
Convention sur la diversité biologique" qui a souligné l'approche de la mise en œuvre
de la Convention pour l'Afrique. Ce document aborde en outre les efforts et les actions
entreprises par l'Afrique et son besoin d'un appui et d'une coopération au plan
international pour l'application de la Convention.
147. Au cours de la décennie écoulée, nombre de pays africains ont entrepris diverses
activités dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention sur la biodiversité,
notamment pour l'évaluation, la gestion, la recherche et le suivi de la biodiversité;
l'élaboration d'instruments économiques et politiques pour la gestion de la biodiversité;
le développement des capacités impliquant un renforcement institutionnel et humain; et
des compagnes de sensibilisation du public. Certaines des activités exécutées sont
résumées ci-dessous :
•
Evaluations nationales de la biodiversité
Dans le contexte de l'article 6 de la Convention, un certain nombre de pays
africains ont participé à la préparation des évaluations nationales de la
biodiversité. Chaque pays a créé une équipe spéciale pour diriger l'évaluation.
En mai 2000, 10 pays sur 41 avaient finalisé leurs stratégies et plans d'action
nationaux pour la biodiversité.
•
Initiatives des récifs coralliens
Un certain nombre de pays, particulièrement de l'Afrique de l'est, ont participé à
l'évaluation des récifs coralliens. Actuellement, une méthodologie d'évaluation
rapide pour la gestion des récifs coralliens en Afrique de l'est est en cours
d'élaboration.
•
Protocole sur la biosécurité
Le Protocole de Cartagena sur la biodiversité a été adopté en janvier 2000 à
Montréal (Canada). Il puise ses origines dans l'article 19(3) qui a demandé aux
Parties qu'elles examinent la nécessité et les modalité d'un protocole fixant des
procédures appropriées pour la manipulation et l'utilisation de tout organisme
vivant modifié résultant de la biotechnologie qui aurait un effet nocif sur la
conservation et l'utilisation durable de la biodiversité. Un élément particulier du
Protocole sur la biosécurité a trait à l'incorporation du principe de précaution
énoncé comme principe 15 de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le
développement. L'objectif du Protocole est de contribuer à assurer un niveau
suffisant de protection dans la sécurité du transfert, de la manipulation et de
l'utilisation d'organismes vivants modifiés issus de la biotechnologie moderne.
Le Protocole a été ouvert à la signature lors de la cinquième session de la
Conférence des Parties à la CDB et entrera en vigueur lorsque 50 ratifications
31
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
auront été reçues. Au 23 juillet 2001, 28 Etats africains avaient signé le
Protocole (tableau 7)
Il sera rentable pour les pays africains d'élaborer et d'adopter un programme
régional sur le Protocole. Un tel programme mettrait l'accent sur l'échange de
données et de compétences en matière de biotechnologie et de biosécurité, pour
aboutir à une stratégie commune en vue d'attirer des investissements vers la
biotechnologie sécurisée pour les besoins agricoles de la région et pour d'autres
besoins.
La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
148. Les principaux gaz de serre responsables des changements climatiques (réchauffement
de la planète) sont le dioxyde de carbone, les oxydes d'azote, la méthane et les
chloroflurocarbones (CFC). Certaines des activités qui contribuent à l'émission de ces
substances dans l'atmosphère sont la production d'énergie, la production agricole, la
modification de l'utilisation des sols et des préoccupations industrielles. Le stockage
excessif a pour résultat la réduction du couvert végétal et expose ainsi le sol à l'érosion
par l'eau et le vent. La dégradation des sols et la sécheresse réduisent la capacité des
sols à retenir le carbone. La combustion fréquente de biomasse, répandue dans les
forêts et les pâturages des savanes africaines, réduit le carbone emmagasiné dans la
végétation tout en augmentant les émissions de carbone et la dégradation des sols. Des
estimations récentes montrent que la déboisement et la réduction du couvert végétal
dans la région émettent 4% de carbone de plus vers l'atmosphère par rapport à toutes les
autres régions tropicales.
149. Il est souvent supposé que le réchauffement de la terre n'est pas un problème africain
parce que la contribution de la région aux émissions mondiales est insignifiante. La
région est cependant particulièrement vulnérable aux impacts des changements
climatiques, à cause de facteurs comme la pauvreté, la sécheresse récurrente, la
dégradation des sols, la désertification et la dépendance excessive à l'égard des
productions primaires. Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du
climat a récemment prédit que plusieurs parties de l'Afrique pourraient connaître des
niveaux inférieurs de précipitations et qu'ainsi les zones semi-arides de la région
deviendraient plus sèches. Cette situation pourrait à son tour aboutir à une diminution
de la productivité agricole, à une augmentation des maladies à vecteurs et la à
dégradation des systèmes écologiques naturels. De plus, les populations vivant dans
des régions côtières basses peuvent être déplacées en raison d'une élévation du niveau
de la mer. A cause de la sensibilité des grands cours d'eau aux variations du climat,
l'écoulement moyen et la disponibilité de l'eau connaîtraient une diminution dans les
pays méditerranéens et dans les pays de l'Afrique australe. La désertification serait
exacerbée par des réductions des précipitations annuelles moyennes, du ruissellement,
de l'humidité du sol, particulièrement dans le sud, le nord et l'ouest. L'accroissement
des sécheresses, des inondations et d'autres phénomènes extrêmes intensifierait la
pression sur les ressources en eau, la sécurité alimentaire, la santé humaine et les
infrastructures, ce qui ferait obstacle au développement. Il est en outre postulé que la
disparition de plantes et d'espèces animales résultant des changements climatiques
aurait un impact négatif sur la subsistance en milieu rurale, le tourisme et les ressources
génétiques.
150. Selon le Secrétariat de la CCNUCC, en mai 2001 onze Parties de la région africaine
avaient soumis leur communication nationale au Secrétariat. Les principales questions
soulevées dans leurs rapports sont les suivantes : la nécessité d'avoir des données de
meilleure qualité; l'amélioration des flux d'information et de la recherche scientifique;
l'amélioration des ressources financières et des compétences techniques; l'amélioration
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des technologies, les besoins d'évaluation des impacts; et les mesures d'adaptation. Il
importe ainsi que des mesures d'adaptation et un transfert de technologies soient
planifiés avec soin pour renforcer la capacité sociale d'adaptation.
1451 Le Protocole de Kyoto, adopté en décembre 1997, fixe l'objectif global d'une réduction
de 5,2% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2008-2012, en prenant 1990 comme
année de base. Le Protocole doit être ratifié par au moins 55 pays, comprenant toutes
les nations développées, avant de pouvoir entrer en vigueur. Au 17 juin 2001, 36 pays
avaient ratifié le Protocole. Les Etats-Unis ont cependant refusé de le signer,
compromettant ainsi son adoption rapide.
152. Pendant les négociations de la sixième session de la Conférence des Parties, il est
apparu que les pays africains étaient divisés sur deux questions : d'abord la question de
la réduction des émissions de gaz à effet de serre de la planète par la gestion des
systèmes et des terres agricoles, qui leur permettrait de réaliser leurs objectifs de
boisement et de reboisement (article 3.3); en second lieu, la question de l'inclusion de
puits à l'article 15 du Protocole sur le Mécanisme de développement propre. Des
arguments et contre-arguments ont été produits pour les deux scénarios. Un autre point
de grande importance pour les pays africains est le renforcement de leurs capacités pour
leur permettre de suivre les questions liées à la vulnérabilité climatique. En outre, les
pays africains auront besoin de formuler une Position commune africaine en
entreprenant une recherche approfondie et en engageant des débats sur des questions
clés préalablement aux négociations.
Rationaliser la rédaction des rapports nationaux pour les conventions de Rio
153. Compte tenu du nombre croissant d'accords internationaux conclus ces dernières
années, le volume des rapports demandés aux gouvernements a augmenté
considérablement. Les gouvernements africains ont souligné leur souci devant les
difficultés qu'ils continuent à rencontrer pour faire face aux obligations de présentation
de rapports rapport découlant des conventions. Il est nécessaire que les divers
secrétariats rencontrent les représentants des gouvernement pour définir les besoins
minima de rapports pour chaque convention. Cela est faisable si les rapports des
conventions sont considérés comme des éléments du rapport national sur l'état général
de l'environnement. Cette méthode est susceptible de renforcer la coopération entre
conventions ainsi que le flux de données et d'information.
Promouvoir la collaboration entre les organes techniques et scientifiques des
conventions
154. Chaque convention a son organe technique et scientifique chargé de recueillir des
données ou une information technique à l'usage des Parties. Dans beaucoup de cas, il y
a des problèmes de chevauchement liés à la mise en œuvre des conventions. Les
secrétariats des conventions sont situés dans différents pays selon les offres d'accueil.
De plus, lorsque les conventions ont été négociées, on n'a pas beaucoup prêté attention
aux liens entre les différents domaines de préoccupation.
155. En ce qui concerne la soumission des rapports nationaux, il existe une multitude
d'organisations qui demandent régulièrement aux gouvernements des informations,
notamment les donateurs multilatéraux et bilatéraux, les divers secrétariats de
conventions, les commissions et organismes des Nations Unies, etc. L'idéal serait
d'harmoniser les systèmes de présentation de rapports selon le document du PNUE :
"Projet de lignes directrices sur les options pour renforcer le respect des accords
multilatéraux sur l'environnement". L'harmonisation de la présentation de rapports a le
33
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potentiel de développer des intérêts communs et une plate-forme commune de priorités
et d'objectifs partagés.
156. En 1998, le Secrétaire général de l'ONU a établi une Equipe spéciale sur
l'environnement et les établissements humains. Son rapport a recommandé la mise sur
pied d'un Groupe de gestion de l'environnement pour traiter de questions liées à
l'amélioration de la coordination entre organisations, institutions et conventions
environnementales.
157. La désertification, par exemple, est liée à la biodiversité par la végétation. Lutter
contre la désertification permet de réaliser les objectifs de la CDB, de la CCNUCC et
des Principes sur les forêts. Les organes scientifiques des trois conventions devraient
être en mesure de développer des programmes et des projets dans divers domaines
mettant en évidence des liens et des synergies entre les conventions de Rio.
L'organisation d'ateliers, par exemple, sur des thèmes qui se recoupent permettra aux
Parties de partager l'information et d'échanger des expériences ainsi que d'apprécier les
synergies existant entre les conventions de Rio. Ces dernières années, on a constaté
une prolifération de "mémorandums d'accord" entre les secrétariats des conventions,
reflétant une collaboration plus étroite dans la mise en œuvre de leurs programmes de
travail.
Harmonisation/rationalisation des instruments de politique générale
158. En raison de la prolifération des accords internationaux, les instruments de politique
générale se sont également multipliés. Certain de ces instruments comprennent des
plans d'action nationaux pour l'environnementaux, des volets locaux d'Action 21, des
plans d'action pour les forêts, des programmes d'action nationaux pour lutter contre la
désertification, etc. Il est souhaitable de les rationaliser et de les harmoniser.
B.
Ressources du Fonds mondial pour l'environnement (FEM)
159. Le Sommet planète Terre de 1992 a désigné le FEM comme le principal mécanisme
financier provisoire sur quatre questions environnementales mondiales : protection de
la biodiversité; limitation les émissions de gaz à effet de serre; protection des eaux
internationales; et protection de la couche d'ozone. Outre les quatre domaines
d'activités cités, le FEM fournit également des fonds pour des activités liées aux
questions de dégradation des sols, principalement à la désertification et au déboisement,
aussi longtemps qu'elles sont liées aux domaines principaux.
34
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
160. Selon GEO 2000, l'Afrique a reçu 419 millions de dollars des E.-U. (22% de l'ensemble
du financement du FEM) pour des projets déjà approuvés en juin 1998. Vers le milieu
de 1998, les projets régionaux du domaine de la biodiversité ont reçu le montant le plus
élevé au plan mondial (quelque 250 millions de dollars E.-U.).
GEO 2000 cite des exemples d'autres projets sous-régionaux et nationaux dans le
domaine de la biodiversité, notamment sur la gestion des ressources génétiques des
plantes, la gestion des zones protégées, la préservation et la gestion d'habitats et
d'espèces, la biodiversité insulaire, les écosystèmes d'eau douce, marins et côtiers, les
écosystèmes des forêts et le renforcement des capacités et institutionnel.
161. En matière de changements climatiques, les projets qui ont reçu un soutien dans la
région ont porté notamment sur l'initiative de transformation du marché photovoltaïque,
l'énergie éolienne, le contrôle des émissions de gaz à effet de serre, la séquestration du
carbone et les énergies renouvelables.
162. Dans le domaine des eaux internationales, les projets comprennent des programmes de
gestion de cours d'eau, la lutte contre la pollution, des programmes intégrés pour la
terre et l'eau et des projets de gestion de la pollution par les hydrocarbures.
C.
Technologies écologiquement rationnelles
163. Le niveau médiocre de technologie en Afrique est un obstacle majeur au
développement de la région. Il est incontestablement nécessaire d'introduire et
d'assurer l'accès aux technologies, particulièrement à la biotechnologie, aux
technologies de l'information et des télécommunications pour promouvoir le
développement durable dans la région.
164. Malgré l'importance de la technologie dans le développement, la prise de conscience
des populations ainsi que leur préoccupation ont été récemment avivées au sujet des
impacts de la technologie sur les ressources naturelles. La mauvaise gestion et
l'application mal informée de la technologie industrielle peuvent avoir des effets
négatifs irréversibles sur les ressources terrestres, avec alors comme résultat un
développement qui n'est pas durable.
165. Si la biotechnologie moderne est reconnue comme ayant un grand potentiel, notamment
dans le domaine alimentaire et agricole, les produits peuvent porter atteinte à la santé
humaine et à l'environnement. Il existe au niveau mondial un souci de réglementation
de la conception et de l'utilisation des technologies qui ont des effets négatifs sur la
santé de l'homme, l'écologie et l'économie. Au niveau international, la conclusion et
l'adoption du Protocole sur la biosécurité est un pas en avant important vers la création
d'un cadre réglementaire pour l'application d'une biotechnologie écologiquement fiable
à l'agriculture, à l'industrie et au commerce et à la santé humaine.
35
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
166. Les principes du développement durable énoncés dans Action 21 prescrivent la
promotion et le partage équitable des avantages du développement technologique.
Dans la région, l'Afrique du sud et l'Egypte sont en pointe dans le domaine de la
biotechnologie, disposent d'infrastructures scientifiques considérables et élaborent des
programmes de biotechnologie. Dans tous les pays africains, y compris l'Afrique du
sud et l'Egypte, les résultats et les opportunités du développement technologique sous
la forme d'une amélioration des moyens de santé, d'un progrès de la production agricole
et de moyens de télécommunications sont accessibles seulement à une petite fraction de
la population.
167. L'Afrique a besoin de combler le fossé numérique afin de participer à la nouvelle
économie mondiale de l'information. En 1996, la CEA a élaboré l'Initiative africaine
pour la société de l'information comme contribution à ces efforts pour aider à mettre en
place une infrastructure de communication et d'information. Le PNUD et la CEA
assistent actuellement 10 pays subsahariens dans le renforcement de leur infrastructure
et de leurs services pour Internet en vue d'accélérer le développement socioéconomique dans ces pays.
168. Afin de réduire le fossé numérique entre le monde développé et les pays africains, le
rapport de la CEA intitulé "Compact for African Recovery" avance, entre autres, la
nécessité pour les pays africains d'établir des systèmes réglementaires et juridiques
effectifs, de faciliter le développement des infrastructures requises par les technologies
de la communication et de l'information et d'utiliser ces technologies dans des secteurs
spécifiques.
IV
PROBLEMES ET CONTRAINTES DE LA MISE EN ŒUVRE D'ACTION 21
ET ENSEIGNEMENTS TIRES
169. Le Secrétaire général de la CNUED a fait remarquer à la clôture du Sommet planète
Terre que "le chemin à partir de Rio serait plus long et semé de défis que le chemin
vers Rio". Il est également cité pour avoir déclaré que le monde ne serait jamais le
même après la CNUED, que la diplomatie ne serait plus la même et que "les
perspectives pour notre Terre ne peuvent et ne doivent pas être les mêmes". Les défis
que la région a continué à affronter dans la mise en œuvre d'Action21 ont été multiples.
Certains obstacles et défis sont d'un caractère mondial, alors que d'autres ont leur
origine dans la région. Il est cependant important de souligner qu'Action 21 est le plus
faible sur les aspects mêmes que la résolution 44/228 a le plus soulignés, à savoir les
arrangements institutionnels et financiers et le transfert de technologie.
A.
Contraintes auxquelles la région doit faire face
Manque de ressources financières prévues
170. Bien qu'ils aient affirmé leur engagement d'atteindre l'objectif de 0,7% du PNB pour
l'aide publique au développement en 2000, seuls quelques pays développés ont réalisé
cet objectif. L'esprit de Rio semble s'affaiblir. L'APD des pays de l'OCDE vers
l'Afrique est brutalement passée de 0,33% en 1992 à seulement 0,08% en 1999. Bien
que le déclin de l'APD soit mondial, d'autres régions en développement dans le monde
ont connu un essor des flux de capitaux privés étrangers, contrairement à l'Afrique. La
diminution de l'APD a limité l'aptitude de la plupart des pays de la région à opérer une
transition vers le développement durable.
Fardeau de la dette
36
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
171. Le fardeau de la dette de l'Afrique s'est accru de manière cruciale, de telle sorte qu'il
n'est plus possible pour les pays endettés de rembourser sans supporter un fardeau
accablant. Les pays africains continuent de dépenser une grande proportion de leurs
recettes à l'exportation pour le service de la dette extérieure, qui ne laisse quasiment
aucune ressource au financement de la transition vers le développement durable. Les
dettes considérables effraient et éloignent les investisseurs privés et étrangers.
Pauvreté
172. Plusieurs facteurs se conjuguent pour refermer le cercle vicieux de la pauvreté en
Afrique et inhibent le développement durable : la propagation rapide du SIDA; les
catastrophes et calamités naturelles et provoquées par l'homme; les conflits armés et le
nombre de réfugiés et de personnes déplacées qui en sont la conséquence;
l'insuffisance des services de vulgarisation dans l'agriculture, la sylviculture et
l'élevage; et la pénurie continue de nourriture, d'eau et de bois combustible.
Gouvernance, conflits et troubles civils
173. Le développement durable se produit là où il y a une bonne gouvernance, notamment la
transparence, la redditionnalité, une approche participative et la décentralisation. La
restructuration des bureaucraties étatiques serait également un mouvement positif. Les
ressources des pays engagés dans des conflits internes ou externes, au cours de la
décennie écoulée, ont été largement consacrées à l'achat d'armes et à des mesures
urgentes de secours aux réfugiés et aux personnes déplacées, au lieu de servir au
développement social, à la croissance économique et à la protection de
l'environnement. Les guerres et les conflits civils provoquent également la destruction
de l'infrastructure et la dislocation de la société, faisant obstacle à de nouveaux projets
et conduisant à un développement qui n'est pas durable.
Accès inadéquat aux marchés internationaux
174. Les pays africains n'ont pas été en mesure d'accéder aux marchés internationaux pour
leurs exportations, en raison de pratiques protectionnistes et discriminatoires dans les
relations commerciales internationales. La part de l'Afrique dans le commerce mondial
atteint seulement 2%. Si la mondialisation a conduit à la création de marchés plus
larges, la région en a bénéficié le moins, à cause de flux des ressources vers l'extérieur
et de l'inégalité des termes de l'échange. La mondialisation accorde une attention
prioritaire au développement économique aux dépens du développement social et de la
préservation de l'environnement.
Absence de progrès dans le transfert de technologie convenu
175. Le transfert de technologies environnementales fiables aux pays en développement
d'Afrique est un élément crucial de la mise en œuvre d'Action 21. Ce transfert exige
des arrangements de collaboration entre gouvernements, ONG et milieux universitaires
ainsi qu'une coopération multinationale de pays à la fois industrialisés et en
développement.
37
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Insuffisance de la production nationale
176. Les coûts de production en Afrique sont élevés, en partie à cause d'une technologie
inappropriée, d'une infrastructure des transports inefficace et inadéquate et des bas prix
pratiqués sur les marchés internationaux pour les produits traditionnels africains. Des
groupements économiques ont été établis dans la région, mais il apparaît qu'il y a eu
une coopération insuffisante entre eux dans le domaine commercial qui a fait obstacle
au développement durable.
Services de santé inadéquats et VIH/SIDA
177. L'existence de maladies et de la pandémie du VIH/SIDA a affecté, non seulement le
secteur de la santé, mais aussi d'autres secteurs du développement. La région a besoin
annuellement de quelque 10 à 16 milliards de dollars E.-U. pour couvrir les besoins de
santé et de deux à 10 milliards de dollars pour atténuer les impacts de la pandémie.
Augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles
178. La Décennie internationale des Nations Unies pour la réduction des catastrophes
naturelles qui a commencé en 1994 à Yokohama (Japon) trouve son origine dans le
principe 18 de la Déclaration de Rio. Depuis Rio, un certain nombre de pays ont connu
des catastrophes naturelles, notamment des incendies, des inondations, des sécheresses,
des cyclones, des invasions d'insectes et des glissements de terrains, dont quelques unes
sont provoquées par le climat. Les pauvres souffrent beaucoup plus des catastrophes
naturelles que les riches. Les données du PNUE montrent que le nombre de
catastrophes naturelles en Afrique subsaharienne entre 1993-1997 a été le plus élevé au
monde. Dans beaucoup de pays de la région, la pression démographique et la pauvreté
ont forcé les paysans à cultiver des terres marginales et vulnérables comme des plaines
exposées aux inondations et des versants de collines. Le déboisement a également
exacerbé les inondations subites. Selon GEO 2000, El Niño, pendant l'année 1997-98,
a causé de fortes précipitations au Mozambique, au Zimbabwe, en Zambie et au Kenya.
Les effets néfastes des catastrophes naturelles empêchent la réalisation du
développement durable.
Fossé numérique de plus en plus profond
179. Au cours des dix dernières années, il y a eu une révolution capitale dans les secteurs
des technologies de la communication et de l'information dans le monde, sauf en
Afrique. Les ressources humaines limitées, une infrastructure de base faible et de
mauvaises politiques ont contribué à ralentir le progrès de la région vers la révolution
numérique. Très peu d'Africains ont accès au téléphone, à l'ordinateur, au fax et à la
technologie de l'information, ce qui entrave la diffusion de l'information et des
données. Depuis Rio, des développements importants dans le domaine de la
technologie des communication et de l'information ont eu lieu dans le Nord, conduisant
à la consolidation de sa puissance économique aux dépens de la région africaine.
180. Le rapport de la CEA intitulé "Compact for African Recovery" déclare que "…si
l'Afrique est marginalisée dans le monde de l'économie, elle est hyper-marginalisée
dans le monde de l'économie de l'information".
38
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Gestion et utilisation non durables des ressources naturelles
181. La gestion et l'utilisation non durables des ressources naturelles ont été exacerbées par
la pression démographique et la pauvreté. D'immenses zones de la savane et des forêts
tropicales sont défrichées annuellement pour des cultures marchandes d'exportation.
L'exploitation du bois n'est pas compensée par le reboisement. L'agriculture de brûlis
provoque également une perte potentielle irréversible de la faune et de la flore. La
destruction d'écosystèmes de bassins versants affecte la qualité et la quantité d'eau. La
sécheresse et la désertification exacerbent aussi la dégradation des sols. Tous ces
processus ont eu pour résultat un développement qui n'est pas durable.
Carences énergétiques
182. Plus de 70% des ménages ruraux comptent sur le bois combustible, les déchets
agricoles et la bouse pour l'énergie. Le déboisement et la destruction du couvert
végétal ont pour résultat des pénuries de bois impliquant que les femmes et les filles
doivent marcher sur de longues distances à la recherche de combustible. L'accès
inadéquat aux sources modernes d'énergie comme l'électricité, particulièrement dans les
zones rurales, a entravé le développement économique et social. Si l'énergie est
capitale pour le processus de développement, peu d'efforts ont été consentis pour
trouver un équilibre entre les impératifs de l'environnement et la demande d'énergie.
B.
Impact d'Action 21 sur le développement durable dans la région
183. La transition vers le développement durable semble ne pas avoir réussi en Afrique. Au
contraire, la pauvreté, l'insécurité, la pollution et l'insuffisance alimentaire se sont
intensifiées, avec pour résultat l'appauvrissement des pays, particulièrement de
l'Afrique subsaharienne. Action 21 n'est pas parvenu à avoir un impact sensible sur la
vie de la majorité des peuples africains. Néanmoins, certains pays ont formulé des
politiques et établi des institutions pour sa mise en œuvre.
Etablissement de volets locaux d'Action 21
184. Action 21 a réitéré le besoin de renforcer de grands groupes comme les entreprises, les
ONG et les autorités locales pour mettre en œuvre Action 21. Au niveau local, nombre
d'institutions ont été impliquées dans la mise en œuvre de programmes de
développement durable, traduisant ainsi leur préoccupation et leur engagement à la
base. Des institutions éducatives, des ONG, la communauté scientifique et les médias
ont participé à des campagnes de sensibilisation des populations. Les entreprises,
l'industrie et les syndicats ont également participé activement à la promotion du
développement durable. Plus important encore, les femmes et les jeunes ont joué un
rôle d'avant-garde en galvanisant les communautés pour la préservation et l'utilisation
durables des ressources naturelles. Les volets locaux d'Action 21 constituent ainsi des
bases importantes pour la réalisation des objectifs nationaux d'Action 21. Une des
conditions préalables fondamentales pour réaliser le développement durable est la large
participation des populations à la prise de décision.
39
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Cadres d'harmonisation de la position africaine sur les accords multilatéraux
185. La Conférence ministérielle africaine sur l'environnement (CMAE) a promu des
engagements inter et intra-africains sur l'environnement, en facilitant la participation de
l'Afrique à des négociations et/ou des accords mondiaux. Des négociations mondiales
sur la propriété, le maintien et la gestion des principales formes de ressources naturelles
ont été intensifiées avant et après la CNUED. Celles-ci ont englobé le débat sur les
principes concernant les forêts. Les questions traitées en vertu des conventions de Rio
ont été importantes pour l'Afrique en termes d'exploitation de la base de ressources
naturelles de la région, de transfert de la technologie et de coopération internationale
pour la gestion de l'environnement. Le PNUE/CMAE a accueilli des consultations au
niveau d'experts des ministères pour faciliter l'émergence d'une position commune à la
quatrième session de la Conférence des Parties à la CCNUCC, à la troisième session de
la Conférence des Parties à la CNULCD et de la quatrième session du Forum
intergouvernemental sur les forêts (FIF).
186. La CMAE a donc joué un rôle de pivot dans :
•
•
•
•
les processus de négociations;
l'examen des implications régionales des accords internationaux;
la facilitation du suivi, y compris la ratification;
la mobilisation de l'appui technique, financier et politique à une participation
effective de l'Afrique aux négociations et à la mise en œuvre.
V.
ALLER DE L'AVANT
A.
Gouvernance environnementale internationale
187. Le PNUE a été établi par l'Assemblée générale dans le sillage de la Conférence des
Nations Unies sur l'environnement tenue à Stockholm en juin 1972, pour catalyser et
coordonner les questions environnementales dans le système des Nations Unies.
188. Il est impératif d'intégrer entièrement les préoccupations environnementales dans les
processus de planification socio-économique au lieu de demander à des institutions
environnementales de "nettoyer le gâchis après que les limites aient été dépassées". Le
concept du développement durable établit ainsi un lien entre les préoccupations
environnementales, sociales et économiques.
189. Le chapitre 38 d'Action 21 attribue des responsabilités de mise en œuvre aux
organisations et institutions des Nations Unies, aux gouvernements et à d'autres entités
nationales et internationales. La Commission du développement durable de l'ONU,
créée après Rio, sert de forum pour discuter des questions environnementales, sociales
et économiques. Le Fonds pour l'environnement mondial a été établi comme
mécanisme de financement de projets environnementaux mondiaux qui ont été
approuvés.
40
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
190. Comme résultat du Sommet planète Terre, il y a une prolifération d'acteurs dans le
domaine de l'environnement et du développement qui a modifié considérablement la
portée de l'agenda international de l'environnement. Si des instruments juridiques
internationaux existent, les mécanismes de respect et de mise en vigueur sont faibles et
fragmentés, ce qui mine l'efficacité des accords. Actuellement, il y a peu de
coordination dans la mise en œuvre des accords internationaux. Les institutions qui en
sont chargées manquent de ressources adéquates, et dans certains cas elles ne reçoivent
qu'un soutien politique marginal. Le nombre croissant d'institutions environnementales
sollicite fortement les systèmes actuels et la capacité de les gérer. Outre le
renforcement de la sécurité environnementale, il a été proposé que la cohérence, la
coordination, le respect et l'édification des capacités soient ancrées dans la gestion des
accords multilatéraux sur l'environnement.
B.
Le rôle de l'Union africaine pour traiter les crises de la région
191. La Réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'OUA, tenue à Lusaka (Zambie) en
juillet 2001, a créé l'Union africaine, sur le modèle de l'Union européenne. L'Union
africaine a remplacé l'OUA, qui avait été créée en 1963.
192. L'Acte constitutif a été adopté le 11 juillet 2000 à Lomé (Togo), et il est entré en
vigueur le 26 mai 2001, 30 jours après le dépôt du 36ème instrument de ratification
auprès du Secrétariat général. Il est prévu que l'Union aura la capacité de traiter les
crises auxquelles est confronté le continent dans les domaines politique, économique et
social. Pour que l'Union soit un instrument efficace dans la transformation du
continent, il est nécessaire de la doter des attributions et des ressources nécessaires.
Les Etats membres sont ainsi appelés à concéder une souveraineté limitée à l'Union
pour la rendre plus efficace.
193. Les communautés économiques régionales, qui constituent les principaux vecteurs pour
promouvoir l'intégration, doivent rester les grands piliers de l'Union, et elles seront
entièrement impliquées dans son fonctionnement. Les mandats des institutions
spécialisées ainsi que des bureaux de l'OUA doivent être revus en fonction des attentes
de l'Union.
194. L'article 14 de l'Acte constitutif de l'Union traite de l'établissement de comités
techniques spécialisés, alors que l'article 19 établit des institutions de financement, à
savoir l'actuelle Banque africaine de développement, le Fonds monétaire Africain et la
Banque africaine d'Investissement.
195. La Réunion de Lusaka a également adopté la Nouvelle initiative africaine, mentionnée
précédemment. Cette initiative consiste à fusionner le Partenariat du Millénaire pour le
Programme de redressement africain et le Plan Oméga. Elle comporte sept grands
chapitres qui traitent des sujets suivants : l'Afrique dans le monde d'aujourd'hui; la
nouvelle volonté politique des dirigeants africains; la stratégie africaine pour réaliser le
développement durable au 21ème siècle; un programme d'action; un nouveau
partenariat mondial; et la mise en œuvre de la Nouvelle initiative africaine.
41
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
C.
Le nouvel agenda du développement pour l'Afrique
196. Dans le cadre du processus du Sommet mondial du développement durable, les
organisations intergouvernementales (UMA, IGAD/COMESA, SADC, CEEAC et
CEDEAO/CILSS) se sont rencontrées au cours du mois de septembre et début octobre
2001 pour évaluer la mise en œuvre d'Action 21 en Afrique depuis Rio et proposer un
agenda nouveau du développement pour poursuivre la réalisation des priorités de
l'Afrique. Les domaines prioritaires des programmes proposés par les réunions
sous-régionales figurent au tableau 9.
197. Ce qui suit est un résumé des actions futures.
Eradication de la pauvreté
198
Les pays de la région s'engagent à éradiquer la pauvreté en formulant et en appliquant
des politiques pour promouvoir l'épargne nationale et permettre des flux de ressources
extérieures comme les investissements étrangers directs. Certains pays appliquent
actuellement des stratégies de réduction de la pauvreté. Puisque la réduction de la
pauvreté est au centre du développement durable, il est nécessaire de diriger l'attention
et les ressources vers les défis de la pauvreté dans la région. Les pays africains doivent
faire face à certains besoins :
•
•
•
•
•
•
•
•
Les gouvernements de la région, en collaboration avec les paysans, auront besoin
d'instaurer des partenariats avec la communauté internationale en vue de trouver
des solutions durables aux contraintes subies par les ruraux pauvres;
L'accès des paysans aux marchés devra être étudié;
Les facilités de crédit aux paysans pauvres doivent être améliorées;
Il est nécessaire d'aider les paysans à moderniser l'agriculture par la lutte contre
les parasites et les maladies et par la diversification du cheptel et des cultures;
Les petits exploitants se trouvant dans un environnement semi-aride auront
besoin d'être assistés dans l'exécution de plans d'irrigation à petite échelle;
Une assistance est nécessaire à tous les niveaux pour accroître la production
alimentaire et l'accès à la nourriture et mettre en place des mécanismes pour
faciliter le soutien financier et une formation appropriée à l'agriculture et aux
activités agro-alimentaires;
Dans le cadre de la mise en œuvre de la CNULCD, les pays africains devront
prendre des mesures appropriées pour améliorer la gestion des sols, notamment
l'application de systèmes d'occupation et de propriété foncière sécurisés,
l'amélioration de l'éducation des paysans par des services d'information et de
vulgarisation, l'amélioration de la technologie et la mise en place d'un cadre
socio-économique propice encourageant les producteurs à gérer leurs
exploitations de manière durable;
Les pays africains soutiennent fortement l'ouverture d'un guichet séparé par le
FEM lors de sa deuxième assemblée, devant se tenir en Chine, pour financer la
mise en œuvre de la CNULCD;
199. La communauté internationale est ainsi appelée à :
•
•
42
Appuyer financièrement et politiquement la mise en œuvre de cette convention.
Adopter un programme mondial tendant à réduire la pauvreté et à réhabiliter
l'environnement.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Education
200. L'investissement dans l'éducation à la fois secondaire et universitaire sera payant à long
terme. Les pays africains doivent établir et renforcer les institutions actuelles pour
promouvoir leur capacité de réagir à de nouveaux défis à plus long terme, au lieu de se
focaliser sur des problèmes immédiats. Les mesures de politique générale pour le
développement de l'éducation et des ressources humaines impliqueront notamment ce
qui suit :
•
•
•
•
Assurer l'adéquation de l'éducation et de la formation aux besoins nationaux et
au monde qui change en apportant des réformes appropriées aux programmes
scolaires;
Accroître la qualité de l'éducation en améliorant les ressources d'enseignement et
d'apprentissage, et par une plus grande pertinence de la recherche et un meilleur
rapport enseignant/élève;
Améliorer l'accès des filles à l'éducation et à la formation pour atteindre l'objectif
de la parité avec les garçons;
Renforcer et utiliser les institutions scientifiques, technologiques et de recherche.
201. Pour mener à bien ces mesures de politique générale, les partenaires de l'Afrique
devront entrer dans des partenariats à long terme avec les gouvernements africains et la
société civile, afin de fournir l'assistance nécessaire, notamment sous la forme d'un
engagement financier accru envers l'éducation.
Soins de santé : maladies contagieuses
202. Pour réduire le fardeau de la morbidité dans la région, il faudra adopter, en matière de
développement, une vaste démarche dans laquelle les réformes du secteur de la santé
vont de pair avec une réduction de la pauvreté, une prévention des conflits et une
participation des collectivités. L'amélioration de la santé de la population en Afrique
constitue peut-être le moyen le peu efficace de contribuer à la moyenne économique.
203. La réalisation des objectifs de santé des pays africains nécessitera :
•
•
•
•
•
Un effort coordonné consistant en des partenariats entre secteur public et secteur
privé, soutenus par la communauté internationale;
Un accroissement de l'appui financier aux services de santé et aux programmes
de santé publique, y compris en matière d'éducation;
Des programmes spécifiques ayant pour objectif l'éradication de la tuberculose et
du paludisme;
L'implication de la communauté et une approche de bas en haut;
Un appui pour renforcer les institutions de santé et de recherche médicale,
particulièrement de recherche dans la médecine traditionnelle, puisqu'une grande
proportion de la population africaine utilise la médecine traditionnelle pour
soigner diverses maladies.
43
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
204. Etant donné les souffrances humaines qu'il cause et l'atteinte qu'il porte au
développement durable, les gouvernements africains doivent faire du VIH/SIDA une
priorité nationale maximale et prendre notamment le mesures suivantes :
•
•
•
•
•
•
Mobilisation des ressources des gouvernements, de la société civile et des
entreprises pour des programmes de lutte contre le VIH/SIDA;
Etablissement de conseils nationaux sur le VIH/SIDA dirigés par des
responsables politiques du plus haut niveau;
Implication des personnes touchées par le VIH/SIDA dans la mise en place des
politiques et des programmes;
Implication des chefs religieux, des entreprises, des syndicats et de la société
civile;
Lancement de programmes par l'éducation du public afin d'atténuer le tabou
associé au VIH/SIDA;
Rencontre des jeunes en vue de changer leur comportement et de les impliquer
dans la mise en œuvre des programmes contre le VIH/SIDA.
205. La pandémie du VIH/SIDA ne respecte pas les frontières politiques et il faut donc un
partenariat régional pour la combattre. Les partenaires de l’Afrique sont priés instamment de
conclure des partenariats avec les gouvernements africains, la société civile et les compagnies
pharmaceutiques pour lutter contre le VIH/SIDA. A cet égard ils devraient :
•
•
•
•
•
Accorder des subventions (plutôt que des prêts) pour le traitement des malades
du SIDA;
Faciliter l’accès à des médicaments génériques meilleur marché contre le
VIH/SIDA. Comme cela a été fait en Afrique du sud, les pays africains doivent
démarcher intensément pour obtenir des réductions sur les prix des médicaments;
Collaborer avec des compagnies pharmaceutiques pour réduire le prix des
médicaments brevetés contre le SIDA;
Financer la recherche sur les vaccins en ciblant les variantes du VIH les plus
répandues en Afrique;
Fournir un appui à l’édification des capacités pour concevoir et gérer les
programmes de prévention et de traitement du VIH/SIDA.
206. La région fait appel à la communauté internationale pour appuyer les pays qui en font
partie dans les efforts qu’ils déploient pour assurer des services de santé. Plus
précisément, il faut des ressources pour les programmes de santé publique, y compris
en matière d’éducation, de lutte contre la trypanosomiase, la tuberculose et le
paludisme et de lutte contre le fléau du VIH/SIDA.
Mobilisation de ressources pour le développement durable
207. Afin de rendre l’initiative des pays pauvres très endettés plus efficace pour améliorer le
niveau de vie des pays participants, il faut en revoir les clauses et conditions d’accès.
En outre, le Sommet de Johannesburg est invité à :
•
•
44
Faire une place centrale à la réduction de la dette en Afrique, étant donné qu’une
réduction considérable ou une annulation de la dette des pays pauvres très
endettés sont essentielles à leur transition vers le développement durable;
Etudier le rôle du FEM concernant la mise à disposition de ressources pour le
développement durable. Plus important encore, la communauté internationale
est invitée à revoir le mandat de la restructuration du FEM pour en faire la source
principale du financement de l’agenda mondial du développement durable.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Actuellement le financement du FEM va à des programmes environnementaux,
et non à tout l’éventail du développement durable.
Inverser la détérioration de l’environnement, notamment par une gestion
rationnelle des écosystèmes terrestres et aquatiques et de leurs ressources
208. Eau douce : Le secteur agricole, qui est le plus grand utilisateur de ressources en eau
dans la région, entre pour 88% dans son utilisation totale. Les pays africains devront :
•
•
•
•
Entreprendre une recherche pour élaborer des méthodologies de réduction des
quantités d’eau requises pour les cultures, particulièrement en milieu aride et
semi-aride;
Adopter une approche intégrée de la gestion durable des ressources en eau, afin
de protéger les écosystèmes d’eau douce, la qualité de l’eau et la santé humaine;
Promouvoir une collaboration interinstitutions, afin de surmonter l’inaptitude des
institutions à traiter les problèmes émergents de gestion de l’eau causés par de
nouvelles pratiques agricoles, des projets à grande échelle de gestion de l’eau et
des changements dans l’environnement social et culturel;
Impliquer les membres de la société civile et d’autres parties prenantes dans la
gestion de l’eau. Un défi majeur est donc d’assurer l’éducation et la formation,
ainsi que le renforcement des organisations locales et des autorités qui prennent
les décisions.
209. Etant donné que 300 millions de personnes dans la région n’ont pas accès à une eau
saine :
•
Le Sommet est invité à adopter une stratégie mondiale, avec les ressources
financières nécessaires, pour atteindre l’objectif de la Déclaration du Millénaire
concernant l’accès à une eau saine et à des services d’assainissement.
210. Ressources marines : Les gouvernements africains, par le biais des conventions
régionales, ont résolu de prendre des mesures pour protéger et gérer de manière durable
les écosystèmes côtiers et marins et leurs ressources. Il faut cependant renforcer
d’urgence l’application et le respect des accords internationaux et régionaux se
rapportant à la protection et à la gestion des écosystèmes marins et côtiers et de leurs
ressources.
•
•
Les gouvernements africains sont également invités à prévenir la pêche excessive
en adoptant des mesures et des mécanismes de gestion pour assurer la gestion et
l’utilisation durable des ressources des pêcheries, et à entreprendre des
programmes de travail pour prévenir le gaspillage dans les pratiques de pêche;
Les efforts en matière de SIDS devront être complétés par un appui financier
efficace de la communauté internationale.
45
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
211. Les gouvernements africains, avec l’appui de la communauté internationale, sont
invités notamment à :
•
•
•
•
•
•
Elaborer des programmes nationaux pour les forêts selon leurs conditions,
objectifs et priorités respectifs;
Renforcer l’engagement politique en faveur de la gestion, de la
conservation et du développement durable de tous les types de forêts;
Prendre des mesures concrètes en vue d’un partage juste et équitable des
avantages de l’utilisation des ressources génétiques, en harmonie avec les
dispositions de la Convention et avec les décisions de la Conférence des
Parties concernant notamment l’accès aux ressources génétiques et la
manipulation de la biotechnologie et de ses avantages;
Reconnaître le rôle des femmes dans la conservation de la biodiversité et
l’utilisation durable des ressources biologiques;
Fournir l’appui nécessaire pour intégrer la conservation de la diversité
biologique et l’utilisation durable des ressources biologiques aux plans
nationaux de développement;
Promouvoir l’implication des communautés, du secteur privé et d’autres
parties prenantes dans la gestion des forêts, en vue d’assurer un partage
équitable des avantages découlant de leurs ressources.
212. Biosécurité : Afin de renforcer les activités dans ce domaine :
•
•
Les pays africains sont invités à élaborer et à adopter un programme régional
concernant le Protocole de Carthagène sur la biosécurité, en vue d’un échange
d’information et de compétences en matière de biotechnologie et de biosécurité;
La communauté internationale est invitée à appuyer l’appel de l’Afrique en
faveur d’une utilisation durable et d’un partage équitable des avantages de la
biotechnologie, qui reflète la préoccupation profonde que leur inspire
l’utilisation non durable de la diversité biologique et le partage inéquitable des
avantages en découlant.
213. Changements climatiques : En accord avec les préoccupations mondiales concernant
cette question, les pays africains se soucient des impacts prédits des changements
climatiques et, bien que se réjouissant des progrès accomplis à ce jour dans le sens des
objectifs et des calendriers adoptés en vertu de la CCNUCC demandent instamment la
ratification rapide du Protocole de Kyoto.
214. Industrie : L’Afrique étant la seule région où les économies nationales ont une base
industrielle très étroite, les pays africains devront :
•
46
Evoluer vers des industries à plus grande valeur ajoutée où ils ont un avantage
comparé. La promotion des agro-industries pour élever le taux de croissance de
la valeur ajoutée totale des produits manufacturés est un exemple de ce genre.
La valeur ajoutée des produits manufacturés pour l'Afrique subsaharienne (y
compris l'Afrique du Sud) entre 1980 et 1990 était de 1,4 % et de 3;7 % pour
l'Afrique subsaharienne (à l'exclusion de l'Afrique du Sud), mais est retombée à
0,8 % (compte tenu de l'Afrique du Sud) et 0,1 % (à l'exclusion de l'Afrique du
Sud) entre 1990 et 1998, ce qui indiquait que l'Afrique s'engageait dans une
phase de désindustrialisation.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
•
Mettre l'accent sur la création et la croissance de nouvelles entreprises, améliorer
la diffusion de la technologie, de la connaissance et de l'information; établir des
liens entre les investisseurs étrangers et les investisseurs locaux; aider les
exploitations agricoles à trouver, évaluer et pénétrer les marchés d'exportation et
les circuits commerciaux mondiaux importants; développer les compétences et
la technologie et stimuler l'efficacité collective des petites et moyennes
entreprises grâce au regroupement.
215. Déchets toxiques : Afin de poursuivre l’agenda de l’Afrique dans ce domaine,
•
les pays africains sont invités à :
-
•
Ratifier la Convention de Bamako ou y adhérer, s’ils ne l’ont pas encore
fait;
S’efforcer de se doter du personnel qualifié et du matériel d’essai
nécessaires pour une détection et une surveillance efficaces des
mouvements de déchets dangereux;
Renforcer leurs institutions et promulguer une législation pour appliquer
efficacement la Convention.
La communauté internationale est priée instamment de ratifier la Convention
relative à des mesures internationales concernant certains polluants organiques
persistants et aider à son application et à son respect.
216. Planification du développement : Dans ce domaine, et afin que les perspectives
environnementales soient pleinement intégrées au processus de planification du
développement,
•
les pays africains sont priés instamment d’entreprendre des réformes
fondamentales nécessaires, notamment :
-
•
Assurer que des enquêtes publiques et des évaluations des impacts sur
l’environnement (EIE) soient menées régulièrement pour aider les
décideurs à situer des projets de développement tels que des projets
hydroélectriques et d’irrigation à grande échelle;
Assurer que des tentatives délibérées soient faites pour sensibiliser le
public et assurer la participation de la population locale à la conception et
à l’exécution des projets;
Promulguer, harmoniser et appliquer une législation sur les questions
d’environnement/de développement;
Analyser l’impact des politiques macro-économiques sur l’environnement,
et vice versa;
Introduire une comptabilité des ressources et conduire des audits du
développement durable.
La communauté internationale est instamment priée de prendre note des priorités
de l’Afrique à cet égard.
47
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Promotion de la communication
217. L’Afrique doit combler le fossé informatique pour pouvoir participer aux technologies
de l’information.
•
Afin d’accélérer le développement et l’utilisation des technologies de
l’information et de la communication, qui facilitera l’intégration économique
régionale et l’échange d’information et d’expériences, l’Afrique devrait :
-
•
Renforcer et/ou établir une nouvelle recherche spécialisée et des instituts
de développement de la technologie, et promouvoir l’éducation et la
recherche scientifiques;
Adapter la technologie aux besoins locaux et réintroduire et utiliser les
compétences et les technologies autochtones partout où cela est nécessaire;
Favoriser des liens avec des institutions internationales de recherche et
aussi tirer parti des compétences des détenteurs de savoirs locaux.
La communauté internationale est invitée à promouvoir les technologies
existantes de l’information et de la communication et à en développer de
nouvelles, et à soutenir les infrastructures et le développement des capacités.
Promotion du commerce
218. La mondialisation a marginalisé la plupart des pays africains parce qu’ils ne sont pas
concurrentiels dans un système commercial inéquitable, non transparent et
discriminatoire.
•
Pour stimuler ce secteur essentiel les pays africains sont priés instamment de :
-
•
La communauté internationale est invitée à :
-
48
Développer des industries basées sur leurs ressources et à plus forte valeur
ajoutée;
Elargir leur base de production, d’une manière complémentaire plutôt que
concurrentielle;
Rechercher des accords commerciaux régionaux, étant donné les
dimensions réduites de la plupart des économies africaines;
Aller de l’avant dans l’intégration de la région afin d’accroître la part du
continent dans le commerce mondial. On peut compter que l’intégration
africaine facilitera aussi le libre mouvement des personnes et des biens;
Intégrer aux programmes de libéralisation du commerce des politiques de
l’environnement et de la gestion des ressources tenant compte de effets du
développement durable.
Traiter les questions concernant l’accès de l’Afrique aux marchés
internationaux;
Promouvoir un système commercial multilatéral ouvert, non
discriminatoire, équitable, transparent et prévisible.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Promotion du rôle de la société civile
219. Pour réussir les efforts de développement doivent être participatifs. Pour cette raison
•
les gouvernements africains sont instamment priés de :
-
-
-
Promulguer et/ou renforcer, en fonction des conditions particulières à
chaque pays, toutes les mesures législatives nécessaires pour permettre
l’établissement d’ONG ou de groupes consultatifs et assurer le droit des
ONG à protéger les intérêts du public par le processus juridique;
Répondre au besoin crucial de renforcer le rôle des autorités locales, des
ONG et des milieux d’affaires dans la mobilisation et l’éducation du
public concernant la protection et la conservation de ressources de
l’environnement comme l’eau, la terre et la végétation;
Associer pleinement le monde des affaires et l’industrie aux activités
nationales, étant donné le rôle qu’ils jouent pour dans l’accroissement de
la prospérité mais aussi dans la pollution de l’environnement;
Assurer la sensibilisation de tous les secteurs de la société au besoin de
protéger l’environnement et aux nouveaux moyens de contribuer à cette
protection.
Gouvernance internationale de l’environnement
220. Dans le débat sur l’utilité d’une organisation globale mondiale sur les questions
d’environnement - l’Organisation mondiale de l’environnement qui a été proposée pour traiter les insuffisances actuelles de la coordination des politiques de
l’environnement, l’édification des capacités dans les pays en développement et la
poursuite de l’application des normes internationales de l’environnement, l’Afrique
devrait :
•
appuyer un modèle caractérisé par :
-
Un conseil politique unique et centralisé se réunissant régulièrement pour
se prononcer sur la politique de l’environnement;
Un organe de coordination unique pour les questions environnementales,
ayant des liens étroits avec la CDD, le FEM et les organismes
multilatéraux;
Un groupement d’accords multilatéraux sur l’environnement, sur la base
de questions qui se recoupent et de programmes conjoints;
Des ressources durables et des mécanismes de financement pour entretenir
ce système.
49
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme
221. La route de la bonne gouvernance exige l’établissement de structures de représentation
politique, afin d’assurer l’inclusion de toutes les parties prenantes nationales. En outre,
il faut promouvoir des actions en faveur de la transparence et de la redditionnalité.
D’autres aspects critiques de la bonne gouvernance sont l’accès du public à
l’information sur le fonctionnement du gouvernement, la participation de la société
civile et du secteur privé au processus d’élaboration des politiques, la représentation
des femmes et leur participation aux processus décisionnels à tous les niveaux, un
traitement et une diffusion améliorés de l’information et le renforcement des instituts
de recherche pour fournir des études analytiques approfondies sur les conséquences de
la législation proposée.
222. Il faut élaborer des indices pour surveiller la bonne gouvernance. Ces indices peuvent
porter sur la représentation équitable, le libre accès à l’information et l’efficacité des
institutions. Ce dernier aspect comprend l’indépendance de la justice, le respect de la
légalité par l’exécutif, l’efficacité de l’application des lois, la compétence législative, la
transparence et la redditionnalité, la participation de la société civile et du secteur privé
à la formulation et à l’application des politiques et la fourniture effective de services
aux citoyens pauvres.
•
•
50
Les pays africains sont encouragés à promouvoir la coopération sous-régionale et
régionale comme moyen de créer un espace de dialogue dans la gestion et la
prévention des conflits;
La communauté internationale est invitée à fournir des ressources à l’appui de
modèles et d’initiatives comme la Nouvelle initiative africaine et à développer la
capacité de prévenir, gérer et résoudre les conflits.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
REFERENCES CLES
Sommet planète Terre, Action 21 : Le Programme d’action de Rio de l’Organisation des
Nations Unies, Département de l’information, DPI/1344/Rev.1-97-01888 - Février 1997 5M.
Propositions de politique générale et de changement institutionnel
Huitième session de la Conférence ministérielle de la CMAE, Abuja (Nigéria), avril 2000
Propositions pour un programme à moyen terme (2000-2004)
Huitième session de la Conférence ministérielle de la CMAE, Abuja (Nigéria), avril 2000
Perspective mondiale de l’environnement 2000, PNUE, Earthscan Publications Ltd, Londres,
1999
Transformer les économies africaines : Vue d’ensemble, Commission économique pour
l’Afrique, Addis-Abeba (Ethiopie), 2001
The Challenges of Financing Development in Africa, Prof. S. Ibi Ajayi : Série de documents
de discussion ESPD/DPS/99/2. Document rédigé pour la CEA, 1999
Finance for Development in Africa. Document thématique pour la huitième session de la
Conférence des ministres des finances de la CEA, 21-22 novembre 2000, Addis-Abeba
(Ethiopie)
Le défi de la réduction de la pauvreté et du développement durable. Rapport économique sur
l’Afrique, CEA, Addis-Abeba (Ethiopie), 1999
L’Afrique et les questions émergentes du commerce mondial. Actes de la réunion du Groupe
spécial d’experts sur les questions liées à l’OMC, CEA, Addis-Abeba (Ethiopie), 1999
Nous, peuples : Le rôle de l’ONU au 21ème siècle. Déclaration du Secrétaire général de
l’Organisation des Nations Unies au Sommet du Millénaire, New York, avril 2000.
Commission mondiale de l’environnement et du développement : Notre avenir commun,
Oxford University Press, 1987.
Land Degradation : Development and Breakdown of Terrestrial Environments. Barrow, C.J.,
Cambridge University Press, 1991.
Social Aspects of Sustainable Drylands Management (Stiles, Daniel, éditeur). Publié pour le
PNUE par John Wiley and Sons, 1995
Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement
touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique. PNUE, 1996.
Programme de travail biennal pour la mise en œuvre de la Convention de Nairobi 2000-2001
(PNUE). La stratégie du partage équitable de l’eau pour le développement durable, PNUE.
Documents stratégiques sur la réduction de la pauvreté - Progrès dans la mise en œuvre.
Banque mondiale et Fonds monétaire international, Washington, février 2000.
The National Summit on Africa - Claiming the 21st Century : Africa’s Agenda.
K.Y. Amoako, Washington, février 2000.
51
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Nouvelle initiative africaine : Fusion du programme du Partenariat du Millénaire pour le
redressement de l’Afrique et du Plan Oméga. Sommet de l’OUA, Lusaka (Zambie),
juillet 2001.
Rapport du Groupe de travail spécial à composition non limitée sur les causes de conflits et la
promotion de la paix et du développement durables en Afrique (A/AC.258/6), New York,
septembre 2000.
Compact for African Recovery : Operationalizing the Millennium Partnership for the African
Recovery Programme. CEA, Addis-Abeba (Ethiopie), avril 2001.
Les accords multilatéraux sur l’environnement : Pertinence, implications et avantages pour les
Etats africains. PNUE(ROA) et SIDA, 1996.
Forum ministériel mondial sur l’environnement : Liens entre les conventions sur
l’environnement et les conventions connexes et appui à ces conventions. Le rôle du PNUE
dans l’élaboration de directives sur le respect et l’application effective des accords
multilatéraux sur l’environnement. UNEP/GC.21/INF/5, décembre 2000.
The Case for a World Environment Organization. Biermann, Frank : Environment,
Volume 42 (No 9), novembre 2000.
Commission européenne : Communication de la Commission au Conseil et au Parlement
européen : Dix ans après Rio - Préparation du Sommet mondial du développement durable
(COM(2001) 53 final). Bruxelles, février 2001.
Union européenne : Gouvernance mondiale de l’environnement - Conclusions. 2321ème
séance du Conseil, Bruxelles, décembre 2000.
G8, communiqué : Réunion des ministres de l’environnement du G8 à Trieste (Italie), mars
2001.
Norvège: résumé du Président sur la Réunion ministérielle officieuse de Bergen (Bergen,
Norvège, septembre 2000). S.E. Siri Bjerke, Ministre de l’environnement de la Norvège.
Climate change : Africa and COP6 ACTS Innovation, Volume 8, No. 1, mai 2001.
Rapport de la Table ronde régionale pour l’Afrique, Le Caire (Egypte), 25-27 juin 2001.
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Changements climatiques et développement durable : Région africaine. Secrétariat de la
CCNUCC.
UNIDO, "Building Productive Capacity for Poverty Alleviation in Least Developed Countries
(LDCs) : The Role of Industry", Vienne, 2001.
52
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
ANNEXES
53
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 1: Flux d’aide et de capitaux privés vers les pays africains et crise de la dette
Aide publique au
développement (APD) reçue
(Versements nets) a
Région
et
pays
Total
Investissements
étrangers directs
Service total
de la dette
En % du PIBb
En % des exportations
de biens et services
1990
1999
28.1
20.2
63.4
37.4
22.3
9
----21.5
24.4
29.9
28.4
7.5
6.5
24.5
15.9
18.5
15.4
8.2
10.9
6.8
15.7
4.8
10.6
35.4
26.2
22.2
8.5
36.9
19.9
20
16.1
31
16.4
----12.3
14.3
17.4
16.8
22.6
6
20
16.1
10.1
29.9
11.9
7.7
15.7
11.4
22.5
24.3
35.3
1.4
6.4
19.3
12.1
0.8
13.2
12.1
----4.4
10.3
Par
habitant
Afrique du Nord
1.Algérie
2.Egypte
3.Libye
4.Maroc
5.Mauritanie
6.Soudan
7.Tunisie
Afrique de l’Ouest
1.Bénin
2.Burkina Faso
3.Cap Vert
4.Côte d'Ivoire
5.Gambie
6.Ghana
7.Guinée
8.Guinée-Bissau
9.Libéria
10.Mali
11.Niger
12.Nigéria
13.Sénégal
14. Sierra Leone
15.Togo
Afrique centrale
1.Cameroun
2.Congo (Rep. pop.)
3.Gabon
4.Guinée équatoriale
5 Rep. Centrafricaine
6.Sao Tomé-et-Principe
7.Tchad
Afrique de l’Est
54
$ EU m
1999
437
88.9
1,579.10
7.3
678
218.5
242.9
244.5
249.6
210.8
398.1
136.4
447
33.1
607.5
237.6
52.4
--354
187.1
151.6
534.3
73.5
71.3
157.8
433.8
140.3
47.6
20.2
117.2
--187.8
$ EU
1999
24.5
3
25.2
1.3
24
84.1
8.4
25.9
49.2
34.5
36.2
318.8
28.8
26.5
32.3
32.8
44.2
--33.4
17.8
1.2
57.5
14.9
15.6
36.9
29.5
49.1
39.3
45.6
33.1
--25.1
336.6
32.1
En % du PIB
1990
1999
8.3
5
0.4
0.2
12.6
1.8
----4.1
1.9
23.3
22.8
6.2
2.5
3.2
1.2
21.5
10.7
14.5
8.9
12
15.4
31.8
23.5
6.4
4
31.3
8.4
9.6
7.8
10.4
6.8
52.7
24
----19.9
13.8
16
9.3
0.9
0.4
14.4
11.2
6.8
11
16
5.1
15.8
6.4
4
4.7
7.8
6.3
2.2
1.1
46
2.9
16.8
11.1
----18
12.3
19.3
11.8
1990
0.6
0
1.7
--0.6
0.7
0
0.6
0.6
0.1
0
0
0.4
0
0.3
0.6
0.8
---0.3
(.)
2.1
1
3.6
0
1.4
-1
0
1.2
8.3
0.1
--0
0.1
1999
1.1
(.)
1.2
--(.)
0.2
3.8
1.7
1.6
1.3
0.4
2.6
3.1
3.6
0.2
1.8
1.4
--0.7
0.7
2.9
1.3
0.1
2.1
4.1
0.4
0.2
4.6
17.3
1.2
--1
0.9
31.2
19.4
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Aide publique au
développement (APD) reçue
(Versements nets) a
Région
et
pays
Total
Investissements
étrangers directs
Service total
de la dette
En % du PIBb
En % des exportations
de biens et services
1990
1999
43.4
45.6
2.3
16.1
13.5
1.2 e
------1.9
34.9
16.8
35.4
26.7
45.5
17.1
58.9
23.7
14
29.6
--------32.9
15.6
13.8
16.2
--13.9
8.1
21.1
4.4
2.4
4.2
9.4
29.3
11.4
8.8
9.7
26.2
20
----5.7
2.6
14.9
46.6
23.1
25.3
Par
habitant
1.Burundi
2.Comores
3.Congo (Rep. dem.)
4.Djibouti
5.Erythrée
6.Ethiopie
7.Kenya
8.Madagascar
13.Ouganda
10.Rwanda
11.Seychelles
12.Somalie
13.Tanzanie
Afrique australe
1.Afrique du Sud
2.Angola
3.Botswana
4.Lesotho
5.Malawi
6.Maurice
7.Mozambique
8.Namibie
9.Swaziland
10.Zambie
11.Zimbabwe
$ EU m
1999
74.2
21.5
132.3
$ EU
1999
11.1
39.4
2.7
75
148.5
633.4
308
358.2
589.8
372.9
----989.6
245.3
539.3
387.5
60.9
31.1
445.8
41.5
118.4
177.6
28.9
623.4
244.2
115.8
37.2
10.1
10.5
23.8
27.5
44.9
----30.1
36.1
12.8
31.4
38.3
14.8
41.3
35.3
6.8
104.4
28.4
63.1
20.5
En % du PIB
1990
1999
23.3
10.4
18.1
11.1
9.6
--45.6
--14.8
13.9
12.9
15.5
11.3
----27.5
13.1
--2.6
3.9
22.8
27.9
3.4
39.9
5.2
6.3
14.6
3.9
--23
9.8
2.9
9.6
9.2
19.1
----11.3
6.4
0.4
4.5
1
3.6
24.6
1
3
5.8
2.4
19.8
4.4
1990
0.1
-0.4
-0.1
0
--0.2
0.7
0.7
0
0.3
----0
1.3
-0.1
-3.3
2.5
2.7
0
1.6
0.4
--3.5
6.2
-0.1
1999
(.)
0.5
(.) ae
1.2 e
0
1.4
0.1
1.6
3.5
0.1
----2.1
7.2
1
28.9
0.6
18.7
3.3
1.2
9.7
--2.7
5.2
1.1
Source: Rapport sur le développement humain du PNUD, 2001.
Aucun renseignement n’a été fourni pour le Libéria, Sao Tomé-et-Principe, les Seychelles et la
Somalie
a
b
e
Les rentrées au titre de l'APD correspondent au total net des flux d'APD provenant des pays du
Comité d'aide au développement de l'OCDE, des organismes multilatéraux et des Etats arabes.
Une valeur négative indique que le remboursement des prêts au titre de l'APD dépasse le
montant reçu au titre de l'APD.
Une valeur négative indique que les flux de capitaux quittant le pays dépassent les rentrées de
capitaux.
Ces données se rapportent à l'année 1998.
55
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 2: Indicateurs de pauvreté pour les pays africains
Indice de pauvreté
Population au-dessous du seuil de
pauvreté(%)
Pays
(HPI-1)
Rang
Valeur(%)
$ 1 par jour
(1993PPP
US$)
1983-99b
Seuil national
de pauvreté
1984-99b
Développement humain élevé
Aucun pays africain
Développement humain moyen
1.Libye
2.Maurice
3.Tunisie
4.Cap Vert
5.Afrique du sud
6.Algérie
7.Egypte
8.Gabon
9.Guinée équatoriale
10.Namibie
11.Maroc
12.Swaziland
13.Botswana
14.Zimbabwe
15.Ghana
16.Lesotho
17.Kenya
18.Comores
19.Cameroun
20.Congo
Développement humain faible*
21.Togo
22.Madagascar
23.Nigéria
24.Djibouti
25.Soudan
26.Mauritanie
27.Tanzanie
28.Ouganda
29.Congo (Rep. dem.)
30.Zambie
31.Côte D'Ivoire
32.Sénégal
33.Angola
34.Bénin
35.Erythrée
36.Gambie
37.Guinée
38.Malawi
39.Rwanda
40.Mali
b
27
16
--36
33
40
50
----56
62
----61
46
42
51
47
49
48
16.7
11.5
--20.9
18.7
23.5
31.7
----34.5
36.4
----36.2
29.1
25.8
31.8
29.9
31.1
30.7
----<2.0
--12
<2
3.1
----35
<2
--33
36
39
43
27
-------
--10.6
14
----23
23
------19
----26
31
49
42
--40
---
63
64
59
57
58
82
53
69
67
68
72
80
--79
75
85
--74
76
83
38.3
38.6
36.1
34.7
34.8
47.2
32.4
41
40
40
42.9
45.9
--45.8
44
49.6
--43.4
44.2
47.8
--63
70
----29
20
----64
12
26
------54
----36
73
32
70
34
----57
51
44
--86
------33
--64
40
54
51
---
Ces données se rapportent à l'année la plus récente pour laquelle il existe des données durant
la période considérée.
56
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Indice de pauvreté
Population au-dessous du seuil de
pauvreté(%)
Pays
(HPI-1)
Rang
41. Rep. centrafricaine
42.Tchad
43.Guinée-Bissau
44.Mozambique
45.Ethiopie
46.Burkina Faso
47.Burundi
48.Niger
49.Sierra Leone
Valeur(%)
81
87
86
84
88
----90
---
$ 1 par jour
(1993PPP
US$)
1983-99b
46.1
53.1
49.6
48.3
57.2
----63.6
---
67
----38
31
61
--61
57
Seuil national
de pauvreté
1984-99b
--64
--------36
63
68
Source: Rapport du PNUD sur le développement humain, 2001.
Aucun pays n’a été placé dans la catégorie de développement humain élevé
20 et 29 pays, respectivement, ont été placés dans la catégorie de développement humain
moyen et faible
* Les autres pays en développement figurant dans la catégorie de développement humain faible
sont les suivants : Pakistan, Bhoutan, Laos, Bangladesh, Yémen and Haïti.
NOTE : Aucun renseignement n’a été fourni pour les pays suivants: Somalie,
Sao Tomé-et-Principe, Libéria et Seychelles.
57
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 3:Catastrophes naturelles en Afrique: Janvier 1992 - Juillet 2001.
Catastrophes naturelles
Inondations
Nombre de pays affectés
28
Sécheresses
8
Tremblements de terre
6
Cyclones
3
Incendies
1
Criquets
1
Eruptions volcaniques
1
Orages de grêle
1
Accidents chimiques
1
Pays affectés de manière répétée par des catastrophes naturelles.
Pays
1.Algérie
2.Angola
3.Bénin
4. Botswana
5. Congo (Rep.dem.)
6.Djibouti
7.Egypte
8.Ethiopie
9.Gambie
10.Ghana
11.Madagascar
12.Malawi
13.Maroc
14.Maurice
15.Mozambique
16.Somalie
17.Soudan
18.Tanzanie
19.Togo
20.Zambie
21.Zimbabwe
Inondations
Cyclones
Sécheresses
2
5
2
4
2
2
3
2
3
2
5
2
2
2
3
2
3
4
3
2
2
Source: www.reliefweb.int/ and www.wfp.org
58
Tremblements de
terre
3
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 4: Survie: Progrès et reculs des pays africains.
Région
et
pays
Afrique du Nord
1.Algérie
2.Egypte
3.Libye
4.Maroc
5.Mauritanie
6.Soudan
7.Tunisie
Afrique de l’Ouest
1.Bénin
2.Burkina Faso
3.Cap Vert
4.Côte d'Ivoire
5.Gambie
6.Ghana
7.Guinée
8.Guinée-Bissau
9.Libéria
10.Mali
11.Niger
12.Nigéria
13.Sénégal
14. Sierra Leone
15.Togo
Afrique centrale
1.Cameroun
2.Congo (Rep. pop.)
3.Gabon
4.Guinée équatoriale
5. Rep. centrafricaine
6.Sao Tomé-et-Principe
7.Tchad
Afrique de l’Est
Espérance de vie à la
naissance (en années)
197075b
50.7
54.5
52.1
52.9
52.9
43.5
43.7
55.6
42.6
44
41.5
57.5
45.4
37
49.9
37.3
36.5
--42.9
38.2
44
41.8
35
45.5
43.3
45.7
46.7
45
40.5
43
--39
45.4
19952000b
63.8
68.9
66.3
70
66.6
50.5
55
69.5
49.6
53.5
45.3
68.9
47.7
45.4
56.3
46.5
44.1
--50.9
44.2
51.3
52.3
37.3
51.3
48.8
50
50.9
52.4
50
44.3
--45.2
48
Mortalité infantile
(pour 1 000 naissances
vivantes)
Taux de mortalité audessous de cinq ans
(pour 1 000 naissances
vivantes
1970
128
123
157
105
119
150
104
135
162
149
163
87
158
183
111
197
186
--221
197
120
164
206
128
138
127
100
140
165
149
--149
1999
50
36
41
19
45
120
67
24
105
99
106
54
102
61
63
115
128
--143
162
112
68
182
80
100
95
81
85
105
113
--118
1970
199
192
235
160
184
250
172
201
275
252
290
123
239
319
186
345
316
--391
330
201
279
363
216
231
215
160
232
281
248
--252
1999
70
41
52
22
53
183
109
30
174
156
199
73
171
75
101
181
200
--235
275
187
118
316
143
156
154
108
143
160
172
--198
141
95
204
148
59
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Région
et
pays
1.Burundi
2.Comores
3.Congo (Rep. dem.)
4.Djibouti
5.Erythrée
6.Ethiopie
7.Kenya
8.Madagascar
9.Ouganda
10.Rwanda
11.Seychelles
12.Somalie
13.Tanzanie
Afrique australe
1.Afrique du sud
2.Angola
3.Botswana
4.Lesotho
5.Malawi
6.Maurice
7.Mozambique
8.Namibie
9.Swaziland
10.Zambie
11.Zimbabwe
Espérance de vie à la
naissance (en années)
197075b
44
48.9
46
41
44.3
41.8
51
44.9
46.4
44.6
----46.5
49.1
53.5
38
53.2
49.5
41
62.9
42.5
49.4
47.3
47.2
56
19952000b
40.6
58.8
50.5
45.5
51.5
44.5
52.2
51.6
41.9
39.4
----51.1
48
56.7
44.6
44.4
51.2
40.7
70.7
40.6
45.1
50.8
40.5
42.9
Mortalité infantile
(pour 1 000 naissances
vivantes)
Taux de mortalité audessous de cinq ans
(pour 1 000 naissances
vivantes
1970
135
159
147
160
150
160
96
184
110
124
----129
122
80
180
99
125
189
64
163
104
140
109
86
1970
228
215
245
241
225
239
156
285
185
210
----218
193
115
300
142
190
330
86
278
155
209
181
138
1999
106
64
128
104
66
118
76
95
83
110
----90
85
54
172
46
93
132
19
127
56
62
112
60
Source:Rapport sur le développement humain du PNUD, 2001
Aucun renseignement n’a été fourni pour les pays suivants : Libéria, Sao Tomé-et-Principe,
Seychelles et Somalie.
b
Ces données se rapportent aux estimations pour la période considérée
60
1999
176
86
207
149
105
176
118
156
131
180
----141
131
69
295
59
134
211
23
203
70
90
202
90
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 5: Crises et défis principaux en matière de santé dans les pays africains
Région
et
pays
Personnes
sousalimentées
(En % de la
population
totale)
1996/98
Afrique du Nord
1.Algérie
2.Egypte
3.Libye
4.Maroc
5.Mauritanie
6.Soudan
7.Tunisie
Afrique de l’Ouest
1.Bénin
2.Burkina Faso
3.Cap Vert
4.Côte d'Ivoire
5.Gambie
6.Ghana
7.Guinée
8.Guinée-Bissau
9.Libéria
10.Mali
11.Niger
12.Nigéria
13.Sénégal
14. Sierra Leone
15.Togo
Afrique centrale
1.Cameroun
2.Congo (Rep. pop.)
3.Gabon
4.Guinée équatoriale
5. Rep. centrafricaine
6.Sao Tomé-et-Principe
7.Tchad
9
5
4
--5
13
18
--24
14
32
--14
16
10
29
----32
46
8
23
43
18
30
29
32
8
--41
--38
Personnes touchées par le VIH/SIDA
Adultes
(%
15-49
ans)
Femmes
(15-49 ans)
1999b
b
1999
0.25
0.07j
0.02j
0.05 j
0.03j
0.52
0.99j
0.04j
3.72
2.45
6.44
--10.76
1.95
3.60
1.54
2.50
--2.03
1.35
5.06
1.77
2.99
5.98
5.90
7.73
6.43
4.16
0.51
13.84
--2.69
----------3500
----189,915
37,000
180,000
--400,000
6,600
180,000
29,000
7,300
--53,000
34,000
1,400,000
40,000
36,000
66,000
87,760
290,000
45,000
12,000
560
130,00
--49,000
Cas de
paludisme
(pour
100 000
personnes
)
Cas de
tuberculose
(pour 100 000
personnes) d
1997c
1998
Enfants
(0-14 ans)
1999b
----------260
----16,460
3,000
20,000
--32,000
520
14,000
2,700
560
--5,000
3,300
120,000
3,300
3,300
6,300
6,630
22,000
4,000
780
<100
8,900
--4,000
1,321
1
(.)
--1
--5,283
--9,276
11,918
--5
6,990
27,369
11,941
10,951
----3,688
10,026
593
------3,240
4,613
350
3,152
------4,843
66
51
19
29
106
154i
80
24
63
41
18
50
104
114i
53
65
156g
--39
34
19
94
72
28
94
35
139
118
97
140
--38
61
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Région
et
pays
Personnes
sousalimentées
(En % de la
population
totale)
Personnes touchées par le VIH/SIDA
Adultes
(%
15-49
ans)
1996/98
1999
Afrique de l’Est
1.Burundi
2.Comores
3.Congo (Rep. dem.)
4.Djibouti
5.Erythrée
6.Ethiopie
7.Kenya
8.Madagascar
9.Rwanda
10.Seychelles
11.Somalie
12.Tanzanie
13.Ouganda
Afrique australe
8.Afrique du sud
1.Angola
2.Botswana
3.Lesotho
4.Malawi
5.Maurice
6.Mozambique
7.Namibie
9.Swaziland
10.Zambie
11.Zimbabwe
48
68
--61
--65
49
43
40
39
----41
30
32
--43
27
29
32
6
58
31
14
45
37
Femmes
(15-49 ans)
1999b
b
7.59
11.32
0.12j
5.07
11.75
2.87 j
10.63
13.95
0.15
11.21
----8.09
8.3
18.28
19.94
2.78
35.80
23.57
15.96
0.08j
13.22
19.54
25.25
19.95
25.06
534,978
190,000
--600,000
19,000
--1,600,000
1,100,000
5,800
210,000
----670,000
420,000
511,400
2,300,000
82,000
150,000
130,000
420,000
--630,000
85,000
67,000
450,000
800,000
Cas de
paludisme
(pour
100 000
personnes
)
Cas de
tuberculose
(pour 100 000
personnes) d
1997c
1998
Enfants
(0-14 ans)
1999b
48,439
19,000
--53,000
1,500
--150,000
78,000
450
22,000
----59,000
53,000
31,950
95,000
7,900
10,000
8,200
40,000
--52,000
6,600
3,800
40,000
56,000
6,759
--2,422f
--700
--------20,310
----3,602
--15,939
75f
--------6
--26,217
--37,458 f
---
167
101
23g
120
597
218
116
169
97
93
----160
142
286
326
102
303
272i
220
12
104
480
433g
482 g
416
Source:Rapport sur le développement humain du PNUD, 2001
b
c
62
Données au 31 décembre 1999. Les sommes ont été arrondies. Le total mondial ne correspond
donc pas à la somme des totaux régionaux.
Les données se rapportent aux cas de paludisme signalés à l'OMS et ne représentent sans doute
qu'une fraction du nombre réel de cas, tous les cas n'étant pas signalés et la couverture des
services sanitaires étant incomplète. Les systèmes de détection et d'enregistrement des cas
varient selon les pays. On ne peut donc pas faire de véritables comparaisons entre les différents
pays. Les données s'entendent au 31 décembre 1997.
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
d
f
g
i
j
Les données portent sur les cas de tuberculose notifiés à l'OMS et ne représentent peut-être
qu'une fraction du nombre réel da cas dans le pays. En effet, la couverture sanitaire est
incomplète; les diagnostiques peuvent être inexacts, et l'enregistrement et la communication des
données sont parfois défectueux.
Les données se rapportent à une année ou à une période autre que celle qui est spécifiée,
s'écartent des définitions normales ou ne portent que sur une partie de l'année.
Les données portent sur l'année 1996.
Les données portent sur l'année 1997.
Les données correspondent à des estimations tirées des trois taux de prévalence pour 1994
publiées par l'OMS au titre de son Programme mondial de lutte contre le SIDA (OMS, 1995).
63
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 6: Etat de ratification de la Convention-cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (CCNUCC) 1 et du Protocole de Kyoto2
CCNUCC
Pays
1.Afrique du sud
2 Algérie
3. Angola
4. Bénin
5.Botswana
6.Burkina Faso
7.Burundi
8.Cameroun
9.Cap Vert
10.Comores
11.Congo (Rep. dem.)
12.Congo (Rep. pop.)
13.Côte d'Ivoire
14.Djibouti
15.Egypte
16.Erythrée
17.Ethiopie
18.Gabon
19.Gambie
20.Ghana
21.Guinée
22.Guinée équatoriale
23.Guinée-Bissau
24.Kenya
25.Lesotho
26.Libéria
27.Libye
28.Madagascar
29.Malawi
30.Mali
31.Maroc
32.Maurice
33.Mauritanie
34.Mozambique
35.Namibie
36.Niger
37.Nigéria
38.Ouganda
39. Rep. centrafricaine
40.Rwanda
41.Sao Tomé-et-Principe
42.Sénégal
43.Seychelles
44.Sierra Leone
45.Somalie
1.
Au 7 septembre 2000
2.
Au 17 juillet 2001
64
Date de
ratification/adhésion
29/08/97
09/06/93
17/05/00
30/06/94
27/01/94
02/09/93
06/01/97
19/10/94
29/03/95
31/10/94
09/01/95
14/10/96
29/11/94
27/08/95
05/12/94
24/04/95*
05/04/94
21/01/98
10/06/94
06/09/95
07/05/93
16/08/00*
27/10/95
30/08/94
07/02/95
14/06/99
02/06/99
21/04/94
28/12/94
28/12/95
04/09/92
20/01/94
25/08/95
16/05/95
25/07/95
29/08/94
08/09/93
10/03/95
18/08/98
29/09/99
17/10/94
22/09/92
22/06/95
Protocole de Kyoto
Date de signature
Ratification ou adhésion
15/03/99
-----
01/06/01
---------
07/09//00
16/08/00
-----
06/09/00
27/01/99
-----
23/10/98
20/03/98
09/05/01
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
CCNUCC
Pays
46.Soudan
47.Swaziland
48.Tanzanie
49.Tchad
50.Togo
51.Tunisie
52.Zambie
53.Zimbabwe
Date de
ratification/adhésion
19/11/93
07/10/96
17/04/96
07/06/94
08/03/95
15/07/93
28/05/93
03/11/92
Protocole de Kyoto
Date de signature
Ratification ou adhésion
05/08/98
Source: www.unfccc.int/ resource/conv/ratlist.pdf
(*)
ADHESION
65
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 7: Etat de ratification de la Convention sur la diversité biologique (CDB)
et du Protocole de Carthagène sur la biosécurité
(AU 23 JUILLET 2001)
Convention sur la diversité biologique
(CDB)
Protocole sur la biosécurité
Pays
1 Afrique du sud
2.Algérie
3.Angola
4.Bénin
5.Botswana
6.Burkina Faso
7.Burundi
8.Cameroun
9.Cap Vert
10.Comores
11.Congo (Rep. dem.)
12.Congo (Rep. pop.)
13.Côte d'Ivoire
14.Djibouti
15.Egypte
16.Erythrée
17.Ethiopie
18.Gabon
19.Gambie
20.Ghana
21.Guinée
22.Guinée équatoriale
23.Guinée-Bissau
24.Kenya
25.Lesotho
26.Libéria
27.Libye
28.Madagascar
29.Malawi
30.Mali
31.Maroc
32.Maurice
33.Mauritanie
34.Mozambique
35.Namibie
36.Niger
37.Nigéria
38.Ouganda
39.Rep. centrafricaine
40.Rwanda
41.Sao Tomé-et-Principe
42.Sénégal
43.Seychelles
44.Sierra Leone
45.Somalie
46.Soudan
47.Swaziland
66
Date de ratification/adhésion
02/11/95
14/08/95
01/04/98
30/06/94
12/10/95
02/09/93
15/04/97
19/10/94
29/03/95
29/09/94
03/12/94
01/08/96
29/11/94
01/09/94
02/06/994
21/03/96*
05/04/94
14/03/97
10/06/94
29/08/94
07/05/93
06/12/94*
27/10/95
26/07/94
10/01/95
08/11/00
04/03/96
02/02/94
29/03/95
21/08/95
04/09/92
16/08/96
25/08/95
16/05/97
25/07/95
29/08/94
08/09/93
15/03/95
29/05/96
29/09/99
17/10/94
22/09/92
12/12/94*
30/10/95
09/11/94
Date de signature
25/05/00
24/05/00
01/06/01
24/05/00
09/02/01
21/11/00
20/12/00
24/05/00
24/05/00
24/05/00
15/05/00
14/09/00
24/05/00
04/04/01
25/05/00
24/05/00
24/05/00
24/05/00
24/05/00
24/05/00
24/05/00
24/05/00
31/10/00
23/01/01
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Convention sur la diversité biologique
(CDB)
Protocole sur la biosécurité
Pays
48.Tanzanie
49.Tchad
50.Togo
51.Tunisie
52.Zambie
53.Zimbabwe
Date de ratification/adhésion
08/03/96
07/06/94
04/10/95*
15/07/93
28/05/93
11/11/94
Date de signature
24/05/00
24/05/00
19/04/01
04/06/01
Source: www.biodiv.org/world/parties.asp?lg=
(*)
ADHESION
67
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 8: Etat de ratification de la Convention des Nations Unies sur la lutte
contre la désertification (CNULCD)
(AU 11 OCTOBRE 2000)
Pays
1.Afrique du Sud
2.Algérie
3.Angola
4.Bénin
5.Botswana
6.Burkina Faso
7.Burundi
8.Cameroun
9.Cap Vert
10.Comores
11.Congo ( Rep. dem.)
12.Congo (Rep. pop.)
13.Côte d'Ivoire
14.Djibouti
15.Egypte
16.Erythrée
17.Ethiopie
18.Gabon
19.Gambie
20.Ghana
21.Guinée
22.Guinée équatoriale
23.Guinée-Bissau
24.Kenya
25.Lesotho
26.Libéria
27.Libye
28.Madagascar
29.Malawi
30.Mali
31.Maroc
32.Maurice
33.Mauritanie
34.Mozambique
35.Namibie
36.Niger
37.Nigéria
38.Ouganda
39.Rep. centrafricaine
40.Rwanda
41.Sao Tomé-et-Principe
42.Sénégal
43.Seychelles
44.Sierra Leone
45.Somalie
46.Soudan
47.Swaziland
48.Tanzanie
49.Tchad
50.Togo
68
Date de signature
09/01/95
14/10/94
14/10/94
14/10/94
12/10/95
14/10/94
14/10/94
14/10/94
14/10/94
14/10/95
14/10/94
15/10/94
16/10/94
15/10/94
14/10/94
14/10/94
15/10/94
15/10/94
14/10/94
17/01/95
15/10/95
15/10/94
17/03/95
14/10/94
28/09/95
24/10/94
14/10/94
31/10/94
21/11/94
14/10/94
22/06/95
04/10/95
14/10/94
14/10/94
11/11/94
Date de ratification
30/09/97
22/05/96
30/06/97
29/08/96
11/09/96
26/01/96
06/01/97
29/05/97
08/05/95
03/03/98
12/09/97
12/07/99
04/03/97
12/06/97
07/07/95
14/08/96
27/06/97
06/09/96*
11/06/96
27/12/96
23/06/97
27/06/97
27/10/95
24/06/97
12/09/95
02/03/98*
22/07/96
25/06/97
13/06/96
31/10/95
07/11/96
23/01/96
07/08/96
13/03/97
16/05/97
19/01/96
08/07/97
25/06/97
05/09/96
22/10/98
08/07/98
26/07/95
26/06/97
25/09/97
15/10/94
26/07/94
14/10/94
14/10/95
15/10/94
09/11/95
07/10/96
19/06/97
27/09/96
04/10/95**
14/10/94
15/10/94
14/10/94
14/10/94
15/10/94
14/10/94
15/10/94
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Pays
51.Tunisie
52.Zambie
53.Zimbabwe
Date de signature
14/10/94
15/10/94
15/10/94
Date de ratification
11/10/95
19/09/96
23/09/97
Source: http://www.unccd.int/covention/ratif/doeif.ph
(*)
ADHESION
(**)
ACCEPTATION
69
UNEP/(ROA)/WSSD/1/4
Tableau 9: Priorités proposées par les réunions sous-régionales africaines pour le Sommet mondial du développement durable1.
UMA
1. Eau
IGAD/COMESA
1. Pauvreté
CEEAC
1. Biodiversité
2.
Désertification
2.
Gestion des ressources
naturelles
2.
Dégradation des sols
2.
Paix ,sécurité et stabilité
3.
Pollution maritime et
industrielle
3.
Financement du developpement durable
Financement du
developpement durable
Ecosystèmes côtiers et
marins
3.
3.
4.
Santé
4.
Conflits
5.
Déchets
5.
Commerce international
6.
6.
Mobilisation des
ressources
Gouvernance internationale de
l’environnement
7.
Securité alimentaire
7.
Pauvreté
8.
Energie
8.
Santé
9.
Changements climatiques
4.
Pauvreté
4.
5.
CEDEAO/CILSS
Edification des capacités
Intégration régionale
6.
Gouvernance
7.
Governance de
l’environnement international
SADC
1. Pauvreté
10. Biodiversité
11. Eau
12. Dégradation des sols et désertification
13. Gestion marine et côtière
14. Accès aux marchés
15. Edification des apacités et transfert de
technologie
----1
Les réunions se sont tenues comme suit : UMA (5-7 septembre, Tunis); IGAD/COMESA (10-12 septembre, Nairobi); SADC (17-19 septembre, Maurice);
CEEAC (17-19 septembre, Libreville); et CEDEAO/CILSS (1er-3 octobre, Abidjan). La liste des priorités n'est pas présentée par ordre hiérarchique.
70