Evaluating the Firm`s Readiness for Internationalization
Transcription
Evaluating the Firm`s Readiness for Internationalization
CONSEILS Alors que les PME investissent de plus en plus les marchés extérieurs, il est nécessaire d'aborder sous un angle n0uveau leur démarche stratégique d'internationalisation. nternationa I isatlon des PME: une grille dhnalyse I ) Jean-PaulDavid fil des quarante dernières années, les reu Exportation, importation, cession de licence, coentreprise, investissement direct. .. Jusqu'à quel point la PME peut-elle s'engager dans un pays étranger? De quelle manière doit-elle aborder le marché? [e modèle cherches sur les stratégies d'internationalisation ont généralement porté sur des firmes transnationales ou des grands groupes. En dépit des progrès enregistrés récemment par les PME sur la scène internationale, leur processus d'internationalisation est encore peu étudié. Qui plus est, on Mercadex-Desjardins défi nit tente souvent d'expliquer l'évolution des PME à l'étranger en ayant recours à des grilles conçues pour les grandes entreprises. Les approches classiques, comme celle qui lie I'internationalisation de la une grille d'analyse qui repose sur l'appréciation de deux di- mensions : le niveau d'intégra- tion et le mode de pénétration de I'entreprise. ll propose firme au cycle de vie du produit (1), ne satisfont plus à la réalité d'une entreprise de petite ou ainsi un outil qui permet aux dirigea nts d'appréhender différentes options dans le cadre de la formulation d'une straté- gie d'internationalisation. JEAN-PAUL DAVID est président et directeur général de Mercadex lnternational Inc., cabinet canadien d'experts-conseils en affaires internationales. ll enseigne à l'école des HEt de Montréal et fut président de la chambre de commerce Mexrque-Canada (2000-2001 ). moyenne dimension évoluant sur les marchés extérieurs. Néanmoinq au cours de la dernière décennie, un nombre croissant de chercheurs Desjardins du Québec, avait pour but d'examiner le processus décisionnel du dirigeant de PME face à l'éventail d'options stratégiques d'internationalisation qui s'offrent à son entreprise (exportation directe ou indirecte, importation, ac- cords. coentreprise. investissements directs...), mais aussi de mettre au point un outil au service de la réflexion du dirigeant de PME dans le cadre de la formulation et de la validation de sa stratégie d'internationalisation. L'étude comportait trois volets. Le premier, empirique, recensait un certain nombre d'études de cas d'internationalisation de PME. Il a permis d'élaborer une première grille sur laquelle reposaient les deux volets suivants de la recherche. Une revue de la littéra- ture sur le sujet a éIé effectuée dans le cadre du second volet. se sont intéressés à l'internationalisation des activités des PME eu égard à la présence grandissante Enfin, le troisième et dernier volet consistait en une série d'entrevues menées dans une vingtaine de de ces dernières à l'étranger PME réparties sur le territoire (notamment facilitée par le dé- québécois. Les entreprises choisies ploiement extraordinaire des étaient déjà actives ou présentes technologies de I'information et I'intégration économique). sur la scène internationale (ailleurs Le projet de recherche mené par Mercadex International, grâce à la collaboration de la Caisse centrale L'Expansion l\4anagementReview @ luin UOO: qu'aux Etats-Unis) depuis au (1) R. Vernon, < International Investment and Intemational Trade in the Product Life Cycle o, Quarterly Journal o.f Economics, 1966. lnternationalisation des PME . une grille d'analyse moins cinq ans et affichaient un chiffre d'affaires de I'ordre de 10 millions de dollars canadiens ou plus. L échantillon était très varié de même que les stratégies choi- Les PME qui réussissent au-delà desfrontières cherchent constafll- sies - importation et exportation, ventes de licences ou de franchiseg ment à accro'Ître leurs investissements directs étrangers, alliances stratégiques... connaissances sur les nouveaux marchés et caractéristiques propres aux PME Des n'hésitent pas à remettre une productivité supérieure à celle de PME sédentaires. En outre, audelà de la productivité,le niveau de compétitivité des PME sur les marchés étrangers repose sur d'autres éléments (flexibilité, réac- tivité). f Rôle relatvisé de I'intuition. La plupart des PME ne disposent pas des ressources internes pour mener à bien des activités de recherche intensives (3), d'où I'importance que revêt I'intuition du dirigeant. Or, lorsqu'il est question d'internationalisation, une telle capacité < transposée > sur un marché étranger perd rapidement de son efficacité. Les différences en La place qu'occupent les PME sur la scène internationale reste encore margiûale si on compare leurs échanges commerciaux avec ceux des firmes multinationales, tant en en cause leurflair. volume qu'en valeur. Pour le dirigeant de PME, franchir les frontières implique des risques et des lativiser, voire de constater, les avantages ou des désavantages compétitifs. Dans le cas d'une en- matière de culture, de règles du jeu et de pratiques d'affaires remettent en cause la pertinence de I'ins- investissements accrus. Toutes les PME n'ont pas forcément intérêt à s'internationaliser. En revanche, tous les dirigeants de PME doivent planifier une croissance durable de leurs affaires dans un marché qui treprise d'envergure, possédant les tinct du dirigeant. Les PME qui ressources nécessaires et ayant accès à une quantité abondante de renseignements (souvent publics) sur ses rivales (rapports annuels, réussissent au-delà des frontières cherchent constamment à accroître leurs connaissances sur les ne cesse de s'internationaliser. presse...), I'exercice d'étalonnage et d'identification d'avantages (ou de désavantages) s'avère plus aisé qu'entre des PME (à plus forte raison dans un contexte d'entreprise familiale). Quoi qu'il en soit, la PME détient quelques avantages face aux grandes entreprises (2), notamment en termes de flexibilité et de rapidité d'intervention. Il Pour les PME qui évoluent sur la scène internationale, les défis, les débouchés, les risques et les entraves sont sans commune mesure avec ceux que connaissent les grandes entreprises. Les résultats de l'étude ont permis de mettre en évidence un certain nombre de spécificités des PME. Avantage compétitif et forces distinctives. La plupart des entreprises étudiées reconnaissent ne pouvoir présumer d'emblée de la pertinence d'un transfert de leurs avantages compétitifs vers le marché extérieur convoité. En effet, analyses financières, revue de reste que, sur la scène internationale, la comparaison est d'autant plus complexe pour une PME que sa concurrence est localisée à l'étranger. Productivité et compétitivité. concurrence étrangère n'a pas été Autre constat de l'étude, il est rare que la compétitivité des PME repose sur le concept de productivité effectuée, on ne saurait a priori ou d'économies d'échelle. La employer le terme < avantage >. Il convient plutôt de parler de forces distinctives ou encore d'avantages concurrentiels hypothétiques (qui restent à vérifier). C'est en se mesurant aux sociétés homologues ou grande majorité des PME manufacturières produisent en courtes séries, mènent des opérations de production en sous-traitance et fa- tant que l'appréciation de la rivales qu'il devient possible de re- briquent des produits sur mesure (customizntlon). Néanmoins, les PME internationalisées affichent ['Fxpansionl\4anagementReview @ luinlooz nouveaux marchés et n'hésitent pas à reconsidérer leurs hypothèses, voire à remettre en cause leur flair, pourtant fort utile sur le marché domestique. Poids de I'information. Pour la plupart des PME qui tentent une incursion dans un nouveau pays, I l'échec n'est pas envisageable; aussi le processus d'internationalisation doit-il être soigneusement planifié car les possibilités de ratIrapage sont rares. Dans certains cas, les efforts d'internationalisa- tion peuvent conduire à la catastrophe s'ils ne sont pas assez réfléchis. Une connaissance suffisante et préalable des débouchés, des risques et des conditions de succès en regard du marché étranger est nécessaire en dépit des ressources (2) N. Karagozogin et M. Lindell, < Internationalization of Small and Medium-Sized Technology-Based Firms : An Exploratory Study o, lournal of Small Business Management. ianvier 1998, vol.36, n" 1. (3) P. A. Julien, R. Beaudoin et R. Ndjambou, < PME exportatrices et information en zones rurales ou zones urbaines >, Institut de recherche sur les PME, UQTR, Revue intemationale PME, vol. 12. n* 1-2.1999. CONSEILS très limitées dont disposent les PME. Terpstra et Johanson et Vahlne (4) reconnaissent d'ailleurs qu'en marketing international, le degré élevé d'incertitude lié à I'expansion des affaires dans un marché nouveau intensifie le besoin de disposer de renseignements. Une étude réalisée récemment par Hart et Tzokas (5) confirme cette observation. << Les entreprises qui recueillent le plus d'informations sur les marchés d'exportation ont tendance à afficher une performance significativement supérieure, ex- La formulation d'une stratégie d'internationalisation reposerait sur la prise en compte d'une multitude de variables associées à la firme, au marché età l'environ- nement d'affaires. primée par le ratio des ventes à I'exportation sur lqs ventes glocelui des profits à I'exportation sur prise n, notent-ils. L improvisation doit donc céder la place à une re- cherche ciblée et structurée d'informations. I L'école d'Uppsala revisitée. Selon la théorie de I'internationa- lisation par apprentissage (école d'Uppsala), I'entreprise accroîtrait sa présence sur les marchés étrangers de façon graduelle, évoluant vers des stratégies de plus en plus sophistiquées au gré de I'acquisition de connaissances et de son expérience sur la scène internationale (6). Il s'agit d'une approche mécanique proposant un processus allant de simples activités d'exportation (souvent épisodiques) à des stratégies d'internationalisation élaborées (accords de licence, coentreprise, investissement direct par exemple). Ce courant de pensée reflète toutefois de moins en moins la réalité actuelle, notamment pour ce qui concerne les PME. Root (7) précise d'ailleurs que, bien que présentée sous une forme séquentielle d'activités et de décisions, I'exercice de formulation stratégique est dans les faits itératif et en perpétuel devenir. Le processus d'internationalisation de la PME n'est donc pas li- néaire; il peut même être réver- ché;'2.les buts et objectifs associés au marché visé; 3. le choix de la stratégie de pénétration au sein du marché visé; 4. le plan marketing; et 5. le système de veille sur le marché cible. Le modèle faisant I'objet de cet article a été conçu pour permettre au dirigeant de PME de répondre au troisième élément de cette démarche, soit celui portant sur la définition de la stratégie d'interna- tionalisation de la PME. La formulation d'une telle stratégie bales de I'entreprise ou encore par les profits globaux de I'entre- schéma page suivante), la formulation de la stratégie internationale se décompose en cinq éléments : 1. le choix du couple produit-mar- sible (repli stratégique). La revue de littérature réalisée sur le sujet par Poisson et Zhan remet en cause la généralisation de I'approche < étapiste r. De même, plusieurs des PME rencontrées dans le cadre de l'étude ont révélé que des stratégies d'internationalisation avancées avaient été mises en reposerait sur la prise en compte d'une multitude de variables et questions (réponses) associées à la firme, au marché (offre et demande) et à I'environnement d'af- æuvre dès les premières dé- nationale, un premier type permettrait de définir jusqu'à quel point la PME peut s'engager au marches d'internationalisation. Le cas des PME de haute technologie est particulièrement révélateur à cet égard : I'internationalisation s'y est surtout matérialisée par la conclusion d'alliances stratégiques. Un ensemble de facteurs contribuerait à ce phénomène, dont la réduction du cycle de vie des produits (obligeant une diffusion large el accélérée), le foisonnement des technologies de l'information, ou la croissance du commerce international des services. Un modèle déclinant des stratégies génériques Une stratégie d'internationalisation doit être définie pour chaque nouveau couple produit-marché. Il est en effet hasardeux de présumer que la même approche s'appliquera indifféremment quel que soit le produit (service) ou marché visé à l'étranger. Selon Root (voir L'Expansion ManagementReview @ luin UOOZ faires en sol étranger. Parmi les variables servant à analyser et planifier le cheminement de la PME sur la scène inter- sein du pays hôte (soit son niveau d'intégration), qu'un autre type déterminerait la manière suivant laquelle la firme pourrait y faire incursion (soit son mode de pénétra- tion). Afin d'illustrer ces propos, nous nous appuierons sur I'exemple (4) J. Johanson et J. Vahlne, < The Intemationalization Process of the Firm - A Model of Knowledge Development and Increasing Market Commitment >, Journal of International Business Sndies,vol.8,n" I, 1977. V. Terpstra et B. Simonin, < Strategic Alliance in the Triad: an Explo- ralory >, Journal of International Marketing, vol. l, n l, [993. (5) S. Hat et N. Tzokas, < The Impact of Marketing Research Activity on SME Export Perlormance : Evidence from the UK JoumaL of ", Smqll Business Management, West Virginia University, vol. 37, n" 2, avil 1999. (6) R. Poisson et S:uZhan, Les Stratégies d'internationalisation des PME : état actuel des recherches et perspectives, faculté des sciences de I'administration, université Laval, Québec, document de travail, 1996. (7) F. Root, Entry Strategies for International M arkets, Mawdd Macmillan Canada, 1994. . lnternationalisation des PME: une grille d'analyse d'une des entreprises ayant participé à l'étude, qui indiquait avoir opté pour une intégration accrue au sein du marché étranger en raison d'une excellente connaissance du marché, d'une certaine familiarisation avec les pratiques d'affaires et la langue du pays visé, ainsi qu'en raison de ses anTécédents en commerce international, du contrôle requis sur les circuits de distribution, de la complexité du produit et enfin d'une percep- tion favorable des firmes éftangères au sein du pays hôte. Par ailleurs, cette même entreprise avait envisagé lqs. approches contractuelles (cession de licence, franchise, consortium) et structurelles (coentreprise. acquisition. investissement direct étranger) au lieu d'une approche transactionnelle (exportation directe ou indirecte), eu égard aux variables suivantes : capacité de production réduite, droits de douane élevés, coûts importants du transport des marchandises, protection adéquate des droits de propriété au sein du pays hôte. incitation fiscale à l'investissement direct éTr anger, réglementation et législation favorables à la conclusion d'alliances. Les sente ces options ainsi que les principaux éléments du modèle Mercadex-Desjardins. Le niveau d'intégration (implication au sein du marché étranger) de la firme y est représenté par des codes couleur : bleu soutenu pour << délégation >>, bleu clair pour ( coopéra- Le modèle Mercadex- Desjardins propose trois niveaux d'intégration : délégation, coopération, contrôle; et trois modes tion > et bleu moyen pour Le mode de pénétration est illustré par des figures géométriques : cercle pour << transactionnel >>;cané pour ( contractuel > et triangle pour < structurel >'. Par exemple, un triangle bleu < contrôle de pénétration : transac- tionnel, contractuel ou encore structurel. ". clair correspond à une stratégie de type structurel-coopération (coen- treprise par exemple) alors qu'un carré bleu soutenu se traduit par une stratégie de type contractueldélégation (accord de licence par exemple). Toujours selon ce mo- I-e modèle Mercadex-Desjardins propose, d'une part, trois niveaux d'intégration de la PME au sein du pays étranger : délégation, coopération, contrôle; d'autre part, trois manières d'aborder le pays étran- dèle, plus on se déplace vers la droite (axe horizontal) et plus on ger : un mode transactionnel, se situe dans un horizon temporel éloigné. Plus on se déplace vers le contractuel ou encore structurel. Le croisement des deux axes (trois bas (axe vertical) et plus I'implication de la PME est forte au sein du pays d'accueil. niveaux d'intégration et trois modes de pénétration) donne lieu à une matrice proposant neuf op- Le tableau ci-dessous présente quelques exemples de stratégies déclinées à partir des neuf straté- tions (stratégies) génériques d'in- ternationalisation de la PME. Le schéma de la page suivante pré- gies génériques de ce modèle. éléments de la stratégie d'internationalisation ii i i Evaluation des produits et des Choix de la stratégie marchés étrangers: contractuel, chqix du couple investissement d'entrée : exportation, produit-marché Système de contrôle: opérations de suivi/ révision de la stratégie d'entrée Source: Root, trunklyn, Entry Strategies for International Markets, Maxwel/ Momillan Canado,1994, p' 23. L'Expansion Management Review @ luin looz opérations d'entrée i i CONsEILS Modèle d'internationa lisation Mercadex-Desjardins [égende P: I: variables de pénétration variables d'intégration H: variables'hybrides @ Coopération ffiffiÆ L'Expansion i\4anagement Review æ @ luin UOO: lnternationalisation des PME : une grille d'analyse Trois niveaux Les premières d'intégration croissante expé- riences d'une entreprise La métaphore suivante permet d'illustrer la signification du niveau d'intégration au sein d'un marché (pays) étranger. Le président d'une PME localisée à Ecully (en banlieue de Lyon) amorce une relation d'affaires avec un client situé à Belo Horizonte (Brésil). Dans le cadre d'un voyage sur place, le dirigeant devra avoir recours aux services d'un chauffeur pour ses déplacements s'il ne peut s'exprimer en portugais et ne connaît pas la ville (niveau de délégation). En revanche, s'il parle couramment le portugais mais ne connaît toujours à l'international passent ftéquemment par un partenaire d'affaires qui achètera les produits et les distribuera sur place. assisté d'un copilote (niveau de co- finale de ses produits, particulièrement dans les cas de composants industriels. Cette approche permet à une PME d'amorcer, lentement opération). Enfin, s'il s'exprime couramment en portugais et se mais sûrement, une démarche d'internationalisation et d'obtenir sent également à l'aise pour se déplacer dans les rues de Belo Hori- une première appréciation du potentiel des marchés extérieurs pour ses produits. 2 - Lacoopération Une entreprise qui songe à réaliser des affaires de façon active à l'étranger doit consi- pas la ville, il peut décider de conduire lui-même son véhicule, zoîTe, il peut conduire lui-même son véhicule sans assistance aucune (niveau de contrôle). L-La délégation. Les premières expériences (démarche$ d'une en- treprise à I'international passent fréquemment par un partenaire d'affaires (donneur d'ordre, maison de commerce extérieur, etc.) qui achètera les produits et les distribuera sur place. IJentreprise ne sera pas informée de la destination dérer sérieusement le concours de partenaires. Les partenariats stratégiques sont devenus particulièrement importants dans la mesure où les exigences d'entrée sont sou- vent supérieures aux ressources dont dispose la PME. Dans I'approche < coopération >, la PME L'Expansion Management Review @ luin ZOOZ connaît relativement bien le mar- ché étranger (offre, demande, langue, culture d'affaires...), mais ne dispose pas du réseau de contacts lui permettant de réussir la mise sur le marché de ses pro- duits dans ce pays. Le service après-vente au client final est im- portant bien qu'une assistance technique de la part du fabricant puisse ne pas s'avérer indispensable. Toutefois, un minimum de contrôle sur le produit (et sur les circuits de distribution) est requis par le fabricant. Enfin, la stratégie marketing requiert la collaboration d'un partenaire local. 3 - Le contrôle. La PME adopte souvent cette approche parce qu'elle souhaite conserver un niveau de contrôle supérieur sur le produit (dans le cas d'un produit complexe par exemple) et sur les circuits de distribution (sur la force de vente ou les marges d'intermé- diation). Par ailleurs, il peut arriver que les clients finaux exigent un canal court (nombre réduit d'intermédiaires), ce qui incite la PME à se rapprocher du marché étranger. Pour envisager I'approche << contrôle >,la PME doit disposer d'une excellente connaissance du pays étranger, des pra- tiques d'affaires ainsi que, le cas échéanl,de la langue. Une percep- tion localement favorable à l'égard des firmes étrangères est égale- CONSEILS ment une des conditions néces- Le saires pour envisager cette option. ( transactionnel ) est Trois modes de pénétration pa du marché idéale de disposer d'une voiture pour ses déplacements. Suivant le modèle Mercadex-Desjardins, un mode transactionnel se traduirait ici par la location au jour le jour (bien que sur une base régulière) d'une voiture auprès d'un service de location (à Belo Horizonte). Chaque fois que ce dirigeant se rendrait sur place, il procéderait à la location temporaire d'une voiture pour la durée de son séjour. En revanche, une approche produits dont la provenance revêt une grande valeur, tel le sirop d'érable canadien. pagne et parfums français, sirop d'érable canadien, tequila mexi- caine). Comparativement aux deux autres modes de pénétration, une approche transactionnelle per- met un retrait stratégique beaucoup plus simple (barrières plus contractuelle impliquerail par faibles à la sortie) exemple qu'il souscrive un contrat de location-achat d'une voiture où, à terme (disons un horizon de trois ans), le locataire (ici le patron de PME) peut choisir d'acheter le véhicule (moyennant règlement d'un montant résiduel) soit de le rendre à son propriétaire (c'est-à-dire à I'organisme financier, au constructeur ou au concessionnaire, selon le cas). Enfin,le mode structurel 2 reviendrait tout simplement à acheter le véhicule. 1- Tlansactionnel. I1 s'agit d'une approche d'affaires essentielle- ment orientée vers l'échange conventionnel de biens et de services par exemple l'exportation ou l'importation (directe ou indirecte) de produits. Dans ce cas,les liens entre les partenaires demeurent . rfois incontou rna ble ; c'est le cas pour des Revenons sur notre exemple du patron de PME se rendant à Belo Horizonte pour affaires. Selon la nature du projet et la fréquence de ses visites sur le sol brésilien, celuici cherche à déterminer la façon mode de pénétration - Contractuel. Des droits de douane élevés, une réglementation exigeante, une capacité de production réduite, des frais de transport importants figurent parmi les nombreux motifs pour lesquels on aura recours à une approche contrac- de services à l'étranger et de trans- ferts technologiques. - Structurel. Le mode structurel de pénétration donne lieu à un changement dans la structure du bilan de I'entreprise. L'investissement et le caractère de permanence constituent les principaux éléments distinctifs de cette approche. L'entreprise investira dans un pays étranger notamment pour y délocaliser sa production ou se rapprocher du marché visé. Il arrive même que la délocalisation vers des sources de matières premières ou vers une main-d'æuvre qualifiée et abordable revête une plus grande importance que la recherche de la proximité du marché (qui peut aussi bien se situer dans un pays tiers). Quoi qu'il en soit,la stratégie structurelle n'exclut pas la dimension juridique que l'on trouve dans le mode contractuel, bien au contraire. La décision quant au mode d'entrée est déterminée par le coût du projet à moyen terme. Comme I'a 3 expliqué Ciborra (9), l'arbitrage entre les différents modes d'entrée dépendra par exemple des coûts de transaction comparativement aux coûts de transition. tuelle. La distinction entre ce Dans un contexte où les pre- mode d'entrée et I'approche tran- miers s'avèrent supérieurs aux se- sactionnelle réside essentiellement dans I'importance que revêt la dimension juridique associée au mode contractuel - la participation de juristes est ici recommandée. Les dispositions de I'entente ont pour effet de lier davantage les parties contractantes (en termes de durée, de partage de ressources ou conds (par exemple, les coûts liés à une implantation à l'étranger), une stratégie structurelle semble indiquée. Inversement, quand les de résultats...). Selon Mu- coûts de transaction sont faibles par rapport aux coûts de transition, une stratégie transactionnelle (exportation, par exemple) apparaît alors comme l'option la plus tuelles doivent créer des liens plus intéressante. Enfin, si à la fois les coûts de transaction et les coûts de transi- généralement limités aussi bien dans le temps qu'au niveau de la durables que ceux du marché tion sont élevés, une stratégie relation d'affaires. Le mode de pénétration < transactionnel > est parfois incontournable ; c'est le cas gnants que les relations hiérar- dans des secteurs où la provenance revêt une grande valeur (cham- chielli (8), les approches contrac- (transactionnels) et moins contraichiques existant entre une maison mère et une filiale (structurelles). C'est par ailleurs une formule privilégiée lorsqu'il s'agit de la vente L'Expansion Management Review @ luin:OOl (8) J.-L. Mucchielli, Multinationales et mondialisatio4 Seuil,1998. (9) I. C. Ciborra, < Alliances as Learning Experiments: Cooperation, Competition and Change in Hightech Industries u, dans L. Mltelka, Strategic Partnership, States, Firms and Internatbnal Competition, Frances Printer, 1991. lnternationalisation des PME: une grille d'analyse 'ïi;iïîltirr , contractuelle (accords de licence, franchise) semble préférable. Par ailleurs, certaines variables revêtent un caractère hybride au regard des deux axes décisionnels de la formulation stratégique. Ces variables servent à préciser à la fois le niveau d'intégration et le mode de pénétration de la PME au sein du pays d'accueil. Le tableau ci-dessous montre ainsi que les ressources financières de I'en- treprise, la vision partagée par la direction, la distance géographique entre le pays d'origine et le pays cible jouent un rôle déterminant. Un outild'aide à la décision L implication des PME à l'étranger demeure encore modeste bien que leur internationalisation soit une garantie de pérennité. Mais l'approche dite < étapiste > (école d'Uppsala) semble de moins en moins représentative de la réalité des PME en voie d'intemationalisation. En raison de la nature des produits (services) et du secteur d'activité dans lequel elles évo- luent, les entreprises adoptent progressivement des approches plus sophistiquées (alliances stratégiques, coentreprises, investissements directs...) dès leurs premières démarches à l'étranger. Le projet de recherche Mercadex-Desjardins visait à mettre au point un outil de décision qui permet d'appréhender sous un nouvel angle le processus de formulation de la stratégie d'affaires internationales d'une PME. Dans ce sens, le modèle développé ici permet d'aiguiller la réflexion et la démarche du dirigeant de PME. Il présente néanmoins une limite qui a trait à la typologie des stratégies proposées : vraisemblablement, l'entreprise se trouve en présence d'un continuum d'options, si bien que les frontières entre les straté- gies génériques ne sont pas étanches, tant au niveau du mode de pénétration qu'à celui du degré d'intégration. Limportance relative des variables de même que I'incidence des technologies de I'information sur le choix stratégique des PME à l'étranger pour- L'Expansion l\lanagementReview @ luin ZOOZ raient devenir des pistes de recherches additionnelles. Il serait également intéressant d'étudier la pertinence de cet outil dans un contexte d'entreprises de grande taille. ÏIRES A PART o Pour un numéro personnalisé à vos couleurs. o Pour des achats de numéro en nombre. Renseignements et devis : Sandrine Aucouturier sandrine.a [email protected] Té1.:01 53 244058.