Untitled - Le Point du Jour

Transcription

Untitled - Le Point du Jour
Présentation
Marina Gadonneix photographie des lieux livrés à un abandon provisoire : plateaux de
tournage entièrement bleus ou
verts servant à produire des effets spéciaux, maisons factices
régulièrement incendiées pour
l’entraînement des pompiers,
ateliers de reproduction photographique d’œuvres d’art, laboratoires scientifiques où sont
reconstitués des phénomènes
physiques.
En l’absence de toute figure
humaine ou d’indice immédiat
quant à leur nature, ces lieux généralement intérieurs nous apparaissent d’abord mystérieux.
Ils ne recèlent pourtant aucun
secret. Leur étrangeté est ailleurs : ils ne sont pas destinés à
être vus mais à reproduire ou à
reconstruire une réalité absente.
Ainsi, Marina Gadonneix ne révèle pas seulement des lieux
habituellement soustraits au regard. Donnant à voir des dispositifs de vision, elle invite aussi le
spectateur à s’y projeter mentalement. Ses photographies jouent
des différents usages du médium
et, avec une grande rigueur formelle, brouillent les frontières
entre art et technique, mise en
scène et expérimentation.
La « couleur moyenne de l’univers » est le résultat du calcul
de la lumière émise par quelque
200 000 galaxies. Monochrome
beige, qui semble le négatif du
noir sans limites par lequel nous
nous représentons l’univers,
cette image scientifique figure
aussi un espace imaginaire .
Sans titre (Hanging Mobile, Alexander
Calder), 2014
Après l’image
(2014-2015)
Il pourrait y avoir une forme d’ironie à faire d’un usage utilitaire du
médium le sujet d’une œuvre
photographique, à transformer
une technique de reproduction
en un acte de création autonome, à remplacer des couleurs
fidèles par un quasi noir et blanc.
En fait, le jeu proposé par Marina
Gadonneix est plus subtil. La
composition abstraite que nous
voyons (scotchs, cales, éclairage)
constitue également une empreinte. Et chaque photographie
rappelle, entre parenthèses dans
sa légende, l’œuvre dont elle a en
quelque sorte pris la place. Qu’il
l’imagine ou s’en souvienne, le
spectateur est lui aussi conduit à
un travail de mise en relation.
La série qui ouvre l’exposition
montre des installations provisoires qui permettent de photographier des œuvres d’art. Mais
ces dernières ont disparu ; la
photographie a déjà été ou va
être réalisée : seul reste exposé
le dispositif de prise de vue.
Marina Gadonneix se tient à la
place de l’opérateur, du technicien, légèrement en retrait. La
reproduction photographique
qui semble être une « vision naturelle », simple, presque neutre,
résulte en fait d’une mise en
scène complexe, d’une construction. Rendre ce dispositif visible
ne souligne pas seulement que
l’image d’une œuvre d’art n’est
jamais un décalque de l’original.
Cela rappelle surtout que la perception s’inscrit toujours dans
un espace, aussi épuré soit-il. En
soustrayant l’œuvre au regard,
Marina Gadonneix rend sensible
la dimension physique de l’art.
Sans titre, 2008-2010
La maison qui
brûle tous les jours
(2008-2010)
Également apparentée à des
usages non artistiques du médium, « La maison qui brûle tous
les jours » évoque la photographie scientifique ou policière.
Les lieux pourraient être ceux
d’un drame ou d’une expérience.
Dévolus à l’entraînement des
pompiers, ils sont à la fois l’un et
l’autre. Comme dans les autres
séries, le même événement s’y
répète dans un temps indéfini.
Un espace abstrait figure une situation réelle. Mais les lieux entièrement noircis par les flammes
matérialisent ici ce qui s’est réellement déroulé.
Bien que schématique, cette
maison représente un espace familier. Le drame qui s’y joue nous
touche nécessairement de plus
près. Pour non réaliste qu’il soit,
le mannequin de chiffon rappelle
la fragilité du corps humain. Le
caractère construit de la situation renvoie davantage à l’univers du conte, aux cauchemars
enfantins, qu’à une modélisation. Le titre même, « La maison
qui brûle tous les jours », sonne
comme une légende ancestrale,
où une puissance surnaturelle
serait à l’œuvre. On le sait, les
contes comme les cauchemars
ont une fonction cathartique. Si
ces photographies expriment de
manière presque hallucinatoire
la réalité d’une menace, elles forment en même temps une scène
où la terreur est circonscrite.
Phénomènes
(2014 - en cours)
À l’origine de la série, un portrait
du scientifique Kristian Birkeland
posant avec la machine dont
il fut l’inventeur à la fin du XIXe
siècle. Appelé « terrela » ou little earth », le dispositif permettait
de reproduire une aurore boréale afin d’en étudier la formation. Intriguée, Marina Gadonneix
s’est rendue dans des laboratoires où sont reconstitués des
phénomènes physiques.
Ses photographies d’expériences
scientifiques ne sont pas explicites. Leur beauté prend la forme
d’une énigme. Miniaturisés ou
vu de près, les objets scientifiques sont à la fois menaçants
et ludiques. Néanmoins, Marina
Gadonneix a choisi de décrire
certains des phénomènes et des
dispositifs dans les textes du livret d’exposition. C’est que la reconstitution scientifique ne vise
pas seulement à répéter, reproduire ou simuler : il s’agit avant
tout de comprendre.
En variant les points de vue, en
constituant des séquences, les
photographies font écho à l’étendue du savoir, qu’il concerne
le proche ou le lointain. Elles
suggèrent surtout une équivalence entre art et science : la recherche fondamentale n’oppose
pas l’exactitude à l’invention. Elle
met en pratique des hypothèses
relatives à des réalités encore
incomplètement connues, et
en propose une représentation.
L’idée se concrétise. Les expériences rendent en quelque sorte
tangible ce qui nous échappe
ordinairement.
Sans titre (vagues #1 et #2 ), 2015
Rock and sand, 2012
Landscapes (2012)
L a d e r n i è re s é r i e e x p o s é e
montre, comme la première,
des lieux où sont fabriquées des
images. Ce sont des photographies de plateaux de tournage
qui servent à produire des effets
spéciaux. Les légendes font également référence à des images
absentes, mais elles ne renvoient
pas ici à une œuvre originale. Au
contraire, elles désignent, dans
un anglais minimal, des images
génériques et confuses. Mis à nu,
ces lieux suggèrent un système
d’illusion qui, par le rien, étend
son empire.
En portant figuration et abstraction à un tel point de tension,
les photographies évoquent
l’histoire et la pratique de l’art.
Le paysage (landscape) est un
genre pictural qui a obéi à des
conventions avant de s’en affranchir. Les lieux pourraient être
des ateliers d’artistes tandis que
les fonds uniformément bleus ou
verts ressemblent à des tableaux
monochromes. Le volume des
espaces, leur lumière, l’acoustique presque : tout suggère une
expérience sensorielle.
Marina Gadonneix ne dévoile pas
simplement l’envers d’un décor
oppressant, elle le transforme en
espace de projection. En écho
aux photographies, Marcelline
Delbecq a conçu une pièce sonore, Blackout. Dans ces lieux silencieux et déserts, des histoires
prennent forme, des paysages se
dessinent.
L’exposition
Cette première exposition monographique de Marina Gadonneix
réunit trente-neuf tirages de format variable.
Les œuvres sont extraites des
séries « La maison qui brûle
tous les jours » (2008-2010),
« Landscapes » (2012),
« Après l’image » (2014-2015) et
« Phénomènes » (depuis 2014).
L’exposition est coproduite
avec le Centre photographique
d’Île-de-France.
Biographie
Diplômée de l’École nationale
supérieure de la photographie d’Arles en 2002, Marina
Gadonneix a notamment exposé au Centre photographique
d’Île-de-France en 2014 et aux
Rencontres d’Arles en 2012. Elle
a reçu en 2006 le prix HSBC pour
la photographie.
Parmi ses publications, aux éditions RVB : Landscapes (2011) et
The House that Burns Every Day
(2012), After the Image (2015).
Marina Gadonneix est représentée par la galerie Michèle
Chomette (Paris) et la galerie
Kaune Posnik Spohr (Cologne).
Sans titre (Bâton, André Cadere), 2015
Informations pratiques
Le Point du Jour
107, avenue de Paris
50100 Cherbourg-Octeville
Tél. 02 33 22 99 23
[email protected]
www.lepointdujour.eu
Contact presse : Anne Gilles
Tél. 02 33 22 99 23
[email protected]
Du mercredi au vendredi,
de 14h à 18h
Samedi et dimanche,
de 14h à 19h
entrée libre
Marina Gadonneix
Visuels disponibles pour la presse / libres de droit
www.lepointdujour.eu
Page d’accueil : Presse / identifiant : presse / Mot de passe : 1234
Sans titre (Mars), 2015
Sans titre (tornade), 2015
Sans titre (Classroom, Lynne Cohen), 2014
Sans titre (éclair #1), 2014
Nightlights, 2012
Sans titre, 2008-2010
Marina Gadonneix
Vues de l’exposition
Vues de l’exposition La couleur moyenne de l’univers de Marina Gadonneix, exposition du 31 janvier au 8 mai 2016
au Point du Jour, centre d’art/éditeur, Cherbourg-Octeville. Photos : Marina Gadonneix