Etude des atteintes de la sarcoÏdose
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Etude des atteintes de la sarcoÏdose
R.I.S.M.S Etude des atteintes de la sarcoÏdose 24-08-2006 1 LA SARCOÕDOSE MALADIE DE BESNIER-BOECK-SCHAUMANN Sources: Yves Martinet, Kamal Abou-Hamdan 1.1 Définition La sarcoïdose est une maladie, « un syndrome », d'étiologie inconnue, caractérisée par l'atteinte de plusieurs organes avec présence de granulomes sarcoïdosiques. - « maladie-syndrome » : en l'absence d'étiologie spécifique connue et compte-tenu de la multiplicité des formes cliniques, il s'agit plus d'un syndrome que d'une maladie au sens classique du terme, - « d'étiologie inconnue » : aucune cause n'est connue, la bérylliose est un diagnostic différentiel, - « atteinte de plusieurs organes » : il s'agit d'opposer la sarcoïdose à la « réaction sarcoïdosique » focale qui peut être satellite d'un néoplasme par exemple, - « le granulome sarcoïdosique » (ou follicule tuberculoïde) constitue la signature histologique de la maladie ; il est constitué de cellules épithélioïdes dérivées des macrophages et une ou plusieurs cellules géantes multi-nucléées (avec noyau en fer à cheval ou en couronne) entourées d'une couronne de lymphocytes. Il n'existe pas de nécrose caséeuse acidophile à la différence du follicule tuberculeux. Ce granulome tuberculoïde n'appartient pas en exclusivité à la sarcoïdose ; on l'observe aussi au cours des pneumopathies d'hypersensibilité, de la cirrhose biliaire primitive, de la maladie de http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S Hansen, de la brucellose ... Par contre, la diffusion de ces granulomes à de nombreux organes et l'aspect clinique et évolutif lié à l'atteinte de chacun de ces organes sont évocateurs. La sarcoïdose est une maladie assez fréquente, d'évolution le plus souvent bénigne, ce qui contraste avec l'importance habituelle de la diffusion des lésions. C'est une affection ubiquitaire, quelques fois familiale (3 % des cas), plus particulièrement sévère chez les sujets de peau noire et les métis des caraïbes et chez les femmes. L'âge préférentiel de début est entre 20 et 35 ans mais des observations avant 10 ans et après 50 ans peuvent se voir. A signaler que cette affection est plus fréquente chez les non-fumeurs. 1.2 Tableau clinique II.1. Mode de début Environ 50 % des cas de sarcoïdose sont découverts à la suite d'un cliché thoracique systématique. Les signes cliniques d'appel sont, par ordre de fréquence décroissante : les signes thoraciques, les signes cutanés (dont l'érythème noueux), les signes oculaires, puis les autres. Enfin, une sarcoïdose peut être, parfois, diagnostiquée au décours d'un bilan pour fièvre ou baisse asymptomatique de l'état général. 1.3 Les atteintes thoraciques Il.2.1. Etude analytique des différentes manifestations thoraciques a. L'atteinte parenchymateuse pulmonaire Elle est présente dans environ 95 % des cas ; elle est caractérisée par différents signes : - signes cliniques : habituellement négligeables, dans certains cas, il s'agit d'une dyspnée constante chronique d'aggravation progressive pouvant s'accompagner d'une toux sèche. Les râles crépitants sont rares,signes radiologiques : sur le cliché thoracique, les plages parenchymateuses sont d'aspect normal dans 40 % des cas (même s'il existe des lésions histologiques) ; dans http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S 50% de cas, il existe un syndrome interstitiel de type nodulaire ou réticulo-nodulaire réparti en ailes de papillons (c'est à dire épargnant les sommets et les bases), de gravité variable ; enfin dans 10 % des cas, il existe des signes radiographiques traduisant une rétraction parenchymateuse sévère, en particulier des sommets, avec présence de travées épaisses et aspect en rayon de miel du parenchyme avec lésions emphysémateuses importantes. En TDM haute résolution, l'analyse des coupes fines permet de retrouver : - - atteinte nodulaire ou réticulonodulaire peu discriminante, mais prédominant dans les régions supérieures et postérieures, - - atteinte micronodulaire, le long des axes bronchovasculaires avec épaississements irréguliers moins marqués que dans la lymphangite carcinomateuse, - - atteinte micro-nodulaire sous-pleurale discriminante si elle est associée aux autres signes, notamment les adénomégalies médiastinales, - - atteinte septale et images en verre dépoli se rencontrent souvent, et sont peu http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S spécifiques, - - au stade de fibrose, il existe des lésions disséminées dans le parenchyme sans topographie élective, mais pouvant prédominer dans les régions corticales 3 associées à des distorsions parenchymateuses et scissurales, des bronchectasies ou des images en rayon de miel, voire des cavités. - signes fonctionnels : l’EFR est souvent normale en dépit d'un aspect radiologique parfois important ; sinon, il s'agit principalement d'un syndrome restrictif avec altération des capacités de transfert, - signes anatomopathologiques : en plus des granulomes tuberculoïdes toujours présents surtout dans les septa interalvéolaires, il peut apparaître, dans certains cas, des lésions histologiques de fibrose pouvant aller vers la destruction progressive du parenchyme. Le lavage broncho-alvéolaire permet de caractériser l'inflammation parenchymateuse, appelée alvéolite, et définie par une augmentation du nombre total de cellules recueillies, une modification de la formule cellulaire avec lymphocytes représentant 15 à 50 % (jusqu'à 80 % dans les formes aiguës fébriles telles que le syndrome de Löfgren) des cellules inflammatoires (valeur http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S normale < 10 %), essentiellement des lymphocytes T helper (CD4) et, de ce fait, le rapport CD4/CD8 est augmenté. 1.4 L'atteinte ganglionnaire Elle est caractérisée par des adénomégalies médiastinales asymptomatiques, hilaires, volumineuses, bilatérales, symétriques, polycycliques en « oreille d'ours » ; d'autres localisations sont classiques : intertrachéobronchique et latéro-trachéale droite. Après de nombreuses années d'évolution, elles peuvent se calcifier en « coquille d'oeuf ». La TDM confirme ces caractéristiques. Les ganglions sont le siège de nombreux granulomes sarcoïdosiques. 1.5 L'atteinte pleurale Elle est rare, possibilité de pleurésie séro-fibrineuse, ou de pneumothorax spontané. d. L'atteinte bronchique Elle est très fréquente bien que presque toujours asymptomatique. La présence de follicules sarcoïdosiques dans les zones peribronchiolaires est très importante et, de ce fait, les biopsies d'éperons bronchiques, au cours d'une fibroscopie bronchique, permettent souvent de porter le diagnostic de sarcoïdose. II.2.2. Les différents tableaux d'atteinte thoracique Le pronostic fonctionnel et vital de la sarcoïdose est habituellement lié à l'atteinte pulmonaire parenchymateuse et plus particulièrement au développement d'une fibrose à ce niveau. Deux éléments sont fondamentaux pour suivre l'évolution d'une sarcoïdose : la radiographie et l’EFR avec mesure du TCO. 4 Il faut préciser que des lésions radiographiques importantes peuvent coexister avec une EFR normale. De ce fait, l'étude de la fonction respiratoire est plus importante pour suivre et éventuellement traiter un patient. D'autre part, il n'existe pas de signe radiographique spécifique traduisant la fibrose pulmonaire [à l'exception des 10 % de cas environ (stade III) où le cliché montre des altérations parenchymateuses très importantes]. Environ 80 % des sarcoïdoses guérissent spontanément. On décrit classiquement quatre stades pathologiques radiologiques ; ce sont des formes de gravité croissante définie selon l'aspect de la radiographie thoracique simple (et non de la TDM) ; si certaines sarcoïdoses peuvent suivre l'évolution de ces stades et régresser spontanément ou non dans le sens inverse, ce n'est pas le cas de toutes les sarcoïdoses : - (stade 0) cliché thoracique normal, - stade I : - ≈ 40 % des cas - adénopathies hilaires bilatérales, - parenchyme pulmonaire d'aspect radiographique normal (c'est-à -dire que http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S la présence des lésions histologiques ne se traduit pas par une modification de l'aspect radiographique), - EFR normale, - les lésions parenchymateuses de type fibreux sont infimes, - 90 % de guérison spontanée. - stades II et III : - ≈ 50 % des cas, - syndrome interstitiel en aile de papillons avec (stade II) ou sans adénopathies hilaires (stade III), - l’EFR peut être normale (même en présence de lésions radiologiques souvent impressionnantes) ou pathologique, - les lésions histologiques de type fibreux peuvent être infimes ou au contraire assez importantes, - 60 % de guérison spontanée. - stade IV : - ≈ 10 % des cas, - lésions radiographiques traduisant des alterations parenchymateuses majeures, http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S - EFR perturbée avec insuffisance respiratoire chronique plus ou moins sévère, - les lésions histologiques de type fibreux sont importantes, - environ 2 à 3 % de décès sur l'ensemble des sarcoïdoses. L'utilisation du terme type est préférable à celle de stade. 1.6 En conclusion, l'important est : 5 1. de confirmer le diagnostic. Pour cela, il importe d'observer des follicules tuberculoïdes sur un prélèvement de bronche (endoscopie bronchique avec biopsies d'éperons), de parenchyme pulmonaire (biopsies transbronchiques perfibroscopiques, biopsie pulmonaire sous thoracoscopie ou chirurgicale), de ganglion (médiastinobiopsie) ; les données fournies par le LBA permettent une orientation mais ne peuvent être suffisantes (c'est-à -dire rendre l'indication d'un prélèvement histologique superflu) que si l'ensemble des données concourent, sans le moindre doute, au diagnostic, 2. d'apprécier l'importance du retentissement fonctionnel et éventuellement de démasquer un déficit minime par une épreuve d'effort. II.3. Les atteintes extra-thoraciques II.3.1. Cutanées : ≈ 15 à 35 % des cas Les localisations cutanées : - permettent souvent de porter le diagnostic quant elles existent, - ne mettent jamais en jeu le pronostic vital, - par contre, le préjudice esthétique peut être très important (importance de la localisation préférentielle au visage des lésions). Elles sont très variées : - aspects spécifiques : http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S - sarcoïdose infiltrative : lupus pernio, infiltration cutanée à contours mal tracés, sur le nez, les pommettes, les oreilles, le thorax .... indolore, bleuâtre, molle - - sarcoïdose nodulaire : nodules de taille variable (grain de plomb à une noisette), indolores, violacés - nombreux autres aspects du domaine du spécialiste - aspects non spécifiques : c'est principalement l'érythème noueux qui entre le plus souvent dans le cadre d'un syndrome de Löfgren : adénopathies hilaires bilatérales + érythème noueux ± poly-arthralgies + fièvre + syndrome inflammatoire biologique ; évolution habituellement bénigne en quelques mois 1.7 Ophtalmologiques : ≈ 25 % des cas Elles sont de différents types : - localisations oculaires externes : lésions de type dermatologique des paupières ; kératoconjonctivite sèche par atteinte des glandes lacrimales (exceptionnellement syndrome sec oculo-salivaire), http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S 6 1.8 localisations endoculaires : - atteinte de l'uvée uvée antérieure: irido-cyclite chronique avec risque de cataracte ou de glaucome secondaire ; irido-cyclite nodulaire de mauvais pronostic uvée postérieure : chorio-rétinite en tache de bougie, évolution variable - atteinte du nerf optique : peut aboutir à la cécité. Le diagnostic est du domaine du spécialiste ; l'évolution peut être banale ou dramatique. L'uvéite postérieure peut être particulièrement sévère. 1.9 Ganglionnaires périphériques : ≈ 30 % des cas Sont atteints par ordre de fréquence décroissante : les chaînes cervicales (sus-claviculaires), axillaires, sus-épitrochléennes, inguinales. Les adénopathies sont froides, indolores, mobiles. Le pronostic est toujours bon, leur biopsie permet de porter le diagnostic. 1.10 Spléniques : ≈ 10 % des cas Une splénomégalie est cliniquement décelée dans 10 % des cas mais il existe des anomalies dans 50 % des cas à l'artériographie splénique. Splénomégalie habituellement modérée, elle s'accompagne exceptionnellement d'un hypersplénisme. http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S 1.11 Hépatiques : Une hépatomégalie est présente cliniquement dans 20 % des cas, elle est habituellement modérée. La biopsie faite systématiquement montre des lésions spécifiques dans environ 60 à 90 % des cas (intérêt éventuel pour le diagnostic positif de sarcoïdose). Les signes biologiques sont très modérés, l'évolution est presque toujours satisfaisante. 1.12 Salivaires : ≈ 8 % des cas Parotidite subaiguë bilatérale, indolore de volume modéré avec dans un cas sur deux, sensation de sécheresse de la bouche. Sont associées ou non : une atteinte des glandes sous-maxillaires, des glandes lacrimales et éventuellement une uvéite antérieure (syndrome de Mikulicz : parotidite + atteinte oculaire sèche avec hypertrophie des glandes lacrymales). 7 Evolution le plus souvent résolutive. Intérêt pour le diagnostic de la biopsie systématique des glandes salivaires accessoires de la lèvre inférieure qui est positive dans environ 40 % des cas (même en l'absence de signe clinique). 1.13 Nerveuses : environ 4 % des cas - les atteintes périphériques : - les nerfs crâniens : la paralysie du VII est la plus fréquente, de type périphérique, bilatérale dans 1/3 des cas, (PF + uvéite ± parotidite = syndrome d'Heerfordt). Autres localisations : Il, IX, X, V, ... - les autres atteintes de type mononévrite ou polynévrite sont rares et ne sont http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S pas spécifiques - les atteintes centrales - possibilité d'infiltrat ou de masse pseudo-tumorale des méninges, du cerveau ou de la moelle épinière avec symptomatologie en rapport avec la localisation, - la méningite lymphocytaire sarcoïdienne : accompagne ces lésions. 1.14 Articulaires : environ 8 % des cas Il peut s'agir d'arthralgies des grosses articulations, symétriques, d'intensité modérée, volontiers migratrices. Elles sont souvent contemporaines du début de la maladie et régressent rapidement sans traitement. Les polyarthrites aiguës : atteignent les chevilles, les genoux, évoquent un RAA (la mobilité en moins) ; leur évolution est presque toujours satisfaisante. D'autres types sont à citer : mono-arthrite, tendinite, ... 1.15 Rénales La néphropathie la plus fréquente est celle en rapport avec l'hypercalcémie et l'hypercalciurie : néphrocalcinose, calculs urinaires. En cas de P.B.R. systématique, il existe des lésions sarcoïdosiques chez - 30 % des patients, habituellement sans retentissement fonctionnel. 1.16 Cardiaques - lésions spécifiques dans 20-30 % des cas d'autopsie, http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S - manifestations pathologiques exceptionnelles : troubles du rythme et de la conduction (quelques cas de mort subite), insuffisance cardiaque. 8 [modifier] 1.17 Musculaires Environ 50 % des cas présentent des lésions spécifiques musculaires. Les troubles fonctionnels sont exceptionnels : formes nodulaires, myosite, myopathie chronique. 1.18 Osseuses : environ 3 % des cas - le plus souvent asymptomatiques, - lacunes à l'emporte pièce, arrondies, bien limitées, sans réaction périostée, aspect parfois grillagé, - localisations : métacarpes, phalanges (Perthes Jungling), métatarses, os du nez, … 1.19 Endocriniennes Diabète insipide 0,5 % des cas (par infiltration hypophyso-hypothalamique) ± autres signes de déficit hypophysaire (obésité, somnolence, aménorrhée ...), diabète insipide souvent aggravé par les corticoïdes. Sont parfois atteints : thyroïdes, parathyroïdes. Possibilité de localisations testiculaires et ovariennes. http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S 1.20 Autres localisations - Aériennes supérieures : muqueuse nasale, nasopharynx, amygdales, - digestives : oesophage, estomac, grêle, péritoine, … II.4. Les manifestations humorales La VS est accélérée dans les formes aiguës. La NF est normale hormis une éosinophilie modérée dans 20 % des cas. Hypercalcémie : dans 10 % des cas, habituellement modérée, liée à une absorption intestinale de calcium élevée associée, ou non, à une résorption osseuse accrue. Les taux du phosphore et des phosphatases alcalines sont normaux. Hypercalciurie : dans 40 % des cas ; elle est liée aux mêmes mécanismes que l'hypercalcémie ; elle est responsable dans certains cas de lésions rénales. Hyperuricémie : dans 20 % des cas, manifestations de goutte exceptionnelles. Augmentation du taux circulant de l'enzyme de conversion de l'angiotensine : élévation non spécifique de la sarcoïdose qui reflète la masse des granulomes, donc intérêt éventuel dans le suivi des patients. 9 1.21 Les désordres immunitaires Les tests tuberculiniques sont négatifs dans 75 % des cas ; ceci a une valeur d'orientation diagnostique surtout si le test était connu comme positif auparavant. Cette négativation traduit une altération fonctionnelle des lymphocytes T. Lymphopénie T relative avec chute des CD4 circulants, et rapport CD4/CD8 légèrement abaissé. Augmentation du taux circulant des immunoglobulines dans 75 % des cas et plus particulièrement des IgG et IgM. Test de Kveim : c'est une IDR effectuée avec du broyat d'adénopathie ou de rate sarcoïdosique, dont la lecture est histologique et se fait environ 40 jours après l'injection ; le test est positif si on retrouve des lésions folliculaires sarcoïdosiques au niveau de la biopsie. Il existe de nombreux faux négatifs et faux positifs (maladie de Crohn, hépatite granulomateuse ...) et ce test n'est jamais pratiqué. 1.22 Les formes cliniques L'évolution est mortelle dans environ 2-3 % des cas avec coeur pulmonaire chronique et insuffisance respiratoire chronique, possibilité d'hémoptysie sur greffe aspergillaire au niveau de cavités sarcoïdosiques dans les formes sévères. Symptomatique : les formes fébriles représentent environ 10 % des sarcoïdoses ; le plus souvent, il s'agit d'une atteinte de type Löfgren ; dans quelques cas, elle traduit une atteinte multiviscérale d'évolution rapide et grave. Selon le terrain : http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S - enfant: la fréquence semble plus importante que classiquement admis, - femme enceinte : effet bénéfique temporaire de la grossesse, - sujet de peau noire et métis des caraïbes : fréquence des formes graves avec notamment atteinte oculaire et nerveuse. 1.23 Diagnostic= - diagnostic positif Peut être porté grâce aux manifestations cliniques les plus importantes lorsqu'elles sont caractéristiques ; souvent, c'est leur association qui est très évocatrice. Au moindre doute, on conforte le diagnostic par la recherche de follicules sarcoïdosiques sur biopsie : de peau, de ganglion périphérique, de glandes salivaires accessoires, d'éperon bronchique, de parenchyme pulmonaire ou de ganglion médiastinal voire de foie. Le LBA ne permet qu'une orientation diagnostique. La 10 scintigraphie au gallium n'est plus utilisée car coûteuse et non spécifique. Le dosage de l’ECA permet seulement une orientation car non spécifique. - diagnostic différentiel des formes thoraciques Les adénopathies hilaires sont habituellement très caractéristiques. Lorsqu'elles sont asymétriques, le diagnostic différentiel se fera principalement chez le sujet jeune avec une maladie de Hodgkin, un lymphome malin non hodgkinien ou une primo-infection tuberculeuse. L'atteinte parenchymateuse pulmonaire est rarement caractéristique en soi. C'est l'association avec des adénopathies qui est évocatrice. D'autres affections peuvent être discutées : - silicose : association d'un syndrome interstitiel nodulaire avec adénopathies hilaires. Importance de l'interrogatoire, http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S - pneumopathies à précipitines : syndrome interstitiel habituellement sans adénopathies hilaires. Importance de l'interrogatoire et de la recherche de précipitines éventuelles, - granulomatose à cellules de Langerhans, - lymphangite carcinomateuse, - tuberculose : miliaire BK assez rare. Rechercher une bérylliose dont la clinique est très proche de celle d'une sarcoïdose thoracique. Notion d'exposition professionnelle (extraction et traitement du minerai, industries aérospatiales, nucléaire, horlogerie, prothèses dentaires, ...). Ne pas oublier la possibilité de formes familiales. A signaler quelques petites épidémies de syndrome de Löfgren. - diagnostic de sévérité - thoracique : celui-ci repose essentiellement sur l'EFR et surtout sur l'évolution dans le temps de ses valeurs. Il n'existe pas, à ce jour, d'examen ayant une valeur prédictive de l'évolution. Parfois, les termes de sarcoïdoses « actives » ou « inactives » sont employés. Une sarcoïdose est active dans la mesure où le processus inflammatoire se poursuit, en particulier au niveau du parenchyme pulmonaire. Toutefois, ni la formule cellulaire du lavage (qui traduit l'alvéolite inflammatoire locale), ni la scintigraphie au gallium, ni les dosages sanguins de l'enzyme de conversion de l'angiotensine, par exemple, ne permettent de prédire si cette inflammation se traduira, dans les mois suivants, par un retentissement fonctionnel quelconque, o extra-thoracique : certaines localisations ont des conséquences qui peuvent être dramatiques, en particulier celles au niveau de l’oeil et du système nerveux. 1.24 Physiopathologie 11 Les hypothèses actuelles suggèrent, qu'à la suite de la présentation (par voie aérienne et/ou sanguine) d'un antigène de nature inconnue, se développe une hyperstimulation immunitaire. http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13 R.I.S.M.S L'étape initiale consiste en l'activation locale au niveau des alvéoles de deux populations cellulaires : les lymphocytes T auxiliaires et les macrophages. Les lymphocytes T activés produisent des taux élevés d'interleukine-2 (IL-2) débouchant sur une amplification de l'inflammation du fait des effets mitogènes de l’IL-2 sur les lymphocytes T. Les lymphocytes T libèrent une activité chimiotactique pour les monocytes sanguins, qui se traduit par leur recrutement. Ces derniers se transforment localement sous l'action de l'interféron-γ produit par les lymphocytes T et sécrètent de l'interleukine-1 qui active les lymphocytes T. La coactivation de ces cellules aboutit à la libération d'autres cytokines et à la constitution de granulomes au niveau du tissu interstitiel pulmonaire et des septums alvéolaires. Les signes généraux parfois observés au cours de la sarcoïdose peuvent être secondaires à la sécrétion de certaines cytokines dont les interleukines-1 et -6. 1.25 Traitement Le traitement principal est la corticothérapie (principalement par voie générale, mais aussi parfois locale (en dermatologie et ophtalmologie) avec ses contre-indications et ses risques, à la dose initiale d'environ 0,5 (et parfois 1 mg) kg/j, pendant six semaines puis avec diminution progressive des doses par palliers jusqu'à l'arrêt définitif ou bien le maintien d'une dose d'entretien qui permet d'éviter une nouvelle poussée évolutive et ses conséquences fonctionnelles (environ 5 à 20 mg tous les deux jours). Compte-tenu de l'évolution spontanément souvent bénigne de la maladie : la majorité des patients est seulement surveillée régulièrement. Parmi les formes thoraciques, il faut traiter d'emblée les stades IV et les stades II et III avec troubles fonctionnels nets ; il ne faut pas traiter les stades I ; le problème principal est celui des formes de stade II sans déficit fonctionnel qui méritent une surveillance fonctionnelle particulièrement régulière. Les autres indications de traitement sont : formes neurologiques, certaines formes ophtalmologiques, les formes spléniques rares avec hypersplénisme, les formes avec hypercalciurie grave et atteinte rénale (éviter, d'autre part, les expositions prolongées au soleil), certaines formes dermatologiques si le préjudice esthétique est important. http://risms.medicalistes.org/joomla Propulsé par Joomla! Généré: 15 February, 2017, 09:13