SPECIAL APPRENTISSAGE - Plateforme blogs RPN

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SPECIAL APPRENTISSAGE - Plateforme blogs RPN
Classe 10PP32 Spécial apprentissage
Prénom : _____________
SPECIAL APPRENTISSAGE
L’Express, samedi 28 janvier 2012
SANTÉ Prometteuse en terme d’emploi, la nouvelle formation d’aide en soins et
accompagnement est dispensée, en français, uniquement dans l’espace Bejune.
Professionnels formés en Suisse pour faire face à la pénurie
Malgré la crise, il se trouve des domaines qui manquent de bras ou viendront à en
manquer. C’est le cas de la santé et du social. Pour sortir de l’impasse, l’espace Bejune
(Berne-Jura-Neuchâtel) joue les précurseurs.
Selon une étude de l’Observatoire suisse de la santé, les besoins en personnel de santé
dans notre pays vont s’accroître de 25 000personnes d’ici à2020, en raison principalement
du vieillissement de la population. Or il n’est pas possible de combler les lacunes par la
seule immigration, qui fournit déjà un tiers du personnel hospitalier en Suisse. D’autres
pistes sont à explorer. L’une d’elles, encore à l’état de projet pilote, se généralisera au
niveau suisse dès la rentrée d’août. Il s’agit d’une nouvelle formation sur deux ans, avec
un taux d’exigences moins élevé que le CFC, et qui devrait permettre de donner une
perspective à davantage de jeunes. Et aussi de valider les acquis de nombreuses
personnes expérimentées, mais non diplômées, qui travaillent dans le domaine de la
santé et du social.
Avant même d’être développée partout en Suisse, cette nouvelle formation, sanctionnée
par une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP), est actuellement déjà
proposée au niveau francophone dans le seul espace Bejune. Soit àDelémont,
uniquement à des personnes adultes, ainsi qu’à l’école Pierre-Coullery (Cifom), à La
Chaux-de-Fonds, à un plus large public motivé par une formation en emploi, une
reconversion professionnelle, un projet CFC ou une recherche d’emploi.
Coachant l’une de ces futures professionnelles, Thérèse Puig, praticienne formatrice à
l’institution de soins pour malades chroniques MonRepos, à La Neuveville, observe que
«la formation est très bien pensée». Elle compense quelque peu le vide laissé par
l’abandon de la formation d’aide-soignant, proposée par la Croix-Rouge jusqu’en 2010.
«Cette nouvelle formation professionnelle initiale de deux ans va faire gagner au monde
de la santé et du social de précieux collaborateurs de ce niveau de qualification, très
apprécié dans les EMS, les services d’aide et de soins à domicile et le milieu hospitalier»,
confirme Jean-Marie Fauché, directeur de l’école Pierre-Coullery. L’infirmière Thérèse
Puig approuve pleinement: «Sur le terrain, nous voulons des gens compétents, et cette
formation sur deux ans permet le développement de compétences utiles et nécessaires
pour garantir la qualité de la prise en charge et faire face à la complexité des soins.»
Si les AFP deviennent communes dans bien des domaines, le secteur santé-social
découvre ce niveau de qualification avec la formation d’aide en soins et accompagnement.
«Par rapport au titre d’aide-soignant, cette nouvelle formation permet d’ambitionner un
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CFC d’assistant en soins et santé communautaire ou d’assistant socio-éducatif», se réjouit
Jean-Marie Fauché.
A partir de la rentrée d’août 2012, il sera possible de suivre la formation d’aide en soins et
accompagnement un peu partout en Suisse. Dans la région, un nouveau lieu de formation
s’ajoutera à ceux de La Chaux-de-Fonds et de Delémont. Il s’agit du Ceff, domaine santésocial, à Saint-Imier. Pour son directeur, Michel Jeanneret, la pertinence d’un tel projet ne
fait aucun doute: «Nous devons investir dans la formation pour disposer d’un nombre de
professionnels suffisant dans le domaine de la santé et du social».
NICOLE HAGER
Une réorientation réussie après un échec
Elle ne cache pas son enthousiasme pour sa nouvelle formation. A bientôt 20 ans,
Mégane Vulliet fait partie de la première volée francophone à suivre une formation d’aide
en soins et accompagnement à l’école Pierre-Coullery, à La Chaux-de-Fonds. La jeune
femme s’est retrouvée partante pour ce projet pilote après un premier apprentissage non
abouti d’assistante en soins et santé communautaire (ASSC). En dépit de cet échec, elle
ne renonce pas pour autant à se former, tenant avant tout à étoffer son CV avec
l’obtention d’un titre professionnel.
Sa persévérance a payé. Aujourd’hui, elle est employée par la fondation Les Perce-Neige
et ne regrette pas sa première formation. «J’apprécie beaucoup mon activité actuelle
auprès de personnes qui souffrent de handicaps mentaux. Je les soutiens dans la maîtrise
de leur quotidien. Entre les soins de base et l’animation, les ateliers de créativité, la
marche, la piscine et l’équithérapie, le travail est très varié et riche en relations humaines.»
Des apprentis bien différents
L’enthousiasme pour la nouvelle voie choisie
est tel que Mégane Vulliet envisage déjà de
compléter sa formation, une fois son AFP (lire
ci-contre) en poche. Pour l’heure, en dehors de
sa pratique, elle retrouve avec plaisir sa classe
professionnelle chaque vendredi. Une classe
pour le moins hétéroclite avec ses dix élèves
aux parcours de vie et aux âges très variés.
«Le plus jeune d’entre nous a 17 ans, la plus
âgée a 45 ans. Il y a des adultes en recherche
d’emploi ou en reconversion professionnelle et
des jeunes qui visent le CFC. Cette diversité
est une richesse. Nous partageons beaucoup.»
La jeune habitante de Boudevilliers en est convaincue: le métier d’aide en soins et
accompagnement a sa place dans les institutions du domaine santé-social (EMS,
hôpitaux, institutions pour handicapés, services d’aide et de soins à domicile) auprès de
personnes de tous âges dont l’activité est réduite en raison de difficultés physiques,
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mentales, psychiques ou sociales. Une profession qui, aux dires d’observateurs du monde
du travail, devrait se porter bien, même en période de morosité. NHA
PEINTURE Alors qu’elle était sur le point d’achever un master dans une HES, Mélanie
Bianchi a tout arrêté afin d’entamer une formation d’un tout autre genre.
Peintres en bâtiment de père en fille
Il y a une année, Mélanie Bianchi était en dernière année de master dans une HES (Haute
Ecole spécialisée), en restauration architecturale. Aujourd’hui, elle est apprentie peintre en
bâtiment. A la suite du décès de son père, la jeune femme de 28 ans, de Neuchâtel, a
décidé de tout lâcher. Avec pour objectif de reprendre un jour l’entreprise de peinture
familiale Bianchi Yves SA.
«Je me suis toujours intéressée à l’entreprise. Petite, j’allais souvent avec lui à l’atelier,
j’aimais qu’il m’en parle», explique-t-elle. «A son décès, ma mère, ma soeur et moi avons
hérité de l’entreprise. Je ne me suis pas posé de question, c’était le moment où jamais
pour me lancer! Maintenant, j’ai l’impression de continuer le travail de la famille Bianchi, et
cela me plaît.»
Car l’entreprise familiale n’est pas
née de la dernière goutte de
peinture. Elle a fêté ses 111 ans
d’existence en novembre dernier.
A cette occasion, l’apprentie
peintre a mis sur pied une
exposition retraçant l’histoire de
l’entreprise.
«Imaginer
mon
ancêtre en train de la créer en
1900,
dans
des
conditions
certainement difficiles, cela m’a
donné encore plus envie de
continuer, pour que tout ce qui a
été fait auparavant ne soit pas
perdu.»
A elle maintenant les horaires de chantier, un environnement masculin et la découverte
d’un travail qu’elle considère comme très varié. Car il ne s’agit pas seulement de peindre
des murs. Le travail de préparation et de traitement est lui aussi conséquent: il faut
colmater les trous, traiter les fissures, les moisissures, mastiquer les plaintes et les
boiseries… Et seulement ensuite peindre! «Il arrive que des gens viennent sur le chantier
et nous disent que l’on n’a pas avancé, alors qu’on y a travaillé huit heures par jour sans
que cela se voit vraiment. C’est parfois un peu frustrant.»
La jeune femme n’en a pas encore fini avec les bancs d’école. Chaque jeudi matin, elle
suit quatre périodes d’enseignement au Centre professionnel des métiers du bâtiment, le
CPMB, à Colombier. Au vu de sa formation précédente, elle a été autorisée à commencer
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son apprentissage directement en deuxième année et est dispensée de cours de sport et
de culture générale. Restent donc les cours de «couleurs et formes», «calcul» et
«technologie». Soit apprendre à dessiner des formes de façon minutieuse, connaître
parfaitement les systèmes métriques ainsi que les différentes sortes de peinture, résine,
liant, matériel… Mélanie Bianchi connaît déjà une partie de la matière et apprécie de la
revoir.
Dans sa classe, elle est la seule fille, et l’entreprise ne compte que deux femmes, la
secrétaire et elle-même. Peintre en bâtiments, une profession que l’on verrait plutôt
réservée à la gent masculine? Pour la future peintre, les femmes y ont clairement leur
place. «Un de mes professeurs m’a dit que les femmes sont souvent très bonnes car elles
sont structurées dans leur travail. L’homme est plus fort et plus rapide, mais la femme est
meilleure dans le travail minutieux. »
Et si l’avenir ne se dessine pas encore de façon très précise, Mélanie Bianchi se verrait
bien à la tête de l’entreprise dans quelques années (à l’heure actuelle, l’entreprise est
dirigée par l’ancien associé de son père). «Je ne sais pas encore comment cela va se
passer. L’idéal serait d’apprendre peu à peu à gérer l’entreprise, comme mon père l’avait
appris du sien. La continuité serait ainsi assez naturelle.»
JULIE MELICHAR
POLYDESIGNER 3D Le métier de décorateur-étalagiste, en changeant de dénomination,
a aussi pris une autre dimension. Avis aux passionnés de déco et de brico.
Elle met en beauté des produits
Elle a changé de métier, mais pas de secteur d’activité, ni de cadre de travail. Après un
CFC de gestionnaire du commerce de détail, Vanessa Donzé s’est réorientée dans la
décoration. Elle suit aujourd’hui la toute nouvelle formation de polydesigner 3D, à l’Ecole
d’arts appliqués (Cifom), à La Chaux-de-Fonds. «C’est en accomplissant mon premier
apprentissage dans une papeterie que j’ai découvert que j’aimais particulièrement soigner
les vitrines et mettre en valeur les produits.»
Son CFC de gestionnaire du commerce de détail en poche, la Tramelote est engagée
dans une grande surface. Et
là, c’est un peu la douche
froide.
Son
activité
professionnelle se spécialise,
mais perd en polyvalence. A
chacun son rayon d’action.
Le sien se limite à la vente
de produits. A d’autres, la
gestion de leur mise en
valeur. «C’était frustrant de
ne plus toucher à tout.
J’observais les décoratrices
faire ce que j’accomplissais
avant et je me suis
renseignée. On m’a alors
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signalé qu’une place d’apprentissage se libérait dans le domaine d’activité que je visais.»
La jeune femme n’hésite pas un seul instant. Elle postule, passe des tests d’aptitude
portant principalement sur la maîtrise de la perspective et du dessin, et elle est retenue.
A 21 ans, Vanessa Donzé ne regrette pas d’avoir embrassé la profession de polydesigner
après quelques détours professionnels. «Pour ce métier, il faut avoir une certaine maturité
et être autonome. On est confronté à de nombreux interlocuteurs. Du vendeur au directeur
de magasin, tous ont des exigences par rapport à notre travail. Il faut pouvoir y répondre
vite et bien, anticiper les problèmes et trouver rapidement des solutions.» La jeune femme
parle de son métier avec beaucoup d’enthousiasme. Impossible de douter du plaisir
qu’elle éprouve, jour après jour, à créer des ambiances attrayantes pour susciter une
envie, voire provoquer l’acte d’achat. Pour cela, elle dispose et assemble mobilier,
revêtements, tentures, éclairage... «Il faut avoir une bonne maîtrise des matériaux et de
bonnes connaissances techniques.»
Le métier de polydesigner 3D se développe autour de trois grands axes: premièrement, la
création, qui consiste à imaginer des décors et des mises en scène en trois dimensions,
principalement à l’ordinateur. Deuxième axe: la réalisation de décors. Troisième pan du
métier, le styling, soit la mise en place et la mise en valeur d’un agencement de décoration
dans un contexte précis. «Montravail chez Manor, c’est surtout du styling. Je commence
mes journées en passant en revue mes rayons attitrés pour une remise en forme avant
l’ouverture du magasin. Au cours de la journée aussi, à tout bout de champ, il faut
retoucher les agencements, tout en composant de nouveaux points de décoration avec de
la nouvelle marchandise. Bien que nous suivions des directives, nous avons une certaine
marge de manoeuvre pour organiser la présentation des produits.»
Posséder des compétences artistiques, le sens de l’organisation et de la planification, de
solides connaissances techniques, mais aussi en publicité, en marketing et en technique
de vente sont les bases du métier de polydesigner 3D. Ces professionnels de la
présentation visuelle doivent également faire preuve d’ouverture d’esprit. «Il m’arrive de
devoir mettre en évidence des articles que je ne trouve pas forcément à mon goût»,
explique Vanessa Donzé.
Dans la région, la formation de polydesigner est possible en mode dual (école-entreprise).
Les cours théoriques, à hauteur d’une journée et demie par semaine, sont dispensés à
l’Ecole d’arts appliqués, sur quatre ans. Avantage indéniable du métier: contrairement au
personnel de vente, les polydesigners ne travaillent pas le week-end et en nocturne. Par
contre, ils doivent composer avec les mêmes pointes d’activité à Noël et pendant les
soldes.
NICOLE HAGER
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