crise energetique et transport urbain et interurbain : cas de la reunion
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crise energetique et transport urbain et interurbain : cas de la reunion
INSULARITE ET TRANSPORT DURABLE : DEFIS ET PERSPECTIVES, LE CAS DE LA REUNION JULIEN BADDOUR* ET JACQUES PERCEBOIS** *CERESUR, Université de la Réunion **CREDEN, Université de Montpellier 1 Département français depuis 1946 et région européenne ultrapériphérique depuis les années 1990, L’île de la Réunion émerge au Sud Ouest de l’océan indien à l’est de Madagascar à plus de 9000 km de la France métropolitaine. Avec un volcan éteint et un autre en activité, l’île accuse un relief très marqué avec un point culminant à 3 071 mètres. De 50 km de diamètre, l’île est bordée de 207 kilomètres et s’étend sur une superficie de 2512 km². De nature volcanique, l’île a une configuration très particulière. L’érosion des roches basaltiques, particulièrement importante sur l’île du fait des pluies torrentielles auxquelles elle est soumise, a généré des plateaux en pente forte et régulière des hauts vers la mer découpés par les ravines. La nature accidentée de l’île devient encore plus aigue avec les reliefs tourmentés et chaotiques de trois cirques qui occupent le cœur de l’île notamment celui de Mafate qui est toujours inaccessible par route. Sur le plan économique et démographique, l’île connaît une croissance assez forte. De 250 000 habitants en 1946, la population est passée à 800 000 habitants en 2008. De même, le PIB réel a connu un taux de croissance annuel fort et soutenu (près de 5%) sur les quinze dernières années. Compte tenu de l’exiguïté et de l’isolement du territoire, de la forte croissance économique, démographique et d’urbanisation et de l’explosion du trafic routier, le déplacement routier devient de plus en plus problématique à La Réunion. Dans ce contexte, si les tendances actuelles se poursuivent - voiture comme principal mode de déplacement, augmentation du trafic routier et du parc automobile- l’île s’exposera inéluctablement à l’asphyxie de son réseau routier et de son économie. Dans ces conditions, le défi pour les autorités locales est simple : pour stopper l’hémorragie suscitée par la politique de ‘tout automobile’, il faut parcourir et équiper la majeure partie du territoire, quelques soient les coûts financiers à supporter et les difficultés techniques à surmonter. Pour relever ce défi, la Région Réunion a lancé des ouvrages d’une dimension et d’une envergure absolument pharaoniques par rapport à la dimension physique de l’île. Parmi tant d’autres projets, trois méritent d’être signalés : la route des Tamarins dont la livraison est prévue le 23 juin 2009, le Tram-Train prévu pour 2013 et la nouvelle route de Littoral prévue pour 2016. D’un coût total qui avoisine les quatre milliards d’euros, ces projets sont sensés engager l’île sur la voie du développement durable. Le but recherché locales est double : premièrement il s’agit de fluidifier la circulation en contournant les obstacles du massif de la montagne du littoral et des zones urbaines du bord de mer et deuxièmement de trouver une solution durable aux problèmes de congestions et de l’étalement urbain actuel. Toutefois, la question qui se pose est de savoir si l’ensemble de ces projets est suffisant pour apporter une solution multimodale durable au problème de congestions de l’île? Il faut savoir 2 que le développement des infrastructures routières peut sembler une solution mais il faut tenir compte du « paradoxe de DOWNS » qui annonce que toute nouvelle infrastructure est vite saturée. A court terme, les congestions diminuent mais la fluidification de la circulation renforce le transfert modal des transports en commun vers la voiture et très vite les routes connaissent de nouvelles congestions. Seul le développement d’un transport en commun en site propre, confort, moderne, ponctuel et performant est de nature à réduire en longue période la congestion de voirie. Encore faut-il que cette alternative soit techniquement possible, économiquement incitative pour l’usager et suffisamment viable pour que les automobilistes renoncent à la voiture. Dans ces conditions, ce papier se fixe comme objectif d’apporter des éléments de réponses à un certain nombre de questions. Les grands projets d’infrastructures routières menés actuellement à La Réunion sont-ils suffisants pour résoudre définitivement le problème de l’encombrement routier et de l’étalement urbain ?. Quels moyens coercitifs doivent être choisis par les autorités locales pour gérer la période d’après projet? Faut-il opter pour les péages urbains et la réglementation ou pour les permis de droits à circuler ? Ce papier se déroule de la façon suivante : dans un premier temps, nous allons expliquer les différentes sortes de contraintes rencontrées en matière d’infrastructures routières et d’aménagement du territoire. Dans un deuxième temps, nous allons évoquer les caractéristiques principales du transport terrestre à la Réunion ainsi que les modes de déplacements et leurs motifs. Dans un troisième temps, nous allons présenter les caractéristiques des grands ouvrages routiers lancés par La Région Réunion, leurs coûts et leur rôle prévu pour fluidifier la circulation. Enfin et dans un quatrième temps, nous allons comparer entre les différentes solutions incitatives et réglementaires pour maîtriser les congestions dans la période d’après projets. I. Les diverses contraintes qui rendent l’aménagement du territoire et les ’infrastructures routières difficiles et coûteux A l’heure actuelle, le problème majeur du transport à la Réunion est la congestion. Aux heures de pointes ou suite à des éboulis ou de fortes précipitations, il est souvent récurent, qu’un déplacement dure plus de deux heures pour franchir une dizaine de kilomètres. Les risques naturels ne sont pas les seules causes à l’origine de ce problème. Le dynamisme démographique et économique en est d’autre. Au total, le problème de congestion peut s’expliquer par trois raisons. 3 - l’insularité et la géographie de l’île, - une croissance démographique forte et soutenue, - une forte dynamique de la croissance économique I.1. L’insularité et la géographie de l’île constituent des contraintes incontournables L’origine volcanique de l’île de La Réunion et son climat tropical lui confèrent une géographie contraignante pour l’aménagement du territoire et la circulation routière. La Réunion est très montagneuse et dominée par deux sommets volcaniques dont l’un est actif, le piton de la fournaise l’autre est éteint, le piton des neiges. Ce dernier domine les trois cirques majestueux qui couvrent le cœur de l’île : Cilaos, Salazie et Mafate et dont l’accès en automobile est soit difficile et risqué (Cilaos et Salazie) soit inexistant (Mafate). La typographie particulière de l’île est la conséquence d’une érosion qui a creusé des ravines et des vallées profondes et qui a découpé le sommet du volcan comme des tranches d’un gâteau (Christian BINET et al, 2002). Toutes les tranches ont leurs dessertes routières propres par une petite route parfois ramifiée dont le tracé est souvent vertical (du bas vers le haut) et parallèle aux autres tracés d’autres tranches. Les communications routières entre deux tranches sont dès lors très rares. La seule route qui a un tracé horizontal et qui passe par toutes les communes de l’île est la route nationale du bord de mer (qui s’appelle RN1 à l’Ouest de Saint Denis et RN2 à l’Est). A des rares exceptions, tout déplacement de commune à commune passait jusqu’à présent par cette route. Dans ces conditions, on comprend aisément qu’avoir un axe structurant unique pour un parc automobile qui dépasse les 300 000 véhicules sur un territoire insulaire de 50 km de diamètre pose des problèmes de transport considérables. L’exiguïté de cet espace insulaire, l’étalement des zones urbaines et la nature de ses reliefs limitent considérablement les possibilités d’extension des infrastructures routières. Le bord de mer est déjà très dense en habitat ce qui rend toute nouvelle infrastructure routière non seulement très coûteuse mais aussi quasiment impossible du point de vue social et environnemental. Les projets des nouvelles routes à mi-hauteur posent également des problèmes de franchissement des ravines et des grandes vallées ce qui rend leur réalisation techniquement difficile et économiquement très coûteuse. La multiplicité des ravines et des grandes vallées constitue donc une série d’obstacles à franchir. Mais, comme le souligne Thierry Simon (2007), dans un contexte de forte croissance démographique et d’urbanisation et périurbanisation accélérées, l’essentiel du 4 territoire doit être parcouru et peut être occupé, quel que soient les risques existants et les difficultés à surmonter. C’est évidement d’abord et avant tout en matière d’infrastructures routières et d’aménagement du territoire que ces contraintes géologiques incontournables se font très fortement ressentir. I.2. Une croissance démographique forte et soutenue L’histoire humaine de la Réunion comme celle de sa géologie ne sont pas très anciennes. L’île s’est formée il y a environ 3 millions d’années. Son peuplement n’a débuté qu’au XVIIème siècle grâce à des immigrations d’origines ethniques très diversifiées. L’immigration s’intensifiait au fur et à mesure que l’homme s’affranchit peu à peu de contraintes naturelles. A partir de 1853, l’île est devenue le grenier de blé pour les Mascareignes. Puis ce fut l’implantation des caféiers et des épices auxquels ont succédé la canne à sucre et les plantes à parfum. En 1946, l’île comptait déjà 250 000 habitants. Mais la départementalisation de ce territoire en 1946 va engendrer un afflux d’aide financière importante de l’Etat à partir des années 1960. L’île entre alors dans une phase de mutations économique et démographique importante. De quelques habitations disparates, on est passé ainsi à la constitution de villes, puis d’agglomérations, au développement des infrastructures de transport et à la colonisation des Hauts. Parallèlement à cette évolution économique, la population réunionnaise a connu une progression fulgurante. En 2008, La Réunion compte 800 000 habitants, soit une hausse de plus de 500 000 habitants par rapport à 1946. Mais le phénomène de croissance le plus important au cours de ces dernières années concerne les ménages. Selon l’AGORAH, le nombre des ménages a enregistré un taux de croissance annuel de 2 % entre les années 50-6O et 3,4 % par an entre 1982 et 1999. En parallèle, le pourcentage d’équipement automobile des ménages a lui aussi progressé de manière notable. De 50 % en 1990, il est passé à environ 70 % en 2006 (contre 80 % en métropole en 1999). Les démographes indiquent par ailleurs que la population réunionnaise devrait se stabiliser au niveau d’un million d’habitants à l’horizon 2025. A l’évidence, l’équipement automobile des ménages pourrait être proche de 80 % et le parc automobile peut approcher les 500 000 véhicules. Dans ces conditions, en l’absence de projets routiers de grande envergure, l’île ne pourra pas continuer à absorber le trafic d’automobiles supplémentaires sans être asphyxiée. 5 I.3. Une forte dynamique de la croissance économique La départementalisation de la Réunion en 1946 ne s’est pas traduite par des transferts financiers immédiats de l’Etat. La misère, l’inégalité et le sous équipement continuent à caractériser la société réunionnaise dans les années 1950. Il a fallu atteindre les années 1960 pour voir l’arrivée des transferts massifs de l’Etat à la Réunion. Ces transferts vont s’amplifier davantage à partir des années 90 où La Réunion est reconnue par l’Europe comme un territoire ultrapériphérique. Qu’ils soient d’origine étatique ou européenne, ces transferts vont enclencher le décollage et la modernisation de l’économie de l’île. Entre 1993 et 2007, La Réunion a connu un taux de croissance annuel moyen du PIB en volume supérieur à 4,5 %. Non seulement, elle est de loin la plus forte en France mais aussi par rapport à chacune des autres régions d’outre-mer. Cette forte croissance économique de l’île s’est traduite par une forte élévation du niveau du revenu des Réunionnais. Selon l’INSEE Réunion, le niveau du revenu moyen disponible des ménages par habitant a pratiquement doublé en l’espace de 15 ans passant de 7 000 euros en 1993 à 13 650 euros en 2007. Bien que ce revenu demeure en deçà du niveau national (estimé en 2007 à 19 573 euros), son dynamisme au cours des 15 dernières années a permis un rattrapage du niveau de vie considérable. Mais la différence entre les deux niveaux de revenu de la Réunion et de la Métropole laisse entendre une marge de progression importante ce qui laisse envisager également une forte croissance du parc automobile réunionnais d’ici 2025. II. Transport et déplacement à la Réunion II.1. Les caractéristiques générales de la mobilité à la Réunion1 II.1.1. Réseau routier et trafic A la Réunion, le réseau routier et l’offre de transport en commun ont connu de profondes mutations depuis les années 1950. De quelques kilomètres de routes bitumées en 1946, le réseau routier s’est considérablement développé et amélioré. Selon l’AGORH, en 2006, le réseau routier compte environ 367 km de route nationales, 720 km de routes départementales 1 Les chiffres sont ceux fournis par l’AGORAH. 6 et 4386 km de routes communales. Il y aurait 7 km de route pour 1000 habitants à la Réunion contre 15,6 en France métropolitaine. Pour ce qui concerne le trafic, il a connu un taux de progression assez fort (5 à 8 %) entre 1990 et 2000. Depuis 2000, même si la tendance est à la baisse, le taux reste important (entre 4 et 5%). Le parc automobile a lui aussi connu un fort taux de progression remarquable. Entre 1990 et 2007, il a plus que doublé passant de 149 000 véhicules à 316 167 (Insérer graphique). Dès lors, en période de pointe et de fortes précipitations une part importante du réseau de RN atteint les limites de la saturation. Les points les plus sensibles en termes de capacité routière sont : la route du littoral entre Saint Paul et Saint Denis et entre Saint-Paul et l’Etang Salé. A noter aussi que la traversée de Saint Denis et sa rentrée Est représente un secteur très difficile. Les projections de trafic à l’horizon 2012-2015 sur la route du littoral indiquent une augmentation située entre 25 et 40 % par rapport à 2003. On passe ainsi de 50 000 v /j à 60 000 – 70 000 v/j. Or la route du littoral est un axe stratégique. Elle est la seule liaison rapide entre les deux paumons de l’île (le Port à l’ouest et l’Aéroport au Nord). Jusqu’à 2006, la route était basculée sur une voie réduite en moyenne 60 jours/an. Après l’effondrement massif début 2006, les fermetures et basculements sont beaucoup plus fréquents. II.1.2. Le transport en commun Après la disparition dans les années 1960 d’un système de transport ferré, l’offre de transport en commun a connu depuis une amélioration sensible notamment ces cinq dernières années. Toutes les communes de l’île sont desservies par un réseau urbain et /ou interurbain de transport de voyageurs. Aujourd’hui, seuls 5 % des déplacements interurbains se font en transport collectifs. Soumis à l’offre de voirie existante, elle-même faiblement maillée, les réseaux urbains n’offrent que peu de liaisons transversales à mi-pente et s’organisent globalement en peigne depuis les hauts jusqu’à la bande littorale. Les lignes de bus interurbaines et urbaines ne disposent pas de site propre (hormis Saint Denis) et sont donc fortement dépendantes de la circulation routière. En l’état actuel, elles ne permettent pas d’offrir un service de qualité régulier. A noter enfin que le clientèle des transports en commun est aujourd’hui constituée quasi exclusivement des captifs n’ayant pas d’autres choix pour se déplacer, le réseau de transport collectif n’étant pas suffisamment attractif pour être perçu comme une alternative à l’usage de la voiture. 7 II.1.3. Les modes de déplacements et leurs motifs A La Réunion, en 2005, on estime à 1 200 000 environ le nombre de déplacements mécanisés par jour avec une moyenne de 1,9 déplacement par jour et par personne. Ce nombre devrait continuer à augmenter fortement dans les années à venir, compte tenu2 : - de l’équipement croissant des ménages en automobile - de la forte concentration de l’activité économique et commerciale de l’île - du prix élevé du foncier dans les zones attractives, - du renforcement de l’étalement urbain, - de la croissance économique et démographique - de l’augmentation du niveau de vie des réunionnais Les déplacements en voiture représentent près de 90 % contre environ 5 % en transport en commun. (Insérer graphique). Les motifs de déplacement les plus courants pour les Réunionnais sont les déplacements pour les achats et les loisirs (respectivement 13% et 11%). La part des déplacements pour le motif travail se situait à 7% en 2006 contre 9% en 2000. Près de 90% des déplacements se font en véhicules particuliers, avec une majorité en tant que conducteur. II.1.4. Le secteur du transport est le plus énergivore dans l’économie Selon l’Insee Réunion, 1,2 million de tonnes de combustibles et carburants ont été importés en 2007, soit une quantité similaire à celle des deux dernières années précédentes. Les carburants constituent 56 % des quantités importées en tonnes (715/1 273) mais pèsent pour 92 % dans le coût (356/379). Certes une partie des carburants est utilisée par les centrales électriques à fioul et gazole (73 000 tonnes en 2007), le reste étant destiné au secteur de transport. Si la hausse des quantités importées de carburants était de l’ordre de (665,8/ 715,2), celle des coûts des carburants destinés au secteur de transport a pratiquement doublé par rapport à 2003 (193 /356). II.2. Sans projets véritables, l’avenir est de plus en plus sombre pour les déplacements à la Réunion 2 Rapport du Tram Train (2007). 8 A la Réunion, la voiture est le mode de déplacement dominant en dépit des efforts des collectivités en matière de transports collectifs. Au fils du temps, l’augmentation du trafic routier devient inévitable et la dégradation des conditions de circulation aussi. Le réseau routier peine de plus en plus à supporter la circulation aux heures de pointes. Les bouchons se multiplient et le temps passé sur les routes s’allonge. Si les tendances actuelles se poursuivent - voiture comme principal mode de déplacement, augmentation du nombre d’automobiles en circulation, accroissement du trafic routier - la Réunion s’expose inéluctablement à l’asphyxie de son réseau routier et de son économie. Il est donc urgent de trouver une alternative au ‘tout automobile’. La solution ne viendrait sans doute pas de l’extension à l’infinie du réseau routier actuel. L’insularité de l’île et sa configuration spécifique y sont hostiles. A l’heure où le développement durable s’inscrit dans la conscience collective, l’urgent des choix relève des collectivités publiques. Les transports publics en site propre peuvent alors offrir une alternative crédible à l’usage du ‘tout voiture’ à condition qu’ils disposent de plateformes protégées de la circulation routière. Ce mode de déplacement s’y prête bien tant à l’organisation urbaine de l’île (concentrée sur le cordon littoral) qu’au réseau d’infrastructures routières en place. III. Des projets gigantesques pour un transport et un urbanisme durables De l’analyse précédente, il en résulte qu’avec un système de déplacement qui repose essentiellement sur l’automobile, la Réunion vit comme tant d’autres régions une extension des zones urbanisées qui rend la voiture toujours plus indispensable. Le mécanisme est bien connu par les urbanistes3 : « La voiture rend possible un habitat à distance des centres villes. En conséquence, les déplacements en voiture augmentent et les conditions de trafic se dégradent dans et au bord des centres villes. Les transports publics étant mêlés au trafic subissent de plein fouet les effets de la congestion ce qui les rend encore moins attractifs. Cette situation entraîne l’intérêt grandissant pour un habitat dispersé qui soit loin des nuisances de la ville ». Les spécialistes s’accordent à dire que tout système d’étalement urbain, fondé sur l’usage exclusif de l’automobile, fortement consommateur d’espace, très coûteux en infrastructures et propice au développement des déplacements mécanisés, n’est pas un modèle qui pourra perdurer. Le problème est encore plus grave à la Réunion que par ailleurs. L’insularité de l’île (absence de toute possibilité d’extension territoriale) et sa 3 Tram Train régional de Saint-Paul à Gillot (2007). 9 typographie particulière (présence des forts reliefs et des ravines) réduisent de manière drastique la surface aménageable de l’île. Celle-ci ne représente déjà qu’environ 40% de la surface totale. En induisant une extension de l’urbanisation, la dynamique économique et démographique évoquée ci-dessus, et qui est appelée à perdurer encore de dizaines d’années, risque d’exacerber à la fois la pression sur le foncier et la compétition entre les différents types d’activités (agricole, urbaine, industrielle et service) pour l’usage des espaces accessibles. Sans changement en profondeur de cette orientation, c’est l’équilibre de la biodiversité et de l’environnement de l’île qui se trouve menacé ainsi que son développement économique. Pour diminuer les coûts de pollution et de nuisance sonore, il faut impérativement remplacer la politique d’urbanisation et de transport actuelle par une autre politique susceptible d’induire un développement durable préservant l’environnement et la biodiversité. L’île de La Réunion semble être résolument engagée dans une profonde mutation territoriale dont l’objectif majeur est de relever un double défi : équiper et aménager un territoire insulaire très contraignant en infrastructures routières modernes de manière à résoudre les problèmes de déplacement dans l’île, et suivre un modèle du développement économique et urbain respectueux de l’environnement et de la biodiversité. La multitude de projets gigantesques prévus ou en cours de réalisation présentés ci dessous, atteste de ce que les décideurs réunionnais ont définitivement opté pour un système de transport et d’urbanisme durable. III.1. La route des tamarins Avec un tracé de 33 km, ses 120 ponts dont quatre ouvrages d’art exceptionnels, ses neuf pôles d’échanges pour desservir les agglomérations, la route des Tamarins est appelée à jouer un rôle considérable dans l’aménagement du territoire. Lancée en 1998 avec une livraison prévue pour mi-2009, elle constitue aujourd’hui un chantier de grande envergure. Présentée comme une route moderne du type (2x2 voies), sa fonction première est de fluidifier le trafic routier fort dense à l’Ouest de l’île. Elle permettra également aux habitants de la zone balnéaire du littoral ouest de reconquérir le bord de mer. De plus, à la différence de la route actuelle qui est au bord de mer, la route des Tamarins est tracée à mi-hauteur. D’après le Président de la Région, ce choix n’est pas innocent. « Le choix de faire passer cette route non pas en bordure de littoral, mais en moyenne altitude répond à une volonté politique forte : celle d’un aménagement cohérent du territoire. Cette route va permettre l’aménagement des territoires situés à mi hauteur, indispensables pour accueillir une partie des 300 000 habitants 10 supplémentaires que La Réunion accueillera dans moins de 25 ans ». La réalisation de cette route représente également une contribution importante pour l’activité économique. Durant les phases de réalisations ce chantier génère environ 3000 emplois directs et indirects. III.2. Le Tram Train Au-delà d’une solution technique pour répondre aux besoins en matière de déplacement, le projet Tram-Train incarne la volonté des collectivités locales de changer de vision en matière de politique d’urbanisation et de déplacement. Ce projet résulte d’un constat récurrent qui s’affirme du jour en jour : le trafic routier devient de plus en plus insupportable. Et ce sont l’environnement, le cadre de vie des réunionnais, le lieu d’habitat, la qualité de l’aire et la biodiversité qui sont les victimes de l’encombrement, de la pollution et des nuisances sonores des automobiles. En choisissant un réseau de transport public de type Tram-Train en site propre, le Conseil régional entend bien répondre efficacement aux besoins quotidiens de déplacements des Réunionnais. Il s’agit d’offrir non seulement aux usagers actuels un moyen de transport, ponctuel, confort, moderne, performant et de haute qualité, mais aussi d’attirer vers les transports collectifs ceux qui ont une automobile. Le Tram-Train vise à la fois la maîtrise du développement de la circulation en évitant la paralysie des principaux axes routiers, la mobilité pour tous et un impact réduit sur l’environnement et la biodiversité. Mais le freinage de la progression de l’automobile résulte également d’une stratégie nouvelle susceptible de développer un modèle d’urbanisation dense conçu autour des transports publics et des mobilités douce. Ce modèle d’urbanisme permet de surcroît de limiter la consommation du sol, la dégradation du paysage et la diminution des coûts d’équipement et d’entretien des infrastructures. Au-delà de l’objectif recherché d’une alternative à l’automobile, il est également question d’agir sur l’aménagement du territoire en favorisant le développement de nouveaux quartiers dans une logique articulant mobilité et urbanisme durable autour d’un axe de transport performant. III.3. La nouvelle route du littoral La route du littoral assure la liaison entre les deux poumons de l’île : le Port et l’Aéroport Roland Garros. Longue d’une dizaine de kilomètres et de forme 2x2 voies, cette route 11 constitue aujourd’hui un axe central pour l’économie locale puisqu’elle permet la desserte des principales agglomérations et du premier bassin d’emploi de l’île (Saint-Paul, Le Port et Saint-Denis). Coincé entre mer et falaise, cet axe est soumis en outre à de nombreux risques naturels : chutes de pierres, grands éboulements (1998,2006) et fortes houles. En cas de fortes pluies et pour assurer au mieux la sécurité des usagers, la DDE gère cette route selon un mode dégradé à 3 voies (basculement sur une des deux chaussées), ce qui perturbe énormément les conditions de circulation. La route peut parfois être coupée plusieurs jours à la suite de phénomènes pluvieux susceptibles d’entrainer des chutes de blocs. Pour remédier à cette situation très pénalisante pour l’île, cette liaison a fait l’objet de travaux de sécurisation progressive depuis 1993 : purges de la falaise, pose de filets de protection et construction de murs en gabions pour limiter les conséquences des chutes de pierres. Ces travaux n’ont pas été suffisants pour faire face aux éboulements massifs comme en témoigne celui de 2006. C’est pourquoi une solution à plus long terme, définitivement sécurisée, est à l’étude depuis la fin des années 1990. Suite à des études conduites par les services de l’Etat et des collectivités territoriales et après une large concertation du public, un consensus s’est dégagé sur un nouveau tracé constitué principalement de digue et viaducs pour un coût estimé entre 1 250 et 1300 millions d’euros. Son positionnement à une distance suffisante de la falaise et à une hauteur de 12 mètres au dessus de la mer mettra le nouvel itinéraire à l’abri de tout risque d’effondrement majeur, de la houle cyclonique, de l’élévation du niveau de la mer et des tsunamis. La livraison est prévue en 2016. En développant les activités et en remodelant les paysages, ces grands projets d’infrastructures constituent des moteurs pour la croissance économique de l’île. Avec ces projets, la Réunion s’est résolument engagée dans la voie de développement durable : grands programme d’équipement et grandes infrastructures, développement urbain accéléré, initiatives multiples dans le domaine de développement durable etc.… La Réunion ambitionne d’être exemplaire dans cette voie de développement durable : elle dispose d’atouts mais sa réussite passe d’abord par une maîtrise réelle et concrète de son territoire, par une plus grande cohérence dans la multitude des projets dans la construction d’un cadre stratégique qui puisse constituer une référence dans la durée. 12 III.4. Des projets qui illustrent l’engagement de la Réunion en faveur du développement durable Le surcoût économique et les difficultés techniques qu’engendre le réseau radial et très dense des ravines et des grandes vallées n’ont pas suffit pour que les autorités locales réunionnaises renoncent à des projets absolument pharamineux portant sur l’aménagement du territoire et le transport à la Réunion. Conscientes des limites flagrantes des politiques menées jusqu’à présent en matière de déplacement et d’étalement urbain, les collectivités locales réunionnaises ont alors décidé de parcourir, avec ces projets, l’essentiel d’un territoire très contraignant pour l’aménager voire l’occuper quels que soient les coûts à supporter et les difficultés à surmonter. C’est dans ce contexte que nous avons assisté à la naissance des trois projets présentés ci-dessus. Le but recherché est double : premièrement il s’agit de contourner les obstacles du massif du littoral et des zones urbaines du bord de mer et deuxièmement de trouver une solution multimodale durable aux problèmes des déplacements des réunionnais. Le coût total réel dépassera sans doute les 4 milliards d’euros4. On constate donc que l’investissement est colossal et les enjeux techniques et technologiques sont majeurs. En développant les activités et en remodelant les paysages, ces projets d’infrastructures constituent des moteurs pour la croissance économique de l’île. Avec eux, la Réunion s’est résolument engagée dans la voie du développement durable : grands programmes d’équipement et grandes infrastructures, développement urbain accéléré, initiatives multiples dans le domaine du développement durable etc.… La Réunion ambitionne d’être ainsi exemplaire dans cette voie du développement durable : elle dispose d’atouts mais sa réussite passe d’abord par la maîtrise de l’aménagement de son territoire. Elle passe aussi et surtout par la qualité des plans destinés à gérer l’après projets, c'est-à-dire la cohérence et le fonctionnement de ces projets. IV Des solutions incitatives et réglementaires pour maîtriser les congestions Développer les infrastructures routières peut sembler une solution mais il faut tenir compte du « paradoxe de DOWNS » qui enseigne que toute nouvelle infrastructure est saturée à terme. A court terme les congestions diminuent mais du fait d’une circulation plus fluide on 4 Le coût initial prévu pour les trois projets est de 3, 300 millions d’euros. 13 assiste à un transfert modal des transports en commun vers la voiture et très vite les routes connaissent de nouvelles congestions. Seul le développement des transports collectifs de qualité est de nature à réduire en longue période les congestions de voierie. Encore faut-il que cette alternative soit techniquement possible, économiquement incitative pour l’usager et suffisamment fiable pour que l’automobiliste renonce à la voiture. L’un des principaux obstacles est le temps d’attente des transports collectifs au niveau de la périodicité plus ou moins aléatoire des passages, leur manque de régularité et de confort. Grâce à l’informatique l’usager peut maintenant connaître le temps d’attente avant le prochain passage du bus ou du tram et cela constitue pour lui une sécurité. Trois moyens coercitifs ou incitatifs sont susceptibles de réduire l’usage de la voiture en ville : IV1 La réglementation. On peut par exemple prévoir une circulation alternée , les véhicules ayant une plaque minéralogique avec un numéro pair circulant les jours pairs et les véhicules disposant d’une plaque minéralogique impaire circulant les jours impairs. Ce système expérimenté à Mexico n’est pas très efficace ; il y a des coûts de contrôle élevés (il faut prévoir des sanctions en cas de non respect) et de plus cela incite les ménages à acheter un second véhicule (souvent d’occasion et polluant) pour disposer de deux véhicules avec des plaques différentes ce qui leur permet de rouler tous les jours… IV2 Les péages urbains. C’est l’approche retenue par PIGOU qui consiste à rechercher l’optimum collectif en égalisant les coûts privés supportés par l’automobiliste et les coûts sociaux supportés par la collectivité du fait de la présence de cet automobiliste sur la voirie (coûts d’encombrement, de pollution etc.). Comme le coût privé est inférieur au coût social la puissance publique doit intervenir en instaurant une « taxe de dommage ». On peut taxer les automobiles principalement aux heures de pointe et moduler le péage en fonction du taux de saturation de la voierie. Les technologies modernes permettent de mettre en place de tels péages par simple télé-repérage, comme cela existe à Singapour, Londres, ou Bergen. Encore faut-il que l’automobiliste ait une alternative crédible, sous forme de transports en commun fiables et de qualité. Mais ce système soulève deux questions importantes : -a) une question liée à l’équité ; le péage urbain favorise les catégories sociales aisées, celle qui accordent une forte valeur au temps et qui disposent d’un revenu suffisant pour s’acquitter de ce coût. Les cadres moyens et supérieurs sont donc gagnants puisqu’ils peuvent choisir plus facilement le moment de leur déplacement et payer pour aller plus vite. Les ouvriers sont 14 en revanche pénalisés car le coût du péage est plus élevé en proportion de leur revenu et ils disposent généralement de moins de flexibilité dans l’organisation de leur travail. -b) une question liée à l’utilisation des péages recouvrés ; on peut concevoir de redistribuer une partie des péages aux catégories sociales les moins aisées mais seuls les automobilistes bénéficieront de cette redistribution, qui exclut de fait les gens modestes qui n’ont pas de véhicule ; on peut affecter les recettes de péages à l’amélioration de la voirie ou au développement des transports collectifs. C’est en général cette dernière solution qui a la faveur des économistes ce qui revient à opérer une subvention croisée de l’automobiliste vers l’usager des transports publics. On peut aussi penser que la puissance publique n’affectera pas ces recettes à un usage lié au transport et préférera les verser dans le pot commun des recettes fiscales. IV3 Les permis de droits à circuler. C’est un système proche de celui que propose COASE pour réduire la pollution (via un marché de quotas de CO2 par exemple). La puissance publique attribue à chaque automobiliste un quota de droits à circuler, notamment aux heures de pointe, et l’automobiliste peut soit utiliser ses droits soit les vendre à d’autres automobilistes sur un marché de droits. S’il dépasse son quota il doit acheter des permis sur le marché, s’il ne l’utilise pas il peut vendre ses droits sur ce marché. Le prix des permis est fixé par la loi de l’offre et de la demande. En cas de non respect des quotas (circulation sans droits) des pénalités sont prévues. C’est un système incitatif puisque l’automobiliste a intérêt à moins circuler s’il veut vendre une partie de ses droits et ceux qui circulent beaucoup vont devoir acquérir des droits à un prix qui peut être parfois très élevé. Plusieurs questions se posent néanmoins : a) à qui faut-il attribuer les droits à circuler ? Aux seuls automobilistes ou à tous les citoyens, y compris ceux qui n’ont pas de voiture mais pourraient décider d’en acquérir une ? b) les droits à circuler attribués au départ doivent-ils être attribués gratuitement ou vendus aux automobilistes ? c) les échanges sur le marché de droits doivent-ils être de type O.T.C. (Over the counter) donc de gré à gré ou se faire via une chambre de compensation qui est l’acheteur de tous les vendeurs et le vendeur de tous les acheteurs ? Avec la chambre de compensation il n’y a plus de risque de contrepartie mais il y a des coûts de transaction. Il faut vérifier aussi qu’il n’y a pas de stratégie visant à faire monter les 15 prix sur ce marché (stratégie de rétention de quotas par exemple, ou de collusion entre vendeurs ou acheteurs) d) quelle est la durée de validité des droits attribués au départ ? ces droits sont-ils reportables d’une période à l’autre ou leur valeur s’annule-t-elle à la fin de la période de validité ? e) la pénalité infligée en cas de circulation sans droits est-elle libératoire ou non ? Si oui cela signifie que l’automobiliste s’acquittera de la pénalité mais n’aura pas à acheter de droits nouveaux. En conséquence la pénalité constitue dans ce cas le prix-plafond du marché de droits car aucun automobiliste n’acceptera de payer des droits à un prix supérieur à la pénalité. Si non l’automobiliste doit non seulement payer la pénalité mais il devra également acheter des droits sur le marché… f) la puissance publique ne doit pas se tromper dans l’estimation des droits à accorder. Si le montant de droits est trop faible par rapport aux besoins le prix des permis observé sur le marché risque de devenir prohibitif, ; si le montant initial est trop important la congestion ne sera pas supprimée car le prix du permis sera dérisoire et le flux de véhicules excessif. Notons qu’il y a des différences importantes entre le système des péages et celui des permis. Avec les péages la ville encaisse des recettes alors qu’avec les permis elle n’encaisse rien sauf si la dotation initiale de permis est vendue et non pas attribuée gratuitement. L’échange sur le marché des permis est un jeu à somme nulle puisque les vendeurs encaissent ce que les acheteurs versent. Avec le système des permis la ville peut connaître et fixer le volume du trafic puisqu’il lui suffit d’attribuer un quota de permis correspondant au volume souhaité. Avec le système des péages la ville ne connaît pas le volume du trafic car elle a du mal à estimer la sensibilité de la demande de déplacement au coût de ce déplacement (élasticité-prix de la demande de déplacement au coût du péage).. Le système des permis est sans doute plus incitatif que celui des péages pour l’automobiliste mais il existe une incertitude sur le coût du déplacement urbain, notamment parce que l’automobiliste ne connaît pas le prix des permis sur le marché. Ce prix est un coût s’il dépasse son quota et c’est un manque à gagner (coût d’opportunité) s’il ne l’atteint pas. Avec le système des péages le coût du déplacement urbain est connu à priori .pour l’automobile. 16 Conclusion générale A l’instar des autres petites économies insulaires, l’exigüité du territoire, la taille réduite de la population et du marché, l’isolement et l’éloignement rendent problématiques les déplacements à la Réunion. Mais La Réunion doit faire face, en plus des contraintes caractérisant les petites économies insulaires, aux handicaps liés à une géographie très contraignante, synonyme de surcoûts financiers et de difficultés techniques (reliefs très accidentés, cyclones et tempêtes tropicales, volcan en activité, risque géologique, climat tropical, territoire aménageable très réduit …) et aux effets désastreux d’une politique de transport qui repose essentiellement sur l’automobile. Si les tendances actuelles se poursuivent –voiture comme mode de déplacement principal, explosion du trafic et du parc automobile- La Réunion est inévitablement exposée à l’asphyxie totale de son transport et de son économie. Avec les trois projets routiers prévus ou en cours de réalisation, l’île semble s’être engagée dans une profonde mutation territoriale dont l’objectif principal est d’abord de trouver une solution multimodale durable à la congestion et d’engager en même temps la Réunion dans la voie du développement durable. Ainsi la Réunion ambitionne d’être un modèle à suivre en matière de développement durable. L’île dispose d’atouts mais sa réussite passe d’abord par la maîtrise de l’aménagement de son territoire. Développer les infrastructures routières peut sembler une solution au problème de congestion. Mais comme l’annonce le « paradoxe de DOWNS », toute nouvelle infrastructure est vite saturée, car on assiste, du fait d’une circulation plus fluide, à un transfert modal des transports en commun vers la voiture et très vite les routes sont saturées. Seul le développement des transports collectifs de qualité et des mesures incitatives pour gérer la circulation sont de nature à réduire en longue période les congestions de voierie. Encore faut-il que cette alternative soit techniquement possible, économiquement incitative pour l’usager et suffisamment fiable pour que l’automobiliste renonce à la voiture. 17 Bibliographies Thierry Simon (2008), « Une île en mutation : Infrastructures, aménagement et développement à La Réunion ». EchoGéo, N° 7, 2008. Christian Binet et André Laure (2002), Rapport sur les projets de développement du système de transports terrestres de l’île de la Réunion ». Conseil général des Ponts et Chaussées, la Défense, Paris. Pour le Ministre de l’équipement, des transports et du logement. Ma Région et moi (2007), « Route du littoral et Tram-Train : contrat de projet avec l’Etat et contrat avec l’Europe » (2207-2013). Numéro spécial, Région Réunion. Ma Région et moi (2006), « Pour mieux se déplacer ». Région Réunion. Agence pour l’observation de la Réunion, l’aménagement et l’habitat (AGRAH) (2005), « Observatoire des transports et des déplacements ». Région Réunion (2007), Tram-Train régional de Saint-Paul à Gillot, Dossier d’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique des travaux et à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme. . 18