Myéloencéphalopathie à herpès virus 1_reluRESPE _3__PT
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NOTE D’INFORMATION LES MYELOENCEPHALOPATHIES A HERPES VIRUS 1 RETOUR SUR LES CAS DE L’EPIZOOTIE DU VAL D’OISE Note rédigée à la demande du RESPE par Stéphane PRONOST, Laboratoire Frank Duncombe Préambule La myéloencéphalopathie à HVE 1 (herpèsvirus 1) est la forme nerveuse de la maladie due à l’herpèsvirus équin 1 (HVE 1) anciennement nommé virus de la rhinopneumonie. Ce même virus est responsable d’avortements chez la jument (1ère cause virale d’avortement en France et dans le monde) lui valant le nom commun aujourd’hui de virus abortif. Ce virus est également responsable de formes respiratoires chez les jeunes chevaux mais l’herpèsvirus 4 est le plus souvent retrouvé lors des formes respiratoires (l’herpèsvirus 4 est communément appelé virus respiratoire). Mode de contamination et moyens de lutte Le mode de contamination de l’HVE 1 se fait par voie respiratoire et il a été démontré que la contamination entre chevaux pouvait être observée jusqu’à une distance supérieure à 5 mètres par des secrétions nasales contenant des particules virales. La meilleure façon de limiter le nombre de cas est l’isolement strict de l’animal malade. Mais parallèlement, il faut tenir compte du délai d’incubation (temps entre l’exposition au virus et l’apparition des signes cliniques varie de 1 à 14 jours) et donc surveiller et tester les chevaux qui ont été en contact avec le malade pour connaître le statut infecté/contaminant de ces chevaux et éviter la propagation du virus. Une gestion par lots, même avant les premiers résultats d’analyses, facilitera la sortie de crise. Le personnel doit également prendre des mesures pour éviter la dissémination par voie indirecte. Lors du travail journalier, s’occuper d’abord des chevaux sains et terminer par les chevaux porteurs du virus ; utiliser du matériel à usage unique (gants, blouse,…) pour les chevaux malades ou désinfecter le matériel ; mettre en place des pédiluves dans les zones infectées. ISOLEMENT STRICT : Le cheval présentant les signes cliniques ne doit pas avoir de contact avec d’autres chevaux. En l’absence de données scientifiques avérées sur la durée du vide sanitaire, si le cheval doit changer de box, il faut décontaminer son box avant l’introduction d’autres chevaux. Le personnel doit être informé du statut de l’animal par la mise en place de moyens de signalisation. SURVEILLER : Méthode simple et la moins coûteuse : La surveillance par prise de température toutes les 12 heures pendant deux semaines est recommandée après la déclaration d’un cas. Note d’information : Les myeloencéphalopathies à herpes virus 1 - Retour sur les cas de l’épizootie du Val d’Oise 1/5 En effet le pic de fièvre précède souvent les premiers signes cliniques (fièvre supérieur à 38,5°C puis signes d’ataxie, incontinence urinaire, atonie de la queue, position du « chien assis »). Ces pics d’hyperthermie ont été observés chez les animaux infectés lors de la crise d’encéphalomyélite survenue dans le Nord (France) lors de l’été 2009 pour 7/7 des chevaux atteints sur un effectif de 66 chevaux dans un centre équestre où 5 chevaux ont du être euthanasiés (Leblond et al. ; AVEF 2010). TESTER : Méthode la plus fiable qui permet de diminuer les risques : Les tests consistent en une recherche du virus sur écouvillon nasal et échantillon de sang total (tube EDTA). La recherche se fait par des méthodes de détection directe du virus : la PCR quantitative est la méthode qui fait consensus aujourd’hui (Lunn et al., 2009). Cette méthode permet d’évaluer la charge virale, de faire un suivi dans le temps et de caractériser la souche (neuropathogène ou non-neuropathogène). Cette méthode est la plus fiable car il existe des chevaux porteurs asymptomatiques qui constituent le plus grand danger pour la propagation du virus. Leur détection par cette méthode permet leur isolement. On ne connaît pas aujourd’hui les raisons qui font que des chevaux vont présenter les signes cliniques alors que d’autres n’en présenteront pas. Cette approche qui favorise également la gestion par lots a montré son efficacité lors d’un épisode survenu dans l’Orne en septembre 2009 qui avait concerné à l’origine deux chevaux atteints de myéloencéphopathie, suivi d’un passage respiratoire dans le haras (Pronost et al., AVEF 2010). La gestion par lots et les délais de libération des lots Il faut penser qu’une fois les lots constitués, certains chevaux peuvent se contaminer entre eux au sein d’un même lot (en effet un lot ne comprend pas uniquement les chevaux malades mais également les chevaux au contact ou suspects). La conséquence est une augmentation du délai de quarantaine. Si le délai est de l’ordre de 28 jours pour un cheval qui déclare les signes cliniques, il faut considérer qu’un cheval malade, et donc porteur du virus, peut contaminer d’autres chevaux jusqu’à 16 jours postinfection. Il faut donc : soit raisonner sur l’effectif global et considérer 21 jours après le dernier cas ayant présenté de l’hyperthermie dans le lot pour lever la quarantaine (solution la moins coûteuse). Les chevaux ayant présenté un signal PCR positif doivent néanmoins être contrôlés à nouveau (PCR sur écouvillon nasal et sang total). soit réaliser un contrôle par PCR quantitative au cas par cas pour diminuer le temps de quarantaine et gérer les chevaux entrant et sortant. Cette solution favorise une reprise plus rapide de l’activité économique. L’idéal est de montrer l’absence de virus par deux tests PCR réalisés à 2 à 4 jours d’intervalle sur écouvillon nasal et sang total. Note d’information : Les myeloencéphalopathies à herpes virus 1 - Retour sur les cas de l’épizootie du Val d’Oise 2/5 La prévention passe également par la détection et la déclaration précoce des cas de SRA (syndrome respiratoire aigu) et d’avortements. Les deux variants du virus : neuropathogène et non neuropathogène Si, lors des 10 dernières années deux formes du virus HVE 1 ont été décrites, la forme neuropathogène (appelée forme mutée) et la forme non-neuropathogène (appelée aussi forme sauvage) (la distinction repose sur un nucléotide différent du génome viral), les résultats des dernières études confirment que cette différence ne suffit pas à elle seule à expliquer le développement de la forme nerveuse de la maladie (Pronost et al. ; 2010). Quelle que soit la souche d’HVE 1 présente dans le haras ou le centre équestre, elle peut entraîner soit des avortements soit des myéloencéphalopathies soit des formes respiratoires. En revanche, le risque d’observer une myéloencéphalopathie est plus important en présence d’une souche neuropathogène. Les moyens de lutte à déployer en présence de l’une ou l’autre des deux formes de virus sont strictement identiques (voir ci-dessus). Possibilités de traitement Le traitement par les antiviraux reste expérimental, très coûteux et son efficacité n’a pas été clairement démontrée. Il consiste le plus souvent en un traitement symptomatique en vue d’assurer un confort pour l’animal atteint. Il est en particulier primordial d’éviter que l’animal se couche. (On estime à 80% le taux d’issue fatale lorsque le cheval est couché). La vaccination demeure un moyen de limiter la propagation de l’épidémie et d’assurer une protection contre HVE 1 même si celle-ci n’est pas de 100%. Il n’existe pas aujourd’hui de consensus sur le fait de vacciner les chevaux après l’apparition des premiers symptômes. La vaccination avec un protocole bien suivi (au niveau individuel et de l’effectif : tous les 6 mois) demeure néanmoins la meilleure protection avant l’apparition des cas. Y a-t-il une recrudescence des cas de myéloencéphalopathie ? L’USDA (le Ministère de l’Agriculture Américain) a classé cette maladie comme maladie ré-émergente en 2007 suite à une augmentation du nombre de foyers et à la description de quelques crises majeures. Une analyse fine de la littérature montre qu’en Europe, il n’y a pas « d’explosion » du nombre de foyers. Ceux-ci concernent souvent 1 voire 2 animaux. On peut néanmoins souligner l’apparition de trois foyers importants (Pays-Bas en 2001 ; Belgique en 2003 et Suisse en 2010). Le sous réseau syndromes nerveux du RESPE permet d’avoir une bonne image de la situation française depuis 2003. Note d’information : Les myeloencéphalopathies à herpes virus 1 - Retour sur les cas de l’épizootie du Val d’Oise 3/5 Trois foyers majeurs ont fait l’objet d’une attention particulière en France depuis 2009 : un dans le Nord : 7 chevaux atteints sur un effectif de 66 chevaux et 5 ont du être euthanasiés. Les mesures strictes d’isolement ont permis de juguler la crise et si le premier cas a été décelé le 14 juillet, le dernier cas a été observé 14 jours plus tard. dans l’Orne : deux chevaux ont présenté des signes neurologiques et l’un d’entre eux a été euthanasié après 24 heures, l’autre ayant récupéré après quelques semaines. Un passage respiratoire a concomitamment touché 24 chevaux et une gestion par lots avec des mesures d’hygiène strictes a permis d’éviter toute propagation du virus dans les autres lots d’une part et à l’extérieur du haras d’autre part. dans le Val d’Oise : le premier cas a été décrit le 14 décembre et à cette date (19 janvier), il semble que la crise ne soit pas totalement maîtrisée. Quatre sites différents (le site index et 3 autres sites) ont fait l’objet de surveillance et le virus a été détecté dans 3 sites sur 4. A ce jour on dénombre deux chevaux euthanasiés, une vingtaine de chevaux ayant présenté des symptômes neurologiques et plus de cinquante chevaux ayant présenté de l’hyperthermie. Sur les 10 dernières années ont peut donc considérer que deux crises majeures de myéloencéphalopathies ont été observées en France, l’une en 2009 ayant conduit à l’euthanasie de 5 chevaux et l’autre en 2010 qui sévit actuellement avec plus de 20 chevaux ayant présenté des signes neurologiques. Points à retenir L’herpèsvirus 1 (neuropathogène ou non neuropathogène) possède un fort pouvoir de contagiosité comme tout virus et présente la caractéristique d’être hébergé à l’état latent chez le cheval adulte – cela entraîne la possibilité de réactivation suite à un stress (transport, traitement, …) tout au long de la vie de l’animal. Les tests constituent une étape clé dans la gestion de la crise. La gestion par lots est essentielle pour maîtriser la « non dissémination » du virus. La gestion est facilitée par l’interaction entre les propriétaires, les vétérinaires, les laboratoires et le RESPE en cas d’épizootie. Note d’information : Les myeloencéphalopathies à herpes virus 1 - Retour sur les cas de l’épizootie du Val d’Oise 4/5 Pour en savoir plus : ALLEN G.P. Respiratory infections by Equine Herpesvirus Types 1 and 4. [Electronic Citation] (2002) http://www.ivis.org/special_books/Lekeux/allen/ivis.pdf LUNN D.P., DAVIS-POYNTER N., FLAMINIO M.J., HOROHOV D.W., OSTERRIEDER K., PUSTERLA N., TOWNSEND H.G. 2009 Equine herpesvirus-1 consensus statement. J. Vet. Intern. Med.,. 23, 450-461 PRONOST S., LEGRAND L., LEON A., MARCILLAUD-PITEL C., PITEL PH., FORTIER G. 2009 Rhinopneumonie : détection et préventions des formes nerveuses en élevage. Equ’idée, , 67:42-45 PRONOST S., LÉON A., LEGRAND L., FORTIER C., MISZCZAK F., FREYMUTH F., FORTIER G. 2010 Neuropathogenic and non-neuropathogenic variants of equine herpesvirus 1 in France. Vet. 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