L`architecture sedanaise
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L`architecture sedanaise
Au début du XIXe siècle S edan se développe dans ses fortifications et autour de son château, dès le XVe siècle. Les manufactures de draps et les garnisons envahissent l’ancienne principauté protestante au XVIIIe siècle. Militaires et ouvriers fréquentent alors bars et estaminets. La rue du Ménil La Halle, place de la Halle En bois au Moyen Age, elle est remplacée en 1835, sur le plan de l’architecte Hanrot, de Toul. Le bâtiment elliptique en pierre est abattu en 1913. Les rues du Ménil, de la Tour d’Auvergne, de la Rochefoucauld sont aménagées dans l’esprit de la fin du siècle précédent, avec des façades néoclassiques. Le tribunal, place Turenne Les tribunaux s’installent le 18 juin 1825, dans le Palais de Justice, construit sur le même modèle architectural que l’hôtel de ville ou le théâtre, avec colonnes et entablements. L’hôtel de ville, place Turenne Il est édifié par Avrilet-Grange, en 1822, dans un style néoclassique. La façade principale est décorée en pierre de taille et cache l’arrière du bâtiment, en moellons. Sur le fronton, on trouve le blason de la ville, un sanglier devant un chêne, armes données par HenriRobert de Lamarck. Le théâtre, place Goulden En 1811, le théâtre est aménagé par AvriletGrange, place du Rivage. Il brûle en 1922. La Place Turenne La fabrique Lemoine-Desmares L’Hôtel de la Croix d’or, place Turenne La Fabrique Lemoine-Desmares, gendre de Poupart et l’hôtel de la Croix d’or, complètent cette place Turenne qui se veut homogène, comme la place royale de Reims ou la place Ducale de Charleville-Mézières. Pour aménager la place, en 1822, les terrains militaires ont été déclassés. La statue de Turenne, place Turenne (1822) Edmée Gois (1765-1836), sculpteur parisien, est l’auteur de la statue, alors ornement principal de la ville. Les bas-reliefs symbolisent le blason de la ville (un sanglier devant le chêne), Turenne enfant endormi sur un canon, la ville de Sedan assise sur des canons. Les cartes postales proviennent de la Médiathèque Municipale - Photographies contemporaines Ville de Sedan L’architecture avant 1870 : L’industrie La maison Rozoy Plusieurs demeures témoignent de l’industrie de la bière : rue de Bayle, place Cappel ou avenue des martyrs de la Résistance, la brasserie Philippoteaux ornée de deux tonneaux en pierre. La maison Rozoy, 11 et 13 rue Sainte-Barbe, de 1872 est une maison de vin et de spiritueux, notable pour son décor de grappes de raisins. Depuis le rattachement de la ville à la France, les manufactures de draps se multiplient. La manufacture de draps fins, rampe des Capucins A l’époque de Louis Ternaux, (1763-1833), grand manufacturier, né à Sedan, les affaires prospères. La Manufacture de draps fins, 1 rampe des Capucins, fut dotée par Ternaux, au milieu du XIXe siècle, d’une machine à vapeur. Hercule terrassant le lion de Némée Les fabriques Francourt et Lecluse, rue de la Rochefoucauld La Teinturerie Villette-Gridaine 3 rue Berchet, a fait partie, de l’importante manufacture du Gros Chien. Les bâtiments datent de 1828. Devenu ministre du Commerce et de l’Agriculture de 1840 à 1848, Laurent Cunin Gridaine fait reconstruire richement la façade de sa maison (n°8) plaquée devant plusieurs maisons anciennes. On peut y admirer une grille représentant « Hercule terrassant le Lion de Némée ». Les mêmes portes en fonte moulée se trouvent à Metz, 22 en Nexirue. La fabrique Francourt et l’ancienne fabrique Lecluse, bénéficient de cours, comme la plupart des maisons de cet îlot et présentent une autre façade sur la rue du Rivage. La fabrique Lécluse conserve une grande lucarne à toit débordant, caractéristique des fabriques et deux importants treuils encastrés dans un mur. 8 rue de la Tour d’Auvergne La rue de la Tour d’Auvergne est nommée ainsi en en 1871. La plupart des maisons sont du XIXe siècle, comme le n°1, propriété d’Edmond Gollnisch, maire à Sedan en 1870 et la très belle demeure du n°8, ornée d’un portail à pilastres, et sa fontaine sur cour. L’architecture militaire La caserne Macdonald La caserne Macdonald (1767) avec ses manèges et ses magasins. Les importants bâtiments furent détruits vers 1980. Alexandre Macdonald, né à Sedan (1765-1840) détermina la victoire de Wagram et fut nommé Maréchal d’Empire. La caserne Asfeld La caserne Asfeld est aménagée entre 1846 et 1848. Claude François Bidal, marquis d’Asfeld (1667-1743) était continuateur de Vauban. L’architecture avant 1870 : Torcy Notre Dame Saint Léger de Torcy, rue Jean Jaurès Elle est commencée en 1866, dans ce quartier rattaché nouvellement à la ville et inaugurée le 2 mai 1869. Jean RACINE, son auteur, était architecte diocésain, il est l’auteur de Notre Dame - Saint Remi de Charleville (1860-1863) et de l’ossuaire de Bazeilles, après la guerre de 1870. Saint Léger est d’architecture néo-gothique, accompagnée du presbytère et d’une école. Le clocher, le maître-autel et la chaire à prêcher sont tous dessinés sur le même modèle… Fresques de l’église Le culte Marial se développe, une chapelle est aménagée à Saint Charles. Les fresques représentent les apparitions mariales de la Salette et de Lourdes. La chapelle de l’Hôpital est redécorée sur le thème de l’apparition de la rue du Bac. Photographie : Mme WAUTHOZ Saint Etienne du Fond de Givonne, rue du fond de Givonne De nombreuses églises sont édifiées ou reconstruites dans les Ardennes au milieu du XIXe siècle. A Sedan, Saint Etienne du Fond de Givonne est bâtie en 1845 par l’architecte REIMBEAU, ainsi que l’école qui lui fait face. L’église est reconstruite en 1925. La Sorille La Sous-préfecture, avenue de Lamarck La sous-préfecture est aménagée en 1865, par REIMBEAU, dans un style inspiré du début du XVIIe siècle. A la mort de celui-ci, elle est achevée par JB COUTY, son commis. Les sculptures de la façade sont de LALLEMENT. Napoléon III logea dans ce bâtiment et coucha les nuits des 30,31 août et 1er septembre 1870. Sa chambre était au 1er étage à droite en angle au-dessus de la Meuse. Le couvent des sœurs de l’Assomption Edifié entre 1850 et 1863, par Reimbeau, Le couvent des sœurs de l’Assomption, actuel cours Mabillon, rue des Martyrs de la Résistance, est d’architecture éclectique et néo-médiévale construit pour la même congrégation par le diocésain d’Amiens et de Beauvais, Pierre-Aymar Verdier (1819-1880). Selon P. Congar, ce style des collèges et châteaux des campagnes anglaises vient du goût de la première supérieure qui venait de Grande Bretagne… Le quartier de la Sorille est aménagé entièrement au XIXe siècle entre Torcy et la place Turenne. La rue Thiers, est le grand axe de la ville, avec ses commerces, ses façades bourgeoises, ses cafés en face de la caserne Macdonald. L’usine Lecomte A la place de l’actuelle tour de la Sorille, il y avait une usine à étage dont la première partie est construite en 1865, pour Victor Lecomte. L’ensemble de l’usine occupait tout le pâté de maisons formé par les rues Colbert, Jeannon, Macdonald et de Navières. Un incendie détruit l'importante usine, en quelques heures, le vendredi 29 août 1930 à 18h45. Les 500 ouvriers furent réintégrés dans d’autres usines sedanaises. La place d’Alsace Lorraine : un nouveau centre ville En 1875, la suppression du bastion Bourbon permet la création de la place d’Alsace Lorraine, nouveau centre ville. Elle prend le nom des régions perdues dans la Débâcle, juste retour des choses dans la ville de la défaite. Elle reçoit les bâtiments symboles de la République : le lycée, le musée, le temple protestant, la Caisse d’Épargne. Le Lycée Turenne Le Lycée Turenne, lycée de garçon, est aménagé, 13 place Crussy, en 1883, toujours par E. Depaquit, dans la continuité du collège des Jésuites. Lycée Turenne et Musée forment un ensemble harmonieux sur une moitié de la place d’Alsace Lorraine. Comme pour la nouvelle sous préfecture, le style architectural reprend l’architecture XVIIe, du Palais des Princes et de l’hôtel de ville, rue de l’Horloge. Le gymnase municipal est construit grâce au don de Leclerc Adam en 1881. Le Musée, une école et une crèche Vers 1880, grâce aux dons de Ferdinand et Victor CRUSSY, un Musée, une école et une crèche sont inaugurés. Un concours pour la construction du Musée est organisé vers 1881. Edouard Depaquit, ingénieur de la ville est auteur de cet ensemble à pavillon central. Le sculpteur ornemaniste est Lallement, qui avait travaillé pour la sous-préfecture. L’Hôtel des postes Une nouvelle place est alors créée, la place verte, avec l’Hôtel des postes et télégraphes, construit en 1884, par E. Depaquit. Turenne dormant sur l’affût d’un canon Gustave DELOYE, sculpte le bas-relief représentant Turenne dormant sur l’affût d’un canon (1884) et le travail et la science, 1882-1884, qui ornent le cadran du lycée. Il est auteur de la statue de Garibaldi à Nice, inaugurée en 1891. C’est le cousin d’Edouard Depaquit. Le temple protestant La Caisse d’Épargne La Caisse d’Épargne date de 1881. Elle est l’œuvre d’un architecte parisien, E. LEMAIRE qui répond à un concours, auquel participent 35 architectes. Sur sa façade, au Rez-dechaussée, des colonnes doriques encadrent trois grandes baies à refends. Le premier étage s’inspire du style corinthien. Le salon à l’intérieur possède une remarquable cheminée monumentale néorenaissance, en chêne sculpté. Le nouveau centre ville de Sedan qui ne s’est pas doté d’une église catholique est finalement enrichi d’un temple protestant bâti en 1893, sur les plans de l’architecte LH COUTY, dans un style romano-byzantin, très répandu en cette fin de XIXe siècle. Le pasteur GOULDEN voulut créer un ensemble cohérent avec presbytère et une école, sur le principe de l’église de Torcy. Paul et Virginie au jardin botanique Une statue de Paul et Virginie en bronze de Visseau, sculpteur à Carignan, ornait le bassin. Un dispositif permet au parapluie de laisser un perpétuel ruissellement. Le plan du jardin botanique, est établi en 1880 par René RICHER, architecte paysagiste qui rentre au service de la ville en 1888, pour aménager la deuxième partie du jardin. Des maçonneries arborescentes, œuvre du cimentier Bourdet de Sedan, ornent le petit kiosque, le parapet du pont et le transformateur. La fin du XIXe siècle, marque l’expansion de la construction d’édifices religieux à Sedan : le temple, la synagogue et un projet d’église catholique. Ce mouvement participe à la ferveur nationale : le Sacré-cœur à Paris, l’église Sainte Clotilde à Reims. Après les traumatismes de 1870 et la séparation de l’église et de l’Etat, les projets d’édifices religieux sont finalement condamnés. Goulden, rachète le temple à l’Etat, pour la communauté protestante. Entre souvenir et revanche A u centre de la place d’Alsace Lorraine, le monument aux morts est inauguré en 1897. Aristide Croisy est préféré à Gustave Deloye qui aurait aimé être le seul sculpteur présent sur cette place. Le monument aux morts Le monument aux morts est composé d’un socle en granit, édifié sur le dessin d’un architecte Ulysse Gravigny et réalisé par un entrepreneur. Le grand groupe "pro Patria" se compose d’une Gloire couronnant de laurier un soldat mourant et deux bas-reliefs, la Défense du pont de Bazeilles et la Charge des chasseurs d'Afrique (combat de Floing). Enfin sur le socle, la France burine l'inscription : "Impavidus numero victus" (Sans peur, il a été vaincu par le nombre), une palme est à ses pieds. Pour finir une inscription rappelle "Monument élevé par souscription nationale, Honneur et Reconnaissance à qui meurt en défendant sa patrie." Le canon est tourné vers l’Est. Le Chêne brisé Le Chêne brisé des frères Duch, Monument sur la route de Floing (dans le prolongement de l’avenue Margueritte) symbolise la France. Ce monument, élevé sur un monticule en forme de rocher est surmonté d’un chêne brisé vigoureux qui représente la France. Deux bouts de branches, l’une coupée, emblème de l’Alsace, l’autre brisée, emblème des défenseurs de la patrie, porte une couronne à la mémoire de ceux qui sont tombés pour elle. Du tronc de l’arbre un rejeton puissant repousse, indice des nouvelles générations. Au pied se trouvent la Civilisation et la Paix représentées par une femme couronnée d’oliviers. Sa main droite armée d’un marteau brise un canon, engin infernal qui ne sert qu’à la destruction et à l’abaissement des peuples. Sur l’arrière se trouvent abandonnés un manteau, un sceptre, deux couronnes. A droite sont les attributs de la science et des arts, résultats de la paix qui, seule, peut nous procurer ces bienfaits. A gauche, un Christ et un Evangile sur lequel se trouvent gravées ces paroles : Aimez-vous les uns les autres, vous ne tuerez point. Un autre chêne brisé de Duch Dans le cimetière Saint Charles une autre sculpture de Duch, chêne brisé, évoque la catastrophe industrielle du 15 mai 1893, la chaudière de l’usine Robert, rue des fours, explose en détruisant l’immeuble et en faisant neuf victimes parmi le personnel. Le blason de Sedan Comme de nombreuses villes au XIXe siècle, à Sedan, le blason (le sanglier devant le chêne), symbole de renaissance et de fierté, est sculpté sur les lycées, sur le jardin botanique, sur le musée détruit en 1940, sur un vitrail de l’église Saint Charles, pour fêter le baptême de Clovis et même encore en 1913, sur les bains douches, corne de Soissons. L’Avenue Philippoteaux L’Avenue du Ménil relie la gare au Ménil. Elle ne prend le nom de son fondateur, Auguste Philippoteaux qu’après la mort de celui-ci. L’avenue est composée de bâtiments résidentiels, bourgeois et ouvriers, mêlés aux bâtiments industriels. L’avenue est divisée en deux après la première guerre mondiale : avenue Verdun et avenue Philippoteaux. En 1880, JB Couty crée l’école des Frères des écoles chrétiennes (fondée par Saint Jean Baptiste de la Salle) JB Couty est aussi à cette époque l’auteur de nombreuses églises dans les villages aux à l’entour de Sedan. Plusieurs numéros dans l’avenue, sont caractéristiques de la richesse sedanaise et du désir d’expansion. Souvent ces riches hôtels particuliers présentent des arrières plus communs. - Au n°11 avec ces 3 corps de bâtiments séparés, et la propriété du Pasteur Goulden. - Au n° 23, on trouve « la belle flamande », - Au n°33, un hôtel de style Renaissance. - Jean Stackler, riche industriel et maire de Sedan en 1896, se fait aménager un palais à l’italienne, en face de son usine l’UMT. - Au n°30, la maison Froissard est de style composite. - Bourdet, le cimentier du jardin botanique, possède une maison Art Nouveau, au bout de l’avenue aux numéros 68-70. - un pavillon néo-renaissance, boulevard de Lattre de Tassigny. La synagogue Dès 1878, on commence à construire une synagogue dans la toute nouvelle avenue. La communauté israélite est devenue particulièrement importante après la guerre de 1870. Cette synagogue est édifiée sur les plans de l’architecte MAZUEL ; les dépenses engagées pour sa construction sont payées par l’Etat et par la ville de Sedan. D’architecture sobre à l’intérieur, elle est peu ornementée. Le jardin de la gare La gare Il est dessiné par la Maison Durand où travaille Edouard Redont, auteur par la suite à Reims du Parc Pommery ou de la banlieue-jardin du Petit Groslay. En décembre 1858, la gare de Donchery est le terminus d’une ligne qui ne se poursuit pas jusqu’à Sedan. Sedan, place de guerre, se ferme au train. Il faut attendre le déclassement de la place en 1875 pour relancer le dossier d’une gare à Sedan… La gare est dessinée par l’architecte HENON en 1879. Alors que Langlais est architecte de la gare de Reims et de Charleville. Elle n’est inaugurée qu’en 1884. Cette ville sans gare a donné beaucoup de sedanais aux chemins de fer : Victor Crussy ancien entrepreneur des premiers chemins de fer français et étrangers, Jules Talabot, gendre de Laurent Cunin Gridaine, François-Clément Sauvage, né en 1814, directeur des chemins de fer de l’Est. La place Nassau Le collège Nassau La création du Collège Nassau est l’œuvre d’Henri Couty, lauréat d’un concours. Il s’agit bien d’un collège, selon le décret paru au Journal officiel le 7 août 1894, le lycée de jeunes filles devant être installé à Charleville. On retrouve la facture d’Henri Couty dans les choix de construction : l’alternance briques et pierres, les coussinets qui encadrent les fenêtres (partie saillante soutenant le linteau), le fronton orné de trois vases et datés de 1894, année de début des cours, le blason de la ville de Sedan. Le collège est séparé par un mur de l’école primaire dû à un legs Crussy. Le collège prend tardivement le nom de la seconde épouse d’Henri de la Tour d’Auvergne, en 1961, l’établissement devient alors lycée pour une très courte période. 7 place Nassau Sur la place, en face, une maison a les mêmes caractéristiques architecturales que le collège, l’architecte est-il aussi H. Couty ? Dans Sedan Le monument aux morts de 1914-1918 Le monument aux morts de 1914-1918 est dû à un professeur de dessin du collège Nassau, Mr Théâtre. Le soldat victorieux, main élevée vers le ciel, répond au soldat vaincu et mourant de 1870. Il est entouré des sangliers ardennais et du coq gaulois. La première pierre est posée par Pétain en 1922 et il est inauguré en 1924 en présence du président Poincaré. Les Bains-Douches, corne de Soissons Un dernier bâtiment, quoique tardif, est notable. Il s’agit des Bains-Douches, sur la corne de Soissons. En 1913, la Caisse d’Epargne a pris en charge cet établissement avec l’aide de l’Etat. Sur la place Turenne Une maison en centre ville tranche avec la sobriété architecturale du centre ancien. Elle est construite en 1880 par l’architecte Thomas, à la place de la maison Gollnisch, manufacture. C’est une banque commerciale, puis la Kommandatur pendant la première guerre mondiale. Sa tour d’angle est démolie en 1940, lors de l’explosion du pont de Meuse. Son décor luxuriant présente de la végétation, deux Atlantes…. Biographies Architectes Edouard Depaquit (1839-1898) Cousin de Gustave Deloye, son fils Jules Depaquit est ami de Delaw, dessinateur humoriste. Ingénieur des Ponts et Chaussées, architecte, Edouard Depaquit dessine les plans de la ville nouvelle. Sa mission (1876-1889) lui est confiée à la suite d’un concours public pour le plan d’agrandissement où il obtient le premier prix. Il se fait construire la tour Depaquit sur le fort de la Rochette. Il devient conservateur de Musée de 1884 à 1886. Eugène Lemaire Né à Sedan en 1841, il est sculpteur et architecte, sociétaire perpétuel de la société des artistes peintres. Il réalise de nombreux travaux d’architecture militaires et civils. Auguste Reimbeau (1820-1865) « L’hôtel de la sous-préfecture est l’œuvre d’un architecte d’un goût remarquable, M. Reimbeau, élève de Visconti. Cet artiste, qui avait été distingué et apprécié par le vicomte Foy, ancien préfet des Ardennes, était venu se fixer à Sedan. Malheureusement la mort enleva prématurément M. Reimbeau, au moment où son talent brillait d’un vif éclat. A coté des constructions dont il est l’auteur, combien n’a t-il pas laissé de riches compositions et de croquis originaux dans ses cartons. C’est à M Reimbeau qu’on doit cette fantaisie originale, l’église de Balan, construite en brique, d’un riche appareil, hardiment supportée par des colonnes en fonte d’un effet surprenant. » Commentaire de E. Depaquit dans le Catalogue du Musée Municipal, Sedan, 1886, à propos de la sous-préfecture. Sculpteurs Aristide Onésime Croisy (1840-1899) Né à Fagnon et mort à Paris. Il fut élève de Toussaint puis de Dumont et Gumery à l’école des Beaux Arts. 2e prix de Rome en 1863, il est l’auteur des tombeaux des Charitonenko à Sumy (Ukraine), Ange portant un bébé (1891) et Calvaire (1894). Ses œuvres sont conservées dans les Musées de Charleville-Mézières et Sedan. Henri COUTY Gustave Deloye (1838-1899) Né à Sedan, élève à l’école des Beaux-arts, auteur des reliefs du collège Turenne, il est présent au Musée de Grasse et au Musée d’Orsay. Auteur de la statue de Garibaldi à Nice, commandée en 1877 et inaugurée en 1891. La ville de Nice a donné le nom de ce sedanais à l’une de ses rues. François Willème (1830-1905) peintre et sculpteur né à Givonne, mort à Roubaix. Élève de l’école des Beaux-arts de Paris, inventeur de la photosculpture breveté en 1860. Quand son entreprise ferme en 1867, il rentre à Sedan où il devient professeur de dessin au collège Turenne. Auteur de la Ville de Sedan (sculpture), et de la Chapelle Saint Louis (tableau). Couty, Depaquit et Willème sont membres de la commission administrative du Musée en 1889. Couty, Croisy et Deloye sont membres correspondants du Musée en 1889. Musée Sedan Donateurs Ferdinand Crussy (1819-1878) Victor Crussy (1821-1898) Entrepreneur des premiers chemins de fer français et étrangers, une école porte son nom près du collège Nassau. Il est aussi le donateur pour l’asile Crussy et le Musée, école…Les architectes Couty sont les auteurs du monument de la famille Crussy, au cimetière saint Charles. Leurs bustes au Musée sont de E Chrétien. Ils ont à Sedan une place et une rue. Leclerc Adam Il est le donateur pour un gymnase en 1881 et une école à Torcy, en prévision de l’augmentation de la population vers 1883. Il a sa rue à Sedan. On trouve d’autres donateurs parmi les noms des rues sedanaises : Le square Monard, drapier sedanais, donateur pour un orphelinat et au Musée en 1889 La rue Vuidet Bizot, donateur sedanais, en 1867 La rue Hue Tanton, donateur sedanais, en 1870 Musée Sedan Musée Sedan - Photographie Amandine 1900 - 1920 Au début du XXe siècle, Sedan est une ville transformée par un plan d’urbanisme, voulu par son maire, A. Philippoteaux et par un ingénieur E Depaquit. Quelques bâtiments Art Nouveau sont construits à Sedan, comme la maison Bourdet, 68-70 avenue Philippoteaux. Musée Sedan La Villa dessinée par l’architecte MA Julien. L’asile Crussy Au bout de l’avenue Philippoteaux, rue de Phalsbourg, la maison construite pour le Dr Lapierre, est datée 1902. Ce pavillon en briques rouges et pierres jaunes possède des fenêtres sur large verrière et des toits originaux à grandes mansardes sculptées Daté de 1907 et dessiné par Henri Couty, forme un lien entre XIXe et XXe siècle. Situé 1 avenue W Churchill, il est composé d’un corps central, couronné d’un beffroi, on remarque le décor en briques du collège Nassau, les coussinets et les consoles des fenêtres, les éléments en ferronnerie, la galerie et ses chapiteaux, une plaque en marbre annonce « maison de retraite legs Crussy ». L’école du Sacré-cœur Quelques constructions marquent les premières années du XXe siècle, comme l’école du Sacré-cœur, construite à la demande de l’abbé Delozanne en 1910, après la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le monument allemand de 1914 Seul vestige des années de guerre, dans le cimetière Saint Charles, le monument allemand de 1914, à la gloire des soldats allemands morts pour leur patrie, annonce étonnamment l’architecture des années 1930. Une inscription rappelle en allemand « Nous avons combattu pour le Kaiser et pour la patrie, et Dieu nous a pris le soleil terrestre. Maintenant que nous sommes libérés des choses terrestres, sa lumière éternelle rayonne sur nous. Sacré soit ce lieu arrosé de votre sang, trois fois béni soit-il par le sacrifice du remerciement.» Souvenir précieux, un baraquement de la Croix Rouge à l’est du Château, est survenu jusqu’à nous. La Fondation Homer GAGE La ville n’a pas été endommagée mais profite d’un don pour créer la Fondation Homer GAGE, pour la Croix Rouge fondée en 1918, 7 rue Jean Jaurès à Torcy. En 1920 en effet, Madame des Forts vice-présidente de l’association, invite la duchesse de Vendôme, sœur du roi des Belges, à venir à Sedan. La mère d'un jeune soldat américain, Homer GAGE, tué devant cette ville en 1918, offre un don pour la construction d'un immeuble, afin de commémorer sa mémoire et d'aider les Sedanais. Un jeune architecte sedanais, issu d’une famille de manufacturiers va marquer considérablement cette période par son architecture : Jean BRINCOURT. L’Ecole textile du Nord-Est Elle est fondée entre 1929 et 1931. Il s’agit d’une école municipale de Tissage, où les cours sont gratuits. Cette architecture massive peut-être rapprochée du Palais de Chaillot à Paris, construit en 1937. 1920-1950 Une architecture « art déco » se propage dans Sedan, par exemple, une maison entre l’avenue de Verdun et la place Nassau ou une autre sur le promenoir des prêtres. Remplaçant le théâtre incendié en 1922, la banque SNVB se fait construire un immeuble art déco, à l’angle des rues du Moulin et de la Comédie. Une cité ouvrière est aménagée avenue de la Marne, la cité des forges (Aciéries de Longwy) entre 1923 et 1930. La ville épargnée pendant la première guerre mondiale, perd un quartier entier lors de bombardements en 1940. Comme au Havre, en 1950, une reconstruction de la ville est amorcée par des cabinets architecturaux parisiens et sedanais. Entre respects architecturaux et modernité, une partie du centre ville est réimaginée. Les nouveaux immeubles sont à l’échelle de ceux du centre ancien ; en pierre et ardoise, avec des matériaux récupérés dans les ruines. Rue Gambetta, les portes et les rampes d’escaliers sont dessinées. Les fenêtres sont encadrées par des bords en béton armé. Devant les magasins, sont aménagées des colonnades pour protéger les clients qui déambulent devant les vitrines, comme rue Carnot ou avenue Leclerc. Celle-ci est tracée ex-nihilo de la place d’Alsace Lorraine à la place Turenne, qui est complétée en partie. Jean de Mailly, prix de Rome, est l’architecte dessinateur de ce nouveau quartier, responsable de ces peignes, immeubles en épi, entre Meuse et avenue Leclerc. Jean Brincourt, avant de décéder participe à leur élaboration. Sur la place d’Alsace Lorraine, une sculpture de J de Mailly sur l’ISAI, immeuble sans affectation individuelle, “Sedan renaissant de ses cendres après les combats de 1940”, complète cette avenue, symbole d’espérance répondant au monument aux morts de 1870. Jean de Mailly aménage le CNIT et la tour Nobel, à la Défense à Paris dans les années 60. Sa maison, avenue Margueritte est sa première œuvre, datée de 1928-1930. Des décors floraux art déco, sur des fers forgés et des céramiques et sa plaque d’architecte marque son œuvre. Une passerelle permet d’accéder aux fortifications. Artiste accompli, il est céramiste et dessine des vitraux, il construit pour Jean Lecaillon, une maison sur le promenoir des prêtres, 1 rue Jules Rousseau. La rue a en effet était ouverte permettant l’ouverture de la place d’Armes sur le promenoir. De l’extérieur, on remarque sur les vitres de l’escalier, le dessin du Château. Il est aussi le créateur des maisons pour Messieurs Durand et Dauchez, sur les hauteurs et de devantures des magasins Bernardini, magasin de chaussures, A Moreau et cie, Au coin de Rue, la Boucherie chevaline Bonhomme, rue Carnot, et le magasin Clavel-Lanceraux, magasin rue Carnot, maroquinerie, détruit en 1940. On retrouve son œuvre, en dehors de Sedan à Balan, Carignan… On peut admirer le jeu des lignes concaves et convexes, place Goulden ou rues de Thionville et Michelet. A la place de l’hôtel particulier Lemoine Desmares et l’hôtel de la Croix d’or démolis, sont élevés l’actuel Trésor public et la poste. Place d’Alsace Lorraine, la Tour Marcillet, la Salle et le marché couvert sont édifiés à l’époque où André Malraux met en place les secteurs sauvegardés. Les centres anciens vétustes doivent être protégés et réhabilités. 1950- 1980 Héritage de l’architecture des cités ouvrières, les cités jardins, petites maisons en pierres jaunes, sont construites pour Usinor et la SNCF dans les années 1950. Il s’agit de 150 foyers, rues Lavoisier et Eugène Roy. Drôle d’époque architecturale que ces années d’après guerres où il faut reloger rapidement puis accueillir la population de l’exode rural. Que penser des architectes, qui comme Le Corbusier ou Wogenscky, son disciple et auteur de EDF GDF à Charleville Mézières, ont travaillé à cette époque. Après des artistes admirés comme Guimard, créateur des sorties de métro en 1900 et avant des artistes de la fin du XXe siècle, comme de Portzamparc ? L'architecture moderne se caractérise par un esprit d’innovation et de recherches : - par la rupture avec le passé, néo-classicisme et éclectisme du 19e siècle - par l'utilisation des matériaux nouveaux, béton et acier, qui permettent la conquête de la hauteur, par l'aménagement de plateaux libres, espace intérieur libre de tout cloisonnement - par l'utilisation d'un nouveau vocabulaire architectural que Le Corbusier a exprimé par 5 principes : toit-terrasse, pilotis qui libèrent le sol pour la circulation et la végétation, fenêtres en longueur ou "en bandeau", façade-rideau et plateaux libres - par ses liens étroits avec l'industrie, qui fournit des éléments préfabriqués, standardisés - par son idéal de pureté, sa volonté de créer uniquement des volumes et des formes : d'où son rejet de l'ornement, l'utilisation de matériaux bruts, sans revêtement. Les préoccupations des architectes modernes s'élargissent rapidement à la ville tout entière. En 1933, le congrès d'Athènes est consacré à la "ville fonctionnelle" et définit des principes d'organisation universels. L'espace urbain est découpé en quatre fonctions majeures (habiter, travailler, circuler, se délasser) qui doivent être séparées dans la ville (zonage). La vieille ville doit s'adapter à la circulation automobile prédominante par la destruction des quartiers anciens ; pour faire disparaître les rues étroites et malodorantes, les nouveaux immeubles doivent être géométriquement ordonnés, construits en hauteur au dessus d'espaces verts, pour obtenir l'air, la lumière et la nature, garants d’hygiénisme. Le logement est standardisé et uniformisé en raison des "besoins identiques entre tous les hommes". Le patrimoine historique est jugé comme un mal nécessaire, dont il ne faut garder que les bâtiments les plus importants. Dans les années 1960-1970, cette uniformisation est remise en question, ce qui conduit à l'abandon de certains projets à Paris. A Sedan, des tours sont édifiées, proche du centre ville ou en plein cœur, comme la Sorille en 1958, après déblaiement des ruines de l’usine Lecomte. Cette tour de dix étages et l’immeuble bas doivent reloger les personnes dont les appartements ont été détruits pendant la guerre. Les constructions ou aménagements récents, ont bénéficié de la politique des 1%. En 1960 le lycée du château, avec un totem de Marcel Bodart et en 1967, le lycée Jean Baptiste Clément reçoit une sculpture en cuivre de Marcel Bodart, l’Espace. (ci-dessus) En Mai 1968, est inaugurée la MJC Calonne, construite à la place de l’ancienne poste, par Poirier. Le couvent des capucins, devenu hôpital militaire est détruit sur les hauteurs pour laisser la place à la Résidence Ardennes (composée de 5 tours) aménagée en 1965, avec son école. Il ne reste du couvent que le tombeau Fabert dont l’entrée est construite par Jean Rocard architecte DPLG et Pierre Gabella en 1967. Les ZUP Torcy-Cités Dans les années 1960, le plus gros de la Reconstruction a été achevé : les ponts sur la Meuse, le centre ville. De nouveaux quartiers sont imaginés sur la prairie, à l’arrière de l’avenue Philippoteaux. C’est la naissance des quartiers de Torcy et du Lac, zones d’urbanisation prioritaire. Le quartier de Torcy-cité, entre les villages de Torcy et de Frénois, en face des cités ouvrières, a été construit entre 1963 à 1970. En 1956, sont fondées les écoles Bellevue et la Marfée (rouge pour les filles, bleues pour les garçons). Un 1% culturel, la décore : un bas relief sur ardoise daté 1961 et signé Bodart–Scherrer Architecte. Trois tours aux noms évocateurs Espace, Horizon, Altitude, trouvent leur place dans des rues sous le patronage des musiciens Gounod, Berlioz, Lalo, Ravel, Méhul. Le Programme Social de Relogement apporte 524 appartements dotés de salle de bain, de chauffage, d’eau courante. Le quartier est aujourd’hui lentement en restructuration. Son emblème, les trois tours sont tombées en 2005. Le quartier du Lac Les premières études du quartier du Lac datent de 1959 et l’étalement des travaux se fait jusqu’en 1969, la Zone d’Urbanisation Prioritaire doit fournir à la ville, 1641 logements supplémentaires, gagnés sur la prairie marécageuse. Le plan-masse établi par M Scherrer est approuvé par le Conseil d’Architecture et d’Urbanisme le 17 juillet 1962. Le nouveau quartier est conçu en dehors de la ville et pourtant si proche, avec des infrastructures qui le rendent à peu près indépendant du centre. Les travaux sont suivis par l’architecte Maurice Scherrer et la Société d’Equipement et d’Aménagement des Ardennes (SEAA). Les gammas, dans le square Dunant, sont des barres préfabriquées, montées dans le cadre de la reconstruction. Le quartier est aménagé de 1960 à 1975, avec la création de groupes scolaires, de terrains de sport et d’un gymnase, du centre social, de l’hôtel des impôts et du lac artificiel. Une deuxième partie de la ZUP est aménagée en 1980. Les structures en métal, béton et verre, matériaux contemporains, en créant des murs rideaux, éloigne de l’architecture traditionnelle mais ces immeubles du quartier du Lac, offrent un confort en eau, gaz et sanitaire par rapport aux immeubles du centre ancien. Des passages, les traversantes, permettent la circulation entre les immeubles et les formes de vagues grecques créent des cours, espace de rencontres et de jeux. Paradoxalement, ces bâtiments aux noms de pierres précieuses moins décorées que l’avenue Philippoteaux sont plus homogènes. En effet, faire le tour d’un hôtel particulier de l’avenue équivaut souvent à découvrir une « façade pauvre » coté cour. Les tours et barres doivent être visibles de tout côté. 1980 à nos jours Différentes places ont été aménagées : la place de la Halle, le promenoir des prêtres ou la place de la gare avec une sculpture en béton de Favaudon, de 1982, sur le thème « Il n'y a pas d'avenir sans imagination, pas d'imagination sans mémoire ». La Cité Administrative ancienne Banque de France a été dotée d’une sculpture en 1991, Les Danaïdes de Vitaloni. Le Centre Culturel La Maison des Syndicats Ces vingt dernières années, réhabilitation du centre ancien et création se côtoient harmonieusement. Le cabinet Halleux Gottardi a beaucoup travaillé dans Sedan et l’architecture contemporaine leur doit une belle contribution : - Les immeubles qui font place à la caserne Mac Donald, rue Thiers. - Les Voyards, quartier insalubre, abattu en 1982, les immeubles profitent de l’espace de la place Saint Laurent. Les pentes des toits rappellent celles de la rue du Ménil. Les immeubles neufs voisins, rue de la paix et avenue de Verdun, s’adaptent aussi à leur environnement. - Le Centre culturel : médiathèque de 1983 et amphithéâtre Mendès France. - La Maison des syndicats, corne de Soissons. - La demi-pension du collège Turenne. - L’extension du lycée JB Clément et celle du lycée du château. L’îlot “La Régence” L’Ilot « La Régence » est aménagé, en 19841985, à l’emplacement de l’ancienne usine Stakler (UMT), avenue Philippoteaux et quai de la Régente. Le cabinet Ausia recruté pour réaliser cette belle œuvre, utilise une brique rose, des formes neuves et pourtant empruntées au vocabulaire architectural classique : frises, chaînages, occuli, frontons…Le mobilier urbain, kiosque et espace vert invitent au cheminement et à la rencontre. Les aménagements de l’hôpital, son hall d’entrée ou de la maison de retraite voisine, La petite Venise, sont aussi des réussites architecturales qui s’intègrent dans l’espace. Deux réalisations voisines et contemporaines : Le centre de documentation du collège du lac, dessiné en 1996 par J Martin et D Valst, architectes de Charleville Le stade Dugauguez, ces mille tonnes de charpente, d’aciers et de béton pour 23000 places et une aire de jeu de 105 m sur 68 m. L’Hôpital Le Stade La Petite Venise Les Danaïdes