Expo Forcalquier 2007 présentation

Transcription

Expo Forcalquier 2007 présentation
Communiqué de Presse
"Traditions musicales de Provence"
Exposition d'instruments de musique
Collections André Gabriel
FORCALQUIER
Couvent des Cordeliers
Du 8 juillet au 31 août 2007
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 11h à 13h et de 16h à 19h
Entrée Libre
Visites commentées par André Gabriel les 19 juillet et 16 août à 18 h
Renseignements :
Arts & Musiques en Provence : 06 07 65 48 54 - [email protected]
Office de Tourisme : 04 92 75 10 02
Cette exposition est conçue par Arts & Musiques en Provence
avec les Collections André Gabriel,
en partenariat avec la Ville de Forcalquier,
et le soutien du Conseil Régional Provence Alpes Côte d'Azur.
Arts & Musiques
en Provence
P roduction - O rganisation – P romotio n
Arts & Musiques
en Provence
et
André Gabriel
La passion au service de la sauvegarde du patrimoine traditionnel musical
instrumental et culturel de Provence
Les musiques du monde provençal sont aussi diverses que les paysages et les hommes
de Provence.
La Provence, carrefour des civilisations, largement ouverte sur le monde
méditerranéen, s'est continuellement enrichie cumulant une diversité exceptionnelle de
chants et de styles musicaux.
Le domaine instrumental est dominé par la pratique du galoubet-tambourin qui a
bénéficié du soutien historique du mouvement félibréen, fondé au XIXe siècle par le poète
Frédéric Mistral qui a consacré toute sa vie et son œuvre à la défense de la langue et des
traditions provençales.
Tout provençal se retrouve ainsi unanimement dans la sonorité du galoubettambourin depuis des temps séculaires.
Ce couple instrumental est largement représenté dans l'exposition avec une quarantaine
de tambourins des XVIIIe , XIXe et XXe siècles.
Ils sont accompagnés de massettes ou baguettes de jeu pour le tambourin et de plus de 80
galoubets en bois, ivoire, ébène…
L'objectif de cette exposition est également de rappeler que la pratique d'un certain
nombre d'instruments est passée au second plan tels les violons populaires, le carillon,
sonné lors des grandes fêtes religieuses, les crécelles ou la vielle à roue, ou encore la flûte
de pan, fresteù, la conque de marine…
Cette exposition, enrichie de gravures et peintures, fait une large place aux instruments de
l'enfance tels les criquets, guimbardes, claquoirs ainsi qu'à la musique de carnaval avec
crécelles, tambourins à friction, pétadou, et mirlitons…
Aujourd'hui, parmi les nombreux tambourinaires, "on rencontre André Gabriel partout et jusque
dans les plus lointaines contrées, sitôt que résonne la plus petite note de ces musiques
traditionnelles dont il est l'un des spécialistes les plus compétents et les plus passionnés".
(Jacques Bonnadier)
L'exposition
Le galoubet-tambourin
Les flûtes tambourines sont des instruments dont les premières représentations semblent
dater des IXe et Xe siècles en Europe. Il s'agit de flûtes à bec à trois trous mélodiques dont
l'émission des notes s'appuie sur la propriété acoustique des sons partiels.
Ainsi, un même doigté peut, en fonction de la force du souffle considéré, émettre de trois à
cinq notes différentes. Le musicien peut ainsi jouer de la flûte d'une seule main et battre de
l'autre un instrument à percussion (tambour ou cithare percutée) pour soutenir la mélodie.
Cette astucieuse combinaison se rencontre dans de nombreux pays d'Europe et en
Amérique Latine. Il existe toutefois des flûtes comme le flaviol catalan qui sont
apparentées au flageolet, elles sollicitent les cinq doigts de la main et font intervenir
simultanément le "tamboril".
D'autres aérophones comme le chalumeau bolivien, la flûte de pan péruvienne, la flûte de
pan en faisceau du Viêt-Nam, ou le didjeridoo australien ont recours à cette technique
d'auto-accompagnement rythmique.
La galoubet-tambourin provençal, très largement représenté dans cette exposition,
appartient à cette catégorie d'instruments. Une quarantaine de tambourins provençaux
présentent une grande richesse ornementale de filets artistiquement sculptés dans du
noyer.
Les massettes ou baguettes de jeu pour le tambourin font l'objet d'un grand raffinement
que l'on appréciera en comparant une trentaine d'exemplaires.
On pourrait élargir la compréhension de ce couple instrumental jusqu'à "l'hommeorchestre", sorte de curiosité attractive que l'on rencontrait sur les grands boulevards et
dans les foires. En Angleterre (Cornouailles), cette pratique est toujours effective.
LE TAMBOURIN PROVENÇAL
Le fût du tambourin est en bois de noyer, de tilleul ou de hêtre d'environ 77 cm de hauteur pour un diamètre
variable pouvant atteindre 44 cm.
La sensibilité baroque qui préside à l'organisation de la sculpture considère le fût du tambourin comparable
à celui d'une colonne (antique, onirique ou composite) sur laquelle on aurait disposé des guirlandes
végétales, filets évocateurs figuratifs ou stylisés. La lecture orientée procède verticalement du haut vers le
bas.
L'objet remplit alors sa fonction mobilière, décorative. Il devient l'instrument de musique une fois suspendu
au bras du tambourinaire.
Le relief des filets joue avec la lumière et les ombres portées, la colonne s'anime et se métamorphose
progressivement en une symphonie de volumes à la fois imposante et légère, discrète et bourdonnante,
profonde et primesautière, convenant à la danse leste et gracieuse… la colonne se fait tambourin, il est la
danse !
Regard sur les pratiques musicales en Provence
La fête s'accompagne de musiques, de bruits, de sons de toute espèce. Un bruit familier
fonctionne comme un marqueur identitaire, comme un repère, la signature d'un peuple et
de sa culture.
La musique et la para-musique procèdent ainsi de la même nécessité d'habiller de sons le
quotidien : le bruit du fouet, du heurtoir de porte, de sabot du danseur sur le parquet, de la
crécelle du carnaval, du charivari ou du temps liturgique des ténèbres…
La musique à danser du rustique violon d'art populaire, de la vielle à roue des Alpes, du
fifre… est l'indispensable support de la fête.
Puis vient ensuite la musique des nouveaux Marseillais de l'Italie voisine avec leurs
mandolines, leurs accordéons, leurs ocarinas…
Nous voici en présence d'une alchimie où se mêlent le son et le verbe, la rencontre de l'eau
et du feu. Cette fusion détonante se déroule en Provence, sous nos oreilles.
La Provence aujourd'hui, comme celle d'hier est le témoignage vivant d'un héritage
plusieurs fois séculaire qui s'enrichit d'influences nouvelles, sans oublier ses racines
grecques et romaines.
Doit-on parler de miracle, de magie, de bon sens, de générosité, de tradition d'accueil, de
tolérance, de "counvivènço" ?
La Provence est terre de progrès et de liberté. Celui qui partage ces convictions, qu'il soit
du terroir ou simplement de passage, est un authentique Provençal, un véritable citoyen
du Monde.
La musique d'un langue façonne à son image la musique de son peuple.
Enjouée, légère, impertinente, furtive, bruissante… elle vient de passer par ici, vite courez si
vous le pouvez, mais l'espoir de la saisir est mince… attendez son prochain passage et, peutêtre pourrez-vous alors…
La Provence est transparente, dans la limpidité, chacun entend un peu de lui-même, chacun
en possède quelques miettes, quelques parcelles mais chacun s'en nourrit et fertilise ce
jardin des Muses.
Ce pays est pourtant bien réel, il vit dans ses musiques, respire en ses poètes, se densifie dans
le souffle du Mistral et s'épanouit dans le perpétuel printemps cher aux patres d'Arcadie.
Ecouter la terre qui palpite et le frémissement d'un tambourin bien vite vous ensorcelle dans
une irrésistible transe.
Que la Provence soit vôtre.
André Gabriel
Les instruments de la fête
La place publique, la rue, constituent un exceptionnel théâtre où s'exprime l'ardeur
populaire à glorifier ou à condamner.
L'électricité avec ses haut-parleurs, microphones et sons amplifiés, a supplanté un
ensemble de bruiteurs qui ne requerraient aucune technique particulière.
La para-musiques de carnaval ou de charivari claquent, crépitent, éclatent, éclaboussent
de sonorités truculentes où l'humour et la caricature s'unissent dans un fracas collectif, un
concert décalé, une éphémère gloire de poussière.
Les sons frappés (idiophones par entrechoc)
Les bruits secs ont symboliquement le pouvoir de mettre en fuite les esprits Chtoniens de
l'empire "d'en bas", c'est ainsi qu'on les retrouve pendant l'office des ténèbres durant la
Semaine Sainte : ce sont les "contre-cloches". Un dispositif inventif et varié va générer ces
sons.
La crécelle ou rotelle (reineto cracineto)
La tartarelle (trabasteù, trabastello, martelet en provençal)
Le roseau fendu (tico-taco, cliquetto)
Le violon-râcle (rigo-rago, cri-cra, ringo-rango)
Le livre claquoir
Les sons frottés
Les tambours à frictions (petadou, pignata, puti-puti à Naples, ximbomba en Espagne,
cuica au Brésil…).
Les sons soufflés
La conque marine (bioù, toutouro)
La trompette de Saint-Jean ou de Saint Zacharie
Le flûte de pan (frestèu)
Le fifre et le bachas
L'univers sonore de l'enfance
Objets sonores éphémères constitués de matériaux qu'offre la nature, ces instruments sont
le résultat du parcours initiatique qui conduit l'enfant à s'approprier, à dominer son
environnement. Ils sont le fruit de l'acte fondateur qui élève l'enfant vers l'homme.
Bien davantage que des jeux innocents, ils sont les témoignages de ce qu'une civilisation,
une culture a inventé pour que des êtres s'épanouissent en elle.
Le criquet, claquoir en coque de noix
La guimbarde (champago, guitaro, citaro, canto nouve…)
Le hautbois d'écorce (tontarde, pibole, toro-loro)
Les rossignols (taraiete, terraieto)
Les sifflets en noyaux d'abricot, coque de noix ou d'amande et cupule de gland
Les toupies (boudufo, bourduflo)
Sonneries de culte – carillons liturgiques
Carillon d'élévation (li sèt gau, esquerlotis, escaïrodo en catalan, er dor en breton…).
Conclusion
La tradition musicale de la Provence est riche, variée et surtout portée par un
nombre de plus en plus croissant d'autochtones certes, mais par tous ceux
qui, un jour par hasard, sont tombés amoureux fous de ce pays, de sa lumière,
de ses mythes, de sa beauté aux mille visages, aux milles couleurs, aux mille
notes… terre de traditions, terre d'accueil et par dessus-tout, terre d'avenir.
Que ces mémoires musicales soient pour chacun d'entre nous le ferment de la
plus belle terre à partager, celle que l'on vivra demain…
André Gabriel
Portrait
André Gabriel
« La musique n'a pas de frontière,
elle est depuis toujours et demeure la communication universelle
entre les hommes ! »
André Gabriel a commencé à jouer du galoubet-tambourin en 1977.
Aujourd’hui, titulaire du D.E, du C.A et de plusieurs médailles d’or (alto, flûtet-tambourin,
musique de chambre, histoire de la musique), il est devenu professeur de galoubettambourin et de musique traditionnelle au Conservatoire National de Région "Pierre
Barbizet" de Marseille ainsi qu'à l'ENM d’Avignon depuis 1981.
Majoral du Félibrige depuis 2006, il possède en outre à son actif de nombreux prix
internationaux.
Musicien, tambourinaire, carillonneur, André Gabriel s’est produit dans de nombreux
concerts en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Il donne également des récitals de
tambourin et piano dont le répertoire est d’inspiration savante et populaire, ancienne ou
contemporaine.
Avec l’ensemble des Tambourins de Provence, il présente un répertoire mêlé de tradition
populaire et de nouvelles créations.
L’objectif : faire évoluer le répertoire du galoubet tambourin sans l’apport d’autres
instruments.
Caractéristiques de son jeu : détaché très marqué et très précis, plein d’ornementations,
prend souvent des tempi plus rapide que ce qui est indiqué…
Musicologue, organologue et philosophe, André Gabriel est également un grand
collectionneur.
Outre son impressionnante collection rassemblée autour du galoubet-tambourin (plus de
60 tambourins, 60 massettes & 300 galoubets, ouvrages, iconographie, gravures,
sculptures), il est propriétaire de plus de 2 500 instruments du monde, qu’il présente
régulièrement en expositions, complétées de conférences et de concerts. Le fonds musical
s'étend sur plus de 10 mètres linéaires de partitions…
L’originalité d’André Gabriel est qu’il ne se contente pas du savoir écrit, livresque, oral ou
scolaire en général, mais sait proposer un point de vue concret sur ce qui sert à s’évader,
rêver ou fabriquer du sacré…
Son but, c’est participer à élever le niveau du savoir des gens, leur faire découvrir sa
passion, leur donner un esprit critique, les sensibiliser à des sonorités méconnues… avec
une petite touche d’humour, toujours de bon goût bien sûr !
Résumons : " philosophe, collectionneur, musicien virtuose, musicologue,
magicien, un provençal dans l'âme, bref un personnage vrai et unique ! "
Discographie
10 albums avec le groupe des Musiciens de Provence (ARION)
1 CD sur "vielle" où il joue de la musette de cour (Verany, vers 1988) (4 diapasons)
2 CD avec l’ensemble Taller-Zyriab de Séville (Prix du Ministère de la Culture Espagnol, 1990)
1CD avec l’Ensemble Méditerranéen (avec Pedro Aledo)
Le galoubet-tambourin – Musique d’hier et d’aujourd’hui. France-Provence, produit par
Ocora-Radio France, distribué par Harmonia Mundi (1995)
"Les Fêtes d'Hébée" de Rameau avec William Christie (Erato, 1996)
L’art du galoubet-tambourin provençal. Arion, 1998
"Noël nouvelet" (Empreinte digitale)
A participé au disque de Stefan Manganelli : "Pantai de mèu" (2001).
Filmographie
Jean-Philippe Rameau : "Les Indes Galantes", "La Paladins".
Les Arts Florissants (direction : William Christie) 2005 – DVD – 244 minutes – Opus Arte
L‘Aventure du souffle – CRDP de Nice
Musiques au pays des cigales" – DVD - Editions Lugdivine 2007
Réalisation : Patrick Kersalé
Biblioghraphie
"Hymne à la Musique"
Voyage autour des instruments de musique du monde - 2004
Fondation Regards de Provence - Château Borély - Marseille
« La musique est un art invisible
comme le parfum, l'ivresse, l'amour, le bonheur, l'âme…
si vous en êtes privé, cela ne se verra nullement mais vous le ressentirez au plus profond de vousmême comme l'absence, invisible elle aussi, d'un être cher".