MÉDICAMENTS
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MÉDICAMENTS
M ÉDICAMENTS ET PERSONNES ÂGÉES Au fur et à mesure que les personnes vieillissent — et que leurs risques de maladies chroniques augmentent — elles ont tendance à prendre de plus en plus de médicaments ce qui accroît leurs risques d’effets indésirables graves, d’interactions médicamenteuses et de faible fidélité aux traitements. De plus, l’emploi de traitements inappropriés augmente tout comme la sousutilisation de traitements potentiellement bénéfiques. Une attention particulière à établir un bon équilibre entre les risques et les bénéfices des différents schémas thérapeutiques pour chaque patient, peut prévenir les réactions indésirables graves et améliorer, de façon globale, le mieux-être des patients âgés. Ce module vise à: • • • améliorer la connaissance des interactions médicamenteuses importantes, des médicaments sous-utilisés et de ceux à éviter chez les patients âgés. souligner les stratégies pour revoir et personnaliser le schéma thérapeutique le plus approprié pour optimiser les AVQ/AVD des patients âgés prendre en considération les facteurs individuels de chaque patient (p.ex., comorbidités, objectifs du patient), ce qui implique donc une communication franche sur les risques et les bénéfices. HISTOIRES DE CAS Cas numéro 1: Anna, âgée de 88 ans Anna est une nouvelle patiente qui s’est ajoutée à votre pratique et qui vient vous consulter aujourd’hui parce qu’elle a des problèmes de sommeil, de fatigue et de douleurs. Il y a trois mois, elle est tombée dans sa maison et s’est fracturée une côte. Même si elle a bien récupéré, elle a déménagé pour être plus près de sa fille qui peut ainsi garder un œil sur elle. Anna vit maintenant dans un appartement pour personnes âgées qui offre quelques services notamment, l’aide d’un préposé aux bénéficiaires et des soins infirmiers. Elle n’aime pas MODULE DE FORMATION Vol. 20(8), Août 2012 © La Fondation pour l’éducation médicale continue Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 • dimenhydrinate (Gravol®) prn, si nausées • diphenhydramine (Benadryl®) utilisée à l’occasion, si prurit cutané. Quelle serait votre approche pour prendre en charge Anna pour le moment? les préposés, car ils ne font jamais ce qu’elle veut et il semble que c’est un préposé différent qui se présente à chaque fois. Sa fille décrit sa mère comme étant difficile et jamais contente. Anna se plaint de fatigue durant la journée et de troubles du sommeil; elle mentionne qu’elle dort quatre heures puis demeure réveillée tout le reste de la nuit. Elle souffre de constipation et a peu d’appétit. Elle a de la douleur aux épaules et aux genoux. Cas numéro 2: Noëlla, âgée de 86 ans Les antécédents d’Anna comprennent de l’arthrose aux épaules, aux genoux et aux hanches. Elle a aussi de la fibrillation auriculaire chronique, de l’hypertension, du diabète de type 2, une ancienne fracture de la hanche gauche, de l’ostéoporose, de la dépression, des cataractes bilatérales et une perte d’audition. Ses proches n’ont aucune inquiétude sur ses capacités cognitives. Noëlla se présente aujourd’hui avec une dysurie et une pollakiurie qui durent depuis plusieurs jours. Elle a des antécédents documentés d’infections urinaires symptomatiques. De plus, au cours de la dernière année, Noëlla est devenue de plus en plus fragile et a commencé à ne plus se présenter à ses rendez-vous. Certains membres de sa famille vous ont aussi mentionné qu’ils s’inquiètent de sa capacité à continuer à vivre seule. L’examen physique révèle: IMC: 27; TA: 140/90 mm Hg sans changement de la position couchée à assise; pouls: 66 irrégulièrement irrégulier; examen cardiovasculaire normal; bruits cardiaques normaux avec un souffle d’éjection systolique à 2/6; l’examen musculosquelletique montre une diminution de l’amplitude articulaire des épaules et des genoux; et des déformations osseuses typiques confirmant l’arthrose. Il n’y a pas de signes d’inflammation aux articulations. Noëlla a des problèmes d’hypertension, de fibrillation auriculaire, d’arthrose, de MPOC, d’ostéoporose et de chutes. En outre, elle a eu un léger AVC, il y a huit ans. Elle pèse 50 kg, sa TA se situe à 124/80 mmHg en position debout et couchée. Elle n’a pas de fièvre. Son plus récent bilan sanguin (fait il y a six mois) indiquait les résultats suivants: Hb 135; globules blancs 6.0; plaquettes 200; créatinine sérique 124 umol/L; taux de filtration glomérulaire estimé 22,7 mL/min. L’analyse d’urine faite à ce moment était normale. Ses résultats d’INR étaient stables et son dernier résultat se situait à 2,4 il y a deux semaines. Son potassium est à 5,0. Les résultats de sa plus récente FSC sont normaux. Les autres résultats des analyses de laboratoires donnent: Na 130 mmol/L; créatinine 70 umol/L; taux de filtration glomérulaire estimé (TFGe): 47 mL/min. Ses résultats de TSH, B12 et d’acide folique sont normaux; HbA1C: 0,065 et glycémie aléatoire: 7,0 mmol/L. La liste des médicaments que prend actuellement Noëlla est la suivante: • risédronate (Actonel®), 35 mg po une fois par semaine • warfarine (Coumadin®), 3 mg po die • ramipril (Altace®), 5 mg po bid • bisoprolol, 5 mg po die • acétaminophène (Tylenol®), 500 mg po qid • Métamucil® à tous les jours • Spiriva® 1 inhalation par jour • Ventolin® 2 inhalations q4h prn. Le bilan lipidique donne: cholestérol total: 4,98; LDL: 2,86; TG: 1,69; et ratio: 2,96. La liste des médicaments qu’elle prend actuellement est la suivante: • amitryptiline (Elavil®), 25 mg po hs • citalopram (Celexa®), 10 mg po die • lorazepam (Ativan®), 1 mg po hs • digoxine, 0,25 mg po die • métoprolol, 25 mg po bid • hydrochlorothiazide, 50 mg po die • atorvastatine (Lipitor ®), 10 mg po q hs • glyburide, 5 mg bid • naproxyn, 250 mg po bid • AAS entérique, 325 mg po die • acétaminophène (Tylenol®), 325 mg, 1 à 2 comprimés prn • alendronate (Fosamax®), 70 mg par semaine • carbonate de calcium, 500 mg po die • vitamine D, 1000 U.I. po die • lactulose, 15 cc po hs prn Sur la base de son histoire médicale et de ses symptômes, il y a prise d’un échantillon d’urine pour culture et antibiogramme; en attendant les résultats, un traitement empirique a été commencé; un comprimé de triméthoprime/sulphaméthoxazole (Septra DS®), bid pendant sept jours. Quatre jours plus tard, Noëlla se présente à l’urgence avec une fatigue accrue, une chute rapportée avec douleur thoracique sévère du côté droit et des ecchymoses. Ses poumons sont clairs à la percussion 2 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 et à l’auscultation; elle a une douleur exquise à la partie antérieure de la cage thoracique au site des ecchymoses. La radiographie pulmonaire est normale et ne révèle aucune fracture aux côtes. RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES DE PRESCRIPTION Les changements physiologiques causés par le vieillissement Les analyses de laboratoire donnent les résultats suivants: créatinine sérique 180 umol/L; taux de filtration glomérulaire estimé 15,6 mL/min; Hb 100 g/L; et INR 6. 1. Les changements pharmacocinétiques (la façon dont le corps métabolise un médicament) liés au vieillissement peuvent occasionner: • une durée prolongée de l’activité du médicament • un plus grand risque de toxicité et d’effets indésirables • des effets inattendus pour une dose donnée (tableau 1) 1. Connaissant la liste des médicaments de Noëlla, qu’estce qui pourrait avoir amené ses symptômes? Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment? Quel suivi feriez-vous avec Noëlla? Tableau 1. Changements pharmacocinétiques chez les personnes âgées 1;2 Actions Changements typiques avec le vieillissement Signification clinique Absorption/ premier passage En général, reste inchangé mais plus lent Métabolisme de premier passage diminué (causé par une diminution de la masse et du débit sanguin du foie) Même quantité de médicament absorbée, mais la biodisponibilité de certains médicaments est augmentée (p.ex., métoprolol, nortriptyline). Distribution Augmentation du gras corporel/ diminution de la masse maigre Médicaments liposolubles (p.ex., diazepam): Accumulation possible dans les tissus gras et plus longue durée d’action. Des doses plus faibles sont nécessaires. Concentrations sériques augmentées des médicaments hydrosolubles (p.ex., digoxine, acétaminophène). Doses d’attaque plus faibles requises. Diminution de la quantité d’eau corporelle totale Liaison aux protéines Albumine sérique réduite chez les patients fragilisés ou très malades Concentrations accrues de médicaments libres qui doivent se lier aux protéines (p.ex., warfarine, phénytoïne). Doses d’attaque plus faibles requises. Métabolisme Métabolisme d’oxydation diminué Demi-vie plus longue et concentrations à l’état d’équilibre (foie) (steady state) plus élevées des médicaments métabolisés Métabolisme de conjugaison inchangé par le foie (p.ex., diazepam, métoprolol, phénytoine). (foie) Élimination Diminution du taux de filtration Demi-vie plus longue et concentrations à l’état d’équilibre glomérulaire et de l’excrétion tubulaire (steady state) plus élevées des médicaments excrétés par les reins (p.ex., digoxine, céfalexine, morphine). Diminution du débit sanguin rénal Des ajustements de dose seront nécessaires (voir l’annexe 1) chez les patients qui ont de l’insuffisance rénale; à établir par le calcul de la clairance de la créatinine et du taux de filtration glomérulaire estimé. 3 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 Polymédication UNE APPROCHE CLINIQUE 2. Même si on décrit souvent la polymédication comme étant l’utilisation concomittante de plusieurs médicaments (en général, entre 4 et 10 et, parfois plus), cette définition ne tient pas compte du nombre de comorbidités qui exigent vraiment un traitement chez les patients âgés. Cette définition simplifie trop le problème et encourage une sous-utilisation de médicaments pourtant utiles (voir ci-dssous). Donc, la polymédication pourrait mieux se définir par «l’utilisation de plus de médicaments que ce qui est cliniquement justifié» 1. Certains auteurs argumentent qu’on pourrait représenter le concept de la polymédication comme étant une maladie qui peut amener des complications plus sérieuses que les maladies pour lesquelles les médicaments ont été prescrits 3. a) Le risque d’effets indésirables chez les patients âgés (en particulier, les chutes, les pertes de poids et le déclin de la fonction cognitive), augmente en fonction du nombre de médicaments pris 1;4. Une méta-analyse a révélé un taux quatre fois plus élevé d’hospitalisation liée à des effets indésirables chez les patients âgés par rapport aux patients plus jeunes. On aurait pu prévenir environ 88% de ces événements indésirables 5. b) Les réactions indésirables au médicament (même bénignes) peuvent déclencher une cascade de prescriptions où une réaction indésirable à un médicament sera traitée par un autre médicament. Par exemple, des effets de type Parkison causés par les antipsychotiques sont traités par de la lévo-dopamine qui cause des nausées qu’on traitera par la suite avec du Gravol® qui, lui-même, amène de la sédation et de la confusion 1;2. c) La polymédication est aussi associée à une augmentation de l’utilisation de médicaments inappropriés, de non observance au traitement et à une augmentation des coûts des médicaments 1;4. 4. L’approche clinique suivante a été conçue pour aider les médecins à identifier tous les médicaments pris par un patient âgé et à déterminer lesquels de ces médicaments sont appropriés en fonction des preuves actuelles et des circonstances particulières de chaque patient (comorbidités, objectifs de soins, préférences et fidélité au traitement) 4. Plusieurs experts ont tendance à avoir une approche «plus conservatrice» de la prescription pour changer le paradigme de «plus de médicaments et plus de nouveautés» à celui de «moins de médicaments et uniquement ceux qui ont prouvé leur efficacité au fil du temps» 6. Première étape: Recueillir l’information Utilisation actuelle des médicaments 5. Il est essentiel de faire la revue du schéma thérapeutique d’un patient âgé 4;7. Ce genre de revue améliore l’utilisation et diminue les dépenses liées aux médicaments 1. a) Encourager fortement l’approche du «sac brun» en demandant aux patients d’apporter tous les médicaments qu’ils prennent incluant les médicaments en vente libre et les médicaments de médecine alternative/complémentaire, par exemple, les produits naturels, les vitamines et les suppléments 4;7;8. b) D’autres membres de l’équipe (p.ex., infirmière, infirmière-praticienne, pharmacien) peuvent aider à mettre à jour la liste des médicaments, évaluer les schémas thérapeutiques et suggérer des changements 7. Les objectifs d’utilisation d’un médicament 6. Évaluer et discuter de l’utilisation appropriée d’un médicament au fur et à mesure qu’un patient vieillit. Ce processus implique d’équilibrer l’espérance de vie du patient, ses objectifs de soins, sa fonction cognitive, et son soutien social par rapport à la liste de ses comorbidités 1;4;9. Assurez-vous que le médicament utilisé améliore les résultats du point de vue du patient (mortalité, morbidité et qualité de vie) et ne sert pas uniquement à améliorer les résultats d’analyses (valeurs des analyses de laboratoire) 6. Le sous-traitement 3. La sous-utilisation de médicaments potentiellement bénéfiques est un problème significatif puisque plus de 40% des personnes âgées sont soustraitées pour des maladies comme l’insuffisance cardiaque, l’IM aigu, l’ostéoporose et la douleur. Les inquiétudes soulevées par la polymédication doivent être soupesées par rapport aux résultats négatifs à ne pas traiter des problèmes qui ont des répercussions importantes sur la qualité de vie 1. Deuxième étape: Optimiser le schéma thérapeutique 7. Limiter le nombre de médicaments que vous utilisez. Il a été démontré que les médecins qui fonctionnent de cette façon font de meilleures prescriptions. En outre, la prescription de médicaments qui vous sont 4 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 moins familiers augmente le risque d’erreur. On peut prévenir les erreurs en étant plus familier avec un nombre limité de médicaments pour mieux en connaître les dosages, les effets secondaires, les interactions, et même leur aspect 10-14. Faire le lien entre l’utilisation d’un médicament pour les problèmes du patient et ses objectifs de soins 8. Une bonne façon d’identifier les problèmes de prescription est de faire le lien entre chaque problème du patient et le médicament qu’il prend pour ce problème (voir les Commentaires de l’histoire de cas numéro 1 et le tableau 2). Les zones de disparité peuvent aider à identifier les médicaments qui sont surutilisés, sous-utilisés ou mal utilisés 4. c) d) e) f) Rester aux aguets des effets secondaires 9. Le prescripteur a toujours la responsabilité de recueillir l’Information détaillée au sujet des bonnes et des moins bonnes répercussions de chaque changement de médicament lorsqu’il commence un nouveau médicament, qu’il change une dose ou qu’il cesse un médicament. «Anticiper, questionner et surveiller les réactions secondaires fréquentes et même celles très rares mais sérieuses» 6. Les patients divulgent rarement les symptômes liés aux médicaments; il est donc important de leur poser des questions directes à ce sujet 4. Par exemple: «Au cours des X derniers mois, avez-vous noté des effets secondaires, des réactions imprévues ou d’autres problèmes en lien avec les médicaments que vous prenez?». Cette question a été validée en tant que façon efficace de rechercher les effets indésirables associés aux médicaments 15. Envisager tout nouveau symptôme comme étant lié aux médicaments jusqu’à preuve du contraire. Par exemple, la douleur de type fibromyalgique pourraitelle être en réalité de la myopathie causée par l’utilisation d’une statine 6;9? 10.Il faut éduquer les patients sur les possibles effets indésirables des médicaments pour qu’ils puissent les détecter rapidement. Même si les médecins peuvent s’inquiéter que si les patients sont mis en garde contre certains effets, ils soient plus susceptibles de les avoir, ce risque demeure toutefois faible et est facilement contrebalancé par les bénéfices de patients mieux informés 16-19. 11.Pour éviter les effets indésirables: a) Explorer tout d’abord les approches non pharmacologiques 7. b) Envisager une cause sous-jacente au problème avant de seulement traiter avec un 5 médicament 6, par exemple, l’insomnie peut être le symptôme d’une maladie psychiatrique (dépression, anxiété, trouble panique), d’un problème médical (arthrose, insuffisance cardiaque congestive, apnée du sommeil, maladie pulmonaire) ou l’effet d’une substance (caféine, sevrage d’alcool, akathisie). Utiliser les plus faibles doses de médicament. Habituellement, les essais cliniques excluent les patients âgés donc, les doses approuvées peuvent ne pas convenir à cette population. Une règle simple est de commencer avec une faible dose (p.ex., le tiers ou la moitié de la dose recommandée) et de l’augmenter lentement 2;9. Savoir les médicaments qui sont excrétés par les reins et qui exigent d’ajuster la dose chez un patient qui a une insuffisance rénale, une problème fréquent à un âge avancé 9. Chez les patients âgés, c’est la clairance de la créatinine et non le taux sérique de créatinine qu’il est important de connaître pour ajuster la dose. Voir l’annexe 1 pour de plus amples détails. Connaître les combinaisons de médicaments qui peuvent causer des effets indésirables. La warfarine justifie une attention particulière puisque plusieurs médicaments doivent être évités chez les patients sous warfarine 8 (voir l’annexe 2). i) Une récente étude ontarienne a révélé que les patients sous warfarine et traités avec le co-trimoxazole avaient quatre fois plus de risque d’avoir un saignement du tractus gastrointestinal supérieur que ceux traités avec la ciprofloxacine (RC 1,94). Il n’y a pas d’augmentation significative du risque avec l’amoxicilline, le nitrofurantoïne ou la norfloxacine [preuve de niveau II-2] 20. ii) La majorité des interactions entre la warfarine et les autres médicaments sont la plupart du temps évitables, mais peuvent causer un saignement qui survient souvent sans signes avant-coureurs et qui parfois met la vie du patient en danger. Les patients sous warfarine ont tendance à être plus âgés et à prendre d’autres médicaments; en plus d’avoir des combinaisons de médicaments qui augmentent le risque d’effets indésirables graves 21. Utiliser la technologie (p.ex., des alertes informatisées) 7. Il faut toutefois garder à l’esprit que certains logiciels ne font pas la différence entre les réactions significatives et les non significatives, et peuvent ne pas vérifier toutes les interactions possibles des multiples médicaments utilisés 8. Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 16.Lorsqu’on ajoute de nouveaux médicaments: • Envisager, tout d’abord, une non fidélité au traitement comme cause possible de réponse inadéquate au traitement 6. • Tenir compte et discuter des hésitations du patient à prendre un autre médicament. «Les patients accepteront mieux les recommandations de traitement lorsque les médicaments prescrits sont vraiment essentiels»6. Cesser un médicament ou le substituer 12.On devrait envisager de cesser les médicaments n’ayant pas une indication claire ou qui causent des symptômes dérangeants. Malheureusement, il y a très peu d’études qui peuvent nous guider pour cesser ces médicaments et sur la façon de le faire chez les personnes âgées 4. Une diminution lente et prudente peut minimiser les réactions de sevrage et permettre de faire le suivi des symptômes 4;9. Lorsqu’on cesse un médicament (p.ex., benzodiazépines, ISRS), il faut faire attention lorsqu’on interprète ce qui semble un symptôme de rechute — qui peut être, en réalité, un signe de sevrage 6. Troisième étape: Améliorer la fidélité au nouveau schéma thérapeutique 14.Les critères Beers A;23;24 ont été largement utilisés comme guide des médicaments à éviter chez les patients âgés; ces critères ont été récemment mis à jour 1. Par contre, ces critères ne tiennent pas compte de l’importance des erreurs d’omission de prescriptions (ne pas prescrire des médicaments qui ont pourtant montré leurs bénéfices dans une situation clinique donnée). De nouveaux critères ont été conçus et validés –– un outil de dépistage des prescriptions potentiellement inappropriées chez les patients âgés (STOPP – annexe 3) et un outil de dépistage des possibles erreurs d’omissions de prescription (voir la section Renseignements généraux, point 15, START –– annexe 4) 28. 17. L a moitié des patients âgés ont des problèmes de fidélité au traitement pour au moins un médicament. Ces problèmes se divisent en omission occasionnelle, fréquente, et pratiquement universelle 30;31. Voici des stratégies pour améliorer la fidélité au traitement: • Discuter de l’importance de prendre la dose telle que prescrite 2. • Encourager l’utilisation de calendriers, de blisters, et de dosettes 1;4;9. Les pharmacies offrent souvent des blisters sans frais pour le patient et les livrent à chaque semaine. • Impliquer les aidants naturels dans le soutien, la surveillance et l’administration des médicaments 4. • Simplifier le schéma posologique. Lorsque c’est possible, choisir une posologie d’une fois par jour et la prise de différents médicaments à la même heure 4;7. • Si possible, prescrire un médicament qui peut traiter deux problèmes à la fois (p.ex., métoprolol pour l’hypertension et la fibrillation auriculaire) 4;8. Ajouter des médicaments bénéfiques Quatrième étape: Surveiller et faire le suivi 15.L’outil de dépistage START (voir annexe 4) peut alerter les médecins sur les médicaments qui sont clairement indiqués et qui ont des chances d’avoir des bénéfices chez le patients âgés 28. Il est important de noter que la plupart des guides de pratique clinique n’abordent pas adéquatement les patients âgés et fragilisés qui ont de multiples comorbidités; le suivi de ces guides peut avoir comme conséquence d’encourager des objectifs trop agressifs pour la prise en charge de problèmes comme l’hypertension, la dyslipidémie ou le diabète 29. Il conviendrait plutôt d’envisager une approche individualisée et centrée sur le patient. 18.Un suivi continu de la toxicité et de l’efficacité du schéma thérapeutique d’un patient est essentiel et il inclut «une revue systématique» des médicaments du patient. La fréquence recommandée est, au minimum, à chaque année ou lorsqu’il y a des changements de médicaments, du statut fonctionnel et cognitif, ou d’objectifs de traitement 4;7;32. Les pharmaciens peuvent fournir de l’information précieuse comme la date du dernier renouvellement et si le patient reçoit des médicaments de d’autres prescripteurs. 13.Lorsque c’est possible, essayer d’utiliser un autre choix plus sécuritaire au médicament actuellement pris. Par exemple, chez les patients souffrant d’arthrose, envisager de remplacer les AINS par de l’acétaminophène 22. ACritères Beers: http://www.americangeriatrics.org/health_care_professionals/clinical_practice/clinical_guidelines_recommendations/2012 (en anglais seulement) 6 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 actuellement (voir la section Renseignements généraux, point 5) et sa fidélité aux traitements (voir la section Renseignements généraux, point 17). Cette revue permettra de discuter de ses objectifs de traitement (voir la section Renseignements généraux, point 6) et des modifications au schéma thérapeutique notamment, la possibilité de substituer ou même de cesser certains médicaments, si c’est approprié (voir la section Renseignements généraux, points 12 à 14) pour ainsi mieux s’ajuster à ses problèmes de santé et à ses objectifs de traitement. Le point le plus important sera d’aborder avec Anna les problèmes de santé qu’elle juge les plus importants. Voir le tableau 2. LES ÉLÉMENTS CLÉS • Faire la revue de routine des médicaments incluant les médicaments en vente libre et les produits de santé naturels. • S’assurer que chaque médicament a une indication précise et un objectif thérapeutique bien établi. • Essayer de simplifier le schéma posologique lorsque c’est possible. • Comprendre la possibilité d’effets indésirables des médicaments et la façon de les éviter. COMMENTAIRES DES HISTOIRES DE CAS Il faudrait également impliquer les autres membres de son équipe soignante incluant le pharmacien (voir la section Renseignements généraux, points 5 et 18) et la fille d’Anna dans ce processus de décision. Cas numéro 1: Anna, âgée de 88 ans Quelle serait votre approche pour prendre en charge Anna pour le moment? Anna pourrait exiger plusieurs visites et un suivi serré pour bien évaluer les médicaments qu’elle prend Tableau 2. Optimiser le schéma thérapeutique d’Anna: choisir les médicaments en fonction des problèmes cliniques Problèmes Douleur (d’arthrose) Médicaments Naproxyn® 250 mg po bid Tylenol® 325 mg, 1 à 2 comprimés prn Insomnie et fatigue diurne Lorazépam 1 mg hs Amitryptiline 25 mg hs Benadryl® et Gravol® en vente libre: la patiente peut les utiliser sans prescription pour régler son problème d’insomnie Dépression Citalopram 10 mg po od Éléments importants à envisager Autres choix de prise en charge à envisager Aucune preuve que les AINS sont plus efficaces que l’acétaminophène pour soulager les douleurs d’arthose (annexe 3). Les AINS pourraient augmenter sa TA. Discuter de doses régulières de 650 à 1000 mg de Tylenol® po tid, le matin, l’après-midi et au coucher jusqu’à la posologie maximale recommandée de 3 g/jour. Une douleur mal contrôlée peut nuire à son sommeil. Préparation topiques (p.ex., onguent Voltaren®) L’insomnie/la fatigue diurne peuvent être liées à la dépression ou à la douleur. •Le lorazépam peut causer un ralentissement psychomoteur diurne. Discuter d’un sevrage lent 33. •Amitryptiline: puissant anticholinergique; tenter de diminuer progressivement puis de cesser. Rechercher la raison de cette prescription: pour douleur chronique? dépression? trouble du sommeil? Si la douleur augmente lorsqu’on cesse ce médicament (p.ex, si elle a une douleur neuropathique), il existe d’autres choix sécuritaires (p.ex., gabapentine). •Le Gravol® et le Benadryl® en vente libre (effets secondaires anticholinergiques) contribuent à la fatigue diurne et aux chutes. Essayer tout d’abord les choix non pharmacolotiques (voir la colonne de droite) ainsi que le traitement de la douleur et de la dépression, si possible. Exercises physiques Besoin d’évaluer plus en profondeur l’humeur – la dépression pourrait causer des troubles du sommeil et de la fatigue diurne. Si vous pensez qu’elle est déprimée, envisager d’augmenter la dose à un maximum de 20 mg par jour, mais il faut s’assurer que ce traitement est justifié puisque les ISRS peuvent contribuer aux chutes et à l’hyponatrémie (voir ci-dessous) en plus d’avoir des effets secondaires gastrointestinaux. Si vous croyez que cette patiente est déprimée, vous pourriez envisager de cesser le Celexa® pour utiliser la mirtazapine; de plus, la mirtazapine est souvent efficace contre l’insomnie à cause de ses effets secondaires sédatifs. Augmenter les activités sociales Exercises physiques 7 Physiothérapie Essai avec la glucosamine Augmenter les activités sociales durant la journée Éducation: définir les habitudes de sommeil normales chez les personnes âgées Bonnes preuves des interventions comportementales simples chez les personnes âgées (instructions de se lever toujours à la même heure chaque jour, de se coucher uniquement quand on a sommeil, et de se lever si on ne dort pas) 34 Restreindre la caféine Envisager une consultation en psychiatrie gériatrique si le diagnostic demeure incertain Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 Tableau 2 (suite) Problèmes Fibrillation auriculaire Hypertension Médicaments Éléments importants à envisager Digoxine 0.25 mg po die La digoxine n’est peut-être plus nécessaire ici puisqu’elle prend déjà du métoprolol. Les doses de plus de 0,125 ne sont jamais indiquées et causent souvent des effets indésirables chez les personnes âgées. Abaisser immédiatement la dose à 0,125 mg puis la faire passer à 0,0625 mg après un mois. On pourrait la cesser après une période supplémentaire de 4 à 6 semaines si on ne constate pas d’effets indésirables avec la plus faible dose 26. La dose élevée de digoxine peut contribuer à son manque d’appétit et aux chutes. Métoprolol 25 mg bid Métoprolol pourrait être utilisé pour le contrôle du rythme et de l’hypertension. Utiliser uniquement l’AAS entérique 325 mg po die, comme anticoagulant Envisager de cesser l’AAS et de passer à la warfarine ou au dabigatran. Son score CHADS2 donne 5 ce qui la place à risque élevé d’AVC 35;36. HCTZ 50 mg po die Aucune preuve pour utiliser > 25 mg 33;37. Abaisser à une dose de 25 mg ou même de 12,5 mg. Peut causer de l’hyponatrémie, de la fatigue, des nausées et la perte d’appétit. Métoprolol 25 mg bid Métoprolol peut aussi être utilisé pour la fibrillation auriculaire. Diabète de type 2 Glyburide 5 mg bid Hyperlipidémie Atorvostatine 10 mg Ostéoporose Alédronate 70 mg une fois par semaine L’utilisation du glyburide la place à risque d’hypoglycémie, en particulier, si son contrôle est serré et peut aussi contribuer aux chutes. En général, on ne recommande pas un contrôle agressif du diabète chez les personnes âgées 29;38;39. Envisager tout d’abord de diminuer la dose à 2,5 mg bid puis possiblement cesser le glyburide si ses lectures de glycémie à la maison sont satisfaisantes sur une période de 2 à 4 semaines. Si son HgA1C augmente, de façon significative, envisager la metformine ou, si elle ne peut pas la tolérer, choisir un glicazide qui comporte moins de risque d’hypoglycémie. Les statines diminuent les problèmes cardiovasculaires chez les patients à risque élevé (incluant les diabétiques); par contre, il n’y a pas de guide de pratique clinique pour leur usage chez les patients très âgés (> 85 ans), fragilisés et diabétiques 3. Elle prend des doses appropriées de bisphosphonate, de calcium et de vitamine D. Exercises physiques [preuves de niveau II-1], Consultation d’une nutritionniste (si ce n’est pas déjà fait) 39 Diète santé, perte de poids, exercises physiques Exercises physiques [preuves de niveau I à II-1] Évaluer l’alimentation pour s’assurer que la prise de calcium par l’alimentation et les suppléments est suffisante (1200 mg par jour) Calcium 500 mg po die Vitamine D 1000 U.I. po die Restreindre le café à < 4 tasses par jour [preuves de niveau I] Les médicaments qui y contribuent sont: lorazépam, citalopram, digoxine, Gravol®, Benadryl®(voir la section insomnie) La dépression qui n’est pas suffisamment traitée et les cataractes peuvent être des facteurs qui y contribuent aussi. Chutes Autres choix de prise en charge à envisager Interventions axées sur les exercices physiques: tai-chi, entraînement à la marche et à l’équilibre 40 Évaluation du domicile par un ergothérapeute Constipation Faible sodium Lactulose prn Les médicaments qui peuvent possiblement y contribuer: amitryptiline (le plus plausible), calcium, hydrochlorothiazide, médicaments en vente libre: Tylenol®, Gravol®. Prendre régulièrement le lactulose si aucun changement avec les mesures non pharmacologiques et la modification du schéma thérapeutique. Peut être causé par le citalopram ou HCTZ Suggérer d’abaisser la dose d’HCTZ à 25 mg et tester à nouveau le sodium. 8 Augmentation des fibles alimentaires Hydratation Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 Cas numéro 2: Noëlla, âgée de 86 ans famille d’entreprendre des démarches pour que Noëlla change les soins qu’elle reçoit déjà (p.ex., avoir une place en centre d’accueil). Connaissant la liste des médicaments de Noëlla, qu’estce qui pourrait avoir amené ses symptômes? © La Fondation pour l’éducation médicale continue Vol. 20(8), Août 2012 Noëlla a fort probablement eu un hématome lié à sa chute avec une possible hémorragie interne. Les taux élevés d’INR pourraient résulter d’une interaction entre la warfarine et le Septra DS® qui modifie le métabolisme de la warfarine et augmente le risque de saignement (voir la section Renseignements généraux, point 11e et l’annexe 2). Auteur: Dr Amy Freedman, CCFP Médecin de famille Toronto, Ontario Dr Christopher Patterson, FRCPC Internist, Geriatric Medicine Hamilton, Ontario Réviseurs: De plus, la dose de Septra DS® était trop élevée (voir la section Renseignements généraux, point 11d et l’annexe 1), ce qui a potentiellement causé une toxicité rénale. Ses taux de créatinine sérique dans la «limite supérieure des valeurs normales» et son taux de filtration glomérulaire estimé < 30 mL/min indiquent que la clairance de la créatinine était déjà diminuée avant son infection urinaire. Donc, la dose excessive de Septra DS® pourrait avoir mené à l’apparition d’une insuffisance rénale aiguë qui aurait augmenter encore plus sa créatinine sérique et diminuer d’autant la clairance de la créatinine avec un taux de filtration glomérulaire de 15,6 mL/min. Dr John Sloan, MD, FCFP Médecin de famille Vancouver, Colombie-Britannique Rédactrice Dre Elizabeth Shaw, CCFP, FCFP médicale en chef: Médecin de famille Hamilton, Ontario Rédactrice Lynda Cranston, Hons BA médicale:Orangeville, Ontario Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment? Traduction: Biograph L’usage concomittant de la warfarine et plusieurs antibiotiques (incluant ceux dans la classe des sulfa et des quinolones) n’est pas recommandé (voir l’annexe 2). De préférence, l’agent pathogène du patient devrait être identifié avant l’antibiothérapie. Par contre, si un sulfa ou une quinolone est nécessaire, il serait approprié de réduire la dose de warfarine de 50% durant l’antibiothérapie (et une semaine après l’antibiothérapie), et de surveiller l’INR du patient trois jours après le début de l’antibiothérapie et une semaine après. La dose de Septra® pourrait être réduite de 50% chez un patient qui a un taux de filtration glomérulaire estimé entre 15 et 30 mL/min (voir l’annexe 1). Coordonnatrice développement des modules: Wendy Leadbetter, RN BScN Hamilton, Ontario Quel suivi feriez-vous avec Noëlla? Divulgation de conflits d’intérêts: Amy Freedman, Christopher Patterson, John Sloan, Elizabeth Shaw et Lynda Cranston n’en ont déclaré aucun. L’équipe de rédaction de La Fondation tient à remercier David Chan (Hamilton, Ontario), Kathleen Lafferty (StJean, Terre-Neuve), Joanne Opsteen (Toronto, Ontario) et Judy Vepy-Lebrun (Toronto, Ontario) qui ont participé à la table ronde initiale de ce module. De plus, La Fondation remercie les groupes-pilotes PGBP facilités par David Reid (Charlottetown, I.-P.-É.) et Joseph Wiatrowski (Winnipeg, Manitoba)) qui ont testé ce module de formation et proposé des améliorations. Il serait utile de réévaluer les indications du ramipril. Si un inhibiteur de l’ECA est nécessaire, on doit surveiller régulièrement la créatinine sérique de Noëlla (p.ex., tous les six mois). De plus, le risédronate n’est pas recommandé chez les patients ayant une clairance de la créatinine de moins de 30 37. On devrait discuter avec Noellä de la possibilité de cesser ce médicament. Même si le plus grand soin a été apporté à la préparation des informations contenues dans ce module, le Programme ne peut en garantir la pertinence dans des cas cliniques particuliers ou chez certains patients. Les médecins et les autres professionnels de la santé doivent utiliser leur propre jugement clinique, fondé sur les circonstances particulières de chaque cas, pour décider de la prise en charge et du traitement de leur patient. Le déclin de l’état de santé de Noëlla peut possiblement être renversé donc, il serait prématuré de suggérer à sa 9 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 Quiconque utilise ces renseignements, le fait à ses risques, et ne peut tenir pour responsable La Fondation pour l’éducation médicale continue ni le Programme d’apprentissage en petit groupe basé sur la pratique d’aucun incident ou dommage qui pourrait découler de cet usage. Les ressources sur le Web citées dans ce module étaient toujours actives au moment de la publication. NIVEAUX DE PREUVES Catégories de preuves I-1 Preuves obtenues dans le cadre de méta-analyses, revues systématiques ou études comparatives randomisées d’envergure. I-2 Preuves obtenues dans le cadre d’au moins une étude comparative convenablement randomisée. II-1 Preuves obtenues dans le cadre d’études comparatives non randomisées bien conçues. II-2 Preuves obtenues dans le cadre de cohortes ou d’études analytiques cas-témoins bien conçues, réalisées de préférence dans plus d’un centre ou par plus d’un groupe de recherche. II-3 Preuves découlant de comparaisons à différents moments ou selon qu’on a recours ou non à une intervention. Résultats de première importance obtenus dans le cadre d’études non comparatives. III Opinions exprimées par des sommités dans le domaine, fondées sur l’expérience clinique, études descriptives ou rapport de comités d’experts. Adapté de: The Canadian Task Force on Preventive Health Care. http://www.canadiantaskforce.ca/_archive/index.html See “History and Methods”. Accès vérifié en juin 2012. Harris RP, Helfand M, Woolf SH, Lohr KN, Mulrow CD, Teutsch SM, et al. Current methods of the US Preventive Services Task Force: a review of the process. Am J Prev Med 2001;20(3S):21-35. PMID: 11306229 2007 Mise à jour disponible à: http://www.uspreventiveservicestaskforce.org/uspstf/grades.htm Accès vérifié en juin 2012. CHEP (Canadian Hypertension Education Program): Modèle d’évaluation des recommandations Niveau A Les recommandations se fondent sur des études randomisées (ou des revues systématiques d’études) qui ont des niveaux élevés de validité et de précision statistique, et pour lesquelles les résultats peuvent s’appliquer directement aux patients en raison des caractéristiques cliniques semblables et de leur pertinence clinique. Niveau BLes recommandations se fondent sur des études randomisées, des revues systématiques ou des analyses de sous-groupes prédéterminés d’études randomisées moins précises; ou doivent être extrapolées des études parce que les résultats s’appliquent à des populations différentes ou rapportent des résultats validés intermédiaires/ou de substitution plutôt que des résultats cliniques importants. Niveau CLes recommandations se fondent sur des études ayant des niveaux de validité et (ou) de précision plus faibles ou rapportent des résultats de substitution non validés ou provenant d’études observationnelles non randomisées. Niveau D Les recommandations se fondent uniquement sur l’opinion d’experts. Source: Rabi DM, Daskalopoulou SS, Padwal RS, Khan NA, Grover SA, Hackam DG, et al. Guidelines: The 2011 Canadian Hypertension Education Program Recommendations for the Management of Hypertension: Blood Pressure Measurement, Diagnosis, Assessment of Risk, and Therapy. Canadian Journal of Cardiology 2011; 27:415–433. 10 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 Références bibliographiques (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) Holbeach E, Yates P. Prescribing in the elderly. Aust Fam Physician 2010; 39(10):728-733. PM:20890473. (15) Chrischilles EA, Segar ET, Wallace RB. Self-reported adverse drug reactions and related resource use. A study of communitydwelling persons 65 years of age and older. Ann Intern Med 1992; 117(8):634-640. PM:1530194. Williams CM. Using medications appropriately in older adults. Am Fam Physician 2002; 66(10):1917-1924. PM:12469968. (16) Pollock M, Bazaldua OV, Dobbie AE. Appropriate prescribing of medications: an eight-step approach. Am Fam Physician 2007; 75(2):231-236. PM:17263218. (17) Lamb GC, Green SS, Heron J. Can physicians warn patients of potential side effects without fear of causing those side effects? Arch Intern Med 1994; 154(23):2753-2756. PM:7993161. (18) Campbell WH, Califf RM. 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PM:17711593. 11 Médicaments et personnes âgées Volume 20(8), Août 2012 (39) Canadian Diabetes Association Clinical Practice Guidelines Expert Committee. Canadian Diabetes Association 2008 clinical practice guidelines for the prevention and management of diabetes in Canada. Can J Diabetes 2008; 32(suppl 1):S1S201. (40) Gillespie LD, Robertson MC, Gillespie WJ, Lamb SE, Gates S, Cumming RG et al. Interventions for preventing falls in older people living in the community. Cochrane Database System Rev 2009; 2:CD007146. (27) Gallagher P, Baeyens JP, Topinkova E, Madlova P, Cherubini A, Gasperini B et al. Inter-rater reliability of STOPP (Screening Tool of Older Persons’ Prescriptions) and START (Screening Tool to Alert doctors to Right Treatment) criteria amongst physicians in six European countries. Age Ageing 2009; 38(5):603-606. PM:19435757. (28) Barry PJ, Gallagher P, Ryan C, O’Mahony D. 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Prise en charge des médicaments chez les patients qui ont une clairance de la créatine réduite Classe thérapeutique Ajustement de la dose en fonction de la clairance de la créatinine (ClCr) Antibiotiques Céphalosporines Macrolides: • clarithromycine • azithromycine • érythromycine Pénicillines • amoxicilline Fluroquinolones • ciprofloxacine • levafloxacine • moxifloxacine: aucun ajustement de dose Triméthoprime/sulphaméthoxazole Nitrofurantoïne • toutes exigent des ajustements de dose sauf la ceftriaxone • ajuster la dose si ClCr < 60 • aucun ajustement de dose si ClCr > 10 • aucun ajustement de dose • ajuster la dose si ClCr < 30 • • • • • ajuster la dose si ClCr < 30 ajuster la dose si ClCr < 20 aucun ajustement de dose ajuster la dose si ClCr entre 15 et 30; contreindiqué si ClCr < 15 contreindiqué si ClCr < 60 Médicaments cardiovasculaires Furosémide Spironolactone Inhibiteurs de l’ECA Bêta-bloqueurs: • aténolol, bisoprolol, sotalol, nadolol • métoprolol, propranolol, labétolol • aucune contre-indication dans les cas d’insuffisance rénale; des doses élevées peuvent être nécessaires pour induire une réponse thérapeutique • ajuster la dose si ClCr entre 30 et 50; contre-indiquée si ClCr < 30 • ajuster la dose si ClCr < 50; même si la CrCl est normale, vérifier en moins d’une semaine du début des inhibiteurs de l’ECA puisque la CrCl peut á • ajuster la dose si ClCr < 40 • aucun ajustement de dose Médicaments pour traiter le diabète Metformine Glyburide Glicazide • éviter si ClCr < 60 • éviter si ClCr < 50 • contre-indiqué dans les cas d’insuffisance rénale sévère (ClCr < 30) Médicaments pour traiter l’ostéoporose Bisphosphonates • risédronate, aledronate • pas recommandés avec une ClCr < 30 Gestion de la douleur Acétaminophène Morphine AINS Gabapentine Prégabaline • • • • • ajuster la dose si ClCr < 50 ajuster la dose si ClCr < 50 (l’hydromorphone est un meilleur choix si insuffisance rénale) éviter si ClCr < 30 (voir aussi l’annexe 3) ajuster la dose si ClCr < 60 ajuster la dose si ClCr < 60 Médicaments gastro-intestinaux Inhibiteurs de la pompe à protons Bloqueurs H2 • aucun ajustement de dose • ajuster la dose si ClCr < 50 Comment faire des ajustements de dose Doses de départ: Les ajustements ne sont pas habituellement requis chez les patients qui ont une ClCr réduite. Doses de maintien: On peut faire des ajustements en réduisant la dose, en allongeant l’intervalle entre deux doses ou les deux à la fois. • La réduction de la dose implique de réduire chaque dose tout en maintenant le même intervalle entre deux doses. Cette stratégie maintient une concentration de médicament plus constante, mais a un risque accru de toxicité si l’intervalle entre les doses est insuffisant pour éliminer le médicament. • L’allongement de l’intervalle entre deux doses maintient des doses normales, mais augmente l’intervalle de temps entre deux doses pour permettre l’élimination du médicament avant la nouvelle dose. Cette approche a un plus faible risque de toxicité, mais un risque plus élevé de concentration sous-thérapeutique du médicament, en particulier, à la fin de l’intervalle. Les lignes directrices des recommandations posologiques sont habituellement divisées en catégories selon la ClCr même s’il est important de personnaliser les schémas thérapeutiques en fonction de la réponse thérapeutique du patient et de la concentration sérique du médicament. On considère souvent le point critique de TFGe < 30 pour éviter d’utiliser ces médicaments même s’il y a des seuils différents pour différents médicaments. Par contre, s’il n’y a pas d’alternative efficace au médicament, ces médicaments peuvent et devraient être utilisés lorsque nécessaires, même chez les patients qui ont une fonction rénale gravement compromise. Ils exigeront des ajustements de la dose et(ou) un suivi plus serré; une consultation en spécialité pourrait être justifiée. Adapté de: 1) Munar M, Singh H. Drug Dosing Adjustments in Patients with Chronic Kidney Disease. Am Fam Physician 2007; May 15;75(10):14871496.; 2) Lacey CF, Armstrong LL, Goldman MP, Lance LL. Drug Information Handbook, 20th Edition. Hudson, Ohio, Lexi-Comp, Inc.; 2011. http:// webstore.lexi.com/Store/Pharmacology-Books/Drug-Information-Handbook ; 3) Williams CM. Using Medications Appropriately in Older Adults. AFP 2002;66(10):1917-24; 4) Luisi AF et al. In: Gallo JJ, Reichel W, eds. Reichel’s Care of the Elderly: clinical aspects of aging, 5th ed. Philadelphia: Williams & Wilkins, 1999:59-87; 5) Naughton CA. Drug-induced nephrotoxicity. Am Fam Physician. 2008 Sep 15;78(6):743-50. Accès aux sites Web vérifié en juin 2012. © La Fondation pour l’éducation médicale continue, www.fmpe.org Août 2012 13 ANNEXE 2. Les médicaments qui ont une interaction avec la warfarine Augmente le risque de saignement Diminue le risque de saignement • Antibiotiques: utiliser avec précaution tous les antibiotiques, en particulier, le métronidazole, les macrolides, les fluoroquinolones et le co-trimoxazole • Antifongiques: fluconazole, miconazole • Antidépresseurs: ISRS • Antiplatelettaires: AAS, clopidogrel, ticlopidine • Amiodarone • Anti-inflammatoires: utiliser avec précaution tous les anti-inflammatoires, en particulier, les inhibiteurs de la COX-2 • Acétaminophène • Produits de santé naturels: Ginkgo biloba, dong quai, fenugrec, camomille • rifampine • millepertuis TRUC PRATIQUE Lorsqu’on commence n’importe quel médicament qui interagit avec la warfarine, il est important de s’assurer de vérifier l’INR 2 à 3 jours après avoir commencé le nouveau médicament. Remarque: La liste ci-dessus n’est pas exhaustive. Pour une discussion plus détaillée, veuillez consulter: • Holbrook AM, Pereira JA, Labiris R, et al. Systematic overview of warfarin and its drug and food interactions. Arch Intern Med 2005; 165:1095-106. • Greenblatt DJ, von Moltke LL. Interaction of warfarin with drugs, natural substances, and foods. J Clin Pharmacol 2005;45:127-32 Source: Juurlink DN, Drug interactions with warfarin: what clinicians need to know. CMAJ 2000; 177(4):369-371. © La Fondation pour l’éducation médicale continue, www.fmpe.org Août 2012 14 ANNEXE 3. Outil STOPP (Screening Tool Of Older People’s Potentially Inappropriate Prescriptions) Les médicaments suivants sont potentiellement inappropriés chez les personnes âgées de 65 ans ou plus. Système cardiovasculaire traitement prolongé par digoxine à une dose > 0,125 mg/jour en présence d’insuffisance rénale (TFGe < 50mL/min) (á risque de toxicité) diurétique de l’anse: pour le traitement de l’œdème des chevilles uniquement c.-à-d. absence de signes cliniques d’insuffisance cardiaque (absence d’efficacité démontrée, préférer une compression veineuse); en monothérapie de première ligne de l’hypertension (alternatives plus sécuritaires et plus efficaces disponibles) diurétique thiazidique chez patients avec antécédents de goutte (risque de crise de goutte) ß-bloqueur non cardiosélectif chez un patient avec MPOC (risque de bronchospasme) ß-bloqueur en association avec vérapamil (risque de bloc de conduction symptomatique) diltiazem ou vérapamil en présence d’insuffisance cardiaque de classe NYHA III ou IV (peut aggraver l’insuffisance cardiaque) bloqueurs des canaux calciques en présence de constipation chronique (peut aggraver la constipation) AAS et warfarine sans anti-H2 (excepté la cimétidine en raison du risque d’interaction avec la warfarine) ou inhibiteurs de la pompe à protons (risque élevé de saignement gastrointestinal) dipyridamole en monothérapie en prévention secondaire d’évènements cardiovasculaires (efficacité non démontrée) AAS: en présence d’une maladie ulcéreuse gastroduodénale et en absence d’une protection digestive par anti-H2 ou inhibiteurs de la pompe à protons (risque de saignement gastrointestinal); à une dose de > 150 mg jour (á risque de saignement, sans á efficacité); en l’absence d’histoire d’athérosclérose au niveau coronaire, cérébrovasculaire ou des artères des membres inférieurs (pas d’indication); en traitement de vertiges non clairement attribuables à une maladie cérébrovasculaire (pas d’indication) warfarine: en traitement > 6 mois d’un premier évènement non compliqué de thrombose veineuse profonde, en traitement > 12 mois d’un premier épisode non compliqué d’embolie pulmonaire (pas de bénéfice démontré) AAS, clopidogrel, dipyridamole ou warfarine en présence de maladie hémorragique concomittante (haut risque d’hémorragie) Psychotropes et système nerveux central antidépresseurs tricycliques: en présence de démence (risque d’aggravation de la dysfonction cognitive); en présence de glaucome (favorise l’exacerbation du glaucome); en présence de troubles de la conduction cardiaque (risque d’aggravation des troubles du rythme); en présence de constipation (risque d’aggraver la constipation); en association avec des opiacés ou des bloqueurs des canaux calciques (risque de constipation sévère); en présence d’obstruction prostatique ou d’une histoire de rétention urinaire (risque de rétention urinaire) utilisation prolongée (> 1 mois), benzodiazépines avec une longue demi-vie d’action p.ex., chlordiazépoxide, flurazépam avec métabolites actifs de demi-vie prolongée p.ex., diazépam (risque de sédation prolongée, confusion, trouble de l’équilibre, chutes) prescription prolongée de neuroleptiques comme traitement hypnotique (risque de confusion, hypotension, risque d’effets extrapyramidaux, chutes) prescription prolongée de neuroleptiques chez un patient ayant un syndrome parkinsonism (favorise l’aggravation des symptômes extra-pyramidaux) phénothiazines chez les patients épileptiques (peut abaisser le seuil épileptogène) anticholinergiques pour traiter les effets extra-pyramidaux induits par les neuroleptiques (risque de syndrome cholinergique) ISRS en présence d’une hyponatrémie cliniquement significative (hyponatrémie non-iatrogène < 130 mmol/persistante pendant l ou 2 mois) prescription prolongée (> 1 semaine) d’antihistaminiques de première génération p.ex., diphénydramine, chlorphéniramine, cyclizine, prométhazine (effets sédatif et anticholinergique) Système gastrointestinal diphénoxylate, lopéramide ou phosphate de codéine: • pour traiter des diarrhées d’étiologie inconnue (risque de retard diagnostique, d’aggraver la constipation avec diarrhée associée, développer un mégacôlon toxique dans le cas d’une pathologie inflammatoire, retarder la guérison d’une gastroentérite non diagnostiquée) • pour traiter les gastroentérites d’origines infectueuses sévères p.ex., diarrhée sanglante, fièvre élevée ou toxicité systémique sévère (risque d’aggravation ou de propagation de l’infection) prochlorpérazine ou métoclopramide en présence d’un syndrome parkinsonien (risque d’aggravation du parkinsonisme) inhibiteur de la pompe à protons en traitement d’une pathologie ulcéreuse à la dose maximale pour une durée de > 8 semaines (arrêt précoce ou réduction progressive de la dose en traitement préventif ou de maintien d’une maladie ulcéreuse ou d’un reflux gastrooesophagien indiqué) antispasmodiques anticholinergiques en cas de constipation chronique (risque d’aggravation de la constipation) Système respiratoire théophylline en monothérapie de la MPOC (alternatives plus sûres et plus efficaces; risque d’effets indésirables en raison d’un index thérapeutique étroit) corticoïdes systémiques à la place de la forme inhalée pour traitement de maintien d’une MPOC modérée à sévère (exposition inappropriée aux effets secondaires à long terme des corticostéroïdes systémiques) ipratropium en nébulisation en présence de glaucome (peut aggraver le glaucome) © La Fondation pour l’éducation médicale continue, www.fmpe.org 15 Août 2012 ANNEXE 3. (STOPP, suite) Appareil musculosquelettique AINS: en présence d’antécédents de maladie ulcéreuse ou d’un saignement gastrointestinal, sans l’association d’un anti-H2, d’un inhibiteur de la pompe à protons ou de misoprostol (risque de récidive d’ulcère) en présence d’hypertension modérée (160/100–179/109 mm Hg) à sévère ( ≥ 180/110 mm Hg) (peut aggraver l’hypertension); en présence d’insuffisance cardiaque: (peut aggraver l’insuffisance cardiaque) prescription prolongée (> 3 mois) pour soulager les douleurs d’arthrose légères (préférer des analgésiques simples qui sont habituellement tout aussi efficaces pour soulager la douleur) avec la warfarine (risque de saignement gastrointestinal); avec insuffisance rénale chronique** (risque d’aggravation de la fonction rénale) corticostéroïdes en utilisation prolongée (> 3 mois) et en monothérapie de la polyarthrite rhumatoïde ou d’une arthrose (risque élevé d’effets secondaires des corticostéroïdes systémiques) AINS prolongés ou colchicine pour le traitement chronique de la goutte en l’absence de contreindications à l’allopurinol (allopurinol est le premier choix pour la prévention de la goutte) **TFGe 20-50 mL/minute Système urogénital antimuscariniques: oxybutynine (Ditropan®) toléridine (Detrol®): en présence de démence (risque de confusion accrue, d’agitation); en présence de glaucome chronique (risque d’exacerbation aiguë du glaucome); en présence de constipation chronique (risque d’aggravation de la constipation); en présence de prostatisme chronique (risque de rétention urinaire) α-bloqueurs: chez les hommes incontinents p.ex., ≥ un épisode d’incontinence quotidien (risque d’augmenter la fréquence et(ou) d’aggraver l’incontinence); avec la présence prolongée d’une sonde urinaire > 2 mois (pas d’indication) Système endocrinien glyburide ou chlorpropamide en traitement d’un diabète de type 2 (risque d’hypoglycémie prolongée) ß-bloqueurs chez les diabétiques présentant des hypoglycémies fréquentes ≥ 1 épisode par mois (risque de masquer les symptômes d’hypoglycémie) œstrogènes: en présence d’un cancer du sein ou d’une maladie thromboembolique veineuse (á le risque de récidive); sans progestatif chez les femmes non hystérectomisées (risque de cancer de l’endomètre) Médicaments associés à un risque accru de chute ( ≥ 1 chute dans les 3 derniers mois) benzodiazépines (effet sédatif, réduction des perceptions sensorielles et favorise les troubles de l’équilibre) neuroleptiques (dyspraxie à la marche, syndrome parkinsonien) antihistaminiques de première génération (effet sédatif, réduction des perceptions sensorielles) vasodilatateurs connus pour provoquer de l’hypotension chez les patients ayant de l’hypotention orthostatique persistante p.ex., diminution récurrente > 20 mm Hg de la pression systolique (risque de syncope, chutes) opiacés en utilisation prolongée chez les patients faisant des chutes répétées (risque de somnolence, d’hypotension orthostatique, de vertiges) Analgésiques utilisation prolongée d’opiacés puissants p.ex., morphine ou fentanyl en traitement de première ligne pour des douleurs légères à modérées (échelle OMS pour l’analgésie non respectée) opiacés pendant > 2 semaines en cas de constipation chronique sans association avec un traitement laxatif concomittant (risque de constipation sévère) ) opiacés en utilisation prolongée chez les patients déments à moins d’une indication palliative ou de la prise en charge de douleurs modérées à sévères (risque d’aggravation de la détérioration cognitive) Prescription conjointe de deux médicaments d’une même classe thérapeutique toute prescription en double d’une classe de médicament p.ex., deux opiacés, AINS, IRSR, diurétiques de l’anse, inhibiteurs de l’ECA (la dose maximale de la monothérapie doit être évaluée avant d’envisager un nouvelle classe de médicament) • Ceci exclut la prescription de deux ß2-agonistes inhalés (longue et courte durée d’action) dans l’asthme et la MPOC, 2 opiacés pour des entredoses de la douleur. Reproduit de: O’Mahony D, Gallagher P, Ryan C, Byrne S, Hamilton H, Barry P et al. STOPP & START criteria: A new approach to detecting potentially inappropriate prescribing in old age. European Geriatric Medicine 2010;1:45-51 avec la permission de Elsevier. © La Fondation pour l’éducation médicale continue, www.fmpe.org Août 2012 16 ANNEXE 4. OUTIL START (Screening Tool To Alert Doctors To Right Indicated Treatment) Les médicaments suivants devraient être envisagés chez les patients âgés de 65 ans ou plus dans les conditions suivantes et en l’absence de contreindications. Système cardiovasculaire • warfarine dans la fibrillation auriculaire chronique • AAS en présence de fibrillation auriculaire chronique et de contreindications à la warfarine, mais pas à l’AAS • AAS en cas d’athérosclérose documentée au niveau coronaire, cérébrovasculaire ou des artères des membres inférieurs chez les patients en rythme sinusal • antihypertenseur si élévation persistante de la pression systolique > 160 mm Hg • statine en présence de maladie coronarienne, d’atteinte cérébrovasculaire ou de maladie vasculaire périphérique documentée chez un patient autonome pour ses AVQ et avec une espérance de vie de plus de 5 ans • inhibiteur de l’ECA en présence d’insuffisance cardiaque chronique • inhibiteur de l’ECA post-infarctus du myocarde • ß-bloqueur en présence d’angine stable chronique Appareil respiratoire • ß2-agoniste en inhalation ou anticholinergique dans l’asthme léger à modéré ou la MPOC • oxygénothérapie à domicile en continue en présence d’une insuffisance respiratoire chronique documentée de type 1 (pO2 < 8,0 kPa, PCO2 < 6,5 kPa) ou de type 2 (pO2 < 8,0 kPa, PCO2 > 6,5 kPa). Unités SI: Hypoxémique (type 1) insuffisance respiratoire pO2 < 60 mm Hg; hypercapnie (type 2) insuffisance respiratoire pCO2 > 50 mm Hg. Système nerveux central • L-DOPA dans la maladie de Parkinson idiopathique avec incapacité fonctionnelle définitive et invalidité • antidépresseurs en présence de symptômes dépressifs modérés à sévères et persistant au moins trois mois Appareil gastrointestinal • inhibiteurs de la pompe à protons en présence d’un reflux gastro-œsophagien ou d’une sténose peptique nécessitant une dilatation • supplément de fibres en présence d’une diverticulose colique symptomatique et chronique avec constipation Appareil musculosquelettique • traitements antirhumatismaux biologiques (DMARD) en présence d’une polyarthrite rhumatoïde modérée à sévère et évoluant depuis plus de 12 semaines • bisphosphonates chez les patients sous corticothérapie systémique • suppléments de calcium et vitamine D en présence d’ostéoporose connue (preuves radiologiques d’ostéoporose, antécédents de fracture de fragilité ou apparition d’une cyphose dorsale) Système endocrinien • metformine en présence de diabète de type 2 avec ou sans syndrome métabolique (et en l’absence d’insuffisance rénale) • inhibiteur de l’ECA ou ARA en présence de néphropathie chez les diabétiques • antiplaquettaires en présence de diabète associé à au moins un autre facteur de risque cardiovasculaire majeur (hypertension, hypercholestérolémie, tabagisme) • statine en présence de diabète associé à au moins un autre facteur de risque cardiovasculaire majeur. Reproduit de: Barry PJ, Gallagher P, Ryan C, O’Mahony D. START (screening tool to alert doctors to the right treatment): an evidence-based screening tool to detect prescribing omissions in elderly patients. Age Ageing 2007; 36(6):632-638 avec la permission de Oxford University Press. © La Fondation pour l’éducation médicale continue, www.fmpe.org Août 2012 17