EUROPA - MARCHES POUR LA TRANSMISSION D`ENTREPRISE

Transcription

EUROPA - MARCHES POUR LA TRANSMISSION D`ENTREPRISE
ENTREPRISES ET INDUSTRIE
MARCHÉS POUR
LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE
FAVORISER LES BOURSES D’OPPORTUNITES POUR
LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE EN EUROPE
Rapport du groupe d’experts
COMMISSION EUROPÉENNE
COMMISSION EUROPÉENNE
DIRECTION GÉNÉRALE ENTREPRISES ET INDUSTRIE
Promotion de la compétitivité des PME
Entreprenariat
RAPPORT DU GROUPE D’EXPERTS
MARCHES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE
FAVORISER LES BOURSES D’OPPORTUNITES
POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE EN EUROPE
Mai 2006
`
Avertissement
Le présent projet a été réalisé conjointement avec des experts nationaux désignés par les
autorités nationales des États membres de l’UE, des pays candidats à l’adhésion et en
voie d’adhésion et des pays de l’AELE/EEE au titre du programme pluriannuel pour les
entreprises et l’esprit d’entreprise.
Bien que les travaux aient été encadrés par des fonctionnaires de la Commission, les
vues exprimées dans le présent document n’engagent pas cette dernière.
La reproduction du présent rapport est autorisée moyennant mention de la source.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à la
Commission européenne
Direction générale Entreprises et industrie
Unité E.1.
B-1049 Bruxelles, Belgique
Fax: + 32.2.29.66 27 8
E-mail: Entr-Business/[email protected]
http://europa.eu.int/comm/enterprise/entrepreneurship/support_measures/index.htm
Informations sur d’autres projets
Des informations sur d’autres projets réalisés conjointement par la Commission
européenne et les administrations nationales, et portant sur la promotion de l’esprit
d’entreprise et sur l’amélioration des mesures de soutien aux entreprises, peuvent être
trouvées à l’adresse suivante:
http://europa.eu.int/comm/enterprise/entrepreneurship/index.htm.
2
TABLE DES MATIÈRES
RESUME .............................................................................................................................5
1
2
3
4
INTRODUCTION .......................................................................................................9
1.1
Justification du projet et structure du rapport....................................................9
1.2
Méthodologie du présent projet et travaux accomplis antérieurement
au niveau européen ..........................................................................................11
LA NATURE ECONOMIQUE PARTICULIERE DES TRANSMISSIONS
D'ENTREPRISES......................................................................................................14
2.1
Appariement des préférences...........................................................................15
2.2
Mise en confiance............................................................................................16
2.3
Problèmes émotionnels et psychologiques ......................................................17
2.4
Problèmes techniques ......................................................................................17
PLATEFORMES PUBLIQUES OU QUASI PUBLIQUES POUR LA
TRANSMISSION D’ENTREPRISE.........................................................................19
3.1
Aperçu général.................................................................................................19
3.2
OvernameMarkt (Flandre) et SOWACCESS (Région wallonne) ...................29
3.3
Nexxt-Change (Allemagne).............................................................................35
3.4
Passer le relais (France)...................................................................................37
3.5
Borsa delle Imprese (Italie) .............................................................................42
3.6
Bourse d’entreprises (Luxembourg)................................................................46
3.7
Ondernemingsbeurs (Pays-Bas) ......................................................................49
3.8
Nachfolgebörse (Autriche) ..............................................................................51
3.9
Yrittajat (Finlande) ..........................................................................................56
CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES MARCHES POUR LA
TRANSMISSION D’ENTREPRISE.........................................................................59
4.1
Masse critique, marchés intégrés et financement ............................................59
4.2
Un organisme hébergeur impartial ..................................................................60
4.3
Sensibilisation, publicité et visibilité...............................................................61
4.4
Informations fournies/Possibilités de recherche/Structure de la base
de données .......................................................................................................62
4.5
Protection de l’anonymat et organisation de contacts .....................................63
4.6
Aspects techniques (appariement, durée, qualité) ...........................................63
4.7
Importance de l’intermédiation et d’autres services........................................64
3
4.8
La solution du portail Internet .........................................................................64
APERÇU: CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES BASES DE
DONNEES
DES
MARCHES
POUR
LA
TRANSMISSION
D’ENTREPRISE .......................................................................................................66
ANNEXE I: LA SITUATION DANS D’AUTRES PAYS PARTICIPANT AU
PROJET.....................................................................................................................67
Bulgarie .....................................................................................................................67
République tchèque ...................................................................................................69
Grèce .........................................................................................................................72
Espagne......................................................................................................................75
Hongrie ......................................................................................................................77
Pologne ......................................................................................................................79
Roumanie...................................................................................................................82
Slovénie .....................................................................................................................84
Suède .........................................................................................................................87
Turquie ......................................................................................................................90
Royaume-Uni ............................................................................................................92
ANNEXE II: MEMBRES DU GROUPE D’EXPERTS ...................................................95
4
RESUME
Au cours des dix années à venir, un tiers des chefs d’entreprise européens
quitteront leurs fonctions, même si certains d’entre eux créeront une autre
entreprise. Selon les estimations, jusqu’à 690 000 entreprises, pour la plupart des
PME, représentant 2,8 millions d’emplois, devront être transmises à un nouveau
propriétaire chaque année. Si la transmission d’entreprise au sein d’une famille
reste le cas le plus fréquent, le nombre de transmissions à des tiers va croissant.
Il est dès lors de plus en plus important de faciliter la mise en relation d’acheteurs
et de vendeurs potentiels et de contribuer ainsi à la réussite de la transmission
d’entreprise en Europe.
Les outils existants ne semblent pas tous avoir le même degré d’efficacité lorsqu’il
s’agit de rapprocher des acheteurs et des vendeurs potentiels, surtout dans le cas
des petites entreprises. La question se pose dès lors de savoir quels sont les aspects
qui conditionnent le plus l’efficacité d'un marché des transmissions d'entreprises.
Afin d’identifier les facteurs de réussite de l’organisation des marchés de
transmission d’entreprises, les États membres de l’UE et d’autres pays
participant au programme pluriannuel pour l’entreprise et l’esprit d’entreprise ont
mis en place un groupe d’experts chargé d’analyser les marchés (bases de données)
existants et de formuler des conclusions quant à la meilleure façon de les organiser.
Les travaux des experts se sont appuyés sur une longue série d’initiatives
européennes visant à améliorer le contexte des transmissions d’entreprises, y
compris la recommandation de la Commission de 1994, le projet BEST 2000/2002
et la récente communication de la Commission intitulée «Transmission des petites
et moyennes entreprises – La continuité grâce à un nouveau départ»1.
La plupart des entreprises sont uniques d’une manière ou d’une autre. Même si
l’on ne considère que les caractéristiques les plus évidentes d’une entreprise, c’està-dire son secteur et sa taille, il peut être difficile de permettre à un acheteur
potentiel et un vendeur potentiel d’entrer en contact dans la même zone
géographique et au même moment, d’autant que la plupart des personnes
intéressées par une carrière de chef d’entreprise préfèrent créer leur propre affaire
plutôt que de reprendre une entreprise existante. Dans les bases de données, il
existe fréquemment un déséquilibre entre l’offre et la demande de transmissions
(les deux tiers des annonces étant des offres et un tiers seulement, des demandes).
Le propriétaire2 connaît bien mieux que le repreneur potentiel les points forts et les
points faibles de son entreprise. Lorsqu’il négocie les conditions de la
1
Pour les références détaillées, voir chapitre 1.2. L’ensemble des documents figurent sur le site
Internet de la Commission, à l’adresse suivante:
http://europa.eu.int/comm/enterprise/entrepreneurship/support_measures/transfer_business/index.htm
.
2
Dans le présent document, les termes tels que «le chef d’entreprise», «le propriétaire» ou «le
repreneur» désignent indifféremment des personnes des deux sexes.
5
transmission, il a intérêt à exagérer les aspects positifs et à minimiser les
problèmes. Sachant cela, le repreneur risque de ne pas faire confiance aux
informations que lui fournira le propriétaire. L’instauration de la confiance entre
acheteurs et vendeurs potentiels conditionne donc de manière fondamentale la
réussite des marchés de transmission d’entreprise. À cet effet, il est essentiel que
les acteurs concernés puissent faire confiance aux intermédiaires et aux
organismes qui hébergent les bases de données.
Les transmissions d’entreprises comportent de nombreux aspects techniques et
juridiques complexes sur lesquels les acheteurs comme les vendeurs ont besoin
d’informations et de conseils, surtout lorsqu’il s’agit de petites entreprises. Enfin,
la cession d’une entreprise constitue normalement un processus caractérisé par un
transfert de responsabilités, d’autorité et d’informations. Ce processus peut être
soutenu par des programmes de tutorat. Pour que le succès soit au rendez-vous, il
importe que les marchés et les organismes qui les gèrent ne se limitent pas à un
simple service de recherche.
Le présent rapport décrit neuf bases de données et bourses d’entreprises qui sont
proposées par des organismes publics ou quasi publics en Belgique
(OvernameMarkt en Flandre et Sowaccess en Région wallonne), en Allemagne
(Nexxt-Change), en France (Passer le relais), en Italie (Borsa delle Imprese), au
Luxembourg (Bourse d’entreprises), aux Pays-Bas (Ondernemingsbeurs), en
Autriche (Nachfolgebörse) et en Finlande (Yrittajat).
La plupart de ces bases de données n’existent que depuis trois ans environ.
Aujourd’hui, elles contiennent déjà les noms de plus de 11 000 sociétés
susceptibles d’être transmises, ce qui correspond à quelque 7 % des entreprises
susceptibles de faire l’objet d’un changement de propriétaire chaque année (et, en
moyenne, à 0,2 % environ des sociétés d’un pays). Selon les estimations, une
entreprise sur quatre figurant dans les bases de données trouve un repreneur
chaque année (ce qui représente un taux de réussite de l’ordre de 25 %; il existe
cependant peu d’éléments pour corroborer cette estimation car plusieurs opérateurs
ne procèdent à aucun suivi des entreprises, une fois qu’elles ont quitté leur base de
données). La plupart des plateformes sont nationales; dans le cas de l’Italie, elles
sont organisées sur une base régionale. À l’heure actuelle, il n’existe pas de base
de données européenne ou transfrontalière.
Les bases de données publiques peuvent être consultées par toute personne
disposant d’un accès Internet standard. Toutefois, les modalités et les restrictions
applicables au placement d’une annonce varient. Dans certains cas, il n’existe
aucune restriction, dans d’autres, l’organisme qui gère la base de données
procédera à un contrôle préalable et, dans d’autres encore, seuls les intermédiaires
(banques, consultants, etc.) seront autorisés à introduire une entrée dans la base de
données.
Les bases de données publiques/quasi publiques ne perçoivent que des redevances
modérées, voire aucune redevance. Les acheteurs et les vendeurs demeurent
anonymes; les contacts sont établis par les intermédiaires/partenaires de réseau ou
6
à l’aide de numéros de boîtes anonymes. En général, aucune procédure
d’appariement n’est prévue. Les options de recherche sont assez similaires dans
tous les cas, c’est-à-dire que toutes les bases de données peuvent être interrogées
selon les critères du secteur économique et de la région et, dans certains cas, de la
taille des entreprises.
Compte tenu des caractéristiques particulières de la transmission d’entreprise et
des caractéristiques des bases de données existantes, les experts ont défini un
certain nombre de caractéristiques que devraient présenter les bourses
d’entreprises:
•
Il semble important que les bases de données nationales ne soient pas
fragmentées. S’il est impossible d’établir une base de données nationale
exhaustive, il convient d’envisager à tout le moins la mise en place d’un portail
national pour l’ensemble des bases existantes. Les bases de données et portails
nationaux devraient également comporter des liens vers des plateformes bien
établies dans d’autres pays.
•
La réussite d’une base de données sur les transmissions d’entreprises est
conditionnée de manière fondamentale par l’existence d’un organisme neutre
et fiable qui puisse l’héberger. Les chambres d’industrie et de commerce, les
chambres des métiers et les organismes de soutien aux entreprises apparaissent
comme des candidates naturelles à cette fonction, en particulier dans les pays
où l’affiliation à ces organismes est obligatoire.
•
Il importe de sensibiliser les utilisateurs potentiels à l’existence des bourses
d’entreprises. À cet effet, il convient de choisir un nom de domaine approprié,
de mettre en place des liens en provenance d’autres sites concernant le soutien
public aux entreprises, de lancer des campagnes de publicité et de
sensibilisation, et de diffuser des informations dans des contextes analogues
(séminaires organisés par les chambres de commerce ou les chambres des
métiers, par exemple).
•
Les repreneurs potentiels devraient, à tout le moins, pouvoir interroger la base
de données selon les critères suivants: secteur économique et profession,
situation géographique (région, voire ville) et taille (sur la base de classes
définies par le nombre de salariés et/ou le chiffre d’affaires). D’autres critères
de recherche utiles sont le prix (ou la fourchette de prix) et la date de
transmission envisagée.
•
L’anonymat revêt une importance capitale pour la plupart des cédants (et pour
certains repreneurs) potentiels. Des coordonnées précises ou des descriptions
dont pourrait être déduite l’identité d’une entreprise ne peuvent être publiées
qu’avec l’autorisation de la personne qui est à l’origine de l’annonce. Les
demandes de mise en contact pourraient être dirigées vers une boîte aux lettres
anonyme. La sécurité sera meilleure si les contacts sont organisés par
l’organisme qui héberge la base de données ou par des intermédiaires.
7
•
Il est souhaitable que l’organisme qui héberge la base de données veille à une
certaine qualité des entrées. Il conviendrait au minimum de vérifier
régulièrement si les annonces sont toujours d’actualité. Une assistance lors de
la rédaction des annonces peut également être utile dans bien des cas. Enfin, un
examen préalable des entreprises pourrait être envisagé avant l’introduction
d’une entrée dans la base de données.
•
Une bourse d’entreprises obtiendra de meilleurs résultats si elle ne se limite pas
à une base de données offrant un simple service de découverte. Parmi les
services supplémentaires qui pourraient utilement être proposés, il convient
de citer la fourniture d’informations sur les divers aspects de la transmission
d’entreprise, les services d’intermédiation au cours des négociations, ainsi que
le tutorat.
•
En vue d’adapter et d’améliorer les bourses d’entreprises et de justifier
l’utilisation des fonds publics destinés à les soutenir, il est souhaitable
d’assurer un suivi systématique des résultats obtenus (par exemple en
calculant un «taux de réussite») et des facteurs qui déterminent ces résultats.
8
1
1.1
INTRODUCTION
Justification du projet et structure du rapport
Au cours des dix années à venir, un tiers des chefs d’entreprise européens
prendront leur retraite. Selon les estimations, jusqu’à 690 000 entreprises,
pour la plupart des PME, représentant 2,8 millions d’emplois, seront
concernées chaque année 3.
Il n’existe pas de données complètes et comparables sur la transmission
d’entreprise pour l’ensemble des pays européens, mais les informations
disponibles dans les divers pays confirment les estimations relatives à l’UE
et laissent entrevoir un important potentiel de transmission d’entreprise4. En
Allemagne, quelque 700 000 entreprises devront trouver un repreneur au
cours des dix prochaines années5. En France, le chiffre correspondant est de
600 0006. En Italie, environ 42 % des chefs d’entreprise sont âgés de plus
50 ans, et quelque 7,5 % dépassent l’âge de 70 ans. Selon les estimations,
environ 50 000 transmissions d’entreprises devront être menées à bien
annuellement au cours des prochaines années7. Aux Pays-Bas, on s’attend à
la transmission d’environ 25 % des entreprises, ce qui correspond à
80 000 sociétés8. De même, 23 % des entreprises autrichiennes devraient
3
Ces chiffres ont été extrapolés des résultats publiés dans le rapport final du groupe d’experts sur la
transmission des petites et moyennes entreprises, mai 2002. Dans ce rapport, le potentiel annuel de
transmission était estimé à 610 000 entreprises pour EU-15. L’élargissement a entraîné un
accroissement d’environ 20 % du nombre de PME de l’Union européenne.
4
Dans le présent rapport, nous entendrons par transmission d’entreprise le transfert de la propriété
d’une entreprise à une autre personne ou entreprise, étant entendu que l’entreprise initiale poursuit
son activité. Dans le cas de la plupart des petites et moyennes entreprises (PME), et notamment des
entreprises individuelles, une transmission d’entreprise s’accompagne d’un transfert des fonctions de
direction. Dans le cas des sociétés anonymes, la situation est moins claire. Habituellement, si au
moins 51 % des parts d’une société anonyme non cotée en Bourse changent de mains, on parlera
également de transfert. Dans le cas des sociétés anonymes cotées en Bourse, un changement de
propriété d’actions ne sera pas considéré comme un transfert en raison de la distinction générale qui
est faite entre direction et propriété de ces sociétésUne succession est une transmission d’entreprise
au sein d’une famille, habituellement des parents aux enfants. Parmi les autres formes de
transmission, on peut citer le rachat par les cadres et la vente à un tiers. Le cédant est le propriétaire
en place qui transmet l’entreprise au repreneur.
5
Selon l’Institut für Mittelstandsforschung, le potentiel de transfert peut être estimé à
71 000 entreprises pour 2005. Le chiffre annuel devrait rester relativement stable au cours des
prochaines années.
6
Vilain (2004), La transmission des PME artisanales, commerciales, industrielles et de services, avis
et rapport du conseil économique et social.
7
Base de données Stock View/Infocamere (2005). Lorsqu’une entreprise italienne modifie son statut
juridique, les chambres de commerce l’enregistrent comme une nouvelle société. C’est la raison pour
laquelle les estimations du nombre de transmissions sont fondées sur la ventilation des chefs
d’entreprise par tranche d’âge.
8
Pays-Bas, ministère des affaires économiques, 2003.
9
faire l’objet d’un transfert de propriété au cours de la période 2004-20139.
En Suède, entre 45 000 et 50 000 entreprises occupant des salariés
connaîtront un changement de génération au cours des dix prochaines
années10. En Finlande, quelque 60 000 sociétés devront faire l’objet d’une
transmission pendant cette période. En Roumanie, environ 46 000 petites
entreprises (sur un total de 403 000) appartiennent à des personnes âgées de
plus de 55 ans. Au Royaume-Uni, il a été constaté qu’un tiers environ des
transmissions de PME risquaient d’échouer en raison de l’âge de leur
propriétaire11.
Les transmissions d’entreprises constituent des opérations complexes et
compliquées et peuvent se solder par des échecs, ce qui entraînera la perte
d’entreprises pourtant viables et des emplois qu’elles avaient créés. Il ne
s’agit pas de nier que, dans une économie innovante en pleine expansion,
certaines entreprises ne peuvent être transmises et qu’un certain taux de
décès d’entreprises anciennes et leur remplacement par des sociétés
nouvelles est inévitable. Pourtant, de nombreuses entreprises tombent en
faillite pendant la phase de transmission, non parce qu’elles ne sont pas
viables, mais parce que la transmission n’a pas été valablement préparée.
C’est le cas tout particulièrement des petites entreprises qui n’ont pas
forcément les moyens de faire appel à des consultants spécialisés. Ces
échecs détruisent du capital économique, tel que le savoir-faire spécialisé,
les contacts établis et d’autres formes d’actifs incorporels, et entraînent une
dévaluation d’actifs corporels qui ne font plus partie d’une entreprise en
activité. L’échec de transmissions d’entreprises se traduit par une perte
d’emplois et une réduction de la croissance économique. Surtout dans les
régions rurales ou périphériques, où l’économie est moins dynamique que
dans les régions centrales, ces échecs peuvent avoir un coût social important,
puisque les ressources qui étaient utilisées par les entreprises disparues ne
seront pas reprises par d’autres sociétés et que les salariés ne pourront pas
retrouver d’emplois comparables.
Par le passé, la transmission d’une entreprise au sein de la famille – des
parents aux enfants – était, sinon la règle, du moins le cas le plus fréquent. Si
ce type de transmission semble toujours plus fréquent que d’autres (tels que
le rachat par les cadres ou la vente à des tiers), le nombre de transmissions à
des tiers s’accroît. Il devient dès lors de plus en plus important de faciliter le
rapprochement d’acheteurs et de vendeurs potentiels et de soutenir le
transfert de propriété des petites entreprises dans les pays européens.
9
KMU FORSCHUNG Austria/Institut autrichien de recherche sur les PME.
10
Generationsskiften I företag – Problemanalys av vilka effekter förväntas av kommande
generationsskiften företag, février 2004. La «catégorie à risques» des entreprises qui doivent faire
l’objet d’une transmission correspond aux entreprises dont le propriétaire a 50 ans ou plus et possède
au moins 50 % d’une société occupant de 2 à 49 salariés.
11
UK Small business service (2004), Passing the baton – encouraging successful business transfer –
Evidence and key stakeholder opinion.
10
La prise de conscience croissante de l’importance que revêt la réussite des
transmissions d’entreprises pour l’économie a entraîné l’apparition, à tous
les niveaux de l’administration publique, d’un nombre croissant de services
de soutien visant à faciliter le processus de transmission, que ce soit pour le
cédant potentiel ou pour le repreneur potentiel. Outre le recours à des
consultants spécifiques, les bourses d’entreprises constituant des plateformes
de rapprochement d’acheteurs et de vendeurs potentiels – et notamment les
bourses accessibles sur Internet – sont considérées comme un moyen
important de promouvoir les transmissions d’entreprises. Aussi de
nombreuses bourses ont-elles vu le jour sur Internet. Ces bourses diffèrent
selon leur couverture géographique (nationale, régionale, locale), leur
couverture sectorielle (un ou quelques secteurs économiques ou l’ensemble
de l’économie), le statut juridique de l’hébergeur (entité publique, semipublique ou privée), etc.
Cela dit, tous les outils existants ne semblent pas afficher la même efficacité
lorsqu’il s’agit de rapprocher les acheteurs et les vendeurs potentiels. La
question se pose dès lors de savoir quelles sont les conditions les plus
importantes auxquelles doit satisfaire une bourse d’entreprises pour être
efficace.
1.2
Méthodologie du présent projet et travaux accomplis antérieurement au
niveau européen
En vue de déterminer les facteurs de réussite de l’organisation d’une bourse
d’entreprises, les États membres de l’Union européenne et les pays tiers
participant au programme pluriannuel pour l’entreprise et l’esprit
d’entreprise12 ont décidé, en 2004, de lancer un projet visant à favoriser des
marchés transparents pour la transmission d’entreprise en Europe. Dix-sept
États membres de l’UE et trois autres pays ont désigné des experts à cet
effet. Le groupe d’experts s’est réuni à quatre reprises, en mars, septembre et
décembre 2005 et en mars 2006. Ayant été désignés par les gouvernements
nationaux, les experts ont essentiellement fait porter leur analyse sur les
bourses d’entreprises et les bases de données placées sous la responsabilité
d’organismes publics ou quasi publics (et notamment des chambres du
commerce ou des chambres des métiers). Le rapport final a été élaboré par la
Commission européenne, direction générale «Entreprises et industrie», en
coopération étroite avec les experts.
Les décideurs au niveau européen et national ont déjà porté une attention
soutenue à la transmission d’entreprise. À l’échelon de l’UE, les travaux
dans ce domaine ont débuté dès 1993, année où un symposium y a été
consacré à Bruxelles. Après avoir analysé les aspects juridiques, fiscaux,
12
Décision 2000/819/CE du Conseil du 20 décembre 2000, modifiée par la décision n° 1776/2005/CE
du Parlement européen et du Conseil du 28 septembre 2005. La décision relative au projet a été
arrêtée par le Comité de gestion du programme Entreprises (EPMC).
11
financiers et humains des transmissions d’entreprises, les experts de
l’ensemble des États membres ont proposé plusieurs actions concrètes.
Sur la base des résultats du symposium et des propositions formulées par des
associations nationales et européennes, la Commission a identifié, dans sa
communication du 4 juillet 1994, quatre grandes tâches: (1) assurer la
pérennité des sociétés de personnes et des sociétés individuelles; (2) préparer
les transmissions par l’adoption de la forme juridique la plus adéquate sans
pénalité financière; (3) encourager les transmissions à des tiers et (4) faciliter
la transmission au sein de la famille par des mesures fiscales appropriées13.
La Commission, tenant compte des résultats d’une consultation publique, a
présenté en décembre 1994 une recommandation sur la transmission des
petites et moyennes entreprises14, dans laquelle elle a exposé un certain
nombre d’actions stratégiques envisageables dans différents domaines
touchant aux transmissions d’entreprises (sensibilisation, fiscalité, droit des
sociétés, etc.).
En février 1997, les premières réformes résultant de la recommandation de
1994 et des idées relatives à des améliorations futures ont été présentées lors
d’un forum européen sur la transmission des entreprises, qui s’est tenu à
Lille, en France. En 1998, la Commission a publié une autre
communication, décrivant diverses mesures prises dans certains États
membres en vue de soutenir la transmission d’entreprise, et exposant la
situation en décembre 199615. Dans cette communication, la Commission
concluait que, si certains États membres avaient mis en œuvre des actions
concrètes pour favoriser les transmissions, d’autres étaient restés plutôt
inactifs. Globalement, elle constatait que les propositions formulées en 1994
n’avaient pas été suivies dans une mesure suffisante pour surmonter les
obstacles auxquels se heurtaient les transmissions d’entreprises. La
Commission encourageait les États membres à intensifier leurs efforts,
notamment par la simplification législative et administrative, des réductions
fiscales effectives et un accès plus facile au soutien financier pour la reprise
d’une société.
En novembre 2000, la Commission européenne a lancé un projet BEST sur
la transmission d’entreprise en vue de poursuivre le suivi de la mise en
13
Communication de la Commission sur la transmission d’entreprise. Actions en faveur des PME, JO
C 204 du 23.7.1994, pp. 1 à 23. L’annexe I de la communication contient les résultats du symposium
de 1993.
14
Recommandation de la Commission sur la transmission des petites et moyennes entreprises, JO
L 385 du 31.12.1994, pp. 14 à 17. Elle a également publié une communication explicative
concernant sa recommandation du 7 décembre 1994 sur la transmission des petites et moyennes
entreprises, JO C 400 du 31.12.1994, pp. 1 à 9.
15
Communication de la Commission sur la transmission des petites et moyennes entreprises, JO C 93
du 28.3.1998, pp. 2 à 21.
12
œuvre de sa recommandation, d’identifier de nouvelles mesures juridiques,
fiscales et de soutien et de présenter de nouvelles propositions d’actions. Un
nouveau groupe d’experts, composé de représentants d’organisations
professionnelles, d’organismes de soutien, des milieux universitaires, des
fonctions publiques nationales et des chefs d’entreprise, a été mis en place
par les États membres16. Dans les conclusions du projet, il a été fait
référence aux bases de données nationales spécialisées et leur
développement ultérieur a été encouragé.
Les résultats du projet «Procédure BEST» et des exemples de bonnes
pratiques observées dans les divers États membres ont été présentés au
séminaire européen sur la transmission des entreprises qui s’est tenu à
Vienne les 23 et 24 septembre 2002. En octobre 2002, un autre projet
(MAP) sur la transmission d’entreprise a été lancé en vue d’améliorer la
mise en œuvre de la recommandation de la Commission sur la transmission
des petites et moyennes entreprises et pour répondre aux recommandations
du projet BEST17.
En mars 2006, la Commission européenne a publié une autre
communication sur la transmission d’entreprises, intitulée «Mise en œuvre
du programme communautaire de Lisbonne pour la croissance et l’emploi:
La transmission d’entreprise – La continuité grâce à un nouveau départ»18.
Dans cette communication, la Commission constatait que le taux de mise en
œuvre de la recommandation de 1994 n’était que de l’ordre de 65 % pour
EU-25. Elle indiquait les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires
restaient indispensables, et notamment le soutien à de nouvelles mesures de
sensibilisation, la mise en place de conditions financières appropriées pour
les transmissions d’entreprises et l’adoption de dispositions fiscales plus
favorables concernant l’impôt sur le revenu en cas de transmission à des
tiers. La communication a également mis en évidence certains exemples de
bonnes pratiques observées dans l’UE, par exemple les bases de données
créées en Allemagne, en France, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas et
en Autriche, qui font également l’objet d’une présentation dans ces pages.
16
Commission européenne (2002), rapport final du groupe d’experts sur la transmission des petites et
moyennes entreprises, mai 2002.
17
Commission européenne (2003), Transmission d’entreprise – la continuité grâce à un nouveau
départ. Rapport final du projet MAP 2002, août 2003.
18
COM (2006)117 final du 14 mars 2006.
13
2
LA NATURE ECONOMIQUE PARTICULIERE DES TRANSMISSIONS D'ENTREPRISES
La transmission d’une entreprise d’une personne à une autre constitue un processus
complexe qui représente bien plus qu’un transfert juridique de propriété en
contrepartie d’un prix. Pour mener à bien une transmission d’entreprise, il y a lieu
de résoudre de nombreux problèmes, qui sont souvent de nature émotionnelle et
psychologique. Les transmissions d’entreprises ont plusieurs caractéristiques
importantes par lesquelles elles se distinguent de la vente (ou de la donation) de la
plupart des autres actifs. Traditionnellement, la solution la plus courante à ces
problèmes consistait dans la transmission au sein de la famille d’une génération à
la suivante19. Idéalement, le contexte familial, le cadre relationnel existant, la
confiance et le partage des informations sur l’entreprise elle-même facilitaient le
transfert économique des actifs, des informations, des connaissances, des relations
commerciales, etc..
La transmission d’une entreprise entraîne certains coûts de transaction qui peuvent
notablement réduire la valeur de l’entreprise cédée, voire constituer des obstacles
insurmontables qui empêchent le développement de vastes marchés de
transmission en dehors des familles. À l’intérieur des familles, les coûts de
transaction liés à la transmission d’une entreprise peuvent souvent être réduits au
point de rendre la transmission possible et efficace. Cela dit, il existe des cas où la
détérioration des relations familiales compromet le transfert économique de
l’entreprise. Les familles sont des groupes sociaux qui ont leurs propres problèmes,
capables dans certains cas de faire échec à la transmission d’une entreprise20.
D’autres facteurs, par exemple des problèmes spécifiques à une industrie ou à un
secteur, peuvent également rendre problématique une transmission au sein de la
famille21.
Le présent chapitre contient une description détaillée des caractéristiques de la
transmission d’entreprise. Cette description constituera ensuite le contexte
théorique dans lequel pourra s’inscrire l’analyse des bases de données existantes et
qui permettra de formuler des recommandations quant à l’organisation des bourses
d’entreprises.
Les nombreuses caractéristiques particulières d’une transmission d’entreprise
peuvent être regroupées en quatre grandes catégories:
1) appariement des préférences des acheteurs et des vendeurs;
19
Voir par exemple Bjuggren, Per-Olof and Sund, Lars-Göran (2002), A Transaction Cost Rationale
for Transition of the Firm within the Family, in: Small Business Economics, vol. 19, pp. 123 à 133.
20
On en trouvera un aperçu dans Handler, Wendy C. (1994), Succession in Family Business: A
Review of the Research, in: Family Business Review, vol. VII, n° 2, pp. 133 à 157.
21
Voir par exemple Getz, Donald and Petersen, Tage (2004), Identifying Industry-Specific Barriers to
Inheritance in Small Family Businesses, in: Family Business Review, vol. 17, n° 3, pp. 259 à 276
(18).
14
2) mise en confiance (asymétries de l’information);
3) problèmes émotionnels et psychologiques;
4) problèmes techniques.
2.1
Appariement des préférences
La plupart des entreprises sont uniques à bien des égards, et ce qui convenait
au propriétaire en place n’est pas forcément du goût d’un acheteur ou d’un
repreneur potentiel. Même si l’on s’en tient aux caractéristiques les plus
évidentes d’une entreprise, c’est-à-dire son secteur et sa taille, il peut être
difficile d’apparier un acheteur potentiel et un vendeur potentiel dans la
même zone géographique et au même moment.
La grande majorité des personnes qui souhaitent devenir chefs d’entreprise
préfèrent créer une entreprise nouvelle plutôt que de reprendre une affaire
existante. La décision de devenir chef d’entreprise n’est motivée qu’en partie
par des raisons purement économiques (sauf peut-être dans les cas où elle est
prise pour sortir du chômage ou d’une situation similaire). Dans une certaine
mesure, la volonté d’épanouissement personnel et le souhait de réaliser une
idée joueront également un rôle. Selon l’Eurobaromètre Flash de 2004, 53 %
des Européens préféreraient créer une société de toutes pièces, et 29 %
seulement reprendraient une affaire existante22. Cette situation s’explique
par deux raisons. Premièrement, celui qui crée une entreprise n’est soumis à
aucune contrainte. Non seulement, il est libre d’opérer ses choix
commerciaux au sens strict, mais il pourra également se faciliter la vie en
implantant son entreprise à proximité de son lieu de résidence.
Deuxièmement, la création d’une entreprise exige normalement moins de
moyens financiers qu’une reprise. Selon certaines estimations,
l’investissement que requiert la reprise d’une affaire existante est supérieur
de 60 % à celui qu’implique la création d’une entreprise23.
Pour le propriétaire et cédant potentiel d’une entreprise, il y a relativement
peu d’alternatives à la vente. Si une transmission à l’intérieur de la famille
est impossible, une solution pourrait consister dans la liquidation «morceau
par morceau» de l’entreprise. Cette solution aura évidemment l’inconvénient
22
Eurobaromètre Flash, «L’esprit d’entreprise». Les chiffres enregistrés aux États-Unis sont assez
similaires: 54 % de la population préféreraient créer une entreprise et 30 % seulement souhaiteraient
reprendre une affaire existante. Il existe cependant des différences considérables entre les pays
européens: en Grèce, 66 % des personnes interrogées ont marqué une préférence pour la création
d’une entreprise, alors qu’en République tchèque, 32 % seulement sont dans ce cas.
23
Deutsche Ausgleichsbank, citée d’après: Commission européenne (1997), Forum européen sur la
transmission des entreprises, p. 5.
15
qu’une part considérable de la valeur – relations avec les clients, etc. – sera
perdue.
Les raisons évoquées ci-dessus expliquent qu’il existe fréquemment un
déséquilibre entre l’offre et la demande de transmissions dans les bases de
données. En effet, les deux tiers des annonces contenues dans ces bases sont
généralement des offres de vente et un tiers seulement sont des demandes de
reprise.
2.2
Mise en confiance
Il existe en général d’importantes asymétries en matière d’information entre
les acheteurs et les vendeurs d’entreprises (surtout de petites entreprises): en
effet, le propriétaire connaît beaucoup mieux les points forts et les points
faibles de son entreprise que le repreneur potentiel. Lorsqu’il négocie les
conditions de la transmission, il a intérêt à exagérer les points forts et à
minimiser les problèmes. Sachant cela, le repreneur pourrait se montrer
méfiant à l’égard des informations fournies par le propriétaire.
La solution classique à ces problèmes d’asymétrie consiste dans le souhait
de sauvegarder une réputation: des avantages en matière d’information ne
sont pas exploités pour ne pas compromettre de futures opportunités
commerciales. Toutefois, un vendeur ne sera soucieux de préserver sa
réputation que s’il a un intérêt dans des transactions futures qui seraient
mises en péril si cette réputation s’était détériorée. Dans le cas des
transmissions d’entreprises, cela ne sera pas souvent le cas, puisque l’ancien
propriétaire partira souvent à la retraite après la transmission.
La mise en confiance sera également rendue difficile par le fait que le
vendeur potentiel ne souhaite généralement pas que son intention de vendre
fasse l’objet d’une grande publicité. C’est la raison pour laquelle les
annonces placées dans les bases de données sont souvent de nature plutôt
vague et générale, ce qui les rend assez peu attrayantes aux yeux du
successeur potentiel qui souhaite en général se faire une idée précise avant
d’établir le contact avec le vendeur. Dans la plupart des cas, un intermédiaire
peut intervenir utilement en convainquant le chef d’entreprise qu’une
certaine quantité d’informations est nécessaire pour rendre l’annonce
suffisamment intéressante.
Cela dit, les problèmes concernant les asymétries en matière d’information et
le manque de confiance caractérisent non seulement la relation entre
acheteurs et vendeurs potentiels, mais également les relations avec les
organismes intermédiaires. C’est ainsi que les annonceurs potentiels sur une
bourse en ligne ont parfois des doutes quant à la fiabilité des opérateurs de la
base de données. De nombreux chefs d’entreprise craignent un manque de
discrétion s’ils acceptent de divulguer des informations sur leur société. En
outre, les intermédiaires privés éventuels sont quelquefois soupçonnés d’être
16
davantage intéressés par la conclusion rapide d’une affaire que par la qualité
des contacts établis.
2.3
Problèmes émotionnels et psychologiques
Pour le propriétaire en place (cédant), l’entreprise à transmettre constituera
souvent le fruit de toute une vie de travail. Il aura donc tendance à attribuer à
son entreprise une valeur purement émotionnelle et demandera, dans une
certaine mesure, à être indemnisé de sa perte. L’importance et la nature
spécifique de cette valeur particulière dépendent évidemment du type
d’entreprise. Elles seront, par exemple, différentes selon qu’il s’agit d’une
petite entreprise artisanale unipersonnelle, d’une entreprise achetée par son
propriétaire pour des raisons purement financières ou d’une entreprise
fondée par le propriétaire en place et qui a connu une importante croissance
au cours de son histoire. Quant à l’acheteur, il ne souhaitera pas payer pour
ce type de valeur qui ne peut, de par sa nature, lui être transférée. Dans une
certaine mesure, cette valeur émotionnelle sera tout simplement perdue lors
de la transmission.
Ce n’est que si le cédant a un lien privilégié avec le repreneur (en termes
économiques: si les préférences du repreneur concordent en partie avec ses
propres préférences) que la perte de valeur émotionnelle peut être réduite.
On peut présumer que cette convergence de préférences existe entre un
parent et son enfant, mais elle peut se rencontrer également entre un
propriétaire et un acheteur. Les deux doivent donc s’entendre sur le plan
émotionnel et psychologique, et non seulement sur le plan commercial, et le
propriétaire en place devra avoir l’assurance que son entreprise se retrouvera
dans de bonnes mains.
Pour instaurer la confiance entre l’acheteur et le vendeur, mais aussi pour
assurer que la valeur «émotionnelle» de l’entreprise soit transmise – au
moins dans une certaine mesure – au repreneur, il peut être utile de passer
par une assez longue période de tutorat, pendant laquelle l’ancien
propriétaire se retirera progressivement de l’entreprise.
2.4
Problèmes techniques
La transmission d’une entreprise implique le transfert de divers types
d’actifs, tels que le matériel, des biens immobiliers, des véhicules, etc., dont
chacun peut être régi par des dispositions particulières. Cette complexité est
encore accrue par les différentes dispositions fiscales applicables à la
transmission des actifs.
En outre, il n’est pas rare que plus de deux acteurs soient concernés. La
transmission d’une entreprise ne se limite pas à une transaction entre le
propriétaire/vendeur et l’acheteur. La famille du propriétaire peut également
avoir son mot à dire, et il en va de même pour les établissements de crédit
qui financent l’opération.
17
Si certains actifs commerciaux, tels que le matériel, les fournitures et les
actifs financiers, peuvent être transférés selon des modalités relativement
simples, la transmission d’une entreprise implique également le transfert
d’actifs incorporels, tels que les connaissances du propriétaire (concernant
les marchés, les concurrents, les clients, les salariés, les technologies, etc.),
les relations humaines (avec les clients, les salariés, etc.), l’autorité et la
réputation de l’entreprise.
Dans le cas d’une entreprise en activité, la fixation d’un prix et l’accord sur
ce prix peuvent également représenter un problème complexe, dont la
solution pourrait exiger le recours à un spécialiste extérieur.
18
3
3.1
PLATEFORMES PUBLIQUES OU QUASI PUBLIQUES POUR LA TRANSMISSION
D’ENTREPRISE
Aperçu général
Dans huit pays qui ont participé au projet, il existe des plateformes publiques
ou quasi publiques pour la transmission d’entreprise, c’est-à-dire des bases
de données hébergées par des administrations publiques (par exemple un
ministère) et/ou des chambres de commerce ou des chambres des métiers,
qui travaillent parfois en coopération avec des organismes privés. Ces pays
sont la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande,
la Belgique et l’Allemagne. En Belgique, il existe même deux bases de
données, une pour la Flandre et l’autre pour la Région wallonne (qui ne sera
opérationnelle qu’à partir de l’été 2006). En Allemagne, deux bases de
données, à savoir «Change» (gérée par les chambres de commerce et des
métiers) et «Nexxt» (gérée par le ministère fédéral de l’économie et du
travail), ont été récemment fusionnées en une plateforme unique («NexxtChange»).
Le plus souvent, ces bases de données sont de création récente. En moyenne,
celles qui sont décrites dans le présent rapport existent depuis trois ans
environ. Leur taille varie avec celle du pays. Au total, les neuf bases de
données qui seront décrites ci-après contiennent les noms d’environ
11 000 entreprises susceptibles d’être transmises. Une estimation sommaire
permet de constater que les bases de données comprennent environ 0,2 %
des sociétés d’un pays et environ 8 % des sociétés susceptibles d’être
transmises chaque année. (Dans quelques pays, à savoir la Belgique, les
Pays-Bas, l’Allemagne et l’Autriche, les entreprises répertoriées représentent
10 % du potentiel de transmission annuel, voire davantage.)
Pour la plupart des bases de données, le taux de réussite (c’est-à-dire le
rapport entre le nombre annuel de transmissions réalisées ou préparées grâce
à la base de données et le nombre de sociétés susceptibles d’être transmises
et dont le nom figure dans la base de données) a été établi par estimation. Ce
taux est de l’ordre de 25 %, ce qui signifie qu’une entreprise sur quatre
figurant dans la base de données trouve un repreneur chaque année.
(Toutefois, les estimations sont rendues assez malaisées par le fait qu’il
n’existe pas de suivi systématique des entreprises qui sortent des bases de
données.)
La plupart des bases de données ont une couverture nationale. Parfois,
comme c’est le cas en Italie, elles sont organisées sur une base régionale (par
exemple dans la région d’Émilie-Romagne). À l’heure actuelle, il n’existe
pas de base de données européenne ou transnationale. En outre, toutes les
bases de données fonctionnent exclusivement dans la ou les langues
nationales.
19
Les bases de données publiques peuvent être consultées par toute personne
disposant d’un accès Internet standard; il n’existe pas de restrictions d’accès
(à la différence de ce qui est le cas pour de nombreuses autres bases de
données qui sont gérées par des serveurs commerciaux, tels que des
banques). Les modalités et les conditions du placement d’une annonce
diffèrent cependant d’une base de données à l’autre. Dans un cas (Autriche),
aucune restriction n’est appliquée, c’est-à-dire que tout particulier et toute
entreprise peut placer une annonce et sera entièrement responsable du
contenu et de la durée d’affichage de celle-ci. Dans les bases de données
flamande et finlandaise, le placement d’une annonce n’est pas davantage
soumis à des restrictions, mais le contenu des annonces placées par des
particuliers ou des entreprises est préalablement vérifié par l’administrateur
de la base pour prévenir toute utilisation abusive de celle-ci. Dans d’autres
pays, seuls les intermédiaires ou les partenaires de réseau sont autorisés à
placer une entreprise dans la base de données. Dans certains cas, l’utilisation
de la base est réservée aux chefs d’entreprise qui sont affiliés à une chambre
de commerce ou une chambre des métiers.
Les bases de données publiques/quasi publiques ne perçoivent qu’une
redevance modeste (probablement inférieure au prix d’une annonce dans un
journal), voire aucune redevance pour le placement d’une annonce pendant
une période de plusieurs mois.
Il existe également des différences en ce qui concerne la durée d’affichage
autorisée. En général, les organismes hébergeurs cherchent à éviter que des
annonces anciennes, voire dépassées, s’accumulent dans la base de données.
Après quelques mois, les annonces sont donc généralement retirées, même si
des prolongations sont possibles. La «Nachfolgebörse» autrichienne est la
seule qui n’impose aucune limitation. Dans la «Borsa delle Imprese»
italienne, la durée d’affichage autorisée est assez longue (deux ans).
Dans toutes les bases de données, les acheteurs et les vendeurs restent
anonymes. Le contact est établi soit par les intermédiaires/partenaires de
réseau ou au moyen d’un numéro de boîte anonyme.
En général, les bases de données ne proposent pas de procédure
d’appariement, à l’exception de la base SOWACCESS de la Région
wallonne, où un tel mécanisme est prévu. Le «OvernameMarkt» flamand, le
«Nexxt-Change» allemand et l’«Ondernemingsbeurs» néerlandaise offrent la
possibilité de laisser un profil de recherche et envoient automatiquement un
message électronique d’alerte si une entreprise correspondant au profil
recherché est introduite dans la base de données.
Il existe certaines différences quant aux possibilités de recherche dont
disposent les personnes cherchant une entreprise à reprendre. Toutes les
bases de données peuvent être interrogées selon les critères du secteur
économique et de la région. Dans plusieurs bases, il est également possible
de rechercher des entreprises d’une certaine taille (définie par exemple sur la
20
base du nombre de salariés ou du chiffre d’affaires). Les autres critères de
recherche sont le prix demandé ou le mode de paiement souhaité; parfois,
l’utilisateur peut aussi introduire librement des mots clés pour activer la
recherche.
21
Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises – aperçu
Pays
Base de données
Belgique,
Flandre
OvernameMarkt
Unizo (chambre de
(www.overnamemarkt.be) commerce)
Bobex (bourse B2B)
SOWACCESS
SOWACCESS (filiale
de SOWALFIN), en
(www.sowaccess.be)
partenariat avec une
société privée
Nexxt-Change
Ministère fédéral de
(www.nexxt-change.org) l’économie et de la
technologie,
Kreditanstalt für
Wiederaufbau (KfW)
Passer le relais
Chambre de Commerce
et d’Industrie de Paris
Belgique,
Région
wallonne
Allemagne
France
Italie
`
Borsa delle Imprese
Hébergeur
Chambre de Commerce
Taille
725 entreprises
susceptibles d’être
transmises
Objectif après 2 ans:
70 intermédiaires,
50 acheteurs directs,
15 vendeurs directs.
6 700 entreprises
susceptibles d’être
transmises,
3 200 demandes.
600 entreprises
susceptibles d’être
transmises,
100 demandes.
130 entreprises
Taux de
réussite
25 %
Date
d’établissement
2005 (avril)
n.d.
Juin 2006
10 % - 15 %
Les bases de
données «Nexxt» et
«Change» ont été
fusionnées en
janvier 2006.
2001, relancée en
2005.
30 %
Environ 30 %
2000
(www.generazionimpresa. de Bologne
com)
Luxembourg
Luxembourg
Pays-Bas
Bourse d’entreprises
www.cc.lu/bourse.php
www.bourse-entreprise.lu
Ondernemingsbeurs
Chambre des Métiers
Chambre du Commerce
Chambre de Commerce
nationale
Autriche
Nachfolgebörse
Chambre économique
(www.nachfolgeboerse.at) fédérale autrichienne
Finlande
Yrittajat
(www.yrittajat.fi/yrityspo
rssi.fi)
Fédération des
entreprises finlandaises
23
susceptibles d’être
transmises,
300 demandes (2005).
300 clients depuis 2000
250 vendeurs,
100 acheteurs
1 800
1 000 entreprises
susceptibles d’être
transmises,
300 demandes.
Environ 400 annonces
(2005), dont 90 %
d’offres de vente
10 %
1%
2000
1998
25 %
(transmissions,
négociations)
2002
1999, relancée en
2003
Environ 30 %
1999, relancée en
2004
Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises – conditions d’utilisation
Base de données
OvernameMarkt
Qui
peut
consulter?
Tout le
monde
Qui
peut
placer
une
annonce?
Tout le monde. Les annonces
non placées par des
intermédiaires sont vérifiées
par l’administrateur.
Les annonces sont placées par
des intermédiaires ou
directement par l’utilisateur
(après un entretien avec un
représentant de
SOWACCESS).
SOWACCESS
Tout le
monde
Nexxt-Change
Tout le
monde
Les annonces sont placées par
des intermédiaires.
Passer le relais
Tout le
monde
Personnel de la CCI si accord
avec acheteur/vendeur.
Partenaires de réseau
Borsa delle Imprese
Tout le
monde
Comme repreneurs: tout le
monde; les annonces des
cédants doivent être vérifiées
par les partenaires de réseau.
24
Coût?
Aucune redevance
actuellement, mais le service
sera payant à partir de
mai 2007.
Redevance annuelle
forfaitaire.
En outre: prime de réussite à
payer par les
acheteurs/vendeurs directs si
l’appariement a été réalisé
grâce à la base de données.
Le service de base est
gratuit. Une redevance
pourrait être perçue pour des
services additionnels des
intermédiaires.
Pas de redevance, les coûts
étant couverts par la
cotisation payable lors de
l’affiliation obligatoire à une
chambre de commerce ou
une chambre des métiers.
Pas de redevance pour
l’appariement, mais les
conseils et le tutorat sont
payants.
Durée d’affichage des
annonces
Durée standard: 6 mois,
prolongation (+ 3 mois)
possible.
Illimitée, mais examen tous
les deux mois
Selon accord avec
l’intermédiaire
Un an, mais le
vendeur/acheteur peut
demander une prolongation
2 ans
Bourse d’entreprises
Tout le
monde
Tout le
monde
Les annonces sont placées par Non
l’hébergeur.
Uniquement les intermédiaires. Annonces: 49 €, contacts:
12,50 €.
Nachfolgebörse
Tout le
monde
Yrittajat
Tout le
monde
Tout le monde. Les
annonceurs doivent
communiquer leur identité à
l’hébergeur.
Les membres de la Fédération
des entreprises finlandaises
Ondernemingsbeurs
25
Illimitée
6 mois + prolongation
Non
Illimitée
60 € + TVA
6 mois
Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises - procédures
Base de données
OvernameMarkt
Anonymat?
Oui
Contact
Par courrier électronique
SOWACCESS
Oui
Nexxt-Change
Oui
Par l’intermédiaire de
SOWACCESS
Par les intermédiaires
Passer le relais
Oui
Borsa delle Imprese
Oui
Bourse d’entreprises
Oui
Ondernemingsbeurs
Oui
Les non-membres prennent
contact avec le personnel de
la CCI. Les membres ont un
accès privilégié au site.
En passant par des
intermédiaires (chambres de
commerce ou des métiers,
associations commerciales,
experts) ou contact direct (par
téléphone ou courrier
électronique).
Les parties intéressées
doivent contacter la chambre
de commerce. Une réunion
est organisée si les deux
parties sont d’accord.
En passant par des
26
Appariement?
Non, mais profil de
recherche avec alerte par
courrier
Oui, appariement par
SOWACCESS
Profil de recherche avec
alerte par courrier
électronique, possibilité
d’appariement régulier par
l’intermédiaire.
Oui
Pas automatiquement, mais
profils de recherche avec le
soutien d’experts
Oui, sur la base
d’informations fournies par
les acheteurs et les vendeurs
potentiels.
Non, mais profil de
Vérification?
Oui
Oui
Oui, par l’intermédiaire.
Les membres doivent
remplir un formulaire de
demande détaillé et accepter
un «accord d’utilisateur».
Oui (pour les repreneurs:
brève vérification
facultative; pour les cédants:
contrôle par experts).
Les utilisateurs doivent
remplir une «fiche
signalétique» détaillée et
accepter un code de
conduite.
Oui, par la chambre de
intermédiaires.
Nachfolgebörse
Oui
Yrittajat
Oui
Par courrier électronique
(numéro de boîte)
Le vendeur potentiel peut
contacter un acheteur en
passant par un numéro de
boîte.
27
recherche avec alerte par
courrier électronique.
Non
commerce
Non
Oui, certains secteurs
Non
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
28
x
Mots clés
x
Intermédiaire
x
Mode de
paiement
souhaité
Importance
des biens
immobiliers
Valeur/Prix
Chiffre
d’affaires
Région
x
x
x
x
x
x
x
x
x
Nombre de
salariés
OvernameMarkt
SOWACCESS
Nexxt-Change
Passer le relais
Borsa delle Imprese
Bourse d’entreprises
Ondernemingsbeurs
Nachfolgebörse
Yrittajat
Secteur
Base de
données
Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises – critères de recherche
x
x
x
x
x
x
3.2
OvernameMarkt (Flandre) et SOWACCESS (Région wallonne)
Selon les estimations, quelque 21 500 PME belges vont devoir trouver un
repreneur chaque année (environ 8 000 en Région wallonne et 13 500 en
Région flamande)24. Dans la plupart des cas, il s’agit de petites entreprises
familiales, créées par leur propriétaire actuel qui approche de l’âge de la
retraite. On peut estimer sommairement qu’en Belgique, un tiers des
propriétaires de petites entreprises ont plus de 50 ans et qu’un propriétaire de
PME sur deux a plus de 45 ans. Environ 30 % des entreprises familiales sont
reprises avec succès par la seconde génération et de 10 à 15 % environ, par
la troisième génération, mais 3 à 5 % seulement passent à la quatrième
génération.
De nombreuses sociétés ont été créées après la deuxième guerre mondiale et
se trouveront bientôt confrontées au problème de la transmission. Sur la base
des chiffres enregistrés en France, on estime que le taux d’échec des
transmissions est supérieur à 20 % les cinq premières années et atteint près
de 30 % pour les sept premières années. Les principaux problèmes
rencontrés lors de la transmission sont les suivants:
•
•
•
•
•
•
la capacité de l’ancien propriétaire de prendre sa retraite,
l’existence d’un successeur potentiel,
la non-préparation ou la préparation insuffisante du processus de
transmission,
la détermination de la valeur de l’entreprise,
le financement,
les aspects juridiques et fiscaux liés à la transmission.
On estime qu’en Flandre, 3 % des 450 000 entreprises existantes, c’est-àdire 13 500 sociétés, devront être transmises annuellement. Dans la moitié
des cas environ, il s’agit d’entreprises individuelles ou de micro-entreprises.
En avril 2005, la plateforme de transmission «www.overnamemarkt.be» a
été lancée avec le soutien du gouvernement flamand. Il existe un certain
nombre d’initiatives privées (www.mna.be, www.oba.be, www.atkinson.be)
24
`
En Flandre, 450 000 entreprises sont immatriculées et environ 3 % d’entre elles doivent être
transmises.
et une initiative commune (www.bvob.be) qui regroupe onze courtiers de
transmission indépendants. Ces plateformes ne s’intéressent cependant guère
aux petites entreprises et aux micro-entreprises, et ne souhaitent dès lors pas
s’affilier à OvernameMarkt.
Les hébergeurs d’OvernameMarkt sont Unizo (www.unizo.be) et Bobex
(www.bobex.be), mais aucune affiliation n’est requise pour y accéder. La
plateforme est financée par le gouvernement flamand les trois premières
années, ce qui explique la gratuité du service. Après cette première période,
un plan d’entreprise devra être établi. À l’heure actuelle, la base de données
contient les noms de 725 entreprises qui sont susceptibles d’être transmises
et dont les fiches peuvent être consultées. Chaque mois, la plateforme
recense environ 15 000 visiteurs et 18 000 visites. Sur la base d’un
échantillon de 300 entreprises enregistrées, un taux de réussite de 25 % a été
calculé, c’est-à-dire qu’une entreprise sur quatre figurant dans la base de
données est vendue.
La base OvernameMarkt peut être interrogée selon les critères suivants:
•
•
•
•
•
•
•
•
secteur,
région,
chiffre d’affaires,
valeur de transmission,
intermédiaire,
nombre de salariés (équivalents temps plein),
mot clé,
une combinaison de ces critères.
Tout vendeur potentiel d’une entreprise peut placer son propre profil sur la
plateforme, en agissant seul ou en faisant appel à l’assistance d’un courtier
en transmission, par exemple une banque, un cabinet comptable, une agence
immobilière ou un consultant spécialisé dans le domaine des transmissions
d’entreprise. Ces intermédiaires ont l’avantage de pouvoir donner des
informations plus détaillées, telles que la valeur de transmission et les
recettes. Une liste de recommandations est également fournie à l’intention
des chefs d’entreprise qui souhaitent placer leur société sur la plateforme.
Chaque profil créé directement par un propriétaire d’entreprise doit être
approuvé par l’administrateur du site. L’administrateur vérifie si le contenu
de l’annonce est conforme aux usages professionnels, s’il est rédigé de
manière appropriée et si les instructions d’utilisation ont été suivies. Pour
garantir un certain niveau de qualité, le texte des annonces peut être remanié.
Les intermédiaires ne doivent se soumettre à aucune vérification: après
enregistrement et approbation, ils sont libres de placer sur le site les noms de
leurs clients.
Les contacts peuvent être établis par téléphone, de préférence par portable,
ou par courrier électronique. Si le contact est établi par un intermédiaire,
30
l’anonymat complet est garanti. En cas de contact direct avec le vendeur,
tout dépend de la manière dont se passe l’entretien téléphonique. Si
l’annonce est placée par le chef d’entreprise lui-même, celui-ci reçoit après
trois mois un message d’avertissement l’informant que la durée d’affichage
normale des annonces dans la base de données est passée et qu’il peut
obtenir une prolongation de trois mois. En cas d’intervention d’un
intermédiaire, celui-ci est entièrement responsable du suivi des annonces
qu’il a placées. Aucun appariement n’est organisé.
Une vaste base de données d’informations est liée au site (foire aux
questions, calendrier, liens intéressants, liste d’intermédiaires et de
conseillers, articles et livres, etc.).
Pour toute information supplémentaire, veuillez vous adresser à:
M. Luc VAN LAERE
UNIZO (Unie der Zelfstandige Ondernemers)
([email protected])
En février 2005, le parlement wallon a décidé la création d’une «plateforme
d’échange». SOWALFIN, l’outil financier du gouvernement wallon pour les
PME, a été chargé de mettre en place cette plateforme pour faciliter
l’appariement entre vendeurs et acheteurs potentiels d’entreprises et pour
assurer le meilleur équilibre possible entre l’offre et la demande. Le rôle
principal de SOWALFIN en tant que partie désintéressée est de réunir divers
acteurs qui interviennent dans un «système de transmission d’entreprise».
SOWALFIN travaille actuellement à la réalisation d’une plateforme
permettant de répondre aux besoins identifiés. Cette plateforme sera
opérationnelle en juin 2006. Depuis février 2005, SOWALFIN a rencontré
tous les acteurs opérant dans ce domaine en Région wallonne (banques,
sociétés de consultants, organismes institutionnels) dans le but de mieux
comprendre et définir le besoin d’une meilleure diffusion de l’information
aux candidats vendeurs et aux repreneurs potentiels, et de favoriser une prise
en compte plus forte et plus rapide de tous les aspects d’une transmission et
ce, du point de vue du vendeur comme de celui de l’acheteur.
La plupart des banques de la Région wallonne ont un service
«Transmission» ou, à tout le moins, un département «Fusions et
acquisitions». Elles n’offrent cependant des services supplémentaires (ou un
simple service de «rapprochement») que pour des transactions importantes
(cette notion étant définie de manière différente d’une banque à l’autre), et
sous-traitent fréquemment les autres dossiers à des consultants spécialisés.
En ce qui concerne les consultants, il existe deux groupes actifs dans le
domaine de la transmission des PME, dont chacun offre sa propre plateforme
et possède un portefeuille assez restreint d’entreprises à transférer.
L’Union des classes moyennes (UCM) organise ses activités selon la
répartition géographique des financements du FEDER. Dans les provinces
31
de Namur et de Liège, l’UCM propose une assistance pour la première
évaluation et répond à des questions spécifiques (conventions standard,
questions juridiques, plans de financement…), mais ne procède elle-même à
aucune recherche et ne propose pas de plateforme d’échange.
La situation diffère d’une ville à l’autre. Dans la province du Hainaut,
l’UCM a bénéficié des fonds «Objectif I» du FEDER pour lancer des actions
de sensibilisation générales (brochures, envois de courriers, conférences, ...)
et des activités plus personnalisées, par exemple la constitution d’une
plateforme d’échange qui contenait à la fin de 2004 quelque 90 entrées (dont
30 % de demandes de reprise). La couverture de cette base de données se
limite cependant au Hainaut oriental.
Les chambres de commerce de Namur, du Luxembourg et du Hainaut
occidental possèdent également un service spécialisé dans les transmissions
d’entreprises, qui peut fournir des conseils sur les conventions types, les
questions juridiques et les plans de financement. Il importe de noter qu’en
Wallonie, l’adhésion à une chambre de commerce n’est pas obligatoire.
On peut observer un intérêt croissant pour les problèmes liés à la
transmission d’entreprise, surtout lorsqu’on examine diverses initiatives qui
ont pour but de faciliter l’appariement de vendeurs et d’acheteurs potentiels.
À l’heure actuelle, il n’existe aucun organisme qui soit capable de répondre
aux besoins existants d’une manière neutre et globale, par exemple en
proposant à chaque partie intéressée un éventail aussi large que possible
d’entreprises à transmettre ou d’acheteurs potentiels. Cette situation
s’explique principalement par un manque d’intérêt pour les microentreprises, le caractère limité de la liste des contacts et la faible couverture
géographique.
En outre, les dossiers en cours de traitement chez chacun des acteurs
mineurs sont relativement peu nombreux, mais la création d’une plateforme
plus vaste devrait apporter une amélioration à cet égard.
Une sorte de concurrence peut exister entre les chambres de commerce et
l’Union des classes moyennes (UCM). Dans ce contexte, il était
particulièrement important d’identifier un organisme qui soit capable de
coopérer avec l’ensemble des «intermédiaires» et des structures intervenant
dans la transmission d’entreprise, et qui ait par ailleurs déjà établi de très
bonnes relations avec ces acteurs (banques, avocats, experts-comptables,
chambres de commerce, sociétés de consultants, etc.).
C’est la raison pour laquelle le gouvernement wallon a décidé de confier
cette mission à la SOWALFIN, et plus spécifiquement à une filiale de celleci, appelée SOWACCESS, qui peut être considérée comme étant totalement
neutre dans ses relations avec l’ensemble des intermédiaires. La mission de
SOWACCESS peut être résumée comme suit:
32
•
•
assurer une meilleure diffusion d’informations sur les candidats vendeurs
et les repreneurs potentiels, et, partant, un meilleur appariement entre les
uns et les autres,
sensibiliser aussi bien les vendeurs que les acheteurs à tous les aspects de
la transmission et ce, dès que possible dans la vie de l’entreprise.
Cette mission s’articule autour de deux grands axes:
•
•
la mise en place d’une plateforme d’échange régionale globale,
réunissant les divers acteurs qui interviennent dans une opération de
transmission,
la réalisation d’actions de sensibilisation par l’édition d’une brochure
pratique distribuée à toutes les entreprises intéressées, la publication
d’informations techniques sur le site Internet, la coordination des forums
sur la transmission d’entreprise, l’organisation de conférences de
spécialistes, etc.
La principale caractéristique de la plateforme consiste dans le service de
base de données, s’accompagnant de services actifs d’appariement.
Le service d’intermédiation peut être décrit comme un service de diffusion
de profils de vendeurs et d’acheteurs anonymes sur un site Internet et dans
une publication imprimée, le filtrage étant assuré par les administrateurs de
la plateforme. En d’autres termes, les parties intéressées doivent prendre
contact avec SOWACCESS, qui assurera la mise en contact avec un
partenaire potentiel. La plateforme assure également une recherche
individualisée de partenaires pour l’ensemble des profils, effectuée par les
administrateurs.
La protection de l’anonymat est essentielle dans la plupart des transactions.
C’est la raison pour laquelle le vendeur (et parfois même l’acheteur
potentiel) doit refuser que son profil anonyme apparaisse sur Internet. Les
profils ne doivent être accessibles qu’aux administrateurs de la plateforme.
À cet égard, un appariement actif par les administrateurs peut apporter une
réelle valeur ajoutée au service proposé.
En ce qui concerne les aspects financiers, l’objectif de la Région wallonne
est d’atteindre le seuil de viabilité sur une période de cinq ans:
•
•
en percevant une redevance auprès des intermédiaires, ainsi qu’auprès
des acheteurs et des vendeurs qui ne passent pas par un intermédiaire,
en percevant une prime de réussite réduite pour le service d’appariement
assuré aux vendeurs et acheteurs qui ne passent pas par un intermédiaire.
Ces redevances permettront de proposer des services supplémentaires
apportant une réelle valeur ajoutée au processus de transmission.
33
À côté de la plateforme, qui devrait atteindre l’équilibre financier, il est clair
que les administrations publiques devront toujours supporter les coûts liés à
l’ensemble des activités de sensibilisation.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Jean-Pierre DI BARTOLOMEO
M. Nicolas PIROTTE
SOWALFIN – La Coupole des PME
([email protected], [email protected])
34
3.3
Nexxt-Change (Allemagne)
Selon les estimations, quelque 70 000 entreprises vont devoir trouver un
successeur chaque année en Allemagne au cours des prochaines décennies.
Les deux tiers de ces entreprises ne semblent aucunement préparées au
processus de transmission, ce qui met en péril plus de 350 000 emplois
chaque année.
En Allemagne, il existe de nombreux marchés pour la transmission
d’entreprise, dont la plupart sont organisés par des acteurs privés, et
notamment des consultants en gestion. La plupart des bases de données
privées n’existent que depuis quelques années et sont relativement petites.
En général, leur couverture est nationale, mais plusieurs organismes, et
notamment les chambres de commerce et des métiers, opèrent au niveau
local. Certaines plateformes gérées par des opérateurs privés perçoivent des
redevances en échange d’une entrée dans leur base de données. En général,
l’accès aux coordonnées des sociétés mises en vente et des repreneurs
potentiels est réservé à l’organisme qui gère la base, dans le but de protéger
la confidentialité. Tout contact implique le passage par une boîte anonyme.
Les informations directement disponibles se limitent à quelques données de
base sur l’entreprise ou l’acheteur potentiel.
La plus grande plateforme allemande (qui est aussi l’une des plus anciennes)
était le site de l’initiative «Change» (www.change-online.de). Elle avait été
mise en place par les deux associations nationales de chambres de commerce
allemandes et par la banque KfW, qui appartient à l’État. En Allemagne,
l’affiliation à une chambre de commerce ou des métiers locale est obligatoire
pour la plupart des entreprises, et on pouvait donc considérer que le site
«Change» était géré par les pouvoirs publics. L’autre grande plateforme
nationale publique pour la transmission d’entreprise, le site «nexxt»
(www.nexxt.org), avait été organisé par le ministère fédéral de l’économie et
de la technologie. La KfW était également associée à cette initiative. Ces
deux plateformes ont obtenu d’assez bons résultats: en 2005, plus de
1 800 annonces publiées dans les deux bases de données ont débouché sur
une transmission d’entreprise.
En janvier 2006, une base de données nationale a été créée par la fusion de
«Change» et de «nexxt». Le site Internet www.nexxt-change.org est
également hébergé par la KfW et le ministère fédéral de l’économie et de la
technologie. Tous les anciens intermédiaires de «Change» et de «nexxt» ont
accès à la nouvelle base de données.
Les annonces sont placées dans la base de données par les partenaires de
réseau, c’est-à-dire les chambres de commerce et des métiers, des banques,
des consultants et des agences de promotion commerciale participant à
l’initiative. Ce service est gratuit car les coûts sont couverts par les
cotisations des membres (et les banques l’offrent gratuitement à leur
clientèle). Toutefois, certains organismes proposent des services
35
supplémentaires (tels que l’élaboration d’un montage financier pour la
reprise), qui peuvent être payants.
Les informations auxquelles le public a directement accès se limitent à
quelques données élémentaires afin d’empêcher l’identification rapide d’une
entreprise. La base de données peut être interrogée selon les critères
suivants:
•
•
•
•
type d’entreprise: informations données par les chefs d’entreprise et
demandées par les repreneurs potentiels,
situation géographique: le Land où se trouve l’entreprise doit être précisé
pour permettre un meilleur appariement. Les repreneurs potentiels sont
invités à indiquer les zones géographiques qui les intéressent,
chiffre d’affaires: par classes prédéfinies uniquement,
nombre de salariés: par classes prédéfinies uniquement.
En dehors de ces données spécifiques, beaucoup d’informations sont
contenues dans le texte de l’annonce (par exemple: situation d’un commerce
de détail dans une zone piétonne ou diplômes universitaires de l’acheteur
potentiel).
Comme les propriétaires sont souvent réticents à préparer la transmission de
leur entreprise, les chambres de commerce et des métiers, ainsi que les
banques s’efforcent de les sensibiliser à la nécessité de préparer cette
transmission en temps utile. En Allemagne, cette sensibilisation est assurée
principalement par l’envoi de courriers et par l’organisation de séances
d’information. Souvent, les informations diffusées portent également sur
d’autres domaines, tels que la fiscalité ou la possibilité d’obtenir des prêts à
des conditions de faveur en cas de création d’entreprise. Cette diversification
de l’information rend les propriétaires moins réticents à participer à ces
séances, puisqu’ils ne sont pas automatiquement tenus d’admettre qu’ils
préparent la transmission de leur entreprise.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Hans PRASSNY
KfW Mittelstandsbank Unternehmeragentur
([email protected] )
36
3.4
Passer le relais (France)
Au cours des dix années à venir, 600 000 des 2,4 millions de PME françaises
devront trouver un repreneur. Comme le montre le tableau ci-après, l’âge
moyen des chefs d’entreprise français est relativement élevé.
Tableau: Âge des chefs d’entreprise français (par classe de taille)
PME
Microentreprises
Petites
entreprises
Entreprises
moyennes
< 39
25 %
40-49
31 %
50-54
17 %
55-59
15 %
> 60
12 %
14 %
31 %
20 %
19 %
16 %
8%
30 %
21 %
21 %
20 %
Dans de nombreux cas, les sociétés à transmettre sont d’assez petites
entreprises, dont la plupart n’ont pas de salariés. En général, les entreprises
possédant des actifs considérables et un potentiel de développement
important trouveront un acheteur et risquent moins de disparaître. Mais dans
le cas des micro-entreprises, les candidats acheteurs sont rares. Dans ces caslà, la préparation du propriétaire est particulièrement importante pour la
réussite de la transmission.
Lors de la transmission de petites entreprises, il ne s’agit pas seulement de
sauvegarder les entreprises elles-mêmes, mais aussi l’emploi qu’elles
représentent, leur savoir-faire, ainsi que l’équilibre social et économique de
leur région. C’est la raison pour laquelle les transmissions d’entreprises sont
devenues une préoccupation prioritaire des pouvoirs publics, qui ont adopté
un certain nombre de mesures,via notamment la loi du 1er août 2003 pour
l’initiative économique, la loi du 2 août 2005 en faveur des PME, de même
que les lois de finances. Ces mesures ont créé des avantages fiscaux pour les
vendeurs d’entreprises, notamment en ce qui concerne l’imposition de la
plus-value, les droits d’enregistrement et l’impôt sur le revenu25.
Outre ces avantages financiers, il existe des mesures destinées à faciliter le
processus de transmission du cédant au repreneur, et notamment un système
d’accompagnement qui permet aux retraités de poursuivre l’exercice d’une
activité professionnelle, ainsi que le versement d’une prime au cédant s’il
assure un certain accompagnement du repreneur.
25
Il s’agit, en particulier, d'exonérations fiscales supplémentaires sur la plus-value des entreprises,
d'exemptions des droits payables sur la modification du statut d’une société (exonération totale si la
société est reprise par un salarié), de la limitation à 30 000 euros des taxes sur les donations, de la
réduction des droits de donation en faveur d’enfants, de petits-enfants, de neveux et de nièces et des
personnes qui ont participé à la création de l’entreprise, ainsi que la possibilité de déduire de l’impôt
sur le revenu 25 % des intérêts payés sur un emprunt contracté pour financer l’acquisition d’une
entreprise.
37
Les «Bourses d’opportunité» ont été créées voici quelques années à
l’initiative d’un réseau de conseillers, dans le but de mettre en rapport la
demande et l’offre d’entreprises susceptibles d’être transmises. Aujourd’hui,
cet outil est en cours de modernisation et sera transformé en un portail
régional, auquel participeront également des experts-comptables et des
conseillers juridiques. Les bases de données les plus importantes et les plus
anciennes proposées par les chambres de commerce et d’industrie sont PMIContact pour la transmission d’entreprises industrielles et TranscommerceTransartisanat pour la transmission de commerces de détail et d’entreprises
artisanales:
•
•
PMI-Contact (www.pmicontatct.net) pour les régions ChampagneArdenne, Centre, Bourgogne, Massif central, Aquitaine, Midi-Pyrénées,
Languedoc-Roussillon,
Transcommerce-Transartisanat (www.transcommerce.com) pour les
régions Auvergne, Basse Normandie, Bourgogne, Centre, Haute
Normandie, Limousin, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, PoitouCharentes, Rhône-Alpes.
En dehors de ces deux bases de données, il convient de citer également:
•
•
•
•
•
•
Cible (www.ccible.fr/utilisateur/carte.asp) pour la région Rhône-Alpes;
Reprendre en Bretagne (www.reprendre.bretagne.org/index.jsp);
Transmettre pour le Nord-Pas-de-Calais (www.transmettre-ndpc.com);
ACT Contact (www.actcontact.net) dans les régions Aquitaine, MidiPyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur;
CCI Relais en Provence-Alpes-Côte d’Azur;
Passer le relais (www.passerlerelais.fr) pour les régions d’Île-de-France.
Le fonctionnement de «Passer le relais» fait l’objet d’une description
plus détaillée à titre d’exemple.
En général, la consultation des annonces dans ces bases de données est
gratuite (sauf dans le Nord-Pas-de-Calais), mais, dans certains cas, la
fourniture d’informations plus détaillées ou l’organisation de contacts est
payante. Toutes les plateformes proposent des services d’accompagnement,
dont les modalités diffèrent cependant. En ce qui concerne le placement des
annonces, il existe trois possibilités:
•
•
•
Soit seul l’intermédiaire (consultant) peut placer l’annonce pour le
compte d’un acheteur ou d’un vendeur, après avoir procédé à un premier
diagnostic du dossier sur la base d’une rencontre personnelle.
Soit le vendeur/acheteur peut placer une annonce lui-même après l’avoir
fait vérifier par un intermédiaire qui pourra, le cas échéant, y apporter
quelques modifications avant la mise en ligne.
Soit l’annonce est placée par les partenaires de réseau.
En vue d’améliorer encore le marché des transmissions d’entreprise, les
pouvoirs publics ont demandé au groupe OSEO (agence de financement et
38
d’accompagnement des PME) de mettre en place un portail national sur un
site Internet servant de structure faîtière aux différentes initiatives. Ce site
aura également pour tâche de relever les normes de qualité et d’offrir des
services de tutorat aux acheteurs et aux vendeurs.
Après quelques expériences initiales en 1995 (sur Minitel), les quatre
chambres de commerce et d’industrie de la région Paris-Île-de-France se
sont regroupées en 2001 dans le réseau «Passer le relais»
(http://www.passerlerelais.fr) en vue de mettre en commun leurs ressources
et leur savoir-faire, de développer le tutorat des vendeurs et des acheteurs, et
de rendre plus performantes leurs plateformes de transmission.
«Passer le relais» est plus qu’un simple marché. Cette base de données est
intégrée dans un vaste outil de sensibilisation et d’orientation. Outre les
informations sur les entreprises à transmettre, le site propose:
•
•
•
•
•
des informations techniques sur la transmission et l’achat d’une
entreprise,
des fiches pratiques à télécharger,
des actualités concernant les réglementations, les événements organisés,
les publications, etc.,
des contacts avec des experts de la Chambre de commerce et d’industrie
de Paris, spécialisés en matière de transmission,
un guide destiné à la sensibilisation.
Le contenu éditorial du site est fourni par les conseillers, les chambres de
commerce et d’industrie et les partenaires de réseau.
La Bourse d’opportunités contient des annonces rédigées selon un format
standard et offre des possibilités de recherche selon les critères suivants:
•
•
•
•
•
le secteur économique (5 groupes principaux et 57 activités
particulières),
la taille de l’entreprise: chiffre d’affaires (9 possibilités) ou nombre de
salariés (11 possibilités),
la situation géographique de l’entreprise,
le prix demandé,
la date de mise en ligne de l’annonce (annonces de la semaine, du mois).
La consultation des annonces est gratuite pour ceux qui sont affiliés au
réseau (coût annuel: 190 euros pour les acheteurs potentiels et 600 euros
pour les vendeurs potentiels) et qui peuvent ainsi recevoir des informations
plus détaillées (principaux indicateurs financiers pour les trois dernières
années, clientèle et histoire de l’entreprise, etc.). L’adhésion à la Bourse
d’opportunités donne accès à des espaces privilégiés du portail Internet,
permet de consulter de manière sécurisée des annonces intéressantes et de
recevoir par courrier électronique des informations sur des nouvelles
annonces dont le profil correspond aux critères définis par l’utilisateur.
39
L’affilié peut également modifier ses propres coordonnées (c’est-à-dire son
adresse postale, son numéro de téléphone ou son adresse électronique),
télécharger la présentation d’entreprises/d’acheteurs et demander
l’organisation d’un contact. L’affiliation à la Bourse d’opportunités donne
également droit à des consultations individuelles, à la participation à des
séances d’information et à l’envoi du magazine du réseau (cinq numéros par
an).
Afin de garantir une meilleure consultation des acheteurs et des vendeurs, les
informations sur le client, collectées par les conseillers, sont plus précises
que ne le nécessite la rédaction d’une annonce (activité, prix demandé,
situation géographique, actifs, chiffres clés de l’entreprise, etc.). Elles
comportent également des précisions sur l’histoire de l’entreprise,
l’organisation du personnel, la structure du capital, les moyens de
production, les magasins, etc.).
Aux conseillers du réseau, la base de données offre les possibilités suivantes:
•
•
•
•
•
disposer d’informations standards sur leurs membres (concernant le
vendeur, l’entreprise…),
suivre leurs membres (suivi des réunions, établissement de contacts,
suivi des transactions conclues),
suivre leurs activités (tableau d’indicateurs d’activité, outils pour la
gestion des factures, outils pour la gestion des non-payeurs, etc.),
mesurer le degré de satisfaction des clients (au moyen d’une enquête
dont les résultats sont traités automatiquement),
avoir accès à un observatoire du réseau. Il s’agit d’un calcul automatique
concernant les profils des acheteurs et des vendeurs, ainsi que les
transmissions réalisées dans le cadre du réseau «Passer le relais».
Comme tous les utilisateurs, les partenaires ont accès à l’ensemble des
annonces. Ils reçoivent également des informations complémentaires
concernant les membres du réseau (les mêmes que les membres).
Outre la diffusion d’annonces des acheteurs et des vendeurs dont ils ont euxmêmes la responsabilité, les partenaires peuvent directement mettre en ligne
les informations qu’ils souhaitent voir apparaître sur le portail.
Chaque année, plus de mille contacts sont organisés entre des acheteurs et
des vendeurs potentiels et plus de cent transferts sont accompagnés par des
conseillers du réseau «Passer le relais». Cela signifie que l’acheteur et le
vendeur ont été suivis par un conseiller et se sont rencontrés uniquement
dans le cadre de cette structure. En outre, de nombreux vendeurs et acheteurs
sont guidés dans la réalisation de leurs projets par le réseau «Passer le
relais», mais le transfert lui-même a lieu en dehors du réseau.
À l’heure actuelle, un service «commerces et services de proximité» est testé
sur la base de principes similaires et fait appel aux mêmes outils.
40
Si le financement de ces outils est assuré par les seules chambres de
commerce, la région Île-de-France, la Caisse des Dépôts et Consignations, la
FSE et des partenaires extérieurs doivent cofinancer les activités communes
(événements, publication de guides, etc.).
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Magali CESANA
Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie
([email protected])
41
3.5
Borsa delle Imprese (Italie)
Plus de trois millions de chefs d’entreprise italiens sont âgés de cinquante
ans ou plus et au moins 480 000 entreprises italiennes devront trouver un
repreneur au cours des huit à dix années à venir (environ 50 000 chaque
année).
En 1999, Unioncamere, l’Union nationale des chambres de commerce, a
effectué une étude de faisabilité pour analyser les principaux facteurs qui
conditionneraient la réussite d’un futur marché potentiel des transmissions
d’entreprises, y compris des informations relatives à des expériences pilotes
menées en Europe. Cette étude a permis de faire les constats suivants:
•
•
•
une masse critique est nécessaire pour assurer une activité suffisante du
marché (niveau régional au minimum),
le propriétaire du marché doit être placé au-dessus des parties (c’est-àdire qu’il doit s’agir d’un organisme public ou quasi public),
il importe de reconnaître la différence structurelle entre la transmission
automatique d’entreprises simples et de micro-entreprises sur un marché,
d’une part, et la transmission de sociétés plus structurées, nécessitant un
accompagnement, d’autre part.
Après la réalisation de l’étude pilote, le réseau national des chambres de
commerce est devenu un partenaire officiel dans le cadre du projet de
faisabilité transnational Eipcot, financé par l’UE au titre de l’initiative
«e-Content». Les réseaux nationaux français et espagnol de chambres de
commerce ont également été associés à ce projet. Celui-ci, qui s’est étendu
sur deux ans environ, a donné lieu à la création d’un portail pilote européen,
appelé Eurotransbiz (www.eurotransbiz.com).
À la suite de ces activités, le ministère italien de l’industrie a organisé en
2005 une table ronde sur la transmission d’entreprise, ainsi qu’un séminaire
national destiné à faciliter ce type de transmission. Dans le prolongement de
ces initiatives, le ministère a officiellement chargé le réseau national des
chambres de commerce de diffuser régulièrement dans tout le pays des
informations sur la transmission d’entreprise. Les outils mis en œuvre sur ce
marché sont prévus dans un plan national fondé sur l’expérience acquise au
niveau régional au cours de ces années. L’Italie s’efforce donc de tirer parti
de l’expérience et des meilleures pratiques d’autres pays européens. Un
élément italien spécifique consiste dans l’offre d’un tutorat facultatif aux
petites entreprises. Ce tutorat est considéré comme un aspect clé de la
préservation du patrimoine des petites entreprises et des micro-entreprises, à
un moment où elles courent le plus de risques.
La Borsa delle Imprese (accessible par le site www.generazionimpresa.com)
constitue le premier exemple concret d’une base de données régionale pour
les transferts d’entreprises. Depuis 2000, cette base de données est hébergée
par la Chambre de commerce de Bologne/Émilie-Romagne. En 2005, elle a
42
enregistré environ 1 000 connexions par mois. À l’heure actuelle, elle
contient quelque 150 annonces et son taux de réussite est de 30 %.
Il s’agit d’un marché virtuel classique qui vise à rapprocher les offres de
vente et les demandes de reprise. En effet, les annonces sont du type
«entreprises à transmettre/à vendre» (à court et à moyen terme) ou du type
«cherche entreprise à reprendre». Deux types de services sont proposés:
- des services en ligne: accès à la base de données du marché des
transmissions d’entreprises,
- des services hors ligne: conseils et assistance fournis tant à l’acheteur
qu’au cédant par des experts en transmission d’entreprise.
Les objectifs de la Borsa peuvent être décrits comme suit:
•
•
•
•
faciliter le processus de transmission des entreprises en créant un point
de rencontre de la demande et de l’offre,
informer les propriétaires sans successeur naturel sur les possibilités
d’assurer la pérennité de leur entreprise,
informer les successeurs potentiels qui recherchent de nouvelles
opportunités commerciales en reprenant une entreprise existante,
offrir des conseils et un accompagnement professionnel (tutorat
facultatif) en vue d’assister les acteurs durant le processus de
transmission.
Le principal groupe cible consiste dans les micro-entreprises (en priorité),
ainsi que dans les petites et moyennes entreprises.
Les informations relatives à la Borsa delle Imprese sont fournies
essentiellement par les chambres de commerce. Le service est fondé sur les
données disponibles sur le site de GenerAzionImpresa et est géré par la
Chambre de commerce de Bologne (www.generazionimpresa.com).
Pour l’heure, l’initiative couvre la région d’Émilie-Romagne. Toutefois, il
est prévu d’étendre cette couverture à l’ensemble du pays et de réaliser des
actions en coopération avec d’autres chambres de commerce et avec diverses
autres structures (associations, instituts, organismes privés ou publics, en
tant que tuteurs potentiels). Encouragée par cette initiative, la Chambre de
commerce de Cuneo, dans la région du Piémont (nord-ouest de l’Italie), a
lancé en 2005 un projet similaire, appelé «Successione di impresa», tandis
que la Chambre de commerce de Macerata, dans la région des Marches, dans
le centre de l’Italie, a pris une initiative qui devrait se concrétiser en 2006.
Les procédures d’utilisation de la base de données «Borsa delle Imprese»
sont différentes pour les cédants et les repreneurs.
Cédants: le propriétaire/cédant intéressé par le service peut s’adresser à
l’agence, à l’association ou à d’autres organismes. Le contact peut être établi
43
directement ou par Internet (en remplissant un formulaire en ligne) et est
suivi par un entretien approfondi avec le «conseiller en remplacement de
générations».
Chaque partenaire est le seul à disposer de la liste de ses propres
clients/utilisateurs, contenant l’ensemble des informations personnelles et
confidentielles relatives à l’entreprise. Le partenaire organise la base de
données selon une structure commune. Les fichiers sont ensuite téléchargés
dans une base de données centralisée, où les données personnelles et
confidentielles du cédant seront automatiquement cryptées. Le cédant est
identifié par un code, constitué de l’acronyme de l’agence/association
partenaire avec qui il est en contact, ainsi que d’un numéro d’ordre. La base
de données centralisée est accessible au public: elle peut être interrogée aussi
bien par les opérateurs du réseau que par tout utilisateur d’Internet. Sur la
base de ces données, les opérateurs du réseau peuvent procéder à un
appariement entre un cédant et un repreneur potentiel et identifier le
partenaire du projet qui est en contact avec le cédant.
Repreneurs: l’inscription sur la liste du cédant entraîne l’introduction des
critères de recherche du repreneur dans la base de données interrogeable
«Cherche entreprise à reprendre». Si une entreprise à vendre correspond aux
critères du repreneur, le propriétaire peut contacter celui-ci en passant par le
service. L’enregistrement du repreneur potentiel peut se faire soit en
contactant le conseiller, soit en remplissant sur Internet un formulaire qui
constitue une «autovérification» guidée préliminaire, permettant de procéder
à une première sélection sur la base de l’aptitude de l’intéressé à
l’entrepreneuriat.
Ensuite, lors d’une première réunion organisée avec le repreneur potentiel, le
conseiller vérifie le sérieux et la fiabilité de la demande (cette vérification
fait partie des services – payants – proposés hors ligne). Les données
personnelles ne peuvent être consultées que par les partenaires moyennant
un accès protégé par un mot de passe. Il appartient au conseiller de
l’organisme ayant reçu la demande d’identifier la proposition de vente ou
d’achat la plus appropriée et de prendre contact avec le conseiller de la
contrepartie identifiée. Le respect de la confidentialité est important: c’est la
raison pour laquelle les données personnelles de l’acheteur et du cédant ne
seront pas divulguées aux utilisateurs de la Borsa.
L’enregistrement et l’accès à la Borsa delle Imprese sont gratuits.
L’assistance apportée par les experts en transmission d’entreprise n’est pas
nécessairement la même pour le cédant que pour le repreneur. Son coût
dépend donc du service demandé et du prestataire de l’assistance.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Carlo SPAGNOLI
Unioncamere, Union italienne des chambres de commerce
44
([email protected])
M. Toni BRUNELLO
StudioCentro Veneto Sas
([email protected])
45
3.6
Bourse d’entreprises (Luxembourg)
Au cours des dix prochaines années, un tiers environ des entreprises
artisanales du Grand-Duché devront trouver un repreneur. Pour faciliter ce
processus, la Chambre des métiers26 a mis en place une bourse d’entreprises
où toutes les personnes et sociétés immatriculées au registre des entreprises
artisanales peuvent proposer la cession de leur entreprise (cédants). Le
candidat à la reprise d’une société (repreneur) doit posséder les
qualifications professionnelles requises ou être en train de les acquérir.
Depuis la création de la bourse, en 2000, plus de 300 clients se sont
enregistrés et quelque 1 800 contacts entre des cédants et des repreneurs
potentiels ont été établis. Le taux de réussite de la bourse est estimé à 10 %.
Il s’agit d’un service gratuit et un cédant peut, à tout moment et sans devoir
donner de raison, demander sa radiation du répertoire.
Pour s’enregistrer et être inscrit au répertoire des entreprises à transmettre, le
propriétaire doit remplir un formulaire relativement détaillé, appelé fiche
signalétique, où il précise le type d’entreprise, sa situation géographique, sa
forme juridique, le nombre et les qualifications des salariés, la ou les langues
dans lesquelles il opère, la superficie des installations, etc.. Toutefois, ces
informations détaillées ne sont pas rendues publiques car, dans un pays aussi
petit que le Luxembourg, elles permettraient trop facilement l’identification
des entreprises. En revanche, elles sont utilisées lors du processus
d’appariement (en vue d’éviter l’organisation de contacts manifestement
inutiles entre des repreneurs et des cédants).
La Chambre des métiers tient à jour l’ensemble complet des annonces
détaillées (secteur, région, taille) figurant dans le répertoire en ligne, et
publie à intervalles réguliers un extrait des annonces détaillées dans son
bulletin périodique intitulé «d´Handwierk».
Les personnes ou entreprises intéressées doivent prendre contact avec la
Chambre des métiers. En cas d’accord entre les deux parties, une première
rencontre sera organisée entre celles-ci. Lors des rencontres, la Chambre
jouera un rôle d’intermédiation et donnera des conseils gratuits sur les
aspects juridiques, financiers, etc.
Si la situation de l’artisanat au Grand-Duché semble globalement
correspondre à la situation généralement observée en Europe, il n’en va pas
de même pour les activités commerciales traditionnelles. En outre, si le
secteur de l’artisanat est surtout composé de petites et moyennes entreprises
(dont 50 % dans la construction et les activités connexes), et s’il s’agit
souvent d’entreprises individuelles, appartenant à des personnes qui ont des
26
Par le passé, une bourse de transmission séparée était également organisée par la Chambre de
commerce et d’industrie. Cette bourse sera relancée sous peu.
46
qualifications artisanales spécifiques, la part des commerces «indépendants»
traditionnels ne cesse de décroître à mesure que se multiplient les franchises
et les commerces affiliés à de grands groupes. La Chambre de commerce
(CCL) estime que plus de la moitié des quelque 14 000 commerces de détail
participent, d’une manière ou d’une autre, à une coopération commerciale
fondée sur le transfert de savoir-faire. Pour ces activités, qui relèvent du
franchisage ou impliquent l’affiliation à un grand groupe, la question d’une
transmission d’entreprise ne se pose normalement pas, puisque le franchiseur
récupère simplement ses droits à l’expiration du contrat. De plus, le
commerce «indépendant» subsistant consiste essentiellement en microentreprises ou en très petites entreprises qui sont souvent de type
«unipersonnel» et dont les possibilités de transmission sont fréquemment
limitées. Il en va de même pour les restaurants et les pubs. Par ailleurs, les
chefs d’entreprise des pays voisins de la «Grande région» sont attirés par ce
qu’ils considèrent comme de réelles opportunités en comparaison de ce
qu’ils peuvent trouver dans leur propre région.
Pour toutes ces raisons, la Chambre de commerce a créé, voici une dizaine
d’années, une plateforme d’échange d’entreprises, qui recense les entreprises
à vendre et les repreneurs potentiels. Les avis correspondants et les
modalités de participation peuvent être consultés sur le site de la Chambre de
commerce, à l’adresse www.cc.lu/bourse.php. Ces données sont également
publiées dans le bulletin mensuel «Merkur».
La plateforme de la CCL fonctionne selon des modalités comparables à
celles de la Chambre des métiers. Elle répertorie environ 250 vendeurs
potentiels et une centaine de repreneurs potentiels. Le taux de réussite est
estimé à 1 %.
Conjointement avec d’autres chambres de commerce de la «Grande région»,
la Chambre de commerce luxembourgeoise a récemment lancé une
plateforme transfrontalière qui sera accessible au départ des sites suivants
dès la fin juin 2006: www.bourse-entreprise.lu et www.bourseentreprises.org. Outre les personnes qui cherchent à vendre ou à reprendre
une entreprise (utilisateurs), la plateforme transfrontalière fait intervenir des
intermédiaires professionnels, préalablement agréés par la Chambre des
métiers dans les limites de leur compétence territoriale. Le repreneur
potentiel peut accéder librement à la plateforme et procéder à une recherche
anonyme, ou s’enregistrer en fournissant ses coordonnées et interroger la
base depuis un espace personnel. Une plateforme comparable sera mise en
place dans le cadre du projet «Wirtschaftsportal» qui couvre la région
SaarLorLux. Ce dernier portail s’adressera essentiellement aux parties
germanophones de la «Grande région», tandis que la «bourse-entreprises»
proposera plutôt ses services aux opérateurs francophones.
47
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Gilles SCHOLTUS
Ministère des classes moyennes, du tourisme et du logement
([email protected])
48
3.7
Ondernemingsbeurs (Pays-Bas)
En 2003, les Pays-Bas comptaient environ 748 100 chefs d’entreprise, dont
21 % étaient âgés de plus de 55 ans. Selon les estimations, le potentiel de
transmission sera de 18 000 entreprises par an au cours de la prochaine
décennie. Les Pays-Bas ont lancé plusieurs initiatives en vue de soutenir la
transmission d’entreprise, et notamment:
•
•
•
•
des adaptations fiscales (par exemple l’extension de l’exonération des
droits de succession et de donation, le report du paiement de l’impôt sur
le revenu des personnes physiques, le transfert silencieux (c’est-à-dire le
transfert de l’impôt sur le revenu des personnes physiques du vendeur à
l’acheteur), ou encore la possibilité de recourir à des mesures de
financement génériques pour les transmissions),
une campagne de sensibilisation: une boîte à outils «transmission» est
mise à la disposition de tous les chefs d’entreprise qui sont âgés de plus
de 55 ans et dont la société compte moins de 20 salariés,
«Mois de la transmission»: les chefs d’entreprise peuvent bénéficier de
conseils personnalisés, dispensés par des banques, des experts fiscaux et
des experts comptables auprès des chambres de commerce,
octroi de subventions à la plateforme «Ondernemingsbeurs».
Il existe plus de 60 plateformes pour la transmission d’entreprise,
comprenant un total d’environ 9 000 profils. La plupart de ces plateformes
sont de taille réduite et sont gérées par des intermédiaires. Les trois sites les
plus importants sont les suivants:
•
•
•
«Ondernemingsbeurs»: 1 800 profils (www.ondernemingsbeurs.nl),
MKBase: 2 500 profils (www.MKBase.nl),
Horecasite: 1 400 profils (www.horecasite.nl): bars, restaurants, hôtels.
MKBase et Horecasite sont des initiatives privées. L’«Ondernemingsbeurs»,
qui fonctionne depuis 2002, est gérée par les chambres de commerce
nationales, auxquelles l’adhésion est obligatoire pour les entreprises.
L’«Ondernemingsbeurs» contient 1 800 entrées au total, dont 1 100
concernent des entreprises à céder. La bourse a environ 400 intermédiaires
agréés (voir plus loin) et enregistre 34 000 connexions par mois. Elle compte
actuellement 11 000 utilisateurs enregistrés et chaque annonce donne lieu en
moyenne à 11 contacts (malgré la perception d’une redevance, voir plus
loin). Le pourcentage des annonces qui aboutissent à un transfert ou qui
donnent au moins lieu à des négociations sérieuses n’est pas connu avec
précision mais, sur la base du retour d’information en provenance des
intermédiaires, il est estimé à 25 %.
Chaque utilisateur d’Internet peut interroger la base «Ondernemingsbeurs».
Il est possible de créer un profil de recherche avec un service d’alerte par
courrier électronique lorsqu’un profil correspondant aux critères de
49
l’utilisateur apparaît dans la base de données. La recherche peut être faite
selon les critères suivants:
•
•
•
•
•
•
secteur,
branche d’activité,
sous-branche d’activité,
chiffre d’affaires,
région,
taille (personnel).
Toutes les informations sur les entreprises qui cherchent un repreneur ne
sont cependant pas accessibles directement. Pour obtenir des informations
détaillées, par exemple sur le nombre exact de salariés, l’utilisateur doit
d’abord s’enregistrer auprès de la bourse.
Les annonces ne peuvent être placées par les candidats vendeurs eux-mêmes,
mais uniquement par les intermédiaires, à savoir des banques, des
consultants, etc. Ces intermédiaires vérifient que l’entreprise est réellement à
vendre et qu’elle peut être placée dans la banque de données, tout en
garantissant l’anonymat des informations fournies par les cédants potentiels.
Les profils sont maintenus dans la base de données pendant six mois, mais
une prolongation est possible.
La chambre de commerce s’assure de l’exactitude des annonces en
comparant leurs données avec celles figurant dans des registres publics. Elle
vérifie en particulier si la société existe réellement, si sa raison sociale est
correcte, si elle n’a pas déposé son bilan, si le chiffre d’affaires et les
effectifs déclarés sont exacts et si une annonce concernant la même
entreprise n’a pas déjà été placée par un autre intermédiaire.
L’«Ondernemingsbeurs» est financée en partie par une subvention du
ministère des affaires économiques. Pour couvrir ses coûts et pour
restreindre l’utilisation de cet outil aux clients sérieux, elle applique
cependant la tarification suivante:
•
•
•
placement d’une annonce: 49 euros pour 6 mois,
offre pour annonces multiples: 495 euros, sans limitation,
prime de mise en contact: 12,50 euros par annonce.
L’appariement est organisé par les intermédiaires.
Outre la base de données et l’appariement, les intermédiaires proposent des
services plus spécifiques. Les critères de recherche d’un intermédiaire sont
la région et la spécialisation.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Annemiek HAUTVAST
Ministère des affaires économiques
([email protected])
50
3.8
Nachfolgebörse (Autriche)
Selon l’Institut autrichien de recherche sur les PME, environ 51 500 PME
autrichiennes27 devront trouver un repreneur entre 2004 et 2013. Ce chiffre
correspond à 23 % des entreprises autrichiennes. Près des deux tiers des
transmissions potentielles concernent des entreprises occupant moins de cinq
salariés, et 17 % concernent des entreprises comptant jusqu’à neuf salariés.
Il s’agira donc de micro-entreprises dans 82 % des cas, de petites entreprises
dans 16 % des cas et d’entreprises moyennes dans 3 % des cas seulement.
En ce qui concerne les différentes branches d’activité, ce sont surtout les
entreprises de l’artisanat, des transports et du commerce qui sont
susceptibles de faire l’objet d’une transmission. Les entreprises de
construction et les entreprises des branches connexes, les boulangeries, les
boucheries et les salons de coiffure seront concernés en premier lieu. Sauf
dans quelques rares cas (les entreprises textiles, par exemple), les
transmissions seront comparativement peu nombreuses (20 %) dans le
secteur industriel. Elles seront moins nombreuses encore dans les domaines
de l’information et de la consultance (14 %) parce que, dans ces secteurs,
l’âge des chefs d’entreprise est en moyenne inférieur de deux à cinq ans à
celui des chefs d’entreprise des autres secteurs.
Si les défis liés à la transmission d’entreprise sont valablement maîtrisés au
cours de la décennie à venir, environ 438 000 emplois pourraient être
préservés: ce chiffre représente le quart de l’emploi total de l’économie
industrielle. Quelque 37 % des personnes qui risquent d’être affectées par les
transmissions travaillent dans l’artisanat, un quart environ dans le secteur
commercial et 16 % dans le secteur du tourisme.
Ces dernières années ont vu le lancement de mesures qui facilitent
directement ou indirectement le processus de transmission des entreprises:
ces mesures ont assoupli les conditions générales fixées par la législation et
permettent l’octroi d’aides à des conditions favorables. Il convient de
mentionner en particulier les lois les plus récentes modifiant le NEUFÖG et
l’AVRAG28 (en vigueur depuis 2002). La modification du NEUFÖG
exempte les transmissions d’entreprises de différentes redevances
administratives (par exemple pour l’inscription au répertoire des sociétés) et
de diverses taxes liées à l’acquisition de parts et de sites d’entreprises dans le
cadre de la transmission. L’AVRAG réglemente le versement d’indemnités
27
Les entreprises individuelles ne sont pas incluses, car leur transmission correspond en fait à un
nouveau démarrage en raison des liens étroits qui existent entre l’entreprise et son propriétaire.
28
NEUFÖG signifie Neugründungs-Förderungsgesetz (loi sur l'assistance à la création d'entreprises
nouvelles) et AVRAG, Arbeitsvertragsrechts-Anpassungsgesetz (loi sur l’adaptation de la législation
relative aux contrats d’emploi).
51
de licenciement en cas de transmission, ce qui allège considérablement les
charges de l’ancien propriétaire.
La prime à la succession de l’AWS (Austria Wirtschaftsservice), de la
Chambre économique fédérale d’Autriche et des Länder autrichiens est une
mesure destinée à soutenir les chefs d’entreprise et les PME qui sont sur le
point de conclure une transmission. S’inspirant de la prime à la création
d’entreprise (précédemment «économie en cas de création d’entreprise»), qui
existe depuis 1996, la prime à la succession est désormais accordée
spécifiquement en cas de transmission pour faciliter la constitution du capital
social. Le capital économisé (sur deux à six ans) qui est ensuite utilisé pour
créer ou reprendre une autre entreprise peut bénéficier d’une prime non
remboursable de 14 %, octroyée par l’État.
Dans le domaine des aides à conditions de faveur, il convient de mentionner
l’initiative «Succession», qui consiste en un réseau d’experts. Outre les
conseils, le travail de relations publiques de ce réseau doit être souligné, car
il contribue largement à sensibiliser le public à cette question. Les activités
de formation professionnelle et de formation complémentaire ont également
été intensifiées (par exemple dans le cadre d’ateliers et de séminaires). De
nombreux événements sont organisés par la Chambre économique fédérale
d’Autriche au niveau national et régional sur tout le territoire du pays. Ces
événements ont pour but d’offrir une plateforme où peuvent se rencontrer les
cédants et les repreneurs potentiels, ainsi que de sensibiliser le public à la
transmission en tant que voie possible vers la création d’une entreprise.
En Autriche, il existe deux grands marchés29 pour la transmission
d’entreprise, mis en place par des organismes publics:
•
•
www.nachfolgeboerse.at, lancé par la Chambre économique fédérale
d’Autriche30,
www.nachfolgeboerse-wien.at, lancé par la Chambre économique de
Vienne.
La base de données «Nachfolgebörse (NFB)» a été créée en 1999 (et
relancée dans un format amélioré en 2003) par le service de création
d’entreprises et la jeune chambre de la Chambre économique fédérale
d’Autriche (Junge Wirtschaft Österreich/Gründer Service).
À l’heure actuelle, la bourse contient plus de 1 000 offres de vente
d’entreprises et plus de 300 demandes de reprise. Depuis mars 2003, environ
29
Des offres de transmission d’entreprise figurent également sur les sites de sociétés de consultance et
de cabinets d’experts-comptables, mais il ne s’agit généralement pas de bases de données
interactives.
30
Des liens vers cette bourse peuvent également être trouvés aux adresses suivantes:
http://meinmarktplatz.wko.at et http://www.jungewirtschaft.at/businessportal.
52
603 000 visiteurs se sont connectés à la «Nachfolgebörse» pour se procurer
des informations sur des entreprises susceptibles d’être transmises.
L’utilisation de la base de données n’est pas limitée aux membres de la
Chambre économique fédérale d’Autriche, mais est également ouverte aux
non-membres. Cette utilisation est gratuite.
Toute personne cherchant à transmettre ou à reprendre une entreprise peut
consulter la base de données. Le profil de recherche offre les possibilités
suivantes:
•
•
•
•
•
•
•
•
région,
secteur,
chiffre d’affaires,
nombre de salariés,
taille de l’entreprise (en m²),
type d’acquisition (location/location-bail/achat/rente),
situation géographique (siège de la société),
mots clés.
Pour placer une annonce – qu’il s’agisse d’une offre de vente ou d’une
demande de reprise –, il est nécessaire de s’enregistrer. Lors de
l’enregistrement, l’utilisateur doit indiquer son nom, son activité et ses
coordonnées. Ces données ne sont pas publiées et les utilisateurs peuvent
conserver l’anonymat s’ils le souhaitent.
Normalement, les annonces sont placées directement par les utilisateurs et
sont mises en ligne immédiatement. (Les utilisateurs sans accès Internet
peuvent envoyer leurs annonces par télécopie.) Les annonces ne sont
soumises à aucun examen systématique et la «Nachfolgebörse» ne vérifie
pas l’exactitude des annonces placées par des utilisateurs. Toutefois, les
annonces manifestement inappropriées (faisant par exemple de la publicité
pour des produits ou des services) sont éliminées par les administrateurs.
C’est l’utilisateur qui décide de la longueur de son annonce, mais certaines
obligations d’information minimums doivent être respectées: ainsi, il y a lieu
de préciser le type de reprise souhaité (location/location-bail/achat/rente), la
raison sociale, une description et le chiffre d’affaires. Le texte des annonces
peut être modifié à tout moment et il appartient à l'utilisateur de tenir son
annonce à jour. L’utilisateur peut également limiter la durée d’affichage de
l’annonce, mais il n’y a pas de durée maximum.
La «Nachfolgebörse» n’offre pas de service d’appariement. Pour établir un
contact, un utilisateur enregistré peut envoyer un message à la boîte aux
lettres de la personne qui a placé l’annonce. Celle-ci sera informée par
courrier électronique (ou, occasionnellement, par téléphone par un
gestionnaire de la NFB, ou encore par fax) de la demande de mise en
contact. Les premiers contacts entre des membres de la bourse peuvent rester
anonymes, seule l’identité de l’utilisateur étant divulguée.
53
Outre le système électronique, une assistance personnelle des gestionnaires
de la NFB (par exemple sous forme de conseils) est proposée.
La «Nachfolgebörse Wien» (http://www.nachfolgeboerse-wien.at) est
hébergée par la Chambre économique de Vienne. Cette base de données
existe depuis quinze ans, mais a été relancée en 2004. À l’heure actuelle, elle
contient plus de 430 offres et reçoit plus de 1 000 demandes par an.
Pour pouvoir utiliser la base de données, il est nécessaire de s’enregistrer.
L’affiliation à la Chambre économique de Vienne n’est pas obligatoire et le
service est gratuit.
La «Nachfolgebörse Wien» peut être interrogée selon les critères suivants:
•
•
•
•
•
•
•
district,
rue,
zone commerciale,
taille de l’entreprise (en m²),
chiffre d’affaires,
secteur,
type d’acquisition (location/location-bail/achat/rente).
La base de données ne contient que des annonces de cédants, portant sur des
entreprises susceptibles d’être transmises, mais pas d’annonces émanant de
repreneurs potentiels. Les annonces ne peuvent être placées que par
l’organisme hébergeur. Les informations minimums à fournir par un cédant
potentiel sont le secteur et le type de transmission souhaité; toutes les autres
informations relatives à l’identité du cédant peuvent rester anonymes. La
durée d’affichage peut être fixée par l’utilisateur. Si aucune durée n’est
spécifiée, les gestionnaires de la NFB Vienne prennent contact avec le
cédant toutes les douze semaines en vue de tenir l’annonce à jour.
La base de données n’offre pas de service d’appariement. Dans le cas d’une
annonce anonyme, les repreneurs potentiels peuvent prendre contact
directement avec les gestionnaires de la NFB Vienne, qui les mettront en
rapport avec les cédants potentiels et qui peuvent également les informer au
sujet des possibilités de transmission. La fonction des gestionnaires de la
NFB Vienne consiste à rapprocher les deux parties et à soutenir la
transmission dès le départ (par exemple en étant présents lors d’une première
rencontre entre les parties concernées)31.
Outre le service de la base de données, une assistance personnelle des
gestionnaires de la NFB Vienne (par exemple sous forme de conseils) est
proposée.
31
Il convient de noter que la mise en place d’outils supplémentaires de recherche, d’examen et
d’appariement est prévue pour 2006.
54
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Peter VOITHOFER
KMU Forschung Austria
([email protected])
55
3.9
Yrittajat (Finlande)
Des 230 000 entreprises que compte la Finlande, entre 60 000 et 80 000
(dont 95 % de PME) devraient faire l’objet d’une transmission au cours des
huit à dix années à venir. Un quart des chefs d’entreprise concernés pensent
qu’ils ont un successeur, 15 % se contenteront de liquider leur entreprise et
60 % environ n’ont pas encore de projets précis. La nécessité de la
transmission d’entreprise est plus grande dans les industries traditionnelles,
telles que l’ingénierie mécanique et le commerce de détail, que dans les
«nouvelles industries», comme l’informatique, de nombreux types de
services, etc.
En Finlande, le nombre de chefs d’entreprise âgés de plus de 50 ans s’accroît
régulièrement et dépassait 67 000 en 2004. Selon certaines études, quelque
40 000 PME devraient faire l’objet d’un transfert de propriété au cours des
cinq prochaines années. On estime que ces changements de génération et de
propriété affecteront plus de 100 000 emplois en Finlande.
De nombreuses séances d’information sur la préparation de ces changements
ont été organisées en coopération avec les structures mises en place à cet
effet par des associations et des entreprises finlandaises. En outre, le
ministère du commerce et de l’industrie a mis en place divers services de
développement destinés à soutenir les changements de génération et de
propriété en coopération avec les centres de développement économique et
de l’emploi (centres TE).
Les centres TE proposent notamment aux PME un service intitulé «Passer le
témoin» en vue de la planification de la transmission d’une entreprise soit à
l’intérieur de la famille, soit à un nouveau propriétaire. L’objectif de ces
services est d’analyser la situation et les anticipations de ceux qui veulent
céder et de ceux qui veulent reprendre une entreprise, ainsi que de clarifier
des questions concernant la fiscalité, les aspects juridiques et des formes de
financement alternatives. Parmi les objectifs sociaux du programme, il
convient de citer la promotion de la pérennité et du développement des
activités commerciales, de même que la préservation des qualifications et
des emplois des salariés. En outre, les centres TE organisent divers services
de formation et de développement à l’intention des entreprises qui subissent
un changement de génération, y compris celles qui poursuivent leur activité,
dans le but d’améliorer les qualifications commerciales des opérateurs et de
développer les entreprises.
En Finlande, il existe également divers types de mécanismes financiers pour
financer les changements de génération ou de propriété. Le financement est
le plus souvent assuré à l’aide de prêts bancaires. Outre les banques, la
société de financement spécialisée Finnvera plc propose un instrument
appelé Yrittäjälaina («prêt au chef d’entreprise») qui permet de financer des
transferts de propriété, des changements de génération et des acquisitions
d’entreprises.
56
Des services d’experts sont proposés par des consultants, des avocats, des
experts-comptables et des notaires dans des domaines tels que les aspects
législatifs, la détermination de la valeur des entreprises et la fiscalité. Les
experts sont assez nombreux et la couverture géographique est bonne.
Outre les mesures de soutien décrites ci-dessus, une attention importante est
portée à la recherche d’un successeur ou d’un acquéreur approprié, car il
s’agit là fréquemment d’un problème majeur pour les entreprises. En
Finlande, il existe plusieurs marchés pour la transmission d’entreprise, qui
ont une couverture régionale et sont ouverts à tous, de même qu’il existe une
plateforme nationale, appelée Yrityspörssi («bourse d’entreprises»), créée
par la Fédération des entreprises finnoises. Cette plateforme
(www.yrittajat.fi/yritysporssi) est gérée par Sypoint Oy pour le compte de la
Fédération des entreprises finnoises.
En 2005, quelque 400 annonces figuraient sur Yrityspörssi. Près de 90 % de
ces annonces étaient des offres de vente, alors que les demandes de reprise
ou de financement étaient peu nombreuses. La plupart des offres de vente
concernaient des entreprises opérant dans les secteurs du commerce de
détail, de l’industrie, de la transformation et des services. Les demandes de
reprise concernaient principalement des entreprises de services, notamment
dans le domaine de la comptabilité.
Les annonces sur Yrityspörssi sont placées dans la banque de données pour
une durée de six mois moyennant paiement de 60 euros + TVA. Elles
peuvent également être publiées dans le magazine de la Fédération des
entreprises finnoises et dans la revue commerciale Kauppalehti. Deux
annonces dans chacune de ces publications coûtent 295 euros + TVA, et le
texte des annonces peut être envoyé par courrier électronique, courrier postal
ou fax.
Chaque mois, Yrityspörssi recense plus de 21 000 visiteurs intéressés par la
vente ou la reprise d’une entreprise, ainsi que 9 000 autres connexions. Le
nombre d’annonces, de réponses et de visites sur le site d’Yrityspörssi
s’accroît régulièrement.
Un suivi des transactions réalisées grâce à cette base de données a lieu
depuis l’automne 2004. À cet effet, un questionnaire est envoyé à l’auteur de
l’annonce quatre mois après la publication de celle-ci. Ce questionnaire peut
également être rempli sur le site d’Yrityspörssi. Sur une période d’un an,
126 réponses ont été reçues, dont 8 % annonçaient que l’entreprise avait été
vendue, tandis que 23 % indiquaient que des négociations étaient en cours.
Les répondants estimaient qu’ils avaient reçu en moyenne 3,5 réponses de
partenaires potentiels grâce à la base de données. Selon les données ainsi
collectées, 37 % des personnes qui avaient fait appel à Yrityspörssi
considèrent ce service comme très utile et 56 %, comme plutôt utile.
57
L’action des bourses d’entreprises régionales est également visible dans les
annonces publiées sur Yrityspörssi. Certains opérateurs souhaitent placer
leurs annonces dans des bases de données régionales qui coopèrent avec
Yrityspörssi: il existe des liens entre les sites Internet d’Yrityspörssi et des
plateformes régionales, de sorte que les clients peuvent facilement trouver ce
qu’ils cherchent sur le même site.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Sirpa ALITALO
Ministère du commerce et de l’industrie
([email protected])
58
4
CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES MARCHES POUR LA TRANSMISSION
D’ENTREPRISE
Le présent chapitre se propose d’examiner les préalables et les facteurs de réussite
qui doivent être réunis pour qu’une base de données sur les transmissions
d’entreprises puisse fonctionner valablement. Il est clair que le succès d’un marché
dépendra de divers facteurs et de différentes conditions cadres, telles que les
prescriptions juridiques, les attitudes vis-à-vis d’activités commerciales ou de
services de soutien spécifiques, etc. La liste qui va suivre doit dès lors être
considérée comme une énumération d’éléments indispensables, et non comme une
description exhaustive des caractéristiques que devraient idéalement présenter les
bases de données. En outre, il existe des liens étroits entre certains des aspects
décrits, de sorte que ceux-ci ne peuvent être considérés isolément dans la pratique.
4.1
Masse critique, marchés intégrés et financement
La fonction principale des bases de données pour les transmissions
d’entreprises est de fournir un «service de découverte», c’est-à-dire de
permettre aux repreneurs potentiels de connaître l’existence de vendeurs
potentiels, et inversement. Pour que le nombre d’appariements potentiels soit
aussi grand que possible, il importe que les bases de données elles-mêmes
soient aussi complètes que possible.
S’il est vrai que le simple fait de faire figurer côte à côte, dans une base de
données ou sur une plateforme informatisée, des marchés qui n’ont aucun
lien entre eux a peu de chances de résoudre le problème de la masse critique
(un charpentier souhaitant reprendre une entreprise n’est pas forcément
intéressé par des annonces concernant des restaurants), la question est de
savoir dans quelle mesure il n’existe réellement aucun lien entre les marchés.
En raison de la libéralisation des activités artisanales, par exemple, les
frontières traditionnelles entre différentes activités tendent à s’estomper et il
devient plus intéressant pour un repreneur potentiel d’obtenir des
informations en provenance de plusieurs secteurs.
En outre, le coût marginal de l’extension d’un marché et d’une base de
données jusqu’à en faire un outil exhaustif est parfois très faible, voire nul,
surtout s’il existe un organisme faîtier, tel qu’une chambre de commerce, qui
peut s’en charger.
Outre le risque que les acheteurs et vendeurs potentiels ne trouvent pas de
partenaire approprié sur des marchés fragmentés, il existe également sur
chaque marché le dilemme habituel de la masse critique. Si le marché est
petit, il n’est pas intéressant de s’enregistrer dans la base de données et s’il
59
n’est pas intéressant de s’enregistrer dans la base de données, le marché
restera petit32.
Afin de créer la masse critique nécessaire pour rendre un marché attractif, il
importe donc que les frais d’entrée pour les premiers utilisateurs soient peu
élevés, ce qui exige à son tour certains investissements initiaux des créateurs
de la base de données. Ce n’est que quand celle-ci aura atteint une certaine
taille qu’elle pourra éventuellement être financée par les redevances des
utilisateurs.
Pour constituer, à l’intérieur d’une seule base de données, un portefeuille
important de sociétés susceptibles d’être transmises, la création d’un marché
des transmissions européen pourrait également être envisagée. On peut
cependant se demander si cette solution apporterait une véritable valeur
ajoutée. À l’heure actuelle, il semble plus réaliste de tendre vers une certaine
convergence des bases de données nationales par un échange de bonnes
pratiques. Les organismes hébergeurs de bases de données nationales
devraient cependant envisager de proposer systématiquement des liens vers
les bases de données d’autres pays, et notamment des pays limitrophes.
4.2
Un organisme hébergeur impartial
L’existence d’un organisme impartial et fiable pouvant héberger une vaste
base de données constitue un préalable essentiel au succès d’une plateforme
de transmission d’entreprise. Dans certains pays, cette fonction peut être
remplie par les chambres de commerce, les chambres de commerce et
d’industrie et/ou les chambres des métiers (surtout si l’affiliation à une de
ces chambres est obligatoire). Si l’hébergement de la base de données est
assuré par un organisme de cette nature, l’activité du service s’en trouvera
accrue, puisqu’il est probable que ces organismes seront approchés par des
cédants et des repreneurs/successeurs potentiels.
Même quand l’affiliation à une chambre de commerce ou des métiers n’est
pas obligatoire, de grandes organisations commerciales (fédérations
d’entreprises ou d’employeurs) peuvent héberger des bases de données
lorsque le marché (c’est-à-dire les agences commerciales, les banques, etc.)
n’offrent pas de solutions appropriées au problème que pose le
rapprochement de l’offre et de la demande, comme c’est souvent le cas pour
les petites entreprises.
Quand l’affiliation et le versement de cotisations à un organisme (tel qu’une
chambre de commerce) sont obligatoires, les services de la base de données
pourraient être proposés gratuitement ou en échange d’une très modeste
32
Voir par exemple Wellmann (2004), Online Marketplaces, in: Singh, M.P. (éditeur), Practical
Handbook of Internet Computing, également disponible à l’adresse suivante:
http://ai.eecs.umich.edu/people/wellman/pubs/phic04.pdf.
60
contribution, puisque la base de données pourrait être soutenue
financièrement par l’organisme qui l’héberge. À cet égard, il importe
cependant de savoir si le service de la base de données est considéré comme
faisant partie de l’activité de base de l’organisme ou s’il est proposé comme
un service additionnel qui doit être payant pour être viable à long terme. En
tout état de cause, une redevance pourrait être jugée indispensable pour
écarter les utilisateurs qui ne seraient pas réellement intéressés par la vente
ou l’acquisition d’une entreprise.
En particulier lorsque les bases de données sont (entièrement ou
partiellement) financées par les pouvoirs publics ou par des cotisations
obligatoires, il importe d’assurer un suivi systématique des contacts
organisés par le service de la base de données, ainsi que de la contribution
qu’apporte la base de données à la transmission d’entreprise. Un «taux de
réussite» pourrait être calculé annuellement sous forme du rapport entre le
nombre d’entreprises en portefeuille et le nombre de transmissions et de
négociations sérieuses trouvant leur origine dans la base de données. Une
publication régulière de ces chiffres pourrait faciliter l’acceptation de la base
de données par le public (notamment en cas de financement par les pouvoirs
publics).
4.3
Sensibilisation, publicité et visibilité
D’une manière générale, les micro-entreprises et les petites entreprises ne
sont guère sensibilisées aux mesures de soutien aux entreprises, de sorte
qu’elles y font rarement appel. En particulier, les petites entreprises
déclarent qu’elles éprouvent de sérieux problèmes à s’informer sur les
services proposés33. Cette constatation vaut également pour les marchés des
transmissions d’entreprises. Dans de nombreux pays, ces marchés manquent
de visibilité, dans la mesure où de nombreux cédants ou repreneurs
potentiels en ignorent l’existence, même quand ces plateformes sont
accessibles sur Internet et peuvent donc être facilement consultées. Pour
porter remède à ce problème, plusieurs mesures peuvent être prises, et
notamment:
•
•
•
•
33
l’utilisation d’un nom de domaine court, simple et évident,
la diffusion de dépliants et d’autres publications lors d’événements
appropriés (séminaires de chefs d’entreprise, foires commerciales,
expositions, etc.). L’expression «événement approprié» ne doit pas être
interprétée dans un sens trop étroit, par exemple comme une séance
d’information sur la transmission d’entreprise,
la publicité et le «bouche à oreille» des utilisateurs satisfaits,
l’abaissement des barrières techniques et administratives que doivent
affronter les utilisateurs.
Voir par exemple Sheikh, S.; Pecher, I.; Steiber, N.; Heckl, E. (2002), Support Services for Micro,
Small and Sole Proprietor’s Businesses, Austrian Institute for Small Business Research.
61
4.4
Informations fournies/Possibilités de recherche/Structure de la base de
données
Afin de réduire les asymétries en matière d’informations entre le repreneur et
le cédant, et pour accroître le nombre de cédants et de repreneurs potentiels,
il importe de définir des normes minimums en ce qui concerne les
informations présentées. Comme il est impossible de prédire quel type
d’information est le plus important pour les utilisateurs, les indications
relatives aux entreprises individuelles et aux successeurs potentiels devraient
être structurées de telle manière que la base de données puisse être
interrogée selon les différents types d’informations disponibles.
Une distinction devrait évidemment être faite entre les offres de vente et les
demandes de reprise. Pour les offres de vente, les critères de recherche les
plus courants sont les suivants:
•
•
•
•
•
•
•
secteur ou branche d’activité (souvent selon la nomenclature NACE),
zone géographique (par exemple: régions, villes, codes postaux),
taille (par exemple: nombre de salariés et/ou chiffre d’affaires, par classe
de taille pour empêcher une identification facile des entreprises),
mode de transmission souhaité (location, location-bail, vente…),
date/période de transmission souhaitée,
critères de sélection particuliers des repreneurs (licences, qualifications,
etc.),
(fourchette de) prix.
Les informations suivantes pourraient être fournies à l’intention des
repreneurs potentiels:
•
•
•
•
•
•
•
•
secteur ou branche d’activité (souvent selon la nomenclature NACE),
implantation géographique préférée,
taille préférée,
mode d’acquisition souhaité,
date de reprise souhaitée,
volonté de rester impliqué au cours d’un processus prolongé de
transmission et de cession,
fourchette de prix,
autres informations personnelles pertinentes (licences, qualifications,
etc.).
Il serait préférable que ces critères de recherche puissent être combinés selon
les souhaits de l’utilisateur. En outre, ce dernier devrait pouvoir choisir
l’option «tous les critères» s’il ne souhaite pas limiter son choix. En général,
une recherche par mots clés est également utile.
62
4.5
Protection de l’anonymat et organisation de contacts
La protection de l’anonymat revêt une importance capitale, notamment pour
les vendeurs potentiels34. Si des clients apprennent qu’une entreprise va être
vendue, ils risquent de mettre fin à leurs relations avec cette entreprise par
crainte de la voir disparaître ou changer prochainement. La valeur de
transmission de l’entreprise pourrait ainsi se détériorer.
En conséquence, les offres de vente seront presque toujours rédigées d’une
manière qui ne permet pas une identification facile. En fonction de la
situation spécifique (taille du pays ou de la région, nombre d’entreprises
d’une certaine taille et d’un certain type), les descriptions données dans les
annonces doivent rester quelque peu vagues. Les repreneurs potentiels
devraient dès lors avoir la possibilité de prendre contact avec l’entreprise
elle-même et/ou avec un intermédiaire pour obtenir un complément
d’information. Pour recevoir les précisions souhaitées, il devra normalement
révéler sa propre identité, afin que le vendeur ait l’assurance qu’il ne traite
pas avec un client ou un concurrent.
4.6
Aspects techniques (appariement, durée, qualité)
Un appariement complexe d’offres de vente et de demandes de reprise ne
constitue pas un préalable à la réussite d’une initiative. Il est cependant utile
que les candidats acheteurs puissent définir un profil de recherche et soient
informés (par exemple par courrier électronique) lorsqu’une entreprise
correspondant à ce profil apparaît dans la base de données.
Certaines plateformes limitent la durée d’affichage pour éviter que des
annonces anciennes, devenues sans objet, s’accumulent et provoquent le
mécontentement des utilisateurs qui cherchent à entrer en contact avec une
entreprise qui n’est plus à vendre. Comme la transmission d’une entreprise
est un processus qui dure généralement longtemps, la durée d’affichage des
annonces dans la base de données ne doit pas être trop restreinte: la durée
minimum prévue par les plateformes présentées dans ce rapport est de six
mois, mais une prolongation est habituellement possible.
D’une manière générale, il semble utile que l’organisme hébergeur assure un
contrôle de qualité et une certaine maintenance pour garantir que les
informations fournies restent valables et soient conformes à certaines normes
de qualité minimums.
34
À l’exception de la nouvelle base de données de la Région wallonne, qui assurera également
l’anonymat complet des repreneurs potentiels, les marchés présentés dans ce rapport mettent
davantage l’accent sur la protection de l’anonymat des vendeurs.
63
4.7
Importance de l’intermédiation et d’autres services
Une transmission d’entreprise sera souvent précédée d’un processus de
négociation prolongé, qui portera sur des questions délicates, telles que le
prix, le mode de paiement et les modalités de la transmission. Quand un
acheteur et un vendeur potentiels se sont trouvés par l’intermédiaire d’une
base de données, la partie la plus difficile de la transmission est encore à
venir. C’est la raison pour laquelle les services d’intermédiation
supplémentaires qui sont proposés seront bien souvent utiles.
Outre cette intermédiation, d’autres services, tels que des conseils
(concernant par exemple les aspects techniques et juridiques, l’évaluation,
etc.) peuvent être fournis par l’organisme hébergeur. À cet égard, les clients
seront sans doute heureux de pouvoir faire appel à un réseau de consultants
d’entreprise au sens le plus large et à d’autres acteurs pouvant être utiles aux
cédants comme aux repreneurs (par exemple des conseillers fiscaux, des
experts-comptables, des avocats, des notaires, des chambres du travail et du
commerce, des services de sécurité sociale, l’administration fiscale, des
médiateurs interpersonnels, des psychologues, etc.). Aux plus petites
entreprises notamment, la fourniture d’une «liste de contacts utiles» pourrait
permettre de réaliser d’importantes économies de temps, d’argent et
d’efforts.
D’autres services pourraient s’occuper de la coopération avec d’autres
marchés de transmission d’entreprise, par exemple en prévoyant des liens
vers ces marchés ou en assurant l’intégration/la mise en réseau de certains
éléments du service avec différents hébergeurs publics ou privés (voir plus
haut). Dans ce contexte, la perspective d’une coopération transfrontalière ne
manque pas d’intérêt et pourrait apporter une plus-value supplémentaire au
marché.
Les services supplémentaires proposés pourraient aller jusqu’à la fourniture
d’informations pertinentes sur les divers secteurs d’activité (et en particulier
sur le potentiel futur de ceux-ci) ou d’informations générales sur les aspects
auxquels il convient d’être attentif avant, pendant ou après le transfert.
4.8
La solution du portail Internet
Dans certains pays, des agences commerciales et des organismes du secteur
privé ont déjà mis en place d’importantes bases de données rassemblant des
offres de vente ou des demandes de reprise, parfois dans un secteur industriel
ou géographique (par exemple régional) déterminé. C’est ainsi qu’au
Royaume-Uni, deux bases de données existantes, gérées par Daltons et
«businessesforsale.com», proposent à tout moment plus de
34 000 entreprises à reprendre. L’échec d’un marché pourrait donc être dû
davantage à un manque d’informations sur les bases de données existantes
qu’à la création insuffisante de bases de données nouvelles.
64
Dans ces conditions, l’existence d’un portail Internet financé par les
pouvoirs publics est importante: un tel portail doit pouvoir donner accès à un
vaste éventail de conseils aux entreprises, y compris des indications claires
pour l’accès à ces bases de données, et encourager notamment les repreneurs
potentiels à s’y intéresser davantage et à y recourir plus souvent.
65
APERÇU:
CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES BASES DE DONNEES DES MARCHES
POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE
•
Il importe d’éviter la fragmentation des bases de données nationales (par exemple au
niveau des secteurs économiques, des professions et métiers et des régions). S’il est
impossible de créer une base de données nationale, il y a lieu d’envisager à tout le moins la
mise en place d’un portail national pour l’ensemble des bases. Les bases de données
nationales devraient également proposer des liens vers des plateformes bien établies dans
d’autres pays.
•
L’existence d’un hébergeur neutre et fiable conditionne de manière fondamentale la
réussite d’une base de données sur la transmission d’entreprise. Les chambres d’industrie et
de commerce, les chambres des métiers et les organismes similaires semblent être des
opérateurs tout indiqués pour remplir cette fonction.
•
L’existence des marchés doit être portée à la connaissance de leurs utilisateurs potentiels.
La sensibilisation peut être améliorée par le choix d’un nom de domaine approprié, de la
publicité, des campagnes de sensibilisation et la diffusion d’informations dans des
contextes analogues (par exemple lors de séminaires organisés par des chambres de
commerce et portant sur d’autres domaines).
•
Les repreneurs potentiels d’entreprises devraient avoir à tout le moins la possibilité
d’interroger la base de données selon les critères du secteur économique et de l’activité, de
la situation géographique (région, voire ville) et de la taille (les classes de taille étant
définies par le nombre de salariés et/ou le chiffre d’affaires). Le prix (ou la fourchette de
prix) et la date de transmission envisagée constituent d’autres critères de recherche utiles.
•
La préservation de l’anonymat revêt une importance fondamentale pour la plupart des
cédants (et pour certains repreneurs) potentiels. Des coordonnées ou des descriptions qui
pourraient révéler l’identité d’une entreprise ne peuvent être publiées qu’avec l’accord de
la personne qui place l’annonce. Les demandes de contact pourraient être dirigées vers une
boîte aux lettres anonyme. La sécurité sera accrue si les contacts sont organisés par
l’organisme qui héberge la base de données ou par des intermédiaires.
•
Il est souhaitable que l’organisme hébergeur veille à une certaine qualité des annonces. À
cet effet, il doit au moins vérifier régulièrement si les annonces sont toujours d’actualité. Il
est souvent utile de proposer une aide pour la rédaction des annonces. En outre, un examen
des entreprises préalablement à la mise en ligne des annonces pourrait être envisagé.
•
Un marché de transmission d’entreprise enregistrera de meilleurs résultats s’il ne se limite
pas à une base de données proposant un simple service de découverte. Des services
supplémentaires utiles peuvent être proposés, tels que l’information sur tous les aspects
touchant la transmission d’entreprise, des services d’intermédiation pendant les
négociations, ainsi que le tutorat.
•
Pour adapter et améliorer les marchés et pour justifier l’octroi de ressources publiques qui
pourraient servir à soutenir ces marchés, il est souhaitable d’assurer un suivi systématique
des résultats (par exemple en calculant un «taux de réussite») et des facteurs auxquels ces
résultats sont dus.
66
ANNEXE I: LA SITUATION DANS D’AUTRES PAYS PARTICIPANT AU PROJET
Bulgarie
Les données statistiques afférentes aux quatre dernières années révèlent un
accroissement du nombre d’entreprises et de créations d’entreprises en
Bulgarie. La plupart des entreprises bulgares ont été constituées après 1989
et sont dès lors relativement jeunes. Les PME représentent 99,8 % des
entreprises.
Selon une enquête effectuée en 200135, environ 23 % des propriétaires de
PME sont âgés de 50 ans ou plus, 68 % sont âgés de 30 à 49 ans et 7 % ont
moins de 30 ans. Au cours de la période 1995-2002, l’âge moyen des chefs
d’entreprise nouvellement enregistrés a affiché une tendance régulière à la
baisse, la part relative du groupe inférieur (jusqu’à 30 ans) s’accroissant au
détriment de la part de la tranche supérieure (50 ans et plus)36.
À l’heure actuelle, il n’existe pas de données sur le nombre de transmissions
d’entreprises réalisées annuellement en Bulgarie. Comme les entreprises
sont relativement jeunes, il est peu probable que ce nombre soit très élevé à
court terme. En outre, il est beaucoup plus coûteux de racheter une entreprise
existante que d’en créer une nouvelle. Voilà quelques-unes des raisons pour
lesquelles la plupart des organisations d’entreprises n’accordent pas une
priorité particulière à la question de la transmission des entreprises. Il est
cependant clair qu’au cours des dix années à venir, cette question verra
croître considérablement son importance, que des actions appropriées
devraient dès lors être mises en œuvre dès à présent et qu’il importe
d’exploiter l’expérience et les meilleures pratiques qui se sont accumulées
dans plusieurs États membres possédant des marchés structurés pour la
transmission d’entreprise.
Le ministère de l’économie et de l’énergie envisage, conjointement avec
l’Agence bulgare des petites et moyennes entreprises, de lancer un vaste
débat avec les organisations d’entreprises et les ONG qui soutiennent les
PME, et de prendre d’autres initiatives dont le but principal sera de
sensibiliser les chefs d’entreprise aux questions soulevées par la
transmission.
Actuellement, il n’existe pas de marché structuré pour la transmission des
entreprises en Bulgarie. Le vaste débat envisagé aura notamment pour
35
Rapport sur les petites et moyennes entreprises 2000-2002, Agence des petites et moyennes
entreprises, Sofia, 2002, p. 65.
36
Rapport annuel sur la situation et le développement des PME en Bulgarie pour 2004, ministère de
l’économie et de l’énergie, Sofia, 2005, p. 55.
67
objectif d’éclairer les pouvoirs publics quant à l’organisme le plus indiqué
pour gérer un marché structuré des entreprises.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Marga KOUTSAROVA
Agence exécutive pour la promotion des petites et moyennes entreprises
([email protected])
68
République tchèque
Les petites et moyennes entreprises (PME – sociétés et personnes ayant une
activité commerciale) représentent un élément essentiel de l’économie
tchèque. Elles jouent un rôle clé dans la création d’emplois et, d’une manière
générale, comme facteur de stabilité sociale et de développement
économique. L’existence de PME opérationnelles et performantes constitue
l’une des conditions essentielles de la pleine intégration de l’économie
tchèque dans l’Espace économique européen.
Tableau: Part des PME dans certains indicateurs macroéconomiques
Indicateur
Entreprises
Emploi
Performance
Valeur ajoutée
Coûts du
travail
Investissement
s
Exportations
Importations
PIB
1997
99,8
59,8
52,9
57,4
*
1998
99,8
56,4
51,7
51,4
*
1999
99,8
59,1
53,3
53,0
54,7
2000
99,8
59,5
52,9
52,6
54,7
2001
99,8
59,7
51,4
51,3
55,7
2002
99,8
60,9
52,0
52,7
55,5
2003
99,8
62,2
52,0
52,1
56,2
2004
99,9
61,5
52,1
52,9
55,7
*
*
41,7
40,6
37,8
44,5
49,6
50,6
36,4
48,0
*
36,3
48,8
*
36,5
50,7
34,8
36,2
49,4
31,7
35,7
47,1
31,1
31,2
50,3
32,2
34,0
49,8
35,2
34,3
52,5
34,9
Sources: l’indicateur du PIB provient de l’Office statistique tchèque (OST); les autres chiffres ont été
calculés par le ministère de l’industrie et du commerce sur la base d’informations de l’OST; *
l’indicateur des PME n’a pas été calculé par l’OST. Les coûts du travail ne comprennent pas les
«autres rémunérations personnelles».
Comme dans les autres pays de l’UE, un soutien est accordé aux petites et
moyennes entreprises d’une manière générale dans le but de préserver et de
renforcer leur compétitivité. Ce soutien est à la fois direct et indirect. Le
soutien indirect contribue à créer un environnement favorable aux PME en
simplifiant les opérations administratives, en atténuant les impacts négatifs
éventuels de nouveaux textes législatifs sur les PME, ainsi qu’en facilitant
l’accès à l’information, à la formation et aux conseils. Un soutien financier
direct est accordé au moyen d’instruments facilitant l’accès des PME aux
financements qui leur permettront de réaliser leurs plans d’investissement ou
de réduire leurs coûts. Il existe un vaste ensemble de programmes mis en
œuvre par le ministère de l’industrie et du commerce et par le ministère du
développement régional, ces programmes étant financés sur le budget de
l’État, par des fonds de l’UE ou encore par des fonds empruntés sur les
marchés financiers.
Le gouvernement de la République tchèque est bien conscient de la nécessité
d’améliorer l’environnement global des entreprises pour promouvoir et
améliorer la transmission d’entreprise et permettre ainsi l’existence d’un
secteur sain et performant des PME.
69
Cela dit, la transmission d’entreprise en République tchèque présente
certaines caractéristiques spécifiques qui s’expliquent par l’avènement
encore très récent de l’économie de marché dans ce pays. Après une
interruption de 40 ans, l’entreprise privée a fait sa réapparition sur le
territoire tchèque au début des années 1990. Les observations faites jusqu’à
présent confirment que les candidats propriétaires de petites et moyennes
entreprises sont bien plus intéressés par la création d’une nouvelle
entreprise que par le rachat d’une affaire existante. Outre le fait qu’une
reprise entraîne incontestablement des coûts plus élevés, on peut penser qu’il
existe aussi une sorte de barrière psychologique qui rend les opérateurs
réticents à reprendre une entreprise créée par quelqu’un d’autre. C’est la
raison pour laquelle les problèmes liés à la transmission d’entreprise en
général et au changement de génération en particulier ne sont pas encore
perçus, à l’heure actuelle, comme étant aussi urgents en République tchèque
que dans certains autres États membres de l’UE, où les chefs d’entreprise
sont propriétaires de leurs sociétés depuis de nombreuses années et ont dû,
pour de multiples raisons, résoudre les problèmes liés à la transmission
d’entreprise.
À l’heure actuelle, il n’existe en République tchèque aucun marché, structuré
par un organisme public ou privé, pour la transmission d’entreprise. Le
soutien actuellement accordé à la transmission d’entreprise s’inscrit dans le
cadre de la politique nationale d’assistance aux PME au titre des
programmes de soutien aux PME, et notamment des programmes START et
CONSULTING, mis en œuvre par le ministère de l’industrie et du commerce
et les organismes subventionnés par celui-ci. L’assistance octroyée dans le
cadre de ces programmes peut assurément faciliter la transmission
d’entreprise et réduire le risque d’une fermeture après le transfert de
propriété à un nouvel opérateur. Le régime juridique des avantages fiscaux
accordés en cas de transmission d’entreprise est défini par les lois relatives à
l’impôt des personnes physiques, à la TVA, aux droits de succession, aux
droits de donation et aux taxes sur les mutations foncières.
À ce jour, aucune enquête n’a été effectuée au sujet de l’âge des chefs
d’entreprise, ni au sujet de leurs intentions de vente ou de reprise. Nous
estimons cependant qu’une petite partie des PME ont déjà été confrontées à
ce problème et que leurs propriétaires se sont notamment adressés à des
conseillers, des sociétés de consultance ou des chambres de commerce pour
obtenir des conseils ou une assistance en cette matière. Pour cette raison, et
pour exploiter les données collectées, le ministère de l’industrie et du
commerce a déjà introduit dans des enquêtes en cours une série de questions
relatives à la transmission d’entreprise. D’autres enquêtes spécialisées auront
lieu dans un proche avenir.
La République tchèque devra sans doute affronter bientôt le problème de la
transmission d’entreprise afin de préserver et de soutenir le potentiel
économique des PME. Les initiatives de l’UE qui visent au partage des
meilleures pratiques en vue de favoriser un marché transparent pour la
70
transmission d’entreprise sont dès lors accueillies avec intérêt et sont jugées
extrêmement utiles dans le contexte des mesures stratégiques qui seront
prises dans ce domaine.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Martina FUNKOVA
Ministère de l’industrie et du commerce de la République tchèque
([email protected])
71
Grèce
La Grèce considère que toutes les questions concernant la transmission des
petites et moyennes entreprises revêtent une importance capitale tant pour
l’économie que pour les entreprises elles-mêmes. Aussi la transmission
d’entreprise fait-elle l’objet d’une attention particulière dans la politique
grecque de l’entrepreneuriat.
Selon les estimations, quelque 2,5 % à 3 % des entreprises immatriculées en
Grèce changeront de propriétaire chaque année au cours de la prochaine
décennie. On peut même s’attendre à ce que le pourcentage soit plus élevé
encore. Selon le secrétariat général du Service statistique national grec, le
pays comptait en 2002 878 846 PME, dont 22 202 ont fait l’objet d’une
transmission.
Tableau 1: Nombre de transmissions de PME, par secteur et par taille,
en 2002
Secteur de
l’économie
Primaire
Secondaire
Tertiaire
Autres
Nombre total
Classe de taille des PME
Petites
Entreprises
entreprises
moyennes
46
0
569
191
1 207
274
7
0
1 829
465
Microentreprises
435
2 887
16 431
155
19 908
Total
481
3 647
17 912
162
22 202
Tableau 2: Motifs des transmissions de PME
Classe de taille des PME
Motif de la transmission
Microentreprise
Petite
entreprise
Entreprise
moyenne
Total
284
2
0
286
32
70
23
11
0
31
9
2
0
11
4
0
32
112
36
13
9 073
1 187
384
10 644
10 415
598
66
11 079
19 908
1 829
465
22 202
À titre onéreux (succession,
etc.)
À titre gracieux (donation)
Concentration – absorption
Fusion
Scission
Modification des variables de
la société
Modification des données
relatives aux associés (transfert
de capital social, etc.)
Nombre total
Près de 90 % des PME qui ont changé de propriétaire étaient de petites
entreprises familiales employant jusqu’à neuf personnes; 8,2 % des
entreprises transmises employaient de 10 à 49 personnes et 2,1 %, de 50 à
72
249 personnes. Il convient de noter que, des entreprises ayant fait l’objet
d’une transmission, près de 2,2 % appartenaient au secteur primaire,
16,42 % au secteur secondaire (industriel) et 81 % au secteur tertiaire
(information, services de conseil, etc.) (tableau 1). Les motifs et la nature des
transmissions d’entreprises diffèrent donc fortement et sont déterminés par
de nombreux facteurs, tels que la taille des entreprises (tableau 2) et leur
forme juridique.
Un comité de pilotage, institué à l’initiative du ministère du développement
et composé de représentants du secteur public et du secteur privé, a entamé
ses travaux en mars 2006 et a présenté des propositions au ministre. Des
actions sont mises en œuvre dans les principaux domaines suivants:
•
•
•
•
•
•
identification et formulation de mesures destinées à faciliter la
transmission de petites et moyennes entreprises, et pouvant être
financées dans le cadre du 4e programme cadre communautaire,
proposition de mesures destinées à assurer la pérennité des entreprises
individuelles en cas de transmission obligatoire, consécutive aux
exigences de la famille ou au décès de l’un des associés,
mise en œuvre d’actions ou de mesures propres à encourager le chef
d’entreprise à transmettre sa société à ses successeurs, à son personnel ou
à des tiers,
mise à disposition de financements appropriés et suffisants pour la
transmission,
sensibilisation des petites et moyennes entreprises aux questions relatives
aux transmissions d’entreprise obligatoires dans le cadre de successions,
harmonisation avec les politiques de l’Union européenne concernant la
transmission d’entreprise.
À l’issue d’un examen approfondi du rapport, des initiatives et des actions
spécifiques devraient être adoptées en vue de mettre en œuvre une politique
et des mécanismes permettant de faciliter la transmission des entreprises, de
réduire la charge bureaucratique et administrative et d’organiser une
plateforme publique pour la transmission.
À l’heure actuelle, il n’existe en Grèce aucun marché pour la transmission
d’entreprise qui serait organisé par un organisme public ou primaire. Un
travail considérable est accompli par des organismes tels que les chambres
de commerce et les fédérations, qui s’efforcent d’informer les chefs
d’entreprise sur l’intérêt qu’ils ont à se préparer à la transmission de leur
entreprise, ainsi que sur les procédures à suivre pour mener à bien cette
opération dans le respect des dispositions fiscales et juridiques grecques.
Toutefois, de nombreux opérateurs rémunérés, tels que des conseillers
juridiques, des notaires, des sociétés de conseils, etc., interviennent
également dans les transmissions d’entreprises.
Il convient de souligner qu’en Grèce la création de marchés et la
transmission d’entreprise sont considérées comme des priorités. Nous
73
sommes convaincus que les connaissances acquises sur les structures et les
meilleures pratiques auprès d’autres États membres de l’Union européenne
permettront d’accélérer la création de plateformes appropriées sur des bases
solides.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Athina PNEVMATIKATOU
Ministère du développement
([email protected])
74
Espagne
L’Espagne compte quelque 3 millions de PME (employant moins de
250 personnes), ce qui correspond à 99 % du nombre total d’entreprises.
Bien que 1,57 million de PME n’aient pas de salariés, ces entreprises
représentent 12,9 millions d’emplois (c’est-à-dire 66,8 % d’une population
active de 19,3 millions).
Comme les transmissions d’entreprises n’ont fait l’objet d’aucune enquête
statistique spécifique, il n’existe pas de données officielles à ce sujet; mais,
selon les estimations des chambres de commerce, au moins
650 000 entreprises changeront de propriétaire au cours des dix prochaines
années (environ 65 000 par an) et 1,4 million d’emplois risquent d’être
touchés par ces mouvements. Ces chiffres mettent clairement en lumière
l’importance que revêtent les transmissions d’entreprises pour l’économie
nationale.
Le gouvernement espagnol est bien conscient de la nécessité de promouvoir
des initiatives visant à améliorer et à faciliter la transmission d’entreprise. À
l’heure actuelle, il n’existe cependant aucun organisme public qui serait plus
particulièrement chargé de suivre et de soutenir les transmissions
d’entreprises d’une manière uniforme et bien structurée au niveau national.
En fait, les aides existantes à la transmission d’entreprise s’inscrivent dans le
cadre des programmes de soutien aux PME. Ces programmes ont été
élaborés par la DGPYME (Direction générale de la politique des PME, au
ministère de l’industrie, du tourisme et du commerce, qui fournit des
informations aux PME, assure le suivi de la création d’entreprises et de la
coopération entre celles-ci, établit des statistiques, informe sur les questions
européennes, gère des bases de données, effectue des recherches sur
l’entrepreneuriat, etc. – voir http://www.ipyme.org). Au cours de ces
dernières années, plusieurs programmes destinés à soutenir le processus de
création d’entreprises, y compris l’indispensable simplification
administrative, ont été élaborés, et ces actions auront également des effets
bénéfiques sur le processus de transmission d’entreprise.
Les chambres de commerce ont également lancé un certain nombre de
projets dans ce domaine; il existe quelques bases de données locales,
soutenues par les chambres de commerce locales (Madrid, Valence, etc.) et
contenant des «annonces relatives à des opportunités commerciales». En
outre, les chambres de commerce ont effectué une étude de faisabilité (dans
le cadre du programme e-Content de l’UE) portant sur les transmissions
d’entreprises entre la France, l’Italie et l’Espagne au moyen d’un portail
Internet transfrontalier (voir http://www.eurotransbiz.com). Dans le domaine
de la création d’entreprises, la Ventanilla Única Empresarial (VUE) (guichet
unique pour la création d’entreprises), accessible auprès de plus de trente
chambres de commerce, soutient également le processus de transmission.
L’INCYDE (Institut des chambres de commerce pour la création et le
75
développement d’entreprises) a lancé un très grand nombre d’actions locales
axées sur l’entrepreneuriat. Certaines autres chambres de commerce prêtent
leur assistance lorsqu’il s’agit d’évaluer la valeur économique et marchande
des sociétés transmises, la valeur en Bourse, les actions et les options, mais il
n’existe pas de méthodes, de «boîtes à outils» ou de procédures communes.
Le marché espagnol de la transmission d’entreprise est fragmenté, et la
couverture se limite souvent au niveau local ou régional. Il existe cependant
certaines initiatives intéressantes, aussi bien dans le secteur public ou quasipublic que dans le secteur privé, qui pourraient donner naissance à un futur
système intégré.
Certaines organisations d’entreprises (comme l’Instituto de Empresa
Familiar, qui s’intéresse essentiellement aux transmissions d’entreprises
familiales), des universités et des écoles commerciales proposent aux
entreprises des programmes et services de formation spécifiques. Il existe
également des initiatives privées destinées à soutenir la transmission
d’entreprise: c’est ainsi que des cabinets comptables, des consultants, des
banques, des conseillers financiers et d’autres spécialistes proposent une
assistance au niveau régional. Sur Internet, on trouve également quelques
sites privés dédiés à la transmission d’entreprise (par exemple
www.buyacom.com, qui contient plus de 4 500 propositions de
vente/demandes de reprise en espagnol et en anglais, ou www.bizalia.com,
qui en contient 2 500), mais l’expérience de ces bases de données est encore
limitée dans le temps (pas plus de deux ans), elles n’ont pas de couverture
nationale, ne sont pas exhaustives et n’appliquent pas une nomenclature
harmonisée des entreprises.
L’Espagne envisage de mettre en œuvre certains instruments spécifiques
pour soutenir la transmission d’entreprise; ces instruments ont été conçus sur
la base de l’expérience acquise par le secteur public/privé et ils s’appuient
sur les meilleures pratiques observées dans l’UE. Il est probable que certains
travaux de recherche et d’étude seront nécessaires (enquêtes destinées à
déterminer le nombre de transmissions d’entreprises, le potentiel futur, les
exigences des cédants/repreneurs, la volonté de ceux-ci de recourir à des
services en ligne, etc.). De même, une coopération étroite sera indispensable
entre les pouvoirs publics, les chambres de commerce et les autres
opérateurs concernés.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Javier ABADIA
Haut conseil des chambres de commerce espagnoles
([email protected])
76
Hongrie
Au 31 décembre 2004, la Hongrie comptait 872 000 entreprises. Il n’existe
pas de données relatives à l’âge des propriétaires, mais on sait que
77 000 chefs d’entreprises privées sur 456 000 (16,9 %) étaient des retraités,
c’est-à-dire qu’ils étaient âgés de plus de 62 ans.
Ces chiffres montrent qu’en Hongrie, les chefs d’entreprise restent
propriétaires de leur société à un âge plus avancé que dans la moyenne des
pays de l’UE. Une des raisons qui expliquent cette situation réside
probablement dans le fait qu’avant le changement de régime en 1990, cette
génération n’avait pas la possibilité de créer une entreprise et que les
entreprises constituées depuis lors assurent aujourd’hui un bon niveau de vie
à leurs propriétaires et à la famille de ceux-ci. Les chefs d’entreprise ont
donc des raisons émotionnelles et financières de ne pas s’empresser de
vendre des entreprises qui fonctionnent bien. Pour l’heure, le nombre
d’entreprises saines qui sont proposées à la vente reste dès lors moins élevé
que dans les autres États membres de l’UE.
Aucune enquête statistique particulière n’a été effectuée pour déterminer le
nombre de transmissions d’entreprises qui auront lieu dans les dix
prochaines années mais, selon les estimations, ce nombre sera de à 5 000 à
10 000 par an.
À l’heure actuelle, deux entreprises hongroises privées possèdent un site
Internet qui traite des transmissions d’entreprises à une échelle relativement
grande (plusieurs centaines de transactions par an). Les adresses de ces sites
sont les suivantes: www.topceg.hu et www.cegalku.hu. Occasionnellement, ces
transactions sont également facilitées par des sociétés de consultants
d’entreprise et des cabinets d’avocats. Il n’existe ni base de données
nationale uniforme, ni marché structuré.
Les aides accordées en Hongrie bénéficient principalement aux projets qui
visent à promouvoir le développement et l’investissement. Toutefois, s’il
n’existe aucun soutien spécifique aux transmissions d’entreprises, les
sociétés concernées peuvent choisir parmi un vaste éventail d’aides, et rien
ne s’oppose au maintien de ces aides en cas de transmission si le nouveau
propriétaire s’engage à honorer les obligations contractées par son
prédécesseur.
Comme le nombre de transmissions d’entreprises ira sans doute croissant au
cours des années à venir, il sera important que les propriétaires d’entreprises
saines puissent vendre leurs sociétés de manière simple et rapide et qu’ils
puissent trouver facilement des repreneurs potentiels. C’est la raison pour
laquelle la Hongrie souhaite mieux connaître les pratiques en vigueur dans
les autres États membres de l’UE et qu’elle envisage la mise en place d’un
marché transparent pour les transmissions d’entreprises.
77
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. László MARÓTI
Ministère de l’économie et des transports
([email protected])
78
Pologne
En Pologne, le nombre de créations d’entreprises est relativement élevé. La
plupart des nouvelles entreprises sont créées dans des secteurs qui ne
nécessitent pas d’investissements lourds (par exemple des commerces de
détail, des restaurants, des hôtels, des services immobiliers ou des services
d’enseignement) et qui sont caractérisés par de faibles frais d’entrée, une
concurrence soutenue et un taux de faillite élevé. Les possibilités de
développement de ces nouvelles entreprises sont donc limitées. Parmi les
autres contraintes, il convient de citer la rareté des sources de financement,
le niveau élevé des coûts administratifs et la faiblesse des infrastructures. En
moyenne, une entreprise polonaise emploie 2,5 salariés37, et la majorité des
sociétés sont des micro-entreprises, dont le nombre total de salariés est de
3 367 000.
Il n’existe aucune donnée sur le nombre de transmissions d’entreprises qui
ont lieu chaque année en Pologne. Le ministère de l’économie, qui est
responsable du développement du secteur des PME, envisage d’effectuer une
enquête à ce sujet en 2006. Mais, comme la plupart des entreprises
polonaises ont été créées après 1989, date à laquelle la transformation
politique et économique a commencé, la grande majorité des chefs
d’entreprise ne sont pas encore arrivés à l’âge de la retraite (voir tableau).
Tableau: Âge des chefs d’entreprise en Pologne
2000(1)*
2000(2)*
2001(1)
2001(2)
2002(1)
2002(2)
2003(1)
2003(2)
2004(1)
2004(2)
2005(1)
Part des chefs d’entreprise en %
moins de 40 ans
de 40 à 60 ans
plus de 60 ans
26,29
67,33
6,38
24,47
68,09
7,45
29,09
62,11
8,81
27,36
64,99
7,65
26,46
66,15
7,39
24,69
67,03
8,28
27,60
64,41
7,99
24,09
67,42
8,49
22,33
70,42
7,24
22,10
66,77
11,13
23,34
68,22
8,44
Source: ministère de l’économie. *Les formulaires d’enquête suivis d’un (1) ont été envoyés
au premier semestre de l'année.
37
Aucune donnée n’est disponible pour 2004, mais on peut penser que ce nombre a légèrement
augmenté.
79
Le nombre de transmissions d’entreprises en Pologne est estimé à environ
100 000 par an (chefs d’entreprise âgés de plus de 60 ans). Certaines
entreprises seront transmises au sein de la famille, d’autres seront fermées.
Une estimation sommaire permet d’établir à environ 50 000 par an le volume
potentiel du marché des transmissions.
En Pologne, il n’existe pas de marché uniforme des transmissions
d’entreprises, organisé par un organisme public, mais on y trouve plusieurs
marchés fragmentés. De nombreux intermédiaires rémunérés interviennent
dans les transmissions, par exemple des conseillers juridiques, des notaires,
des agences immobilières, des cabinets comptables et des sociétés de
consultants. Certaines offres, et notamment celles qui concernent le marché
immobilier, sont présentées sur des sites gérés par des administrations
régionales ou locales, ou sur des sites d’organismes qui coopèrent avec les
administrations régionales ou locales. Ces offres portant sur des biens
publics et privés sont présentées comme le «potentiel d’investissement de la
région» (par exemple www.wmarr.olsztyn.pl). Les organismes qui coopèrent
avec les administrations régionales ou locales prennent contact avec les
chefs d’entreprise qui souhaitent coopérer entre eux, mais apportent
également leur assistance lors des transactions de vente. Des services
similaires sont fournis par les chambres locales de l’industrie et du
commerce. En outre, des offres de vente d’entreprises sont publiées sous
forme d’annonces dans des journaux à diffusion nationale ou locale. Des
annonces de cette nature peuvent également être trouvées sur des sites
Internet bien connus, tels que www.kupsprzedaj.pl.
Compte tenu de ce qui précède, la Pologne devra envisager la mise en place
de certains instruments propres à faciliter la transmission d’entreprise. Il
serait particulièrement utile de procéder à une enquête afin de déterminer le
nombre de transmissions, leurs motifs, ainsi que la volonté éventuelle des
chefs d’entreprise à recourir à une base de données (et, le cas échéant, à
quelles conditions).
Il apparaît que l’organisme le plus indiqué pour gérer une base de données
centrale serait la Polska Agencja Rozwoju Przedsiębiorczości (PARP). Cette
agence dépend du ministère de l’économie et est chargée notamment de
mettre en œuvre les programmes officiels relatifs aux PME et d’organiser
l’absorption des fonds structurels. Elle dispose d’un réseau de coopératives
régionales et locales (le réseau national des services aux PME), qui pourrait
jouer un rôle très utile dans la promotion de cette nouvelle mesure de soutien
à la transmission des PME.
Puisqu’il est moins coûteux de créer une entreprise que de reprendre une
affaire existante (et que le marché des reprises est dès lors assez limité en
Pologne), on peut penser que la mise en place de la base de données
favoriserait aussi les injections de capitaux dans les entreprises existantes.
L’appariement de partenaires commerciaux pourrait également s’en trouver
facilité. La base de données pourrait donc jouer le même rôle que les
80
investisseurs informels (le réseau «Polish Business Angels» soutient
l’investissement dans des secteurs innovants uniquement), les prises de
participations dans des sociétés non cotées en Bourse ou les apports de
capital-risque qui viennent au secours d’importants projets commerciaux.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Agnieszka WYRZYKOWSKA
Ministère du Trésor
([email protected])
81
Roumanie
En raison de l’accroissement rapide du nombre de sociétés au cours de ces
dernières années, la plupart des entreprises roumaines privées, et notamment
des PME, sont encore assez jeunes.
Tableau: Nombre de PME roumaines, par classe de taille
Microentreprises
Petites
entreprises
Entreprise
s
moyennes
Total
2000
279 893
2001
280 448
2002
285 207
2003
313 485
2004
358 242
29 417
31 249
32 010
34 883
36 080
6 864
7 455
7 989
8 342
8 674
316 174
319 152
325 206
356 710
402 996
Source: rapport annuel sur le secteur des PME en Roumanie, NASMEC, 2005.
Micro-entreprises: moins de 10 salariés; petites entreprises: de 10 à 49 salariés; entreprises
moyennes: de 50 à 249 salariés.
Toutefois, de nombreux propriétaires-directeurs ont atteint l’âge où il
convient de réfléchir à la transmission de leur entreprise. Outre l’importance
économique générale des transmissions, la préservation des activités
traditionnelles, notamment au sein d’entreprises artisanales et de
coopératives, pose également problème. Une étude récente, effectuée par
l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises et des coopératives
(NASMEC), qui portait sur la santé et les besoins des PME roumaines, a
montré qu’environ 46 000 petites entreprises sur un total de 403 000 (c’està-dire plus de 11 %) appartenaient à des personnes ayant dépassé l’âge de
55 ans. Par ailleurs, dans le contexte actuel des changements structurels liés
à l’intégration européenne, l’arrivée du propriétaire à l’âge de la retraite
n’est pas la seule raison d’une transmission d’entreprise.
L’organisation d’un soutien à la transmission d’entreprise en Roumanie n’en
est qu’à ses débuts. Certaines dispositions ont été établies par la loi
n° 346/2004 sur la promotion de la création et du développement de PME
(qui tenait compte de la recommandation de la Commission européenne de
1994 sur la transmission d’entreprise comme une alternative réelle à la
création d’entreprise). En vertu de cette loi, la NASMEC élaborera et mettra
en œuvre un programme pluriannuel qui permettra de couvrir les frais liés
aux redevances et taxes que perçoit l’Office national du registre du
commerce lors de toute opération d’immatriculation et de modification. Les
frais engendrés par les redevances administratives seront également
couverts. L’objectif ultime du programme est de promouvoir le
développement économique par la transmission d’entreprises possédant un
potentiel de croissance et de transmettre à une nouvelle génération de chefs
d’entreprise les pratiques traditionnelles et les idées des fondateurs.
82
À l’heure actuelle, il n’existe en Roumanie aucun marché structuré pour la
transmission d’entreprise. L’année 2006 verra cependant la création d’un
portail d’information, qui sera mis en place par la NASMEC
(www.animmc.ro) avec l’aide du programme «Phare» de l’UE et dont le but
sera de développer les instruments de l’administration en ligne et de créer
une plateforme intégrée pour les PME. Dans le cadre des services proposés
aux PME, la NASMEC compte créer une base de données destinée à faciliter
la transmission d’entreprise au niveau national. Simultanément, un ensemble
de mesures d’aide à des conditions de faveur, s’inspirant des meilleures
pratiques observées dans certains pays européens, sera proposé. Dans ce
contexte, la NASMEC a lancé un débat sur l’importance des transmissions
d’entreprises par l’intermédiaire d’acteurs publics, d’ONG et d’organisations
commerciales, et procédera à une enquête qui permettra de mesurer
l’ampleur du processus.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Ileana MODREANU
Agence nationale des PME et des coopératives
([email protected])
83
Slovénie
La promotion des petites et moyennes entreprises et de l’entrepreneuriat est
récente en Slovénie. Après l’indépendance, la majeure partie des ressources
publiques a été consacrée au sauvetage des grandes entreprises, tandis que le
soutien à la promotion des PME et de l’entrepreneuriat a été changeant et
hésitant au cours des années 1990. Cette situation a commencé à changer
avec la mise en œuvre de la Charte européenne des petites entreprises (la
Slovénie participant aux programmes européens de promotion des PME) et
avec l’adoption de plusieurs lois nationales visant à améliorer
l’environnement de l’entrepreneuriat.
Le tableau ci-après montre qu’en Slovénie, la plupart des sociétés sont des
micro-entreprises employant peu de salariés, voire aucun. Ces entreprises
procurent du travail à quelque 27,1 % des salariés slovènes, tandis que les
petites entreprises emploient 16,3 % et les entreprises de taille moyenne,
20,6 % de la main-d’œuvre. En 2006, près de 36 % des 606 811 salariés
travaillaient dans de grandes entreprises.
Tableau: Les entreprises slovènes par classe de taille
2002
53 154
2003
53 106
Micro-entreprises I (de 0 à
1 salarié)
Micro-entreprises II (de 2 à
35 530
31 814
9 salariés)
Petites entreprises (de 10 à
4 862
5 074
49 salariés)
Entreprises moyennes (de 50 à
1 200
1 195
249 salariés)
Grandes entreprises
324
316
(250 salariés ou plus)
Total
92 070
91 505
Source: Office statistique de la République de Slovénie.
2004
58 347
28 968
4 898
1 179
305
93 697
La plupart des nouveaux chefs d’entreprise sont âgés de 25 à 34 ans. La
majorité des entreprises stables appartiennent à des personnes qui font partie
de tranches d’âge plus avancées (voir graphique). Dans la tranche d’âge
allant de 25 à 34 ans, 3,75 % des résidents slovènes sont propriétaires ou
copropriétaires actifs d’une entreprise stable; dans la tranche d’âge de 45 à
54 ans, leur part atteint 10,58 %.
Un examen des variations de l’entrepreneuriat en Slovénie pendant
l’année 2005 fait apparaître une évolution positive. Le pourcentage de
personnes adultes qui veulent devenir chefs d’entreprise ou qui sont
propriétaires d’une entreprise existant depuis moins de trois ans et demi a
fortement augmenté. Après être tombée au niveau historiquement bas de
84
2,6 % en 2004, cette part est repassée à 4,4 % en 2005, ce qui représente un
accroissement d’environ 20 000 personnes.
La situation observée en Slovénie confirme que les petits opérateurs sont
beaucoup plus intéressés par la création d’une entreprise nouvelle que par la
reprise d’une affaire existante. Cette préférence s’explique principalement
par le souci de ne pas hériter d’engagements contractés par l’ancien
propriétaire.
Part des adultes dans la tranche d’âge
Graphique: Activité économique selon l’âge
Activité
l’âge
économique
selon
25 - 34
35 - 44
Tranche d’âge
45 - 54
12
10
8
6
4
2
0
18 - 24
Nouveaux et débutants
55 - 64
stable
Pour l’heure, il n’existe en Slovénie aucun marché structuré pour les
transmissions d’entreprises. Cette activité passe en partie par les chambres
de commerce, des agences commerciales, des conseillers juridiques, des
notaires, des sociétés de consultance, etc.. De même, aucune enquête n’a
encore été effectuée sur l’âge des chefs d’entreprise, ni sur les intentions en
matière de transmission ou de reprise. Toutefois, sur la base des informations
existantes, nous croyons savoir que certaines PME se sont déjà trouvées
confrontées au problème de la transmission.
Le ministère de l’économie de la République de Slovénie est conscient de la
nécessité d’améliorer l’environnement global des entreprises afin de
renforcer les chances de réussite des transmissions. Aussi estime-t-il que la
création de marchés pour la transmission d’entreprise en Slovénie doit faire
d’urgence, c’est-à-dire avant la fin de cette année, l’objet d’un débat avec les
organisations commerciales, les ONG qui soutiennent les PME, ainsi que
l’ensemble des autres opérateurs intéressés. Il s’agira avant tout de mettre en
place un partenariat pour la création du marché.
85
Nous sommes convaincus que les initiatives existantes de l’UE, qui visent au
partage des meilleures pratiques en vue de favoriser un marché transparent
pour la transmission d’entreprise, accéléreront la création d’un marché en
Slovénie.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Vladimir RUDL
Euro Info Centre Maribor
([email protected])
86
Suède
Comme c’est le cas dans d’autres pays européens, le secteur suédois des
entreprises est caractérisé par une forte prédominance des PME. Le nombre
total d’entreprises suédoises est de l’ordre de 600 000, dont quelque 99 %
sont des PME, c’est-à-dire qu’elles emploient moins de 250 personnes.
Environ 94 % des PME ont moins de dix salariés et les entreprises sans
aucun salarié représentent 60 % du total. Bien que les grandes entreprises
soient peu nombreuses, elles assurent une part importante de l’emploi du
secteur privé. En Suède, les entreprises occupant 250 personnes ou plus
représentent 40 % de l’emploi privé et le secteur des PME, 60 %.
En octobre 2003, le gouvernement suédois a chargé l’Agence suédoise pour
la croissance économique et régionale (NUTEK) d’effectuer une analyse
approfondie des effets que l’on peut attendre des futurs changements de
génération dans les entreprises. Le rapport, intitulé «Changements de
génération dans les entreprises – une analyse du problème», a été présenté en
février 2004.
Selon ses auteurs, entre 45 000 et 50 000 entreprises courent un risque en cas
de transmission. Il s’agit des entreprises:
•
•
•
dont le directeur possède au moins 50 %,
qui occupent entre 2 et 49 personnes à temps plein (y compris le
directeur),
dont le directeur a plus de 50 ans.
Au total, les «entreprises à risque» occupent environ 215 000 salariés à
temps plein. Si l’on y ajoute les entreprises où une seule personne travaille à
temps plein (dans la plupart des cas, le directeur), ce chiffre s’accroît de
65 000 unités.
L’enquête effectuée auprès des «entreprises à risque» a révélé que 63 % de
leurs directeurs avaient l’intention de prendre leur retraite en tant que chefs
d’entreprise dans les cinq années suivantes. Un chef d’entreprise sur cinq a
l’intention de liquider sa société au moment de partir à la retraite. Si l’on
ajoute les chefs d’entreprise qui pensent avoir du mal à trouver un
successeur, on constate qu’un tiers des «entreprises à risque» pourraient
cesser leurs activités lors du départ du chef d’entreprise. Ces sociétés
assurent l’emploi à temps plein d’environ 38 000 personnes.
L’étude semble indiquer que les transmissions d’entreprises à venir ne sont
pas très bien préparées. Elle montre notamment que 63 % des chefs des
entreprises à risque n’ont pris aucune mesure pour faciliter une transmission
de leur entreprise. La moitié seulement des chefs d’entreprise pensent savoir
ce qu’il faut faire pour trouver un repreneur approprié.
Le rapport de la NUTEK conclut que de nombreux chefs d’entreprise
devront transmettre leur société dans un proche avenir et que la plupart
87
d’entre eux ne sont pas très bien préparés à cette opération. Cette situation
risque d’avoir une incidence importante sur l’emploi et l’économie, et il
importe de prendre des mesures propres à favoriser une issue favorable.
À la suite de cette étude, ainsi que des recommandations issues du projet
«Procédure BEST» sur la transmission d’entreprise, préconisant la prise de
mesures propres à faciliter les transmissions d’entreprises, la NUTEK a
lancé en janvier 2005 un programme dans ce domaine. Il s’agit d’une
initiative prise conjointement avec ALMI Företagspartner (Partenaire
d’entreprise), la Fédération des entreprises privées et la Confédération des
entreprises suédoises. Le programme porte sur des aspects tels que
l’information destinée à la sensibilisation, l’enseignement et la formation
destinés aux entreprises et aux consultants, les conseils et les outils pour la
préparation des transmissions d’entreprises, le besoin d’instruments
financiers et les mesures facilitant le rapprochement des vendeurs et des
acheteurs.
Actuellement, il n’existe en Suède aucun marché structuré, ni aucune base de
données nationale pour les transmissions d’entreprises qui bénéficierait d’un
financement public. Toutefois, on y trouve un certain nombre de plateformes
pour la transmission d’entreprise, telles que:
•
•
•
•
des marchés sur Internet, gérés commercialement par des
agences/courtiers, qui possèdent des bases de données contenant des
profils anonymes de sociétés et proposant un moteur de recherche. En
Suède, il existe deux marchés de cette nature opérant au niveau national;
des marchés sur Internet, gérés par des consultants et semblables, pour le
reste, aux plateformes décrites ci-dessus;
des marchés généraux à couverture locale et régionale, portant sur toutes
sortes de transactions, y compris la transmission de petites entreprises;
des marchés gérés par des experts-comptables, des banques, des avocats
et des consultants qui proposent leurs services en matière de transmission
d’entreprise.
La NUTEK a présenté deux autres publications sur la question des
transmissions d’entreprises. La première s’intitule «Changements de
propriétaire et de direction dans les entreprises – une analyse approfondie»
et a été réalisée en coopération avec l’École internationale de commerce de
Jönköping. Ce rapport contient les résultats d’une vaste étude régionale,
effectuée auprès de 1 850 chefs d’entreprise et portant sur des aspects tels
que le changement de génération et la transmission d’entreprise. La seconde
publication s’intitule «Transmission d’entreprise – Que ferez-vous de votre
entreprise quand vous aurez décidé de la quitter?» et décrit les diverses
phases d’un processus de transmission. Cette publication est distribuée à
tous les chefs d’entreprise du groupe cible.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Sigbritt LARSSON
88
Agence suédoise pour la croissance économique et régionale (NUTEK)
([email protected])
89
Turquie
En raison de leur nombre et de la part considérable de l’emploi qu’elles
assurent, les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle important
dans l’économie turque. Depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics
mettent en œuvre un vaste éventail de programmes destinés à soutenir ces
entreprises.
À l’heure actuelle, il n’existe pas de données fiables sur la transmission
d’entreprise. Pour définir une stratégie de développement des PME, il serait
utile de collecter des informations sur les motifs des transmissions
d’entreprises (évolution des marchés, nouveaux produits ou circuits de
distribution, événements tels que décès, maladie, divorce ou décisions
personnelles, changement de profession, retraite, etc.) et de les soumettre à
une analyse approfondie.
En 2004, la KOSGEB (Organisation pour le développement des petites et
moyennes entreprises) a effectué une enquête sur la situation des PME
turques, dans le cadre de laquelle certains indicateurs de la transmission
d’entreprise ont été établis. Les informations collectées auprès d’environ
43 000 PME (c’est-à-dire quelque 20 % des PME turques) ont confirmé que
15 000 PME ont été transmises et que la plupart d’entre elles étaient des
entreprises familiales. En Turquie, le départ à la retraite ne constitue pas le
principal motif de la transmission d’une entreprise. D’autres raisons sont
tout aussi importantes et doivent être prises en compte pour prévenir des
fermetures inutiles dans le secteur des PME.
La KOSGEB a établi un diagnostic de la situation actuelle en vue
d’améliorer l’environnement juridique et fiscal, et a rédigé un rapport
exhaustif couvrant la législation actuelle et proposant des mesures destinées
à faciliter la transmission d’entreprise. Afin d’améliorer la législation fiscale
et le régime fiscal des transmissions d’entreprises en prenant en compte
l’ensemble des domaines clés visés dans la recommandation de la
Commission de 1994, des groupes de travail ont été mis en place: ils sont
chargés de réunir toutes les parties intéressées et de préparer l’amélioration
de l’environnement juridique, fiscal et administratif dans le cadre d’une
action coordonnée.
En vue d’établir une base de données des formateurs et consultants
spécialisés et de lancer des actions de sensibilisation, un programme de
formation des formateurs, ciblant un groupe réduit de formateurs locaux, a
été réalisé en 2004. En outre, dans le cadre de l’assistance technique
internationale à court terme, axée sur leurs meilleures pratiques en matière
de transmission d’entreprise, l’Italie et la Finlande ont assuré deux actions de
formation au niveau local en décembre 2005 et janvier 2006. Des réunions
de sensibilisation, des séminaires et des actions de formation sur la
transmission d’entreprise seront organisés en 2006 pour permettre à la
90
KOSGEB de poursuivre son action de sensibilisation et d’apporter une
assistance aux chefs d’entreprise en vue d’une éventuelle transmission.
Dans le cadre du Fonds de coopération administrative II de l’UE, deux
visites d’étude ont été organisées en Italie et en Allemagne afin de collecter
des informations sur des outils d’auto-analyse des entreprises, et notamment
des entreprises familiales (Italie, Studio Centro Veneto, août 2005) et sur les
meilleures pratiques concernant un portail d’information, des marchés et un
guichet unique pour les transmissions d’entreprises (Allemagne, ministère
fédéral de l’économie, KfW, Chambre de commerce d’Erfurt,
novembre 2005).
En Turquie, il n’existe à l’heure actuelle aucun marché structuré, mais on
observe certaines initiatives visant à mettre en place des bases de données
d’acheteurs et de vendeurs potentiels et à créer un centre national pour la
transmission d’entreprise. La mise en place de systèmes d’enregistrement
d’entreprises en Turquie, conformément aux normes de l’UE, a été menée à
bien par l’Institut statistique national. En 2006, un nouveau projet sur la
démographie des entreprises, réalisé conjointement avec l’UE, sera lancé et
les indicateurs de transmission des entreprises feront partie intégrante du
système d’enregistrement. En outre, certains indicateurs de transmission des
entreprises ont été introduits dans la base de données de la KOSGEB sur les
PME. Il est prévu de créer à la KOSGEB une base de données nationale
ouverte aux acheteurs et aux vendeurs potentiels.
En 2005, la KOSGEB a élaboré à l’intention du Fonds de coopération
financière de l’UE un projet de proposition portant sur la création du Centre
national pour la transmission d’entreprise, chargé de fournir et de
coordonner des informations, d’organiser un système de rapprochement des
acheteurs et des vendeurs, de collecter des données sur la transmission
d’entreprise et de stimuler la coopération avec l’UE par l’interconnexion des
bases de données existantes de l’Union. Cette proposition a été examinée
dans le cadre du programme annuel 2006 et fera l’objet d’une évaluation
dans le programme de 2007.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
Mme Aynur ODAMAN
KOSGEB (Organisation pour le développement des petites et moyennes
entreprises)
([email protected])
91
Royaume-Uni
L’enquête britannique annuelle la plus récente sur les petites entreprises
(Annual Small Business Survey – ASBS), qui portait sur les années 2004 et
2005, couvrait un échantillon de plus de 7 500 PME. Sur les 4,3 millions
d’entreprises du secteur privé britannique (dont 3,1 millions sans salariés),
59 % ont des propriétaires-directeurs qui sont âgés de 46 ans ou plus et 12 %
ont des propriétaires-directeurs âgés de 60 ans ou plus. 71 % des PME et
64 % des PME employant des salariés se considèrent comme des entreprises
familiales.
L’ASBS contient des informations sur la transmission d’entreprise qui
permettent de faire les constatations suivantes:
•
•
25 % des propriétaires prévoient de vendre leur entreprise au moment de
partir à la retraite, 6 % ont l’intention de fermer leur entreprise et 27 %
envisagent un transfert au sein de la famille. Toutefois, 42 % n’étaient
pas en mesure de dire ce qu’il adviendrait de leur entreprise après leur
départ.
L’intention de conserver l’entreprise à l’intérieur de la famille était
particulièrement marquée dans les secteurs primaires (y compris
l’agriculture), en Irlande du Nord et dans les entreprises dirigées par des
personnes appartenant à des minorités ethniques.
Dans 18 % des cas, la transmission ou la fermeture de l’entreprise était
prévue dans les cinq années suivantes, mais 4 % des entreprises seulement
possèdent un plan de transmission écrit et 78 % n’ont pas d’informations sur
les processus de planification de la transmission. Les données publiées dans
le cadre de l’ASBS laissent également à penser que la transmission de la
moitié environ des entreprises britanniques se passe bien. Si l’on ne
considère que les entreprises «viables», c’est-à-dire celles qui ne sont pas
fermées pour de simples raisons financières, le taux est plus élevé (de l’ordre
de 62 %). Mais cela signifie également que 38 % environ des entreprises
viables ne réussissent pas leur processus de transmission et doivent être
fermées.
Au Royaume-Uni, ces questions sont envisagées dans une perspective
stratégique qui s’appuie sur un rapport consacré à ce problème. Ce rapport,
établi à l’initiative des pouvoirs publics, a été publié en novembre 200438. À
l’heure actuelle, un groupe de pilotage, composé de représentants du secteur
public et du secteur privé et soutenu par des organismes spécialisés et
professionnels, travaille à l’élaboration d’un plan d’action détaillé. Des
actions seront définies dans trois domaines clés:
•
38
La sensibilisation: cette action s’adresse essentiellement aux
intermédiaires des secteurs public et privé qui, à leur tour, devraient
http://www.sbs.gov.uk/content/services/passingthebaton.pdf.
92
•
•
sensibiliser le secteur des PME. Il est particulièrement important
d’établir un plan de transmission le plus tôt possible.
La définition et la production d’une «boîte à outils» qui devra être
utilisée de manière cohérente par un vaste groupe d’intermédiaires. Cette
boîte à outils permettra d’effectuer un diagnostic en ligne, à l’intention
tant de la PME que des intermédiaires, et un diagnostic plus complet à
l’intention du conseiller d’entreprise, qui l’utilisera dans ses relations
individuelles avec les PME.
L’identification de problèmes structurels importants qui restreignent ou
faussent le marché des transmissions d’entreprises. Il s’agira notamment
de poursuivre les recherches sur les marchés d’achat et de vente
d’entreprises au Royaume-Uni. Un rapport sera présenté à la mi-2006.
Au Royaume-Uni, il n’existe aucun marché structuré pour les transmissions
d’entreprises qui serait soutenu par des financements publics. On y trouve
cependant un certain nombre d’agences de transmission d’entreprise qui,
individuellement et collectivement, publient des offres de vente d’entreprises
dans la presse nationale (par exemple dans la section «Entreprises» du Sunday
Times) et dans des publications spécialisées (par exemple Daltons Weekly).
Ces agences se spécialisent généralement dans le segment inférieur du marché
des PME, où les transactions sont nombreuses, et notamment dans des secteurs
tels que le commerce de détail. Certaines organisations professionnelles ou
sectorielles proposent un service informel de rapprochement des vendeurs et
des acheteurs potentiels. De grands et moyens cabinets comptables proposent
également des services de vente par l’intermédiaire de leurs départements
«Financement d’entreprises», mais s’intéressent principalement aux grandes
PME représentant des valorisations importantes.
Il existe d’ores et déjà un certain nombre de bases de données d’acheteurs et de
vendeurs, mises en place par des organismes commerciaux. Les deux
principales, Daltons et «businessesforsale.com», contiennent plus de
34 000 entreprises à vendre et constituent des sources d’opportunités
commerciales relativement bien connues dans le segment des petites PME. Le
site et le portail du gouvernement britannique, concernant tous les aspects du
soutien aux PME, «www.businesslink.gov.uk», comporte une section
importante intitulée «Acheter et vendre une entreprise». On y trouve des liens
vers ces bases de données commerciales, de sorte que ce site permet d’orienter
les utilisateurs vers des services payants.
Au Royaume-Uni, aucun organisme ne s’impose naturellement pour héberger
un service national unique, financé par les pouvoirs publics. Les chambres de
commerce sont des organismes à but lucratif et les PME ne sont pas tenues de
s’y affilier. En Angleterre (et il existe des réseaux similaires dans les autres
parties du Royaume-Uni), le réseau «Business Links» est subventionné par les
pouvoirs publics pour pouvoir assurer un vaste ensemble de services aux
entreprises. Actuellement, sa mission principale consiste cependant à fournir le
modèle «Information, diagnostic des besoins des PME et courtage» à un
prestataire de services approprié. Les prestataires de services sont
93
généralement des entreprises privées et facturent leurs services ou conseils
spécialisés aux PME. Sur la base de ce nouveau modèle «Information,
diagnostic et courtage», il n’existe pas de prestataire de services national qui
s’imposerait naturellement comme organisateur du marché des transmissions
d’entreprises, en dehors du service d’orientation assuré par le portail
www.businesslink.gov.uk.
Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à:
M. Phil MERCER
Small Business Service
([email protected])
94
ANNEXE II: MEMBRES DU GROUPE D’EXPERTS
Belgique
M. Jean-Pierre DI BARTOLOMEO
M. Nicolas PIROTTE
SOWALFIN – La Coupole des PME
avenue Maurice Destenay, 13
B-4000 LIÈGE
Tél.: 04/230 57 77 ou 04/230 56 79
Fax: 04/237 07 57 ou 04/230 56 78
E-mail: [email protected]
E-mail: [email protected]
M. Luc VAN LAERE
UNIZO (Unie der Zelfstandige Ondernemers)
Spastraat 8
B-1000 BRUSSEL
Tél.: 02/23 805 15
Fax: 02/230 93 54
E-mail: [email protected]
Bulgarie
Mme Marga KOUTSAROVA
Agence exécutive pour la promotion des petites et moyennes entreprises
Pl. Sveta Nedelia 1
Sofia 1000
Tél.: 3592 9329268
Fax: 3592 9805869
E-mail: [email protected]
République tchèque
Mme Martina FUNKOVA
Unité Coopération internationale
Département Promotion des PME
Ministère de l’industrie et du commerce de la République tchèque
Na Frantisku 32
CZ/110 15 Prague 1
Tél.: +420 224 063024
Fax: +420 224 062 384
E-mail: [email protected]
Allemagne
M. Hans PRASSNY
KfW Mittelstandsbank Unternehmeragentur
Charlottenstrasse 33/33a
D-10117 Berlin
Tél.: +49 (30) 20264-5878
95
Fax: +49 (30) 20264-5897
E-mail: [email protected]
Grèce
Mme Athina PNEVMATIKATOU
Secrétariat général à l’industrie
Ministère du développement
119 Mesogeion Street
Athènes, Grèce
Tél.: +30 210 - 6974759
Fax: +30 210 - 6969720
E-mail: [email protected]
M. Ioannis KOTTAKIS
Spécialiste scientifique
Secrétariat général à l’industrie
Ministère du développement
119 Mesogeion Street
Athènes, Grèce
Tél.: +30 210 - 6974757
Fax: +30 210 - 6969720
E-mail: [email protected]@ypan.gr
Espagne
M. Javier ABADIA
CAMERPYME
Consejo Superior de Cámaras de Comercio, Industria y Navegación de España
C/Ribera del Loira, 12
28042 Madrid
Tél.: 00-34-91-5 90 69 76
Fax: 00-34 91-5 90 69 08/10
E-mail: [email protected]
France
Mme Magali CESANA
Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie
Bureau Financement et Développement des Entreprises
Bâtiment Colbert
Télédoc 262
139, rue de Bercy
75572 PARIS CEDEX 12
Tél.: 01 44 87 72 36
Fax: 01 53 18 36 08
E-mail: [email protected]
Mme Isabelle AMAGLIO-TERISSE
Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris
Responsable du Département Création, transmission , CFE
96
2 rue de Viarmes
75040 Paris Cédex 01
Tél.: +33 01 55 65 34 06
Fax: +33 01 55 65 39 79
E-mail: [email protected]
Italie
M. Carlo SPAGNOLI
Unioncamere
Union italienne des chambres de commerce
Département international
Piazza Sallustio, 21
I-00187 ROMA
Tél.: +39 06 4704319
Fax: +39 06 4704222
E-mail: [email protected]
Web: www.unioncamere.it
M. Toni BRUNELLO
StudioCentro Veneto Sas
Via Imperiali 77
36100 Vicenza
Tél.: + 39 0444 512 733
Fax: +39 0444 512 420
E-mail: [email protected]
Luxembourg
M. Gilles SCHOLTUS
Ministère des Classes Moyennes, du Tourisme et du Logement
6, Avenue Émile Reuter
L – 2937 Luxembourg
Tél.: 00 352 478 4726
Fax: 00 352 478 4740
E-mail: [email protected]
Hongrie
M. László MARÓTI
Ministère de l’économie et des transports
Département de la stratégie et du soutien aux PME
1051 Budapest
Honvéd u. 1315
Tél.: 0-36-1-374-2900
Fax: 0-36-1-374-2800
E-mail: [email protected]
97
Pays-Bas
Mme Annemiek HAUTVAST
Conseillère principale
Ministère des affaires économiques
Département Entrepreneuriat
30, Bezuidenhoutseweg
P.O. Box 20101
2500 EC Den Haag
Tél.: + 3170 379 6640
E-mail: [email protected]
Autriche
M. Peter VOITHOFER
KMU Forschung Austria
Gusshausstrasse 8
1040 WIEN
Tél.: +43 1 5059761
Fax: +43 1 5034660
E-mail: [email protected]
Pologne
Mme Agnieszka WYRZYKOWSKA
Chef d’unité, département Intégration européenne et relations extérieures
Ministère du Trésor
Krucza 36
00522 Warszawa
Tél.: +48 22 695 83 58
Fax: +48 22 628 11 90
E-mail: [email protected]
Roumanie
Mme Ileana MODREANU
Conseillère
Agence nationale des PME et des coopératives
Poterasi Street, N° 11
Sector 4, Bucharest
Tél.: +4021 3361451
Fax: +4021 3361843
E-mail: [email protected]
Slovénie
M. Vladimir RUDL
Chef d’unité
Euro Info Centre Maribor
Borova vas 7
2000 Maribor
Tél.: (+386) 31-862997
Fax: (+386) 2 333 13 09
98
E-mail: [email protected]
Finlande
Mme Sirpa ALITALO
Chef de développement
Ministère du commerce et de l’industrie
P.O. BOX 32
00023 Government
Tél.: +358 9 1606 3680
E-mail: [email protected]
Suède
Mme Sigbritt LARSSON
Agence suédoise pour la croissance économique et régionale (NUTEK)
S-117 86 STOCKHOLM
Tél.: +46 8 681 92 53
Fax: +46 8 744 40 45
E-mail: [email protected]
Royaume-Uni
M. Phil MERCER
National Policy Director (East Mids & East)
Policy and Challenge Directorate (P&CD)
Small Business Service
St Mary’s House
9-11 London Road
Sheffield
S2 4LA U.K.
Tél.: +44 (0)7974 839035
E-mail: [email protected]
Turquie
Mme Aynur ODAMAN
KOSGEB (Organisation pour le développement des petites et moyennes entreprises),
Siège principal
Necatibey Cad No: 49
06440 Ankara - TURQUIE
Tél.: +90 312 232 54 25 (335)
Fax: +90 312 230 44 30
E-mail: [email protected]
Commission européenne
M. Thomas JAEGERS
DG Entreprises et industrie, E.1.
B-1049 Bruxelles
Tél.: +32 2 29 91587
Fax: +32 2 29 62947
E-mail: [email protected]
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