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E´tude transversale de la pratique de l`anesthésie en
Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 http://france.elsevier.com/direct/ANNFAR/ Article original Étude transversale de la pratique de l’anesthésie en Catalogne, Espagne Cross-sectional survey of anaesthetic practices in Catalonia, Spain S. Sabaté a,*, J. Canet b, C. Gomar c, J. Castillo d, A. Villalonga e pour les investigateurs ANESCAT1 a Département d’anesthésie, Fundació Puigvert (IUNA), C/Cartagena 340, 08025 Barcelone, Espagne b Département d’anesthésie, Hospital Universitari Germans Trias i Pujol, Badalone, Espagne c Département d’anesthésie, Hospital Clinic, Barcelone, Espagne d Département d’anesthésie, Hospital Mar-Esperança, Barcelone, Espagne e Département d’anesthésie, Hospital Universitari de Girona Dr Josep Trueta, Gérone, Espagne Reçu le 27 janvier 2008 ; accepté le 4 mars 2008 Disponible sur Internet le 21 mai 2008 Résumé Objectif. – Le but de cette étude était de décrire la pratique anesthésique en Catalogne, Espagne, en 2003. Type d’étude. – Une enquête transversale a été menée de façon prospective sur 14 jours choisis au hasard au cours de l’année 2003. Méthodes. – Un questionnaire pour chaque intervention anesthésique fournissait les informations sur les caractéristiques du patient, la technique, ainsi que l’intervention pour laquelle l’anesthésie était nécessaire. Les résultats ont été extrapolés à la population et exprimés sous forme de taux d’intervention annuel pour 100 habitants. Résultats. – Chacun des 131 centres identifiés (55,7 % privés, 44,3 % publiques) a participé. À partir des 23 136 questionnaires complétés et collectés lors de l’expertise, il a été estimé que 603 189 interventions anesthésiques furent réalisées. Le taux annuel d’anesthésie réalisée était de neuf pour 100 habitants. Les femmes représentaient 58 % de la population. L’âge moyen des patients était de 52 ans et 39,3 % des interventions ont été réalisées pour à des patients de plus de 60 ans. Le pourcentage de patients de classe 3 ou plus sur l’échelle American Society of Anesthetists (ASA) était de 26,7 %. La pratique anesthésique a été divisée entre les interventions associées à de la chirurgie (78,4 %), à l’obstétrique (11,3 %) et les autres non chirurgicales (10,4 %). Les patients ambulatoires ont été estimés à 34,3 % et les patients en urgence à 20,3 %. L’anesthésie régionale à été la plus fréquente (41,4 %), avec une utilisation largement répandue du bloc spinal en tant que technique d’anesthésie régionale. Le nombre d’anesthésistes pour 100 000 habitants a été estimé à 12,5. Conclusion. – Les femmes, les patients âgés, ainsi que les personnes avec un état physique nettement altéré représentent une population ayant un très fort besoin d’information en ce qui concerne les interventions obstétricales, orthopédiques et ophtalmologiques. Ces besoins doivent être pris en compte dans l’organisation des services et dans la formation du personnel. # 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Abstract Objective. – The aim of this is study was to describe the epidemiology of anaesthesia practice in Catalonia, Spain, in 2003. Study design. – A prospective, cross-sectional survey was carried out on 14 randomly chosen days in 2003. Methods. – A questionnaire on each anaesthetic procedure provided information about patient characteristics, technique, and the intervention for which anaesthesia was needed. The results were extrapolated to the population and expressed as annual rates of anaesthetic procedures per 100 inhabitants were calculated. * Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (S. Sabaté). 1 Voir liste à l’annexe A. 0750-7658/$ – see front matter # 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. doi:10.1016/j.annfar.2008.03.010 372 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 Results. – All 131 identified centres (55.7% private, 44.3% public) participated. Based on the 23,136 completed questionnaires collected in the survey, it was estimated that 603,189 procedures were performed. The annual rate of anaesthesia was nine per 100 inhabitants. Women represented 58% of the population. The median age was 52 years and 39.3% of procedures were performed in patients over the age of 60 years. The percentage of patients with an American Society of Anesthesiologists class 3 rating or more was 26.7%. Anaesthesia practice was divided into that associated with surgery (78.4%), obstetrics (11.3%), and other non-surgical procedures (10.4%). Outpatients accounted for 34.3% and emergency patients for 20.3%. Regional anaesthesia was most common (41.4%), with spinal block being the most widely used regional technique. There were an estimated 12.5 anaesthesiologists per 100 000 inhabitants. Conclusion. – Females, older patients, or those with poor physical status make high demands on resources, as do procedures in obstetrics, orthopaedics and ophthalmology. These needs must be planned for in the organization of services and training. # 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés. Mots clés : Activité anesthésique ; Économie ; Anesthésie régionale ; Épidémiologie ; Politiques médicales Keywords: Anaesthetic activity; Economics; Regional anaesthesia; Anaesthetic health survey; Anaesthesia professional practice; Epidemiology; Medical politics 1. Introduction 2. Patients et méthodes Les interventions chirurgicales et diagnostiques sont influencées par les progrès technologiques et pharmacologiques, ainsi que par des facteurs sociaux, et les services anesthésiques ont dû s’adapter en conséquence. Pourtant, seules deux enquêtes nationales, en France [1] et en Italie [2], ont été conduites à ce jour pour décrire les caractéristiques de l’activité anesthésique et son impact sur la population générale. Ces études ont recueilli des informations exhaustives sur la charge de travail au niveau national et fourni ainsi des données permettant de guider les modifications organisationnelles et la planification des ressources humaines. D’après les résultats, la carence en anesthésistes pourrait s’aggraver : par exemple, l’étude exhaustive conduite en France a démontré qu’entre 1980 et 1996, l’activité anesthésique a augmenté de 120 % [1]. Bien que les données concernant les activités non chirurgicales telles que les interventions obstétricales et diagnostiques ne soient pas disponibles pour l’Espagne, particulièrement en dehors du système de santé publique [3], on peut supposer que l’activité anesthésique est sousestimée. Les connaissances scientifiques et les pratiques cliniques en anesthésiologie doivent être quasi-similaires d’un pays développé à un autre, mais nous avons émis l’hypothèse de l’existence de différences quantitatives et qualitatives notables entre les pays dues à des facteurs sociaux, culturels et politiques. Nous avons donc entrepris une enquête sur l’activité anesthésique en Catalogne (une région autonome d’Espagne peuplée de 6 704 146 habitants) afin d’analyser les interventions sur un échantillon représentatif de jours dans l’ensemble des hôpitaux publics et privés pendant l’année 2003. L’enquête avait pour but de définir les caractéristiques des patients, les techniques anesthésiques et le type d’intervention motivant l’anesthésie. Un rapport exhaustif des résultats de cette enquête a récemment été publié dans le supplément d’une revue médicale générale [4]. Le présent article synthétise les résultats de l’étude à plus grande échelle, en s’intéressant particulièrement à ses composantes essentielles telles que les conditions de l’anesthésie pour la chirurgie et l’obstétrique et de l’anesthésie pour les interventions non chirurgicales et diagnostiques. 2.1. Plan de l’étude L’étude a consisté en une enquête transversale prospective conduite en 2003 sous le nom d’ANESCAT 2003. Cette enquête a été menée par la Société catalane d’anesthésiologie, réanimation et traitement de la douleur (Societat Catalana d’Anestesiologia, Reanimació i Terapèutica del Dolor, SCARTD), qui a apporté son soutien méthodologique et logistique. Le plan a été approuvé par le Collège officiel des médecins de Barcelone (Collegi Oficial de Metges de Barcelona, COMB) après garantie que les données des patients soient totalement anonymes. Le projet a été cofinancé par le service de santé catalan et la SCARTD. 2.2. Organisation de l’enquête Un comité directeur constitué d’anesthésistes, d’épidémiologistes et de statisticiens a conçu et organisé l’enquête [4]. Au cours de l’année précédant le recueil des données, plusieurs mesures ont été instaurées et sont les suivants : les centres publics et privés officiellement autorisés à pratiquer la chirurgie en Catalogne ont été identifiés et invités à participer (Annexe A) ; plus de 200 lettres ont été envoyées aux directeurs médicaux et administratifs des centres, aux directeurs des services d’anesthésiologie et à tous les anesthésistes en activité ; le projet a été présenté dans plusieurs hôpitaux et lors de réunions scientifiques ; un attaché de recherche a été recruté et formé ; une enquête pilote a été conduite sur un jour afin d’optimiser le questionnaire et l’organisation. Dix hôpitaux ont participé à l’étude pilote ; un lien a été créé sur le site web officiel de la SCARTD pour tenir tous les anesthésistes informés des progrès de l’enquête ; chaque service d’anesthésiologie a désigné un anesthésiste comme coordinateur de centre pour surveiller l’étude dans ce centre (Annexe A) ; avant le début de l’enquête, en décembre 2002, le comité directeur a adressé à chaque coordinateur des informations S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 écrites, les protocoles et un nombre suffisant de questionnaires de déclaration ; une semaine avant chaque jour d’enquête désigné aléatoirement, les coordinateurs ont été avertis de leur tâche de recueil des données par courrier électronique et par téléphone. À la fin d’un jour de recueil des données, chaque coordinateur devait recueillir tous les questionnaires remplis par tous les anesthésistes de son centre, vérifier les données manquantes ou incomplètes et adresser tous les questionnaires sous enveloppe préaffranchie au bureau de la SCARTD. Un attaché de recherche a reçu et archivé les questionnaires et, s’ils n’avaient pas été reçus au bureau de la SCARTD 15 jours après le jour d’enquête, il/elle a appelé l’anesthésiste coordinateur pour les réclamer. Le comité directeur a établi un processus de révision de tous les questionnaires pour une nouvelle vérification des données manquantes, incomplètes ou incohérentes. La base de données a été close en juin 2004 et les questionnaires originaux ont ensuite été détruits. À la fin de l’étude, nous avons adressé un questionnaire à chaque anesthésiste et à chaque chef de service d’anesthésiologie pour déterminer le nombre d’anesthésistes dans chaque centre (recensement des anesthésistes), leurs périodes de travail dans les différents domaines d’anesthésie et leurs informations personnelles. 2.3. Taille d’échantillon Pour obtenir un échantillon représentatif, incluant un nombre suffisant de cas appartenant à tous les groupes d’âge, aux deux sexes et à toutes les classes physiques American Society of Anesthesiologists (ASA), en acceptant une exactitude de 5 % et sans connaı̂tre la prévalence de l’anesthésie, il a été estimé que la taille de l’échantillon devait être égale ou supérieure à 12 288 cas. D’après les données du recensement officiel de 2001, nous avons fait l’hypothèse d’une population de 6 343 110 habitants [3]. En utilisant le nombre de 350 000 interventions chirurgicales pratiquées en Catalogne en 2001 et enregistrées officiellement, nous avons prévu de recueillir les informations sur toutes les interventions anesthésiques pratiquées pendant 12,8 jours sur une année. Afin d’équilibrer les différences entre les jours de la semaine, nous avons décidé de recueillir les informations sur 14 jours randomisés en 2003, représentant deux cycles d’une semaine (deux lundis, deux mardis, etc.). Tous les centres ont recueilli les données pour toute la période de 24 heures des mêmes jours désignés (entre 8h00 du matin le jour planifié et 7h59 le lendemain matin). 2.4. Questionnaire et paramètres d’intérêt Nous avons conçu un questionnaire comportant des informations sur les caractéristiques des patients : âge, sexe, classe ASA, modalité du bilan préanesthésique, durée de l’anesthésie et du séjour en salle de réveil postinterventionnelle, type d’anesthésie (générale, régionale, sédation ou anesthésie 373 combinée générale et régionale), type spécifique d’anesthésie régionale et générale, horaire du début de l’anesthésie, admission en unité de soins intensifs postopératoires, technique d’analgésie postopératoire et enfin interventions chirurgicales spécifiques et leurs caractéristiques (programmées ou en urgence, avec hospitalisation ou en ambulatoire). L’indication de l’anesthésie a été classée en intervention chirurgicale, obstétricale ou diagnostique non chirurgicale. L’Annexe B présente une traduction du questionnaire. Le questionnaire comportait aussi un guide supplémentaire pour enregistrer les informations concernant chaque item (non présenté). Le questionnaire a été rempli pour chaque intervention anesthésique qui a été pratiquée par un anesthésiste dans une salle d’opération ou dans un autre site spécifiquement conçu pour l’anesthésie. Les interventions pratiquées sous anesthésie locale par des chirurgiens ou tout autre professionnel sans la présence d’un anesthésiste n’ont pas été incluses dans l’enquête. L’anesthésie pédiatrique a été analysée pour chaque spécialité. 2.5. Analyse des données Les données ont été introduites dans une base de données de MS Access (Microsoft 2002, Redmond, WA, États-Unis) et analysées au moyen du kit logiciel SPSS 11.5 (SPSS Inc, Chicago, IL, États-Unis). Pour estimer le nombre d’interventions anesthésiques pratiquées annuellement, nous avons multiplié le nombre d’interventions enregistré dans l’enquête par 365 et avons divisé le résultat par 14. Pour calculer le nombre d’interventions anesthésiques annuelles pour 100 habitants, nous avons divisé le nombre d’interventions en 2003 par la population catalane pour cette année et multiplié le résultat par 100. La Catalogne avait une population de 6 704 146 habitants officiellement enregistrés en 2003 [3] (3 309 850 hommes et 3 394 296 femmes). Les résultats sont exprimés selon les cas en pourcentages, moyennes, médianes, intervalle entre les dixième et le quatre-vingt dixième percentiles pour les médianes et intervalles de confiance à 95 % (IC) pour les moyennes. Les résultats sont présentés globalement et distinctement pour la chirurgie, l’obstétrique et les interventions non-chirurgicales et diagnostiques. 3. Résultats Les coordinateurs de centre ont recueilli les données de la totalité des 131 centres identifiés comme autorisés à administrer des anesthésiques en 2003 (Annexe A). Soixante-treize (55,7 %) étaient des centres privés et 58 (44,3 %) appartenaient au système de santé publique. Au total, 23 136 questionnaires ont été recueillis, soit presque le double du nombre minimal prévu. Les questionnaires à données manquantes ont représenté moins de 5 %. Pour cette raison, nous avons considéré que les questionnaires comportant des items pour lesquels les données manquaient auraient un profil identique à ceux dont les données étaient complètes, et nous avons donc appliqué la moyenne de l’échantillon pour tout item manquant. Nous avons estimé que 374 Échantillon Orthopédie Ophtalmologie Général-digestive Gynécologie Urologie ORL Vasculaire Plastique Maxillofaciale Neurochirurgie Cardiaque Thoracique Autres Total Obstétrique Interventions diagnostiques et non chirurgicales Total a b Estimation annuelle Total des anesthésies (%) Anesthésies en chirurgie (%) Taux annuel pour 100 habitants Âgea ASA 3 (%) Ambulatoire (%) Urgence (%) Type d’anesthésieb (%) G R S C 47,2 43 57,4 0 87,3 61,8 44,9 23,9 55,6 52 63,2 63,9 50 23,4 39,9 30,1 15,2 37,7 13,3 40,9 14,7 14,2 47,8 97 65,3 46,9 20,1 83,7 15,5 31,2 15 21,9 27,2 22,6 48,7 6,8 1,0 9,4 76 21 1,1 20,9 10,2 6,8 3,2 10,3 2,5 6,8 20,3 14,3 7,2 11,4 17,4 5,7 52,5 61,8 24,4 87,5 15,4 63,1 54,0 76,5 91,7 74,2 12,3 72,5 38,7 34,2 20,0 49,8 0,4 53,9 14,0 0,9 5,3 5,0 0,9 6,5 2,6 15,2 0,3 2,1 1,6 0,6 0,4 0,6 29,2 5,1 54,7 6,8 15,6 10,6 11,8 28,5 21,3 44,5 17,8 8,3 8,8 58,5 4318 3669 3445 1762 1337 1086 773 697 339 265 205 171 70 112 576 95 656 89 816 45 938 34 858 28 314 20 153 18 172 8838 6909 5345 4458 1823 18,7 15,9 14,9 7,6 5,8 4,7 3,3 3,0 1,5 1,1 0,9 0,7 0,3 23,8 20,2 18,9 9,7 7,4 5,9 4,3 3,8 1,9 1,5 1,1 0,9 0,4 1,7 1,4 1,3 0,7 0,5 0,4 0,3 0,3 0,1 0,1 0,1 0,1 0,03 55 73 53 43 61 30 57 40 25 51 69 55 51 18 137 472 856 78,40 100,0 7,1 52 (21–78) 47,1 29,6 33,6 12,1 35,4 40,2 20,1 4,3 2603 2396 67 864 62 469 11,25 10,35 – – 1,0 0,9 31 (24–37) 55 (22,5–77) 0 49,7 2,5 32,4 4,6 74,6 90,8 6,7 10,4 44,7 85,7 1,5 3,4 53,7 0,5 0,1 23 136 603 189 – 9,0 52 (21–78) 42 26,7 34,3 20,3 33,5 41,4 21,6 3,5 100 (23–78) (48–83) (20–76) (27–70) (5–79) (3–61) (35–77) (19–68) (6,4–65) (22–75) (46,2–77) (22,4–73) (10,6–72,4) Hommes (%) Médianes (10e–90e percentiles) ; ASA : American Society of Anesthesiologists physical status classification ; ORL : oto-rhino-laringologie. Type d’anesthésie : G : générale ; R : régionale ; S : sédation et C : combinée (générale + régionale). 16,4 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 Tableau 1 Distribution des spécialités chirurgicales nécessitant une anesthésie en Catalogne en 2003 en fonction de l’âge, du sexe, de la classification ASA, du type d’intervention (ambulatoire, urgente) et du type d’anesthésie S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 375 Fig. 1. Distribution du nombre estimé d’interventions anesthésiques (colonnes) et des taux annuels (courbes), par âge et par sexe. 603 189 interventions anesthésiques ont été pratiquées en Catalogne pendant l’année 2003 (IC à 95 % : 578 470 – 627 908). En se basant sur la population totale en 2003, un taux annuel de 9 interventions anesthésiques pour 100 habitants (IC à 95 % : 8,6–9,4) a été calculé. Le Tableau 1 résume la distribution par âge, sexe, classification ASA, type d’intervention (ambulatoire, urgence) et type d’anesthésie selon les spécialités pour les 603 189 interventions anesthésiques estimées. La Fig. 1 présente la distribution des interventions anesthésiques estimées et la prévalence annuelle de l’anesthésie par âge et par sexe (10,3 pour 100 chez les femmes et 7,7 pour 100 chez les hommes). Ce taux a varié entre 1,8 % chez les jeunes filles âgées de dix à 14 ans à 22 % chez les hommes âgés de 75–79 ans. En dessous de l’âge de 15 ans, les interventions anesthésiques ont été plus fréquentes chez les garçons que chez les filles, mais au-dessus de cet âge, les femmes ont été plus fréquemment anesthésiées dans tous les groupes d’âge, sauf entre 55 et 59 ans. L’âge a varié de huit jours à 103 ans. L’âge médian était de 52 ans (21–78) (55 ans [14–78] chez les hommes et 48 ans [25–78] chez les femmes). Les patients âgés de moins de 14 ans ont subi 6,3 % de toutes les interventions anesthésiques, alors que les patients âgés de plus de 60 ans ont subi 39,3 % des interventions. Le pourcentage de cas affecté à une classe ASA supérieure ou égale à 3 a été de 26,7 % (161 152 cas estimés). Le pourcentage de cas ASA supérieur ou égal à 3 a été de 32,4 % chez les hommes (82 095 cas estimés) et de 22,7 % chez les femmes (79 057 cas estimés). La Fig. 2 présente la distribution de chaque classe ASA par groupe d’âge. Le pourcentage de cas ASA 1 a diminué chez les patients âgés de plus de 40 ans, alors que les cas ASA 3 ont augmenté chez les sujets âgés (plus de 70 ans). Chez les enfants âgés de moins d’un an, 40 % des cas ont été considérés de classe ASA 3 et 4. Fig. 2. Pourcentage de distribution des cas en fonction de la classe physique de l’American Society of Anesthetists, par groupes d’âge. 376 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 La majorité des interventions, 84,3 % de toutes les anesthésies, ont été pratiquées en salle d’opération, 79,7 % des cas étaient des interventions programmées et 20,3 % des interventions urgentes. La plupart des interventions (71,2 %) ont débuté entre 8h00 du matin et 16h00 de l’après-midi. Le vendredi a été le jour de la semaine où le nombre des interventions pratiquées a été le plus faible. Les patients ambulatoires ont subi 34,3 % des interventions anesthésiques. La technique anesthésique la plus fréquente a été l’anesthésie régionale (41,4 %), suivie de l’anesthésie générale (33,5 %) et de la sédation (21,6 %). Au sein de l’anesthésie régionale, le bloc rachidien a été la technique la plus utilisée (46,7 % de tous les blocs régionaux), suivie des blocs périduraux (22,9 %) et ophtalmiques (14,9 %). L’anesthésie combinée (générale plus régionale) a représenté 3,5 % de toutes les interventions ; la combinaison la plus fréquente a associé un bloc péridural et une anesthésie générale (40,5 %). Au sein de l’anesthésie générale, l’anesthésie équilibrée a été la plus utilisée (69,6 %), suivie des techniques intraveineuses totales (20,2 %) et par inhalation (10,2 %). La durée médiane de l’anesthésie a été de 60 minutes [20–170 min]. Les interventions programmées ont été plus brèves (55 min [20–150 min]) que les cas urgents (90 min [21–171 min]). La durée médiane du séjour en salle de réveil postanesthésique a été de 67 minutes (5–140 min). Le pourcentage de patients admis en unité de soins intensifs postopératoires a été de 7,7 % (un nombre annuel estimé de 44 686 patients). Des techniques d’analgésie postopératoire spécialisées (analgésie contrôlée par le patient intraveineuse ou péridurale par opiacés ou anesthésiques locaux) ont été proposées à 7,6 % des patients (nombre annuel estimé de 30 321 patients). L’activité anesthésique globale s’est distribuée comme suit : 78,4 % pour les interventions chirurgicales, 11,25 % pour l’obstétrique et 10,35 % pour les interventions diagnostiques et non chirurgicales (Tableau 1). 3.1. Caractéristiques de l’anesthésie pour chirurgie L’âge médian des patients était de 52 ans (21–78) et la distribution des spécialités chirurgicales par âge est présentée dans le Tableau 2. L’état physique était ASA 1 chez 37,9 % des patients, ASA 2 chez 32,5 %, ASA 3 chez 23,9 %, et ASA 4 ou supérieur chez 5,7 %. La durée médiane de l’anesthésie a été de 60 minutes (25–165). Le Tableau 1 expose la distribution des spécialités chirurgicales et leurs principales caractéristiques. Les interventions ambulatoires ont représenté 33,6 % du total. Les hôpitaux publics ont pratiqué 74,4 % de toutes les anesthésies pour chirurgie et 81,2 % de toutes les interventions en urgence. La chirurgie ophtalmologique et la chirurgie plastique ont correspondu à la plupart des interventions nécessitant une anesthésie dans les hôpitaux privés. Les interventions urgentes ont représenté 11,5 % des cas, 51 % d’entre elles différées (opérées plus de 8 heures après l’indication de la chirurgie). Le Tableau 3 présente les 15 interventions les plus fréquentes et leurs caractéristiques. L’intervention la plus fréquente a été l’exérèse de cataracte, suivie de l’herniorraphie inguinale. Les zones chirurgicales nécessitant le plus souvent des techniques d’analgésie postopératoire spécialisée ont été la chirurgie thoracique (33,6 % de toutes les interventions de ce type), la chirurgie cardiaque (26,0 %) et l’orthopédie (11,5 %). Le pourcentage de patients chirurgicaux admis postopératoirement en unité de soins intensifs a été de 9,2 %. Les spécialités chirurgicales nécessitant le plus souvent des soins intensifs postopératoires ont été la chirurgie cardiaque (90,2 % de tous les cas), la chirurgie thoracique (45,6 %) et la neurochirurgie (44,3 %). 3.2. Caractéristiques de l’anesthésie pour l’obstétrique Les interventions obstétricales ont été pratiquées dans 71 hôpitaux (54 % des hôpitaux soumis à l’enquête) ; 44 d’entre Tableau 2 Pourcentage de distribution des spécialités chirurgicales par groupes d’âge (en gras, le pourcentage maximal dans chaque groupe d’âge) <1 Orthopédie Ophtalmologie Général & digestive Obstétrique Gynécologie Urologie ORL Vasculaire Plastique Maxillofaciale Neurochirurgie Cardiaque Thoracique Interventions diagnostiques et non chirurgicales Autres a 1–9 4,8 7,5 27,2 8,9 7,8 13,8 0,7 8,2 2,7 2,0 0,7 2,7 3,4 4,8 0,4 18,3 30,6 0,3 2,6 4,7 1,1 0,9 0,4 9,8 0,5 35,4 100 100 ORL : oto-rhino-laringologie. a Hémato-oncologie, clinique de la douleur et dons d’organe. 90 10–19 20–29 30–39 40–49 50–59 60–69 70–79 80–89 28,8 2,6 19,8 8,7 3,6 6,7 10,0 0,5 5,4 6,7 1,0 0,1 0,8 4,7 0,6 17,3 2,2 10,8 37,2 7,9 2,3 4,8 1,2 5,3 3,6 1,1 0,1 0,6 5,4 0,2 13,8 2,4 10,4 39,9 13,0 1,7 3,9 2,0 3,8 1,1 0,9 0,1 0,5 6,3 0,2 21,7 4,9 19,0 3,6 15,0 3,4 5,7 5,3 4,9 1,1 1,6 0,5 0,7 12,3 0,3 22,9 10,4 18,7 0,1 9,3 5,4 4,5 5,8 3,4 0,9 1,8 1,0 1,2 14,3 0,4 21,4 20,4 18,9 18,0 37,6 13,8 18,1 46,0 11,9 35,3 32,0 9,2 5,7 8,2 2,0 4,8 1,4 0,5 1,2 1,4 1,0 12,6 0,4 3,7 7,8 1,2 3,5 1,1 0,4 0,7 2,1 0,8 9,2 0,2 1,8 7,0 0,4 3,3 0,9 0,4 0,9 0,4 0,3 8,5 0,1 2,0 3,3 100 100 100 100 100 100 100 100 3,3 2,0 0,7 12,4 0,0 100 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 377 Tableau 3 Caractéristiques des 15 premières interventions nécessitant les services d’un anesthésiste Exérèse de cataracte Analgésie du travail Herniorraphie inguinale Coloscopie Chirurgie de peau et sous-cutanée Césarienne Orthopédique – membre inférieur Orthopédique – membre supérieur Arthroscopie – genou Chirurgie proctologique Chirurgie de varice Traumatologique – membre supérieur Endoscopies digestives hautes Dilatation et curetage utérin Amygdalectomie avec ou sans adénoı̈dectomie a b Estimation annuelle % 76 963 40 802 25 315 24 768 19 189 18 015 15 878 12 332 12 071 11 863 11 706 11 524 11 341 10 324 9751 12,8 6,8 4,2 4,1 3,2 3,0 2,6 2,0 2,0 2,0 1,9 1,9 1,9 1,7 1,6 Âgea 74 (58–83) 30 (23–37) 56 (7–77) 58 (35–77) 40 (16–73) 31 (25–38) 54 (22–74) 49 (22–70) 45 (24,2 - 67,8) 43 (25 – 69) 52 (33–69) 42 (11–72) 52 (28–75) 32 (21–45) 5 (2–29,8) Hommes (%) ASA 3 (%) Duréea 40,5 0 79,1 50,7 43,4 0 32 52,8 60,6 54,7 27,9 61,8 48,8 0 56,3 42,4 1,3 21,4 24,5 19,1 4,6 16,6 13,2 10,5 14,7 10,6 15,7 21,2 7,6 3,8 40 (20–65) 165 (55–365) 60 (35–100) 25 (15–40) 55 (25–172) 70 (45–299) 65 (34,2–120) 65 (27–150) 60 (35–105) 35 (20-66,8) 60 (35–105) 89 (30–180) 17 (10–40) 20 (6–40) 45 (18–80) Type d’anesthésieb (%) G R S 1,8 0,9 22,4 43 37,4 2,9 12,9 20,9 5,4 18,5 6 31,4 28,9 57,6 97,2 39,8 98,7 66,6 58,4 0,1 3,5 57 31,4 28,6 96,1 78,7 64,9 91,6 73,7 62,8 52,3 7,6 6,1 7,5 1,3 7,3 31,2 5,2 71,1 33,3 2,2 C 0,3 7,5 2,3 1 2,3 6,7 1,7 0,4 11,1 1,5 0,6 Médianes (10e–90e percentiles). Type d’anesthésie : G : générale ; R : régionale ; S : sédation ; C : combinée (générale + régionale). eux étaient des hôpitaux publics et 27 des centres privés. L’anesthésie obstétricale a représenté 11,25 % de la pratique anesthésique totale, correspondant à un nombre estimé de 67 864 interventions anesthésiques par an. La majorité d’entre elles ont été considérées comme des interventions urgentes (90,8 %). Parmi elles, 87,7 % ont été associées au travail et à la naissance. Les anesthésistes ont assisté à un pourcentage estimé de 82 % des 71 851 naissances en Catalogne. Les césariennes ont représenté 25,1 % des naissances, un taux qui a augmenté avec l’âge. Le travail et la césarienne ont été respectivement le second et le sixième motif le plus fréquent d’anesthésie (Tableau 3). L’âge médian des patientes obstétricales était de 31 ans et la plupart d’entre elles (plus de 80 %) appartenaient à la classe ASA 1. Une anesthésie régionale pour travail et césarienne a été administrée dans respectivement, 98,7 et 96,2 % des cas (Tableau 3). Une anesthésie péridurale a été administrée dans 96,9 % des naissances par voie basse. Lors des césariennes programmées et urgentes, un bloc médullaire a été administré dans respectivement, 75,5 et 44,8 % des cas, alors qu’une anesthésie péridurale a été utilisée dans respectivement, 23,3 et 53,3 %. La durée médiane de l’analgésie a été de 161 minutes (extrêmes : 55–350 min) pour le travail et de 70 minutes (extrêmes : 45–298 min) pour les césariennes. Seulement 3,8 % des césariennes ont nécessité une admission en unité de soins intensifs postopératoires. 3.3. Caractéristiques de l’anesthésie pour les interventions diagnostiques et non chirurgicales Les patients subissant des interventions diagnostiques et non chirurgicales avaient un âge médian de 55 ans (22,5–77), identique à celui des patients chirurgicaux ; 49,7 % étaient des hommes et 50,3 % des femmes ; 67,4 % étaient de classe ASA 1 ou 2 ; l’endoscopie digestive a représenté 70,4 % de toutes les interventions non chirurgicales, l’électroconvulsivothérapie 11,7 %, la radiologie 11,5 % et la cardioversion électrique 1,5 %. L’anesthésie a été pratiquée hors d’une salle d’opération dans 73,7 % des cas et les interventions ambulatoires ont représenté 74,6 % des cas, soit deux fois le taux d’anesthésie pour les patients chirurgicaux ambulatoires. La durée médiane de l’anesthésie a été de 25 minutes (extrêmes : 10–60 min). La majorité des interventions étaient programmées (93,3 %) et ont été pratiquées chez des patients ambulatoires sous sédation ou sous anesthésie générale. Les examens endoscopiques des voies digestives les plus souvent pratiqués ont été la coloscopie et la gastroscopie, qui font partie des 15 interventions les plus fréquemment effectuées sous anesthésie (Tableau 3). Un peu plus de la moitié des interventions ont eu lieu dans des hôpitaux du système de santé publique (51,6 %). 3.4. Ressources humaines Au total, 765 anesthésistes en activité et 120 internes en anesthésiologie ont répondu au questionnaire. Les données des internes ne sont pas incluses dans ce rapport. Nous avons estimé que les données manquaient pour 85 anesthésistes. Le nombre des anesthésistes en Catalogne a été estimé à 850 en 2003. L’âge médian était de 45 ans (34–57) ; 47,1 % étaient des femmes et 52,8 % des hommes. Les hommes étaient plus âgés (46 ans [35–60]) que les femmes 44 ans (34–55). Les anesthésistes âgés de 40 à 55 ans représentaient 58,7 % de la population. Les anesthésistes travaillaient en moyenne 46 heures par semaine, 65,7 % faisaient des gardes et 33,9 % exerçaient dans plusieurs centres. Un anesthésiste travaillait en garde 4,1 jours par mois (durée médiane). Soixante-dix-sept pour cent du temps des anesthésistes était consacré à l’administration de l’anesthésie et le reste aux soins des patients en salle de réveil postopératoire, en unité de soins intensifs ou en clinique de la douleur. Nous avons estimé que chaque anesthésiste pratiquait 378 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 en moyenne 710 interventions anesthésiques par an. À cela viennent s’ajouter l’activité en unité de soins intensifs ou en clinique de la douleur, ou l’activité d’enseignement et de recherche ou les taches administratives, mais ces activités n’ont pas été prises en compte dans cet article. 4. Discussion Les enquêtes sur l’activité anesthésique sont rares dans la littérature. Elles sont difficiles à conduire en raison de l’absence de données officielles sur les interventions anesthésiques et de la logistique complexe de recueil d’informations suffisamment représentatives. L’enquête ANESCAT est la première étude menée en Espagne qui décrit l’activité globale d’une spécialité médicale, en termes de caractéristiques démographiques des patients et d’aspects organisationnels. La structure de la spécialité d’anesthésiologie en Catalogne, une région autonome d’Espagne de 6,7 millions d’habitants, ainsi que la cohésion et les relations existantes entre les anesthésistes catalans, ont rendu possible le recueil d’informations exhaustives et fiables sur notre spécialité dans un hôpital et dans tous les centres publics et privés pratiquant des anesthésies, avec une perte minime de données. La méthodologie de l’enquête française [1] et les excellentes informations qu’elle a fournies ont inspiré le plan de notre enquête et nous ont démontré la faisabilité de l’enquête. Nous considérons que nous avons amélioré cette méthodologie en incluant 100 % des centres identifiés comme éligibles pour le recueil des données. En outre, tous les centres ont enregistré les informations les mêmes jours d’enquête désignés aléatoirement, spécifiquement sur 14 jours qui représentaient tous les jours de la semaine et tenaient compte des facteurs saisonniers significatifs tels que les périodes de vacances. De plus, nous avons pris en compte la population réelle pour l’année 2003, alors que l’enquête française avait utilisé le chiffre de l’année précédente. L’enquête italienne [2] a été limitée à un certain nombre de centres. Les enquêtes allemande et britannique ont de plus été limitées à la pratique de l’anesthésie régionale [5–8]. Le plan de l’étude ANESCAT a également accordé un rôle fondamental à l’anesthésiste coordinateur qui s’est assuré que le pourcentage de données manquantes était inférieur à 5 %. Le nombre de questionnaires renvoyés a aussi été supérieur aux prévisions, c’est-à-dire presque le double de la taille d’échantillon prévue jugée nécessaire. La fiabilité des données recueillies est donc importante pour les anesthésistes mais également très intéressante pour les épidémiologistes étudiant les spécialités chirurgicales et impliqués dans la planification des services de santé. Bien que la pratique anesthésique puisse légèrement varier selon les pays, nous considérons que les informations essentielles recueillies lors de l’enquête ANESCAT pourraient également s’appliquer à d’autres régions européennes et être comparées avec intérêt aux précédents rapports français et italien. À l’heure actuelle, l’anesthésie est une intervention médicale de prévalence élevée, à savoir neuf interventions pour 100 habitants lors de notre étude. Le pourcentage de patients âgés de plus de 60 ans a presque atteint 40 %, et plus d’un quart des patients avaient un état physique médiocre. Les enquêtes conduites en France [1] et en Italie [2] ont identifié des prévalences respectives de 13,5 (1996) et 8,5 (1999) pour 100 habitants. Dix ans après ces études, nous avons mis en évidence un taux annuel largement plus faible qu’en France, une différence qui peut s’expliquer par trois facteurs méthodologiques : l’enquête française a utilisé les données de recensement concernant l’année précédente (1995) et la population était plus importante lors de l’année réelle de recueil des données (alors que l’étude ANESCAT a utilisé les chiffres de population de la même année que l’enquête (2003) ; l’anesthésie pour travail suivi d’une césarienne a été décomptée comme deux interventions distinctes en France (alors que l’étude ANESCAT a considéré qu’il s’agissait d’une seule intervention anesthésique) ; les anesthésies pour interventions non chirurgicales, en particulier les endoscopies digestives, sont beaucoup plus fréquentes en France, représentant jusqu’à près de deux millions d’actes par an. Les statistiques descriptives tirées de l’enquête catalane sont similaires à celles des précédentes enquêtes européennes, en termes de distribution d’âge, sauf pour le pourcentage d’interventions anesthésiques pratiquées chez les patients âgés de moins de 14 ans [1,2]. En Catalogne, le chiffre a été de 6,3 %, soit la moitié des taux observés en France et en Italie, peut-être en raison du taux beaucoup plus faible d’opérations oto-rhinolaryngologiques (ORL) en Catalogne. Par ailleurs, le pourcentage de patients âgés de plus de 60 ans a été de 6 à 8 % en Catalogne, c’est-à-dire plus élevé qu’en France et en Italie en raison du vieillissement progressif de la population dans notre région. La charge de travail anesthésique pour l’analgésie obstétricale a été la plus importante rapportée à ce jour ; ce facteur ainsi que le pourcentage élevé de césariennes, supérieur à 25 %, expliquent que le pourcentage de femmes anesthésiées (58 %) a été légèrement plus élevé en Catalogne qu’en France (55 %) ou en Italie (54 %). Le pourcentage supérieur de femmes anesthésiées peut également s’expliquer par le fait que les femmes sont prédominantes dans les tranches d’âge élevé de la population. Nous avons également observé un pourcentage supérieur de patients à haut risque anesthésique par rapport aux précédentes enquêtes [1,2]. Deux explications sont possibles. L’une est que le vieillissement de la population peut être responsable d’une augmentation de la classe ASA. L’autre explication est le temps écoulé entre les deux enquêtes (1996 pour l’enquête française, 1999 pour l’enquête italienne). Les patients de classe ASA supérieure ou égale à 3 ont représenté 12 % des cas en 1996 en France, 21 % en 1999 en Italie et 26 % en 2003 en Catalogne. L’anesthésie régionale a été le type d’anesthésie le plus souvent utilisé en Catalogne en 2003, avec la fréquence la plus élevée (41,4 %) jamais rapportée à ce jour dans la littérature et supérieure à la fréquence de l’anesthésie générale (33,5 %). En France [9], ce pourcentage a été de 23 % (1996), aux États-Unis [10] de 30,3 % (2000), en Italie [2] de 24 %, en Allemagne, S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 Suisse et Autriche [5] de respectivement, 23, 48 et 23 %. Un bloc médullaire a été la technique le plus souvent employée (46,6 %) et un bloc péridural la plus fréquemment utilisée en obstétrique. Ces données ont été similaires à celles de l’enquête britannique, où le bloc médullaire a représenté 45,8 % des interventions anesthésiques [8]. Ces informations devraient aboutir à une révision des programmes de formation anesthésiologique afin de développer spécifiquement les capacités et les compétences nécessaires à la pratique des blocs régionaux et également influer sur les programmes de formation continue des anesthésistes. La large utilisation actuelle de l’anesthésie régionale devrait aussi susciter une réflexion organisationnelle sur la structure physique des services de chirurgie, afin de fournir le contexte physique et les ressources humaines appropriées à la pratique des blocs régionaux. Une telle réorganisation pourrait, à son tour, optimiser l’utilisation des salles d’opération. Comme dans l’enquête française [1], la spécialité qui a été associée à la charge de travail la plus lourde a été l’orthopédie (26 % en France et 23,8 % en Catalogne). Le poids de l’ophtalmologie en Catalogne (20,2 %) a été plus important qu’en France (8 %) ou en Italie (7 %) et le nombre de cas ORL anesthésiés a été plus élevé en France (12 %) et en Italie (10,3 %) qu’en Catalogne (5,9 %). L’obstétrique a représenté une part importante de la charge de travail anesthésique, à savoir 11,3 %, et un fort pourcentage d’anesthésistes assurent l’anesthésie lors de ces opérations en Catalogne (82 %). Ces interventions ont été pratiquées, par les anesthésistes, dans 51 % (1996) en France [11], 53 % en Suisse [12] et 33 % aux États-Unis [13,14]. En outre, le taux de bloc péridural pour analgésie au cours du travail a été supérieur à 96 % en Catalogne, alors qu’il était de 37,2 % en France [15], compris entre 35 et 61 % pour les États-Unis [13,14], ou de 19,7 % au Royaume-Uni [16] ; en bref, le taux catalan est le plus élevé jamais publié. Pour la césarienne, notre pourcentage d’anesthésie régionale a été de 96 %, c’est-à-dire supérieur à celui observé en France (72–82 %) [5], en Italie (26 %) [2], ou aux États-Unis (78–88 %) [17] ; il a cependant été similaire au pourcentage enregistré au Royaume-Uni (94,9 %) [18]. Un peu plus de 10 % des interventions anesthésiques ont concerné des interventions diagnostiques et non chirurgicales. Ce chiffre a été très intéressant car ces interventions constituent une activité qui n’apparaı̂t pas dans notre contexte. En France, l’anesthésie pour interventions diagnostiques et non chirurgicales a représenté 20 % de toute l’activité anesthésique [1], soit le double du pourcentage observé en Catalogne, et le taux français pourrait représenter un scénario d’avenir possible pour la Catalogne et l’Espagne. Les exigences des patients en termes de confort au cours des interventions augmentant, une anesthésie sera plus souvent nécessaire et le taux catalan se rapprochera du taux français. En fait, la demande en anesthésie pour les interventions diagnostiques et non chirurgicales est en voie d’augmentation dans les autres pays européens [19,20]. Ainsi, nous prévoyons que notre charge de travail dans ce domaine d’activité ira croissante au cours des prochaines années, comme cela a été le cas en France entre 1980 et 1996 [21]. 379 Sept ans avant notre étude, l’anesthésie ambulatoire en France représentait 27 % de la charge de travail [1]. En Catalogne pour 2003, la proportion a été de 34 %, suggérant une tendance à l’augmentation au cours du temps. Bien que la chirurgie ambulatoire se soit considérablement développée au cours des dernières années, aux États-Unis, cette tendance n’a pas réduit la proportion d’opérations pratiquées en milieu hospitalier [22]. La carence en anesthésistes est un problème mondial. L’insuffisance des ressources humaines en anesthésiologie est difficile à évaluer et à comparer entre les pays car l’organisation des services d’anesthésiologie varie beaucoup plus que la pratique clinique de l’anesthésie elle-même. En Espagne, les infirmières anesthésistes n’existent pas et les internes ne sont pas autorisés à pratiquer une anesthésie sans une étroite supervision. Les ressources humaines disponibles en Catalogne en 2003 — 850 anesthésistes diplômés — ont correspondu à une densité de 12,6 anesthésistes pour 100 000 habitants. Cette densité a été identique à la moyenne européenne en 1989 [23], mais inférieure à celle de la France en 1999 [24]. Chaque anesthésiste a travaillé environ 46 heures par semaine, pratiquant 710 interventions anesthésiques par an et assurant aussi une garde hebdomadaire de 24 heures. Le pourcentage de femmes anesthésistes en Catalogne, 47,1 %, est supérieur à ceux rapportés ailleurs [23–25]. Une féminisation de la médecine est observée et, dans certains contextes, les femmes semblent assurer moins d’heures de travail par semaine [26]. Cependant, l’hypothèse selon laquelle la féminisation de l’anesthésiologie en Espagne pourrait réduire le nombre de personnes-heures de travail disponibles par semaine n’a pas été étayée par nos résultats car nous avons observé que les femmes travaillaient le même nombre d’heures que les hommes. 5. Conclusion Une étude de ces caractéristiques nous fournit des informations sur le type de patients que nous traitons et les interventions que nous assurons, ce qui nous offre la possibilité d’utiliser les résultats pour guider la planification organisationnelle et la formation. Les données les plus importantes sont la prévalence de l’activité anesthésique dans la population (9 %), l’âge des patients (âge médian : 52 ans), et la prédominance des femmes parmi les patients (58 %). Les taux élevés d’anesthésie pour l’orthopédie, la traumatologie et l’ophtalmologie expliquent l’âge médian plus élevé des patients dans ces spécialités, car ces opérations sont plus fréquemment nécessaires dans une population âgée. Le vieillissement de la population peut également expliquer la proportion supérieure de patients à risque par comparaison aux précédentes études européennes [1,2] (ASA supérieure ou égale à 3, 26 % en Catalogne). Les autres observations importantes ont été le recours fréquent à l’anesthésie régionale dans notre région d’Espagne et la demande croissante en anesthésie dans des contextes tels que l’obstétrique et pour des interventions pratiquées hors d’une salle d’opération. Bien que la charge de travail anesthésique en Catalogne diffère par certains aspects de la charge de travail dans d’autres pays, nous pensons que les 380 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 différences sont associées à des facteurs sociaux, culturels et politiques. Des études multicentriques européennes supplémentaires de ces facteurs permettront de mieux préciser les raisons des différences concernant les soins anesthésiques entre les pays [27]. Remerciements Nous remercions tous les anesthésistes qui ont rempli le questionnaire. L’étude a été cofinancée par le service de santé publique catalan et la Société catalane d’anesthésiologie, de réanimation et de traitement de la douleur (Societat Catalana d’Anestesiologia, Reanimació i Terapèutica del Dolor, SCARTD). Les organismes de financement de l’étude n’ont pas été impliqués dans la production de ce manuscrit ou la décision de le soumettre pour publication. Annexe A. ANESCAT 2003 hôpitaux et leurs coordonnateurs Ville de Barcelone PUBLIC: HOSPITAL GENERAL VALL D’HEBRON: J. Roigé, M. de Nadal; HOSPITAL MATERNOINFANTIL VALL D’HEBRON : L. Miranda, C. Hervàs; HOSPITAL PERE VIRGILI (Parc Sanitari Pere Virgili): P. Cabré, M. Raich; HOSPITAL DE TRAUMATOLOGIA I REHAB.VALL D’HEBRON: J. Medel; CLÍNICA PLATÓ, FUNDACIÓ PRIVADA: JA. Meza, J. Guitart; FUNDACIÓ PUIGVERT, I.U.N.A.: A. Arnal, P. Baxarias; HOSPITAL CLÍNIC I PROVINCIAL: C. Gomar, A Alcón; HOSPITAL DE L’ESPERANÇA-MAR: J. Castillo, F. Escolano; HOSPITAL DE LA SANTA CREU I SANT PAU: JM. Campos, F. Vilanova; HOSPITAL DOS DE MAIG (Creu Roja de Barcelona): J. Masdeu, JM. Moncho; HOSPITAL SANT RAFAEL: A. Monso; J. Riudeubas. PRIVE: CENTRE CARDIOVASCULAR SANT JORDI,S.A: P. Ortells, J. Balust; CENTRE D’O.R.L. SANT EUSEBI ; CENTRE D’OFTALMOLOGIA BARRAQUER: I. Zabal; CENTRE DE DIAGNOSI MEDICA: J. Masdeu; CENTRE DIAGNOSTIC PEDRALBES: V. de Sanctus; CENTRE MÈDIC DELFOS, S.A. : M. Pacheco; CENTRE MÈDIC ST.JORDI DE ST.ANDREU, S.A.: C. Lázaro; CENTRE MÈDIC TEKNON, S.L. : L. Aliaga, C. Solé; CENTRE OFTALMOLOGIA BONAFONTE, S.L.: J. Abelardo, J. Alegrı́a; CENTRE QUIRÚRGIC BONA-VILA: JM. Bausili; CENTRES CREU BLANCA: MA. Gil, J Masdeu; CIMA: I. Rosell, E. Cedó; CLÍNICA BONANOVA DE CIRURGIA OCULAR: M. Murillo; CLÍNICA CARMELITANA: JA. Castellanos; CLÍNICA CIRUGÍA PLAST. Y ESTET. DR.PLANAS: J. Fàbregas, C. Codina; CLÍNICA CLARÓS S.C.P.; CLÍNICA CORACHÁN, S.A.: P. Gregori, L. Baró; CLÍNICA D’ARA-AGRUPACIÓ TUTOR MÈDICA: RM. Giró, D. Pérez; CLÍNICA FUNDACIÓ – FIATC: C. Colls, P. Bueno; CLÍNICA INFANTIL STAUROS: MM. Mabrok; CLÍNICA NOSTRA SENYORA DEL PILAR: D. Blanco, C. Barutell; CLÍNICA NOSTRA SENYORA DEL REMEI: W. Espinosa; CLÍNICA NUESTRA SEÑORA DE LOURDES: J. Ferré; CLÍNICA QUIRÓN: A. Garcı́a Muret, JL. Garcı́a; CLÍNICA SAGRADA FAMILIA: L. Call, J. Llaveria; CLÍNICA SANT HONORAT: J. Pedrós; CLÍNICA SANT JOSEPH: F. Rey; CLÍNICA TRES TORRES: J. Balust, G. Martı́nez; GINEMEDEX, S.A.: A. Castrillo; HOSPITAL DE BARCELONA: J. Fornaguera; HOSPITAL DE NENS DE BARCELONA: J. Munner; HOSPITAL EVANGÈLIC: J. Lynch, V. Murga; HOSPITAL FREMAP BARCELONA: O. Bosch; HOSPITAL SAGRAT COR - L’ ALIANÇA: M. Mateo, V. de Sanctı́s; INSTITUT BOSTON OFTALMOLOGIA SL: M. Murillo; INSTITUT DE MICROCIRURGIA OCULAR S.A: M. Gibert, J. Mestre; INSTITUTO OFTALMOLÓGICO DE BARCELONA: M. Velauré, I. Rosell; INSTITUT UNIVERSITARI DEXEUS: R. Borrás, J. Mailán; MIDAT MÚTUA: C. Morros, MD. Pérez; MUTUAL CYCLOPS: A. elMezil, J. Mestre; OFTALMOPLUS, SL: L. Capell; POLICLÍNICA BARCELONA: C. Macı́as; POLICLÍNICA LONDRES: F. Oferil; T.C.B., S.L.: E. Santacana, A. Castrillo. BARCELONA: O. Bosch; HOSPITAL SAGRAT COR - L’ ALIANÇA: M. Mateo, V. de Sanctı́s; INSTITUT BOSTON OFTALMOLOGIA SL: M. Murillo; INSTITUT DE MICROCIRURGIA OCULAR S.A: M. Gibert, J. Mestre; INSTITUTO OFTALMOLÓGICO DE BARCELONA: M. Velauré, I. Rosell; INSTITUT UNIVERSITARI DEXEUS: R. Borrás, J. Mailán; MIDAT MÚTUA: C. Morros, MD. Pérez; MUTUAL CYCLOPS: A. el-Mezil, J. Mestre; OFTALMOPLUS, SL: L. Capell; POLICLÍNICA BARCELONA: C. Macı́as; POLICLÍNICA LONDRES: F. Oferil; T.C.B., S.L.: E. Santacana, A. Castrillo. Province de Barcelone PUBLIC: HOSPITAL UNIVERSITARI GERMANS TRIAS I PUJOL (Badalona): M. Lucas; HOSPITAL UNIVERSITARI DE BELLVITGE (Hospitalet de Llobregat): V. Mayoral, G. Garcı́a; HOSPITAL DE VILADECANS: MJ. Linares, M. Ribera; HOSPITAL MUNICIPAL DE BADALONA: MD. Sintes, M. Pijoan; INSTITUT GUTTMAN (Badalona): F. Oferil; HOSPITAL DE SANT BERNABÉ (Berga): JM. Canudas, A. Vidal; HOSPITAL DE SANT JAUME (CALELLA): E. Manubens; HOSPITAL DE SANT JOAN DE DÉU (Esplugues de Llobregat): A. Garcés, JJ. Lázaro; HOSPITAL GENERAL DE GRANOLLERS : M. Vila, N. Isach ; CONSORCI SANITARI CREU ROJA CATALUNYA (Hospitalet de Llobregat) : L. Buisan ; FUNDACIÓ SANITARIA D́IGUALADA: JM. Bausili; J. Genı́s; ALTHAIA Xarxa Assistencial de Manresa: P. Esquius, F. Reguant; CH. Salazar, J. Sáez; FUNDACIÓ HOSPITAL SANT JOAN DE DÉU (Martorell): L. Muñoz; X. Vilar; HOSPITAL DE MATARÓ: F. Oferil, L. Opisso; FUNDACIÓ PRIVADA HOSPITAL DE MOLLET: F. Hobeich, J. Hernández; CORPORACIÓ SANITÀRIA PARC TAULÍ (Sabadell): J. Planell, C. Colilles; HOSPITAL DE L’ESPERIT SANT (Sta Coloma de Gramenet): JL. Ruiz, J. Téllez ; HOSPITAL DE SANT BOI (Sant Boi de Llobregat) : X. Martı́nez, R. Masia ; HOSPITAL DE SANT CELONI, S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 FUNDACIÓ PRIVADA: RM. Tarradell, JA. Fernández; HOSPITAL RESIDÈNCIA SANT CAMIL (Sant Pere de Ribes): M. Ortiz; HOSPITAL DE TERRASSA: C. Martı́n, E. Lombán; HOSPITAL MÚTUA DE TERRASSA: J. Bernal, C. Pérez; HOSPITAL GENERAL DE VIC: T. Planella, J. Torras; HOSPITAL COMARCAL DE L’ALT PENEDÈS (Vilafranca del Penedès): E. Turón, T. Abernturi. PRIVE: MUTUALITAT NTRA. SRA. DEL CARME (Granollers): P. Argués, J.Segalerva; POLICLÍNICA DEL VALLÈS, S.A. (Granollers):J. Sebastián, E. Penalba; MÚTUA IGUALADINA DE PREVISIÓ SOCIAL (Igualada): JM. Bausili; ISSA (Mataró):M. Yuste; REHASTET (Mataró): F. Oferil; CENTRE MÈDIC FUSTER (Sabadell): J. Marco; INSTITUTO OFTALMOLÓGICO DE SABADELL, S.L.: J. Correa; CENTRE DE PREVENCIÓ I REHAB. ASEPEYO (Sant Cugat del Vallés): A. Prat, M. Calleja; HOSPITAL GENERAL DE CATALUNYA (Sant Cugat del Vallés): J. Roldan, D. Mulas; CLÍNICA SANT JOSEPH (Vic): M. Arimany, L. Abellán; CLÍNICA DE VIC: L. Abellan; SERVEIS MÈDICS PENEDÉS (Vilafranca del Penedès): J. Santmartı́, RM. Tarradell; CLÍNICA OFTALMOLÒGICA DR.JIMÉNEZ (Vilanova i la Geltrú): J. Lavarta. 381 S.A.: J. Fàbregas, C. Buil; CONCEPTUM-S.DE SERVEIS MÈDICS, SL (Reus): RM. Serrat, J. Masip; CLÍNICA MATT (Tarragona): J. Alonso; CLÍNICA MONEGAL (Tarragona): JA. Fernández, S. Boada; CENTRE OFTÀLMIC DE ĹEBRE (Tortosa): J. Renau. Gérone PUBLIC: HOSPITAL UNIVERSITARI DE GIRONA DR. JOSEP TRUETA: A. Villalonga, C. Hernández; HOSPITAL COMARCAL DE BLANES: E. Manubens; HOSPITAL DE CAMPDEVÀNOL: S. Mateo, A. Hounie; HOSPITAL DE FIGUERES: P. Casanovas, J. Bisecas; CLÍNICA GIRONA, S.A.: J. Oduber, J.López; HOSPITAL PROVINCIAL SANTA CATERINA (Girona): JC. Paredes, B. Casagran; HOSPITAL DE SANT JAUME (OLOT): JM. Coromines; HOSPITAL DE PALAMÓS: R. Galán, H. Oreiro; HOSPITAL DE PUIGCERDÀ: T. Esteban. PRIVE: CLÍNICA SALUS INFIRMORUM (Banyoles): JM. Coromines; CLÍNICA SANTA CREU (Figueres): C. Illo, P. Yécora; CLÍNICA DE GIRONA (CARSA) (LA ALIANZA): E. Manubens; CLÍNICA DR. BOFILL (Girona): L. Oduber, J. Martı́n; CLÍNICA IBON (Girona): J. Carnicer. Tarragone Lérida PUBLIC: HOSPITAL UNIVERSITARI DE TARRAGONA JOAN XXIII: M. Camps; M. Rull; HOSPITAL TORTOSA VERGE DE LA CINTA: A. Serrat, L. Renal; SERVEIS ASSISTENCIALS AMPOSTA: L. Renal; HOSPITAL COMARCAL MÓRA D’EBRE: J. Rubio, P. Lapeña; HOSPITAL UNIVERSITARI SANT JOAN DE REUS: J. Cuenca, P. Prieto; HOSPITAL DE SANT PAU I SANTA TECLA (Tarragona): R. Benlloch; C. ASSISTENCIALS REUNITS (CARSA) (Tortosa): A. Serrat, L. Renal; PIUS HOSPITAL DE VALLS: M. Ortı́nez, JP. Lorenzo; POLICLÍNICA COMARCAL DEL VENDRELL: J. Estivill. PRIVE: BIOGEST-CENTRE REP. HUMANA (Reus): R. Masip, I. Sardà; CENTRE MÈDIC QUIRÚRGIC REUS, PUBLIC: HOSPITAL UNIVERSITARI ARNAU DE VILANOVA (Lleida): JL. Gómez, T. Martı́nez; FUNDACIÓ SANT HOSPITAL (La Seu d́Urgell): F. Aroles, C. Casati; HOSPITAL DE SANTA MARIA (Lleida): JJ. Marrodan; HOSPITAL COMARCAL DEL PALLARS (Tremp): A. Vila, X. Bosch; HOSPITAL DE VIELHA: H. Pena, M. Gutierrez. PRIVE: CLÍNICA DE PONENT (Lleida): Á. Sánchez, C. Von Walter; CLÍNICA MONTSERRAT.,S.A. (Lleida): JJ. Marrodan, V. Rodrı́guez; CLÍNICA NUESTRA SRA. PERPETUO SOCORS (Lleida): F. Iturbe, M. Mirada; CLÍNICA PSIQUIATRICA BELLAVISTA (Lleida): X. Martı́nez. 382 Annexe B. ANESCAT2003 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 S. Sabaté et al. / Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation 27 (2008) 371–383 Références [1] Clergue F, Auroy Y, Péquignot F, Jougla E, Lienhart A, Laxenaire LC. French survey of anesthesia in 1996. Anesthesiology 1999;91:1509–20. 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Current practice in regional anaesthesia in Germany. Eur J Anaesthesiol 2006;23:346–50. [8] Cook TM, Mihai R, Wildsmith JAW. A national census of central neuraxial block in the UK: results of the snapshot phase of the Third National Audit Project of the Royal College of Anaesthetists. Anaesthesia 2008;63:143–6. [9] Clergue F, Auroy Y, Pequignot F, Jougla E, Lienhart A, Laxenaire MC. Evolution of the anesthetic workload: the French experience. Best Practice Res Clin Anaesthesiol 2002;16:459–73. [10] Kopacz DJ, Nal JM. Regional anesthesia and pain medicine: residency training. The year 2000. Reg Anesth Pain Med 2002;27:9–14. [11] Auroy Y, Laxenaire LC, Clergue F, Pequignot F, Jougla E, Lienhart A. Anesthésies en obstétrique. Ann Fr Anesth Réanim 1998;17:1342–6. [12] Zwetsch-Rast G, Schneider MC, Siegemund M. Analgesie und Anästhesie zur Geburtshilfe in der Schweiz 1999. Anaesthesist 2002;51:103–9. [13] Bucklin BA, Hawkins JL, Anderson JR, Ullrich FA. 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