L`éolienne Savonius. Etude aérodynamique et performances
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L`éolienne Savonius. Etude aérodynamique et performances
12èmes Journées Internationales de Thermique ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ L'éolienne Savonius. Etude aérodynamique et performances mécaniques. The Savonius rotor. Aerodynamical study and mechanical performances Alain . H. CHAUVIN Laboratoire IUSTI-POLYTECH. 5, rue Enrico FERMI. 13453 MARSEILLE. e-mail : [email protected] INTRODUCTION Le rotor de Savonius est une éolienne à axe vertical composée de deux aubes semi cylindriques décalées par rapport à l'axe de rotation. Cette machine a fait l'objet de nombreuses études, essentiellement de nature expérimentale [1],[2],[3],[4].La figure (1) présente un panorama récapitulatif de l'évolution du coefficient de puissance des différents types d'éolienne en fonction du coefficient de vitesse périphérique. Il apparaît que le rotor de Savonius est tout à la fois l'éolienne la moins performante et la machine la plus lente. Ces deux aspects semblent ,pris séparément, constituer des inconvénients. En fait, cette association conduit à envisager cette machine comme un rotor à couple ; c'est effectivement cette caractéristique qui sera mise en évidence dans la suite de l'étude. Les caractéristiques de régime lent associé à un bon couple au démarrage et en fonctionnement permettent d'envisager cette machine plutôt comme une éolienne de pompage. Le calcul des coefficients de moment et de puissance a été réalisé à partir de la détermination expérimentale en soufflerie aérodynamique du champ des pressions statiques d'aubes(intrados et extrados).La figure (2) montre la disposition des capteurs de pression. La méthode expérimentale utilisée ainsi que les résultats obtenus ont été présentés et analysés dans deux articles[5],[6]. COEFFICIENTS DE MOMENT ET DE PUISSANCE L'écoulement est supposé bidimensionnel et le fluide parfait. Soient δ P(A) et δ P(B) les écarts de pression autour d'un point courant, selon que ce point appartient à l'aube avançante ou à l'aube reculante. On a établi alors que le moment des forces aérodynamiques était porté par l'axe de la machine et avait pour composante [6] : π ∫ M= rRh ( δ P(A) + δ P(B)) sin θ d θ o On a alors exploité numériquement les résultats expérimentaux, cela quand la machine effectue un demi tour complet : α l'angle d'incidence variant donc entre 0° et 180°. On peut alors tracer les courbes du coefficient de moment CM pour les deux valeurs de la vitesse U ∞ ainsi que les deux fréquences de rotation, en fonction de l'incidence. La figure (3) présente l'évolution du coefficient de moment CM. On peut observer que le CM est maximal pour une incidence voisine de 100° quand U ∞ a pour valeur 10 m/s et aussi pour une incidence de l'ordre de 77° quand U ∞ est de 12.5 m/s. On remarque que le couple ne décroche pas ,il reste assez voisin de sa valeur moyenne, il n'y aura donc pas d'effet d'à-coups sur une rotation. Tanger, Maroc du 15 au 17 Novembre 2005 Le coefficient de puissance CP du rotor est défini par : CP =<P>/(1/2) ρ SU ∞ ou <P> représente la puissance moyenne sur un demi -tour. Soit : <P> = ω <M> On peut alors déterminer les valeurs du CP dans les deux situations expérimentales précédentes. Il vient : CP=11.8% quand U ∞ =10m/s ; λ =0.2 et ω =39.25 rad/s CP=30.17 % quand U ∞ = 12.5 m/s λ = 0.43 et ω =104.6 rad/s Dans ce dernier cas nous sommes à l'optimum ; Newman [3] avait montré expérimentalement que le rendement de ce type de machine ne dépassait pas cet ordre de grandeur. On notera que ce maximum de puissance est obtenu pour une valeur peu élevée du coefficient de vitesse périphérique ; ceci confirme une observation très générale , constatée par tous les expérimentateurs; à savoir que la puissance maximum est obtenue pour de faibles valeurs de λ .Cela souligne bien toute l'importance prise par l'effet de couple signalé précédemment. 3 EMISSIONS TOURBILLONNAIRES SUR LES AUBES L'étude des émissions tourbillonnaires a été réalisée au moyen de visualisations en veine hydrodynamique.Une caméra placée au niveau de la maquette, perpendiculairement à l'écoulement, nous a permis d'obtenir un film des émissions tourbillonnaires dans un plan médian de section droite du rotor. Les émissions de filets colorés ont été effectués d'une part en amont de la machine et d'autre part au niveau de l'axe de rotation de celle-ci. Ces expériences réalisées pour plusieurs valeurs du nombre de Reynolds (6500,10000, 12280, 20000) et pour différentes vitesses de rotation de la maquette ont permis de constater que le système tourbillonnaire ne variait pas . Ce système est toujours constitué des mêmes phases, au nombre de quatre. Les deux aubes sont repérées par les lettres (A) et (B).Sur la figure (3) les quatre phases sont schématisées. On a aussi indiqué par des flèches les vecteurs vitesses relatives vus par certains points de l'aube. On peut alors constater : Phase A: C'est celle qui correspond au début du vidage de l'aube (A). Le tourbillon de vidage Av aspiré vers l'extrémité de l'aube est entrainé dans le sillage de (A) sous l'effet de la chute de pression entre l'intrados et l'extrados en bout de pale. On observe que la direction initiale d'éjection de ce tourbillon ne coïncide pas avec la direction de la vitesse relative en bout d'aube. C'est une zone à échappement de bord de fuite. Sur l'intrados de (A) on note la formation d'une masse tourbillonnaireAi. Pour ce qui est de l'aube 57 12èmes Journées Internationales de Thermique -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(B) on remarque l'émission d'une masse tourbillonnaire puissance. Etude des émissions tourbillonnaires.Journal de Mécanique Théorique et Appliquée.Vol6, n°6, pp 827assez diffuse en provenance de l'intrados de (B). 842. 1987. Phase B. Elle se met en place pour une incidence voisine de [6]. Chauvin.A,Aouchria.Z et Fraunié P. Pressure on a Savonius 170°.On observe deux phénomènes :Le premier c'est Measurements Wind Energy l'accroissement de la masse tourbillonnaire Ai sur Rotor.Interpretations.European l'intrados de(A).Le second c'est l'évacuation de la masse Conference.Rome.octobre 1986. de fluide Bi vers l'extrados de l'aube (A). avec un [7]. Ogawa.T. Theoretical Study on the Flow about Savonius Rotor. Journal of Fluids Engineering.Vol l06. phénomène très net de décollement. pp85-91. March 1984. Phase C. Cette phase qui intervient pour une incidence voisine de 235°, montre bien la scission de la masse de fluide Ai qui s'opère sur l'intrados de (A).C'est la phase de constitution du tourbillon d'extrados Be de (B). Son sens de rotation est celui de la maquette. Sur l'intrados de (B) on note la création d'une masse de fluide Bv. Ceci correspond à la présence d'une partie en dépression par rapport aux zones qui lui sont adjacentes. Phase D. L'incidence est maintenant de l'ordre de 270°. On observe le début du vidage de la pale (B).Le tourbillon Be a progressé vers l'extrémité de l'aube et il commence a être aspiré avec comme dans le cas de la phase A le même phénomène cinématique au niveau de l'extrémité de l'aube (B). En ce qui concerne la modélisation de l'écoulement tourbillonnaire, on signalera l'approche théorique proposée par T.Ogawa [7] qui repose sur la méthode tourbillonnaire discrète. consistant à envisager une distribution de tourbillons élémentaires le long de chaque aube. PROFILS DE VITESSE MOYENNE Des mesures de vitesse moyenne et de fluctuations longitudinales ont été réalisées au moyen d'anémométrie laser-Doppler. Les profils à différentes distances à l'aval de l'éolienne sont présentés sur les figures (fig 4) et (fig 5). Immédiatement à l'aval, à X/D =0.76, le profil des vitesses moyennes présente une nette dissymétrie par rapport au plan médian de la machine, cela provient du rôle différent des deux aubes. On note deux minimums de vitesse moyenne qui correspondent aux lignes d'émission tourbillonnaire. L'intensité des fluctuations pour cette section passe par un maximum correspondant à l'émission du tourbillon de l'aube motrice. Ce maximum s'estompe rapidement à l'aval en se déplaçant vers le plan médian. On tend progressivement vers un sillage de type classique. Références bibliographiques. [1] Savonius. J. The S-Rotor and its applications]. Mechanical Engineering, Vol 53; n°5; pp 333-338. Mai 1931 [2].Newman.B.G. Measurements on a Savonius Rotor with variable gap. Proc of University of Sherbrooke. Conference on wind energy. Quebec. Mai 1974. [3]. Modi.V.J. and Fernando.M. On the performance of the Savonius Wind Turbine. ASME Journal of Solar Energy Engineering.Vol111. pp71-81. 1989. [4]. Fuisawa.N and Gotoh.F. Experimental Study on the Aerodynamic Performance of a Savonius Rotor. Journal of Solar Energy Engineering. Vol 116.pp 148-152. August 1994. [5]. Chauvin.A, Aouchria.Z et Marchand.O. Champ des pressions sur les aubes d'une éolienne Savonius. Détermination des coefficients de moment et de Tanger, Maroc du 15 au 17 Novembre 2005 58 12èmes Journées Internationales de Thermique ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Tanger, Maroc du 15 au 17 Novembre 2005 59 12èmes Journées Internationales de Thermique ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Tanger, Maroc du 15 au 17 Novembre 2005 60