Compte-rendu

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Compte-rendu
« Les ingénieurs doivent se réapproprier l’idée
qu’ils ont un rôle particulier à jouer. »
Compte-rendu du petit-déjeuner du 25 Septembre avec Jean Hervé LORENZI, Président du Cercle des
Economistes et invité d'honneur d’un petit-déjeuner débat sur le thème : « L’impact des ingénieurs sur le
développement économique ».
L’association Ingénieurs et Scientifiques de France a invité Jean Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Economistes,
à venir débattre du sujet « L’impact des ingénieurs sur le développement économique français » le 25 septembre
dernier. Retour sur son intervention.
Alors que la France a été une des plus grandes puissances mondiales et au cœur des deux premières révolutions
industrielles, la France n’est plus aujourd’hui ai cœur du progrès. Le constat économique est morose : économie
bloquée, explosion des inégalités, désindustrialisation, disparition des emplois peu qualifiés….Et pourtant la France est
toujours un pays d’excellence pour la formation des ingénieurs. Comment expliquer ce paradoxe et surtout comment
le résoudre ?
Selon Jean-Hervé Lorenzi cette situation est multi-factorielle :

des choix économiques qui ont privilégié le consommateur (prix bas), plutôt que l’investissement,

un contexte mondial morose : « Nous sommes dans une période où l’économie mondiale est passée
durablement de 5 à 2,5% de croissance »

la société française dans son ensemble, et les ingénieurs, ont perdu la foi dans le progrès scientifique.
Jean-Hervé Lorenzi prend l’exemple des télécoms pour illustrer des taux d’investissement productifs trop faibles. « En
1985 » dit-il, « Nous avions le réseau numérique le plus développé au monde. Aujourd’hui nous avons péniblement la
3G… et encore moins la 4G. Alors que nous devrions en être au câblage en fibre optique de tout le pays.» Les transferts
des activités vers les pays émergents ont été à des hauteurs, entre 15 et 20%, à des niveaux inconnus dans l'histoire
des deux derniers siècles et ont eu un impact négatif sur l’économie. Le niveau des coûts et le niveau de la gamme de
production ne sont plus en adéquation. « Nous produisons des biens et des services de gamme moyenne à des coûts
élevés » constate l’économiste.
Selon lui les ingénieurs doivent se réapproprier l’idée qu’ils ont un rôle particulier à jouer et participer avec les autres
acteurs de la société à un « discours fondateur » qui permette d’y voir plus clair sur là où la France veut aller.
Les ingénieurs doivent de nouveau considérer le progrès comme positif
Il y a, en France, un million d'ingénieurs et une véritable volonté de leur donner une excellente formation, mais
pourtant, la croissance n’est pas là. Les ingénieurs français sont pourtant parmi les meilleurs au monde. Ils ont un
véritable goût pour la science et sont les principaux atouts des entreprises qui s'importent. L’ingénieur transforme le
savoir scientifique en des applications technologiques concrètes. Il participe à une chaîne de transmission qui
débouche sur des évolutions techniques. Selon JH Lorenzi le talent des ingénieurs est aussi celui d’inventer la société
car les ingénieurs sont des inventeurs. Mais pour cela il faut retrouver la confiance dans le progrès scientifique et c’est
pour cela que l’ingénieur est clé. Les ingénieurs doivent se réapproprier l’idée qu’ils ont un rôle à jouer, qu’ils sont des
bâtisseurs.
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Les ingénieurs nous aideront à sortir de la crise s’ils reprennent conscience de leur rôle et s’ils voient de nouveau le
progrès comme positif. « Il faut retrouver le même esprit d’aventure intellectuelle qu’il y a 150 ans, quand les
étudiants ingénieurs avaient l’impression d’inventer le monde. »
Attention toutefois à ne pas se méprendre : la situation actuelle n’est pas une nouvelle révolution industrielle.
Sommes-nous réellement dans une situation de nouvelle révolution ?
On a le sentiment d’être confronté à une révolution technologique spectaculaire, que le monde évolue de manière
incroyable. En réalité, précise Jean-Hervé Lorenzi : « le progrès technique ressenti ne se traduit pas dans les chiffres
et le numérique ne représente que 4% du PIB des Etats-Unis. On s’agite beaucoup mais en réalité, dit-il, ce qu’on fait
surtout c’est agiter ses doigts ».
La révolution actuelle ne porte que sur les services et non pas sur les façons de produire, comme les autres
révolutions industrielles. La révolution numérique actuelle n’a pas l’influence sur les facteurs de production que la
machine à vapeur ou l’électricité ont eue en leur temps.
On voit s’installer une « stagnation séculaire » (une situation économique où la fin de la croissance démographique et
du progrès technique conduisent à une période d’activité anémique).
En conclusion :
Il y a un véritable blocage de l’économie qui mène vers une explosion des inégalités et une destruction des emplois
des classes moyennes. Il faut moderniser le discours de St Simon car nous ne savons actuellement pas où aller. Le rôle
de l’ingénieur est donc fondamental pour penser le monde et le progrès de manière positive : « La devise, c’est
l’audace, conclut JH Lorenzi ».
Natacha Heurtault
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