Euthanasie et aide au suicide

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Euthanasie et aide au suicide
Euthanasie et aide au suicide
Considérations préliminaires sur la
bioéthique (1)
1. La nature universelle de l’éthique
Son fondement : la nature de l’être
humain.
Sa visée : rendre la vie bonne tant pour
l’individu que pour la société.
Les chartes des droits offrent, dans
l’ensemble des propositions d’ordre
éthique.
Considérations préliminaires sur la
bioéthique (2)
2. Le fondement des valeurs. Elles sont une
des expressions de la nature humaine.
 La dignité humaine : une valeur qui fonde
et imprègne toutes les autres.
L’être humain est au-dessus de tout prix.
Il ne peut jamais être réduit à un objet.
Sa place originale est dans la nature.
Considérations préliminaires sur la
bioéthique (3)
 L’autonomie
Aujourd’hui, la condition de sujet
autonome s’exprime avec une sensibilité
particulière dans le monde de la santé.
On peut lui rattacher le droit à la vie
privée et à la confidentialité.
Considérations préliminaires sur la
bioéthique (4)
 L’égalité
« Tous les êtres humains naissent égaux
en dignité et en droits. »
Pas de différences génétiques
significatives entre les humains (race).
Chacun de nos génomes présente des
déficiences.
Refus de discrimination dans les soins.
Considérations préliminaires sur la
bioéthique (5)
 La solidarité
Invite à dépasser l’individualisme pour
considérer notre responsabilité à l’égard
des autres et du bien commun.
Nos responsabilités internationales.
Les valeurs doivent être considérées
comme en cohérence et en interaction.
Considérations préliminaires sur la
bioéthique (6)
3. À l’heure des choix : quelques principes.
 Respect de la vie innocente. Interdit du
meurtre.
 Principe de bienfaisance.
La règle d’or.
 Principe de prudence (ou de précaution).
Les diagnostics (prénataux ou autres).
INTRODUCTION
•
D’abord une perspective «laïque» ou humaniste.
•
Car la question fondamentale est : quelle fin de vie
est plus humaine, plus humanisante?
•
En 2e partie : la perspective de foi qui confère un
supplément de sens.
•
Définitions :
- L’euthanasie est une action ou omission visant à
donner la mort pour motif de compassion.
- L’aide au suicide : une aide fournie à une personne
qui désire se suicider.
PREMIÈRE PARTIE : ÉTAT DES LIEUX
Événements récents au QUÉBEC
• Juillet 2009
Un comité du Collège des médecins : la société
québécoise a suffisamment évolué pour tolérer
en certaines circonstances un recours à
l’euthanasie.
• 27 août
Cinq médecins présentent un mémoire au
Collège des médecins : « Non à l’euthanasie et
au suicide assisté. Aucune condition ne le
justifie. »
•
Mi-octobre 2009 - Sondage de la FMSQ :
(23 % de réponses)
- 75 % : « certainement ou probablement
favorables à la légalisation de l’euthanasie
dans un cadre législatif balisé »
- 20 % : ne la pratiqueraient certainement pas
- 83 % : les croyances religieuses doivent être
respectées
- 95 % : la sédation palliative fait partie des
soins appropriés en fin de vie
- 48 % : assimilent la sédation à l’euthanasie
- 68 % : l’euthanasie fait partie des soins
appropriés en fin de vie.
•
30 octobre 2009 - Sondage de la FMOQ :
(15 % de réponses)
- 74 % : souhaitent de nouvelles balises
réglementaires et législatives permettant le
recours à l’euthanasie
- 71 % : seraient prêts alors à avoir recours à
l’euthanasie
- 53 % : l’euthanasie, sous diverses formes et
de manière indirecte est pratiquée au Québec
• 3 novembre
Le Collège des médecins décide de ne pas
prendre position.
- Il dit que le débat doit plutôt être orienté sur
les soins appropriés en fin de vie.
- « Les projets de loi déposés jusqu’ici, de
même que le statu quo ne tiennent pas
compte de la diversité des cas qui se
présentent. »
- Le Collège et les 2 fédérations sont en
faveur d’un débat public sur le sujet.
•
3 décembre 2009
- Le gouvernement Charest accède à cette
formation d’une commission « en vue
d’étudier la question du droit de mourir dans
la dignité ».
- Du 15 au 18 février, les 8 et 9 mars, la
Commission entend une trentaine d’experts.
- Elle rédige un document qui servira à la
consultation à l’automne.
•
AU CANADA
- En 1994-1995, le gouvernement a chargé le Sénat
d’étudier la question.
- Dans son rapport : « De la vie et de la mort », il
recommande de ne pas décriminaliser l’euthanasie ou
l’aide au suicide.
- En 2005, Francine Lalonde du (BQ) présente un projet
de loi. Par 2 fois, l’abrogation du Parlement entraîne sa
mort au feuilleton.
- Pas seulement les malades en phase terminale, mais
toute personne de 18 ans et plus qui en fait la
demande, si elle éprouve des douleurs physiques ou
mentales aiguës sans perspective de soulagement.
-Deux demandes écrites à plus de 10 jours d’intervalle.
•
30 décembre : prorogation du Parlement
- Les projets de loi privés reviennent
automatiquement et à l’étape de la 1re lecture.
- 21 avril : vote en 3e lecture (59 en faveur).
- S’il avait été adopté, renvoi à un comité pour
amendements.
- Aurait été voté au plus tôt en novembre.
- Si adopté, aurait été renvoyé au Sénat.
EN D’AUTRES PAYS
•
FRANCE
- En 2003 « mission d’information et
d’accompagnement de la fin de vie ».
- Ne recommande pas la décriminalisation.
• ANGLETERRE
- En 2006, un projet de loi sur l’assistance à la
mort.
- Une coalition : « Care Not Killing ».
- La position des médecins : 65 % contre.
- Projet débouté.
- Directives contraires du système de justice.
• Des ÉTUDES SÉRIEUSES rendent prudents.
PAYS OÙ IL Y A EUTHANASIE/AIDE AU SUICIDE
• Pays-Bas
Légalement tolérée depuis 1970
En 2005, 2325 euthanasies et 9600 sédations
palliatives
• Belgique
Euthanasie possible depuis 2002
• Orégon
Loi « Mourir dans la dignité » en 1997
• Suisse
Aide au suicide accepté en 2000
• État de Washington
Aide au suicide acceptée depuis mars 2009
DEUXIÈMEPARTIE : quelle fin de vie est la
plus humaine?
Difficulté de la question
• Partisans et adversaires de l’euthanasie sont
contre l’ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE
- Possibilités de la science et de la technique
médicales
- Droit de refus de traitement
- Pas de moyens disproportionnés
- Ne pas entreprendre ou cesser certains
traitements : une hypocrisie?
•
Partisans et adversaires de l’euthanasie
craignent la DOULEUR PHYSIQUE
- Crainte de la douleur et douleur
- 95-97 % des cas soulagés convenablement
- Les autres : sédation palliative
- Hypocrisie : une dose d’analgésiques
(morphine) qui précipite la fin?
- Augmenter les doses d’opiacées « au risque
de donner la mort? »
- Exemple des pays où il y a euthanasie ou aide
au suicide.
•
Partisans et adversaires de l’euthanasie
veulent soulager la SOUFFRANCE MORALE
- Elle est souvent plus importante que la douleur
physique.
- Là où il y a euthanasie ou aide au suicide, la
majorité des demandes sont pour des motifs
de souffrance morale.
- Position des Pays-Bas.
- Mais alors la demande d’euthanasie est bien
souvent un simple appel à l’aide et à
l’accompagnement.
• Plusieurs études systématiques sur les motifs
d’intérêt pour l’euthanasie : pas les symptômes
physiques mais la détresse psychologique et le
besoin de soins appropriés.
• Exemple de l’Orégon : sur une échelle de 1 à 5,
les symptômes physiques ne dépassent pas 2.
• Le personnel soignant (et tout le monde) sait
moins comment traiter une souffrance morale.
•
Partisans et adversaires de l’euthanasie
désirent LA COMPASSION
- « Des meurtres par compassion ».
- Cette compassion diffère selon que
l’euthanasie est volontaire ou involontaire.
- Mais compatir = partager la souffrance non
éliminer la personne qui souffre, non
l’abandonner.
•
Partisans et adversaires de l’euthanasie
réclament une « MORT DANS LA DIGNITÉ »
- Le projet Lalonde : « Pour le droit de mourir
dignement ».
- Le sentiment de perte de sa dignité ne signifie
pas la perte de cette dignité.
- Les autres jouent un rôle dans cette
perception surtout quand la personne subit
une détérioration de sa condition.
La dignité :
• Ce qui est sans prix (Kant).
L’être humain et ses parties ne sont pas
commercialisables.
• La place de l’être humain dans la nature
(Pascal).
• Les liens tissés avec nos semblables, surtout à
travers le don gratuit.
• Ce qui est proprement humain (Guillaumet).
• Partisans et adversaires de l’euthanasie sont
marqués par la CULTURE MODERNE
- Place accordée aux droits individuels, à
l’autonomie, à la liberté et à la conscience
personnelle.
- Exemple de Ghislain Leblond.
- Un droit à la mort?
- À l’opposé, les valeurs de l’altruisme, de la
solidarité, du bien commun de la société.
- Exemple du docteur Raphaël Boutin.
- Volonté de contrôle?
•
•
•
•
•
CONSÉQUENCES DE L’ACCEPTATION
de l’euthanasie (1)
sur les personnes malades
priver le malade de moments importants de sa vie
exemples de Steven Fletcher et du docteur Devroede
sur la profession médicale
la confiance du malade envers son médecin
sur les personnes âgées, handicapées, grands malades
la pression exercée sur elles
sur les personnes handicapées : fermes adversaires de
l’euthanasie
sur les proches du malade
l’ambivalence de leur demande
CONSÉQUENCES DE L’ACCEPTATION
de l’euthanasie (2)
•
•
•
Sur les pouvoirs publics
les coûts du système de santé
Sur la pratique des soins palliatifs
accepter l’euthanasie conduit à les
mettre en péril
L’effet de pente glissante
l’exemple des Pays-Bas
TOUT CONSIDÉRÉ
Position de Margaret Somerville
Quelle est la manière la plus humaine et la
plus humanisante de mourir? Quelle est celle
qui respecte le mieux la dignité humaine?
DEUXIÈME PARTIE : PERSPECTIVES DE FOI
1.0 Fondements bibliques
Un interdit fondateur : le meurtre d’Abel
« Écoute le sang de ton frère qui crie vers
moi du sol » (Gn 4, 8-10)
- « Écoute » : la voix de la conscience
- « le sang de ton frère » : notre responsabilité
- « qui crie vers moi » : Dieu est concerné et se
porte garant de la vie de Caïn.
Dieu, maître de la vie
- Affirmation constante dans la Bible : le sang
comme symbole de la vie
- La vie est-elle donnée ou non?
- Un talent à faire fructifier
- Si ce n’est pas Dieu qui est maître de la vie
- Si c’est Dieu…
- Seule exception : la légitime défense
• 2.0 Le « devoir de justice et de charité »
(Jean-Paul II)
- À partir de la parabole des talents et de celle
du bon samaritain
- Exemples
- Les soins palliatifs = une bonne façon d’être
gardiens de nos frères et sœurs
Exemples de supplément de sens
apporté par la foi chrétienne
• La vie est reçue comme un don pour un
dialogue et une alliance.
• « Chrétien, reconnais ta dignité » : uni à la
divinité et enfant de Dieu.
• Notre vie = une offrande spirituelle.
• Jésus « a appris l’obéissance par la
souffrance ». Ex. de Mgr Deskur.
• L’agapè suscite des bons samaritains.
• La mort = passage sur l’autre rive de la vie.
Les positions de l’Église
Elles sont résumées dans Evangelium vitae
Celles de Pie XII sur :
• Le soulagement de la douleur
• L’acharnement thérapeutique
• La responsabilité des malades à l’égard
des décisions qui les concernent
Ont servi de guide dans les milieux de soins
de santé.
3.0 L’acceptation de notre fragilité
• Notre fragilité : scandale ou source d’espoir?
• Le christianisme et notre fragilité (Père Bro)
• La parabole des funérailles de Jean-Paul II
CONCLUSION
La vision chrétienne invite à :
• Accueillir la mort à son heure
Ni avant par l’euthanasie
Ni après par l’acharnement
• Faire confiance à Dieu : «en tes mains,
Seigneur, je remets mon souffle »
• Jeune madelinot : « quand je te laisserai la
main… »
Retour sur le travail d’atelier
Quelques pistes de réflexion et d’action
Les demandes d’euthanasie (pistes de réflexion
et d’action) (1)
La vision laïque invite au respect de 3 interdits
• « L’interdit de l’homicide proscrit de considérer
l’autre comme indigne de vivre
• l’interdit de la manipulation proscrit de
considérer l’autre… comme un simple objet à
notre service
• l’interdit du mensonge proscrit de considérer
l’autre comme indigne de recevoir la vérité. »
(Dr Gilles Voyer)
Les demandes d’euthanasie :
(pistes de réflexion et d’action) (2)
• Observer de quelle manière la demande
est faite
Exemples de demande
Qu’est-ce que la personne malade veut
dire?
• Elle exprime souvent une souffrance non
soulagée
Exemples
Les demandes d’euthanasie :
(pistes de réflexion et d’action) (3)
• Parfois la demande d’euthanasie est réelle
On peut alors penser à un mode
d’intervention en 3 temps
1er temps : accueillir, explorer, écouter, ne
pas juger, comprendre
2e temps : corriger, nuancer, offrir
3e temps : vérifier, expliquer, partager
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (1)
1. La personne malade est une personne
qui exprime sa vitalité de multiples façons
au plan corporel, émotionnel, mental et
spirituel.
2. La mort constitue une étape dans
l’évolution de la personne au même titre
que la naissance, l’adolescence, les âges
adultes et la vieillesse.
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (2)
3. La personne mourante est une personne
qui franchit la dernière étape de sa vie. À
cette phase, la vie lui offre une chance
ultime d’atteindre son identité propre, en
intégrant toutes les dimensions de son
existence.
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (3)
4. La personne malade dont on ne peut
espérer une prolongation de la vie a le
droit d’être aidée à améliorer la qualité de
la vie qui lui reste, par le soulagement de
la souffrance globale et par la meilleure
préparation possible à la mort.
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (4)
5. La personne malade a droit à la dignité.
Pour la personne mourante, cela se traduit
par la possibilité d’être soulagée, de
recevoir des soins dans un climat humain
et de choisir, dans la mesure du possible,
les conditions de vie de son étape
terminale.
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (5)
6. La personne mourante a également droit
au respect de sa personne. Bien qu’elle
vive une étape dramatique, elle demeure
un être humain à part entière. Il faut donc
respecter ses choix, ses modes
d’expression, ses réactions, son intériorité
et son intégrité physique et morale.
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (6)
7. Le droit à la vérité est fondamental pour le
mourant. Il lui permet d’être informé sur ce
qui le concerne et de prendre des
décisions appropriées.
8. Le mourant a le droit à un environnement
de nature à favoriser la satisfaction de ses
besoins affectifs. Cela implique la
présence des membres de son entourage
et celle d’un personnel attentif.
Philosophie des soins palliatifs… et
de la majorité des soins (7)
9. Le recours à l’euthanasie (active), sous
quelque forme que ce soit, est totalement
exclue.
Il apparaît que la philosophie des soins
palliatifs contribue à donner sens à la mort
d’une personne.