B. La numérisation des sons
Transcription
B. La numérisation des sons
B. La numérisation des sons 1. Le mécanisme de l'audition a. Qu'est-ce que le son ? I. DE LA VIBRATION NAIT LE SON : Phénomène moins évident à saisir que pour les images, il est nécessaire de rappeler quelques notions de base sur le son. Le son est créé lorsqu'un objet vibrant transmet sa vibration à l'air ambiant. La vibration de l'air se propage alors et atteint nos oreilles, où elle fait vibrer nos tympans. L'oreille interne transforme alors cette information mécanique en signaux électriques et chimiques que le cerveau sait interpréter. Le son est donc une grandeur analogique qu'il convient de transformer si on veut la stocker pour la reproduire. C'est le rôle du microphone (qui transforme la vibration acoustique en un signal électrique), puis du préamplifcateur (qui amplife le niveau électrique extrêmement faible du microphone). II. ENREGISTREMENT ANALOGIQUE: Pendant de nombreuses années, la seule technologie connue était l'enregistrement analogique du son. Enregistrements sur des cylindres, puis des disques en cire et en vinyle, et enfn sur des bandes magnétiques. La technologie analogique a atteint ses limites dans les années 80. Les dispositifs ne permettaient plus d'amélioration signifcative de la qualité, notamment l'augmentation de la dynamique et la diminution du bruit de fond. Historique rapide de l'enregistrement des sons : • 1807: L'Américain Thomas Young invente un instrument capable d'inscrire les variations acoustiques sur la surface d'un cylindre couvert de suie. • 1877: Thomas Edison construit le premier système permettant l'enregistrement et la reproduction des sons, le phonographe. La transformation entre les ondes acoustiques et les informations enregistrées était accomplie par la gravure d'une feuille d'aluminium recouvrant un cylindre rotatif. • 1889: Le premier enregistrement magnétique est réalisé par le physicien Danois Valdeman Poulsen. Cet appareil, le "Télégraphon", utilise un câble d'acier enroulé hélicoïdalement autour d'un cylindre tournant sous un électroaimant, connecté à un microphone au charbon ou à un casque. • 1905-1926: L'industrie du 78-tours croit rapidement, et la recherche sur l'enregistrement magnétique piétine. • 1931: En Allemagne, Pfeumer et AEG conçoivent et utilisent le premier magnétophone avec une bande similaire à celles d'aujourd'hui. • 1947: Lancement du 45-tours microsillon • 1948: L'utilisation des magnétophones devient plus courante, mais ils sont toujours lourds et encombrants. Les magnétophones mobiles sont installés dans des camions. • 1949 : disque microsillon en vinyle, commercialisé en France • 1955: Lancement des magnétophones stéréophoniques. • 1974: Les premiers magnétophones numériques PCM pour instrumentation font leur apparition. • 1979 - Les frmes Philips, Sony et Hitachi présentent le Compact Disc (CD), marque déposée, qui remplacera petit à petit le disque microsillon. • 1983 - Le DAT (magnétophone numérique) est annoncé par la frme Sony (la commercialisation sera faite en 1987). • 1992 - Sony présente le MiniDisc numérique et Philips commercialise la Digital Compact Cassette, cette dernière devant prendre la suite de la Compact Cassette (CC). Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 15/71 • 1995/96 - Apparition des premiers graveurs de CD-R vendus dans le grand-public, puis des disques CD-RW réenregistrables (disques magnéto-optiques). • 1998 -Premier microphone numérique (Beyer). III. ENREGISTREMENT NUMÉRIQUE: C'est au cours des années 80 que la numérisation du son a progressivement envahi les studios d'enregistrement, puis s'est installée chez l'utilisateur fnal. Les ordinateurs multimédias modernes permettent de donner un nouvel intérêt au son numérique, puisqu'il devient possible d'enregistrer des sons à moindre frais sur son disque dur ou sur un CD enregistrable. Le tout est de savoir comment s'y prendre, car le numérique n'est pas un gage de qualité en soi. Un enregistrement raté restera toujours un enregistrement raté... fût-il numérique ! 2. Les différents types de documents analogiques "sons" à numériser Des enregistrements sur tous types de supports : • • • • • • • disques vinyles 78, 45 et 33 tours/min (1899– 1960s) cassettes audio et micro cassettes (1965– Present) bandes (6,25 et 6,35 mm, 1,2 - 2,4 - 4,75 - 9,5 - 19 cm/s, 2 et 4 pistes - c. 1945– Présent) cylindres29 de cire (2 à 4 minutes d'enregistrement - 1888– 1929) fl magnétique (15 à 30 minutes d'enregistrement - c. 1945– 1955) son des vidéo (Hi8, Video 8, DV) ... Sans oublier les événements « live » ! 3. Les concepts de base (Définitions/Vocabulaire) a. Numérisation d'un son Voir les préconisations du rapport « Best Practices For Audio Preservation »30 pour compléter les informations cidessous. Comme nous l'avons défni dans l'introduction du cours, le son à numériser doit être échantillonné et quantifé. I. L'ÉCHANTILLONNAGE D'UN SON Le son doit être échantillonné à une fréquence au minimum supérieure au double de la fréquence maximale contenue dans le signal analogique (théorème de Shannon). Notre oreille perçoit les sons environ jusqu’à 20000 Hz (au grand maximum et à partir de l'adolescence, ça ne cesse de baisser). Donc la fréquence d'échantillonnage doit être au moins de l'ordre de 40 000 Hz. Quand ce n'est pas le cas comme on le verra ci-dessous, il est indispensable de supprimer les fréquences supérieures à la moitié de l'échantillonnage prévu, par un fltre passe-bas. Seules les fréquences inférieures à une valeur fxée seront transmises au sortir du fltre. On parle aussi de « limitation de la bande passante ». Fréquences d'échantillonnage normalisées : • • • • II. 32 kHz : pour la radio FM en numérique (bande-passante limitée à 15 kHz) 44.1 kHz : pour l'audio professionnelle et les compact-disques 48 kHz : pour les enregistreurs numériques multipistes professionnels et l'enregistrement grand public (DAT, MiniDisc…). 96 kHz (en 5.1) : norme pour le DVD-Audio. LA QUANTIFICATION D'UN SON Plus le nombre de bits utilisé pour le codage sera grand, meilleure sera la ressemblance avec le signal original. Les systèmes grand-public actuels (CD, DAT) travaillent avec 16 bits, soient 65536 niveaux. 29 http://cylinders.library.ucsb.edu/ (visité le 19/07/2007) 30 http://www.dlib.indiana.edu/projects/sounddirections/papersPresent/sd_bp_07.pdf (visité le 24/07/2008) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 16/71 Le standard du DVD audio et des nouvelles machines professionnelles est de 24 bits à 96 kHz. Ces caractéristiques permettent encore d'améliorer la dynamique et la bande-passante des signaux audio, une reproduction encore plus proche de la réalité, ainsi que la possibilité de se livrer à des traitements numériques plus sophistiqués. Comparaison des formats CD-Audio et DVD-Audio31 : CD-audio DVD-audio Capacité 640 Mo 4,7 Go Nombre de canaux 2 (stéréo) 2à6 Durée d’enregistrement 74 minutes 74 min en 6 canaux Nature du signal audio PCM32 PCM et MLP33 Fréquence d'échantillonnage 44, 1 kHz Jusqu’à 192 kHz Taux de transfert 1,4 Mbps 9,6 Mbps Le concurrent du DVD-Audio est le Super-Audio CD dont les performances sont comparables mais les technologies sont différentes et incompatibles. Jusqu'à preuve du contraire, les lecteurs aussi sont incompatibles. Quel format employer en fonction de la qualité souhaitée ? Type d'enregistrement Musique stéréophonique Voix ou musique mono Qualité souhaitée Format à employer Studio / Master 48~96 KHz - 16~24 bits linéaire - stéréo CD 44,1 KHz - 16 bits linéaire - stéréo Archive qualité CD 44,1 KHz - 16 bits - MPeg 256K - Stéréo Assez bonne qualité pour transmission sur Internet 32 KHz - 16 bits - MPeg 128K Stéréo-joint Studio / Master 48~96 KHz - 16~24 bits linéaire - mono CD 44,1 KHz - 16 bits linéaire - mono Archive qualité CD 44,1 KHz - 16 bits - MPeg 128K - mono Assez bonne qualité pour transmission sur Internet 32 KHz - 16 bits - MPeg 64K mono Son type "téléphone" 16 KHz - 8 bits - Mono La taille mémoire occupée par du son numérique : • Un enregistrement de qualité CD 1,4 Mbits/s soit environ 10 Mo / mn (environ) (44,1 kHz, 16 bits stéréo) occupe A la différence des images, les sons numériques doivent subir un processus de reconversion en valeurs électriques analogiques pour pouvoir être représentés. Les images, elles, peuvent être constituées directement de pixels de valeurs de couleurs ponctuellement très précises et correspondant directement à l'information numérique. Pour le son, on ne peut pas se passer de microphones, d'enceintes et de casques (et de nos oreilles ...) 31 http://www.son-video.com/Conseil/Hif/DVDAudio.html (visité le 19/07/2007) 32 http://en.wikipedia.org/wiki/PCM (visité le 19/07/2007) 33 http://en.wikipedia.org/wiki/Meridian_Lossless_Packing (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 17/71 b. I. La mesure des sons LES DÉCIBELS (Source34). C'est un fait d'expérience ... nos sensations physiques " varient peu " lorsque la grandeur provoquant la stimulation " varie beaucoup ". Fait surprenant mais vérifable : lorsque nous doublons la puissance d'un appareil producteur de son, c'est à peine si nous nous apercevons de l'augmentation de volume ! C'est l'équipe de Graham Bell qui, pour la première fois de l'histoire, a développé une technique dont l'aboutissement était à l'appréciation de l'un des sens humains : l'audition. Il fallait s'adapter et l'on chercha une fonction qui, comme les sensations, varie peu quand la variable varie beaucoup. Tous les types de logarithmes répondent à ce critère, en particulier le logarithme décimal. Observons qu'il s'agit, non pas de mesurer, mais de comparer deux sensations. Dès lors, on établit cette comparaison en prenant le logarithme du rapport des puissances (au sens de la physique) des grandeurs qui provoquent les deux sensations. Ce nombre, censé représenter une différence de sensations, est donné en Bel, en hommage à Graham Bell. Ecart de sensations en déciBel (dB) = 1 0∗log P2 P1 Jusqu'ici, les décibels on servi à mesurer des variations d'une grandeur. Ils peuvent servir à repérer le niveau d'une grandeur physique par rapport à un repère appelé 0 dB et choisi par pure convention. La puissance sonore (en mW) qui correspond à 0 dB résulte d'une convention internationale. C'est la puissance considérée comme minima de perception par un échantillon moyen de population. Cette défnition est très arbitraire et dépend à la fois des conditions de vie des personnes (campagne calme ou ville bruyante) et du type de bruit considéré (stridences, bruit sourd des autos, pétarades etc.). La mesure de la pression acoustique se fait en décibel (dB)35 La formule X dB=10×log X X0 signife qu'une augmentation d'un déciBel correspond à une pression acoustique multipliée par 10. La valeur de référence est le seuil de l'audition (un moustique volant à 3 mètres de notre oreille). Le seuil de l'audition est fxé à 0dB, le seuil de la douleur est de 120dB. Pour bien comprendre ce que signifent ces chiffres, la pression acoustique est multipliée par un facteur 1000 milliards entre 0 et 120 dB. Quelques chiffres sur les intensités sonores : • • • • • • • • • • • • • • • • • 0 dB : seuil d'audibilité De 0 à 10 dB : désert De 10 à 20 dB : cabine de prise de son De 20 à 30 dB : conversation à voix basses, chuchotement De 30 à 40 dB : forêt De 40 à 50 dB : bibliothèque, lave-vaisselle De 50 à 60 dB : lave-linge De 60 à 70 dB : sèche-linge, sonnerie de téléphone, téléviseur, conversation courante De 70 à 80 dB : aspirateur, restaurant bruyant De 80 à 90 dB : tondeuse à gazon, klaxon de voiture De 90 à 100 dB : route à circulation dense, tronçonneuse, atelier de forgeage De 100 à 110 dB : marteau-piqueur à moins de 5 mètres dans une rue, discothèque De 110 à 120 dB : tonnerre, atelier de chaudronnerie 120 dB : seuil de la douleur De 120 à 130 dB : sirène d'un véhicule de pompier, avion au décollage (à 300 mètres) , concert amplifé 180 dB : décollage de la fusée Ariane, lancement d'une roquette 194 dB : son le plus bruyant possible Source : wikipedia36 Attention de ne pas confondre compression dynamique des sons avec la compression informatique (voir ci-après). La dynamique (audio) c'est l'écart existant entre le son le plus faible et le plus fort dans un morceau. La 9e symphonie de Beethoven est connue pour être une des oeuvres de la musique classique ayant la plus grande dynamique. Cela 34 http://perso.orange.fr/arsene.perez-mas/signal/decibels/decibels.html (visité le 19/07/2007) 35 http://en.wikipedia.org/wiki/Decibels (visité le 19/07/2007) 36 http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cibel (visité le 25/09/2008) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 18/71 signife que dans cette oeuvre il existe des passages qui sont extrêmement doux (pianissimo) et d'autres au contraire extrêmement forts (fortissimo). Il est possible suivant les interprétations et les effectifs qu'en concert les 100 dB de dynamique soient dépassés, ce qui est énorme. La compression dynamique audio consiste à réduire artifciellement cette dynamique, cet écart entre les sons faibles et les sons forts. Une série d'articles de blog retrace l'histoire de la compression dynamique du son enregistré et diffusé. C'est passionnant mais cela dépasse largement la portée de ce cours37. II. LES FRÉQUENCES DES SONS Les fréquences des signaux sonores se mesurent en Hz, et sont l'inverse de la longueur d'onde du signal. Si vous avez d'excellentes oreilles, les limites fréquentielles de votre spectre d'audition s'étendront de 20Hz (vers le grave) jusqu'à 15-20kHz (dans les aiguës). Attention, notre audition n’est pas aussi transparente qu’on pourrait le croire : nous avons l'impression d'entendre aussi bien les sons aigus, que le médium ou les graves mais ce n'est pas le cas. L'oreille est très sensible aux alentours de 2,8-3 kHz, ce qui n'est pas un hasard puisque c'est la fréquence moyenne de la voix humaine38. Important : il n'y a aucune raison de limiter la numérisation de l'audio aux fréquences et puissances admises et reconnues par l'oreille humaine. Les infra sons et surtout les ultrasons peuvent parfaitement être captés et numérisés. Il faudra simplement un dispositif de transcodage (visuel ou audio) pour les rendre accessibles (visibles) aux humains. c. La « visualisation » d'un son Outre l'écoute, le travail sur un son sera grandement facilité par les techniques permettant de le visualiser... I. VOIR LA PUISSANCE DU SON EN FONCTION DU TEMPS En utilisant Audacity, on peut « visualiser » un graphique représentant la puissance acoustique en fonction du temps. Les zones faiblement actives représentent des silences. II. VOIR LA DISTRIBUTION INSTANTANÉE DES FRÉQUENCES D'UN SON D'autres visualisations sont possibles, par exemple un diagramme fréquence instantané : 37 http://blog.formations-musique.com/index.php?2009/04/02/49-sommaire-de-l-histoire-de-la-compression-dynamique-audio (visité le 29/8/2009) 38 http://www.restauration-audio.com/Les-traitements-psychoacoustiques_a22.html (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 19/71 ... et un sonagramme qui représente en dynamique quelles fréquences sont présentes dans un signal à un instant précis : 4. La présentation de la chaîne numérique On peut représenter la chaîne de traitement numérique par le schéma suivant : Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 20/71 Chaîne de traitement numérique du son Capteur analogique : microphone, tête de lecture magnétophone, diamant platine tourne-disque CAN amplificateur analogique Domaine analogique Traitement 10110010 01001011 00111101 10110100 10110010 01001011 00111101 10110100 10110010 01001011 00111101 10110100 Transducteur analogique : haut-parleur CNA Conver t i sseur numé r i q ue anal og i q ue AA Conver t i sseur anal og i q ue numé r i q ue Onde sonore Stockage, traitement ou transmission Domaine numérique AA amplificateur analogique Onde sonore Domaine analogique Une fois converti en numérique, le son peut « subir » toutes sortes de traitement de transformation et de stockage. Pour un exposé complet des meilleures pratiques de numérisation des sons, cf « Capturing Analog Sound for Digital Preservation: Report of a Roundtable Discussion of Best Practices for Transferring Analog Discs and Tapes, March 2006 »39 voir aussi, en français, l'article « Numérisez vos vinyles grâce à GarageBand »40 à http://www.cuk.ch/articles/3040 5. Les matériels et logiciels Voir sur le site d'un passionné de restauration numérique une liste d'appareils de niveau professionnel41. a. I. La lecture POUR LES DISQUES Nécessite un capteur de la meilleure qualité possible et un support analogique le plus propre possible. Il existe des appareils spécialisés : la KEITH MONKS cleaning machine. Machine professionnelle destinée à nettoyer en profondeur les 78 tours et les vinyles. Il existe des platines disques professionnelles, telles que : • • II. la Platine tourne disques Bang & Olufsen BEOGRAM 4002 à bras tangentiel. Platine tourne disques professionnelle STANTON avec un choix de plusieurs cellules et diamants de différentes tailles, pour s'adapter le mieux possible aux caractéristiques du sillon à lire. Possibilité de lecture à l'envers, souvent utile pour les sillons fatigués d'être lus à l'endroit... POUR LES BANDES La référence reste le STUDER REVOX PR99. Machine professionnelle de fabrication Suisse, la plus utilisée dans les radios et les studios d'enregistrement durant ces 20 dernières années. 2 pistes Vitesses 19 et 38 cm/s. 39 http://www.clir.org/pubs/reports/pub137/pub137.pdf 40 http://www.cuk.ch/articles/3040 (visité le 29/08/2009) 41 http://www.restauration-audio.com/index.php?action=article&id_article=174098 (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 21/71 b. La pré-amplifcation Le préamplifcateur effectue un premier traitement analogique sur le son (cette étape inclut les opérations de mixage dont la complexité dépasse le cadre de ce cours). On branche ensuite le préamplifcateur à l'entrée « line-in » de la carte son de l'ordinateur (où, pour des projets très pointus, on branche à un Convertisseur Analogique Numérique externe) c. Les logiciels d'enregistrements Un logiciel spécialisé intervient alors pour numériser le son entrant dans l'ordinateur (réglages à effectuer pour la qualité de l'échantillonnage et de la quantifcation). • • Par exemple on peut employer Audacity, logiciel Open Source, multi-plate formes et très complet permettant d'effectuer toutes sortes de traitements. Des experts utilisent Audacity pour numériser professionnellement des sons. Voir l'excellent article « Digitizing records and tapes with Audacity »42 Par contre, la référence reste Pro Tools HD distribué par DIGIDESIGN. Éditeur audio réputé dans tous les studios du monde. d. Le traitement Vise à supprimer les silences non désirés, à nettoyer l'enregistrement d'éventuels « cracks », de fltrer les fréquences contenant trop de souffe, etc... Des logiciels très spécialisés permettent d'effectuer ces opérations très coûteuses en temps de façon semi-automatique. Exemple : • CEDAR DC1 Declicker. Capable d'effectuer 50 millions d'opérations à la seconde ce qui lui permet d'éradiquer plus de 2500 "scratches" ou "clicks" par seconde. Système coûteux mais un des meilleurs. Aural exiter APHEX 204. Permet de redonner de l'épaisseur, de la brillance et ses harmoniques natives à un enregistrement analogique altéré par le temps et l'usure des lectures. • Il est possible d'écouter des exemples sonores43 de restauration44. 6. Enregistrement et compression de l'audio Ci-dessous un tableau des tailles de fchiers non compressés en fonction de la qualité de la numérisation voulue. On comprends vite la nécessité de trouver un moyen d'en réduire la taille. Qualité Echantillonnage (kHz) Quantifcation (bits) Mono/Stéréo Taille (1 min, en Ko) Téléphone 11 8 mono 660 Radio 22 8 stéréo 2560 Radio 22 16 stéréo 5120 CD Audio 44 16 stéréo 10 240 Les formats audio sont multiples et il est parfois diffcile de s'y repérer. Consultez un tableau complet 45 et très documenté sur le site « Sustainability of Digital Formats Planning for Library of Congress Collections ». Voici les plus courants : a. Formats « sans pertes » Note : les codecs généralistes de compression de fchiers informatiques tels que zip, bzip, ... sont notoirement ineffcaces sur les fchiers de données audio. Pour une analyse détaillée des différents formats audio « sans pertes », c'est-à-dire à partir desquels on peut reconstituer la version numérique du fchier audio initialement numérisé, voire la page « Lossless comparaison »46. 42 43 44 45 46 http://www.linux.com/articles/119550 (visité le 17/06/2008) http://www.restauration-audio.com/index.php?action=article&id_article=174099 (visité le 19/07/2007) http://www.restauration-audio.com/Qu-est-ce-que-la-restauration-sonore-_a13.html (visité le 19/07/2007) http://www.digitalpreservation.gov/formats/fdd/sound_fdd.shtml (visité le 19/07/2007) http://wiki.hydrogenaudio.org/index.php?title=Lossless_comparison (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 22/71 I. WAV (FORMAT OUVERT) Wav (.wav) Wave est le standard pour l'audio en format non compressé, en utilisant l'encodage PCM 47. Les CD Audio stockent leurs données dans un format proche du WAV. Les logiciels d'édition sonore nécessitent également que les sons soient dans ce format pour pouvoir les éditer. Des logiciels comme Audacity permettent tout de même d'importer des fchiers mp3 qu'ils reconvertissent d'abord en .Wav (Source48). Codage/décodage dans Audacity notamment. II. MPEG-4 AUDIO LOSSLESS CODING (ALS) MPEG La compression sans pertes est l'extension la plus récente du standard audio MPEG-4, destinée aux signaux audio en haute défnition. La technologie de base a été développée par le NUe Group (Fachgebiet Nachrichtenübertragung) à l'université technique de Berlin. La norme ISO du MPEG-4 ALS est ISO/IEC 14496-3:2005/Amd 2:2006.49 Ce format n'est pas encore répandu du fait du manque (depuis 2006) d'encodeurs et de décodeurs. III. APPLE AAC LOSSLESS (FORMAT PROPRIÉTAIRE) Apple Lossless Audio Codec (ALAC) est un format d'encodage sans perte (lossless) apparu en 2004. Le format a été développé par Apple pour combler une lacune de la norme MPEG-4, dont la partie consacrée à l'encodage sans perte tarde encore à être fnalisée (cette extension existe depuis 2006, cf le codec ALS). ALAC est un format propriétaire et qui s'adresse majoritairement aux utilisateurs d'iTunes et de l'iPod. À l'instar de tous les formats sans perte, ALAC permet de compresser sans aucune dégradation des fchiers musicaux au format PCM à un taux de compression voisin de 40 à 50% (les ratios mesurés peuvent cependant grandement varier en fonction principalement du volume de la piste : plus le volume est fort (pour la pop music par exemple), plus le ratio est mauvais, à l'inverse du classique. En regard des formats concurrents, ALAC présente une effcacité moindre. Cette contre-performance est toutefois partiellement délibérée, puisque le format a été essentiellement développé en vue d'être décodé par des appareils bien moins puissants et autonomes que les ordinateurs de bureau (comprendre des baladeurs et l'ipod en particulier). Une meilleure compression suppose en effet une complexité accrue, complexité ayant pour conséquence de réduire l'autonomie des appareils nomades. Ainsi, les quelques pourcentages perdus en terme de ratio de compression sont compensés par une implémentation matérielle facilitée. Néanmoins, ALAC reste actuellement inférieur aux autres formats sans perte de faible complexité. FLAC présente ainsi une rapidité supérieure pour un taux de compression quasi-identique, alors que WavPack bénéfcie de performances en tout point (ratio de compression, vitesse d'encodage et de décodage) supérieures. Codage/Décodage : iTunes, QuickTime (Source50). IV. FLAC (FORMAT OUVERT) Free Lossless Audio Codec (FLAC) est un codec libre de compression audio sans perte. Un enregistrement numérique (tel qu'un CD) codé en FLAC peut être décompressé pour obtenir une copie identique des données audio. Les sources audio peuvent être codées en FLAC pour permettre une réduction de taille de 30 à 70 %. La réduction de taille est dépendante de la source : plus le signal est constitué d'ondes régulières (sons naturels), meilleure est la compression. Par contre, un signal aléatoire (bruit) ne se compresse pas très bien. Ce phénomène se constate pour tous les formats de compression sans perte. FLAC est approprié pour tous les archivages de données audio, avec le support des métadonnées, image de couverture, ainsi que pour la recherche rapide. FLAC est libre et open source ; ne nécessitant pas le paiement de redevances, il est bien supporté par de nombreux logiciels.51 Codage/décodage par de nombreux outils gratuits ou OpenSource dont Audacity, lecture par VLC. 47 48 49 50 51 http://fr.wikipedia.org/wiki/Modulation_d%27impulsion_cod%C3%A9e (visité le 29/08/2009) http://fr.wikipedia.org/wiki/WAVEform_audio_format (visité le 7/09/2009) http://en.wikipedia.org/wiki/MPEG-4_ALS (visité le 29/08/2009) http://fr.wikipedia.org/wiki/Apple_Lossless (visité le 19/07/2007) http://fr.wikipedia.org/wiki/Free_Lossless_Audio_Codec (visité le 7/09/2009) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 23/71 b. formats « avec pertes » On utilise pour ce faire les limitations de l'oreille humaine qui ne perçoit pas certaines données audio 52 et on code de façon compacte des données répétitives. I. MP3 (FORMAT PROPRIÉTAIRE) Le MPEG-1/2 Audio Layer 3, plus connu sous son abréviation de MP3, est la spécifcation sonore du standard MPEG1, du Moving Picture Experts Group (MPEG). C'est un algorithme de compression audio (voir aussi codec) capable de réduire drastiquement la quantité de données nécessaire pour restituer de l'audio, mais qui, pour l'auditeur, ressemble à une reproduction du son original non compressé, c'est-à-dire avec perte de qualité sonore signifcative mais acceptable pour l'oreille humaine. L'extension de nom de fchier est .mp3 et le type MIME est audio/mpeg[1]. Ce type de fchier est appelé « fchier MP3 ». Le codage MPEG-1/2 Layer 2 est né avec le projet Digital Audio Broadcasting (radio numérique DAB) qui fut lancé par le Deutsche Luft und Raumfahrt. Ce projet a été fnancé par l'Union européenne, et faisait partie du programme de recherche EUREKA Ce format populaire de compression audio permet une compression approximative de 1:4 à 1:12. Un fchier audio occupe ainsi quatre à douze fois moins d'espace une fois compressé au format MP3. Le taux de compression peut être augmenté en choisissant un débit binaire (en anglais bitrate) plus faible. On considère en général qu'il faut au moins 128 ou 192 kilobits par seconde (kbit/s) pour bénéfcier d'une qualité audio acceptable pour un morceau de musique. À 8 kbit/s, le son est fortement altéré (bruits parasites non attendus, spectre « sourd », …). Ce format de données utilise un système de compression partiellement destructif. Il ne stocke pas intégralement le spectre des fréquences audio. En revanche il tente d'annuler d'abord les sons les moins perçus de façon à ce que les dégradations se fassent le moins remarquer possible. Ce n'est pas une compression à proprement parler, mais plutôt une suppression d'informations. La compression au format MP3 exploite un modèle psycho-acoustique de l'effet dit de « masque » : si deux fréquences d'intensités différentes sont présentes en même temps, l'une peut être moins perçue que l'autre selon que ces deux fréquences sont proches ou non. La modélisation de notre audition selon ce principe est au départ empirique, mais assez effcace. Toutefois, si le taux de compression est trop important, on peut être amené à faire ressortir certaines harmoniques de façon non attendue. Cela donne alors l'impression de bruits parasites et désagréables au milieu du son. On peut améliorer la qualité à débit moyen égal en utilisant un débit binaire variable (VBR ou Variable Bit Rate par opposition à un débit constant Constant bit rate, CBR). Dans ce cas, les passages peu complexes, comme les silences par exemple, seront codés avec un débit d'information plus faible. On code à 64 kbit/s au lieu de 128, réduisant ainsi la taille totale du fchier tout en gardant une très bonne qualité lors des passages riches en harmoniques. L'amélioration apportée est variable selon le morceau codé. L'encodage en VBR peut néanmoins poser des problèmes de compatibilité avec certains lecteurs.53 La popularité du format MP3 ne se dément pas, même compte tenu de son obsolescence technique. Le dernier magasin de vente de musique en ligne, sur Amazon, utilise encore ce format (mise à jour du 7/09/2009). Codage/décodage avec le codec LameEncoder, encoder MP3 Open Source, qui produit, de l'avis général, la meilleure compression. LameEncoder est intégrable à Audacity. II. REALAUDIO (FORMAT PROPRIÉTAIRE) RealAudio (.ra)54 est un format de stream (de diffusion en continu) souvent utilisé par les radios qui diffusent sur internet. A qualité équivalente, les fchiers en RealAudio sont plus petits qu'encodés en MP3 mais de moins bonne qualité si le débit est faible. Codage/décodage : RealProducer55, décodage simple avec le lecteur RealPlayer. 52 53 54 55 http://en.wikipedia.org/wiki/Psychoacoustics (visité le 19/07/2007) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mp3 (visité le 7/09/2009) http://en.wikipedia.org/wiki/Realaudio (visité le 19/07/2007) http://www.realnetworks.com/products/producer/index.html (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 24/71 III. OGG (FORMAT OUVERT) Ogg (prononcer « augue ») est le nom du principal projet de la fondation Xiph.Org dont le but est de proposer à la communauté des formats et codecs multimédias ouverts, libres et dégagés de tout brevet. C’est aussi le nom du format de fchier conteneur proposé par ce même projet. L’extension .ogg est une des extensions possibles pour les fchiers au format Ogg. Par abus de langage, on appelle couramment « fchier Ogg » un fchier audio au format Ogg contenant des données audio compressées en Vorbis, l’un des codecs du projet Ogg. La fondation Xiph.Org a pourtant créé un ensemble d'extensions pour les différents types de contenus : .oga pour les fchiers audio uniquement, .ogv pour la vidéo (généralement encodée avec Theora)56 codage/décodage : Audacity IV. MP3PRO (FORMAT PROPRIÉTAIRE) La compression mp3Pro57 se présente comme un successeur avantageux au mp3. En effet, les fchiers générés par un encodeur mp3PRO sont compatibles avec tous les lecteurs mp3. Cependant seuls les lecteurs certifés mp3PRO bénéfcient des avantages supplémentaires de cet encodage. L'encodage mp3Pro présente trois particularités qui en font un système de compression offrant de meilleurs résultats sonores que ceux d'un simple mp3 standard : • L'utilisation du VBR (pour Variable Bit Rating) qui adapte en temps réel le débit en fonction de la densité et de la complexité sonore ; • La préservation de la bande passante aiguë normalement sacrifée par le mp3 standard ; • Une qualité sonore équivalente au 320 kbit/s du layer III en VBR (qui varie entre 64 kbit/s et 128 kbit/s) si bien qu'à qualité égale un fchier mp3Pro permet un gain de place substantiel par rapport à un fchier mp3 standard (entre 25% et 50% de gain). Le Codec mp3PRO est propriétaire. Néanmoins un lecteur MP3 standard saura lire un mp3PRO, avec une qualité moindre. Très peu de logiciels prennent en compte le mp3PRO et seuls les baladeurs de marque Thomson et ses fliales savent en tirer pleinement proft. Codage/décodage : Thomsom Encoder58, ou Audion pour Mac59. V. AAC (FORMAT OUVERT) AAC - Advanced Audio Coding - L'Advanced Audio Coding ou AAC est un algorithme de compression audio avec perte de données ayant pour but d'offrir un meilleur ratio qualité/compression que le format plus ancien MPEG-1/2 Layer 3 (plus connu sous le nom de MP3). Utilisé dans iTunes, iPod et largement répandu grâce au succès de l'Itunes Store. Peut-être utilisé avec des DRM. Il est défni dans la « partie 3 de la norme MPEG-4 ». Les améliorations apportées par l'AAC touchent notamment : • • • • • • les fréquences d'échantillonnage : de 8 kHz à 96 kHz (MP3 offciel : 16 à 48 kHz) ; le nombre de canaux : jusqu'à 48 ; une meilleure gestion des fréquences au-delà de 16 kHz ; Ces avancées techniques devant apporter à l'auditeur un message audio d'une qualité et d'une stabilité accrue par rapport au MP3 à fréquence d'échantillonnage équivalente ou inférieure. L'AAC adopte une approche modulaire du codage : en fonction de la complexité du fux à coder, de la qualité visée et de la taille du fchier que l'on souhaite obtenir. L'utilisateur peut créer des profls afn de défnir l'outil qu'il souhaite utiliser parmi le jeu de réglages prédéfnis. l'intégration de systèmes de DRM. L'extension de fchier généralement adoptée est .mp4 (pour MPEG-4), .m4a (pour MPEG-4 audio) ou .m4p (pour MPEG-4 protégé). Codage/décodage : iTunes, QuickTime, VLC pour le décodage des fchiers sans DRM. 56 57 58 59 http://fr.wikipedia.org/wiki/Ogg (visité le 7/09/2009) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mp3PRO (visité le 7/09/2009) http://www.mp3prozone.com/download.htm (visité le 19/07/2007) http://www.panic.com/audion (visité le 9/10/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 25/71 VI. WINDOWS MEDIA AUDIO (FORMAT PROPRIÉTAIRE) Windows Media Audio60 aussi appelé WMA est un format propriétaire de compression audio de type « lossy » (destructeur) développé par Microsoft. Le format WMA offre pour spécifcité la possibilité de protéger dès l'encodage les fchiers de sortie contre la copie illégale par une technique de gestion des droits numériques (DRM en anglais). Le format existe sous deux formes : • • le WMA Standard, le premier à être sorti, le plus répandu sur Internet et le seul à être lisible (actuellement) sur de nombreux baladeurs numériques le WMA Pro, théoriquement de meilleure qualité mais bien moins répandu. Les deux sont capables de coder en débit constant (CBR) ou en débit variable (VBR). Le codec wma est parmi tous les formats d'encodage avec pertes disponibles l'un des plus rapides. c. Cas du MIDI Le Musical Instrument Digital Interface ou MIDI est parfois confondu avec les formats décrits ci-dessus. C'est un protocole de communication et de commande permettant l'échange de données entre instruments de musique électronique, un ou plusieurs de ces « instruments » pouvant être des ordinateurs. Il permet de préciser le type d'instrument, la note, la durée, etc... Les fchiers MIDI sont reproduits sur ordinateurs ou sur instruments MIDI à l'aide de sons pré-numérisés ou synthétisés. En ce sens, les fchiers MIDI sont l'équivalent des formats vectoriels pour les images. Ils prennent en général très peu de place puisque ne sont codées que des descriptions textuelles des sons à reproduire. d. Le(les) formats à choisir pour l'archivage Les formats à privilégier pour un archivage des sons (on parle de fchiers « master » ou « maîtres » à partir desquels seront dérivés les fchiers de diffusion) sont ceux qui contiennent toute l'information numérisée, et qui sont donc de la qualité maximale. On choisira préférentiellement le format Wav (aucune compression) ou FLAC (compression sans pertes). e. Les formats à choisir pour la diffusion Pour la diffusion, on peut choisir un format avec pertes (MP3, MP4 ou OGG), dont les paramètres seront soigneusement choisis pour minimiser la perte d'information et, suivant les besoins, streamé. Éviter les formats propriétaires tels que WMA. On voit apparaître de nouvelles façons de diffuser, en intégrant le son dans un fchier fash. L'avantage est l'absence de plugins supplémentaires nécessaires à la lecture (Flash étant extrêmement répandu) et une certaine barrière à la récupération du fchier son en tant que fchier indépendant. Cette protection est cependant bien facilement contournable. L'année 2005/2006 a aussi été marquée par le développement du podcast qui combine une diffusion de fchiers MP3 ou MP4 à un abonnement RSS. Cf Best Practice Guidelines for Digital Collections at the UM Libraries 61 appendice VIII pour des exemples de bonnes pratiques. Cf Appendix IV: A Typology of Formats pour des guides de référence sur les formats audio. f. Paramètres de numérisation et de compression Les paramètres de numérisation et de compression s'expriment d'une façon légèrement différente de ce qui a été présenté jusqu'à présent. On utilise l'échantillonnage d'une part, exprimé en Hz, et le débit, exprimé en kbps. En dehors de contraintes spécifques liées aux technologies de diffusion (téléphone, bande FM, …) l'échantillonnage n'est pas une valeur qu'on peut modifer à loisir à cause du théorème de Shannon. Il est le plus souvent fxé à 44,1 kHz ou 48 kHz de plus en plus souvent. Par contre, le véritable paramètre sur lequel on peut ajuster la qualité de compression est le débit (et le CODEC de compression choisi en sélectionnant le format de compression). Un débit de 1 kbps = 1000 bits par seconde. Un fchier de 3 minutes numérisé et compressé au débit constant (ou moyen) de 320 kbps aura la taille suivante : 3*60*320000/8 = 7,2 Mo Prenons l'exemple d'une compression en mp3 en utilisant Audacity avec le plugin LameEncoder. Le fux « bitrate » est ici choisi en mode « moyenne » (ABR : Average Bitrate) ce qui permet au compresseur de « dépenser » plus 60 http://en.wikipedia.org/wiki/Windows_Media_Audio (visité le 19/07/2007) 61 http://www.lib.umd.edu/dcr/publications/best_practice.pdf (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 26/71 d'information dans les passages sonores qui le nécessitent tout en assurant une taille moyenne prédictible. Voici quelques uns des paramètres qu'on peut conseiller pour la diffusion : • • • • • • réglage « téléphone » : 16kbps/mono voice : 56kbps/mono fm/tape : 112kbps hif : 160kbps cd : 192kbps studio : 256kbps La meilleure qualité en MP3 s'obtient en choisissant un mode « constant bitrate » et un fux de 320kbps, en échantillonnant à la fréquence d'échantillonnage maximale (48kHz). Faut-il encore que le son analogique et numérisé soient de grande qualité, sinon, c'est inutile. Un contrôle auditif est toujours conseillé (attention à la qualité du matériel de reproduction et aux conditions environnementales). g. Restitution du son Comme indiqué ci-avant, la restitution d'un son nécessite son codage inverse en analogique à l'aide d'un processeur ou d'un processus CNA (Convertisseur Numérique Analogique). Si le format n'est pas un format directement exploitable il faut d'abord « ramener le son » à un format WAV puis le convertir en analogique. 7. Étude de cas : le Cornell Lab of Ornithology a. Introduction Ce qui suit est la traduction partielle et à grands traits de l'article « Digitizing the World’s Largest Collection of Natural Sounds : Key Factors to Consider when Transferring Analog-Based Audio Materials to Digital Formats »62 de la revue RLG DigiNews (février 2004). Il est fortement recommandé de le lire en intégralité ! Projet de la Macauly Library63 : • • • b. I. Concerne : the Macaulay Library of Natural Sounds (MLNS)[1] at Cornell University, 160 000 enregistrements d'oiseaux, d'insectes, de grenouilles, et de cris de mammifères. Formats analogiques : disques acétates, cassettes, bandes, dans des états de conservation très variés (certaines bandes ont nécessité un traitement spécifque avant exploitation). 6 studios de numérisation complètement équipés Etapes cruciales de ce projet LES MÉDIA ET FORMATS ANALOGIQUES • Examen des bandes, et traitement préventif pour temporairement les "stabiliser" par une cuisson à 50°C pendant 24 heures. Certaines avaient leurs axes brisés, d'autres avaient des traces d'adhésifs. • Examen du format d'enregistrement de chaque bande, rendu aisé par des "métadonnées" complètes sur l'enregistrement et le modèle de magnétophone utilisé pour les produire. Pour les cas litigieux, utilisation d'un "développeur magnétique" permettant de visualiser l'enregistrement magnétique et de déterminer quelles têtes choisir. • Utilisation d'un magnétophone haut de gamme (Studer A-820) dont la propreté et la tension de la bande ont été régulièrement vérifés. • Lecture en vitesse lente pour tenir compte des bandes fragiles • Calibration des têtes de lecture en utilisant des normes internationales : alignement des têtes (hauteur, azimuth, ...), équalisation de la lecture, niveaux de lecture, vitesse, ... Concernant les cassettes audio, lecture par un magnétophone professionnel Nakamichi CR-7A calibré et mis en marche avec le même soin 62 http://worldcat.org/arcviewer/1/OCC/2007/08/08/0000070519/viewer/fle3226.html (visité le 7/09/2009) 63 http://www.animalbehaviorarchive.org/loginPublic.do (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 27/71 Les calibrations et alignements des têtes furent accomplies à l'aide de tests informatisés de la société Audio Precision, spécialisée dans toutes les mesures audio. Les résultats des tests initiaux furent régulièrement comparés aux tests réalisés en cours de numérisation pour suivre l'évolution des performances des lecteurs. Ceci permit de déceler les problèmes avant qu'ils aient des incidences sur le processus de numérisation lui-même. II. LA CONVERSION ANALOGIQUE/ NUMÉRIQUE Le convertisseur fut l'objet d'une attention toute particulière. Cet élément est l'un des maillons primordiaux de la chaîne de numérisation et son mauvais fonctionnement pouvait détruire tous les efforts effectués par ailleurs. Dans le cas présent, les sons sont d'excellente qualité, couvrant un large spectre. Les objectifs étaient ici de réaliser une numérisation d'une qualité sans compromis. Les tests réalisés sur 6 matériels aux caractéristiques techniques apparemment proches ont donné des résultats très différents. Le choix s'est fnalement porté sur le Prism Dream AD-2, le seul dispositif à ne pas "colorer" les signaux. Qu'est-ce qui constitue un bon convertisseur analogique/numérique ? : • • capacité à prendre en compte l'intégralité du spectre sonore à numériser : de 4 à 32 kHz, échantillonné à 96 kHz capacité à rendre la dynamique : quantifcation sur 24 bits (128 dB rendus) (cf les autres caractéristiques dans l'article original) Ces spécifcations ne sont pas facilement rencontrées dans les cartes sons présentes dans les ordinateurs, ni dans les enregistreurs de CD-AUDIO grand public. Les équipements doivent de plus : • • • • • avoir un courant électrique très pur, être fxés au sol pour éviter toute vibration être pilotés par des horloges ultra précises utiliser des composants électroniques de très grande qualité à faible tolérance, un design de carte électronique de très grande qualité. Tout ceci à un prix, mais cela en valait la peine pour ce projet Un autre élément clé du processus fut la détermination du niveau de signal de transfert : utilisation d'un préamplifcateur Benchmark Media à très faible bruit, et faible distorsion entre le lecteur analogique et le convertisseur A/N. Ses vue-mètres ont été très utiles pour déterminer le bon niveau d'entrée sur le convertisseur A/N (pas assez = perte de dynamique, trop fort : saturation du signal). En complément de la surveillance du signal par vue-mètres, un second dispositif de surveillance a été mis en place utilisant l'oreille humaine. Il a fallu pour cela employer un convertisseur inverse (numérique => analogique) et des hauts-parleurs de contrôle. Un dispositif permettait à l'opérateur de passer facilement de la lecture analogique à la lecture du signal numérisé et, ainsi, de se rendre compte très rapidement de tout problème potentiel. III. L'ÉDITION DU SIGNAL NUMÉRIQUE Grâce à une station digital audio workstation (DAW), le cas échéant, pour créer des fade-in fade out, ajouter des méta informations vocales, attribuer à chaque fchier un nom unique et construire les fchiers permettant en fn de compte de créer les DVD-R. Le modèle retenu a été un matériel Sonic, pour sa capacité à préserver la qualité du signal des enregistrements initiaux vers les enregistrement fnaux en 48 bits tout au long du processus (à la différence de la plupart des unités logiques qui travaillent en 32 bits en virgule fottante, le Sonic Studio HD utilise des unités logiques de 48 bits - c'est une précision supérieure de 16 bits à ce qu'on a habituellement avec des signaux 24 bits). Ceci améliore grandement les erreurs d'arrondis. IV. QUELS FORMATS ET MÉDIA CHOISIS ? Données préliminaires : • • le choix du stockage optique avait déjà été fait les besoins de stockage allaient être énormes (32 Mo/minute en stéréo) à cause des paramètres de numérisation choisis (échantillonnage à 96 kHz, sur 24 bits) ➞ le choix du DVD-R a été fait sur ces bases. Concernant le format, le DVD-Audio a été envisagé mais ses contraintes en termes de protection par les industriels ont étés jugées rédhibitoires. Le choix fnalement a été fait de graver les disques en format DVD-ROM et en AIFF (équivalent du Wav). Chaque fchier audio comporte une identifcation audio au début qui est composée du numéro Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 28/71 de l'asset. Ce numéro est repris dans le nom du fchier. Aucune autre métadonnée n'est inclue dans les fchiers audio. Elles sont enregistrées dans une base de données relationnelle séparée. Les disques ont été gravés en utilisant des Pioneer DVR-S201. Les disques ont été achetés par lots de 100 ou 200 chez Maxell, TDK et Pionner. Il faut environ une heure pour enregistrer 4,3 Go de données (les disques ne sont pas remplis car les tests ont révélé que leur qualité se dégrade au centre !) Chaque disque a été gravé en double exemplaire et contient 125 minutes de stéréo ou 250 minutes de mono. Un disque est placé dans un jukebox Plasmon D-480 pour la distribution en interne, le second est déplacé hors site, pour un stockage sécurisé, à l'atmosphère contrôlée, sous terre. V. LE CONTRÔLE QUALITÉ Les DVD-R, comme les CD-R peuvent poser problème lors de leur conservation au cours du temps. Des tests effectués pour maximiser la durée de vie de chaque disque enregistré : • • chaque disque vierge est analysé par le système "AudioDev Computer Aided Test System" qui consiste en 20 tests différents. chaque disque enregistré est vérifé. 50 paramètres importants sont testés à cette étape. Les disques rejetés sont examinés en détail. Surveillance des archives : Toutes les données du contrôle qualité sont stockées numériquement. Les disques sont périodiquement et aléatoirement re-testés. Les données des tests sont comparées aux données de tests initiales. Toute dégradation est rapidement analysée et un clone est créé. Cf aussi le cours sur l'archivage pour plus de détail sur ces procédures qualité. VI. ACCESSIBILITÉ/DISTRIBUTION Ces disques sont les "coeurs d'archive". Les données hautes-résolutions sont disponibles uniquement en interne. Pour la distribution par internet, des fchiers dérivés de moindre qualité sont créés et notamment des enregistrement au format CD-audio, des MP3 à 96kbps, des streams RealAudio et Quicktime. Ces données résident sur un serveur Apple Xserve RAID de 25 teraoctets. Le backup de ces fchiers est assuré par un système à bandes. c. Autre étude de cas Large Scale Digitization of Oral History64 64 http://www.dlib.org/dlib/may07/weig/05weig.html (visité le 19/07/2007) Cours numérisation (c) JMM – 2009-2010 version du 22/09/09 page 29/71