Brou Benoit
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Brou Benoit
1 SOMMAIRE INTRODUCTION...................................................................................................................................................4 I. MÉTHODE..........................................................................................................................................................5 1. MISE EN PLACE DES OUTILS ET ACTIONS....................................................................................................................5 A. Le questionnaire..........................................................................................................................................6 B. La visite ......................................................................................................................................................7 C. Les entretiens............................................................................................................................................10 2. COMMUNICATION................................................................................................................................................11 II. RÉSULTATS....................................................................................................................................................14 1. LE QUESTIONNAIRE..............................................................................................................................................14 2. LES CARTES MENTALES........................................................................................................................................18 3. LA VISITE..........................................................................................................................................................20 4. LES ENTRETIENS..................................................................................................................................................22 6. LES LIMITES.......................................................................................................................................................25 III. BILAN/PERSPECTIVES..............................................................................................................................27 CONCLUSION......................................................................................................................................................30 ANNEXES..............................................................................................................................................................31 1. Synthèse cartographique des questionnaires.........................................................................................31 2. Les entretiens........................................................................................................................................34 3. Affiche..................................................................................................................................................40 4. Cartes mentales.....................................................................................................................................41 2 Nous remercions à Mme Hocquet de Lajartre, Maire de Bouchemaine, pour nous avoir proposé ce projet dans le cadre de notre formation, Nous remercions Renaud Bourget pour nous avoir suivis au long de cette étude. Nous remercions également le Conseil des Sages pour avoir participer à la visite du site de la Piverdière. Nous remercions Hervé Davodeau, Monique Toublanc et David Montembault pour nous avoir suivi tout au long de ce projet et pour leurs conseils. 3 Introduction Le site de la Piverdière est un espace de 30 hectares composé de trois plateaux localisés en front de Maine sur la commune de Bouchemaine. Actuellement en friche, le site accueillait une exploitation horticole. Le foncier appartient à ce jour à la commune de Bouchemaine. Les élus de Bouchemaine souhaitent entreprendre des aménagements sur ce site. Un groupe de travail composé de membres institutionnels, d’élus, de représentants de conseil de villages, et d’associations (LPO, Protection Val de Maine) a été créé afin de réfléchir aux différentes éventualités. Cependant la commune n’est pas à sa première intention d’aménagement sur le site ; des projets touristiques ont été proposés, mais ont avorté suite à des études de faisabilité et notamment à la mobilisation des habitants contre ces propositions. Conscient des enjeux paysagers et des sensibilités conflictuelles sur un tel site, la commune souhaitent, pour mieux répondre aux attentes des habitants, s’engager dans un processus de concertation. Ce dernier a été amorcé à l’occasion d’un atelier inter-écoles qui s’est déroulé du 26 au 30 octobre 2009 à Bouchemaine. Des étudiants paysagistes des écoles d’Angers, de Versailles et de Bordeaux ont travaillé sur la conception d’outils d’aide à la participation qui sont les suivants : - un questionnaire - des blocs diagramme - des photographies et des photos montages - une maquette du site Cette présente étude fait suite à cet atelier inter-école. Cinq étudiants du master 2 « Paysages et Médiations » de l’Université d’Angers et de l’INHP, ont travaillé, de novembre à décembre 2009, sur la mise en application d’outils de participation. Les objectifs de l’étude sont d’une part d’impliquer les habitants dans une démarche de participation, et d’autre part, d’identifier les avis et les attentes des habitants sur le site de la Piverdière. 4 I. Méthode Pour organiser le travail de médiation sur le site de Piverdière, un calendrier a été mis en place après la semaine de travail sur les méthodes et outils de participation. Nous y avons retenus plusieurs outils pour démarrer le travail de médiation sur le site. Il fallait avant tout rassembler les habitants et savoir s’ils connaissaient ce lieu, c’est pourquoi nous avons mis en place une méthode de mobilisation. Lundi 2 novembre 2009 Début de la mission Préparation du questionnaire Préparation de la sortie terrain Visite terrain avec le Conseil de Sages Pose des affiches Samedi 21 novembre 2009 Dimanche 22 novembre 2009 Atelier 1 : discussion Atelier 2 : parcours découverte Distribution des tracts Samedi 28 novembre 2009 Dimanche 29 novembre 2009 Atelier 1 : discussion Atelier 2 : parcours découverte Analyse des résultats Entretiens avec agriculteur et la LPO Jeudi 17 décembre 2009 Restitution - Fin de la mission 1. Mise en place des outils et actions Les outils utilisés ont été le questionnaire, un livret pour les visites incluant entre autre une photographie et un bloc diagramme. La mise en place de ces actions s’est déroulée en plusieurs phases afin de permettre un résultat satisfaisant. La méthode de concertation et de recueil des représentations sur la commune de Bouchemaine ont été menées selon les principes d’une double approche. L’aspect quantitatif du recueil d’information, étant 5 donné le temps à parti pour l’étude, ne pouvait être suffisamment développé. L’effort s’est donc attaché à explorer le plus large échantillon de population : la diversité de la population comme moyen de réunir diverses opinions et représentations. La seconde approche considère que certains acteurs, dits « acteurs privilégiés », ont un regard expérimenté sur le projet méritant d’être pris particulièrement en compte. C’est pourquoi, l’ensemble des citoyens de Bouchemaine ont été, sans distinction de lieux d’habitation et d’âge, concernés par notre démarche ainsi le conseil des sages, la LPO, un agriculteur et la base nautique. Pour mener à bien la concertation, des outils ont été mis en place. La diversité des informations à recueillir nécessitait d’établir un panel large d’outils. Les impressions sensibles des citoyens sur le site ont pu être recueillies grâce à des visites de la Piverdière. Les visites de terrain, par leur approche concrète au site, permettent de rassembler les points forts et faibles du site selon les citoyens. D’autre part, la visite, telle que menée, révèle certains éléments de paysage inconsidérés et, inversement, remarqués. La ligne directrice du déroulement de la visite vise à refléter la Piverdière comme un site en continuel évolution. Ce postulat facilite l’expression de besoins et des attentes des participants. Les entretiens régissent les représentations à l’échelle de la commune et sans lien matériel au site de la Piverdière. Les représentations sur la Piverdière obtenues font appel à une réflexion à l’échelle de la commune où les attentes et les besoins des citoyens sont exprimées globalement. Les pratiques des citoyens, comme dans les entretiens, sont recueillies lors des questionnaires afin de mieux comprendre leur représentation. Les informations délivrées par cet outil sont moins ouvertes que celle de l’entretien. Cela permet un traitement des données plus aisés et également de recueillir une plus grande quantité d’information. A. Le questionnaire Le questionnaire a été réalisé en plusieurs phases. Tout d’abord il a fallu lui donner un sens et savoir quels étaient les intérêts premiers à en dégager. L’avantage d’un questionnaire quantitatif est de révéler concrètement la part des personnes interrogées ayant répondu à une question de type fermé. Bien qu’exploitable, ce procédé peut avoir tendance à tronquer, ou déformer la réalité quant à la perception réelle et individuelle des espaces étudiés. En clair, lors du traitement, il est possible de faire mentir les chiffres et par conséquent de traduire la pensée de l’interviewé de façon erronée. 6 Le choix c’est donc naturellement orienté vers l’adoption de questions ouvertes, permettant une analyse ultérieure du questionnaire de façon qualitative. De plus, cette approche permet de ne pas « influencer » le questionné dans ses choix. Des questions semi-fermées, ou a choix multiples ont été posées pour orienter, mais sans interférer sur le « regard » de l’interrogé. Enfin, ce type d’enquête demandant un temps plus long et une interaction quasi induite, pour éventuellement aller au-delà de celle-ci, la volonté a donc été de la faire de façon semi-directive, dans le cadre d’un échange, plus que celui d’un simple questionnement. Pour appuyer certaines questions, le questionné a été mis à contribution pour indiquer sur une carte les différents lieux remarquables de son point de vue. Au-delà des mots, la « confrontation » à un outil connu de tous, la carte topographique, peut se révéler utile. Plus qu’un questionnaire, cet ensemble de questions correspond davantage à une enquête d’opinions sur la commune de Bouchemaine. Cette enquête se divise en quatre grandes parties, avec dans un premier temps la fiche d’identité de l’interlocuteur, dont le but était de recouper les informations avec celle du deuxième atelier, la visite guidée du site. Puis, la seconde partie traite de l’attachement au paysage, qui traduit le degré d’appartenance de l’individu à ces espaces. Ensuite, la troisième partie s’applique aux valeurs et dynamiques du paysage. Le but étant ici de déceler l’appropriation des espaces, d’un point de vue qualitatif (affectif) et temporel. Enfin, la dernière partie interroge sur le site de La Piverdière, objet de l’étude. A travers cette enquête, il a été possible d’évaluer comment les personnes interrogées vivaient et se représentaient les paysages de la commune et du site de la Piverdière. De là découle une projection de ce que pourraient devenir ces espaces, en accord avec les attentes et par conséquent, des idées de projets. Le jeu d’échelle ici prévaut, en passant des valeurs représentations liées au paysage, du global (commune) au local (site). et B. La visite La visite du site est importante car elle permet d'avoir une meilleure impression des habitants sur le site par rapport à ce que peut apporter le questionnaire. Elle leur fait soulever de réels questionnements, et permet aux personnes d'intérioriser le lieu et d'être plus à même de comprendre les enjeux de ce territoire. 7 Plusieurs visites du site de la Piverdière ont été organisées dans le but de recueillir les perceptions et les idées d'aménagement des habitants de la commune pour ce lieu. Les visites étaient ouvertes à tous. Les dates retenues furent les dimanches 22 et 29 novembre 2009. Deux visites étaient faites dans la journée : une à 10h, l'autre à 15h. Une durée de 1h30 était prévue. Des affiches ont été posées dans les commerces de la ville, et 200 tracts distribués dans des boîtes aux lettres. Une visite a été organisée avec le Conseil des Sages de Bouchemaine le lundi 16 novembre 2009 après-midi. Sept membres ont participé. Ce parcours a été pour nous, un essai afin de vérifier son fonctionnement et celui des livret de recueil de perceptions. Nous avons décidé de faire des visites de terrain avec la population afin de recueillir des données de perceptions du lieu. Pur le public, nous les avons appelées « Parcours découverte ». Il semblait nécessaire d'accompagner la visite d'un livret. Il nous permet de recueillir par écrit les perceptions que chaque visiteur a du lieu mais aussi les idées d'aménagements qu'il propose. Nous avons décidé de définir des arrêts précis pour remplir le livret, afin de pouvoir croiser les regards d'un même espace précis dans l'analyse des résultats. Quatre lieux ont été choisis, que nous avons nommé « Regards ». Une page du livret est à remplir à chaque lieu. Le rendez-vous était au parking du cimetière paysager. En descendant jusqu'au chemin de halage, la discussion se faisait autour de la superficie du site, ses propriétaires, de la fauche des prairies et de leur inondabilité. Le « 1er regard » se situait sur les prairies inondables au pied du chemin de halage. Ici le visiteur notait ses ressentis (vue, ouïe, sensation...) par des mots ou phrases. Après la première visite avec le Conseil des Sages, nous avons décidé que les personnes devraient noter leurs ressentis à chaque regard. Par la deuxième question nous demandions si d'autres activités, que celle de la fauche, semblaient envisageables sur cette prairie et lesquelles. Le but de cette question était de voir si les personnes avaient conscience des inondations sur la prairie, et connaissance de la présence du Râle des Genêts aux alentours. Ensuite, un dessin/croquis de ce qu'elles voyaient était à faire sous l'angle de vue qu'elles désiraient. Par ce dessin, l'objectif est de voir quels étaient les éléments du paysage que les personnes remarquaient et auxquels elles prêtaient attention. Avec des encouragements pour dessiner, les personnes qui appréhendaient le dessin, se laissaient porter par cette action. 8 Le parcours continuait sur le chemin de halage. Puis arrivé au pied du coteau rocheux, la visite se poursuivait via le chemin qui monte au plateau bas. La difficulté était le passage à escalader les arbres tombés les uns sur les autres au travers du chemin. Le « 2ème regard » se passait sur le plateau bas. Les personnes s'arrêtaient souvent dès l'entrée sur le plateau, mais un mouvement de la part des animateurs pouvait amener celles-ci à avancer davantage sur les lieux. Après avoir demandé les ressentis du lieu (cf « 1er regard), venait une question sur les aménagements qui pourraient être envisagés sur ce site. Il était à cocher « un jardin botanique, un potager/vente direct, une exploitation horticole, une aire de jeux, un bois, des habitations, laisser en l'état » Une case « autre » permettait aux personnes de noter leur propres idées. Nous avons choisi d'inscrire des idées d'aménagement sur le livret, d'abord parce que les gens n'osaient pas toujours marqué leurs propositions, puis pour provoquer des réactions à ceux-ci. La question suivante demandait si un panorama pouvait être mis en valeur à partir de ce lieu et pourquoi. De ce lieu, il y a une vue sur la château, ainsi qu'une vue sur la Maine qui est actuellement cachée par des arbustes. Le « 3ème regard » se situait sur le plateau intermédiaire. Encore une fois, les ressentis étaient à exprimer sur le livret. De ce plateau, on voit le château de près. Les questions posées était celle sur la connaissance au préalable de ce bâtiment, et si celui devrait être intégrer ou non au site de la Piverdière et pourquoi. Une photographie (en noir et blanc) de ce plateau était imprimée sur cette feuille. Y étaient représentés la friche, le château au fond, des arbres, et haies entourant le plateau. Les personnes devaient entourer en vert les choses qu'elles aimaient et en rouge ce qu'elles n'aimaient pas. La visite se poursuivait par le chemin à travers le bois. Le « 4ème regard » était sur le plateau haut. De là, on remarque l'étendue de surface de ce plateau, la route D111, le bâtiment à l'abandon, l'école d'art floral de la Piverdière, le bois. Les ressentis étaient à nouveau demandés. Là également, les personnes devaient cocher ou inventer quels aménagements ils imagineraient sur ce plateau. Y étaient préalablement notés préalablement : une salle polyvalente, un agrandissement de l'école d'art floral, des habitations, une exploitation horticole, laisser en l'état, rien, autre. Enfin, il était demandé s'ils aimeraient habiter ici et pourquoi. Le parcours continuait en allant au belvédère, en montrant deux points de vue. Les personnes reprenaient leur carnet pour noter de nouvelles impressions sur ce 4ème regard. Ici il leur était demandé d'écrire, en localisant sur le blocdiagramme, les propositions d'aménagement qu'ils avaient. 9 À la suite de cela, leurs impressions positives et négatives à propos du site étaient à écrire sur la dernière page du livret. La fin de la visite se faisait par la route D111 en rejoignant le parking du cimetière paysager. Pour compléter entre autre ces visites et leurs informations, deux entretiens ont été effectués par la suite. C. Les entretiens L’entretien est une méthode d’enquête venant compléter et affiner les autres outils mis en place dans notre démarche. Cette méthode se distingue et prend sens par le fait qu’elle favorise le dialogue entre l’acteur et les enquêteurs. Un climat favorable à la discussion est instauré lors de cet exercice. L’acteur peut alors s’exprimer librement et dépasser les limites du sujet pour livrer ses représentations et ses perceptions. Les enquêteurs assurent le déroulement de l’entretien par une écoute active et par des relances sur les points et les concepts à approfondir. S’appuyant sur ces principes, les entretiens menés pour cette étude se sont efforcés à recueillir le maximum d’informations sur les représentations des acteurs sur la commune de Bouchemaine, ses paysages et le site de la Piverdière. Les questions posées balayent, dans un premier temps, l’activité de l’acteur, sa place dans le paysage de Bouchemaine et l’image générale qu’il a de la commune : nous pouvions ainsi connaître l’acteur et le mettre en confiance par des questionnements simples. Cette approche essaye de répertorier les perceptions positives comme négatives de l’acteur sur la commune. Ainsi, lorsque sera abordé l’aménagement de la Piverdière, l’acteur aura mené une réflexion préalable lui permettant de cadrer ses propositions en fonction de ses représentations mais aussi selon le diagnostic qu’il aura établi. Les propositions sont alors contextualisées et rationalisées entre les envies, les besoins et les contraintes. D’autre part, l’exercice d’entretien semi-directif permet de poser des questions ouvertes qui sont propices au recueil des besoins des acteurs sur la commune. Afin de compléter ces représentations, les enquêteurs mettent en perspective des projets d’aménagements conflictuels pour nourrir les recueils d’informations. Les entretiens se sont déroulés contact avec l'acteur. Nous avions dans un premier temps, décider d'interroger un agriculteur. D'abord pour la raison que nous n'avions pas eu l'occasion d'avoir leurs perceptions du territoire, durant les visites et questionnaires, ensuite parce que c'est un acteur important sur la commune qui possède un territoire agricole assez vaste. Deux jours après le contact téléphonique, nous obtenions un 10 rendez-vous avec un agriculteur vivant et exploitant sur la commune de Bouchemaine. Dans un deuxième temps, nous souhaitions voir la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), dont leur local est installé sur la commune et qui est actif sur le territoire. Après visite au local de la LPO, nous avons obtenu, trois jours plus tard, un entretien avec un technicien. Par manque de temps, nous n'avons pas pu interviewer davantage de personnes. Nous aurions souhaité avoir les avis d'un autre agriculteur et d'au moins trois habitants des trois noyaux de la commune, soit du centre-bourg, de La Pointe et de Pruniers. Pour conclure, suivant un calendrier précis, divers outils ont été mis en place afin d'arriver à percevoir les paysages de la commune de Bouchemaine et du site de la Piverdière par les habitants, avec un questionnaire, des visites et deux entretiens. Pour amener les habitants à utilisés ces outils, une communication a été faite par des affiches et des flyers. Les informations récoltées sont analysées dans la partie suivante. 2. Communication La communication doit toucher un large panel de gens, afin d’avoir la représentation la plus juste possible de la commune. Cette phase permettra de connaître le degré de motivation des habitants à participer. Nous avons décidé de nommer notre enquête de manière à ce que les personnes puissent mettre un nom à cette étude et aux activités proposées. Le nom choisi est « Confluence de regards ». D'une part, car l'on est à la confluence de la Maine et de la Loire, élément important de la commune, et que l'on souhaite recueillir des perceptions, donc des regards. L’affiche de communication Caractéristique de l’affiche : Format : A3 Quantité : 10 affiches Dates de mise en place : entre le lundi 16 novembre 09 et le mercredi 18 novembre 2009 Lieux : - Centre-bourg de Bouchemaine (pharmacie, boulangerie, bar, supérette, mairie) - La Pointe (boulangerie) - Centre commercial de Pruniers (pressing, bar, boulangerie, supérette) Nombre de personnes touchées : 2 11 Des gros titres pour une lecture rapide Attrait de l’affiche (titre accrocheur, démarcation par un code couleur originale, côté graphique) Informations détaillées pour une lecture plus précise Identification des auteurs (logo de la ville et de l’école) Caractéristique du flyer (ou tract) : Format : A6 Quantité : 200 flyers Date de distribution : le lundi 23 novembre 2009 Lieux : boîtes aux lettres de la commune de Bouchemaine - La Pointe (30 flyers) - Centre-bourg de Bouchemaine (70 flyers) - Pruniers (50 flyers) - Val de Maine (50 flyers) Nombre de personnes touchées : 1 Les rendez-vous téléphoniques Un rendez-vous a été pris avec le Conseil des Sages pour organiser une visite sur le site de la Piverdière. Le Conseil des Jeunes n’a pas pu être mobilisé, étant donné que celui-ci ne se rassemblait qu’à la mi-décembre, ils leur étaient donc impossible de participer aux visites. Nombre de personnes concernées : 7 Sachant que l’ensemble des acteurs n’étaient pas questionnés, nous avons réalisé, à la suite des ateliers, des entretiens particuliers avec un agriculteur et un technicien de la LPO. Nombre de personnes concernées : 2 12 Aborder les habitants Durant le samedi 21 et 28 novembre, nous avons questionné des habitants à la médiathèque de Bouchemaine, et le long du chemin de halage. On constate que peu de personnes ont été mobilisées par les affiches et les flyers. Quelques suppositions explicatives peuvent être émises : - les emplacements choisis ne permettaient pas une bonne visibilité - l’affiche n’est peut-être pas assez claire, percutante, notamment par un manque de visibilité des auteurs - la communication s’est fait trop tardivement pour que les habitants voient les affiches - le refus des gens de participer et/ou de se déplacer (pour diverses raisons) Pour améliorer la communication, il semblerait judicieux de : - poser davantage d’affiches - commencer la communication 4 semaines avant le début des ateliers afin de permettre aux habitants d’en prendre connaissance ; le but étant de favoriser le bouche à oreille. - utiliser d’autres outils de communication, tel que le magazine de Bouchemaine. Pour conclure, la phase de communication est somme toute aussi importante que les outils qui seront mis en place dans le but qu’un maximum d’habitants les utilisent. Le questionnaire, la visite et les entretiens ont été utilisés suivant le calendrier et construits selon une certaine méthode. 13 II. Résultats Les résultats sont les analyses des éléments récoltés sur le terrain. Ils sont classés par ordre chronologique de leur récolte et interrogent sur les perceptions du site par les populations. 1. Le questionnaire Les informations récoltées sur le questionnaire ont été rédigées en partant des réponses des habitants de l’agglomération d’Angers puis celles des habitants de Bouchemaine. Dix-huit questionnaires ont été remplis par les habitants de Bouchemaine et huit par les habitants de l’agglomération d'Angers. °Les paysages les plus représentatifs de la commune et la raison de ce choix (question 5 et 6 du questionnaire) : Les habitants de Bouchemaine : Les paysages les plus représentatifs de la commune, pour les habitants de Bouchemaine, sont les bords de Maine et La Pointe en majorité, ce qui montre que les habitants savent l’appartenance de Prunier et de la Pointe à la commune de Bouchemaine. La confluence vient après, ainsi que les trois ponts, le bourg et ensuite, la Loire, le chemin de halage, l’Abbaye, le quai. On est ici en majorité en présence de paysages observés d’un point fixe ou quotidiennement plutôt que sur un trajet (de loisir…) comme l'étaient les habitants de l’agglomération car ils connaissent les lieux ou bâtiments en dehors des grandes voies de communications. Pourquoi ? Il n'y a pas de réponses qui se détachent les unes par rapport aux autres. Un listing de réponses avec l’architecture et le naturel se détachent légèrement. Cependant le calme, les animaux, le cadre, l’accès… définissent les paysages emblématiques. L’architecture ainsi que le cadre revient, alors que c’est la confluence l’élément emblématique. On a donc une vision large de la Maine en incluant les rives. Les habitants de l'agglomération : Les paysages les plus significatifs sont en priorité le centre ville avec le pont (lieu de passage), le centre ville avec les bords de Maine. La Pointe y tient également une bonne place mais est en déficit par rapport aux autres paysages emblématiques de la commune car, dans l’esprit des personnes, ce lieu n’est souvent pas considéré comme rattaché à Bouchemaine, comme Prunier peut l'être. De plus, les personnes non résidentes de Bouchemaine sont marquées par le relief et l’embouchure de la Loire et de la Maine. 14 Pourquoi ? Tout d’abord parce que ces paysages sont des espaces de loisirs : les bords de Maine avec la Mairie, le calme, la verdure ainsi que les services de restauration. Un peu moins de la moitié des réponses tournent autour du trajet effectué par les habitants et de la proximité avec Angers. °La qualification de la commune (rurale ou urbaine, question 7 du questionnaire) : Les habitants de Bouchemaine : Pour les réponses correspondant à la qualification de la commune comme étant rurale ou urbain, les habitants de Bouchemaine ont répondus qu'elle était autant urbaine que rurale avec 5 réponses minoritaires vers le rural et 2 vers l’urbain. Les justifications sont redondantes avec la proximité d’Angers, l’absence de campagne et de grands ensembles : une commune périurbaine en somme. Les habitants de l'agglomération : Pour la moitié des réponses, Bouchemaine est considérée comme une commune périurbaine avec une place égale de l’espace rural et urbain. Le sentiment d'être à la campagne peut s'expliquer par le calme, la densité de population, les habitations et l’absence d’un imaginaire personnel de l’espace rural. L’espace urbain n'est pas qualifié comme tel, peut-être parce qu'on on n’y trouve pas de grands ensembles. Une réponse qualifie Bouchemaine de commune exclusivement rurale. Et une autre personne, vivant dans la campagne bouchemainoise, qualifie la commune comme totalement urbaine. Une remarque qui est aussi bien mentionnée par les habitants de Bouchemaine que ceux de l’agglomération est que le péri-urbain construit un paysage ni rural, ni urbain. Bien que l’espace péri-urbain soit entièrement artificialisé, les personnes interrogées ne le considèrent pas comme totalement urbain parce qu'il se situe à proximité d'un espace rural. ° Les lieux de promenade les plus attractifs et leurs fonctions pour les habitants (question 8 et 9 du questionnaire) : Les habitants de Bouchemaine : Les itinéraires paysagers tournent tous autour de la Maine jusqu’à la confluence ainsi que hors de la commune (vers Béhard ou les prairies de St Gemmes). Mais c’est en grande majorité le chemin de halage qui ressort. Paysage du quotidien, les bords de Maine sont utilisés pour se ressourcer, se dépenser physiquement, mais également pour prendre l’air en famille ou entre amis et pour la prise de photos. Les habitants de l'agglomération : Les trajets sont les mêmes que pour les habitants de la commune, avec quelques différences dans lesquelles le reste de la commune n'est jamais citée. Il est donc très rare 15 que des habitants d’une commune voisine se promènent à l’intérieur des terres, ce qui explique en partie l’importance des réponses de la question précédente qui affirme qu’il n’y a pas de campagne à Bouchemaine. La majorité des trajets effectués ont pour but l’observation de la faune, de la flore et des paysages. Ils permettent également de se ressourcer et de se dépenser physiquement. La promenade entre amis et famille, ainsi que l’arrêt pour la pêche ou la pause du midi avec restauration ou pique-nique est important et appuie le fait que la commune peut-être considérée comme une zone de loisirs et de détente pour les habitants de l’agglomération. ° Valeurs et dynamiques du paysage (questions 11 à 15 du questionnaire) : Les habitants de Bouchemaine : Les réponses sont enrichies dès qu’on parle de changement de paysage pour quelqu’un qui habite véritablement la commune. Les transformations vues comme importantes sont le centre bourg (médiathèque et place de l’église) et l’extension des habitations. Ce qui diffère par rapport aux réponses des non résidents de Bouchemaine, c'est que certains aménagements sont cités (comme le goudron sur les routes et les modifications du bourg de Prunier, de la Pointe ou de la base nautique). Les paysages les plus déplaisants sont également nombreux mais la grande majorité des personnes interrogées n’en voient pas. On a par ordre des lieux les plus cités : les bâtiments pétroliers, les lieux de résidences, la Piverdière, le centre bourg, le chemin piétonnier et le rond-point. Il n'y a pas de grands éléments défauts dans le paysage quotidien, car ils passent soit par une intériorisation des éléments soit par une vision plutôt globale et positive des paysages de la commune. Des friches sont connues, celle de la Piverdière en priorité mais également entre la Loire et la voie ferrée et le complexe pétrolier. Moins de la moitié des personnes n’en connaissent pas, ce qui est soit un problème de vocabulaire, soit encore une fois une vision globale de la commune. Les panoramas sont diversifiés. On cite encore la confluence et le pont du bourg en tête, mais aussi une quantité d’autres lieux avec par ordre quantitatifs de réponses : le centre de Prunier, la Piverdière, la pierre Bécherelle et les coteaux, puis le pont désaffecté, la croix du lac de Maine, le moulin et le parc du Petit Serrant. Des points de vues à l’extérieur de la commune, mais avec vue sur cette dernière, sont localisés, ce qui montre une certaine connaissance des lieux à proximité, et des panoramas dans les terres par une certaine population. Les habitants de l'agglomération : Les modifications du paysage viendraient, pour une majorité des personnes interrogées, de l’expansion urbaine avec la construction de lotissements, et pour une minorité cela viendrait de l’aménagement du centre bourg. Sinon il n'y a pas de constatations particulières. Les paysages les plus déplaisants sont les lotissements amenant un paysage neuf et aménagé sur une trame plutôt historique. Donc les réponses sont toujours en lien avec le paysage-loisir 16 de la commune, où les aménagements pour les autochtones et l’expansion urbaine détériorent l’image recherchée de la commune par les habitants du bassin de vie. Certaines personnes n'ont pas connaissance des friches mais principalement de panoramas (vue du pont de « Prunier » (appelé aussi pont « des américains » du « Petit Anjou »). ° Le site de la Piverdière (questions 16 à 27 du questionnaire) : Les habitants de Bouchemaine : Le site de la Piverdière est connu, surtout parce qu’ils sont habitants de la commune, que c’est sur leurs trajets, et qu’ils connaissent l’école. Une minorité le connaît car c’est un lieu de promenade, de fête de famille ou encore de squat. Seulement trois personnes n’y ont pas vu de changement, sinon ils y connaissent les anciennes serres et une certaine dégradation liée à celles-ci. Le paysage de la Piverdière s’est dégradé pour plusieurs causes, probablement parce que l’absence d’activité dénote un mauvais paysage, qui n’est pas productif ou tout du moins pas utilisé, parce que ce site peut offrir de grandes potentialités d’aménagements (par sa taille…) et qu’il n’est pas utilisé…. Les personnes ont eu connaissance de projets sur ce terrain, grâce au journal communal que les habitants de l’agglomération n’ont pas. Ils ont pu y lire les projets touristiques, qui se sont souvent transformés en bungalows ou hôtels dans les l’esprit des gens. Le projet de la salle polyvalente est moins connue, mais l'est tout de même, peut être l’œuvre des rumeurs. Les attentes sont nombreuses sur le site et certaines sont complémentaires à d’autres, comme par exemple : la préservation de l’environnement avec l’accès au belvédère, pas de constructions mais des éoliennes ou un jardin, plus d’accès pour les piétons et mieux intégrés au chemin de halage. En majorité une activité de loisir type parc est ressortie des réponses. Trois personnes n’ont pas d’attentes. Les habitants de l'agglomération : Peu d’habitants connaissent le site de la Piverdière. La moitié connaît le chemin de halage et certains la RD111. Très faiblement sont au courant de projets sur ce site (vaguement touristique), ils ont certaines attentes comme un parc, des constructions ou encore des toilettes sur le chemin de halage, et ne souhaitent pas y voir de zone industrielle. Ceux qui ont connaissance du site, le sont grâce à l’école et n’y ont pas d’attentes particulières. Une personne seulement ne connaissait pas le site, mais qui fréquentait uniquement le chemin de halage, et ne souhaitait pas y voir de construction. ° La mairie devrait-elle avoir un projet sur ce site ? (question 28 du questionnaire) : 17 Les habitants de Bouchemaine : Selon, la plupart des personnes interrogées, la mairie devrait avoir des projets sur ce site (sauf une personne). En majorité, ils ne veulent pas de construction ou n’ont pas d’idée…, la réponse qui vient juste après, dénote que le site ne peut rester en l’état. Ensuite il y a pléthore de réponses uniques (parc, activité économique, panorama, transports, foyers logements, lotissement, salle d’accueil, auberge, zone industrielle, agriculture intensive, éoliennes, piscine couverte, observatoire pour la faune, tourisme raisonné, salle de concert, activité ludique pour les enfants en rapport avec la nature et ne rien faire). Ces aménagements prouvent la non considération de ce site par les habitants de l’agglomération, puisque la création de pavillons n’est jamais considérée comme un atout pour le paysage, car pour cet espace-là il n'y voit pas d'inconvénients. Les habitants de l'agglomération : La friche est mal considérée, puisqu'il est ressorti que la mairie devrait y faire des aménagements comme des pavillons, une salle de sport, une zone artisanale, un aménagement pour les jeunes. Cependant, ils disent que tout cela devrait néanmoins rester en accord avec le paysage (2 réponses) et qu'il n'y ait plus de friches (2 réponses). Synthèse cartographique des questionnaires Les cartes de synthèses sont les résultats des informations récoltées pendant le questionnaire. Elles se répartissent en trois temps : les paysages les plus connus et représentatifs de la commune de Bouchemaine, les points de vue remarquables sur la commune et les trajets les plus fréquentés par les habitants par un mode déplacement doux (pied et vélo). (Cf annexes) Pour conclure, le questionnaire est un bon outil de récolte de réponses. Il permet d’avoir une idée précise des attentes et des perceptions du paysage ainsi que du vocabulaire utilisé par la population, mais il ne rend pas compte de l’essentiel de la sensibilité des individus sur un espace précis. Pour ce faire, la visite est un moyen plus efficace. 2. Les cartes mentales Les cartes mentales sont les représentations d’un individu pour un espace permettant d’analyser les éléments significatifs d’un paysage ou d’un lieu. Elles complètent le questionnaire en offrant une vision de la réalité émise par l’auteur. 18 Plusieurs choses sont à constater sur les cartes mentales. Tout d’abord, les mêmes paysages représentatifs ressortent de toutes les cartes, sans distinction aucune du lieu de résidence des auteurs. Ensuite, les bords de Maine et le centre-bourg sont présents dans toutes les cartes sauf une. Enfin, les ponts sont des éléments forts du paysage de Bouchemaine. Il convient cependant de faire quelques précisions. Pour ce qui est des cartes mentales décrites par les habitants, la connaissance du lieu est significative dans la représentation, par la quantité de messages délivrés (annotations et éléments) et par l’échelle qui s’est considérablement élargie. Sur ce dernier point, les bouchemainois insistent sur la répartition tripartite de la commune avec La Pointe, Bouchemaine-centre et Prunier. L’élément bâti est représenté parfois avec exactitude, la mairie, la place de la Pointe, celle de Bouchemaine, le parc ou encore « une grande maison ». Il n’y a pas de changement significatif avec les cartes dessinées par les habitants de l’agglomération (voir ci-dessous). Quelques éléments égrainent toutefois plus souvent les dessins, comme un bateau ou un arbre, mais on ne peut pas vraiment dire qu’ils soient prépondérants dans la représentation de la commune. Ce qui en fait des cartes oscillant entre schémas et dessins. Trois représentations sont des paysages vu de terre (contrairement aux autres qui étaient vus du ciel), ce sont des espaces créés depuis un point de vue avec des plans horizontaux montrant la végétation, un pont ou encore la Loire et ses épis. Pour ce qui est des cartes construites par les habitants de l’agglomération hors bouchemainois, la Maine – mais plus rarement la confluence – est représentée en premier. Axe fluvial majeur dans l’esprit des angevins, elle place la commune dans la continuité de l’agglomération. Le pont du centre-bourg semble un élément structurant. Cet équipement est un lieu de passage vers les communes de la proche périphérie d’Angers où Bouchemaine s’insère. Il est donc à la fois lieu de fréquentation et élément patrimonial : il est utilisé comme équipement et participe à l’amélioration de l’esthétique du lieu. Surplombant la Maine, il confère à cette dernière un positionnement inconscient dans la géographie de la commune, permettant de situer ensuite les bâtiments ou d’autres éléments remarquables. Plus largement que le pont, c’est la route, de terre (chemin du halage) ou de béton (D 112), qui quadrille la commune. Sur plus de la moitié des cartes y est représenté le rond-point, facteur prépondérant du paysage quotidien mais somme toute élément épisodique du paysage représentatif de la commune, cependant dessiné à large échelle. Le bâti de la commune y est également représenté : soit évasif, en filigrane derrière la Maine – tableau esthétisant – sûrement déjà observé par l’auteur ; soit prépondérant, en polygones annotés marquant une fonction et les us de la personne qui s’y est déjà probablement arrêtée. La représentation schématique de la commune révèle une certaine critique positive des paysages. Il est également marquant de constater qu’aucun élément esthétique particulier n’est représenté (que ce soit des 19 arbres, des vallons…) comme cela peut être le cas dans un paysage connoté positivement. La Maine et le pont (et les quelques bâtis) semblent se suffire pour créer une ambiance agreste, agréable voire pittoresque. En général, les cartes mentales représentent des paysages ou des lieux appréciés, positifs et utilisés. L’espace rural y est très rare et souvent représenté par une zone laissée en blanc. En effet, la Maine et le bourg se regroupent dans une partie de la feuille, ce qui est assez significatif de la méconnaissance et de la non-appropriation des territoires agricoles (surtout pour les habitants de Bouchemaine). Les cartes mentales permettent d’avoir une vision globale du territoire communal mais pas de la perception des habitants pour un site en particulier. Pour aller dans ce sens, les visites sur le terrain sont plus efficaces. 3. La visite La visite rend bien compte des diverses impressions et révèle les possibilités d’aménagement que les habitants préféreraient. Elle s’est déroulée le dimanche et organisée selon un parcours décrit dans la partie I (itinéraire et pauses). Sur les 4 visites organisées les dimanches, 4 personnes sont venues y assister. C'est un résultat faible. De plus, on peut dire que deux personnes se sentaient relativement concernées par le sujet. L'une faisait partie du conseil de village du Val de Maine et exerçait une profession en lien avec l'aménagement du territoire, l'autre avait été à l'école d'art floral de la Piverdière quand celle-ci se passait dans le château. Néanmoins, les personnes ayant fait le parcours l'ont trouvé intéressant et ont été ravies de l'avoir fait et d'avoir découvert, pour certaines d'entre elles, le site de la Piverdière. La prairie Pendant le premier arrêt au croisement du chemin du cimetière paysager et du chemin du halage, les personnes regardent la prairie et le coteau boisé. Selon les perceptions recueillies, ce lieu a une image sauvage, naturelle où la présence de boisement est remarquée. Il est considéré comme agréable à être et à voir. « Beau site ». Ce site laisse également une impression d'espace et de calme. Cependant plusieurs fois, la remarque fut faite à propos de bruit entendu (voiture, train) qui relativise le calme. « Ça serait presque silencieux si il n'y avait pas ce bruit de fond » Le château est remarqué, alors qu'il est ignoré depuis le chemin de 20 halage à cause de la haie le bordant. Les propositions d'aménagement sur ce site restent peu nombreuses. Il en ressort la préservation des prairies, l'aspect naturel à conserver. Il a seulement été proposé des idées d'animations en été (pique-nique, guinguette, weekend scout...) Le plateau bas Sur le plateau bas, la friche est remarquée à chaque fois. La Maine ici est très peu citée car non visible à cause des arbres. Les propositions d'aménagement, sur ce plateau, tournent autour de projets de jardin, parcs. Les projets d'habitations, logements définitifs ou temporaires sont cités par rapport aux projets passés, mais peu proposés pour des aménagements futurs. La pollution de ce plateau est souvent mentionnée à l'oral. Elle l'est par rapport à son exploitation passée et pour des propositions d’aménagements futurs de jardin. « Site désamianté », « faire des légumes pollués !... », « les phytosanitaires de Camus ». Le plateau intermédiaire La friche est encore beaucoup nommée sur ce plateau. Ici, le château est vu de près. Les volontés vont dans le sens d'une mise en valeur du château, d'offrir sa vue au plus grand nombre. Il est ressorti que les individus pensent que le château devrait être intégré au site de la Piverdière, tout au moins sur ce plateau, grâce à la création d'un jardin. « Ici je verrais bien un jardin plus plat, avec du buis, parce qu'on est en hauteur par rapport à en bas[...] Là c'est comme un jardin de château ». Le plateau haut Sur le plateau haut, l'espace et la friche sont deux mots qui reviennent. Les impressions sont modestes et peu nombreuses. Ici la discussion de l'aménagement est abordée. La proposition d'une salle polyvalente ou « salle conviviale » est souvent mentionnée et cochée dans les aménagements proposés sur le carnet. Cela est abordé car les personnes ont entendu parler d'une future construction de grande salle sur la commune. La construction d'habitations est proposée. Cependant, il a été mentionné qu'elles ne devraient pas se voir depuis la Maine (côté Sainte-Gemmes). Très souvent, l'école d'art floral est nommée. Il est dit qu'elle s'intègre plutôt bien au paysage. Son agrandissement est souvent proposée et à faire sur ce plateau : « Il faudrait laisser une moitié du terrain pour l'école ou au moins une parcelle ». Sa renommée en tant qu'école a été mentionnée : « école de grande renommée », « l'école a peut-être une image, mais pour Bouchemaine... ça n'apporte pas grand chose (raison 21 pécuniaire) ». Par contre, au niveau des résultats concernant les questions du livret, aucune personne n'a rempli le bloc-diagramme avec les aménagements proposés par la personne. Le bloc-diagramme n'est a priori pas un outil pour le tout public. Les personnes ne savaient pas comment s'en servir. Pourtant, au début du trajet la plupart des personnes ont regardé ce dessin pour se repérer sur le site. Le belvédère La vue est admirée. Il en ressort qu'il faut ouvrir la vue au public, tout en y sécurisant l'accès. « Beau point de vue », « Là c'est un paysage qu'il faut ouvrir au plus grand nombre ». Les informations récoltées par les visites sont intéressantes et permettent d’avoir un point de vue personnel et qualitatif des individus. Cet aspect a été accentué par la conduite d'entretiens, qui permettent d'approfondir sur les perceptions personnelles. 4. Les entretiens Dans la partie ci-dessous, voici les bilans des entretiens effectués de deux acteurs du territoire bouchemainois. L'entretien de l'agriculteur de Bouchemaine. L'agriculteur considère qu'il existe une confusion entre les volontés et les actions menées par la mairie pour faire vivre et donner une bonne image de la profession d'agriculteur sur la commune. Il cite des conflits d'usages entre les agriculteurs et les habitants sur le bruit et les saletés (terre sur les routes...) liées à l'activité, pour la pratique des chemins ruraux par les randonneurs. Pression urbaine importante sur la commune, qui est parfois négative dans le travail des agriculteurs et qui provoque du mitage dans les parcelles agricoles. Pense faire des actions sur le paysage (entretiens de haies, coupe de bois). Au niveau aménagement, il voit des projets collectifs entre les communes proches, afin de limiter les coûts et donc les impôts, et tout en pensant Angers trop proche pour construire de grosses infrastructures et répondre à des besoins : compétitivité. Les paysages appréciés sont ceux de la campagne bouchemainoise (relief, agriculture), il évoque une fois les bords de Maine. Cependant, pour lui il n'y a pas de paysages dépréciés car « on s'habitue aux paysages », « on s'adapte ». 22 Il a une image de Bouchemaine comme une commune divisée entre les trois noyaux, plus l'arrière pays rural. Il ne voit aucun lien entre les habitants de ces 4 lieux, dont des spécificités sociales se distinguent (avocats à Pruniers, personnes qui font attention au patrimoine à La Pointe...). Il pense que des activités/rendez-vous sociaux permettraient de rassembler tous les habitants de la commune. Le site de la Piverdière : Il connaît le site. Il le considère comme un des plus beaux endroits de Bouchemaine. Il reste vague sur l'aménagement des plateaux (parcs), par contre il pense qu'il peut y avoir des constructions au sud du plateau haut du site, afin de rejoindre le bourg de Bouchemaine, pour avoir une continuité urbaine. L'entretien du technicien de la LPO : Du discours de ce technicien de la LPO, il ressort que cet acteur et la commune de Bouchemaine ont de bonnes relations entre eux, tant avec la mairie qu'avec les habitants. Il considère la LPO comme ayant des missions de sensibilisation à l'environnement pour les citoyens et pour les employés communaux. Il a une bonne image du territoire de la commune, de beaux paysages, et surtout favorable pour les oiseaux. Concernant le site de la Piverdière, la personne ne connaît pas le site personnellement. Mais selon lui, grâce aux lectures et recherches qu'il a lu sur ce lieu, la Piverdière peut devenir la vitrine de Bouchemaine, un exemple de bonnes pratiques. Il faudrait travailler autour du patrimoine floristique et faunistique, sans mettre le site sous cloche. Il n'est pas régressiste dans l'aménagement d'activités humaines sur le plateau haut. Il imagine volontiers un chemin aménagé au travers des plateaux, mais il n'en envisage aucune construction sur les prairies inondables et le coteau boisé. Les atouts du site sont les différents types d'habitats présents, ainsi que le belvédère. Pour conclure sur les résultats de nos analyses sur les paysages, une autre échelle est nécessaire, celle de la commune. 23 24 6. Les limites Malgré le peu de temps dont nous disposions pour mener cette étude à bien, nous pouvons mettre des limites à nos méthodes de travail qui peuvent être améliorer. Tout d'abord, vu le faible échantillon de résultats récoltés, une question sur la communication se pose. Nous pensons que l'information pour la récolte d'avis (questionnaires et visites), doit être pris bien en avance. Un mois avant le début des enquêtes devrait être suffisant pour informer un plus grand nombre de citoyens. De plus, les méthodes de communication sont à diversifier. Ici, les affiches et 200 flyers ont été les seuls outils pour faire passer la requête. Il faut, tout d'abord augmenter leur nombre et leur emplacement. D'autres moyens peuvent également être utilisés, comme les annonces dans les journaux locaux au moins deux fois avant le début. Cependant nous pouvons nous poser la question, si ce sont les bonnes manières d'informer et d'attirer les personnes à venir participer à donner leurs avis et leurs perceptions sur leur territoire de vie. Notre question fut aussi de savoir qui interroger. Seulement les habitants de la commune ? Ceux de l'agglomération toute entière ? Les bouchemainois et les communes accolées ? Les touristes ? Finalement, notre choix a été de rester dans la commune pour poser ces questions. Mais nous avons eu somme toute, 8 personnes interrogées qui n'étaient pas bouchemainoises. D'ailleurs, l'analyse des questionnaires a été traitée par comparaison des représentations de ces 8 habitants de l'agglomération avec celles des bouchemainois. Cependant, une catégorie de population manque à ces résultats : celle des moins de 30 ans. De plus, l'avis et les perceptions de jeunes ou d'enfants auraient pu être intéressants. Une participation avec les écoles de la commune de Bouchemaine pourrait être mis en place. Notre faible échantillon de réponses, toutes méthodes de collectes mélangées, nous a tout de même permis d'avoir un grand panel de points de vue et d'aménagements sur le site de la Piverdière et sur la commune de Bouchemaine en général. Cependant, nous ne pouvons affirmer si toutes ces idées recensées sont représentatives de celles des habitants. Pour récupérer davantage d'avis, d'autres méthodes d'approches peuvent être différentes. Ici, nous nous sommes contentés de deux techniques. La première est de prévenir les citoyens par des affiches et de les attendre au lieu de rendez-vous fixé (les questionnaires les samedis, les visites les dimanches). La deuxième est d'aller à la rencontre des personnes : sur le chemin de halage et à la médiathèque pour les questionnaires ; et par appel téléphonique ou visite pour les entretiens 25 individuels. Par le choix de techniques d'enquêtes, nous réduisions nos possibilités d'approches faciles avec les habitants. Premièrement, la durée est une contrainte. La visite dure 1h30 et le questionnaire entre 10 et 25 minutes selon les personnes. Deuxièmement, ces outils pouvaient être exclusivement utilisés avec nous. Lors de la visite, nous montrions le chemin, et apportions des informations sur le site. De plus, comme cet espace est actuellement interdit au public, nous étions responsables en cas d'incident, donc nous ne pouvions prévoir un trajet à faire seul. Le questionnaire se fait également avec un enquêteur, car les questions portent sur des sujets qualitatifs, où l'on demande à l'enquêté de dessiner, de localiser. Nous avons choisi de poser des questions qualitatives et ouvertes, car elles nous semblent apporter davantage d'informations sur un sujet tel que le paysage, ses représentations et perceptions par des personnes. Un questionnaire quantitatif court, avec des questions fermées et peu complexes, ne nécessitant pas de longues réponses, aurait peut-être permis d'avoir une plus de retour. Des personnes auraient pu être arrêtées dans la rue pour remplir le questionnaire en 2 minutes ; ou encore il aurait pu être distribué dans les boîtes aux lettres et à remettre chez les commerçants de la commune. De plus, le traitement d'informations et l'analyse de ce type de questionnaire auraient été beaucoup plus simple et rapide, qu'il aurait été facile de quantifier. En outre, on peut se demander si les réponses récoltées sont d'une réelle efficacité pour s'interroger sur l'étude des représentations d'espaces et de besoins. Nous aurions également pu utiliser d'autres outils. Lors des entretiens, des photographies du site auraient pu être montrées, afin de permettre une meilleure appropriation des lieux et donc mieux en parler. Aussi, pour ce même type d'enquête, nous aurions pu demandé à l'interviewé de faire une carte mentale de la commune de Bouchemaine. Nous avons utilisé des outils, des méthodes pour impliquer les habitants dans une démarche de participation, pour récupérer les représentations, les attentes de ces populations sur le site de la Piverdière. Cependant, comme nous l'avons vu, des critiques et des limites sont à apportées. Celles-ci sont à prendre en compte pour une éventuelle suite à cette étude de perceptions. 26 III. Bilan/perspectives Au cours de cette étude, à l’écoute des habitants de l’agglomération d’Angers, nous avons pu répertorier une liste exhaustive de leurs attentes quant à l’aménagement du site de la Piverdière. Tout d’abord, les besoins exprimés couvrent un large horizon où différentes visions se rencontrent. L’ensemble de ces besoins ne sont toutefois pas incompatibles. En réaction au caractère exceptionnel de la Piverdière, les citoyens insistent sur la mise en valeur de l’ensemble du patrimoine du site. La Piverdière est alors souvent identifiée comme un extraordinaire inventaire de la diversité patrimoniale de Bouchemaine. L’ensemble des éléments patrimoniaux (à savoir le château, le patrimoine arboré : cèdres et châtaigniers, les panoramas, les prairies humides et le rocher Morin) méritent, à leur yeux, une mise en valeur et d’éventuels aménagements sont envisageables voire souhaitables à condition qu’ils respectent leur identité. Le volet environnemental aspire, selon les habitants, à être mis à profit d’activités récréatives (jardin, parcs…) mais aussi à des activités ludiques de sensibilisation à l’environnement, au monde de la flore et de la faune (des observatoires ornithologiques, des parcours informatifs pour jeunes et moins jeunes…). Certaines inquiétudes se révèlent cependant au sujet du rôle écologique des prairies humides qui sont identifiées comme élément majeur de l’écologie bouchemainoise. Les activités de loisirs, comme fonction occupant le site, fait appel à la dimension sociale de l’aménagement : dimension aussi largement exprimée. La Piverdière, bien qu’appréciée pour sa tranquillité, devrait, selon certains habitants, impulser un élan de dynamisme sur le site. La condition des générations futures est alors interrogée par l’inquiétude avouée d’une perte d’activités et de jeunesse sur la commune. La Piverdière doit revêtir un rôle de cohésion sociale qui, d’après certains citoyens de Bouchemaine, s’est affaiblie ces dernières années. Le site, de par sa situation médiane sur la commune, peut incarner le lieu de rencontre, de réunion de l’ensemble des Bouchemainois et des habitants des communes riveraines. Par exemple, une guinguette saisonnière installée sur les prairies humides a été souvent évoquée comme aménagement créant un lien social et convivial. Il a été tantôt évoqué de façon ferme, une condition sine qua non aux aménagements du site : l’accessibilité à tous. Les basses couches sociales, les jeunes, les personnes âgées et les handicapés ne devraient pas être mis à l’écart des projets quelque soit les aménagements futurs. Parmi diverses expressions sociales de l’aménagement (maison de retraite, centre de loisirs pour jeunes…), la salle conviviale est un projet dans l’ensemble accepté par les citoyens. C’est l’occasion, pour les citoyens interrogés, d’instaurer une dynamique culturelle, de rencontre (apporter une salle de réunion pour les associations entre autre) et d’améliorer l’attraction de la commune au niveau de l’agglomération. 27 L’éventualité de la construction d’une salle conviviale et les aménagements sur le site de manière générale suscitent des inquiétudes. La dimension économique des aménagements est questionnée. Les coûts de réalisation, d’entretien et de fonctionnement alertent les citoyens quant à leur financement. L’augmentation des impôts et la légitimité de certains aménagements ne paraissent pas toujours justifiables ou prioritaires. Dans ce cas, la question de la rentabilité du site intervient par différents moyens. L’aménagement peut être envisagé sur le postulat de la rentabilité par l’attractivité. Certains citoyens ayant pris conscience des contraintes économiques de la commune sont prêts à accepter d’induire de l’économie sur le site en réservant une surface à des constructions résidentielles (bien qu’a priori sont opposés à ce genre d’aménagements). Par le biais d’aménagements, la création d’emploi est souhaitée afin d’améliorer le tissu économique et social de la commune : « les jeunes générations doivent avoir l’opportunité de travailler sur leur commune ». Les aménagements de la Piverdière devront être envisagés en restant à l’écoute des ressentis de la population. Ainsi, la pollution avérée et non avérée des plateaux (il est ancré dans l’esprit des citoyens que l’activité horticole passée a dégradé la qualité du site quelqu’en soit la réalité) devra être réglée. Les aménagements devront respecter le caractère calme du site et veiller à atténuer les bruits générés par la RD 111. De même, la fréquentation du site devra être, souhaitablement, en accord avec l’atmosphère régnante, et des aménagements concernant la circulation sur le chemin de halage et l’accessibilité au site pourront être envisagés. Les citoyens interrogés ont une vision fragmentée du site visant à désolidariser ses plateaux les uns des autres : l’aménagement du site n’est que rarement envisagé dans sa globalité. D’autre part, les conséquences des aménagements souhaités (parking, trafic…) sur le paysage sont des paramètres qui ne sont pas toujours considérés. La méthode de concertation et les projets d’aménagements interrogent les citoyens. Ils expriment une certaine réserve quant à l’efficacité d’une démarche participative : ils s’interrogent sur la réelle prise en compte de leurs opinions. D’autre part, les projets antérieurs nonaboutis (bien que les raisons du non-aboutissement ne soient généralement pas connues par les personnes interrogées) révèlent un sentiment de scepticisme au sujet d’un énième projet d’aménagement : la population se détache des projets et aurait donc tendance à se désinvestir de la commune. De façon globale, il apparaît que les représentations des habitants divergent. La concertation des habitants sur le site de la Piverdière a fait ressortir des conflits et des interférences en termes d’attentes. L’étude des attentes des citoyens sur le site de la Piverdière révèle ainsi des problématiques sociales et politiques dépassant le cadre de la Piverdière. Le projet d’aménagement du site met en lumière des enjeux qui peuvent s’avérer être des limites ou alors la condition de la réussite de l’aménagement. Ces enjeux s’ils sont traités efficacement élèvera le projet comme un exemple de concertation. La démarche de participation de la 28 population entreprise est une voie par laquelle, collectivement, peuvent se dénouer les différences de représentations pour éclaircir un projet rassembleur. On comprend aisément l’importance, dans ce contexte, de la qualité et de l’efficacité de la méthode de concertation. De notre expérience, il paraît indispensable de communiquer autour du projet pour le faire connaître et investir la population dans son implication : la connaissance et l’investissement amorcent la participation. Des visites de terrain, des expositions photographiques, historiques et informatives peuvent être organisées dans ce sens. La concertation, comme elle a été entamée, doit se poursuivre durablement tout au long des étapes du projet : des réunions publiques, des ateliers pourraient porter cet objectif. Un échec ou un arrêt de la concertation pourrait être dramatique pour la commune tant les attentes sont grandes. Le projet d’aménagement de la Piverdière, site central et emblématique de Bouchemaine, par la concertation, pourra être un exemple, un élan, et un symbole de la politique, de la commune de Bouchemaine. La réussite de ce projet, la gestion des divergences, a donc une importance communale. 29 Conclusion Les questionnaires, les cartes mentales, les visites ainsi que les entretiens ont globalement montré qu’un aménagement sur ce site devait se construire avec la participation du public concerné. Les questionnaires ont permis de travailler sur le paysage global de la commune. Ils n’avaient pas pour objectif de créer les unités paysagères de la commune par les habitants, mais d’orienter les réflexions autour du paysage et vers le site de la Piverdière. Les cartes mentales nous ont apportées les visions subjectives de la commune par ceux qui la traversent ou y habitent. Pour aborder le site de la Piverdière, les habitants pouvaient participer aux visites mises en place. Bien que le nombre d’habitants touchés a été restreint, cet outil semble le plus efficace pour amener les gens à mieux percevoir le site et leurs attentes. Avec un déplacement sur le site, les habitants peuvent aisément s’apercevoir des distances, des difficultés matérielles et des enjeux qui peuvent être développées dans cet espace. Les entretiens, quant à eux, permettent de cibler les avis de certains acteurs concernés par l’aménagement du site. Si notre travail contient des limites, il nous a permis de voir qu’une participation avec la population est possible. Sur Bouchemaine, les habitants qui ont participé à ces ateliers étaient satisfaits et réjouis de pouvoir donner leur avis sur un aménagement de site. Il semble cependant que les habitants de Bouchemaine ont une réelle envie de participer si une communication adaptée est néanmoins mise en place autour de ce thème. 30 Annexes 1. Synthèse cartographique des questionnaires Les panoramas sur Bouchemaine 31 Les paysages représentatifs de Bouchemaine 32 Les trajets les plus parcourus sur Bouchemaine 33 2. Les entretiens Entretien d'un agriculteur de Bouchemaine L'agriculteur habite à Bouchemaine depuis 54 ans. Il exploite depuis 1981 et possède 190 hectares de terres agricoles : ¾ des surfaces se situent sur les Basses Vallées Angevines en CAD. Localisation des parcelles sur la carte IGN. Types de production agricole : Élevage, production de viande bovine. Petite production de maïs. Il considère son agriculture comme une production extensive. « C'est pas du bio, parce que ça serait tromper le consommateur. » Regard de la profession par la population, la commune Avec le changement de conseil, il y a la volonté de montrer les agriculteurs de la commune. Il y a protection des agriculteurs sur Bouchemaine. 13 agriculteurs sur la commune. Conserver une agriculture extensive pose problème pour l'agriculteur. Parce que cela signifie que les agriculteurs sont obligés d'agrandir leur exploitation (donc d'avoir plus de parcelles), donc leur nombre diminuera. Aménagement et agriculture Comment construire et protéger l'environnement ? Pour lui, le projet de la rocade sud couperait Bouchemaine en 2, de plus cela détruirait 4 exploitations agricoles. « C'est difficile de nous faire entendre » Conflits d'usage Problème de conflit d'usage des chemins agricoles avec la randonnée : « Ils veulent qu'on ouvre nos portes à tout le monde. » Conflit entre agriculteurs et habitants : terre/boue sur la route, transfert des bêtes par la route, bruit. L'agriculteur a conscience que les tracteurs aujourd'hui sont gros. « Les agriculteurs sont gênants » ; « On voudrait bien la campagne mais on veut pas les inconvénients, [...] mais par contre ils veulent bien construire à la campagne ». Plainte de ne plus pouvoir faire grand-chose. Entente avec la mairie La mairie avait mis en place 3 jours de portes-ouvertes chez les agriculteurs les 6-7-8 novembre 2009, mais a priori ceux-ci n'étaient pas prévenus. Sur 13 il y en avait 2 qui avaient accepté. C'est repoussé en mai 2010. « La mairie ne décide pas seule » Pression urbaine L'agriculteur cite plusieurs fois le projet par la mairie de mettre des parcelles agricoles en terre constructibles. Apparemment ce n'était pas ce 34 qui était prévu. L'agriculteur ne comprend pas qu'ils veuillent construire sur ces terres plus au sud de Pruniers et plus dans les terres, car pour lui ça créera une sorte d'autre îlot, alors que l'urbanisation pourrait être continuée sur des terres contigües aux lotissements existants sur Pruniers. « ...boucher les trous ». De plus, l'agriculteur mentionne que si il y a des nouveaux lotissements et la mise en terrain à bâtir des parcelles dans l'arrière-pays, les parcelles en terrain constructibles couperaient et disperseraient davantage les exploitations des parcelles agricoles, ainsi que la nouvelle route qu'il faudrait concevoir. Les agriculteurs sont de plus en plus éloignés de leurs parcelles, et ils vont devoir transporter les bêtes en camion, à cause des routes. « Entre vouloir et vouloir imposer » Pression urbaine : il précise qu'il y avait 2000 habitants il y a 20 ans, et 6000 aujourd'hui. « Pression urbaine plus forte que les agriculteurs. » Pour l'agriculteur, les mairies (en général) n'ont pas encore compris que la solution pour la commune n'est pas l'augmentation de la population sur son territoire. « Pour l'instant, on ne pense pas autrement. » Actions sur le paysage De la part de l'agriculteur : Il répond oui qu'il effectue des actions en faveur du paysage. Il entretien les haies, coupe le bois tous les 10-15 ans. Cela a toujours été fait (tradition). Même si on peut lui reprocher (mentionne l'ancien conseil municipal). Par les autres acteurs : Il commence par répondre que les autres agriculteurs font également ce qu'il fait (entretien des haies...). L'agriculteur n'a pensé pas aux autres acteurs du territoire pour l'entretien du paysage. Après lui avoir posé la question, il répond « peutêtre ». « Hormis l'urbain particulier, qui entretient ses biens » : il précise qu'il n'est pas contre bien au contraire, c'est normal. Cependant il ne cite pas d'autres acteurs ou actions. Paysages appréciés L'agriculteur cite les paysages vallonnés, les bois et les champs. Les paysages qu'il apprécie sont ceux qu'il côtoit quotidiennement : les paysages agricoles bouchemainois. Il cite la Maine et le chemin de halage comme un endroit où il va parfois se promener. « […] Moi le premier, je vais me promener en bord de Maine le dimanche quand il fait beau » ; « Bouchemaine n'est pas que la Maine » ; « Belle commune ». Paysages dépréciés Il ne cite pas vraiment de lieux. Mais considère que les paysages sont là, sont ce qu'ils sont, qu'il faut faire avec. Les paysages pour lui ne sont pas à changer, à modifier, mais à s'approprier. « On s'habitue » ; « Les gens, y en a qui vont trouver les cuves (à pétrole) pas bien, mais bon c'est là depuis longtemps, avant la guerre » ; « on s'adapte au paysage » 35 Activités / besoins Il dit qu'il y a déjà des aménagements, locaux sur Bouchemaine qui répondent aux besoins des populations : « Il y a déjà des choses ». Le projet d'une salle conviviale a été cité, car il en a entendu parlé « il y a une demande de grande salle mais pour faire quoi ». Cependant il fait référence à la proximité de Bouchemaine par rapport à Angers, dans le sens où il faut savoir modérer ses envies d'aménagement car la ville attire. Il a donnée l'exemple d'un cinéma dans une autre commune qui a fermé à cause de l'attraction des cinémas d'Angers. Il regrette les rencontres, les sorties, les sports collectifs sur la commune qui ne sont plus comme avant (rencontres, fêtes, foot, concours de belote, loto). Il manque selon lui, un camping sur Bouchemaine qui soit ouvert à tout le monde. Il fait une remarque sur le camping campingcariste, qui pour lui, provoque une discrimination sociale dans le sens où le campingcar influe déjà sur une catégorie sociale relativement haute. Delà il se plaint que ce camping soit gratuit une certaine partie de l'année, alors que pour lui ces gens, qui ne consomment pas sur la commune, ont les moyens de payer le camping, ce qui amènerait de l'argent pour Bouchemaine. Coût : La question de coût, de financement est largement revenue dans ses réponses concernant les aménagements. Les besoins des populations sont à relativiser avec les coûts des projets. « Il faut être compétitif », « il ne faut pas trop augmenté les impôts ». Pour lui, les aménagements peuvent se voir à plus large échelle que celle de la commune, dans le sens où un bâtiment de services, loisirs peut être consommés plusieurs : « voir ça à plusieurs communes » ; « tout le monde a les mêmes besoins ». Représentation, image de Bouchemaine Pour l'agriculteur, Bouchemaine est une « belle commune », qui est considérée comme une commune riche. Problème des trois noyaux : Plusieurs fois, il cite les trois noyaux de la commune : Pruniers, Bouchemaine centre, La Pointe. Ces trois pôles manquent selon lui d'unité entre eux et entre les habitants : « trois catégories de gens ». Pruniers : « les avocats à Pruniers ». La Pointe : Ce sont des gens qui font attention, qui restaurent leur maison « patrimoine » Il souhaiterai une identité, un regroupement des trois noyaux et de la campagne qu'il considère comme faisant partie d'aucun des trois villages. « Il faudrait un changement, qu'on se sentent tous Bouchemainois ». Pour lui, la commune de Bouchemaine est une commune urbaine. 36 Il a mentionné les panneaux d'entrées/sorties de ville de Bouchemaine qui sont installés depuis environ 3 ans. Il disait que pour les gens non bouchemainois, la commune était souvent considérée comme le bord de Maine, et que ce phénomène s'est renforcé avec la pose de panneaux. Ceux-ci ont été posé juste après le rond-point de Bouchemaine centre. L'agriculteur avec un autre ont fait la remarque qu'ils ne faisaient plus vraiment partie de la commune, qu'on les en excluait. Il a évoqué la campagne (hors bord de Maine) comme « les poumons verts » de Bouchemaine. Piverdière Image : « très joli, un des points les plus beaux de Bouchemaine » Aménagement : « Quoi en faire ? ». L'agriculteur propose que ce puisse être un lieu de rencontres, un lieu de création de liens sociaux pour la discussion et les rencontres. Un lieu qui pourrait permettre une unité pour les trois noyaux de Bouchemaine. Pour lui, il faut « garder ça en site naturel », qu'il faut garder le bois en l'entretenant. Il a émit des idées de lieu de promenade, d'un parc de loisirs ou une aire de jeux. « Au niveau touristique, c'est super ! ». Il a émis l'idée d'un « parc végétal, pourquoi pas, mais il y a ce qu'il faut à Avrillé » La Piverdière pourrait être pour lui un parc, un jardin. Il pense que les prairies du bas vont peut-être bientôt être sans agriculteur pour s'en occuper, et alors qu'un aménagement peut être possible (guinguette en été). Il n'a jamais mentionné l'inondabilité des prairies, ni même le Râle des Genêts. Le plateau haut pourrait contenir des habitations, des HLM. Car cela permettrait des constructions en continuité de ce qui existe déjà sur Pruniers. De plus, il mentionne que des habitations pourraient se faire sur les parcelles plus au Sud de la Piverdière, car cela permettrait une continuité d'urbanisation entre Pruniers et Bouchemaine. Remarques : Durant l'entretien, il a employé « nous », quand il parle de lui. Car il se considère toujours avec les autres agriculteurs, comme un groupe. 2. Entretien de la LPO Anjou – Maison de la confluence à La Pointe, Bouchemaine Depuis 3 ans, la LPO Anjou a quitté Angers pour venir s'installer à Bouchemaine. Un deuxième local est installé à Saumur. Le territoire d'action de la LPO Anjou correspond au département du Mainte-et-Loire. Ses missions sont principalement de l'animation et de la gestion de site. Missions sur Bouchemaine 37 effectue des diagnostics de biodiversité, forme les employés communaux sur de la gestion et de l'entretien avec de bonnes pratiques, a créé la Fête de la Nature sur le Parc du Petit Serrant, a classé le Parc du Petit Serrant comme refuge d'excellence, conseil, peut mettre des contre-indications, des réserves sur des projets, mais « on ne peut pas s'opposer à grand chose finalement ». Relation LPO/Mairie de Bouchemaine Dès leur installation, un contrat a été signé avec la commune. Pour ce technicien, la LPO a de bonne relation avec Bouchemaine. C'est un atout à la fois pour la commune et pour la LPO. Selon lui, la mairie veut que la LPO reste installée sur son territoire. Si le problème de la petitesse du local se fait sentir à cause de recrutement de personnel, pour garder la LPO, la commune aurait émis une proposition d'un nouvel emplacement à la Piverdière. Influences sur le paysage Pour lui, le mot « paysage » correspond à un habitat, un milieu. C'est à dire un sens plutôt écologique – faune, flore. Les influences que la LPO effectuent sur ces milieux sont alors de la préservation ou de la restauration. Besoins sur la commune Pour ce technicien, ce qui manque sur la commune n'est pas quelque chose de concret, pas un aménagement physique. Il pense qu'il manque encore de la sensibilisation sur des bonnes pratiques environnementales, de créations de MAE (Mesures AgroEnvironnementales). Piverdière D'ici quelques mois, la LPO Anjou et la commune de Bouchemaine doivent signer une convention de 3 ans pour la gestion du site de la Piverdière. La LPO a déjà effectué un diagnostic écologique et de propositions de gestion (Abdellah Aissou, stage M1 - Université d'Angers, juin 2008). Ce site est composé de plusieurs milieux, dont les plus intéressants pour la biodiversité semblent être les prairies inondables et le bois sur l'affleurement rocheux. Aménagements : Pour le technicien de la LPO, la Piverdière a la possibilité de devenir une « vitrine » de bonnes pratiques de Bouchemaine. Il propose une valorisation, une sensibilisation sur le site. Il faut l'entretenir, sans que ce lieu soit mis sous cloche. Il faut le « garder, 38 valoriser ça en associant les actions humaines, sans être régressiste » pour les plateaux. Un chemin est à mettre en valeur. Il imagine peu, des constructions sur ce site, même si cela peut être possible sur le plateau haut. Cependant, si il y a de l'urbanisation, il pense que l'aspect de patrimonialité des espèces serait perdu. Pour un aménagement de parc ou jardin, il préfèrerait une manière de « jouer avec le naturel ». Il n'aime pas trop l'approche ornementale qu'il associe aux paysagistes. Ça lui fait « peur », dans le sens où on peut faire des « bêtises » avec des plantations de flores autochtones, et provoquer une « catastrophe » avec une plante qui devient invasive. 39 3. Affiche 40 4. Cartes mentales 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58