Mise en page 1 - 56e Rallye Le Touquet Pas-de

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Mise en page 1 - 56e Rallye Le Touquet Pas-de
François Delecour, pilote automobile
Aujourd’hui résidant dans le Var, François Delecour reste le seul pilote
du Nord Pas de Calais ayant réussi à haut niveau. C’est vers Cassel
qu’il commence à prendre goût aux dérapages. Il débute la compétition
en 1981 sur une Autobianchi A112 Abarth, puis sur une Samba
avant de participer à la Coupe Peugeot. Après de brillantes courses,
François est repéré par l’écurie Ford qui lui offre un volant en Championnat du Monde des Rallyes. Il sera vice champion derrière le
Finlandais Juha Kankkunen en 1993. Il a bien sûr participé, à ses
débuts et plus tard, à plusieurs éditions du Rallye du Touquet.
J’ai très tôt baigné dans le milieu des rallyes. Dès 7/8 ans, j’assistais au Rallye
des Routes du Nord. J’ai immédiatement accroché. Ma famille ne comprenait
pas cette passion ! A 14 ans, je venais en stop de Cassel pour suivre le Rallye
du Touquet. On passait la nuit dans des granges. Je me souviens qu’avec mes
copains de l’époque, nous avions dormi à Saint Aubin, le fermier nous avait
réveillés manu militari ! Je n’ai jamais raté une édition avant d’y prendre part.
En 1984, avec la Samba Groupe A et Anne Chantal Pauwels comme copilote,
nous terminons dixièmes scratch, premiers du Groupe A et premiers de
classe. C’était la grande version du rallye. On passait par Maubeuge, Croix.
Les reconnaissances, c’était quelque chose !
Je suis revenu avec la 205 Groupe N en 86, je crois. Bien plus tard, en 1996,
courir avec la Peugeot 306 Maxi, reste le plus grand moment. Cette année
là, alors en tête, nous avons laissé Panizzi gagner en nous arrêtant dans la
dernière spéciale. La voiture était fabuleuse, sous la pluie, le gras, il fallait un
grand cœur. En 1997, avec Daniel Grataloup, nous étions premiers avant
d’abandonner sur bris de boîte de vitesses.
Je suis revenu en 2007 avec la Porsche GT3. Par manque de budget, la voiture n’était pas au point. Dommage, elle avait du potentiel ! J’étais à deux
doigts de venir courir en 2009 sur une S2000. A quelques jours du départ,
l’affaire a capoté…
Avec la 306 Maxi, et Gilles Panizzi peut en témoigner, c’est le seul rallye où
l’aileron, avec la vitesse (près de 200 km/h), nous donnait de l’appui. On pouvait le ressentir. Avec le train arrière collé à la route, certaines courbes passaient à fond absolu ! Un plaisir jamais retrouvé. Le revêtement est difficile
à lire, on trouve des grandes courbes en appuis, du relief, c’est rapide mais
jamais droit. Le rallye d’Ypres par exemple, est tout en freinages, changements
de directions et relances. A mon avis, il est du coup moins intéressant pour
le pilotage. On le répète depuis toujours, mais le Touquet est vraiment un
rallye atypique. Pour moi, le plus beau de ceux tracés en plaines.
Bon anniversaire au rallye et à ses acteurs, en espérant qu’il puisse exister
encore longtemps. La région le mérite, la région en a besoin.
François Delecour
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Jean-Pierre Lengagne, Président du Touquet Auto Club
Jean-Pierre Lengagne a endossé de multiples responsabilités au fil du temps.
Partenaire au début des années 1990, il passe aux commandes de la « voiture sono »
avant de devenir, pendant quasiment deux décennies, le Monsieur Sécurité d’une épreuve
dont il prit finalement les rênes en 2007.
« Je m’intéresse au sport automobile depuis que
je suis tout petit. Je ne sais pas pourquoi mais je
garde en moi les images de la R8 Gordini d’Orsini
au Tour de Corse. Elles ont fait tilt dans ma tête !
Habitant la région, j’ai quasiment toujours suivi le
Rallye du Touquet en spectateur. Puis à la fin des
années 1980, le Touquet Auto Club m’a sollicité
pour devenir partenaire. J’ai accepté et décidé
dans la foulée de m’impliquer aussi dans l’organisation.
Après une expérience en voiture sono, nous avons
mis en place une batterie de moyens de sécurité,
tout d’abord aux endroits connus pour rassembler beaucoup de spectateurs. Puis petit à petit, le
dispositif s’est très largement étendu. Ensuite,
quelques années plus tard, j’ai travaillé aux côtés
de Philippe Flament avant de prendre la présidence du Comité d’Organisation.
Avec l’équipe actuellement en place, nous avons
tout mis en œuvre pour poursuivre le travail entrepris par nos prédécesseurs et maintenir le ral-
lye au niveau auquel ils l’ont amené ! Nous
sommes heureux que notre manifestation attire
aujourd’hui plus de 250.000 personnes et assure
des retombées financières qui se chiffrent en millions d’euros. Nous ne faisons ni assez savoir, ni
assez valoir ces solides arguments !
Au nom des membres du Touquet Auto Club,
j’adresse mes plus sincères remerciements à la
municipalité du Touquet qui, de tout temps, a toujours répondu par sa présence, au Conseil Général du Pas de Calais et au Conseil Régional Nord
Pas de Calais. Et enfin à tous ceux qui nous ont ou
nous font toujours confiance.
Enfin, quant à cet ouvrage, il a été réalisé pour
toutes celles et tous ceux qui ont connu les premières éditions du Rallye du Touquet et qui sont
toujours à nos côtés aujourd’hui. Pour eux et par
devoir de conservation de ce patrimoine exceptionnel, nous nous devions de réaliser ce livre sur
les cinquante ans du rallye.
Bonne lecture ! ».
Jean-Paul Maillard, Président délégué
de la FFSA et Président du Comité Régional Nord Picardie
Pilote de slaloms, de rallye et enfin d’autocross ; Président du Calais Auto Racing dès 1970 ;
membre fondateur de l’Association Sportive Automobile Artois Littoral, puis de l’ASA du Détroit
avant de devenir Président de la Ligue (devenue aujourd’hui Comité) Régionale Nord-Picardie
au début des années 1980, Jean-Paul Maillard entretient une relation très particulière avec
le Rallye du Touquet. Et pas seulement en sa qualité de responsable fédéral.
« Le Rallye du Touquet et moi, c’est une très vieille
histoire ! Quand j’étais gamin, ma grand-mère tenait un café à Hucqueliers. Les voitures du rallye
passaient juste devant sa fenêtre. A l’heure de
l’épreuve, je passais mes journées à les regarder…
Un peu plus tard, lorsque j’étais commercial chez
Peugeot Lille, un certain Dominique Perrard m’a
proposé, un jour, d’aller le voir courir. Vu mon
“passé”, cela m’a tout de suite plu.
Un peu plus tard encore, j’ai acheté une Renault
8 Gordini et j’ai un peu roulé en slalom. J’ai ensuite copiloté Michel Hénaut. Parallèlement, tout
en continuant à courir – en course de côte, puis
pour finir en Autocross – , j’ai débuté ma carrière de bénévole en prenant la présidence du
Calais Auto Racing. Puis, en écourtant quelques
étapes, j’ai été élu à la présidence de la Ligue au
début des années 1980.
Pour revenir au Rallye du Touquet, j’y ai exercé
un peu toutes les fonctions. De commissaire de
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route à directeur de course. A titre personnel,
cette épreuve évoque plein de bons souvenirs.
Les reconnaissances avec Jean-Louis Clarr et les
copains. On ne se prenait pas au sérieux et on
rigolait vraiment beaucoup ! Si je prends ma casquette d’élu régional, le Touquet est une épreuve
importante du Comité Nord-Picardie. Ce rallye
est vraiment atypique et, je pense, fait partie des
références nationales.
Maintenant, j’espère simplement que l’histoire
pourra continuer encore très longtemps ! C’est
devenu de plus en plus complexe d’organiser mais
le Rallye du Touquet a quelques atouts dans son
jeu pour perdurer. A en croire une étude parue
dans la Voix des Sports début 2010, il avait généré
des retombées économiques de l’ordre de 6,9 millions d’euros en 2008. Cela me semble être un argument de taille ! Sans parler de l’impact
médiatique de cet événement qui n’a pas franchi
le cap du demi-siècle d’existence par hasard. ».
Yvonne Faure, copilote de l’équipage victorieux en 1959
Aux côtés de René-Philippe, son regretté époux,Yvonne Faure a inauguré le palmarès
du Rallye du Touquet, lancé le 13 juin 1959.Toujours aussi vive et pétillante, Madame Faure
revient avec émotion sur son expérience de copilote d’un week-end…
« Mon mari a toujours été passionné par les belles
mécaniques. Il a couru aux quatre coins de l’Europe, notamment au volant de Stanguellini et de
Ferrari. Il a participé au Mile Miglia, au Monte
Carlo, au Liège-Rome-Liège, aux Routes du
Nord… et bien sûr aux 24 Heures du Mans. A
l’époque, les pilotes couraient aussi bien en rallye
qu’en circuit.
Comme Philippe était l’enfant du pays et comptait
parmi les fondateurs du Touquet Auto Moto, il se
devait de participer au premier Rallye du Touquet.
Il m’a sollicité pour le naviguer. Ce fut ma seule
expérience à ses côtés. Par contre, j’ai effectué la
reconnaissance du parcours seule. Je pense que je
ne me suis pas trop mal débrouillée puisque nous
avons gagné ! Mon mari n’avait pas spécialement
préparé cette épreuve mais tout de même, pour
que la Ferrari soit la plus légère possible, le réservoir était rempli au minimum. Je me souviens qu’au
sommet de la côte de Camiers, c’est ma bellemère qui attendait avec les bidons…
En tous les cas, cela n’a pas été simple de gagner
car en vitesse pure, nous avions la voiture idéale
mais dans les secteurs de sélection, là où le terrain
était gras, il y avait un peu trop de chevaux et
l’auto n’était pas trop un modèle d’agilité… C’est
surtout un souvenir… auditif qui me vient à l’esprit à propos de ce rallye. Il y avait une épreuve
d’accélération sur l’aéroport du Touquet. Le bruit
des plaques de béton sur notre passage raisonnent
encore dans ma tête !
En plus des félicitations de nos rivaux, des membres du club et de la municipalité, nous avons été
surpris de recevoir celles d’Enzo Ferrari en personne ! Je ne sais pas comment il a su que nous
avions gagné mais en tous les cas il nous a envoyé
une jolie lettre à en tête de la marque dans laquelle
il se réjouissait que nous ayons amené l’une de ses
automobiles sur la plus haute marche du podium !
Avec Philippe, nous n’avons fait qu’écrire les premières lignes de cette épreuve dont la pérennité
me semble assurer tant elle est particulière et représentative.
Longue vie au Rallye du Touquet ! ».
Jacques Desseaux, membre actif du Touquet Auto Club
L’ex-patron de la « Royale » (une institution au Touquet) a apporté un concours
inestimable à l’organisation du Rallye du Touquet, en plus d’avoir été l’un de ses
plus fidèles partenaires. Rencontre avec un Grand Monsieur, exceptionnel pour
son dévouement et sa sympathie…
« Mon père faisait partie de la bande de
copains qui a crée le club. A l’époque, il
s’agissait de soutenir Philippe Faure qui
brillait en sport auto. Les réunions servaient surtout à répartir les rôles pour
le rallye. J’ai vite suivi les traces paternelles
et en quasiment cinquante ans de Rallye
du Touquet, j’ai à peu près occupé toutes
les fonctions : commissaire de route,
chargé du parc fermé ou de la mise en
place, chronométreur, délégué aux
contacts avec les maires, chargé de la
réfection des routes…
Je garde en mémoire tout un tas
d’émotions très agréables sur le vif.
Comme des flashes ! Le rallye créait
vraiment beaucoup d’animation dans
les villages et était très festif. Et nous,
les commissaires, nous étions un peu
considérés comme des “vedettes”. Je
me souviens d’omelettes au lard mémorables. Du côté des pilotes, c’était
aussi très décontracté.
Puis les choses ont évolué et sont devenues de plus en plus professionnelles
au fil des années. C’est ainsi. J’aimais
beaucoup l’ambiance de ces années
1960/1970. Je me rappelle que pour
l’épreuve de vitesse d’Offrethun, il y
avait tout au plus cinq policiers. L’esprit
était sportif et les plus petits rôles, et
ceux qui les incarnaient, étaient reconnus.
Il m’arrivait assez souvent de faire à
manger pour tout le monde. Une fois,
j’avais fait une choucroute.Tout le monde
se connaissait et il y avait vraiment
beaucoup d’amitié et de camaraderie.
Aujourd’hui, à l’heure de ses cinquante
ans, je n’ai qu’un souhait pour le Rallye
du Touquet : qu’il perdure et que
l’amitié soude toujours ses acteurs
principaux. Enfin, j’insiste auprès du
public : respecter les consignes des
commissaires et des officiels, c’est assurer l’avenir de cette épreuve qui
nous a tant donné. Merci pour nous ! ».
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Bon anniversaire au Rallye Touquet Pas-de-Calais !
Rallye Le Touquet Pas-de-Calais, 50e édition !
En 1959, quelques pionniers lançaient au sein d’une association
« La cinquantième édition du Rallye du Touquet / Pas-de-Calais
de passionnés baptisée « Touquet Auto Moto » la première
constitue un anniversaire symbolique dans l’histoire de cette
édition. 46 voitures étaient alors sur la ligne de départ pour
belle épreuve sportive dont il me plait de souligner l’indéniable
561 km de parcours allant du Touquet au Boulonnais, en passant
renommée en France et en dehors de nos frontières. Le
par la Côte Picarde, l’Hesdinois et sillonnant le Montreuillois.
palmarès des pilotes qui y ont participé en atteste : Guy
Aujourd’hui, ce sont environ 180 voitures qui partent à l’assaut
des routes du Montreuillois à chaque édition. Avec autant de
pilotes, de copilotes, sans compter l’assistance technique. Le
premier ingrédient du Rallye, ce sont tous ces passionnés, le
plus souvent anonymes, qui y consacrent tout au long de
l’année beaucoup de temps, d’argent et d’énergie. Des passionnés
venant de toute la France, voire même du Royaume Uni, de
Belgique ou des Pays-Bas. Des femmes (car le Rallye se féminise)
et des hommes de tous âges : trois générations de pilotes
rivalisent dans la même course !
Le second ingrédient du Rallye, c’est ce parcours routier, l’un
des plus beaux, surprenants et exigeants du Championnat de
France.La beauté de ses paysages, la difficulté de ses chemins,
les poussées d’adrénaline, qu’ils suscitent tout au long de la
course en font un rendez-vous unique en France.
Fréquelin, le régional François Delecourt, Gilles Panizzi et bien
évidemment Sébastien Loeb notre multiple champion du monde
des rallyes. Tout au long de ces années le Rallye du Touquet
Pas-de-Calais a su maintenir son authenticité et son caractère
d’épreuve sportive de haut-niveau. A ce titre je me dois
également de souligner la qualité et l’investissement des organisateurs tout au long de ces années afin de maintenir le déroulement de l’épreuve dans des conditions optimales de
sécurité pour le public et les participants.
Le partenariat entre les organisateurs de cette compétition et
le Département constitue un témoignage de nos politiques volontaristes. C’est aussi pour moi l’occasion de témoigner de
l’attachement de la collectivité que je représente à cette
épreuve populaire qui traverse les routes du Pas-de-Calais et
notamment le Montreuillois et le Boulonnais. Chaque année ce
sont des milliers de spectateurs et de touristes qui viennent
Le troisième ingrédient du Rallye, ce sont tous ces grands
découvrir nos terroirs et bénéficient de la qualité de l’accueil
champions qui sont venus y concourir. Certains d’entre eux se
des habitants et des hôteliers du Pas-de-Calais.
sont même révélés au Touquet. Le Rallye résonne encore de
ces grands noms qui ont contribué à sa légende : Sabine,
Chatriot, Barbara, Panizzi, Bugalski mais également Darniche,
Andruet, Delecour, Ragnotti, Béguin, ou encore Loeb.
J’invite donc toutes et tous à assister à la cinquantième édition
du Rallye du Touquet Pas-de-Calais, première manche du
Championnat de France. ».
Alors, un très bon anniversaire au Rallye ! Longue route à lui !
Dominique Dupilet
Daniel Fasquelle
Président du Département du Pas-de-Calais
Membre honoraire du Parlement.
Maire du Touquet-Paris-Plage
Député du Pas-de-Calais
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Un demi-siècle de passion ...
Rallyes
Le Touquet / Pas-de-Calais
PUB IGOL
Historique
Un demi-siècle de grandes et belles histoires
.....................................
pages 8 à 11
1959 – 1969
L’ère des rallyes dit de «week-end»
...............................................................................
pages 12 à 33
.......................................................................................................
pages 34 à 61
1970 – 1984
Les années Porsche et Alpine
1985
L’ascension manquée
..........................................................................................................................................
pages 62 à 63
1986 – 1992
L’accession au plus haut niveau
..............................................................................................
pages 64 à 77
1993 – 2009
Le Touquet, épreuve
majeure du Championnat de France ............................................................................ pages 78 à 145
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Un demi-siècle de grandes et belles histoires
Qu’y-a-t-il de commun entre ce qu’ont vécu René-Philippe Faure, vainqueur de la première
édition le 14 juin 1959 et Pieter Tsjoen, lauréat le 4 octobre 2009 ? Une passion partagée des
belles mécaniques, une sacrée soif de compétition et un périple délicat à boucler dans une
région de caractère. Pour le reste, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts…
d’épreuves à moyenne chronométrée et d’épreuves d’accélération. Le classement général s’établit alors par addition
des points de pénalités encaissés sur le routier et durant
les épreuves de sélection. Un second classement, dit à
l’Indice de Performance, est également établi, un coefficient
bien senti « lissant » la cylindrée des véhicules.
Boucles nocturnes
Un rallye du Touquet était apparemment
déjà programmé en 1935 !
U
NE BANDE DE QUATORzE COPAINS, férus de mécaniques
à tendance sportive, surfe sur la vague du succès
naissant des rallyes automobiles pour fonder, en mars
1958, un club d’automobilistes. Au-delà de la mise en place
d’une course de… lenteur, l’organisation d’un rallye est
immédiatement projetée. Sous couvert de l’Automobile
Club du Nord de la France, le premier Rallye du Touquet
voit le jour le 13 juin 1959.
Pour planter le décor, l’automobile est devenue de plus en
plus démocratique. Son prolongement naturel qu’est le
rallye suit évidemment la même tendance. Avant cette fameuse année 1959, quelques fameuses épreuves, tels que
le Trophée Herkomer (devenu Coupe des Alpes un peu
plus tard), le Mille Miglia, le Liège-Rome-Liège et bien sûr
le Rallye Monte Carlo, ont offert à la discipline ses premières
lettres de noblesse. De leurs balbutiements dans les années
1900 jusqu’au milieu des années 1960, les rallyes adoptent
alors un schéma « standard ». Le programme comprend un
parcours de régularité plus ou moins long selon la notoriété
de l’épreuve. Celui-ci est entrecoupé de courses de côte,
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Les premières éditions du Rallye du Touquet n’échappent
pas à ces codes. Les courses de côte de Camiers et
Licques auxquelles s’ajoute l’épreuve d’accélération du
Touquet (tracée à l’aéroport, sur la corniche ou sur la
digue) constituent l’ossature des premiers « Touquet ». La
longueur totale du parcours est d’environ 400 kilomètres,
divisés en deux ou trois boucles distinctes, ponctuées par
un retour systématique dans la station balnéaire. De 1959
à 1986, la majeure partie de l’épreuve se déroule de nuit
avec, généralement, un départ programmé le samedi en
milieu d’après-midi et une arrivée jugée le lendemain à
l’aube. Le rythme adopté en nos temps modernes (deux
ou trois étapes et plus guère de spéciales nocturnes) sera
beaucoup plus confortable…
Du côté des voitures admises en ces années 1960, elles
sont sériées en deux ou trois catégories : le Grand
Tourisme (les autos les plus sportives), les Tourisme (ou
encore Tourisme Spéciales) et les Tourisme de série. Deux
classements sont établis : un scratch et un dit à l’indice
pour chaque catégorie. Le classement toutes catégories
confondues arrivera quant à lui au début des années 1970.
Placé sous la houlette de Louis Quételart, le premier président du TAC, le rallye est inscrit au calendrier national
en 1959, puis également en international dès l’année
suivante. En schématisant, le « national » se destine aux
néophytes alors que l’inter réunit les équipages les plus
aguerris. Rapidement, le Touquet devient l’un des rallyes
dit de « week-end » les plus appréciés de la région, voire
de l’hexagone. La difficulté de son parcours, la
beauté des contrées qu’il
visite et la rigueur de
son organisation sont
sans doute les raisons
majeures de son succès.
Un premier pic de participation à hauteur de
156 partants est ainsi atteint en 1966 !
Une ébauche de
règlement existait
déjà en 1955.
Les Championnats de France 2002 et 2003
furent réservés aux seules Super 1600.
entière et laisser place aux épreuves spéciales. Le tracé de
ces ES devint libre et s’étira de plus en plus au fil des
années pour dépasser les 100 kilomètres sur certaines
épreuves (au Tour de Corse, par exemple) et en atteindre
55 au Touquet en 2004. Corollaire de cette « révolution »,
les unités de temps remplacèrent les points dans les classements, le classement général tous groupes confondus
devenant par ailleurs LE classement de référence.
La première affiche du rallye !
Premier tournant
L’année 1967 marque un tournant décisif dans l’histoire
de la discipline. La Fédération Internationale de l’Automobile
publie alors la fameuse annexe J qui classifie désormais les
voitures de rallye en six Groupes. Les Groupes 1 et 3 sont
respectivement réservés aux autos de quatre et deux
places et n’autorisent aucune modification. Les Groupes 2
et 4 (modèles à quatre et deux places) permettent de
nombreux changements d’ordre mécanique. Les Groupes
5 et 6 (rares) sont réservés aux prototypes. Les constructeurs (à l’image d’Alpine ou de Porsche) investiront de
façon conséquente sur le Groupe 4, le refuge des vraies
autos de rallye de la décennie 1970.
Parallèlement, les fondements du rallye ont eux aussi largement évolué. Les progrès de l’automobile ont amoindri,
pour ne pas dire annihilé, les effets du parcours routier,
censé engendrer des pénalités. Les moyennes imposées
s’avérant largement réalisables, plus personne ne finit par
encaisser la moindre pénalité… Les « contre la montre »
(en côte par exemple) qui étaient sensés départager les
ex-aequo s’avérèrent de plus en plus décisifs ! En clair, les
performances (et plus seulement la fiabilité de la mécanique
et l’endurance des pilotes) devinrent cruciales pour le
scratch.
Depuis cette fameuse année 1967, le routier sert uniquement
à se rendre, à allure modérée, d’un secteur chronométré
à un autre. Les courses de côte disparurent elles aussi (ou
ne furent plus qu’une partie des nouveaux tronçons chronométrés) pour se constituer en une discipline à part
Annulé en raison des événements sociaux
de mai, le rallye de 1968 était prêt !
Jean-Claude Lefebvre et l’Alpine, un modèle
qui a marqué l’histoire du Rallye du Touquet.
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De la Ferrari 250 GT à la Berlinette
Ces nouvelles règles n’entrèrent pas en vigueur au Touquet
autorisées),A (voitures de tourisme, modifications possibles
avant 1970. Aux Ferrari 250 GT, Morgan et autres Lotus
mais limitées) et surtout B (modifications sans limite ou
Elan qui raflaient la mise sur la Côte d’Opale succédèrent
presque) dont Messieurs Chatriot, Bouscary, Ivens et Maainsi les fameuses Groupes 4. Berlinette Alpine et autres
thon firent le meilleur usage sur les routes touquettoises.
Porsche Carrera devinrent alors les reines. Les épreuves
Les constructeurs se ruent sur ce dernier groupe. Audi
spéciales qui forgent le caractère bien trempé de l’épreuve
développe la Quattro, Lancia la 037 puis la S4, Renault la 5
nordiste apparurent par la même occasion. Certaines
Turbo ou encore Peugeot la 205 T16. Mais très vite, la désont aujourd’hui devenues des hauts lieux
mesure est atteinte, les performances se faisant
du meeting. On pense bien sûr à Inxent,
toujours plus impressionnantes, parfois au déParenty, Wailly-Beaucamp, Lépine ou la Catriment de la sécurité… L’accident qui couta
lotterie qui prirent diverses appellations au
la vie à Henri Toivonen et Sergio Cresto au
fil des éditions. Francis Converset, entré au
Tour de Corse 1986 mit un coup d’arrêt au
Touquet Auto Club au milieu des années
groupe B, décrété par Jean-Marie Balestre
1970 et qui succéda au Président Quételart
(alors président de la FIA) pour la fin de
n’est pas étranger à l’affaire. Cet artisan
l’année 1987.
plombier touquettois passa en effet de
Ce fût dès lors l’avènement du groupe A.
longues soirées au dessus de ses cartes
Après des débuts difficiles en raison du manque
d’état major... Lui et son équipe firent en
patent de voitures turbocompressés à transtous les cas entrer le Rallye du Touquet
mission intégrale dans les catalogues construcdans le gotha des épreuves françaises.
teurs, il prit peu à peu son rythme de croisière.
Avant le choc pétrolier qui provoqua son
Mazda, Lancia, Ford, Subaru, Toyota… se lanannulation en 1974, le taux de participation
cèrent dans l’aventure. De 1987 à 1997, leurs
Francis Converset,
venait de franchir la barre des 200 engagés
modèles dominent les rallyes, à deux exceptions
maitre d’œuvre du rallye durant
quatre années d’affilée ! Rendez-vous inprès pour notre Championnat national. Une
quasiment deux décennies.
contournable pour les pilotes de la région
première en 1996 et 1997 parce que le Chamdès sa création, le Touquet attira petit à
pionnat est alors réservé aux deux litres,
petit la fine fleur de la discipline. Manche du Championnat
deux roues motrices à moteur atmosphérique. Une
de France Deuxième Division dès 1981, il en devint vite
seconde en 2002 et 2003 lorsqu’il admet uniquement les
l’une des plus sûres références. Ambitieuse, l’équipe de
Super 1600.
Francis Converset ne pouvait pas s’arrêter en si bon
Et oui, pour en revenir à notre cher Rallye du Touquet,
chemin. Elle décrocha le Graal en 1985, année de l’intégration
c’est bel et bien de Championnat de France dont il est
du Rallye du Touquet au calendrier du Championnat de
question ! Remise sur pied avec le concours actif des AssoFrance Première Division. L’expérience n’ayant pas été
ciations Sportives du Comité Régional après l’épisode doutrès concluante, le Rallye du Touquet traversa alors la
loureux de 1985, l’épreuve réintègre le Championnat de
période la plus critique de ces cinquante premières années.
France Deuxième Division trois ans plus tard. Dans le
Alors que son annulation avait été sérieusement envisagée
même temps ou presque, Louis Trollé succéde à Francis
pour 1986, l’épreuve dut sans doute son salut à l’opiniâtreté
Converset, lassé par des années de dur labeur, à la tête du
Touquet Auto Moto. Un TAM qui devint quelques saisons
de Francis Converset…
plus tard, TAC (Touquet Auto Club), les motocyclistes se
La seconde ascension vers le sommet
faisant rarissimes. Mais c’est surtout Michel Trollé, le fils de
Ouvrons une nouvelle parenthèse. L’ère des groupes 1 à 6
Louis, qui prit les rênes du rallye. Stoppé dans sa carrière
s’éteint avec l’année 1982. Elle laisse alors place aux
sportive suite à un terrible accident sur le circuit de
Groupes N (voitures de série, sans modifications techniques
Brands Hatch en 1988 alors qu’il évoluait en F3000, le
bouillant Michel s’avéra être un organisateur hors pair. En
1992, il convia le Président de la FFSA, Jean-Marie Balestre,
L'une des images choc des années 1990 : François Delecour,
à
assister à l’épreuve. Et avec la complicité de Léonce
arrêté à quelques mètres de l'ultime ligne d'arrivée pour
Deprez,
maire de la station des quatre saisons et des
permettre à son équipier (Gilles Panizzi) d'enlever l'édition 1996.
membres du TAC, il réussit à le convaincre de réintégrer le
Rallye du Touquet au calendrier du « grand » Championnat.
De puissants arguments
De gauche à droite : Léonce Deprez (Maire du Touquet),
Michel Trollé et Jean-Marie Balestre en 1992, soit un an avant
le retour du Rallye du Touquet au calendrier du Championnat
de France. Un instant historique…
Parmi les éditions les plus remarquables de la période récente, il est difficile d’oublier 1999 où, dans des conditions
dantesques, Arnaud Mordacq réussit à vaincre les pilotes
de l’équipe officielle Citroën.Vainqueur vingt-quatre années
après son père, Bernard, le jeune imprimeur entrait lui
aussi dans l’histoire. Difficile également ne pas retenir la
dernière victoire en date, acquise par le Belge Pieter
Tsjoen en 2009. Quarante deux ans après que l’un de ses
compatriotes, Roger Vanderschrik, ait devancé Jean-Pierre
Gaban et Mauro Bianchi, eux-aussi d’Outre-Quiévrain.
En tous les cas, ce succès de Tsjoen constitue la transition
idéale pour vous parler de l’ultime étape marquante (à ce
jour) de l’évolution de la discipline. Alors que Philippe
Flament a pris la relève de Michel Trollé aux commandes
du rallye en association avec Jean-Pierre Lengagne, la FIA
décide de l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation,
dénommée World Rally Car (WRC). Celle-ci permet notamment aux constructeurs d’ajouter un turbo et une
transmission intégrale à des modèles qui n’en sont pas
équipés de série. Peugeot avec la 206 puis la 307 ou
encore Citroën avec la Xsara puis la C4 s’engouffreront
dans cet espace de liberté. Et le Lion de faire ainsi indirectement le bonheur de Benoit Rousselot, Nicolas Bernardi
ou Jean-Marie Cuoq sur les routes du Pas de Calais.
Aujourd’hui placé sous la houlette de Jean-Pierre Lengagne,
le Rallye du Touquet semble couler des jours heureux. Sa
popularité ne s’est jamais tarie depuis sa création. Bien au
contraire. Une enquête menée en 2008 révélait que
250.000 spectateurs avaient été recensés lors des trois
jours de la compétition ! Son impact médiatique demeure
très fort, et pas seulement à l’échelle de la région où il
compte parmi les manifestations annuelles majeures. Par
delà, ses retombées économiques (estimées à quasiment
7 millions d’euros pour la seule année 2008 par l’enquête
précitée) sont loin d’être quantité négligeable pour les enseignes commerciales de la région. Malgré ces arguments
forts, il convient d’aller au-delà des apparences. Comme
pour l’ensemble des épreuves routières françaises, le
Rallye du Touquet voit son avenir conditionné par la mise
en place d’une sécurité optimale, et par l’obtention auprès
des municipalités concernées des autorisations de passage
sur leur territoire. Si le problème de la sécurité a été pris
à bras le corps très tôt par le Touquet Auto Club, résoudre
le second problème ne repose pas seulement sur la
volonté, aussi indéfectible soit elle, des membres actifs de
l’association…
Enfin, pour en revenir à notre point de départ qui consistait
à déterminer les liens entre ce qu’ont vécu Messieurs
Faure et Tsjoen à cinquante ans d’intervalle, il en est un
qui perdure. L’un comme l’autre ont bénéficié de l’ouvrage,
des moyens et des infrastructures déployés par des équipes
bénévoles. Il convenait de le souligner. Au moins pour
dédier cet ouvrage à tous ceux qui, avec courage et abnégation, ont fabriqué ces cinquante premières années de
l’histoire du Rallye du Touquet !
La couverture du programme de l’édition 1993,
grand tournant de l’histoire du Rallye.
José et Chantal Barbara pointent en tête du
palmarès de l’épreuve avec pas moins de cinq succès.
Le Touquet, ancré au plus haut niveau
Le 22 octobre de l’année 1993, la Côte d’Opale reçoit
ainsi la visite des Polo, Bugalski, Ragnotti, Loubet et
consorts. Le Touquet ne quitta dès lors plus le Championnat
de France (au moins jusqu’à la date de parution de cet ouvrage en 2010) et mieux encore, en devint l’une des
manches les plus représentatives. Atypique, redoutée par
tous pour la difficulté et la sélectivité de ses spéciales
(toutes conditions météorologiques confondues !), elle
réserva au fil des ans de multiples surprises.
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