EUROPA - MARCHES POUR LA TRANSMISSION D`ENTREPRISE
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EUROPA - MARCHES POUR LA TRANSMISSION D`ENTREPRISE
ENTREPRISES ET INDUSTRIE MARCHÉS POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE FAVORISER LES BOURSES D’OPPORTUNITES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE EN EUROPE Rapport du groupe d’experts COMMISSION EUROPÉENNE COMMISSION EUROPÉENNE DIRECTION GÉNÉRALE ENTREPRISES ET INDUSTRIE Promotion de la compétitivité des PME Entreprenariat RAPPORT DU GROUPE D’EXPERTS MARCHES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE FAVORISER LES BOURSES D’OPPORTUNITES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE EN EUROPE Mai 2006 ` Avertissement Le présent projet a été réalisé conjointement avec des experts nationaux désignés par les autorités nationales des États membres de l’UE, des pays candidats à l’adhésion et en voie d’adhésion et des pays de l’AELE/EEE au titre du programme pluriannuel pour les entreprises et l’esprit d’entreprise. Bien que les travaux aient été encadrés par des fonctionnaires de la Commission, les vues exprimées dans le présent document n’engagent pas cette dernière. La reproduction du présent rapport est autorisée moyennant mention de la source. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à la Commission européenne Direction générale Entreprises et industrie Unité E.1. B-1049 Bruxelles, Belgique Fax: + 32.2.29.66 27 8 E-mail: Entr-Business/[email protected] http://europa.eu.int/comm/enterprise/entrepreneurship/support_measures/index.htm Informations sur d’autres projets Des informations sur d’autres projets réalisés conjointement par la Commission européenne et les administrations nationales, et portant sur la promotion de l’esprit d’entreprise et sur l’amélioration des mesures de soutien aux entreprises, peuvent être trouvées à l’adresse suivante: http://europa.eu.int/comm/enterprise/entrepreneurship/index.htm. 2 TABLE DES MATIÈRES RESUME .............................................................................................................................5 1 2 3 4 INTRODUCTION .......................................................................................................9 1.1 Justification du projet et structure du rapport....................................................9 1.2 Méthodologie du présent projet et travaux accomplis antérieurement au niveau européen ..........................................................................................11 LA NATURE ECONOMIQUE PARTICULIERE DES TRANSMISSIONS D'ENTREPRISES......................................................................................................14 2.1 Appariement des préférences...........................................................................15 2.2 Mise en confiance............................................................................................16 2.3 Problèmes émotionnels et psychologiques ......................................................17 2.4 Problèmes techniques ......................................................................................17 PLATEFORMES PUBLIQUES OU QUASI PUBLIQUES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE.........................................................................19 3.1 Aperçu général.................................................................................................19 3.2 OvernameMarkt (Flandre) et SOWACCESS (Région wallonne) ...................29 3.3 Nexxt-Change (Allemagne).............................................................................35 3.4 Passer le relais (France)...................................................................................37 3.5 Borsa delle Imprese (Italie) .............................................................................42 3.6 Bourse d’entreprises (Luxembourg)................................................................46 3.7 Ondernemingsbeurs (Pays-Bas) ......................................................................49 3.8 Nachfolgebörse (Autriche) ..............................................................................51 3.9 Yrittajat (Finlande) ..........................................................................................56 CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES MARCHES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE.........................................................................59 4.1 Masse critique, marchés intégrés et financement ............................................59 4.2 Un organisme hébergeur impartial ..................................................................60 4.3 Sensibilisation, publicité et visibilité...............................................................61 4.4 Informations fournies/Possibilités de recherche/Structure de la base de données .......................................................................................................62 4.5 Protection de l’anonymat et organisation de contacts .....................................63 4.6 Aspects techniques (appariement, durée, qualité) ...........................................63 4.7 Importance de l’intermédiation et d’autres services........................................64 3 4.8 La solution du portail Internet .........................................................................64 APERÇU: CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES BASES DE DONNEES DES MARCHES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE .......................................................................................................66 ANNEXE I: LA SITUATION DANS D’AUTRES PAYS PARTICIPANT AU PROJET.....................................................................................................................67 Bulgarie .....................................................................................................................67 République tchèque ...................................................................................................69 Grèce .........................................................................................................................72 Espagne......................................................................................................................75 Hongrie ......................................................................................................................77 Pologne ......................................................................................................................79 Roumanie...................................................................................................................82 Slovénie .....................................................................................................................84 Suède .........................................................................................................................87 Turquie ......................................................................................................................90 Royaume-Uni ............................................................................................................92 ANNEXE II: MEMBRES DU GROUPE D’EXPERTS ...................................................95 4 RESUME Au cours des dix années à venir, un tiers des chefs d’entreprise européens quitteront leurs fonctions, même si certains d’entre eux créeront une autre entreprise. Selon les estimations, jusqu’à 690 000 entreprises, pour la plupart des PME, représentant 2,8 millions d’emplois, devront être transmises à un nouveau propriétaire chaque année. Si la transmission d’entreprise au sein d’une famille reste le cas le plus fréquent, le nombre de transmissions à des tiers va croissant. Il est dès lors de plus en plus important de faciliter la mise en relation d’acheteurs et de vendeurs potentiels et de contribuer ainsi à la réussite de la transmission d’entreprise en Europe. Les outils existants ne semblent pas tous avoir le même degré d’efficacité lorsqu’il s’agit de rapprocher des acheteurs et des vendeurs potentiels, surtout dans le cas des petites entreprises. La question se pose dès lors de savoir quels sont les aspects qui conditionnent le plus l’efficacité d'un marché des transmissions d'entreprises. Afin d’identifier les facteurs de réussite de l’organisation des marchés de transmission d’entreprises, les États membres de l’UE et d’autres pays participant au programme pluriannuel pour l’entreprise et l’esprit d’entreprise ont mis en place un groupe d’experts chargé d’analyser les marchés (bases de données) existants et de formuler des conclusions quant à la meilleure façon de les organiser. Les travaux des experts se sont appuyés sur une longue série d’initiatives européennes visant à améliorer le contexte des transmissions d’entreprises, y compris la recommandation de la Commission de 1994, le projet BEST 2000/2002 et la récente communication de la Commission intitulée «Transmission des petites et moyennes entreprises – La continuité grâce à un nouveau départ»1. La plupart des entreprises sont uniques d’une manière ou d’une autre. Même si l’on ne considère que les caractéristiques les plus évidentes d’une entreprise, c’està-dire son secteur et sa taille, il peut être difficile de permettre à un acheteur potentiel et un vendeur potentiel d’entrer en contact dans la même zone géographique et au même moment, d’autant que la plupart des personnes intéressées par une carrière de chef d’entreprise préfèrent créer leur propre affaire plutôt que de reprendre une entreprise existante. Dans les bases de données, il existe fréquemment un déséquilibre entre l’offre et la demande de transmissions (les deux tiers des annonces étant des offres et un tiers seulement, des demandes). Le propriétaire2 connaît bien mieux que le repreneur potentiel les points forts et les points faibles de son entreprise. Lorsqu’il négocie les conditions de la 1 Pour les références détaillées, voir chapitre 1.2. L’ensemble des documents figurent sur le site Internet de la Commission, à l’adresse suivante: http://europa.eu.int/comm/enterprise/entrepreneurship/support_measures/transfer_business/index.htm . 2 Dans le présent document, les termes tels que «le chef d’entreprise», «le propriétaire» ou «le repreneur» désignent indifféremment des personnes des deux sexes. 5 transmission, il a intérêt à exagérer les aspects positifs et à minimiser les problèmes. Sachant cela, le repreneur risque de ne pas faire confiance aux informations que lui fournira le propriétaire. L’instauration de la confiance entre acheteurs et vendeurs potentiels conditionne donc de manière fondamentale la réussite des marchés de transmission d’entreprise. À cet effet, il est essentiel que les acteurs concernés puissent faire confiance aux intermédiaires et aux organismes qui hébergent les bases de données. Les transmissions d’entreprises comportent de nombreux aspects techniques et juridiques complexes sur lesquels les acheteurs comme les vendeurs ont besoin d’informations et de conseils, surtout lorsqu’il s’agit de petites entreprises. Enfin, la cession d’une entreprise constitue normalement un processus caractérisé par un transfert de responsabilités, d’autorité et d’informations. Ce processus peut être soutenu par des programmes de tutorat. Pour que le succès soit au rendez-vous, il importe que les marchés et les organismes qui les gèrent ne se limitent pas à un simple service de recherche. Le présent rapport décrit neuf bases de données et bourses d’entreprises qui sont proposées par des organismes publics ou quasi publics en Belgique (OvernameMarkt en Flandre et Sowaccess en Région wallonne), en Allemagne (Nexxt-Change), en France (Passer le relais), en Italie (Borsa delle Imprese), au Luxembourg (Bourse d’entreprises), aux Pays-Bas (Ondernemingsbeurs), en Autriche (Nachfolgebörse) et en Finlande (Yrittajat). La plupart de ces bases de données n’existent que depuis trois ans environ. Aujourd’hui, elles contiennent déjà les noms de plus de 11 000 sociétés susceptibles d’être transmises, ce qui correspond à quelque 7 % des entreprises susceptibles de faire l’objet d’un changement de propriétaire chaque année (et, en moyenne, à 0,2 % environ des sociétés d’un pays). Selon les estimations, une entreprise sur quatre figurant dans les bases de données trouve un repreneur chaque année (ce qui représente un taux de réussite de l’ordre de 25 %; il existe cependant peu d’éléments pour corroborer cette estimation car plusieurs opérateurs ne procèdent à aucun suivi des entreprises, une fois qu’elles ont quitté leur base de données). La plupart des plateformes sont nationales; dans le cas de l’Italie, elles sont organisées sur une base régionale. À l’heure actuelle, il n’existe pas de base de données européenne ou transfrontalière. Les bases de données publiques peuvent être consultées par toute personne disposant d’un accès Internet standard. Toutefois, les modalités et les restrictions applicables au placement d’une annonce varient. Dans certains cas, il n’existe aucune restriction, dans d’autres, l’organisme qui gère la base de données procédera à un contrôle préalable et, dans d’autres encore, seuls les intermédiaires (banques, consultants, etc.) seront autorisés à introduire une entrée dans la base de données. Les bases de données publiques/quasi publiques ne perçoivent que des redevances modérées, voire aucune redevance. Les acheteurs et les vendeurs demeurent anonymes; les contacts sont établis par les intermédiaires/partenaires de réseau ou 6 à l’aide de numéros de boîtes anonymes. En général, aucune procédure d’appariement n’est prévue. Les options de recherche sont assez similaires dans tous les cas, c’est-à-dire que toutes les bases de données peuvent être interrogées selon les critères du secteur économique et de la région et, dans certains cas, de la taille des entreprises. Compte tenu des caractéristiques particulières de la transmission d’entreprise et des caractéristiques des bases de données existantes, les experts ont défini un certain nombre de caractéristiques que devraient présenter les bourses d’entreprises: • Il semble important que les bases de données nationales ne soient pas fragmentées. S’il est impossible d’établir une base de données nationale exhaustive, il convient d’envisager à tout le moins la mise en place d’un portail national pour l’ensemble des bases existantes. Les bases de données et portails nationaux devraient également comporter des liens vers des plateformes bien établies dans d’autres pays. • La réussite d’une base de données sur les transmissions d’entreprises est conditionnée de manière fondamentale par l’existence d’un organisme neutre et fiable qui puisse l’héberger. Les chambres d’industrie et de commerce, les chambres des métiers et les organismes de soutien aux entreprises apparaissent comme des candidates naturelles à cette fonction, en particulier dans les pays où l’affiliation à ces organismes est obligatoire. • Il importe de sensibiliser les utilisateurs potentiels à l’existence des bourses d’entreprises. À cet effet, il convient de choisir un nom de domaine approprié, de mettre en place des liens en provenance d’autres sites concernant le soutien public aux entreprises, de lancer des campagnes de publicité et de sensibilisation, et de diffuser des informations dans des contextes analogues (séminaires organisés par les chambres de commerce ou les chambres des métiers, par exemple). • Les repreneurs potentiels devraient, à tout le moins, pouvoir interroger la base de données selon les critères suivants: secteur économique et profession, situation géographique (région, voire ville) et taille (sur la base de classes définies par le nombre de salariés et/ou le chiffre d’affaires). D’autres critères de recherche utiles sont le prix (ou la fourchette de prix) et la date de transmission envisagée. • L’anonymat revêt une importance capitale pour la plupart des cédants (et pour certains repreneurs) potentiels. Des coordonnées précises ou des descriptions dont pourrait être déduite l’identité d’une entreprise ne peuvent être publiées qu’avec l’autorisation de la personne qui est à l’origine de l’annonce. Les demandes de mise en contact pourraient être dirigées vers une boîte aux lettres anonyme. La sécurité sera meilleure si les contacts sont organisés par l’organisme qui héberge la base de données ou par des intermédiaires. 7 • Il est souhaitable que l’organisme qui héberge la base de données veille à une certaine qualité des entrées. Il conviendrait au minimum de vérifier régulièrement si les annonces sont toujours d’actualité. Une assistance lors de la rédaction des annonces peut également être utile dans bien des cas. Enfin, un examen préalable des entreprises pourrait être envisagé avant l’introduction d’une entrée dans la base de données. • Une bourse d’entreprises obtiendra de meilleurs résultats si elle ne se limite pas à une base de données offrant un simple service de découverte. Parmi les services supplémentaires qui pourraient utilement être proposés, il convient de citer la fourniture d’informations sur les divers aspects de la transmission d’entreprise, les services d’intermédiation au cours des négociations, ainsi que le tutorat. • En vue d’adapter et d’améliorer les bourses d’entreprises et de justifier l’utilisation des fonds publics destinés à les soutenir, il est souhaitable d’assurer un suivi systématique des résultats obtenus (par exemple en calculant un «taux de réussite») et des facteurs qui déterminent ces résultats. 8 1 1.1 INTRODUCTION Justification du projet et structure du rapport Au cours des dix années à venir, un tiers des chefs d’entreprise européens prendront leur retraite. Selon les estimations, jusqu’à 690 000 entreprises, pour la plupart des PME, représentant 2,8 millions d’emplois, seront concernées chaque année 3. Il n’existe pas de données complètes et comparables sur la transmission d’entreprise pour l’ensemble des pays européens, mais les informations disponibles dans les divers pays confirment les estimations relatives à l’UE et laissent entrevoir un important potentiel de transmission d’entreprise4. En Allemagne, quelque 700 000 entreprises devront trouver un repreneur au cours des dix prochaines années5. En France, le chiffre correspondant est de 600 0006. En Italie, environ 42 % des chefs d’entreprise sont âgés de plus 50 ans, et quelque 7,5 % dépassent l’âge de 70 ans. Selon les estimations, environ 50 000 transmissions d’entreprises devront être menées à bien annuellement au cours des prochaines années7. Aux Pays-Bas, on s’attend à la transmission d’environ 25 % des entreprises, ce qui correspond à 80 000 sociétés8. De même, 23 % des entreprises autrichiennes devraient 3 Ces chiffres ont été extrapolés des résultats publiés dans le rapport final du groupe d’experts sur la transmission des petites et moyennes entreprises, mai 2002. Dans ce rapport, le potentiel annuel de transmission était estimé à 610 000 entreprises pour EU-15. L’élargissement a entraîné un accroissement d’environ 20 % du nombre de PME de l’Union européenne. 4 Dans le présent rapport, nous entendrons par transmission d’entreprise le transfert de la propriété d’une entreprise à une autre personne ou entreprise, étant entendu que l’entreprise initiale poursuit son activité. Dans le cas de la plupart des petites et moyennes entreprises (PME), et notamment des entreprises individuelles, une transmission d’entreprise s’accompagne d’un transfert des fonctions de direction. Dans le cas des sociétés anonymes, la situation est moins claire. Habituellement, si au moins 51 % des parts d’une société anonyme non cotée en Bourse changent de mains, on parlera également de transfert. Dans le cas des sociétés anonymes cotées en Bourse, un changement de propriété d’actions ne sera pas considéré comme un transfert en raison de la distinction générale qui est faite entre direction et propriété de ces sociétésUne succession est une transmission d’entreprise au sein d’une famille, habituellement des parents aux enfants. Parmi les autres formes de transmission, on peut citer le rachat par les cadres et la vente à un tiers. Le cédant est le propriétaire en place qui transmet l’entreprise au repreneur. 5 Selon l’Institut für Mittelstandsforschung, le potentiel de transfert peut être estimé à 71 000 entreprises pour 2005. Le chiffre annuel devrait rester relativement stable au cours des prochaines années. 6 Vilain (2004), La transmission des PME artisanales, commerciales, industrielles et de services, avis et rapport du conseil économique et social. 7 Base de données Stock View/Infocamere (2005). Lorsqu’une entreprise italienne modifie son statut juridique, les chambres de commerce l’enregistrent comme une nouvelle société. C’est la raison pour laquelle les estimations du nombre de transmissions sont fondées sur la ventilation des chefs d’entreprise par tranche d’âge. 8 Pays-Bas, ministère des affaires économiques, 2003. 9 faire l’objet d’un transfert de propriété au cours de la période 2004-20139. En Suède, entre 45 000 et 50 000 entreprises occupant des salariés connaîtront un changement de génération au cours des dix prochaines années10. En Finlande, quelque 60 000 sociétés devront faire l’objet d’une transmission pendant cette période. En Roumanie, environ 46 000 petites entreprises (sur un total de 403 000) appartiennent à des personnes âgées de plus de 55 ans. Au Royaume-Uni, il a été constaté qu’un tiers environ des transmissions de PME risquaient d’échouer en raison de l’âge de leur propriétaire11. Les transmissions d’entreprises constituent des opérations complexes et compliquées et peuvent se solder par des échecs, ce qui entraînera la perte d’entreprises pourtant viables et des emplois qu’elles avaient créés. Il ne s’agit pas de nier que, dans une économie innovante en pleine expansion, certaines entreprises ne peuvent être transmises et qu’un certain taux de décès d’entreprises anciennes et leur remplacement par des sociétés nouvelles est inévitable. Pourtant, de nombreuses entreprises tombent en faillite pendant la phase de transmission, non parce qu’elles ne sont pas viables, mais parce que la transmission n’a pas été valablement préparée. C’est le cas tout particulièrement des petites entreprises qui n’ont pas forcément les moyens de faire appel à des consultants spécialisés. Ces échecs détruisent du capital économique, tel que le savoir-faire spécialisé, les contacts établis et d’autres formes d’actifs incorporels, et entraînent une dévaluation d’actifs corporels qui ne font plus partie d’une entreprise en activité. L’échec de transmissions d’entreprises se traduit par une perte d’emplois et une réduction de la croissance économique. Surtout dans les régions rurales ou périphériques, où l’économie est moins dynamique que dans les régions centrales, ces échecs peuvent avoir un coût social important, puisque les ressources qui étaient utilisées par les entreprises disparues ne seront pas reprises par d’autres sociétés et que les salariés ne pourront pas retrouver d’emplois comparables. Par le passé, la transmission d’une entreprise au sein de la famille – des parents aux enfants – était, sinon la règle, du moins le cas le plus fréquent. Si ce type de transmission semble toujours plus fréquent que d’autres (tels que le rachat par les cadres ou la vente à des tiers), le nombre de transmissions à des tiers s’accroît. Il devient dès lors de plus en plus important de faciliter le rapprochement d’acheteurs et de vendeurs potentiels et de soutenir le transfert de propriété des petites entreprises dans les pays européens. 9 KMU FORSCHUNG Austria/Institut autrichien de recherche sur les PME. 10 Generationsskiften I företag – Problemanalys av vilka effekter förväntas av kommande generationsskiften företag, février 2004. La «catégorie à risques» des entreprises qui doivent faire l’objet d’une transmission correspond aux entreprises dont le propriétaire a 50 ans ou plus et possède au moins 50 % d’une société occupant de 2 à 49 salariés. 11 UK Small business service (2004), Passing the baton – encouraging successful business transfer – Evidence and key stakeholder opinion. 10 La prise de conscience croissante de l’importance que revêt la réussite des transmissions d’entreprises pour l’économie a entraîné l’apparition, à tous les niveaux de l’administration publique, d’un nombre croissant de services de soutien visant à faciliter le processus de transmission, que ce soit pour le cédant potentiel ou pour le repreneur potentiel. Outre le recours à des consultants spécifiques, les bourses d’entreprises constituant des plateformes de rapprochement d’acheteurs et de vendeurs potentiels – et notamment les bourses accessibles sur Internet – sont considérées comme un moyen important de promouvoir les transmissions d’entreprises. Aussi de nombreuses bourses ont-elles vu le jour sur Internet. Ces bourses diffèrent selon leur couverture géographique (nationale, régionale, locale), leur couverture sectorielle (un ou quelques secteurs économiques ou l’ensemble de l’économie), le statut juridique de l’hébergeur (entité publique, semipublique ou privée), etc. Cela dit, tous les outils existants ne semblent pas afficher la même efficacité lorsqu’il s’agit de rapprocher les acheteurs et les vendeurs potentiels. La question se pose dès lors de savoir quelles sont les conditions les plus importantes auxquelles doit satisfaire une bourse d’entreprises pour être efficace. 1.2 Méthodologie du présent projet et travaux accomplis antérieurement au niveau européen En vue de déterminer les facteurs de réussite de l’organisation d’une bourse d’entreprises, les États membres de l’Union européenne et les pays tiers participant au programme pluriannuel pour l’entreprise et l’esprit d’entreprise12 ont décidé, en 2004, de lancer un projet visant à favoriser des marchés transparents pour la transmission d’entreprise en Europe. Dix-sept États membres de l’UE et trois autres pays ont désigné des experts à cet effet. Le groupe d’experts s’est réuni à quatre reprises, en mars, septembre et décembre 2005 et en mars 2006. Ayant été désignés par les gouvernements nationaux, les experts ont essentiellement fait porter leur analyse sur les bourses d’entreprises et les bases de données placées sous la responsabilité d’organismes publics ou quasi publics (et notamment des chambres du commerce ou des chambres des métiers). Le rapport final a été élaboré par la Commission européenne, direction générale «Entreprises et industrie», en coopération étroite avec les experts. Les décideurs au niveau européen et national ont déjà porté une attention soutenue à la transmission d’entreprise. À l’échelon de l’UE, les travaux dans ce domaine ont débuté dès 1993, année où un symposium y a été consacré à Bruxelles. Après avoir analysé les aspects juridiques, fiscaux, 12 Décision 2000/819/CE du Conseil du 20 décembre 2000, modifiée par la décision n° 1776/2005/CE du Parlement européen et du Conseil du 28 septembre 2005. La décision relative au projet a été arrêtée par le Comité de gestion du programme Entreprises (EPMC). 11 financiers et humains des transmissions d’entreprises, les experts de l’ensemble des États membres ont proposé plusieurs actions concrètes. Sur la base des résultats du symposium et des propositions formulées par des associations nationales et européennes, la Commission a identifié, dans sa communication du 4 juillet 1994, quatre grandes tâches: (1) assurer la pérennité des sociétés de personnes et des sociétés individuelles; (2) préparer les transmissions par l’adoption de la forme juridique la plus adéquate sans pénalité financière; (3) encourager les transmissions à des tiers et (4) faciliter la transmission au sein de la famille par des mesures fiscales appropriées13. La Commission, tenant compte des résultats d’une consultation publique, a présenté en décembre 1994 une recommandation sur la transmission des petites et moyennes entreprises14, dans laquelle elle a exposé un certain nombre d’actions stratégiques envisageables dans différents domaines touchant aux transmissions d’entreprises (sensibilisation, fiscalité, droit des sociétés, etc.). En février 1997, les premières réformes résultant de la recommandation de 1994 et des idées relatives à des améliorations futures ont été présentées lors d’un forum européen sur la transmission des entreprises, qui s’est tenu à Lille, en France. En 1998, la Commission a publié une autre communication, décrivant diverses mesures prises dans certains États membres en vue de soutenir la transmission d’entreprise, et exposant la situation en décembre 199615. Dans cette communication, la Commission concluait que, si certains États membres avaient mis en œuvre des actions concrètes pour favoriser les transmissions, d’autres étaient restés plutôt inactifs. Globalement, elle constatait que les propositions formulées en 1994 n’avaient pas été suivies dans une mesure suffisante pour surmonter les obstacles auxquels se heurtaient les transmissions d’entreprises. La Commission encourageait les États membres à intensifier leurs efforts, notamment par la simplification législative et administrative, des réductions fiscales effectives et un accès plus facile au soutien financier pour la reprise d’une société. En novembre 2000, la Commission européenne a lancé un projet BEST sur la transmission d’entreprise en vue de poursuivre le suivi de la mise en 13 Communication de la Commission sur la transmission d’entreprise. Actions en faveur des PME, JO C 204 du 23.7.1994, pp. 1 à 23. L’annexe I de la communication contient les résultats du symposium de 1993. 14 Recommandation de la Commission sur la transmission des petites et moyennes entreprises, JO L 385 du 31.12.1994, pp. 14 à 17. Elle a également publié une communication explicative concernant sa recommandation du 7 décembre 1994 sur la transmission des petites et moyennes entreprises, JO C 400 du 31.12.1994, pp. 1 à 9. 15 Communication de la Commission sur la transmission des petites et moyennes entreprises, JO C 93 du 28.3.1998, pp. 2 à 21. 12 œuvre de sa recommandation, d’identifier de nouvelles mesures juridiques, fiscales et de soutien et de présenter de nouvelles propositions d’actions. Un nouveau groupe d’experts, composé de représentants d’organisations professionnelles, d’organismes de soutien, des milieux universitaires, des fonctions publiques nationales et des chefs d’entreprise, a été mis en place par les États membres16. Dans les conclusions du projet, il a été fait référence aux bases de données nationales spécialisées et leur développement ultérieur a été encouragé. Les résultats du projet «Procédure BEST» et des exemples de bonnes pratiques observées dans les divers États membres ont été présentés au séminaire européen sur la transmission des entreprises qui s’est tenu à Vienne les 23 et 24 septembre 2002. En octobre 2002, un autre projet (MAP) sur la transmission d’entreprise a été lancé en vue d’améliorer la mise en œuvre de la recommandation de la Commission sur la transmission des petites et moyennes entreprises et pour répondre aux recommandations du projet BEST17. En mars 2006, la Commission européenne a publié une autre communication sur la transmission d’entreprises, intitulée «Mise en œuvre du programme communautaire de Lisbonne pour la croissance et l’emploi: La transmission d’entreprise – La continuité grâce à un nouveau départ»18. Dans cette communication, la Commission constatait que le taux de mise en œuvre de la recommandation de 1994 n’était que de l’ordre de 65 % pour EU-25. Elle indiquait les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires restaient indispensables, et notamment le soutien à de nouvelles mesures de sensibilisation, la mise en place de conditions financières appropriées pour les transmissions d’entreprises et l’adoption de dispositions fiscales plus favorables concernant l’impôt sur le revenu en cas de transmission à des tiers. La communication a également mis en évidence certains exemples de bonnes pratiques observées dans l’UE, par exemple les bases de données créées en Allemagne, en France, en Italie, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Autriche, qui font également l’objet d’une présentation dans ces pages. 16 Commission européenne (2002), rapport final du groupe d’experts sur la transmission des petites et moyennes entreprises, mai 2002. 17 Commission européenne (2003), Transmission d’entreprise – la continuité grâce à un nouveau départ. Rapport final du projet MAP 2002, août 2003. 18 COM (2006)117 final du 14 mars 2006. 13 2 LA NATURE ECONOMIQUE PARTICULIERE DES TRANSMISSIONS D'ENTREPRISES La transmission d’une entreprise d’une personne à une autre constitue un processus complexe qui représente bien plus qu’un transfert juridique de propriété en contrepartie d’un prix. Pour mener à bien une transmission d’entreprise, il y a lieu de résoudre de nombreux problèmes, qui sont souvent de nature émotionnelle et psychologique. Les transmissions d’entreprises ont plusieurs caractéristiques importantes par lesquelles elles se distinguent de la vente (ou de la donation) de la plupart des autres actifs. Traditionnellement, la solution la plus courante à ces problèmes consistait dans la transmission au sein de la famille d’une génération à la suivante19. Idéalement, le contexte familial, le cadre relationnel existant, la confiance et le partage des informations sur l’entreprise elle-même facilitaient le transfert économique des actifs, des informations, des connaissances, des relations commerciales, etc.. La transmission d’une entreprise entraîne certains coûts de transaction qui peuvent notablement réduire la valeur de l’entreprise cédée, voire constituer des obstacles insurmontables qui empêchent le développement de vastes marchés de transmission en dehors des familles. À l’intérieur des familles, les coûts de transaction liés à la transmission d’une entreprise peuvent souvent être réduits au point de rendre la transmission possible et efficace. Cela dit, il existe des cas où la détérioration des relations familiales compromet le transfert économique de l’entreprise. Les familles sont des groupes sociaux qui ont leurs propres problèmes, capables dans certains cas de faire échec à la transmission d’une entreprise20. D’autres facteurs, par exemple des problèmes spécifiques à une industrie ou à un secteur, peuvent également rendre problématique une transmission au sein de la famille21. Le présent chapitre contient une description détaillée des caractéristiques de la transmission d’entreprise. Cette description constituera ensuite le contexte théorique dans lequel pourra s’inscrire l’analyse des bases de données existantes et qui permettra de formuler des recommandations quant à l’organisation des bourses d’entreprises. Les nombreuses caractéristiques particulières d’une transmission d’entreprise peuvent être regroupées en quatre grandes catégories: 1) appariement des préférences des acheteurs et des vendeurs; 19 Voir par exemple Bjuggren, Per-Olof and Sund, Lars-Göran (2002), A Transaction Cost Rationale for Transition of the Firm within the Family, in: Small Business Economics, vol. 19, pp. 123 à 133. 20 On en trouvera un aperçu dans Handler, Wendy C. (1994), Succession in Family Business: A Review of the Research, in: Family Business Review, vol. VII, n° 2, pp. 133 à 157. 21 Voir par exemple Getz, Donald and Petersen, Tage (2004), Identifying Industry-Specific Barriers to Inheritance in Small Family Businesses, in: Family Business Review, vol. 17, n° 3, pp. 259 à 276 (18). 14 2) mise en confiance (asymétries de l’information); 3) problèmes émotionnels et psychologiques; 4) problèmes techniques. 2.1 Appariement des préférences La plupart des entreprises sont uniques à bien des égards, et ce qui convenait au propriétaire en place n’est pas forcément du goût d’un acheteur ou d’un repreneur potentiel. Même si l’on s’en tient aux caractéristiques les plus évidentes d’une entreprise, c’est-à-dire son secteur et sa taille, il peut être difficile d’apparier un acheteur potentiel et un vendeur potentiel dans la même zone géographique et au même moment. La grande majorité des personnes qui souhaitent devenir chefs d’entreprise préfèrent créer une entreprise nouvelle plutôt que de reprendre une affaire existante. La décision de devenir chef d’entreprise n’est motivée qu’en partie par des raisons purement économiques (sauf peut-être dans les cas où elle est prise pour sortir du chômage ou d’une situation similaire). Dans une certaine mesure, la volonté d’épanouissement personnel et le souhait de réaliser une idée joueront également un rôle. Selon l’Eurobaromètre Flash de 2004, 53 % des Européens préféreraient créer une société de toutes pièces, et 29 % seulement reprendraient une affaire existante22. Cette situation s’explique par deux raisons. Premièrement, celui qui crée une entreprise n’est soumis à aucune contrainte. Non seulement, il est libre d’opérer ses choix commerciaux au sens strict, mais il pourra également se faciliter la vie en implantant son entreprise à proximité de son lieu de résidence. Deuxièmement, la création d’une entreprise exige normalement moins de moyens financiers qu’une reprise. Selon certaines estimations, l’investissement que requiert la reprise d’une affaire existante est supérieur de 60 % à celui qu’implique la création d’une entreprise23. Pour le propriétaire et cédant potentiel d’une entreprise, il y a relativement peu d’alternatives à la vente. Si une transmission à l’intérieur de la famille est impossible, une solution pourrait consister dans la liquidation «morceau par morceau» de l’entreprise. Cette solution aura évidemment l’inconvénient 22 Eurobaromètre Flash, «L’esprit d’entreprise». Les chiffres enregistrés aux États-Unis sont assez similaires: 54 % de la population préféreraient créer une entreprise et 30 % seulement souhaiteraient reprendre une affaire existante. Il existe cependant des différences considérables entre les pays européens: en Grèce, 66 % des personnes interrogées ont marqué une préférence pour la création d’une entreprise, alors qu’en République tchèque, 32 % seulement sont dans ce cas. 23 Deutsche Ausgleichsbank, citée d’après: Commission européenne (1997), Forum européen sur la transmission des entreprises, p. 5. 15 qu’une part considérable de la valeur – relations avec les clients, etc. – sera perdue. Les raisons évoquées ci-dessus expliquent qu’il existe fréquemment un déséquilibre entre l’offre et la demande de transmissions dans les bases de données. En effet, les deux tiers des annonces contenues dans ces bases sont généralement des offres de vente et un tiers seulement sont des demandes de reprise. 2.2 Mise en confiance Il existe en général d’importantes asymétries en matière d’information entre les acheteurs et les vendeurs d’entreprises (surtout de petites entreprises): en effet, le propriétaire connaît beaucoup mieux les points forts et les points faibles de son entreprise que le repreneur potentiel. Lorsqu’il négocie les conditions de la transmission, il a intérêt à exagérer les points forts et à minimiser les problèmes. Sachant cela, le repreneur pourrait se montrer méfiant à l’égard des informations fournies par le propriétaire. La solution classique à ces problèmes d’asymétrie consiste dans le souhait de sauvegarder une réputation: des avantages en matière d’information ne sont pas exploités pour ne pas compromettre de futures opportunités commerciales. Toutefois, un vendeur ne sera soucieux de préserver sa réputation que s’il a un intérêt dans des transactions futures qui seraient mises en péril si cette réputation s’était détériorée. Dans le cas des transmissions d’entreprises, cela ne sera pas souvent le cas, puisque l’ancien propriétaire partira souvent à la retraite après la transmission. La mise en confiance sera également rendue difficile par le fait que le vendeur potentiel ne souhaite généralement pas que son intention de vendre fasse l’objet d’une grande publicité. C’est la raison pour laquelle les annonces placées dans les bases de données sont souvent de nature plutôt vague et générale, ce qui les rend assez peu attrayantes aux yeux du successeur potentiel qui souhaite en général se faire une idée précise avant d’établir le contact avec le vendeur. Dans la plupart des cas, un intermédiaire peut intervenir utilement en convainquant le chef d’entreprise qu’une certaine quantité d’informations est nécessaire pour rendre l’annonce suffisamment intéressante. Cela dit, les problèmes concernant les asymétries en matière d’information et le manque de confiance caractérisent non seulement la relation entre acheteurs et vendeurs potentiels, mais également les relations avec les organismes intermédiaires. C’est ainsi que les annonceurs potentiels sur une bourse en ligne ont parfois des doutes quant à la fiabilité des opérateurs de la base de données. De nombreux chefs d’entreprise craignent un manque de discrétion s’ils acceptent de divulguer des informations sur leur société. En outre, les intermédiaires privés éventuels sont quelquefois soupçonnés d’être 16 davantage intéressés par la conclusion rapide d’une affaire que par la qualité des contacts établis. 2.3 Problèmes émotionnels et psychologiques Pour le propriétaire en place (cédant), l’entreprise à transmettre constituera souvent le fruit de toute une vie de travail. Il aura donc tendance à attribuer à son entreprise une valeur purement émotionnelle et demandera, dans une certaine mesure, à être indemnisé de sa perte. L’importance et la nature spécifique de cette valeur particulière dépendent évidemment du type d’entreprise. Elles seront, par exemple, différentes selon qu’il s’agit d’une petite entreprise artisanale unipersonnelle, d’une entreprise achetée par son propriétaire pour des raisons purement financières ou d’une entreprise fondée par le propriétaire en place et qui a connu une importante croissance au cours de son histoire. Quant à l’acheteur, il ne souhaitera pas payer pour ce type de valeur qui ne peut, de par sa nature, lui être transférée. Dans une certaine mesure, cette valeur émotionnelle sera tout simplement perdue lors de la transmission. Ce n’est que si le cédant a un lien privilégié avec le repreneur (en termes économiques: si les préférences du repreneur concordent en partie avec ses propres préférences) que la perte de valeur émotionnelle peut être réduite. On peut présumer que cette convergence de préférences existe entre un parent et son enfant, mais elle peut se rencontrer également entre un propriétaire et un acheteur. Les deux doivent donc s’entendre sur le plan émotionnel et psychologique, et non seulement sur le plan commercial, et le propriétaire en place devra avoir l’assurance que son entreprise se retrouvera dans de bonnes mains. Pour instaurer la confiance entre l’acheteur et le vendeur, mais aussi pour assurer que la valeur «émotionnelle» de l’entreprise soit transmise – au moins dans une certaine mesure – au repreneur, il peut être utile de passer par une assez longue période de tutorat, pendant laquelle l’ancien propriétaire se retirera progressivement de l’entreprise. 2.4 Problèmes techniques La transmission d’une entreprise implique le transfert de divers types d’actifs, tels que le matériel, des biens immobiliers, des véhicules, etc., dont chacun peut être régi par des dispositions particulières. Cette complexité est encore accrue par les différentes dispositions fiscales applicables à la transmission des actifs. En outre, il n’est pas rare que plus de deux acteurs soient concernés. La transmission d’une entreprise ne se limite pas à une transaction entre le propriétaire/vendeur et l’acheteur. La famille du propriétaire peut également avoir son mot à dire, et il en va de même pour les établissements de crédit qui financent l’opération. 17 Si certains actifs commerciaux, tels que le matériel, les fournitures et les actifs financiers, peuvent être transférés selon des modalités relativement simples, la transmission d’une entreprise implique également le transfert d’actifs incorporels, tels que les connaissances du propriétaire (concernant les marchés, les concurrents, les clients, les salariés, les technologies, etc.), les relations humaines (avec les clients, les salariés, etc.), l’autorité et la réputation de l’entreprise. Dans le cas d’une entreprise en activité, la fixation d’un prix et l’accord sur ce prix peuvent également représenter un problème complexe, dont la solution pourrait exiger le recours à un spécialiste extérieur. 18 3 3.1 PLATEFORMES PUBLIQUES OU QUASI PUBLIQUES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE Aperçu général Dans huit pays qui ont participé au projet, il existe des plateformes publiques ou quasi publiques pour la transmission d’entreprise, c’est-à-dire des bases de données hébergées par des administrations publiques (par exemple un ministère) et/ou des chambres de commerce ou des chambres des métiers, qui travaillent parfois en coopération avec des organismes privés. Ces pays sont la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande, la Belgique et l’Allemagne. En Belgique, il existe même deux bases de données, une pour la Flandre et l’autre pour la Région wallonne (qui ne sera opérationnelle qu’à partir de l’été 2006). En Allemagne, deux bases de données, à savoir «Change» (gérée par les chambres de commerce et des métiers) et «Nexxt» (gérée par le ministère fédéral de l’économie et du travail), ont été récemment fusionnées en une plateforme unique («NexxtChange»). Le plus souvent, ces bases de données sont de création récente. En moyenne, celles qui sont décrites dans le présent rapport existent depuis trois ans environ. Leur taille varie avec celle du pays. Au total, les neuf bases de données qui seront décrites ci-après contiennent les noms d’environ 11 000 entreprises susceptibles d’être transmises. Une estimation sommaire permet de constater que les bases de données comprennent environ 0,2 % des sociétés d’un pays et environ 8 % des sociétés susceptibles d’être transmises chaque année. (Dans quelques pays, à savoir la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Autriche, les entreprises répertoriées représentent 10 % du potentiel de transmission annuel, voire davantage.) Pour la plupart des bases de données, le taux de réussite (c’est-à-dire le rapport entre le nombre annuel de transmissions réalisées ou préparées grâce à la base de données et le nombre de sociétés susceptibles d’être transmises et dont le nom figure dans la base de données) a été établi par estimation. Ce taux est de l’ordre de 25 %, ce qui signifie qu’une entreprise sur quatre figurant dans la base de données trouve un repreneur chaque année. (Toutefois, les estimations sont rendues assez malaisées par le fait qu’il n’existe pas de suivi systématique des entreprises qui sortent des bases de données.) La plupart des bases de données ont une couverture nationale. Parfois, comme c’est le cas en Italie, elles sont organisées sur une base régionale (par exemple dans la région d’Émilie-Romagne). À l’heure actuelle, il n’existe pas de base de données européenne ou transnationale. En outre, toutes les bases de données fonctionnent exclusivement dans la ou les langues nationales. 19 Les bases de données publiques peuvent être consultées par toute personne disposant d’un accès Internet standard; il n’existe pas de restrictions d’accès (à la différence de ce qui est le cas pour de nombreuses autres bases de données qui sont gérées par des serveurs commerciaux, tels que des banques). Les modalités et les conditions du placement d’une annonce diffèrent cependant d’une base de données à l’autre. Dans un cas (Autriche), aucune restriction n’est appliquée, c’est-à-dire que tout particulier et toute entreprise peut placer une annonce et sera entièrement responsable du contenu et de la durée d’affichage de celle-ci. Dans les bases de données flamande et finlandaise, le placement d’une annonce n’est pas davantage soumis à des restrictions, mais le contenu des annonces placées par des particuliers ou des entreprises est préalablement vérifié par l’administrateur de la base pour prévenir toute utilisation abusive de celle-ci. Dans d’autres pays, seuls les intermédiaires ou les partenaires de réseau sont autorisés à placer une entreprise dans la base de données. Dans certains cas, l’utilisation de la base est réservée aux chefs d’entreprise qui sont affiliés à une chambre de commerce ou une chambre des métiers. Les bases de données publiques/quasi publiques ne perçoivent qu’une redevance modeste (probablement inférieure au prix d’une annonce dans un journal), voire aucune redevance pour le placement d’une annonce pendant une période de plusieurs mois. Il existe également des différences en ce qui concerne la durée d’affichage autorisée. En général, les organismes hébergeurs cherchent à éviter que des annonces anciennes, voire dépassées, s’accumulent dans la base de données. Après quelques mois, les annonces sont donc généralement retirées, même si des prolongations sont possibles. La «Nachfolgebörse» autrichienne est la seule qui n’impose aucune limitation. Dans la «Borsa delle Imprese» italienne, la durée d’affichage autorisée est assez longue (deux ans). Dans toutes les bases de données, les acheteurs et les vendeurs restent anonymes. Le contact est établi soit par les intermédiaires/partenaires de réseau ou au moyen d’un numéro de boîte anonyme. En général, les bases de données ne proposent pas de procédure d’appariement, à l’exception de la base SOWACCESS de la Région wallonne, où un tel mécanisme est prévu. Le «OvernameMarkt» flamand, le «Nexxt-Change» allemand et l’«Ondernemingsbeurs» néerlandaise offrent la possibilité de laisser un profil de recherche et envoient automatiquement un message électronique d’alerte si une entreprise correspondant au profil recherché est introduite dans la base de données. Il existe certaines différences quant aux possibilités de recherche dont disposent les personnes cherchant une entreprise à reprendre. Toutes les bases de données peuvent être interrogées selon les critères du secteur économique et de la région. Dans plusieurs bases, il est également possible de rechercher des entreprises d’une certaine taille (définie par exemple sur la 20 base du nombre de salariés ou du chiffre d’affaires). Les autres critères de recherche sont le prix demandé ou le mode de paiement souhaité; parfois, l’utilisateur peut aussi introduire librement des mots clés pour activer la recherche. 21 Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises – aperçu Pays Base de données Belgique, Flandre OvernameMarkt Unizo (chambre de (www.overnamemarkt.be) commerce) Bobex (bourse B2B) SOWACCESS SOWACCESS (filiale de SOWALFIN), en (www.sowaccess.be) partenariat avec une société privée Nexxt-Change Ministère fédéral de (www.nexxt-change.org) l’économie et de la technologie, Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW) Passer le relais Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Belgique, Région wallonne Allemagne France Italie ` Borsa delle Imprese Hébergeur Chambre de Commerce Taille 725 entreprises susceptibles d’être transmises Objectif après 2 ans: 70 intermédiaires, 50 acheteurs directs, 15 vendeurs directs. 6 700 entreprises susceptibles d’être transmises, 3 200 demandes. 600 entreprises susceptibles d’être transmises, 100 demandes. 130 entreprises Taux de réussite 25 % Date d’établissement 2005 (avril) n.d. Juin 2006 10 % - 15 % Les bases de données «Nexxt» et «Change» ont été fusionnées en janvier 2006. 2001, relancée en 2005. 30 % Environ 30 % 2000 (www.generazionimpresa. de Bologne com) Luxembourg Luxembourg Pays-Bas Bourse d’entreprises www.cc.lu/bourse.php www.bourse-entreprise.lu Ondernemingsbeurs Chambre des Métiers Chambre du Commerce Chambre de Commerce nationale Autriche Nachfolgebörse Chambre économique (www.nachfolgeboerse.at) fédérale autrichienne Finlande Yrittajat (www.yrittajat.fi/yrityspo rssi.fi) Fédération des entreprises finlandaises 23 susceptibles d’être transmises, 300 demandes (2005). 300 clients depuis 2000 250 vendeurs, 100 acheteurs 1 800 1 000 entreprises susceptibles d’être transmises, 300 demandes. Environ 400 annonces (2005), dont 90 % d’offres de vente 10 % 1% 2000 1998 25 % (transmissions, négociations) 2002 1999, relancée en 2003 Environ 30 % 1999, relancée en 2004 Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises – conditions d’utilisation Base de données OvernameMarkt Qui peut consulter? Tout le monde Qui peut placer une annonce? Tout le monde. Les annonces non placées par des intermédiaires sont vérifiées par l’administrateur. Les annonces sont placées par des intermédiaires ou directement par l’utilisateur (après un entretien avec un représentant de SOWACCESS). SOWACCESS Tout le monde Nexxt-Change Tout le monde Les annonces sont placées par des intermédiaires. Passer le relais Tout le monde Personnel de la CCI si accord avec acheteur/vendeur. Partenaires de réseau Borsa delle Imprese Tout le monde Comme repreneurs: tout le monde; les annonces des cédants doivent être vérifiées par les partenaires de réseau. 24 Coût? Aucune redevance actuellement, mais le service sera payant à partir de mai 2007. Redevance annuelle forfaitaire. En outre: prime de réussite à payer par les acheteurs/vendeurs directs si l’appariement a été réalisé grâce à la base de données. Le service de base est gratuit. Une redevance pourrait être perçue pour des services additionnels des intermédiaires. Pas de redevance, les coûts étant couverts par la cotisation payable lors de l’affiliation obligatoire à une chambre de commerce ou une chambre des métiers. Pas de redevance pour l’appariement, mais les conseils et le tutorat sont payants. Durée d’affichage des annonces Durée standard: 6 mois, prolongation (+ 3 mois) possible. Illimitée, mais examen tous les deux mois Selon accord avec l’intermédiaire Un an, mais le vendeur/acheteur peut demander une prolongation 2 ans Bourse d’entreprises Tout le monde Tout le monde Les annonces sont placées par Non l’hébergeur. Uniquement les intermédiaires. Annonces: 49 €, contacts: 12,50 €. Nachfolgebörse Tout le monde Yrittajat Tout le monde Tout le monde. Les annonceurs doivent communiquer leur identité à l’hébergeur. Les membres de la Fédération des entreprises finlandaises Ondernemingsbeurs 25 Illimitée 6 mois + prolongation Non Illimitée 60 € + TVA 6 mois Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises - procédures Base de données OvernameMarkt Anonymat? Oui Contact Par courrier électronique SOWACCESS Oui Nexxt-Change Oui Par l’intermédiaire de SOWACCESS Par les intermédiaires Passer le relais Oui Borsa delle Imprese Oui Bourse d’entreprises Oui Ondernemingsbeurs Oui Les non-membres prennent contact avec le personnel de la CCI. Les membres ont un accès privilégié au site. En passant par des intermédiaires (chambres de commerce ou des métiers, associations commerciales, experts) ou contact direct (par téléphone ou courrier électronique). Les parties intéressées doivent contacter la chambre de commerce. Une réunion est organisée si les deux parties sont d’accord. En passant par des 26 Appariement? Non, mais profil de recherche avec alerte par courrier Oui, appariement par SOWACCESS Profil de recherche avec alerte par courrier électronique, possibilité d’appariement régulier par l’intermédiaire. Oui Pas automatiquement, mais profils de recherche avec le soutien d’experts Oui, sur la base d’informations fournies par les acheteurs et les vendeurs potentiels. Non, mais profil de Vérification? Oui Oui Oui, par l’intermédiaire. Les membres doivent remplir un formulaire de demande détaillé et accepter un «accord d’utilisateur». Oui (pour les repreneurs: brève vérification facultative; pour les cédants: contrôle par experts). Les utilisateurs doivent remplir une «fiche signalétique» détaillée et accepter un code de conduite. Oui, par la chambre de intermédiaires. Nachfolgebörse Oui Yrittajat Oui Par courrier électronique (numéro de boîte) Le vendeur potentiel peut contacter un acheteur en passant par un numéro de boîte. 27 recherche avec alerte par courrier électronique. Non commerce Non Oui, certains secteurs Non x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x x 28 x Mots clés x Intermédiaire x Mode de paiement souhaité Importance des biens immobiliers Valeur/Prix Chiffre d’affaires Région x x x x x x x x x Nombre de salariés OvernameMarkt SOWACCESS Nexxt-Change Passer le relais Borsa delle Imprese Bourse d’entreprises Ondernemingsbeurs Nachfolgebörse Yrittajat Secteur Base de données Tableau: Bases de données publiques sur les transmissions d’entreprises – critères de recherche x x x x x x 3.2 OvernameMarkt (Flandre) et SOWACCESS (Région wallonne) Selon les estimations, quelque 21 500 PME belges vont devoir trouver un repreneur chaque année (environ 8 000 en Région wallonne et 13 500 en Région flamande)24. Dans la plupart des cas, il s’agit de petites entreprises familiales, créées par leur propriétaire actuel qui approche de l’âge de la retraite. On peut estimer sommairement qu’en Belgique, un tiers des propriétaires de petites entreprises ont plus de 50 ans et qu’un propriétaire de PME sur deux a plus de 45 ans. Environ 30 % des entreprises familiales sont reprises avec succès par la seconde génération et de 10 à 15 % environ, par la troisième génération, mais 3 à 5 % seulement passent à la quatrième génération. De nombreuses sociétés ont été créées après la deuxième guerre mondiale et se trouveront bientôt confrontées au problème de la transmission. Sur la base des chiffres enregistrés en France, on estime que le taux d’échec des transmissions est supérieur à 20 % les cinq premières années et atteint près de 30 % pour les sept premières années. Les principaux problèmes rencontrés lors de la transmission sont les suivants: • • • • • • la capacité de l’ancien propriétaire de prendre sa retraite, l’existence d’un successeur potentiel, la non-préparation ou la préparation insuffisante du processus de transmission, la détermination de la valeur de l’entreprise, le financement, les aspects juridiques et fiscaux liés à la transmission. On estime qu’en Flandre, 3 % des 450 000 entreprises existantes, c’est-àdire 13 500 sociétés, devront être transmises annuellement. Dans la moitié des cas environ, il s’agit d’entreprises individuelles ou de micro-entreprises. En avril 2005, la plateforme de transmission «www.overnamemarkt.be» a été lancée avec le soutien du gouvernement flamand. Il existe un certain nombre d’initiatives privées (www.mna.be, www.oba.be, www.atkinson.be) 24 ` En Flandre, 450 000 entreprises sont immatriculées et environ 3 % d’entre elles doivent être transmises. et une initiative commune (www.bvob.be) qui regroupe onze courtiers de transmission indépendants. Ces plateformes ne s’intéressent cependant guère aux petites entreprises et aux micro-entreprises, et ne souhaitent dès lors pas s’affilier à OvernameMarkt. Les hébergeurs d’OvernameMarkt sont Unizo (www.unizo.be) et Bobex (www.bobex.be), mais aucune affiliation n’est requise pour y accéder. La plateforme est financée par le gouvernement flamand les trois premières années, ce qui explique la gratuité du service. Après cette première période, un plan d’entreprise devra être établi. À l’heure actuelle, la base de données contient les noms de 725 entreprises qui sont susceptibles d’être transmises et dont les fiches peuvent être consultées. Chaque mois, la plateforme recense environ 15 000 visiteurs et 18 000 visites. Sur la base d’un échantillon de 300 entreprises enregistrées, un taux de réussite de 25 % a été calculé, c’est-à-dire qu’une entreprise sur quatre figurant dans la base de données est vendue. La base OvernameMarkt peut être interrogée selon les critères suivants: • • • • • • • • secteur, région, chiffre d’affaires, valeur de transmission, intermédiaire, nombre de salariés (équivalents temps plein), mot clé, une combinaison de ces critères. Tout vendeur potentiel d’une entreprise peut placer son propre profil sur la plateforme, en agissant seul ou en faisant appel à l’assistance d’un courtier en transmission, par exemple une banque, un cabinet comptable, une agence immobilière ou un consultant spécialisé dans le domaine des transmissions d’entreprise. Ces intermédiaires ont l’avantage de pouvoir donner des informations plus détaillées, telles que la valeur de transmission et les recettes. Une liste de recommandations est également fournie à l’intention des chefs d’entreprise qui souhaitent placer leur société sur la plateforme. Chaque profil créé directement par un propriétaire d’entreprise doit être approuvé par l’administrateur du site. L’administrateur vérifie si le contenu de l’annonce est conforme aux usages professionnels, s’il est rédigé de manière appropriée et si les instructions d’utilisation ont été suivies. Pour garantir un certain niveau de qualité, le texte des annonces peut être remanié. Les intermédiaires ne doivent se soumettre à aucune vérification: après enregistrement et approbation, ils sont libres de placer sur le site les noms de leurs clients. Les contacts peuvent être établis par téléphone, de préférence par portable, ou par courrier électronique. Si le contact est établi par un intermédiaire, 30 l’anonymat complet est garanti. En cas de contact direct avec le vendeur, tout dépend de la manière dont se passe l’entretien téléphonique. Si l’annonce est placée par le chef d’entreprise lui-même, celui-ci reçoit après trois mois un message d’avertissement l’informant que la durée d’affichage normale des annonces dans la base de données est passée et qu’il peut obtenir une prolongation de trois mois. En cas d’intervention d’un intermédiaire, celui-ci est entièrement responsable du suivi des annonces qu’il a placées. Aucun appariement n’est organisé. Une vaste base de données d’informations est liée au site (foire aux questions, calendrier, liens intéressants, liste d’intermédiaires et de conseillers, articles et livres, etc.). Pour toute information supplémentaire, veuillez vous adresser à: M. Luc VAN LAERE UNIZO (Unie der Zelfstandige Ondernemers) ([email protected]) En février 2005, le parlement wallon a décidé la création d’une «plateforme d’échange». SOWALFIN, l’outil financier du gouvernement wallon pour les PME, a été chargé de mettre en place cette plateforme pour faciliter l’appariement entre vendeurs et acheteurs potentiels d’entreprises et pour assurer le meilleur équilibre possible entre l’offre et la demande. Le rôle principal de SOWALFIN en tant que partie désintéressée est de réunir divers acteurs qui interviennent dans un «système de transmission d’entreprise». SOWALFIN travaille actuellement à la réalisation d’une plateforme permettant de répondre aux besoins identifiés. Cette plateforme sera opérationnelle en juin 2006. Depuis février 2005, SOWALFIN a rencontré tous les acteurs opérant dans ce domaine en Région wallonne (banques, sociétés de consultants, organismes institutionnels) dans le but de mieux comprendre et définir le besoin d’une meilleure diffusion de l’information aux candidats vendeurs et aux repreneurs potentiels, et de favoriser une prise en compte plus forte et plus rapide de tous les aspects d’une transmission et ce, du point de vue du vendeur comme de celui de l’acheteur. La plupart des banques de la Région wallonne ont un service «Transmission» ou, à tout le moins, un département «Fusions et acquisitions». Elles n’offrent cependant des services supplémentaires (ou un simple service de «rapprochement») que pour des transactions importantes (cette notion étant définie de manière différente d’une banque à l’autre), et sous-traitent fréquemment les autres dossiers à des consultants spécialisés. En ce qui concerne les consultants, il existe deux groupes actifs dans le domaine de la transmission des PME, dont chacun offre sa propre plateforme et possède un portefeuille assez restreint d’entreprises à transférer. L’Union des classes moyennes (UCM) organise ses activités selon la répartition géographique des financements du FEDER. Dans les provinces 31 de Namur et de Liège, l’UCM propose une assistance pour la première évaluation et répond à des questions spécifiques (conventions standard, questions juridiques, plans de financement…), mais ne procède elle-même à aucune recherche et ne propose pas de plateforme d’échange. La situation diffère d’une ville à l’autre. Dans la province du Hainaut, l’UCM a bénéficié des fonds «Objectif I» du FEDER pour lancer des actions de sensibilisation générales (brochures, envois de courriers, conférences, ...) et des activités plus personnalisées, par exemple la constitution d’une plateforme d’échange qui contenait à la fin de 2004 quelque 90 entrées (dont 30 % de demandes de reprise). La couverture de cette base de données se limite cependant au Hainaut oriental. Les chambres de commerce de Namur, du Luxembourg et du Hainaut occidental possèdent également un service spécialisé dans les transmissions d’entreprises, qui peut fournir des conseils sur les conventions types, les questions juridiques et les plans de financement. Il importe de noter qu’en Wallonie, l’adhésion à une chambre de commerce n’est pas obligatoire. On peut observer un intérêt croissant pour les problèmes liés à la transmission d’entreprise, surtout lorsqu’on examine diverses initiatives qui ont pour but de faciliter l’appariement de vendeurs et d’acheteurs potentiels. À l’heure actuelle, il n’existe aucun organisme qui soit capable de répondre aux besoins existants d’une manière neutre et globale, par exemple en proposant à chaque partie intéressée un éventail aussi large que possible d’entreprises à transmettre ou d’acheteurs potentiels. Cette situation s’explique principalement par un manque d’intérêt pour les microentreprises, le caractère limité de la liste des contacts et la faible couverture géographique. En outre, les dossiers en cours de traitement chez chacun des acteurs mineurs sont relativement peu nombreux, mais la création d’une plateforme plus vaste devrait apporter une amélioration à cet égard. Une sorte de concurrence peut exister entre les chambres de commerce et l’Union des classes moyennes (UCM). Dans ce contexte, il était particulièrement important d’identifier un organisme qui soit capable de coopérer avec l’ensemble des «intermédiaires» et des structures intervenant dans la transmission d’entreprise, et qui ait par ailleurs déjà établi de très bonnes relations avec ces acteurs (banques, avocats, experts-comptables, chambres de commerce, sociétés de consultants, etc.). C’est la raison pour laquelle le gouvernement wallon a décidé de confier cette mission à la SOWALFIN, et plus spécifiquement à une filiale de celleci, appelée SOWACCESS, qui peut être considérée comme étant totalement neutre dans ses relations avec l’ensemble des intermédiaires. La mission de SOWACCESS peut être résumée comme suit: 32 • • assurer une meilleure diffusion d’informations sur les candidats vendeurs et les repreneurs potentiels, et, partant, un meilleur appariement entre les uns et les autres, sensibiliser aussi bien les vendeurs que les acheteurs à tous les aspects de la transmission et ce, dès que possible dans la vie de l’entreprise. Cette mission s’articule autour de deux grands axes: • • la mise en place d’une plateforme d’échange régionale globale, réunissant les divers acteurs qui interviennent dans une opération de transmission, la réalisation d’actions de sensibilisation par l’édition d’une brochure pratique distribuée à toutes les entreprises intéressées, la publication d’informations techniques sur le site Internet, la coordination des forums sur la transmission d’entreprise, l’organisation de conférences de spécialistes, etc. La principale caractéristique de la plateforme consiste dans le service de base de données, s’accompagnant de services actifs d’appariement. Le service d’intermédiation peut être décrit comme un service de diffusion de profils de vendeurs et d’acheteurs anonymes sur un site Internet et dans une publication imprimée, le filtrage étant assuré par les administrateurs de la plateforme. En d’autres termes, les parties intéressées doivent prendre contact avec SOWACCESS, qui assurera la mise en contact avec un partenaire potentiel. La plateforme assure également une recherche individualisée de partenaires pour l’ensemble des profils, effectuée par les administrateurs. La protection de l’anonymat est essentielle dans la plupart des transactions. C’est la raison pour laquelle le vendeur (et parfois même l’acheteur potentiel) doit refuser que son profil anonyme apparaisse sur Internet. Les profils ne doivent être accessibles qu’aux administrateurs de la plateforme. À cet égard, un appariement actif par les administrateurs peut apporter une réelle valeur ajoutée au service proposé. En ce qui concerne les aspects financiers, l’objectif de la Région wallonne est d’atteindre le seuil de viabilité sur une période de cinq ans: • • en percevant une redevance auprès des intermédiaires, ainsi qu’auprès des acheteurs et des vendeurs qui ne passent pas par un intermédiaire, en percevant une prime de réussite réduite pour le service d’appariement assuré aux vendeurs et acheteurs qui ne passent pas par un intermédiaire. Ces redevances permettront de proposer des services supplémentaires apportant une réelle valeur ajoutée au processus de transmission. 33 À côté de la plateforme, qui devrait atteindre l’équilibre financier, il est clair que les administrations publiques devront toujours supporter les coûts liés à l’ensemble des activités de sensibilisation. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Jean-Pierre DI BARTOLOMEO M. Nicolas PIROTTE SOWALFIN – La Coupole des PME ([email protected], [email protected]) 34 3.3 Nexxt-Change (Allemagne) Selon les estimations, quelque 70 000 entreprises vont devoir trouver un successeur chaque année en Allemagne au cours des prochaines décennies. Les deux tiers de ces entreprises ne semblent aucunement préparées au processus de transmission, ce qui met en péril plus de 350 000 emplois chaque année. En Allemagne, il existe de nombreux marchés pour la transmission d’entreprise, dont la plupart sont organisés par des acteurs privés, et notamment des consultants en gestion. La plupart des bases de données privées n’existent que depuis quelques années et sont relativement petites. En général, leur couverture est nationale, mais plusieurs organismes, et notamment les chambres de commerce et des métiers, opèrent au niveau local. Certaines plateformes gérées par des opérateurs privés perçoivent des redevances en échange d’une entrée dans leur base de données. En général, l’accès aux coordonnées des sociétés mises en vente et des repreneurs potentiels est réservé à l’organisme qui gère la base, dans le but de protéger la confidentialité. Tout contact implique le passage par une boîte anonyme. Les informations directement disponibles se limitent à quelques données de base sur l’entreprise ou l’acheteur potentiel. La plus grande plateforme allemande (qui est aussi l’une des plus anciennes) était le site de l’initiative «Change» (www.change-online.de). Elle avait été mise en place par les deux associations nationales de chambres de commerce allemandes et par la banque KfW, qui appartient à l’État. En Allemagne, l’affiliation à une chambre de commerce ou des métiers locale est obligatoire pour la plupart des entreprises, et on pouvait donc considérer que le site «Change» était géré par les pouvoirs publics. L’autre grande plateforme nationale publique pour la transmission d’entreprise, le site «nexxt» (www.nexxt.org), avait été organisé par le ministère fédéral de l’économie et de la technologie. La KfW était également associée à cette initiative. Ces deux plateformes ont obtenu d’assez bons résultats: en 2005, plus de 1 800 annonces publiées dans les deux bases de données ont débouché sur une transmission d’entreprise. En janvier 2006, une base de données nationale a été créée par la fusion de «Change» et de «nexxt». Le site Internet www.nexxt-change.org est également hébergé par la KfW et le ministère fédéral de l’économie et de la technologie. Tous les anciens intermédiaires de «Change» et de «nexxt» ont accès à la nouvelle base de données. Les annonces sont placées dans la base de données par les partenaires de réseau, c’est-à-dire les chambres de commerce et des métiers, des banques, des consultants et des agences de promotion commerciale participant à l’initiative. Ce service est gratuit car les coûts sont couverts par les cotisations des membres (et les banques l’offrent gratuitement à leur clientèle). Toutefois, certains organismes proposent des services 35 supplémentaires (tels que l’élaboration d’un montage financier pour la reprise), qui peuvent être payants. Les informations auxquelles le public a directement accès se limitent à quelques données élémentaires afin d’empêcher l’identification rapide d’une entreprise. La base de données peut être interrogée selon les critères suivants: • • • • type d’entreprise: informations données par les chefs d’entreprise et demandées par les repreneurs potentiels, situation géographique: le Land où se trouve l’entreprise doit être précisé pour permettre un meilleur appariement. Les repreneurs potentiels sont invités à indiquer les zones géographiques qui les intéressent, chiffre d’affaires: par classes prédéfinies uniquement, nombre de salariés: par classes prédéfinies uniquement. En dehors de ces données spécifiques, beaucoup d’informations sont contenues dans le texte de l’annonce (par exemple: situation d’un commerce de détail dans une zone piétonne ou diplômes universitaires de l’acheteur potentiel). Comme les propriétaires sont souvent réticents à préparer la transmission de leur entreprise, les chambres de commerce et des métiers, ainsi que les banques s’efforcent de les sensibiliser à la nécessité de préparer cette transmission en temps utile. En Allemagne, cette sensibilisation est assurée principalement par l’envoi de courriers et par l’organisation de séances d’information. Souvent, les informations diffusées portent également sur d’autres domaines, tels que la fiscalité ou la possibilité d’obtenir des prêts à des conditions de faveur en cas de création d’entreprise. Cette diversification de l’information rend les propriétaires moins réticents à participer à ces séances, puisqu’ils ne sont pas automatiquement tenus d’admettre qu’ils préparent la transmission de leur entreprise. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Hans PRASSNY KfW Mittelstandsbank Unternehmeragentur ([email protected] ) 36 3.4 Passer le relais (France) Au cours des dix années à venir, 600 000 des 2,4 millions de PME françaises devront trouver un repreneur. Comme le montre le tableau ci-après, l’âge moyen des chefs d’entreprise français est relativement élevé. Tableau: Âge des chefs d’entreprise français (par classe de taille) PME Microentreprises Petites entreprises Entreprises moyennes < 39 25 % 40-49 31 % 50-54 17 % 55-59 15 % > 60 12 % 14 % 31 % 20 % 19 % 16 % 8% 30 % 21 % 21 % 20 % Dans de nombreux cas, les sociétés à transmettre sont d’assez petites entreprises, dont la plupart n’ont pas de salariés. En général, les entreprises possédant des actifs considérables et un potentiel de développement important trouveront un acheteur et risquent moins de disparaître. Mais dans le cas des micro-entreprises, les candidats acheteurs sont rares. Dans ces caslà, la préparation du propriétaire est particulièrement importante pour la réussite de la transmission. Lors de la transmission de petites entreprises, il ne s’agit pas seulement de sauvegarder les entreprises elles-mêmes, mais aussi l’emploi qu’elles représentent, leur savoir-faire, ainsi que l’équilibre social et économique de leur région. C’est la raison pour laquelle les transmissions d’entreprises sont devenues une préoccupation prioritaire des pouvoirs publics, qui ont adopté un certain nombre de mesures,via notamment la loi du 1er août 2003 pour l’initiative économique, la loi du 2 août 2005 en faveur des PME, de même que les lois de finances. Ces mesures ont créé des avantages fiscaux pour les vendeurs d’entreprises, notamment en ce qui concerne l’imposition de la plus-value, les droits d’enregistrement et l’impôt sur le revenu25. Outre ces avantages financiers, il existe des mesures destinées à faciliter le processus de transmission du cédant au repreneur, et notamment un système d’accompagnement qui permet aux retraités de poursuivre l’exercice d’une activité professionnelle, ainsi que le versement d’une prime au cédant s’il assure un certain accompagnement du repreneur. 25 Il s’agit, en particulier, d'exonérations fiscales supplémentaires sur la plus-value des entreprises, d'exemptions des droits payables sur la modification du statut d’une société (exonération totale si la société est reprise par un salarié), de la limitation à 30 000 euros des taxes sur les donations, de la réduction des droits de donation en faveur d’enfants, de petits-enfants, de neveux et de nièces et des personnes qui ont participé à la création de l’entreprise, ainsi que la possibilité de déduire de l’impôt sur le revenu 25 % des intérêts payés sur un emprunt contracté pour financer l’acquisition d’une entreprise. 37 Les «Bourses d’opportunité» ont été créées voici quelques années à l’initiative d’un réseau de conseillers, dans le but de mettre en rapport la demande et l’offre d’entreprises susceptibles d’être transmises. Aujourd’hui, cet outil est en cours de modernisation et sera transformé en un portail régional, auquel participeront également des experts-comptables et des conseillers juridiques. Les bases de données les plus importantes et les plus anciennes proposées par les chambres de commerce et d’industrie sont PMIContact pour la transmission d’entreprises industrielles et TranscommerceTransartisanat pour la transmission de commerces de détail et d’entreprises artisanales: • • PMI-Contact (www.pmicontatct.net) pour les régions ChampagneArdenne, Centre, Bourgogne, Massif central, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Transcommerce-Transartisanat (www.transcommerce.com) pour les régions Auvergne, Basse Normandie, Bourgogne, Centre, Haute Normandie, Limousin, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire, PoitouCharentes, Rhône-Alpes. En dehors de ces deux bases de données, il convient de citer également: • • • • • • Cible (www.ccible.fr/utilisateur/carte.asp) pour la région Rhône-Alpes; Reprendre en Bretagne (www.reprendre.bretagne.org/index.jsp); Transmettre pour le Nord-Pas-de-Calais (www.transmettre-ndpc.com); ACT Contact (www.actcontact.net) dans les régions Aquitaine, MidiPyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur; CCI Relais en Provence-Alpes-Côte d’Azur; Passer le relais (www.passerlerelais.fr) pour les régions d’Île-de-France. Le fonctionnement de «Passer le relais» fait l’objet d’une description plus détaillée à titre d’exemple. En général, la consultation des annonces dans ces bases de données est gratuite (sauf dans le Nord-Pas-de-Calais), mais, dans certains cas, la fourniture d’informations plus détaillées ou l’organisation de contacts est payante. Toutes les plateformes proposent des services d’accompagnement, dont les modalités diffèrent cependant. En ce qui concerne le placement des annonces, il existe trois possibilités: • • • Soit seul l’intermédiaire (consultant) peut placer l’annonce pour le compte d’un acheteur ou d’un vendeur, après avoir procédé à un premier diagnostic du dossier sur la base d’une rencontre personnelle. Soit le vendeur/acheteur peut placer une annonce lui-même après l’avoir fait vérifier par un intermédiaire qui pourra, le cas échéant, y apporter quelques modifications avant la mise en ligne. Soit l’annonce est placée par les partenaires de réseau. En vue d’améliorer encore le marché des transmissions d’entreprise, les pouvoirs publics ont demandé au groupe OSEO (agence de financement et 38 d’accompagnement des PME) de mettre en place un portail national sur un site Internet servant de structure faîtière aux différentes initiatives. Ce site aura également pour tâche de relever les normes de qualité et d’offrir des services de tutorat aux acheteurs et aux vendeurs. Après quelques expériences initiales en 1995 (sur Minitel), les quatre chambres de commerce et d’industrie de la région Paris-Île-de-France se sont regroupées en 2001 dans le réseau «Passer le relais» (http://www.passerlerelais.fr) en vue de mettre en commun leurs ressources et leur savoir-faire, de développer le tutorat des vendeurs et des acheteurs, et de rendre plus performantes leurs plateformes de transmission. «Passer le relais» est plus qu’un simple marché. Cette base de données est intégrée dans un vaste outil de sensibilisation et d’orientation. Outre les informations sur les entreprises à transmettre, le site propose: • • • • • des informations techniques sur la transmission et l’achat d’une entreprise, des fiches pratiques à télécharger, des actualités concernant les réglementations, les événements organisés, les publications, etc., des contacts avec des experts de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, spécialisés en matière de transmission, un guide destiné à la sensibilisation. Le contenu éditorial du site est fourni par les conseillers, les chambres de commerce et d’industrie et les partenaires de réseau. La Bourse d’opportunités contient des annonces rédigées selon un format standard et offre des possibilités de recherche selon les critères suivants: • • • • • le secteur économique (5 groupes principaux et 57 activités particulières), la taille de l’entreprise: chiffre d’affaires (9 possibilités) ou nombre de salariés (11 possibilités), la situation géographique de l’entreprise, le prix demandé, la date de mise en ligne de l’annonce (annonces de la semaine, du mois). La consultation des annonces est gratuite pour ceux qui sont affiliés au réseau (coût annuel: 190 euros pour les acheteurs potentiels et 600 euros pour les vendeurs potentiels) et qui peuvent ainsi recevoir des informations plus détaillées (principaux indicateurs financiers pour les trois dernières années, clientèle et histoire de l’entreprise, etc.). L’adhésion à la Bourse d’opportunités donne accès à des espaces privilégiés du portail Internet, permet de consulter de manière sécurisée des annonces intéressantes et de recevoir par courrier électronique des informations sur des nouvelles annonces dont le profil correspond aux critères définis par l’utilisateur. 39 L’affilié peut également modifier ses propres coordonnées (c’est-à-dire son adresse postale, son numéro de téléphone ou son adresse électronique), télécharger la présentation d’entreprises/d’acheteurs et demander l’organisation d’un contact. L’affiliation à la Bourse d’opportunités donne également droit à des consultations individuelles, à la participation à des séances d’information et à l’envoi du magazine du réseau (cinq numéros par an). Afin de garantir une meilleure consultation des acheteurs et des vendeurs, les informations sur le client, collectées par les conseillers, sont plus précises que ne le nécessite la rédaction d’une annonce (activité, prix demandé, situation géographique, actifs, chiffres clés de l’entreprise, etc.). Elles comportent également des précisions sur l’histoire de l’entreprise, l’organisation du personnel, la structure du capital, les moyens de production, les magasins, etc.). Aux conseillers du réseau, la base de données offre les possibilités suivantes: • • • • • disposer d’informations standards sur leurs membres (concernant le vendeur, l’entreprise…), suivre leurs membres (suivi des réunions, établissement de contacts, suivi des transactions conclues), suivre leurs activités (tableau d’indicateurs d’activité, outils pour la gestion des factures, outils pour la gestion des non-payeurs, etc.), mesurer le degré de satisfaction des clients (au moyen d’une enquête dont les résultats sont traités automatiquement), avoir accès à un observatoire du réseau. Il s’agit d’un calcul automatique concernant les profils des acheteurs et des vendeurs, ainsi que les transmissions réalisées dans le cadre du réseau «Passer le relais». Comme tous les utilisateurs, les partenaires ont accès à l’ensemble des annonces. Ils reçoivent également des informations complémentaires concernant les membres du réseau (les mêmes que les membres). Outre la diffusion d’annonces des acheteurs et des vendeurs dont ils ont euxmêmes la responsabilité, les partenaires peuvent directement mettre en ligne les informations qu’ils souhaitent voir apparaître sur le portail. Chaque année, plus de mille contacts sont organisés entre des acheteurs et des vendeurs potentiels et plus de cent transferts sont accompagnés par des conseillers du réseau «Passer le relais». Cela signifie que l’acheteur et le vendeur ont été suivis par un conseiller et se sont rencontrés uniquement dans le cadre de cette structure. En outre, de nombreux vendeurs et acheteurs sont guidés dans la réalisation de leurs projets par le réseau «Passer le relais», mais le transfert lui-même a lieu en dehors du réseau. À l’heure actuelle, un service «commerces et services de proximité» est testé sur la base de principes similaires et fait appel aux mêmes outils. 40 Si le financement de ces outils est assuré par les seules chambres de commerce, la région Île-de-France, la Caisse des Dépôts et Consignations, la FSE et des partenaires extérieurs doivent cofinancer les activités communes (événements, publication de guides, etc.). Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Magali CESANA Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie ([email protected]) 41 3.5 Borsa delle Imprese (Italie) Plus de trois millions de chefs d’entreprise italiens sont âgés de cinquante ans ou plus et au moins 480 000 entreprises italiennes devront trouver un repreneur au cours des huit à dix années à venir (environ 50 000 chaque année). En 1999, Unioncamere, l’Union nationale des chambres de commerce, a effectué une étude de faisabilité pour analyser les principaux facteurs qui conditionneraient la réussite d’un futur marché potentiel des transmissions d’entreprises, y compris des informations relatives à des expériences pilotes menées en Europe. Cette étude a permis de faire les constats suivants: • • • une masse critique est nécessaire pour assurer une activité suffisante du marché (niveau régional au minimum), le propriétaire du marché doit être placé au-dessus des parties (c’est-àdire qu’il doit s’agir d’un organisme public ou quasi public), il importe de reconnaître la différence structurelle entre la transmission automatique d’entreprises simples et de micro-entreprises sur un marché, d’une part, et la transmission de sociétés plus structurées, nécessitant un accompagnement, d’autre part. Après la réalisation de l’étude pilote, le réseau national des chambres de commerce est devenu un partenaire officiel dans le cadre du projet de faisabilité transnational Eipcot, financé par l’UE au titre de l’initiative «e-Content». Les réseaux nationaux français et espagnol de chambres de commerce ont également été associés à ce projet. Celui-ci, qui s’est étendu sur deux ans environ, a donné lieu à la création d’un portail pilote européen, appelé Eurotransbiz (www.eurotransbiz.com). À la suite de ces activités, le ministère italien de l’industrie a organisé en 2005 une table ronde sur la transmission d’entreprise, ainsi qu’un séminaire national destiné à faciliter ce type de transmission. Dans le prolongement de ces initiatives, le ministère a officiellement chargé le réseau national des chambres de commerce de diffuser régulièrement dans tout le pays des informations sur la transmission d’entreprise. Les outils mis en œuvre sur ce marché sont prévus dans un plan national fondé sur l’expérience acquise au niveau régional au cours de ces années. L’Italie s’efforce donc de tirer parti de l’expérience et des meilleures pratiques d’autres pays européens. Un élément italien spécifique consiste dans l’offre d’un tutorat facultatif aux petites entreprises. Ce tutorat est considéré comme un aspect clé de la préservation du patrimoine des petites entreprises et des micro-entreprises, à un moment où elles courent le plus de risques. La Borsa delle Imprese (accessible par le site www.generazionimpresa.com) constitue le premier exemple concret d’une base de données régionale pour les transferts d’entreprises. Depuis 2000, cette base de données est hébergée par la Chambre de commerce de Bologne/Émilie-Romagne. En 2005, elle a 42 enregistré environ 1 000 connexions par mois. À l’heure actuelle, elle contient quelque 150 annonces et son taux de réussite est de 30 %. Il s’agit d’un marché virtuel classique qui vise à rapprocher les offres de vente et les demandes de reprise. En effet, les annonces sont du type «entreprises à transmettre/à vendre» (à court et à moyen terme) ou du type «cherche entreprise à reprendre». Deux types de services sont proposés: - des services en ligne: accès à la base de données du marché des transmissions d’entreprises, - des services hors ligne: conseils et assistance fournis tant à l’acheteur qu’au cédant par des experts en transmission d’entreprise. Les objectifs de la Borsa peuvent être décrits comme suit: • • • • faciliter le processus de transmission des entreprises en créant un point de rencontre de la demande et de l’offre, informer les propriétaires sans successeur naturel sur les possibilités d’assurer la pérennité de leur entreprise, informer les successeurs potentiels qui recherchent de nouvelles opportunités commerciales en reprenant une entreprise existante, offrir des conseils et un accompagnement professionnel (tutorat facultatif) en vue d’assister les acteurs durant le processus de transmission. Le principal groupe cible consiste dans les micro-entreprises (en priorité), ainsi que dans les petites et moyennes entreprises. Les informations relatives à la Borsa delle Imprese sont fournies essentiellement par les chambres de commerce. Le service est fondé sur les données disponibles sur le site de GenerAzionImpresa et est géré par la Chambre de commerce de Bologne (www.generazionimpresa.com). Pour l’heure, l’initiative couvre la région d’Émilie-Romagne. Toutefois, il est prévu d’étendre cette couverture à l’ensemble du pays et de réaliser des actions en coopération avec d’autres chambres de commerce et avec diverses autres structures (associations, instituts, organismes privés ou publics, en tant que tuteurs potentiels). Encouragée par cette initiative, la Chambre de commerce de Cuneo, dans la région du Piémont (nord-ouest de l’Italie), a lancé en 2005 un projet similaire, appelé «Successione di impresa», tandis que la Chambre de commerce de Macerata, dans la région des Marches, dans le centre de l’Italie, a pris une initiative qui devrait se concrétiser en 2006. Les procédures d’utilisation de la base de données «Borsa delle Imprese» sont différentes pour les cédants et les repreneurs. Cédants: le propriétaire/cédant intéressé par le service peut s’adresser à l’agence, à l’association ou à d’autres organismes. Le contact peut être établi 43 directement ou par Internet (en remplissant un formulaire en ligne) et est suivi par un entretien approfondi avec le «conseiller en remplacement de générations». Chaque partenaire est le seul à disposer de la liste de ses propres clients/utilisateurs, contenant l’ensemble des informations personnelles et confidentielles relatives à l’entreprise. Le partenaire organise la base de données selon une structure commune. Les fichiers sont ensuite téléchargés dans une base de données centralisée, où les données personnelles et confidentielles du cédant seront automatiquement cryptées. Le cédant est identifié par un code, constitué de l’acronyme de l’agence/association partenaire avec qui il est en contact, ainsi que d’un numéro d’ordre. La base de données centralisée est accessible au public: elle peut être interrogée aussi bien par les opérateurs du réseau que par tout utilisateur d’Internet. Sur la base de ces données, les opérateurs du réseau peuvent procéder à un appariement entre un cédant et un repreneur potentiel et identifier le partenaire du projet qui est en contact avec le cédant. Repreneurs: l’inscription sur la liste du cédant entraîne l’introduction des critères de recherche du repreneur dans la base de données interrogeable «Cherche entreprise à reprendre». Si une entreprise à vendre correspond aux critères du repreneur, le propriétaire peut contacter celui-ci en passant par le service. L’enregistrement du repreneur potentiel peut se faire soit en contactant le conseiller, soit en remplissant sur Internet un formulaire qui constitue une «autovérification» guidée préliminaire, permettant de procéder à une première sélection sur la base de l’aptitude de l’intéressé à l’entrepreneuriat. Ensuite, lors d’une première réunion organisée avec le repreneur potentiel, le conseiller vérifie le sérieux et la fiabilité de la demande (cette vérification fait partie des services – payants – proposés hors ligne). Les données personnelles ne peuvent être consultées que par les partenaires moyennant un accès protégé par un mot de passe. Il appartient au conseiller de l’organisme ayant reçu la demande d’identifier la proposition de vente ou d’achat la plus appropriée et de prendre contact avec le conseiller de la contrepartie identifiée. Le respect de la confidentialité est important: c’est la raison pour laquelle les données personnelles de l’acheteur et du cédant ne seront pas divulguées aux utilisateurs de la Borsa. L’enregistrement et l’accès à la Borsa delle Imprese sont gratuits. L’assistance apportée par les experts en transmission d’entreprise n’est pas nécessairement la même pour le cédant que pour le repreneur. Son coût dépend donc du service demandé et du prestataire de l’assistance. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Carlo SPAGNOLI Unioncamere, Union italienne des chambres de commerce 44 ([email protected]) M. Toni BRUNELLO StudioCentro Veneto Sas ([email protected]) 45 3.6 Bourse d’entreprises (Luxembourg) Au cours des dix prochaines années, un tiers environ des entreprises artisanales du Grand-Duché devront trouver un repreneur. Pour faciliter ce processus, la Chambre des métiers26 a mis en place une bourse d’entreprises où toutes les personnes et sociétés immatriculées au registre des entreprises artisanales peuvent proposer la cession de leur entreprise (cédants). Le candidat à la reprise d’une société (repreneur) doit posséder les qualifications professionnelles requises ou être en train de les acquérir. Depuis la création de la bourse, en 2000, plus de 300 clients se sont enregistrés et quelque 1 800 contacts entre des cédants et des repreneurs potentiels ont été établis. Le taux de réussite de la bourse est estimé à 10 %. Il s’agit d’un service gratuit et un cédant peut, à tout moment et sans devoir donner de raison, demander sa radiation du répertoire. Pour s’enregistrer et être inscrit au répertoire des entreprises à transmettre, le propriétaire doit remplir un formulaire relativement détaillé, appelé fiche signalétique, où il précise le type d’entreprise, sa situation géographique, sa forme juridique, le nombre et les qualifications des salariés, la ou les langues dans lesquelles il opère, la superficie des installations, etc.. Toutefois, ces informations détaillées ne sont pas rendues publiques car, dans un pays aussi petit que le Luxembourg, elles permettraient trop facilement l’identification des entreprises. En revanche, elles sont utilisées lors du processus d’appariement (en vue d’éviter l’organisation de contacts manifestement inutiles entre des repreneurs et des cédants). La Chambre des métiers tient à jour l’ensemble complet des annonces détaillées (secteur, région, taille) figurant dans le répertoire en ligne, et publie à intervalles réguliers un extrait des annonces détaillées dans son bulletin périodique intitulé «d´Handwierk». Les personnes ou entreprises intéressées doivent prendre contact avec la Chambre des métiers. En cas d’accord entre les deux parties, une première rencontre sera organisée entre celles-ci. Lors des rencontres, la Chambre jouera un rôle d’intermédiation et donnera des conseils gratuits sur les aspects juridiques, financiers, etc. Si la situation de l’artisanat au Grand-Duché semble globalement correspondre à la situation généralement observée en Europe, il n’en va pas de même pour les activités commerciales traditionnelles. En outre, si le secteur de l’artisanat est surtout composé de petites et moyennes entreprises (dont 50 % dans la construction et les activités connexes), et s’il s’agit souvent d’entreprises individuelles, appartenant à des personnes qui ont des 26 Par le passé, une bourse de transmission séparée était également organisée par la Chambre de commerce et d’industrie. Cette bourse sera relancée sous peu. 46 qualifications artisanales spécifiques, la part des commerces «indépendants» traditionnels ne cesse de décroître à mesure que se multiplient les franchises et les commerces affiliés à de grands groupes. La Chambre de commerce (CCL) estime que plus de la moitié des quelque 14 000 commerces de détail participent, d’une manière ou d’une autre, à une coopération commerciale fondée sur le transfert de savoir-faire. Pour ces activités, qui relèvent du franchisage ou impliquent l’affiliation à un grand groupe, la question d’une transmission d’entreprise ne se pose normalement pas, puisque le franchiseur récupère simplement ses droits à l’expiration du contrat. De plus, le commerce «indépendant» subsistant consiste essentiellement en microentreprises ou en très petites entreprises qui sont souvent de type «unipersonnel» et dont les possibilités de transmission sont fréquemment limitées. Il en va de même pour les restaurants et les pubs. Par ailleurs, les chefs d’entreprise des pays voisins de la «Grande région» sont attirés par ce qu’ils considèrent comme de réelles opportunités en comparaison de ce qu’ils peuvent trouver dans leur propre région. Pour toutes ces raisons, la Chambre de commerce a créé, voici une dizaine d’années, une plateforme d’échange d’entreprises, qui recense les entreprises à vendre et les repreneurs potentiels. Les avis correspondants et les modalités de participation peuvent être consultés sur le site de la Chambre de commerce, à l’adresse www.cc.lu/bourse.php. Ces données sont également publiées dans le bulletin mensuel «Merkur». La plateforme de la CCL fonctionne selon des modalités comparables à celles de la Chambre des métiers. Elle répertorie environ 250 vendeurs potentiels et une centaine de repreneurs potentiels. Le taux de réussite est estimé à 1 %. Conjointement avec d’autres chambres de commerce de la «Grande région», la Chambre de commerce luxembourgeoise a récemment lancé une plateforme transfrontalière qui sera accessible au départ des sites suivants dès la fin juin 2006: www.bourse-entreprise.lu et www.bourseentreprises.org. Outre les personnes qui cherchent à vendre ou à reprendre une entreprise (utilisateurs), la plateforme transfrontalière fait intervenir des intermédiaires professionnels, préalablement agréés par la Chambre des métiers dans les limites de leur compétence territoriale. Le repreneur potentiel peut accéder librement à la plateforme et procéder à une recherche anonyme, ou s’enregistrer en fournissant ses coordonnées et interroger la base depuis un espace personnel. Une plateforme comparable sera mise en place dans le cadre du projet «Wirtschaftsportal» qui couvre la région SaarLorLux. Ce dernier portail s’adressera essentiellement aux parties germanophones de la «Grande région», tandis que la «bourse-entreprises» proposera plutôt ses services aux opérateurs francophones. 47 Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Gilles SCHOLTUS Ministère des classes moyennes, du tourisme et du logement ([email protected]) 48 3.7 Ondernemingsbeurs (Pays-Bas) En 2003, les Pays-Bas comptaient environ 748 100 chefs d’entreprise, dont 21 % étaient âgés de plus de 55 ans. Selon les estimations, le potentiel de transmission sera de 18 000 entreprises par an au cours de la prochaine décennie. Les Pays-Bas ont lancé plusieurs initiatives en vue de soutenir la transmission d’entreprise, et notamment: • • • • des adaptations fiscales (par exemple l’extension de l’exonération des droits de succession et de donation, le report du paiement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, le transfert silencieux (c’est-à-dire le transfert de l’impôt sur le revenu des personnes physiques du vendeur à l’acheteur), ou encore la possibilité de recourir à des mesures de financement génériques pour les transmissions), une campagne de sensibilisation: une boîte à outils «transmission» est mise à la disposition de tous les chefs d’entreprise qui sont âgés de plus de 55 ans et dont la société compte moins de 20 salariés, «Mois de la transmission»: les chefs d’entreprise peuvent bénéficier de conseils personnalisés, dispensés par des banques, des experts fiscaux et des experts comptables auprès des chambres de commerce, octroi de subventions à la plateforme «Ondernemingsbeurs». Il existe plus de 60 plateformes pour la transmission d’entreprise, comprenant un total d’environ 9 000 profils. La plupart de ces plateformes sont de taille réduite et sont gérées par des intermédiaires. Les trois sites les plus importants sont les suivants: • • • «Ondernemingsbeurs»: 1 800 profils (www.ondernemingsbeurs.nl), MKBase: 2 500 profils (www.MKBase.nl), Horecasite: 1 400 profils (www.horecasite.nl): bars, restaurants, hôtels. MKBase et Horecasite sont des initiatives privées. L’«Ondernemingsbeurs», qui fonctionne depuis 2002, est gérée par les chambres de commerce nationales, auxquelles l’adhésion est obligatoire pour les entreprises. L’«Ondernemingsbeurs» contient 1 800 entrées au total, dont 1 100 concernent des entreprises à céder. La bourse a environ 400 intermédiaires agréés (voir plus loin) et enregistre 34 000 connexions par mois. Elle compte actuellement 11 000 utilisateurs enregistrés et chaque annonce donne lieu en moyenne à 11 contacts (malgré la perception d’une redevance, voir plus loin). Le pourcentage des annonces qui aboutissent à un transfert ou qui donnent au moins lieu à des négociations sérieuses n’est pas connu avec précision mais, sur la base du retour d’information en provenance des intermédiaires, il est estimé à 25 %. Chaque utilisateur d’Internet peut interroger la base «Ondernemingsbeurs». Il est possible de créer un profil de recherche avec un service d’alerte par courrier électronique lorsqu’un profil correspondant aux critères de 49 l’utilisateur apparaît dans la base de données. La recherche peut être faite selon les critères suivants: • • • • • • secteur, branche d’activité, sous-branche d’activité, chiffre d’affaires, région, taille (personnel). Toutes les informations sur les entreprises qui cherchent un repreneur ne sont cependant pas accessibles directement. Pour obtenir des informations détaillées, par exemple sur le nombre exact de salariés, l’utilisateur doit d’abord s’enregistrer auprès de la bourse. Les annonces ne peuvent être placées par les candidats vendeurs eux-mêmes, mais uniquement par les intermédiaires, à savoir des banques, des consultants, etc. Ces intermédiaires vérifient que l’entreprise est réellement à vendre et qu’elle peut être placée dans la banque de données, tout en garantissant l’anonymat des informations fournies par les cédants potentiels. Les profils sont maintenus dans la base de données pendant six mois, mais une prolongation est possible. La chambre de commerce s’assure de l’exactitude des annonces en comparant leurs données avec celles figurant dans des registres publics. Elle vérifie en particulier si la société existe réellement, si sa raison sociale est correcte, si elle n’a pas déposé son bilan, si le chiffre d’affaires et les effectifs déclarés sont exacts et si une annonce concernant la même entreprise n’a pas déjà été placée par un autre intermédiaire. L’«Ondernemingsbeurs» est financée en partie par une subvention du ministère des affaires économiques. Pour couvrir ses coûts et pour restreindre l’utilisation de cet outil aux clients sérieux, elle applique cependant la tarification suivante: • • • placement d’une annonce: 49 euros pour 6 mois, offre pour annonces multiples: 495 euros, sans limitation, prime de mise en contact: 12,50 euros par annonce. L’appariement est organisé par les intermédiaires. Outre la base de données et l’appariement, les intermédiaires proposent des services plus spécifiques. Les critères de recherche d’un intermédiaire sont la région et la spécialisation. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Annemiek HAUTVAST Ministère des affaires économiques ([email protected]) 50 3.8 Nachfolgebörse (Autriche) Selon l’Institut autrichien de recherche sur les PME, environ 51 500 PME autrichiennes27 devront trouver un repreneur entre 2004 et 2013. Ce chiffre correspond à 23 % des entreprises autrichiennes. Près des deux tiers des transmissions potentielles concernent des entreprises occupant moins de cinq salariés, et 17 % concernent des entreprises comptant jusqu’à neuf salariés. Il s’agira donc de micro-entreprises dans 82 % des cas, de petites entreprises dans 16 % des cas et d’entreprises moyennes dans 3 % des cas seulement. En ce qui concerne les différentes branches d’activité, ce sont surtout les entreprises de l’artisanat, des transports et du commerce qui sont susceptibles de faire l’objet d’une transmission. Les entreprises de construction et les entreprises des branches connexes, les boulangeries, les boucheries et les salons de coiffure seront concernés en premier lieu. Sauf dans quelques rares cas (les entreprises textiles, par exemple), les transmissions seront comparativement peu nombreuses (20 %) dans le secteur industriel. Elles seront moins nombreuses encore dans les domaines de l’information et de la consultance (14 %) parce que, dans ces secteurs, l’âge des chefs d’entreprise est en moyenne inférieur de deux à cinq ans à celui des chefs d’entreprise des autres secteurs. Si les défis liés à la transmission d’entreprise sont valablement maîtrisés au cours de la décennie à venir, environ 438 000 emplois pourraient être préservés: ce chiffre représente le quart de l’emploi total de l’économie industrielle. Quelque 37 % des personnes qui risquent d’être affectées par les transmissions travaillent dans l’artisanat, un quart environ dans le secteur commercial et 16 % dans le secteur du tourisme. Ces dernières années ont vu le lancement de mesures qui facilitent directement ou indirectement le processus de transmission des entreprises: ces mesures ont assoupli les conditions générales fixées par la législation et permettent l’octroi d’aides à des conditions favorables. Il convient de mentionner en particulier les lois les plus récentes modifiant le NEUFÖG et l’AVRAG28 (en vigueur depuis 2002). La modification du NEUFÖG exempte les transmissions d’entreprises de différentes redevances administratives (par exemple pour l’inscription au répertoire des sociétés) et de diverses taxes liées à l’acquisition de parts et de sites d’entreprises dans le cadre de la transmission. L’AVRAG réglemente le versement d’indemnités 27 Les entreprises individuelles ne sont pas incluses, car leur transmission correspond en fait à un nouveau démarrage en raison des liens étroits qui existent entre l’entreprise et son propriétaire. 28 NEUFÖG signifie Neugründungs-Förderungsgesetz (loi sur l'assistance à la création d'entreprises nouvelles) et AVRAG, Arbeitsvertragsrechts-Anpassungsgesetz (loi sur l’adaptation de la législation relative aux contrats d’emploi). 51 de licenciement en cas de transmission, ce qui allège considérablement les charges de l’ancien propriétaire. La prime à la succession de l’AWS (Austria Wirtschaftsservice), de la Chambre économique fédérale d’Autriche et des Länder autrichiens est une mesure destinée à soutenir les chefs d’entreprise et les PME qui sont sur le point de conclure une transmission. S’inspirant de la prime à la création d’entreprise (précédemment «économie en cas de création d’entreprise»), qui existe depuis 1996, la prime à la succession est désormais accordée spécifiquement en cas de transmission pour faciliter la constitution du capital social. Le capital économisé (sur deux à six ans) qui est ensuite utilisé pour créer ou reprendre une autre entreprise peut bénéficier d’une prime non remboursable de 14 %, octroyée par l’État. Dans le domaine des aides à conditions de faveur, il convient de mentionner l’initiative «Succession», qui consiste en un réseau d’experts. Outre les conseils, le travail de relations publiques de ce réseau doit être souligné, car il contribue largement à sensibiliser le public à cette question. Les activités de formation professionnelle et de formation complémentaire ont également été intensifiées (par exemple dans le cadre d’ateliers et de séminaires). De nombreux événements sont organisés par la Chambre économique fédérale d’Autriche au niveau national et régional sur tout le territoire du pays. Ces événements ont pour but d’offrir une plateforme où peuvent se rencontrer les cédants et les repreneurs potentiels, ainsi que de sensibiliser le public à la transmission en tant que voie possible vers la création d’une entreprise. En Autriche, il existe deux grands marchés29 pour la transmission d’entreprise, mis en place par des organismes publics: • • www.nachfolgeboerse.at, lancé par la Chambre économique fédérale d’Autriche30, www.nachfolgeboerse-wien.at, lancé par la Chambre économique de Vienne. La base de données «Nachfolgebörse (NFB)» a été créée en 1999 (et relancée dans un format amélioré en 2003) par le service de création d’entreprises et la jeune chambre de la Chambre économique fédérale d’Autriche (Junge Wirtschaft Österreich/Gründer Service). À l’heure actuelle, la bourse contient plus de 1 000 offres de vente d’entreprises et plus de 300 demandes de reprise. Depuis mars 2003, environ 29 Des offres de transmission d’entreprise figurent également sur les sites de sociétés de consultance et de cabinets d’experts-comptables, mais il ne s’agit généralement pas de bases de données interactives. 30 Des liens vers cette bourse peuvent également être trouvés aux adresses suivantes: http://meinmarktplatz.wko.at et http://www.jungewirtschaft.at/businessportal. 52 603 000 visiteurs se sont connectés à la «Nachfolgebörse» pour se procurer des informations sur des entreprises susceptibles d’être transmises. L’utilisation de la base de données n’est pas limitée aux membres de la Chambre économique fédérale d’Autriche, mais est également ouverte aux non-membres. Cette utilisation est gratuite. Toute personne cherchant à transmettre ou à reprendre une entreprise peut consulter la base de données. Le profil de recherche offre les possibilités suivantes: • • • • • • • • région, secteur, chiffre d’affaires, nombre de salariés, taille de l’entreprise (en m²), type d’acquisition (location/location-bail/achat/rente), situation géographique (siège de la société), mots clés. Pour placer une annonce – qu’il s’agisse d’une offre de vente ou d’une demande de reprise –, il est nécessaire de s’enregistrer. Lors de l’enregistrement, l’utilisateur doit indiquer son nom, son activité et ses coordonnées. Ces données ne sont pas publiées et les utilisateurs peuvent conserver l’anonymat s’ils le souhaitent. Normalement, les annonces sont placées directement par les utilisateurs et sont mises en ligne immédiatement. (Les utilisateurs sans accès Internet peuvent envoyer leurs annonces par télécopie.) Les annonces ne sont soumises à aucun examen systématique et la «Nachfolgebörse» ne vérifie pas l’exactitude des annonces placées par des utilisateurs. Toutefois, les annonces manifestement inappropriées (faisant par exemple de la publicité pour des produits ou des services) sont éliminées par les administrateurs. C’est l’utilisateur qui décide de la longueur de son annonce, mais certaines obligations d’information minimums doivent être respectées: ainsi, il y a lieu de préciser le type de reprise souhaité (location/location-bail/achat/rente), la raison sociale, une description et le chiffre d’affaires. Le texte des annonces peut être modifié à tout moment et il appartient à l'utilisateur de tenir son annonce à jour. L’utilisateur peut également limiter la durée d’affichage de l’annonce, mais il n’y a pas de durée maximum. La «Nachfolgebörse» n’offre pas de service d’appariement. Pour établir un contact, un utilisateur enregistré peut envoyer un message à la boîte aux lettres de la personne qui a placé l’annonce. Celle-ci sera informée par courrier électronique (ou, occasionnellement, par téléphone par un gestionnaire de la NFB, ou encore par fax) de la demande de mise en contact. Les premiers contacts entre des membres de la bourse peuvent rester anonymes, seule l’identité de l’utilisateur étant divulguée. 53 Outre le système électronique, une assistance personnelle des gestionnaires de la NFB (par exemple sous forme de conseils) est proposée. La «Nachfolgebörse Wien» (http://www.nachfolgeboerse-wien.at) est hébergée par la Chambre économique de Vienne. Cette base de données existe depuis quinze ans, mais a été relancée en 2004. À l’heure actuelle, elle contient plus de 430 offres et reçoit plus de 1 000 demandes par an. Pour pouvoir utiliser la base de données, il est nécessaire de s’enregistrer. L’affiliation à la Chambre économique de Vienne n’est pas obligatoire et le service est gratuit. La «Nachfolgebörse Wien» peut être interrogée selon les critères suivants: • • • • • • • district, rue, zone commerciale, taille de l’entreprise (en m²), chiffre d’affaires, secteur, type d’acquisition (location/location-bail/achat/rente). La base de données ne contient que des annonces de cédants, portant sur des entreprises susceptibles d’être transmises, mais pas d’annonces émanant de repreneurs potentiels. Les annonces ne peuvent être placées que par l’organisme hébergeur. Les informations minimums à fournir par un cédant potentiel sont le secteur et le type de transmission souhaité; toutes les autres informations relatives à l’identité du cédant peuvent rester anonymes. La durée d’affichage peut être fixée par l’utilisateur. Si aucune durée n’est spécifiée, les gestionnaires de la NFB Vienne prennent contact avec le cédant toutes les douze semaines en vue de tenir l’annonce à jour. La base de données n’offre pas de service d’appariement. Dans le cas d’une annonce anonyme, les repreneurs potentiels peuvent prendre contact directement avec les gestionnaires de la NFB Vienne, qui les mettront en rapport avec les cédants potentiels et qui peuvent également les informer au sujet des possibilités de transmission. La fonction des gestionnaires de la NFB Vienne consiste à rapprocher les deux parties et à soutenir la transmission dès le départ (par exemple en étant présents lors d’une première rencontre entre les parties concernées)31. Outre le service de la base de données, une assistance personnelle des gestionnaires de la NFB Vienne (par exemple sous forme de conseils) est proposée. 31 Il convient de noter que la mise en place d’outils supplémentaires de recherche, d’examen et d’appariement est prévue pour 2006. 54 Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Peter VOITHOFER KMU Forschung Austria ([email protected]) 55 3.9 Yrittajat (Finlande) Des 230 000 entreprises que compte la Finlande, entre 60 000 et 80 000 (dont 95 % de PME) devraient faire l’objet d’une transmission au cours des huit à dix années à venir. Un quart des chefs d’entreprise concernés pensent qu’ils ont un successeur, 15 % se contenteront de liquider leur entreprise et 60 % environ n’ont pas encore de projets précis. La nécessité de la transmission d’entreprise est plus grande dans les industries traditionnelles, telles que l’ingénierie mécanique et le commerce de détail, que dans les «nouvelles industries», comme l’informatique, de nombreux types de services, etc. En Finlande, le nombre de chefs d’entreprise âgés de plus de 50 ans s’accroît régulièrement et dépassait 67 000 en 2004. Selon certaines études, quelque 40 000 PME devraient faire l’objet d’un transfert de propriété au cours des cinq prochaines années. On estime que ces changements de génération et de propriété affecteront plus de 100 000 emplois en Finlande. De nombreuses séances d’information sur la préparation de ces changements ont été organisées en coopération avec les structures mises en place à cet effet par des associations et des entreprises finlandaises. En outre, le ministère du commerce et de l’industrie a mis en place divers services de développement destinés à soutenir les changements de génération et de propriété en coopération avec les centres de développement économique et de l’emploi (centres TE). Les centres TE proposent notamment aux PME un service intitulé «Passer le témoin» en vue de la planification de la transmission d’une entreprise soit à l’intérieur de la famille, soit à un nouveau propriétaire. L’objectif de ces services est d’analyser la situation et les anticipations de ceux qui veulent céder et de ceux qui veulent reprendre une entreprise, ainsi que de clarifier des questions concernant la fiscalité, les aspects juridiques et des formes de financement alternatives. Parmi les objectifs sociaux du programme, il convient de citer la promotion de la pérennité et du développement des activités commerciales, de même que la préservation des qualifications et des emplois des salariés. En outre, les centres TE organisent divers services de formation et de développement à l’intention des entreprises qui subissent un changement de génération, y compris celles qui poursuivent leur activité, dans le but d’améliorer les qualifications commerciales des opérateurs et de développer les entreprises. En Finlande, il existe également divers types de mécanismes financiers pour financer les changements de génération ou de propriété. Le financement est le plus souvent assuré à l’aide de prêts bancaires. Outre les banques, la société de financement spécialisée Finnvera plc propose un instrument appelé Yrittäjälaina («prêt au chef d’entreprise») qui permet de financer des transferts de propriété, des changements de génération et des acquisitions d’entreprises. 56 Des services d’experts sont proposés par des consultants, des avocats, des experts-comptables et des notaires dans des domaines tels que les aspects législatifs, la détermination de la valeur des entreprises et la fiscalité. Les experts sont assez nombreux et la couverture géographique est bonne. Outre les mesures de soutien décrites ci-dessus, une attention importante est portée à la recherche d’un successeur ou d’un acquéreur approprié, car il s’agit là fréquemment d’un problème majeur pour les entreprises. En Finlande, il existe plusieurs marchés pour la transmission d’entreprise, qui ont une couverture régionale et sont ouverts à tous, de même qu’il existe une plateforme nationale, appelée Yrityspörssi («bourse d’entreprises»), créée par la Fédération des entreprises finnoises. Cette plateforme (www.yrittajat.fi/yritysporssi) est gérée par Sypoint Oy pour le compte de la Fédération des entreprises finnoises. En 2005, quelque 400 annonces figuraient sur Yrityspörssi. Près de 90 % de ces annonces étaient des offres de vente, alors que les demandes de reprise ou de financement étaient peu nombreuses. La plupart des offres de vente concernaient des entreprises opérant dans les secteurs du commerce de détail, de l’industrie, de la transformation et des services. Les demandes de reprise concernaient principalement des entreprises de services, notamment dans le domaine de la comptabilité. Les annonces sur Yrityspörssi sont placées dans la banque de données pour une durée de six mois moyennant paiement de 60 euros + TVA. Elles peuvent également être publiées dans le magazine de la Fédération des entreprises finnoises et dans la revue commerciale Kauppalehti. Deux annonces dans chacune de ces publications coûtent 295 euros + TVA, et le texte des annonces peut être envoyé par courrier électronique, courrier postal ou fax. Chaque mois, Yrityspörssi recense plus de 21 000 visiteurs intéressés par la vente ou la reprise d’une entreprise, ainsi que 9 000 autres connexions. Le nombre d’annonces, de réponses et de visites sur le site d’Yrityspörssi s’accroît régulièrement. Un suivi des transactions réalisées grâce à cette base de données a lieu depuis l’automne 2004. À cet effet, un questionnaire est envoyé à l’auteur de l’annonce quatre mois après la publication de celle-ci. Ce questionnaire peut également être rempli sur le site d’Yrityspörssi. Sur une période d’un an, 126 réponses ont été reçues, dont 8 % annonçaient que l’entreprise avait été vendue, tandis que 23 % indiquaient que des négociations étaient en cours. Les répondants estimaient qu’ils avaient reçu en moyenne 3,5 réponses de partenaires potentiels grâce à la base de données. Selon les données ainsi collectées, 37 % des personnes qui avaient fait appel à Yrityspörssi considèrent ce service comme très utile et 56 %, comme plutôt utile. 57 L’action des bourses d’entreprises régionales est également visible dans les annonces publiées sur Yrityspörssi. Certains opérateurs souhaitent placer leurs annonces dans des bases de données régionales qui coopèrent avec Yrityspörssi: il existe des liens entre les sites Internet d’Yrityspörssi et des plateformes régionales, de sorte que les clients peuvent facilement trouver ce qu’ils cherchent sur le même site. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Sirpa ALITALO Ministère du commerce et de l’industrie ([email protected]) 58 4 CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES MARCHES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE Le présent chapitre se propose d’examiner les préalables et les facteurs de réussite qui doivent être réunis pour qu’une base de données sur les transmissions d’entreprises puisse fonctionner valablement. Il est clair que le succès d’un marché dépendra de divers facteurs et de différentes conditions cadres, telles que les prescriptions juridiques, les attitudes vis-à-vis d’activités commerciales ou de services de soutien spécifiques, etc. La liste qui va suivre doit dès lors être considérée comme une énumération d’éléments indispensables, et non comme une description exhaustive des caractéristiques que devraient idéalement présenter les bases de données. En outre, il existe des liens étroits entre certains des aspects décrits, de sorte que ceux-ci ne peuvent être considérés isolément dans la pratique. 4.1 Masse critique, marchés intégrés et financement La fonction principale des bases de données pour les transmissions d’entreprises est de fournir un «service de découverte», c’est-à-dire de permettre aux repreneurs potentiels de connaître l’existence de vendeurs potentiels, et inversement. Pour que le nombre d’appariements potentiels soit aussi grand que possible, il importe que les bases de données elles-mêmes soient aussi complètes que possible. S’il est vrai que le simple fait de faire figurer côte à côte, dans une base de données ou sur une plateforme informatisée, des marchés qui n’ont aucun lien entre eux a peu de chances de résoudre le problème de la masse critique (un charpentier souhaitant reprendre une entreprise n’est pas forcément intéressé par des annonces concernant des restaurants), la question est de savoir dans quelle mesure il n’existe réellement aucun lien entre les marchés. En raison de la libéralisation des activités artisanales, par exemple, les frontières traditionnelles entre différentes activités tendent à s’estomper et il devient plus intéressant pour un repreneur potentiel d’obtenir des informations en provenance de plusieurs secteurs. En outre, le coût marginal de l’extension d’un marché et d’une base de données jusqu’à en faire un outil exhaustif est parfois très faible, voire nul, surtout s’il existe un organisme faîtier, tel qu’une chambre de commerce, qui peut s’en charger. Outre le risque que les acheteurs et vendeurs potentiels ne trouvent pas de partenaire approprié sur des marchés fragmentés, il existe également sur chaque marché le dilemme habituel de la masse critique. Si le marché est petit, il n’est pas intéressant de s’enregistrer dans la base de données et s’il 59 n’est pas intéressant de s’enregistrer dans la base de données, le marché restera petit32. Afin de créer la masse critique nécessaire pour rendre un marché attractif, il importe donc que les frais d’entrée pour les premiers utilisateurs soient peu élevés, ce qui exige à son tour certains investissements initiaux des créateurs de la base de données. Ce n’est que quand celle-ci aura atteint une certaine taille qu’elle pourra éventuellement être financée par les redevances des utilisateurs. Pour constituer, à l’intérieur d’une seule base de données, un portefeuille important de sociétés susceptibles d’être transmises, la création d’un marché des transmissions européen pourrait également être envisagée. On peut cependant se demander si cette solution apporterait une véritable valeur ajoutée. À l’heure actuelle, il semble plus réaliste de tendre vers une certaine convergence des bases de données nationales par un échange de bonnes pratiques. Les organismes hébergeurs de bases de données nationales devraient cependant envisager de proposer systématiquement des liens vers les bases de données d’autres pays, et notamment des pays limitrophes. 4.2 Un organisme hébergeur impartial L’existence d’un organisme impartial et fiable pouvant héberger une vaste base de données constitue un préalable essentiel au succès d’une plateforme de transmission d’entreprise. Dans certains pays, cette fonction peut être remplie par les chambres de commerce, les chambres de commerce et d’industrie et/ou les chambres des métiers (surtout si l’affiliation à une de ces chambres est obligatoire). Si l’hébergement de la base de données est assuré par un organisme de cette nature, l’activité du service s’en trouvera accrue, puisqu’il est probable que ces organismes seront approchés par des cédants et des repreneurs/successeurs potentiels. Même quand l’affiliation à une chambre de commerce ou des métiers n’est pas obligatoire, de grandes organisations commerciales (fédérations d’entreprises ou d’employeurs) peuvent héberger des bases de données lorsque le marché (c’est-à-dire les agences commerciales, les banques, etc.) n’offrent pas de solutions appropriées au problème que pose le rapprochement de l’offre et de la demande, comme c’est souvent le cas pour les petites entreprises. Quand l’affiliation et le versement de cotisations à un organisme (tel qu’une chambre de commerce) sont obligatoires, les services de la base de données pourraient être proposés gratuitement ou en échange d’une très modeste 32 Voir par exemple Wellmann (2004), Online Marketplaces, in: Singh, M.P. (éditeur), Practical Handbook of Internet Computing, également disponible à l’adresse suivante: http://ai.eecs.umich.edu/people/wellman/pubs/phic04.pdf. 60 contribution, puisque la base de données pourrait être soutenue financièrement par l’organisme qui l’héberge. À cet égard, il importe cependant de savoir si le service de la base de données est considéré comme faisant partie de l’activité de base de l’organisme ou s’il est proposé comme un service additionnel qui doit être payant pour être viable à long terme. En tout état de cause, une redevance pourrait être jugée indispensable pour écarter les utilisateurs qui ne seraient pas réellement intéressés par la vente ou l’acquisition d’une entreprise. En particulier lorsque les bases de données sont (entièrement ou partiellement) financées par les pouvoirs publics ou par des cotisations obligatoires, il importe d’assurer un suivi systématique des contacts organisés par le service de la base de données, ainsi que de la contribution qu’apporte la base de données à la transmission d’entreprise. Un «taux de réussite» pourrait être calculé annuellement sous forme du rapport entre le nombre d’entreprises en portefeuille et le nombre de transmissions et de négociations sérieuses trouvant leur origine dans la base de données. Une publication régulière de ces chiffres pourrait faciliter l’acceptation de la base de données par le public (notamment en cas de financement par les pouvoirs publics). 4.3 Sensibilisation, publicité et visibilité D’une manière générale, les micro-entreprises et les petites entreprises ne sont guère sensibilisées aux mesures de soutien aux entreprises, de sorte qu’elles y font rarement appel. En particulier, les petites entreprises déclarent qu’elles éprouvent de sérieux problèmes à s’informer sur les services proposés33. Cette constatation vaut également pour les marchés des transmissions d’entreprises. Dans de nombreux pays, ces marchés manquent de visibilité, dans la mesure où de nombreux cédants ou repreneurs potentiels en ignorent l’existence, même quand ces plateformes sont accessibles sur Internet et peuvent donc être facilement consultées. Pour porter remède à ce problème, plusieurs mesures peuvent être prises, et notamment: • • • • 33 l’utilisation d’un nom de domaine court, simple et évident, la diffusion de dépliants et d’autres publications lors d’événements appropriés (séminaires de chefs d’entreprise, foires commerciales, expositions, etc.). L’expression «événement approprié» ne doit pas être interprétée dans un sens trop étroit, par exemple comme une séance d’information sur la transmission d’entreprise, la publicité et le «bouche à oreille» des utilisateurs satisfaits, l’abaissement des barrières techniques et administratives que doivent affronter les utilisateurs. Voir par exemple Sheikh, S.; Pecher, I.; Steiber, N.; Heckl, E. (2002), Support Services for Micro, Small and Sole Proprietor’s Businesses, Austrian Institute for Small Business Research. 61 4.4 Informations fournies/Possibilités de recherche/Structure de la base de données Afin de réduire les asymétries en matière d’informations entre le repreneur et le cédant, et pour accroître le nombre de cédants et de repreneurs potentiels, il importe de définir des normes minimums en ce qui concerne les informations présentées. Comme il est impossible de prédire quel type d’information est le plus important pour les utilisateurs, les indications relatives aux entreprises individuelles et aux successeurs potentiels devraient être structurées de telle manière que la base de données puisse être interrogée selon les différents types d’informations disponibles. Une distinction devrait évidemment être faite entre les offres de vente et les demandes de reprise. Pour les offres de vente, les critères de recherche les plus courants sont les suivants: • • • • • • • secteur ou branche d’activité (souvent selon la nomenclature NACE), zone géographique (par exemple: régions, villes, codes postaux), taille (par exemple: nombre de salariés et/ou chiffre d’affaires, par classe de taille pour empêcher une identification facile des entreprises), mode de transmission souhaité (location, location-bail, vente…), date/période de transmission souhaitée, critères de sélection particuliers des repreneurs (licences, qualifications, etc.), (fourchette de) prix. Les informations suivantes pourraient être fournies à l’intention des repreneurs potentiels: • • • • • • • • secteur ou branche d’activité (souvent selon la nomenclature NACE), implantation géographique préférée, taille préférée, mode d’acquisition souhaité, date de reprise souhaitée, volonté de rester impliqué au cours d’un processus prolongé de transmission et de cession, fourchette de prix, autres informations personnelles pertinentes (licences, qualifications, etc.). Il serait préférable que ces critères de recherche puissent être combinés selon les souhaits de l’utilisateur. En outre, ce dernier devrait pouvoir choisir l’option «tous les critères» s’il ne souhaite pas limiter son choix. En général, une recherche par mots clés est également utile. 62 4.5 Protection de l’anonymat et organisation de contacts La protection de l’anonymat revêt une importance capitale, notamment pour les vendeurs potentiels34. Si des clients apprennent qu’une entreprise va être vendue, ils risquent de mettre fin à leurs relations avec cette entreprise par crainte de la voir disparaître ou changer prochainement. La valeur de transmission de l’entreprise pourrait ainsi se détériorer. En conséquence, les offres de vente seront presque toujours rédigées d’une manière qui ne permet pas une identification facile. En fonction de la situation spécifique (taille du pays ou de la région, nombre d’entreprises d’une certaine taille et d’un certain type), les descriptions données dans les annonces doivent rester quelque peu vagues. Les repreneurs potentiels devraient dès lors avoir la possibilité de prendre contact avec l’entreprise elle-même et/ou avec un intermédiaire pour obtenir un complément d’information. Pour recevoir les précisions souhaitées, il devra normalement révéler sa propre identité, afin que le vendeur ait l’assurance qu’il ne traite pas avec un client ou un concurrent. 4.6 Aspects techniques (appariement, durée, qualité) Un appariement complexe d’offres de vente et de demandes de reprise ne constitue pas un préalable à la réussite d’une initiative. Il est cependant utile que les candidats acheteurs puissent définir un profil de recherche et soient informés (par exemple par courrier électronique) lorsqu’une entreprise correspondant à ce profil apparaît dans la base de données. Certaines plateformes limitent la durée d’affichage pour éviter que des annonces anciennes, devenues sans objet, s’accumulent et provoquent le mécontentement des utilisateurs qui cherchent à entrer en contact avec une entreprise qui n’est plus à vendre. Comme la transmission d’une entreprise est un processus qui dure généralement longtemps, la durée d’affichage des annonces dans la base de données ne doit pas être trop restreinte: la durée minimum prévue par les plateformes présentées dans ce rapport est de six mois, mais une prolongation est habituellement possible. D’une manière générale, il semble utile que l’organisme hébergeur assure un contrôle de qualité et une certaine maintenance pour garantir que les informations fournies restent valables et soient conformes à certaines normes de qualité minimums. 34 À l’exception de la nouvelle base de données de la Région wallonne, qui assurera également l’anonymat complet des repreneurs potentiels, les marchés présentés dans ce rapport mettent davantage l’accent sur la protection de l’anonymat des vendeurs. 63 4.7 Importance de l’intermédiation et d’autres services Une transmission d’entreprise sera souvent précédée d’un processus de négociation prolongé, qui portera sur des questions délicates, telles que le prix, le mode de paiement et les modalités de la transmission. Quand un acheteur et un vendeur potentiels se sont trouvés par l’intermédiaire d’une base de données, la partie la plus difficile de la transmission est encore à venir. C’est la raison pour laquelle les services d’intermédiation supplémentaires qui sont proposés seront bien souvent utiles. Outre cette intermédiation, d’autres services, tels que des conseils (concernant par exemple les aspects techniques et juridiques, l’évaluation, etc.) peuvent être fournis par l’organisme hébergeur. À cet égard, les clients seront sans doute heureux de pouvoir faire appel à un réseau de consultants d’entreprise au sens le plus large et à d’autres acteurs pouvant être utiles aux cédants comme aux repreneurs (par exemple des conseillers fiscaux, des experts-comptables, des avocats, des notaires, des chambres du travail et du commerce, des services de sécurité sociale, l’administration fiscale, des médiateurs interpersonnels, des psychologues, etc.). Aux plus petites entreprises notamment, la fourniture d’une «liste de contacts utiles» pourrait permettre de réaliser d’importantes économies de temps, d’argent et d’efforts. D’autres services pourraient s’occuper de la coopération avec d’autres marchés de transmission d’entreprise, par exemple en prévoyant des liens vers ces marchés ou en assurant l’intégration/la mise en réseau de certains éléments du service avec différents hébergeurs publics ou privés (voir plus haut). Dans ce contexte, la perspective d’une coopération transfrontalière ne manque pas d’intérêt et pourrait apporter une plus-value supplémentaire au marché. Les services supplémentaires proposés pourraient aller jusqu’à la fourniture d’informations pertinentes sur les divers secteurs d’activité (et en particulier sur le potentiel futur de ceux-ci) ou d’informations générales sur les aspects auxquels il convient d’être attentif avant, pendant ou après le transfert. 4.8 La solution du portail Internet Dans certains pays, des agences commerciales et des organismes du secteur privé ont déjà mis en place d’importantes bases de données rassemblant des offres de vente ou des demandes de reprise, parfois dans un secteur industriel ou géographique (par exemple régional) déterminé. C’est ainsi qu’au Royaume-Uni, deux bases de données existantes, gérées par Daltons et «businessesforsale.com», proposent à tout moment plus de 34 000 entreprises à reprendre. L’échec d’un marché pourrait donc être dû davantage à un manque d’informations sur les bases de données existantes qu’à la création insuffisante de bases de données nouvelles. 64 Dans ces conditions, l’existence d’un portail Internet financé par les pouvoirs publics est importante: un tel portail doit pouvoir donner accès à un vaste éventail de conseils aux entreprises, y compris des indications claires pour l’accès à ces bases de données, et encourager notamment les repreneurs potentiels à s’y intéresser davantage et à y recourir plus souvent. 65 APERÇU: CARACTERISTIQUES SOUHAITABLES DES BASES DE DONNEES DES MARCHES POUR LA TRANSMISSION D’ENTREPRISE • Il importe d’éviter la fragmentation des bases de données nationales (par exemple au niveau des secteurs économiques, des professions et métiers et des régions). S’il est impossible de créer une base de données nationale, il y a lieu d’envisager à tout le moins la mise en place d’un portail national pour l’ensemble des bases. Les bases de données nationales devraient également proposer des liens vers des plateformes bien établies dans d’autres pays. • L’existence d’un hébergeur neutre et fiable conditionne de manière fondamentale la réussite d’une base de données sur la transmission d’entreprise. Les chambres d’industrie et de commerce, les chambres des métiers et les organismes similaires semblent être des opérateurs tout indiqués pour remplir cette fonction. • L’existence des marchés doit être portée à la connaissance de leurs utilisateurs potentiels. La sensibilisation peut être améliorée par le choix d’un nom de domaine approprié, de la publicité, des campagnes de sensibilisation et la diffusion d’informations dans des contextes analogues (par exemple lors de séminaires organisés par des chambres de commerce et portant sur d’autres domaines). • Les repreneurs potentiels d’entreprises devraient avoir à tout le moins la possibilité d’interroger la base de données selon les critères du secteur économique et de l’activité, de la situation géographique (région, voire ville) et de la taille (les classes de taille étant définies par le nombre de salariés et/ou le chiffre d’affaires). Le prix (ou la fourchette de prix) et la date de transmission envisagée constituent d’autres critères de recherche utiles. • La préservation de l’anonymat revêt une importance fondamentale pour la plupart des cédants (et pour certains repreneurs) potentiels. Des coordonnées ou des descriptions qui pourraient révéler l’identité d’une entreprise ne peuvent être publiées qu’avec l’accord de la personne qui place l’annonce. Les demandes de contact pourraient être dirigées vers une boîte aux lettres anonyme. La sécurité sera accrue si les contacts sont organisés par l’organisme qui héberge la base de données ou par des intermédiaires. • Il est souhaitable que l’organisme hébergeur veille à une certaine qualité des annonces. À cet effet, il doit au moins vérifier régulièrement si les annonces sont toujours d’actualité. Il est souvent utile de proposer une aide pour la rédaction des annonces. En outre, un examen des entreprises préalablement à la mise en ligne des annonces pourrait être envisagé. • Un marché de transmission d’entreprise enregistrera de meilleurs résultats s’il ne se limite pas à une base de données proposant un simple service de découverte. Des services supplémentaires utiles peuvent être proposés, tels que l’information sur tous les aspects touchant la transmission d’entreprise, des services d’intermédiation pendant les négociations, ainsi que le tutorat. • Pour adapter et améliorer les marchés et pour justifier l’octroi de ressources publiques qui pourraient servir à soutenir ces marchés, il est souhaitable d’assurer un suivi systématique des résultats (par exemple en calculant un «taux de réussite») et des facteurs auxquels ces résultats sont dus. 66 ANNEXE I: LA SITUATION DANS D’AUTRES PAYS PARTICIPANT AU PROJET Bulgarie Les données statistiques afférentes aux quatre dernières années révèlent un accroissement du nombre d’entreprises et de créations d’entreprises en Bulgarie. La plupart des entreprises bulgares ont été constituées après 1989 et sont dès lors relativement jeunes. Les PME représentent 99,8 % des entreprises. Selon une enquête effectuée en 200135, environ 23 % des propriétaires de PME sont âgés de 50 ans ou plus, 68 % sont âgés de 30 à 49 ans et 7 % ont moins de 30 ans. Au cours de la période 1995-2002, l’âge moyen des chefs d’entreprise nouvellement enregistrés a affiché une tendance régulière à la baisse, la part relative du groupe inférieur (jusqu’à 30 ans) s’accroissant au détriment de la part de la tranche supérieure (50 ans et plus)36. À l’heure actuelle, il n’existe pas de données sur le nombre de transmissions d’entreprises réalisées annuellement en Bulgarie. Comme les entreprises sont relativement jeunes, il est peu probable que ce nombre soit très élevé à court terme. En outre, il est beaucoup plus coûteux de racheter une entreprise existante que d’en créer une nouvelle. Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles la plupart des organisations d’entreprises n’accordent pas une priorité particulière à la question de la transmission des entreprises. Il est cependant clair qu’au cours des dix années à venir, cette question verra croître considérablement son importance, que des actions appropriées devraient dès lors être mises en œuvre dès à présent et qu’il importe d’exploiter l’expérience et les meilleures pratiques qui se sont accumulées dans plusieurs États membres possédant des marchés structurés pour la transmission d’entreprise. Le ministère de l’économie et de l’énergie envisage, conjointement avec l’Agence bulgare des petites et moyennes entreprises, de lancer un vaste débat avec les organisations d’entreprises et les ONG qui soutiennent les PME, et de prendre d’autres initiatives dont le but principal sera de sensibiliser les chefs d’entreprise aux questions soulevées par la transmission. Actuellement, il n’existe pas de marché structuré pour la transmission des entreprises en Bulgarie. Le vaste débat envisagé aura notamment pour 35 Rapport sur les petites et moyennes entreprises 2000-2002, Agence des petites et moyennes entreprises, Sofia, 2002, p. 65. 36 Rapport annuel sur la situation et le développement des PME en Bulgarie pour 2004, ministère de l’économie et de l’énergie, Sofia, 2005, p. 55. 67 objectif d’éclairer les pouvoirs publics quant à l’organisme le plus indiqué pour gérer un marché structuré des entreprises. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Marga KOUTSAROVA Agence exécutive pour la promotion des petites et moyennes entreprises ([email protected]) 68 République tchèque Les petites et moyennes entreprises (PME – sociétés et personnes ayant une activité commerciale) représentent un élément essentiel de l’économie tchèque. Elles jouent un rôle clé dans la création d’emplois et, d’une manière générale, comme facteur de stabilité sociale et de développement économique. L’existence de PME opérationnelles et performantes constitue l’une des conditions essentielles de la pleine intégration de l’économie tchèque dans l’Espace économique européen. Tableau: Part des PME dans certains indicateurs macroéconomiques Indicateur Entreprises Emploi Performance Valeur ajoutée Coûts du travail Investissement s Exportations Importations PIB 1997 99,8 59,8 52,9 57,4 * 1998 99,8 56,4 51,7 51,4 * 1999 99,8 59,1 53,3 53,0 54,7 2000 99,8 59,5 52,9 52,6 54,7 2001 99,8 59,7 51,4 51,3 55,7 2002 99,8 60,9 52,0 52,7 55,5 2003 99,8 62,2 52,0 52,1 56,2 2004 99,9 61,5 52,1 52,9 55,7 * * 41,7 40,6 37,8 44,5 49,6 50,6 36,4 48,0 * 36,3 48,8 * 36,5 50,7 34,8 36,2 49,4 31,7 35,7 47,1 31,1 31,2 50,3 32,2 34,0 49,8 35,2 34,3 52,5 34,9 Sources: l’indicateur du PIB provient de l’Office statistique tchèque (OST); les autres chiffres ont été calculés par le ministère de l’industrie et du commerce sur la base d’informations de l’OST; * l’indicateur des PME n’a pas été calculé par l’OST. Les coûts du travail ne comprennent pas les «autres rémunérations personnelles». Comme dans les autres pays de l’UE, un soutien est accordé aux petites et moyennes entreprises d’une manière générale dans le but de préserver et de renforcer leur compétitivité. Ce soutien est à la fois direct et indirect. Le soutien indirect contribue à créer un environnement favorable aux PME en simplifiant les opérations administratives, en atténuant les impacts négatifs éventuels de nouveaux textes législatifs sur les PME, ainsi qu’en facilitant l’accès à l’information, à la formation et aux conseils. Un soutien financier direct est accordé au moyen d’instruments facilitant l’accès des PME aux financements qui leur permettront de réaliser leurs plans d’investissement ou de réduire leurs coûts. Il existe un vaste ensemble de programmes mis en œuvre par le ministère de l’industrie et du commerce et par le ministère du développement régional, ces programmes étant financés sur le budget de l’État, par des fonds de l’UE ou encore par des fonds empruntés sur les marchés financiers. Le gouvernement de la République tchèque est bien conscient de la nécessité d’améliorer l’environnement global des entreprises pour promouvoir et améliorer la transmission d’entreprise et permettre ainsi l’existence d’un secteur sain et performant des PME. 69 Cela dit, la transmission d’entreprise en République tchèque présente certaines caractéristiques spécifiques qui s’expliquent par l’avènement encore très récent de l’économie de marché dans ce pays. Après une interruption de 40 ans, l’entreprise privée a fait sa réapparition sur le territoire tchèque au début des années 1990. Les observations faites jusqu’à présent confirment que les candidats propriétaires de petites et moyennes entreprises sont bien plus intéressés par la création d’une nouvelle entreprise que par le rachat d’une affaire existante. Outre le fait qu’une reprise entraîne incontestablement des coûts plus élevés, on peut penser qu’il existe aussi une sorte de barrière psychologique qui rend les opérateurs réticents à reprendre une entreprise créée par quelqu’un d’autre. C’est la raison pour laquelle les problèmes liés à la transmission d’entreprise en général et au changement de génération en particulier ne sont pas encore perçus, à l’heure actuelle, comme étant aussi urgents en République tchèque que dans certains autres États membres de l’UE, où les chefs d’entreprise sont propriétaires de leurs sociétés depuis de nombreuses années et ont dû, pour de multiples raisons, résoudre les problèmes liés à la transmission d’entreprise. À l’heure actuelle, il n’existe en République tchèque aucun marché, structuré par un organisme public ou privé, pour la transmission d’entreprise. Le soutien actuellement accordé à la transmission d’entreprise s’inscrit dans le cadre de la politique nationale d’assistance aux PME au titre des programmes de soutien aux PME, et notamment des programmes START et CONSULTING, mis en œuvre par le ministère de l’industrie et du commerce et les organismes subventionnés par celui-ci. L’assistance octroyée dans le cadre de ces programmes peut assurément faciliter la transmission d’entreprise et réduire le risque d’une fermeture après le transfert de propriété à un nouvel opérateur. Le régime juridique des avantages fiscaux accordés en cas de transmission d’entreprise est défini par les lois relatives à l’impôt des personnes physiques, à la TVA, aux droits de succession, aux droits de donation et aux taxes sur les mutations foncières. À ce jour, aucune enquête n’a été effectuée au sujet de l’âge des chefs d’entreprise, ni au sujet de leurs intentions de vente ou de reprise. Nous estimons cependant qu’une petite partie des PME ont déjà été confrontées à ce problème et que leurs propriétaires se sont notamment adressés à des conseillers, des sociétés de consultance ou des chambres de commerce pour obtenir des conseils ou une assistance en cette matière. Pour cette raison, et pour exploiter les données collectées, le ministère de l’industrie et du commerce a déjà introduit dans des enquêtes en cours une série de questions relatives à la transmission d’entreprise. D’autres enquêtes spécialisées auront lieu dans un proche avenir. La République tchèque devra sans doute affronter bientôt le problème de la transmission d’entreprise afin de préserver et de soutenir le potentiel économique des PME. Les initiatives de l’UE qui visent au partage des meilleures pratiques en vue de favoriser un marché transparent pour la 70 transmission d’entreprise sont dès lors accueillies avec intérêt et sont jugées extrêmement utiles dans le contexte des mesures stratégiques qui seront prises dans ce domaine. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Martina FUNKOVA Ministère de l’industrie et du commerce de la République tchèque ([email protected]) 71 Grèce La Grèce considère que toutes les questions concernant la transmission des petites et moyennes entreprises revêtent une importance capitale tant pour l’économie que pour les entreprises elles-mêmes. Aussi la transmission d’entreprise fait-elle l’objet d’une attention particulière dans la politique grecque de l’entrepreneuriat. Selon les estimations, quelque 2,5 % à 3 % des entreprises immatriculées en Grèce changeront de propriétaire chaque année au cours de la prochaine décennie. On peut même s’attendre à ce que le pourcentage soit plus élevé encore. Selon le secrétariat général du Service statistique national grec, le pays comptait en 2002 878 846 PME, dont 22 202 ont fait l’objet d’une transmission. Tableau 1: Nombre de transmissions de PME, par secteur et par taille, en 2002 Secteur de l’économie Primaire Secondaire Tertiaire Autres Nombre total Classe de taille des PME Petites Entreprises entreprises moyennes 46 0 569 191 1 207 274 7 0 1 829 465 Microentreprises 435 2 887 16 431 155 19 908 Total 481 3 647 17 912 162 22 202 Tableau 2: Motifs des transmissions de PME Classe de taille des PME Motif de la transmission Microentreprise Petite entreprise Entreprise moyenne Total 284 2 0 286 32 70 23 11 0 31 9 2 0 11 4 0 32 112 36 13 9 073 1 187 384 10 644 10 415 598 66 11 079 19 908 1 829 465 22 202 À titre onéreux (succession, etc.) À titre gracieux (donation) Concentration – absorption Fusion Scission Modification des variables de la société Modification des données relatives aux associés (transfert de capital social, etc.) Nombre total Près de 90 % des PME qui ont changé de propriétaire étaient de petites entreprises familiales employant jusqu’à neuf personnes; 8,2 % des entreprises transmises employaient de 10 à 49 personnes et 2,1 %, de 50 à 72 249 personnes. Il convient de noter que, des entreprises ayant fait l’objet d’une transmission, près de 2,2 % appartenaient au secteur primaire, 16,42 % au secteur secondaire (industriel) et 81 % au secteur tertiaire (information, services de conseil, etc.) (tableau 1). Les motifs et la nature des transmissions d’entreprises diffèrent donc fortement et sont déterminés par de nombreux facteurs, tels que la taille des entreprises (tableau 2) et leur forme juridique. Un comité de pilotage, institué à l’initiative du ministère du développement et composé de représentants du secteur public et du secteur privé, a entamé ses travaux en mars 2006 et a présenté des propositions au ministre. Des actions sont mises en œuvre dans les principaux domaines suivants: • • • • • • identification et formulation de mesures destinées à faciliter la transmission de petites et moyennes entreprises, et pouvant être financées dans le cadre du 4e programme cadre communautaire, proposition de mesures destinées à assurer la pérennité des entreprises individuelles en cas de transmission obligatoire, consécutive aux exigences de la famille ou au décès de l’un des associés, mise en œuvre d’actions ou de mesures propres à encourager le chef d’entreprise à transmettre sa société à ses successeurs, à son personnel ou à des tiers, mise à disposition de financements appropriés et suffisants pour la transmission, sensibilisation des petites et moyennes entreprises aux questions relatives aux transmissions d’entreprise obligatoires dans le cadre de successions, harmonisation avec les politiques de l’Union européenne concernant la transmission d’entreprise. À l’issue d’un examen approfondi du rapport, des initiatives et des actions spécifiques devraient être adoptées en vue de mettre en œuvre une politique et des mécanismes permettant de faciliter la transmission des entreprises, de réduire la charge bureaucratique et administrative et d’organiser une plateforme publique pour la transmission. À l’heure actuelle, il n’existe en Grèce aucun marché pour la transmission d’entreprise qui serait organisé par un organisme public ou primaire. Un travail considérable est accompli par des organismes tels que les chambres de commerce et les fédérations, qui s’efforcent d’informer les chefs d’entreprise sur l’intérêt qu’ils ont à se préparer à la transmission de leur entreprise, ainsi que sur les procédures à suivre pour mener à bien cette opération dans le respect des dispositions fiscales et juridiques grecques. Toutefois, de nombreux opérateurs rémunérés, tels que des conseillers juridiques, des notaires, des sociétés de conseils, etc., interviennent également dans les transmissions d’entreprises. Il convient de souligner qu’en Grèce la création de marchés et la transmission d’entreprise sont considérées comme des priorités. Nous 73 sommes convaincus que les connaissances acquises sur les structures et les meilleures pratiques auprès d’autres États membres de l’Union européenne permettront d’accélérer la création de plateformes appropriées sur des bases solides. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Athina PNEVMATIKATOU Ministère du développement ([email protected]) 74 Espagne L’Espagne compte quelque 3 millions de PME (employant moins de 250 personnes), ce qui correspond à 99 % du nombre total d’entreprises. Bien que 1,57 million de PME n’aient pas de salariés, ces entreprises représentent 12,9 millions d’emplois (c’est-à-dire 66,8 % d’une population active de 19,3 millions). Comme les transmissions d’entreprises n’ont fait l’objet d’aucune enquête statistique spécifique, il n’existe pas de données officielles à ce sujet; mais, selon les estimations des chambres de commerce, au moins 650 000 entreprises changeront de propriétaire au cours des dix prochaines années (environ 65 000 par an) et 1,4 million d’emplois risquent d’être touchés par ces mouvements. Ces chiffres mettent clairement en lumière l’importance que revêtent les transmissions d’entreprises pour l’économie nationale. Le gouvernement espagnol est bien conscient de la nécessité de promouvoir des initiatives visant à améliorer et à faciliter la transmission d’entreprise. À l’heure actuelle, il n’existe cependant aucun organisme public qui serait plus particulièrement chargé de suivre et de soutenir les transmissions d’entreprises d’une manière uniforme et bien structurée au niveau national. En fait, les aides existantes à la transmission d’entreprise s’inscrivent dans le cadre des programmes de soutien aux PME. Ces programmes ont été élaborés par la DGPYME (Direction générale de la politique des PME, au ministère de l’industrie, du tourisme et du commerce, qui fournit des informations aux PME, assure le suivi de la création d’entreprises et de la coopération entre celles-ci, établit des statistiques, informe sur les questions européennes, gère des bases de données, effectue des recherches sur l’entrepreneuriat, etc. – voir http://www.ipyme.org). Au cours de ces dernières années, plusieurs programmes destinés à soutenir le processus de création d’entreprises, y compris l’indispensable simplification administrative, ont été élaborés, et ces actions auront également des effets bénéfiques sur le processus de transmission d’entreprise. Les chambres de commerce ont également lancé un certain nombre de projets dans ce domaine; il existe quelques bases de données locales, soutenues par les chambres de commerce locales (Madrid, Valence, etc.) et contenant des «annonces relatives à des opportunités commerciales». En outre, les chambres de commerce ont effectué une étude de faisabilité (dans le cadre du programme e-Content de l’UE) portant sur les transmissions d’entreprises entre la France, l’Italie et l’Espagne au moyen d’un portail Internet transfrontalier (voir http://www.eurotransbiz.com). Dans le domaine de la création d’entreprises, la Ventanilla Única Empresarial (VUE) (guichet unique pour la création d’entreprises), accessible auprès de plus de trente chambres de commerce, soutient également le processus de transmission. L’INCYDE (Institut des chambres de commerce pour la création et le 75 développement d’entreprises) a lancé un très grand nombre d’actions locales axées sur l’entrepreneuriat. Certaines autres chambres de commerce prêtent leur assistance lorsqu’il s’agit d’évaluer la valeur économique et marchande des sociétés transmises, la valeur en Bourse, les actions et les options, mais il n’existe pas de méthodes, de «boîtes à outils» ou de procédures communes. Le marché espagnol de la transmission d’entreprise est fragmenté, et la couverture se limite souvent au niveau local ou régional. Il existe cependant certaines initiatives intéressantes, aussi bien dans le secteur public ou quasipublic que dans le secteur privé, qui pourraient donner naissance à un futur système intégré. Certaines organisations d’entreprises (comme l’Instituto de Empresa Familiar, qui s’intéresse essentiellement aux transmissions d’entreprises familiales), des universités et des écoles commerciales proposent aux entreprises des programmes et services de formation spécifiques. Il existe également des initiatives privées destinées à soutenir la transmission d’entreprise: c’est ainsi que des cabinets comptables, des consultants, des banques, des conseillers financiers et d’autres spécialistes proposent une assistance au niveau régional. Sur Internet, on trouve également quelques sites privés dédiés à la transmission d’entreprise (par exemple www.buyacom.com, qui contient plus de 4 500 propositions de vente/demandes de reprise en espagnol et en anglais, ou www.bizalia.com, qui en contient 2 500), mais l’expérience de ces bases de données est encore limitée dans le temps (pas plus de deux ans), elles n’ont pas de couverture nationale, ne sont pas exhaustives et n’appliquent pas une nomenclature harmonisée des entreprises. L’Espagne envisage de mettre en œuvre certains instruments spécifiques pour soutenir la transmission d’entreprise; ces instruments ont été conçus sur la base de l’expérience acquise par le secteur public/privé et ils s’appuient sur les meilleures pratiques observées dans l’UE. Il est probable que certains travaux de recherche et d’étude seront nécessaires (enquêtes destinées à déterminer le nombre de transmissions d’entreprises, le potentiel futur, les exigences des cédants/repreneurs, la volonté de ceux-ci de recourir à des services en ligne, etc.). De même, une coopération étroite sera indispensable entre les pouvoirs publics, les chambres de commerce et les autres opérateurs concernés. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Javier ABADIA Haut conseil des chambres de commerce espagnoles ([email protected]) 76 Hongrie Au 31 décembre 2004, la Hongrie comptait 872 000 entreprises. Il n’existe pas de données relatives à l’âge des propriétaires, mais on sait que 77 000 chefs d’entreprises privées sur 456 000 (16,9 %) étaient des retraités, c’est-à-dire qu’ils étaient âgés de plus de 62 ans. Ces chiffres montrent qu’en Hongrie, les chefs d’entreprise restent propriétaires de leur société à un âge plus avancé que dans la moyenne des pays de l’UE. Une des raisons qui expliquent cette situation réside probablement dans le fait qu’avant le changement de régime en 1990, cette génération n’avait pas la possibilité de créer une entreprise et que les entreprises constituées depuis lors assurent aujourd’hui un bon niveau de vie à leurs propriétaires et à la famille de ceux-ci. Les chefs d’entreprise ont donc des raisons émotionnelles et financières de ne pas s’empresser de vendre des entreprises qui fonctionnent bien. Pour l’heure, le nombre d’entreprises saines qui sont proposées à la vente reste dès lors moins élevé que dans les autres États membres de l’UE. Aucune enquête statistique particulière n’a été effectuée pour déterminer le nombre de transmissions d’entreprises qui auront lieu dans les dix prochaines années mais, selon les estimations, ce nombre sera de à 5 000 à 10 000 par an. À l’heure actuelle, deux entreprises hongroises privées possèdent un site Internet qui traite des transmissions d’entreprises à une échelle relativement grande (plusieurs centaines de transactions par an). Les adresses de ces sites sont les suivantes: www.topceg.hu et www.cegalku.hu. Occasionnellement, ces transactions sont également facilitées par des sociétés de consultants d’entreprise et des cabinets d’avocats. Il n’existe ni base de données nationale uniforme, ni marché structuré. Les aides accordées en Hongrie bénéficient principalement aux projets qui visent à promouvoir le développement et l’investissement. Toutefois, s’il n’existe aucun soutien spécifique aux transmissions d’entreprises, les sociétés concernées peuvent choisir parmi un vaste éventail d’aides, et rien ne s’oppose au maintien de ces aides en cas de transmission si le nouveau propriétaire s’engage à honorer les obligations contractées par son prédécesseur. Comme le nombre de transmissions d’entreprises ira sans doute croissant au cours des années à venir, il sera important que les propriétaires d’entreprises saines puissent vendre leurs sociétés de manière simple et rapide et qu’ils puissent trouver facilement des repreneurs potentiels. C’est la raison pour laquelle la Hongrie souhaite mieux connaître les pratiques en vigueur dans les autres États membres de l’UE et qu’elle envisage la mise en place d’un marché transparent pour les transmissions d’entreprises. 77 Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. László MARÓTI Ministère de l’économie et des transports ([email protected]) 78 Pologne En Pologne, le nombre de créations d’entreprises est relativement élevé. La plupart des nouvelles entreprises sont créées dans des secteurs qui ne nécessitent pas d’investissements lourds (par exemple des commerces de détail, des restaurants, des hôtels, des services immobiliers ou des services d’enseignement) et qui sont caractérisés par de faibles frais d’entrée, une concurrence soutenue et un taux de faillite élevé. Les possibilités de développement de ces nouvelles entreprises sont donc limitées. Parmi les autres contraintes, il convient de citer la rareté des sources de financement, le niveau élevé des coûts administratifs et la faiblesse des infrastructures. En moyenne, une entreprise polonaise emploie 2,5 salariés37, et la majorité des sociétés sont des micro-entreprises, dont le nombre total de salariés est de 3 367 000. Il n’existe aucune donnée sur le nombre de transmissions d’entreprises qui ont lieu chaque année en Pologne. Le ministère de l’économie, qui est responsable du développement du secteur des PME, envisage d’effectuer une enquête à ce sujet en 2006. Mais, comme la plupart des entreprises polonaises ont été créées après 1989, date à laquelle la transformation politique et économique a commencé, la grande majorité des chefs d’entreprise ne sont pas encore arrivés à l’âge de la retraite (voir tableau). Tableau: Âge des chefs d’entreprise en Pologne 2000(1)* 2000(2)* 2001(1) 2001(2) 2002(1) 2002(2) 2003(1) 2003(2) 2004(1) 2004(2) 2005(1) Part des chefs d’entreprise en % moins de 40 ans de 40 à 60 ans plus de 60 ans 26,29 67,33 6,38 24,47 68,09 7,45 29,09 62,11 8,81 27,36 64,99 7,65 26,46 66,15 7,39 24,69 67,03 8,28 27,60 64,41 7,99 24,09 67,42 8,49 22,33 70,42 7,24 22,10 66,77 11,13 23,34 68,22 8,44 Source: ministère de l’économie. *Les formulaires d’enquête suivis d’un (1) ont été envoyés au premier semestre de l'année. 37 Aucune donnée n’est disponible pour 2004, mais on peut penser que ce nombre a légèrement augmenté. 79 Le nombre de transmissions d’entreprises en Pologne est estimé à environ 100 000 par an (chefs d’entreprise âgés de plus de 60 ans). Certaines entreprises seront transmises au sein de la famille, d’autres seront fermées. Une estimation sommaire permet d’établir à environ 50 000 par an le volume potentiel du marché des transmissions. En Pologne, il n’existe pas de marché uniforme des transmissions d’entreprises, organisé par un organisme public, mais on y trouve plusieurs marchés fragmentés. De nombreux intermédiaires rémunérés interviennent dans les transmissions, par exemple des conseillers juridiques, des notaires, des agences immobilières, des cabinets comptables et des sociétés de consultants. Certaines offres, et notamment celles qui concernent le marché immobilier, sont présentées sur des sites gérés par des administrations régionales ou locales, ou sur des sites d’organismes qui coopèrent avec les administrations régionales ou locales. Ces offres portant sur des biens publics et privés sont présentées comme le «potentiel d’investissement de la région» (par exemple www.wmarr.olsztyn.pl). Les organismes qui coopèrent avec les administrations régionales ou locales prennent contact avec les chefs d’entreprise qui souhaitent coopérer entre eux, mais apportent également leur assistance lors des transactions de vente. Des services similaires sont fournis par les chambres locales de l’industrie et du commerce. En outre, des offres de vente d’entreprises sont publiées sous forme d’annonces dans des journaux à diffusion nationale ou locale. Des annonces de cette nature peuvent également être trouvées sur des sites Internet bien connus, tels que www.kupsprzedaj.pl. Compte tenu de ce qui précède, la Pologne devra envisager la mise en place de certains instruments propres à faciliter la transmission d’entreprise. Il serait particulièrement utile de procéder à une enquête afin de déterminer le nombre de transmissions, leurs motifs, ainsi que la volonté éventuelle des chefs d’entreprise à recourir à une base de données (et, le cas échéant, à quelles conditions). Il apparaît que l’organisme le plus indiqué pour gérer une base de données centrale serait la Polska Agencja Rozwoju Przedsiębiorczości (PARP). Cette agence dépend du ministère de l’économie et est chargée notamment de mettre en œuvre les programmes officiels relatifs aux PME et d’organiser l’absorption des fonds structurels. Elle dispose d’un réseau de coopératives régionales et locales (le réseau national des services aux PME), qui pourrait jouer un rôle très utile dans la promotion de cette nouvelle mesure de soutien à la transmission des PME. Puisqu’il est moins coûteux de créer une entreprise que de reprendre une affaire existante (et que le marché des reprises est dès lors assez limité en Pologne), on peut penser que la mise en place de la base de données favoriserait aussi les injections de capitaux dans les entreprises existantes. L’appariement de partenaires commerciaux pourrait également s’en trouver facilité. La base de données pourrait donc jouer le même rôle que les 80 investisseurs informels (le réseau «Polish Business Angels» soutient l’investissement dans des secteurs innovants uniquement), les prises de participations dans des sociétés non cotées en Bourse ou les apports de capital-risque qui viennent au secours d’importants projets commerciaux. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Agnieszka WYRZYKOWSKA Ministère du Trésor ([email protected]) 81 Roumanie En raison de l’accroissement rapide du nombre de sociétés au cours de ces dernières années, la plupart des entreprises roumaines privées, et notamment des PME, sont encore assez jeunes. Tableau: Nombre de PME roumaines, par classe de taille Microentreprises Petites entreprises Entreprise s moyennes Total 2000 279 893 2001 280 448 2002 285 207 2003 313 485 2004 358 242 29 417 31 249 32 010 34 883 36 080 6 864 7 455 7 989 8 342 8 674 316 174 319 152 325 206 356 710 402 996 Source: rapport annuel sur le secteur des PME en Roumanie, NASMEC, 2005. Micro-entreprises: moins de 10 salariés; petites entreprises: de 10 à 49 salariés; entreprises moyennes: de 50 à 249 salariés. Toutefois, de nombreux propriétaires-directeurs ont atteint l’âge où il convient de réfléchir à la transmission de leur entreprise. Outre l’importance économique générale des transmissions, la préservation des activités traditionnelles, notamment au sein d’entreprises artisanales et de coopératives, pose également problème. Une étude récente, effectuée par l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises et des coopératives (NASMEC), qui portait sur la santé et les besoins des PME roumaines, a montré qu’environ 46 000 petites entreprises sur un total de 403 000 (c’està-dire plus de 11 %) appartenaient à des personnes ayant dépassé l’âge de 55 ans. Par ailleurs, dans le contexte actuel des changements structurels liés à l’intégration européenne, l’arrivée du propriétaire à l’âge de la retraite n’est pas la seule raison d’une transmission d’entreprise. L’organisation d’un soutien à la transmission d’entreprise en Roumanie n’en est qu’à ses débuts. Certaines dispositions ont été établies par la loi n° 346/2004 sur la promotion de la création et du développement de PME (qui tenait compte de la recommandation de la Commission européenne de 1994 sur la transmission d’entreprise comme une alternative réelle à la création d’entreprise). En vertu de cette loi, la NASMEC élaborera et mettra en œuvre un programme pluriannuel qui permettra de couvrir les frais liés aux redevances et taxes que perçoit l’Office national du registre du commerce lors de toute opération d’immatriculation et de modification. Les frais engendrés par les redevances administratives seront également couverts. L’objectif ultime du programme est de promouvoir le développement économique par la transmission d’entreprises possédant un potentiel de croissance et de transmettre à une nouvelle génération de chefs d’entreprise les pratiques traditionnelles et les idées des fondateurs. 82 À l’heure actuelle, il n’existe en Roumanie aucun marché structuré pour la transmission d’entreprise. L’année 2006 verra cependant la création d’un portail d’information, qui sera mis en place par la NASMEC (www.animmc.ro) avec l’aide du programme «Phare» de l’UE et dont le but sera de développer les instruments de l’administration en ligne et de créer une plateforme intégrée pour les PME. Dans le cadre des services proposés aux PME, la NASMEC compte créer une base de données destinée à faciliter la transmission d’entreprise au niveau national. Simultanément, un ensemble de mesures d’aide à des conditions de faveur, s’inspirant des meilleures pratiques observées dans certains pays européens, sera proposé. Dans ce contexte, la NASMEC a lancé un débat sur l’importance des transmissions d’entreprises par l’intermédiaire d’acteurs publics, d’ONG et d’organisations commerciales, et procédera à une enquête qui permettra de mesurer l’ampleur du processus. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Ileana MODREANU Agence nationale des PME et des coopératives ([email protected]) 83 Slovénie La promotion des petites et moyennes entreprises et de l’entrepreneuriat est récente en Slovénie. Après l’indépendance, la majeure partie des ressources publiques a été consacrée au sauvetage des grandes entreprises, tandis que le soutien à la promotion des PME et de l’entrepreneuriat a été changeant et hésitant au cours des années 1990. Cette situation a commencé à changer avec la mise en œuvre de la Charte européenne des petites entreprises (la Slovénie participant aux programmes européens de promotion des PME) et avec l’adoption de plusieurs lois nationales visant à améliorer l’environnement de l’entrepreneuriat. Le tableau ci-après montre qu’en Slovénie, la plupart des sociétés sont des micro-entreprises employant peu de salariés, voire aucun. Ces entreprises procurent du travail à quelque 27,1 % des salariés slovènes, tandis que les petites entreprises emploient 16,3 % et les entreprises de taille moyenne, 20,6 % de la main-d’œuvre. En 2006, près de 36 % des 606 811 salariés travaillaient dans de grandes entreprises. Tableau: Les entreprises slovènes par classe de taille 2002 53 154 2003 53 106 Micro-entreprises I (de 0 à 1 salarié) Micro-entreprises II (de 2 à 35 530 31 814 9 salariés) Petites entreprises (de 10 à 4 862 5 074 49 salariés) Entreprises moyennes (de 50 à 1 200 1 195 249 salariés) Grandes entreprises 324 316 (250 salariés ou plus) Total 92 070 91 505 Source: Office statistique de la République de Slovénie. 2004 58 347 28 968 4 898 1 179 305 93 697 La plupart des nouveaux chefs d’entreprise sont âgés de 25 à 34 ans. La majorité des entreprises stables appartiennent à des personnes qui font partie de tranches d’âge plus avancées (voir graphique). Dans la tranche d’âge allant de 25 à 34 ans, 3,75 % des résidents slovènes sont propriétaires ou copropriétaires actifs d’une entreprise stable; dans la tranche d’âge de 45 à 54 ans, leur part atteint 10,58 %. Un examen des variations de l’entrepreneuriat en Slovénie pendant l’année 2005 fait apparaître une évolution positive. Le pourcentage de personnes adultes qui veulent devenir chefs d’entreprise ou qui sont propriétaires d’une entreprise existant depuis moins de trois ans et demi a fortement augmenté. Après être tombée au niveau historiquement bas de 84 2,6 % en 2004, cette part est repassée à 4,4 % en 2005, ce qui représente un accroissement d’environ 20 000 personnes. La situation observée en Slovénie confirme que les petits opérateurs sont beaucoup plus intéressés par la création d’une entreprise nouvelle que par la reprise d’une affaire existante. Cette préférence s’explique principalement par le souci de ne pas hériter d’engagements contractés par l’ancien propriétaire. Part des adultes dans la tranche d’âge Graphique: Activité économique selon l’âge Activité l’âge économique selon 25 - 34 35 - 44 Tranche d’âge 45 - 54 12 10 8 6 4 2 0 18 - 24 Nouveaux et débutants 55 - 64 stable Pour l’heure, il n’existe en Slovénie aucun marché structuré pour les transmissions d’entreprises. Cette activité passe en partie par les chambres de commerce, des agences commerciales, des conseillers juridiques, des notaires, des sociétés de consultance, etc.. De même, aucune enquête n’a encore été effectuée sur l’âge des chefs d’entreprise, ni sur les intentions en matière de transmission ou de reprise. Toutefois, sur la base des informations existantes, nous croyons savoir que certaines PME se sont déjà trouvées confrontées au problème de la transmission. Le ministère de l’économie de la République de Slovénie est conscient de la nécessité d’améliorer l’environnement global des entreprises afin de renforcer les chances de réussite des transmissions. Aussi estime-t-il que la création de marchés pour la transmission d’entreprise en Slovénie doit faire d’urgence, c’est-à-dire avant la fin de cette année, l’objet d’un débat avec les organisations commerciales, les ONG qui soutiennent les PME, ainsi que l’ensemble des autres opérateurs intéressés. Il s’agira avant tout de mettre en place un partenariat pour la création du marché. 85 Nous sommes convaincus que les initiatives existantes de l’UE, qui visent au partage des meilleures pratiques en vue de favoriser un marché transparent pour la transmission d’entreprise, accéléreront la création d’un marché en Slovénie. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Vladimir RUDL Euro Info Centre Maribor ([email protected]) 86 Suède Comme c’est le cas dans d’autres pays européens, le secteur suédois des entreprises est caractérisé par une forte prédominance des PME. Le nombre total d’entreprises suédoises est de l’ordre de 600 000, dont quelque 99 % sont des PME, c’est-à-dire qu’elles emploient moins de 250 personnes. Environ 94 % des PME ont moins de dix salariés et les entreprises sans aucun salarié représentent 60 % du total. Bien que les grandes entreprises soient peu nombreuses, elles assurent une part importante de l’emploi du secteur privé. En Suède, les entreprises occupant 250 personnes ou plus représentent 40 % de l’emploi privé et le secteur des PME, 60 %. En octobre 2003, le gouvernement suédois a chargé l’Agence suédoise pour la croissance économique et régionale (NUTEK) d’effectuer une analyse approfondie des effets que l’on peut attendre des futurs changements de génération dans les entreprises. Le rapport, intitulé «Changements de génération dans les entreprises – une analyse du problème», a été présenté en février 2004. Selon ses auteurs, entre 45 000 et 50 000 entreprises courent un risque en cas de transmission. Il s’agit des entreprises: • • • dont le directeur possède au moins 50 %, qui occupent entre 2 et 49 personnes à temps plein (y compris le directeur), dont le directeur a plus de 50 ans. Au total, les «entreprises à risque» occupent environ 215 000 salariés à temps plein. Si l’on y ajoute les entreprises où une seule personne travaille à temps plein (dans la plupart des cas, le directeur), ce chiffre s’accroît de 65 000 unités. L’enquête effectuée auprès des «entreprises à risque» a révélé que 63 % de leurs directeurs avaient l’intention de prendre leur retraite en tant que chefs d’entreprise dans les cinq années suivantes. Un chef d’entreprise sur cinq a l’intention de liquider sa société au moment de partir à la retraite. Si l’on ajoute les chefs d’entreprise qui pensent avoir du mal à trouver un successeur, on constate qu’un tiers des «entreprises à risque» pourraient cesser leurs activités lors du départ du chef d’entreprise. Ces sociétés assurent l’emploi à temps plein d’environ 38 000 personnes. L’étude semble indiquer que les transmissions d’entreprises à venir ne sont pas très bien préparées. Elle montre notamment que 63 % des chefs des entreprises à risque n’ont pris aucune mesure pour faciliter une transmission de leur entreprise. La moitié seulement des chefs d’entreprise pensent savoir ce qu’il faut faire pour trouver un repreneur approprié. Le rapport de la NUTEK conclut que de nombreux chefs d’entreprise devront transmettre leur société dans un proche avenir et que la plupart 87 d’entre eux ne sont pas très bien préparés à cette opération. Cette situation risque d’avoir une incidence importante sur l’emploi et l’économie, et il importe de prendre des mesures propres à favoriser une issue favorable. À la suite de cette étude, ainsi que des recommandations issues du projet «Procédure BEST» sur la transmission d’entreprise, préconisant la prise de mesures propres à faciliter les transmissions d’entreprises, la NUTEK a lancé en janvier 2005 un programme dans ce domaine. Il s’agit d’une initiative prise conjointement avec ALMI Företagspartner (Partenaire d’entreprise), la Fédération des entreprises privées et la Confédération des entreprises suédoises. Le programme porte sur des aspects tels que l’information destinée à la sensibilisation, l’enseignement et la formation destinés aux entreprises et aux consultants, les conseils et les outils pour la préparation des transmissions d’entreprises, le besoin d’instruments financiers et les mesures facilitant le rapprochement des vendeurs et des acheteurs. Actuellement, il n’existe en Suède aucun marché structuré, ni aucune base de données nationale pour les transmissions d’entreprises qui bénéficierait d’un financement public. Toutefois, on y trouve un certain nombre de plateformes pour la transmission d’entreprise, telles que: • • • • des marchés sur Internet, gérés commercialement par des agences/courtiers, qui possèdent des bases de données contenant des profils anonymes de sociétés et proposant un moteur de recherche. En Suède, il existe deux marchés de cette nature opérant au niveau national; des marchés sur Internet, gérés par des consultants et semblables, pour le reste, aux plateformes décrites ci-dessus; des marchés généraux à couverture locale et régionale, portant sur toutes sortes de transactions, y compris la transmission de petites entreprises; des marchés gérés par des experts-comptables, des banques, des avocats et des consultants qui proposent leurs services en matière de transmission d’entreprise. La NUTEK a présenté deux autres publications sur la question des transmissions d’entreprises. La première s’intitule «Changements de propriétaire et de direction dans les entreprises – une analyse approfondie» et a été réalisée en coopération avec l’École internationale de commerce de Jönköping. Ce rapport contient les résultats d’une vaste étude régionale, effectuée auprès de 1 850 chefs d’entreprise et portant sur des aspects tels que le changement de génération et la transmission d’entreprise. La seconde publication s’intitule «Transmission d’entreprise – Que ferez-vous de votre entreprise quand vous aurez décidé de la quitter?» et décrit les diverses phases d’un processus de transmission. Cette publication est distribuée à tous les chefs d’entreprise du groupe cible. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Sigbritt LARSSON 88 Agence suédoise pour la croissance économique et régionale (NUTEK) ([email protected]) 89 Turquie En raison de leur nombre et de la part considérable de l’emploi qu’elles assurent, les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle important dans l’économie turque. Depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics mettent en œuvre un vaste éventail de programmes destinés à soutenir ces entreprises. À l’heure actuelle, il n’existe pas de données fiables sur la transmission d’entreprise. Pour définir une stratégie de développement des PME, il serait utile de collecter des informations sur les motifs des transmissions d’entreprises (évolution des marchés, nouveaux produits ou circuits de distribution, événements tels que décès, maladie, divorce ou décisions personnelles, changement de profession, retraite, etc.) et de les soumettre à une analyse approfondie. En 2004, la KOSGEB (Organisation pour le développement des petites et moyennes entreprises) a effectué une enquête sur la situation des PME turques, dans le cadre de laquelle certains indicateurs de la transmission d’entreprise ont été établis. Les informations collectées auprès d’environ 43 000 PME (c’est-à-dire quelque 20 % des PME turques) ont confirmé que 15 000 PME ont été transmises et que la plupart d’entre elles étaient des entreprises familiales. En Turquie, le départ à la retraite ne constitue pas le principal motif de la transmission d’une entreprise. D’autres raisons sont tout aussi importantes et doivent être prises en compte pour prévenir des fermetures inutiles dans le secteur des PME. La KOSGEB a établi un diagnostic de la situation actuelle en vue d’améliorer l’environnement juridique et fiscal, et a rédigé un rapport exhaustif couvrant la législation actuelle et proposant des mesures destinées à faciliter la transmission d’entreprise. Afin d’améliorer la législation fiscale et le régime fiscal des transmissions d’entreprises en prenant en compte l’ensemble des domaines clés visés dans la recommandation de la Commission de 1994, des groupes de travail ont été mis en place: ils sont chargés de réunir toutes les parties intéressées et de préparer l’amélioration de l’environnement juridique, fiscal et administratif dans le cadre d’une action coordonnée. En vue d’établir une base de données des formateurs et consultants spécialisés et de lancer des actions de sensibilisation, un programme de formation des formateurs, ciblant un groupe réduit de formateurs locaux, a été réalisé en 2004. En outre, dans le cadre de l’assistance technique internationale à court terme, axée sur leurs meilleures pratiques en matière de transmission d’entreprise, l’Italie et la Finlande ont assuré deux actions de formation au niveau local en décembre 2005 et janvier 2006. Des réunions de sensibilisation, des séminaires et des actions de formation sur la transmission d’entreprise seront organisés en 2006 pour permettre à la 90 KOSGEB de poursuivre son action de sensibilisation et d’apporter une assistance aux chefs d’entreprise en vue d’une éventuelle transmission. Dans le cadre du Fonds de coopération administrative II de l’UE, deux visites d’étude ont été organisées en Italie et en Allemagne afin de collecter des informations sur des outils d’auto-analyse des entreprises, et notamment des entreprises familiales (Italie, Studio Centro Veneto, août 2005) et sur les meilleures pratiques concernant un portail d’information, des marchés et un guichet unique pour les transmissions d’entreprises (Allemagne, ministère fédéral de l’économie, KfW, Chambre de commerce d’Erfurt, novembre 2005). En Turquie, il n’existe à l’heure actuelle aucun marché structuré, mais on observe certaines initiatives visant à mettre en place des bases de données d’acheteurs et de vendeurs potentiels et à créer un centre national pour la transmission d’entreprise. La mise en place de systèmes d’enregistrement d’entreprises en Turquie, conformément aux normes de l’UE, a été menée à bien par l’Institut statistique national. En 2006, un nouveau projet sur la démographie des entreprises, réalisé conjointement avec l’UE, sera lancé et les indicateurs de transmission des entreprises feront partie intégrante du système d’enregistrement. En outre, certains indicateurs de transmission des entreprises ont été introduits dans la base de données de la KOSGEB sur les PME. Il est prévu de créer à la KOSGEB une base de données nationale ouverte aux acheteurs et aux vendeurs potentiels. En 2005, la KOSGEB a élaboré à l’intention du Fonds de coopération financière de l’UE un projet de proposition portant sur la création du Centre national pour la transmission d’entreprise, chargé de fournir et de coordonner des informations, d’organiser un système de rapprochement des acheteurs et des vendeurs, de collecter des données sur la transmission d’entreprise et de stimuler la coopération avec l’UE par l’interconnexion des bases de données existantes de l’Union. Cette proposition a été examinée dans le cadre du programme annuel 2006 et fera l’objet d’une évaluation dans le programme de 2007. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: Mme Aynur ODAMAN KOSGEB (Organisation pour le développement des petites et moyennes entreprises) ([email protected]) 91 Royaume-Uni L’enquête britannique annuelle la plus récente sur les petites entreprises (Annual Small Business Survey – ASBS), qui portait sur les années 2004 et 2005, couvrait un échantillon de plus de 7 500 PME. Sur les 4,3 millions d’entreprises du secteur privé britannique (dont 3,1 millions sans salariés), 59 % ont des propriétaires-directeurs qui sont âgés de 46 ans ou plus et 12 % ont des propriétaires-directeurs âgés de 60 ans ou plus. 71 % des PME et 64 % des PME employant des salariés se considèrent comme des entreprises familiales. L’ASBS contient des informations sur la transmission d’entreprise qui permettent de faire les constatations suivantes: • • 25 % des propriétaires prévoient de vendre leur entreprise au moment de partir à la retraite, 6 % ont l’intention de fermer leur entreprise et 27 % envisagent un transfert au sein de la famille. Toutefois, 42 % n’étaient pas en mesure de dire ce qu’il adviendrait de leur entreprise après leur départ. L’intention de conserver l’entreprise à l’intérieur de la famille était particulièrement marquée dans les secteurs primaires (y compris l’agriculture), en Irlande du Nord et dans les entreprises dirigées par des personnes appartenant à des minorités ethniques. Dans 18 % des cas, la transmission ou la fermeture de l’entreprise était prévue dans les cinq années suivantes, mais 4 % des entreprises seulement possèdent un plan de transmission écrit et 78 % n’ont pas d’informations sur les processus de planification de la transmission. Les données publiées dans le cadre de l’ASBS laissent également à penser que la transmission de la moitié environ des entreprises britanniques se passe bien. Si l’on ne considère que les entreprises «viables», c’est-à-dire celles qui ne sont pas fermées pour de simples raisons financières, le taux est plus élevé (de l’ordre de 62 %). Mais cela signifie également que 38 % environ des entreprises viables ne réussissent pas leur processus de transmission et doivent être fermées. Au Royaume-Uni, ces questions sont envisagées dans une perspective stratégique qui s’appuie sur un rapport consacré à ce problème. Ce rapport, établi à l’initiative des pouvoirs publics, a été publié en novembre 200438. À l’heure actuelle, un groupe de pilotage, composé de représentants du secteur public et du secteur privé et soutenu par des organismes spécialisés et professionnels, travaille à l’élaboration d’un plan d’action détaillé. Des actions seront définies dans trois domaines clés: • 38 La sensibilisation: cette action s’adresse essentiellement aux intermédiaires des secteurs public et privé qui, à leur tour, devraient http://www.sbs.gov.uk/content/services/passingthebaton.pdf. 92 • • sensibiliser le secteur des PME. Il est particulièrement important d’établir un plan de transmission le plus tôt possible. La définition et la production d’une «boîte à outils» qui devra être utilisée de manière cohérente par un vaste groupe d’intermédiaires. Cette boîte à outils permettra d’effectuer un diagnostic en ligne, à l’intention tant de la PME que des intermédiaires, et un diagnostic plus complet à l’intention du conseiller d’entreprise, qui l’utilisera dans ses relations individuelles avec les PME. L’identification de problèmes structurels importants qui restreignent ou faussent le marché des transmissions d’entreprises. Il s’agira notamment de poursuivre les recherches sur les marchés d’achat et de vente d’entreprises au Royaume-Uni. Un rapport sera présenté à la mi-2006. Au Royaume-Uni, il n’existe aucun marché structuré pour les transmissions d’entreprises qui serait soutenu par des financements publics. On y trouve cependant un certain nombre d’agences de transmission d’entreprise qui, individuellement et collectivement, publient des offres de vente d’entreprises dans la presse nationale (par exemple dans la section «Entreprises» du Sunday Times) et dans des publications spécialisées (par exemple Daltons Weekly). Ces agences se spécialisent généralement dans le segment inférieur du marché des PME, où les transactions sont nombreuses, et notamment dans des secteurs tels que le commerce de détail. Certaines organisations professionnelles ou sectorielles proposent un service informel de rapprochement des vendeurs et des acheteurs potentiels. De grands et moyens cabinets comptables proposent également des services de vente par l’intermédiaire de leurs départements «Financement d’entreprises», mais s’intéressent principalement aux grandes PME représentant des valorisations importantes. Il existe d’ores et déjà un certain nombre de bases de données d’acheteurs et de vendeurs, mises en place par des organismes commerciaux. Les deux principales, Daltons et «businessesforsale.com», contiennent plus de 34 000 entreprises à vendre et constituent des sources d’opportunités commerciales relativement bien connues dans le segment des petites PME. Le site et le portail du gouvernement britannique, concernant tous les aspects du soutien aux PME, «www.businesslink.gov.uk», comporte une section importante intitulée «Acheter et vendre une entreprise». On y trouve des liens vers ces bases de données commerciales, de sorte que ce site permet d’orienter les utilisateurs vers des services payants. Au Royaume-Uni, aucun organisme ne s’impose naturellement pour héberger un service national unique, financé par les pouvoirs publics. Les chambres de commerce sont des organismes à but lucratif et les PME ne sont pas tenues de s’y affilier. En Angleterre (et il existe des réseaux similaires dans les autres parties du Royaume-Uni), le réseau «Business Links» est subventionné par les pouvoirs publics pour pouvoir assurer un vaste ensemble de services aux entreprises. Actuellement, sa mission principale consiste cependant à fournir le modèle «Information, diagnostic des besoins des PME et courtage» à un prestataire de services approprié. Les prestataires de services sont 93 généralement des entreprises privées et facturent leurs services ou conseils spécialisés aux PME. Sur la base de ce nouveau modèle «Information, diagnostic et courtage», il n’existe pas de prestataire de services national qui s’imposerait naturellement comme organisateur du marché des transmissions d’entreprises, en dehors du service d’orientation assuré par le portail www.businesslink.gov.uk. Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à: M. Phil MERCER Small Business Service ([email protected]) 94 ANNEXE II: MEMBRES DU GROUPE D’EXPERTS Belgique M. Jean-Pierre DI BARTOLOMEO M. Nicolas PIROTTE SOWALFIN – La Coupole des PME avenue Maurice Destenay, 13 B-4000 LIÈGE Tél.: 04/230 57 77 ou 04/230 56 79 Fax: 04/237 07 57 ou 04/230 56 78 E-mail: [email protected] E-mail: [email protected] M. Luc VAN LAERE UNIZO (Unie der Zelfstandige Ondernemers) Spastraat 8 B-1000 BRUSSEL Tél.: 02/23 805 15 Fax: 02/230 93 54 E-mail: [email protected] Bulgarie Mme Marga KOUTSAROVA Agence exécutive pour la promotion des petites et moyennes entreprises Pl. Sveta Nedelia 1 Sofia 1000 Tél.: 3592 9329268 Fax: 3592 9805869 E-mail: [email protected] République tchèque Mme Martina FUNKOVA Unité Coopération internationale Département Promotion des PME Ministère de l’industrie et du commerce de la République tchèque Na Frantisku 32 CZ/110 15 Prague 1 Tél.: +420 224 063024 Fax: +420 224 062 384 E-mail: [email protected] Allemagne M. Hans PRASSNY KfW Mittelstandsbank Unternehmeragentur Charlottenstrasse 33/33a D-10117 Berlin Tél.: +49 (30) 20264-5878 95 Fax: +49 (30) 20264-5897 E-mail: [email protected] Grèce Mme Athina PNEVMATIKATOU Secrétariat général à l’industrie Ministère du développement 119 Mesogeion Street Athènes, Grèce Tél.: +30 210 - 6974759 Fax: +30 210 - 6969720 E-mail: [email protected] M. Ioannis KOTTAKIS Spécialiste scientifique Secrétariat général à l’industrie Ministère du développement 119 Mesogeion Street Athènes, Grèce Tél.: +30 210 - 6974757 Fax: +30 210 - 6969720 E-mail: [email protected]@ypan.gr Espagne M. Javier ABADIA CAMERPYME Consejo Superior de Cámaras de Comercio, Industria y Navegación de España C/Ribera del Loira, 12 28042 Madrid Tél.: 00-34-91-5 90 69 76 Fax: 00-34 91-5 90 69 08/10 E-mail: [email protected] France Mme Magali CESANA Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie Bureau Financement et Développement des Entreprises Bâtiment Colbert Télédoc 262 139, rue de Bercy 75572 PARIS CEDEX 12 Tél.: 01 44 87 72 36 Fax: 01 53 18 36 08 E-mail: [email protected] Mme Isabelle AMAGLIO-TERISSE Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Responsable du Département Création, transmission , CFE 96 2 rue de Viarmes 75040 Paris Cédex 01 Tél.: +33 01 55 65 34 06 Fax: +33 01 55 65 39 79 E-mail: [email protected] Italie M. Carlo SPAGNOLI Unioncamere Union italienne des chambres de commerce Département international Piazza Sallustio, 21 I-00187 ROMA Tél.: +39 06 4704319 Fax: +39 06 4704222 E-mail: [email protected] Web: www.unioncamere.it M. Toni BRUNELLO StudioCentro Veneto Sas Via Imperiali 77 36100 Vicenza Tél.: + 39 0444 512 733 Fax: +39 0444 512 420 E-mail: [email protected] Luxembourg M. Gilles SCHOLTUS Ministère des Classes Moyennes, du Tourisme et du Logement 6, Avenue Émile Reuter L – 2937 Luxembourg Tél.: 00 352 478 4726 Fax: 00 352 478 4740 E-mail: [email protected] Hongrie M. László MARÓTI Ministère de l’économie et des transports Département de la stratégie et du soutien aux PME 1051 Budapest Honvéd u. 1315 Tél.: 0-36-1-374-2900 Fax: 0-36-1-374-2800 E-mail: [email protected] 97 Pays-Bas Mme Annemiek HAUTVAST Conseillère principale Ministère des affaires économiques Département Entrepreneuriat 30, Bezuidenhoutseweg P.O. Box 20101 2500 EC Den Haag Tél.: + 3170 379 6640 E-mail: [email protected] Autriche M. Peter VOITHOFER KMU Forschung Austria Gusshausstrasse 8 1040 WIEN Tél.: +43 1 5059761 Fax: +43 1 5034660 E-mail: [email protected] Pologne Mme Agnieszka WYRZYKOWSKA Chef d’unité, département Intégration européenne et relations extérieures Ministère du Trésor Krucza 36 00522 Warszawa Tél.: +48 22 695 83 58 Fax: +48 22 628 11 90 E-mail: [email protected] Roumanie Mme Ileana MODREANU Conseillère Agence nationale des PME et des coopératives Poterasi Street, N° 11 Sector 4, Bucharest Tél.: +4021 3361451 Fax: +4021 3361843 E-mail: [email protected] Slovénie M. Vladimir RUDL Chef d’unité Euro Info Centre Maribor Borova vas 7 2000 Maribor Tél.: (+386) 31-862997 Fax: (+386) 2 333 13 09 98 E-mail: [email protected] Finlande Mme Sirpa ALITALO Chef de développement Ministère du commerce et de l’industrie P.O. BOX 32 00023 Government Tél.: +358 9 1606 3680 E-mail: [email protected] Suède Mme Sigbritt LARSSON Agence suédoise pour la croissance économique et régionale (NUTEK) S-117 86 STOCKHOLM Tél.: +46 8 681 92 53 Fax: +46 8 744 40 45 E-mail: [email protected] Royaume-Uni M. Phil MERCER National Policy Director (East Mids & East) Policy and Challenge Directorate (P&CD) Small Business Service St Mary’s House 9-11 London Road Sheffield S2 4LA U.K. Tél.: +44 (0)7974 839035 E-mail: [email protected] Turquie Mme Aynur ODAMAN KOSGEB (Organisation pour le développement des petites et moyennes entreprises), Siège principal Necatibey Cad No: 49 06440 Ankara - TURQUIE Tél.: +90 312 232 54 25 (335) Fax: +90 312 230 44 30 E-mail: [email protected] Commission européenne M. Thomas JAEGERS DG Entreprises et industrie, E.1. B-1049 Bruxelles Tél.: +32 2 29 91587 Fax: +32 2 29 62947 E-mail: [email protected] 99