Bonjour tristesse - biblio

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Bonjour tristesse - biblio
Bonjour tristesse
Françoise Sagan
Livret pédagogique
correspondant au livre élève n° 88
établi par Cécile Pellissier,
certifiée de Lettres modernes,
professeur en collège
Sommaire – 2
SOMMAIRE
R É P O N S E S A U X Q U E S T I O N S ................................................................................. 3 Partie I, chapitre 1 (pp. 17 à 22) ............................................................................................................................................................ 3 Partie I, chapitre 5 (pp. 41 à 47) ............................................................................................................................................................ 4 Partie II, chapitre 2 (pp. 67 à 73) ........................................................................................................................................................... 7 Partie II, l. 2770 à 2839 (pp. 120 à 123) ............................................................................................................................................... 11 Retour sur l’œuvre (pp. 127-128) ........................................................................................................................................................ 14 Réponses aux questions du groupement de textes (pp. 147 à 155) ..................................................................................................... 15 T A B L E A U D E S C O N T E N U S .................................................................................. 17 A N A L Y S E D ’ U N E S É Q U E N C E F I L M I Q U E ..................................................................... 18 P I S T E S D E R E C H E R C H E S D O C U M E N T A I R E S ................................................................. 22 B I B L I O G R A P H I E C O M P L É M E N T A I R E ....................................................................... 23 Tous droits de traduction, de représentation et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Hachette Livre, 2014.
43, quai de Grenelle, 75905 Paris Cedex 15.
www.hachette-education.com
Bonjour tristesse – 3
RÉPONSES AUX QUESTIONS
P a r t i e
I ,
c h a p i t r e
1
( p p .
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à
2 2 )
◆ Avez-vous bien lu ?
Cécile, âgée de 17 ans / 21 ans, est venue passer ses vacances de printemps / d’été au bord de
la Méditerranée / l’océan Atlantique avec son père, un homme séduisant / très solitaire,
âgé de 40 ans, divorcé / veuf, et Elsa, la jeune maîtresse / associée de ce dernier. Le premier /
sixième jour, Cécile rencontre Cyril, un étudiant en droit / en médecine, qui lui propose de
l’initier à la navigation / au tennis. Ce même soir, elle apprend l’arrivée imminente d’Anne
Larsen, une ancienne amie / cousine de sa mère, divorcée / veuve, qu’elle admire tout en la
trouvant un peu trop bavarde / distante. Cette nouvelle lui déplaît / plaît.
u
◆ Étudier le système des temps
La narratrice – dont on apprend, à la ligne 140, qu’elle se prénomme Cécile – raconte un événement passé qu’elle situe « Cet été-là » (l. 8) et qui est coupé de sa situation d’énonciation. Elle emploie
donc le système du passé (passé simple, imparfait, plus-que-parfait, futur dans le passé).
w Dans le premier paragraphe, la narratrice évoque un sentiment qui fait désormais partie de son
quotidien et qui l’obsède durablement, dont elle connaît les particularités et les effets actuels (l. 6 :
« quelque chose se replie sur moi » ; l. 7 : « me sépare des autres »). Il s’agit donc d’un présent de durée,
d’habitude.
Aux lignes 9-10, elle insère, dans son récit au passé, un commentaire destiné à corriger une éventuelle
erreur de compréhension de la part du lecteur, afin d’éviter tout malentendu à venir et de devoir
rétablir une vérité. Elle fait ce commentaire au moment de l’énonciation ; c’est pourquoi il est au
présent.
Aux lignes 68 à 71, la narratrice exprime, sous forme d’interrogation, un doute personnel durable
qu’elle fait partager au lecteur.
x On trouve le présent et certains autres temps du système du présent (passé composé, imparfait) dans
les passages de dialogue (l. 90, l. 93-95, l. 97-98, l. 129-140 et l. 146). Les paroles des personnages y
sont rapportées directement, telles qu’elles ont été prononcées en situation d’énonciation.
v
◆ Étudier les contrastes
Adjectifs associés au bonheur et au bien-être : « heureuse » (l. 8), « jeune » (l. 12), « nouvelle et facile » (l. 16), « léger, habile en affaires » (l. 17), « toujours curieux » (l. 17), « bon, généreux, gai »
(l. 19), « gentille » (l. 27), « assez simple » (l. 28), « trop heureux » (l. 29), « grande » (l. 30), « isolée, ravissante » (l. 31), « éblouissants » (l. 36), « saine et dorée » (l. 38), « fraîche et transparente » (l. 42), « doux »
(l. 47), « facile » (l. 48), « agréable » (l. 48), « faciles » (l. 48).
Mots qui s’opposent à cette notion : « chavira » (l. 51), « fuyais » (l. 56), « brutaux, préoccupés
d’eux-mêmes » (l. 57), « drame » (l. 58), « Je n’aimais pas » (l. 59), « laideur » (l. 64), « stupides » (l. 65),
« gêne » (l. 67), « absence » (l. 67), « infirmité indécente » (l. 68), « nervosité » (l. 75), « chute » (l. 79),
« drôle de cri » (l. 82), « toussota » (l. 88).
Les champs lexicaux du bonheur et du bien-être sont fournis et très présents au début de la narration :
les vacances de « cet été-là », dont Cécile va nous faire le récit, s’annoncent heureuses et paisibles. Cependant, dès les premières lignes, le lecteur sait qu’elles vont mal se terminer et faire connaître durablement à Cécile un sentiment négatif, oppressant, jusqu’alors inconnu. Certains indices, sortes
d’avertissements disséminés tout au long du texte dès le deuxième paragraphe (l. 18 : « vite lassé ») et
dont le nombre va en s’amplifiant à partir du quatrième, orientent progressivement la pensée du lecteur vers ce malheur à venir et dont il attend déjà le récit.
U Cécile est presque parfaitement détendue, proche de l’assoupissement, prête à se laisser vaincre par
les « tendres assauts du sommeil » (l. 87-88). Elle est étendue sur un fauteuil, regarde le ciel « éclaboussé
d’étoiles » (l. 77), écoute le chant des cigales. Mais de « petits grains de sable entre [sa] peau et [son] chemisier » (l. 86-87) l’empêchent d’être parfaitement décontractée. On retrouve, ici, explicitement le topos
y
Réponses aux questions – 4
du grain de sable grippant la mécanique, se coinçant dans les rouages de la machine qui aurait dû
parfaitement fonctionner…
V Raymond refuse les « complications » (l. 149) de l’amour, qu’il estime « imaginaires » (l. 150), et, à
partir de là, rejette « les notions de fidélité, de gravité [et] d’engagement » (l. 150-151), pour lui « arbitraires » et « stériles » (l. 152). Cécile se laisse convaincre parce que, d’une part, elle sait que son père
est tendre et dévoué à la femme qu’il courtise (et cela d’autant plus qu’il a décidé que la liaison ne sera
pas inscrite dans la durée) et que, d’autre part, elle-même n’a pas envie d’être fidèle (et cela d’autant
plus qu’elle ne connaît pas encore grand-chose au sentiment amoureux).
W Dans le premier paragraphe, le ton de la narratrice est grave. Elle tente de définir le sentiment fort
qu’elle éprouve, l’associant à la tristesse mais aussi à la honte, à l’ennui, au regret, au remords et à
l’égoïsme. Elle fait preuve de maturité, d’introspection ; elle indique son doute et semble se remettre
en question en faisant amende honorable. Ce n’est pas le cas dans le reste du récit qui donne à voir au
lecteur une situation heureuse, légère et inconséquente, et des personnages plutôt superficiels.
Ce premier paragraphe indique que le récit va être chargé de gravité et que les faits relatés ont amené
irrémédiablement la narratrice à vivre une situation assez oppressante, peut-être difficile.
◆ Étudier l’incipit
Cécile adresse son explication au récepteur, le lecteur, celui à qui elle raconte son histoire. Elle ne
veut pas qu’il y ait de malentendu, que l’on puisse penser que son père est marié, qu’il trompe sa
femme et part en vacances avec sa maîtresse en même temps que sa fille. Elle veut anticiper toute
mauvaise interprétation afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté et que le comportement paternel ne soit ni
mal interprété ni jugé. Cette précaution lui tient à cœur ; elle affirme même qu’elle est indispensable
(on rappellera aux élèves que les mœurs étaient très différentes en 1954 et que beaucoup de choses,
entre autres vivre en couple sans être marié, « ne se faisaient pas »).
at Le premier paragraphe est intrigant. Le lecteur se demande ce qui a pu se passer de si « grave » et
triste et est piqué dans sa curiosité. En outre, le mode de vie des personnages est d’emblée donné
comme étant particulier, inhabituel, « hors norme » (un veuf séduisant, une maîtresse demi-mondaine,
une jeune fille de 17 ans très libre et complice de son père, un cadre luxueux et magnifique…).
X
◆ À vos plumes !
Les élèves devront rédiger la conversation entre Raymond et Cécile selon les normes formelles de
présentation du dialogue (guillemets, tirets, ponctuation, système des temps, pronoms, déictiques…). Ils
s’appuieront sur les informations concernant les personnages fournies dans l’ensemble du chapitre et sur
la situation d’énonciation (dans quelles circonstances ces personnages ont-ils entamé cette discussion ?
quelle est la visée de chacun des énoncés ? comment peuvent-ils évoluer ? pour arriver à quelle finalité ?). Ils devront aussi tenir compte du contexte et des habitudes de vie de l’époque (1954).
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I ,
c h a p i t r e
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4 1
à
4 7 )
◆ Que s’est-il passé entre-temps ?
u
Faux : a), e), f). Vrai : b), c), d).
◆ Avez-vous bien lu ?
Selon Cécile, Elsa pense qu’elle va pouvoir « briller » lors de cette soirée à Cannes et attirer les
regards et les compliments des hommes, comme c’est le cas habituellement lorsqu’elle sort. C’est ce
que souligne Cécile lorsqu’elle évoque « sa personnalité de femme fatale » (l. 673).
w Anne est « magnifique » (l. 715), éblouissante dans sa « robe grise, d’un gris extraordinaire, presque blanc,
où la lumière s’accroch[e], comme, à l’aube, certaines teintes de la mer » (l. 711-713). Cécile et Raymond
sont admiratifs : « “Vous” êtes une réussite », s’exclame Cécile (l. 719). Quant à Raymond, il lève vers
elle un « visage ébloui » (l. 730-731).
v
Bonjour tristesse – 5
Le personnage sud-américain est passionné de théâtre et, de ce fait, « intéressant » (l. 746) pour Cécile, qui passe « près d’une heure agréable avec lui » (l. 747). Il est aussi amusant parce que éméché et
maladroit lorsqu’il danse (l. 757 : « Nous riions tellement »).
y Cécile est indignée par le comportement de son père qui a amené « une fille rousse à la mer sous un
soleil qu’elle ne supporte pas » (l. 793-794) et l’abandonne sans scrupule pour une autre, en l’occurrence
Anne.
U Cécile est directe et insultante à l’égard d’Anne, qu’elle présente grossièrement comme « une autre
dame avec qui coucher » (l. 798-799). Anne n’accepte pas sa réflexion et réagit spontanément, en la giflant.
V Elsa a compris que Raymond était en train de l’abandonner et qu’il avait noué avec Anne une
relation amoureuse. Elle pleure la fin de leur liaison.
x
◆ Étudier le thème du basculement
« Et puis un jour, ce fut la fin » (l. 670). Cette formule, qui ouvre le chapitre 5, indique que la relation établie entre Raymond et les deux femmes va se transformer. Il s’agit, en même temps, de la fin
de la liaison de Raymond et Elsa et de la fin de l’équilibre maintenu (tant bien que mal) entre les
personnages. Cécile avait conscience de cette tension et redoutait la rupture. Pour elle, c’est aussi la
fin de la sérénité et de la liberté.
X Le basculement n’est pas brutal. Le lecteur avait été averti par de nombreux indices disséminés tout
au long de la narration : Cécile a souligné, à maintes reprises, le contraste entre les deux femmes et la
supériorité d’Anne en matière d’élégance, de raffinement, et même de beauté et de charme.
at Humiliée, Elsa pourrait vouloir se venger. Mais elle est décrite comme étant « gentille » et « assez
simple » (chap. 1). En outre, elle réagit en pleurant et ne se met pas en colère. Elle va probablement
poursuivre sa carrière de « demi-mondaine » et trouver un autre amant suffisamment riche pour
l’entretenir.
Raymond est sous le charme d’Anne, qu’il admire et connaît depuis longtemps, et qui lui apporte
autre chose que ce dont il a l’habitude. Il est flatté par cette relation, bien plus valorisante que celles
qu’il entretient avec de jeunes maîtresses séduites facilement. Mais Cécile l’a présenté au chapitre 1
comme un séducteur, « vite lassé », refusant les contraintes de l’amour qu’il juge « stériles » et « arbitraires ». On peut penser que sa passion pour Anne ne va pas durer.
Anne est élégante, intelligente, raffinée, réservée. Elle est aussi indépendante, libre et autonome, car
divorcée. Mais elle n’a pas les mêmes goûts ni les mêmes relations et habitudes de vie que Raymond.
Elle a des valeurs et des principes. Elle ne peut être considérée comme une simple maîtresse et ne
peut donc avoir le même statut. Sa relation avec Raymond ne se présente pas comme facile ni établie
dans la durée. Elle pourrait être déçue et rompre. En venant s’interposer entre le père et la fille dont la
relation est fusionnelle, Anne peut se trouver confrontée à la jalousie ou l’animosité de Cécile. Or
Anne éprouve de l’affection pour Cécile, qui est la fille de son amie décédée, et la réaction de
l’adolescente ne peut la laisser indifférente.
Cécile n’est pas étonnée par le basculement. Elle avait même anticipé et prévu les événements, car elle
avait pu observer le comportement de son père et s’était rendu compte de son attirance pour Anne.
Mais elle n’apprécie pas son comportement vis-à-vis d’Elsa, qu’elle juge « dégoûtant ». Elle est tiraillée : d’un côté, elle admire Anne et souhaite lui ressembler ; de l’autre, ce modèle parfait lui pèse, car
elle ne se sent pas à la hauteur ni appartenir au même monde. Pour elle, Anne représente un obstacle
et aussi un tremplin pour accéder à une forme de vie plus raffinée et intelligente. Elle aimerait lui
ressembler mais, en même temps, en a peur. Cette ambiguïté, cette ambivalence, ne permet pas
d’envisager la façon dont Cécile va évoluer…
W
◆ Étudier le rythme du récit
Champ lexical du théâtre : « cette scène » (l. 729), « un spectacle » (l. 741), « théâtre » (l. 745),
« monstres sacrés » (l. 748).
À cette liste, on peut ajouter : « la lumière s’accrochait » (l. 712), « Elle sourit dans la glace » (l. 716), « la
silhouette d’Elsa » (l. 731-732), « la laissant tout éclairée » (l. 761-762).
ak
Réponses aux questions – 6
On peut associer le basculement raconté dans ce chapitre au « coup de théâtre » qui provoque un
retournement de situation dans l’évolution de l’intrigue au théâtre. En outre, les personnages sont
« mis en scène » : la narratrice valorise l’importance du costume (la robe grise d’Anne, le smoking de
Raymond, la robe exotique de femme fatale de Cécile), du maquillage (l. 761 : « la poudre en était
partie » ; l. 832-833 : « son rimmel de fondre »), privilégie les effets de lumière et les « arrêts sur image »
(comme dans la scène de l’escalier). La gestuelle est évocatrice (les sanglots d’Elsa, la gifle d’Anne), et
l’on trouve associées certaines formes de comiques propres au théâtre (comique de geste avec l’ébriété
du Sud-Américain). Les personnages sont typés (demi-mondaine, Sud-Américain, don juan…), et la
situation ne laisse pas d’évoquer celle d’un vaudeville, avec les répliques « d’urgence » habituelles
(comme celles, maladroites, de Cécile cherchant à protéger Elsa). La narratrice raconte l’événement
comme s’il s’agissait effectivement d’un spectacle dans lequel chacun joue un rôle.
al La narratrice ralentit particulièrement son récit à partir du moment où Anne sort de sa chambre et
se présente aux yeux de Raymond. Elle ménage ainsi un effet de suspense qui rend l’apparition
d’Anne encore plus merveilleuse pour Raymond et Cécile, ses spectateurs privilégiés qui la voient
apparaître en pleine lumière. Elsa est alors effacée ; elle va devenir une « silhouette », alors que Raymond s’est figé, comme s’il participait à un « tableau ».
Les actions de chacun des personnages sont, ensuite, données successivement et précisément, comme
si le narrateur devenu metteur en scène dirigeait ses acteurs : « Elle descendit l’escalier » (l. 725), « mon
père venir à sa rencontre » (l. 726), « Il s’arrêta en bas de l’escalier » (l. 726-727), « [posa] le pied sur la première marche » (l. 727), « le visage levé vers elle » (l. 727-728), « Elsa la regardait descendre aussi » (l. 728).
am Françoise Sagan utilise, ici, le procédé de la pause. La narratrice interrompt son récit pour faire
des commentaires : d’abord sur sa propre robe (l. 679-682), puis sur les efforts d’Elsa pour se mettre
en beauté (l. 701-703), sur la robe d’Anne (l. 711-714), enfin sur ses propres réactions (l. 804-806).
Ces commentaires sont importants, car ils vont permettre à Cécile d’expliquer et de justifier les réactions à venir des personnages : juste avant que tout bascule, elle désigne chacun d’eux en indiquant
précisément comment ils se situent les uns par rapport aux autres, aussi bien sentimentalement que
physiquement.
◆ Étudier les personnages
a) Cécile est lucide : « Je me sentais déjà hors de la course devant un spectacle où je ne pouvais plus intervenir » (l. 741-742).
b) Elsa est lamentable : « Elle avait tiré le maximum de ses cheveux desséchés et de sa peau brûlée par le
soleil, mais c’était plus méritoire que brillant. Elle ne semblait pas heureusement s’en rendre compte » (l. 701704) ; « son air de Cassandre » (l. 758) ; « Elle avait un visage consterné ; la poudre en était partie, la laissant
tout éclairée, ses traits étaient tirés. Elle était pitoyable » (l. 761-762) ; « J’aurais fait n’importe quoi pour empêcher la pauvre Elsa de pleurer, son rimmel de fondre » (l. 831-833)
c) Anne est rayonnante : « Tous les charmes de la maturité semblaient réunis en elle, ce soir-là » (l. 713714) ; « Magnifique ! dis-je. Oh ! Anne, quelle robe ! » (l. 715) ; « “Vous” êtes une réussite, dis-je »
(l. 719) ; « Anne, dit mon père, vous êtes extraordinaire » (l. 733) ; « Je vis leurs profils très proches et très
graves, étrangement beaux sous le réverbère » (l. 775-776).
d) Raymond est ébloui : « le visage ébloui de mon père, sa main tendue » (l. 730-731).
ao Cécile emploie d’abord un ton rassurant (l. 765-767 : « Ah ! je sais où ils sont, dis-je en souriant comme
s’il s’était agi d’une chose très naturelle et à laquelle elle eût pu penser sans inquiétude. Je reviens » ; l. 820821 : « Anne a été malade, dis-je d’un air léger. Papa a dû la ramener »). Puis elle tente de donner d’Anne
une image peu flatteuse (l. 824-825 : « Elle a eu des nausées, dis-je, c’est affreux, sa robe était toute tachée »).
ap À l’admiration et l’affection (l. 684-695) succèdent la colère (l. 763), l’indignation (l. 788) et
l’exaspération (l. 797).
an
◆ À vos plumes !
Cet exercice permettra de faire prendre conscience aux élèves de la particularité de l’écriture dramatique et des enjeux de l’adaptation. Ils pourront s’interroger sur ce qu’il convient de conserver du
texte du roman, ce qu’il est nécessaire de modifier et le point de vue qu’il faut adopter (point de vue
aq
Bonjour tristesse – 7
externe et neutre, le spectateur étant témoin d’une action en train de se construire et se déroulant
sous ses yeux).
Les trois décors :
– le hall de la villa, avec l’escalier ;
– la salle du casino, avec la piste de danse ;
– le parking du casino, avec la voiture.
Il sera nécessaire de couper la scène de la chambre d’Anne (l. 709-723) et celle de la route (l. 737742).
Les quatre scènes :
1. Raymond et Cécile, puis Elsa et Anne.
2. Cécile, Elsa et le Sud-Américain.
3. Cécile, Raymond et Anne.
4. Cécile, Elsa et le Sud-Américain.
◆ Lire l’image
La machine à écrire et la feuille de papier, bien engagée et à moitié écrite, sont révélatrices du métier d’écrivain.
Françoise Sagan pose allongée sur un tapis chamarré, au pied d’un large canapé. Son attitude se veut
nonchalante, son visage repose sur sa main, ses coudes sont appuyés sur un coussin en velours. Elle se
trouve dans un salon bourgeois, lieu confortable de convivialité et d’échanges. Sa figure est éclairée
par une lumière qui vient de la droite, comme s’il s’agissait de celle du soleil passant par une large
fenêtre. Ses cheveux courts en bataille ne semblent pas avoir été coiffés, ses manches sont retroussées,
elle ne donne pas l’impression d’accorder beaucoup d’attention à sa tenue, mais de vouloir plutôt se
dégager des contraintes vestimentaires et ne pas prêter beaucoup d’importance au paraître. Le regard
est malicieux, la bouche esquisse un sourire.
as Cette photo a été « mise en scène » : le doigt sur le clavier de la machine, le coussin, la lumière sur
le visage prouvent que Françoise Sagan s’est « installée » face à la photographe qui lui a demandé de
prendre la pose. En outre, on ne peut pas taper à la machine dans cette position.
ar
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◆ Que s’est-il passé entre-temps ?
Elsa est retournée à Paris. Anne et Raymond filent le parfait amour dans un hôtel à Cannes et ont
annoncé leur intention de se marier à Cécile qui s’y est fermement opposée. S’ensuivent sept jours de
parfaite tranquillité, jusqu’au moment où Anne surprend Cécile et Cyril dans une chambre, trop fougueusement enlacés à son goût. Elle congédie Cyril et impose à Cécile des révisions obligatoires en sa
présence tous les après-midi. Cécile est furieuse : elle décide de vaincre Anne, d’autant plus qu’elle a
le soutien de son père et que Cyril lui manque.
u
◆ Avez-vous bien lu ?
Cécile ne fait rien : elle « tourn[e] en rond » (l. 1286) et « rest[e] sur [s]on lit » (l. 1295), écoutant de
la musique (l. 1297) et fumant (l. 1298).
w Elsa est venue récupérer ses affaires (l. 1307 : « Je suis venue prendre mes valises »).
x Cécile veut éviter à Elsa de rencontrer Raymond et Anne, ce qui lui serait désagréable (l. 13151316).
y Cécile annonce à Elsa que Raymond et Anne vont se marier (l. 1335-1336). Elsa montre « un
visage horrifié » (l. 1337) et semble « désemparée » (l. 1341), comme si Cécile lui avait « porté un coup »
(l. 1342).
U Cécile a commencé « à dresser des plans » (l. 1401) contre Anne ; elle a débuté une entreprise de
sape à son égard en parlant à Elsa, essentiellement pour s’amuser des réactions de cette dernière et par
orgueil, parce qu’elle se sentait supérieure, formidablement habile. Mais, lorsqu’elle se retrouve face à
v
Réponses aux questions – 8
Anne, la « la vague de dégoût » déjà ressentie (l. 1408) fait place à la honte et elle se méprise ellemême : « Comment avais-je pu dire cela, accepter les bêtises d’Elsa ? » (l. 1420-1421).
◆ Étudier les discours rapportés
L. 1302 : discours indirect ; les paroles de la bonne sont incluses dans le récit au passé, ce qui
justifie l’emploi de l’imparfait (concordance des temps). Les guillemets mettent donc plutôt en évidence le « ton mystérieux » et soulignent le vocabulaire volontairement énigmatique de la bonne
(« quelqu’un en bas ») évitant de prononcer le nom d’Elsa qu’elle connaît pourtant très bien. Cécile
met ainsi en évidence et anticipe le rôle de la bonne qui va se montrer silencieusement complice de
son plan (p. 84, l. 1679-1684).
L. 1307-1308 : discours direct ; paroles d’Elsa rapportées directement.
L. 1326-1327 : même procédé ; les guillemets n’encadrent pas du discours direct mais servent, ici, à
mettre en évidence le ton faussement détaché d’Elsa (l. 1326), qui a déjà manifesté son émotion lorsque Cécile lui a parlé de son père (l. 1317-1318 : « elle ne put réprimer un petit mouvement de la tête »).
W Phrases où les propos d’Elsa sont au discours indirect libre : « Elle avait été bafouée, elle
allait lui montrer, à cette intrigante, ce qu’elle pouvait faire, elle, Elsa Mackenbourg. Et mon père l’aimait, elle
l’avait toujours su. Elle-même n’avait pu oublier auprès de Juan la séduction de Raymond. Sans doute elle ne lui
parlait pas de foyer, mais elle, au moins, ne l’ennuyait pas, elle n’essayait pas… » (l. 1382-1387).
Cécile ne rapporte pas exactement les propos d’Elsa mais brosse d’elle un portrait en action, la montrant pérorant telle qu’elle a déjà été caractérisée à de nombreuses occasions. Le discours indirect libre
permet de mettre en évidence ce flot de paroles, qui s’accélère et qui est brutalement interrompu
(comme le signalent les points de suspension) par Cécile qui « ne la support[e] plus » (l. 1388). Elsa
perd, ici, de sa gentillesse, de sa discrétion simple et de sa dignité ; elle réagit et s’agite bêtement.
Grâce à l’emploi du discours indirect libre, on « économise » une description pour le lecteur qui entend et voit en même temps Elsa.
X Cécile a envie de faire des aveux car elle est mal à l’aise ; elle éprouve des remords face à Anne et
se sent coupable d’être « incroyable ». Mais ces aveux restent silencieux car ils sont justement « incroyables » venant de sa part, moralement inacceptables et donc indicibles. L’auteur rapporte le monologue intérieur de la narratrice, montre l’évolution de sa pensée et souligne la parfaite conscience
qu’elle a de l’immoralité de ses actes jusqu’alors uniquement envisagés, soumis à la condition qu’elle
les mette en pratique. C’est ce qui justifie l’emploi du conditionnel puisque toute la suite de l’action
dépend du fait que Cécile « lanc[e] Elsa dans la comédie », ce qui n’est pas encore fait.
V
◆ Étudier le thème de la manipulation
Cécile a élaboré son plan après le départ d’Elsa : « Je me mis à dresser des plans très rapidement sans
m’arrêter un instant sur moi-même » (l. 1401-1402) ; « Je calculais, je supputais, je détruisais au fur et à mesure
toutes les objections » (l. 1405-1406). Cependant, ce plan n’est révélé que dans le monologue intérieur
(l. 1433-1448).
D’abord, Elsa fait semblant d’être amoureuse de Cyril et vient habiter chez lui. Ensuite, ils se montrent ensemble devant Raymond qui se vexe car il est vaniteux et ne supporte pas d’être rapidement
oublié, surtout avec un homme plus jeune. Cela ranime alors son désir, et il finit par tromper Anne
avec Elsa, ce qu’Anne ne peut supporter. Finalement, Anne quitte Raymond et part.
ak Cécile qualifie son plan de « logique » et « méprisable » (l. 1469). Ces adjectifs sont adaptés
puisqu’elle l’a « calcul[é] » et « supput[é] » (l. 1405) tout en ayant conscience d’être « dangereusement
habile » (l. 1408) et d’avoir envisagé ce plan par « orgueil » et à cause de sa « solitude » (l. 1410-1411).
Elle a conscience également de son pouvoir sur Elsa qu’elle peut manipuler sans difficulté, comme elle
l’a signalé précédemment (l. 1358-1359 : « J’agissais dans une sorte de vertige, je sentais exactement ce qu’il
fallait lui dire »), et qu’elle dirige facilement grâce à « la vanité, [au] sentiment » (l. 1470).
al Champ lexical du plaisir : « plaisirs du jeu, de l’eau, de la bonne conscience » (l. 1460-1461) ; « Le
succès » (l. 1465) ; « le rire stupéfait » (l. 1465) ; « l’approbation » (l. 1466) ; « C’était drôle » (l. 1472) ; « ce
plaisir extraordinaire » (l. 1474) ; « merveilleux » (l. 1479) ; « j’aimerais quelqu’un passionnément » (l. 1482).
Champ lexical de la machination : « un ressort » (l. 1476) ; « cela s’était déclenché aussitôt »
(l. 1477) ; « mécanisme » (l. 1479).
at
Bonjour tristesse – 9
À ce relevé, on ajoutera les verbes d’action propres à la machination, qui sont nombreux : « Je l’avais
prise » (l. 1470) ; « je l’avais décidée » (l. 1470) ; « j’avais visé » (l. 1472) ; « j’avais aperçu la faille, ajusté
mes coups » (l. 1472-1473) ; « percer un être, le découvrir, l’amener au jour et, là, le toucher » (l. 1474-1475) ;
« Touché ! » (l. 1477).
◆ Étudier l’argumentation
Cécile demande son aide à Elsa. Pour la convaincre, elle lui dit que :
– Raymond est tombé dans un piège car il a été manipulé par Anne qui veut l’épouser et qui, pour
cela, l’a convaincu qu’il avait besoin d’un équilibre familial et d’un foyer.
– Raymond n’est pas heureux et souffre car il aime toujours Elsa.
– Raymond est fragile et innocent et ne sait pas se défendre ; donc il a besoin d’Elsa qui peut sauver
leur amour.
– Cécile est également en danger si ce mariage se fait ; donc elle aussi a besoin d’Elsa.
– Elsa est victime d’une machination ; donc elle doit défendre son propre destin.
Cécile fait ainsi appel aux sentiments : pitié, amour, colère, affection, humanité, justice…
an D’abord, Cécile est silencieuse (l. 1325), ce qui déroute Elsa. Ensuite, elle ne la laisse pas réfléchir
posément à ce qu’elle vient de lui annoncer et poursuit son discours afin de l’étourdir (l. 1342-1344).
Puis elle se sert de sa voix et de gestes expressifs pour l’impressionner : elle se penche en avant et
baisse soudain la voix (1344-1347), parle doucement (l. 1355), répète avec énergie les mots-clés
(l. 1369 : « grand enfant »), fait résonner sa voix (l. 1371), la brise (l. 1378), détourne le visage
(l. 1380).
ao Cécile est aimable, affectueuse, attentionnée : elle porte le sac d’Anne, se précipite pour lui tendre
son peignoir, est prévenante, lui parle aimablement (l. 1412-1418).
ap Sous forme de question rhétorique (l. 1427 : « N’est-ce pas que c’est utile, le baccalauréat ? »), Cécile
reprend favorablement l’avis d’Anne qu’elle avait précédemment contré (l. 492-493 : « vous n’allez pas
me faire ça, me faire travailler par ces chaleurs… » ; l. 1062 : « Que veux-tu que ça me fasse ? » ; l. 12481249 : « Je me fous de mon examen, criai-je, vous comprenez, je m’en fous ! ») : le baccalauréat est un examen utile et elle doit l’obtenir.
On peut penser qu’à ce moment-là, Cécile est sincère ; elle vient de prendre conscience de l’inanité
de son plan : « Comment avais-je pu dire cela, accepter les bêtises d’Elsa ? Demain, je lui conseillerais de partir,
lui avouant que je m’étais trompée. Tout reprendrait comme avant et, après tout, je le passerais, mon examen !
C’était sûrement utile, le baccalauréat » (l. 1420-1424).
am
◆ Recherche documentaire
Nicolas Machiavel (1469-1527) : homme politique (auprès des Médicis à Florence), philosophe et penseur italien de la Renaissance, théoricien de la politique, l’histoire et la guerre, il fut l’un
des premiers à rejeter la conception chrétienne de la politique (prônée par saint Augustin) et à la
« laïciser », partant de l’idée qu’il s’agit d’une institution non divine, purement humaine et donc nécessairement autonome. Pour lui, la politique ne doit pas se fonder sur la religion mais la religion doit
devenir un moyen politique.
En désacralisant l’État, Machiavel le vide en même temps de toute substance morale. Il s’oppose donc
à la politique fondée sur un projet moral, et en particulier à l’idée de la « cité idéale » telle que la propose Thomas More (Utopia, 1515-1516). Pour lui, morale et politique sont deux domaines distincts.
Les gouvernements ne doivent pas faire le mal, mentir ou opprimer, sauf par nécessité, pour l’intérêt
de l’État.
Sa vision de l’homme est négative : il considère que les hommes sont méchants, c’est-à-dire inconstants et déraisonnables, incapables de tenir leurs engagements.
Ses principaux écrits : Le Prince (1513, publication posthume en 1532), Discours sur la première décade de
Tite-Live (1513-1519, publication posthume en 1531).
Le machiavélisme : dans le langage courant, le « machiavélisme » est une conception politique
basée sur le maintien du pouvoir par tous les moyens, y compris la manipulation. Par extension, ce
mot désigne une conduite perfide, tortueuse et sans scrupule, basée sur la ruse, la dissimulation, la
mauvaise foi et l’habileté.
aq
Réponses aux questions – 10
Cécile peut donc être considérée comme machiavélique, puisque, d’une part, elle agit sans tenir
compte de la morale ni des valeurs traditionnelles chrétiennes (comme la charité, la tolérance…), en
employant la ruse et le mensonge, et, d’autre part, parce qu’elle veut revenir à un état d’équilibre
qu’Anne est venue perturber et dont elle estime qu’il est nécessaire au bien-être de sa famille, c’est-àdire elle et son père. Cependant, son action n’est pas politique, essentiellement égoïste et provoquée
par des sentiments et non par un raisonnement. En cela, elle s’écarte de la définition initiale du machiavélisme.
◆ À vos plumes !
Les élèves devront tenir compte du contexte (époque, milieu social…), ainsi que du « co-texte »
(circonstances dans lesquelles chaque lettre est écrite, objectifs de Cécile). Ils devront également connaître et appliquer les règles de rédaction d’une lettre personnelle. Enfin, ils ne devront pas oublier
que chaque lettre est soigneusement rédigée, avec une visée différente, qu’elle doit laisser transparaître
les sentiments de Cécile et qu’elle se veut persuasive.
ar
◆ Lire l’image
Cécile est le personnage central de l’affiche : elle occupe la moitié de l’image, et son éclairage
proche de la surexposition contraste avec le rectangle noir où l’on distingue à peine un couple enlacé.
Elle est allongée à plat ventre sur son lit, tenant à la main une poupée qu’elle transperce et dont les
couleurs vives contrastent avec la blancheur du vêtement et du drap. Elle est habillée légèrement. Son
regard est mauvais, dirigé vers sa droite ; sa bouche, très rouge, fait la moue.
Les deux personnages de gauche enlacés, apparaissant dans un cadre noir en superposition, sont révélés
en clair-obscur. Ils sont ce à quoi pense Cécile. Le visage de la femme est caché, enfoui dans la poitrine de l’homme. On pense tout de suite au couple de Raymond et Anne, qui provoque le ressentiment de Cécile et son désir de vengeance. Mais il peut aussi s’agir de Cyril et Elsa, ses
« marionnettes », qu’elle utilise pour arriver à ses fins, ou bien d’Elsa et Raymond, se retrouvant et
provoquant la séparation de ce dernier d’avec Anne.
bt On pourra proposer :
– « Il faisait très chaud ; ma chambre était dans la pénombre, les volets clos, mais cela ne suffisait pas à écarter une
pesanteur, une moiteur de l’air insupportables. Je restais sur mon lit, la tête renversée, les yeux au plafond, bougeant à peine pour retrouver un morceau de drap frais » (l. 1292-1296) ;
– « j’étais triste, désorientée » (l. 1300) ;
– « Alors, des foules de projets se mélangèrent dans ma tête, des plans se dressèrent, je me sentis succomber sous le
poids de mes arguments » (l. 1328-1330) ;
– « Mes paroles m’accablaient… Car, en somme, c’étaient bien mes propres sentiments que j’exprimais ainsi,
sous une forme élémentaire et grossière sans doute, mais ils correspondaient à mes pensées » (l. 1362-1365) ;
– « Il était trois heures et demie : en ce moment, il devait dormir dans les bras d’Anne. Elle-même épanouie,
défaite, renversée dans la chaleur du plaisir, du bonheur, devait s’abandonner au sommeil… » (l. 1398-1401) ;
– « Je me mis à dresser des plans très rapidement sans m’arrêter un instant sur moi-même » (l. 1401-1402) ;
– « Je calculais, je supputais, je détruisais au fur et à mesure toutes les objections ; je ne m’étais jamais rendu
compte de l’agilité de l’esprit, de ses sursauts. Je me sentais dangereusement habile et, à la vague de dégoût qui
s’était emparée de moi, contre moi, dès mes premières explications à Elsa, s’ajoutait un sentiment d’orgueil, de
complicité intérieure, de solitude » (l. 1405-1411) ;
– « Quelle garce ! C’est le terme exact » (l. 1420) ;
– « Figurez-vous que je lançais Elsa dans la comédie : elle faisait semblant d’être amoureuse de Cyril, elle habitait chez lui, nous les voyions passer en bateau, nous les rencontrions dans les bois, sur la côte. Elsa est redevenue
belle » (l. 1433-1437) ;
– « Un jour, il vous aurait trompée et vous n’auriez pas pu le supporter, n’est-ce pas ? » (l. 1446-1447) ;
– « N’avais-je pas mis sur pied en cinq minutes un plan logique, méprisable bien sûr, mais logique ? » (l. 14681469) ;
– « Pour la première fois, j’avais connu ce plaisir extraordinaire : percer un être, le découvrir, l’amener au jour et,
là, le toucher » (l. 1473-1475) ;
– « Comme on met un doigt sur un ressort, avec précaution, j’avais essayé de trouver quelqu’un et cela s’était
déclenché aussitôt. Touché ! » (l. 1475-1477) ;
as
Bonjour tristesse – 11
– « Tout ce merveilleux mécanisme des réflexes humains, toute cette puissance du langage, je les avais brusquement entrevus. Quel dommage que ce fût par les voies du mensonge » (l. 1479-1482).
bk La poupée représente l’enfance, la jeunesse, l’innocence, la pureté, mais aussi le jeu.
Ici, l’utilisation qu’en fait Cécile, qui la perce au moyen d’une longue aiguille telle une poupée vaudou, peut signifier son désir de faire mal, de « percer les cœurs », en même temps que la perte de son
innocence.
bl Le thème de la manipulation est mis en valeur essentiellement par la poupée entre les mains de
Cécile et le regard de cette dernière.
La poupée est un objet, un jouet. Il s’agit, ici, de la représentation d’une petite fille. Son visage est
tourné vers celui de Cécile, sa main droite tendue dans sa direction. Cécile ne s’intéresse pas à elle ni
à ce qu’elle fait d’elle mais la manipule et la transperce, tout en regardant dans la direction du couple
enlacé.
P a r t i e
I I ,
l .
2 7 7 0
à
2 8 3 9
( p p .
1 2 0
à
1 2 3 )
◆ Que s’est-il passé entre-temps ?
u
Réponse : c) – d) – b) – g) – i) – f) – a) – h) – e).
◆ Avez-vous bien lu ?
Cécile rejette Cyril, se rendant compte qu’elle ne l’aime pas et qu’elle ne l’a jamais aimé (l. 27752778).
w Tombent de la table les lettres que Raymond et Cécile ont écrites à Anne (l. 2785-2786).
x L’enterrement a lieu à Paris (l. 2792).
y Cécile se met à pleurer en revenant de l’enterrement d’Anne, dans la voiture (l. 2803-2806).
v
◆ Étudier le récit rétrospectif
Les temps du récit au passé (système du passé) sont essentiellement employés :
– passé simple (l. 2793 : « serrâmes » ; l. 2794 : « regardai » ; l. 2797 : « vis »…) ;
– imparfait (l. 2796 : « regardait » ; l. 2800 : « déploraient »…) ;
– futur dans le passé (l. 2794 : « seraient ») ;
– plus-que-parfait (l. 2796 : « avait dû »).
La narratrice passe brutalement au système du présent, dans l’avant-dernier paragraphe, sans indiquer
visuellement le changement de période par le passage à un nouveau paragraphe. Elle emploie un présent d’habitude (l. 2828-2829 : « Quand nous nous retrouvons […], nous rions […], nous parlons […] »).
Cependant, elle a préparé ce basculement grâce à la formule « La vie recommença comme avant, comme il
était prévu qu’elle recommencerait » (l. 2826-2828), qui met clairement fin au récit rétrospectif.
V Cécile éprouve un sentiment de rancune qu’elle admet être parfaitement injustifié (l. 2798-2799).
On pourra faire réfléchir les élèves sur l’explication à donner à ce sentiment injustifié et proposer un
débat. Peut-être en est-elle encore, à ce moment-là de l’action (c’est-à-dire au moment de
l’enterrement), à un stade où elle n’a pas accepté sa responsabilité et où elle préfère rejeter la faute sur
les autres ?
W Lorsqu’elle est seule, au réveil, dans son lit, à l’aube, Cécile pense à Anne et en éprouve de la tristesse (on fera remarquer l’emploi de la majuscule pour le dernier mot du texte, qui vient personnifier
le sentiment et lui donner de l’importance).
U
◆ Étudier le registre tragique
Douleur : « l’enterrement » (l. 2792) ; « avec commisération » (l. 2796) ; « sentiment de rancune »
(l. 2798) ; « mort » (l. 2802) ; « seuls et malheureux » (l. 2805) ; « je pleurai » (l. 2806) ; « des larmes »
(l. 2806) ; « ce vide, ce vide terrible » (l. 2807) ; « le visage ravagé » (l. 2809) ; « un veuf et une orpheline »
X
Réponses aux questions – 12
(l. 2810-2811) ; « avec précaution, les yeux détournés, par crainte de nous faire mal » (l. 2813-2814) ; « Bonjour Tristesse » (l. 2839).
Fatalité : « je ne l’avais jamais aimé » (l. 2777) ; « je n’avais pas besoin de lui » (l. 2778) ; « je ne pouvais
m’en défendre » (l. 2799-2800) ; « stupide et affreux événement » (l. 2800-2801) ; « côté accidentel [de cette
mort] » (l. 2802) ; « quelque chose, venant à se déclencher » (l. 2814-2815) ; « Dieu avait rappelé à Lui »
(l. 2819) ; « hasard » (l. 2820) ; « peu fait pour la solitude » (l. 2825) ; « comme il était prévu qu’elle recommencerait » (l. 2827-2828) ; « ma mémoire parfois me trahit » (l. 2835) ; « Quelque chose monte alors en
moi » (l. 2837-2838)
at Le fait que son père hésite puis évite de marcher sur les lettres d’excuses tombées à terre agace Cécile. En contournant ces objets, qui n’ont, en principe, pas de valeur et qui n’ont plus d’utilité, Raymond leur confère une valeur sentimentale. Or Anne est morte. Ménager les lettres, c’est prendre
soin des excuses qui n’ont jamais pu être formulées, c’est leur accorder de l’importance alors qu’elles
n’ont plus lieu d’être et n’auraient même jamais dû exister. Ce geste symbolique est, pour Cécile, de
mauvais goût ; il met en évidence la situation fausse à l’origine du drame.
ak On peut dénombrer : la gêne (l. 2775), le désintérêt (l. 2777), l’agacement (l. 2788-2789), la curiosité (l. 2794), la commisération (l. 2796), la rancune (2798), l’injustice (l. 2799), le plaisir (l. 2802 et
l. 2829), la solitude (l. 2805 et 2825), le malheur (l. 2805), le soulagement (l. 2806), le vide (l. 2807),
la douleur (l. 2809), la crainte (l. 2814), la prudence et le ménagement (l. 2816), le bonheur (l. 2832),
la tristesse (l. 2839).
Le plaisir et le bonheur sont inattendus dans cette situation de deuil et s’opposent à la douleur, au
malheur et au sentiment de vide. Le désintérêt s’oppose à la curiosité, sentiment également inattendu
ici.
◆ Étudier la chute
Le personnage de Raymond n’a pas évolué. Il est resté séduisant, assez vain, toujours curieux, et
continue à plaire aux femmes. Il est toujours fidèle à ses principes de non-engagement, tels qu’ils ont
été exposés par la narratrice dans le premier chapitre.
am Non, Cécile ne semble pas éprouver un amour éperdu pour Philippe, dont il est dit simplement
qu’il lui plaît (l. 2823) et que ses rapports avec lui « ne sont pas platoniques » (l. 2830). Le début de leur
relation est présenté comme se déroulant selon des normes habituelles (l. 2824-2825 : « la fréquence et
l’imprudence des commencements »), qui sous-entendent une fin à venir selon les mêmes normes habituelles. Elle évoque également leurs « conquêtes » (l. 2829), apparemment sans importance et qui les
font rire, elle et son père.
an C’est à l’aube que le souvenir d’Anne revient à la mémoire de Cécile. C’est à ce moment-là que le
sentiment de tristesse l’envahit. C’est pourquoi elle l’accueille d’un « bonjour » et le nomme… Il
s’agit d’une personnification (indiquée par la majuscule) associée à une apostrophe.
al
◆ Recherche documentaire
Sur la tragédie antique :
On situe la première représentation d’une tragédie grecque vers 534 av. J.-C., à Athènes. Le culte de
Dionysos (Bacchus en latin), dieu de la Vigne et de la Fertilité, en fut l’origine : pour les fêtes qui lui
étaient consacrées (les fêtes dionysiaques ou bacchanales), l’État organisait, durant trois jours, un concours dramatique financé en partie par un riche citoyen (le choreute) et auquel tout le peuple assistait.
C’était donc une activité civique, ce qui explique la place occupée par les grands problèmes nationaux
de la guerre et de la paix, de la justice et du civisme, et parfois de l’actualité.
La tragédie reprenait les faits historiques, les thèmes, mythes et légendes connus de tous, diffusés depuis longtemps par l’épopée. Mais l’auteur en proposait une interprétation personnelle en mettant en
lumière une émotion, une explication, une signification qu’on n’y avait pas lues avant lui. La tragédie
mêlait deux éléments de nature distincte : le chœur (représentant la communauté) et les acteurs (représentant des individus) qui n’évoluaient pas sur le même lieu. Le chœur, mené par le coryphée, placé en
contrebas sur l’orchestra, pouvait dialoguer avec les acteurs, les conseiller, les encourager, voire les menacer ; mais il restait indépendant de l’action en cours. Il ne s’exprimait qu’en chantant ou en psalmodiant, et aussi en dansant. Les acteurs, qui se déplaçaient devant la skéné, étaient en nombre très réduit
ao
Bonjour tristesse – 13
(le protagoniste, accompagné d’un ou deux acteurs). Ils tenaient donc tous les rôles, en alternance, et
portaient de grands masques, des costumes richement ornés et des attributs distincts (sceptre du roi,
épée du guerrier, etc.), ce qui permettait au public de les discerner et de les reconnaître de très loin.
La structure de la tragédie est dirigée par le principe de l’alternance et de la contrainte spatiale. Les
deux lieux séparés, le fait qu’il n’y ait pas de rideau, le nombre réduit d’acteurs et le manque de place
obligent, dans le texte même, à distinguer différentes parties (les épisodes), séparées nettement par les
morceaux lyriques exécutés par le chœur.
En s’appuyant sur cette présentation, on constate que, comme dans la tragédie antique, Bonjour tristesse
fait varier les voix : tels le chœur et, plus particulièrement, le coryphée qui le dirige, Cécile commente l’action mais a posteriori, alors qu’elle en a été l’un des acteurs (et même le protagoniste), au
moment où les faits se sont déroulés dans un passé non daté (« Cet été-là »). Cécile met en lumière les
ressorts de cette tragédie, ce « drame » comme elle le définit, en indiquant comment les événements se
sont succédé fatalement, quelle a été son implication personnelle et dans quelle voie elle a engagé les
personnages jusqu’à les mener à un dénouement tragique. Elle accorde sa place à la fatalité, représentée essentiellement par l’effet engourdissant du soleil, dont les occurrences sont très nombreuses
(l. 323-325 : « Je me rends compte que j’oublie, que je suis forcée d’oublier le principal : la présence de la mer,
son rythme incessant, le soleil » ; l. 944-945 : « le soleil m’engourdissait »). Mais, tout en mettant en avant
l’influence de ce soleil estival, son jeune âge et son immaturité, Cécile indique la conscience qu’elle a
désormais douloureusement acquise des causes et conséquences de ses actes : « C’est ainsi que je déclenchai la comédie. Malgré moi, par nonchalance et curiosité. Je préférerais par moments l’avoir fait volontairement
avec haine et violence. Que je puisse au moins me mettre en accusation, moi, et non pas la paresse, le soleil et les
baisers de Cyril » (l. 1609-1613).
Tout comme dans la tragédie antique, le nombre des personnages (les acteurs) est réduit dans ce roman, et ils sont suffisamment caractérisés dès le début pour que le lecteur puisse les distinguer aisément et anticiper sur l’action à venir (l. 509-511 : « Nous avions tous les éléments d’un drame : un
séducteur, une demi-mondaine et une femme de tête »). Cécile a également annoncé, au début de son récit,
que l’issue en est fatale, associant, dès la fin du chapitre 3, le bonheur perdu à l’image du coquillage
porte-bonheur ramassé, conservé et dont la présence aujourd’hui lui « donne envie de pleurer » (l. 511517).
◆ À vos plumes !
Il s’agit d’une narration à la 1re personne avec point de vue interne. Cyril ne connaît pas toutes les
données et ne peut parler que de ce qu’il sait ou imagine. Les élèves devront tenir compte des sentiments exprimés par Cyril vis-à-vis de Cécile tout au long du récit et de la caractérisation de ce personnage (beau, sécurisant, responsable, scrupuleux… et sincèrement amoureux). L’accent devra être
mis sur sa souffrance et son incompréhension.
ap
Réponses aux questions – 14
R e t o u r
s u r
l ’ œ u v r e
( p p .
1 2 7 - 1 2 8 )
Henri Beyle = Stendhal / Aurore Dupin = George Sand / Eugène Grindel = Paul Eluard / JeanBaptiste Poquelin = Molière / Françoise Quoirez = Françoise Sagan
v Victor Hugo = Bug-Jargal / Cécile Coulon = Le Voleur de vie / Raymond Radiguet = Le Diable au
corps / J.-M. G. Le Clézio = Le Procès-verbal / Alain-Fournier = Le Grand Meaulnes
w « aimable et lointaine » = Anne / « d’une beauté qui donnait confiance » = Cyril / « gentille, assez simple
et sans prétentions sérieuses » = Elsa / « léger, habile en affaires, toujours curieux et vite lassé » = Raymond
u
x
Bonjour tristesse – 15
R é p o n s e s
a u x
q u e s t i o n s d u g r o u p e m e n t
( p p . 1 4 7 à 1 5 5 )
d e
t e x t e s
◆ Document 1 : Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses
A. La marquise de Merteuil a essentiellement acquis le « talent » de la dissimulation, associé à
l’observation et à la réflexion. C’est la curiosité qui a permis de faire s’épanouir ce talent, elle-même
liée au fait que, jeune fille, elle s’opposait à l’idée qu’on puisse chercher à régler sa pensée, à la lui
« ravir » ou à la lui « surprendre ».
B. L’emploi répété de la 1re personne est révélateur de la haute opinion que la Marquise a d’ellemême. Les adjectifs qu’elle emploie pour qualifier son comportement sont mélioratifs : « utile curiosité », « regard distrait que vous avez loué », « Encouragée », « non contente de », « sûre de mes gestes », « utile ».
En outre, de nombreux termes appartiennent aux champs lexicaux de la réussite et du talent :
« m’instruire », « m’apprit », « guider à mon gré », « j’obtins », « succès », « Munie de ces premières armes »,
« je possédais déjà les talents », « réputation », « science ».
Les verbes mettent également en évidence son assiduité, son indépendance et sa force de caractère,
exprimant ainsi avec force sa volonté précoce et tenace de se former à l’art de la manipulation : « j’ai
su en profiter pour », « je recueillais avec soin », « je m’indignais », « j’en essayai l’usage », « je m’amusais »,
« j’observais mes discours », « je réglai les uns et les autres », « je ne montrai plus que », « je possédais déjà »,
« je voulais acquérir ».
C. Cet art de la manipulation profite habituellement à « nos politiques ».
◆ Document 2 : Guy de Maupassant, Notre Cœur
A. Les points d’exclamation des trois premières phrases soulignent l’indignation et la colère, associées
à une certaine admiration.
B. Vocabulaire militaire : « envahis », « conquis », « dominés par sa puissance invincible », « guerre »,
« conquête », « hommages », « agenouillements », « enrégimenté », « le droit de conquête », « gouvernait »,
« adresse savante », « expulsait », « reprenait ».
La femme se comporte comme un conquérant dominateur qui fait la guerre pour obtenir des biens
qui ne lui appartiennent pas, envahit les territoires d’autrui et soumet les populations en les contraignant à une obéissance absolue.
◆ Document 3 : Émile Zola, Thérèse Raquin
A. Arguments qui justifient d’établir
une relation amoureuse
Arguments qui incitent
à renoncer
à la relation amoureuse
• Thérèse est laide (« le nez long, la
bouche grande »).
• Laurent n’éprouve aucun sentiment
pour elle (« Je ne l’aime pas du tout »).
• Une relation avec elle risque de lui
attirer des ennuis (« Je vais peut-être
m’attirer quelque mauvaise histoire »).
• Thérèse sera facile à séduire (« Je parie qu’elle tombe tout
de suite dans mes bras »).
• Elle ne coûtera rien (« elle ne lui coûterait rien ») et il fera
l’économie des prostituées qu’il a « à bas prix » (« l’argent
étant rare »).
• Il aura, avec Thérèse, « l’occasion de […] repaître un
peu » sa chair qu’il « sevrait » par obligation (« depuis
longtemps il n’avait pas contenté ses appétits », « Thérèse
apaiserait les brûlures de son sang »).
• Thérèse a « intérêt à tout cacher ».
• Laurent peut « la planter là aisément quand il voudrait ».
• Laurent ne craint pas Camille, qui est frêle : « il
l’assommerait d’un coup de poing, s’il faisait le méchant ».
• « Mme Raquin le cajolerait comme une mère ».
• « Camille, en causant avec lui, l’empêcherait de trop
s’ennuyer, le soir, dans la boutique ».
B. Laurent a décidé de la séduire : « Dès lors, il vécut dans une douce quiétude, attendant l’heure. »
Réponses aux questions – 16
C. Il est amoral de mentir à son ami, séduire sa femme et, par intérêt, profiter des biens d’autrui,
avoir une relation adultère…
◆ Document 4 : Amélie Nothomb, Antéchrista
A. Les gestes, les regards et les paroles de Christa sont étudiés, et elle semble jouer un rôle : « une
aisance formidable et un sourire lumineux » ; « Elle s’approcha de lui et […] lui colla deux baisers sur les
joues » ; « Christa était suspendue à ses lèvres » ; « au terme d’un petit silence très étudié, déclara avec une simplicité tragique » ; « Et elle baissa les yeux » ; « avec l’entrain d’une fille courageusement pudique » ; « Enjouée,
Christa reprit la parole » ; « elle embrassa ma mère en disant ».
B. Christa se montre simple, naturelle et humble (« Appelez-moi Christa », « Et elle baissa les yeux »),
affectueuse (« elle lui colla deux baisers sur la joue », « elle embrassa ma mère »), attentive (« Christa était
suspendue à ses lèvres »), élogieuse (« Votre appartement est magnifique », « C’est délicieux »), flatteuse
(« C’est vrai, vous êtes jeunes, je me sens stupide de vous vouvoyer »). Elle est aussi enjouée et souriante
(« C’est gentil de m’héberger pour cette nuit », « un sourire lumineux ») et fait vibrer la corde sensible en
sollicitant des sentiments comme la pitié (« Je viens d’un milieu défavorisé ») et l’admiration (« Il faudra
bien », « avec l’entrain d’une fille courageusement pudique »).
C. La narratrice est d’abord étonnée, interloquée, puis indignée, révoltée par le toupet de Christa
(« J’avais envie de la gifler »). Elle est exaspérée par l’aveuglement de ses parents (« j’enrageais que mes
parents fussent séduits »). Mais elle éprouve aussi un sentiment de honte et de culpabilité vis-à-vis
d’elle-même (« Je mis cela sur le compte de mon mauvais esprit et m’en voulus »).
◆ Document 5 : Le Caravage, Les Tricheurs
A. Les personnages sont riches : ils sont vêtus de vêtements aux tissus soyeux, ornés de dentelles et de
rubans ; les chapeaux sont décorés de plumes. L’homme de dos arbore une dague à la ceinture, symbole de noblesse (les bourgeois n’étaient pas alors autorisés à porter des armes en public). Ils jouent sur
une table recouverte d’un lourd et riche tissu. Cependant, quelques signes laissent penser que cette
richesse est douteuse, pour l’un d’entre eux en tout cas : celui qui porte un gant troué.
B. Les « tricheurs » sont le personnage de dos du premier plan et celui de face à l’arrière-plan qui lève
la main. Le premier a des cartes cachées dans le dos, coincées dans la ceinture de son pourpoint : il
semble suivre les instructions du second, qui observe le jeu du jeune joueur et lui fait des signes de la
main ; son visage est expressif car il est attentif à ce qui est en train de se passer et suit avec vigilance
l’évolution du jeu.
C. Le personnage de gauche est mis en valeur. Il s’agit de la victime, qui paraît plus pure, plus innocente et aussi plus jeune que les deux autres personnages. Il est mis en valeur par son visage très pâle,
fortement éclairé et qui ressort dans ses vêtements sombres, ainsi que par la place qu’il occupe entre
les deux acolytes. En outre, il est statique, alors que les tricheurs esquissent chacun un mouvement,
très furtif. Il paraît plus riche et va probablement « se faire plumer » (comme l’indiquent les plaques
placées devant son adversaire, alors qu’il n’y en a aucune devant lui).
Bonjour tristesse – 17
TABLEAU DES CONTENUS
QUESTIONNAIRES
LECTURE,
COMPRÉHENSION
NOTIONS
LITTÉRAIRES
ÉTUDE DE LA LANGUE
EXPRESSIONS
ÉCRITE ET ORALE
1. Première partie,
chapitre 1
Une scène d’ouverture
contrastée
• Étudier les contrastes
• L’incipit
• Le système des temps :
passé/présent
• Les champs lexicaux du
bonheur et du bien-être
2. Première partie,
chapitre 5
L’amorce du déséquilibre
• Étudier le thème du
basculement
• Étudier les personnages
• Lire un portrait photographique
• Le rythme du récit
• Le champ lexical du théâtre • Rédiger un texte dramatique en adaptant
un récit
3. Deuxième partie,
chapitre 2
Les marionnettes de Cécile
• Étudier le thème de la
manipulation
• Lire une affiche de film
• L’argumentation : convaincre et persuader
• Les discours rapportés :
• Rédiger des lettres à visées
direct, indirect, indirect libre différentes
• Le conditionnel
• Les champs lexicaux du
plaisir et de la machination
4. Deuxième partie,
fin du chapitre 11 et
chapitre 12
Un dénouement tragique
• Repérer le déroulement
• Le récit rétrospectif
chronologique des événe• La chute
ments
• La tragédie antique
• Étudier le registre tragique
• Étudier les sentiments
• Étudier l’évolution des
personnages
• L’énonciation
• Le vocabulaire de la
douleur et de la fatalité
• Rédiger un dialogue
argumentatif
• Réécrire une scène en
changeant le point de vue
Analyse d’une séquence filmique – 18
ANALYSE D’UNE SÉQUENCE FILMIQUE
Analyse d’une séquence du film américain
Bonjour Tristesse d’Otto Preminger (1958),
adapté du roman de Françoise Sagan (1954).
◆ Nature de l’œuvre
Film en couleurs et en noir et blanc :
– Les séquences en noir et blanc correspondent au moment de l’énonciation et présentent la vie quotidienne de l’héroïne Cécile, jeune fille nantie et blasée, qui évoque sa lassitude, son mal-être et son
désintérêt pour les choses de l’amour (et ses amoureux en général). Le film se termine sur un gros plan
de Cécile en larmes en train de se couvrir le visage d’une épaisse couche de crème de soins.
– Les séquences en couleurs (très vives, presque trop crues) correspondent à des flash-back : Cécile
raconte les événements qui se sont produits l’été précédent.
◆ Fiche technique
Format : 35 mm
Genre : adaptation littéraire – drame
Scénario : Arthur Laurents
Photographie : Georges Périnal
Cadrage : Denys N. Coop
Son : David Hildyard, Red Law
Mixage son : David Hawkins
Montage : Helga Cranston
Musique : Georges Auric
Producteur : Otto Preminger
Acteurs principaux : Jean Seberg (Cécile), Deborah Kerr (Anne Larsen), David Niven (Raymond), Mylène Demongeot (Elsa), Geoffrey Horne (Philippe – Cyril dans le roman), Martita Hunt
(la mère de Philippe), Walter Chiari (Pablo – Juan, le Sud-Américain dans le roman)
Date de sortie en France : 7 mars 1958
Date de sortie aux États-Unis : 28 mars 1958
Durée : 94 min
◆ Séquence analysée : la sortie au casino
Cette scène du film est à comparer avec le chapitre 5 de la première partie (pp. 41-47).
Plan
1
Minutage
de 38’30
à 39’20
Lieu et
moment
Sur la terrasse de
la villa,
juste après
le coucher
du soleil
(le ciel est
encore un
peu
rouge).
Action
Personnages
L’apéritif. Avant de partir au
casino, les personnages en
tenue de soirée prennent une
coupe de champagne. Elsa
annonce à Cécile et Philippe
que, selon son horoscope,
c’est un jour de chance (c’est
la nouvelle lune) et qu’elle a
l’intention de jouer au craps,
un nouveau jeu américain.
Anne, toujours face à Raymond, est très gaie. Elsa lui
signale un peu sèchement
qu’elle va bientôt être
« complètement pif ».
C’est Anne qui domine :
elle est au premier plan, au
centre ; elle se fait servir par
la domestique (alors qu’Elsa,
Raymond (veste claire)
et Philippe (veste grise)
en pantalon sombre ;
Anne en bleu (symbole
du calme et de la
sagesse) ; Cécile en
blanc (pureté, innocence) ; Elsa en rouge
(exubérance
et sensualité) ; et
la domestique en noir
et de dos (on la voit de
profil en train de boire
le contenu d’un verre
qu’on suppose être du
champagne).
Mouvements
de la caméra
Plan fixe moyen.
Musique,
bruitages
Le vent et
les cigales.
Montage
(transition)
Fondu.
Bonjour tristesse – 19
Plan
Minutage
Lieu et
moment
2
de 39’23
à 40’44
Au casino,
à la nuit
tombée.
3
de 40’45
à 43’03
Au bar
du casino,
1 h après
environ.
Action
derrière, vient se servir sur
la table en se faufilant).
C’est aussi Anne qui donne
le signal du départ.
Cécile et Philippe sont au
fond, en arrière-plan : ils sont
observateurs et faire-valoir,
et ils conserveront ce rôle une
grande partie de la séquence.
Le casino. Anne et Cécile
arrivent au bras de Philippe
(on comprend qu’ils ont pris
la même voiture, alors que
Raymond et Elsa étaient dans
l’autre). Ils rejoignent la table
de jeu où se trouvent Elsa, en
train de jouer aux dés, et
Raymond, sur le côté, qui la
regarde. Anne le rejoint, lui
touche le bras et lui sourit ;
tous deux contournent la
table et s’éloignent immédiatement vers la gauche,
sortant du champ : Anne
manifeste ainsi son désintérêt
pour le jeu. Cécile et Philippe
s’approchent d’Elsa ; la mère
de Philippe est aussi en train
de jouer, ce qu’il n’a pas l’air
d’apprécier (« Eh bien, que
fais-tu là, maman ? »). Elle fait
des compliments à Cécile sur
sa « pétulante jeune amie »
(mais, demande-t-elle avec
perfidie, Elsa est peut-être
l’amie de son père…) qui est
« prodigieuse » et « ne perd
jamais ».
La « victoire ». Elsa est en
train d’échanger les jetons
qu’elle a gagnés et empoche
une grosse liasse de billets en
riant et en répétant le mot
« victoire ». Suivie de Pablo
en veste blanche et à la
démarche chancelante,
tenant une flûte, elle se dirige
vers le bar et rejoint Cécile et
Philippe à qui elle présente
« un vieil ami […], Pablo di
Lamo ». Pablo se dit riche.
Elsa demande où est Raymond ; Cécile lui dit qu’il
« danse probablement ». Elsa
sort du champ par la droite.
On comprend qu’elle va le
chercher sur la piste de danse.
Elle revient contrariée et
inquiète (« Je ne les ai vus
nulle part »), mais aussi lucide
(« Heureuse au jeu, malheureuse en… »). Pablo la
réconforte. Philippe puis
Cécile lui proposent d’aller
chercher Raymond et Anne.
Mouvements
de la caméra
Musique,
bruitages
Anne, Cécile, Philippe,
Raymond, Elsa, la mère
de Philippe (à la robe
verte comme les tapis
de jeux d’argent qu’elle
semble affectionner,
comme l’indique sa
réflexion : « Vous n’avez
pas de sang de joueur
dans les veines ») et les
clients du casino, en
train de jouer ou de
regarder.
Elsa est rayonnante,
joyeuse.
Cécile et Philippe sont
observateurs.
Anne et Raymond sont
absents.
1) Plan de demiensemble :
les personnages
s’approchent de
la caméra.
2) Plan taille :
les personnages
rejoignent
la table de jeu
(travelling
arrière +
panoramique à
gauche + léger
travelling
arrière).
3) Plan fixe
américain :
les personnages
sont à la table
de jeu
(+ panoramique à
gauche).
La rumeur
des conversations,
le choc
des dés
heurtant
la table de
jeu.
Fondu.
Elsa, Pablo, Philippe et
Cécile.
1) Plan fixe
taille : au
comptoir de
la caisse. Elsa
et Pablo se
déplacent,
ensuite, vers
le bar (travelling
arrière +
panoramique à
gauche).
2) Plan fixe
taille :
les personnages
sont au comptoir du bar.
La rumeur
des joueurs,
les verres
qui s’entrechoquent.
Fondu.
Personnages
Montage
(transition)
Analyse d’une séquence filmique – 20
Plan
4
5
6
Minutage
de 43’04
à 43’23
de 43’23
à 44’55
de 44’55
à 45’21
Lieu et
moment
Au casino,
10 min
après
environ.
Action
Personnages
La quête. Cécile est partie
chercher Anne et Raymond,
alors que Pablo et Philippe
sont restés auprès d’Elsa. Elle
soulève le pan du rideau de
la grande baie de la salle,
et l’on voit les luxueuses
voitures garées devant la
mer, de l’autre côté de la rue.
Son sourire indique qu’elle
sait que Anne et Raymond se
trouvent dans la voiture de ce
dernier. Elle accélère le pas.
On comprend qu’elle part les
chercher.
Cécile.
Dans
la décapotable de
Raymond
garée
devant
le casino.
L’aveu et le baiser.
Raymond courtise Anne, en
train de fumer une cigarette.
Elle lui dit sa méfiance à son
égard et lui demande de
préciser ses rapports avec
Elsa : « Raymond, je ne peux
rien prendre à la légère. »
Raymond jette la cigarette
d’Anne et l’embrasse. Anne
résiste un peu, puis se laisse
aller et lui rend son baiser.
Aussitôt, Raymond démarre
la voiture malgré les protestations d’Anne.
Anne et Raymond.
Devant
le casino,
aussitôt
après.
La révélation 1. Cécile
regarde la voiture de son père
qui s’éloigne, puis elle
retourne au casino. Le vigile
(ou portier), placé à gauche
de la porte à côté d’un couple
de joueurs, la salue.
Cécile.
Mouvements
de la caméra
1) Plan fixe de
demi-ensemble :
Cécile s’avance
vers la caméra,
puis s’en écarte
vers la droite
(léger panoramique à droite).
2) Plan fixe
d’ensemble :
au premier plan,
la rue où passe
une voiture.
À l’arrière-plan,
les voitures,
les palmiers puis
la mer.
3) Plan fixe
taille :
Cécile s’avance
vers la caméra,
puis sort du
champ.
Plan fixe
rapproché.
En amorce :
l’essuie-glace,
le rétroviseur et
le volant, qui
offrent aux deux
personnages
une sorte de
paravent, de
protection. En
arrière-plan,
la partie basse
de la terrasse
du casino, sur
laquelle marche
lentement un
vigile (ou un
portier) en
blanc.
1) Plan fixe
rapproché :
derrière Cécile,
la terrasse du
casino apparaît
plus largement ;
la grande porte
est visible
entièrement ;
Cécile est placée
plus haut que
la voiture de
sport, et elle
est debout :
elle domine.
2) Panoramique
à droite puis à
gauche :
Cécile s’éloigne
de la caméra qui
la filme de dos.
Musique,
bruitages
Montage
(transition)
1) Montage
cut.
2) Le rideau qui
est soulevé
puis
rabattu
sert
à encadrer
l’espace.
Bruit de
la mer
(vagues)
+ moteur de
la voiture qui
démarre.
Montage
cut.
Voix off :
Cécile
exprime ses
sentiments,
indiquant
qu’elle est en
même temps
contrariée
pour Elsa
et fière du
succès remporté par son
père qui a pu
obtenir « l’inaccessible
Anne »
+ moteur
d’une voiture
puissante qui
s’éloigne.
Enchaînement de
l’action :
Cécile
surgit par
la gauche.
Bonjour tristesse – 21
Plan
7
Minutage
de 45’22
à 46’45
Lieu et
moment
Au bar
du casino,
aussitôt
après.
Action
Personnages
La révélation 2. Cécile
raconte qu’Anne a été malade
et que Raymond l’a raccompagnée. Elsa éclate en
sanglots et fait ses adieux à
Philippe et Cécile. Pablo
l’emmène avec lui : ils sortent
du champ par la droite.
Ensuite, départ de Cécile et
Philippe de la même façon.
Cécile, Philippe, Pablo,
Elsa.
Mouvements
de la caméra
1) Plan fixe de
demi-ensemble :
Cécile s’avance
vers la caméra
+ léger panoramique à
gauche.
2) Plan fixe
taille :
les personnages
sont au comptoir du bar.
Musique,
bruitages
Voix off qui
se poursuit
(début)
+ rumeur de
la foule des
joueurs.
Montage
(transition)
Montage
Cut.
Fermeture
au noir.
◆ Suggestions pour un travail en classe
• On proposera aux élèves :
– de relever les différences entre le roman de Françoise Sagan et l’adaptation cinématographique proposée par Otto Preminger : noms et nombre des personnages ; choix des vêtements, des couleurs ;
déroulement de l’action ; enchaînement des péripéties ; implication des personnages ; etc. ;
– d’exprimer, ensuite, un avis argumenté sur le choix du réalisateur qui a modifié et même supprimé
certaines scènes « fortes » du roman : comment justifier, par exemple, l’absence de la robe grise
d’Anne, celle de sa descente somptueuse de l’escalier sous l’œil ébloui de Raymond, celle de la gifle
faisant suite à la colère de Cécile découvrant Raymond et Anne dans la voiture, etc. ? comment justifier la présence de Philippe/Cyril et celle de sa mère, ainsi que la caractérisation qui est faite de cette
dernière (joueuse, noctambule…) ? comment justifier la scène ajoutée de l’apéritif et les propos d’Elsa,
complètement absents dans le roman ?
• On leur demandera également de s’interroger sur le point de vue adopté dans le film : est-il interne,
comme dans le roman, omniscient ou encore externe (celui du spectateur qui construit le sens au fur
et à mesure que l’action progresse) ?
• On pourra aussi attirer leur attention sur les comportements (les femmes au bras des hommes, le
vouvoiement…) et sur les objets symboliques révélateurs d’un mode de vie et d’une époque (le
champagne, les robes de soirée, les voitures, la cigarette d’Anne…), de même que sur l’utilisation qui
est faite des sons et des voix (rumeurs, dialogues, petits cris d’Elsa, voix off…), mettant ainsi en évidence les caractéristiques plurielles du langage cinématographique.
Pistes de recherches documentaires – 22
PISTES DE RECHERCHES DOCUMENTAIRES
En prolongement de l’étude du roman de Françoise Sagan, on pourra proposer des recherches documentaires sur :
a) Les romans et les albums qui mettent en scène un protagoniste adolescent :
– Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes (coll. « Bibliocollège », Hachette Livre) ;
– Irène Némirovski, Le Bal (coll. « Bibliocollège », Hachette Livre) ;
– Anne Frank, Journal ;
– Albert Camus, Le Premier Homme ;
– Romain Gary, La Promesse de l’aube ;
– Marjane Satrapi, Persepolis…
b) Les films dont le ou les héros sont des adolescents :
– Les Quatre Cents Coups de François Truffaut (1959) ;
– Outsiders de Francis Ford Coppola (1983) ;
– L’Effrontée de Claude Miller (1985) ;
– Stand by Me de Rob Reiner (1986) ;
– Juno de Jason Reitman (2007) ;
– Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (2007)…
c) Les représentations artistiques de l’adolescence : peinture (Picasso, Balthus…) ; sculpture (Rodin, Claudel, Pétrus…) ; photographie (Doisneau, Boubat…)…
d) Les différentes affiches du film d’Otto Preminger (1958) et les critiques parues
dans la presse spécialisée de l’époque.
e) Des interviews de Françoise Sagan, et particulièrement celle menée de façon burlesque par
Pierre Desproges (plus d’une centaine de vidéos disponibles gratuitement sur le site Ina.fr) ;
l’interview de Sylvie Testud à la sortie du film Sagan de Diane Kurys (YouTube) ; celle de Denis
Westhoff sur le site www.biblio-hachette.com.
f) La réception du roman et les critiques parues dans la presse en 1954.
Bonjour tristesse – 23
BIBLIOGRAPHIE COMPLÉMENTAIRE
◆ Sur l’œuvre de Françoise Sagan
On trouvera la liste exhaustive des œuvres de Françoise Sagan (romans, pièces de théâtre, nouvelles,
entretiens, chroniques, essais et livrets) sur le site de l’association www.francoisesagan.fr ainsi qu’une
proposition de biographies choisies (non exhaustive).
◆ Sur la vie quotidienne en France de 1945 à 1975
VIDÉO
On pourra regarder le document filmé proposé par l’INA et observer des images réelles (tenues vestimentaires, voitures, distractions…) sur le site http://www.ina.fr/video/CPC75052077 ou
http://www.ina.fr/playlist-audio-video/127601.
BIBLIOGRAPHIE
– Bernard Chambaz et Paul Almazy, Les Vingt Glorieuses : la vie quotidienne en France (1950-1970),
coll. « Histoire du XXe siècle à nos jours », Seuil, 2007.
– Dominique Veillon, Nous, les enfants (1950-1970), coll. « La Vie quotidienne », Hachette Littératures, 2003.
– C’était comme ça en France… (1945-1975) : les Trente Glorieuses, coll. « Gründ Histoire », Gründ,
2013.
– « La France heureuse (1945-1975) : les Trente Glorieuses », hors-série Paris-Match/Historia, juillet 2012.