évasion de prison à l`arcahaie
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évasion de prison à l`arcahaie
Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00 HAÏTI LIBERTÉ JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162 Email: [email protected] Web: www.haitiliberte.com ÉVASION DE PRISON À L’ARCAHAIE ! Yon delegasyon K.E.P a te vizite biwo Depatman Nip la! Page 6 English Page 9 Le réchauffement climatique, un sujet vital pour Haïti Page 8 Voir page 4 Le samedi 22 octobre 2016, 172 détenus ont pris la clef des champs à la prison de l’Arcahaie L’ONU ACCEPTE DE DÉDOMMAGER LES VICTIMES DU CHOLÉRA ! Syrie : Entretien du Président Al-Assad au quotidien russe Komsomolskaïa Pravda ! Page 10 Brésil : Cunha sous les verrous Voir page 4 Les Nations unies, par une volte-face spectaculaire et inattendue, ont finalement plié l’échine pour accepter de dédommager les victimes de l’épidémie du choléra en Haiti Page 17 Editorial HAITI 1583 Albany Ave Brooklyn, NY 11210 Tel:718-421-0162 Fax:718-421-3471 Peut-on sortir de ce marasme? Par Berthony Dupont L a situation bouleversante qui prévaut dans notre pays se fait de plus en plus préoccupante depuis le passage de l’ouragan Matthew qui a cruellement dévasté quatre Départements, ne laissant place en nous qu’à une colère impuissante ; vu que rien de définitif, de durable et de sérieux n’a jamais été réglé pour le salut de cette nation. C’est un fiasco total sur toute la ligne, une faillite sans pareil à tous les niveaux tant politiques, sociaux qu’économiques. Mais, malgré toutes les épreuves aujourd’hui comme hier, les détenteurs de pouvoir, les décideurs, les dirigeants tiennent mordicus et intact leur gage de fidélité à l’égard des puissances impérialistes. Nos bilans n’accusent que des zéros, puisque nos dirigeants nagent aveuglement à contre-courant disons mieux à contre-sens même de notre histoire! Depuis le séisme de 2010, on espérait une rupture avec le passé pour apercevoir le cap du pays non seulement vers une lueur d’espoir, mais aussi vers une prise de conscience pouvant nous permettre de parer à toute autre catastrophe naturelle éventuelle. Mais il n’en a rien été. Alors, on n’est nullement surpris que nos politiciens au pouvoir continuent de poursuivre leurs tortueuses machinations, leur dessein sinistre qui les révèle à nu : des bandits particulièrement criminels et inhumains. Cette situation nouvelle dans laquelle nous pataugeons n’est que la résultante du laisser-aller, de l’absence quasi-totale de l’autorité de l’Etat qui n’a même pas jugé bon d’adresser jusqu’à présent un message à la nation pour expliquer ses projets d’ensemble ou ses manœuvres de sortie de crise auxquels le peuple a droit. C’est bien montrer qu’il n y’a pas d’alternative, puisque les mains se croisent et se recroisent, ne s’appuyant uniquement que sur le recours à l’international. On a pu bien constater comment nos politiciens se sont tenus à distance de l’épidémie du choléra que les Nations-Unies en complicité avec l’Etat haïtien n’ont jamais voulu contenir, voire même éradiquer, et qui commence à s’étendre dans les zones sinistrées du pays ! Une autre grande crise qui nous paralyse depuis belle lurette est celle des élections. Est venu s’y ajouter le scandale des évadés de la prison de l’Arcahaie, illustrant que le pays n’est pas dirigé. Par-dessus le marché, il y a même de grandes dissensions au sein du régime en place. Alors, que faire face à cette grave situation aussi lourde de dangers ? Quel objectif prioritaire à atteindre de façon à sortir le pays de la grave crise structurelle dans laquelle il se débat depuis le parricide du Pont Rouge ? Face à tant de douloureux aléas, l’heure nous oblige, la force des choses aidant, à nous débarrasser de ce mal qui parait avoir bien possédé bon nombre de grands commis de l’Etat haïtien et qui a pour nom corruption. N’est-il pas urgent de rompre avec le passé, de mettre un point final aux dérives discréditées d’antan de façon à éliminer sans pitié les fantoches, les mercenaires, les forces impies, les agents de malheur de tout acabit et de dire holà à certaines pratiques erronées et vermoulues qui ne font qu’encourager et entretenir directement les formes les plus corrompues de pouvoir et d’exploitation des masses populaires ? La réalité du pays devient cruauté quand l’Etat haïtien reste impuissant pour ne pas dire complètement passif et même indifférent face aux victimes de Matthew ; comportement qui démontre nettement comment la volonté du peuple et sa dignité se perdent dans la cruelle indifférence des politiciens ; alors qu’ils prétendent toujours et pompeusement être à son service. Ces pratiques de façade, en trompe-l’œil, comme distribuer de la nourriture, des planches et des tôles aux victimes, ne nous surprennent pas. On y est même habitué. Nous en avons déjà vu bien d’autres. Elles illustrent davantage la nette démission de toujours de l’Etat haïtien et son manque de vision de construire quelque chose de solide pour parer à la prochaine mauvaise saison. En effet, les cris de détresse et de ras-le-bol qui s’élèvent de partout dans les communes, les villes, les départements, ne devraient-ils pas être un catalyseur pour une véritable épuration des pratiques m’enfoutistes délétères, de façon à amorcer une sorte de grand bond en avant ? Un véritable élan vers un avenir positif n’est-il pas une obligation indispensable pour sortir le pays du marasme dans lequel l’ont plongé politiciens et affairistes de tous bords ? Nous voulons bien croire que le peuple et le pays passent avant tout. Mais à ce carrefour de tous les dangers, nul ne doute qu’aucun des candidats n’est capable d’apporter une réponse positive, concrète, à l’actuelle crise. Même parvenus au pouvoir, ils seront aussi mal pris que Privert. Ils pourraient faire même pire. Peut-on sortir de ce marasme ? Oui, nous le pouvons, à condition que nous ayons vraiment la volonté de vouloir et de savoir renforcer ou mettre l’accent sur les tâches d’organisation et d’encadrement, de défense et de sécurité du peuple et du pays. Il n’est pas trop tard pour nous mobiliser. Il est donc impérieux que toutes les forces saines du pays, particulièrement les forces progressistes s’unissent autour des victimes de sorte que nous arrivions à transformer nos faiblesses en force, nos malheurs en bonheur. L’essentiel est que nous sachions qu’il s’agit d’un combat commun contre l’ennemi des peuples. A l’heure qu’il est, le seul moyen pour nous d’en sortir est de cimenter nos forces en enterrant les haches de guerre dans le camp populaire et du changement. Bulletin d'Abonnement Prénom: ______________________ Adresse: ______________________ Ville: _________________________ Etat/Pays: ____________________ Zip Code/Code Postal: ___________ Tél: __________________________ E-mail: 2 _______________________ Haiti Liberté/Haitian Times Modalités de paiement Etats-Unis Première Classe $100 pour un an $50 pour six mois Montant : $ ___________ Chèque 3, 2ème Impasse Lavaud Port-au-Prince, Haiti Email : [email protected] Website : www.haitiliberte.com DIRECTEUR Berthony Dupont EDITEUR Dr. Frantz Latour RÉDACTION Berthony Dupont Wiener Kerns Fleurimond Kim Ives Fanfan Latour Guy Roumer CORRESPONDANTS EN HAITI Daniel Tercier Bissainthe Anneseau COLLABORATEURS Marie-Célie Agnant J. Fatal Piard Catherine Charlemagne Pierre L. Florestal Yves Camille Jacques Elie Leblanc Roger Leduc Joël Léon Claudel C. 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Par Catherine Charlemagne D écidément, en cette année 2016, les éléments s’acharnent sur Haïti et ses habitants. Deux semaines après le passage de l’ouragan dévastateur sur l’ensemble des départements du grand Sud (Sud-Est, Nippes, Sud et Grand’Anse), le sort continue de frapper le pays tout entier. Puisque l’Ouest et le Nord-Ouest ont été aussi sous des trombes d’eau causant partout inondation et désolation. Les autorités étatiques n’ont même pas encore terminé le décompte des victimes de l’une des plus grandes catastrophes qui ne soit jamais arrivé à la population de ces régions. Des endroits toujours coupés du monde. Des populations oubliées dans les recoins les plus reculés de la Grand’Anse, des Nippes et de la côte Sud. Des humanitaires locaux et internationaux sont toujours à pied d’œuvre pour porter secours à des centaines de milliers de sinistrés qui ont tout perdu. Même le soleil continue de faire ses caprices. A peine s’il commence timidement à poindre quelques rayons de lumière sans conviction sur cette région. Bref, l’effet de l’ouragan Matthew est toujours vivace dans la chair et l’esprit des populations attendant qu’on vienne les secourir dans le malheur qui les frappe depuis les premiers jours du mois d’octobre 2016.Pourtant, au lieu qu’arrive l’espoir d’une fin de détresse, voilà que ces mêmes populations et celles de la région métropolitaine de Port-au-Prince sont touchées maintenant par un déluge nous rappelant celui connu des temps immémoriaux sous le nom de Déluge de Dieu qui avait contraint Noé à se réfugier avec sa famille dans une Arche dite l’Arche de Noé. Durant trois jours et trois nuit sans interruption, la pluie tombait, tombait et tombait encore comme si parmi tous les pays de la région Caraïbe, Haïti et ses habitants ont une dote infinie à payer à la nature. Le département du Sud et particulièrement la ville des Cayes sont totalement submergées. L’unique hôpital public de la Cité s’est transformé en une réserve où toute l’eau de la ville s’engouffre avec pour conséquence la mort de plusieurs malades incapables de se déplacer. On évacue à même les chariots les plus affaiblis. Tout le monde s’y met. Les médecins, si soucieux de leur blouse blanche, font comme tous les brancardiers, ils emportent sur leurs épaules les malades pratiquement noyés sous des millimètres de cube d’eau. Transformé en un étang géant, l’hôpital des Cayes demande à être évacué. L’infatigable et proactif maire de la ville, l’ancien sénateur Jean Gabriel Fortuné, est sur tous les fronts. Corde en mains avec de l’eau jusqu’à la taille, il navigue, en tentant, comme il peut, de sauver des vies au cœur même de l’hôpital et au milieu de cet océan jaunâtre envahissant le moindre coin et recoin de cet endroit où en principe on donne la vie. En tout cas, on fait ce qu’il faut pour empêcher les gens de mourir prématurément. La troisième ville haïtienne est sous les eaux. Pas un endroit n’est épargné. Les habitants aux abois. Les autorités municipales sont débordées. Peu de moyens ou pas du tout. Elles se démènent comme des diables dans un bénitier pour aider, secourir, sauver si possible leurs administrés. A peine sortis de l’urgence absolue de l’ouragan Matthew, les voilà en première ligne pour faire face à cette inondation post-cyclonique prévisible comme toujours après le passage de chaque ouragan. La pagaille est généralisée dans le grand Sud. On touche le fond. Il faudra, cette fois-ci, une vraie évaluation des dégâts en matériels et en vie humaine. On parle de plus d’une trentaine de morts rien que pour les averses qui se sont abattues sur les mêmes départements déjà traumatisés par Matthew. Comme pour le cyclone, les départements des Nippes, Grand’Anse et Sud sont les plus détruits cette fois-ci par des inondations et les rivières quittant toutes leur lit pour grimper jusqu’au toit des maisons selon les zones. Quant aux autorités de l’Etat central, elles semblent, non, elles sont dépassées par ces deux cataclysmes arrivés quasiment en simultané. Déjà, le gouvernement a toutes les peines du monde à bien administrer les premières aides internationales destinées aux victimes de l’ouragan. En créole, il y a bien une expression disant « se met absè sou klou » en clair rajouter un mal dans le malheur. A Port-au-Prince, les autorités, et particulièrement le Président provisoire de la République, Jocelerme Privert, ne savent plus par où attaquer les problèmes qui s’abattent sur eux en tant que premiers responsables de la nation. Si le chef de l’Etat n’est pas impuissant face aux montagnes de responsabilité qui lui incombe, il fait montre d’avoir perdu plus ou moins le contrôle de la situation. Idem pour la quasi-totalité des villes du Nord-Ouest. Le Môle-Saint Nicolas, Baie-de-Henne, Port-de-Paix, Jean-Rabel, Bombardopolis ont subi l’onde tropicale qui a suivi l’ouragan. On ne compte plus les pertes. Les habitants de ces villes cherchant désespérément un endroit sec où mettre les pieds. Dans les Nippes, le fief électoral du Président Privert, ses compatriotes crient à l’abandon. Certains endroits ne voient toujours pas arriver la moindre ONG ou aides gouvernementales. Pourtant l’aide étrangère afflue de partout. La solidarité nationale et internationale se manifeste. L’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince est une ruche. Les rotations des avions cargos venus du monde entier sont une réalité. Sauf que les routes menant dans le Sud sont toujours impraticables. Quant aux pilleurs, ils ne facilitent point l’arrivée des convois humanitaires jusqu’à leur destination. Ils se font attaquer à chaque intersection des routes nationales et départementales plus ou moins réhabilitées avec l’aide de certains candidats à la présidence et les services du ministère des Travaux Publics. En plus de cela, le chef de l’Etat est attaqué sur sa gauche par les nationalistes haïtiens qui contestent la présence des soldats dominicains sur le territoire national. Ils ont eu gain de cause. Les Dominicains ont dû fuir au plus vite la terre d’Haïti. Privert est aussi attaqué sur sa droite par le Pouvoir judiciaire qui réclame son départ du Palais national prétextant qu’il occupe illégalement le Pouvoir exécutif depuis le 7 février 2016. Les six juges de la Cour de cassation, réunis dans une sorte d’agape politico-judiciaire, ne trouvent rien de moins à apporter comme soutien au pays dans cette période déjà troublée et inquiétante sur le plan social que de signer à l’unanimité une sorte de correspondance adressée au Président Privert lui demandant clairement à occuper le Pouvoir exécutif à sa place. Après le holà de l’ambassadeur américain Peter Mulrean en Haïti et quelques commentaires critiques de la plupart des sénateurs progouvernementaux, l’affaire s’est dégonflée comme un mauvais soufflé. Un coup d’épée dans l’eau, disent les uns. Une tentative de putsch pour les autres. Dans cette saga juridico-sociale immergée par les torrents de rivières en crue un peu partout dans l’Ouest et dans la presqu’ile du sud, il reste néanmoins la question cruciale des élections prévues pour le 20 novembre 2016. Quelles conséquences pour ces scrutins à venir ? Le moins que l’on puisse dire, le gouvernement Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Me Jules Cantave, président de la Cour de Cassation et surtout le Conseil Electoral Provisoire (CEP) sont dans de sales draps. Comment, en effet, dans une situation si alarmante aujourd’hui trouver en Haïti le bon timing entre la priorité qu’il faut donner pour sauver des vies menacées par toute sorte de calamités, catastrophes naturelles et famines dans une grande partie du territoire et l’organisation des joutes électorales dans cette même partie du pays ? C’est une question à un « sou » dont il serait intéressant de connaître la réponse. En fait, c’est ce qu’on appelle une problématique. Et pour cause. Les deux sont prioritaires. Mais comme en tout, il faut savoir prioriser ce qui est vraiment prioritaire. Ce casse-tête chinois doit trouver rapidement une réponse qui satisfasse tous les citoyens, tout au moins une majorité de la population. Bien sûr les élections restent le passage obligé pour retourner dans la légalité constitutionnelle avec un Président élu démocratiquement par les citoyens. Personne ou presque ne conteste aujourd’hui cette alternative. Elles deviennent même une sorte de catéchisme pour tous ceux qui croient dans la démocratie participative et citoyenne. Depuis des années, certains en Haïti ont payé de leur vie pour atteindre ce point de non retour de la démocratie dans ce pays. Ce concept est rentré dans les mœurs. C’est un fait. Qu’on soit riche ou pauvre, le suffrage universel en Haïti est devenu incontournable. D’ailleurs, si le Président provisoire, Jocelerme Privert, est toujours placé sous haute surveillance depuis le premier jour de son installation au Palais national, c’est justement parce qu’il n’avait pas été élu par la population. Son élection au second degré par le Corps législatif est considérée comme un cadeau fait par ses anciens camarades du Sénat de la République pour que le Pouvoir législatif ne fasse qu’un avec celui de l’exécutif. D’où la suspicion permanente qu’entretiennent certains concernant la présidence provisoire. Aujourd’hui encore, dans l’état inextricable que se trouvent les populations des départements de la péninsule du sud et du Nord-Ouest, une bonne partie du pays croit qu’il faut, coûte que coûte et ce, même si les gens devraient aller voter en barque, que les élections soient organisées avant la fin de l’année. Cet attachement presque charnel pour ces élections permettra, selon eux, un retour à l’ordre constitutionnel, c’est-à-dire ces scrutins garantiront à Haïti de revenir à un Président élu installé à la tête de l’Etat le 7 février 2017. Cet avis est partagé par plus d’un estimant que le gouvernement ne sera jamais fin prêt, s’il faut attendre la reconstruction de ces quatre départements avant d’organiser les scrutins. Ils prennent divers exemples, entre autres, le séisme de 2010. Ils se basent sur les réticences du pouvoir d’alors qui vou- lait profiter de la catastrophe pour proroger son mandat sans que les victimes ne bénéficient des retombées des aides humanitaires internationales. Les partisans des élections dans l’immédiat estiment que les scrutins de 2010, malgré les dérapages qu’on avait enregistrés, n’étaient pas pires que les précédents organisés dans des contextes beaucoup plus calmes et plus appropriés. Ces impondérables admettent néanmoins le fait que ces élections avaient été organisées trop vite, beaucoup de gens n’ont pas pu prendre part à ces joutes. Aussi, un nombre important de « zombis » avait réussi à se faufiler à travers les listes électorales afin de brouiller les résultats. Mais réalistes, ils évoquent aussi la participation en grand nombre de ces mêmes « morts vivants » lors des scrutins de 2015 par le fait que l’Etat, à travers ONI (Office National d’Identification), son organisme régulateur de Carte d’identité, n’est jamais en mesure de faire le ménage dans ses registres électoraux. Pour ceux qui souhaitent ardemment que les élections aient lieu comme annoncé par les autorités électorales, si l’on devrait attendre que tout soit au top, jamais le CEP et l’ONI ne pourront distribuer à chaque victime sa Carte électorale en l’espace de trois mois, voire dans une année ou deux tant l’Administration haïtienne est défaillante dans son organisation pour ne pas dire incapable de rendre service à la population en général. Pire, ils craignent que le pouvoir en place ne cherche qu’à s’incruster à la tête du pays sous prétexte de résoudre les problèmes des victimes. Alors, ils font monter la pression sur le Président Léopold Berlanger afin d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire rendre effectives les élections dès le 20 novembre. Quitte évidemment à laisser ceux qui ont perdu leur Carte électorale au bord de la route ou devant l’entrée des urnes de fortune qui seront installées sous des tentes comme l’a prévu le CEP. Mais dans toutes ces considérations préélectorales, il y a une vérité que personne ne doit oublier : Haïti est une et indivisible. Les dix départements géographiques du pays constituent l’ensemble du territoire haïtien. Il ne saurait avoir un traitement de faveur pour une partie des habitants pendant que l’autre partie végète dans la souffrance et le dénuement. Il n’y a qu’un Etat souverain, Haïti. Aucune institution, qu’elle soit constitutionnellement autonome ou pas dans son fonctionnement, ne pourrait écarter sous aucun prétexte une catégorie d’haïtiens de leurs droits civiques et citoyens. Que ce soit le Conseil Electoral Provisoire, Office National d’Identité ou Archives Nationales, ces institutions sont dans l’obligation de prendre en compte l’éloignement et l’impossibilité d’accès de ces populations avant de décider de quoi que ce soit qui pourrait constituer une exclusion en ce qui a trait à leur appartenance à la nation. On peut toujours comprendre l’inquiétude de certains pour le temps que cela prendra pour mettre en place les infrastructures nécessaires capables de faciliter l’installation de l’ensemble des matériels électoraux sensibles et non sensibles du CEP pour le bon déroulement des élections. Mais il faut aussi penser au double chagrin, à la double exclusion, voire au double traumatisme qu’une telle décision pourrait avoir sur les sinistrés psychologiquement. Attendre que la possibilité leur soit donnée pour qu’ils puissent exercer leur droit comme tout le monde à ces joutes électorales est aussi une forme de solidarité nationale et collective avec les populations de ces départements qui, aujourd’hui, manquent quasiment de tout. Ces gens ont besoin de réconfort et de compréhension pas de mépris et d’exclusion. Le CEP ne peut prendre des décisions tout juste pour faire plaisir ou accélérer l’arrivée au pouvoir de tel ou tel candidat à la présidence ou au Sénat de la République. Un Etat ne peut abandonner ses enfants au milieu du gué au moment même où ils ont le plus besoin de lui. Les habitants suite à la page(15) ROBERT LEARN A NEW LANGUAGE with RINCHER’S SYSTEM AUTO BODY Spanish ● English ● French ● Kreyòl Kits contain a BOOK and 2 or 3 CDs Price range: only $25 - $35 Write, call, email, or visit: Universal Book Store (formerly Rincher’s Book Store) 2716 Church Avenue, Brooklyn, NY 11226 718.282.4033 Email: [email protected] Quality Work • Great Price 45 Church Avenue (between Story & 35th Street) Brooklyn, NY 11218 718.435.1820 347.581.0448 cell Ask for Wilson Nou pale kreyòl! Haiti Liberté/Haitian Times 3 Évasion de prison à l’Arcahaie ! L’Onu accepte de dédommager les victimes du choléra ! De gauche à droite, un policier en uniforme et un autre civil conversant avec le ministre de la justice, Me Camille Edouard Junior et à sa droite le ministre des Affaires étrangères Pierrot Delienne Capture d’un jeune évadé Par Marie Laurette Numa Des patients présentant des symptômes du choléra, le 22 octobre 2016 en Haïti C omment peut-on expliquer que les grandes prisons du pays font toujours l’objet d’une évasion comme c’était le cas à la Croix des Bouquets, le 11 août 2014, lors de l’évasion du Chef de Gang Clifford Brandt et de 200 prisonniers qui avaient pris la poudre d’escampette, puis tout récemment à l’Arcahaie, le samedi 22 octobre 2016, quand 172 détenus ont pris la clef des champs ? Selon ce qu’a rapporté l’inspecteur divisionnaire Heurtelou Paul Colson, responsable de la prison, ce centre contenait en tout 266 prisonniers. Il arrive que seulement 94 n’ont pas eu le temps de s’enfuir. Mais la question à se poser est celle-ci : à qui profite réellement ce crime. On rapporte qu’il y a eu 2 morts lors de cet incident : un prisonnier, Romero Wood, qui a fait une chute mortelle, et un policier, agent 3 Fritz Gérald Canéus qui a été luimême tué par balle. Deux autres policiers en sont sortis victimes : l’un, Dérilus Jean Andressaint, et l’autre Alexandre Néré, lequel a simplement eu une fracture de la jambe. A la suite de cet incident, plusieurs membres du gouvernement ont accouru sur les lieux : le ministre de la justice, Me Camille Edouard Junior , de l’Intérieur François Annick Joseph, des Affaires étrangères Pierrot Delienne et l’inspecteur général en chef de la PNH, Ralph Stanley Jean Brice. Pour donner un semblant d’explication afin de cacher la faiblesse de nos institutions carcérales et la négligence de l’Etat haïtien, une histoire à dormir debout nous a été racontée, alors que c’était un complot PAUL J. 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C’est la même situation qui avait eu lieu à la Croix des Bouquets, à savoir que jusqu’à nos jours on n’a jamais eu le nom de tous les évadés de cette prison en 2014. N’en soyons pas étonnés. Ce sera encore la même histoire puisque ni le gérant de cette prison, ni le ministre de la Justice ne peut donner les noms des principaux prisonniers évadés. Quelle profonde et grave négligence administrative ! Tout cet embarras reflète l’irresponsabilité de nos dirigeants au pouvoir. Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique que dirige Me Camille Edouard Junior a condamné avec la plus grande rigueur Haiti Liberté/Haitian Times cette évasion de la prison civile de l’Arcahaie, nuisance potentielle à la paix et à la sécurité publique. Le Bureau du Sénat de la République dans une note signée par le président du Bureau du Sénat, Me Ronald Larèche, n’a fait que condamner également . Il n’a même pas trouvé nécessaire d’inviter le ministre de la Justice pour lui poser des questions à ce sujet. Il a tout simplement indiqué à la fin d’une note ad hoc : « il est demandé à la Commission Justice et Sécurité du Sénat de diligenter une enquête célère en vue d’éclairer la lanterne de l’Assemblée des Sénateurs sur la véracité des faits » Cette enquête se poursuivra dans les tiroirs de l’oubli, dans quelques semaines, comme celle de 2014 sous le gouvernement de Martelly/Lamothe. Pour la parade et aussi pour créer l’impression que la PNH fait du «bon travail», on nous sort une accusation aussi risible que nulle : « Un policier qui travaillait samedi est actuellement en isolement car il est suspecté » d’avoir contribué à cette évasion. A quand la prochaine évasion ? A l’occasion du sixième anniversaire de l’introduction de l’épidémie du choléra en Haïti, le 23 octobre 2016, et à deux mois de la fin du terme de Ban-ki-moon, les Nations unies, par une volte-face spectaculaire et inattendue, ont finalement plié l’échine pour accepter de dédommager les victimes de l’épidémie du choléra à hauteur de 400 millions de dollars (environ 200 millions de dollars seraient destinés à compenser les familles et les communautés qui ont été les plus touchées, à titre d’« aide matérielle ». Les autres 200 millions seraient pour aider en quelque sorte à payer le coût de l’éradication du choléra et l’amélioration de l’assainissement). Rappelons que Banki-moon sera remplacé par l’ancien premier ministre portugais Antonio Guterres, ancien chef de la mission de l’ONU pour les réfugiés. Il rentrera en fonction le premier janvier 2017. Certes, c’est une victoire morale et matérielle. Mais l’argent n’étant pas encore remis au peuple haïtien particulièrement aux victimes et à leurs familles, il nous faut rester vigilants jusqu’à la victoire finale, totale. Par ailleurs dans le cadre du cyclone Matthew qui a dévasté certains départements du pays, l’ONU a déjà lancé un appel à l’aide à hauteur de 120 millions de dollars en faveur d’Haiti, a annoncé le Secrétaire Général sortant de l’Organisation des Nations Unies (ONU) Ban Ki Moon qui a été, samedi dernier, en Haïti en visite de solidarité auprès des personnes frappées par l’Ouragan « Matthew ». Durant sa visite de quelques heures, il a eu le temps de survoler la ville des Cayes, l’un des endroits les plus touchés par la catastrophe avant de s’entretenir avec les personnes sinistrées. L’Union Européenne pour sa part a mobilisé 1 million 750 mille euros à travers le programme d’aide humanitaire ECHO, a fait savoir l’Ambassadeur de l’Union Européenne (UE) en Haïti, Vincent Dégert sans oublier les contributions de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne s’élevant respectivement à 6 et 2 millions d’euros. Dans le cadre des activités post Matthew, le présidaient provisoire, l’ex-sénateur Jocelerme Privert, accom- pagné de son ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et du sénateur François Annick Joseph dont le mandat arrivera à son terme le 7 février prochain, a rencontré au Palais national le vendredi 21 octobre, les maires, les délégués et vice-délégués des zones sinistrées par l’ouragan Matthew de façon à mettre en place un meilleur système de gestion de l’aide humanitaire aux principales victimes . Les 20 et 21 octobre des inondations et des éboulements ont été enregistrés à Anse-rouge, dans l’Artibonite, à Anseà-Veau, Arnaud, Baradères et l’Asile, dans les Nippes, suite à des pluies diluviennes qui ont inondé plusieurs départements. Outre les nombreuses pertes en vie humaines et des dégâts matériels survenus lors du passage de l’ouragan à échelle quatre, cette pluie a ellemême apporté son lot de cadavres, cette fois-ci dans le département du NordOuest ; soit 5 morts et une personne encore disparue dans la localité de suite à la page(14) Menez Jean-Jerome Jerome Realty HUD Home Sales Immigration-Divorce 4512 Church Avenue Brooklyn, NY 11203 Nou pale kreyòl! (718) 462-2600 (914) 643-1226 cell Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Twa Fèy, Twa Rasin O! Dans les bras de la misère Par Fanfan la Tulipe L a catastrophe cyclonique qui s’est abattue sur la péninsule du Sud (largement et brutalement dévastée par la violence climatique) a fait remonter dans ma mémoire le souvenir d’un autre drame qui n’a rien d’ouraganesque, un drame humain poignant qui ouvre une pénible fenêtre sur de dures réalités sociales malheureusement encore en cours au pays. Du coup aussi, je m’accorde une pause, me tenant, momentanément, à l’écart de la politicaillerie et de la politichiennerie toujours en plume de paon en Haïti. Les faits que je rapporte, je les tiens de ma défunte mère qui en parlait à l’occasion. Le drame lui-même a pris place à Jérémie dans les années 1930. Le voici. Ti Mari (c’était peut-être son nom) était fille des mauvaises saisons aussi bien climatiques que politiques qui s’abattaient et s’abattent encore, malheureusement, sur ce pays d’Haïti Thomas depuis les temps maudits de l’esclavage. Elle était fille du «pays en dehors», là où beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école. Elle était fille des maigres lopins de terre plantés de manioc et de pois congo. Elle était fille des mornes, née dans les bras de la misère, marquée par le destin, née pour devenir une petite bonne, bonne à tout faire, bonne à travail- ler sans répit, du matin au soir, restavèk au service des bonnes gens de la ville. Elle était donc née dans les bras de la misère, dans une famille de dix enfants dont elle était l’aînée. Quand elle eut douze ans, et parce qu’elle était née fille des mornes, fille du pays en dehors, fille de la misère, parce qu’elle était une bouche de trop à nourrir, elle fut emmenée par ses parents à Jérémie, chef-lieu de la Grande Anse, ville de poètes caressée par les effluves marins. Elle fut laissée «aux bons soins» d’une famille bien nantie, bien lotie, une famille de gens de bien. Là où l’on parle français pour bien se distinguer de la «canaille» créolophone. Là où on cultive les bonnes manières et la bienséance. Là où l’on respecte l’ordre établi et les bonnes manières. Là où la suffisance des uns ne le cède en rien à la stupidité des autres. Dans cette famille de gens de bien, le père était militaire, un de ces nombreux bons à rien galonnés, bottés, guêtrés, aiguillettés, chamarrés, guindés, bien amidonnés dans leur uniforme kaki. Tous, créatures d’une dite Armée d’Haïti léguée par l’occupation américaine de 1915 pour gérer les intérêts du grand capital cinquante-étoilé. On pouvait compter sur les doigts de la main ceux d’entre eux qui étaient vraiment instruits. Ils étaient rares ceux-là qu’on pouvait considérer comme des intellectuels. Ils se distinguaient d’ail- Une fillette des mornes du pays en dehors, accablée de fatigue et tenaillée par la faim leurs nettement par leur entregent, leurs belles manières, du reste de cette grande horde vêtue d’uniformes kaki. L’épouse de ce militaire était aussi superficielle et fade que pouvait l’être son mari. Se croyant née de la cuisse de Jupiter, fréquentant le beau monde jérémien, ne sachant rien faire de ses dix doigts ou presque, mère de deux «jolis poupons», femme d’un «bel officier», proche des oligarques terriens, rate d’église pour bien mériter de l’amitié et des faveurs du curé et de l’évêque du lieu, madame qui ne tarissait pas d’amabilités pour le cercle de ses amis recélait pourtant un cœur de pierre. La fille du pays en dehors fut «prêtée» à cette famille bien qui n’avait jamais manqué de rien ; pour celle-ci, la domesticité rèstavèkante allait de soi, l’adolescente des mornes, cette enfant née au bord des chemins, dans les bras de la misère et du dénuement, ne pouvait rêver de lunes de tendresse, voire d’un foyer bien à elle et d’un firmament de bonheur. Et parce qu’elle était née fille des collines plantées de manioc, parce qu’elle n’avait pas droit au rêve, à ses étoiles de fantaisies d’enfant, elle devint une petite esclave, restavèk au service d’une famille de gens de bien prisonniers de préjugés tenaces, esclaves eux-mêmes d’un système barbare, rétrograde. Bonne à tout faire, elle devint celle qui faisait la cuisine, le ménage, la lessive et le repassage tout à la fois. Celle dont les rondeurs naissantes, les gestes lents des montagnes et le balancement rythmé des hanches avivaient la curiosité du maître de maison qui se faisait servir au gré de ses pulsions nocturnes, au hasard ébouriffant de ses caprices hormonaux. La fille des buissons de bayahondes du pays en dehors devint celle qui se lève très tôt le matin, à l’heure où le ciel à peine avait commencé sa cour à l’aube, à l’heure où la maisonnée se prélassait encore entre rêves et sommeil, à l’heure où les tintements de l’Angélus n’avaient pas encore salué la fin de la nuit, où les loups-garous – à ce que disaient et disent encore les esprits naïfs – faisaient leur dernière ronde malfaisante en quête de chair fraîche d’enfants. Elle devint donc celle qui se levait GET YOUR TAX REFUND FAST • Income Tax • Insurance (car, life, home, business) • Real Estate • Financial Consulting • Notary Public • Translations (from French, Creole, Spanish to English) • Typing (resume, flyers, invitations, papers, business letters) • Faxing (sending and receiving). Copying. • Electronic Filing Phone: 718.693.8229 Fax: 718.693.8269 1786 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226 (between Clarendon Rd & Avenue D) Chery’s Brokerage, Inc. 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Elle devait d’ailleurs être ponctuelle, car madame se réveillait avec le petit jour pour boire son café «pas très noir» et aller ensuite se prélasser dans ses appartements jusqu’à se sentir châtouillée par la caresse des premiers rayons du soleil, lorsque monsieur se faisait réveiller pour déguster son café «très noir», très chaud, avant un copieux déjeuner. Née dans les bras de la misère, la fille qui avait grandi à l’ombre de la misère dut affronter, dans cette famille de gens de bien, toutes les rigueurs liées à sa condition de restavèk. Travaillant de l’aube jusqu’à des heures avancées de la nuit, elle ne bénéficiait d’aucun répit, d’aucune pitié, d’aucune attention, voire de compassion. Elle n’avait pour tout univers que le dur labeur de tous les instants sans jamais pouvoir reprendre souffle. Entre le ménage des sept pièces de la maison, la cuisson des aliments, le balayage de la cour, les courses ici et là, la lessive du linge sale et le repassage tard la nuit, elle avait à peine le temps de se mettre quelque chose sous la dent. Encore fallait-il qu’elle attende de recevoir les restes du dîner. Souvent, elle allait dormir le ventre creux, se réveillait avant l’aube quand les petites tripes réglaient leurs comptes aux grosses tripes. Un certain jour, le militaire reçut en cadeau d’un chef de section un régime de figues-bananes. Tôt dans la soirée, la fille des mornes du pays en dehors, accablée de fatigue, tenaillée par la faim – car ce soir-là, il n’était rien resté du dîner – mangea un seul fruit dudit régime. Elle fut surprise par la maîtresse de maison ; celle-ci la traita de «voleuse», «ti grangou», «ti salòp» et lui infligea alors «une leçon». Tout en rigoisant durement son esclave, jusqu’au sang, elle força la fille des buissons de bayahondes à manger banane après banane, on ne sut jamais combien. De guerre lasse, la domestique perdit connaissance. La dame de bien qui se croyait sortie de la cuisse de Jupiter, celle qui était aussi superficielle et fade que pouvait l’être son mari, et qui fréquentait le beau monde de Jérémie, et qui faisait plaisir à monsieur le curé, alla se coucher satisfaite, apaisée, comblée, assouvie, réjouie, ravie, repue. Au lever du jour, il n’y eut pas de mijotement de l’eau sur le feu. Il n’y eut pas non plus l’odeur de montagne du café pour réveiller madame. Car la fille née dans les bras de la misère, bercée par la misère, la fille qui avait grandi sur les lopins plantés de manioc et de pois congo, la fille dont les rondeurs naissantes savaient chatouiller les sens du maître de la maison, la fille qui n’avait eu droit ni au rêve ni à des fantaisies d’adolescente, la fille du pays en dehors qui n’avait bénéficié d’aucun répit, d’aucune pitié, était morte dans les bras de sa misère de domestique, d’esclave, de restavèk; morte d’indigestion suraiguë, morte étouffée, avec de petits lambeaux de figue-banane qui lui sortaient par le nez et par la bouche. Elle avait les yeux encore ouverts, terriblement hagards et tristes, semblant implorer grâce face à une si ignominieuse barbarie. Ti Marie était donc née sur les collines plantées de pois congo, dans les bras de la misère. Et parce qu’elle était fille des mauvaises saisons aussi bien climatiques que politiques qui s’abattaient et s’abattent encore, malheureusement, sur notre terre d’Haïti Thomas depuis les temps cruels de l’esclavage, parce qu’elle était née marquée par le destin, parce qu’elle était une restavèk, l’Église ne lui fit pas d’enterrement. Le «bel officier» fut simplement muté à un autre poste. Et la dame bien trouva d’autres cercles de gens de bien, bouffis comme elle des mêmes préjugés. Elle trouva encore à son service une autre petite esclave, elle aussi née dans les bras de la misère… 22 octobre 2016 Haiti Liberté/Haitian Times 5 Kwonik Kreyòl 17 oktòb Yon delegasyon K.E.P a te vizite biwo Depatman Nip la! Lenous Suprice Ndlr. Se vre dat 17 oktòb la fenk pase, nou preske nan fen mwa a, men li pap janm pase. Se yon dat etènèl pou noumenm Ayisyen . Se sa k fè lò lachans fè n tonbe sou tèks «17 oktòb» sila, nou di nou pap kite l pase, fò l pibliye, paske lanmò Lanperè a chaje ak sinifikasyon, chaje ak leson. Se bon jan kozman sa yo, bon jan refleksyon sa yo Lenous Suprice pote pou nou nan atik sila. 17 oktòb : yon dat, de sinifikasyon pou chak Ayisyen, sitou sila yo move lavi ap pilonnen kèlkeswa kote yo ye sou latèbeni. Se dat yo te touye Lanprè, se dat tou yo chwazi pou selebre sa yo rele «Jounen entènasyonal pou lite kont lamizè». Kidonk de dat kè kase: youn, kote nou ta dwe goumen pou efase yon povrete moral epi, lòt la, kote n ap seye konbat yon povrete fizik… Lè yon moun kwè, di kou wòch, li dwe bati bilding richès li sou anplasman yon kolonn malere li fin plati, se mizè menm menm l ap kreye. Men, si moun sa a pran konsyans, si l rive fè lajistis tounen yon bijou l ap mete nan chak de bra pandye ki lage syè atè nan enterè li, gen espwa omwen yon moso nan pwasenkant lan ka koumanse tyoule kò l sou do malèrèz ak malere. Goumen kont povrete fizik sa a, se pa rete tann papa Leta, pè, pap, Bondye nan syèl, oubyen nenpòt ki lòt ankò, vin fè tout bagay nan plas nou: se travay pèsonèl nouchak, ann amoni ak tout sa ki vle kore nou, nan balize n ap balize teren difisil lavi a, pou fè jaden byen viv youn ak lòt la rive blayi danre l sou de ran kote nou demere. Pou konbat povrete fizik la, fòk nou ri selon fòm bouch nou : nou pa dwe ri kare, lè bouch nou won kou boul. Fòk nou sispann di : «Koze bèf pa koze kabrit», sinon sa p ap ka mache. Sinon, nou riske wè bèf zòt k ap manje bon zèb vèt douvan je kabrit nou ki rete, limenm, bèkèkè ak ti kras ki rete a, lè pi gwo bèt la fin byen mennen opwen l ap riminen, nan fè koken, kote l pase. Pou povrete moral la menm, depi ou anmezi poze keksyon sou kilès ki te touye Lanprè, ou deja sou wout pou wè se rayisman, yon manzè ki toujou koupe fache ak lanmou, ki refize osnon ki pa ka konprann ki jan bon vivasyon se yon koze ki penmèt anpil moun mache ansanm, san bri, san kont. Sou pwen sa a, nou pa bezwen pale twò long. An n kite silans Foto Desalin Pon Wouj refleksyon ankase ti bwa nan zòrèy konsyans nou, pou ajisman nou sa marande kòl ak yonsolidarite ki se va pi bon gid nou nan granchimen lavi a. Se pa viv n ap viv, lè se malè zòt ki fè bonè nou, lè se magouy ki se sèl fòs nou, menm lè nou gen yon chaplè demokrasi, tankou yon sipètisyon, n apwoule toutan, yon fetich nou pandye nan chak rakwen vwa nou, alòs nou pa menm kwè sa pwòp noumenm ap repete a… Yo pa rele sa viv, lè pouvwa se yon baton ki penmèt nou, non pa eskive kou, men, bimen moun ki oze, pou pi piti, poze n de twa keksyon oubyen di nou se twòp atò. Jan nou wè l la a, si n byen reflechi, nou ta dwe gen lakrentif pou konnen nou dwe konnen kouman mèt chen an, bò kote pa l, ap toujou ranje l pou pase n yon chitatann pou bat nou te bat chen li san gade dèyè. Nou deja wè, nan kout kat sa a, se sèk vyolans lan k ap kontinye louvri pi lajtoujou, olye solèy avansman rete klere sou detèminasyon nou pou yon alemye. Se pa bon vivasyon sa, lè nou deside pa patisipe nan sa ki konsène n, pou nenpòt ki pretèks, lè nou toujou la pou konstate se fòt yon lòt, se pa janm fòtnou, lè yon bagay rive. Zwazo nou fè pitit nan nenpòt ki nich paske ti zwazo, ti zwazo… se byen pòvvye zwezo : se sa n ap repete, tankou sila tan lontan yo, jouskaske gòj nou bouke. Men, lè nou pa ka kenbe eskanp zèl yo, nou di se fòt sistèm nan ki lese yo vole devandèyè, se fòt mal yo ki twò antchoutchout, se fòt femèl yo ki derefize manje grenn bwa gate sa nan tan flerezon, eks. An nou pran desizyon pou seye wè ki jan n ap fè bouche kèk tou nan kò bato nou, pou move dlo pa neye richès nouchak pote nan kòtòf nou, si RADIO SUD INTERNATIONALE Suivez tous les samedis "ca se dit cette semaine " SUR RSI DE 21H (3H-Haïti-USA) A 23H. www.radiosudinternationale.com reyèlman vre nou vle etenn anpil fòm pòvrete k ap woule kò yo de bò nan zekla je nou. An nou kontinye edike konsyans nou, pa manje ankenn manje ranje mouche Loubli pare pou mapotyo nou nan ladepandans. An nou pa kite pyès rara tentennad anpeche n tande vwa Lanprè k ap mande Chaloten nou kreye yon ti pasay pi nèf pou chwal monti libète ak dinite sou bitasyon an, tè eritay noutout la… Lenous Suprice ETI Reliable Income Tax Services Ernst Blanchard 25+ years of experience • Individual • Corporation • Self-Employed • Non-Profits • Partnerships • LLCs We Speak: English, Kreyòl, French, Spanish 327 E. 52nd Street (between Linden & Church) Brooklyn, NY 11203 718.922.2537 office 917.681.6531 cell [email protected] RADIO PA NOU 1685 Nostrand Avenue Brooklyn, NY 11226 67 Khz www.radyopanou.com Depuis 2002 • Nouvelles • Analyse • Publicité Fondateur: Jude Joseph RADIO FREQUENCE PARIS PLURIELLE , 106.3 FM, www.rfpp.net 6 Haiti Liberté/Haitian Times Bureau: (718) 940- 3861 Studio: (718) 701- 0220 • (718) 856- 8702 (718) 928- 7022 • (718) 462- 0992 (718) 469- 8511 Léopold Berlanger Anneseau Bissainthe Y on delegasyon ki te genyen 8 manm Konsèy Elektoral Provizwa ak kèk anplwaye enstitisyon sa a, te vizite biwo Depatman Nip la jou lendi 24 oktòb 2016 la. Objektif vizit sa a se pou te fè motivasyon epi ofri solidarite yo ak manm BEK, epi BED yo nan Depatman an, anmenmtan tou yo te pwofite fè evalysyon machin elektoral la nan Gran Did peyi a patikilyèman nan Depatman Nip la kote gen 45 sant vòt sou 84 ki andomaje pandan pasaj ouragan Matyou a. Prezidan Konsèy Elektoral la Léopold Berlanger mande tout pèsonèl aparèy elektoral nan Depatman Nip la pou yo fè tout jefò yo pou eleksyon an byen pase nan Depatman an, sitou “Gran sid lan plis nan Depatman Nip lan, pou nou manifeste volonte nou ak solidarite nou pou n sipòte depatman piske se tout pati nan peyi a ki pran kou, se nou tout ki pran kou, se pou nou fè solidarite, bay kolaboratè nou yo tankou pèsonèl ki nan BEK ak BED yo, gason kou fanm sipò, pou yo pèmèt eleksyon byen pase nan depatman an”. Manm Konsèy elektoral yo pandan vizit la te fè yon ti chita pale ak otorite lajistis nan Meri a ak lòt moun ki konsène nan eleksyon ki gen pou fèt jan yo di nan mwa Novanm k ap vini a. MULTIPLE Service Solutions Fritz Cherubin • Income Tax Preparation • Immigration Services • Translation of Documents (French, English, Spanish) • Divorce • Fax 1374 Flatbush Avenue Brooklyn NY 11210 718-421-6787 96.3 FM SCA LA DIFFERENCE AUTO SCHOOL www.radioomegasca.com LEARN TO DRIVE Former - Informer - Transformer Audio Now: 712 432 6353 Vladimir Petit-Frère, Journaliste Directeur Général 486 East 34th Street Brooklyn, N.Y 11203 [email protected] (561) 670 0122 Studios: 347 985 2028 347 985 2029 347 985 2030 Office: 347 985 2031 La Différence Auto School 836 Rogers Avenue (between Church Avenue & Erasmus Street) Brooklyn, NY 11226 Manager: Ernst Sevère Tel: 718-693-2817 Cell: 917-407-8201 Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Perspectives Haïti: La propagation du choléra et la quête de l’argent par l’ONU ! Par Dady Chery L es Nations Unies ont causé 10 000 décès et 700 000 infections de choléra après le tremblement de terre désastreux d’Haïti du 12 Janvier 2010. Dans ce contexte, c’est logique qu’une association continue avec l’ONU, après six ans d’inaction sur le choléra, suivie par les ravages de l’ouragan Matthew, ne pourrait qu’entraîner encore plus de décès. L’ancien Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, a survolé la ville des Cayes, au sud d’Haïti le samedi, 16 Octobre 2016. Il a ensuite visité un lycée où des réfugiés étaient abrités. Les matelas mouillés par l’ouragan Matthew étaient à peine secs quand M. Ban Ki-moon et ses associés commençaient à planifier le prolongement du mandat de l’ONU en Haïti. L’ONU devait partir de l’île dans six mois; ces six mois sont devenus une année. Maintenant que l’ONU a formé environ 16 000 policiers haïtiens, il n’y a plus besoin d’une force des Nations Unies. En dépit de tout cela, il y a une mine d’or dans le choléra et les élections truquées. Comme l’avait projeté le journaliste Kim Ives, le prétexte mis en avant par l›ONU est qu›elle devrait rester jusqu›à l›instauration du nouveau gouvernement haïtien. L›ouragan a forcé un délai jusqu›au 20 Novembre 2016 du premier tour des élections présidentielles et de certaines élections législatives. Ces élections remplacent les élections de 2015, qui étaient frauduleuses et financées principalement par les Etats-Unis à travers le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il y a deux mois, Ban Ki-moon commença à agir contrit pour avoir exacerbé les dégâts du tremblement de terre en affligeant Haïti du choléra. Avec son Envoyé Spécial de l’ONU, Bill Clinton, et la Secrétaire d’Etat améri- L’ancien Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, a survolé la ville des Cayes, au sud d’Haïti le samedi, 16 Octobre 2016 caine de l’époque, Hillary Clinton, Ban Ki-moon avait empêché un gouvernement légitime d’être élu et avait créé un fardeau pour l’infrastructure fragile d’Haïti avec des milliers de soldats de l’ONU venant de l’Asie du Sud-Est où le choléra est, par ailleurs, endémique. Ban Ki-moon a finalement reconnu à la mi-Août 2016, que les troupes népalaises avaient infecté Haïti et a attribué cette admission à un rapport du 8 Août d’un conseiller de l’ONU, Philip Alston, qui est professeur de droit à New York University. Ce volte-face abrupt, après des années de refus d’accepter la responsabilité de l’ONU pour le choléra, a été probablement causé, non pas par le rapport d’Alston, mais par mon article du 8 Janvier 2016. Cet article a informé le public que, tandis que l›ONU combattait avec succès deux procédures légales par des victimes haïtiennes du choléra, les troupes de l›ONU infectaient Haïti encore une fois, après 2012, avec des souches de choléra, cette fois ci en provenance du Bangladesh. Ayant suivi de près les études scientifiques sur le choléra, j›ai donné au public la nouvelle que l›équipe du Dr Andrew Camilli de l›Université Tufts avait découvert un virus appelé ICP2 chez des malades haïtiens. Ce virus avait accompagné des cholérae dans les excréments non traités des soldats du Bangladesh. Le premier groupe de ces soldats, une unité entièrement féminine, avait rejoint le contingent de police de l›ONU en Haïti en 2012. Le rapport d’Alston a également déclaré que l›assainissement sur les bases de l›ONU en Haïti était resté inacceptable bien après 2010. À mon avis, l›article de l’AP sur ce rapport, publié dans le New York Times et prétendant critiquer l›ONU, n’était en fait qu’une préparation cynique de l›opinion publique pour la nouvelle que d›autres souches de choléra en provenance du Bangladesh existent en Haïti. A ce jour, les missions des Nations Unies ont infecté suite à la page(15) vivent dans des abris provisoires pour le moment. Bien de victimes par le fait d’avoir tout perdu ne veulent même pas se déplacer pour venir chercher de l’aide. Sur 23 hôtels seulement deux ont pu résister à la sauvagerie de l’ouragan et de la pluie. Cependant, nous exhortons l’Etat central à développer une stratégie d’emploi pour favoriser la recapitalisation de la population», a réclamé le maire principal de Port Salut, Monsieur Ménard. Après avoir pris congé du maire Ménard, un riverain Pierre Julio, a déploré les pertes énormes causées par le passage du cyclone Mathieu ainsi que les travaux déjà entrepris pour la réhabilitation des sites touristiques à commencer par la plage Pointe Sable. Selon lui, le travail est la meilleure façon de permettre à ce Port autrefois si prisé de renouer avec son Salut d’antan. « Au niveau de la 4ème section, à nan Douyon nous avons tout perdu. Nous n’avons même pas d’abri provisoire. Nous avons été obligés de nous loger dans la maison de l’ex Président Titid. Cependant, personne ne doit politiser l’aide dans un contexte de désastre ». Ainsi s’est-il exprimé. Continuant la visite à Port Salut bien avant de rebrousser chemin, la délégation a pu se rendre à l’évidence de l’ampleur des dégâts. La plage Pointe sable est complètement détruite. 85% des arbres jonchent encore le sol, le littoral est dévasté par la fureur des flots. Dans certains quartiers des paysans tentent de raccommoder les toits de leur maison dont les tôles ondulées se sont envolées. Dans des garages, des arbres dans leur chute vertigineuse ont abimé plusieurs voitures. Sur le chemin du retour, la caravane a fait une escale dans le bourg de Cavaillon où des tonnes de boue immonde encombraient l’entrée de l’église du Perpétuel qui n’a encore volé au Secours de cette bâtisse qui honore son nom. Port-salut la commune martyr ! Par J. Fatal Piard N ul n’est sans savoir que le cyclone Mathieu, au cours de son passage sur Haïti au tout début du mois d’octobre dernier après avoir dévasté la Martinique et la Jamaïque, a laissé des stigmates indélébiles. Cependant, incontestablement, les départements géographiques les plus touchés restent et demeurent le Sud, la Grande Anse, les Nippes et le Sud-Est. Les départements de l’Ouest, de l’Artibonite, du Nord et du Nord’ Ouest, dans une moindre mesure en ont aussi été affectés. Comme le stipule le vieil adage, diriger c’est avant tout prévoir. Bien avant cette situation catastrophique à laquelle se trouvent confrontées les populations victimes, les hauts responsables de l’Etat devraient anticiper en conséquence. Dans ce contexte de grandes adversités, toutes ces vaches à lait de ces tartuffes avides de matières sonnantes et trébuchantes commençaient à se lécher les babines. Cette situation qui s’apparente à celle du 12 janvier 2010 est la bienvenue pour les propriétaires d’ONG, de fondations et d’autres structures mafieuses. En effet, comme le monde entier a pu le constater, tous les maux de la boite de Pandore se sont abattus sur Haïti pendant ces 12 dernières années. Rappelons pour mémoire que depuis 2004, notre pays a eu le grand malheur de connaitre plusieurs catastrophes tant humaines que naturelles. Quelques mois seulement après que la gente GNB financée par l’internationale ait eu raison de la démocratie participative avec la matérialisation du coup d’Etat du 29 févier 2004 qui leur a permis d’obtenir des franchises douanières, le cyclone Jeanne s’est abattu sur la ville des Gonaïves. Jeanne a fait le plus grand bonheur de Youri Latortue et autres aigrefins notoires qui en ont profité pour faire fortune. De toute évidence, les défenseurs des droits humains fermaient les yeux sur les crimes et les massacres perpétués par la soldatesque onusienne dans les quartiers populaires. Cette démarche cynique faisait partie de la stratégie de dépopulation des classes dominantes et mise en œuvre par leurs sous-fifres des élites intellectuelles aliénées gonflées de discrimination indigeste. En outre les pêcheurs en eau trouble allaient voir leur prière exhausser avec le séisme du 12 janvier. Et, à la faveur de la CIRH détournée Une école détruite par Matthew à Port Salut par la famille Clinton elle est parvenue à faire l’acquisition de la majeure partie des terres arables du département du Centre. La manne découlant du cyclone Sandy a permis à Laurent Lamothe de devenir multi milliardaire en l’espace de quelques mois. Quand ce sont les riches qui volent, ils peuvent toujours compter sur la complicité agissante des instances qui en général comme Transparancy International feignent de dénoncer la corruption. Randonnée en enfer Depuis le passage du cyclone Mathieu, des nouvelles apocalyptiques arrivent des communes côtières des départements du Sud et de la Grande Anse. Mezanmi tande ak wè se de. Pour pouvoir nous rendre à l’évidence de l’ampleur de cette catastrophe, une délégation forte a laissé la capitale haïtienne au cours de la journée du jeudi 13 en cours à destination du département du Sud. Objectif : découvrir nous-mêmes le calvaire des populations affectées. Après avoir traversé les villes et communes où de fines gouttes de pluie perlaient des lauriers roses qui bordent la route nationale numéro deux, la longue caravane est enfin arrivée aux portes de la ville historique des trois frères Rigaud. Les cliquetis en staccatos des insectes troubadour animent cette nuit calme sous un ciel ponctué de cumulus grisâtres. Déjà à l’aube, les premières aiguilles aurifères giclent des interstices du morne Makaya. Il est temps d’aller rendre visites aux milliers de victimes. Le petit déjeuner terminé, cap sur Port Salut, cette commune autrefois célèbre pour ses magnifiques plages au sable fin. Juste après avoir traversé le pont métallique jeté sur la Ravine du sud, le panorama apocalyptique des ces vastes plaines dévastées vous donne une idée de cette indicible Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 fureur avec laquelle Mathieu s’est abattu sur le département du Sud. C’est pire que la ville syrienne d’Alep s’est promis d’hachurer avant son départ du pouvoir. Maisons entièrement ou partiellement détruites, pilonnes électriques renversés, cocotiers décapités, des branches d’arbres jonchant le sol, tel est le spectacle de désolation qui nous a accompagnés jusqu’à Port Salut. Les matelas, les chaises, les tonnes de vêtements et autres types de tissus étendus à l’entrée ou dans l’entourage des maisons laissent subodorer que les cordes de pluies étaient impitoyables et ont tout imbibé. La désolation était palpable sur le visage des riverains. En quelques endroits des ONG sont venus contempler cette misère infrahumaine que Mathieu vient d’aggraver. Moins de 45 minutes de routes bitumées nous ont emmenés jusque dans la cour avant de la Vice délégation de Port Salut. Là, le Maire principal Monsieur Wilsaint Menard racontait à la délégation les calvaires de la population de Port Salut. Ensuite le maire a fait état du nombre de morts évalués à trente neuf (39), autour de 20.000 maisons ont été soit endommagées soit détruites et plus de 180 familles vivent dans des abris provisoires. Pour ce qu’il s’agit des jardins dévastés et des têtes de bétails emportés, le bilan n’est pas encore établi. « Nous au niveau de l’administration communale de Port Salut, nous exigeons que l’aide respecte la dignité de la population. En outre, la mairie va interdire toute construction sur le littoral. Toutes les ONG qui désirent distribuer de l’aide doivent obligatoirement se référer à la Mairie. Dans toutes les sections communales beaucoup de familles ont tout perdu. Plus de 20.000 maisons endommagées, autour de 700 blessés, 180 familles De faux débats Des informations fiables font croire que la situation est pire dans d’autres communes telles Dame Marie, Coteaux, Roche à Bateau les Irois etc. Les réactionnaires impénitents s’amusent à de faux débats relatifs à l’aide des dominicains. Ce sont ces mêmes hypocrites qui se sont entendus avec les militaires dominicains pour les entrainer à venir assassiner les militants des quartiers populaires, juste pour plaire aux caprices de l’international. Et pourtant ils ne font que défendre leurs intérêts mesquins au détriment de la misère des victimes de Mathieu. RINCHER Director: Florence Comeau Translations Cheapest in Town Birth Certificate • Resume • Divorce/Marraige Certificates Universal Book Store Languages • Religious • Political • History • Educational Interlink Translation Services * Translations * Interpreters * Immigration Services * Resumé * Fax Send & Receive * Much more. Radio Optimum Mondiale English • French • Kreyòl • Spanish 826 Rogers Avenue Brooklyn, NY 11226 Tel: 718-363-1585 Advertising • Radios • Annonces • Nouvelles (718) 282-4033 Email: [email protected] 899 Franklin Avenue, Brooklyn, NY 11225 Haiti Liberté/Haitian Times 7 Perspectives Non à la militarisation de l’aide humanitaire en Haïti Le réchauffement climatique, un sujet vital pour Haïti Ndlr. Accidentellement, le texte qui suit a été publié dans nos colonnes la semaine dernière, amputé de la majorité des signatures. Nous nous en excusons auprès des signataires. Le voici tel qu’il était supposé paraître. Par Milo Milfort E n dépit du retrait des troupes dominicaines d’Haïti annoncé par voie de presse, nous tenons à exprimer notre indignation sans bornes lorsque nous avons appris, le 13 octobre 2016, que des soldats dominicains avaient été déployés en Haïti sous prétexte de protéger des convois d’aide humanitaire en provenance de la République dominicaine. Ceux et celles qui ne partagent pas ou ne comprennent pas notre légitime colère devant cet inacceptable état de fait ne savent pas ou ignorent peut-être délibérément qu’en 1937 près de 30 000 haïtiens ont été massacrés par des soldats dominicains sous l’ordre du gouvernement dominicain alors engagé dans une campagne de haine et d’épuration ethnique visant les ressortissants haïtiens sur son territoire. Rappelons que tout récemment, le 23 septembre 2013, la République dominicaine a retiré rétroactivement la nationalité dominicaine à un quart de million de Dominicains d’origine haïtienne nés en République dominicaine. Cela, en violation de la constitution dominicaine qui reconnaît le principe de non rétroactivité de la loi et malgré le fait que la République dominicaine soit signataire de la convention de l’ONU sur la réduction de l’apatridie. Pour ce qui est du gouvernement haïtien qui, selon ce qui a été rapporté, aurait donné son accord à l’entrée des troupes dominicaines en Haïti, rappelons qu’il s’agit d’un gouvernement provisoire non élu dont le mandat est réduit et limité et qui selon la constitution haïtienne ne peut prendre la décision d’accorder, ne serait-ce qu’à un seul soldat de l’armée dominicaine ou d’une quelconque autre force étrangère, le droit de fouler le sol haïtien. Soyons bien clairs, contrairement à ce qu’a osé affirmer un représentant de l’ambassade dominicaine en Haïti, ceux et celles qui dénoncent la présence militaire dominicaine en Haïti ne sont pas des gens incapables de reconnaître les vrais gestes d’amitié. Nous croyons simplement que lorsque des amis tendent la main pour aider, ils ne devraient pas tenir dans l’autre un fusil. Sur ce point, nous conseillons à l’ambassade dominicaine de prendre exemple sur Cuba et sur le Venezuela qui ont respectivement dépêché des médecins et fait parvenir plus de 700 tonnes d’aide de première nécessité en Haïti sans procéder à un déploiement militaire à l’intérieur du pays. Dans ce même ordre d’idée, il serait aussi temps qu’un examen de conscience soit effectué par le gouvernement étasunien qui a occupé Haïti de 1915 à 1934 et qui, depuis le séisme de 2010, est localement et internationalement critiqué pour sa contreproductive et incessante propension à militariser l’aide qu’elle destine à la première République noire libre du monde. Il faut l’affirmer haut et fort : la présence de troupes militaires étrangères en terre haïtienne n’est nullement nécessaire à la distribution de l’aide humanitaire. Nous considérons que, même temporaire, l’intervention militaire dominicaine en Haïti est d’autant plus absurde et condamnable qu’une mission militaire onusienne se trouve déjà depuis plus de douze ans sur le territoire haïtien et que sa présence dans le pays vient d’être prolongée pour six mois, malgré les controverses entourant son bilan. Qu’est-ce qui peut justifier que des soldats dominicains, étasuniens, français ou provenant d’autres pays membres de l’ONU aient à intervenir pour protéger des convois humanitaires 8 alors que les casques bleus, présents en Haïti, ne le font pas? Les autorités haïtiennes qui ont permis l’intervention militaire dominicaine ont-elles oublié que c’est à partir d’une base militaire de la Minustah que le choléra a été introduit en Haïti? Les autorités haïtiennes ont-elles oublié les meurtres et les viols dont se sont rendus coupables des soldats étrangers en Haïti? Ces nombreux et graves crimes commis impunément par des soldats ne sont-ils pas la preuve que militaire ne rime pas réellement avec humanitaire? L’échec lamentable des casques bleus en Haïti et le refus systématique de l’ONU de les retirer du pays, malgré un consensus grandissant demandant leur départ, sont une preuve de plus que ni l’armée dominicaine, ni la Minustah, ni l’armée étasunienne, ni aucune autre force étrangère ne sont habilitées à fournir l’aide dont la population haïtienne a besoin. Nous croyons que c’est faire preuve d’une grande violence et d’un profond mépris envers le peuple haïtien que de persister à militariser l’aide qui lui est destinée. Enfin, ceux et celles qui ont retenu les leçons de l’après-séisme savent qu’il est temps de mettre fin à l’ingérence étrangère en Haïti sous toutes ses formes. À ce jour, l’aide la plus solidaire et humaine reçue par Haïti a été fournie par ceux et celles qui sont solidaires de la lutte de libération du peuple haïtien. À l’heure où les budgets militaires mondiaux atteignent des degrés inégalés, nous unissons nos voix, sur la base des principes de droit international, de paix, d’éthique et de respect mutuel pour dire non à la militarisation de l’aide humanitaire, non au néocolonialisme, non au business de l’humanitaire et oui à la solidarité entre le peuple haïtien et les peuples du monde. Signataires du Collectif d’appui au Tribunal populaire haïtien contre l’occupation et la domination : Jennie-Laure Sully Frantz André Alain Saint-Victor Sandra Cadet Pascale Romain Ghisi Sérand Alain Philoctète Chantal Ismé Edenne Roc Walter Scott Ribet Thermogène. Signataires du Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’occupation d’Haïti : Renel Exentus Ricardo Gustave. Komite Pilotaj ak KowòdinasyonTribinal Popilè kont 100 lane dominasyon ak okipasyon Ayiti’’ (Comité de Pilotage et de Coordination du Tribunal Populaire contre les cent ans de domination et d’occupation d’Haiti) : Camille Charlmers Ernst Mathurin Québec Solidaire Amir Khadir AndrèsFontecilla Bureau des organisations de défense des droits humains Me Jacceus Joseph SendikaTravayè AnseyanInivèsiteAyiti’ (Syndicat des travailleurs et enseignants universitaires d’Haïti) James Darbouze Ayiti Djanm Jean-Yves Blot Ollery Saint Louis Forum politique des socioprofessionnels progressistes d’Haïti Jean Wily Belfleur Haiti Liberté/Haitian Times H aïti fait partie des trois pays les plus vulnérables au changement climatique de la planète. Ce, en raison du manque d’acteurs étatiques proactifs dans la protection de l’environnement et de mérite des acteurs de la société civile concernés, qui conscientisent, sensibilisent et informent la population sur les enjeux des effets du changement climatique et leurs conséquences sur le quotidien. « Le sujet est vital et capital au vu des récentes catastrophes subies par notre cher Haïti, suite au passage de l’Ouragan Matthew. Vous avez tous vu les images bouleversantes qui circulaient à tour de bras sur les réseaux sociaux. L’heure est grave ! », a fait savoir Patrick St- Pré, le coordinateur de l’Association pour le climat l’environnement et le développement durable (ACLEDD). Ainsi, le changement climatique qui se veut être l’affaire de tout le monde, s’est imposé en tant que sujet d’actualité. A en croire l’organisation des nations-unies pour l’Education la Science et la Culture (UNESCO), il est lié aux questions de développement économique, technologique et démographique. Cette problématique constitue l’un des plus grands défis auxquels est actuellement confrontée l’humanité́. Selon le journaliste spécialisé en Environnement et changement climatique, il n’est pas simple de changer les comportements de masse en raison d’un ensemble de facteurs qui sont entre autres les valeurs, les croyances, les normes sociales, les pratiques et gouvernances politiques. « Cela nécessite le recours à des règlements ou des incitatifs fiscaux agressifs comme des taxes et des péages qui sont généralement fort impopulaires », nuance-t-il, reconnaissant que les changements de comportements nécessaires pour opérer une réduction significative des GES ne se produiront que si l’on peut compter sur des efforts soutenus en matière d’infor- Ayiti Leve George Noël Forum Économique International des Noirs KerlandeMibel Femmes de diverses origines (FDOWDO) Ligue internationale de lutte des peuples Mouvement contre l’inceste et le viol (MCVI) Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) Centre des Travailleurs/Travailleuses Immigrants -Association des Travailleurs/Travailleuses Temporaires d’Agences de Placement (CTI-ATTAP) Front féministe prolétarien révolutionnaire Individu.e.s Abby Lippman Amelia Moreno Suarez AnouchehMachouf Benita Apollon Bruno Conrad Caton Diane Matte ElahéChokraie Emily Drysdale Emmanuel Brice Geneviève Szczepanik GiulianaFumagalli Inti Barrios Sara Santillan Janet Lumb Jasmin de la Calzada Joanne Sherwood Jose Bruno Josette Jean-Pierre Rousseau Maguy Métellus Malcolm Guy Haïti, lors du passage de Sandy en octobre 2012 mation, de sensibilisation et d’éducation du public et des décideurs. Dans ce contexte, « une partie du travail du journaliste environnemental consisterait notamment à évaluer les accords internationaux en fonction de leur impact sur l’environnement, l’atmosphère et vérifier les effets néfastes sur le climat », a insisté Patrick St-Pré, qui intervenait au lancement d’un atelier de formation tenu le 15 octobre dernier, faisant partie d’un projet phare et ambitieux, consistant à réaliser 15 reportages sur les effets du changement climatique et de la dégradation environnementale en Haïti. Entre autres thématiques seront traités : la dégradation des forêts de mangroves, la déforestation des forêts, le brûlage des déchets, la pollution de la baie de Port-au-Prince, la coupe des arbres des versants de Trou-du-Nord, la déforestation du Parc Macaya et ses conséquences sur le grand Sud, la gestion des déchets dans la zone métropolitaine, l’accès à l’eau dans le Sudest, l’assèchement des sources d’eau à Pétion-Ville. « Les projets de reportage et de communication de masse que nous aurons à mener s’inscriront dans la lutte contre la dégradation de l’environnement, les effets néfastes du changement climatique sur l’environnement, et dans la promotion des actions favorisant un développement durable en Haïti. En effet, Haïti est de par sa situation physiographique, lithologique et climatologique un pays fragile », a expliqué Monsieur St-Pré. Ce projet fait son apparition à un moment où les sujets liés au réchauffement climatique de la planète sont peu présents dans les médias haïtiens, constate-t-on. « Le changement climatique est une crise mondiale, mais de nombreux publics ont du mal à comprendre son importance, surtout s’ils ne voient pas ses effets dans leur communauté locale. Par conséquent, il est important que les journalistes de l’environnement réduisent la portée de leur couverture des changements climatiques et se concentrent sur des histoires locales », poursuit St-Pré. Il croit que pour réduire les émissions de GES de manière significative, il faut engager une véritable révolution de notre mode de vie ; ce qui implique d’importants changements de comportements : se déplacer autrement, modifier les pratiques d’urbanisme, concevoir des bâtiments moins énergivores, produire plus efficacement, faire des choix de consommation responsable, etc. L’ACLEDD a pris naissance dans le sillage de la COP21 et de la signature de l’Accord de Paris. Elle est une association qui vise à favoriser, diffuser et réaliser des initiatives susceptibles de promouvoir et de valoriser la protection de l’environnement et la sensibilisation aux effets du changement climatique en Haïti. Marie Boti Marie-EveMarleau Marie-Josée Gensse Marlène Rateau Monique Manigat Monique Rocheleau Nima Machouf Patrick Stephenson Rachel Philippe-Auguste Rebert Ismaël Rita Acosta Sabine Michaud Shahrzad Arshadi Shanie Roy Stéphane Alix Turenne Joseph Valery Dantica Vélina Elysee Charlier Viviana Medina Yolette Andrée François Jeanty JETCO Shipping ● Boxes, Barrels, Containers ● Cheapest Rates & Best Service ● Door to Door Service to All 10 Haitian Departments ● Shipping within 6 Weeks Etienne Victorin 963 Rogers Avenue Brooklyn, NY 11226 Office: 718.856.2500 Cell: 347.998.7112 Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 This Week in Haiti Haiti’s Clinton Problem During his term, Bill Clinton used violent and underhanded tactics to promote U.S. interests in Haiti. By Nathan J. Robinson President Bill Clinton with President Jean-Bertrand Aristide in Haiti on Oct. 15, 1994. “Returning Aristide to power was conditional on his agreeing to an austerity and privatization program.” sorely misunderstood.” Clinton maintained that “people who didn’t qualify as refugees still shouldn’t be here,” and the Haitians were fleeing for “economic” rather than “political” reasons, and thus didn’t qualify as refugees. This was news to the Haitians, who had thought they were fleeing political violence. It also angered human rights advocates, who had believed Clinton’s word that he would end the Bush policy. The head of the National Coalition for Haitian Refugees emphasized that “[t]he policy violates the most basic tenet of refugee protection. People at least deserve to be heard to demonstrate a fear of persecution before they are returned.” The reversal also alienated black Democrats, who had relied on Clinton to show more respect for the rights of poor black refugees than Bush had. Kweisi Mfume, then head of the Congressional Black Caucus, later recounted his anger at Clinton over the blatant abandonment of his promise: “Black people all across this country gravitated to Clinton’s message because he was moving beyond Bush’s inhumane policy, which turned a blind eye to conditions in Haiti — men being tortured and maimed, women being raped, and the bodies of children found washed up on the shore. Yet in Clinton’s first week in office, he announced he would continue to maintain the Bush policy of repatriation, mumbling some kind of poor excuse for his decision.” Mfume said that in his opinion, “Clinton could not have done such a thing without taking the black vote and the Caucus for granted.” The reasons for Clinton’s change of mind were never made public, but the New York Times suggested one explanation, reporting that “[m]embers of Mr. Clinton’s foreign-policy team have expressed concern that celebrations surrounding Mr. Clinton’s inauguration, which will be widely televised, will be marred by news footage of Haitian boat people drowning . . .” Naturally, who would wish to see such celebrations marred? The forced repatriation policy was not the only way in which the United States violated the Haitians’ rights, however. As disagreements over the refugees’ status had gone through the courts, the Bush administration had begun a policy of storing refugees awaiting transfer at the Guantanamo naval base in Cuba. Because Guantanamo was not U.S. soil, detaining people was thought to avoid the triggering of legal procedural protections that may have been granted to those who were actually being held in the country. Bill Clinton continued the Bush policy of keeping refugees at Guantanamo indefinitely. But Clinton introduced a new policy as well: testing the Haitians for HIV, and segregating those Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 UN Photo/Logan Abassi resident Jean-Bertrand Aristide’s election in 1990 had been seen as an encouraging harbinger of a new relatively more peaceful and democratic era in Haitian politics. Aristide was a liberation theologian and orphanage proprietor who had spent years preaching about the well-being of the poor, sick, and hungry. After the country had survived multiple decades ruled by the Duvaliers père and fils (a pair of murderous grifters who financed their upscale dictator-chic lifestyles by trafficking in the body parts of dead Haitians), the frugal curate Aristide was a welcome relief. The peace did not last. Aristide was overthrown in a military coup d’etat the next year, and the country collapsed into disarray. The new military government swiftly introduced the usual program of arrests, tortures, and mysterious disappearances, with all opposition subject to terror and suppression. Faced with violence and economic collapse, hundreds of refugees began to flee the country in tiny boats, bound for U.S. shores. United States law allows political refugees to apply for asylum if they have a “well-founded fear” of political persecution, which plainly the Haitians did. But the George H. W. Bush administration refused to let the Haitians go through the asylum process. Instead, it followed a formal policy of simply dispatching the Coast Guard to scoop the fleeing Haitians from the water, then immediately sending them back to Haiti. The Bush policy was condemned by human rights groups; after all, the entire purpose of political asylum is to ensure that people are not being returned to countries where their lives are in danger, yet the U.S. government was openly sending thousands of Haitians back to a country where their lives were in danger. It was also seen as discriminatory, even racist; refugees from Cuba were routinely granted asylum, but Haitians were not. (Of nearly 25,000 Haitians interdicted by the United States from 1981–1991, only 11 were allowed into the country to be given asylum hearings.) The brazen inhumanity of the administration’s actions shocked many, and throughout his 1992 campaign, Bill Clinton had pledged unequivocally that he would end the policy immediately upon taking office, criticizing the practice as “cruel” and “immoral.” Clinton said that by contrast to Bush: “If I were president, I would — in the absence of clear and compelling evidence that they weren’t political refugees — give them temporary asylum until we restored the elected Government of Haiti.” The promise was an unusually forceful one for Clinton; it was markedly free of his usual qualifications and hedges. There was no real argument that the refugees were political. They were fleeing a military dictatorship. The granting of political asylum would also be within the president’s powers; there was no obvious legal impediment to his carrying out the promise. But shortly after being elected, before he had even taken office, Clinton reversed himself. In what the New York Times called a “bluntly worded” radio address, Clinton announced that: “The practice of returning those who flee Haiti by boat will continue, for the time being, after I become president . . . Those who leave Haiti by boat for the United States will be intercepted and returned to Haiti by the U.S. Coast Guard.” Asked about the switch, Clinton said his “campaign rhetoric had been Luke Frazza P who tested positive. In doing so, he created “the world’s first HIV detention camp.” Conditions in the HIV camp were horrific. The facility was a “leaky barracks with poor sanitation, surrounded by razor wire and guard towers,” and numerous detainees were housed in tents. Many of the refugees were gravely ill with AIDS, and the crowded facility was characterized by fear, squalor, and uncertainty. After being held for more than a year, some of the refugees began a hunger strike. (The military retaliated by putting the leader of the hunger strike in solitary confinement.) Communications home had to be smuggled out. As one refugee wrote in a letter to her family, “I have lost in the struggle for life . . . There is nothing left for me. Take care of my children, so they have strength to continue my struggle . . . I have lost hope. I am alone in my distress.” Another recalled: “We had been asking them to remove the barbed wire; the children were playing near it, they were falling and injuring themselves. The food they were serving us, including canned chicken, had maggots in it. And yet they insisted that we eat it. Because you’ve got no choice. And it was for these reasons that we started holding demonstrations. In response, they began to beat us. On July 18, they surrounded us, arrested some of us, and put us in prison, in Camp Number 7... Camp 7 was a little space on a hill. They put up a tent, but when it rained, you got wet. The sun came up, we were baking in it. We slept on the rocks; there were no beds. And each little space was separated by barbed wire. We couldn’t even turn around without being injured by the barbed wire.” In the tiny, cramped cells, “there was no privacy. Snakes would come in; we were lying on the ground and lizards were climbing over us. One of us was bitten by a scorpion... there were spiders. Bees were stinging the children, and there were flies everywhere: whenever you tried to eat something, flies would fly in your mouth.” The military doctors began giving women birth control without the women’s knowledge or consent. Yet at the same time the Clinton administration refused to provide the AIDS-infected refugees with lifesaving medical care, which almost certainly hastened their deaths. The U.S. military had recommended that the sickest refugees be airlifted to hospitals within the United States for treatment. But the administration, not wishing to let any of the Haitians onto U.S. soil, refused. As a result, there were “a huge number of unnecessary early deaths.” When asked why they were refusing to provide medical treatment, a spokesman for Clinton’s Immigration and Naturalization Service said bluntly: “They’re going to die anyway, aren’t they?” Eventually, after human rights lawyers filed suit, the federal courts stepped in to put a stop to Clinton’s actions. A federal judge called the treatment “outrageous, callous, and reprehensible” and criticized Clinton for imposing on refugees “the kind of indefinite detention usually reserved for spies and murderers ... The Haitians’ plight is a tragedy of immense proportion, and their continued detainment is totally unacceptable to this court.” Thanks to judicial intervention, then, the HIV camp was finally closed. But for some, the court order did not come soon enough. A detainee named Joel “died just days after he was freed from the camp, at the age of 26. For months, human rights attorneys had begged the Immigration and Naturalization Service (INS) to send Saintil and Haitians Don’t Realize How Vulnerable They Are to Climate Change A scene of Hurricane Matthew’s devastation in Aux Cayes. Climate change will bring stronger and more frequent storms to Haiti, where infrastructure and homes are fragile. By Milo Milford aiti is one of the nations most vulnerable to climate change on the planet. This is in large measure due to recent Haitian governments not taking proactive measures to protect the environment. Enlightened members of civil society also must inform, sensitize, and make conscious the larger Haitian public about the dangers of climate change and its impact on their daily lives. “The subject is vital and crucial in the light of recent disasters suffered by our beloved Haiti following the passage of Hurricane Matthew,” said Patrick St. Pré, the coordinator of the Association for Climate, Environment, and Sustainable Development (ACLEDD). “You all saw the shocking images that circulated with a vengeance on social networks. This is serious!” Climate change effects everyone, and, according to the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), it is one of the greatest challenges currently facing humanity, with an economic, technological, and demographic impact. According to a journalist specializing in environment and climate change, it is not easy to change mass behavior, which is influenced by beliefs, norms, practices, traditions, and governance policies. “This requires the use of regulations or aggressive fiscal incentives such as taxes and tolls which are generally very unpopular,” he said, recognizing that behavior change needed to make a significant green-house gas reduction will only occur if one can count on sustained efforts in terms of information, awareness, and education for the public and policy makers. In this context, “part of the work of an environmental journalist would be in particular to assess how international agreements impact the environment and atmosphere, and check harmful effects on the climate,” said Patrick St-Pré at a training workshop held on Oct. 15 as part of launching an ambitious project to produce 15 reports on the effects of climate change and environmental degradation in Haiti. Among other topics that will be addressed: the degradation of mangrove forests, deforestation, burning of waste, pollution of the bay of Portau-Prince, cutting trees on the slopes of Trou-du-Nord, the deforestation of the Macaya Park and its consequences on Haiti’s south, waste management in the metropolitan area, access to water in the Southeast, and the drying up of water sources in Pétion-Ville. “We must carry out projects of reporting and mass communication in this fight against environmental degradation, adverse effects of climate change on the environment, and promoting actions for sustainable development in Haiti,” said Mr. St-Pré. “Haiti is a fragile country, due to its climate, geology, and geographic location.” This project has emerged at a time when there is little discussion of global warming in the Haitian media. “Climate change is a global crisis, but many in the public have difficulty understanding its importance, especially if they do not see its effects in their local community,” said St-Pré. “Therefore, it is important that environmental journalists reduce the scope of their climate change coverage to focus on local stories.” He believes that to reduce greenhouse gas emissions significantly, it will require a revolution in our way of life, entailing significant behavioral changes. We must find new ways to travel, change urban practices, design more energy efficient buildings, produce more efficiently, make responsible consumption choices, etc.. The ACLEDD arose in the wake of the 2015 Paris Climate Conference (COP21) and the signing of the Paris Agreement. It is an association that aims to promote, disseminate, and implement initiatives that promote and enhance environmental protection and awareness of the effects of climate change in Haiti. other gravely ill Haitians for treatment in the United States, but the agency had refused until a federal district court judge ordered the sickest released. Saintil was flown to his father’s house in Florida, but it was already too late. He became one of the camp’s first casualties.” Even for the survivors, the nearly two years spent in Clinton’s detention camp had lasting psychological effects: “Annette Baptiste still cries when she thinks about what the United States did to her ten years ago on its Naval Base in Guantanamo, Cuba. Sitting in her Brooklyn apartment, she recalls how the United States detained her and 276 fellow Haitians in the Alcatraz of refugee camps, imprisoning them for some eighteen months simply because they, or their loved ones, had HIV. “I relive Guantanamo every day,” she says in Creole. “It’s all in my head.” Guantanamo is also in Pierre continued on p(14) H Haiti Liberté/Haitian Times 9 SYRIE : ENTRETIEN DU PRÉSIDENT AL-ASSAD AU QUOTIDIEN RUSSE KOMSOMOLSKAÏA PRAVDA ! votre poche et mettre sur la table à tout moment. Vous parlez donc de deux entités différentes, de deux idéologies différentes, de deux comportements différents, de deux approches différentes. Il est normal d’aboutir à ce conflit ; même s’il y a dialogue entre eux, ils ne sont pas sur la même page. Dr Bachar al-Assad, Président de la République arabe syrienne et la journaliste du quotidien russe Komsomolskaïa Pravda, Mme Darya Aslamova À de vraies questions, des réponses sincères, quoique douloureuses pour les Syriens et, sans doute, pour leur Président [NdT]. Mme Darya Aslamova : Merci beaucoup Monsieur le Président. C’est un grand bonheur pour moi, et je suis très fière. Je vais commencer par poser mes questions. Mme Darya Aslamova : La situation en Syrie est devenue plus dangereuse et moins prévisible. Pourquoi ? Parce que ce conflit attire désormais plus de participants et plus de joueurs. Par exemple, qui voyons-nous maintenant participer à cette guerre en Syrie ? L’Iran, le Liban - je veux dire le Hezbollah- la Russie, la Turquie, l’énorme coalition du côté des États-Unis, la Chine qui montre de l’intérêt. Avez-vous quelque inquiétude que ce conflit ne se transforme en une troisième guerre mondiale à moins qu’elle ne soit, peutêtre, déjà commencé ? Le Président Al-Assad : Parler de ce problème implique de parler du fond et de la source, et c’est le terrorisme. Peu importe qui intervient, le plus important est qui soutient ces terroristes quotidiennement et heure après heure. Tel est le principal problème. Si nous le résolvons, cette image compliquée que vous venez de décrire ne sera plus un gros problème, nous pouvons le résoudre. La question ne dépend donc pas du nombre de pays qui interfèrent actuellement, mais du nombre de pays qui soutiennent les terroristes, parce que les Russes, l’Iran et le Hezbollah sont des alliés qui sont venus ici légalement. Ils nous soutiennent contre les terroristes, tandis que les autres pays que vous avez cités soutiennent les terroristes. C’est là un premier point : c’est un problème de terrorisme et non un problème de nombre. Deuxièmement, concernant l’éventuelle « troisième guerre mondiale », terme dernièrement souvent utilisé, notamment depuis la récente escalade en Syrie, je dirais que ce que nous observons actuellement, et depuis quelques semaines ou peut-être quelques mois, est plus qu’une guerre froide et moins qu’une guerre totale. Je ne sais comment la qualifier, mais c’est quelque chose qui n’est pas née d’aujourd’hui, car je ne crois pas que l’Occident et, particulièrement, les ÉtatsUnis, aient mis fin à leur guerre froide, même après l’effondrement de l’Union soviétique. Mme Aslamova : Oui, elle se poursuit toujours. Le Président Al-Assad : Cet état de fait se déroule en plusieurs étapes, la Syrie étant l’une des étapes importantes. Vous assistez à plus d’escalades qu’auparavant, mais toute la question consiste à préserver l’hégémonie des Américains sur le monde entier, avec interdiction à quiconque d’être un partenaire sur la scène politique internationale, que ce soit la Russie ou leurs alliés en Occident. Donc, cela est l’essence même de ce que vous avez décrit comme une troisième guerre mondiale. C’est une guerre mondiale, mais ce n’est pas qu’une guerre militaire : une partie est militaire, une partie est le terrorisme 10 et en rapport avec la sécurité, une autre partie est politique. D’une certaine manière, vous avez donc raison, mais il ne s’agit pas seulement de la Syrie ; la Syrie fait partie de cette guerre. Mme Aslamova: Mais vous avez dit : la Syrie est devenue une étape de cette guerre. Pourquoi la Syrie ? Je veux dire, d’accord, vous êtes un grand pays, vous avez du pétrole, mais pas autant que l’Arabie Saoudite. Pourquoi exactement la Syrie ? Le Président Al-Assad : À cela, plusieurs aspects. Premièrement, si vous parlez du conflit régional, la Syrie a de bonnes relations avec l’Iran tandis que, pour diverses raisons, l’Arabie saoudite voulait sa destruction totale au niveau politique et, peut-être, au niveau matériel et factuel. Ils ont donc voulu que la Syrie s’en désolidarise et sinon, la détruire, parce que cela pourrait affecter l’Iran négativement. C’est ainsi que je le vois. Pour les Occidentaux, la Syrie et la Russie sont des alliés depuis des décennies et, là aussi, saper le positionnement syrien influerait négativement sur les Russes. Mais il y a autre chose en rapport avec le rôle historique de la Syrie, un rôle régional en tant que centre de la dynamique géopolitique au Moyen-Orient depuis des siècles. Par conséquent, ce rôle plus sa situation géographique sur la Méditerranée ont fait que bien avant la naissance du Christ, les Pharaons et les Hittites se sont battus pour la contrôler. De plus, étant socialement parlant située sur la ligne de faille entre les différentes cultures de la région, tout événement positif ou négatif qui la touche, affecte toute la région. Par conséquent, bien qu’il s’agisse d’un petit pays, contrôler la Syrie est très important pour contrôler le reste de la région. Deuxièmement, la Syrie est un pays indépendant, et l’Occident n’accepte pas les pays indépendants, que ce soit un petit pays comme la Syrie ou une grande puissance comme la Russie. Quel est leur problème avec la Russie ? Vous dites « oui » et « non », alors que vous devriez toujours dire « oui ». Voilà le problème avec l’Occident. Telle est ma réponse à votre question : « Pourquoi la Syrie ? ». Mme Aslamova : Certains médias occidentaux considèrent que la guerre en Syrie est devenue un conflit direct entre la Russie et les USA. Etesvous d’accord ? Le Président Al-Assad : Oui, pour une raison simple en rapport avec ce que j’ai commencé par dire à propos du terrorisme. La Russie a voulu combattre le terrorisme non seulement pour elle-même, ou pour la Syrie, mais aussi pour le reste de la région, pour l’Europe et le reste du Monde. Les Russes comprennent ce que signifie la propagation du terrorisme, tandis que les ÉtatsUnis, depuis l’Afghanistan au début des années quatre-vingt et jusqu’à ce jour, pensent : « Le terrorisme est une carte que nous pouvons jouer, une carte que nous pouvons mettre sur la table ». Mme Aslamova : Oui. Le Président Al-Assad : Une carte que vous pouvez garder dans Haiti Liberté/Haitian Times Mme Aslamova: Nous avons maintenant un nouveau joueur dans cette région. D’accord ? Je veux parler de l’intervention turque dont personne ne parle, comme si rien ne s’était passé. Quelle est votre opinion sur le rôle de la Turquie dans cette guerre et sur son intervention ? Le Président Al-Assad : Si nous commençons par ce qui se passe aujourd’hui, c’est une invasion. Mme Aslamova : Invasion ! Le Président Al-Assad : Cette incursion est une invasion. Qu’il s’agisse d’une petite partie ou d’une grande partie du territoire syrien, c’est une invasion en contradiction avec le Le Président Al-Assad : Exactement. Son idéologie est un mélange entre celle des Frères Musulmans, violente et extrémiste, et celle de l’Empire ou du Sultanat ottoman. oui. Mme Aslamova : Ambitions, Le Président Assad : Et il pense qu’avec ces deux idéologies, il peut fabriquer un mélange pour contrôler cette région. Voilà pourquoi il a soutenu les Frères Musulmans dans tous les pays, y compris en Syrie. Vous avez raison. Mme Aslamova : Après qu’un avion russe ait été abattu par les Turcs, la Russie a rompu ses relations avec la Turquie. Maintenant qu’Erdogan s’est excusé, il semble que l’amitié soit rétablie, ainsi que le tourisme, les relations diplomatiques et tout le reste. Poutine avait parlé de « couteau dans le dos ». Pensez-vous que nous, les Russes, faisons peut-être une erreur en lui accordant de nouveau notre confiance, malgré sa trahison ? Rencontre de Bachar al-Assad et Vladimir Poutine à Moscou droit international, la morale et la souveraineté de la Syrie. Que veulent les Turcs par cette invasion, abstraction faite du masque qu’ils portent pour cacher leurs véritables intentions ? Ils veulent se blanchir du fait qu’ils n’ont cessé de soutenir l’EIIL et le Front al-Nosra. Le Président Al-Assad : Non. En fait, je considère que cette relation est positive. Mme Aslamova : Vous pensez qu’ils ne les soutiennent plus maintenant ? Le Président Al-Assad : Non, ils les soutiennent toujours, mais ils sont entrés [en Syrie] en disant : « nous combattons l’EIIL et nous l’aurons ». Mme Aslamova : Pourquoi ? Le Président Al-Assad : Nous parlons de deux parties différentes, lesquelles, encore une fois, n’ont pas les mêmes points de vue. La Russie fonde sa politique sur le droit international, respecte la souveraineté des États et mesure les répercussions du terrorisme partout dans le monde, tandis que la Turquie ne respecte pas la souveraineté de la Syrie et fonde sa politique sur l’idéologie de Frères Musulmans tout en soutenant les terroristes. D’où une Mme Aslamova : C’est ridicule. Ils ont fabriqué l’EIIL. Le Président Al-Assad : Bien sûr. Ils ont fabriqué l’EIIL. Ils ont soutenu l’EIIL. Ils lui fournissent tout le soutien logistique, lui permettent de vendre notre pétrole après avoir traversé nos frontières et leur territoire, avec la participation du fils d’Erdogan et de sa clique. Tous sont impliqués dans la relation avec l’EIIL. Tout le monde sait cela. Mais, par cette invasion, ils ont voulu changer l’emballage de l’EIIL, en parlant de « nouvelles forces modérées » fondées sur les mêmes bases que l’EIIL qu’elles n’ont fait que le remplacer pour que les Turcs puissent dire qu’ils les ont vaincus dans certaines régions, grâce à leurs bombardements, leurs troupes et leurs agents en Syrie. Un jeu, c’est juste un jeu devant le reste du monde ; le deuxième jeu étant la poursuite de leur soutien au Front al-Nosra. Mme Aslamova : Il [Erdogan] voulait soutenir le Front al-Nosra ? Le Président Al-Assad :Erdogan, en particulier, voulait jouer un rôle dans la solution syrienne, peu importe quel rôle. Il s’est senti isolé cette dernière année en raison de son soutien à l’EIIL. Mme Aslamova : Mais il pense toujours que la Syrie fait partie de l’Empire ottoman. Pour lui, c’est son territoire. Mme Aslamova : Vous la considérez positive ? Le Président Al-Assad : Oui, positive. Pourquoi ? premier de la diplomatie russe envers la Turquie, afin de diminuer les dégâts des abus du gouvernement turc en territoire syrien. J’espère qu’ils pourront le convaincre de mettre fin au soutien ainsi qu’au financement des terroristes et de stopper leur afflux à travers leur frontière. Mme Aslamova : Mais pour Erdogan, ces terroristes sont un outil d’influence. Il ne leur refusera jamais rien car ce sont ses gens. Il va tenter de se battre avec eux et ils vont commencer à se battre avec lui. Je veux dire que c’est un grand risque qu’il prendrait en leur refusant son parrainage, c’est un grand risque pour son pouvoir. Le Président Al-Assad : Oui. Voilà pourquoi je n’ai pas dit que les Russes allaient changer sa politique, mais qu’ils tentaient d’en diminuer les dégâts. Pour rester franc et réaliste, je dirais qu’en tant qu’individu affilié à l’idéologie violente, extrémiste et fanatique des Frères musulmans, il ne peut être droit. Ce dont vous parlez est donc très réaliste et je suis d’accord avec vous à 100%. Il n’empêche que vous devez essayer de le changer. S’il change de 1%, ce serait bon. S’il change de 10%, ce serait encore mieux. Vous ne pouvez espérer un changement complet. Nous n’en espérons pas tant, notamment avec quelqu’un comme Erdogan et sa clique. Mais, actuellement, le moindre changement dans la bonne direction serait bénéfique. Un espoir que je crois partager par les diplomates russes, et je pense que leur dernière approche du gouvernement turc témoigne de leur sagesse, parce qu’ils ont besoin de garder de bonnes relations avec le peuple, non parce qu’ils ont confiance en lui, ce qui me semble judicieux. Mme Aslamova : Pour moi, vu l’idéologie de L’EIIL, ou Daech, il est très étrange qu’il n’ait jamais menacé Israël et inversement. C’est comme s’il existait une sorte d’accord fondé sur la neutralité, pas forcément sur la sympathie. Pourquoi pensez-vous qu’il en est ainsi ? Et quel est le rôle d’Israël dans cette guerre ? Le Président Al-Assad : Non seulement Daech, non seulement le Front al-Nosra, mais toute personne ou tout terroriste qui a porté une arme et entrepris de tuer et de détruire en Syrie a été soutenu par Israël, indirectement, par le soutien logistique à la frontière ou, parfois, par intervention directe sur tous les fronts. Pourquoi ? Parce qu’Israël est notre ennemi, parce qu’il occupe nos terres et, bien sûr, nous voit comme un ennemi. Le concept est que saper la position de la Syrie en affaiblissant sa société, son armée et son État, évitera qu’Israël ne prenne le chemin de la paix, le prix de cette Assad et Aslamova sorte de polarisation à laquelle nous assistons, chacune des parties se trouvant complètement à l’opposé de l’autre. Disons, que grâce à ce rapprochement entre la Russie et la Turquie, notre seul espoir est que la Russie puisse modifier un tant soit peu la politique turque. C’est notre espoir en tant que Syriens et je suis sûr que c’est actuellement le but paix étant la restitution des hauteurs du Golan. Donc, pour les Israéliens, mieux vaut que la Syrie reste occupée ailleurs et dans l’impossibilité de s’occuper du Golan, du processus de paix, ou de quoi que ce soit pour récupérer ses terres. Voilà pourquoi Israël soutient tous les terroristes. Il n’y a pas de suite à la page(14) Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Whether you’re buying or selling a car, If You Can’t Make It To Us, We’ll Pick You Up. Call 888-396-2567 For Complimentary Pick Up. CARS STAR TING AS CONVERTIBLES 33 IN-STOCK COUPES 46 IN-STOCK HATCHBACKS 25 IN-STOCK MINIVANS 179 IN-STOCK SEDANS 1105 IN-STOCK UNDER $10,999 50 IN-STOCK SUVs 720 IN-STOCK LOW AS TRUCKs 37 IN-STOCK $3,995! *2008 Dodge Calib WE ARE SURE TO HAVE A CAR TO FIT YOUR BUDGET • EASY FINANCING! BEST CHANCE TO GET APPROVED IS HERE! 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On pourrait facilement perdre le compte et s’embrouiller : combien de personnalités ont été marquées et secrètement condamnées à mort ? Combien sont effectivement mortes ? La liste se lit comme un catalogue de leaders mondiaux illustres : de Patrice Lumumba (Zaïre), Mohammad Mossadegh (Iran), Hugo Chavez (Venezuela), Sukarno (Indonésie), Juvénal Habyarimana (Rwanda), Salvador Allende (Chili) à Mouammar Kadhafi (Libye), Al-Basheer (Soudan) et Fidel Castro (Cuba), pour ne citer que quelques-uns. Certains ont été directement assassinés ; d’autres ont été « seulement » renversés, tandis que seule une poignée de « listés » ont effectivement réussi à survivre et rester au pouvoir. Presque tous avaient commis des crimes graves et de nature similaire, dont : défendre des intérêts vitaux de leurs nations et de leur peuple, refuser d’autoriser le pillage effréné des ressources naturelles par les sociétés multinationales, et s’opposer aux principes de l’impérialisme. La simple critique de l’Empire a aussi été souvent punie de mort. M. Duterte est en train de les commettre tous. Il semble être « coupable de tous les chefs d’accusation ». Il plaide coupable et semble même être fier des accusations portées contre lui. « Est-ce qu’il en marre de la vie ? » se demandent certains. « A-t-il perdu l’esprit ? Est-il prêt à mourir ? » Est-il un héros, un nouveau Hugo Chavez asiatique, ou tout simplement un populiste hors de contrôle ? Ce qui est certain c’est qu’il risque gros et peut-être même tout. Il est en ce moment en train de commettre les péchés les plus impardonnables aux yeux des régimes occidentaux : il est ouvertement insultant envers l’Empire et ses institutions (y compris l’ONU, l’OTAN et l’UE). Il leur crache même à la figure ! Et pour ne rien arranger, il ne se contente pas de paroles ; il prend des mesures décisives ! Il essaie d’aider les pauvres dans son pays, il flirte avec le Parti communiste et les socialistes, et pour comble, il demande l’aide de la Chine et de la Russie. Ca barde. Régulièrement des personnalités ou des institutions telles que Obama, le Pape, les États-Unis, l’UE et l’ONU se voient conseillées d’aller en enfer, ou sont rebaptisées fils-de-putes ! À Pekin Rodrigo Duterte, le Président des Philippines et le Premier ministre Chinois Li Keqiang. Duterte avait estimé qu’il n’avait pas de leçon à recevoir des Américains et a même traité le président Obama de « fils de pute », voilà qu’il annonce officiellement son divorce avec les Etats-Unis Et les Philippins adorent ça. Duterte a remporté les élections avec une marge très faible, mais les dernières enquêtes d’opinion lui attribuent un taux de popularité incroyable de 76%. Certains soutiennent donc que si la « démocratie » est réellement la « volonté du peuple » (ou du moins un reflet de la volonté du peuple), alors tout va bien aux Philippines. Alors qu’Eduardo Climaco Tadem, Maître de Conférences des Etudes Asiatiques (Université de Diliman), est critique de la forme « peu présidentielle » du discours de Duterte, et trouve négative sa politique en matière de « droits civils et politiques », il est néanmoins clairement impressionné par ses réalisations dans plusieurs autres domaines. Comme il me l’a récemment écrit dans une lettre : « Des initiatives positives ont été prises sur d’autres fronts. La nomination de cadres du Parti Communiste à des postes ministériels pour entreprendre une réforme agraire, le travail sur le social et le développement, et les programmes de lutte contre la pauvreté sont bons. D’autres personnalités de l’aile gauche et progressistes occupent d’autres postes ministériels dans le travail, l’éducation, la santé, la science et l’environnement. Plus important, des initiatives positives ont été prises pour faire avancer la redistribution des terres, mettre fin au travail précaire, entrer en contact et apprendre des programmes de santé de Cuba, et réduire les opérations destructrices sur l’environnement des grandes entreprises minières. En outre, les négociations de paix tant avec le CPP que le MILF / MNLF ont été relancées avec des premiers signes encourageants. Une politique étrangère indépendante a été annoncée et, à la différence des présidents qui l’ont précédé, Duterte ne se prosterne plus devant les puissances américaines et occidentales. Il est Greater Brooklyn Gastroenterology Care également en train de se réconcilier avec la Chine en prenant une voie différente et moins belliqueuse dans la résolution des conflits territoriaux dans la mer de Chine du sud ... » En ce qui concerne Washington, Londres et Tokyo, tout ceci est « mauvais », très mauvais. Un tel comportement ne passe jamais inaperçu ni impuni ! Cette fois-ci, la réponse de l’Empire n’a pas tardé. Le 20 Septembre, 2016, International Business Times a rapporté : « Le gouvernement des Philippines a affirmé qu’un coup d’Etat était orchestré contre le président Rodrigo Duterte et a dit que l’administration sévissait contre les comploteurs présumés. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que certains Américano-philippins de New York avaient l’intention de renverser le dirigeant troublion. Sans révéler les noms des conspirateurs présumés ni leurs plans, le Secrétaire des Communications du gouvernement philippin Martin Andanar a dit que ceux qui conspiraient contre Duterte devraient « réfléchir à deux fois. J’ai reçu des informations provenant de sources crédibles aux États-Unis. Oui, nous avons des noms, mais je ne veux pas en parler. Nous examinons la situation avec sérieux. Nous enquêtons. » a déclaré le haut fonctionnaire du gouvernement. Les coups d’état, les complots d’assassinat. Les coups d’états mous, les coups d’état durs : Brésil, Argentine, Bolivie, Venezuela, Syrie, Ukraine, Libye, Paraguay, Honduras et le Soudan, la moitié de l’Afrique... Tous, au cours des dernières années seulement... et maintenant les Philippines ? Bravo, l’Empire donne un coup d’accélérateur ! L’éthique de travail de ses égorgeurs est en nette amélioration. Le Président Duterte a tout compris. Comme mentionné ci-dessus, il a déjà qualifié le président Obama de « fils Christine M. Mosse MD de pute », et a récemment suggéré qu’ « il aille en enfer ». C’est même plus cru que ce que le président Hugo Chavez avait coutume de dire à propos de George W Bush, connu aussi comme « Señor W ». Et le président Chavez, selon de nombreux analystes latino-américains, a fini par payer de sa vie son antagonisme ouvert envers l’Empire et l’impérialisme en général. La vérité est que l’Empire ne pardonne jamais à ceux qui lui renvoient son propre image. Il tue sans pitié pour les plus infimes gestes de désobéissance ou de rébellion. Son appareil de propagande et sa main droite - les médias – arrivent toujours à élaborer une explication et une justification appropriée. Et l’opinion publique nord-américaine et européenne est totalement complaisante, endoctrinée et passive ; elle ne défend que ses propres intérêts étroits, jamais la victime, surtout si la victime se trouve quelque part dans un pays lointain peuplé de « non-personnes ». Le grand président indonésien Sukarno fut renversé et détruit (entre autres choses) pour avoir crié publiquement à l’ambassadeur des États-Unis : « Au diable avec votre aide »... Et aussi bien sûr pour avoir défendu les intérêts de son peuple contre l’Empire. Patrice Lumumba fut assassiné pour avoir osé dire que les Africains n’avaient aucune raison d’être reconnaissants envers les colonisateurs. Duterte dit beaucoup plus. Il est amer et il a d’innombrables raisons de l’être. Les Etats-Unis ont assassiné plus d’un million de Philippins, la plupart à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Dans l’histoire récente, ils ont transformé cette nation autrefois fière et prometteuse en un paillasson, une semi-colonie humiliée, entièrement dépendante des caprices de Washington. Capitaliste et totalement pro-américaines, les Philippines ont évolué, comme l’Indonésie, en un « État défaillant », une catastrophe sociale et une friche intellectuelle. Le Président Duterte a réussi à mettre en place un cabinet déterminé et cohérent d’intellectuels et bureaucrates. Comme RT l’a rapporté récemment : « Le Ministre des Affaires étrangères de Duterte, Perfecto Yasay, qui a parfois tenté de minimiser les commentaires de son patron, a publié une déclaration sur Facebook intitulée « L’Amérique nous a trompé » dans laquelle il dit que, s’il y a « d’innombrables choses pour lesquelles nous serons éternellement reconnaissants envers les Etats-Unis », ils n’ont jamais vraiment respecté l’indépendance des Philippines. « Après avoir proclamé le 4 Juillet, 1946, que les Philippins avaient été formés de manière adéquate pour l’autodétermination et la gouvernance, les États-Unis ont imposé des chaînes invisibles qui nous ont mené vers la dépendance et la soumission comme des petits frères de couleur incapables d’une véritable indépendance et de liberté, » a dit le Ministre dans la déclaration. » Ces déclarations sont très rarement répercutées par les grands médias occidentaux, où Duterte et son cabinet sont sans cesse diabolisés et ridiculisés. Voici les derniers titres sur les Philippines : « La fille du playboy-baron Antony Moynihan, trafiquante de drogue, abattue aux Philippines » (Daily Mail). « Le président des Philippines accusé de nourrir un crocodile avec un homme vivant » (Le Journal.ie via Yahoo UK & Ireland News) « Rapport spécial - dans la guerre de Duterte contre la drogue, les résidents locaux aident à dresser les listes noires » (Reuters) « Duterte a tué un fonctionnaire de la Justice, déclare un tueur-à-gages devant le Sénat philippin » (AFP) Rien sur la lutte pour la justice sociale ! Rien sur la lutte contre l’impérialisme occidental. La guerre contre la drogue ... Oui, beaucoup de Philippins sont véritablement préoccupés par « le tas de cadavres » et les méthodes de ce gouvernement pourraient être qualifiées de brutales, et même d’intolérables. Mais la situation n’est pas si simple. Ici, ce n’est pas l’Europe. C’est l’Asie avec sa propre dynamique et ses problèmes culturels. Aux Philippines, le taux de criminalité a atteint des sommets grotesques, inconnus presque partout ailleurs en AsiePacifique. Une grande partie de la criminalité est liée à la drogue. Et les gens en ont véritablement marre. Ils exigent une action décisive. Pendant de nombreuses années, M. Duterte a été maire de Davao, une ville sur l’île de Mindanao. Davao était synonyme de délinquance ; un endroit difficile à vivre, et beaucoup disaient un endroit presque impossible à gouverner. M. Duterte est honnête. Il admet ouvertement qu’il n’aurait pas duré longtemps comme maire de Davao s’il avait « obéi aux 10 commandements ». Peut-être que personne n’aurait pu. Il est extrêmement sensible à la critique de son bilan en matière de droits de l’homme. Que cela vienne de l’ONU, de l’UE ou des Etats-Unis, sa réponse est le plus souvent rebelle et cohérente : « Va te faire foutre ! » Et c’est tout ce qu’on répercutera généralement en Occident. Ce qui suite à la page(15) DR. ULKY SAINT-VIL D.D.S., P.C. DENTIST OFFICE Michel Jose Charles MD, FACG, AGAF Board Certified Gastroenterology Office Locations 3621 Glenwood Rd, Brooklyn NY 11210 9408 Flatlands Ave, Brooklyn NY 11236 1381-B Linden Blvd, Brooklyn NY 11212 Dr. Kesler Dalmacy 1671 New York Ave. Brooklyn, New York 11226 By Appointment Only 2336 Second Avenue (at 120th Stree) New York, NY 10035 Office hours by appointment Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501 E-mail: [email protected] Office hours by appointment 718.434.9313 “Giving care, one patient at a time.” 12 Internal Medicine Board Certified Haiti Liberté/Haitian Times 212.987.5200 1012 Ocean Avenue, Suite 1B (corner Newkirk Avenue) Brooklyn, NY 11226 Tel: 718-434-5345 Le docteur de la Communauté Haïtienne à New York Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Perspectives Le testament « politique » d’Obama au sujet de Cuba ! Washington agit pour faire taire Wikileaks Par Jacques-François BONALDI A insi donc, Obama tient à laisser à la postérité ses instructions sur l’avenir des relations entre son pays et la Révolution cubaine. Ici, on a signalé aussitôt que c’est la deuxième fois qu’un président étasunien en poste a tenu à le faire, le premier ayant été Carter, qui lui aussi avait fait avancer les choses en la matière (ouverture réciproque de Sections des intérêts dans chaque capitale), mais dont le « testament » du 15 mars 1977 resta document secret jusqu’en 2002. Obama, lui, veut que ça se sache quand il lui reste à peine trois petits mois à la Maison-Blanche. On trouvera ci-après sa Directive en français. Je ne vais pas l’éplucher ni l’analyser par le menu. Il n’y a rien là de bien nouveau : les tenants et les aboutissants en sont les mêmes… Je tiens simplement à souligner à quel point les longueurs d’ondes de Washington et de La Havane ne se causeront jamais d’interférences ni de parasites mutuels. Je m’explique. Le « testament » d’Obama, comme l’indique le titre, se veut des instructions à ses successeurs en vue de la normalisation des relations avec Cuba, laquelle doit continuer sur la voie suivie à ce jour, puisque Washington la comprend comme une succession de petits pas qui conduiront à la « réconciliation » finale. Or, qu’entend-on à La Havane par « normalisation » ? Je reprends ici quelques extraits de mon Quand Obama s’adresse aux Cubains (en demande de publication) : Pour la Révolution cubaine, en revanche, la « normalisation » passe par des exigences bien autrement importantes qu’elle a formulées dès le départ sans les cacher le moins du monde et qu’elle a réitérées chaque fois que de besoin. D’entrée, elle a défini clairement qu’il existait deux étapes : le « rétablissement » des relations, qui est un acte essentiellement juridique passant par la réouverture des ambassades, et la « normalisation » qui est foncièrement politique, car il en va là de la volonté politique des deux gouvernements. Obama, lui, confond, parce que ça l’arrange, les deux phases. Et nous sommes loin du moindre début de « normalisation » ! Le 29 décembre 2015, devant l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, Raúl réaffirme : Nous avons rappelé à l’administration étasunienne que la normalisation des relations bilatérales impliquait la levée du blocus et le retour à Cuba de la base navale que les USA usurpent à Guantánamo, comme je l’ai expliqué dans ma déclaration lors du Conseil des ministres du 18 décembre, dans laquelle j’ai réaffirmé par ailleurs qu’on ne saurait prétendre, au nom de cette normalisation, que Cuba renonce à la cause de son indépendance, ou aux idéaux et principes pour lesquels plusieurs générations de Cubains se sont battues depuis un siècle et demi. Pour progresser sur cette voie de la normalisation, les États-Unis doivent respecter le droit de tout État à choisir son propre système économique, politique et social, sans aucune forme d’ingérence. Nous n’accepterons jamais qu’on veuille nous imposer des conditions qui mutilent la souveraineté et la dignité de notre patrie. Elle les a de nouveau indiquées dans l’éditorial publié le 9 mars 2016, dans le journal Granma qui est, je le rappelle, l’organe du Comité central du Parti communiste de Cuba : La normalisation des relations avec les États-Unis passe, comme condition sine qua non, par la levée du blocus économique, commercial et financier Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange et le président équatorien Rafael Correa Raul arrêtant justement à temps la main d’Obama l’empêchant de la déposer sur son épaule. Geste qui ne signifiera rien d’autre que la domination qui cause des privations au peuple cubain et qui constitue le principal obstacle au développement économique de notre pays. […] Il faudra aussi, pour que les relations deviennent normales entre nos deux pays, régler d’autres points qui portent préjudice à la souveraineté cubaine. Aussi les États-Unis devront-ils rendre à Cuba le territoire qu’ils occupent dans la base navale de Guantánamo contre la volonté de notre gouvernement et de notre peuple, et ce pour satisfaire le souhait exprimé unanimement par les Cubains depuis maintenant plus de cent ans. Ils doivent, parce qu’il s’agit tout simplement d’une ingérence, éliminer les programmes qui visent à déstabiliser et à modifier l’ordre politique, économique et social de notre pays. Ils doivent enterrer une bonne fois pour toutes leurs politiques de « changement de régime ». Ils doivent aussi renoncer à leur prétention de fabriquer de toutes pièces une opposition politique interne, financée grâce à l’argent des contribuables étasuniens. Ils devront cesser leurs agressions par radio et télévision contre Cuba, car elles constituent une violation éhontée du droit international et un recours illégitime aux télécommunications à des fins politiques, et reconnaître que ces technologies doivent servir, non à exercer une influence donnée sur la société cubaine, mais à contribuer au développement et à la connaissance. Ils doivent modifier leur politique migratoire qui, aux termes de la Loi d’ajustement cubain et de la théorie dite « pieds secs-pieds mouillés », offre des préférences à nos citoyens, car elle provoque des pertes de vies humaines et stimule l’émigration illégale et la traite d’êtres humains, tout en causant des problèmes à des pays tiers. Ils devront de même annuler leur programme de « parole » qui vise uniquement à provoquer la défection des personnels médicaux cubains à l’étranger, car elle prive notre pays des ressources humaines vitales dont il a besoin en matière de santé et porte préjudice à la coopération que notre pays offre à des nations qui la réclament. Ils devront également modifier la politique en vertu de laquelle les joueurs de base-ball cubains sont contraints de renoncer à leur patrie pour pouvoir être admis dans les championnats des États-Unis. Je résume. Pour « normaliser » ses relations avec le pays et le gouvernement qui ont été jusqu’ici leur ennemi séculaire, Cuba soumet des points très précis : Levée du blocus et de toutes les sanctions qu’il entraîne. Restitution de la base navale Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 de Guantánamo. Cessation des programmes de déstabilisation financés ouvertement par le Congrès et la Maison-Blanche, et secrètement par d’autres agences. Cessation de l’ingérence dans les affaires intérieures de Cuba par appui aux dissidents (Obama parle, lui, d’ « activistes ») et volonté de fabriquer une opposition interne. Élimination de la Loi d’ajustement cubain, qui offre aux Cubains des conditions d’entrée aux USA interdites à n’importe quel autre citoyen du monde et incite donc à l’émigration illégale. Élimination du programme conçu expressément pour pousser les personnels médicaux et paramédicaux cubains coopérant à l’étranger à faire défection. Cessation des programmes de guerre médiatique et psychologique à la radio (Radio Martí) et à la télévision (TV Martí) financés par le gouvernement. Paiement de compensations pour les dommages causés par le blocus. Paiement de compensations pour les plus de 5 000 victimes (morts et blessés) du terrorisme d’État en provenance de Washington. Que dit Obama de son côté ? « Nous ne cherchons pas un changement de régime à Cuba. Nous suite à la page(16) Par Bill VAN AUKEN L a coupure de l’accès à Internet pour Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, est un acte menaçant de plus dans une campagne électorale présidentielle américaine qui a touché le fond de la dégradation politique. Emprisonné à toutes fins pratiques dans l’ambassade équatorienne de Londres depuis plus de quatre ans, Assange est maintenant confronté à une nouvelle limitation de son contact avec le monde extérieur. Mardi, le ministère des Affaires étrangères de l’Équateur a confirmé l’accusation de WikiLeaks que l’Équateur avait ordonné la coupure de la connexion Internet d’Assange sous la pression du gouvernement américain. Dans un communiqué, le ministère a déclaré que WikiLeaks avait « publié une multitude de documents ayant une incidence sur la campagne électorale américaine », ajoutant que le gouvernement de l’Équateur « respecte le principe de non-intervention dans les affaires intérieures des autres États » et « ne s’immisce pas dans les processus électoraux externes ». Sur ce motif, le gouvernement équatorien fait savoir dans la déclaration qu’il a décidé de « limiter l’accès » au réseau de communication à son ambassade de Londres. Cette déclaration du gouvernement bourgeois du président équatorien Rafael Correa est un exemple d’hypocrisie et de lâcheté. En facilitant la répression de WikiLeaks par le gou- Guarino Funeral Home vernement américain, Quito est intervenu dans les élections américaines aux côtés de l’élite dirigeante et contre les droits du peuple américain. Si Correa s’attend à ce que Washington fasse preuve de réciprocité pour sa prétendue sensibilité à l’égard du « principe de non-intervention », il devrait se rappeler le sort du président hondurien Manuel Zelaya, qui fut renversé par un coup d’État orchestré par la secrétaire d’État Hillary Clinton en 2009. WikLeaks a cité des reportages que le secrétaire d’État John Kerry avait exigé que le gouvernement de l’Équateur entreprenne cette action « en coulisses des négociations » traitant de l’accord de paix colombien avorté le mois dernier à Bogota. Le gouvernement américain est intervenu pour empêcher toute nouvelle révélation qui pourrait nuire à la campagne de Clinton, qui est devenue la candidate préférée de l’appareil militaire et de renseignement des États-Unis, ainsi que des banques de Wall Street. Il n’est pas certain si le Département d’État était la seule source de pression sur l’Équateur au nom de la campagne Clinton, ou si Wall Street est également intervenu de manière directe. Le moment choisi de la coupure d’Internet, dans la foulée immédiate de la publication des discours de Clinton chez Goldman Sachs, est peut-être plus qu’une coïncidence. Au printemps 2014, le gouvernement de l’Équateur a accepté de transférer plus de la moitié de ses réserves d’or à Goldman Sachs Group Inc. pendant trois ans, dans une suite à la page(16) FRANTZ DANIEL JEAN FUNERAL SERVICES INC. Serving the Haitian Community for Over 30 Years 9222 Flatlands Avenue Brooklyn, NY 11236 718-257-2890 • Funerals in All Boroughs • Transportation of Remains • Cremation Nou pale kreyòl. 5020 Foster Avenue Brooklyn, NY 11203 718.613.0228 Haiti Liberté/Haitian Times 13 Suite de la page (10) contradiction entre Israël et des organisations comme Daech, le Front al-Nosra et celles liées à Al-Qaïda. Mme Aslamova : Il est évident que votre armée a subi une terrible hémorragie. Cependant, lors de mes séjours à Damas j’ai vu nombre de jeunes gens attablés dans les cafés dès le matin. Quand j’ai demandé « Qui sont ces jeunes hommes, pourquoi ne sont-ils pas sur le front ? », il m’a été répondu : « Ce sont des étudiants ! ». Ensuite, j’en ai vu d’autres, bien musclés, dans les centres de Fitness. Envoyez-les tous au front ! Je veux dire que je ne comprends pas pourquoi vous n’avez pas décrété la mobilisation générale, comme nous l’avons fait pour chacune de nos guerres patriotiques. Quand nous nous sommes trouvés face à une grande guerre, nous avons envoyé tous les hommes au front ! Le Président Al-Assad : Disons qu’actuellement la mobilisation n’est que partielle. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu’elle n’est pas au plus haut niveau, car si tous se battaient sur tous les fronts militaires, les universités seraient vides, les écoles manqueraient d’enseignants, les institutions ne fonctionneraient plus, faute de cadres et de personnel, même les camions et voitures seraient réquisitionnés par le gouvernement et absolument tout dans le pays participerait à cette guerre. Ce serait bien, si cette guerre devait durer quelques semaines ou quelques mois, mais quand il s’agit d’une guerre qui dure depuis bientôt six années, cela signifie la paralysie de la société et de l’Etat, auquel cas vous ne gagnerez pas la guerre. Vous avez donc besoin d’établir un équilibre entre la guerre et l’ensemble des besoins fondamentaux que vous devez offrir à la population. Assurer cet équilibre est crucial. Tel est notre point de vue sur la question. Mme Aslamova : Je ne comprends pas l’arabe, mais quand je regarde vos programmes à la Télévision, j’ai l’impression d’être dans un pays en paix : un petit peu de guerre avant d’enchaîner sur le sport, les enfants, l’école… Je regarde et je me dis « Oh mon Dieu ! », alors que j’entends les mines exploser dans la ville. Comme si de rien n’était. C’est peut-être un peu trop ? Si vous voulez réveiller le patriotisme des gens, vous devriez leur expliquer tous les jours : « Les gars, nous sommes face à une grande guerre ! », ce que font tous les pays en pareil cas. Je n’aime pas cette image d’une vie paisible. Elle n’existe pas ici ! Le Président Al-Assad : Nos médias ne sont pas déconnectés de ce qui se passe. Mais, encore une fois, vous devez établir un certain équilibre entre la guerre et le besoin de vivre une vie quasi-normale, non tout à fait nor- male. Cet équilibre est donc nécessaire. Concernant les médias, il est certain que vous avez différentes opinions, puisqu’il s’agit d’une perception personnelle de ce que vous entendez et de ce que vous vivez. Ce que vous venez de dire, nous l’entendons en Syrie : « Mais comment font-ils pour se comporter ainsi ? ». En revanche, si les médias parlent trop de guerre, vous les entendez dire : « La guerre n’est pas tout, nous avons besoin d’une vie normale ou que la vie continue ». C’est donc un équilibre difficile à trouver et, finalement, le principal défi ne concerne pas exclusivement la guerre, mais comment vivre au quotidien. Si vous ne tentez pas de vivre cette vie, les terroristes vous vaincront, parce que c’est leur but. Mme Aslamova : Nous avons vécu cela pendant la Grande Guerre patriotique. Toutes les villes étaient vides, restaient seulement les femmes, quelques médecins et enseignants, mais tout le monde était au front. Je vous donnerais l’exemple de ma famille avec quatre frères au front et mon père, ayant quitté l’école à treize ans, rendu dans une usine qui fabriquait des bombes. C’était normal ! Nous n’aurions jamais gagné cette guerre si nous n’avions pas mis tous nos hommes sur le front. Le Président Al-Assad : Oui. Mais la guerre n’est pas seulement militaire, c’est un tout. Le plus important Mme Aslamova : C’est pourquoi vous auriez pu demander son aide beaucoup plus tôt. Le Président Al-Assad : Nous avons demandé leur aide dès le début, mais l’escalade n’avait pas atteint le niveau observé l’année dernière. Avant cela, l’Armée syrienne avançait, et nos ennemis, désignons-les ainsi, constatant notre progression, ont commencé à envoyer un nombre croissant de terroristes étrangers à partir de plus d’une centaine de pays. La Syrie étant un petit pays, nous avons eu besoin de l’aide de nos amis. L’Iran et le Hezbollah sont intervenus, mais l’intervention d’une grande puissance telle que la Russie était devenue cruciale pour modifier les équilibres sur le terrain. Voilà pourquoi il était naturel de demander son aide. Mais avant son intervention directe, la Russie nous aidait déjà en nous fournissant tout le soutien logistique dont nous avions besoin pour faire face à cette guerre. Les russes vivent parmi nous et les experts russes, présents en Syrie depuis quatre décennies, ont constaté courant 2014 que l’équilibre commençait à pencher en faveur des terroristes, soutenus par l’Occident et d’autres pays comme l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar. Les Russes étaient prêts à intervenir directement. Nous les avons alors invités, assurément, parce que nous leur faisons confiance. Nous leur faisons confiance parce que leur politique est fondée sur la morale, avant les intérêts. A suivre de notre guerre n’est pas seulement le combat contre des terroristes car, en parallèle, se déroule un autre combat aussi important en ce qui concerne notre économie. Nous sommes sous embargo et nous devons donc faire de notre mieux pour que la roue de l’économie continue à avancer. Mme Aslamova : Je comprends. Le Président Al-Assad : D’où la nécessité d’efforts permanents pour vivre malgré tout. Sans une vie normale, vous ne pouvez pas garantir l’économie, car si tout le monde restait chez soi pour mener une vie de guerre, vous ne produiriez plus rien. Mme Aslamova : Pourquoi n’avez-vous demandé l’aide de la Russie qu’au moment le plus de critique, quand presque tout a failli s’écrouler et que même votre vie était en danger ? Le Président Al-Assad : Tout d’Abord, il y a une relation traditionnelle entre la Syrie et la Russie, et même pendant les pires moments de cette relation, suite à l’effondrement de l’Union Soviétique, cette relation est restée bonne et n’a jamais été mauvaise. Suite de la page (4) Tiparadis, située dans la 4e section de l’Estère Déré, dans la commune de Baie-de-Henne ou 800 familles ont été évacuées dans la soirée du 20 octobre pour être hébergées à deux écoles : Maria Ghoreti et Henry 1er. On signale également que certaines communes telles, Bombardopolis, Jean-Rabel, Môle-Saint-Nicolas et Port-de-Paix, par exemple, font face à de graves dégâts. Selon les chiffres communiqués par le ministre de la Communication Marcus Garcia, la situation post-Matthew affecte 2,1 millions de personnes ; 1,4 million sont en situation d’ur- gence. 175 000 personnes vivent dans des abris provisoires. Dans la foulée, il a indiqué que l’État haïtien vole au secours de ces victimes avec 116 mille 48 tonnes métriques de produits non alimentaires et 134 mille 83 tonnes métriques de produits alimentaires. Dans la même veine, le chef de l’Etat multiplie les rencontres post-Matthew relatives à la situation des personnes les plus vulnérables. Ainsi, le jeudi 20 Octobre, il a rencontré les différents acteurs impliqués dans la gestion et la distribution de l’aide humanitaire : la Primature, le Ministère de la Planification, la DINE- PA, la MINUSTAH, le PNUD, l’UNESCO, la FAO, la OCHA, l’UNICEF, l’OIM ainsi que certains ambassadeurs. Il a également rencontré le ministre des Affaires sociales, Antoine René Nicolas, et la ministre à la Condition féminine, Mme Marie-Denise Claude, en présence de plusieurs personnalités telles que le directeur général du ministère des Affaires sociales, Jonas Coffy, de la directrice générale du Programme national des cantines scolaires, Marie-Micheline Fontélus, et la directrice générale du Bien-être social, Arielle Jeanty Vildrouin, de sorte que chaque organe, local ou international, doive être en parfaite symbiose avec le plan du gouvernement pour répondre avec plus d’efficacité et de manière responsable aux victimes du catastrophe. Concluons en souhaitant bonne chance au président Privert et bonne besogne aux multiples acteurs appelés à s’engager, corps et âme, on espère, dans la gestion et la distribution de l’aide humanitaire. Last not the least. Félicitations et chapeau à tous ceux et toutes celles qui, individuellement, mais surtout collectivement, ont œuvré avec une rare et indomptable persévérance, avec une détermination sans faille à cette victoire de la dignité, du courage et de l’honneur de tout un peuple sur l’inhumanité des hauts responsables politiques d’une organisation dont les membres ont résolu de «proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites». Oui, M. Ban-ki-moon, la foi en l’humanité, sans les œuvres, est une foi hypocrite, vaine, de pacotille, moribonde, et ne sert en rien la dignité et la valeur de la personne humaine. place. When FRAPH massacred pro-Aristide protesters, the United States raided and destroyed FRAPH headquarters. In the process, it seized FRAPH’s internal documents and brought them back to the United States. The administration refused to accede to Aristide’s request for the return of the documents, which Human Rights Watch said contained “intact evidence of death-squad crimes.” The withholding of the documents was reportedly an effort to keep the CIA’s links with the FRAPH a secret; the New York Times cited the Clinton administration’s “implicit fear that some documents might mention American intelligence links to members of the discredited former Government that ousted Mr. Aristide in a military coup in 1991.” The US’s refusal was condemned by the United Nations’s independent human rights envoy to Haiti, who said he believed that “the U.S. administration is trying to cover up some of its wrongdoing in that period.” The U.S.’s support of FRAPH made for an apparent irony. Allan Nairn, a journalist for the Nation who won a Polk Award for his reporting on Haiti and the CIA, said that “many of the officials whom Clinton was claiming to be fighting were actually his employees.” Nairn observed that if “Clinton had simply cut them off, completely ended their support, the Haitian public itself most likely could have brought down the coup regime without a U.S. occupation.” Even as the United States professed itself flummoxed as to how to restore Haiti’s democratically elected government, it continued to encourage the very forces that were preventing the restoration of that government. Some were puzzled by “a contradictory U.S. policy that publicly supports Aristide as ‘the people’s choice’ while privately grooming those who ardently oppose him.” After all, Clinton went so far as to invade Haiti in order to restore Aristide to power, so wasn’t covert support for the right-wing opposition somewhere between pointless and disastrous? It was not. As Emmanuel Constant himself explained, the United States asked him to “balance” Aristide’s leftist movement, a task he took to with violent enthusiasm. By supporting the FRAPH, the United States increased its bargaining power in negotiations with Aristide. Returning Aristide to power was conditional on his agreeing to an austerity and privatization program, and through ensuring that Haiti remained divided between competing factions, the Clinton administration was able to ensure that Aristide would be compliant while in office, and not attempt to implement the radical redistributionist economic policies that the IMF and United States feared. So Aristide was returned to office, but agreed to an austerity program that prevented him from taking Haiti in a social-democratic direction. The plan worked, and the Clinton administration got what it wanted from Haiti. Suite de la page (9) Avril’s head, say the friends who looked after him in the United States. Avril was just fourteen when he arrived at Guantanamo, and the trauma of the experience — the fear, the uncertainty, the stigma — left permanent damage. Today he is once again in detention, this time in a psychiatric correctional facility in upstate New York.” Even after action by the courts stopped the Clinton policy, the administration was still reluctant to process refugee claims from Haitians. When President Aristide was finally returned to power, and Clinton’s government announced that the refugees would finally be freed from detention, the administration was sure to declare that “under no circumstances will any Haitian currently at Guantanamo be admitted to the United States.” Freeing the detainees had not come easily, because Clinton fiercely defended his government’s right to indefinitely imprison Haitians. In doing so, he “helped pave the way for” the future justifications for indefinite detention at Guantanamo made by his successor, George W. Bush. But the court decisions surrounding the Haitian refugee crisis would not come up during the debate over Bush’s detention practices. Clinton administration lawyers had fought to have the decisions questioning the legality of detention removed from the books, and the case would disappear. Leverage Clinton’s record on Haiti did not get better. While the administration publicly opposed the removal of President Aristide, it covertly supported the rightwing death squads that had supported the coup. The leader of the brutal Front for the Advancement and Progress of Haiti (FRAPH), Emmanuel [“Toto”] Constant, had been on the CIA’s payroll for years. American officials admitted to both working with him and encouraging him to form FRAPH in the first 14 U.S. intelligence called him “a young pro-Western intellectual . . . no farther right than a Young Republican” even though his organization was, as sociologist William Robinson explains, a “well-organized instrument of repression, operating in a death-squad manner to continue the process of decimating popular sector organization” and “bent on preserving an authoritarian political system.” The organization “carried out much of the reign of terror that led to the killing of more than three thousand Haitian civilians in three years” and “shot into pro-democracy crowds celebrating Aristide’s planned return, killing eight people and wounding many others.” Despite this string of atrocities, the United States continued to provide support to Constant and the FRAPH, some of which was more overt than covert. The Los Angeles Times reported on one of Constant’s speaking events: “Constant appeared on a public podium with a sound system, allegedly supplied by the U.S. Embassy, flanked by a row of U.S. soldiers to protect him from a seething crowd. He then read a speech, reportedly drafted by U.S. Embassy officials, that cast him as a democrat ready to help heal the wounds of the nation.” When the United States restored President Aristide to power, Constant was sheltered on U.S. soil, despite Haiti’s pleas that Constant be deported and tried for war crimes in his home country. At first, Constant was held in detention, and was ordered deported by a judge. But after Constant threatened to publicly expose the CIA’s links to his organization, “the Clinton administration released him into the United States rather than return him to Haiti, provided him with a work permit, and required that he abide by a gag order.” The Clinton administration attempted to cover up its involvement with FRAPH after Aristide’s restoration. Haiti Liberté/Haitian Times This article was originally published by Jacobin. Nathan J. Robinson is the editor of Current Affairs magazine. Carmelle Robillard Attorney At Law DENNIS MULLIGAN, Attorney-at-Law All aspects of Immigration Law •TPS •Residency •Citizenship Over 20 years experience Nous parlons français 11 Broadway New York, NY 10004 (near all trains) 646-253-0580 1750 Flatbush Avenue (corner Ave. J) Brooklyn, NY 11210 Phone: 347.492.3209 office 347.470.2515 cell • Family Law • Divorce • Child Support/Custody • Wills • Power of Attorney • Landlord & Tenant • Guardianship • Real Estate Closing Nou Pale Kreyòl Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 Suite de la page (3) du grand sud et du Nord-Ouest ne sont pas des citoyens de seconde zone. Ils font partie à part entière des 10 à 12 millions d’Haïtiens que compte la terre de Dessalines et de Pétion. Ils ont aussi droit à la considération de toutes et de tous. Les élections, certes, sont importantes pour débloquer la situation politique chaotique dans laquelle se trouve le pays. La crise préélectorale ! Cela fait trois, voire quatre ans qu’on y vit. Ce ne sont certainement pas trois ou quatre mois de plus, le temps que les habitants puissent marcher sur la terre ferme dans leurs régions respectives, qui empêcheraient le pays d’organiser une vraie consultation populaire pour le bien-être de la démocratie et de la stabilité. En se hâtant de faire des élections dans la précipitation, on risque de tout rater. Sans parler d’un déficit de légitimité au cas où la participation de la population serait très faible pour ces élections. Ce serait plus sage que le CEP consulte les candidats et leur expose la situation après sa tournée dans la région. On peut penser que la Mission d’évaluation conduite par le Président du CEP en personne tienne compte avec objectivité de l’état des lieux des trois départements qu’elle a visités dans la période du 21 au 24 octobre 2016. Cette visite ne devrait pas être seulement, comme annoncé, une tournée de « solidarité et de motivation » aux employés locaux du CEP. On sait que la délégation devait rencontrer non seulement les autorités locales mais aussi les membres régionaux du CEP pour avoir une idée exacte de ce déluge qui a recouvert de flots toute cette partie de la République. Léopold Berlanger et ses compagnons de mission devraient être le 22 octobre dans la Cité d’Alexandre Dumas, Jérémie. Depuis le chef lieu de la Grand’Anse totalement détruit, le patron du CEP devrait discuter avec ses représentants départementaux sur les pertes subies lors des deux cataclysmes. Dimanche 23 octobre, la Mission devrait atterrir aux Cayes, cette grande cité balnéaire avec le site touristique de Gelée transformée en une sorte de mer « Morte ou Intérieure ». Depuis la ville d’Antoine Simon, Léopold Berlanger devrait constater de visu l’étendue des dégâts. Ce qui devrait lui donner à réfléchir sur la faisabilité des élections dans ces conditions d’extrêmes désolations. Enfin, en remontant vers Port-au-Prince, le lundi 24, toute l’équipe devrait s’arrêter à Miragoâne dont on ne sait pas avec exactitude si cette ville côtière est bien le chef-lieu des Nippes ou si c’est sa grande rivale, Anse-à-Veaux, la ville des Geffrard signataires de l’Acte de l’indépendance qui a hérité du titre. En tout cas, dans la cité portuaire où le toit de sa cathédrale a été emporté par le cyclone et sub- issant elle aussi des trombes d’eau venues du ciel, l’équipe du CEP a pu faire le point avec les responsables locaux. Qu’il s’agisse des autorités politiques nippoises et de celles électorales du département. Entre-temps, on a appris et constaté aussi qu’un grand nombre de bâtiments publics qui devaient être mis au service du CEP pour les élections reportées du mois d’octobre sont tous ou presque détruits ou inondés. Selon Philippe Augustin, Directeur du Registre électoral, sur 998 bâtiments publics qui étaient affectés au CEP, environ 300 d’entre eux n’existent plus. Ils sont soit détruits par l’ouragan, soit transformés en piscines où se baignent les matériels électoraux, suite aux pluies diluviennes qui se sont acharnées sur le pays. Bref, après ce périple dans la presqu’ile du sud de cette délégation du Conseil Electoral Provisoire afin d’évaluer avec exactitude la situa- tion, tous les yeux sont fixés sur le Président Léopold Berlanger pour savoir si oui ou non il va proposer à ses collègues un autre report des joutes électorales. Compte tenu de la situation, le CEP demeure le seul maitre à bord en ce qui concerne l’agenda électoral et les décisions à prendre. Même le Président provisoire de la République ne pourra intervenir même pour lui conseiller d’attendre avant de se précipiter dans une aventure électorale qui risque de se transformer en un vrai cauchemar si le CEP ne tient pas compte du sort et de l’état de désolation des populations des départements visités. Mais on craint déjà que le CEP garde le cap sur le calendrier qu’il a proposé avec le 20 novembre pour le premier tour et le 29 janvier 2017 pour le second. Nous reviendrons en détail la semaine prochaine sur le nouveau calendrier avec la position des uns et des autres sur cet agenda controversé. naméricaine de la Santé (OPS). Dans le cadre d’une étude visant à développer des vaccins contre le choléra, l’ONU a démontré elle-même, de façon concluante, bien avant d’autres études de génétique moléculaire, que le choléra en Haïti était identique au choléra du Népal. Ce travail a été effectué par le chercheur de l’ONU Dr. Dong Wook Kim de l’International Vaccine Institute, en Corée du Sud. L’ONU était restée muette sur le sujet. Par ailleurs, et ce n’est surement pas une coïncidence, la Corée du Sud, qui est également impliquée dans les ateliers de misère à Caracol, est aussi le pays de Ban Ki-moon. C’est un cauchemar qui revient comme un boomerang. Une semaine après l’ouragan Matthew, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une filiale de l’ONU, a fait don d’un million de doses de vaccins anticholériques oraux à Haïti, bien que le gouvernement haïtien avait plutôt demandé de l’aide avec l’infrastructure pour fournir de l’eau potable à la population. Les vaccins représentent une ruée sur l’or pour les ONG partenaires de l’ONU, y compris Partners in Health (PIH), fondé par l’Envoyé Spécial Adjoint de l’ONU en Haïti, Paul Farmer, et qui sera ainsi payé pour administrer les vaccins. Comme en 2010, les médias traditionnels, en particulier The Guardian et NPR, encouragent vigoureusement les vaccins et fonctionnent comme les haut-parleurs de la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a financé, non seulement le développement du vaccin oral contre le choléra à l’International Vaccine Institute, mais aussi sa fabrication sous le nom Shanchol par une filiale du géant pharmaceutique français, Sanofi Pasteur. La promotion actuelle des vaccins anticholériques oraux est une campagne trompeuse qui est motivée par le profit à l’état pur. La vaccination contre le choléra en Haïti est en ce moment plus qu’inutile, elle est néfaste. En premier lieu, même les vaccins inefficaces présentent des risques, parce que les vaccins utilisés sur les personnes dans le tiers monde contiennent généralement des concentrations 6 à 30 fois plus élevées que la limite supérieure de l’OMS de thiomersal, un conservateur à base de mercure qui probablement est lié à des cas d’autisme. En deuxième lieu, on ne sait pas quelles bactéries de choléra se trouvent en Haïti! La souche de choléra identifiée il y a six ans a muté au point où les vaccins fabriqués contre elle ne fonctionneraient pas du tout. Ces vaccins seraient certainement absolument inutiles contre les souches de choléra en provenance du Bangladesh. Enfin, même dans les meilleures circonstances, lorsque Shanchol est conçu et utilisé contre un choléra avec l’ADN récemment séquencé, la protection est minime, voire inexistante. Un essai sur le terrain au Bangladesh en 2011 a révélé que le vaccin a produit seulement 45 pour cent de protection dans tous les groupes d›âge après un an; pour les enfants de moins de cinq ans, ceux qui sont les plus susceptibles de mourir du choléra, la protection fournie par le vaccin était seulement aux environs de 17 pour cent. Selon des résultats publiés en 2015 après un essai sur le terrain en Haïti, qui passait pour une vaccination et était mal surveillé, la protection était à 57 pour cent après un an, mais seules les personnes âgées de plus de 12 ans avaient été inoculées. Les autorités haïtiennes devraient être davantage informées que certaines des vaccinations supposées pourraient effectivement être en fait des essais médicamenteux pour des nouveaux vaccins. Ce serait un traitement à peine déguisé des Haïtiens comme des rats de laboratoire. Un certain nombre de microbiologistes basés dans la région de Bos- ton, à Harvard et Tufts universités, ont développé et breveté plusieurs vaccins contre le choléra. La plupart des vaccins sont destinés en fin de compte à l›armée américaine, qui est leur plus grand marché, mais ils sont généralement testés sur les pauvres à la peau sombre dans des endroits comme les Indes, le Bangladesh, le Mexique et, bien sûr, Haïti. Quand ils le sont, c’est souvent sans tenir compte des principes éthiques de la Déclaration d’Helsinki qui doivent régir ces essais sur le terrain, et aussi du principe d›Hippocrate. Les formulations et les procédés de préparation des vaccins pour les gens du tiers-monde sont toujours moins chers et plus risqués que ceux pour les soldats américains. Après 12 ans de viols, de meurtres, de massacres, de la vente d›enfants, et des épidémies, il est évident que la mission de l›ONU (MINUSTAH) en Haïti est celle d’une armée d›occupation militaire pour les EtatsUnis, la France et le Canada, avec toutes les conséquences qui en découlent. L›ONU a eu six ans pour se débarrasser d›une épidémie de choléra qu›elle a importée et qui aurait pu être éradiquée en quelques mois par une surveillance adéquate épidémiologique, les soins, et de l›eau propre. Au lieu de cela, les organisations médicales nongouvernementales (ONG) associées aux Nations Unies, comme Partners in Health (PIH) et Médecins Sans Frontières (MSF), ont atteint un taux de mortalité de 1,4 pour cent. Cela est tout à fait inacceptable pour une maladie non mortelle qui peut être traitée par une simple réhydratation. En revanche, les médecins et infirmiers cubains en Haïti obtiennent généralement des taux de 0,1 pour cent ou moins de mortalité. À ce stade, la meilleure chose que l›ONU puisse faire pour Haïti est de se retirer du pays et de payer pour sa longue liste de crimes avec du financement pour réparer l›infrastructure du pays: à savoir, le traitement des eaux usées et la provision de l›eau potable. Une grande partie de ces infrastructures a été détruite, non pas par des catastrophes naturelles ou de la négligence, mais par un sabotage délibéré depuis 2010. Tandis que le convoi de Ban Kimoon voyageait Aux Cayes pour sa tournée des popottes et de relations publiques le 16 Octobre, des Haïtiens en colère hurlaient aux camions de l’ONU, «Foutez le camp d’ici! Et prenez votre nourriture, votre eau et votre merde avec vous!» Les choses étant telles qu’elles le sont avec la presse, le traducteur de l’AFP / France 24 affublait que la colère des Haïtiens, attaqués avec des gaz lacrymogènes par les troupes de l›ONU, provenait de leur exigence de nourriture. Dans un discours ultérieurement, Ban Ki-moon a dit qu›il était «déçu par la réponse de la communauté internationale» qui a fait don de seulement $15 millions des $120 millions qu›il avait demandés. Je crois que c’est $15 millions de trop. Néanmoins, je salue la communauté internationale pour être devenue plus consciente des manigances de l›ONU. Plus que tout, je salue les Haïtiens soi-disant non-éduqués, qui savent instinctivement que ceux qui acceptent l›eau et les vaccins d›une armée d›occupation sont des morts vivants. Philippines Amphibious Landing Exercise » (Phiblex). Il avait commencé le 4 Octobre et devait durer plus d’une semaine. Environ 1.400 soldats US et 500 soldats philippins étaient engagés dans les jeux de guerre, certains dangereusement proches des eaux près des îles contestées en mer de Chine du sud. Selon plusieurs grands intellectuels philippins, les Etats-Unis ont utilisé les Philippines pour servir leurs ambitions agressives impérialistes dans la région, en confrontant et en provoquant sans cesse la Chine. Le gouvernement Duterte est déterminé à se rapprocher beaucoup plus de la Chine et à s’éloigner de l’Occident. Il est très probable que les Philippines et la Chine seront en mesure de résoudre tous les désaccords dans un avenir prévisible. A condition que les Etats-Unis puissent être tenus à l’écart de manière permanente. Pour démontrer sa bonne volonté envers la Chine, et pour démontrer sa nouvelle indépendance politique, Manille envisage également d’annuler l’ensemble des 28 exercices militaires annuels prévus avec les États-Unis. Le Président Duterte sait parfaitement ce qui est en jeu. Pour marquer ses 100 jours de fonction, il a donné plusieurs discours enflammés, en reconnaissant que l’Occident pouvait tenter de le renverser, et même de le tuer : « Vous voulez me renverser ? Vous voulez utiliser la CIA ? Allez-y ... Ne vous gênez pas. Je n’en ai rien à foutre ! Je serais viré ? Parfait. (Dans ce cas), ça fait partie de mon destin. Le destin recouvre tellement de choses. Si je meurs, cela fait partie de mon destin. Ca arrive, que des Présidents soient assassinés. » C’est vrai. Il leur arrive souvent d’être assassinés. Mais récemment, l’un après l’autre, des pays du monde entier ont rejoint la coalition anti-impérialiste. Certains sont actifs ; d’autres sont déstabilisés (comme le Brésil), économiquement dévastés (comme le Venezuela) ou entièrement détruites (comme la Syrie). Toutes les nations du refus, de la Russie à la Chine, de la RPDC à l’Iran sont diabolisés par la propagande occidentale et ses médias. Mais il semble que le monde en a assez. L’Empire est en ruines ; il est pris de panique. Il tue de plus en plus, mais il ne gagne pas. Les Philippins sont-ils en train de rejoindre cette alliance ? Après seulement 100 jours de pouvoir, il semble que le président Duterte a pris son parti : Plus de servitude ! Plus jamais ! Est-ce qu’il survivra ? Est-ce qu’il continuera sur la même voie ? Est-il aussi dur-à-cuire qu’il en a l’air ? Il faut avoir des nerfs d’acier pour faire face à l’Empire ! Il faut avoir au moins neuf vies pour survivre aux innombrables et inextricables complots d’assassinat, aux systèmes de propagande sophistiqués, aux supercheries. Est-il prêt pour affronter tout cela ? Il semble que oui. Les élites de son pays sont totalement inféodées à l’Occident ; comme celles de l’Indonésie et, dans une large mesure, de la Thaïlande et de la Malaisie. Ce sera un combat difficile. C’est déjà un combat difficile. Mais la majorité du pays est derrière lui. Pour la première fois dans l’histoire moderne, le peuple Philippin a une chance de prendre son destin en mains, ses propres mains. Et si l’Occident n’aime pas ce qui se passe à Manille ? Le Président Duterte s’en fiche. Il a déclaré qu’il a déjà préparé beaucoup de contre-questions. Et si l’Occident ne peut pas y répondre : « Si vous êtes incapables de répondre, fils de pute, rentrez chez vous, bande d’animaux. Je vais vous botter le cul. Ne venez pas me faire chi- er. Ils ne sont pas plus intelligents que moi, croyez-moi ! » Il est très probable qu’ils ne le sont pas ; ils ne sont pas plus intelligents que lui. Mais ils sont certainement plus impitoyables, plus brutaux. De quoi l’accuse-t-on ? D’une « guerre contre la drogue », qui a coûté environ 3000 vies ? Combien de vies est-ce que l’Occident (ou ces « fils de pute », comme disent de nombreux Philippins ces jours-ci) a prises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, partout dans le monde ? 40 ou 50 millions ? Ca dépend de la manière de compter : « directement » ou « indirectement ». L’Empire tentera très probablement d’assassiner le président Duterte, et probablement bientôt, très bientôt. Pour survivre, pour continuer à avancer, pour continuer à se battre, à défendre son pays meurtri et exploité, il fera très certainement bien d’oublier définitivement les 10 commandements. Suite de la page (7) mondialement au moins huit autres pays avec le choléra. Il s’agit de la République démocratique du Congo (RDC), Darfour, le Soudan du Sud, le Mali, la République Centre Africaine (RCA), la Côte-d’Ivoire, le Liberia, et l’Abyei. En outre, l’ONU a toujours maintenu ses mensonges sur le choléra en Haïti. En 2010, l’ONU était la première à savoir qu’elle avait infecté Haïti avec une souche de Vibriocholerae en provenance du Népal, mais l›institution était restée bouche cousue sur la question. Les premières infections haïtiennes de choléra étaient apparues cinq jours après que 1 280 soldats népalais étaient retournés en Haïti après leur entraînement à Katmandou, puis un congé de 10 jours chez eux à travers le Népal, en plein milieu d›une épidémie de choléra. En Haïti, les soldats ont été placés dans deux camps à partir desquels leurs matières fécales non traitées ont été déversées dans les cours d›eau affluents de la Rivière Artibonite. Cette contamination s’élevait à plus d›un mètre cube de déchets cholériques à l›état pur contenant des milliers de milliards de bactéries de choléra par litre étant déversés dans la rivière! Sans cela, les cholérae dans l›Artibonite n’auraient jamais atteint les concentrations capables de tuer les résidents en aval de ces camps en l›espace de quelques heures. Il est pratiquement certain que plusieurs soldats népalais étaient devenus extrêmement malades dans les camps et que les Nations Unies, ainsi que le personnel médical traitant les troupes, probablement de l›hôpital le plus proche dans la ville de Mirebalais, avaient camouflé ces événements. Dès le début de l’épidémie, l’ONU avait commencé à réclamer de l’argent et à promouvoir les vaccins anticholériques oraux par son Organisation Pa- Sources: Cet article a été publié originellement en anglais par News Junkie Post. | DadyChéry est professeur en sciences biologiques, journaliste, et l’auteur du livre We Have Dared to Be Free: Haiti’s Struggle Against Occupation. Photographies un, deux et trois des archives du CDC Global. Suite de la page (12) est omis, c’est ce que Rodrigo Duterte explique en général après : Vous me parlez des droits de l’homme ? Que dire des millions que vous tuez dans le monde, y compris récemment en Irak, en Libye et en Syrie ? Qu’en est-il du peuple philippin que vous avez massacré ? Et qu’en est-il de votre propre peuple, les Afro-Américains qui sont abattus par la police, tous les jours ? Il ne cache pas sa profonde allergie pour l’hypocrisie occidentale. Pendant des siècles, les États-Unis et l’Europe ont tué des millions, pillé des continents entiers, et maintenant se réservent le droit de juger, de critiquer et bousculer les autres. Directement ou à travers les institutions qu’ils contrôlent, comme les Nations Unies. Encore une fois, sa réponse est clairement Sukarno-esque : « Allez au diable, vous et votre aide ! » Mais vous ne lirez rien de tout ça dans les pages du New York Times ou The Economist. Pour eux, il n’y a que la « guerre contre la drogue », les « victimes innocentes » et bien sûr « l’homme-fort » Duterte. Mais la situation évolue rapidement. Récemment, le président Duterte a ordonné l’arrêt d’un exercice militaire, surnommé le « Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 New Eastern Outlook 17 Octobre 2016 Traduction VD Le Grand Soir 18 Octobre 2016 Haiti Liberté/Haitian Times 15 Washington agit pour faire taire Wikileaks Suite de la page (13) tentative de lever des fonds pour couvrir un déficit croissant provoqué par l’effondrement des prix du pétrole. Il aurait envoyé 466.000 onces d’or à Goldman Sachs, d’une valeur d’environ 580 millions de dollars à l’époque, en échange d’instruments financiers de « haute sécurité » et un profit anticipé sur son investissement. Il n’est guère difficile de croire qu’une telle relation donnerait à Goldman Sachs une influence considérable sur le gouvernement équatorien. Dans tous les cas, il est évident que l’establishment américain devient de plus en plus désespéré d’arrêter le flux de courriels électroniques et de documents qui démasquent le vrai caractère non seulement de Clinton, mais de la politique capitaliste en son ensemble. Alors que WikiLeaks a publié plus de 17.000 e-mails émanant du compte de John Podesta, directeur de campagne de Clinton et démocrate de premier plan, on estime qu’il y a encore plus de 33.000 à paraitre. Les textes des discours de Clinton devant Goldman Sachs et d’autres grandes banques et fédérations patronales, pour lesquels elle a été payée en moyenne 200.000 dollars par apparition, sont des plus incriminants. Ils dévoilent les rouages de l’oligarchie qui gouverne l’Amérique et la pensée et les actions d’une politicienne prête à faire n’importe quoi pour faire avancer les intérêts de cette couche dirigeante, tout en accumulant toujours plus de richesses et de pouvoir pour elle- même. Lors de ses déplacements de campagne électorale, Clinton s’est donnée des airs de « progressiste », déterminée à mettre Wall Street à l’épreuve. Mais dans ses discours à Goldman Sachs, elle a souligné sa défense inconditionnelle des banques et des établissements financiers. Alors que l’indignation populaire grandit contre les banquiers pour avoir plongé des millions de gens en crise avec l’effondrement financier de 2008, Clinton a prononcé des discours qui saluaient les financiers de Wall Street et insistaient sur le fait qu’ils étaient à même de s’autoréguler. Elle s’est excusée d’avoir soutenu la loi de régulation financière sans effet de Dodd-Frank, en disant qu’il fallait l’adopter pour des « raisons politiques ». Devant son public de Wall Street, Clinton a clairement indiqué qu’elle n’avait aucun état d’âme à ordonner des massacres à l’étranger. Tout en racontant en public qu’elle soutient une « zone d’exclusion aérienne » en Syrie comme une mesure humanitaire pour sauver des vies, elle a confié à son public de Goldman Sachs qu’une telle action « va tuer beaucoup de Syriens » et devenir « un engagement américain et de l’OTAN qui va toucher beaucoup de civils ». Dans le même discours, elle a déclaré sa volonté de bombarder l’Iran. Les e-mails ont mis à nu les liens de corruption entre le département d’État, la Fondation Clinton, ses diverses campagnes et son réseau de donateurs financiers et patronaux, qui constituent ensemble une entreprise de trafic d’influence quasi-criminelle qui pourrait être décrite comme « Clinton inc. ». Les révélations contenues dans les documents de WikiLeaks ont été passées sous silence ou minimisées par les médias de masse, qui ont plutôt mis l’accent sur les accusations de fautes de nature sexuelle portées contre le rival républicain de Clinton, Donald Trump. Le camp de Clinton lui-même a cherché à détourner toutes questions concernant ce que la candidate a dit dans ses discours ou les opérations corrompues de sa campagne en affirmant, sans aucune preuve, que le matériel publié par WikiLeaks avait été piraté par le gouvernement russe etn’est donc pas fiable. Cet argument sert non seulement à détourner l’attention des documents de WikiLeaks, mais aussi à soutenir les affirmations à la McCarthy de la campagne Clinton concernant une supposée intervention du Kremlin pour le compte de Trump, dans le cadre d’une campagne de propagande visant à préparer l’opinion publique à une confrontation militaire directe avec la Russie. Il y a un air de désespoir dans la tentative d’étouffer le matériel de WikiLeaks. Le présentateur de CNN News Chris Cuomo, un partisan ouvert de Clinton, est allé jusqu’à mentir à son public, affirmant qu’il était illégal pour eux d’accéder aux e-mails et en insistant qu’ils pouvaient obtenir toute information à leur sujet seulement à travers le filtre des grands médias. Bien avant la publication de documents liés au Parti démocrate, les cercles dirigeants ont exprimé de manière violente et répétée leur détermination à réduire WikiLeaks au silence. Des fonctionnaires du département d’État ont expliqué qu’en 2010, alors que Wikileaks avait dévoilé des communiqués du département d’État américain qui révélaient les opérations impérialistes desÉtats-Unis à travers le monde, Clinton, alors secrétaire d’État, a demandé à ses subordonnés, « ne peut-on pas sim- plement éliminer ce type par drone » ? Elle a récemment dit qu’elle ne se rappelait pas de cette remarque, mais si elle l’avait faite, il s’agissait d’une blague. Au cours de la même période, cependant, Bob Beckel, partisan de Clinton et agent de longue date de la campagne démocrate, a déclaré dans une interview télévisée en rapport avec Assange : « Un homme mort ne peut pas divulguer les choses. Ce mec est un traître, il est traître, et il a transgressé toutes les lois des États-Unis ... il n’y a qu’une seule façon de s’en occuper : assassiner illégalement le fils de pute. » Jusqu’ici, la classe dirigeante américaine s’est limitée à des coups montés juridiques et à la calomnie, en comptant sur l’aide de ses agents dans les médias et chez les pseudo-gauches dont une large partie a soit endossé, soit minimisé, la chasse-aux sorcières contre Assange. Le principal instrument de cette campagne de persécution a été des allégations fabriquées d’inconduite sexuelle lancées par les autorités suédoises agissant de connivence avec les gouvernements américain et britannique. Plus tôt cette année, le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU a émis des conclusions qu’Assange avait été « privé de sa liberté de manière arbitraire », ce qui signifiait que l’organisation avait tiré la conclusion que l’affaire suédoise constituait un coup monté de nature politique. Au milieu de la tentative actuelle pour faire taire Assange, un coup monté encore plus bizarre et dégoutant a été concocté, en essayant de salir le fondateur de WikiLeaks avec des accusations de pédophilie et d’avoir reçu de l’argent russe. Au centre de ces allégations se trouve un service peu connu de ren- contres en ligne, Toddandclare.com, qui a tenté d’abord d’attirer Assange dans un traquenard pour créer une soi- disant publicité visuelle pour le site, pour laquelle il allait être payé 1million de dollars, ladite somme étant fournie par le gouvernement russe. Lorsque WikiLeaks a rejeté cette provocation absurde, le même site a affirmé qu’Assange avait été accusé de contacts inappropriés à travers le site avec un enfant canadien de huit ans en visite aux Bahamas. Cette accusation a ensuite été invoquée dans une tentative de faire pression sur l’ONU pour qu’elle cesse sa demande de mettre fin à la persécution d’Assange. Même un examen sommaire révèle que ces allégations constituent une fabrication grotesque. La police des Bahamas a déclaré qu’il n’y a pas de charges ou de quelconque dossier contre Assange. L’agence de rencontres n’a pas de siège, numéro de téléphone ou d’activité commerciale nulle part aux États-Unis, ayant toutes les caractéristiques d’une société fictive créée par le renseignement américain dans le but de traquer Assange. L’utilisation de telles tactiques montre à quel point la classe dirigeante américaine est terrifiée face à l’hostilité croissante des masses envers les deux principaux partis politiques et leurs deux candidats odieux. L’élite dirigeante craint que les révélations continuelles sur le fonctionnement interne d’un gouvernement des riches, par les riches et pour les riches finissent par enlever le peu qui lui reste de légitimité politique au sein de la population, et créer ainsi les conditions d’une radicalisation politique de la classe ouvrière et de bouleversements sociaux, peu importe qui gagne les élections du 8 novembre. Wsws 19 octobre 2016 continuerons d’affirmer clairement que les États-Unis ne peuvent pas imposer un modèle différent à Cuba parce que l’avenir de Cuba est aux mains du peuple cubain. » Mais, contradictoirement, dans ce même paragraphe consacré aux droits de l’homme, il tient à préciser qu’il faudra « continuer d’aider les activistes démocratiques » (vocabulaire très Maison-Blanche, soit dit en passant) et « poursuivre nos programmes en faveur de la démocratie », leur légalité étant basée dans les deux cas, selon lui, sur le fait que les USA font pareil dans le monde entier et, d’après une curieuse formule répétée à trois ou quatre reprises, que ces programmes sont « en accord avec ceux que nous menons vers d’autres sociétés connaissant une situation similaire dans le monde » ! Donc, fin de non-recevoir à l’exigence cubaine : cessez de vous ingérer dans nos affaires intérieures. Mais aussi fin de non-recevoir tout aussi claire à toutes les autres : Nous prévoyons qu’il [le gouvernement cubain] continuera de s’opposer à nos politiques et opérations migratoires, à nos programmes en faveur de la démocratie, à Radio Martí et TV Martí, à la présence des États-Unis dans la station navale de la baie de Guantánamo et à l’embargo. Le gouvernement des États-Unis n’a pas l’intention de modifier le traité de bail en cours et d’autres accords en rapport avec la station navale de la baie de Guantánamo, qui sert à notre pays à renforcer et à préserver la sécurité régionale. Soit dit en passant, il me semble que c’est la première fois que j’entends la Maison-Blanche recourir à l’argument que la base navale de Guantánamo sert aux États-Unis à « renforcer et à préserver la sécurité régionale ». Sans être un expert militaire, je ne vois pas quel plus stratégique leur apporte cette base située à quelques minutes de vol de chez eux pour un avion militaire moderne ! Qu’on se le dise donc : nous ne modifierons pas notre politique migratoire, nous continuerons nos programmes en faveur de la démocratie, nous n’éliminerons pas nos émissions de radio et de télévision, nous resterons à Guantánamo. Bref, nous ne changerons rien à ce que vous considérez, vous Cubains, comme les plus grosses pierres d’achoppement sur la voie de la « normalisation ». Pour un dialogue de sourds, c’est un dialogue de sourds ! Et Obama est venu nous dire ici qu’il était notre ami, notre frère… Au fond, Obama cherche à continuer sur sa lancée : après avoir fait son numéro de claquettes en mars 2016 (visite de La Havane, discours télévisé, etc.), après avoir distillé au comptegouttes quelques « modifications aux réglementations » (selon la formule consacrée) du blocus économique, commercial et financier qui ne change absolument rien au fond brûlant du problème, l’existence même de celui-ci, qui se maintient dans toute sa rigueur (mais Obama aura beau jeu de vous rétorquer pour s’excuser, ce qui l’arrange bien, disons-le, que sa levée définitive ne dépend pas de lui, mais du Congrès), il estime disposer encore auprès du peuple cubain (pour son gouvernement révolutionnaire, c’est une autre paire de manches) d’un capital de confiance suffisant pour continuer d’agiter ses hochets sans trop en souffrir. Il a tort : ici, ses promesses font de moins en moins recette… Conclusion, comme aurait pu dire un certain Blaise au sujet de cette « normalisation » : vérité en deçà du détroit de la Floride, erreur au-delà ! 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Christenings, Weddings, Parties, Banquets, etc. 1347 Flatbush Avenue (bet. Foster & E. 26th St.) Brooklyn, NY 11226 347-404-6152 Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 A Travers le monde L’Afrique du Sud fait ses adieux à la Cour Pénale Internationale Brésil : Cunha sous les verrous Par Andreï Touabovitch A près le Burundi mardi, c’est au tour de l’Afrique du Sud d’annoncer le vendredi 21 octobre, son retrait de la Cour Pénale Internationale (CPI), emboîtant le pas au Burundi qui a annoncé trois jours auparavant qu’il entamait lui aussi la procédure de son retrait de la juridiction internationale. Le ministre sud-africain des Relations internationales, Maite Nkoana Mashabane, a adressé une lettre à l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans laquelle le gouvernement de Pretoria juge que « ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée» par la CPI. Cette décision du pouvoir sud-africain est un véritable coup dur pour la CPI, qui a pour mandat de juger les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les génocides. En 2015, les deux parties avaient eu maille à pâtir lorsque Pretoria avait refusé d’exécuter le mandat d’arrêt de la CPI délivré à l’encontre du dirigeant soudanais, Omar el-Béchir. Ce dernier, qui est re- Des juges de la Cour Pénale Internationale cherché pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, était alors de passage sur le territoire sud-africain. Critiqué, le gouvernement sud-africain avait, déjà à l’époque, menacé de se retirer de la CPI. Il est à noter que de plus en plus de gouvernements africains contestent les poursuites de la CPI qui à leurs yeux, s’acharne surtout sur les dirigeants du continent noir. Pour preuve, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn avait déclaré en mai 2013, alors qu’il était président de l’Union Africaine (UA), que la CPI menait « une sorte de chasse raciale en ne poursuivant que des Africains», en clôture du sommet bisannuel des chefs d’Etats et de gouvernements de l’UA. « Lors de la création de la CPI, a-t-il ajouté, l’objectif était d’éviter toute sorte d’impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale». Coulisses 24 octobre 2016 Venezuela : Les « hordes chavistes » ont fait taire l’Assemblée Nationale ! Par Gustavo Borges L a vérité est que je ne sais pas comment comme des cons nous sommes arrivés devant l’Assemblée Nationale dimanche dernier, 23 octobre, au milieu de toute cette tempête de peuple criant des slogans de soutien au président et envoyant Ramos Allup se faire foutre. Nous étions sortis Camilo Emiliano, mon fils de 12 ans, Vadi de 11 ans et moi, après être allés à El Valle chercher dans le centre un endroit où se gaver de glace. Mais ce qui est sûr, c’est que là, nous étions devant les grilles de l’Assemblée Nationale avec des centaines de chavistes qui criaient des slogans. L’intéressant de chose, c’était de voir le visage de ces 2 petits merdeux au milieu de ce grand raffut chaviste qui augmentait de plus en plus. Ils regardaient les gens, impressionnés, mais sans peur. Ils me regardaient, faisaient des commentaires entre eux, jusqu’à ce qu’ils commencent tous les 2 avec le poing en l’air : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu, le peuple uni ne sera jamais vaincu ». Je les regardais sans perdre de vue la foule et me demandais : « Con, et à eux, qu’est-ce que je leur donne ? » Mais ils continuaient à reprendre en choeur les slogans que ciraient les adultes : « Elle est tombée, elle est tombée, cette Assemblée est tombée. » Une grille s’ouvrit, la première, celle de la rue et l’avalanche avance vers la grille de l’Assemblée. J’entends Camilo crier : « Allons-y, allons-y, allons-y tous ! » Et j’étais paralysé en voyant ce petit merdeux et son frère comme en transes, appelant cette foule qui, au mieux, sans balles pour l’arrêter, appelait à entrer dans l’Assemblée : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu », continuait à crier ce nain... et la porte s’est ouverte. Le reste a été suffisamment rapporté en images. Les mêmes visages vus à Miraflores le 13 avril 2002 se trouvaient à l’Assemblée Nationale. Une foule courageuse, une foule chaviste inonda l’Assemblée Nationale. Elle prit l’extérieur, parcourut les couloirs, ouvrit les portes, délogeant tout le monde des loges ou de la tribune des orateurs pour prendre la parole, elle : « Le peuple courageux réclame son droit », « Regarde droite, viens voir, le peuple est là qui va te livrer bataille », « Si le pire arrive, je reste avec Maduro. » C’était la troupe de rebelles à cheval bolivarienne avec le drapeau de Chávez qui courait même vers les députés d’opposition épouvantés qui débattaient encore il y a peu de la façon de chasser Nicolás Maduro du gouvernement et de piétiner la Constitution, de détruire et de faire juger les 3 pouvoirs de l’Etat et qui, en outre, appelaient à marcher et à prendre Miraflores jusqu’à ce que le président tombe. Ils demandaient à grands cris l’intervention militaire étrangère. Les « hordes chavistes » les ont fait taire, quitter leurs sièges, se regarder entre eux comme s’ils se demandaient : « Con, où courrons-nous ? » « J’ai peur, c’est clair que j’ai peur – avouait l’un d’eux devant les caméras de télévision – Maintenant, comment je m’en vais ? » La chiasse fut grande devant cette avalanche de pauvres, de noirs, d’ouvriers et d’ouvrières, d’étudiants, de jeunes, de motards... Les mêmes visages vus à Miraflores le 13 avril 2002 pour sauver Chávez. CATERING & TAKE-OUT L’ex-président de l’Assemblée, artisan du coup d’État contre Rousseff, accusé de corruption a été arrêté et placé en détention préventive Par Catherine Dos Santos «Machiavel », comme on surnomme parfois Eduardo Cunha, n’a pas vu le coup venir. L’ex-président de la Chambre des députés, artisan de la destitution de la cheffe de l’État Dilma Rousseff, a été arrêté mercredi et placé en détention préventive dans le cadre de l’enquête sur les scandales de corruption au sein du géant pétrolier national, Petrobras. L’évangéliste à la réputation sulfureuse doit répondre de sept chefs d’inculpation pour corruption passive, blanchiment d’argent, évasion fiscale et pots-devin perçus lors de l’achat de champs de pétrole au Bénin. Il aurait ainsi touché les sommes rondelettes de 1,5 million et 1,2 million d’euros. L’existence de comptes en Suisse En mai, la Cour suprême avait décidé de le suspendre de sa fonction pour avoir abusé de ses prérogatives afin Déjà près d’El Valle, les deux merdeux, Camilo et Vadi, pour moi les héros du jour, reviennent à leurs blagues habituelles d’enfants. Pendant quelques instants, ils ont gardé le silence dans le wagon du métro bondé, sur le trajet Plaza Venezue- Venus RESTAURANT Specializing in Caribbean & American Cuisine Now 2 Locations in Brooklyn Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 2816 Church Avenue (b/t Nostrand & Rogers Aves.) 718.856.2100 L’HUMANITÉ 21 OCTOBRE 2016 la-El Valle pour ensuite revenir rire ou parler de n’importe quoi. Mission Vérité, 24 octobre 2016 Traduction Françoise Lopez Bolivar Infos 25 Octobre 2016 Le Bon Pain BAKERY Proudly serving authentic Haitian baked goods in Queens, NY since 1988 PATTIES • BREAD • PASTRIES • SOUPS • SWEETS • CAKES • CATERING • AK100 • COLA We do Catering Available for all Occasions Fritaille etc.. 1738 Flatbush Avenue (b/t Aves I & J) 718.258.0509 de couvrir ses malversations. Le ministère public avait alors dévoilé l’existence de comptes en Suisse estimés à 4 millions d’euros. En septembre, Eduardo Cunha avait perdu son immunité parlementaire ; ce qui a ouvert la voie à son arrestation. Cet ultraconservateur, connu pour ses propos homophobes, a toujours nié en bloc les accusations qui pèsent contre lui, en dépit d’un train de vie fastueux qui ne collait pas avec ses revenus de parlementaire. Il a depuis été lâché par ses amis du Parti du mouvement démocratique du Brésil (PMDB), dont le président putschiste, Michel Temer, lui-même inquiété par la justice. Reste à savoir pourquoi cette arrestation n’est pas intervenue plus tôt, lorsqu’il orchestrait le renversement de Dilma Rousseff. Les agissements de Cunha étaient pourtant connus et dénoncés par la gauche. 670 Rogers Avenue (Corner of Clarkson Ave) Brooklyn, NY 11226 “Venus, l’entroit idéal” 718-287-4949 211-65 Jamaica Avenue Queens Village, NY 11428 718-464-8160 lebonpainbakery.com “The most famous Haitian bakery in the U.S.” Haiti Liberté/Haitian Times 17 Haïti Top 10 Orchestres et Groupes Musicaux Numéro 8- Ex-Aequo - Shleu-Shleu–Ambassadeurs-Difficiles-Gypsies ! Suitede la page (20) Vacances, Alfredo, Colline, Destinée, Haiti, mon pays, Pêche à la ligne, Baisers d’adieu, Maria del Alma, Volley-ball, Dans la vie, Tikarm, Café au lait, Haiti, terre de soleil, Maille, Devinez, Ma poupée, Partie de chasse Vuelve me negritamia, Boutillires etc. Mais les sixties c’est aussi l’époque du ‘’sauve qui peut’’; ayant vus l’exode de la population et des jeunes. C’est dans cette optique que la majorité du groupe s’envola pour l’étranger. Installé á New-York á la fin des années 1960, l’ « Original ShleuShleu », s’implanta bien vite au ‘’state’’ et continua à produire des œuvres significatives:’ Grille ta cigarette’’, ‘’En filant les aiguilles’’,’’Troukrab’’etc. Cependant, le groupe fut pris dans l’engrenage de la pop-music états-unienne et son essence musicale en prit des revers. Entre temps au pays le groupe a fait peau neuve avec l’« Immortel Shleu-Shleu » du maestro-guitariste Serge Rosenthal, de Loubert Chancy (sax), Cubano et Zouzoul (voix), Tifrè Toussaint et Mayala (guitares), Gérald Désir (Tambour), Arsène Appolon (batterie), Frederic Mews (basse), Jacques Baptiste (Tam-tam) pour la relève. Après avoir marqué le pas dans le disque:’’ Tête chauve’’, ils devinrent irrésistibles à travers les disques::‘’Se la ou ye’’,’’Sixième anniversaire’’,’’Ase frape’’,’’A Paris’’etc. ils sont en avance sur leurs devanciers newyorkais, du fait que leur musique ne s’est pas dépouillée de la sensibilité locale et la structure harmonique resta intacte avec le maintien du maestro-guitariste Serge Rosenthal. Leur dernier album:’’Gèp panyol’’ sera repris comme ballon d’essai du « Skah-Shah »., lorsque à leur tour ils vont s’installer à New-York. La 3eme version « Shleu-Shleu », avec les: Rosenthal (Maestro), Gérard Daniel (sax), Zouzoul (Chanteur), Tiyal (guitare) fut très éphémère, et s’est retrouvé tout de suite à New-York pour devenir « Djet-X », (sans oublier cette version bâtarde du survivant Gérald Désir, accompagné des: Janmó, Pétoulet, Tikitetc; dont quelques- uns rallièrent le Shoogar Combo). C’est dire combien les « ShleuShleu » ont marqué leur époque. Jusqu’au temps pas trop lointain où il y avait deux versions se disputant l’héritage. Celle de Thony Moise et l’autre de Smith Jean Baptiste. *** *** *** *** *** *** *** *** Les Ambassadeurs (Port-au-Prince 1966) « La religion des jeunes » C eux-là par contre ont créé tant de remous, en étant le groupe qui a tenu la dragée très haute au bercail 18 avec l’incorporation d’une brass section qui leur couta de renoncer à leur souche musicale. D’où la fin de règne pour le plus prolifique ensemble ‘’mini’’ de son époque. *** *** *** *** *** *** *** *** Les Difficiles pour être proclamé: l”Horizon de l’an 2000’’et, pressenti alors comme le pont qui devait nous prendre du dernier siècle à ce nouveau millénaire: ‘’Ces incroyables Ambassadeurs, vos Ambassadeurs…’’ comme aimait le répéter l’immortel animateur musical Ricot Jean Baptiste sur les ondes de Radio Haïti Inter. Tout d’abord, il y avait dans la première moitié des années 1960 le groupe « Fontana », lequel s’imposa déjà dans les foyers d’étudiants et les groupements de quartier. C’est ainsi que s’introduisirent sur la scène les frères: Bob, Ernst, Claude Ménélas parmi d’autres aspirants de leur temps. Mais lorsque l’ainé, l’accordéoniste Arsène Durosel alla joindre « La Flèche D’Or » de Wébert Sicot, une nouvelle réorganisation s’est imposée. C’est ainsi que naquit en 1966 dans la zone de Cité militaire du bas de Delmas, le plus prolifique groupe des mini-jazz. A cette étape, ils sont rejoints par: Hans Félix (guitare), la voix singulière de Essud Fung Cap, George José à l’accordéon, le versatile batteur Martial Telcide, Jean Robert Louis, Kedner Rampel, Ernst Pierre. Bob Ménélas instillant ses accords austères à la basse et Claude a fait palpiter le tambour avant de remplacer son frère à la basse. Tandis que le multi-instrumentiste-maestro saxophoniste et compositeur Ernst Ménélas guide l’ensemble avec ses bonds et solos avisés. L’ascension fut fulgurante, en peu de temps, ils devinrent le groupe le plus souverain dans l’hystérie du mega-hit ‘’Sizo‘’(Carnaval -67) et aussi ‘’Haiti,’’‘’Pwoblèm mizisyen,’’ ‘’Prekosyon’’etc Et, les sixties touchaient à leur fin et vinrent les Haiti Liberté/Haitian Times remue-ménages avec l’intégration de l’incontournable Pascal Albert qui alla incarner la fabrique vocale de l’ensemble. Sans oublier l’irrésistible Marc Yves Volcy venu remplacer Fung Cap pour constituer ave Pascal le plus sensationnel duo vocal du milieu. Sans compter l’insertion d’un adolescent guitariste appelé Ricardo ‘Tiplum’ Frank, faisant montre de ses traits de surdoué; jouant à la fois en soliste et en accompagnateur. Fort d’un doigté exceptionnel et une technique l’illustrant en futuriste. Sans oublier l’ingénieux pianiste Deddy Bellegarde avec son style orchestral; intérimé pour un délai par Georges Durand, transfuge de « La Ruche de Léogane», dans une approche ‘’tout-terrain’’ qui a produit des adeptes jusqu’à nos jours. Parallèlement, les «Ambassadeurs » dans une eurythmie plus complexe, se situant entre le‘’mini’’ et le ‘’maxi’’(full band ),au fortissimo de ses claviers synthétiques, explorant une variation de la meringue. Au gré d’une tonitruance accrue et un tempo versatile, des structures harmoniques infusées d’une guitare expressive. Un sax aux rêveries latines, mélodies et contre mélodies délivrées par des voix passionnément inspirées, une production féconde, des hits inoubliables et des chansons choyées. : ‘’Non, Je ne veux pas,’’ Plainte,’’ ‘’Revers de la médaille, ’’Fini’’, ‘’Aveux sincères,’’‘’N’oublies jamais’’, ‘’Le temps, la jeunesse et l’amour’’, ‘’Déesse des vents’’, ‘’Libéra d’un amour’’, ‘’Revoir Haiti, c’est mon rêve’’, ‘’Toi,’’‘’Koute m koute m byen’’, ‘’Triste anniversaire’’, ‘’Sois Heureuse’’, ‘’Dis’’, ‘’Obsession’’,’’Mwenpakapab’’, ‘’L’amour, Pourquoi?’’, ‘’Je veux ‘’etc; les consacrent comme les spécialistes du slow. Autant que leurs innombrables tubes: ‘’Quatre heures du matin,’’’’ Roméo et Juliette’’, ‘’Courrier diplomatique’’, ‘’Septième flót,’’‘’Haïti’’,’’ Religion’’, ‘’Anaila’’, ‘’Amour et amitié’’, ‘’Sahadia’’, ‘’Si’’, ‘’Ciao ciao’’, ‘’Regrets,’’ A d’autres saisons ‘’…,’’Comédie’’, ‘’Reziye w’’, ‘’L’adieu’’, ‘’Bonjour sole’’, ‘’Tifi a’’, ‘’Source’’,’’Bobine’’, ‘’Mwen reviv (Apye nou ye)’’,’’Port-auPrince’’, ‘Lajan se w’a et, de tant d’autres. Entre les va-et-vient Henriot Leroy, auréolé de sa voix de charme vint remplacer Marc Y. Volcy; pour ensuite céder sa place à Hammerton Lilavoix fort de son timbre romantique. Mais, c’est surtout le départ controversé de ‘’Tiplum’’ qui allait être un pis-aller pour le groupe. Malgré tout, « Les Ambassadeurs » tinrent bon tout en continuant à sillonner le monde; gratifiant de la bonne musique. Cependant, lorsque le péril antillais sous forme de la cadence lypso frappa à nos portes, il a fallu au groupe de réadapter ses approches (1966 Pétion Ville) « Les Idoles de la jeunesse » ans tous les cas, il en faut bien un bouturage de ces deux groupes apparentés (Difficiles et Gypsies), puisque le second est né á partir d’une dissension avec le premier. Tous deux, intronisés ‘’strings band’’. C’est á dire, dépourvus de ‘’brass’’.A la manière des groupes rock, pop US et de la française yéyé. Pourtant, épris des succès d’outre-mer, lesquels constituaient leur répertoire, « Les Difficiles » ont d’abord exploré le saxophone et firent leur première sortie carnavalesque nantis du succès de S. Adamo: Inch’Allah, vêtus de perruque. C’est dire combien ils furent ‘’cool’’ et dans le vent. Mais au fil du temps, ils changèrent de posture et se sont débarrassés du sax. D’ailleurs, un certain nouveau venu nommé «Tabou Combo » commençait à s’imposer allègrement. C’est ainsi que Henry Célestin co-fondateur, maestro guitariste, compositeur et chanteur au phrasé drôlatique, assisté de Emmanuel ’Mama’ Charles, 2eme guitare, Jean Robert ‘Porky’ Hérissé, basse, Freddy Burr-Renaud ,percussion, Sonny Louis, batterie, Marc Edmé tambour, Billy Dégand choriste et d’un jeune et talentueux guitariste aux solos trépidants et co-meneur Robert Martino dont les cordes florissantes, riches en glissandos ont finalement permis à cet ensemble d’occuper le devant de la scène. En 1971, « Les Difficiles » ont cavalièrement fait du chemin dans une écriture pétillante, un rythme d’acier. Imprégnés d’une guitare solitaire, épris d’envolées solistes et intermittentes, des choeurs emballants et des compositions reflétant les lieux communs. ‘’Se lavi’’, ‘’Refuj mwen,’’‘’Les ombres du temps,’’‘Medam yo,’ ‘Tuyelamp, ‘Telefón’, ‘Kenscoff ‘et spécialement‘Tounen (Men Polo)’ qui pulvérisa tous les records des hit-parades. Ironiquement, c’est l’année même de leur fulgurante grimpée que tout bouscula. Lorsque Robert sous la forme d’un scenario monté avec Pierrot Al-khal et sa sœur Jessie, future beau frère et épouse pressentie, profita d’un simple accrochage avec ’Porky ‘ pour vider les lieux; emmenant avec lui Marc Edmé et Billy Dégand. Malgré tout « Les Difficiles » ne se sont pas avoués vaincus. Avec un étonnant Henry Célestin qui s’acquitta bien à la guitare; jusqu’à la venue du renfort Eddy Woleey, soliste impénitent qui en fit voir autant de D couleurs que Martino, de même que les intégrations du superbe tambourineur Lyonel ‘’tótó’’ Saint-Victor et du percussionniste Philippe Denis. Les œuvres successives eurent également du‘’punch’’ et du ‘’feeling’’: ‘’An Septième ‘’avec: ‘’Bèl bale,’‘Fèfre,’‘’I am sorry’’, ‘’Pou yon bon zanmi, ‘’Cache-cache lubin’’,. Ensuite : ‘’Janbe baryè ‘’contenant aussi:’Mademoiselle voulez-vous danser’’?, ‘’Paka kenbe m,’‘Mwen konnen’, Maladi bweson’,Yon verite,’ Madan Sius’’,Enfant ne cours pas (A cette étape , ils sont rejoints par Raymond Cajuste et Harry Alexandre) . Puis l’album: ‘Vire ron ‘’imbu de: ‘’Sa pa gade m sa’’’, Eksperyans’’, ‘’M’anvi ede w,’’’ Fè chemen w,’’ et le tout dernier, ‘’Kók kalite: comprenant ‘’Fè m konfyans’’’,Haïti mwen’’’, Complément désagrément’’’, Lekòl lage,’’ Sa je pa wè’’.A ce Carrefour, le glas a sonné pour la descendance mini confrontée aux groupes antillais munis de leur armada cuivrée. Et les « Difficiles » devinrent « D.P Express », essayant d’adhérer la filiation subséquente. *** *** *** *** *** *** *** *** Gypsies (1971, Pétion-Ville) « Les conquérants…» Q uant aux « Gypsies », il rallia dès son apparition, l’attestation du grand public avec ses compositions florissantes, une cadence entrainante, des mélopées et contre mélopées, sous l’effet d’une guitare au commande, de surcroit brillante aux éclats harmoniques; aptes á produire des effets lumineux. Durant l’été 1971, après s’être brouillé avec ses amis des « Difficiles », Robert Martino assembla une panoplie de musiciens ressemblant à des ‘’Top models’’, pour gratifier de ses « Gypsies » de Pétion-Ville. Avec: Georges Malval, Marc Edmé, Bob Neff, Billy Dégand, Lesly De-Laleu, Jose Salgado, Rony Ambroise, René Max Charlmers et Pierrot Al-khal etc. C’est le coup de foudre pour la jeunesse qui en fit de ce groupe, ses conquérants dans la sortie de leur premier microsillon comprenant: ‘’Compas 2’’’’, le vrai Bonheur, ‘’’Gypsie san dous’’, La nuit tombe’, ‘Haïti, ‘Déception’, Francine,’‘La femme’, ‘Toi et moi.’’ Fort de ses succès, le nouveau venu de la scène musicale est déjà en demande.Six mois après, ils sont venus s‘introduire à New-York. Mais tout tourna au vinaigre, lorsque une bonne part de l’ensemble déserta pour se fixer au ‘’state’’.Ce qui allait tourner en coup de pouce du destin, puisque le renouvellement des cadres tourna à l’avantage des « Gypsies » qui firent les découvertes du batteur génial Claude ‘’Tico’’Pasquet, du chanteur Max Badet, de Vol 10 # 16 Du 26 Octobre au 1er Novembre 2016 l’indispensable guitare d’accompagnement Reynold ‘’Sensen’’ Nader ainsi que du faiseur de la chaude ambiance, Pedro Souffrant. Une époque qui coïncida à l’été chaud de 1972 où le groupe mit la foule au bord de l’émeute lors du ‘’Carnaval des Fleurs’’, dépassant tous les suffrages avec un ‘’Tico’’ au sommet, un Robert inspiré et tout l’ensemble dans le coup. A l’étape du second album, contenant: ‘’Patience’’,’Passe le temps’’, ‘’Reproche’’,, ‘’Lapriyè’,’ Gagotte’ Rève’, ‘Express way’, ‘Don Thob’, ‘Move zanmi’‘A kote’etc, le groupe est sur orbite et devient un phénomène national. Sur cette lancée, sortit le microsillon: “Courage’’, avec: ‘’Plaisir d’antan’’, ‘Incapable d’aimer’, C’assa’, ‘Femme banda’, ‘A coup sûre’, ‘Siècle moderne‘’etc. Lequel fit des « Gypsies » les conquérants du milieu ambiant. Tout en leur donnant des idées, comme celle d’aller confronter l’ogre « Tabou » et l’irrésistible « Skah-Shah », sur leur propre terrain. En effet, la fin de la première moitié des seventies a vu les Gypsies aussi dominants au bercail; où le « Bossa » commença à se faire des muscles, et le « Super 9 » se faisait menaçant. C’est ainsi qu’ils sont allés s’installer à New-York où ils ont produit le superbe disque:’’ La tulipe’’, comprenant: ‘’Si demain’’, ‘’Sabotage, ‘Espoir’, Dime’, A ma fille, ‘’Pakole.’’ Apparemment, les new-yorkais ne furent pas aussi épatés que les locaux si fous de leurs « Gypsies ». De retour au bercail et amputés de Tico, Malval, Edmé et Dégand remplacés par Coulotte, Kiko, William Jean, ils sortent l’œuvre:’’ Fierté’’, contenant: ‘’Vacance,’’ A’’zakidamkelele’, Fanm modèn’, Résignation,’’ Vireron’’, dans un atmosphère musicalement saturé. A tel point, que le morceau Classified Directory ATTORNEY/ LEGAL REAL ESTATE Attorney. Buy/Sell/ Mortgage Problems. Attorney & Real Estate Bkr, PROBATE/CRIMINAL/ BUSINESS- Richard H. Lovell, P.C., 10748 Cross Bay, Ozone Park, NY 11417 718 835-9300 LovellLawnewyork@ gmail.com AUTO DONATIONS Donate your car to Wheels For Wishes, benefiting Make-A-Wish. We offer free towing and your donation is 100% tax deductible. Call (855) 376-9474 EDUCATION ‘Vireron’’ s’est trouvé aussi sur le disque des « Difficiles »; ayant été composé à une époque où Robert était partie intégrante de cet ensemble. Tout en prouvant que l’inspiration diminuait. Pas étonnant que ce fut aussi le dernier album du groupe. Un ultime baroud avec une nouvelle formation composée de: Al-khal, le seul survivant, Claude Marcelin, les frères Polis et Robert Nozile, Edner Coulotte, Toto Laraque etc, avec l’album :’’Loa ‘’, qui ne fit pas mouche. A cette étape, les groupes antillais aux armadas cuivrées ont envahi l’espace sonore natale. Ce fut la fin de cycle pour « Les Gypsies » (comme pour leurs frères ennemis « Les Difficiles »). Lesquels se sont mués en « Scorpio » (et en « DP Express »), munis de’’ brass section’’. Mais, la lourdeur de ces ‘’full band’’ en mutation n’avait pas la clarté de ces ‘’strings band’’ éclaireurs. REAL ESTATE Tel: 718-421-0162 WATERFRONT LAND! 5 acres -$99,900 Unspoiled lake, next to State Land, just 3 hrs NY City! Private wooded setting! Build, camp or invest! 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Par Ed Rainer Les Shleu-Shleu (Port-au-Prince, 1965) « Le pionnier des mini-jazz » N ’ayant vécu qu’une décade, la génération ‘’mini’’ a quand même laissé une empreinte non-négligeable dans la musique locale. Spécialement en s’intronisant dans une phase transitoire de la musique urbaine. Lorsque les groupes traditionnels soient, perdaient de l’élan ou s’expatriaient á l’étranger á cause de la fureur démentielle de ‘’papa doc’’et des tontons macoutes qui en avaient marre des vogues ambiantes, en y imposant les galères. Préférant que les jeunes s’y habillent tous de ‘’gros bleu’’. C’est ainsi qu’un peu comme notre ‘’Motown sound’’, cette tendance fit irruption avec son romantisme et sa musique en ‘’Tropicalismo’’ pour la délectation d’une jeunesse qui voulait noyer ses cauchemars dans ces notes légères mais si envoutantes. Ses textes naïfs à l’eau de rose, au lieu de se parler par signes. Cependant au comble de l’ascendance yéyé, un groupe d’étudiants du Bas-Peu-deChose a choisi de préférence l’effusion ‘’konpa’’. C’est ainsi que le doyen « Shleu-Shleu » fit irruption sur la scène musicale; fort de sa sonorité particulière, son tempo attrayant. Une basse un-deux, un sax á la ‘’Los Diplomaticos’’. Des guitares qui s’alternent, un lyrisme et des voix imprégnés de dadaïsme et, une musique entrainante et syncopée pour perpétuer la version moderne du konpa dirèk. Vous dites! Pour l’histoire, rappelons que c’est Nemours luimême qui vint avec le vocable mini-jazz, lorsque suite à une prestation des « Shleu-Shleu », en lever de rideau de son orchestre, il déclara à Dada Djakaman impresario du nouveau groupe à qui il avait prêté ses instruments usagés:’’ Toi Dada tu es tellement entiché de mon groupe que tu as formé un mimi-jazz’’. En bon doyen, les « Shleu-Shleu » se sont installés á l’avant garde d’une approche qui a fait boule de neige. La première formation est composée de : Thony Moise (sax), Peddy et GwoBebe (voix), Serge Rosenthal et Milot Toussaint (guitares), Léon Millien, (basse), Clovis (Tambour), Smith Jean Baptiste (batterie), Franky J. Baptiste (Tam-tam). Gravant deux superbes albums: ‘’Haïti, terre de soleil’’, et ‘’Haïti, mon pays’’; avec des morceaux aussi sertis que: suite à la page(18) RED HOOK SHIPPING SHIPPING FULL CONTAINER LOADS & VEHICLES TO HAITI, JAMAICA, GUYANA AND THE REST OF THE CARIBBEAN ISLANDS Boxes ● Barrels ● Containers ● Vehicles Direct shipping from Brooklyn, NY to Haiti We own 3 ships: Sloman Rover, Trans Gulf & Glamor. 973-690-5363 YON KONEKSY O N DIREK POU HAITI WEEKLY SAILING FROM NY & NJ PORTS FASTEST TRANSIT TIME IN THE INDUSTRY Direct to Port-au-Prince, Miragoâne & St. Marc 12 DAYS TO HAITI We specalize in shipping full container loads with personal effects, household goods, commercial cargo, cars, trucks, buses from NY port to Haiti every week, sailing time 10-12 days. 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