livre 2011
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Samedi 01 Octobre 2011 World Trade Center – Marseille ACCUEIL : 8 h 15 DEBUT CONFERENCE : 9 h 00 (avec Pause à 10h45) DEBUT REPAS : 12 h 15 (café au stand) REPRISE : 14 h 15 (avec Pause à 15h15) FIN : 17h00 01 OCTOBRE 2011 World Trade Center - Marseille 8h15 – 9h00 ACCUEIL DES PARTICIPANTS 9h00 – 9h15 ALLOCUTION D’OUVERTURE Dr M. TARIOT (Marseille) 9h15 – 9h45 DERMATOLOGIE PEDIATRIQUE SUR PEAU NOIRE Pr J.J. MORAND (Marseille) 9h45 - 10h15 URGENCES DERMATO-PEDIATRIQUES MEDICALES Pr G. LORETTE (Tours) 10h15 – 10h45 URGENCES DERMATO-PEDIATRIQUES CHIRURGICALES Dr N. DEGARDIN (Marseille) 10h45 – 11h15 PAUSE – VISITE DES STANDS 11h15 – 11h45 IATROGENICITE EN DERMATOLOGIE PEDIATRIQUE Dr M.J. PASTOR (Marseille) 11h45 – 12h15 BULLES DU NOUVEAU-NE ET DU NOURRISSON : CONDUITE A TENIR Pr J.P. LACOUR (Nice) 12h15 – 14h15 REPAS 14h15 – 14h45 CAS CLINIQUES Dr S. HESSE (Marseille) 14h45 – 15H15 FIEVRES PROLONGEES DE DIAGNOSTIC URGENT Pr A. BOURRILLON (Paris) 15h15 – 15h45 PAUSE – VISITE DES STANDS 15h45 – 16h15 LESIONS ANO-GENITALES DE L’ENFANT : QUELS PIEGES ? QUAND DEMANDER UN AVIS ? Dr D. HAMEL-TEILLAC (Paris) 16h15– 16h45 CAS CLINIQUES Dr S. MALLET (Marseille) 16h45 - 17h00 ALLOCUTION DE CLOTURE Responsable logistique : Mr P. MANERA 06 75 53 11 06 E-Mail : [email protected] 2 Urgences médicales en dermato-pédiatrie G Lorette (Tours) [email protected] Ces urgences sont caractérisées par l’existence de signes cutanés souvent au premier plan, elles nécessitent d’agir vite. L’inquiétude peut provenir d’un tableau cutané révélateur connu, ou bien de manifestations extra-cutanées préoccupantes : fièvre, altération de l’état général, défaillance viscérale ; Il n’y a pas forcément de corrélation entre l’importance des signes cutanés et la gravité de l’atteinte. Selon le degré d’urgence On distingue - les urgences d’emblée vitales : Lyell toxique, Stevens Johnson, SHU, purpura fulminans. - les urgences qui peuvent devenir rapidement vitales ou qui peuvent laisser des séquelles graves : KaposiJuliusberg, Syndrome de Kawasaki, bébé collodion, érythrodermies, syndrome de Sweet, pyoderma gangrenosum, ecthyma gangréneux, infection par SARM avec production de leucocidine… - les « urgences » pour lesquelles il ne faut pas trop se précipiter étant donné la gravité du pronostic et l’absence de traitement curatif : foetus Arlequin, épidermolyses bulleuses graves… Selon la cause - les infections : le tableau peut résulter de l’infection elle-même ou de l’action d’une toxine. Le contexte n’évoque pas toujours une infection, il peut y avoir peu de fièvre. Il est fondamental de savoir reconnaître les signes cutanés qui vont tout de suite orienter vers les examens complémentaires pertinents. - Lyell staphylococcique. Il est dû à une infection par un staphylocoque producteur d’une toxine exfoliante. Les lésions prédominent autour des orifices. Les décollements sont superficiels. L’antibiothérapie est très rapidement efficace. - infection à SARM producteur de leucocidine (ou toxine de Panton Valentine). Il est essentiel de penser au diagnostic devant des signes parfois minimes, une caractéristique est l’aspect nécrotique des lésions sous l’action de la toxine, faisant parfois évoquer des morsures d’araignées. - syndrome hémolytique et urémique (SHU). - purpura fulminans - cellulite infectieuse. L’infection gagne le tissu cellulaire situé sous l’hypoderme et diffuse alors facilement en entraînant des décollements importants. L’infection peut être primitive ou venir compliquer une dermatose préexistante comme une varicelle. - ecthyma gangréneux. Il s’agit d’une infection à pyocyanique, il faut chercher l’existence d’un déficit immunitaire profond. - le syndrome de Kaposi-Juliusberg est devenu rare : après une primo infection herpétique chez un enfant atopique non ou mal traité l’infection virale diffuse sur le visage, les mains, les pieds, les vésicules deviennent de grande taille, l’état général s’altère, une encéphalite herpétique est possible. Une surinfection bactérienne est fréquente. Ce tableau pouvait être mortel avant l’utilisation de l’acyclovir. D’autres virus, d’autres dermatoses peuvent être en cause, ainsi la vaccination anti-variolique (donc la 3 vaccine) quand cette vaccination s’effectuait encore, ce qui était la raison de sa contre-indication chez les atopiques. - Toxidermies. Elles résultent d’une réaction médicamenteuse. Les critères d’imputabilité permettent d’apprécier la probabilité du rôle causal d’un médicament en tenant compte du type d’accident, du délai entre la prise et l’accident cutané, des données de la pharmaco-vigilance. Dans certains cas des tests cutanés pourront apporter des arguments supplémentaires. - Lyell toxique. Les décollements cutanés sont profonds, l’atteinte des muqueuses est au premier plan. Le pronostic est redoutable. De nombreux médicaments peuvent être en cause. - Syndrome de Stevens-Johnson : les décollements sont moindres mais l’atteinte muqueuse reste importante. - DRESS : le tableau en est maintenant bien connu mais trompeur. Le délai de survenue est long. L’œdème du visage, l’hyperéosinophilie, les atteintes viscérales orientent vers ce diagnostic. - L’œdème angioneurotique peut être de cause médicamenteuse (œdème de Quincke), il peut être génétique, un diagnostic différentiel est l’œdème bradykinique. - Les maladies systémiques Elles comportent souvent une part de vascularite. - Le lupus érythémateux, la PAN, la dermatomyosite évoluent souvent sur un mode subaigu, mais des poussées parfois redoutables sont possibles survenant de façon inopinée ou déclenchées par une infection, ou un traitement, par exemple une corticothérapie générale donnée pour une autre raison. - L’œdème aigu hémorragique survient chez les nourrissons, les oedèmes ecchymotiques en cocarde sont caractéristiques. - La maladie de Kawasaki peut présenter des tableaux trompeurs, la fièvre élevée et prolongée est l’élément d’orientation. - Les dermatoses neutrophiliques sont caractérisées par des infiltrats à polynucléaires neutrophiles. Le syndrome de Sweet et le pyoderma gangrenosum sont les deux entités observées dans l’enfance. - Les morsures - Elles concernent surtout, en France, les vipères mais aussi de plus en plus certaines araignées - Elles peuvent être responsables de tableaux impressionnants. 4 Références - Daskalaki M, Rojo P, Marin-Ferrer M et al. Panton–Valentine leukocidin-positive Staphylococcus aureus skin and soft tissue infections among children in an emergency department in Madrid, Spain. Clin Microbiol Infect 2010;16:74–77 - Du-Thanh A, Raison-Peyron N, Guillot B. Les angioedèmes à bradykinine. Ann Dermatol Venereol. 2011;138:328-35 - Elliott DJ, Zaoutis TE, Troxel AB et al. Empiric antimicrobial therapy for pediatric skin and softtissue infections in the era of methicillin-resistant Staphylococcus aureus. Pediatrics. 2009;123:e959-66. - Farkas H. Pediatric hereditary angioedema due to C1-inhibitor deficiency. Allergy Asthma Clin Immunol. 2010;6:18. - Fiore E, Rizzi M, Simonetti GD et al. 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J Am Acad Dermatol. 2002;47:548-52. 5 IATROGENICITE EN DERMATOLOGIE PEDIATRIQUE PHARMACOVIGILANCE ET DERMATO-PEDIATRIE Dr Marie-Josèphe JEAN-PASTOR CENTRE REGIONAL DE PHARMACOVIGILANCE PROVENCE-CORSE HOPITAL SALVATOR, AP-HM 249, Boulevard de Sainte Marguerite 13009 MARSEILLE MARSEILLE- TEL : 04-91-74-75-60 FAX : 04-91-74-07-80 [email protected] Sous le titre « Iatrogénicité en dermatologie pédiatrique » peuvent être abordés plusieurs champs de la pharmacovigilance : les effets indésirables cutanéo-muqueux des médicaments (toxidermies), les réactions cutanées aux vaccins, les effets indésirables des médicaments prescrits pour des pathologies cutanées. Une sélection a été obligatoire ! LES TOXIDERMIES CHEZ L’ENFANT sont plus rares que chez l’adulte, mais elles ne sont pas exceptionnelles, atteignant selon les études 2 à 12% de la population pédiatrique. Les toxidermies, au premier rang des effets indésirables notables des médicaments, ont des aspects cliniques multiples : plus de 29 types cliniques décrits dans les ouvrages spécialisés… Chez l’enfant, la difficulté diagnostique vient du fait que les éruptions accompagnent souvent un épisode infectieux pour lequel a été donné un médicament : quel est le rôle de l’agent infectieux ? quel est le rôle du médicament ? l’épisode infectieux était-il l’aspect inaugural de la pathologie cutanée (toxidermies bulleuses)? Les médicaments les plus fréquemment incriminés chez l’enfant sont les antibiotiques, les antipyrétiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les anti-comitiaux. Les tests cutanés, différents selon la toxidermie, peuvent être utiles pour préciser le médicament responsable et le risque de réactions croisées. Le rôle d’un métabolite sur un terrain génétique prédisposé est parfois discuté. Les toxidermies les plus courantes chez l’enfant sont les éruptions urticariennes (20 à 30%) et les éruptions maculo-papuleuses (60 à 80%). L’érythème pigmenté fixe n’est pas rare, survenant dans 10% des cas chez l’enfant. Beaucoup plus rares mais graves, pouvant mettre en jeu le pronostic vital, sont les syndromes d’hypersensibilité, les pustuloses exanthématiques aiguës généralisées et les toxidermies bulleuses. 6 LES ERUPTIONS URTICARIENNES Une urticaire aiguë médicamenteuse parfois associée à un angio-œdème localisé ou généralisé apparait dans les minutes (heures) suivant la prise du médicament. Mais le diagnostic étiologique se pose toujours : rôle du médicament ? rôle de la pathologie sous-jacente (virose) ayant nécessité le traitement ? Les médicaments les plus fréquemment suspectés sont les anti-infectieux (possible mécanisme IgE dépendant) ou les AINS (possible mécanisme pharmacologique). Les tests cutanés à lecture immédiate, prick-tests, ont une bonne valeur diagnostique et prédictive pour les bétalactamines. Ils permettent en outre le diagnostic d’une éventuelle réactivité croisée entre pénicillines et céphalosporines. Une pseudo maladie sérique associe des lésions urticariennes fixes à une fièvre modérée avec arthralgies et parfois adénopathies. Elle apparait une à trois semaines après le début du médicament en cause. La formule sanguine peut révéler une hyper-éosinophilie. Il n’y a pas d’atteinte rénale, pas d’immuns-complexes circulants, pas de signe de vascularite à l’histologie. Le céfaclor était l’antibiotique le plus souvent en cause (d’autres céphalosporines ayant pu être prescrites ultérieurement chez les jeunes patients), loin devant les sulfamides et les pénicillines (le risque de réaction croisée avec les autres bétalactamines est alors faible). LES ERUPTIONS MACULO-PAPULEUSES (EMP) Ce sont les toxidermies les plus fréquentes chez l’enfant survenant chez 5 à 10% des enfants sous ampicilline et 95% des enfants sous ampicilline avec une infection à EBV. Les lésions maculo-papuleuses apparaissent d’abord au niveau du tronc avant de s’étendre de façon symétrique vers les extrémités des membres. Elles sont peu ou pas prurigineuses. Elles apparaissent cinq et dix jours après le début du traitement. Les médicaments le plus souvent suspectés sont les bétalactamines (pénicillines), les sulfamides, les AINS et les anticonvulsivants. Il est parfois difficile de départager le rôle du médicament du rôle de la maladie infectieuse ayant motivé sa prescription. La majorité des enfants ayant présenté une EMP banale sous bétalactamines ne récidive pas lors de traitements ultérieurs. De plus, dans ces éruptions maculo-papuleuses banales, le risque de réaction croisée pénicilline/céphalosporine est faible et non grave. Les tests cutanés, patch-tests, bien standardisés chez l’adulte, peuvent donner de faux positifs (intérêt d’une population témoin) comme de faux négatifs. En cas de patch-test négatif peuvent être réalisés un prick-test avec lecture à 24h et en cas de négativité une Intradermo Réaction (IdR) avec lectures immédiate, à 24 h et plus. L’ERYTHEME PIGMENTE FIXE (EPF) Dix pour cent des EPF surviennent chez l’enfant parfois dès l’âge de trois mois. Le délai d’apparition de cette toxidermie est court: quelques heures ou quelques jours après le début du traitement, apparaissent des lésions bien limitées, ovalaires, bleutées parfois bulleuses laissant une cicatrice pigmentée. Les sites de prédilection sont le tronc, les lèvres, les membres ou les organes génitaux externes. 7 Les médicaments le plus souvent en cause sont les barbituriques, les sulfamides, les tétracyclines, les pénicillines, les macrolides, le paracétamol, les AINS. En cas de ré-administration du médicament suspect, la récidive est rapide en moins de huit heures sur les mêmes sites. Les patch-tests in situ sont assez souvent positifs. En cas de négativité un Test de Provocation Orale (TPO) peut être envisagé à une dose minimale (risque d’EPF étendu et bulleux). LE SYNDROME D’HYPERSENSIBILITE DRUG RASH WITH EOSINOPHILIA AND SYSTEMIC SYMPTOMS (DRESS) Le DRESS, rare chez l’enfant, est une toxidermie grave qui associe cliniquement de la fièvre, une éruption cutanée diffuse avec œdème des extrémités et en particulier du visage, des polyadénopathies. Au plan biologique on retrouve une hyper-éosinophilie associée à des lymphocytes hyper-basophiles et des atteintes viscérales multiples et variables : foie, rein, cœur, poumon… Le délai d’apparition est long (le plus long de toutes les toxidermies), de deux à six semaines voire plus, après le début du traitement. Après l’arrêt du médicament suspect, la régression est très lente. Une réactivation virale, HHV6 surtout, a été envisagée ainsi que le rôle du CMV ou d’un mycoplasme. Les médicaments en cause chez l’enfant sont principalement les antiépileptiques : carbamazépine, phénobarbital et phénytoïne, antiépileptiques à structure aromatique avec risque de « réactions croisées » (imposant la contre-indication des autres molécules); la lamotrigine, pourvoyeuse de DRESS par le biais de ses métabolites ne devrait pas être le médicament de substitution après un DRESS à un antiépileptique aromatique. Parmi les antibiotiques, les DRESS à la minocycline dans l’acné ne devraient plus se voir (autres cyclines indiquées dans l’acné); la dapsone, les sulfamides, la sulfasalazine, sont également à l’origine de DRESS. Les tests cutanés : patch-tests n’ont pas été réalisés sur des séries suffisamment importantes pour prouver leur sensibilité et donc leur intérêt dans l’exploration de cette toxidermie sévère. LA PUSTULOSE EXANTHEMATIQUE AIGUE GENERALISEE (PEAG) Rare ou très rare chez l’enfant, la PEAG associe un exanthème prurigineux inflammatoire et des pustules non folliculaires prédominant au niveau du tronc et des plis. Ces lésions évoluent dans un contexte fébrile. Le contenu des micro-pustules laiteuses est stérile. Au plan biologique, prédomine une polynucléose à polynucléaires neutrophiles. Le délai d’apparition est court, moins de 48 heures, parfois quelques heures seulement après le début du traitement. L’évolution est favorable en moins de deux semaines, avec desquamation. En dehors de très rares causes infectieuses (entérovirus, cytomégalovirus) la PEAG est d’origine médicamenteuse : pristinamycine, aminopénicillines (ampicilline, amoxicilline) mais aussi quinolones, sulfamides et le métronidazole. La carbamazépine et le paracétamol peuvent être aussi en cause. Les patch-tests sont utiles alors que la sensibilité des prick-tests et des IdR est inconnue. LES TOXIDERMIES BULLEUSES 8 L’érythème polymorphe est le plus souvent d’origine infectieuse : virus herpes simplex, mycoplasma pneumoniae. On peut évoquer une étiologie médicamenteuse devant des lésions en cocardes atypiques, peu nombreuses, associées à d’autres lésions cutanées polymorphes et prurigineuses diffuses à prédominance centrale. Le délai d’apparition est de une à trois semaines après le début du traitement. La régression a lieu en une à deux semaines. Les médicaments sont rarement en cause. Le syndrome de Stevens-Johnson, ou ectodermose pluriorificielle est une toxidermie grave cutanéomuqueuse (conjonctives, muqueuse buccale et génitale). Des prodromes avec fièvre, céphalées sont fréquents. L’atteinte muqueuse est souvent bipolaire. Les lésions bulleuses recouvrent moins de 10% de la surface corporelle. L’état général est altéré avec manifestations pulmonaires fréquentes. Les agents infectieux sont souvent en cause : HSV, mycoplasma pneumoniae posant encore le problème du rôle du médicament, cause ou conséquence. L’analyse précise de la chronologie des événements est alors indispensable pour affiner le diagnostic étiologique. Le syndrome de Lyell ou nécrolyse épidermique correspond à une toxidermie bulleuse sévère avec décollement atteignant plus de 30% de la surface corporelle. Les muqueuses oculaires nasales et génitales mais aussi respiratoires et gastro-intestinales sont généralement atteintes. Pour les syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell, classiquement le délai d’apparition est de 7 à 21 jours après le début du traitement en cause. Ils peuvent survenir plus tôt chez les patients déjà exposés au médicament suspect. Chez l’enfant les médicaments les plus souvent incriminés sont les AINS, les anticonvulsivants, les bétalactamines et les sulfamides. Le pronostic de ces toxidermies est grave à cause de la mise en jeu du pronostic vital dans l’immédiat et à cause des risques de séquelles en particulier oculaires à distance. Le pronostic dépend de la rapidité de l’arrêt du médicament responsable et de la rapidité de la prise en charge en milieu spécialisé. Les tests cutanés sont peu sensibles voire inutiles. AU TOTAL LA PRISE EN CHARGE GLOBALE DES TOXIDERMIES REPOSE SUR - Le diagnostic précis de l’éruption : type, extension - La recherche de signes de gravité : fièvre, atteinte muqueuse, bulles, éruption purpurique, lymphadénopathie. - L’interrogatoire à la recherche précise de la chronologie des prises médicamentes (toutes) à mettre en parallèle avec la chronologie des événements cliniques. - L’arrêt de médicament suspect (la pharmacovigilance peut vous aider à déterminer le médicament suspect parmi tous ceux qui ont été administrés à l’enfant) - La déclaration au centre de pharmacovigilance de tout effet indésirable grave même connu, de tout effet indésirable inattendu ou tout ce qu’il semble pertinent de déclarer. - A distance, l’éventuelle exploration en allergologie, variable selon la toxidermie. Les allergies de contact se voient même chez le petit nourrisson et bénéficient tout particulièrement des explorations allergologiques comme l’illustre l’exemple d’une allergie de 9 contact à la chlorhexidine secondaire à une sensibilisation très précoce lors de soins prolongés du cordon. La vaccination à l’origine de possibles REACTIONS VACCINALES est un acte fréquent en pédiatrie. Un exposé entier pourrait être consacré à ce sujet… Deux types de réactions locales originales ont été sélectionnés. Une morphée est apparue 15 jours après la 3ème injection d’un vaccin contre l’hépatite B chez un nourrisson de 6 mois. L’évolution a été favorable après corticothérapie 1mg/Kg/j pendant 3 mois, puis 0.5mg/Kg/j pendant 2 mois puis un jour sur deux pendant un mois. D’autres cas de morphée ont été publiés après vaccinations DTP ou ROR… Plusieurs cas de syndrome de Nicolau ou embolia cutis medicamentosa après vaccination ont été publiés. Ils sont souvent en lien avec une technique d’injection intramusculaire incorrecte. Au plan clinique, l’importante douleur locale est suivie d’un œdème puis d’un érythème et de nécrose cutanée, sous cutanée voire musculaire. Cette réaction est due à un traumatisme vasculaire avec vasospasme, inflammation puis thrombose vasculaire. Chez l’enfant on été incriminés les vaccins mais aussi la vitamine K1, des antibiotiques, des corticoïdes, des AINS… LES PRESCRIPTIONS DERMATOLOGIQUES en pédiatrie peuvent également être à l’origine d’effets indésirables dont certains évitables (iatrogénie évitable). Ont été sélectionnées : - La prescription d’anesthésiques locaux avant le traitement contagiosum diffus La prescription de propranolol dans les hémangiomes La prescription de tacrolimus dans la dermatite atopique. de molluscum Ces trois derniers mois ont été signalés au centre de pharmacovigilance deux cas de mésusage par les parents d’anesthésiques locaux (EMLA®, ANESDERM Gé®) prescrits en prévision d’un curetage de molluscum contagiosum profus. Le rôle du médecin prescripteur et du pharmacien qui délivre les produits est capital pour expliquer le bon usage de ces médicaments et prévenir des effets indésirables graves « évitables ». Six tubes de 5 grammes d’EMLA® (30 grammes) ont été appliqués sous pansements occlusifs sur l’abdomen d’une fillette atopique de 3.5 ans pesant 16.5 kg. Deux heures après, dans la salle d’attente, l’enfant est somnolente, elle vomit puis présente une crise tonico-clonique. L’évolution sera favorable après injection de bleu de méthylène à l’hôpital. Huit tubes de 5 grammes d’ANESDERM Gé® (40 grammes) ont été appliqués sous pansements occlusifs chez un garçon de 4 ans pesant 23 Kg. Une heure après il est ataxique et somnolent dans la salle d’attente. L’évolution sera favorable sans complication à l’hôpital où il a été envoyé en urgence. 10 Pour ces médicaments, lors de la prescription et de la délivrance il est très important d’expliquer aux parents les doses maximales quotidiennes à ne pas dépasser : – < 3 mois : 1 gr pour 10 cm2 – > 3 mois et < 12 mois : 2 gr pour 20 cm2 – > 1 an et < 6 ans : 10 gr pour 100 cm2 = 2 tubes au maximum (par jour) – > 6 ans et < 12 ans : 20 gr pour 200 cm2 = 4 tubes au maximum (par jour) Les données de sécurité du propanolol dans les hémangiomes ont fait l’objet de plusieurs publications récentes dont une série consacrée à 28 enfants. Les effets indésirables observés et rapportés sont « attendus » : Hypoglycémie (propanolol en association avec corticoïdes), hypotension, hyperactivité bronchique, sommeil agité, extrémités froides, troubles digestifs à type de constipation ou de diarrhée (trois cas publiés). Le tacrolimus fait partie des 77 médicaments sous surveillance renforcée par le système de pharmacovigilance, en raison du risque potentiel de lymphomes cutanés. Cet immunosuppresseur a un Service Médical Rendu « faible » dans la dermatite atopique chez l’enfant et « modéré » chez l’adulte. En 2010, il a fait l’objet d’un courrier aux prescripteurs concernant les données de sécurité et les recommandations de bon usage et les précautions d’emploi : - - - - Chez l’enfant de 2 ans et plus, seul Protopic® 0.03% peut être utilisé (Protopic® 0.1% ne doit pas être utilisé en dessous de 16 ans). Le traitement par tacrolimus peut être associé à un risque accru d’infections à herpès virus : en présence de ces infections le rapport bénéfice/risque du traitement doit être réévalué. Pendant la durée du traitement par tacrolimus, il convient de réduire l’exposition au soleil et d’éviter l’exposition aux UV. L’effet du traitement par tacrolimus sur le système immunitaire en développement de l’enfant, en particulier du jeune enfant, n’a pas encore été établi et ceci doit être pris en compte lors de la prescription dans cette tranche d’âge. Chez des patients traités par tacrolimus en topique des cas d’affections malignes comprenant des lymphomes cutanés et autres types de lymphomes et des cancers cutanés ont été rapportés. Chez les patients ayant une dermatite atopique traités par Protopic®, il n’a pas été mis en évidence de taux sanguins significatifs de tacrolimus. La tolérance à long terme du traitement d’entretien par tacrolimus au-delà de 12 mois n’a pas été établie. EN CONCLUSION la iatrogénicité en dematologie pédiatrique = la pharmacovigilance en dermato-pédiatrie est un très vaste domaine concernant aussi bien les toxidermies, fréquentes, que les effets indésirables secondaires aux prescriptions pour des pathologies cutanées. Les pédiatres et les dermatologues ont un rôle majeur en termes de : - prévention des effets indésirables (prescription, bon usage, explications aux parents) ; - diagnostic et exploration des toxidermies ; - prévention des récidives (contre-indication, réactions croisées) ; - déclaration en pharmacovigilance (04 91 74 75 60) de tous les effets graves et des effets inattendus (chronologie des événements [médicaments, clinique], séméiologie). 11 QUELQUES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ARTICLES GENERAUX Réactions allergiques et pseudoallergiques aux médicaments et substances biologiques chez l’enfant Rev Fr Allergol, 2007, 47, 355-67 PONVERT C, SCHEINMANN P. Cutaneous reactions to drugs in children Pediatrics, 2007, 120, e1082-96 SEGAL A.R. and al. Le DRESS syndrome, une réaction d’hypersensibilité aux médicaments Arch Pédiatr, 2007, 14, 1439-41 AUTRET-LECA E. and al Les toxidermies de l’enfant VIIèmes Journées Nationales de Dermatologie Pédiatrique, 4-5 avril 2008 CAMBAZARD F. Prise en charge globale des toxidermies Ann Dermatol Venereol, 2007, 134, 391-401 BARBAUD A. Patch-tests médicamenteux dans l’exploration des toxidermies Ann Dermatol Venereol, 2009, 136, 635-44 BARBAUD A. ALLERGIE DE CONTACT Allergic contact dermatitis to chlorhexidine in a very young child Pediatric Dermatology, 2010, 27, 485-7 LE CORRE Y and al. REACTIONS AUX VACCINS Morphea profunda in a young infant after hepatitis B vaccination J Am Acad Dermatol, 2010, 63, 1111-2 BENMOUSLY MLIKA R and al. Nicolau’s syndrome induced by intramuscular vaccinations in children: report of seven patients and review of the literature Clin. Exp. Dermatol, 2008, 33, 555-8. KIENAST AK and al PROPRANOLOL dans les hémangiomes Adverse effects of propranolol when used in the treatment of hemangiomas: a case series of 28 infants. J Am Acad Dermatol, 2011, 65, 320-7 de GRAAF M and al. 12 Fièvres prolongées de diagnostic urgent 25ème Journée de Dermatologie pédiatrique Jean Devaux Samedi 01 octobre 2011 Professeur Antoine BOURRILLON Hopital Robert DEBRE - Paris La fièvre est définie comme une température centrale dépassant 37,5°C et 38°C le soir chez le grand enfant (37,8°C) chez le nourrisson. Sans aucun caractère consensuel, elle est dite prolongée lorsqu’elle dépasse 5 jours chez le nourrisson et une semaine chez l’enfant plus âgé. Le diagnostic étiologique des fièvres prolongées du nourrisson reliées ou non à un syndrome inflammatoire se situe autour de 3 grands groupes : - maladies infectieuses généralisées (ou parfois localisées et de diagnostic évident) - maladies inflammatoires - très rarement hémopathies ou tumeurs Un nombre limité seulement de ces fièvres prolongées se situe paradoxalement dans un contexte de diagnostic urgent. Ce contexte d’urgence peut être lié : - à la méconnaissance coupable d’une infection microbienne tardivement reconnue - à un tableau d’infection redoutée comme sévère dont une bonne évaluation clinique aurait permis cependant l’approche d’un diagnostic étiologique probabiliste bénin - à un tableau authentique de sévérité notamment révélé par un état de choc dont l’origine différée par rapport au début de la fièvre peut être inflammatoire ou s’intégrer dans un contexte de syndrome macrophagique. Nous conclurons par l’exposé de 2 observations où la sévérité l’emporte sur l’urgence dans un contexte d’inquiétudes individuelles ou collectives. Nous ne pouvons présenter ici le contenu détaillé de ces observations (devinettes) mais nous restons à disposition de tout participant pour transmettre au décours de l’exposé le contenu du diaporama de l’intervention ([email protected]) 13 01 octobre 2011 World Trade Center - Marseille Nous remercions les laboratoires pour leur participation: MEAD JOHNSON NUTRITION ASTELLAS ADERMA - AVENE – PIERRE FABRE DERMATO BAYER SANTE FAMILIALE INTENDIS NEITUM NESTLE - GUIGOZ GALLIA - BLEDINA NOREVA-LED G.S.K. NOVALAC JANSENN CILAG NOVARTIS SANTE FAMILIALE LA ROCHE POSAY SINCLAIR PHARMA LABORATOIRES BIARRITZ PFIZER LACTALIS PHADIA LFB SODILAC URIAGE Nous remercions de leur participation les associations de F.M.C. : − ASSOCIATION DES PEDIATRES du GARLABAN − C.I.P.P. − CERCLE PÉDIATRIQUE MARSEILLAIS − CERCLE PÉDIATRIQUE AIXOIS − LA PEAU DES PAPES − LA SOCIETE FRANÇAISE DE PEDIATRIE (PACA) − LA SOCIETE FRANÇAISE DE DERMATO-PEDIATRIE − UREMEC (PACA) 14