Être Magaizine 1
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Être Magaizine 1
Être Magaizine 1 ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• AU MONUMENT-NATIONAL DU 20 AU 29 SEPTEMBRE 2012 RÉSERVEZ MAINTENANT AU 514-871-2224 MONUMENT-NATIONAL − SALLE LUDGER-DUVERNAY, 1182, BOUL. ST-LAURENT, MONTRÉAL ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• D’APRÈS LES BELLES-SŒURS LIVRET, PAROLES ET MISE EN SCÈNE MUSIQUE MICHEL TREMBLAY RENÉ RICHARD CYR DANIEL BÉLANGER ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• BELLES-SŒURS.CA LAVITRINE.COM ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• BELLES-SŒURS EST UNE COPRODUCTION DU THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI ET DU CENTRE CULTUREL DE JOLIETTE 2 Être Magaizine PHOTO VALÉRIE REMISE / RELATIONS DE PRESSE KARINE COUSINEAU COMMUNICATIONS 514-382-4844 «UN CHEF-D’OEUVRE MULTIPLIÉ PAR DEUX.» Alexandre Vigneault, La Presse «ON NE PEUT S’EMPÊCHER DE CRIER AU GÉNIE.» Christian Saint-Pierre, Voir «UN GRAND SHOW POPULAIRE, UN IRRÉSISTIBLE PARTY.» Marie Labrecque, Le Devoir «UNE RÉUSSITE TOTALE, INTÉGRALE, ABSOLUE.» Nathalie Petrowski, Six dans la cité, Radio-Canada «UN DES PLUS BEAUX SPECTACLES QUE J’AI VU À VIE… !» Valérie Guibbaud, Rythme FM E CA XCL NA US DI IVI EN TÉ NE Sommaire Une rare occasion de voir réunis sur scène Jane Birkin et Wajdi Mouawad 24 30 Théâtre Charlebois 6 Actualités 2012 18 Janik Bastien 8 Société Roger Noël 14 Éducation sexuelle 16 Janick Bastien Charlebois 18 International 24 Russie La Sentinelle Culture Théâtre 30 Livres 34 Cinéma 40 Mode Against Nudity 52 Tendances On a craqué pour TEXTEs ............WAJDI MOUAWAD UNE PRODUCTION D’ABÉ CARRÉ CÉ CARRÉ ET AU CARRÉ DE L’HYPOTHÉNUSE 58 Mieux Être CMIPQ 60 Escapades Auberge Le Florès 62 Vin Champagne et Crémant 4 Être Magaizine 64 © Jean-Louis Fernandez Édito 14 Roger Noël 52 Mode VENDREDI 10 FÉVRIER 2012 À 19 H 30 AU THÉÂTRE DU CENTRE NATIONAL DES ARTS, OTTAWA DE BILLETS À PARTIR S TE 40 $ ADUL 18,50 ÉTUDIANTS 58 On a craqué pour T h é ât r e f r a nça i s direction artistique – Wajdi Mouawad Être Magaizine 5 Éditorial Équipe de travail Mes meilleurs vœux (politiques) pour la nouvelle année! L’année qui s’achève, a agi largement comme un révélateur sur les choix qui s’offrent à nous sur la scène politique. Le premier fait marquant aura certes été l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire qui, malgré la tentative désespérée du Québec de bloquer cette éventualité en fin de campagne électorale, est allé chercher une large majorité de sièges au Canada anglais. Il a été plébiscité, malgré toutes ses politiques réactionnaires, avec 48% des voix, contre seulement 5 sièges et 16% des voix au Québec. Éditeur André Gagnon [email protected] Ventes et administration Joanne Ansell (514) 903.1782 [email protected] « Notre libération demeure liée à notre libération nationale. Avant que nos droits ne reculent de façon définitive, il serait temps, en 2012, que nous en prenions conscience » Graziella Arnaudo 514-903-5537 [email protected] Luc Barrette (514) 439.4737 [email protected] Christine Brindamour (Rive-Nord, Laurentides, Outaouais/Ottawa) 514-442-0606 [email protected] Pierre Druelle (514) 521.3873 [email protected] Anthony Quertier 514-4394447 [email protected] Jérimi Scott 514-903-7001 André Gagnon [email protected] créé largement en réaction à la Révolution américaine par les Loyalistes de l’Empire-uni, d’être une nation conservatrice. Une nation qui s’est constituée par le colonialisme et l’impérialisme britannique, qui a profité du fait de vivre dans l’ombre de l’empire américain depuis le XXe siècle. Le gouvernement Harper est l’incarnation des traits les plus négatifs de cette histoire. Depuis, toutes les mesures rétrogrades déboulent : alourdissement du code criminel, destruction du registre des armes d’épaule, promotion du militarisme, de l’unilinguisme anglais et d’une monarchie poussiéreuse, retrait de Kyoto, abolition des protections contre la propagande haineuse, etc., etc. Toutes des mesures largement décriées Conservatisme historique au Québec. Cette nation est en train d’apprendre à la dure Un examen des résultats électoraux depuis 1867 déce que signifie être gouverné par le Canada anglais. Dans montrera aisément que cette nation a, plus de 80% du ce contexte, il est Illusoire de penser temps, donné une majorité de sièges que ce gouvernement homophobe ait aux conservateurs, l’une des rares « Le contraste quelque mesure en tête pour nous faire exceptions étant le gouvernement illustre on ne peut Chrétien au moment où le Reform avancer vers l’égalité sociale. plus clairement les Party venait diviser les voix conserContraste criant directions opposées vatrices. Pendant ce temps au Québec, deux prises par les deux semaines après l’élection de la majoPendant le XXème siècle, ce principales nations rité conservatrice, le gouvernement conservatisme a été tempéré largede la fédération libéral, dirigé par un ex-progressistement par l’appui massif du Québec canadienne » conservateur (la nuance s’impose au Parti libéral fédéral, de Laurier à ici!), accouchait finalement d’un plan Trudeau, à qui l’on doit la décrimid’action pour lutter contre l’homophobie. Si on voulait une nalisation de l’homosexualité. Quand le Québec a voté illustration plus claire que les deux solitudes sont déjà deux massivement pour le Bloc Québécois dans les années nations, on ne pouvait faire mieux. 1990 et 2000, cela a facilité la progression de nos droits, gagnés un à un à l’arraché grâce au soutien massif des Bien sûr, le plan d’action est plus que modeste. Quand députés québécois à la Chambre des communes, alors on compare les 7 millions de dollars promis sur cinq ans que les députés du Canada anglais s’y opposaient majoavec les 17 millions consacrés sur trois ans par le même ritairement. gouvernement pour lutter contre l’intimidation à l’école (avec les résultats que l’on sait !), on ne s’attend pas En ce début de XXIème siècle, les Conservateurs ont fait à des miracles, même s’il s’agit de mesures novatrices le pari de devenir le « parti naturel » du pouvoir au Canada et longuement attendues. Mais le contraste illustre on et ils semblent en bonne voie d’y parvenir, au moment où le ne peut plus clairement les directions opposées prises Québec est de plus en plus marginalisé dans la fédération par les deux principales nations de la fédération cana- canadienne par la perte de poids démographique qui s’accédienne. lère. Celle-ci est d’abord et avant tout le résultat du développement historique planifié du Canada depuis le raciste Cette situation politique n’est pas qu’un accident de par- rapport Durham qui visait à en faire une nation britannique. cours. Elle est le résultat de tendances historiques lourdes. Des décennies de bilinguisme de façade n’ont rien changé C’est tout simplement dans les traditions du Canada anglais, à cette tendance. Au moment où nous nous sentons paradoxalement de plus en plus étrangers à ce Canada, où le peu de fierté qui nous en restait comme « peuple fondateur » se transforme de plus en plus en honte, on voit éclater les forces politiques qui ont porté l’espoir, depuis 40 ans, de nous sortir de notre situation de minorisés pour nous doter d’un projet de société qui nous ressemble. Mener à terme le projet Pour plusieurs, l’éclatement du mouvement souverainiste résulte de la piètre performance électorale de Gilles Duceppe ou du manque de leadership de Pauline Marois. Mais il faut à mon avis aller plus loin dans l’analyse. Au moment où les divergences de vision d’avenir nous écartent de plus en plus du Canada conservateur, il est encore plus manifeste que la principale erreur du leadership souverainiste depuis au moins deux décennies est d’avoir voulu minimiser la différence de projet de société que porte un Québec indépendant. Par électoralisme, on s’est dit qu’on irait chercher plus d’appuis à droite qu’on en perdrait à gauche en faisant le projet d’un pays où la grande différence serait presqu’uniquement son caractère français et l’endroit où nos impôts sont gérés. C’était réduire notre différence à pas grand-chose. Après l’échec du Bloc Québécois dont la plupart des sièges sont passés aux mains des NéoDémocrates, alors que les voix du centre et de la droite « nationalistes » glissent facilement vers la nouvelle Union nationale du comptable François Legault, j’espère qu’on se rendra compte de l’importance d’un projet de société consistant, avec nos valeurs les plus progressistes mises en avant, afin de mener à terme le projet de pays où nous nous sentirons vraiment chez nous. Le NPD ne changera pas la donne J’aimerais croire que nos amis néo-démocrates pourront changer la donne et nous donner l’espoir d’un Canada progressiste. Mais je n’y crois pas, et ce malgré la sincérité de leurs convictions et l’appui indéfectible qu’ils apportent aux droits LGBT. [email protected] Directeur de la production Pierre Druelle [email protected] Rédacteur en chef Antoine Aubert (514) 439.3873 [email protected] Journalistes François Bernier [email protected] Joëlle Girard [email protected] Matthieu Lévesque [email protected] Shawn Thompson [email protected] Thibaut Temmerman [email protected] Directeur artistique César Ochoa [email protected] Graphistes Carolina Ramírez [email protected] Alain Martel [email protected] Photographes Edson Emilio Álvarez César Ochoa Webmestre Arnaud Baty [email protected] Adjoint administratif Michel Masse [email protected] Arturo Abreu Ce serait faire abstraction de l’histoire et des forces sociales qui font changer les sociétés ou les conservent dans l’immobilisme, voire les font régresser. En effet, dans un monde où la domination anglo-américaine est menacée et le déclin amorcé, le réflexe prévisible de ces nations est le conservatisme et la réaction. C’est ce qui se passe sous nos yeux depuis plusieurs années. Je préfère croire que nous puiserons dans l’héritage le plus progressiste de notre résistance aux Empires pour échapper à cette tendance. Je crois, à l’instar d’Alain Bouchard, le fondateur de RG, qui nous le rappelait à l’occasion des 30 ans du magazine, le 7 décembre, que notre libération demeure liée à notre libération nationale. Avant que nos droits ne reculent de façon définitive, il serait temps, en 2012, que nous en prenions conscience. [email protected] Réviseure Monique Désy Proulx Chroniqueurs Gaëtan Vaudry Montréal adresse postale C.P. 222, Succursale C, Montréal (Québec) H2L 4K1 Tél 514 521 3873 Québec Tél 418 523 3873 Ottawa Tél 613 238 3873 Magazine Être Une division du Groupe HMX Toute reproduction en tout ou en partie de cette publication est strictement interdite sans l´autorisation de l´auteur de l´article ou du photographe. Les articles ne reflètent que l´opinion de leur auteur et n´engagent en rien le magazine ÊTRE. Tous droits réservés. ISSN 1205-8793 Actualités nationales : à suivre en 2012… Justice Steve Biron devant le tribunal L’affaire a éclaté fin 2010 et a secoué l’ensemble de la (petite) communauté gaie de Québec. Porteur du VIH/Sida et accusé d’agressions sexuelles non protégées, Steve Biron a menti sur sa sérologie lorsqu’il contactait ses partenaire potentiels sur des sites de rencontre. Une bonne dizaine de plaintes a été déposée. Son procès débutera le 26 mars 2012. Éducation Intimidation scolaire : le temps de l’action © EmoHoernRockZ Le cas de cet homme de 32 ans ramènera forcément sur le devant de la scène la question de la judiciarisation de la transmission du VIH/Sida. Militants et spécialistes de la santé expriment depuis des années leur désaccord avec la loi en vigueur, punitive à l’excès pour certains, bien que la question reste aux yeux de tous particulièrement épineuse. À l’occasion de ce procès, on surveillera aussi de près l’attitude de certains médias et d’autres observateurs. Ce type d’affaires réveillant facilement les instincts primaires de l’opinion publique et le réflexe sida = gai n’étant jamais loin, on pourrait assister à quelques débordements de langage. Le suicide de Marjorie Raymond, fin nombre, nous a bouleversés et la disparition de David Fortin, voilà bientôt trois ans, continue à nous laisser pantois. Mais rien de nouveau n’est pour l’instant fait pour éviter la répétition des drames liés à l’intimidation. Les associations appellent le pouvoir politique à plus d’actions concrètes pour en finir avec les problèmes d’intimidation. Parmi toutes les violences, les discriminations homophobes restent monnaie courante dans les écoles, comme l’ont prouvé différentes études. Les G.R.I.S. ou la Fondation Jasmin Roy ne peuvent pas tout faire. Outre l’aspect politique, certains rappellent aussi que c’est l’ensemble de la société qui doit se mobiliser. © TVA.com Une chose est sûre : après le lancement du Plan contre l’homophobie, qui a pour but l’égalité sociale, le Québec a face à lui un énorme problème à résoudre. Le gouvernement doit montrer tout l’intérêt qu’il porte à ces questions. Le temps de l’action est venu. Société L’itinérance : vers une aggravation ? © César Ochoa Le problème ne concerne pas seulement le Québec mais c’est à Montréal que les événements ont principalement eu lieu ces derniers mois. L’été dernier, deux personnes sont mortes suite à un affrontement entre la police et un itinérant armé, près de la station Berri-UQAM. Cet automne, la pétition de plusieurs commerçant de Village demandant notamment un renforcement de la sécurité dans le quartier gai, a fait beaucoup de bruit. Pendant ce temps, les locaux capables d’accueillir les itinérants n’ont plus de place et le gouvernement, tout en se targuant de donner de l’argent, ne bouge guère pour aider ces hommes et femmes en détresse. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay a d’ailleurs demandé plus d’action de la part de Québec. Dans un contexte économique presque catastrophique, où le nombre de pauvres s’accentue et où le tissu social se déchire, il y a fort à parier que le nombre d’itinérants ne va pas décroître dans les prochains mois. Les problèmes déjà immenses pourraient alors encore prendre de l’ampleur, si aucune solution sociale concrète n’est trouvée. 8 Être Magaizine Être Magaizine 9 Actualités canadiennes : à suivre en 2012… Justice L’affaire Whatcott fait trembler les homosexuels La Cour suprême du Canada a la tranquillité de milliers de gais et de lesbiennes entre les mains. En 2012, la plus haute juridiction du pays devra trancher : le militant anti-gai Bill Whatcott pouvait-il distribuer des tracts homophobes, au nom de la liberté d’expression et de religion ? En 2005, la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan (SHRC) l’avait condamné pour cette raison à payer une amende de 17.500 dollars. En février 2010, Politique Les trans mieux protégés ? une cour d’appel de la province a renversé cette décision. La juridiction a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une propagande à caractère haineux et qu’elle n’outrepassait pas la liberté d’expression. Si la Cour suprême confirmait cette décision, celle-ci pourrait s’étendre ensuite à l’ensemble du pays. Il faut « protéger les personnes et les groupes contre la propagande haineuse qui peut inciter à la violence contre eux », rappelle, de son côté, la SHRC. Ontario La prostitution décriminalisée ? C’est une autre question cruciale à laquelle devra répondre la Cour suprême du Canada. L’idée d’une décriminalisation de la prostitution défraie les manchettes depuis l’invalidation par la Cour supérieure de l’Ontario, le 28 septembre 2010, de certaines dispositions légales restreignant le travail du sexe. Dès le lendemain, les gouvernements Harper et McGuinty avaient déclaré qu’ils feraient appel du jugement en question. Pour les associations défendant les travailleuses du sexe, il s’agissait d’une petite victoire qui reconnaissait leur travail. Pour l’organisation Stella, le danger, brandi par certains, de voir exploser le proxénétisme, n’existe pas. © Tomato Geezer C’est le cheval de bataille du Nouveau parti démocratique : le projet de loi C-279 (anciennement C-389) entend donner plus de droits aux personnes transgenres et transsexuelles. Il a été déposé à la fin de l’année 2011 à la Chambre des communes et devrait être débattu dans les prochaines semaines. Plus concrètement, il s’agit d’inclure cette catégorie de la population dans celles que protège l’article 2 de la Loi canadienne sur les droits de la personne, en ajoutant notamment l’identité et l’expression sexuelle aux motifs de discrimination. Le NPD espère ainsi que les intimidations et les violences à l’égard des trans diminueront. Lors de la précédente législature, le texte avait été adopté à la Chambre des communes, par 143 votes contre 135. Mais le déclenchement d’élections anticipées avait ruiné les chances d’une deuxième victoire au Sénat. Une dizaine de voix des conservateurs seront nécessaires pour faire passer cette loi en 2012. 10 Être Magaizine © daryl_mitchell L’argument ne convainc pas le pouvoir politique en place. Il en va de « la santé et [de] la sécurité des Canadiens, de même que [du] mieux-être de nos collectivités », estimait ainsi le gouvernement Harper, fin 2010. De son côté, la Cour supérieure de l’Ontario estimait que les lois en vigueur forçaient les prostituées « à choisir entre leur liberté et leur droit à la sécurité, tel que garanti par la Charte canadienne des droits et libertés ». © http://underclassrising.net/ Être Magaizine 11 Actualités culturelles : à suivre en 2012… Cinéma Exposition La capitale rend hommage à Michel Tremblay Pendant sept mois (du 14 mars au 14 octobre), le Musée de la civilisation ouvre ses portes à l’univers de l’un des plus grands écrivains québécois. L’équipe à l’origine de ce véritable événement pour la culture nationale parle d’une « exposition-spectacle ». Un troisième film pour Xavier Dolan Laurence Anyways évoquera l’histoire impossible entre un homme et une femme, après que celui-ci eut décidé de changer de sexe. Une nouvelle fois, on retrouve les thématiques GLBT dans l’œuvre de Xavier Dolan, même si elles semblent être ici plus explicitement traitées. Le beau Louis Garrel (déjà dans l’univers du réalisateur québécois, à la fin des Amours imaginaires) devait interpréter le rôle titre. L’acteur français a finalement renoncé, remplacé par son compatriote Melvil Poupaud. Également au casting : Suzanne Clément, Monia Chokri, Nathalie Baye, Anne Dorval ou encore Yves Jacques. Xavier Dolan se retrouvera-t-il à Cannes, comme pour J’ai tué ma mère et Les Amours imaginaires ? Réponse dans les prochains mois. Il sera aussi intéressant de voir si le jeune cinéaste parvient à rencontrer le même succès au Québec qu’en France. Malgré des critiques élogieuses, ses deux premiers films n’avaient rencontré un grand succès public sur le plan national. © listal.com Théâtre Les femmes et Wajdi Mouawad L’Antiquité à l’honneur ! Le Théâtre du Nouveau monde a tenu à fêter en grandes pompes ses 60 ans avec, pour clore sa saison, du 4 mai au 6 juin, une trilogie autour des héroïnes de Sophocle : Les Trachiniennes (incarnation de l’amour), Antigone (les lois du sang), Électre (la justice). À la tête de ce projet, l’un des auteurs les plus doués de sa génération : Wajdi Mouawad. Des photos d’archives, des extraits sonores et visuels, des passages des plus grandes œuvres de l’auteur et des musiques liées à ses romans et ses pièces de théâtre seront de la partie. Également prévues : des portraits de la famille de Michel Tremblay, omniprésente dans son œuvre, ainsi que… une boîte de chocolats. « L’approche impressionniste adoptée par les concepteurs fait ressortir toute l’émotion contenue dans les récits, les personnages et la vie personnelle du prolifique auteur », affirme le Musée de la civilisation dans son communiqué. On a hâte de voir le résultat. 12 Être Magaizine Après Incendies, ce dernier « remonte à la source pour traverser l’œuvre du premier auteur qui, dans l’histoire de l’humanité, a mis sur scène une vérité alors inouïe : nos malheurs ne viennent pas des dieux mais des décisions humaines », explique la direction du TNM. Si la polémique autour de l’annonce de la participation de Bertrand Cantat à ce projet - il a ensuite renoncé - a déjà fortement médiatisé l’événement, c’est sa démesure qui impressionne : trois pièces, étalées sur plusieurs jours. Par ailleurs avant Montréal, la pièce passera par la France et la Grèce. © Mathieu Girard Être Magaizine 13 Société Roger Noël © César Ochoa Au service de l’État et de la communauté Son visage ne vous est sans doute pas familier, pas plus que son nom. Pourtant, Roger Noël est sans conteste un allié d’une communauté dont il fait lui-même partie. Nommé coordonnateur du nouveau Bureau de lutte contre l’homophobie par le ministère de la Justice, l’homme cultive aussi bien la discrétion que la loyauté envers l’État et les militants GLBT. Thibaut Temmerman Son espace de travail, occupé par les cartons, n’est encore que provisoire, prévient-il au moment de notre arrivée. Si le Bureau de lutte contre l’homophobie a été créé en septembre dernier, l’installation « physique » ne devait avoir lieu qu’à la fin de l’année, dans les locaux de la Chambre de la jeunesse, rare lieu disponible pour accueillir Roger Noël et son équipe. Cependant, la discrimination basée sur l’orientation sexuelle, en dépit de l’actualité, ne s’avère pas spécifique aux adolescents et demeure « présente à travers la province : au Saguenay, en Abitibi, en Côte-Nord comme à Montréal ». Roger Noël s’est déjà retrouvé confronté à la problématique de l’homophobie lors de son passage au ministère de l’Immigration et des communautés culturelles, en côtoyant certains candidats à l’immigration. Ceux-ci sont informés que le respect des personnes GLBT fait partie des « valeurs communes » de la société québécoise, un point mentionné dans une déclaration que l’intéressé a contribué à faire rédiger. Fin connaisseur de ces questions et de la mécanique administrative (il a aussi élaboré la Politique québécoise et le Plan d’action gouvernemental de lutte contre l’homophobie), il était donc tout désigné pour devenir coordonnateur du Bureau, chargé de veiller au bon déroulement du projet. Un militant au ministère Après avoir été pigiste pour Homo Sapiens, couvrant notamment les descentes policières aux Katakombes en 1995, il a travaillé à partir de l’année suivante comme agent de recherche au sein de la Cohorte Oméga. Il a alors contribué aux travaux visant à mieux comprendre les facteurs médico-sociaux prédisposant à la séroconversion au VIH. Mais face aux restrictions budgétaires, il a préféré la sécurité de l’emploi, entrant dans la fonction publique en 2000. Celui qui a un temps songé à devenir professeur universitaire ne regrette pas la tournure des événements, se retrouvant « de l’autre côté de la clôture ». Son but ? Éradiquer l’homophobie, ce « socle qui nous empêche d’arriver à l’égalité sociale ». Une revendication militante respectée et même partagée par ses supérieurs, soutient-il : « L’État est le reflet de tous les grands intérêts de la société et participe au progrès social en épousant des causes comme la lutte contre l’homophobie ». Discrétion et loyauté En tant que représentant de ce pouvoir, Roger Noël insiste sur son devoir de réserve et son souci de rester « professionnel ». Il garde un souvenir « amer » d’un fonctionnaire qui, insinuant qu’il favorisait certains projets en raison de son militantisme, avait émis des doutes sur « [sa] loyauté envers [son] employeur ». Roger Noël apprécie d’avoir la possibilité de « travailler dans l’ombre » comme cheville ouvrière d’une action qui lui tient à cœur, une manière, selon lui, d’être plus efficace. Cette discrétion est du reste soulignée par Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute qui, en 2004, avait siégé au Groupe de travail mixte de lutte contre l’homophobie dont Roger Noël était le co-secrétaire. « Ce n’est pas le gars flamboyant 14 Être Magaizine qui parle fort, en avant de tout le monde. Il s’agit d’un travailleur plutôt discret en qui on peut avoir confiance pour son intégrité et son exigence de précision […] quelqu’un sur qui on peut vraiment compter dans le milieu LGBT ». Le poids de l’annonce Mais la réserve ne fait pas tout. Roger Noël a d’ailleurs « l’intuition » que les personnalités publiques ouvertement gaies permettent aux jeunes d’avoir « un bon point de repère ». À son époque, il n’existait pas de figure gaie masculine auquel il était facile de s’identifier. Il y aurait même plutôt eu pour lui « des anti-modèles », comme Christian Lalancette, le coiffeur caricatural de la télésérie Chez Denise. « Mais ensuite, j’ai découvert tout le spectrum de la vie gaie et j’ai connu des gens extraordinaires », précise-t-il. Alors que l’intimidation des adolescents préoccupe de plus en plus, Roger Noël rappelle que l’homophobie n’est pas nouvelle et continue d’affecter « le psychisme des gens et leur manière de se présenter à la société ». Si les jeunes disposent aujourd’hui de davantage de ressources et d’un Village où s’exprimer, il estime que « le poids de l’annonce est toujours aussi puissant que lorsque [il a] fait [s]a sortie ». Il avait alors 18 ans. « Ce sont eux [ses parents] qui m’ont posé la question avec un « ton frère pense que tu es homosexuel. C’est vrai ? ». J’ai répondu oui. » Sa franchise et sa conviction ont ensuite dissipé les craintes et surtout les préjugés classiques. C’est la société qui est malade et a un problème avec les gais. Non l’inverse. Le Bureau devra aussi servir à rappeler et inculquer cette vérité. Être Magaizine 15 © Aniol I Société Enseignement Cours d’éducation sexuelle : le retour ? Pour les associations, il s’agit de l’une des fautes majeures des libéraux depuis leur arrivée au pouvoir. En enlevant les cours d’éducation sexuelle pour les adolescents, le pouvoir québécois a mis à mal la prévention concernant les ITSS et empêché une meilleure démystification de l’homosexualité. L’éventualité d’un retour de cet enseignement, évoquée dernièrement, ravit les militants. Reste à en connaître les modalités. Antoine Aubert les prochains mois à ce sujet. Pour beaucoup, l’action de l’ACCM, et notamment la mise en place de « trousses » pour Officiellement rien n’a vraiment changé. La sexualité « a aider les enseignants sur les questions d’ordre sexuel, symtoujours fait partie des missions des professeurs », expli- bolisait ces derniers temps le désengagement de l’État sur que-t-on au ministère de l’Éducation. Selon la directrice des cette question pourtant cruciale. communications, la réflexion actuelle a seulement pour but de « bonifier » ce qui est déjà en place. Pour d’autres, un retour de ce type de cours permettrait également des progrès dans la compréhension des ques« Des travaux sont en cours au ministère et visent à défi- tions d’identité et de genre, avec sans doute des conséquennir des apprentissages qui seront obligatoires chaque année, ces positives concernant le problème de l’intimidation. « Il pour tous les élèves, de l’éducation préscolaire jusqu’à la fin s’agit de quelque chose d’incontournable. Je ne comprends du secondaire », explique encore Esther Chouinard. même pas comment on a pu les faire disparaître », affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des Augmentation des cas d’ITSS directions d’établissement d’enseignement (FQDE) et viceLa décision de 2001 laissait en effet le choix au professeur présidente de la Fondation Jasmin Roy qui lutte contre la de dispenser ou non des cours de ce type. Au vu de l’agenda discrimination en milieu scolaire. déjà surchargé du corps enseignant, la cause a vite été entendue et les conséquences catastrophiques. Selon Réjean Tho- Qui et quoi ? mas, fondateur de la clinique L’Actuel, le retour de l’éducaNéanmoins, cette dernière pose la question de la forme tion sexuelle « est la première chose à faire » pour une action choisie pour donner cet enseignement avec une interrogade prévention efficace, notamment, contre le sida. tion centrale : « Qui le fera ? Les professeurs ne peuvent pas tout faire. Il faut des personnes à l’aise pour remplir cette D’autres organismes partagent ce sentiment. Le respon- mission ». Et Chantal Longpré de citer notamment des sexosable du service Éducation chez Sida Bénévoles Montréal logues ou d’autres professionnels de la santé. (ACCM) évoque « l’augmentation de cas de maladies sexuellement transmissibles » depuis le choix fait par les Autre problème : le contenu de ces cours. Quels seront libéraux, lors de leur arrivée au pouvoir. les objectifs nouvellement fixés par les différents ministères concernés ? De quelle manière l’homosexualité, la Néanmoins Anthony Buccitelli regarde en avant et espè- bisexualité et la transsexualité seront abordées ? Réponse re « une vraie collaboration avec le gouvernement » dans début 2012. 16 Être Magaizine 19 condominiums exclusifs au cœur du village PROJETEZ-VOUS DANS L’HISTOIRE - Le Ouimetoscope, bâtiment autrefois voué au septième art, conservera sa vocation commerciale au rez-de-chaussée en façade sur la rue Ste-Catherine et acquerra une nouvelle vocation résidentielle aux étages ainsi qu’au rez-de-chaussée en façade sur la rue Montcalm. À partir de 285 000 $ (tx incl.) - Livraison septembre 2012 OUIMETOSCOPE.CA [email protected] 438 937-1200 Lundi et mardi : sur rendez-vous Mercredi à vendredi : 11 h à 19 h Samedi et dimanche : 12 h à 17 h 1200, RUE STE-CATHERINE EST Être Magaizine 17 Société Janik Bastien Charlebois © A.A. Intimidation à l’école « Il faut une participation collective » Les suicides de Jamie Hubley et de Marjorie Raymond montrent combien le Canada et le Québec demeurent gangrénés par le problème de la discrimination et de la violence dans les établissements scolaires. Les associations en appellent à l’action du gouvernement, relayées par l’opposition. Mais Janik Bastien Charlebois*, professeure de sociologie à l’UQAM et spécialiste de la question, souhaite surtout une prise de conscience collective de la société. *La virilité en jeu Perception de l’homosexualité masculine chez les garçons adolescents Chez Septentrion Antoine Aubert Être. La solution à court terme contre l’intimidation en milieu scolaire relève-t-elle du monde politique ? Janik Bastien Charlebois. À court terme, non. Bien sûr, des démarches de ce type ne sont jamais mauvaises. Quand la présence du politique se trouve manifeste, ça a des effets sur les commissions scolaires qui agissent ensuite sur les directeurs des établissements. Mais tout cela devient problématique et grave quand on pense que c’est suffisant. Être. Il faut donc aussi intervenir auprès des parents… JB.C. Auprès des parents, mais aussi socialement. On retrouve ce genre de situation partout. J’y ai été confrontée dernièrement dans un bus. Une mère discutait avec sa fille. Celle-ci jouait avec un jouet, une figurine masculine représentant un super-héros. L’enfant dit à un moment donné une phrase commençant par « Quand je serai un garçon… ». Réplique sèche de la mère : « Non, ça ne se peut pas, ça n’existe pas. Une petite fille doit rester une petite fille ». Une autre dame à côté a même ajouté que toute petite fille doit ensuite devenir une maman. C’était la totale ! Elles parlaient fort, dans un lieu public, au milieu de plein de gens, bref c’est un message social. J’ai voulu dire à la mère qu’elle oubliait les transsexuels, elle a littéralement explosé, me disant que je « magasinais une claque » et ajoutant le fameux argument « De quoi je me mêle ? ». Les autres passagers étaient gênés, mais ne réagissaient pas. Être. Quelle action faudrait-il alors mener pour changer la donne ? JB.C. On perçoit les jeunes comme s’ils habitaient dans un monde à part, imperméables à la culture dans laquelle ils évoluent. Pourtant, lorsqu’il y a des intimidations ou des violences dans les établissements, les rares adolescents qui tentent de s’interposer se voient rétorquer par les agresseurs « De quoi tu te mêles ? ». Je ne pense pas que cette réponse leur soit arrivée de nulle Être. Est-ce que l’intimidation à caractère homophobe se dispart. Ils ont vu les adultes faire de même dans d’autres tingue d’une manière particulière d’autres formes de discrimioccasions. nations ? JB.C. Oui, ça repose sur le sexisme. Je l’ai observé 18 Être Magaizine chez les adolescents que j’ai rencontrés pour mes travaux de recherche. Ils font un découpage entre gais corrects et gais pas corrects. Les garçons efféminés entrent dans la deuxième catégorie. Pour ces jeunes, il y a là un comportement associé aux filles, ce qui dénote de la faiblesse. Ils les perçoivent comme moins puissants et ça les dérange beaucoup. Ils ont une représentation bien arrêtée de ce que les garçons et les filles doivent être. On se retrouve là face à un discours très fort, où la vie a pour centre la reproduction. Ça représente un très grand investissement émotionnel pour ces jeunes. Voilà pourquoi ils réagissent de manière si violente ensuite : ça ne cadre pas avec la grande histoire que la société leur a inculqué. Être. Dans ce contexte globalement négatif, quelle doit être la fonction des organisations ? JB.C. Continuer à faire ce qu’elles font déjà et pour ça, il faut donc leur donner des ressources, mais il doit y avoir une participation collective. Donc oui aux campagnes, mais il faut que la population réagisse. Du coup, on se heurte à un autre problème : comment la joindre ? On retrouve la même chose lorsqu’il s’agit de toute autre forme d’injustice : on est désensibilisé. Je pense par exemple à la situation des catégories les plus défavorisées. Quand on regarde certaines chaînes de télévision ou certains journaux, on a l’impression que pauvres = ennemis. On doit réfléchir à cette question : comment politiser les gens ? Être. Concernant l’homophobie, on constate néanmoins ces derniers temps une prise de conscience… JB.C. Oui, on comprend mieux que, lorsqu’on parle d’intimidation, il ne s’agit pas d’enfantillages. Néanmoins, il faut aussi rappeler qu’on ne se trouve pas face à un problème qui vient d’apparaître, ce qui semble parfois être décrit comme tel par certains. Sinon, il est évident que l’implication de vedettes et le crédit qui les accompagne vont avoir plus d’influence sur l’opinion publique que l’action d’anonymes. Mais il ne faut pas se contenter de ça. Il faut développer une conscience collective et imaginer ce que chacun peut apporter. Par exemple, on a toujours tendance à rechercher une figure du « mal », comme si l’intimidation reposait sur la seule personne qui a commis l’acte. En pensant ainsi, on écarte notre propre responsabilité, ces petits gestes qui nourrissent et consolident la situation actuelle. Être Magaizine 19 Guy Forest Société Membre de la société québécoise des psychothérapeutes professionnels(les) Psychothérapie individuelle, couple Que cette période des Fêtes soit des plus joyeuses… Bonne et heureuse année 2012 ! Difficultés relationnelles, anxiété, dépression, manque d'estime et de confiance en soi, solitude, isolement, dépendances, codépendance, mal de vivre, besoin de se connaitre, difficultés reliées à l'orientation sexuelle. Au service de la communauté gaie depuis plus de 20 ans. Consultez le site ESTIMEETREALISATIONDESOI.COM 390 boul. St-Joseph E. Montréal QC H2T 1J6 (métro Laurier) 514 272 6648 Martin Lemay Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques Porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’habitation et de logement social 576 rue Sainte-Catherine Est, bureau 200 Montréal (Québec) H2L 2E1 Tél. : 514 525-2501 Courriel : [email protected] Religion À vous redonner la foi ! Bruce au Grinville Le délégué de l’Église unitarienne aux Nations Unies, Bruce Knotts, sait faire preuve de patience et d’opiniâtreté, tout en apportant des réponses au climat d’homophobie qui entoure le monde religieux, un peu partout dans le monde. Cet homme à part a surtout réussi dernièrement à remporter plusieurs victoires sur le plan diplomatique. Jordan Arseneault (traduction : A.A. et V.G.) Contrairement à l’agaçante Église catholique, qu’il désigne comme « le plus grand employeur de personnes GLBT En tant que délégué en chef de son Église aux Nations dans le monde », les Unitariens n’ont pas de siège à l’AsUnies, Bruce Knotts est le porteur d’un message social radi- semblée générale des Nations Unies ou encore d’ambassade. cal qui donne aux Unitariens la réputation de religieux très Ils comptent plutôt sur les délégués de leur communauté. libéraux et pleinement pro-gais. L’Universalisme unitarien reste une religion minoritaire, provenant du protestantisme, Ayant des entrées dans la byzantine diplomatie internationale mais englobant toutes les théologies compatissantes – les et au sein des délégations religieuses, Bruce Knotts s’entretient traditions musulmane, juive, chrétienne et bouddhiste. régulièrement avec une élite très spéciale dont le but est de voir représentées les croyances de leurs communautés transnationaIls se considèrent comme faisant partie d’une Église, les, tandis que le sien est de garder en vie les personnes GLBT même si les pratiquants n’ont pas l’obligation d’adhérer à dans des pays où elles sont réellement menacées. une vision particulière de Dieu ou de ce qu’il se passe après la mort. Bruce Knotts et sa coalition Compass for CompasEn décembre 2010, lorsque l’Assemblée générale des sion (jeu de mots anglais qu’on pourrait traduire littérale- Nations Unies a voté sa résolution annuelle contre les exément par Boussole pour la Compassion) travaillent avec des cutions sommaires, tout en laissant de côté toute demande groupes religieux et des diplomates pour faire exercer des explicite en faveur d’une meilleure protection du droit à la pressions sur les nations homophobes (par exemple les 40 diversité sexuelle, la coalition a réagi promptement. « Dans pays du Commonwealth où l’homosexualité reste crimina- un premier temps, les pays islamiques et ceux de l’Europe de lisée) et ainsi venir en aider à nos frères GLBT en détresse. l’Est ont joint leurs forces pour enlever l’orientation sexuelle de la liste des raisons pour lesquelles il était interdit de Pas de siège ni d’ambassade perpétrer des exécutions sommaires sans procès », indique Bruce Knotts (et son fabuleux mari Isaac), qui vit habi- Bruce Knotts. Vingt-trois ont finalement changé leur vote. tuellement à New York, est venu, en novembre dernier, faire un tour au Québec pour prendre la parole lors d’un office à Sa coalition et ses centaines de soutiens, qui se trouvaient l’Église unitarienne universaliste de Montréal, dont le sujet être à New York au même moment, pour une conférence, était « foi et justice sociale ». Y assister valait le détour : ont convaincu l’ambassadrice américaine Susan Rice de quand il s’agit des droits des gais, le religieux ne s’arrête réintégrer la mention. Avec l’aide de l’Afrique du Sud, plus ! la résolution a finalement été modifiée. Cette bourde 20 Être Magaizine Être Magaizine 21 Société Documents remis diplomatique initiale et cet amendement spécial (obtenu sans l’aide du Canada) constituent un exemple fascinant du travail que des délégations religieuses ne possédant aucun droit de vote sont capables d’effectuer dans les coulisses du géant onusien, pour faire avancer les droits humains. Les méandres de la diplomatie Quelle est sa stratégie? « Patience, persistance et coalition. Quand je suis allé pour la première fois aux Nations Unies au début de l’année 2008, je siégeais dans un comité pour planifier une conférence sur les droits humains à Paris. Les gens parlaient de tous les groupes de personnes possiblement concernés, à l’exception des GLBT. J’ai soumis l’idée d’un atelier sur la question à la conférence, mais je ne savais pas que celle-ci devait d’abord être approuvée par le Haut Commissariat aux droits de l’homme, l’UNESCO et le gouvernement français! », souligne-t-il. Néanmoins, tout s’est bien terminé : « Lors de cette conférence, la secrétaire d’État française chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, Rama Yade, s’est levée et a proposé un projet de résolution pour mettre fin à la criminalisation de l’homosexualité dans le monde entier. » La résolution issue de cette conférence a été approuvée par 66 États et s’est soldée par la condamnation de la discrimination et de la criminalisation, en dépit de certaines réserves provenant des États du sud de la Méditerranée », et une fois encore, sans l’aide du gouvernement Harper. religieux pour les aider à (au moins) enrayer l’épidémie de violence homophobe perpétrée par des États et des religieux. « Je ne suis pas prêt à qualifier toutes les communautés religieuses comme étant homophobes, souligne-t-il. Beaucoup d’entre nous, homosexuels, ont pris du temps à s’accepter soi-même, alors cela pourrait prendre beaucoup de temps pour convaincre les purs et durs ». dentisterie générale et esthétique mini-implants reconstruction du sourire greffes de gencives blanchiment au laser Une conférence à Kampala en 2012 Alors qu’il pourrait être difficile de convaincre un catholique ou un musulman orthodoxe d’être en faveur du mariage gai, Bruce Knotts adhère plutôt aux principes de la doctrine des droits humains fondamentaux : le droit à un procès équitable, le droit à la sécurité, le droit d’être logé et le droit à l’éducation. Dr Marc Raper chirurgien-dentiste Dre Natacha Michel chirurgienne-dentiste Stéphane Côté denturologiste Yanick Bertrand tatoueur Jean Fortin galeriste Cette dernière représente, pour lui, la clé. « Lorsque nous avons demandé à des personnes LGBT ougandaises ce qu’ils avaient le plus besoin, leur réponse a été l’alphabétisation ». Il y a ainsi un réel problème d’analphabétisme en Ouganda et dans plusieurs régions de l’Afrique centrale puisque « lorsqu’on soupçonne l’homosexualité de certains jeunes, ceux-ci se font renvoyer de l’école, même s’ils ne sont que des adolescents ». Bruce Knotts n’abandonnera donc pas de sitôt la lutte en faveur les droits des homosexuels. En dépit des énormes risques qui sont en jeu, Compass for Compassion planifie une conférence à Kampala, capitale de l’Ouganda (l’un des pays les plus homophobes au monde), pour septembre 2012, dans le but de présenter « une chrétienté davantage compatissante Ces derniers temps, Bruce Knotts et sa coalition travaillent et tolérante », dans un lieu où la foi est trop souvent utilisée avec des délégations de chrétiens, de musulmans et de chefs comme arme. Nous y serons par la pensée, frère Knotts. 22 Être Magaizine Un lieu, une expérience hors du commun... Ian Gamache So Much to Say / Nothing to Say (détail), mediums mixtes sur papier. Expo : du 26 janvier au 22 février 2012. Vernissage : samedi 4 février, 17 h – 20 h. GALERIE DENTAIRE 1239, rue Amherst, Montréal www.galeriedentaire.com 514.523.5535 Annonce GD1201 (demi page 7,8 po ✕ 4,7 po), Être, février 2012. Être Magaizine 23 International Pakistan Solidarité gaie contre impérialisme américain « Le Chargé d’Affaires de l’ambassade Richard Hoagland et les membres de l’Agence des Affaires étrangères pour les gais et les lesbiennes organiseront les premières célébrations de la fierté GLBT à Islamabad ». Pourquoi cette déclaration que l’on peut lire sur le site de l’ambassade américaine basée dans la capitale pakistanaise pose-t-elle problème ? Car il s’agit d’une forme d’ingérence qui au final nuit aux droits des homosexuels et des transsexuels du pays. Indu Vashit (Traduction : A.A.) les rues […] pour protester à la fois contre les homosexuels et les Américains […] Tout cela a non seulement fait du mal aux organismes Juste après le 11 septembre, la doctrine Bush qui luttent, dans la clandestinité, pour les droits a consisté à se servir de l’oppression perpétrée GLBT, mais ça les a même encore plus margipar les Talibans contre les femmes, en Afgha- nalisés ». nistan, pour mener une opération militaire. Cette logique est aujourd’hui étendue aux GLBT Bref, les Américains ont donné du grain à au Pakistan, en Iran et dans les territoires pales- moudre aux conservateurs pakistanais. Ceux-ci tiniens. en profitent ainsi pour faire un amalgame entre l’impérialisme américain et l’homosexualité. Ce sont donc les Américains qui vont intro- La vie des militants luttant sur place se retrouve duire le concept de fierté gaie au Pakistan. Cette encore plus menacée. initiative colle parfaitement à la mentalité de « sauveurs » qu’on retrouve chez les OccidenCes derniers, outre la présence jugée par taux envers les gais (entre autres) de l’Orient. beaucoup gênante des Américains, doivent égaLes États-Unis s’octroient donc le droit de se lement faire face à des obstacles colossaux dans rendre dans un pays souverain et d’y lancer ce leur combat pour la création d’un mouvement type d’événements. Résultat : ce ne seront pas les de libération sexuelle. D’un système judicaire homosexuels pakistanais qui auront l’occasion, inefficace à la théocratie, sans oublier diffés’ils le souhaitent, d’organiser leur première fête rentes catastrophes naturelles qui ont frappé de la Fierté, à leur façon, dans leur propre langue. dernièrement le pays. Pourtant, en dépit de ces entraves, les militants ont réussi à s’organiser, Obstacles colossaux à écrire, à créer et à apporter un soutien indiviDans les villes du pays, une tempête a dé- duel à leurs camarades homosexuels. coulé de cette initiative américaine. Comme l’explique Hadi Hussain, militant GLBT joint La religion est partout par courriel, « des fanatiques religieux et des Fondé en 2008, Chay Magazine est une resassociations d’étudiants ont manifesté dans source en ligne (http://chaymagazine.com) 24 Être Magaizine © bharatdefencekavach.com qui parle ouvertement de sexe et de sexualité. Selon Kyla Pasha, l’un de ses créateurs, il y a d’abord eu « l’idée qu’il fallait mettre en place un espace physique qui pourrait être un forum avec de vraies conversations. Celles-ci auraient pu avoir lieu dans un café. On a finalement opté pour Chay car si on commence à parler de sexe, tant du point de vue du plaisir qu’en termes politiques, les gens ne se sentiront pas assez rassurés pour avoir ces discussions en personne, mais pourront accepter d’écrire là-dessus ». amorcé des discussions avec eux concernant les questions homosexuelles. » Créer leur propre futur « Au Pakistan, lorsque vous travaillez sur n’importe quel type de sujet, vous ne pouvez pas échapper à la religion, ajoute-t-il. D’une manière ou d’une autre, elle sera là et créera des problèmes. Le contrôle de la natalité, les droits des femmes, la violence domestique, le vaccin contre la polio ou les questions GLBT : elle est partout. Beaucoup d’homosexuels vivent en se De son côté, l’Organisation pour la protec- détestant parce qu’ils sont gais et musulmans à tion et l’extension de la sexualité des minorités la fois. Ils se retrouvent incapables de concilier (connue plus simplement comme O) a été créée les deux. Au final, ils optent pour un des deux. » en 2009 à Lahore, capitale de la province du Penjab et deuxième ville du pays. Les militants de Le Pakistan et toute la diversité que ce pays l’organisme cherchaient alors à diffuser de l’in- représente sur les plans historique, linguistiformation sur les homosexuels pour améliorer la que, culturel et géographique, sont rarement santé et le mieux-être des minorités sexuelles. compris ou reconnus. Sans penser à la manière dont les habitants vivent au quotidien, les gou« Nous avons commencé par traduire des vernements et les médias occidentaux créent termes et des concepts concernant les gais, des discours où il est décrit un foyer de terroles lesbiennes, les bisexuels, les transsexuels, ristes, d’agitateurs, d’insurgés, d’islamistes, ou les queer, et les intersexués puisqu’aucun mot d’autres termes à la mode pour désigner des n’existe dans la langue ourdou, hormis ceux qui arriérés et des mauvaises personnes. Espérons ont une connotation négative, explique Hadi, donc que les Pakistanais puissent un jour avoir l’un des membres de O. Puis nous avons contac- la chance d’articuler leur propre vision de leur té quelques spécialistes musulmans libéraux et futur, avec leurs propres mots. Être Magaizine 25 Danse George Stamos à l’Agora de la danse Voyage de l’égo au corps Danseur, yogi et ancien « New York party-boy », le Néo-Écossais George Stamos s’apprête à vivre le « retour de Saturne » en 2012. Avec trois productions différentes (Liklik Pik à Toronto, Illegal Tender à Regina et enfin Husk à Montréal) présentées dans trois provinces d’ici la mi-février, nous pourrions dire qu’il vit, en quelque sorte, une renaissance personnelle. Texte : Jordan Arseneault (Traduction : V.G.) Photo : César Ochoa Assistant Rody Salazar Depuis l’obtention de son baccalauréat à l’École pour le développement de la nouvelle danse à Amsterdam en 1993, il n’a jamais cessé de travailler comme danseur, chorégraphe et artiste-performeur. Or, les thèmes et les intentions qu’il soulève dans ses trois nouvelles pièces suggèrent un renouvèlement personnel pour ce qui a trait à sa création. l’occasion de travailler avec eux dans le cadre de Montréal Danse », tient-il à préciser. La célèbre compagnie, qui fête cette année ses 25 ans, a invité l’artiste et sa pièce à faire partie de leur programmation en vue des festivités. Costumes en lambeaux « On traite en partie ici de la manière dont nous livrons notre moi physique à l’artificiel : par exemple avec le bronzage en aérosol, les extensions de cheveux, les implants. Il s’agit surtout de porter son regard sur l’ensemble de l’enveloppe physique qui transporte telle une coquille ou une enveloppe (husk en anglais) l’esprit », explique-t-il. « Oui, on a l’air d’être des fous sauvages avec ces costumes ! », ajoute-t-il dans la foulée. « Nous faisons peut-être davantage attention aux termes entourant le straight acting, ajoute-t-il. Ça a un impact supplémentaire sur notre comportement ». Ce que dit notre corporalité « C’est formidable de travailler avec un gars vraiConcernant le Québec, George Stamos, 42 ans, prend ment passionné comme Fred, continue George Stamos. Montréal d’assaut avec une nouvelle pièce fascinante, Husk Son physique musclé et masculin aide à mettre en évi(dans laquelle toutefois il ne dansera pas). Celle-ci est pré- dence les questions du genre dans la pièce ». sentée durant trois soirs consécutifs à l’Agora de la danse. Les préoccupations concernant le corps et le paraÉvoquant « l’intelligence instinctive de la viande du doxe acceptation / dissociation que l’on retrouve à son corps, au-delà de la raison », Husk est une pièce de per- sujet dans la culture gaie sont sans aucun doute au cœur formance et de son live pour trois danseurs, une musi- de Husk. « En tant que gai, je crois que nous sommes cienne montréalaise, Jackie Gallant, lesbienne affirmée. peut-être plus sensibles à la façon dont notre corporalité Abordant en apparence le sujet « d’être en paix avec le révèle notre identité de genre et notre sexualité », admet fait que l’on soit parfois totalement «faux» », Husk fait celui qui a été formé autant par le milieu de la sueur et en réalité partie d’une grande tradition gaie où le mot des paillettes de la populaire scène new-yorkaise des « faux » prend une signification beaucoup plus subtile. années 1990 que par les écoles de pensée sur le sujet. « Husk plonge dans tout ça: comment PORTONSnous notre corps ? Comment se présente-t-on soi-même à travers nos comportements et nos choix ? Qui SOMMES-nous ? », souligne encore le vétéran de la danse, suggérant que bien comprendre la fluidité du corps n’est pas donnée à tous les danseurs. « Je regarde comment le Ceux-ci, tout comme les accessoires des trois dan- corps fonctionne, en tant qu’enveloppe de l’esprit tout seurs, sont en effet en lambeaux, « bédéesques » et un en observant comment l’instinct, la capacité du corps à peu vulgaires. Les costumes rembourrés, donnant une guérir ou à s’adapter, est sous-évaluée. » forme exagérée aux danseurs, permettent à l’un d’entre eux de changer de genre à un moment dans le spectaTout cela peut ressembler à un magma d’idées, mais cle, suscitant du coup des sentiments étranges quant à la ce n’est pas de la danse pour le seul spectateur intelperception de l’authenticité et de l’illusion. lectuel : Husk va, tout comme pour les danseurs et la musicienne, vous faire vous tordre, trembler, transpirer, « J’adore [les danseurs/-euses] Rachel Harris, Elinor crier et, espérons-le, triompher contre la dualité corps Fueter et Frédéric Marier, c’est pourquoi j’ai sauté sur idéal / corps dont nous avons honte. 26 Être Magaizine Husk 8, 9 et 10 février 2012 Agora de la danse 840 rue Cherrier, Montréal (514-525-1500) agoradanse.com/fr/spectacles/2012/husk www.georgestamos.com Être Magaizine 27 Théâtre Claude Poissant et Tristesse Animal Noir A L’homme, la nature et la vie vec Tristesse Animal Noir, l’Espace Go, en association avec le théâtre PÀP, fait découvrir, au mois de janvier, une nouvelle voix dramaturgique puissante, celle de Anja Hilling, jeune auteure allemande à l’avenir prometteur. Le metteur en scène Claude Poissant a offert au magazine Être une incursion dans l’univers particulier de son prochain spectacle. François Bernier Être. Votre compagnie est bien connue pour son intérêt envers la dramaturgie québécoise. Comment en êtes-vous venu à travailler sur le texte de Anja Hilling, une auteure européenne en pleine ascension, mais encore peu connue ? Claude Poissant. Le théâtre PÀP produit deux pièces par an. Cette saison, Ginette Noiseux, directrice artistique de l’Espace Go, m’a approché pour que nous présentions un spectacle en coproduction. Elle était curieuse de voir comment nos deux compagnies allaient pouvoir se nourrir et se « contaminer » artistiquement. À la base, j’étais un peu hésitant, croyant devoir subir de grandes contraintes, mais rapidement, on s’est aperçu que c’était l’occasion de bénéficier de moyens plus importants qu’à notre habitude. Être. Vous êtes-vous finalement vu imposer des contraintes ? C.P. La seule était de choisir une auteure. Nous avons lu plusieurs pièces, québécoises surtout, sans jamais trouver l’étincelle fournissant l’inspiration qui allait confirmer notre choix. Puis une collègue est arrivée avec Tristesse Animal Noir. Je l’ai lu et je me suis demandé : « Mais comment monter ce texte ? ». J’ai été incapable de dormir cette nuit-là. J’ai partagé ma trouvaille avec Patrice Dubois et Ginette Noiseux. Tous les deux ont confirmé que c’était une bonne idée. À partir du moment où je suis complètement dés- 28 Être Magaizine tabilisé par un texte, je sais que j’ai à certains clichés qui existent, mais elle les relever le défi. amène dans des directions inattendues. La dramaturgie contemporaine nous a Être. Que pensez-vous de la dramaturgie habitués à des personnages gais jeunes. d’Anja Hilling ? Ici, on offre l’image d’une homosexualité C.P. C’est formidable, ça ne ressemble plus âgée et plus stable. à rien de ce que j’ai pu lire par le passé. La forme est vraiment singulière et le propos Être. De quelle manière la tragédie affecte-texploré dans la pièce est peu exploité elle les personnages de la pièce ? au théâtre. On y raconte en trois parties C.P. Au début de l’histoire, chacun l’histoire d’une bande de copains. Dans d’entre eux se trouve à un moment le premier segment, on les voit débarquer charnière de sa vie. Tous ont besoin d’un dans une forêt où ils viennent faire un basculement. Il sera violent. L’image du pique-nique. Les 25 premières minutes feu devient aussi la représentation d’une présentent la réalité de ces personnages. brûlure intérieure. Quand tu es victime Il y a un couple gai où l’un des conjoints d’une blessure aussi grande, l’instinct est artiste, l’autre agent de mannequins. te guide à prendre des décisions rapides Il y a la sœur ex-modèle de l’agent et son sur ton existence. Il n’y a plus de porte amoureux musicien. Enfin, il y a leur ami de sortie, plus de regrets possibles. Les et sa copine plus jeune. Dans la deuxième choix sont faits dans une urgence de partie, la tragédie forme le cœur du récit. vivre qui se moque de ce qui sera brisé Les personnages sont prisonniers d’un ou détruit par ces choix cruciaux. incendie qui ravage la forêt. Dans la dernière section, ces mêmes individus Être. Considérez-vous cette pièce pessiauront à vivre avec les conséquences de miste ? Dresse-t-elle un sombre constat de ce drame effroyable. l’humanité ? C.P. Tristesse Animal Noir n’est Être. À travers le couple gai, quel genre de certainement pas du théâtre léger. En portrait Anja Hilling dresse-t-elle de l’homo- revanche, il y a dans l’exploration de sexualité aujourd’hui ? l’horreur une beauté qui émerge. Avec un C.P. C’est un couple dans la certain recul sur un événement affreux, quarantaine, ensemble depuis quelques l’Homme accepte la victoire de la nature années. Ils font partie de la petite ou du destin. Il accepte le fait d’être en bourgeoisie, ils s’aiment. L’arrivée dans position de faiblesse et de fragilité devant leur vie de la catastrophe va avoir une la fatalité. Il y a une certaine beauté dans incidence importante sur la solidité du cette résignation. Je pense que, quelque couple. Dans Tristesse Animal Noir, on part, on peut repartir du spectacle avec ne sent pas que Hilling dresse le portrait l’idée que l’art peut, aussi discrètement de toute une communauté. Elle utilise soit-il, sauver l’Homme. Claude Poissant © Marie ClaudeHamel Tristesse Animal Noir Du 17 janvier au 11 février À l’Espace GO Mise en scène : Claude Poissant Être Magaizine 29 Théâtre Tristesse Animal Noir « Une homosexualité parfaitement intégrée » Au cœur du récit de Anja Hilling : Oscar, un artiste multidisciplinaire homosexuel qui vivra peut-être l’intrigue de la pièce différemment de sa bande d’amis avec qui il se rend dans la forêt. L’acteur Claude Gagnon qui interprétait le rôle d’Éliot dans la populaire série Providence nous parle de sa perception de cette production iconoclaste. François Bernier Être. Comment avez-vous réagis lorsque vous avez eu votre premier contact avec Tristesse Animal Noir ? Claude Gagnon. L’écriture d’Anja Hilling est indéniablement singulière. Je me souviens m’être dit en terminant la lecture que c’était un des plus grands textes de théâtre contemporain qu’il m’avait été donné de lire. Sa plume se distingue parce qu’elle mêle des dialogues réalistes à des pages et des pages de didascalies qui non seulement donnent des indications sur la pièce, mais expriment ce que les personnages ressentent. Je fais aussi de la mise en scène et je dois admettre que je suis ravi d’avoir, dans ce cas-ci, la position d’acteur. Je n’aurais jamais su comment articuler ce texte. Être. Quel genre de constat fait Anja Hilling sur l’être humain ? C.G. Lorsque le Théâtre Pàp a interrogé l’auteure, elle a expliqué qu’on lui faisait souvent remarquer souvent que ses personnages faisaient preuve d’une grande cruauté les uns envers les autres. Je ne suis pas d’accord avec cette perception. Il est vrai qu’ils se parlent sans non-dit, avec une déstabilisante franchise. Mais cette façon de communiquer sans détour fait d’eux des amis dont l’amour et la tendresse semblent jaillir de cette brutalité. Ils ne se cachent rien, la communication est toujours claire, ils disent tout d’instinct. Anja Hilling montre une jeunesse franche qui n’a pas peur de ses opinions. Je retrouve ce genre d’honnêteté au sein de ma propre bande d’amis. 30 Être Magaizine Tristesse animal noir Du 17 janvier au 11 février À l’Espace Go 4890, boul. Saint-Laurent (Montréal) Texte d’Anja Hilling Mise en scène de Claude Poissant Avec David Boutin, Robin-Joël Cool, Stéphane Demers, Alexandre Fortin, Claude Gagnon… espacego.com Être. Comment décririez-vous Oscar ? C.G. Oscar est un artiste dans la mi-trentaine. Il est en relation avec un autre homme depuis quatre ans et ils ont une relation qui mêle complicité et antagonisme. Chacun réagit beaucoup à ce que fait l’autre, mais ils trouvent aussi une complémentarité dans ces contraires. On sent chez eux un amour profond derrière les différends. Je vois aussi chez Oscar beaucoup d’humanité. Il est très à l’écoute des autres. Il joue souvent le rôle de médiateur dans les querelles et cherche à calmer les ardeurs. Sans révéler d’éléments cruciaux de l’histoire, je crois qu’avec la tragédie qui survient dans la pièce, Oscar est sans doute celui qui a le potentiel de s’en remettre le mieux. © Maude Chauvin Être. Quelle image du couple homosexuel est véhiculée par Oscar et son amoureux ? C.G. Celle d’une homosexualité parfaitement intégrée dans sa société. Leur amour ne se distingue pas de celui d’un couple hétérosexuel. Je remarque d’ailleurs que c’est cette image qui tend à caractériser la culture cinématographique et télévisuelle contemporaine quand on aborde l’homosexualité. On ne cherche plus à faire grand cas de l’orientation sexuelle. Être Magaizine 31 Serge Denoncourt et L’Oratorio de Noël Blanc de mémoire Théâtre Dans une chambre d’hôpital, un homme reçoit la visite des membres de sa famille. Neurochirurgien atteint d’Alzheimer, Noël devient le témoin passif de la dégradation de sa lucidité. Ce texte de Michel Tremblay prend l’affiche du théâtre Jean Duceppe, du 15 février au 24 mars 2012. Alors que sa mère a été elle-même victime de ce terrible mal, Serge Denoncourt partage avec Être la façon dont il a abordé la toute dernière pièce de l’auteur québécois. 32 Être Magaizine © François Brunelle Être Magaizine 33 t L’Oratorio de Noël Blanc de mémoire Théâtre François Bernier Être. Quel est votre point de vue sur l’histoire de L’Oratorio de Noël ? Serge Denoncourt. Cet homme d’une soixantaine d’années atteint d’Alzheimer reçoit trois visiteurs; sa femme, son fils et sa fille. Ils le visitent à trois époques différentes. Le début de sa maladie amène Noël à confondre la temporalité. On explore l’esprit d’un homme victime d’un mal incurable, à un stade critique où la lucidité côtoie le délire. On cherche à rendre théâtralement cet état d’esprit. Les différentes époques cohabitent et le personnage principal se trouve à répondre à des souvenirs. La situation fait évidemment réagir sa famille dans le temps réel. Être. Comment en êtes-vous venu à découvrir et à assurer la mise en scène de cette œuvre ? S.D. Michel a écrit cette pièce-là pour moi il y a environ trois ans. Je pense qu’il aime bien mon travail et qu’il avait envie de retravailler avec moi suite à la création de Fragments de mensonges inutiles qu’il avait beaucoup appréciée. Par le passé, j’ai monté de nombreux textes de Tremblay et je connais très bien son œuvre. L’Oratorio de Noël est une pièce qui traite d’Alzheimer et ma mère est décédée de cette terrible maladie. Je pense que Michel s’est dit que j’étais bien placé pour parler de ce thème. Je suis très heureux qu’il me l’ait destiné parce que je pense que ce texte est un des meilleurs qu’il ait écrit depuis plusieurs années. C’est vraiment un grand texte. Être. Comment arrivez-vous à rendre sur scène ce phénomène de perte de mémoire pathologique? S.D. C’est difficile d’en parler au moment où nous faisons cette entrevue. Dans toutes les sphères théâtrales, on tend à rendre cette impression de mémoire qui fuit. Le décor, par exemple, représente une chambre d’hôpital avec un rideau séparant la chambre de la salle d’attente où l’on voit les personnages en retrait. Plus le spectacle avance et plus ils s’éloignent, disparaissant peu à peu de sa mémoire. J’ai vraiment essayé de rendre cette impression d’une mémoire qui va et qui vient. Le texte aussi pointe dans cette direction. © OSA - CDS Être. Avec une thématique aussi délicate, comment avez-vous décidé d’aborder le travail avec les acteurs ? S.D. Pour cette pièce en particulier, il fallait un acteur solide qui porterait la pièce sur ses épaules. C’est un grand rôle et pour ce défi gigantesque j’ai pensé à Raymond Bouchard qui est certainement l’un des plus grands acteurs au Québec. L’Oratorio de Noël signe son retour au théâtre après dix ans d’absence sur les planches. Sinon, dans le travail au quotidien, un des plus grands défis était de clarifier le mélange des époques pour que le spectateur s’y retrouve. Il a fallu donc questionner chaque réplique pour s’assurer de la temporalité qui y est associée. C’est un grand travail de précision qui vise tout de même à conserver l’impression de limbes, à créer une atmosphère onirique. Être. Est-ce que Michel Tremblay tisse un lien entre la pièce musicale de Jean-Sébastien Bach qui porte le même titre que le spectacle ? S.D. Le titre est dans la pièce, le personnage l’écoute dans son iPod. Je pense que Michel a dû l’écouter en travaillant. Elle n’est pas explicitement utilisée dans le texte, mais on la sent présente. On décèle qu’elle a inspiré la plume de Tremblay. Être. Qu’appréciez-vous le plus dans la dramaturgie de Michel Tremblay? S.D. Plusieurs choses me plaisent chez lui parce qu’il a plusieurs personnalités. Il y a le Michel des Belles-Sœurs qui parle de ce cercle féminin qui l’a entouré dans son enfance. Il y a le Michel qui traite d’homosexualité comme dans le cas d’Hosanna et il y a un Michel plus mature qui aborde des thèmes nouveaux comme dans le cas de L’Oratorio. Le talent est toujours le même. On y reconnaît sa langue très musicale, mais le propos de cette nouvelle oeuvre confirme sa sagesse. Cette pièce n’aurait pas pu être écrite sans une sorte d’inquiétude quant à la vie qui passe et la lucidité de vieillir. 34 Être Magaizine Être Magaizine 35 Théâtre La sentinelle au CNA d’Ottawa La voix de Jane et le cœur de Mouawad Le Théâtre français du Centre National des Arts présente, le 10 février, La sentinelle, texte de Wajdi Mouawad, lu par la grande Jane Birkin. Chacun inspiré par l’engagement et le parcours professionnel de l’autre, les deux artistes s’unissent pour offrir une œuvre décrite par l’institution comme « un chant poétique fait de mots pour dire les maux de ceux qui sont morts sacrifiés et privés de leur dignité ». François Bernier Dans un premier temps, l’auteur québécois d’origine libanaise pensait destiner son texte La sentinelle à une lecture radiophonique. C’est à la demande de Jane Birkin que les mots de l’artiste ont finalement migré vers la scène pour devenir une lecture-spectacle. Leur rencontre a immédiatement donné lieu à une complicité artistique qu’ils se sont empressés de rendre profitable en organisant ce projet commun. Le sexe est un déLice qu’on ne peut oubLier. -romance © Nicolas Genin 723, AVE. MONT-ROYAL E. MONTRÉAL (QUÉBEC) 514 522-6969 (Métro Mont-Royal) 1821, RUE STE-CATHERINE O. MONTRÉAL (QUÉBEC) 514 876-3656 (Métro Guy-Concordia) 14, RUE DU PONT VIAU LAVAL (QUÉBEC) 450 669-6169 (Métro Cartier) Achats en ligne : www.boutiqueromance.ca Au coeur de La sentinelle : l’art, celui qui doit nous permettre de faire émerger la beauté de l’abject. De la noirceur du monde surgit parfois la grâce. La voix réconfortante de la chanteuse, remarquée comme actrice dans le chef-d’œuvre d’Antonioni Blow Up, porte la parole bouleversante de cet appel à l’humanité. Amour pour une voix Fille de l’actrice Judy Gamble, beauté iconique selon sa fille Charlotte, Jane Birkin, née en Angleterre en 1946, reste aujourd’hui une artiste engagée. Chanteuse à succès dans les années 70 et 80, celle qu’on associe encore beaucoup aujourd’hui à Serge Gainsbourg avec qui elle a entretenu une liaison pendant plusieurs années, demeure une figure très populaire en France. Wajdi Mouawad fait des déclarations éloquentes à propos des qualités d’interprétation de l’artiste : « Restent les voix fragiles pour dire autrement, chanter, à défaut de dire. Une voix vivante cherchant à consoler les morts. La voix de soie de Jane Birkin est de celles-là ». Cette dernière incarne pour lui cette « possible dignité, celle du phrasé simple, fait de mots pour dire les maux, les maux des mots, enlacés, pliés, repliés, dépliés, dans un geste nécessairement compliqué pour n’être compris et entendu que par ceux qui partagent la même sensibilité aux craquements inaudibles des hommes et des femmes mourant pour rien dans l’insupportable solitude des charniers ». La sentinelle Le 10 février Texte de Wajdi Mouawad Lecture de Jane Birkin Au Centre National des Arts 53 rue Elgin, à Ottawa 36 Être Magaizine Bientôt Des femmes Présentée en première canadienne dans la grande salle du Centre National des Arts, La sentinelle ne sera offerte qu’un soir seulement. De son côté, le metteur en scène offrira, pour une semaine en avril, le controversé Des femmes qui a fait la manchette pour la participation artistique du chanteur français Bertrand Cantat récemment sorti de prison pour le meurtre de l’actrice Marie Trintignant. Cette production, offerte également au Théâtre du Nouveau Monde du 4 mai au 6 juin, sera la dernière manifestation artistique de Wajdi Mouawad à titre de directeur artistique du Théâtre français du CNA qui passera ensuite entre les mains de Brigitte Haentjens à partir de la prochaine saison. C’est justement elle qui termine celle de 2012 en offrant sa propre version du fameux Opéra de Quat’ sous avec, dans le fameux rôle de Jack The Knife, le charmant Sébastien Ricard. Être Magaizine 37 Cinéma Festival Massimadi Document Remis Être soi-même au Québec Un documentaire sur les homosexuels noirs vivant dans la métropole québécoise fait l’ouverture de la quatrième édition du festival des films LGBT afro-caribéens, le 6 février. Son réalisateur, Laurent Maurice Lafontant (par ailleurs responsable du comité jeunesse d’Arc-en-ciel d’Afrique, association qui organise cet événement) nous raconte le contexte dans lequel s’inscrit cette œuvre. Antoine Aubert Être. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris lors des entrevues que vous avez menées ? L.M.L. Ayant déjà discuté avec eux, avant même le tournage de ce documentaire, je m’attendais un peu à ce qu’ils allaient me dire. Néanmoins, j’ai noté que tous les trois ont dû régler le problème de l’homophobie intériorisée. Chacun a essayé de ressembler au modèle de l’homosexuel établi par la norme hétérosexuelle, allant jusqu’à discriminer les gais trop efféminés ou les filles trop masculines. Ça m’a particulièrement marqué. Être. Vous n’aviez jamais réalisé de documentaire avant Être soi-même. Pourquoi avoir franchi le pas ? Laurent Maurice Lafontant. Le directeur général d’Arc-en-ciel d’Afrique, Alexis Musanganya, et moi avons beaucoup discuté sur la question de la représentation des noirs homosexuels au Québec. On remarque que les jeunes de cette communauté n’ont pas de modèles auxquels s’identifier. Le milieu LGBT québécois montre souvent une homosexualité très blanche. Ils ne se retrouvent pas dans tout ça. On a donc voulu combattre cette situation et Être. Il n’y a donc pas de différences entre le vécu faire le portrait de jeunes noirs, qui se situent des lesbiennes et celui des gais ? dans la vingtaine ou la trentaine et qui ont réussi L.M.L. À première vue, on pourrait penà surmonter les préjugés pour être eux-mêmes. ser que c’est plus facile pour les lesbiennes. Pourtant, après avoir discuté avec un certain Être. Qui sont les jeunes que vous montrez dans nombre d’entre elles, je peux vous dire par votre film ? exemple qu’il y a le même stress lorsqu’il L.M.L. Ce sont trois membres d’Arc-en-ciel s’agit d’annoncer son homosexualité aux pad’Afrique. Il y a Steve (qui a d’ailleurs posé rents. Par ailleurs, si elles sont mieux acceppour l’affiche officielle du festival Massimadi), tées dans un premier temps parce que deux d’origine haïtienne et né à Montréal. Luzi, née en femmes représentent un fantasme pour les Guadeloupe, est arrivée à Montréal il y a environ hommes hétérosexuels, une fois qu’elles ont un an. Enfin, on a interrogé Moustapha. Né au dit « Je suis vraiment une lesbienne, je ne suis Cameroun, il vit au Québec depuis onze ans. pas là pour faire jouir un homme », elles se 38 Être Magaizine heurtent aux mêmes problèmes d’intolérance dans des maisons de jeunes ou des maisons pour que les gais. femmes. On essaie de viser celles où la communauté noire est particulièrement représenÊtre. La religion est-elle la principale raison expli- tée. Pour le reste, nous essayons aussi de briser quant ce mal-être que les homosexuels noirs subis- l’isolement dans lequel se retrouvent les jeunes sent au sein de leur communauté ? homosexuels en organisant des discussions menL.M.L. Cette question n’est quasiment pas suelles, tous les derniers vendredis du mois. évoquée dans le documentaire, sinon lorsque Luzi explique à quel point, en Guadeloupe, les Être. Le festival Massimadi a aussi un rôle imporgens sont chrétiens et combien cela a une inci- tant… dence sur leur perception de l’homosexualité. L.M.L. Bien sûr, notamment parce qu’il Un autre film, Voice of Witness Africa, projeté le s’inscrit dans le cadre du « mois de l’histoire même soir qu’Être soi-même, aborde davantage des Noirs ». Donc il ne s’adresse pas seulement ce thème. Bien entendu, dans la communauté à un public gai. Néanmoins, même au sein de la noire, la religion reste un problème important communauté GLBT, ça permet d’apporter une quand il s’agit d’homosexualité. « Dieu est nouvelle diversité : les films abordant l’homocontre » est l’une des premières choses que les sexualité chez les noirs sont peu nombreux. personnes disent pour expliquer pourquoi elles Il y en a parfois quelques-uns lors d’image + n’acceptent pas cette orientation sexuelle. Pour nation. Rien de plus. elles, la Bible condamne ça, ce qui n’est pas vrai et elles-mêmes font des choses qui sont Festival Massimadi interdites par le dogme religieux. Du 6 au 12 février Présenté par Arc-en-ciel d’Afrique Être. Comment votre association essaie-t-elle de Pour plus d’informations sur la changer les mentalités ? programmation : L.M.L. Avec des ateliers et des conférences arcencieldafrique.org Être Magaizine 39 Cinéma Albert Nobbs Travestissement irlandais Basée sur une nouvelle de l’auteur irlandais George Moore, le film du Rodrigo García donne à Glenn Close un rôle en or. Abordant la question du genre et de la place de la femme dans la société anglo-saxonne au XIXème siècle, Albert Nobbs sort dans les salles québécoises le 3 février. Glenn Close incarne une femme qui se fait passer pour un homme pour subsister. Celui(celle)-ci travaille comme serveur/se dans l’Irlande du XIXème siècle, dans une société archidominée par le sexe masculin, où les femmes font figure d’objet, les plus pauvres d’entre elles se retrouvant dans une grande précarité, dès lors qu’aucun homme n’est là pour les « soutenir ». peau de coscénariste et de coproductrice. Le projet avait failli voir le jour à l’aube des années 2000, mais il avait finalement avorté, faute de financement. Rodrigo Garcia, auteur et réalisateur pour les séries In treatment et Six Feet Under, a dirigé ce projet. Glenn Close est accompagnée à l’écran par Mia Wasikowska (Alice au pays des merveilles, Sans Répit), Jonathan Rhys Meyers (Les Glenn Close tenait particulièrement à ce pro- Tudor, Match Point) et Aaron Johnson. Le film jet. « Je dois absolument jouer ce personnage a été présenté au festival du film de Toronto où sur le grand écran avant de mourir », avait-elle il a été favorablement accueilli. dit à la productrice Bonnie Curtis en lui présentant le scénario, en 2005. Les critiques ont salué l’interprétation de Glenn Close, nommée aux prochains Golden Dans les années 80, l’actrice des Liaisons Globes. Le New York Times a ainsi parlé de « dangereuses a d’ailleurs interprété ce rôle sur les merveille » en évoquant la sobriété de son jeu. planches. Elle a ensuite travaillé pendant près de Dénonçant l’asservissement de la femme prise 15 ans à adapter la pièce de théâtre à l’écran. au piège par une société machiste et patriarcale, le film, qui alterne les passages dramatiques et Une interprétation saluée comiques, montre aussi la fragilité de la théorie Pour ce film, Glenn Close porte aussi le cha- des genres. e Actricois du m Meryl Streep Comment ne pas parler ici de la reine Meryl Streep qui, une fois encore, fait preuve de tout son talent sur grand écran ? L’actrice américaine, âgée de 62 ans, incarne avec maestria Margareth Thatcher, première ministre britannique entre 1979 et 1990. Ce rôle dans La dame de fer (sortie le 13 janvier au Québec) pourrait valoir à son interprète une 17ème nomination aux Oscars (son nom figure déjà parmi les favoris des Golden Globes), elle qui a déjà remporté deux statuettes (pour Le choix de Sophie et Kramer contre Kramer). Louée par les critiques, Meryl Streep reste également extrêmement populaire auprès du public, notamment chez les gais, elle qui, par sa classe, sa gentillesse et son naturel, fait figure d’icône. 40 Être Magaizine r Acteuois du m Michael Fassbender En quelques mois, il est devenu l’un des acteurs les plus en vue de la planète cinéma. Connu par les spécialistes pour ses rôles dans Hunger et Le Commando des bâtards, le grand public l’a découvert en 2011 en tant que Magnéto dans X-Men : Première classe. Son rôle d’homme accro au sexe dans La honte a couronné une année décisive pour l’acteur germano-irlandais de 34 ans. 2012 pourrait bien se révéler similaire, avec notamment son interprétation de Carl Gustav Jung dans Une méthode dangereuse (sortie le 13 janvier) de David Cronenberg. Michael Fassbender incarne l’alter égo de Sigmund Freud (Viggo Mortensen) alors que celui-ci se retrouve à transgresser les règles en entamant une liaison avec une patiente, Sabina Spielrein (Keira Knightley), mettant en péril la réputation d’une nouvelle méthode de traitement : la psychanalyse. Être Magaizine 41 Spécial Saint-Valentin Idées sorties pour le 14 février Où souper en amoureux ? Qui dit Saint-Valentin dit (presque) obligation de faire un souper romantique et réussi. Pour ceux et celles qui ne sont pas assez doués ou patients (ou les deux) pour concocter eux-mêmes un bon repas, voici quelques bons plans sympas de restaurants, histoire de vivre un 14 février dont vous vous souviendrez. Bistro Part Ici HoMa et Village © lechienfumant.com Les Canailles Cuisine conviviale aux accents méditerranéens. Les poissons et fruits de mer tiennent une bonne place sur la carte, mais les amateurs de viande ne seront pas en reste avec les grillades, le tartare de bœuf ainsi que le burger de foie gras. Apportez votre vin. Plats de19 $ à 28 $. (3854, rue Ontario Est). © César Ochoa Papas Tapas Martini Document Remis Le chef Alexandre Fernandez apporte un vent de fraîcheur avec ses appétissantes tapas portugaises, accompagnées d’un cocktail martini. Ce restaurant lounge, aux briques apparentes et décoré avec soin, fait également bar à vins. 25$ pour cinq tapas, 40$ pour huit. (1654, rue Sainte-Catherine E.) La rédaction LE PLATEAU © lechienfumant.com Bistro PART ici Document Remis Cet espace aux couleurs vives vous propose de découvrir les saveurs oubliées du terroir dans des alliances originales, tout en s’inspirant grandement de la cuisine nordique. Comptez 20 à 30$ par personne, vin non compris. (4100, rue André-Laurendeau). Le chien fumant Ambiance décontractée, avec des cuisiniers qui font le spectacle puisque la pièce est grande ouverte. Pour ceux qui aiment les bistros sans prétention où on peut s’installer confortablement et passer un bon moment en amoureux. Cuisine classique (ris de veau, lasagnes, poulet). Prix : entre 20 et 25 dollars le plat. (4710 rue de Lanaudiere). © laloux.com Vert Lime Laloux Ce restaurant – bistro fait office d’institution. La carte se constitue selon les saisons et ce qu’offre la nature québécoise. Pour ces soirs d’hiver, le foie de veau avec polenta, la pièce de bœuf avec une purée de rutabaga caramélisé ou un magret et jambonneau de canard, avec spätzle à l’aneth figurent au menu. Entre 20 et 30 dollars par plat. (250 avenue des Pins Est). © maestrosvp.com Buvette chez Simone Ceux qui cherchent convivialité et simplicité seront servis. Les tapas sont abondantes et bonnes (pensez au chorizo et au fromage). Pour le reste : cuisine traditionnelle avec produits locaux. L’ambiance, bonne enfant, devrait être au rendez-vous Les prix suivent : comptez 30 dollars par personne pour le repas et le vin. (4869 avenue du Parc). Robin des bois © robindesbois.ca/fr 42 Être Magaizine Tablée Vin Maestro SVP Pour les amateurs de poissons et de fruits de mer. Homard grillé, huitres crues ou au four (les clients en parlent partout sur le net), filet de saumon, bar du Chili. Tout le monde est là, servi dans une ambiance classe et épurée. Prix : 30-35 dollars le plat. (3615 boulevard Saint-Laurent). © buvettechezsimone.com © vert-lime.com Une Saint-Valentin sous le signe de la bonne cause, ça vous dit ? Tout l’argent du repas est reversé à des œuvres de charité qui aident les plus défavorisés. L’équipe est composée de bénévoles. Cuisine classique (les végétariens y trouveront aussi leur compte). Menus pour toutes les bourses, de 20 à 50 dollars. (4653 boulevard St-Laurent). Fraîcheur et saveur sont au rendez-vous de ce restaurant situé à l’ombre du Marché Maisonneuve. Leur cuisine du marché est agrémentée des saveurs du monde. De 18 à 38$ le plat (4255, rue Ontario E.). © tableevin.com Document remis Dans un décor chic et chaleureux (admirez le lustre en cristal qui illumine la descente d’escalier !), le chef Louis Legault met en valeur les produits du terroir avec sa touche inspirée par la cuisine française. Menu dégustation cinq services à 45$. (1385, rue Ontario E.). Bistro Florin Dans la pure tradition française mais avec des produits du terroir québécois, ce bistro chaleureux vous sert des plats de viande ou de poissons très colorés. Plats de 17 à 26$ (1440, rue Amherst). Yuki Sushi Bar Pas forcément le plus connu des spécialistes des sushis et pourtant c’est l’un des meilleurs du coin. Dans un décor zen et reposant, vous pourrez savourer, une fois les différentes entrées passées, de délicieux et copieux sushis et makis à volonté. Environ 20$ (1281, rue Amherst). Être Magaizine 43 Spécial Saint-Valentin Kaza Maza © Pierre Druelle OUTREMONT – PETITE PATRIE – MILE END Piment Rouge © César Ochoa CENTRE-VILLE, SUD-OUEST ET ALENTOURS © dominiontavern.com © napoletana.com Pour les amoureux des trésors italiens. On trouve ici sans doute les meilleures pizzas de Montréal, avec l’embarras du choix (une trentaine). Même chose pour les pâtes. Un tiramisù au dessert et la boucle est bouclée. De 10 à 18 dollars la pizza. (189 rue Dante). Taverne Square Dominion Ancien lieu de réunion pour les gais, dans les années 70, cette taverne au cachet unique, née à la fin de la Première Guerre mondiale, garde tout son intérêt pour sa cuisine de qualité (moules, bœuf braisé, poulet grillé…) et des prix abordables (autour de 15-20 dollars le plat principal). (1243 rue Metcalfe). © Pierre Druelle Pour ceux qui ne sont pas très au fait des traditions culinaires chinoises, sachez que la région du Szechuan constitue un paradis pour les papilles – notamment grâce aux épices. Le Piment rouge restitue brillamment, depuis 30 ans, tout cet univers. Pensez aux dumplings à la sauce aux arachides ou au sésame, ou encore aux languettes de mignon de bœuf avec mangue. Comptez 20 dollars pour un plat. (1170 rue Peel). © lesdeuxsingesdemontarvie.com Prix mini (12-15 dollars) et un choix parmi 50 pizzas cuites au four à bois, qui dit mieux ? Les « classicistes » (quatre fromages, Margherita, sicilienne, prosciutoo) tout comme les aventuriers (hawaïenne, Cofu tofu, mexicaine) seront équitablement comblés. Assurément l’un des meilleurs restaurants italiens de la métropole. Les desserts et le café sont aussi conseillés. (1223 carré Phillips). © restaurantsu.com © bistrolustucru.com « Véritable ambassade de la cuisine turque à Montréal », dit l’équipe du restaurant sur son site Internet. Les échos ne lui donnent pas tort. Manti et piruhi (raviolis turcs farcis), « favori du sultan » au veau, bouillabaisse… Il y a de quoi se régaler. Prix des plats : entre 20 et 30 dollars. (5145 rue Wellington). La croissanterie Figaro L’Ambroisie © ambroisie.ca Lucille Oyster Dive © lucillesoyster.com 44 Être Magaizine Si de l’extérieur, le restaurant n’impressionne pas, l’ambiance et l’activité sont au rendezvous chez ce spécialiste des fruits de mer très couru dans le quartier. La qualité des huitres ne semble pas se démentir. Prix plutôt élevés : une quarantaine de dollars par personne (626 Avenue Monkland) Bistro Lustucru Les amateurs de viande crue peuvent se lécher les babines. La réputation du tartare du bistro n’est, en effet, plus à faire. Une nourriture succulente et raffinée, dans un cadre typiquement Mile End - beau et très branché. Comptez 30 dollars pour le plat principal. (5159 Avenue du Parc). Le Su Un mélange qui détonne : un restaurant au situé au bord du canal de Lachine, une déco classe avec un plafond… tout en tuyaux, comme si on se trouvait dans une usine. Pour ce qui est de la nourriture, c’est la bonne cuisine française qui est privilégiée (confit de canard, bavette de bœuf, pavé de saumon). Prix : autour de 15 dollars pour le plat principal (4020 rue St-Ambroise – Local 140). Les deux singes de Montarvie Raviolis de canard, boudin de homard, tataki de bison. Ce bistro du Mile End sait proposer des plats qui font honneur à la cuisine française. Le résultat (délicieux) n’en est que plus apprécié. En entrée, testez pour nous la crème aux oignons. Entre 15 et 30 dollars le plat principal. (176 rue Saint-Viateur Ouest). Il Focolaio © ilfocolaio.ca Kaza maza Pas de doute : voilà le meilleur restaurant syrien de Montréal. Mezzés à foison. Végétariens (soupe de lentilles, courgettes farcies, purée de betteraves rôties) ou non (kefta sous toutes ses formes, agneau braisé, poulet grillé). Service complimenté, une belle atmosphère. On vous le recommande.15-20 dollars le plat principal. (4629 avenue du Parc). Le Piment rouge © César Ochoa Pizzeria Napoletana © lacroissanteriefigaro.com © julietteetchocolat.com Bistro de quartier réputé, la terrasse, en été, fait le bonheur des clients. L’intérieur, tellement français, vaut tout autant le coup d’œil, pour la Saint-Valentin. Le croque-monsieur, le hamburger ou encore l’assiette végétarienne et, pourquoi pas, le croissant devraient aussi vous faire passer une bonne soirée. Environ 10-15 dollars le plat. (5200 rue Hutchinson). Juliette & Chocolat Après votre souper en tête-à-tête, offrez-vous le meilleur fondant au chocolat et au beurre salé. Vous pouvez aussi opter pour les crêpes, les profiteroles ou le gâteau au fromage chocolat blanc et framboises. Bref, faites-vous plaisir ! (377 avenue Laurier Ouest). Être Magaizine 45 Spécial Saint-Valentin Casa de Matéo © César Ochoa VIEUX-MONTRÉAL © leclubchasseetpeche.com Club chasse et pêche Faites partie des privilégiés ! Dans une salle sombre des plus lounge, ce restaurant vous offre une cuisine fine et délicate tout comme un service impeccable. Hormis les excellents classiques de la carte (escalopes, risotto), le menu change chaque semaine. Comptez 30 à 45$ par personne. (423,rue St-Claude). © britandchips.com Brit and Chips Aussi authentique que la tourtière au Québec, ce restaurant vous sert, dans un décor de pêcherie, ce classique de la cuisine populaire britannique, avec la petite touche d’inspiration montréalaise : les différentes espèces de poissons sont servies dans des panures, épicées ou sucrées. Environ 12$. (433 rue McGill). © restaurantholder.com Holder Dans cette brasserie chic et réputée, installée dans un immeuble du début du siècle, on vous servira, dans une ambiance conviviale, les classiques des meilleures brasseries européennes, ou des plats plus contemporains et santé. Comptez 20 à 30$ par personne. (407 rue McGill). Petit Moulinsart © lepetitmoulinsart.com © casademateo.com Tonnerre de Brest ! Comme le nom l’indique, c’est dans une ambiance inspirée de la bande dessinée de Hergé que vous dégusterez les classiques de la cuisine belge : moules-frites, waterzoi, carbonnade flamande, chicons gratinées… le tout arrosé d’une bonne bière. Plats de 20 à 30$. (139 rue Saint-Paul Ouest). Casa de Matéo Ambiance chaleureuse dans ce restaurant récompensé à plusieurs reprises. Vous y goûterez la cuisine mexicaine authentique, dont l’incontournable guacamole et le verre de margarita. Avec un peu de chance ou sur demande, les mariachis animeront la place. Comptez 20 à 30$ par personne. (438 rue Saint-François-Xavier). 46 Être Magaizine Nightlife Nico Concerto © Mariobeauchesne.com En rafale Gaëtan « TUBBIES » Vaudry PAKD © Courtoisie pakd Nico Concerto Déjà très connu dans son Sherbrooke natal, Pier-Alex Ducharme met les bouchées doubles afin de réaliser son plus grand rêve : vivre de sa carrière de DJ et parcourir le monde. Sous le pseudonyme de PAKD, le jeune homme a déjà conquis le cœur des amateurs du Living Room et du défunt Summum Nightclub de Sherbrooke et il est venu à quelques reprises dans la métropole, se produire au Sky Club. Fan invétéré de la Swedish House Mafia, le jeune homme produit de l’excellente musique et la Vortek Records vient de prendre la décision de lui offrir une première chance officielle. Plusieurs autres projets avec la maison de disque du sympathique Ulrich Van Bell sont à l’agenda. Le jeune et talentueux DJ sherbrookois Nico Concerto - que l’on a eu la chance d’entendre dans des endroits comme le Circus, le Living, le Parking, le Beach Club, le KOKO, le Dagobert, le Complexe Sky - annonce qu’il viendra célébrer sa fête en grand à l’Apollon, le samedi 3 mars.Désireux de faire lui aussi ses preuves dans le domaine de la production, Nico Concerto travaille en étroite collaboration avec le DJ/producteur Tomy Villacorta, avec qui il fignole un premier remix officiel qui, espéronsle, verra le jour lors de la prochaine année. avicii Raymundo Núñez © César Ochoa 48 Être Magaizine Pour la période d’hiver, ne prévoyez plus vos sorties du dimanche soir à l’Apollon. La direction de l’établissement se résigne provisoirement à suspendre les événements prévus ce jour-là, durant les deux mois les plus difficiles de l’année. Mais rassurez-vous : l’équipe nous reviendra encore plus fort dès le mois de mars. Les samedis de février feront eux courir les foules avec les retours de l’illustre Stéphan Grondin (4 fév.), d’Alain Jackinsky (11 fév.), du beau et fort talentueux Josh Karmin de Windsor (18 fév.) et finalement, du Torontois Jeremy Khamkeo, le dernier samedi du mois. Courtoisie © Guy Teixeira À Québec, Gervais Sphinx et son équipe ne font jamais les choses à moitié. Il faut dire qu’il y a des lunes que le grand manitou d’Underground Production rassemble les foules pour nous offrir de beaux partys. Le samedi 11 février, Gervais Sphinx nous revient avec un méga party de la Saint-Valentin qu’il propose sur le site du Méchoui International, situé à Saint-Étienne-de-Lauzon. Plusieurs DJs seront au rendez-vous de la fête des amoureux : Étienne Ozborne (Ott), Falvour, un tandem formé de Darryl Kass et Gervais Sphinx dans la salle House. La salle Tech-Elektro proposera la musique des Olivrez Style, Frez’Up, Peed et Freedom. © Empayphotographe.com raymundo núñez Le Festival BPM de Playa Del Carmen vient tout juste de se terminer au Mexique. Plusieurs observateurs parlent d’une des plus belles éditions de son histoire. Les attentes risquent donc d’être élevées pour la tenue de l’événement gai Arena, qui sera présenté au même endroit, du 5 au 12 février. De très gros noms de la scène se relayeront sous le chaud soleil mexicain, dont les Peter Rauhofer (NYC), Chus & Ceballos (Madrid), Ana Paula (Brésil), Edgar Velazquez (Mexico), Isaac Escalante (Mexico), Javier Medina (Barcelone), Miss Honey Dijon (NYC), Phil Romano (Ita), et Oscar Velazquez (Mexico). Deux artistes québécois feront également danser les nombreux festivaliers d’Arena : Stéphan Grondin et Raymundo Núnez brilleront dans trois partys officiels. Apollon above and beyond Courtoisie Fraîchement nommé aux Grammy Awards aux côtés de David Guetta pour Sunshine, le jeune Suédois de 23 ans Avicii – qui brillait au Centre Bell lors du dernier événement Résolution 12 – Édition Montréal – annonçait récemment les dates de sa nouvelle tournée américaine. Depuis le 5 janvier dernier à Detroit, il enchaîne 26 soirées en 27 soirs, d’Est en Ouest, la plupart du temps dans de grosses salles de concerts. Derrière cet agenda bien rempli se cache une belle action contre la faim intitulée House For Hunger. En effet, Avicii et son imprésario Ash ont décidé de prélever un million de dollars sur leurs cachets pour les reverser à l’association Américaine Feeding America. Cette somme permettra aux 200 banques alimentaires américaines de servir environ huit millions de repas aux plus démunis. omni Courtoisie Le trio Above and Beyond a véritablement la cote au Québec. Les trois Britanniques qui ont triomphé lors du dernier Bal en Blanc acceptent à nouveau l’invitation des organisateurs de l’événement et celle de l’équipe de Produkt pour venir se produire cette fois-ci au Red Lite Afterhours de Laval. C’est le vendredi 27 janvier prochain que le groupe composé de Jonathan « Jono » Grant, Tony McGuiness et Paavo Siljamäki, viendra faire danser de nombreux amateurs à Laval. Le Québec regorge d’immenses talents et ces derniers nous le prouvent une fois de plus : Martin Villeneuve avec son Bring The Beat Back (via Sume Music), New Hero avec Kunzite (via Kannibalen Records), Casa Nostra et son remix de Nanga (via Stereo Productions), Tomy Villacorta et Bubble Gum (via Vortek Records), Lyle Quach et The 5th (via Yellowjax Recordings) et Omni et son remix de la pièce Serotonine (via Tasty Bytes Records). En 2012, plusieurs grandes productions sont attendues de la part de différents producteurs québécois, avec la nouvelle musique des Zoltan Kontes, Etienne Ozborne, Stéphan Grondin, Steve Bear Sas, Tone Depth, Mark Anthony, WaPa, Casa Nostra, Danny Torrence… Être Magaizine 49 30 anniversaire ES SORTI magazine rg Photos : Edson Emilio Photography A.K.A. El Negro Exposition à l´Écomusée du fier monde 50 Être Magaizine Être Magaizine 51 Mode Against Nudity Classicisme urbain Photos César Ochoa cesarochoa.com Styliste Ana-Maria Cimpoia Coordinatrice Chloé Castonguay Hôtel Opus opushotel.com/montreal Patrick Laforge Cardigan "Coup de faucon" 41$ Pantalon "Skinny Skeleton" gris 48$ www.againstnudity.com 52 Être Magaizine Mannequins Patrick Laforge Alexandre Gauthier David Shaulov Rien de tapageur ou de m’as-tu-vu dans la dernière collection de la boutique en ligne montréalaise. Plutôt du beau vêtement, où le noir et les rayures dominent. Against Nudity a su trouver un style qui plaira au plus grand nombre, notamment aux gars de la communauté. On laisse à nos modèles le soin de finir de vous convaincre… Être Magaizine 53 Mode Alexandre Gauthier Veste "Époque révolue" 70$ Chemise "Petit Puncho" 48$ Pantalon "Le Passe Partout" 65$ www.againstnudity.com 54 Être Magaizine Être Magaizine 55 Mode david shaulov T-Shirt «le Playboy II» 24$ Jeans «Skinny Skeleton» 24$ www.againstnudity.com 56 Être Magaizine Être Magaizine 57 Tendances Sortir, mais pas trop. Pour les oiseaux de nuit qui ne doivent plus dépasser les douze coups. Chez Buk and Nola 1593 Avenue Laurier Est (Montréal) (514) 357 2680 buknola.com Coups de cœur du mois ON A CRAQUÉ POUR… Dès le début du mois de janvier, nous aurons tous décidé de prendre quelques-unes de nos mauvaises habitudes en main. Place aux bonnes résolutions pour être plus efficaces, en forme et bien débuter l’année. Le magazine Être vous propose des moyens agréables de le faire. Bien se reposer. Apprendre à se laisser bercer afin de retrouver les bras de Morphée. Chez Ludovik 248 rue de la Montagne (coin Ottawa) (514) 678 6617 www.ludovik.ca Quand nos cinq sens sont bien nourris, on se sent tellement mieux. Dur de continuer à mal manger quand, en plus, c’est livré directement à votre domicile ! Les aliments 5 saveurs 5155, Avenue Casgrain (Montréal) (514) 217 8429 [email protected] Pour vous accompagner dans vos projets sportifs. Soyez tendance jusqu’au bout des lèvres lorsque vous aurez renouvelé votre abonnement au gym. Chez Motivo 251 Saint-Zotique Est (Montréal) (514) 509 9064 motivo-store.com 58 Être Magaizine Tic-tac, tic-tac, une manière rétro de vous lever à la bonne heure et de bien profiter de votre journée. Au Magasin général du VieuxMontreal 3 rue de la Commune Est 514-393-9990 lemagasingeneral.biz Être Magaizine 59 Mieux-Être Livres La CMIPQ Pour un bilan de santé complet et rapide De l’avis de beaucoup de personnes, l’accessibilité aux services de la santé publique est loin d’être à son meilleur au Québec. Il existe cependant des solutions au manque de médecins de famille et aux files d’attente interminable. La Clinique médicale industrielle et préventive du Québec, située en plein centreville de Montréal, se veut l’une d’entre elles. Matthieu Lévesque Fondée en 1977 par l’infirmière de formation Hermante Ayotte, la CMIPQ est une clinique privée (donc payante) qui offre une panoplie de services. Si elle est aussi spécialisée dans la médecine industrielle, elle ouvre ses portes à tout le monde pour les bilans de santé. Effectués à titre préventif Les avantages valent grandement le prix, qui peut d’ailleurs être en partie couvert par les assurances. Le bilan complet est effectué en une matinée et dans un maximum de trois jours, tous résultats sont transmis au client. Ces bilans de santé sont effectués à titre préventif seulement. S’il n’y a, pour l’instant, aucun médecin traitant sur place, de gros changements pourraient voir le jour en janvier. Lors de la rencontre, le personnel pose plusieurs questions et procède ensuite aux prises de sang et à d’autres examens si besoin. En cas de problèmes, l’équipe médicale prévient et conseille le client. Il est donc possible d’avoir l’heure juste concernant son état de santé avec rapidité et une approche plus personnelle. En bonus : un massage Omnipraticiens, cardiologues, orthothérapeutes, neurologues, psychologues, diététi60 Être Magaizine Hermante Ayotte © Alexandre Deslauriers ciens, massothérapeutes, kinésithérapeutes, et ostéopathes : tous ces professionnels de la santé sont disponibles sous le même toit. On veut traiter le client aux petits soins. La preuve : on lui offre même un massage de 15 minutes avant son départ. C’est le 6 septembre dernier qu’ont été inaugurés les nouveaux locaux de la clinique sur la rue Sainte-Catherine Ouest. Dotée d’un équipement à la fine pointe de la technologie, cette clinique, qui a doublé sa superficie entend bien encore innover. Même si la plupart des services sont déjà offerts, le but est d’offrir absolument tous ceux reliés à l’état de santé des personnes se rendant au CMIPQ. La Clinique de médecine industrielle et préventive du Québec 1665, rue Sainte-Catherine ouest, 3e étage (Montréal) (514) 931 0801 cmipq.com Être Magaizine 61 Escapades Restaurant qui se distingue par son ambiance relaxante, et dont la philosophie est celle du petit-déjeuner pensé pour les Montréalais. Auberge Le Florès Romantisme et détente La Mauricie a longtemps été une destination transitoire entre la métropole et la capitale. Depuis maintenant une dizaine d’années, les villes comme Trois-Rivières et Shawinigan s’imposent comme des destinations touristiques à part entière. Pour sa part, L’Auberge le Florès se trouve bien établie dans le petit village de Sainte-Flore-deGrand-Mère. François Bernier L’établissement a vu le jour il y a plus de 30 ans. L’entreprise familiale est maintenant entre les mains de Carole Flores, fille d’un père libanais et d’une mère québécoise. Au départ, une dizaine de chambres étaient offertes dans cette petite maison canadienne. Aujourd’hui, son frère René, fort d’une solide formation en France, dirige les fourneaux et a créé un menu utilisant des produits du terroir dans une gastronomie qui fusionne différentes cuisines internationales. Profiter de la sonate Sur place, les clients bénéficient de jardins magnifiques qui plairont à ceux, plus casaniers, qui veulent se détendre sans quitter les lieux où ils ont choisi de se relaxer. Pour les autres, une pléiade d’activités s’offre à eux : la cité de l’énergie et ses spectacles, ses expositions et son animation, le Festival de théâtre de rue de Lachine ou encore le Festival western de St-Tite. 62 Être Magaizine 25, Fairmount Ouest, Montréal, QC H2T 2L9 514 903 6649 [email protected] [email protected] www.restofaberge.com Par son romantisme, la saison automnale devient une période privilégiée pour une escapade amoureuse. On aime la proximité du Florès du parc de la Mauricie qui permet de profiter du plein air, du paysage rouillé, et de la sonate percussive des feuilles cassant sous nos semelles. Soins du corps Ravi, le nez rougi par la fraîcheur, on se précipite à l’intérieur pour jouir de la cuisine du chef de l’établissement. Le saumon croustillant tempura et la côte d’agneau mijoté lentement façon Florès vous sont notamment proposés. Selon votre faim, pensez à la table d’hôte gastronomique qui propose sept services pour moins de 60 $. En plus des différentes activités des alentours, L’Auberge le Florès propose toute une gamme de soins du corps. Massages, enveloppements, soins des pieds, du visage, bains thérapeutiques, sauna et plus encore. Le soir venu, on met régulièrement en place des soirées dynamiques, telle celle qui rend hommage à la chanteuse Dalida. L’Auberge le Florès 4291, 50e Avenue À Ste-Flore-de-Grand-Mère 1 800 538-9340 leflores.com TÉ O V www.legourmetburger.com Être Magaizine 63 Les vins © S. D. Champagnes et Crémants L’effervescent temps des fêtes Quoi de mieux que de faire sauter un bouchon pour la nouvelle année et tout au long du mois de janvier ? Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Certains vins, comme le champagne et le crémant, ainsi que certains mousseux américains, sont élaborés avec la méthode dite « champenoise » (ou « méthode classique » ou « méthode traditionnelle »), caractérisée par une deuxième fermentation, qui produit l’effervescence dans le vin. Sophie Delorme À tout seigneur, tout honneur : je commencerai par vous suggérer quelques champagnes à prix raisonnables. Le premier, un blanc de noirs (un vin blanc produit avec des raisins à peau noire), le Champagne Barnaut Blanc de Noirs Brut Grand cru (46,25 $). Excellent rapport qualité-prix (on parle de champagne!), belle présence en bouche, des notes de brioche et de pain grillé, de fleur blanche et d’amande. Trois cépages peuvent être utilisés en champagne : deux noirs, le pinot noir et le pinot meunier, et un blanc, le chardonnay. Le Champagne Drappier Brut Nature Pinot noir Zéro dosage (45,75 $), pour les amateurs de champagne très sec. La mention « zéro dosage » signifie qu’il n’y a pas eu ajout de sucre lors de l’opération de dosage. Belle Californie Un peu plus chers, le Champagne Pommery Brut Royal (63 $) et, un grand classique, le Champagne Veuve Clicquot Ponsardin (69 $), toujours impeccables. Finalement, un de mes préférés, le Champagne Canard-Duchêne Cuvée Léonie Brut (53,75 $) : complexité, présence en bouche, vivacité, notes de pêche blanche et de pain grillé, délicats 64 Être Magaizine filets de très fines bulles, tout pour vous séduire! De la Californie, deux excellents mousseux de maisons champenoises, élaborés avec la méthode traditionnelle : Mumm Cuvée Napa Brut Prestige – Californie (29,25 $), toujours fiable, et Roederer Brut – Anderson Valley Californie (28,10 $), une véritable aubaine. Ce dernier peut passer pour un champagne! Un rapport qualitéprix incroyable! Un assemblage de chardonnay à 60 % et de pinot noir à 40 %. © Simon Cocks Vive la Bourgogne ! Si votre budget est plus restreint, je vous suggère de vous tourner vers les crémants. Personnellement, j’aime beaucoup ceux de Bourgogne. Ils se rapprochent beaucoup du champagne, en termes de goût, même s’ils sont nettement moins complexes et beaucoup moins longs en bouche. Je vous recommande le Crémant de Bourgogne Brut Chardonnay – Cave de Viré (22,25 $) ou encore des crémants d’autres régions de la France : Crémant de Jura Brut 2008 – Rolet (21,20 $), à base de chardonnay et de poulsard; Crémant d’Alsace – Wolfberger (18,95 $), à base de pinot blanc, de riesling et de pinot gris. Simple, mais bien fait. Être Magaizine 65 Les petites annonces de Connêtre ! Présentez-vous en 30 mots et nous vous annoncerons pendant six mois pour seulement 30$ (taxes incl.) Quel que soit votre fantasme, vous trouverez dans ConneÊtre, tout ce qui vous fait tripper. Des petites annonces toutes plus excitantes les unes que les autres. Contacts pas courriel ou par la poste. Sérieux. Fiable. Confidentiel. Rien de plus efficace, par exemple, pour préparer un voyage à l’étranger et pour connaître quelqu’un... là-bas ! Pour communiquer avec les annonceurs Pour communiquer avec les annonceurs (confidentialité assurée), envoyez-nous votre texte de reponse *Soit par la poste dans une enveloppe cachetée et préaffranchie en inscrivant dans le coin supérieur droit le numéro de l’annonce, et joignez un paiement de 5$ par réponse, payable par chèque ou mandat. *Ou par courriel à [email protected], envoyez-nous votre texte de réponse en pièce jointe en indiquant dans ‘sujet’ le numéro de l’annonce a laquelle vous répondez. Nous vous indiquerons les possibilités de paiement en réponse. Rédigez votre texte lisiblement En lettre majuscules, sur du papier 8 1/2 X 11” ou par Courriel. Faire parvenir votre texte ou votre paiement : Par courriel ou téléphone : [email protected] , 514.523.9463 Avec vos nom, adresse et téléphone. ConnÊtre, C.P 222, succ. C, Montréal, H2L 4K1 Q-6061 Montréal H, 35, 145 lb, 8’’ non circoncis. Beau jeune homme. Gym 3 fois / semaine. Cherche bouche chaude & gorge profonde. C-6063 Cuba Chico sincero, honesto, me gusta la música romántica, los animales, la playa y paser. Busco mi media naranja, si eres mayor que yo mejor. Tengo 26 años Adrián Castellanos L-6060 London H, 33, 5’ 9’’, handsome black guy living © César Ochoa in England. Good built body, caring, honest, seek mature Canadian man for friendship and relationship. C-6064 Cuba M, 23, 1,73 m, 85 kg, Cuban. Honest, not complicated, a true friend, romantic, passionate, sexy, 100% masc. I am Yoandy, naturally tanned skin, brown eyes, athtletic and brawny body. I love nature and healthy entertainments. I’m not looking for a perfect physical but a spiritual person. I also seek friendships. 6065 U.S.A M, 49, 5’9’’, 170 lbs, blue eye / blondish hair. Frequent visitor to Montréal. Handsome nature lover, ISO masc. alpha top. Arabs, Turks or hirsute any race, for friendship, poss. +. Photo replies only. 6066 Cuba H, 47, Cubain noir. Cherche des correspon- dants. J’aime le cinéma, la danse, le yoga, la musique et les langues. Écrire en français, espagnol, anglais, italien, allemand. 6067 Canada H, 46, 5’8’’, masc., ch. court, beau cul, bien équipé, bronzé, sexy, rasé. Mon nom est Jean, cherche H. 30-50 sex, amitié bienvenue. 6068 Cuba M, 23, Cuban. I study in university. I have open mind. Please send me a letter. C-6069 M, 25, 1,73 m, 62 kg, Cuban, good looking, dark hai- red, bright eyes. Honest, sincere, I need a relationship 30 to 75. I am versatile. Kisses, Roldy C-6070 M, 38, 1,86 m, 86 kg I’m civil enginer. I want to find a serious couple and that he loves me. I speak Russian, French and English. Q- 6071 Montréal H, 47, 5’12’’, 125 lb, 6.5’’ circoncis, look jeune, non poilu. Rocker non sadomaso tendre, affectueux, pas efféminé, instruit, fumeur, pas de drogue, ni d’alcool. Cherche H. 35-65 sérieux pour relation durable, simple, affectueux, franc, sens l’humour. Toutes ethnies bienvenues. Obèse, violent, buveur, drogué s’abstenir. G-6072 Ghana M, 28, 5’8’’, 85 kg, dark skin, short hair, hot, warm and passionate guy, athletic built and TOP. I’m open minded, intelligent, great sence of humor. Looking for warm and loving long term relationship. Interested in music, sports, photographing, cooking, gardering and traveling. 66 Être Magaizine C-6073 Pelo oscuro, piel canela, ojos cafes, Chico de mente abierta, sincero, sencillo y romantico.30 y.o., Espero correspondencia de chicos de entre 30-50, serios, afines a mis caracteristicas para ampliar mi circulo de amigos. 6074 N.B. Canada Homme début 50e, désire faire la connaissance d’un bel homme costaud, sportif, poids proportionnel, poilu de préférence, âgé entre 18 et 35 ans, non fumeur si possible. Aimant la nature. But amitié et possibilité de relation plus profonde. Bienvenus aux haltérophiles. 6075 Ghana Sexy, handsome black, guy 30, looking for serious man to meet soon. 6076 A good-looking, honest, intelligent, manly Ukrainian boy, 24 y.o., H. 177 cm, 74 kg, dark-blond hair, green eyes, with university education, good health, nice body and good character. I do not smoke and do not drink alcohol. Seeks my special man, real best friend for correspondence, good meetings, holidays together, friendship, romance, love and for happy long relationship. 6077 46 ans, 5’6’’, 142 Lbs, 8’’ Non-circoncis, séro+, cherche mec 40-55 ans, pas bedonnant, enjoué, cochon, comme moi : pisse, odeurs naturelles (cul, aiselles, couilles, sueur), tendre et versatile. Black+ Têl XXX bien venus ! 6078 40 y/o, 1.80cm, 82 kg, mulato. Cantante profesional, deseo contactar amigos en Canada y el mundo para correspondencia en mi club del amor y la amistad. 6079 Ghana I’m Robert, sexy romantic Black guy looking for any man to be my lover and to treat him cordly, gay friends welcome too. Any age is welcome plus meeting. 6080 Cuba 44 años, bisexual con preferencia por hombres, trigueno, ojos cafés, 1.70m, 65 kg, sagitario. Me gusta la playa, el cine, las discotecas. Busco amistad o relación estable con hombre bisexual o gay completo (activo/pasivo) entre 19 y 50 años. 6081 Cuba 26 y/o, White hair, Black eyes, clear skin. Gay looking for a friend. I need love and peace. I like music, cycling and chocolate. I’m simple and complete. 6082 Montréal Rétraité soixantaine, barbu, poilu, chevveux grisonnants, Allure véome et intello. Doux, respecteux, discret, passionné. Cherche homme mur, libre le jour en semaine, pour donner libre tours à un échange de fantasmes…caresser tes rondeurs et lécher tes pieds me conduiront au 7e ciel. 6083 Saguenay 2H, 48 & 52, 165 & 145 lb, 6’ & 5’8 cherchent amis et couples semblables pour profiter des plaisirs à la campagne. Aimons nature, musique, art, livres, voyages. 6084 Cuba Mulato, 29 y/o, tall, elegant, serious, honest. Masseur. Looking for a serious and stable relationship with a gay man, 30-60 y/o. Friends write me back. 6085 Montréal Renouveau au Qc. apres 25 ans d’absence, cherche ami(s); 45 ans, 5’9, 170 lbs.,instruit, cultive, artiste arts visuels, bilingue, pas d,acl, cigarette, drogue. Bel apparence. 6086 Montréal 62 ans, 5’7”, 165 lb., italien, look Jeune, gym 3 fois/ semaine, cheveux chatains, deux ambrés, aime Tous les plaisirs de la vie. Cherche Idem pour rélation serieuse. Fumeur s’abstenir. 6087 Montréal Couple masculin dans la soixantaine [un bottom (passif) et un versatile] cherche TOP (actif), poilu, âgé entre 55 et 70 ans, qui pratique le safe sex, pour relations sexuelles occasionnelles. Doit être propre et entreprenant. Nous sommes grassouillets, honnêtes et discrets. Prière d’inclure informations pertinentes et une photo (visage) dans votre réponse. 6088 Cuba 58 años, 1.54m, 64kg, pelo canoso, ojos pardos, romantico, cariñoso y agradable. Busco pareja de mi edad o mayor hasta 70 años. Soy sastre y me gusta la música, pasear por la playa y los animales. Espero su respuesta. 6089 Suisse Beau mec de 28 ans, tendre et coquin, cherche contact au Québec pour correspondance et amitié. Je serai en vacances à Montréal en 2012. 6090 Cuba Mido 1.75 cm, peso 64kg, piel blanca, ojos pardos, pelo negro. Mis gustos preferidos: la música, la televisión, el deporte y los celulares. Estoy interesado en buscar pareja. Me puedes enviar SMS. 6091 Cuba Mulato, 31 años, licenciado en enfermería, busco pareja y amigos de 30 años en adelante. Me gusta el cine, leer y bailar. Soy muy divertido y prometo ser fiel a mi pareja. ACCEPTERIEZ-VOUS MES CONSEILS SI J’ÉTAIS SÉROPOSITIVE ? C’EST LE SIDA QU’IL FAUT EXCLURE, PAS LES SÉROPOSITIFS. 6082 Montréal Rétraité soixantaine, barbu, poilu, chevveux grisonnants, Allure véome et intello. Doux, respecteux, discret, passionné. Cherche homme mur, libre le jour en semaine, pour donner libre tours à un échange de fantasmes…caresser tes rondeurs et lécher tes pieds me conduiront au 7e ciel. sijetaisseropositif.org 6087 Montréal Couple masculin dans la soixantaine [un bottom (passif) et un versatile] cherche TOP (actif), poilu, âgé entre 55 et 70 ans, qui pratique le safe sex, pour relations sexuelles occasionnelles. Doit être propre et entreprenant. Nous sommes grassouillets, honnêtes et discrets. Prière d’inclure informations pertinentes et une photo (visage) dans votre réponse. Crédit photo : © Olivier Samson Arcand / OSA IMAGES Être Magaizine 67 antoinelaoun.com * Du 12 décembre au 31 janvier 2012 Centre-Ville 4 étages 514 866-5050 Saint-Léonard 514 256-7555 Anjou 514 354-1372 Brossard -Dix30 450 926-9999 * 68 Être Magaizine Être Magaizine 69