Déclaration pour la translation de la Faculté de Droit de la ville de

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Déclaration pour la translation de la Faculté de Droit de la ville de
Déclaration pour la translation de la Faculté
de Droit de la ville de Nantes en celle de
Rennes,
Versailles, 1er octobre 1735,
Reg. P. de Rennes, 12 (Archiv.)
Transcription : Olivier Ménard.
Source
« Préambule
Louis, etc. La résidence que les anciens ducs de Bretagne faisoient ordinairement dans la ville
de nantes, avoit donné lieu d'y faire établissement d'une université ; mais comme depuis la
réunion de ce pays à notre couronne, les rois nos predecesseurs ont jugé à propos d'y ériger un
parlement pour le bien de la justice, et pour l'avantage des peuples de la même province, la
ville de rennes où le siège en a été fixé, s'est acrue considérablement par le grand nombre
d'habitants que cet établissement y a attirés; et c'est ce qui a donné lieu aux officiers dudit
parlent de nous représenter, que l'expérience et les changements qui sont arrivés dans la suite
des temps, ont fait connaitre que la ville de Rennes étant située presque dans le centre de la
Province, et les pères pouvant y envoyer plus facilement leurs enfants pour y faire leurs
études, l'université y seroit placée beaucoup plus convenablement que dans la ville de nantes
qui à l'une des extrémités de la même province, et si éloignée de l'autre, qu'elle ne peut lui etre
d'une grande utilité ; mais qui ce changement paraissoit susceptible d'une trop grande
difficulté, il seroit d'une extreme conséquence, pour pouvoir former avec plus de soin dans la
science des lois et des coutumes, les sujets qui sont destinés à rendre la justice au Parlement
de Bretagne, ou à servir le public dans la profession d'avocat, que sa Majesté voulût bien au
moins transférer à rennes la faculté de Droit qui est établie à Nantes ; que d'un côté, une ville
où la résidence du parlement rassemble en grande partie ce qu'il y a de plus éclairé dans la
province, pourrroit fournir plus aisément qu'aucune autre des professeurs et des maitres
capables de bien instruire la jeunesse ; que d'un autre côté, les officiers dont le parlement est
composé, et tous ceux que leur profession attache au service de la justice, seroient bien plus
en état de veiller par eux-memes, non seulement sur les études, mais sur la conduite et sur les
mœurs de leurs enfants, au lieu qu'à présent ils sont obligés de les éloigner d'eux pour les
envoyer étudier, et prendre des degrés dans la Faculté de Droit de Nantes, où se trouvant
livrés à eux-mêmes dans un âge peu avancé, ils ne font souvent que des études trèsimparfaites, et sont d'ailleurs exposés à toutes les occasions de dissipation et de dérèglement
qu'une ville aussi peuplée que celle de nantes, et où il aborde un si grand nombre d'étrangers,
peut leur présenter; qu'ainsi le moyen le plus propre à former de dignes sujets pour la science
et pour les mœurs, qui puissent nous servir utilement, soit dans notre Parlement de Bretagne,
soit dans les tribunaux inférieurs de la même province, seroit de faire en sorte qu'ils fussent
élevés dans l'étude de la jurisprudence sous les yeux de cette compagnie, ce qui contribueroit
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à rendre les études plus célèbres, et à exciter une plus grande émulation, , soit entre les
étudiants, soit entre ceux qui les instruisent ; qu'enfin la ville de nantes, dont les habitants
s'attachent beaucoup plus au commerce qui y fait tous les jours de nouveaux progrès, qu'à
l'étude souvent trop stérile des lois et de la jurisprudence, ne souffriroit presque aucun
préjudice, par la translation de la Faculté de Droit dans la ville de Rennes, et que ce préjudice
seroit d'ailleurs si peu sensible, qu'il ne mériteroit pas d'entrer en comparaison avec le grand
avantage que le public trouvera dans un changement si favorable. Toutes ces considérations
nous ayant paru également dignes de notre attention , nous avons jugé à propos d'y avoir
égard, et nous nous y portons d'autant plus volontiers, que les memes raisons de convenance
et d'utilité publique nous ont déjà engagé à établir une Faculté de droit dans la ville de Pau, où
notre parlement de Navarre est établi, et dans celle de Dijon, où notre parlement de
Bourgogne a sa séance. A ses causes, etc. ».
Fin
Source
Déclaration pour la translation de la Faculté de Droit de la ville de Nantes en celle de
Rennes, Versailles, 1er octobre 1735, Reg. P. de Rennes, 12 (Archiv.), Isambert, XXI, p. 403404, nº 481.
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