MADO LA NIçOISE

Transcription

MADO LA NIçOISE
D U
J O U R N A L I S M E
D E
N I C E
déc•2010
L ’ É C O L E
L E
M A G
D E S
É T U D I A N T S
D E
L ’ E D J
• Reportage • Enquête • Interview • Dossier • Economie • Politique • Faits-Divers • International • Société • Culture • Sports • Divers •
Agnès Rampal
Nouvelle carrière en politique
Miss Cote d’Azur
Intrerview exclusive
Jenifer
Une Niçoise au soleil
MADO LA NIçOISE
« Le Vieux-Nice, c’est ma nourriture »
CURIEUX N° spécial déc 2010
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SOMMAIRE
4
2
Danseuse depuis l’Origins
Page 24
Marie-Alice Bistoni participera à l’émission d’M6 La France a
un incroyable talent, avec son groupe de danse acrobatique
Origins. Après une vie entière consacrée à la danse, la jeune
Niçoise espère être connue du grand public.
Catherine Hayem : « Je veux soulager »
Page 8
La chef du service d’anesthésie pédiatrique de Lenval est une
petite femme de caractère. Son parcours prouve sa détermination. Ses yeux analysent ses jeunes patients. Elle se voue à traiter
leurs douleurs, en se basant sur leur comportement.
Engagée pour la dignité
Page 18
Zineb Doulfikar est une figure clé du milieu associatif niçois. Nommée présidente de Ni putes ni soumises en 2003, elle mène au
quotidien un combat sans faille pour redonner leur dignité aux
victimes de violences.
Le Free Ride, ça en Jet’ !
Page 25
Il s’entraine dans la baie des anges à sauter les vagues avec son
jet-ski. Stéphane Filippi est un free-rider niçois.
Mado La Niçoise
Page 3
Le roi du carnaval
Page 4
Une Niçoise au soleil
Page 5
Benjamin Migneco
Page 6
Une graine d’artiste
Page 7
Agnès Rampal
Page 9
Dominique Estrosi Sassone
Page 10
Roger la magouille
Page 11
Sylvio, avocat des barreaux
Page 12
Emilie’s Coffee
Page 13
Just gigolo
Page 15
Un grenier SVP !
Page 16
Coeur à corps
Page 17
Régis Ferracci
Page 19
Denia Mazzola
Page 20
Une part d’ombre
Page 21
Cédric Venturi
Page 22
Miss Cote d’Azur
Page 23 - Interview
La lutte d’une vie
Page 26
José Boetto
Page 27
Le sexe appelle
Page 14
CURIEUX
Espace Carrare 69, rue Roquebilière 06300 NICE Tél. 04 97 08 28 28 • Fax 07 97 08 28 29
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Responsable de la Rédaction: Marie BOSELLI Rédacteur en chef: Stéphane TARDY
Rédacteurs en chef adjoints: Allison FOURRIER
Secrétaire de rédaction: Allison FOURRIER
Les journalistes de 3ème année de l’EDJ, option Presse écrite
EDITO
par Stéphane Tardy
Gent d’aqui
Du 100% niçois. Ou presque...
Dans ce Curieux spécial personnalités locales, vous allez
découvrir certaines figures, ou
mieux connaître ceux qui font
l’actualité de notre région. A
tout seigneur, tout honneur, et
que les « institutionnels » nous
pardonnent, qui mieux que
Noëlle Perna incarne cette nissartitude ?
La Niçoise qui a réussi à Paris,
c’est également l’histoire de
Jenifer. Sacrée Staracadémicienne n°1, elle est dix ans plus
tard l’une des valeurs sûres de
la nouvelle chanson française.
Encore un peu de people ?
Vous ferez mieux connaissance
avec Charlotte Pétillon, Miss
Côte d’Azur, qui a malheureusement calé au concours de
Miss France, devant les caméras de TF1. Vous en saurez plus
sur le groupe Origin’s, qui s’est
arrêté en demi-finale de “La
France a un incroyable talent“.
Nice qui s’exporte, mais aussi
Nice qui travaille. En pleine lumière, avec les adjointes de
l’ex-ministre de l’Industrie, Dominique Estrosi-Sassonne et
Agnès Rampal. Dans l’ombre,
comme Zined Doulfikar, de l’association Ni putes ni soumises,
ou Régis Ferracci, qui ne cesse
de venir en aide aux Haïtiens.
Dans l’ombre, à l ’ombre aussi :
ne ratez pas les histoires de
Silvio, qui a passé quinze ans
derrière les barreaux, et de Roger la magouille, qui est passé
entre les gouttes.
Si toutes ces histoires vous ont
plu, faites-le savoir autour de
vous. Celles et ceux qui les racontent sont encore des apprentis-journalistes. Plus pour
longtemps : ils espèrent vite se
faire, eux aussi, une place au
soleil !
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CULTURE
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Noëlle Perna : « Nice est
ma nourriture »
par Julie Caron
Noëlle Perna, ça ne vous dit rien ? Et si on vous parle de Mado la niçoise ? L’humoriste de la cité
azuréenne est en tournée partout en France depuis 2007 avec son spectacle « Mado fait son show ».
A 56 ans, elle fait salle comble grâce à son personnage haut en couleur. Mais entre l’exubérance
de de Mado et le quotidien de Noëlle, il y a tout un monde.
Noëlle, au naturel ! (R.T.)
A
u détour d’une petite ruelle tortueuse
de la vieille ville de
Nice, se cache un lieu atypique. Atypique, ou plutôt
authentique. Comme si le
temps s’était arrêté. C’est le
bar des oiseaux, où se niche
la plus célèbre des humoristes de la ville : Noëlle Perna, plus connue sous le nom
de son personnage, Mado.
Actuellement en tournée,
Noëlle prépare son nouveau spectacle.
Mais qui est donc cette
drôle de femme maquillée
comme un camion volé
avec son fort accent le tout
boudiné dans une robe en
taffetas rose ? On pourrait
croire que Mado est une
caricature. Noëlle dément !
« Ce personnage n’est absolument pas le fruit de mon
imagination. Mado était
le nom de ma voisine d’en
face qui venait chaque
jour au Bar des Oiseaux. »
Elle s’habillait, se coiffait, se
maquillait et parlait exactement de la même façon
que Noëlle la présente sur
scène.
De la région à l’Europe
Après
avoir
longtemps
amusé ses amis et ses clients
avec Mado dans son bar,
Noëlle Perna commence
par envahir les planches de
la région. Elle anime également des chroniques radios
sur Rires et Chansons et produit un petit feuilleton pour
France 3 région sans oublier
ses billets sans complexe
dans Nice Matin.
Ce n’est qu’en 2004 que les
portes du « chauve-binz »,
comme
elle
l’appelle,
s’ouvrent à elle. Palais des
glaces, Bobino, l’Olym-
pia... « Mado la niçoise »,
son spectacle, conquit la
foule parisienne. Et elle ne
s’arrête pas là. Lorsqu’elle
revient avec son nouveau
spectacle « Mado fait son
show » en 2007, elle fait le
tour des salles françaises,
belges et suisses.
Comment expliquer que
ce personnage fortement
imprégné d’une culture
du Sud touche un public
ailleurs qu’à Nice ? « Le microcosme est à l’image du
macrocosme. Mon personnage n’est pas le symbole
d’une région, il représente
la vie de quartier d’une
époque. C’est pour ça que
les spectateurs se reconnaissent. »
Noëlle Perna aurait pu se
consacrer à sa carrière
d’artiste et envoyer valser son bistrot. Pourtant,
afin de joindre « les tuiles à
l’agréable », elle a choisi de
ne tourner qu’à partir du
jeudi. Elle peut ainsi s’occuper de son bar des oiseaux
en début de semaine.
Le bar des oiseaux...
son nid !
« Le Vieux-Nice est ma nourriture. » Et pour cause...
Arrivée à l’âge de 7 ans
d’Algérie dans la capitale
azuréenne, Noëlle Perna
s’est toujours inspiré des
clients de son bar. Dès 21
ans, elle commence à
faire des sketchs pendant
le service et ouvre un petit théâtre de Boulevard à
côté de son café. Un bar,
c’est « un mesclun de genre
et de genres » comme elle
aime à l’appeler.
Elle a les pieds sur terre. Pour
elle, sa vie n’a pas changé.
Quand elle est dans son bar,
Noëlle n’hésite pas à aller
derrière le comptoir. Elle fait
le service tout en signant
des autographes. De son
côté, Mado, sur scène, balance la vie. Elle ose tout et
donne tout. Mado c’est un
concentré d’énergie.
Energique, à tel point que
Noëlle est reconnaissante
envers Mado. « Elle m’a
sauvée la vie. Grâce à elle,
je n’ai pas le droit d’aller
mal. Je dois passer outre les
coups de blues. Et Mado
sait transformer ce poison
en élixir. »
Elle a compris lors de ses
premières années d’expérience parisienne que vivre
loin de sa cité lui était impossible. « Je suis une déracinée et on ne peut pas se
permettre de laisser filer sa
terre d’accueil après avoir
perdu sa terre natale. »
C’est pas des salades, sa
vieille ville, elle l’aime...
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CULTURE
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Pierre povigna:
le roi Du Carnaval
par Coralie Michard
Tout comme le Carnaval de Nice la famille Povigna respecte la tradition. Une fois de plus
leurs chars déambulerons gaiement dans la ville. Cela fait quatre générations qu’ils sont
carnavaliers au hangar rue Richelmi. A 42 ans, Pierre Povigna est prêt à reprendre le flambeau de l’entreprise familiale.
D
Pierre Povigna et une de ses créations. (C.M.)
epuis quatre générations les Povigna égaillent les
rues hivernales de Nice
avec leur parade coloré.
Cette année encore ils seront présents dans les rues.
Aux commandes: le carnavalier Pierre Povigna.
L’artiste amoureux de son
métier regorge d’idées
« tous les ans c’est un plaisir
de créer pour émerveiller ».
Cette année lui et son
équipe réalise sept chars,
parmi eux, pas n’importe
lequel: celui du Roi. « C’est
un challenge de réinventer
le Roi ». Un challenge ainsi
qu’une fierté dont il ne rougit pas. Pour faire avancer
le carnaval il faut arriver à
surprendre. Pour cela, il a
un petit rituel: pendant les
festivités Pierre se fond dans
la foule pour écouter les cri-
tiques « très constructives ».
A l’aide de nouveaux matériaux et de concertations
familiales naissent les colossales marionnettes. « Le
travail en famille n’est pas
toujours facile » rappelle
Pierre mais la cohésion familiale reste le vecteur de
ses plus belles innovations.
Féru créateur,ses domaines
de prédilection restent la
réflexion sur la maquette,
la mécanisation et surtout
les finitions. Mais son plus
grand bonheur c’est l’assemblage final. Faute de
place les automates sont
ajustés à l’extérieur de l’entrepôt « Lorsque la tête du
Roi rejoint le corps c’est un
accomplissement et une
grande satisfaction que je
ressens ».Toutefois la compétition est dure dans le
milieu carnavalier. Depuis
la loi Sapin en 1993, Pierre
déplore la disparition des
artisans du métier. Maintenant quelques sociétés se
battent tous les ans pour
répondre à l’appel d’offre
de l’office du tourisme. Un
moyen de pression motivant et nécessaire à la
création de qualité rappelle Pierre « à l’époque
de mon arrière grand père
déjà, c’était le palmarès
des chars qui poussait à
l’excellence,
aujourd’hui
c’est l’appel d’offre. »
Le carnaval en
héritage
Pierre, 42ans, Niçois de
souche, est le fils ainé de
la famille. Le carnaval, il
est tombé dedans quand
il était petit. Enfant, tous
les mercredi et les samedi
il est à l’entrepôt avec son
frère cadet Gilles - « une
seconde maison » - . A 14
ans, Pierre acquièrt sa première tête puis à 18 ans son
premier char. Dès lors et
pendant vingt cinq ans il se
place en seconde position,
derrière son père, sur le podium des meilleurs chars.
Pourtant Jean-Pierre, son
père, souhaitait un avenir
sans tâches de peintures
et carton-pâte pour son
fils. « C’est pour ça que j’ai
entreprit l’école d’archi-
tecture de Nice » évoque
Pierre, amusé. A 26ans, il
en sort sans diplôme mais
avec des « connaissances
utiles pour la création de
cortège ». La passion ne le
quitte jamais « être un carnavalier était une suite logique pour moi ». L’artiste
dévoué à sa tâche confie
regretter la fin du carnaval
tous les ans. « J’ai mal au
cœur, quand je vois le Roi
être brûlé ». Bien que ce
ne soit pas le vrai roi mais
une réplique en bois au bucher, les deux têtes couronnées ont le même sort. « A
chaque fin de carnaval on
le vide de son matériel, mais
nous n’avons pas de place
pour stocker tous les personnages » Pierre y a longuement réfléchi. Ce qu’il
voudrait: la création d’un
musée du carnaval « interactif, à l’image du dragon
articulé crée l’an dernier ».
Un rêve irréalisable « cela
demande beaucoup trop
de place ». Cet engouement, il le partage avec ses
filles. Des yeux d’enfants, il
en a deux, âgées de 13 et
10ans. Elles aussi connaissent le hangar comme
leur poche « ma première
fille a participé au carnaval quand elle avait 8 ans,
elle était sur des échasses »
confie Pierre avec fierté.
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Une Niçoise au soleil
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par Nathalie Pouzoulet
Depuis l’apparition de la télé réalité en France, la Côte d’Azur fournit un important réservoir
de candidats. Jenifer ne déroge pas à la règle. Elle participe à la Star Academy en 2001.
Aujourd’hui, toujours appréciée de son public, la Niçoise sort un quatrième album.
tion de l’émission de télé
réalité. Ce qui l’a motivée
à s’inscrire? « Tout d’abord
le concept novateur de
l’émission. J’étais impressionnée que le programme
soit diffusé sur TF1. » Au fil
des émissions, la forte mobilisation des téléspectateurs
lui donne « l’envie de se dépasser ». « Je garde un souvenir mémorable du prime
time le samedi soir » confiet-elle. Jenifer et ses camaLa gagnante de la première Star
rades de promo chantent
Academy, Jenifer Bartoli. (N.P.)
alors pour la première fois
enifer Bartoli vit un vé- avec des artistes connus,
ritable conte de fées. devant des millions de télésOu du moins, sa vie pectateurs. « Le rêve... »
artistique y ressemble. Depuis son plus jeune âge,
« La petite protégée
elle rêve de devenir chande TF1 »
teuse. Il faut dire que Jenifer se donne les moyens : Jenifer ne regrette rien. Ni
la Niçoise participe à des d’avoir arrêté l’école tôt,
concours de chants depuis ni d’être systématiquement
l’âge de 6 ans.
associée à la Star AcadeDu haut de ses 18 ans, elle my. Elle est consciente que
n’hésite pas à foncer au sans ce « tremplin », les recasting de la Star Acade- tombées médiatiques n’aumy. Pari réussi : elle intègre, raient jamais été les mêmes.
en 2001, la première promo- « Aux yeux de certains ar-
J
tistes traditionnels, je ne suis
pas crédible à cause de ma
filiation Star Ac’ ». Elle est le
chantre de ces artistes issus
de la télé-réalité. Cette génération qu’on accuse de
contribuer au voyeurisme,
à la starisation. Gare, aussi,
à ne pas contrarier la jolie
brune. Elle affirme ne prêter
aucune attention aux critiques de ces chanteurs qui
ont « galéré » pour réussir.
Son seul désir : avancer
dans sa vie professionnelle,
et savourer chaque instant.
Des déconvenues, il y en a
eu pourtant. Mais elle ne
critique jamais ce «système»
qui l’a révélée. Au contraire.
« Pour mes contacts professionnels, la promotion de
mon album, Star Academy
m’a facilité la tâche. TF1
est une grande famille, surtout pour celui ou celle qui
gagne l’émission. »
« Le passage Star Ac’ »
« Ce que je pense de la
Star Ac’ aujourd’hui? Ça
LES DERNIÈRES ACTUS par Nathalie Pouzoulet
Aujourd’hui, la Niçoise est âgée de 28 ans. Elle est maman
d’un petit Aaron et va fêter ses dix ans de carrière en 2011.
Ses projets pour l’avenir? Continuer de vivre de sa passion,
le chant. Son quatrième album, très eighties, Appelle-moi
Jen est disponible depuis le 29 novembre. Jenifer a joué
près de 6 mois au théâtre dans Les monologues du vagin,
une œuvre de l’Américaine Ève Ensler. Elle voudrait réitérer
l’expérience mais a conscience que cela dépend du public...et des demandes des professionnels du métier.
avance avec le temps,
l’émission fait son petit bonhomme de chemin. » Selon
la chanteuse, ces émissions
musicales restent la recette
idéale pour les jeunes artistes en quête de reconnaissance et succès. Pour
les maison de disques, elles
apportent leur lot de nouveaux talents de la scène
française. « Quoi que l’on
dise, la Star Ac’ s’est imposé
dans l’univers audiovisuel,
et forme un contraste avec
les émissions de variétés. »
Le niveau des star académiciens? Il va en s’améliorant.
En regardant les prime time,
elle constate le tournant
«carré et professionnel»de
l’émission.
L’évolution
phare : la recrudescence
d’artistes
internationaux,
comme Rihanna ou Tom
Jones sur le plateau : « ils
n’auraient jamais effectué
le déplacement lors de la
première Star Ac’! »
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CULTURE
4
Entracte avec
Benjamin Migneco
par Victoria Kopiloff
Premier coup, deuxième coup, troisième coup de brigadier. Le rideau se lève. Bienvenue
dans le monde de Benjamin Migneco, un jeune metteur en scène et comédien niçois.
Benjamin Migneco. (V.K.)
N
e pas perdre de
temps. A seulement
22 ans, Benjamin a
une vie déjà bien remplie.
A trois ans et demi, il demande à ses parents de
l’inscrire au Théâtre. A 8 ans,
il rentre au conservatoire de
Nice. A 18 ans, il monte en
scène une pièce qu’il produit et finance. A 22 ans, il
part en tournée avec une
troupe professionnelle.
« J’adore me faire passer
pour ce que je ne suis pas. »
Sa vie, c’est le théâtre. Ce
qu’il aime, travailler sur l’humain et sur soi-même. Bercé
dans un monde où la timidité est laissée en coulisse,
Benjamin emporte son ex-
centricité partout avec lui.
Quand il parle, c’est tout
son corps qui s’exprime. Ce
petit blond est généreux
avec son public comme
avec son entourage. Ses
amis sont d’ailleurs les premiers à en bénéficier : « En
soirée, Benjamin peut endosser plusieurs rôles. » Tout
sauf solitaire, il aime partager et être accompagné : « quand tu vis plusieurs mois
avec une troupe, c’est un
vrai plaisir. »
L’Art de la mise en
scène
Se sacrifier pour son art. Dur
de se faire une place dans
le monde du théâtre professionnel. Benjamin le sait mais
y croit. A 18 ans, avec une
amie comédienne, il décide
de monter une pièce de Fabrice Melquiot : L’inattendu.
Motivé, il investit 4000 euros
de sa poche pour financer
son projet. Benjamin est sur
tous les fronts. Il s’occupe
de trouver les théâtres, de
la communication, des répétitions... « C’était une
période assez dure où j’engrangeais beaucoup de
stress et d’angoisse. »
Au final, L’inattendu compte
22 représentations à Paris et
deux à Nice. Si la pièce est
jouée, elle est malheureusement peu vue. Benjamin
subit sa « première petite
claque. » Sur les 4000 euros
investis, il en récupère seulement 1800. Le jeune homme
ne se démoralise pas pour
autant. Avec le temps, il se
dit : « c’est normal pour une
première mise scène. »
Créer pour continuer d’exister. Cette fois, c’est avec
son « pote Félicien. » Ils
préparent une pièce au
titre aussi réfléchie que son
metteur en scène : Le plaisir d’une vie à portée de
pensées. Une satyre sur le
rapport de l’humain à la
consommation : « On la critique mais on ne peut pas
s’empêcher d’acheter. »
Une hypocrisie propre à tout
le monde : « on aime qu’on
élève des bœufs dans la forêt amazonienne mais on
aime manger un Mac Do
de temps en temps. »
Jouer pour vivre
Acte final : réussir à gagner
sa vie. A côté de la mise
en scène, Benjamin est comédien. Une activité qui
lui permet de bénéficier
du statut d’intermittent du
spectacle. De mai à juillet
dernier , il a joué dans une
pièce de Gombrowicz intitulée : Yvonne princesse
de Bourgogne. Une expérience dans laquelle Benjamin y découvre la vie
de troupe : « petit dej, répétition, vin et poker. » Aujourd’hui, le jeune homme
continue de faire l’acteur. Il
va jouer dans une pièce joliment nommée : Autour de
ma pierre, il ne fera pas nuit.
« J’ai jamais pensé à faire
autre chose , c’est mon
dada ». Benjamin vit de sa
passion et ne compte pas
s’arrêter là. Son rêve : « créer
un lieu pour son collectif. »
Un endroit de création, de
partage et de liberté.
Ambitieux et imaginatif,
Benjamin n’est jamais à
court d’inspiration. Le rideau n’est pas prêt de tomber .
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CULTURE
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GRAINE D’ARTISTE
par Sarah Vernhes
Prenez une dose d’inventivité, beaucoup d’imagination, un brin de folie. Ajoutez-y un caractère singulier. Et vous obtiendrez un personnage surprenant: celui d’ Emmanuelle Nègre,
une jeune artiste niçoise.
autres artistes, elle a métamorphosé l’espace d’exposition au gré de son imagination. Tantôt en transformant
le lieu en un dédale de bric
à brac, tantôt en lieu donnant un aspect neutre.
Elle n’en est pas à sa première expérience. Elle a
déjà exposé dans une maison abandonnée mise à
disposition pour les artistes.
L’objectif : s’adapter à un
décorum désuet. Elle applique la définition de l’art
contemporain selon Jean
Monneret, l’un des peintres
les plus connus de l’Ecole
de Paris: « une harmonie
Exposition LABORATORIUM avec Emmanuelle Nègre. (S.V.)
parfaite entre le contenant
et le contenu. »
ette Niçoise est un
C
étrange
personnage. Un de ceux
que l’on rencontre dans les
bandes dessinées. Brune
aux yeux bleus, elle arbore un petit air mutin. Elle
est aussi de celle que l’on
croise un appareil photo
autour du cou et un cahier
de dessin dans le sac.
Cette niçoise est une jeune
artiste qui a déjà un avis
très arrêté sur l’art. « Quand
tu fais de l’art, tu peux créer
des choses. Mais même si il
n’y a pas de signification,
il doit y avoir une explication. » affirme t-elle. Pour
elle, l’art est un langage artistique. C’ est un véritable
moyen d’expression.
L’underground à la
Niçoise
Un art altruiste
Art, cinéma, théâtre, Emmanuelle Nègre joue sur
tous les tableaux. Cette artiste de 24 ans a déjà deux
expositions à son actif. Ce
qui la branche ? Jouer avec
les lumières, bricoler des
mises en scène originales,
imaginer des scénarios surprenants. Pour sa dernière
création, elle a monté un
train fantôme dans un ancien abattoir. Le but : sortir
l’art des carcans habituels
en utilisant un lieu peu singulier. « Ce qui m’intéresse,
c’est me détacher de tout
ce que l’on connait. »
Accompagnée de deux
Emmanuelle finance entièrement ses projets. Mais
c’est à son grand regret.
« Je considère l’art comme
mon métier, mais mon métier n’est pas mon art. » Diplômée des Beaux Arts de
Nice, Emmanuelle travaille
aujourd’hui au TNN de
Nice comme hôte de salle.
Comme de nombreux artistes, elle aimerait vivre de
sa passion. Pourtant, elle
affirme que même si elle ne
gagne rien, « ça lui rapporte
plein de choses. » « C’est
enrichissant au niveau personnel, mais aussi au niveau
humain. Pour le moment, je
me contente suffisamment
de ça. »
Une artiste
polyvalente
Un pinceau à la main ou
une caméra, Emmanuelle
Nègre glisse habilement de
l’art contemporain à celui du cinéma. Son dada :
jouer avec l’optique. Elle
utilise toute la palette d’outils du cinématographe
pour créer des ambiances
détonantes. Avec une spécialité : employer la lumière
sous toutes ses coutures. Elle
participe au collectif Laboratorium qui promeut un art
hybride : mélange de cinéma, d’art et de théâtre. Emmanuelle a également participé au montage vidéo
de la pièce L’inattendu, de
Benjamin Migneco.
Un projet en route
Après les expositions et les
courts métrages, Emmanuelle Nègre a décidé de
se lancer dans le docu-fiction. Avec un thème qui
risque de faire hérisser les
poils des plus peureux : les
fantômes. Pour concrétiser
ce projet, elle souhaite se
rendre en Ecosse, mais aussi
faire la tournée des lieux
hantés du Royaume Unis.
Une belle chasse aux fantômes en perspective.
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SANTÉ
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Catherine Hayem :
« JE VEUX SOULAGER »
par Carine Julia
Arrivée il y a 19 ans, à Nice un petit bout de femme a fait sa place au soleil. Aujourd’hui
elle est chef du service d’anesthésie de Lenval mais surtout spécialiste en algologie et elle
pratique l’hypno-sédation. Une pionnière à Nice.
Catherine Hayem s’occupe des enfants à Lenval (D.R.)
V
ous occupez le poste
de chef du service
anesthésiologie et algologie à l’hôpital pour enfants Lenval. Comment en
êtes-vous arrivée là ?
J’ai fait mes études de médecine à Reims. Mon compagnon m’a convaincu de
le suivre dans ses études
scientifiques. Comme j’ai
fait un baccalauréat littéraire (je souhaitais être journaliste !), j’ai travaillé énormément pour réussir. Je me
couchais à 2h et me levais
à 5h pour réviser. La première et la troisième années
ont été très difficiles. J’ai mis
deux ans à passer ma spécialisation en anesthésiologie, je devais m’occuper de
mon fils et je travaillais déjà
dans un service d’anesthésie. J’ai continué quelques
années à Reims. Je savais
depuis mon premier stage
en anesthésie pédiatrique
que je voudrais travailler
dans ce domaine. Quand,
en 1991, ce poste s’est libéré à l’hôpital Lenval, j’ai saisi
l’occasion.
De quelles façons traitezvous vos petits patients ?
S’occuper d’enfants est
une question d’expérience.
Traiter la douleur en pédiatrie, voilà ce qui m’a
plu pendant mes premiers
stages. L’hôpital Lenval a
été un précurseur en anesthésie pédiatrique. En généralisant les anesthésies locorégionales les enfants se
réveillent bien mieux. Cela
s’est développé de plus
en plus à partir des années
90. En 1995 j’ai passé un diplôme interuniversitaire d’algologie. Son application en
pédiatrie regroupe des méthodes d’évaluations spécifiques de la douleur. La façon dont un petit grimace,
crie, se laisse consoler, sont
des indices du niveau de
souffrance. Il faut beaucoup d’habitude !
Au quotidien je parle à mes
petits patients avant de les
endormir. Leur parler doucement pour les apaiser est
une forme d’hypnose. Je
parle doucement pendant
toute la durée de l’opération. J’ai constaté de réelles
améliorations des réveils
avec cette méthode et je
vais encore me perfectionner en janvier prochain, en
assistant à une formation
sur l’hypnose chez l’enfant.
Il m’arrive aussi de pratiquer
l’hypno-sédation, dans les
cas où je ne peux pas utiliser
les médicaments classiques.
Je dois parler et réconforter
l’enfant, lui permettre de se
couper du bloc opératoire,
de partir dans son imaginaire avec le moins de médicaments possibles.
Quels sont vos projets professionnels ?
Je m’engage parfois dans
plusieurs manifestations et
avec mes obligations, je
crains de ne pouvoir tout
accomplir. Pour 2011 j’ai
prévu la formation d’hypnose chez l’enfant, puis
j’organiserai un atelier en
lien avec des ORL sur le
traitement de la douleur
des amygdalectomies, une
opération très invasive en
pédiatrie. En dix ans, j’ai
suivi plus de 2000 enfants
à Lenval. Ensuite j’assisterai
au Congrès Adarpef (L’As-
sociation Des AnesthésistesRéanimateurs d’Expression
Française) à Reims, ma ville
natale. En 2012 c’est moi
qui l’organiserais à Nice ! Je
suis un peu anxieuse.
Qu’est-ce qui vous touche
le plus dans votre métier ?
J’ai eu le cas récemment :
un bébé prématuré de
deux mois, né à 1,2kg. Avec
des défenses immunitaires
faibles, la douleur est bien
présente. Elle l’est même
plus que pour un adulte qui
sait, lui, qu’en prenant un
médicament la souffrance
va stopper. Le bébé ne le
sait pas, il sent que ça peut
durer. Dans ces cas là, on
constate que le contact
avec la maman compte
souvent pour 50% du soulagement. Il n’y a pas de
mesures scientifiques, cela
fait partie des choses qu’on
constate
avec
l’expérience.
Précis de médecine
L’hôpital Lenval : Fondé
en 1884, reconnu d’utilité
publique en 1895, cet hôpital
niçois est consacré aux
enfants et aux adolescents.
Implanté dans une ville
universitaire, la fondation
Lenval s’est rapprochée du
CHU de Nice pour former les
hôpitaux pédiatriques de
Nice CHU-Lenval le 3 août
2010. Ainsi la recherche et
l’enseignement sont liés
à la prise en charge des
patients.
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POLITIQUE
4
Agnès Rampal, MADAme
Enseignement Supérieur
par Camille Wurtz
Déjà présente dans l’ancien conseil municipal dirigé par Jacques Peyrat, Agnès Rampal
est aujourd’hui aux côtés de Christian Estrosi, en tant que dixième adjointe. Ancien médecin anatomopathologiste, Agnès Rampal a décidé en 2001 de changer de carrière. Des
remèdes médicaux aux remèdes politiques, il n’y a qu’un pas.
Journée d’acceuil des étudiants à Nice. (D.R.)
C
omment êtes-vous
arrivée au poste
d’adjointe
aux
délégations
de
l’enseignement supérieur, de la
culture scientifique, de la
vie étudiante, des NTIC et
des rapatriés ?
En 2001, la parité a nécessité de trouver des femmes
qui souhaitent s’engager
dans la vie publique de Nice
et cela m’a séduit. De plus,
l’enseignement
supérieur
n’est pas une compétence
dédiée aux Municipalités
et l’intérêt pour la ville de
Nice d’avoir une Université
et des écoles de formation
de grande qualité est évident. De même que créer
une vie étudiante attractive
est une nécessité, d’où l’importance de travailler avec
les
associations et les fédérations étudiantes de la
région.
Quels sont les projets en
cours ?
Nous voulons créer un partenariat avec l’université.
Nice investit beaucoup pour
l’avenir de l’enseignement
supérieur. Par exemple, elle
a pris des Maîtrises d’Ouvrage pour réaliser le campus universitaire de Saint
Jean d’Angely, il y a l’extension de l’UFR staps dans
la plaine du Var, la création
d’un pôle de vie étudiante
à Saint Jean d’Angely avec
une Maison des Etudiants.
Mais il y a aussi la création
de logements étudiants et
doctorants. Nice participe
aussi financièrement à de
très nombreux projets. Nous
désirons mettre en place
une réflexion avec les partenaires et les associations
d’étudiants de manière à
proposer des renseignements, des services et des
animations aux étudiants.
Avec la Face 06 et le Crous,
nous espérons faire de la
Journée d’accueil des étudiants, un des événements
incontournables pour tous
les nouveaux étudiants. Ils
doivent se sentir accueillis
et appréciés par la ville et
ses principaux acteurs, c’est
très important.
Que pensez vous de Nice ?
Située entre mer et montagne, Nice bénéficie d’importants atouts naturels.
C’est très agréable. C’est la
cinquième ville de France et
la capitale économique de
la Côte d’Azur. Elle regroupe
tous les avantages d’une
grande ville, mais garde
une qualité de vie exceptionnelle. Elle dispose également du troisième aéroport
de France. Un aéroport international qui permet à la
cité azuréenne d’être ouverte sur le monde. Nice est
aussi très touristique. Grâce
à sa taille, elle accueille des
universités et des écoles de
qualités. Nice est enfin dotée d’équipements culturels
importants : plusieurs musées, un théâtre national,
un opéra, un conservatoire,
des salles de concert, un
château. Toute cette effervescence et ces touristes la
rendent très cosmopolite.
Selon vous, que faudrait-il
modifier pour que la ville soit
« parfaite » ?
La contiguïté entre la mer
et la montagne est certes
un atout mais c’est aussi un
mal. La ville est peut-être «
trop » coincée et cette topographie rend le réseau
routier très compliqué. En
effet, la ville n’est pas extensible et les déplacements
quotidiens intra-muros sont
importants et difficiles. Surtout au niveau des stationnements. Nice a aussi besoin de la deuxième ligne
du tramway. Celle-ci sera
un ballon d’oxygène formidable et elle modifiera
les habitudes des azuréens.
Avec un objectif : réduire les
déplacements en voiture
dans le centre ville.
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POLITIQUE
La passion d’une femme
4
10
par Céline Galbrun
Dominique Estrosi Sassone est une femme politique active. Bien que son action principale
se situe dans le développement urbain de la Côte d’Azur, elle apporte un grand soutien
moral aux personnes en nécessité. Pleine d’entrain et toujours souriante, c’est la personne
simple et modeste qui se cache derrière la femme professionnellement passionnée.
D
Une politicienne chaleureuse. (C.G.)
ominique Estrosi Sassone fait son entrée
dans le monde politique en 2001. Sa rencontre
avec Christian Estrosi, dont
elle deviendra l’épouse
et divorcera en octobre
2008, lui permet de quitter
la collectivité pour devenir
attachée
parlementaire.
Sollicitée par Jacques Peyrat plus tard dans l’année,
elle devient adjointe au
maire. Elle est aujourd’hui
conseillère régionale UMP
dans les Alpes-Maritimes. A
Nice, elle est déléguée au
Logement de la Ville, à la
cohésion sociale, à la lutte
contre les discriminations.
Un rôle qu’elle prend très à
coeur.
« C’est un métier sans pitié. Il faut de la force, de la
persuasion et de la détermination. Il faut s’investir à
200%. » Passionnée par son
travail, elle se montre ouverte et empathique. Être
proche des citoyens est
primordial pour Dominique
Estrosi Sassone : « Je suis
très attachée aux rapports
humains. Mes actions politiques sont basées là-dessus.
J’ai ce besoin d’aller sur le
terrain, de combler ce fossé
qui existe entre les hommes
politiques et les citoyens. »
Une action nécessitant
une force de caractère et
un moral d’acier « Je veux
montrer que les personnes
démunies ne sont pas oubliées. Il faut rétablir un lien
de confiance. »
Une force
de caractère
En quelque mots, c’est une
femme déterminée et courageuse. Tel un caméléon,
elle s’adapte à tout type
de situation. « Il m’arrive
d’aller dans les quartiers
dits sensibles. Ils ne me semblent pas plus dangereux
que les autres. J’aime aller
là-bas et pouvoir côtoyer
ces personnes qui ont un
style de vie tout à fait différent. » Mais malgré cette
image de femme tempérée et patiente, il lui arrive
de manquer, dans certains
cas, d’adresse : «Je ne suis
pas une personne hypocrite, je dis ce que je pense.
Parfois, je ne suis pas assez
diplomate, ce qui est, dans
le monde politique, souvent
contraignant. »
Sur les traces
de son père
Dès son enfance, Dominique a baigné dans le
monde politique. « Mon
père était un politicien,
je l’accompagnais dans
ses meetings. » Pourtant,
son avenir était loin d’être
tracé et elle aspirait à un
tout autre débouché. « J’ai
toujours voulu être dans la
communication, le métier
de journaliste me plaisait
beaucoup. Arrivée à l’université, j’ai décidé de suivre
des études de droit. J’avais
dans l’idée de devenir avocate ou me lancer dans la
magistrature. Mais dans ce
cas, je devais bouger de
la Côte d’Azur, ce qui était
difficile pour moi car je suis
très attachée à la ville. »
Une passion transmise par
son père. Un amour pour la
France qui est, aujourd’hui,
toujours aussi vif.
Une marathonienne
La vie politique demande
beaucoup d’énergie. Cette
politicienne prend tout de
même le temps de faire
quelques exercices « Je
pratique le jogging de façon régulière. J’ai, d’ailleurs,
participé au marathon.»
Et pour se reposer, rien ne
vaut une musique de Julien
Clerc, un roman de Katherine Pancol, ou un bon film
français. « Je lis à longueur
de journée des dossiers
complexes. Lorsque j’ai du
temps libre, j’aime me détendre en lisant des livres
simples qui parlent de la vie
de tous les jours, écouter
des musiques qui me permettent de m’évader.» Ses
choix témoignent de son
amour pour la France.
Dominique Estrosi Sassone
vit au jour le jour, portée par
ses convictions. « Je continue à travailler du mieux
que je peux. Le jour de
ma réussite sera le jour où
l’on pourra mieux vivre ensemble, et ce, pour tout le
monde. »
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FAITS-DIVERS
ROGER LA MAGOUILLE
4
11
par Alexandre Borde
C’est l’histoire d’un mec qui a toujours fui la légalité. La combine constitue la valeur essentielle de sa vie : contrebandier de cigarettes, organisateur de tournois de boules truqués ou
vendeur de voitures volées. C’est l’histoire de Roger Lafaye, un magouilleur né.
D
Le jardin de Roger à Pégomas. (A.B.)
e loin, il ressemble
à un vieux rocker
qui n’a plus fait de
scène depuis des lustres.
La paralysie de sa jambe
droite lui donne une allure à
la Aldo Maccione. Le teint
rougeaud fait deviner une
vie peu recommandable
sur le plan de la sobriété.
Une petite bouteille de cognac occupe sans cesse la
poche avant-gauche de
son vieux blouson en cuir. Il
est alcoolique permanent
depuis près de 15 ans.
Roger Lafaye n’a pas eu
une enfance idéale. Son
modèle paternel, c’est un
homme qui a sombré dans
le vin rouge lorsqu’il est
rentré de l’armée; Le père
avait en effet été envoyé
à Fréjus pour ramasser les
nombreux cadavres que la
catastrophe du barrage de
Malpasset a laissé derrière
elle en 1959. Roger avait 12
ans. « Il n’était plus le même
à son retour. Il nous réveillait
désormais de manière différente le matin. Les coups
de balai dans le tibia à six
heures du mat ont remplacé les morceaux de jazz. »
témoigne Patrick, l’un des
deux frères de Roger. La scolarité de celui-ci s’avère très
chaotique. Sans certificat
d’études, il commence à
travailler à 14 ans sur les étalages du marché de Forville
à Cannes, sa ville natale.
Cela lui permet de côtoyer
le milieu gitan qui était très
implanté sur cette place
marchande. Il découvre
les joies de l’argent facile.
« Crever les pneus des voitures de flics, vandaliser les
commerçants concurrents,
on me payait pour aller
faire des conneries. C’est le
plus beau boulot du monde
pour un môme » s’esclaffe
Roger.
Son audace et sa débrouillardise lui permettent
rapidement de monter en
grade. Mais son inexpérience a un prix. En 1967, il
monte, avec un ami, un petit business de cigarettes volées. Problème, ils sont obligés de braquer les buralistes
du Suquet ou du quartier de
la gare de Cannes pour se
procurer la marchandise.
Le manège durera à peine
trois mois. Il est dénoncé à
la police par une bande
rivale. Faute de preuves,
Roger n’écope que de trois
ans pour recel de cigarettes
volées. « Je m’en suis bien
sorti » reconnaît-il. »
La prison élargit son réseau
de relations. Détenu à Nice,
il fait connaissance avec le
milieu azuréen. Ses compétences en mécanique automobile sont repérées par
un trafiquant de voitures
volées originaire de Grasse.
Il propose à Roger un business lucratif sur Plascassier,
un petit village de l’arrièrepays cannois : maquiller les
compteurs de kilométrage
et repeindre des voitures qui
ont été « empruntées » pour
les revendre. Cette activité
durera près de 15 ans.
Le Bernard Tapie
de la pétanque
Le début d’une enquête de
gendarmerie sur ce discret
trafic lui fait cesser cette
activité. Mais Plascassier regorge de terrains de boules.
Durant toutes ces années,
il a perfectionné sa technique, mais a surtout développé une fois de plus la liste
de ses contacts. Dans les
années 1980, il commence
à s’immiscer dans les tournois de pétanque de la
place de l’Etang à CannesEst. Les paris clandestins foisonnent à cette occasion.
Roger les organise et sait à
l’avance l’issue des parties.
Pour cela, accompagné
de deux hommes de main,
il sait convaincre financièrement ou physiquement les
boulistes à perdre lorsque
cela est nécessaire.
Il rencontre durant cette
période l’unique amour de
sa vie, Maria, portugaise
dont les parents avaient fui
la dictature de Salazar. La
liste des invités de leur mariage, au début des années
1990, est une véritable ode
à l’internationalisme : Portugal, Cap-Vert, Algérie, Maroc, Tunisie, Pologne, Italie,
« Le maire, qui était bien à
droite, faisait une drôle de
tronche » se marre Roger.
Ce dernier coule depuis des
jours tranquilles dans sa villa
de Pégomas. Rangé des
voitures et des tournois truqués, il se limite désormais
à affronter l’adolescence
de ses deux garçons. « J’espère qu’ils prendront plutôt exemple sur leur mère »
ajoute-t-il, un brin ironique.
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FAITS-DIVERS
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Silvio, l’avocat
des barreaux
par Yann Duvert et Maxime Ricard
Cela fait quarante-quatre ans que Silvio traîne sa carcasse dans ce bas monde. Dont quinze
passés derrière des barreaux. La DASS, les braquages, la prison, un parcours où se mêlent
détresse, combines et excès en tout genre. L’histoire d’un écorché vif...
La face cachée de Silvio. (M. R.)
D
epuis sa retraite dans
l’arrière-pays varois,
Silvio
contemple
de son regard bleu azur les
collines environnantes. Un
verre de whisky à la main,
qui semble toujours être celui de trop.
Silvio est à l’image de son
corps, meurtri. Pas un moment où la vie ne lui a laissé
une once de répit. N’ayant
pas connu ses parents, il sait
simplement que sa mère
était une prostituée, rien
de plus. Direction la Dass,
donc. Scolairement, son fait
d’arme le plus marquant
aura été de redoubler à la
maternelle.
« En 1987, il braque
le péage d’Antibes »
Au foyer, l’environnement
est dur, et ses compagnons
de jeu l’entraînent dans les
petites combines d’adolescents turbulents. Il y restera
jusqu’à ses 18 ans, dont il
profite pour s’engager dans
l’armée. C’est là qu’il y apprendra le maniement des
armes, entre autres. Car au
bout de trois ans au régiment, Silvio décide de passer à l’étape supérieure. Il
reprend contact avec ses
anciens camarades, qui lui
promettent de gagner de
l’argent rapidement, et très
facilement.
La proposition est alléchante et en 1987, il braque
le péage d’Antibes. Mais le
butin est ridicule, un misérable sac de pièces. Il faut
donc récidiver au plus vite.
Peu de temps après, Silvio
et ses comparses profitent
de l’engouement provoqué par la sortie du film
Batman. Ils prennent un
cinéma pour cible. Cette
fois-ci, la somme volée est
à la hauteur du risque pris.
De quoi tenir un moment
sans se faire remarquer.
Mais comme l’appétit vient
en mangeant, Silvio remet
ça deux ans plus tard, pour
une opération d’une plus
grande envergure. Cette
fois, il s’agit du supermarché
Géant, toujours à Fréjus. Et
pour cela, il est épaulé par
la fine fleur du banditisme
azuréen. Équipés d’armes
de gros calibre, ils s’empa-
rent d’un butin conséquent
sans avoir à ouvrir le feu.
Un succès qui les pousse à
tenter le diable une fois de
plus, à peine six mois plus
tard. La cible est cette fois
une banque du Crédit Agricole situé à côté d’un Intermarché. Il est convenu que
si l’opération se déroule
bien, les compères feront
d’une pierre deux coups.
Malheureusement pour eux,
il n’en est rien. Pourtant parfaitement organisés, « équipés tunning » (une voiture
muni d’un gyrophare de
police), ils n’ont pas anticipé l’arrivée du camion
de la Brinks venu effectuer
sa tournée. L’occasion est
belle, et des coups de feu
sont tirés vers le camion. Les
convoyeurs ripostent alors,
obligeant les braqueurs à
lever le camp. Durant la
fuite, l’un d’eux est touché
d’une balle dans le dos.
« On m’appelait
l’avocat »
Il survivra, mais sera arrêté.
Cuisiné par les enquêteurs,
il livrera Silvio ainsi qu’un
autre de ses complices. Arrêté à son tour, puis jugé,
notre homme écopera de
15 ans de prison. Quinze
longues années, en majorité passées à Clairveaux,
dans l’Aube. Là- bas, cela
s’est « bien passé, il fallait
simplement se faire respecter ». Son temps, il le passe
à étudier le droit, dont il obtient une maîtrise. Ses codétenus le surnomment même
« l’avocat ». C’est également là bas qu’il rencontre
une « accompagnatrice »,
qui lui prodigue un grand
nombre de conseils et qui
finira par lui donner un enfant. Une fille, SA fille, la fierté de Silvio. Son « bébé parloir », c’est l’unique raison
qui lui a permis de tenir dans
l’enfer de la détention.
A sa sortie, c’est pourtant
une profonde désillusion qui
l’attend. La mère de sa fille
refuse de le voir, et avec
seulement quatre euros
cinquante en poche, c’est
la rue qui va l’accueillir. Six
mois à dormir dehors, seul.
Puis, un poste d’employé
dans une auberge s’offre à
lui, pour ce qui ressemble à
la fin d’une longue galère.
Silvio avoue « ne rien regretter ». Pourtant, lorsqu’il
prononce cette dernière
phrase, ses yeux s’illuminent
et laissent transparaître le
souvenir, tenace certes,
mais d’une époque qui
semble, pour lui, être révolue.
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ÉCONOMIE
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13
deux coffee shop
à la mode niçoise
par Virginie Paoli
Inspirées de la culture américaine, deux jeunes amies, Emilie et Céline veulent créer le
concept de Coffee Shop à Nice. Ces pionnières ont ouvert leur premier café de quartier
aux allures rock en 2007. Céline, l’une des associées retrace son parcours. Une expérience
succulente.
La Niçoise Céline Moliere à la tête d’Emilie’s Cookies. (V.P.)
L
’aventure Emilie’s Cookies représente un bel
accomplissement
se
réjouit Céline Moliere, jeune
chef d’entreprise de 32 ans.
Avec son amie Emilie, elles
ont réalisé leur rêve : créer
un Coffe Shop à Nice.
Un air d’Amérique souffle
chez
Emilie’s
Cookies.
« On a voulu créer un endroit qui nous ressemble. »
Ambiance rock et féminine
dans un lieu cosy conçu
comme un salon d’appartement. Chacun peut déguster la cuisine US et siroter
les boissons à base de café
dans des fauteuils clubs et
canapés. Avec une playlist rock en fond sonore.
« Les gens ont l’impression
de venir chez une copine »
affirme Céline. Mais Emilie’s ce n’est pas juste une
histoire de déco et d’ambiance. C’est aussi des spécialités : « on s’est inspiré des
recettes américaines que
l’on a adaptées au goût
français ».
Céline et Emilie réinventent
les cookies, muffins, brownies, cupcakes et autres
bagels... Toujours créative,
Céline teste de nouvelles
saveurs. « On va sortir les
Cakes Pops, des gâteaux
en forme de sucettes. Il n’y
en a pas encore à Nice. »
Naissance d’Emilie’s
Cookies
Après des études en marketing, Céline voyage à travers le monde. C’est à Santa Cruz en Californie qu’elle
s’inspire du concept. La petite brune énergique aime
passer du temps avec ses
amis dans des cafés de
quartier originaux. Où l’ambiance est conviviale et la
cuisine atypique. « Lorsque
je suis rentrée en France, je
n’ai pas retrouvé ce type
d’endroit, ça me manquait. »
Lors de leurs soirées, Emilie préparait toujours des
cookies, très appréciés des
convives. Et Céline maitrisait
les techniques de marketing. Une alliance parfaite.
Après un an pour monter le
projet, les jeunes femmes
se lancent. Les banques
craintives ont mis du temps
avant de donner leur feu
vert. « On ne nous prenait
pas au sérieux parce que
ce concept n’existait pas et
puis on était des femmes. »
Avec une niaque d’enfer,
Céline a su s’imposer. « J’y
croyais à fond et j’ai réussi à
les convaincre ! »
En 2007, le premier salon, 9
rue Alberti ouvre ses portes.
Face au succès croissant
le deuxième a vu le jour en
février dernier dans le Vieux
Nice. Aujourd’hui Emilie’s
Cookies c’est une équipe
de dix employés soudés.
« Chacun amène son petit
truc musical, créatif, culinaire » raconte Céline.
Une vie à cent à
l’heure
Emilie est fascinée par l’efficacité et la polyvalence
de son amie. « Le matin,
elle amène sa fille à l’école,
passe prendre les légumes,
bosse jusqu’à 16 heures,
prend les commandes, va
chercher sa fille, fait de la
compta puis va répéter
avec son groupe ». Céline
est à la fois fonceuse et réfléchie. Elle est toujours active même en dehors du
boulot : « je suis bassiste dans
un groupe Electro Punk, je
fais du roller derby entre
copines et je m’occupe de
ma fille de sept ans. »
Des caractères
différents
Céline et Emilie, deux personnalités différentes mais
complémentaires. « Je suis
assez directive alors qu’Emilie est super cool, elle attend
que ça se passe » confie
Céline. Sa copine tempère
ses dires : « Elle dit tout de
suite quand ça ne va pas
mais c’est aussi la première
à complimenter l’équipe
quand il y a de bons résultats. » Depuis que le second Coffee a ouvert, les
deux femmes ne travaillent
plus ensemble. « Elle me
manque » regrette Céline.
Aujourd’hui le rêve est devenu réalité : « il y a dix ans
déjà je voulais créer cela ! »
Céline Moliere est comblée
et surtout reconnaissante.
« Les compliments c’est ce
qui nous touche le plus. »
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ÉCONOMIE
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14
le sex appelLE
par Romain Renner
Sylvain, étudiant de 21 ans, est le co-fondateur, avec son ami Raphaël, du réseau social
sex4you(th). Son site met en relation plus de 3 000 adhérents à la recherche de relations
intimes et discrètes. C’est à l’intérieur d’un café - et non pas d’une chambre d’hôtel - que
nous nous rencontrons.
système d’ajout d’amis, on
permet aux gens de tout
contrôler. Avec ça, on évite
également le harcèlement.
Sylvain, co-fondateur de Sex4you(th) (R.R.)
L
a première chose que
l’on se demande c’est
comment t’est venue
l’idée de créer ce site ?
D’abord, il faut bien noter
que je n’ai pas créé le site
tout seul. Avec mon ami
Raphaël, nous sortons beaucoup et nous nous sommes
rendus compte que les
jeunes ne cherchaient plus
de relations sérieuses. On
sait qu’il y a des sites de rencontres mais ils sont remplis
d’acteurs payés pour en
faire la publicité. On a voulu
créer un véritable réseau social basé sur les rencontres
sexuelles et essentiellement
ciblé sur les jeunes.
Cela a-t-il un lien avec un
éventuel problème de drague alors ?
(Il sourit) On me fait souvent
la réflexion ! Je ne suis pas
un coureur de jupons. Je
n’ai pas plus d’histoires que
les autres mais pas moins.
L’objectif du site n’est pas
de régler un quelconque
problème personnel mais
de créer un site confidentiel, qui permette à chacun de vivre ses histoires en
toute discrétion. Le plus important pour nous c’est de
ne pas faire quelque chose
de vulgaire.
Comment cela fonctionne
exactement ?
On a un système qui se
rapproche de celui de Facebook. Pour s’inscrire, il
suffit de créer un profil dans
lequel on donne des informations persos et sexos, forcément. On évite les tests
de compatibilité des sites
de rencontres pour laisser
place au feeling. Avec le
Et toi, profites-tu de ton site
pour faire des rencontres ?
Très honnêtement, j’ai eu
trois propositions mais je
dispose d’un compte administrateur alors je reste professionnel. Je n’ai jamais fait
de rencontre par le biais de
notre site. On ne sait jamais.
Par contre, je reste proche
des utilisateurs pour avoir le
plus de retours possibles. Je
règle les petits problèmes
des usagers et j’en profite
pour discuter rapidement
avec eux.
Annonces-tu ton activité
aux filles que tu rencontres ?
J’en parle très peu en réalité. Ici, à la fac, personne
ne sait qui je suis. Même si je
suis fier du site, je reste discret à propos de tout ça.
Comment tes proches perçoivent-ils le site ?
D’une manière générale,
ils ont été très surpris. Ils
n’imaginaient pas que je
puisse me lancer dans un
tel projet. Surtout que nous
avons gardé notre concept
secret jusqu’à son lancement. Concernant le site
en lui-même, les avis sont
partagés. Certains de mes
amis ont testé pour me donner un avis et me soutenir.
D’autres n’ont même pas
fait l’effort de visiter et rejettent l’idée en bloc.
As-tu des projets pour
sex4you(th) ?
On essaye d’entretenir le
buzz et d’attirer des investissements. On sait que le site
a un potentiel énorme. Nous
avons plein de projets mais
il est trop tôt pour en parler
de manière concrète. Dans
l’immédiat, on continue de
faire notre pub en communiquant dans les médias et
en organisant des soirées.
Par exemple, il va y en avoir
une le 10 décembre au Blue,
à Nice. D’ailleurs, je vais récupérer les pré-ventes et les
flyers juste après notre rendez-vous. Depuis que nous
avons lancé le site, ça nous
prend un temps fou !
Ton
avenir,
le
vois-tu
avec sex4you(th) ou bien
comptes-tu te tourner vers
autre chose ?
D’abord, je veux finir ma licence de biologie. C’est important d’avoir un diplôme.
Après, tout dépendra de la
direction que va prendre
le site : il peut prendre une
toute autre dimension. Pour
l’instant son succès est encourageant mais relatif. Plus
que des projets, nous avons
de vraies bonnes idées.
Si elles se réalisent, d’ici
trois ou quatre ans, tout le
monde sera sur sex4you(th).
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SOCIÉTÉ
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15
Just a Gigolo
par Hugo Giusti
Bruno a 32 ans. La journée, il est cadre dans une banque à Nice. Mais, une fois la nuit tombée, il danse dans une discothèque à la clientèle homo. En talons aiguilles.
A
Vanessa pose. (H.G.)
ppelez-moi
Vanessa. » Notre hôte
nous reçoit, chaleureux. Ou chaleureuse,
donc. L’appart, cosy, est
situé au dernier étage d’un
immeuble de standing,
proche de la place Masséna.
Ambiance tamisée, éclairage teinté de rouge, fond
sonore lounge. Vanessa
porte une longue chevelure
brune et bouclée, dont l’extrémité repose sur sa poitrine. « C’est une fausse. Je
ne suis pas un trans. Je reste
avant tout un homme. »
Pourtant, ce soir, elle fait
tout pour ne pas le paraître.
Ornée d’un débardeur léopard, d’une jupe noire cachant à peine des porte-jarretelles de la même couleur,
elle a recouvert ses ongles
d’un rose fuchsia.Malgré un
effort d’apparence, ses mollets et cuisses « d’homme »
semblent la trahir. Son hygiène de vie, elle, jure avec
sa tenue. Sobre, Vanessa
ne fume ni ne boit. On se
contentera d’un Perrier
fraise. Interlocutrice idoine,
la discussion commence
franche, directe, sans tabou. Vanessa est plutôt tactile. En témoigne sa main
baladeuse, effleurant mon
genou. « Je suis un garçon,
sans conteste. Enfin c’est ce
que déclarera à ma mère,
l’infirmière sur qui je viens de
faire pipi. »
Ce soir il sera
la plus belle
Jeune, Vanessa n’a jamais
eu pour habitude d’emprunter les collants de sa
génitrice. Quelques années
et expériences amoureuses
guère probantes plus tard,
elle franchit le cap, presque
par hasard. « Je me rendais avec ma copine de
l’époque à une soirée déguisée. On avait décidé
d’inverser nos rôles, j’étais
donc déguisée en femme.
Des mecs m’ont draguée
toute la soirée. En rentrant,
on a fait l’amour, en gardant les mêmes rôles. Ca
m’a beaucoup plu. »
Depuis, Vanessa ne se déguise plus en femme. Elle
s’habille. Voire s’apprête.
Comme lorsqu’elle se « produit », presque tous les sa-
medis soir sur la scène de
sa boîte fétiche, située au
cœur du Vieux-Nice. « Une
fois sur le podium, lorsque
je danse (-« trémousse »- diront d’autres) sur Queen ou
Etienne Daho, que je sens
le regard du public posé
sur moi, mon corps… C’est
peut-être con à dire, mais je
me sens libre. »
ne sais pas. Puis j’me pose
pas la question. Tout c’que
je sais, c’est que j’ai deux
fois plus de chance de choper en soirée ! », glisse-t-elle
d’un regard grivois. Vanessa
n’a donc pas fait de croix
sur les femmes. « J’ai encore des relations sexuelles
avec des filles. Fonder une
famille? Oui, pourquoi pas.
Libertine mais pas
catin
Mais pour l’instant, je pro-
Hormis la boîte, elle ne fréquente pas les milieux gays.
« Mes amis sont tous hétéros,
et lorsque je suis Bruno, je ne
drague pas les hommes. »
Elle s’est donc inscrite sur
un site de rencontre. « Là,
je peux faire mon choix,
décider d’une entrevue ou
non. Et puis si l’on se voit, on
sait pourquoi. Il n’y a pas de
chichis. »
Ainsi, pour échapper à la
solitude de son loft, elle invite des hommes chez elle.
« On boit un coup, on parle
un peu, on s’amuse, et ils repartent. Beaucoup d’entre
eux ne sont pas homos,
ils ont parfois une copine,
voire des enfants. C’est
plus de l’ordre du fantasme
ou du sexe pour le sexe. Ils
restent souvent passifs dans
l’acte. Ma jouissance passe
par la leur.»
Et elle alors, de quel côté se
situe-t-elle ? « Oh, moi… Je
A sa famille, Vanessa n’a
fite. »
rien avouer de ses tendances
extravagantes,
« par manque de courage,
j’imagine. J’ai été éduquée
avec les valeurs véhiculées
par la petite bourgeoisie.
Je ne suis pas sûre que mon
père s’en remette en apprenant que son fils aime
recevoir des coups de fouet
sur les fesses… »
Dernier talent caché de Vanessa : la guitare sèche. En
nous jouant un petit air de
Louis Prima, jazzman, elle
se souvient : « Ado, je jouais
dans un groupe avec des
copains. » Son nom ? « Les
Zeunuks. »
Au bout d’une heure, Vanessa nous raccompagne à
sa porte. Malgré un dernier
glissement de main libertin,
ses tentatives d’approches
resteront vaines. Déontologie oblige.
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UN GRENIER SVP !
par Caroline Glander
Belle, svelte, douce, Clotilde a ce petit quelque chose en plus. À tout juste 20 ans elle vient
de concrétiser un projet qui lui était cher : créer sa propre friperie. Ce qui l’a fait vibrer ? La
mode, bien sûr ! Au grand dam de ses parents. Pour eux sa carrière était tracée, elle serait
notaire. Pas si sûr, vu le déroulé des évènements.
jeune fille les habille avec
ce qu’elle trouve dans les
malles poussiéreuses. Débrouillarde, elle fait avec
ce qu’elle a sous la main.
C’est la révélation ! Pourquoi acheter des vêtements
neufs et hors de prix, quand
on a sous ses combles des
perles rares ? L’idée va
alors germer dans sa tête.
Passionnée de mode mais
n’ayant pas un gros budget
« fringue », Mademoiselle
C passe tous ses week-end
dans les vides greniers à la
recherche de l’accessoire
tendance. « Petite fouineuse », voilà comment ses
copines la qualifient. Elle
va plus loin, et n’hésite pas
à demander à ses camarades de classe s’ils possèdent un grenier pour y jeter
un oeil. Forte tête, la passion
tourne alors à l’obsession.
Un nouveau style de
friperie
Clotilde rêve d’ouvrir une vraie friperie. (C.G.)
U
ne jolie petite frimousse, des boucles
blondes vénitiennes,
un sourire en coin, Clotilde
n’a pas fini de vous séduire.
Élevée par ses grands-parents, elle passe la majeure
partie de son enfance à
jouer dans leur grenier.
Drôle d’endroit pour un enfant, vous direz vous. Bien
au contraire pour « Mademoiselle C » comme elle
aime se faire appeler, c’est
le paradis.
Montre moi ton grenier
Vieux chiffons, tulle, foulards, sacs démodés, colliers, c’est l’endroit idéal
pour se déguiser. « Sous les
toits, je me sens libre, je peux
vraiment être moi ». Clotilde s’y sent tellement bien
qu’elle y invite ses amies. La
Clotilde fait des études de
droit mais sa passion pour
la mode prend le dessus
aux grands regrets de ses
parents. Déterminée, Clotilde affiche clairement
ses intentions et crée un
concept plutôt original.
Elle aménage son grenier
en véritable friperie. Une
ambiance feutrée pour
faire son shopping, rideaux
rouges, malles et divan noir
décorent la pièce. Bien
dans son époque, et en tant
qu’accroc
aux
nouvelles
technologies, elle organise
des ventes privées via son
blog. En quelques mois, elle
se fait une fidèle clientèle,
tout âge confondu. Mères
et filles viennent ensemble
farfouiller dans les combles.
« Ma fille m’a parlé de cet
endroit, ça me rappelle ma
jeunesse et les années 70 »
confie
Marie-Claude.
Un
tel succès, elle le doit sans
doute à sa gentillesse et à sa
détermination. « Mademoiselle C » est une demoiselle
« pétillante » qui fait l’unanimité auprès de toutes les
fashionistas. Anaïs, une habituée, raconte : « c’est une
vraie passionnée, toujours
disponible lorsqu’on lui fait
une demande ». Douée de
ses mains, elle s’est lancée
depuis peu dans le tricot.
Elle confectionne bonnets
et écharpes sur demande.
Avec les mois, le passetemps prend de plus en
plus d’ampleur. À quand
l’ouverture d’une vraie boutique ?
Si vous souhaitez visiter son
grenier, cela risque d’être
compliqué. Le lieu est gardé
dans le plus grand secret.
Chaque mois, seules trente
personnes ont le privilège
de pénétrer dans cette caverne d’Ali Baba.
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coeur à corps
par Alexis Béal
Isabelle Schavann n’a pas peur de se battre pour ce en quoi elle croit. Que ce soit pour
s’imposer professionnellement ou contre la maladie de son fils, elle a lutté et lutte toujours.
C’est une battante, qui a su affrontrer toutes les épreuves que la vie lui a infligées.
n’est pas du genre à se taire
et à laisser faire les choses,
comme le prouve sa joie de
vivre malgré les épreuves
qu’elle a subies.
Quand la vie
s’acharne
B
ien assise au fond
de son canapé dans
son appartement sur
les pentes du Mont Boron,
Isabelle Schavann se plaît
à raconter les différentes
épreuves qui ont jalonné sa
vie. Tout au long de celle-ci,
sa combativité a été mise à
rude épreuve.
En 1976, Isabelle et son
mari donnent naissance à
Jacques-Olivier. Seulement
voilà, le jeune enfant est malade et personne ne sait dire
pourquoi. Ce n’est qu’après
dix ans de recherches et de
vadrouilles à travers les différents cabinets du monde
que la maladie est identifiée : c’est une adrénoleucodystrophie.
Atteignant
directement le cerveau,
elle provoque d’importants
troubles
psychomoteurs
et est irrémédiable. Commence alors un long com-
Isabelle Schavann et son fils Jacque-Olivier (A.B.)
bat contre la maladie et les
institutions, un combat inégal mais dont Isabelle tire le
meilleur : « J’ai tout fait et je
continue de tout faire pour
Jacques-Olivier. C’est ma
raison de vivre. » Elle met
tous ses talents au service
de son enfant et d’une association, ELA, dont elle a
fait partie dès le commencement. Ses nombreuses
actions lui permettent de
faire mieux comprendre ce
qu’est la vie des personnes
handicapées. Et réussit notamment à lui apprendre
à lire et écrire en moins de
trois mois. Maintenant, son
fils a intégré une ferme pédagogique qui lui permet
de vivre au mieux sa maladie.
Traductrice à l’ONU
Isabelle est née à Nice de
parents fonctionnaires, elle
entre sur le ring avec détermination. Son éducation
est studieuse et elle obtient
vite de très bonnes notes
à l’école : « J’étais douée
en langue, donc je me suis
dirigé vers un métier qui
me permettait de parler
couramment des langues
étrangères. » Lorsqu’elle
postule au poste de traductrice pour l’ONU, elle
maîtrise parfaitement l’anglais et l’espagnol, comme
la plupart des candidats.
Cette nomination, elle a
dû aller la chercher avec
les dents : « Quand on est
une femme, il faut se battre
deux fois plus, surtout que
c’était il y a trente ans. J’ai
prouvé toute ma motivation, et personne n’a jamais
regretté de m’avoir choisie, malgré quelques différents. » Isabelle Schavann
Isabelle a connu le malheur
de perdre deux être chers.
Tout d’abord, son mari, père
de Jacques-Olivier, décède
en 1983 d’un infarctus foudroyant. Elle se retrouve
seule pour élever son fils
de sept ans. Huit ans plus
tard, alors qu’elle s’était
reconstruite, elle perd son
nouveau
compagnon,
avec qui elle était depuis
trois ans. Une tumeur au
cerveau a eu raison de lui,
mais pas des forces d’Isabelle : « Quand la vie t’impose autant d’épreuves,
tu ne peux que résister du
mieux que tu peux. » Et c’est
ce qu’elle fait. Impliquée à
200% dans son association,
elle divise son temps entre
son fils et les actions de sensibilisation. Rien de surhumain pour cette femme aux
nerfs d’acier et à la détermination intacte : « Je me
battrai tant qu’il me restera
des forces, et tout ce qui est
arrivé dans ma vie n’a pu
que me rendre encore plus
forte. »
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Engagée pour la dignité
par France Goldfarb
En 2003, Zineb Doulfikar est nommée présidente de l’antenne azuréenne de Ni putes ni
soumises. Une évidence pour cette militante qui lutte depuis près de trente ans contre les
exactions commises envers les femmes.
M
Figure incontournable du milieu associatif
niçois (Z.D)
iliter pour la cause
des femmes a été
un déclic pour
moi », confie Zineb Doulfikar.
Pourtant,
cette militante
d’origine marocaine n’a
pas été élevée dans une
famille de féministes. « Mon
père était quelqu’un de très
ouvert » déclare-t-elle spontanément. Cette tolérance
transmise à travers son éducation va guider Zineb dans
sa prise de conscience des
injustices et violences dont
sont victimes les autres.
Dès 1975, elle s’engage
pour le droit des femmes.
Cette date n’est pas un
hasard, elle coïncide avec
le vote de la loi en faveur
du regroupement familial.
« Des centaines de femmes
d’immigrés sont arrivées
en France. Mais faute de
structure d’accueil elles se
sont retrouvées perdues ».
Avec un groupe d’amies et
pleine d’énergie, Zineb, dé-
cide de créer une association pour aider ces épouses
livrées à elles mêmes. Commence
ainsi
l’itinéraire
d’une femme qui va s’associer à toutes les luttes contre
l’injustice faite aux femmes,
en résonance avec Simone
Veil et Gisèle Halimi.
Un combat pour la
dignité des femmes
Cette assistante sociale de
formation reconnaît qu’elle
est pugnace et franche. Ce
sont sans doute les deux
qualités indispensables pour
mener son combat pour la
dignité humaine. En 1993,
Zineb arrive à Nice, fief de
son engagement. Rien ne
l’arrête. Les obstacles sont
pour elle, une source de
motivation. « Je poursuivrai
mon combat jusqu’à la
mort », avoue-t-elle amusée. C’est dans cette logique qu’elle devient en
2003 la présidente de la
délégation niçoise de Ni
putes ni soumises (NPNS).
Elle concrétise ainsi le sens
des combats qu’elle mène
depuis toujours contre tous
les obscurantismes.
Zineb Doulfikar déroule le
kaléidoscope de ses souvenirs et raconte parfois, non
sans une pointe d’amertume, le sort réservé à certaines
femmes.
Certes,
leur place dans la société
s’est améliorée mais elle
constate une recrudescence des exactions subies par la gent féminine.
« Aujourd’hui, certaines
sont lapidées ou brûlées
pour adultère. » L’origine
de ces crimes réside dans
l’intégrisme religieux, toute
confession confondue. Mais
Zineb constate aussi une
progression du machisme
conjugué au chômage et
à la pauvreté, dont l’exutoire est la violence envers
les plus faibles. La femme
devient la victime immolée sur l’autel de toute la
misère des hommes. « En
2009, 140 sont mortes sous
les coups de leur conjoint.
Alors pour nous c’est tous
les jours le 8 mars (ndlr : journée de la femme). ».Alors,
le 22 novembre, lorsque le
gouvernement désigne les
violences faites aux femmes
Grande Cause Nationale
de l’année 2010, Zineb surenchérit : « Je veux dans ce
cas que l’Etat donne plus
de moyens aux associations
pour endiguer ce mal. »
Un engagement social
sans faille
Née au Maroc en 1953,
la présidente de NPNS
débarque en France à
l’âge de 12 ans. La famille
suit le père embauché
comme
ouvrier
dans
une
usine
automobile
de la région parisienne.
Ce déracinement est un
choc pour l’adolescente
qui n’oublie pas d’où elle
vient. En 2000, elle fonde
les « Chibanis » (cheveux
gris en arabe). Cette
association vient en aide
aux immigrés d’Afrique du
Nord du 3e âge. Leur famille
est restée au pays et arrivés
à la retraite, ils se retrouvent
seuls et isolés.
C’est
naturellement
à
ses parents qu’elle pense
lorsqu’elle est élevée au
rang de chevalier de
la légion d’honneur en
2008. « Je me suis dit qu’ils
avaient éduqué leurs enfants comme il fallait. » Plus
qu’une
reconnaissance
personnelle, cette médaille
est pour Zineb une reconnaissance pour toutes les
personnes qui souffrent et
qui se battent.
Elle sait que ce combat ingrat se gagne au quotidien
et nécessite un engagement sans faille : c’est pourquoi le plus important pour
elle aujourd’hui est de transmettre le flambeau.
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Régis Ferracci :
Le plus haitien des azureens
par Grégory Parigi
A la tête de l’association Valescot Milot, Régis Ferracci consacre sa vie à venir en aide aux
habitants d’Haïti durement frappés par un séisme, un ouragan et une épidémie en moins
d’un an.
U
Régis Ferracci, un homme de coeur (G.P.)
n quotidien dédié
à secourir ceux qui
souffrent. Le 12 décembre dernier, la vie de
Régis
Ferracci
change
pour toujours. Ce jour là, un
séisme d’une magnitude
de 7,3 sur l’échèle de Richter secoue Haïti, faisant plus
de 250 000 morts. Dans les
jours suivants, le directeur
d’école maternelle transformait
son
association
Valescot Milot (jusqu’alors
destinée à promouvoir la
peinture du peintre naïf haïtien du même nom) en une
véritable ONG humanitaire
venant en aide aux enfants
de l’île.
La connexion entre le Cannetan et l’île ne date pas
d’hier. « Ce pays, je l’ai découvert en 2003. Je m’y suis
rendu afin d’adopter une
petite fille. J’ai été bouleversé par la misère et la grande
détresse avec lesquelles la
population haïtienne doit
composer. Je suis aussi tombé amoureux de ce peuple
très pieux et optimiste. » De
retour en France, sa première initiative est de jumeler le groupe scolaire des
Mirandoles qu’il dirige, avec
Le Nid d’Amour, une crèche
de Port au Prince. Son but :
transmettre aux générations futures l’envie de venir
en aide aux plus démunis.
L’opération est un succès,
les enfants se mobilisant
tout de suite : vente d’affiches, d’autocollants …
Après quelques mois seulement, les petits Cannetans
ont récolté suffisamment
d’argent pour expédier un
groupe électrogène à leurs
camarades du bout du
monde.
Une vie personnelle
mise de côté
Depuis le tremblement de
terre, Régis Ferracci a mis
de côté son métier et sa vie
personnelle : « Cette année,
j’ai déjà effectué trois allersretours entre la Côte d’Azur
et Port au Prince et j’ai réalisé un court métrage. Ma
plus grande fierté ? la reconstruction d’une école
élémentaire. »
Son combat et sa personnalité altruiste séduisent et
aujourd’hui, le quadragénaire en sandales et catogan ne compte plus les
soutiens : Michèle Tabarot
(maire du Cannet), André
Aschieri (maire de Mouans
Sartoux) et bien d’autres
élus ne manquent jamais
une occasion de donner un
coup de main financier ou
logistique au bénévole.
Concurrente des
grandes ONG ?
Pour Régis Ferracci, la
grande force de son association, Valescot Milot, c’est
sa petite taille. Seulement
trois personnes figurent aux
statuts de l’association qui
n’embauche aucun salarié
permanent en Haïti. Cette
volonté de ne travailler
qu’avec des bénévoles fait
partie de la philosophie de
l’association : « les grandes
ONG comme médecins du
monde ou la Croix Rouge
font beaucoup de bien en
Haïti. Mais elles créent aussi
des tensions. En effet, leurs
personnels reçoivent des
salaires européens, dans un
pays ou le revenu moyen
est de 30 Dollars. Avec notre
petite structure, gérée au
centime près, les donateurs
savent que l’intégralité des
dons va directement dans
des actions concrètes, sans
que des milliers d’Euros ne
se perdent en route. »
Dimanche dernier, jour des
élections haïtiennes, l’association organisait un grand
loto réunissant plus de 250
personnes au club hippique
de Grasse. L’occasion pour
l’instituteur de récolter des
fonds afin d’améliorer le
quotidien des élèves d’une
école. « Grace à la générosité dont les Grassois ont fait
preuve aujourd’hui, nous allons pouvoir leur donner un
repas par jour jusqu’à Noel
à 400 enfants. »
d Dimanche dernier, jo La
La loterie des rêves
L’organisation d’un loto n’a
pas été décidée par hasard. Ce jeu occupe une
place importante dans la
culture haïtienne. La Borlette, aussi appelée « loterie
des rêves », est une institution sur l’île. Le principe de
ce jeu est simple et poétique : il suffit de se souvenir de son dernier rêve et
de foncer dans un centre
de jeu. Là bas, de grands
registres sont consultables.
On y trouve tous les rêves
possibles. Devant chacun,
un numéro. Il n’y a plus qu’à
jouer le bon et espérer que
la providence récompense
son rêve. La loterie des rêve
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20
Denia Mazzola Gavazzeni :
« Une artiste solidaire »
par Chanaël CHEMIN
Etre cantatrice c’est une passion. Mais Denia Mazzola Gavazzeni, soprano de renommée
mondiale, a besoin de plus. Même si elle a conservé son activité première, elle s’épanouit
au travers de son action envers les « oubliés » de la société.
Denia Mazzola Gavazzeni (D.R.)
D
enia Mazzola a appris des plus grands.
Malgré sa petite
taille la jolie quinquagénaire
en impose. Dans l’association elle est connue pour
son caractère bien trempé.
Sa longue chevelure rousse
est toujours impeccable,
raffinée, Denia est toujours
élégante.
Formée par Rina Malatrasi,
Rodolfo Celleti ou encore
Leyla Gencer, elle est aujourd’hui une cantatrice
connue dans le monde
entier. Seulement Denia
Mazzola Gavazzeni ne se
sent pas totalement accomplie grâce au chant.
Pour combler ce manque,
elle crée AB HARMONIAE
Onlus, 2008. La cantatrice
est convaincue des bienfaits thérapeutiques de la
musique, en particulier de
la musique chantée. « Les
patients semblent apaisés,
reconnaissants », admettent
les médecins. L’association
est présente à Nice, Monaco et Milan.
Originaire de Bergame, Denia commence sa carrière
au théâtre en 1982 à Rieti.
Pendant près de dix ans,
elle interprète tous les rôles
dominants du répertoire
belcantiste : Lucia, Don Giovanni, la fille du régiment...
Mais si Denia peaufine sa
technique vocale en Italie,
pays qu’elle « adore autant que la France », elle
se produit aussi sur les plus
grandes scènes du monde.
Alternant entre New York,
Paris, Barcelone, Munich...
Chanter pour aider
A Nissa la Bella, la chanteuse est secondée par
Christian Jarniat, journaliste
et avocat. En corrélation
avec les membres de l’association, Denia se charge
d’organiser des concerts
et des cours de chant pour
les « oubliés » de la société.
Ils s’investissent auprès des
lieux de souffrance. Dans
les hôpitaux, les maisons de
retraite, les centres d’hébergement... mais aussi - plus
insolite - dans les prisons. En
septembre, le quartier des
femmes de la maison d’arrêt de Nice a accueilli la
cantatrice, le temps d’une
semaine. Les ateliers chant
ont duré deux heures par
jour, et se sont achevés
par un concert à l’intérieur
même des murs de la prison.
Mais cette « passionnée de
l’être humain », comme elle
se surnomme elle-même,
n’est jamais aussi émue que
quand elle chante pour
les patients en fin de vie à
l’hôpital de l’Archet. Accompagnée de jeunes artistes de l’association, elle a
d’ailleurs participé à la cinquième journée mondiale
des soins palliatifs.
Dénia revendique son statut « d’artiste solidaire. »
D’ailleurs elle se finance
elle-même grâce à ses représentations
payantes,
« une seule en finance dix ».
Pour mener à bien sa mission
l’association s’est trouvé un
partenaire efficace, SPECIAL OLYMPICS MONACO,
une organisation caritative
présidée par le prince et la
princesse de Monaco.
Sauver les oeuvres
oubliées
Depuis une dizaine d’an-
nées, Denia Mazzola Gavazzeni se consacre à redécouvrir des compositeurs
et des oeuvres des XVII, XIX
et XXe siècles jusqu’alors
oubliés. Et cela passe par
le biais de son nouveau
disque sorti en 2010. Cette
année,
Marie-Madeleine
est remis au goût du jour.
Le morceau est le troisième
volet des quatre grands
oratoires de Jules Massenet.
La chanteuse prend plaisir
à partager sa passion pour
la musique classique. Dans
cette logique, AB HARMONIAE Onlus a produit et enregistré l’intégral des trois
oratorios de Jules Massenet.
Le passé, mais aussi le
futur
La soprano se plait à faire
redécouvrir les oeuvres du
passé, mais elle n’en oublie
pas pour autant les artistes
lyriques d’aujourd’hui. AB
HARMONIAE Onlus s’est aussi fixé une mission pédagogique. L’association est un
réel soutient dans la carrière
de nombreux jeunes talents
car « l’art n’est pas l’art si il
n’est pas partagé. » Ils sont
loin d’être débutants mais
Denia leur fournit un véritable tremplin professionnel.
Qui a dit que « la charité intellectuelle » ne passait par
le chant ?
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DIVERTISSEMENT
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21
A chacun
sa part d’ombre
par Maxime Pontreau
Un « teufeur », le mot est inconnu du Petit Robert et autres dictionnaires mais pour beaucoup, n’est pas dénué de sens. Adepte de « technivale » et « rave party », Xavier en est un.
Malgré de sacrées défonces et des nuits interminables, le jeune homme exerce le jour le
métier de prothésiste dentaire.
Garder la tête froide
Xavier ne considère pas le « shit » comme une drogue. ( M.P.)
V
ingt-trois heures. Dernier étage d’un immeuble
bourgeois
du centre ville de Nice. Xavier(1) y habite un appartement au décor propret mais
qui va se révéler surprenant.
La porte s’ouvre, laissant
s’échapper des volutes de
fumée. Ca ne sent pas le
tabac.
Un sourire qui semble
immuable, les cheveux
bruns mi-long, une barbe
de trois jours, Xavier a tout
de la gueule d’ange malgré des années de défonce
assidue. « C’est simple,
j’ai tout essayé sauf me
piquer » affirme-t-il. Par
contre, il ne supporte pas
l’alcool. Sa dernière trouvaille, la métamphétamine.
« Ca t’emmène réellement
ailleurs ».
Serre expérimentale et
dentier
Pourtant le jeune homme
de 26 ans a bien les pieds sur
terre. Prothésiste dentaire
en implantologie dans un
cabinet de pointe, Xavier
est également accroc au
snowboard et un tantinet
DJ. Son appartement prend
alors toute son ampleur. Un
laboratoire côtoie une serre
« expérimentale », une table
de mixage et de quoi réaliser un dentier. Le microscope trônant sur le bureau
interpelle. « C’est pour voir
les filaments des têtes de
marijuana. Quand ils sont
bruns très foncés, c’est mûr.
Même si les premières sorties
sont mortes, c’est comme
les vendanges tardives, tu
perds quelques grains mais
ça a plus de goût. »
Xavier le reconnaît, une
chose de plus forte que lui le
pousse vers l’underground.
Il en reste néanmoins
conscient.
Le prochain
« tekos » il l’attend avec
impatience. Pourtant il n’est
pas en manque de sorties.
Il connaît toutes les soirées
branchées de la Côte, de
Monaco à Cannes, des plus
bling bling aux plus sombres.
L’intérêt des technivales ?
« Personne ne se soucie des
autres. Bon, tout le monde
est dans un autre monde et
les gens viennent pour ça.
C’est spécial, tu passes le
week-end devant des blocs
d’enceintes, le son à fond.
Mais j’aime ça car c’est
complètement à l’opposé
de ce que des gens normaux feraient. »
Xavier en fréquente pourtant de moins en moins.
« J’ai vu des choses assez
glauques. Par exemple,
dans certaines raves party,
des mecs font manger leur
came à des chiens qu’on
retrouve éventrés. Là ça
va trop loin pour moi. » Le
jeune homme se met en
vrac volontiers mais se fixe
quand même des limites
et n’a jamais incité quiconque à le suivre. Difficile
d’imaginer qu’à une telle
débauche puisse succéder
des périodes de vie responsables. C’est sa force, savoir
faire la part des choses et
se dire stop. « Le problème
n’est pas réellement de
consommer des drogues
dures, c’est plutôt de savoir
les consommer. En semaine,
lorsque je travaille, je mène
la petite routine de tout
le monde avec quelques
pétards en plus. » Ses weekend sont par contre plus
contrastés. La soirée passe
et le cendrier se remplit
de fins de joints. Malgré les
volutes de fumée, Xavier
garde les idées claires et ira
bosser demain.
(1) Le prénom a été modifié
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Cédric Venturi,
une voix, une passion
par Allison Fourrier
A 27 ans, Cédric Venturi veut assouvir sa passion et met tout en œuvre afin de réaliser ses
rêves. Chanteur depuis quelques années, il compte bien continuer dans cette voie, tout
aussi modeste soit-il.
culot, Cédric n’a pas hésité
une seconde à proposer ses
services dans des bars, des
restaurants, des campings
et aussi à des particuliers. Et
sans surprise, il réussit ces soirées avec talent.
L’aventure continue
N
Cédric est un autre homme sur scène (C.V.)
içois d’origine, Cédric Venturi, 27 ans,
est une de ces personnes qui vivent leur passion à fond. Malgré un fort
manque de confiance en
lui, il a su se forger un personnage sensible et ambitieux à la fois.
Tout petit déjà la scène l’attirait, il aimait ces regards
qui se tournaient vers lui.
Mais n’y voyez pas là un
quelconque égocentrisme.
Cédric est généreux, il aime
transmettre ce bonheur
qui l’envahit quand il pose
un pied sur les planches
et chante. Et ce n’est pas
le stress qui va l’en empêcher : « j’ai une peur incroyable avant d’aller sur
scène, mais devant le public, je suis comblé de bonheur. »
De la chance et du
travail
C’est à 19 ans que Cédric
a une révélation pour le
chant lors d’un karaoké
entre amis. Il décide un an
plus tard de prendre des leçons. Des efforts qui portent
leurs fruits : « à force de karaoké et de cours de chant,
ma voix a évolué. J’ai ensuite pu bosser en tant
qu’animateur karaoké ».
L’élève devient maître en
ce domaine. Pourtant dans
le métier, nombre de professionnels en témoignent : il y
a une grosse partie de travail et de chance. « J’ai demandé à un animateur de
penser à moi s’il avait des
bons plans, et il en a eu… »,
explique-t-il un peu fataliste.
Grâce à sa volonté et à son
Mais ce n’est pas suffisant.
Cédric Venturi décide de
progresser et de regagner
la vraie scène. Il passe le
casting d’une troupe amateur de chant et de danse
du Var, qu’il réussit avec succès. Après plusieurs années
d’existence et quelques
tournées, les obligations personnelles et professionnelles
des membres forcent la
troupe à se disloquer. Qu’à
cela ne tienne, Cédric ne
s’arrête pas là. Trop heureux
de partager sa passion et
un tantinet hyperactif, il se
lance dans l’enregistrement
d’un album « amateur »,
précise-t-il, modeste. Cédric s’investit humainement
et financièrement pendant
un an et demi dans cette
aventure. Débrouillard, le
jeune homme fait avec les
moyens dont il dispose :
« j’ai enregistré les chansons
dans le studio d’un pote ».
Ce premier disque est avant
tout un cadeau pour ses
proches, les personnes qui
le soutiennent : « mon père
est mon premier fan, je crois
qu’il aurait aimé faire ce
que je fais ». Et à ceux qui
lui font remarquer une mélancolie récurrente dans ses
chansons, il répond humblement : « j’ai tout simplement
enregistré des chansons qui
me plaisent et qui me correspondent.»
L’anonymat, un
choix ?
Cependant, Cédric Venturi
n’est que peu connu dans
la région. Aujourd’hui, employé dans un laboratoire
d’arômes alimentaires à
Grasse, il ne bénéficie pas
vraiment d’un environnement favorable à la célébrité. Mais peut-être est-ce
un choix de rester anonyme
et de ne pas faire de sa
passion un métier. En effet,
Cédric Venturi a opté pour
ne pas se produire sur internet, ou mettre en ligne
un blog comme le font les
artistes d’aujourd’hui. Le
jeune chanteur attend de
progresser dans l’écriture
ou de s’associer à un parolier pour, peut-être, enregistrer un deuxième album :
« si j’en refais un, ce sera un
mélange de reprises et de
créations. Mais pour cela il
me faut un auteur-compositeur. »
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DIVERTISSEMENT
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UNE MISS QUI A LA CÔTE
par Alexis Lucchesi
Chemin des Mas, Saint-Antoine. Charlotte Pétillon, fraichement élue Miss Côte d’Azur, ouvre
les portes de son jardin secret. Entre charme et volupté, le naturel galope.
émettre quelques réserves
sur ce sacre régional. « Je
suis content pour elle, c’est
une bonne expérience et
ça risque de lui ouvrir énormément de portes. Pour
le reste... Je ne cautionne
pas vraiment l’ambiance. »
À Charlotte de rétorquer,
rieuse : « C’est de la jalousie
ça ! »
La force de
l’expérience
A Grasse, une fleur parmi les fleurs. (E.G.)
U
n sourire apaisant, les
yeux d’un bleu céruléen : Charlotte est
radieuse en ce dimanche
d’automne. Son salon est
lumineux, des photos de famille dispersées çà et là sur
la table centrale.
« C’est un peu le bazar
mais essayons de faire
abstraction », sourit-elle
pudiquement.
Languide,
elle sirote un jus d’orange.
Ses quelques heures de
sommeil ne jouent pas en
sa faveur. « Je reviens à
peine de Paris avec toutes
les Miss. J’y ai tourné un
clip en costume provençal, c’était le rush ! » Mais
l’adrénaline lui sied à ravir.
Côté coeur aussi, la réussite est au rendez-vous. Ça
ressemble à un roman de
Beigbeder, en mieux : plus
de trois années aux côtés
de Clément. Étudiant en business international, il avoue
Poussée par sa professeur
de danse, Charlotte s’essaie à son premier concours
en 2008. Le résultat est au
rendez-vous : à seulement
18 ans, elle remporte le titre
de Miss Grasse. « C’est à
ce moment-là que je me
suis pris au jeu. J’ai enchainé avec Miss Côte d’Azur
2009 en raflant la place
de première dauphine. »
Et puis tout s’accélère, ses
proches l’encouragent à se
représenter. C’est avec une
couronne sur la tête qu’elle
quitte l’espace Chiris de
Grasse le 13 novembre dernier. « À domicile en plus ! »
précise-t-elle,
enjouée.
« Geneviève de Fontenay
me connaissait déjà des
précédents concours. Elle
met un point d’honneur sur
la motivation des candidates. » Chapeau Geneviève !
Une Miss
ambitieuse
Du haut de son mètre 72,
Charlotte ne ménage pas
ses efforts. En troisième année de droit privé à Lyon,
elle vise en parallèle un diplôme de droit comparé
en anglais. « Je souhaite
devenir commissaire-priseur
ou bien avocat pénaliste. »
Et pas question de prendre
une année sabbatique !
« J’y ai bien réfléchi. Je
rattraperai mon retard durant les vacances de Noël.
Avant, ce sera répétitions et
visites de la capitale avec
quelques sorties, au Lido notamment. » Logées au Hilton sur les Champs Élysées,
les filles de Geneviève de
Fontenay s’envoleront aussi
deux semaines à Fuerteventura, île des grandes Canaries. « C’est en quelque
sorte une récompense pour
toutes les candidates. »
Une situation inédite
Cette année, pourtant,
l’ambiance est particulière.
Fin mars, de Fontenay rendait son chapeau à la société Miss France, dirigée
par Endemol. Mais Geneviève ne s’arrête pas là et
lance son propre concours,
celui de Miss Nationale.
« C’est vraiment, vraiment
dommage cette dualité.
J’espère que ça ne nous
portera pas préjudice. »
Quant au résultat, notre Miss
est formelle : « Il faudra me
souhaiter d’être parmi les
huit finalistes de l’élection.
Mais si je l’emporte, je ne dis
pas non...! »
Elle rit, enivrante.
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DIVERTISSEMENT
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Des origines niçoises
à l’origins Parisisen
par Gaétan Supertino
Marie-Alice Bistoni danse depuis qu’elle a trois ans. Dix-sept ans plus tard, son assiduité est
en passe d’être récompensée. Avec son groupe de danse acrobatique Origins, elle vient
de se qualifier pour les demi-finales de l’émission La France a un incroyable talent. Une
passionnée dont le berceau est à l’Ariane.
« J’ai toujours baigné
dans la danse »
Marie-Alice Bistoni et sa troupe (R.A.)
M
arie-Alice
Bistoni
danse, danse et
danse encore. Depuis qu’elle a trois ans. Aujourd’hui elle en a vingt. Et
ne s’arrête pas. Surtout pas
maintenant. Son acharnement est en passe d’être
récompensé. La jolie brune
de 20 ans et son groupe de
danse acrobatique, Origins,
se sont qualifiés pour la demi-finale de l’émission La
France a un incroyable talent.
Le 15 décembre, elle retournera sur la scène de l’émission de M6. Pour danser
à nouveau. Et décrocher
une place en finale. « On
participe à l’émission pour
se faire connaître. On ne
cherche pas la célébrité,
mais à vivre de notre passion » se justifie-t-elle, pour
être sûre que l’on ne se
trompe pas. Il y a la danse
avant tout. Le reste passe
après.
La troupe a recueilli l’approbation du jury lors des demifinales. Le 15 décembre, dix
équipes seront en lice. Deux
d’entre elles seront désignées par le jury pour participer à la finale, et deux
autres seront élues par les
téléspectateurs. « Le soutien des Niçois est important
pour nous,ils peuvent nous
faire gagner », assure-t-elle.
Avant d’arriver sur M6, Marie-Alice commence par
naitre à Digne, dans les
Alpes de Hautes Provence.
Dès l’âge de trois ans, elle
suit des cours d’éveil à la
danse. À six ans, elle débarque à l’Ariane, ou elle
grandit. Mais ne fait pas
que ça. A peine niçoise,
Marie-Alice entre à l’école
l’Entrée des artistes, de Ricki
Thomson, située sur le Port.
« J’ai toujours baigné dans
la danse. Je suis tombée
dans la marmite quand
j’étais petite ! C’est toute
ma vie », avoue-t-elle.
Une passion qu’elle partage avec sa tante. Présidente de l’association Stardust, qui dispense des cours
à Saint Roch, cette dernière
conseille Marie-Alice, la soutient, et lui fait rencontrer
des professionnels. « Enfant,
elle n’emmenait danser et
suivre des cours à Cannes,
Menton, un peu partout ou
les profs étaient bons. Je lui
dois beaucoup », reconnaitelle.
Naissance d’Origins
Il y a deux ans, Marie-Alice
monte à Paris, avec l’idée
de vivre de sa passion. Elle
s’inscrit à l’Académie Internationale de Danse. « Les
cours étaient bien, j’étais
bien. Mais je ne gagnais pas
d’argent », regrette-t-elle.
Elle enchaine alors les petits
jobs, jusqu’à en dégotter un
d’artiste danseuse, dans un
célèbre parc d’attraction
parisien.
C’est là qu’elle rencontre
les onze autres membres
d’Origins. « Dans le parc
on vit de la danse, mais
on ne peut pas trop s’exprimer. Alors on a fondé le
groupe », détaille-t-elle. La
troupe produit une danse
qui sort de l’ordinaire, avec
des cascades, et même un
cracheur de feu. Sombre,
parfois gothique, le groupe
n’en est pas moins spectaculaire. En son sein, Marie-Alice danse le jazz et
le « new style », une sorte
de hip-hop. La troupe joue
peut être son avenir le 15
décembre. Mais quoi qu’il
advienne, victoire ou non
lors de l’émission, MarieAlice continuera de danser,
encore, et encore.
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SPORTS
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Le Free Ride, ça en jet’ !
par Serena Santucci
A Nice, il n’y a pas que Brice qui attend « la » vague. Les free-riders ont troqué la planche
de surf contre le jet-ski. Du championnat de France aux championnats du monde, Stephane Filippi a concourru au plus haut niveau. Une discipline nautique méconnue où les
meilleurs champions sont des Français.
Si, je suis passé par toutes
les catégories de jet. A selle,
à bras, standard, modifié,
championnat
d’Europe
d’endurance, championnat de France de bouée
en jet à bras, j’ai beaucoup
pratiqué. Le problème,
c’est que ça devient vite
la course au budget. Si on
a une bonne machine, on
arrive premier...
Stéphane Filippi (D.R.)
En quelques mots, qu’est ce
que le free-ride ?
C’est une discipline qui
consiste à faire des figures
dans les vagues avec un
jet ski. Le but est de réaliser un maximum de figures
« propres », esthétiques, le
plus aériennes possible, et
d’atterrir debout. Évidemment, plus on rajoute de variantes, mieux c’est.
Quelles sont les figures dont
le free-rider ne peut se passer ?
Je dirais que les plus représentatives sont aussi les plus
dangereuses. D’abord la
vrille, qui consiste à faire un
tour sur soi-même et retomber debout sur la machine.
Ensuite, le saut périlleux arrière, qui n’est pas la figure
la plus compliquée techniquement, mais qui est très
difficile à réaliser mentalement...
Ça semble contradictoire...
Vous savez, quand la vague vous vient dessus, à la
verticale et qu’il faut mettre
les gaz en gardant les yeux
ouverts, c’est assez impressionnant.
C’est donc un sport dangereux...
Ça l’est surtout pour les jetsski ! (rires) Moi, j’en ai cassé
quelques uns... Après, je n’ai
jamais eu d’accidents corporels graves. En free-ride,
le plus dangereux, c’est de
se prendre la machine sur
soi. D’où l’intérêt de garder
les yeux ouverts. On a une
fraction de seconde pour
réagir et jeter le jet loin de
soi. Mais dans l’ensemble,
c’est un des sports mécaniques où il y a moins de
risques de se faire mal...
Justement, vous ne vous
êtes jamais intéressé aux disciplines plus « normales » ?
Ce n’est pas le cas du freeride ?
Non, on peut y arriver
même avec une préparation minimum du jet. Ce qui
est important c’est le pilotage. Quand une vague de
3 – 4 mètres vous arrive devant, certains accélèrent,
d’autres pas. La sélection se
fait plus par l’inconscience
du pilote ! (rires)
Dans la région, vous êtes
nombreux à pratiquer ce
sport?
Non. Ici le plus gros problème reste quand même
le manque de vagues. On
attend avec impatience les
mauvaises conditions climatiques, le bon gros coup de
vent, pour pouvoir réaliser
les figures les plus hautes.
On suit la météo de près,
et on sort quand la mer est
déchainée. C’est aussi pour
ça qu’on s’entraine plus l’hiver que l’été : c’est là qu’il y
a le plus de tempêtes...
Un meilleur souvenir ?
J’en ai trop ! Mais je dirais,
ici à Nice. Certains entrainements lors de gros coups
de mer, avec d’énormes
vagues à sauter. Sinon évidemment, à chaque fois
que je vais sur l’Atlantique...
Les
free-riders
basques
et landais sont donc plus
avantagés ?
Un petit peu plus oui... Avec
les marées, ils ont des vagues montantes et descendantes. Elles sont plus
« propres », plus lisses. A
Nice, on a toujours des petites vagues qui précédent
la grosse... quand elle est là
! (rires)
Des projets ?
J’en ai un qui me tient à
cœur depuis des années,
ce serait de battre le record
de traversée Tunisie – Nice
en jet à selle. Une traversée
de 14h ! Mais bon, comme
d’habitude, le plus dur c’est
de trouver les financements
et les partenaires.
Vous mettez le free-ride
entre parenthèses alors…
Non... J’adore ça ! On arrive à faire des figures que
personne ne pensait réussir un jour. À la création du
jet-ski, les manuels préconisaient de ne pas sauter les
vagues, pour éviter de détériorer la machine. Je suis
certain que les ingénieurs
ne pensaient pas qu’on arriverait à faire ça… On les
a poussés… et on a pas encore fini !!
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SPORTS
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La lutte d’une vie
par Florence Mussard
La 36e édition du Challenge de lutte Henri Deglane vient de s’achever. Pendant deux jours,
les plus grands cadors de la discipline se sont succédés sur le tapis niçois. Cette renommée, elle ne ne le doit qu’à son organisateur : Sébastien Giaume.
C
Sébatsien Giaume, entouré des trophés (F.M.)
e Monsieur c’est un
monument de la
lutte». La réaction
d’ Yves Campana directeur sportif du Lutte-Club de
Nice, est immédiate. Son
président est une véritable
institution dans le milieu. Et
ce n’est pas peu dire. Sébastien Giaume a pris les
rênes de la discipline il y a
41 ans.
Œil de lynx et main de fer
dans un gant de velours
lui permettent de mener
son monde à la baguette.
Quand M. Giaume parle,
petits et grands l’écoutent.
Il captive l’attention et inspire le respect. Il a remporté
plusieurs titres en gym, volley, athlétisme et bien sûr
la lutte. Que ce soit en tant
que sportif, entraîneur ou
président, son parcours est
jalonné de succès.
Aujourd’hui, le Lutte-Club
de Nice fait partie des
meilleurs clubs de France
et il est le seul à organiser
un tournoi international. Le
Challenge Deglane « fait
partie du patrimoine. » A tel
point que depuis 1981, le
trophée du tournoi c’est le
Vase de Sèvres du Président
de la République. Et les
plus grandes nations de la
lutte tentent de le soulever
chaque année.
Souvenirs, souvenirs ...
Pourtant, le tournoi était mal
parti ! En 1975, S.Giaume
organise le challenge pour
honorer de son vivant Henri
Deglane. « Ce champion
du monde et olympique a
fait chanter la Marseillaise
à 45000 américains en remportant un championnat du
monde de catch. » Président du Lutte-Club de 1968
à 1970, il entraîne Sébastien
et lui demande par la suite
de le remplacer. Malheureusement, son mentor décède deux mois avant la
compétition. Qui plus est,
il doit se débrouiller sans
aides financières durant les
premières années. « Moi,
mon père et mon fils, on démarchait les avocats et les
médecins », précise Sébastien.
Il égrène ces souvenirs aussi
vite que les noms de célèbres lutteurs. Oghanéssian, Orsini ont fréquenté
le club ! Et c’est grâce à
son habitude de ressasser
le passé que la chance lui
sourit. En 1977, les Russes
participent au challenge
et ils sont ébahis lorsque
le Niçois raconte sa vie de
résistant. Sous l’occupation
allemande, Sébastien a 12
ans et participe à la libération de Nice. Depuis lors, ils
prennent part au challenge
et Sébastien Giaume est
l’invité d’honneur de leur
tournoi. Cerise sur le gâteau, Sébastien a été honoré en septembre dernier. La
fédération russe, lui a remis
une coupe sur laquelle est
gravée « Héros de la Résistance. »
Le cœur sur la main
Malgré des débuts difficiles, on ne compte plus
les champions olympiques
et du monde qui sont ve-
nus au challenge. Pour le
vieil homme, « avec la volonté on soulève des montagnes ». Sa passion de la
lutte l’aide à franchir les
obstacles. Cette année
pour cause de problème
budgétaire, il a consenti de
nombreux sacrifices. Le club
a réduit ses déplacements,
la guinguette gauloise du
challenge a été annulé.
Mais Sébastien a gardé l’essentiel : une entrée gratuite
pour tous. Et, le président
n’est pas déçu « le niveau
n’a jamais été aussi élevé. » Il ajoute « on m’a beaucoup
aidé.» Pour Charles Dumont, son meilleur ami «Sébastien a un réseau d’amis
du monde entier autour de
lui et ils sont indéfectibles ». Il
le décrit comme un homme
tout en chaleur animé par
l’amitié, la passion et la fidélité. Avec franchise mais
sans préjugés, il apporte
son soutien aux autres. Sa
satisfaction ? La réussite
de ses ouailles. D’ailleurs,
sa plus belle récompense
vient d’un ancien élève. « Il
y a 1 an, un homme vient
me voir. » Il ne le reconnaît
pas. « M. Giaume, j’étais un
voyou, un drogué et grâce
à la lutte, vous m’avez sorti
de la misère. Maintenant,
j’ai une famille, un fils et je
veux l’inscrire ici car la lutte
c’est l’école de la vie. »
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José Boetto : un homme,
une passion
par Justine Peltier
José Boetto, Niçois pur souche, est à la tête du CDS (Club des Supporters) 1947 de l’OGC
Nice depuis près de deux ans maintenant. L’homme donne tout pour sa passion, l’OGC
Nice. Contre vents et marées il le soutient.
a décidé d’en prendre les
rênes : « Au sein de l’association il n’y a pas de compétition, c’est tout dans
la convivialité. Quand j’ai
décidé de poser ma « candidature » pour le poste de
président, personne ne s’y
est opposé, il n’y a pas de
rivalité chez nous. » Depuis,
José fait son maximum pour
améliorer l’image, non seulement de son organisme,
mais aussi du supporter en
général. « Certains évènements nous ont portés préjudices. Je pense surtout à
ce qui s’est passé en janvier
à Monaco par exemple.
Ce n’est pas l’image que
nous voulons véhiculer au
CDS. »
J. Boetto, président du CDS (J.P.)
J
’ai pris la présidence
du CDS il y a presqudeux ans aujourd’hui.»
Ce supporter de toujours du
Gym ne voulait pas d’une
retraite
pantouflarde,
« Après ma retraite, j’ai voulu plus m’investir. »
Il explique avec fierté : « Ça
fait plus de 50 ans que je suis
supporter de Nice, je suis
niçois à 100%, c’est dans
mes gènes. » Après huit ans
passé au conseil d’administration de l’association, il
Niçois à 100%
Quand on lui demande de
se décrire José utilise toujours le même mot : « Je suis
un vrai passionné. De mon
équipe certes, mais avant
tout de ma ville. » Pour lui,
Nice c’est sa ville, il y a toujours vécu et l’a rarement
quittée. Louis, secrétaire de
l’association et ami de longue date de José confie :
« Si vous voulez connaître
l’histoire de l’OGC Nice
ou même de la ville de
Nice, c’est à lui qu’il faut
s’adresser, il vous répondra sans problèmes. » Pour
François, autre membre du
CDS 1947, José vit à fond
pour ce qu’il aime : « Il est
au bureau tous les jours,
même quand il n’a rien à y
faire, il est là. Il est toujours
à fond. »
« Il faut être fou
pour supporter
l’OGC Nice
aujourd’hui »
nous, on ne cherche pas à
savoir qui a été le meilleur,
mais qui a été le moins
pire » avoue-t-il. Il rajoute
même : « Je ne comprends
pas que l’équipe de foot
de la cinquième ville de
France soit aussi faible. »
« Le club a connu
de belles périodes »
Même si aujourd’hui pour
lui, la situation du Gym
n’est pas mirobolante, José
avoue que l’équipe lui a
Quand on commence à
parler football on ne l’arrête
plus. Il a un avis sur tout, la
situation du club au niveau
sportif, le nouveau stade…
« J’aime mon club, mais je
suis déçu de voir la situation
dans laquelle il se trouve
aujourd’hui. Il faut être fou
pour supporter l’OGC Nice
aujourd’hui. » Un supporter
passionné mais calme qui
avoue : « Ça doit faire à
peu près neuf ans que le
club flirte avec la relégation chaque année. C’est
un peu désespérant quand
on se démène pour les
suivre et les acclamer à
chaque match. » Pour lui,
l’équipe d’aujourd’hui n’est
pas capable de jouer le
haut de tableau. « Quand
on parle des matches entre
fait vivre de bons moments.
« Je me souviens, dans
les années 1970, on avait
une belle équipe. Pendant
deux, trois saisons on a
joué les premiers rôles dans
le championnat de D1. »
Malheureusement pour le
supporter qu’il est, il a fallu
attendre 2006 et une finale
de Coupe de la Ligue pour
retrouver de l’engouement
pour le club. « En 2006, je
suis monté à Paris pour la
finale, et en redescendant,
pour la première fois depuis
que je fais partie de l’association, j’ai découvert la
boutique vide ! » Le souhait de José pour l’avenir,
connaître de nouveau l’euphorie et « enfin jouer autre
chose que le maintien. »