Etude technico-économique de faisabilité de la production de porc en
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Etude technico-économique de faisabilité de la production de porc en
Etude technico-économique de faisabilité de la production de porc en Ardèche Auteur : PERCHET D. / Chambre d’Agriculture de l’Ardèche Date de parution : septembre 2006 Ce document est la propriété exclusive de la Chambres d'Agriculture de l’Ardèche. Reproduction interdite sans accord préalable. PERCHET Damien Etude porc 07 SOMMAIRE : I) Situation actuelle en Ardèche........................................................................................................ 2 II) La démarche à effectuer............................................................................................................... 2 III) Les différents élevages ................................................................................................................ 3 IV) Plein air......................................................................................................................................... 4 V) Bâtiment......................................................................................................................................... 5 1) Litière ....................................................................................................................................... 5 2) Caillebotis partiel ..................................................................................................................... 6 3) Caillebotis total ........................................................................................................................ 6 VI) Alimentation................................................................................................................................. 9 VII) Nuisances .................................................................................................................................. 10 VIII) Qualité technologique............................................................................................................. 12 IX) Eleveurs potentiels..................................................................................................................... 13 X) Résultats économiques :.............................................................................................................. 14 1) Marché du porc : ........................................................................................................................ 14 2) Exemple : Cas du Porc Fermier du mistral (label rouge)........................................................... 18 XI) Hypothèses de travail ................................................................................................................ 21 Page 1 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 I) Situation actuelle en Ardèche L’Ardèche compte de moins en moins d’élevage de porcs. La production est faible et suit une tendance à la baisse. Suite au recensement des producteurs ardéchois réalisé par entretiens téléphoniques de septembre à décembre 2004(Etude AgroM), nous avons répertoriés 27 éleveurs actuellement en activité dans le département. Ce nombre n’est pas exhaustif car nous avons utilisé le principe du bouche à oreille pour connaître les producteurs qui n’étaient pas enregistrés. Nous avons constaté qu’un certain nombre d’éleveurs avaient cessé l’activité d’élevage porcin. En effet, sur trente-six éleveurs répertoriés, neuf ont cessé leur activité dans les cinq dernières années. Cette tendance est commune à l’ensemble de la profession agricole. D’après les chiffres de la DDAF, 400 exploitations disparaissent chaque année dans le département. La part importante des agriculteurs de plus de 60 ans (2 600 exploitations) explique cette tendance qui va malheureusement se prolonger dans les années futures. En ce qui concerne les éleveurs de porcs, les raisons évoquées mis à part les départs en retraite d’exploitants sans successeurs, sont essentiellement les difficultés pour maintenir une activité rentable face à un prix de vente de plus en plus bas. D’autres sont actuellement en cessation progressive d’activité. En plus des facteurs démographiques, ceci peut s’expliquer par le fait que les éleveurs doivent s’adapter à de nombreuses contraintes à la fois économiques, géographiques et politiques. Ces différents facteurs favorisent un manque d’organisation au sein de l’ensemble de la filière. Actuellement, la majorité des éleveurs porcins ardéchois se tournent vers des systèmes dits alternatifs pour répondre à la demande de consommateurs. Ces systèmes plus extensifs doivent concourir à une plus grande diversité de la production porcine mais les tonnages restent modérés comparativement à la production globale. Pour résumer, la production reste très diversifiée et dans l’ensemble familiale. II) La démarche à effectuer Les 3 principaux points de réflexions en vu d’un développement de la création porcine en Ardèche: - Connaître la production actuelle. - Identifier les systèmes de production souhaitables en Ardèche (type, taille, mode de conduite de l’élevage, le cahier des charges suivit). - Réaliser une étude économique prévisionnelle de ces systèmes. Voici les différents facteurs à prendre en compte : - La baisse des prix et la limitation de la production. - Les faibles disponibilités des terres pour des productions céréalières et par conséquent des surfaces d’épandages réduites. - Le suivi technique et sanitaire des cheptels et au rationnement. - Le relief du département et les moyens de communication. - Le tourisme. - Le niveau de compétence requis. Page 2 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 - Le marché. - Le respect de l’environnement III) Les différents élevages Il existe différents types d’élevages qui requiert chacun des compétences techniques, des contraintes qui lui sont propres : - Naisseurs : de la reproduction des truies aux mises bas des porcelets (8 kg au sevrage à 25 kg après post-sevrage) C’est une solution qui demande beaucoup d’investissements et de connaissances de la part de l’éleveur. Le nombre d’heures par truie présentes par an, au stade de la production du porcelet, peut aller d’une quinzaine à plus d’une cinquantaine. Il est possible de réduire ce temps a moins de vingt heures sans nuire aux exigences qualitatives requises, en particulier à partir d’une certaine taille et sous réserve d’un équipement et d’une organisation adaptée. - Engraisseurs : du sevrage (porcelets de 8 kg) ou post-sevrage (porcelet de 25 kg) à l’abattoir des porcs (110 kg), assure la croissance et la finition. C’est l’activité qui requiert « le moins de connaissances techniques et d’investissement », cependant une attention particulière doit être portée à la qualité de l’approvisionnement en porcelets. En moyenne en engraissement, le temps nécessaire pour produire un porc est voisin d’une demi-heure avec des extrêmes de moins de vingt minutes et de plus de deux heures. - Naisseurs-engraisseurs : de la reproduction des truies à l’abattage des porcs. C’est une activité qui demande beaucoup d’investissements due notamment à la présence de l’atelier naisseur, elle offre cependant une certaine complémentarité puisque dans ce cas là, l’éleveur fait naître, élève et engraisse lui même ses porcs. - Multiplicateur : élevage des races pures de porcs qui seront croisées dans un élevage multiplicateur pour alimenter en reproducteurs (verrats, truies) la production Bilan : D’un aspect économique, les résultats comparés des activités de naissage et d’engraissement dépendent, pour un niveau de performances et une structure de coût donnés, du prix du porcelet, qui conditionne le niveau des recettes chez le naisseur et une part importante des achats chez l’engraisseur. L’un des avantages du système naisseur-engraisseur est qu’il évite le difficile problème du juste prix porcelet-porc charcutier (cependant des liaisons privilégiés et directes de l’engraisseur avec un ou plusieurs naisseurs sont un moyen de réduire les risques sanitaires, d’améliorer la qualité des porcelets et de résoudre le problème du prix porcelet porc-charcutier). D’un point de vue technique, l’atelier naisseur demande une grande technicité de l’éleveur et une charge de travail relativement importante. A investissement égal, l’élevage engraisseur exige moins de main d’œuvre et de technicité. Page 3 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Pour notre étude porc 07, nous aurons probablement à faire à des agriculteurs qui ne connaissent que très peu la production porcine. Un élevage engraisseur (en tout cas au début, des possibilités d’aménagement par la suite serait toujours envisageable) semblerait plus adapté. De plus dans le cas de la filière Ardéchoise, les débouchés possible serait avec des bouchers. Pour débuter, les tonnages seraient faibles. L’activité de naisseur ne serait pas encore indispensable puisque la quantité de porcs produite ne serait au début que faible. Des possibilités d’approvisionnement avec la Rosa d’Etienne et Provent (lui semble très motivé) serait possible. IV) Plein air Les avantages du plein air sont : - Le coût réduit des investissements - Le confort des animaux qui développent des attitudes plus naturelles - Pas de problème de lisier (pas d’épandage). - Pas de problème d'odeur - Pas besoin de paille - Le maintien d’un couvert végétal en plein air joue un rôle important au niveau environnemental, puisque l’enherbement va favoriser le recyclage des déjections. De plus la relation entre la truie et l’herbe est extrêmement dynamique et façonne un comportement dont les conséquences se font sentir en retour sur les performances. Ainsi l’ingestion d’herbe contribue à améliorer les qualités nutritionnelles de la viande et du lait de la truie. Les inconvénients du plein air sont : - L’élevage en plein-air conduit à des performances techniques moindres; les données issues des élevages français concernés, suivis par la méthode de GTE depuis plus de dix ans (ITP, 2000) mettent en évidence une réduction moyenne de 1,5 sevrés/truie/an et une augmentation de la consommation alimentaire de 160 kg en comparaison des élevages de dimension similaire en bâtiments. - Nécessité de posséder du foncier avec un chargement qui ne doit pas excéder 20 animaux reproducteurs par ha (pour un élevage de type naisseur) et 120 porcs à l’engrais produits/an/ha. De plus, des rotations doivent être effectuées régulièrement pour éviter les risques sanitaires. - Il y a une dégradation et une érosion importante des sols importants (le porc est un animal fouisseur) - Les performances obtenues (vitesse de croissance, indice de consommation) sont moindres tout commes les pH ultimes et les rendements technologiques qui sont légèrement inférieurs. De plus, il peut y a voir un problème de régularité pour les cochons produits (gras, TVM…), cela varie selon les saisons. - L’élevage plein air nécessite des charges de travail importantes (tout ce qui concerne la manutention des porcs pour des opérations telles que la castration, la coupe des dents, la pesée, la surveillances des saillies, détection des chaleurs…) - Nécessite des analyses trichine… Page 4 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 V) Bâtiment 1) Litière Avantages : - La litière paillée permettrait une absorption plus naturelle des effluents. - Plus grand respect du porc qui est un animal fouisseur. - Les bâtiments sur litière présentent un intérêt en terme d’image et d’acceptabilité sociale de la production porcine. La litière est souvent synonyme de bien-être dans l’esprit du consommateur. - D’autre part, le fumier ou, mieux, le compost sont des déjections plus facilement acceptées par le voisinage. Le fumier peut être composté pour limiter les nuisances olfactives durant l’épandage. - Les porcheries sur litière biomaîtrisée semblent présenter des avantages pour l'éleveur, pour l'animal et pour l'environnement. Les nuisances dues aux bâtiments diminuent, et la pollution azotée devient plus maîtrisable grâce à la réduction des volumes d'effluents produits. Au niveau de l'environnement cette technique présente l'avantage d'un meilleur contrôle des odeurs à l'épandage. Elle permet de diminuer la proportion d'azote minéral dans les litières, au profit d'une forme organique moins facilement lessivable, ce qui réduit les pertes sous forme de nitrates. Inconvénients : - Le coût des bâtiments : de janvier 2004 à janvier 2005, l’indice national du coût de la construction a augmenté de 5,8 %. Cette augmentation est beaucoup plus élevée que les 3 % constatés en moyenne sur les 5 dernières années. Elle s’explique essentiellement par l’envolée des cours des matières premières et du pétrole. Bien que les cours du porc aient amorcé une légère hausse, le niveau atteint n’a pas permis de relancer significativement l’activité bâtiment : peu de constructions neuves et de rénovations. - Les postes du coût de production augmentent (par ordre d’importance) : la main d’œuvre, le coût de la paille, le coût de l’aliment et du porcelet (par rapport au caillebotis de manière générale). - La vitesse de croissance , tout comme l’indice de consommation sont dégradés sur aire paillée (par rapport aux caillebotis de manière générale). - Ce type de sol nécessite une quantité importante de paille. Il existe des variantes pour ce qui concerne la litière : les litières sur sols raclés, les litières accumulées (nécessite une quantité double ou triple de paille par rapport aux litières sur sols raclés), les litières biomaîtrisées. Pour l’élevage sur litière biomaîtrisée, on élimine beaucoup d'eau et de l'azote, ce qui nécessite des conditions d'ambiance optimales et une ventilation bien contrôlée. Le travail régulier des litières, en présence des animaux est le principal inconvénient de cette technique, la quantité de travail au niveau de l’élevage est plus importante (vider les salles, laver…). Cependant ce mode d’élevage a comme avantages de créer des faibles volumes de déjections, de ne pas nécessiter de paille, de ne produire que peu d’odeur. Sur le plan économique, les investissements en litière biomaîtrisée sont comparables à ceux des bâtiments sur lisier, particulièrement en constructions neuves. Pour une bande de 90 porcs, il faut environ 8 m3 de sciure (à environ 5.3 € / m3 de sciure). Un écart existe entre les élevages en bâtiment et ceux en plein air. Ces derniers passent plus de temps à alimenter leurs animaux et réalisent des transferts d’animaux sur de plus longues distances. Page 5 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Cependant, ce surcoût de production peut être compensé en intégrant des circuits de commercialisation spécifiques qui indemnisent le coût de la litière et le coût du travail. 2) Caillebotis partiel Avantages : - C’est la réponse la mieux adaptée aux enjeux économiques, avec un abaissement des coûts et une diminution des travaux pénibles pour les hommes. - La teneur en viande maigre des carcasses de porcs élevés sur caillebotis est en effet supérieure de 1,5 point à celle des porcs élevés sur litière. En conséquence, la plus-value TVM (taux de viande maigre) est nettement en faveur des porcs élevés sur caillebotis. - Meilleure vitesse de croissance et indice de consommation plus faible. Inconvénients : - Le coût des bâtiments (voir ci-dessus). - Les porcs sont plus sales (par rapport au caillebotis total). - Le gestion du lisier qui nécessitent des aires de stockage (fosses, cuves…). 3) Caillebotis total Avantages : - C’est la réponse la mieux adaptée aux enjeux économiques, avec un abaissement des coûts et une diminution des travaux pénibles pour les hommes. - Le caillebotis intégral se caractérise par de moins bonnes performances de croissance, des loges et des porcs plus propres (par rapport au caillebotis partiel). - La teneur en viande maigre des carcasses de porcs élevés sur caillebotis est en effet supérieure de 1,5 point à celle des porcs élevés sur litière. En conséquence, la plus-value TVM est nettement en faveur des porcs élevés sur caillebotis - Meilleure vitesse de croissance et indice de consommation plus faible. Inconvénients : - Le coût des bâtiments (voir ci-dessus). - Une note de lésions tégumentaires supérieure (par rapport au caillebotis partiel). - La gestion du lisier qui nécessitent des aires de stockage (fosses, cuves…). Remarque : A noter que les types de sol n’ont pas une influence majeure sur l’activité globale des animaux. Voici les prix de construction en Euros / place (source ITP) : Année 2004 Prix "clés en main" (euros/place) Coûts matériaux (euros/place) 2 769 à 3 182 € 1 689à 1 937 € Maternité - caillebotis total Page 6 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 (chauffage par le sol + lampe infrarouge) Gestation - caillebotis total / truie bloquée (verraterie) - litière (truie en groupe) • D.A.C. - caillebotis total (truie en groupe) • D.A.C. • bats flancs • réfectoire Post-sevrage - litière accumulée loges de 75 animaux - 0,70 m2/porcelet - caillebotis total loges de 15 animaux - 0,33 m2/porcelet Engraissement - litière accumulée loges de 30 animaux - 1,20 m2/porc - caillebotis total alimentation au nourrisoupe 144 places en loges de 12 - 0,70 m2/porc alimentation en soupe 144 places en loges de 12 - 0,70 m2/porc alimentation en soupe 72 places en loges de 9 - 0,70 m2/porc 878 à 1 076 € 512 à 596 € 811 à 895 € 512 à 646 € 895 à 1 076 € 1 113 à 1 208 € 1 283 à 1 391 € 579 à 695 € 636 à 712 € 679 à 745 € 116 à 149 € 60 à 70 € 214 à 256 € 114 à 137 € 215 à 264 € 100 à 118 € 264 à 298 € 146 à 163 € 277 à 322 € 146 à 167 € 314 à 340 € 173 à 190 € Les bâtiments sur caillebotis total sont équipés Les silos et la mécanisation de l’aliment ne sont pas inclus. d’une préfosse de 0,80 m de profondeur. Source : ITP Suite a un entretien avec un technicien de MC porc, celui-ci a bien voulu me donner des idées de prix. Ainsi selon MC porc, pour un élevage de type engraisseur d’environ 450 places, cela coûterait : - 375 € à 400 € / place prêt a fonctionner (chauffage, distribution des soupes, abreuvoir…) pour un bâtiment de type caillebotis. - environ 300 € / place prêt a fonctionner pour un bâtiment sur litière paillée. - environ 175 € à 200 € / place prêt à fonctionner (abreuvoir, clôture…) pour un élevage plein-air. Ce système fonctionne avec des cabanes de 25 porcs. - environ 300 € / place prêt a fonctionner pour un bâtiment avec parcours extérieur, on peut parler de système semi plein-air. - Il existe un autre système que l’on appelle Wean to Finish. Le modèle Wean to Finish, englobe l’élevage des porcs à partir du sevrage (c’est-à-dire à 8 kg) jusqu’à l’abattage dans un bâtiment Page 7 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 unique. Grâce à ce modèle, il n’est plus nécessaire de les engraisser jusqu’à 25 kg dans une pouponnière, puis de les transférer dans un bâtiment d’engraissement distinct jusqu’à ce qu’ils atteignent 120 kg. Les bâtiments Wean to Finish sont construits de la même manière que les bâtiments d’engraissement, il faut ajouter un surcoût de 10 € à 15 € / place par rapport a un bâtiment sur caillebotis, soit un prix de 400 € à 410 € / place. Ce système a pour avantage de meilleurs résultats techniques, moins de stress pour les porcelets puisqu’ils restent au même endroit de 8 kg a 120 kg (ce qui est relatif puisque les porcs ne seront pas habitués à être déplacés notamment lors de l’abattage). - Il existe aussi des cas de réaménagement d’ancien bâtiments de type poulaillers. Les anciens poulaillers peuvent être réaménager en bâtiment sur aire paillée (litière accumulée), avec un prix de 120 € à 150 € / place pour une surface de 1.2 m² / porc ou en bâtiment sur caillebotis avec un coût d’environ 250 € / place. Les prix donnés par MC porc sont supérieurs à ceux présents dans le tableau (ITP) mais je les pense plus proches de la réalité régionale. Bilan : On remarque que chaque type de bâtiments que ce soit en litière (paillée, sciure…), caillebotis (partiels ou intégral) ou plein air possède ses avantages comme ses inconvénients. Ce que l’on peut mettre en avant pour le plein air est la bonne image que donne cette pratique. Au niveau, des personnes (notamment tourisme) l’élevage plein air est bien perçu et celui qui pose le moins de problème pour ce qui concerne les nuisances. Concernant les performances, ce type d’élevage n’est pas le plus performant et nécessite une quantité de travail importante. De plus en terme de régularité (porc produit), ce qui est le plus demandé par les bouchers ; le plein-air n’offre pas des porcs homogènes toute l’année (effet des saisons). En hiver les porcs ont tendance à être plus gras. Les élevages sur aire paillée bénéficie aussi d’une assez bonne image, il y a un plus grand respect du porc qu est animal fouisseur. Dans certaines situations, les porcheries paillées permettent de réutiliser d'anciens bâtiments avec peu d'investissements. Elles offrent une solution intéressante aux exploitations céréalières qui ont de la paille disponible. La solution paillée facilite souvent l'installation d'un nouvel atelier dans une zone sensible du point de vue touristique. En effet, l'utilisation de paille et la production de fumier permettent de supprimer une part des nuisances et des pollutions liées au stockage du lisier et à son épandage. Cependant les deux gros points faibles de ce type d’élevage sont les forts besoins en paille et les performances qui sont moindres (par rapport au caillebotis). L’élevage sur litière biomaîtrisée présente les mêmes performances que les élevages sur aire paillée mais ne pose pas le problème de l’approvisionnement en paille. Les élevages de porc sur caillebotis sont ceux qui présentent les meilleurs performances (IC, vitesse de croissance…) mais aussi ceux qui bénéficient d’une moins bonne image (puisque industriel) vis à vis du tourisme. Ils présentent aussi des inconvénients concernant la gestion du lisier (qui est un point important dans ce type d’élevage) et un investissement important lors de la construction des bâtiments. A savoir que le caillebotis partiel rend les porcs sales et n’a pas de réel avantage par rapport au caillebotis total. Page 8 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Concernant l’influence du mode d’élevage, de nombreuses expériences ont été réalisées sur le sujet. On a comparé des bâtiments semi plein air et des bâtiments fermés, différents types de sol (litière accumulée, caillebotis intégral), diverses densités de peuplement et de taille d’élevage ainsi que l’élevage en plein air et en confinement, des élevages de petites tailles et des élevages importants. Il en ressort que tous ces facteurs n’ont aucune influence sur les qualités organoleptiques des viandes pour des porcs dans la tranche d’âge (5-7 mois) et de poids (90-120 kg). VI) Alimentation Deux systèmes principaux sont en concurrence pour fournir l’aliment des porcs et coexistent dans certains élevages : l’aliment industriel complet, voici une fourchette de prix : - Alimentation porcelet 1er age à 550 € / tonne (conditionné dans des sacs de 25 kg). Environ 5 kg de cet aliment est consommé par le porcelet 1er age. Cela représente environ 2.75 € d’aliments / porcelet 1er âge. - Alimentation porcelet 2ème age à 230 € / tonne . Environ 25 à 30 kg de cet aliment est consommé par les porcelets 2ème age .Cela représente environ 6.9 € d’aliments / porcelet 2ème âge. - Alimentation porcs charcutiers à 175 € / tonne (aliment unique pour toute la durée d’engraissement, pas d’aliment « finition »). Environ 250 à 280 kg est consommé par un porc charcutier. Cela représente environ 48.125 € d’aliments / porcs charcutiers. A savoir que les prix donnés ici sont ceux d’aliments en granulé. Si ces aliments étaient livrés sous la forme de farine cela entraînerai une diminution de prix de l’ordre de 6 € / tonne. Ces prix correspondent à un aliment moyen (en terme de coût). Il faut savoir qu’il existe des variations de prix, cela peut dépendre : - du transport - du mode paiement de l’éleveur - de la quantité d’aliment acheté - de la présentation de l’alimentation (granulé, farine…) la fabrication à la ferme, à partir de matières premières produites sur l’exploitation ou achetées En France, l’aliment industriel domine (de 60 à 70 % du marché des aliments porc) mais a été fortement concurrencé jusqu au milieu des années 80 en raison d’un prix élevés. Les céréales principales, blé, orge, et certaines céréales secondaires, seigle, sorgho, triticale, peuvent être utilisées indifféremment comme seule source d’énergie pour le porc charcutier. Les céréales peuvent représenter jusqu’à 75 % de l’aliment. La quantité d’aliment consommée au cours de la période d’engraissement est légèrement inférieure dans le cas du caillebotis. On a donc une meilleur valorisation des aliments dans ces cas-là. Page 9 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Quant au gras, il est avant tout lié à la qualité de l’alimentation donnée au porc. Les conséquences de l’alourdissement des carcasses par un allongement de la durée d’engraissement. Il faut savoir que les carcasses lourdes présentent à la fois des épaisseurs de muscles et de gras plus importantes. Cependant, ils présentent du gras intramusculaire visible (avec un risque potentiel de non acceptabilité pour le consommateur). Ces produits sont intéressants pour la fabrication de jambon. En terme d’alimentation, il existe des alternatives telles que le CAPELIN. Le CAPELIN est un porc de montagne nourris à la farine châtaigne durant le dernier mois d’engraissement (soit environ 80 kg d’aliment contenant 15 % à 20 % de farine de châtaigne). La farine de châtaigne destinée à la consommation animal est constitué de toutes les châtaignes qui ne sont pas calibrées ou qui sont impropres à la consommation humaine. A savoir qu’il est difficile de s’approvisionner en farine de châtaigne (de plus, le marché est très fluctuant). Les prix sont d’environ 2 € / kg de farine (conditionné dans des sacs de 25 kg). Bilan : Actuellement, les rations alimentaires données aux porc sont essentiellement constituées de céréales. Les fabricants d’aliment proposent des formules composées uniquement de céréales. L’idée de produire un porc nourris durant le dernier mois de farine de châtaigne semble être peu envisageable étant donné le prix de la farine. De plus, cet apport en farine de châtaigne n’apporte pas de qualité organoleptique supplémentaire. VII) Nuisances Les différentes techniques actuellement disponibles pour la réduction des odeurs : Émises par les porcheries Site Dans la porcherie Sur l’air extrait Techniques Efficacité vis-à-vis de l’abattement des odeurs Coût Maintenance Gestion du lisier (ex : rythme de vidange) ++ + - Type de sol (ex : caillebotis partiel) ++ - + Utilisation de produits (sous réserve) ++ - - Biofiltre ++ ++ ++ Ozonation ++ (sous réserve) + - Investigation à poursuivre Adsorbants + ++ + Nécessite un prétraitement de l’air avant passage sur adsorbant Page 10 Remarques Augmentation des volumes de stockage extérieur Gestion de l’ambiance plus délicate Facilité d’emploi Reste à identifier les produits efficaces Gestion difficile du substrat et de son humidité Coût trop élevé 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Laveurs de gaz + + ++ Filtration + + + Oxydation catalytique ++ ? ++ Masquants ++ ou - + + Nécessité de traiter la solution de lavage sous peine de relargage d’odeurs Peut être envisagée avec installation d’un précipitateur électrostatique Pré-traitement de l’air nécessaire Nouvelles odeurs plus ou mois appréciées par le voisinage Code des appréciations : ++ : élevé, + : moyen, (-) : faible à inexistant Émises pendant le stockage en fosses extérieures Techniques Efficacité vis-à-vis de l’abattement des odeurs Coût Maintenance Couverture des fosses ++ ++ - Aération - + - Compostage ? - + Remarques Eventail très large proposé aux éleveurs (Supprime la dilution du lisier par les eaux de pluie) Peut être très efficace pour pendant le stockage la réduction des odeurs à l’épandage (Nécessité d’aérer longtemps et avec une puissance suffisante) Applicable dans des conditions très particulières Code des appréciations : ++ : élevé, + : moyen, (-) : faible à inexistant Émises à l’épandage Site A l’épandage Techniques Efficacité vis-à-vis de l’abattement des odeurs Coût Maintenance Epandage classique avec enfouissement immédiat B:R : ++ - + Pendillards B:+ R:- + - Enfouisseurs B : ++ R : ++ ++ + Méthanisation ++ ++ ++ Brassage + - - Remarques Augmentation du temps de chantier Bon compromis coût/efficacité Augmentation importante du temps de chantier Coût et spécificité du matériel Avant l’épandage Page 11 Peu d’installations en place Homogénéisation du lisier 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 B : Bouffée d’odeurs, R : Rémanence Source : ITP VIII) Qualité technologique On entend par qualités technologiques un ensemble de caractéristiques qui permettent de produire la qualité la plus satisfaisante possible avec le meilleur rendement possible. Ce sont par ordre d’importance et principalement : - Le pouvoir de rétention d’eau qui détermine l’aspect « présentation » de la viande fraîche et le rendement de fabrication des produits cuits (pertes à la cuisson). - La couleur qui est la première caractéristique perçue par le consommateur et qui doit être homogène et rosée. - L’ aptitude à la conservation et à la transformation. Il existe différents facteurs de variation de la qualité technologique de la viande : - Les facteurs génétiques Ils constituent la source la plus importante de la variation des qualités technologiques. Pratiquement, tous les plans de croisement proposent une truie croisée Large White x Landrace ; ces deux races ayant une bonne qualité de viande. Le type génétique du verrat terminal est donc déterminant dans les caractéristiques qualitatives des viandes. Les programmes d’amélioration génétique doivent l’adapter aux différents demandes du marché. - Les facteurs liés aux conditions de production Les résultats expérimentaux français ou étrangers permettent de conclure que l’alimentation a très peu d’influence sur les qualités technologiques du muscle. Au niveau des propriétés organoleptiques, l’alimentation peut jouer un certain rôle en modifiant la composition des lipides intramusculaires ou du gras de couverture. - Les facteurs liés aux conditions de préparation des porcs avant chargement, déchargement, de transport et d’abattage Ils ont une grande influence et peuvent expliquer jusqu’à 50 % de la variations de certains critères de qualité de la viande. Certains éléments permettent de valoriser le potentiel de qualité des viandes : - un intervalle dernier repas abattage compris entre 20 et 24h - Une mise à jeun de 12 h minimum avant la chargement - Un chargement et un déchargement dans le calme (local de stockage et quai d’embarquement) Page 12 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Les différentes caractéristiques de la viande de porc sont expliquées, pour une large part, par l’évolution du pH post mortem, et en particulier par la valeur du pH ultime (pH 24), comme le montre la figure ci-après. Grâce à la maîtrise des facteurs de variation qualitative, les viandes françaises satisfont à cette exigence de pH compris entre 5,5 et 6,2. Le pH et la couleur de la viande sont liés. IX) Eleveurs potentiels Les agriculteurs peuvent se lancer dans l’élevage porcin pour plusieurs raisons : - Soit lorsqu’il y a apparition d’une main d’œuvre supplémentaire sur l’exploitation (un fils qui veut travailler sur la ferme parental…) - Le cas d’agriculteurs dont les productions de l’exploitation ne sont pas assez rémunératrices, l’exploitant se doit de réagir. Les éleveurs n’ayant pas la possibilité de louer ou acheter de la terre, le hors sol s’impose. Certains d’entre eux choisissent le porc par goût, mais la plupart pour le complément de revenu que cette production leur procure. - Le cas de jeunes agriculteurs qui débutent et souhaitent se lancer dans la production porcine. Les éleveurs qui ont cessé l’élevage de porc l’ont fait pour des raisons financières. Ils produisaient des porcs trop chers par rapport au prix de vente pratiqué par le groupement Vivaviande à Soyons. Cela était du notamment aux prix du porc qui connaît d’importantes fluctuations d’une année à l’autre et aux coûts de production qui étaient trop importants en plein-air. Page 13 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 De plus, l’investissement dans les bâtiments avait été très important. Sur les trois éleveurs, deux produisaient du porc en bâtiment. Ces deux éleveurs ont répondu vouloir faire du porc plein-air à la question « Si cela était à refaire que referiez-vous maintenant ». L’investissement est le problème majeur. Dans un cas, durant le changement d’activité, les bâtiments ont servis à l’élevage de chevreaux. Dans le cas du plein-air, à l’arrêt de l’activité, le matériel peut être revendus (s’il est encore dans un état correct), ce qui permet d’amortir quelque peu l’arrêt de l’activité, tout en sachant que l’investissement initial est beau coup moins important. Bilan : Dans tous les cas, les agriculteurs se lancent dans la production porcine pour bénéficier d’une rémunération supplémentaire. Ce paragraphe est à nuancer, cette partie s’appuie sur les trois entretiens réalisés auprès d’agriculteurs qui ont arrêtés de produire du porc. Ce qui serait très intéressant et surtout indispensable sera de réaliser une des entretiens pour apprécier les motivations des agriculteurs qui souhaiteraient se lancer dans la production porcine. Ce point n’a pu être effectué faute de temps. X) Résultats économiques : 1) Marché du porc : Le prix du porc est très variable sous l’effet de la saison, du cycle de production et d’évènements accidentels. Les deux premiers sont répétitifs, avec des causes bien identifiées : variations saisonnières de l’offre et de la demande, et réaction des producteurs aux prix induisant un cycle de Page 14 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 production d’une périodicité de 24 à 48 mois. Le troisième effet est imprévisible, mais peut avoir une répercussion importante, tels certains épisodes sanitaires. Il faut noter que l’année 2005 fut une bonne année pour le porc où le prix du cadran était élevé (supérieur) à 1.30 € / carcasse en moyenne). Ce n’est pas le cas toutes années, par exemple durant l’année 2003, le cadran est descendu à pratiquement 1 € / kg carcasse. Les résultats qui suivent nous ont été donnés par l’ITP. Naisseur engraisseur 0.793 € 0.054 € Post-sevreur engraisseur 0.675 € 0.441 € 1.315 € 1.429 € Tous aliments 188 € 189 € Aliment porcelets Aliment porcs charcutiers Aliment reproducteurs 293 € 279 € 169 € 167 € 168 € 1.416 € 1.362 € Période du 01/01/05 au 31/12/05 Coût de revient (€/kg carc) Prix des aliments consommés (/tonne) Prix moyen de vente (€/kg carc) Résultats économiques (truie / an) Alimentation Porcelet (/kg) TOTAL (alimentation + porcelet + reste (1)) Porcs (/kg carc) Truies de réforme (/unité) Verrats de réforme (/unité) Marge sur coût alimentaire et renouvellement (2) Revenu de l’éleveur Temps de travail (en h) Revenu horaire de travail Engraisseur 1.722 € 180 € 1.408 € 159 € 144 € 906 € (€ / truie / an) 21 € 18 € (€ / porc entrée) (€ / porc entrée) 454 € (€ / truies / an) 21.3 h (/ truie / an) 6€ (€ / porc entrée) 0.7 h (/ porc entré) 27.6 € 17.4 € (1) Reste = Renouvellement + Charges diverses + Loyers +Travail à façon + amortissements + Frais financiers + Main d’œuvre total + Rémunération des capitaux propres (2) Marge sur coût alimentaire et renouvellement = produits – aliment – renouvellement (achat cochettes + IA - réformes) Source : ITP On ne retrouve pas dans ces tableaux les résultat économiques des naisseurs, vente au sevrage car ils ne présentent que peu d’intérêts (en terme de valorisation du produit). A savoir qu’en terme d’alimentation, le coût de revient de l’aliment par kg de carcasse est le plus élevé pour la région Massif-Central. Bilan : Page 15 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 On remarque que pour les post-sevreurs engraisseurs le prix moyen de vente (par kg de carcasse) est inférieur au coût de revient (par kg de carcasse). Ceci est le cas pour un autre zone en France : la région Sud Ouest. Il existe de grandes différences entre ces systèmes d’élevage. En terme d’alimentation (prix des aliments consommés /tonne), le système d’élevage Engraisseur est le moins coûteux puisqu’il n’y a pas d’aliments pour les porcelets qui sont les plus chères. Au niveau des prix moyens de ventes, on observe aussi des différences. Les porcs sont vendus plus chères en Naisseur, Post-sevreur Engraisseur qu’en Engraisseur. Ce qui s’explique par le fait que les porcs sont élevés de la naissance à la fin de l’engraissement. En prenant un prix de vente de 1.173 € / kg carcasse (moyenne du cadran durant les cinq dernières années) et en ajoutant la plus value TVM qui est de l’ordre de 0.14 € / kg carcasse (moyenne des plus values TVM des trois dernières années), on obtient un prix de vente de l’ordre de 1.314 € / kg carcasse. A ce prix moyen de vente, on ajoute le prix de transport qui est d’environ 0.05 €/ kg et le prix d’abattage qui est de 0.24 € / kg carcasse (abattoir d’Aubenas). On obtient un prix final de 1.604 € / kg. Cependant dans ce prix n’est pas pris en compte le grossiste (qui s’occupera du transport de l’abattoir aux bouchers, et dans quelque cas de la découpe). Les grossistes formeront un intermédiaires indispensables notamment pour les transports. D’après les conclusions de ma collègue de stage, les bouchers seraient capables d’acheter des porcs à environ 2.75 € / kg carcasse. Se pose qu’en même le problème du coup de revient du kg carcasse qui est supérieur au coût de production, cependant je n’ai pu obtenir aucun autre chiffre concernant la coût de production. J’émets des réserves quand à la validité de ces informations, toujours est-il que la différence entre coût de production peut-être très faible et varier d’une année à l’autre. source : Marché du Porc Breton source : Uni-Porc Ouest J’ai pu obtenir des prix de revient chez des éleveurs en litière biomaîtrisée. Ces prix de revient sont de l’ordre de 1.25 € / kg carcasse (ce qui est inférieur au prix du cadran + la plus value TVM qui est de 1.314 €). A ce prix de vente, il faut ajouter la plus value qualité. Cette plus value qualité qui est de l’ordre de 0.08 € / kg de carcasse pour des porcs de montagne. A titre indicatif : - la plus value qualité du CAPELIN (porc nourris en partie avec de la farine de châtaigne) est de 0.15 à 0.20 € / kg. - la plus value qualité d’un porc label rouge plein-air est de l’ordre de 0. 38 € / kg carcasse (exemple porc fermier du mistral). EXEMPLE : Dans le cas d’un porc de montagne élevé sur litière biomaîtrisée, on a : Un coût de production de l’ordre de 1.25 € / kg. Un prix de vente de l’ordre de 1.394 € / kg (prix du cadran + plus value TVM + Plus value qualité). Cela représente une marge brute de 0.144 € / kg carcasse. Pour un porc avec 85 kg de carcasse, la marge brute dégagée est de l’ordre de 12.24 € par porc sorti. Page 16 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Naisseur engraisseur Période du 01/07/04 au 31/12/04 Nombres de porcs produits / truie prés / an Consommation aliment / Résultats truie prés / an techniques Indice de Consommation global Coût alimentaire du kg de croît global Poids moyen d’entrée Poids moyen de sortie Taux de pertes et saisies Indice de Sevrage / Consommation Vente technique GMQ technique Age à 115 kg standardisé Taux deViande Maigre Alimentation Coût de Porcelet (/kg) production (€/ kg carc) TOTAL (alimentation + porcelet + reste(1)) Porcs (/kg carc) Truies de réforme Prix moyen (/unité) de vente Verrats de réforme (/unité) Marge sur coût alimentaire et Résultats renouvellement (2) économiques Revenu de l’éleveur (truie / an) Temps de travail (en h) Revenu horaire de travail Plein-air Bâtiment 17.9 porcs 20.2 porcs 1391 kg 1233 kg 3.45 3.10 0.678 € 0.570 € 8.2 kg 114.2 kg 8.3 7.7 kg 114.2 kg 7.3 2.96 2.73 657 669 191 jours 188 jours 59.7 0.911 € 0.002 € 61 0.761 € 0.001 € 1.45 € 1.277 € 1.436 € 1.349 € 168 € 164 € 171 € 161 € 704 € 924 € 214 € 21.3 h 329 € 20.1 h 14.9 € 24.2 € (1) Reste = Renouvellement + Charges diverses + Loyers +Travail à façon + amortissements + Frais financiers + Main d’œuvre total + Rémunération des capitaux propres (2) Marge sur coût alimentaire et renouvellement = produits – aliment – renouvellement (achat cochettes + IA - réformes) Source : ITP Bilan : Page 17 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 Il existe aussi de grandes différences entre le bâtiment et le plein-air en terme de performances ; l’IC, le GMQ et le TVM sont moins bons en plein air. En terme de coût, on observe des variations conséquentes puisque le coût de production d’un porc en plein-air est de 1.45 € alors qu’en bâtiment, il est de 1.277 € soit une différence 0.173 € / kg carc. A noter que le coût de production est supérieur au prix moyen de vente en plein-air. De plus on constate que le temps de travail est beaucoup plus important pour un élevage plein-air, et cela se répercute sur le revenu horaire de travail qui est de 14.9 € pour le plein-air et de 24.2 € pour le bâtiment. Le plein-air représente donc des coûts de production et des charges de travails supplémentaires importantes. Cependant ces coups de productions plus élevés peuvent être pris en charge par les consommateurs, encore peu nombreux mais prêts à payer les surcoûts engendrés par des techniques d’élevage moins intensives. 2) Exemple : Cas du Porc Fermier du mistral (label rouge) Méthode d’élevage - Post-sevrage Ce sont des porcelets de 7 à 10 kg provenant de naisseur utilisant des reproducteurs issus de schéma de génétique agréé, sevrés après une période d’allaitement minimum de 3 semaines. o Un certificat d’origine est établi. o Tatouage des porcelets (n° TVA + semaine de naissance) Alimentation d’origine végétal dès le sevrage. Post-sevrage : pré-engraissement possible jusqu’à 16 semaines. o Limité à 200 porcelets sur litière o 35 porcs par case avec un minimum de 0.8 m²/porcelet - Engraissement : Plein air intégral avec parcours (capacité maxi 1000 places) o Séjour minimum dans l’élevage de 17 semaines o Abattage minimum 182 jours d’âge o Parcours nature à supporter les animaux : 83 m²/porcs en toute saison et un temps de repos de 8 semaines. o Abris (chalet en bois pour 24 porcs) :0,6m²/porc o Point d’eau : abreuvoir anti-gel o Ombrage naturel ou artificiel égale à l’abri o Vide sanitaire minimum de 7 jours o Obligation d’avoir un quai d’embarquement o Changement de site tous les 2 ans Normes techniques : Page 18 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 - Post-sevreur / Engraisseur : o o o o o Poids Mort :110 kg IC : 2.9 Mortalité : 5 % Taux de labelisation : 80 % Rotation : 2.4 bandes / an Bilan financier - Post -sevreur / Engraisseur o Achat porcelet de 8 kg : Porcelet 8 kg 41 € o Aliment : 5 kg porcelet 1er âge label x 0.61 € 30 kg porcelet 2ème âge label x 0.27 € 261 kg porc engrais label x 0.23 € TOTAL 3€ 8.3 € 59.7 € 71 € o Frais financier : Aliment 465.5 x 105.5 % x 3.5 mois x 0.60 % Porcelet 270 x 105.5 % x 7 mois x 0.60 % TOTAL Escompte aliment (465.5 x 1.50%) TOTAL 1.6 € 1.8 € 3.4 € 1.1 € 2.3 € o Frais d’élevage : Produits vétérinaires Cotisation au groupement Transport 95 porcs x 85.8 kg x 0.30 TOTAL 243 € 302 € 373 € 918 € Cela représente donc 124 € investis par porc sorti. o Ventes : Le cadran étant de 1.2 € avec une plus-value TVM de 0.15 et une plus-value label rouge de 0.38 € Quand le cadran est compris entre 1.2 € et 1.37 € ⇒ 1.37 € + 0.38 € + TVM. On obtient donc un prix label de 1.90 € / kg. 76 porcs Labels x 85.80 x 1.90 19 porcs x 85.80 x 1.36 TOTAL (95 porcs) 12426 € 2238 € 14664 € Cela représente donc 154 € par porc sorti. Page 19 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 o Résultat avant amortissement : Cela représente un gain de 30 € (hors amortissement). Investissement - Post-sevrage : Silo Nourrisseurs Abreuvoirs Cabane isolation TOTAL 366 € 348 € 124 € 1143 € 152 € 2134 € Cela représente donc un investissement de 2134 Euros soit à peu près 14000 Francs. Avec un prêt 5.5% sur 7 ans et une annuité de 375 Euros. - Engraissement : Chalets (x 4) Electrificateur Parc électrique Grillage Piquet Crampons Ronces Tuyau Raccords Thermolac Tracto pelle Béton Bois Matériel d’élevage Bascule Silo TOTAL 4573 € 213 € 762 € 357 € 412 € 20 € 80 € 190 € 38 € 1463 € 300 € 150 € 76 € 122 € 777 € 1586 € 11119 € Cela représente un investissement de 11119 Euros soit environ 73000 Francs. Avec un prêt 5.5% sur 7 ans et une annuité de 1980 Euros. Résultat net durant la période d’amortissement : Marge Brute / Porc Marge brute annuelle Amortissement Page 20 Résultat net Revenu par mois 10/10/2006 PERCHET Damien 30 € Etude porc 07 6950 € 2360 € 4590 € 381 € Il faut savoir que cette exemple Porc Fermier du Mistral n’est qu’un cas particulier et sert juste à titre d’informations. Les conditions cette année étaient très bonne, les prix du cadran étaient donc élevés. D’autre éléments ne sont pas pris en compte comme le transport des bêtes à l’abattoir, l’abattage. XI) Hypothèses de travail Suite à ce travail, aux différentes rencontres auprès d’anciens éleveurs de porcs, aux divers entretiens je pense être en mesure de proposer des hypothèses. Cependant, la décision finale reviendra à l’éleveur, ces motivations pourront très bien aller à l’encontre de ces différentes propositions. Il est évident qu’il faut partir sur un élevage de type engraisseur à la limite post-sevreur, en tout cas pour débuter. L’élevage engraisseur présente un atout qui me paraît primordial ; c’est le fait de commencer à élever des porcelets de 25 kg. A ce poids, les porcelets sont plus résistants, ce qui impliquera une charge de travail moindre (surveillance) sachant que les éleveurs débuteront dans la production porcine. Une système de production en bâtiment (caillebotis) peut très bien être envisageable. Il présente de nombreux avantages ; puisque les charges de travail, des coûts de production sont les plus faibles. De plus tous les indices techniques sont meilleurs en caillebotis. Ils présentent aussi deux gros inconvénients que sont l’investissement (entre 375 € et 400 € / place) et la gestion du lisier. Cela nécessitera des coûts supplémentaires pour épandre ce lisier. Un bâtiment sur litière biomaîtrisée peut aussi être envisageable, à savoir qu’il présente l’avantage de ne pas nécessiter de paille et de limiter les problèmes d’odeur. La sciure peut provenir des scieries présentent sur le département. Les porc produits en litière ont tendance à avoir un TVM plus faible et plus de gras que les porcs produits en caillebotis, mais peuvent être valorisé (notamment grâce aux modes de production et aux gras supplémentaires). Une autre hypothèse serait aussi envisageable ; le plein-air. Il requiert un investissement moindre, de plus il n’y a pas de problème de gestion de lisier. Certes les performances techniques sont plus difficiles à atteindre, mais un porc plein air peut être valoriser. Ce qui fera la différence entre ces deux systèmes sera la motivation de l’éleveur, ces « disponibilités » sachant que les porcs plein-air ou bâtiments peuvent trouver preneurs. Il faudra tout de même arriver à valoriser le porc plein-air, car il ne sera forcément pas vendu au même prix qu’un porc élevé en bâtiment. En sachant que je donne l’avantage aux bâtiments du fait que les bouchers veulent en priorité un prix correct, de la régularité et de la qualité. Ces trois points sont tout à faits réalisables sur un élevage plein-air mais requiert de l ‘éleveur une grande technicité. De plus, il ne faut pas oublier que Page 21 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 l’atelier porcin sera une activité de diversification pour les agriculteurs, le temps qu’ils pourront accorder à cette activité sera donc réduite. Tableau récapitulatif : Hypothèses de travail Elevage pleinair : • Performances techniques moindres et problème de régularité (à cause des saisons). • Investissement moindre. • • Coût de production supérieur (par rapport aux bâtiments). Aucun problème de gestion de lisier, des odeurs… • Temps de travail supérieur (manutention ; alimentation …) Très bonne image auprès des consommateurs. • Nécessite de posséder du foncier . • Nécessite des analyses trichine pour chaque porc. • Nécessite un investissement assez importants que ce soit en coûts (puisque bâtiments et ventilation) comme en temps de travail (manutention, nettoyage). • Les coûts de production augmentent. • Nécessiter d’épandre le fumier. • Les performances techniques (TVM , IC, GMQ sont moindres) • La gestion du lisier et des odeurs. • • Ce type d’élevage bénéficie d’une bonne image. • Pas de problème d’odeur (la sciure absorbe les odeurs), le fumier produit possède de très bonne valeur agronomique. Elevage sur litière biomaîtrisée : • Elevage sur caillebotis total : Points négatifs Points positifs • Plus grand respect du porc qui est un animal fouisseur (animaux plus calmes …). Les meilleurs performances techniques possibles (TVM, IC, GMQ…) et Page 22 10/10/2006 PERCHET Damien Etude porc 07 • Les coûts de production les plus faibles • L’investissement important (bâtiments) • Une faible charge de travail par porc et une diminution des travaux pénibles. • L’image de ce type d’élevage qui est considérée comme industrielle. Page 23 10/10/2006